Mois : août 2015 (Page 1 of 2)

Nous allons tous très bien, merci – Daryl Gregory

Résumé : Il y a d’abord Harrison, qui, adolescent, a échappé à une telle horreur qu’on en a fait un héros de romans. Et puis Stan, sauvé des griffes d’une abomination familiale l’ayant pour partie dévoré vif. Barbara, bien sûr, qui a croisé le chemin du plus infâme des tueurs en série et semble convaincue que ce dernier a gravé sur ses os les motifs d’un secret indicible. La jeune et belle Greta, aussi, qui a fui les mystères d’une révélation eschatologique et pense conserver sur son corps scarifié la clé desdits mystères. Et puis il y a Martin, Martin qui jamais n’enlève ses énormes lunettes noires… Tous participent à un groupe de parole animé par le Dr Jan Sayer. Tous feront face à l’abomination, affronteront le monstre qui sommeille en eux… et découvriront que le monstre en question n’est pas toujours celui qu’on croit…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : J’ai découvert l’auteur initialement à travers une nouvelle, Dead Horse Point, publiée dans un Bifrost, qui m’avait captivé par sa justesse et son propos. Il y a un an je me suis donc laissé tenter par son premier roman publié en France, l’Education de Stony Mayhall, qui a confirmé tout le bien que je pensais des écrits de cet auteur, à travers un récit de zombies qui offrait une chronique sociale réussie et prenante (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que, quand j’ai vu qu’un nouvel écrit de l’auteur était publié, il a très rapidement terminé dans ma PAL. A noter qu’on se situe plus ici, selon moi, dans la novella que dans un roman, l’ensemble faisant moins de 190 pages, augmenté d’une interview intéressante de l’auteur qu’il faut obligatoirement avoir lu en dernier sous peine de se faire spoiler. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, elle se révèle pour moi très sobre et terriblement efficace.

L’idée initiale de cette histoire se révèle vraiment intéressante et surprenante, prendre cinq personnages qui ont connu et survécu à de terribles tragédies, les mettre ensemble et lancer ainsi une thérapie de groupe. L’auteur décidé ainsi de construire son histoire de façon originale, on ne suit ainsi pas le héros vers la quête, mais plus des héros brisés qui cherche tout simplement à se reconstruire. Cela peut surprendre au début, se demandant ce que va bien pouvoir proposer l’auteur, mais très rapidement on se retrouve emporter par chacun des protagonistes qui se dévoile, principalement aussi quand l’aspect fantastique commence à prendre de l’ampleur et de l’étrangeté au fil des pages. Plus on avance plus on se rend compte de la tension qui s’installe captive, cette lente montée de stress et d’angoisse liée au fait qu’on découvre rapidement que chacun d’entre eux ont vu des monstres que la majorité de la population ne voit pas et ont connu des traumatismes. On se retrouve alors pris dans cette histoire qui oscille de façon terriblement efficace entre horreur, humour décalé et cynique, souffrance psychologique, ouverture et acceptation de soi ou les personnages vont devoir lutter à nouveau contre un mal qui les dépasse.

On est ici loin de la profondeur recherchée dans Stony Mayhall, l’auteur cherchant plus à mettre en avant le côté page-turner et terriblement efficace de son récit et que le format court lui permet, condensant ainsi l’ensemble pour le rendre plus nerveux, percutant et entrainant, mais cela n’empêche pas ce récit de se révéler plus que divertissant. On se rend aussi compte que, d’une certaine façon, ce récit est un peu une sorte d’hommage aux films et à la littérature d’horreurs, décidant ainsi d’écrire une suite en suivant le héros face aux traumatismes qu’il a vécu. Surtout il évite de tomber dans la surenchère, proposant plus une horreur psychologique. La première moitié se révèle ainsi véritablement prenante, chaque personnage se développant un peu plus, dévoilant un passé loin d’être joyeux qui ajoute un aspect légèrement dérangeant à l’ensemble, ce qui colle parfaitement avec le sentiment de frisson que cherche à faire passer l’auteur, qui pose ainsi les prémisses de protagonistes attachants, complexes et fascinants à découvrir. Chaque héros dévoile ainsi des failles, des questionnements, de forces.  Sauf que voilà, par la suite j’ai eu l’impression que le soufflé, sans non plus retomber complètement loin de là, avait du mal à continuer à gonfler. C’est bien simple, dès que la chasse aux monstres prend de l’ampleur, l’ensemble reste sympathique, mais ne remplit pas complètement les attentes que j’avais à la lecture des premières pages.

Car finalement ce qui m’a dérangé c’est qu’une fois son image de fond mise parfaitement en place, l’ensemble glisse lentement vers une histoire finalement beaucoup plus traditionnelle de chasse aux monstres. Certes l’auteur s’en sort plus qu’honorablement, jouant efficacement sur la tension et les rebondissements, mais fige un peu tout ce que je trouvais original dans ce récit tel que la thérapie ou encore la lente plongée dans les personnages, leurs traumatismes et leurs guérisons. Car oui, j’étais aussi un peu surpris que la profondeur qui se dévoile des personnages au fil des pages, s’arrête brusquement car il faut accélérer l’intrigue pour pouvoir un dénouement assez rapide, alors qu’il y avait encore, selon moi, beaucoup à dire. Alors après peut-être que je n’ai pas pris ce court roman comme l’aurait souhaité l’auteur en l’écrivant, mais voilà revenir à une « simple » histoire angoissante et d’action après un démarrage tellement original fait que je me suis senti légèrement frustré. Autre point qui peut aussi déranger certains, même si de mon côté j’ai trouvé cela plutôt accrocheur, c’est que, novella oblige, l’auteur reste assez limité en pages, pourtant il développe une intrigue secondaire, que je vous laisse découvrir avec Barbara et le Scrimshander, qui reste totalement ouverte une fois la dernière page tournée. Aucune réponse n’est fournie. Je sais que d’autres écrits existent dans cet univers et que l’auteur n’a pas fini de travailler dessus, donc a voir si on obtient plus de réponses dans d’autres livres, mais cela peut en déranger certains.

Après ne me faites pas non plus dire ce que je n’ai pas dit, Nous allons tous très bien, merci reste un livre que j’ai lu avec plaisir, court, inventif avec des aspects originaux, qui certes n’a pas complètement répondu à mes attentes, mais qui m’a tout de même offert un moment de lecture très agréable et sympathique avec une ambiance sombre et une petite dose de frisson. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, entrainante et fluide, plongeant ainsi rapidement le lecteur dans son histoire, offrant une narration surprenante, oscillant entre chaque personnage, tout en offrant une voix aux nous du groupe. Je lirai ans soucis d’autres écrits de l’auteur, dont un nouveau roman est déjà annoncé pour 2016, mais qui, par contre, ne devrait pas se situer dans l’univers développé ici.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce court roman qui, certes, n’a pas complètement répondu à mes attentes, mais qui ne manque pas de se révéler entrainante, percutante et efficace. L’ambiance fantastique qui se développe lentement, se révèle vraiment intéressant, ajoutant une touche d’étrangeté et de mystère à l’ensemble qui colle parfaitement à ce récit qui oscille entre humour, frisson et action. Je trouve juste dommage que tout l’aspect original de l’ensemble, lié à cette thérapie et aux développement de ses personnages brisés en tant que héros, se retrouve figé à la moitié du récit une fois que la chasse aux monstres prend de l’ampleur. Surtout que les personnages ont un énorme potentiel et pouvoir en développer six n’est pas toujours facile. Cela n’empêche pas cette seconde partie de se révéler solide, pleine d’adrénaline et de rebondissements et qui fait qu’on tourne tout de même les pages avec plaisir. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fluide, entrainante et s’amuse avec la narration offrant une voix à chaque personnages mais aussi au « nous ». Je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur en tout cas.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Just A word, …

Mes Achats du Mois d’Août 2015

Bon j’avais prévu de rester assez sage cet été, d’éviter de trop surcharger une PAL qui prend de plus en plus d’ampleur et j’avoue que j’ai a moitié réussi mon pari. Après un mois de Juillet très calme, ce mois d’août s’est révélé un peu plus rempli en achats avec huit acquisitions qui viennent rejoindre ma bibliothèque.

Voilà donc mon butin de ce mois d’août 2015 :

  • Nous Sommes Là de Michael Marshall aux éditions Bragelonne. Un auteur que j’apprécie énormément, je n’allais donc pas manquer d’acquérir son dernier roman publié.
  • Les Neiges de L’Eternel de Claire Krust aux éditions Actu SF. Une très jolie couverture, un résumé accrocheur et ce livre rejoint ma PAL.
  • Les Enfants de Poséidon Tome 1, La Terre Bleue de Nos Souvenirs d’Alastair Reynolds aux éditions Bragelonne. Un livre qui me tentait depuis la première fois que j’en ai entendu parler, il n’a donc pas manquer de se retrouver dans ma bibliothèque.
  • Les Nefs de Pangée de Christian Chavassieux aux éditions Mnémos. Encore une fois convaincu par la couverture et par le résumé.
  • Port d’Âmes de Lionel Davoust aux éditions Critic. Aussitôt acheté, aussitôt lu et chroniqué ici.
  • L’Homme aux Semelles de Foudre d’Ayerdhal aux éditions Hélios. Un nouveau roman de l’auteur qui rejoint ma bibliothèque.
  • Nous Allons Tous Très Bien, Merci de Daryl Gregory aux éditions Le Bélial’. Après avoir passé un très bon moment avec L’Éducation de Stony Mayhall je me suis très rapidement laissé tenter par son dernier récit.

Livre numérique :

  • Ianos, Singularité Nue d’Olivier Bérenval.

Voilà donc de quoi m’offrir, je l’espère, de très bons moments de lecture. Finalement je ne suis pas resté aussi sage que je l’espérais cet été, mais je n’ai pas non plus connu d’énorme craquage.

Port D’Âmes – Lionel Davoust

Résumé : Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.
Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Il y a un an l’auteur publiait La Route de la Conquête, un recueil de nouvelles prolongeant la plongée du lecteur dans l’univers d’Evanégyre découvert lors de ma lecture de La Volonté du Dragon. J’avoue ne pas avoir été déçu par la découverte de cet univers fascinant, dense offrant un mélange passionnant de technologie et de magie, le tout porté par des récits intelligents et soignés. Par conséquent quand il fût annoncé qu’un roman allait être publié par l’auteur dans ce monde, je savais qu’il allait très rapidement entrer dans ma PAL. Mais même sans ces arguments, la magnifique couverture, illustrée par François Baranger, m’aurait obligatoirement fait pencher sur ce livre. Alors attention si vous lisez cette chronique je risque de spoiler, non pas ce livre, ce que j’essaie d’éviter au maximum, mais plus l’univers d’Evanégyre, principalement des informations qu’on retrouve dans La Route de la Conquête sur la chronologie. A noter qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu ses précédents récit dans cet univers pour se plonger dans ce roman, car comme ses textes précédents ils peuvent tous se lire indépendamment.

Ce roman est situé dans une période très lointaine dans le futur de l’univers d’Evanégyre que l’on connait. Dans son précédent recueil, face à sa suffisance, l’Empire d’Asreth c’était finalement éteint, amenant les Âges Sombres ainsi qu’une forte régression aussi bien technologique que sociale. Ici on se retrouve encore bien des années plus tard, les Âges Sombres s’éteignent, la technologie Asreth a complètement disparue et l’Empire est devenue un simple mythe, une légende qu’on raconte comme une fiction. On découvre ainsi Rhuys ap Kaledán, noble déchu, qui revient, après 8 ans de servitude, à Aniagrad espérant y retrouver tout ce qu’il a perdu. Il va très rapidement se rendre compte que rien n’est gratuit.

Première chose qui surprend, c’est le changement radical dans l’univers, on quitte ainsi l’Empire d’Artech et son univers carré, avec son but unique que tout le monde suivait malgré quelques dissensions, il ne faut pas l’oublier, pour un futur qui est d’une certaine façon plus pernicieux, où la guerre va faire son grand retour, où les mensonges, les complots et les trahisons influencent fortement la vie des uns et des autres. Aniagrad en est d’ailleurs le parfaite exemple, la ville où on peut tout acheter, où tout est déclaré et où le contrôle se fait avec une poigne de fer par l’administration et sa milice. Une ville de liberté, mais où on se rend rapidement compte qu’elle est construite comme une toile d’araignée dont on peut très vite tomber dans ses filets et se retrouver acculer. Cela ne veut pas dire que l’Empire et sa technologie a complètement disparu, on le croise, en ligne de fond, à travers des récits, des légendes, des recherches, il va avoir une place dans l’intrigue, mais est loin d’en être le point central. La description de ce monde par l’auteur se révèle dense, soignée, sans non plus se révéler trop lourde ou ennuyeuse, on a l’impression de se plonger dedans, de visiter cette ville pittoresque et hétéroclite, à la fois pleine de surprise, de beauté, mais aussi d’ombre, d’exclusion, de violence. Alors ce changement peut surprendre, si vous êtes habitué aux machines Asreth, mais finalement se révèle très intéressant, permettant ainsi de varier son histoire et aussi d’éviter d’ennuyer le lecteur en racontant toujours la même chose. L’idée du transfert, qu’on avait, d’une certaine façon, déjà découvert dans une autre nouvelle, offre ici quelque chose que j’ai trouvé de très poétique et mélancolique, avec ce besoin de ressentir des émotions ou, selon certains, de les faire disparaitre.

L’intrigue n’est pas non plus en reste par rapport à l’univers, elle se révèle ainsi clairement captivante, offrant tout du long un jeu de manipulation, de pouvoir et de trahisons qui se révèle franchement accrocheur et efficace, tout en se gardant aussi un aspect plus intimiste par l’entremise du personnage principal qui apporte ainsi une touche plus émotionnelle, au plus proche du héros, qui permet de se retrouver facilement happer par les nombreuses aventures qui vont lui arriver. Alors certes, l’histoire et l’univers donne une impression de Fantasy plus classique, mais cela n’empêche pas l’auteur de montrer qu’il s’en sort très bien en nous offrant un récit qui se révèle captivant et entrainant, le tout à un rythme qui monte lentement en tension au fil des pages, des révélations et de l’évolution du personnage principal dans cette quête identitaire qui ne va pas le laisser indemne et le pousser à se remettre énormément en question, oscillant entre amour, naïveté et souffrance. Le récit joue ainsi avec le lecteur pour mieux le surprendre, lui offrir rebondissements et machinations, mais qui aussi n’oublie pas de soulever quelques réflexions intéressantes et efficaces. Que ce soit concernant l’identité, la souffrance, la liberté ou encore sur le jeu des classes sociales et du pouvoir, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur ce qui nous est montré, même si parfois présenté de façon un peu facile. En tout cas une intrigue bien ficelée, maîtrisée, prenante par son ambiance pleine de mystère et de mensonges.

Concernant les personnages il faut bien avouer que je me suis rapidement attaché à Rhuys, jeune homme pleins d’idéaux, d’honneur et de rêves, qui va rapidement se rendre compte que le monde est loin de ce qu’il imaginé, qui va, d’une certaine façon prendre une claque et que pour changer les choses il faut parfois savoir sacrifier certaines choses. Son évolution au fil des pages se révèle captivante, soignée, accrocheuse et surtout réaliste, tant on se retrouve proche de lui dans la façon dont cela nous est présenté. Alors certes je l’admet, parfois on se pose quelques questions, pour un personnage qui a passé 8 ans dans la marine, il apparait un peu naïf dans certaines situations, mais bon rien de bien méchant. Surtout la façon dont il va grandir, passer d’une certaine façon de l’adolescent innocent, à l’adulte s’avère efficace et prenant. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui ils se révèlent denses, soignés, offrant une palette large de personnages humains avec leurs bons et leurs mauvais côtés, leurs ambitions et leurs souffrances, avec une mention toute particulière pour la vendeuse, héroïne mystérieuse, torturée, fougueuse, charismatique qui prend son temps pour se dévoiler et surtout prend une place de plus en plus importante dans le récit. Elle vient ainsi apporter une touche de poésie supplémentaire à l’ensemble. La complexité de la relation qu’elle va nouer avec Rhuys est aussi captivante, par ce jeu qui se nous entre ces deux protagoniste, d’une certaine façon semblables, mais pourtant si différents dans leurs visions.

Je ne relèverai que deux points qui m’ont légèrement laissé perplexe, le premier vient de quelques longueurs que j’ai ressenti, rien de bien méchant, ni dérangeant, mais j’ai eu l’impression que l’auteur tirait un peu certains passages, principalement avant certaines révélations. L’autre point est un peu plus, on va dire, personnel et vient d’une des révélations finales que j’ai vu arriver très tôt, ça n’empêche en rien de savourer ce récit ni de l’apprécier vu que cette révélation n’est que secondaire, l’important venant surtout des conséquences, mais ça m’a laissé un léger sentiment de frustration. Rien de bien méchant non plus tant l’ensemble s’avère plus qu’efficace toujours aussi bien porté par une plume fluide, travaillée, prenante et qui happe, je trouve, assez rapidement le lecteur. Au final Port d’Âmes offre une nouvelle vision réussie d’Evanégyre, et me donne encore envie d’en découvrir plus sur cet univers. C’est bien car je crois avoir vu que son prochain récit dans cet univers serait une trilogie.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette nouvelle intrusion dans le monde d’Evanégyre, qui se situe, d’un point de vue temporel, dans une époque complètement différente de l’Empire d’Asreth. On se retrouve plonger ainsi dans une histoire qui peut, aux premiers bords paraitre classique, mais qui est maîtrisée, captivante mélange de mensonges, de trahisons, de manipulations et de jeux de pouvoir et qui n’oublie pas aussi de pousser le lecteur à se poser des questions. L’univers, se révèle dense, soigné, nous présentant la ville d’Aniagrad qui oscille entre ombre et lumière et qui donne envie d’en apprendre plus tant elle se révèle tortueuse. On s’accroche très rapidement au personnage principal de Rhuys, naïf adolescent qui va, par la force des choses entrer dans le monde adulte avec tout ce que cela entraine. Les personnages qui gravitent autour de lui se révèlent eux-aussi très intéressants à découvrir, avec une mention spéciale pour la vendeuse, héroïne passionnante, vivante et charismatique, apportant une touche de poésie. Je ne relèverai que deux points, le premier est que j’ai ressenti quelques longueurs, mais rien de vraiment dérangeant tant on est pris dans l’intrigue. Le second vient d’une révélation que j’ai vu venir très rapidement, rien de non plus dérangeant vu que l’intérêt vient des conséquences qu’elle amène, mais tout de même légèrement frustrant. La plume de l’auteur se révèle travaillée, captivante et fluide, nous plongeant avec facilité de nouveau à la découverte d’Evanégyre dont je lirai sans soucis d’autres écrits.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dionysos, …

Structura Maxima – Olivier Paquet

Résumé : La structure est un univers vertigineux de poutrelles et de niveaux, où s’est développée une civilisation dont les racines se perdent dans la nuit des temps et qui a atteint son point de rupture. Entre la Vapeur, la communauté qui produit l’électricité à partir du magma, et les Poutrelles qui, au nom de leur dieu, interdisent l’ouverture du dôme recouvrant la cité, la guerre se prépare.
Dans cette atmosphère étouffante, Victor Mégare et son fils Jehan cherchent un destin différent. Victimes de la Vapeur et des Poutrelles, ils explorent les origines de cet antagonisme. Que protègent les Poutrelles derrière leurs interdits divins ? Quel but cherche à atteindre la Vapeur en encourageant la Structure tout entière à bouleverser les anciens équilibres ? Et où se trouvent les réponses ? Entre l’ombre et la lumière, dans la vapeur des chaudières et le gigantisme des poutrelles, ou bien derrière le décor, de l’autre côté de la paroi du dôme ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Structura Maxima est le tout premier roman de l’auteur publié initialement aux éditions Flammarion il y a une dizaine d’années, qui bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition chez L’Atalante. Il s’agit d’ailleurs du seul roman que je n’avais pas encore lu de l’auteur, je suis donc content de cette réédition, puisqu’elle m’a permis de pouvoir le faire entrer dans ma PAL et ainsi de pouvoir me faire mon avis. Il s’agit d’un roman qui peut être lu de façon indépendante, mais qui, d’une façon ténue, se situe aussi dans le même univers que la trilogie du Melkine ou encore du livre Les Loups de Prague. Concernant la couverture, illustrée par Raphaël Defossez, je la trouve réussie et qui colle plutôt bien à l’univers.

 On se retrouve ainsi plongé au fil du récit dans un monde complètement fermé par un dôme, la structure, mais où la révolution et le changement gronde entre les Vapeuriers et les Poutrelliers. Au milieu de cette guerre qui s’annonce va se croiser ainsi le destin de plusieurs personnages. La première chose qui m’a marqué dans la lecture de ce roman c’est l’univers que construit l’auteur au fil des pages. Une cité aux fortes tendances industrielles, remplie de métal, de vapeur, de puissance, d’huile mais qui possède aussi un aspect clairement fascinant, tout en verticalité, en hauteur, en évasion, ces cheminements de niveau en niveau par poutrelles ou par ascenseur qui offre ainsi au lecteur une cité tout à fait fascinante à découvrir. Attention ici je ne parle pas de Steampunk ou autres, non un simple futur qui a évolué pour aboutir à cet équilibre entre technologie et espoir.

Au milieu de tout cela viennent se positionner deux factions complémentaires pour la survie de tous et pourtant de plus en plus antagonistes dans leurs besoins d’avancer, de changer. Entre la Vapeur, qui correspond aux scientifiques, aux ingénieurs, aux terres-à-terres, qui nous font découvrir de façon prenante et captivante le coeur de la machine, son battement de vie journalier, sa puissance et  les Poutrelles qui eux nous font nous élever, nous font rêver, découvrir un brin de folie, mais aussi de mystère, fortement teinté de poésie et de mysticisme, le torchon brûle. On sent d’ailleurs que l’ensemble se révèle clairement maîtrisé, que ce soit dans la partie technique, comme dans la partie politique, tant l’ensemble parait cohérent, palpable et n’est pas non plus sans rappeler certains aspects encore bien présents de nos jours. Une légère touche « manga » vient aussi colorer ce monde, que ce soit à travers la cité, pour laquelle la référence dans le quatrième de couverture au Château dans le Ciel n’est pas usurpée, mais aussi sur d’autres aspects, ce qui apporte, je trouve, un véritable plus à l’ensemble. En tout cas un univers captivant qui donne envie de plonger dedans et d’en apprendre plus, d’en découvrir plus. L’intrigue, construite sur un rythme lent, se révèle de plus en plus prenante dans ses machinations et ses jeux de pouvoirs, pour monter lentement en tension au fil des pages et des révélations.

Mais voilà ce roman n’est pas que la découverte d’une simple cité, aussi fascinante soit-elle, l’auteur cherche aussi à nous faire réfléchir, principalement sur notre besoin d’avancer, d’évoluer. Ainsi on dévoile au fil des pages deux identités qui sont figées dans une routine et commencent peu à peu à mourir dans un monde figé, clos par la structure avec ses contraintes et dont le seul changement parait être la guerre. Pourtant une troisième voie est toujours possible. On se retrouve ainsi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur le point de vue de l’identité, de la façon dont une simple idéologie, un langage, peut gripper le rouage, mais aussi sur la définition du bonheur, de l’absence de recul qui fait que parfois on ne se rend pas compte de ce que l’on possède. Après tout la structure est-elle si horrible que cela? Le développement de la civilisation doit-il se faire dans le mouvement et la violence? C’est ce que le lecteur va découvrir au fil des pages,  à travers de nombreux secrets qui vont se révéler, aboutissant à une conclusion intéressante dans le message qu’elle partage, avec une touche de mélancolie et de mystère qui, je trouve, colle parfaitement au récit.

Concernant les personnages l’auteur nous dévoile au fil des pages une palette de personnalités assez larges, qui ne manquent pas d’intérêts, se révélant complexes, allant du héros blessé qui s’enfonce dans la souffrance et l’auto-destruction, en passant par le jeune adulte insouciant, avide de changement ou encore des personnages féminins à la fois tendres et dures, qui vont fortement changer le héros principal. Ils se révèlent tous attachants et  nous plongent assez facilement, que ce soit dans leurs réflexions, comme dans leurs aventures, possédant chacun d’entre eux leurs émotions, leurs envies, leurs défaites, leurs qualités et leurs défauts, les rendant ainsi profondément humains. Sauf que voilà, je ne vais pas le nier, ils se révèlent tout de même un peu trop prévisibles, que ce soit dans leurs façon d’avancer comme dans leurs réactions. Cela ne dérange en rien la lecture tant le but du roman n’est pas là, mais peut légèrement frustrer par moment. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, apportant leurs propres voix à l’ensemble, leurs propres visions, leurs propres folies et leurs propres besoins.

Mes seuls regrets concernant ce roman viennent en premier lieu que sur la fin l’ensemble semble s’accélérer un peu trop rapidement, apportant ainsi quelques facilités et quelques révélations un peu trop rapides pour franchement se révéler efficaces. Ensuite, l’histoire parait peut-être par moment un peu trop linéaire dans son ensemble, certes il sert parfaitement le message que cherche à faire passer l’auteur, mais un peu plus de surprises aurait pu apporter un plus. Enfin, la conclusion sur cette guerre, sans la révéler, m’a paru légèrement facile, même si c’est vrai elle possède aussi une force qui la rend intéressante. Au final rien de non plus très dérangeant, et qui n’enlève ou ne gâche en rien les qualités de cette histoire qui à la fois nous rappelle l’importance de rêver et du changement, mais qui nous fait aussi réfléchir sur l’importance des idées et la façon dont on s’en sert. Le tout est aussi porté par une plume qui se révèle soignée, efficace, dense, malgré parfois quelques dialogues un peu surjoués, et qui a réussi à me happer dès les premières pages.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui se révèle fluide, certes à un rythme assez lent, mais qui nous dévoile un univers futuriste fascinant, empli de métal, de vapeur, de hauteurs et de rêve qui fait qu’on se retrouve rapidement happé par ce que nous propose l’auteur. Mais voilà il s’agit ici bien plus que la découverte d’une cité, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous faire réfléchir que ce soit sur l’immobilisme, le besoin de changement, d’évoluer, mais aussi sur la puissance d’une idéologie, la façon dont elle peut tout faire gripper, mais aussi sur la définition du bonheur. Les personnages qu’on découvre au fil du récit se révèlent complexes, attachants, denses et surtout humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dont mon seul reproche vient du fait qu’ils sont peut-être un peu trop prévisibles. Concernant les personnages secondaires ils apportent eux aussi leurs propres voix au récit. Je regretterai finalement que la conclusion se révèle un peu trop rapide et parfois légèrement facile dans sa résolution, mais aussi l’ensemble parait légèrement linéaire. Rien de non plus gênant, tant le message fonctionne bien et l’ensemble se révèle fluide, bien porté par une plume soignée et dense, malgré c’est vrai quelques dialogues un peu surjoués. Je lirai sans souci les prochains écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

Trolls & Légendes, l’Anthologie Officielle – Collectif

Résumé : Entre mythologie, humour et (en)quêtes, parcourez avec eux les sentiers qui mènent aux trolls, ces créatures de légende. Retournez dans le Paris délicieusement steampunk d’Ambremer avec Pierre Pevel ; embarquez pour l’Islande aux côtés de Claudine Glot et d’un chevalier en mal d’aventures ; tombez sous le charme d’un retable aux étranges pouvoirs avec Estelle Faye ou mettez fin à l’exploitation des nains de jardin dans le monde de la nuit parisienne en compagnie d’Adrien Tomas.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Il y a un peu plus de deux ans j’ai participé au festival Trolls et Légendes et j’étais reparti avec l’anthologie, sur le thème du semi-homme, sous le bras qui sans se révéler mauvaise, ne m’avait que moyennement convaincu. Cette année je n’ai pas eu la chance de pouvoir aller au festival, mais cela ne m’a pas empêché de me laisser tenter par cette anthologie qui a décidé de mettre à l’honneur le Troll. Quoi encore un livre sur les Trolls? vous vous dites. Bah oui mais c’est tellement mignon ces petites bêtes qu’on en redemande. Non?. Sinon plus sérieusement on note la couverture, illustrée par Magali Villeneuve & Alexandre Dainche, que je trouve vraiment superbe. Ce recueil nous propose ainsi de découvrir 10 nouvelles d’auteurs différents.

Sous les Ponts de Paris de Pierre Pevel : Cette nouvelle de l’auteur prend place dans une de ses univers déjà existant, Le Paris des Merveilles, que j’avoue ne pas avoir encore lu. Donc quoi de mieux que lire ce récit pour se faire un avis. Je dois bien avouer qu’au final il se révèle très sympathique, traitant d’une grève des Trolls parisiens ce qui va fortement influencer la circulation sur les ponts de la ville avec son lot de surprises et de rebondissements. Un texte efficace, fluide, avec une bonne dose d’humour agréable et des personnages efficaces qui offrent un plus à l’ensemble. Alors certes le format court offre quelques raccourcis légèrement frustrants, mais rien de dérangeant. En tout cas j’ai bien envie de découvrir ce Paris des Merveilles. Un texte qui démarre de façon agréable cette anthologie.

D’Azur au Troll d’Or de Claudine Glot : J’avoue que je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans cette nouvelle. Elle est spécialisée dans le mythe Arthurien et cela se ressent très rapidement dans le texte qu’elle nous propose, nous faisant découvrir un chevalier en quête de gloire et de combats épiques qui part donc à la recherche d’un Troll comme trophée, sauf que rien ne va se passer comme prévu. Le début parait très classique, avec cette quête de reconnaissance, mais très rapidement l’auteur prend le contre-pied et nous offre une histoire que j’ai trouvé efficace et divertissante, sans non plus révolutionner le genre, montrant l’absurdité de certains combats nobles et en nous faisant réfléchir sur le fait que parfois une épée n’est pas toujours la solution à tous les problèmes.

La Montagne aux Trolls d’Estelle Faye : Un texte qui plonge plus dans le fantastique où l’on découvre une jeune conservatrice de musée qui va se trouver fasciner par un retable dans la vallée des Vosges. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussie, principalement pour son ambiance étrange et légèrement dérangeante qui monte lentement en tension au fil des pages et des révélations pour mieux happer le lecteur jusqu’à la fin. Un récit efficace et fluide qui offre une conclusion réussie et captivant.  On notera aussi un léger parallèle intéressant entre ville et campagne, certes classique, mais qui offre tout de même quelques réflexions.

Yamadut de Cassandra O’Donnell : Cette nouvelle prend place dans un des univers de l’auteur, celui de Rebecca Keane cycle d’urban fantasy, dont je n’ai rien lu. Concernant cette histoire on suit une chasseuse à la poursuite d’un Troll. Le texte cherche à se révéler nerveux, percutant et sans temps mort, certes il remplit plutôt bien ces aspects, mais j’avoue ne jamais avoir réussi à rentrer complètement dedans. La faute en revient d’abord un peu à l’héroïne qui dans ce texte parait tellement invincible, tant elle parait avoir de pouvoir ou de facilités, que le récit en perd de son intérêt, ensuite par le fait que cette nouvelle donne plus l’impression de lire un chapitre de son roman qu’un vrai texte indépendant. C’est dommage.

Seulement les Méchants de Jean-Luc Marcastel : Une nouvelle qui nous fait découvrir une enquête policière sur le meurtre horrible d’une jeune fille. Un texte plutôt bien écrit, qui offre un face-à-face qui ne manque pas d’attrait, mais qui m’a paru trop linéaire au point que j’avais deviné rapidement la conclusion. Cela n’empêche pas ce récit de se révéler sympathique et agréable à lire où l’auteur s’amuse par contre de façon intéressante, même si parfois un peu trop appuyée, sur la définition de monstre, mais qui, pour moi, au final, rentre plus dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Une Créature Extraordinaire de Magali Ségura : Cette nouvelle nous fait découvrir le destin d’une jeune fille viking qui, après s’être engueulé avec sa mère décide de fuguer, mais va rencontrer un Troll, ce qui va changer sa vie. Un texte qui se révèle comme ça aux premiers abords classique, mais qui a vraiment réussi à me toucher par sa construction et sa plume, se révélant émouvant et soigné, principalement au niveau des relations familiales. La conclusion sonne juste et se révèle réussie. Une certaine mélancolie se dégage de ce texte, à travers la perte et la souffrance des uns et des autres, qui nous montre aussi que la communication n’est pas toujours facile. Un des meilleurs textes du recueil j’ai trouvé.

Le Troll de sa Vie d’Adrien Tomas : On replonge ici dans l’univers d’urban fantasy que construit l’auteur depuis peu et dont j’ai découvert une première nouvelle dans l’anthologie des Imaginales Trolls & Licornes. Cette nouvelle nous propose ainsi une nouvelle enquête de l’inspectrice Tia, qui est chargée de surveiller les méta-humains pour éviter tout débordement. Comme son précédent texte une nouvelle pas mauvaise, mais qui possède les mêmes qualités et les mêmes défauts. Un univers intéressant, qui mérite d’être développé sur une format plus long, mais le format court et l’histoire un peu foutraque fait qu’il est un peu compliqué de s’attacher vraiment à l’héroïne et offre une conclusion beaucoup trop rapide et légèrement frustrante. A voir si l’auteur décide de construire son histoire dans un roman car il y a du potentiel.

Le Mythe de la Caverne de Gabriel Katz : Cette nouvelle nous plonge au coeur d’un groupe de mercenaire, qui ont connu la guerre sainte et qui se retrouvent après des années pour chasser un Troll et surtout la récompense qui va avec. L’auteur nous offre ici un récit qui décide de démarrer de façon classique, mais pour mieux nous surprendre par la suite, offrant un contre-pied à certains codes d’honneurs qu’on retrouve dans les récits de chevalier. Un texte efficace, bien construit, avec une bonne dose de cynisme, d’absurde et d’humour noir, le tout dans une ambiance sombre, qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Le Mal Caché de Patrick McSpare : Cette nouvelle va nous faire découvrir un homme qui découvre la mort de sa compagne par ce qui parait être des démons et va chercher à se venger. J’avoue n’être jamais vraiment rentrer dans ce récit, en premier lieu il m’a paru trop imbriqué dans l’univers de la série de l’auteur Les Héritiers de l’Aube pour être vraiment indépendant, ensuite j’ai trouvé que niveau information l’auteur en offrait beaucoup trop en peu de pages et enfin j’ai trouvé que le récit possédait trop de facilités pour vraiment réussi à m’embarquer vraiment. Dommage car le côté action est vraiment là.

Vieux Tacot de Megan Lindholm : Pour ceux qui ne le savent pas, Megan Lindholm et l’autre nom de plume de Robin Hobb. Sous le premier elle sort des écrits plus SF là où, sous le second, elle publie ses récits Fantasy. Ce Vieux Tacot nous propose donc une histoire de Science-Fiction futuriste où l’on suit une famille qui reçoit en héritage une voiture. Un texte qui se révèle bien sympathique, avec une belle ambiance nostalgique sur cette mère et ses deux enfants qui, à travers une voiture un peu « vieillotte » vont se trouver des points communs. Rien de non plus transcendant, mais une histoire qui se lit facilement et se révèle très divertissante. Là où par contre cette nouvelle surprend c’est le choix éditorial de la publier dans une anthologie qui n’a offert que des textes sur les Trolls là où Robin Hobb nous parle de tout autre chose, mais bon l’éditeur ne pouvait sûrement pas passer à côté de la présence de l’auteur au festival.

En Résumé : Cette anthologie du festival Trolls & Légendes s’est révélé finalement assez sympathique à découvrir, nous proposant 10 textes assez variés avec comme point central, excepté pour la nouvelle de Robin Hobb qui traite d’un tout autre sujet, le Troll. Entre humour, dérision, aspect épique ou encore ambiance angoissante le Troll nous dévoile ici ses multiples facettes. Alors certes je n’ai pas été conquis de la même façon par tous les textes, certains me laissant même de marbre, là où d’autres on se sont révélés très réussis et surprenants, mais dans l’ensemble cette anthologie se révèle divertissante et permet aussi par la même occasion de découvrir quelques auteurs de l’Imaginaire, leurs plumes et leurs univers.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Bibliocosme, La plume ou la vie, …

Challenge CRAAA 3ème lecture

Les Fantômes d’Ombria – Patricia A. McKillip

Résumé : Le Prince d’Ombria agonise, et déjà sa cruelle tante Domina Pearl, surnommée la Perle Noire, intrigue pour s’emparer du pouvoir. L’héritier du trône de la cité n’est encore qu’un enfant incapable de gouverner, et son cousin un bâtard méprisé, qui passe son temps à peindre les rues de la cité décadente. Personne ne semble en mesure de s’opposer aux ambitions de la puissante Perle Noire…
Mais au-dessous des ruelles de la cité s’étend une cité enfouie, un reflet spectral peuplé par les fantômes d’Ombria. C’est le royaume de la sorcière Faey et de sa création, Mag, une jeune fille aux trait parfaits que Faey a sculptés dans la cire. L’allégeance de Faey est incertaine, et Mag est fascinée par le neveu batard du prince… Quelque part entre ombre et lumière, leurs destins s’assembleront comme les pièces d’un puzzle magique où se jouera le sort d’Ombria.

Edition : Mnémos
Poche : Points

 

Mon Avis : Depuis quelques temps j’avoue avoir un peu de mal à complètement m’emballer pour les dernières nouveautés en Fantasy, sauf quelques exceptions. J’ai donc décidé de fouiller un peu dans ma PAL pour en sortir un des nombreux romans qui trainent, et qui pourrait me convaincre. J’ai donc décidé d’en sortir Les Fantômes d’Ombria, primé au World Fantasy Award et dont les quelques avis que j’ai vu passer à l’époque me donnait très envie de le découvrir. En plus s’agissant d’un one-shot j’évite ainsi de me lancer dans la lecture d’un nouveau cycle. Il faut aussi noter la couverture, illustrée par Julien Delval, que je trouve accrocheuse et réussie.

Et je dois bien avouer que je suis au final bien content de mon choix tant j’ai été emporté. On plonge ici dans un récit qui, aux premiers abords, peut paraitre classique avec la mort d’un prince, une régente ambitieuse et calculatrice qui prend le pouvoir, l’ancienne maîtresse mise à la rue, un héritier trop jeune pour s’imposer et un bâtard qui se perd entre le besoin de sauver Ombria et sauver le prince héritier. Sauf que voilà ce roman ne s’arrête pas qu’à une simple lutte de pouvoir, il a vraiment réussi à me happer dès la première page offrant une histoire, certes possédant un rythme assez lent, mais qui s’avère terriblement accrocheuse, nous offrant des intrigues, des sous-intrigues et des tragédies qui apparaissent passionnantes et qui, plus on avance dans le récit, plus elles offrent au lecteur de nombreux aspects originaux dans la façon dont l’auteur les imbriquent et dévoilent ses révélations. Ici pas vraiment non plus d’action effrénée, de violence ou de batailles, ce n’est pas le but du récit, jouant plus de façon terriblement efficace sur les mystères et les secrets, mais cela n’empêche pas le récit de se révéler finalement sombre, où la souffrance et le désespoir règne. Un des intérêt du roman vient d’ailleurs d’offrir de nombreux fils complexes et étranges tout en évitant de se perdre dans un monde trop grand, se concentrant sur la simple ville d’Ombria.

Il faut bien avouer aussi qu’Ombria n’est pas n’importe quelle ville et qu’elle offre ainsi un univers qui est, selon moi, l’une des grandes forces du récit, se révélant à la fois magique, poétique, dérangeante et fantomatique. Elle possède ainsi une double lecture tout du long, lumineuse et obscure, vivante et fantomatique, la ville d’en haut et la ville souterraine ; elle intrigue dès les premières pages, elle fascine, même dans des passages plus angoissants. Une aura de magie, de bizarrerie des plus fascinante ce dégage de ce monde où la magie existe et a son importance, mais surprend le lecteur par son originalité ; cette étrangeté joue d’ailleurs énormément, donc si vous n’appréciez pas ce genre d’univers il vaut mieux passer votre chemin. La première découverte de cette ville vient de la fuite de la maitresse du château qui a vraiment réussi à me happer par son côté spectral, oppressant, perturbant et qui pourtant, au fil des pages, va nous révéler une ville qui devient un personnage important du récit et qui donne clairement envie d’en apprendre plus. La politique reste aussi bien présente, la mort du Prince va amener de nombreux bouleversements dans une ville résignée, qui a peur et qui souffre. L’avenir d’Ombria est ainsi en jeu, mais pas que du point de vue politique, et je vous laisserai deviner pourquoi pour ne pas trop spoiler, et va ainsi offrir de nombreuses surprises et de nombreuses révélations. Le tout est parfaitement porté par des descriptions qui, en quelques lignes à peine, arrivent facilement à rendre ce monde vivant, palpable et lui offre surtout cette aura de poésie et de magie. L’auteur ne se perd jamais dans de longues descriptions et pourtant elle arrive à offrir  à son monde une grande densité et une complexité qui se révèlent passionnants, envoutants jouant ainsi avec l’imagination du lecteur.

Concernant les personnages il y en a finalement peu, ce qui va se révéler une très bonne chose, permettant ainsi de développer chacun d’entre eux pour les rendre attachants, passionnants à découvrir dans leurs envies et leurs mystères, tout en se révélant complexes et travaillés et qui évoluent au fil des aventures. J’avoue avoir eu une préférence pour Mag poupée de cire de Faey la sorcière, personnage étrange qui va découvrir sa véritable nature et son importance au fil du récit ainsi que Duncan le bâtard qui se retrouve au milieu de luttes de pouvoir et dont il va devoir faire des choix pas toujours faciles. Cela ne veut pas dire que les autres personnages sont moins bon, loin de là, l’auteur arrive vraiment à nous offrir un casting haut de gamme que ce soit Lydea l’ancienne maîtresse qui a connu le firmament et va redécouvrir la misère de la ville, Domina la régente qui est loin d’être ce que l’on croit et qui cache de nombreux secrets ou encore Kyel petit prince, pion dans un jeu qui le dépasse et dont il ne comprend pas grand-chose, chacun se révèle à sa façon intéressant à découvrir et à croiser. Mais surtout ils ne se laissent pas non plus écraser par la ville, ils arrivent eux aussi à sortir du lot, à s’imposer, où chacun dévoile doucement son jeu.

La plume de l’auteur se révèle vraiment superbe, poétique, fascinante, jouant entre réalité, étrangeté et envoûtement tout en nous dévoilant un univers sombre et fascinant pour mieux nous happer, le tout à travers un rythme pourtant lent qui offre ainsi une certaine mélancolie qui colle parfaitement à l’histoire. Elle joue ainsi avec le lecteur, où les réponses ne sont pas données facilement et où la conclusion, à la fois ouverte et offrant une fin au récit, permettra à chacun de se faire son avis. J’aurai peut-être juste un tout petit regret concernant certains aspects de l’intrigue qui manquent légèrement de profondeur et de développements, mais je ne fais que pinailler tant j’ai été séduit par ce récit. Je lirai sans soucis et avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur et, justement, Mnémos a réédité il y a peu en intégrale Cygne de l’auteur que je pense faire rentrer très prochainement dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui, aux premiers abords peut paraitre classique, mais offre une histoire, au rythme lent et prenant, qui se révèle soignée, pleine de poésie et de magie, ou viennent se mélanger les fils de l’intrigue pour mieux surprendre le lecteur. L’univers développé tout au long du roman, se reposant sur cette ville d’Ombria pleine de mystères, se révèle un des gros points forts du roman jouant sur une certaine dualité et sur un aspect d’étrangeté qui m’a fasciné à travers de nombreux aspects que j’ai trouvé originaux. Les personnages ne sont pas si nombreux que cela, mais gagnent ainsi en profondeurs, se révélant soigné, travaillant et passionnants à découvrir le long de leurs aventures et de leurs rencontres. La plume de l’auteur se révèle soigné, poétique, entrainante, bien porté par des descriptions laissant la part belle à l’imagination tout en se montrant vivante et palpable. Je regretterai peut-être juste que certains aspects m’ont paru manquer de développement, mais rien de bien bloquant. Je lirai sans soucis et avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Liselle, Zahlya, …

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