Mois : juillet 2015 (Page 1 of 2)

Mes Achats du Mois de Juillet 2015

Après un début d’année qui s’est révélé bien rempli en achats livresques, j’ai décidé de me calmer un peu cet été. Et pour ce mois de Juillet j’ai tenu bon puisque seulement deux livres  son venu rejoindre ma bibliothèque.

Les grands gagnants qui ont rejoint ma PAL sont :

  • Lankhmar Intégrale 1 de Fritz Leiber aux éditions Bragelonne. Un classique de la Fantasy dont cette intégrale reprend les trois premiers tomes.
  • La Guerre du Lotus Tome 2, Kinslayer de Jay Kristoff aux éditions Bragelonne. Après un premier tome vraiment très sympathique j’ai donc fait rentrer la suite dans ma PAL

Donc comme vous le constatez je suis resté sage, mais ne vous inquiétez pas, au vu de ma PAL j’ai encore de quoi lire et je ne devrai pas m’ennuyer.

Le Dernier Apprenti Sorcier Tome 5, Les Disparues de Rushpool – Ben Aaronovitch

Résumé :L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime.
Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux… mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ? ! Quelle horreur !

Edition : Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : J’attendais ce cinquième tome de la série du Dernier Apprenti Sorcier avec impatience, tant les quatre premiers tomes avaient réussi à me convaincre d’adhérer à ce cycle de Fantasy Urbaine efficace, entrainant et offrant un mélange réussi de magie, mythes, légendes et folklore. Il faut aussi avouer que j’attendais ce tome avec impatience en partie suite aux révélations du tome précédent qui donnaient clairement envie d’en apprendre plus et surtout de voir comment l’auteur allait gérer tout cela. La couverture, qui reste dans les tons des tomes précédent, se révèle assez jolie selon moi.

Et c’est un véritable changement de décor auquel va devoir faire face notre héros dans cette nouvelle affaire, puisqu’il va quitter les rues « confortables » de Londres pour aller mener son enquête sur la disparition de deux petites filles en campagne ; plus précisément il se rend à Rushpool. Un changement d’air qui se révèle d’une certaine façon bienvenue du point de vue de la lecture, car cela permet au récit de varier le décor et de ne pas non plus limiter son histoire à simplement la ville de Londres malgré, c’est vrai, toutes les possibilités qu’elle offre. Au niveau de l’intrigue là, par-contre, on ne change pas une équipe qui gagne avec une histoire qui se révèle efficace, entrainante, fluide, bien porté par de nombreux rebondissements, de nombreuses surprises et qui se révèle bien maîtrisée dans sa construction pour ne jamais ennuyer le lecteur ou le perdre. L’auteur part aussi moins dans les sous-intrigues que les tomes précédents, même s’il en offre quand même quelques-unes, ce qui permet de simplement se concentrer sur la disparition des deux jeunes filles, limitant ainsi la première partie d’introduction qui se ressentait un peu dans les tomes précédents, mais limitant aussi la complexité de ce qu’il construit. En tout cas je me suis retrouvé à tourner les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus.

L’univers qui est construit gagne aussi encore un peu plus en densité, puisqu’on y découvre de nouveaux éléments dans le bestiaire féérique et magique que met en place l’auteur depuis plusieurs tomes, mais on en apprend aussi un tout petit peu plus sur les divinités liées aux rivières ou encore sur les magiciens. L’un des point qui me plaisait depuis le premier tome c’est la capacité de l’auteur a construire son récit sur le point architectural, offrant ainsi une vraie science sans non plus être ennuyant, mais qui dans ce cinquième tome, visite à la campagne oblige, se ressent quand même moins. J’avoue avoir trouvé cela légèrement dommage, même si au final rien de non plus dérangeant, les bâtiments se trouvant remplacer par des paysages beaucoup plus verts et tout aussi intéressant, même si là, par contre, je trouvais que les descriptions cherchaient trop à en faire du point de vue détail. Notre apprenti par contre a un peu de mal à évoluer se concentrant un peu sur les mêmes sortilèges depuis quelques tomes, mais rien de gênant vu que ça reste assez logique d’un point de vue temporel.

Concernant les personnages, vu que notre héros se retrouve simplement accompagné de Beverly, on se recentre un peu sur Peter qui, suite à la conclusion du tome précédent, se retrouve complètement chamboulé et doit évoluer, gérer ses émotions, ce qui n’est pas toujours chose aisée. La relation entre notre héros et Beverley va aussi connaitre quelques changements intéressant sur le long terme, même si selon moi ils manquent un peu de force dans la façon dont cette évolution est amenée, mais rien de non plus dérangeant. Concernant les personnages secondaires j’avoue que là par contre, sans être mauvais, ils ne se révèlent pas non plus des plus fascinants mis à part un ou deux qui sortent du lot. Oh ils remplissent parfaitement leurs rôles dans l’intrigue, mais voilà rien de vraiment percutant ou marquant j’ai trouvé.

Pourtant une fois ce livre refermé je dois bien avouer qu’un léger sentiment de déception se ressent. Pas qu’il soit mauvais, comme je le dis on y retrouve une certaine qualité et le côté divertissant qui caractérise bien ce cycle, mais je trouve tout de même que ce cinquième tome est pour le moment le plus faible de la série. Déjà je suis sorti frustré vis-à-vis du fil rouge qui est construit depuis le second tome et dont de nombreuses révélations avaient été faites dans le tome précédent, mais c’était oublier que Ben Aaronovitch est aussi scénariste et qu’il sait que tout épisode à révélation suit souvent un épisode de transition. Ce cinquième tome ne nous proposera donc que quelques lignes sur ce fameux mage sans visage, et encore de façon très détournée. Autre point qui m’a dérangé c’est que, malgré le côté entrainant de l’intrigue, l’histoire de cette disparition se révèle très prévisible dans ces grandes lignes tant les indices sont un peu trop présents et visibles, certes rien de bloquant, mais ça joue tout de même sur le ressenti. Enfin le dernier point qui m’a frustré c’est cette grande question qui m’est venu à l’esprit une fois la dernière page tournée « Mais où est la conclusion? ». J’ai même secoué le livre au cas où elle se soit cachée. Alors, oui j’aime les fins ouvertes, mais il y a une différence entre ouverte et abrupte, c’est à peine si l’auteur répond au différentes interrogations de l’enquête. C’est dommage. Attention je le répète ce livre ne fût pas non plus une mauvaise lecture, mais voilà ces points soulevés ont fait qu’elle ne s’est pas non plus révélée des plus transcendantes.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fluide, simple et efficace, avec toujours cet humour qui se dégage et qui je trouve apporte un véritable plus à l’ensemble. On y retrouve aussi toujours cet aspect « geek » que l’auteur distille au fil des pages avec de nombreuses références et qui, forcément, me parle. Finalement un cinquième tome qui, sans être mauvais, se révèle en demi-teinte pour ma part, mais cela ne m’empêchera pas de lire la suite pour savoir ce que va nous proposer l’auteur et en espérant plus de révélations sur le fil rouge.

En Résumé : J’avoue sortir de ma lecture avec un ressenti légèrement frustré par ce cinquième tome de la série que je considère, pour le moment, comme le plus faible du cycle. Alors attention ce n’est pas non plus catastrophique, l’histoire se révèle toujours autant fluide et entrainante, bien maîtrisé par l’auteur. L’univers continue à se développer doucement apportant de nouvelles informations et de nouvelles idées originales. Les personnages principaux continuent à se développer et à évoluer, surtout suite aux bouleversements du tome précédent. Mais voilà certains point m’ont frustrés ; ce tome décide d’oublier en grande partie le fil rouge malgré les révélations du quatrième volume, ensuite j’ai trouvé la révélation de l’intrigue facilement devinable devant les indices proposés et enfin j’ai trouvé la conclusion beaucoup trop abrupte, comme si l’auteur se rendant compte qu’il arrivait au bout de son nombre de pages autorisé  conclue dans la rapidité. La plume de l’auteur, elle, reste par contre toujours aussi fluide, entrainant et efficace. Au final on se retrouve ici avec un cinquième tome que je n’ai pas non plus trouvé mauvais, mais qui est loin de se révéler vraiment exceptionnel.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Iluze, …

Juste À Temps – Philippe Curval

Résumé : Parvenu à l’âge des choix et des bilans, cet âge où l’on ne peut plus mentir à la vie, le réalisateur Simon Cadique entrevoit un sujet qui pourrait devenir son œuvre. Un film vérité sur deux figures injustement oubliées de l’histoire, deux fils de la paysannerie picarde qui dans les années 1900 se transformèrent en arpenteurs des airs et en industriels de la modernité, deux frères, les frères Caudron, dont les avions qu’ils fabriquaient à mesure qu’ils les inventaient, et qui portaient leur nom, s’envolèrent à l’assaut du XXe siècle sur les plages de la baie de Somme.
Mais comment être certain d’apprécier sans la trahir l’atmosphère faite de neuf et d’ancien qui régnait en baie de Somme un siècle plus tôt ? À quoi pensaient les frères Caudron en bricolant leurs machines ? À quoi pensaient les badauds endimanchés qui regardaient s’élever du sable biplans, biplaces et autres aéroplanes ?
Simon sait combien le temps rend chaque époque irrémédiable à l’autre. Mais le temps a sa propre histoire et cette fois, il en a décidé autrement. Amitiés, richesses, souvenirs, amours : toutes les cartes sont en passe d’être rebattues. Car, dans un ressac digne des plus grandes marées, ce sont les époques elles-mêmes qui viennent se percuter à l’embouchure de la Somme.

Edition : La Volte

 

Mon Avis : Philippe Curval fait partie de ces auteurs qui ont fortement influencé la science-fiction française, en devenant même une référence récompensée de nombreux prix, et dont pourtant je n’avais encore quasiment rien lu. Je fais un peu mon Mea Culpa, je me disais depuis un long moment que je devais découvrir les livres de cet auteur et, pourtant ils ont mis du temps à rejoindre ma PAL. Il a fallu attendre les dernières Utopiales et la nomination de ce roman pour le prix du festival, ainsi que ma rencontre avec l’auteur, pour que je décide de faire entrer ce livre dans ma bibliothèque. À noter l’illustration de couverture que je trouve très sympathique. Par contre petite critique concernant l’édition, une relecture supplémentaire aurait pu apporter un plus concernant certains mots auxquels il manquait parfois des lettres.

On plonge  dans le quotidien de Simon Cadique dont la vie n’a pas pris le chemin qu’il espérait. En colère face à de trop nombreux échecs, révolté devant ce que devient sa vie, il décide de revenir dans son village d’enfance pour réaliser un film sur les frères Caudron, héros de l’aviation française, et eux aussi originaires de la région. Sauf que tout va être bouleversé par l’apparition de marées temporelles qui vont mélanger passé, présent et futur. J’ai eu un peu peur en me lançant dans ce récit, plongeant directement dans un premier chapitre plein de fureur, au style haché avec des phrases courtes qui a eu un peu de mal à me convaincre, mais voilà ce fut de courte durée puisqu’au fil des pages je me suis finalement laissé facilement entrainer par ce récit, mélange d’aventures, d’enquêtes et de science-fiction. L’intrigue va ainsi osciller entre ce besoin de comprendre ces changements, le héros qui cherche à se retrouve, critique sociale et réflexion sur le passé et l’avenir qui a vraiment réussi à me happer tant par sa profondeur et sa poésie que par son travail de fond et, à la limite, sa « photographie » qui ont fait que je tournais les pages facilement avec plaisir et envie d’en apprendre plus. On sent que l’auteur maîtrise parfaitement son récit, entre révélations, surprises et introspection pour ne jamais perdre ou ennuyer le lecteur.

J’ai d’ailleurs été surpris, je ne sais pas pourquoi je m’étais mis en tête de me lancer dans un roman d’une grande densité et complexité, alors que finalement il se révèle beaucoup plus fluide et divertissant. Alors attention, je n’essaie pas de dire qu’un roman complexe ne peut être fluide et inversement, mais voilà là je m’attendais à un récit complètement différent et pourtant l’auteur a réussi à me surprendre sur un attente certes « différente » (et encore je n’aime pas ce mot) mais qui pourtant a réussi à m’accrocher et a me passionner que ce soit dans sa construction comme dans les messages qu’il véhicule.

Déjà l’un des gros point forts du récit vient clairement de la présentation qui nous est faite de la Baie de Somme, que ce soit à travers ses descriptions, sa culture, son histoire ou encore sa gastronomie et qui se révèle fascinante. On sent toute la passion que cherche à faire passer l’auteur de cette région et ça marche, j’avoue que je ne la connaissais pas trop, mais maintenant j’ai bien envie de la découvrir et me faire un avis malgré cette nostalgie qui se dégage de ce que met en avant l’auteur au fil des pages. Car oui, certes, il rend la Baie de Somme magique, mais surtout il partage une certaine tristesse de la voir perdre sa splendeur d’antan ; splendeur qu’il peut parfaitement rendre justement avec tous ses voyages dans le temps, rendant ainsi aux lieux une certaine « vie », une certaine « couleur », qui offre une beauté mais aussi une certaine nostalgie sans non plus tomber dans l’idée que « c’était mieux avant ». Le tout est aussi clairement porté par des descriptions très visuelles, on a vraiment l’impression de visualiser les différents lieux explorés au fil des pages.

Mais voilà l’auteur ne s’arrête pas qu’à nous faire découvrir, ce qui parait être, sa région, ou à nous divertir en nous offrant une histoire efficace qui oscille entre passé et futur, le tout sur un rythme posé et calme avec son lot de surprises, il se sert aussi du roman pour essayer, de nous rappeler ce qu’est, d’une certaine façon la « magie » liée à la science et aussi à nous faire réfléchir. L’un des gros point qui ressort du livre c’est vraiment cette impression qu’aujourd’hui on regarde la technologie comme quelque chose de banale, là où il y a à peine 100 ans une telle expérience amassait des foules de curieux et faisait rêver petits et grands, comme si on avait perdu cette capacité de s’émerveiller de l’évolution technologique, entrant dans une certaine routine. Ensuite l’auteur offre aussi quelques points de réflexion que ce soit d’un point de vue historique comme sur l’Europe et la guerre, mais aussi d’un point de vue social, qui ne m’ont pas laissé indifférent même si je n’était pas toujours d’accord avec les avis du narrateur.

Le panel de personnages que nous offre l’auteur se révèle véritablement hétéroclite et soigné, même si parfois la multitude de protagonistes qui se dévoilent au fil des pages fait que certains, pour moi, se trouvent un peu « légers » et auraient pu mériter d’être plus développés, mais rien de non plus bloquant ou frustrant. On s’attache assez rapidement à son héros, Simon, personnage en pleine crise d’identité qui cherche, d’une certaine façon, à se reconstruire à travers le travail ; à la fois héros du passé comme homme du futur il colle parfaitement à cette oscillation temporelle.

Mon seul regret finalement concernant ce roman vient parfois d’une certaine facilité scénaristique qui se dégage dans certaines scènes, principalement dans les échanges temporels comme par exemple notre héros qui revient dans le passé avec une caméra numérique et c’est à peine si ça hausse un sourcil.  Mais bon rien de non plus dramatique tant je me suis retrouvé porté par cette histoire, à la fois intime et d’aventures, qui m’a offert un très bon moment de lecture, le tout dans un style poétique, simple et entrainant et je lirai sans problèmes d’autres écrits de l’auteur..

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui m’a offert une intrigue mélange d’aventures, d’Histoire, d’enquêtes et de science-fiction qui m’a surpris en offrant finalement une histoire différente de mes attentes, mais qui m’a passionné que ce soit dans son récit comme dans ce qu’il cherche à faire passer. L’auteur nous fait ainsi découvrir la Baie de Somme qui est magnifié par les descriptions très visuelles qui donne vraiment envie de la découvrir malgré une certaine nostalgie qui se dégage. Mais voilà ce livre ne nous offre pas qu’une visite passionnante de la région et un récit maîtrisé entre rebondissements, surprisse et introspections, il nous offre aussi de nombreuses réflexions que ce soit aussi bien sociales, comme sur la « magie » scientifique qui est perdue. Le panel de personnages que nous fait découvrir l’auteur se révèle soigné et hétéroclite, même si les nombreux protagonistes font que certains auraient, selon moi mérité d’être plus développés. Rien de bloquant non plus. On s’attache assez facilement au héros, Simon, en pleine crise d’identité qui cherche à se retrouver. Mon seul regret vient finalement de certaines facilités, principalement dans l’aspect temporel, mais bon rien de non plus dérangeant. La plume de l’auteur se révèle simple, poétique et entrainante et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Lignes de Vie – Graham Joyce

Résumé : Coventry, durant la Seconde Guerre mondiale.
Une famille de sept soeurs aux vies fondées sur l’amour, la tradition, l’angoisse et l’espoir. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l’étrange et le merveilleux, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs.
Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l’après-guerre.
Mais Frank est un enfant particulier, doué d’intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l’avenir…
Et au centre de leur histoire, il y a eu la nuit du bombardement de Coventry par la Luftwaffe. Cassie s’est trouvée au coeur de cette nuit d’horreur hallucinée et y a laissé son secret le plus précieux…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Graham Joyce fait partie des auteurs dont j’ai découvert quelques-uns de ses textes il y a quelques années, que ce soit sous son nom où sous pseudonyme, et dont le fantastique m’a rapidement accroché. Pourtant, malgré quelques livres de l’auteur dans ma PAL, cela faisait un bon moment que je n’en avait pas lu. J’ai donc décidé de remédier à cela en sortant ce Lignes de Vie qui me tentait depuis un petit moment déjà, que ce soit par son résumé accrocheur et par sa couverture sobre et pourtant efficace.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me lançant dans ce récit, qui s’annonçait entre récit familial, historique et fantastique et je dois bien avouer, qu’une fois la dernière page tournée, que je n’ai pas du tout été déçu du voyage. On se retrouve ainsi plonger dans une chronique familiale qui va voir la vie de sept soeurs et leur mère bousculée suite à la décision de Cassie, la plus jeune des sœurs, de ne pas abandonner son enfant et de l’élever. Elles vont alors devoir se serrer les coudes, dans une Angleterre en pleine reconstruction au lendemain de la seconde guerre mondiale, surtout que Cassie a parfois des « absences ». C’est ainsi que Franck va grandir, jouant d’une certaine façon le rôle de catalyseur et d’observateur.

J’ai pourtant eu un peu peur au début, j’avais du mal à comprendre où voulait en venir l’auteur et l’impression de me lancer plus dans des petites histoires pas toujours en rapport, mais voilà plus j’avançais dans ce récit, plus je me suis retrouvé happé par chacune des histoires des membres de cette famille. On découvre ainsi un foyer véritablement attachant, avec ses forces et ses faiblesses, dont chaque héroïne se révèle charismatique et possède ses propres pensées, ses propres convictions, ses propres sentiments. Cette fresque familiale, sur près de dix ans, va ainsi dévoiler de puissants liens entre chaque membre, qui oscille entre hauts et bas, mais qui ne baisse jamais les bras et qui ont réussi à me toucher. L’auteur propose une histoire que je considère « vraie », ne cherchant ni la surenchère, ni le trop plein d’émotion, simplement à nous montrer des personnages et une vie assez banale, ce qui n’empêche pas chaque personnage, d’une certaine façon, à se révéler remarquable au quotidien.

Mais le récit ne s’arrête pas simplement à nous présenter une famille fascinante qui fait face, elle développe aussi une image de fond passionnante, celle de l’après guerre à Coventry fortement touché par les bombardements, en pleine reconstruction, qui doit effacer ses blessures, en pleine euphorie, mais avec ses nombreux sujets de discorde, mélange de tradition et de modernisme. On découvre ainsi au fil des pages l’évolution que va connaitre le pays, les populations mais aussi les mœurs avec tous les bouleversements et les réflexions que cela engendre que ce soit aussi bien sur la position de la femme, la maladie principalement psychologique et la médecine, la capacité d’un peuple meurtri à se relever et survivre, ou bien encore sur la politique et tout ce qu’elle peut changer sans s’en rendre compte. Mais surtout ce qui m’a paru ressortir de cette époque c’est un sentiment positif, cette famille soudée, qui fait bloc au moindre soucis, qui arrive toujours à avancer, à se retrouver et, si besoin, se relever ensemble. On aurait pu les penser démoralisés, effondrés et pourtant il se dégage de tous ses personnages un optimisme qu’il transmet au lecteur, l’idée de lendemains meilleurs qu’ils construisent au fil des jours avec magie et patience. Le tout est aussi teinté de nostalgie, une époque révolue ou regarder devant soi se révélait plus bénéfique qu’effrayant.

L’aspect fantastique risque d’en surprendre voir d’en déplaire plus d’un, car finalement il se révèle très discret et surtout l’auteur joue, de façon que j’ai trouvé intéressante, sur sa réalité, son existence. En effet il oscille tout le long du roman entre fantômes, folies, rêves, mythes et imaginations sans jamais fournir de réponses claires et précises. Pourtant je trouve que cela apporte un plus au roman, lui offrant une ambiance doucement étrange qui se dégage de plus en plus au fil de la lecture, où chacun se fera son propre avis sur ces apparitions, surtout qu’elles en deviennent parfois un élément important, principalement avec trois personnages Cassie, Franck et Martha, mais où chacun va les accepter même s’ils ne les comprennent pas. Le décor utilisé par l’auteur, qui est Coventry après, voir même pendant, le Blitz, se révèle à la fois magnifique et dramatique, que ce soit dans la perte comme dans la reconstruction, et offre un cadre adéquat et réussi à l’intrigue, le tout porté par des descriptions simples et prenantes.

Mais voilà le gros point fort vient clairement de la famille Vine qu’on va découvrir au fil des pages, ces sept femmes aux caractères bien trempés, charismatiques, toutes à la personnalité différente les unes des autres, elles permettent ainsi d’offrir un panel assez large qui fait qu’on se retrouve assez facilement, au moins en partie, dans chacune d’entre elle. Même celles qui, aux premiers abords peuvent paraitre austère, se révèlent finalement plus denses et plus soignées que prévu. On découvre ainsi une famille à l’histoire complexe, forte, qui ne se laisse pas abattre, qui se dévoile lentement, et dont on s’attache de plus en plus au fil de la lecture. La caractérisation de chacun d’entre eux s’avère réussie et passionnante, et vu que Franck, l’enfant de Cassie, se trouve, balloter au fil des péripéties chez chacune d’entre elle, on découvre ainsi à chaque rencontre une tranche de vie qu’on savoure avec plaisir et offrant surtout une grande variation de liens, de relations et d’expériences que ce soit aussi bien familiale que d’une vision plus large, comme la vie dans la communauté scientifique ou encore le milieu spiritualiste. Le récit tisse ainsi une famille « banale » et pourtant passionnante.

J’ai par contre été un peu surpris par la plume de l’auteur, qui tend plus vers un style que j’ai trouvé « oral », « parlé », là où j’attendais peut-être quelque chose de plus dense, mais j’ai très vite changé d’avis tant cette façon de conter l’histoire colle finalement parfaitement bien au récit et à la famille rencontrée ; à la fois simple, magique et entrainant. Au final je n’ai pas été déçu de ma lecture qui, malgré un démarrage peut-être légèrement poussif, a réussi à me captiver, offrant une fresque familiale poignante et touchante le tout mâtiné de fantastique discret. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur dont, justement, certains m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire à la fois chronique familial, historique et le tout teinté de fantastique qui, malgré un début un peu poussif, va se révéler terriblement efficace, touchante, emprunte de magie et de réflexion. La famille Vine, composée de six sœurs et leur mère, offre un panel de personnage hétéroclite, charismatique et dont on s’attache très rapidement et dont on savoure avec rand plaisir chaque tranche de vie qu’on découvre au fil des pages. La ville de Conventry et l’époque d’après guerre offre une image de fond vraiment fascinante à découvrir, entre nostalgie, évolution et modernité, on découvre un pays et surtout une ville qui cherche à avancer. L’aspect fantastique devrait en surprendre plus d’un, se révélant très léger et surtout au bon soin du lecteur de décider s’il est imaginaire ou réel ce qui je trouve apporte un plus, même si cela pourrait bloquer certains lecteurs. La plume de l’auteur m’a d’abord surpris, offrant un style parlé, mais au fil des pages m’a conquis se révélant entrainant et limite conte magique au coin du feu.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lorhkan, Lelf, Vert, Lune, Ptitetrolle, Lhisbei, joyeux-drille, Cafe-Powell, …

La Guerre du Lotus Tome 1, Stormdancer – Jay Kristoff

Résumé : On disait éteinte la race des griffons, ces créatures mythiques menées par les danseurs d’orage. Pourtant, Yukiko et son père reçoivent l’ordre d’en capturer un pour le cruel shogun des îles de Shima. Contre toute attente, ils y parviennent, mais Yukiko se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé qu’elle nomme Buruu.
Unis dans l’adversité, la jeune fille et l’animal s’entraident. Yukiko serait-elle la véritable danseuse d’orage, ultime espoir du peuple ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : J’avoue que concernant ce roman j’ai un peu craqué dessus sur un gros coup de tête. La première chose qui m’a attiré c’est la couverture, illustrée par Sylvie Veyres, que je trouvais réussi avec son ambiance asiatique (même si j’avoue avoir une certaine préférence quand même pour certaines couvertures étrangères), ensuite quand j’ai lu sur la quatrième de couverture annonçant steampunk, univers asiatique et griffon j’avoue que ça m’a tout de suite convaincu et il est donc rentré d’un coup de baguette magique (que j’appelle plus communément portefeuille) dans ma PAL. Après quelques mois d’attentes et vu que le second tome a été publié il y a quelques semaines, j’ai décidé de le sortir de ma bibliothèque pour me faire un avis.

Il faut bien l’avouer que ça commence fort, avec un premier chapitre qui nous plonge directement dans l’action, se révélant nerveux et percutant, qui sert finalement de prologue pour offrir alors un flashback qui permettra de mieux comprendre cette scène. C’est à partir de là que j’ai eu un peu peur, puisque les 5O premières pages m’ont laissé un sentiment plutôt mitigé, une impression de longueur et un sentiment que cette partie se révélait haché. Le gros soucis finalement de cette première partie c’est qu’elle rentre un peu trop dans l’idée d’introduction, l’auteur mettant le maximum d’informations sur son univers et ses personnages pour mieux après se concentrer entièrement sur son intrigue, sauf que voilà des informations il va y en avoir énormément et parfois il se perd aussi dans des descriptions un peu à rallonge et qui manquent un peu d’intérêt. Alors elle n’est pas inutile, car elle permet au lecteur de plonger dans l’ambiance et de savoir de quoi on parle, mais parfois on se demande s’il n’aurait pas mieux valu aérer un peu l’ensemble en répartissant certaines des informations sur l’ensemble du roman. Attention cette première partie n’est pas non plus indigeste offrant tout de même des aspects intéressants, mais voilà le lecteur risque de se retrouver légèrement perdu devant ce début un peu haché et difficile.

Sauf que voilà il serait dommage de s’arrêter sur cette première partie, car la suite va se révéler beaucoup plus plaisante, entraînante et efficace. Alors certes, l’intrigue ne révolutionne pas le genre avec un Shogun despotique qui pousse de plus en plus son pays à mourir de faim avec tout ce que cela entraine comme révolution et en toile de fond un parallèle entre la technologie et la nature, mais voilà l’auteur s’en sort clairement bien proposant une histoire qui va se révéler solide, percutante et sans temps morts, offrant ainsi de nombreux rebondissements, de nombreuses surprises et aussi son lot de scènes nerveuses et percutantes. Le lecteur se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus et de savoir quelles aventures vont devoir rencontrer nos héros. Alors après ce livre cherche clairement le divertissement, ce qui fait qu’on note certaines facilités comme justement cette « confrontation » entre la technologie, source de pollution, et la nature, mais voilà cela n’empêche pas l’ensemble de bien fonctionner et le message de passer un minimum au lecteur. Surtout que, pour moi, ce cycle, tout du moins ce premier tome, vise un public large aussi bien adulte qu’adolescent. L’intrigue devient ainsi au fil des pages plus captivante, le lecteur se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus et de savoir quelles aventures vont devoir rencontrer nos héros aboutissant à une conclusion explosive, tendue et sans temps morts.

Concernant l’univers je dois bien admettre qu’il se révèle très intéressant à découvrir, principalement devant son mélange de Steampunk, aspect mythique et mythologiques et le tout saupoudré d’influence Japonaise. Alors attention, pour bien préciser la chose je parle bien d’influence, car on se rend rapidement compte que les connaissances de l’auteur viennent plus de manga et films que de véritable recherches historiques, ce qui se ressent parfois. Ceci n’est en rien un critique, j’ai accroché à cet univers, mais si vous recherchez vraiment un univers à l’influence profonde et historique Japonaise, là il vaut mieux passer votre chemin, la toile de fond ici répondant plus à compléter et densifier l’aspect divertissement. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler complexe et surtout il offre une ambiance finalement assez sombre et poisseuse où le côté « Steampunk » se révèle plus problématique que vraiment bénéfique, où la beauté de ce monde a fané, voir disparue et où viennent se croiser griffons et démons pour notre plus grand plaisir. J’ai noté aussi un travail d’imagination efficace, principalement sur l’aspect technologique,. L’aspect politique se révèle solide, certes rien de révolutionnaire avec un dictateur et quelques luttes de pouvoirs, mais qui offre son lot de machinations et de trahisons. En tout cas au final qui me donne envie d’en apprendre plus, qui se révèle accrocheur et très visuel malgré, comme je l’ai dit, la propension de l’auteur à se perdre un peu en description au début.

Concernant les personnages, Yukiko se révèle être une héroïne assez intéressante à découvrir par son caractère fort, sans concession et charismatique, mais pourtant humaine. On regrettera peut-être le côté stéréotypé de sa relation avec son père qui repose sur des révélations assez prévisibles, mais cela ne l’empêche pas de se révéler attachante et de donner envie de suivre ses aventures. Concernant les protagonistes qui gravitent autour d’elle, ils ne manquent pas non plus d’attraits, avec une mention particulière pour Buruu le Griffon et la relation qu’il va tisser au fil des pages avec l’héroïne. Je regrette tout de même un ou deux personnages secondaires un peu caricaturaux, comme le Shogun qui manque de complexité tombant trop dans le dictateur très méchant ou encore son ministre. Concernant l’histoire d’amour je dois bien avouer que je suis bien content que l’auteur ait clairement évité le triangle amoureux classique pour essayer de construire quelque chose d’un peu plus « humain », même s’il n’évite pas certains clichés.

La plume de l’auteur se révèle entraînante, vivante, efficace et happe assez rapidement le lecteur, le plongeant dans une histoire bien rythmée et dévoilant un univers original, solide et efficace. Au final, on obtient ainsi un premier tome qui, sans trop se prendre la tête ni révolutionner le genre, offre une bonne lecture et me donne clairement envie de lire la suite pour savoir ce que va bien proposer l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le premier tome de cette trilogie qui offre une histoire, certes qui met un peu de temps à démarrer offrant 50 premières pages un peu trop dense en information, mais qui après se révèle efficace, entrainante, vive et sans temps morts aboutissant à une conclusion explosive. Un divertissant qui a réussi à me happer assez facilement, malgré, c’est vrai, quelques facilités ici ou là. L’univers développé par l’auteur est solide, mélange de Steampunk, de mythes, le tout saupoudré d’une libre inspiration d’influence japonaise et donne envie d’en apprendre plus aussi bien d’un point de vue technologique et son influence sur la planète, que social. Le personnage de Yukiko ne manque pas d’intérêt, héroïne forte charismatique et pourtant humaines, malgré quelques passages un peu stéréotypés comme la relation avec son père.  Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle se révèle aussi attrayants, malgré un ou deux qui tombent un peu dans la caricature. La plume de l’auteur se révèle vivante, entrainante, plongeant le lecteur rapidement et facilement dans son récit. Au final un premier tome qui ne révolutionne pas le genre, mais qui se révèle réussi et donne clairement envie de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Petitetrolle, Galleane, Otsü, La tête dans les livres, …

Virus – Anthologie dirigée par Magali Duez

Résumé : Error 47 – 4_de_couv introuvable

Scan en cours…

8 Virus détectés.

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Ce recueil de nouvelles a rejoint ma PAL un peu sur un coup de tête il y a plus d’un an, à force de le croiser lors des Imaginales 2014. En effet j’avoue avoir été rapidement séduit par la couverture, illustrée par Zariel, que je trouvais réussie et assez accrocheuse pour me pencher sur le livre. Ensuite le sujet du Virus se révélait clairement intéressant et surtout offrait de nombreuses possibilités d’écritures, qui ont donc fait que ce livre a rapidement rejoint ma PAL. Comme souvent avec une PAL exponentielle il s’est un peu perdu avant de finir entre mes mains il y a quelques jours, histoire que je me fasse mon avis. Ce recueil comporte huit nouvelles.

H5N1 de Frédérique Lorient : Cette nouvelle nous plonge dans un futur où le virus H5N1 a éradiqué la majeur partie des oiseaux et où la présence de l’un deux dans un musée va perturber les visiteurs. Une nouvelle forte qui nous dévoile un avenir où la peur de la contamination aura pris une telle ampleur qu’elle pousse à la surabondance de protection, limite à la folie et que la vie de chacun s’en retrouve complètement bouleversée. Un texte qui se lit facilement, offrant une vision du virus assez surprenante et intimidante, mais dont je reproche un peu la chute trop prévisible pour vraiment se révéler percutante. En tout cas une introduction agréable et sympathique à l’anthologie.

Rouge Cerise à Pois Blancs de Véronique Pingault : Cette nouvelle nous fait découvrir un virus assez étrange, car au lieu d’atténuer les capacités du porteur, comme c’est souvent le cas, il le rend encore plus créatif. Après une première nouvelle qui jouait sur l’angoisse, ce texte cherche à jouer sur l’humour offrant un texte complètement décalé et qui se révèle original ; le soucis c’est que je n’ai jamais réussi à rentrer dedans, la faute à un aspect que j’ai trouvé trop gentillet et aussi au fait que l’humour n’a jamais réussi à me toucher, mais là je plaide coupable j’ai un humour un peu spécial.

Utopie en Sursis d’Isabelle Guso : Cette nouvelle, qui est la plus longue de ce court recueil, nous plonge dans un futur utopique où chacun vit majoritairement en harmonie, sauf que tout va changer pour une jeune enquêtrice qui va devoir enquêter sur un suicide (évènement normalement impossible) et voir sa fille changer. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce texte qui nous plonge dans un texte intelligent, qui cherche à nous faire réfléchir sur la notion de bonheur, mais aussi sur la notion de famille et la notion de choix, le tout sur fond de paranoïa et de manipulation. La chute du récit ne manque pas de faire réfléchir et se révèle surprenante. Un texte efficace, mais qui lui manque un tout petit je ne sais quoi pour se révéler vraiment excellent.

Mise à Jour de Pénélope Chester : Cette nouvelle nous présente un androïde de maison qui est phobique des mises à jour de peur d’être infecté par un virus, mais dont les propriétaire, dans l’attente d’un enfant, ont besoin de le faire évoluer. Je ne peux pas nier que le fond de la nouvelle se révèle assez originale dans son traitement et sa présentation, mais voilà ce texte m’a paru clairement manquer de force pour se révéler vraiment marquant et peut-être aussi trop court. Un texte que je classe dans le vite lu, apprécié, mais vite oublié.

Quand les Clowns en Treillis font Gémir la Musique de Fabien Clavel : Un virus inconnu s’est mis à envahir le monde, transformant les malades pour leur donner un faux air de clown. Les contaminés vont très vite se retrouver au ban de la société. Un texte qui va se révéler plus complexe que ce que laissait entrevoir le début, offrant un récit engagé, politique et critique, qui fait réfléchir le lecteur sur l’exclusion et la capacité de beaucoup à fermer les yeux tant que pour eux tout se passe bien. Un texte efficace et percutant, même si justement peut-être un peu trop principalement dans la critique à sens unique sur certains aspects, mais rien de non plus dérangeant tant j’ai passé un très bon moment de lecture.

Intrafolie de Raymond Iss : Une très courte nouvelle qui nous parle de transhumanisme et de virus, dont je ne peux pas trop parler sous peine de vous spoiler. De nouveau un texte qui cherche à jouer sur la carte de l’humour et le cynisme mais qui, comme d’autres textes de l’anthologie a du mal à vraiment se révéler marquant. Une lecture tout juste sympathique, sans plus.

Flocon Rouge de David Osmay : Cette nouvelle nous plonge dans un avenir ou l’Homme a découvert le vaccin qui permet de tromper la mort et rester éternellement jeune, sauf qu’un virus apparait déclenchant le vieillissement instantané et dans la majorité des cas la mort. Un texte qui se révèle intelligent, complexe et soigné, poussant le lecteur à mener des réflexions sur la vie, la mort, notre capacité à dépasser les lois naturelles pour s’enfermer dans d’autres phobies et d’autres peurs, mais aussi finalement sur l’immortalité. Une histoire sensible, jouant sur les émotions et les envies, qui a réussi à me toucher.

Contagion de Bruce Holland Rogers : Cette très courte nouvelle nous plonge en plein milieu d’une réunion au sommet aux USA où l’on apprend qu’un terrible virus sévit ; pire qu’il rend les gens heureux. Comme la majorité des textes qui ont décidé de manier l’humour, je n’ai pas trouvé cette très courte nouvelle mauvaise, loin de là, l’ensemble se révélant sympathique, mais elle est loin de se révéler marquante. Je la classe donc aussi dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec cette anthologie dont le sujet sur les Virus se révèle traité de façon large, offrant huit textes complètement différents, passant aussi bien du récit angoissant, à celui intelligent ou encore maniant l’humour. Alors certes tous les textes ne sont pas au même niveau entre ceux qui se révèlent entrainant, intelligent et efficace et ceux qui manquent de force et entre plus dans la catégorie « vite lu, apprécié mais vite oublié », de plus je regrette l’absence de texte vraiment marquant, mais cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler finalement assez sympathique à découvrir. Une anthologie divertissante entre deux lectures plus conséquentes je dirai.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, …

Challenge CRAAA 1ère lecture

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