Mois : mars 2016 (Page 1 of 2)

Le Porteur de Lumière Tome 3, L’Oeil Brisé – Brent Weeks

Résumé : Alors que les dieux s’éveillent, la Chromerie s’efforce de retrouver son Prisme, le seul homme capable d’enrayer le chaos. Mais Gavin Guile a été capturé par des pirates. Pire encore, il a perdu le pouvoir qui le définissait : celui de créer.
Privé de la protection de son père, Kip Guile va devoir faire montre de toute son ingéniosité pour survivre à une guerre secrète entre les nobles, les factions religieuses, les rebelles… et un ordre de mystérieux assassins de plus en plus puissant, l’Œil brisé.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Allez hop, j’ai décidé de sortir ce troisième tome de ma PAL où il traînait depuis des mois. Il faut dire que Brent Weeks, qui m’avait portant offert un bon moment de lecture avec sa première trilogie La Voie des Ombres, a du mal à complètement me captiver avec cette trilogie malgré un premier tome sympathique malgré ses défauts (ma chronique ici). En effet le second tome a montré, selon moi, que l’auteur avait du mal avec la construction d’intrigues complexes (ma chronique ). Ce troisième tome a donc pour but de déterminer si je dois continuer ce cycle, ou si je m’arrête là. C’est vrai, quand je pars avec un sentiment positif sur un auteur, j’ai du mal à abandonner. Concernant la couverture, illustrée par Miguel Coimbra, j’avoue ne pas être fan, techniquement elle est réussie, mais à force de voir des assassins à capuche je sature un peu. Alors par contre je préviens d’avance il risque d’avoir des spoiler dans ma chronique.

Ce troisième tome nous plonge ainsi directement à la suite directe des évènement du tome 2, Gavin disparait après avoir perdu ses pouvoirs, capturé par des pirates, Kip est lui kidnappé par son demi-frère haineux et Andros, le grand-père de Kip, retourne à la chromerie revigoré, rajeuni et l’envie de récupérer le pouvoir. Bon clairement, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que ce troisième tome ne me convainc pas vraiment, je trouve même qu’il s’agit du moins réussi. Pour faire un résumé simple, vous avez apprécié les deux premiers tomes vous devriez vous y retrouver, pour ceux qui comme moi restaient sur leur fin avec les tomes précédents risquent donc de ne pas accrocher, voir même être encore plus déçu. Je vais un peu développer mon propos. Déjà le soucis de ce cycle, selon moi, c’est que l’auteur ait décidé d’en faire une tétralogie, alors qu’initialement il s’agissait d’une trilogie. C’est rarement bon ce genre d’annonces, je trouve. Cela se ressentait déjà dans les premiers tomes, mais ici clairement c’est encore plus marquant tant pour un tome de 800 pages j’ai vraiment eu l’impression de ne pas avancer et d’aligner longueurs sur longueurs. C’est bien simple, pour moi la moitié voir les deux-tiers du roman auraient pu être condensé et le récit aurait gagné en intérêt. Car oui, s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas enlever à l’auteur c’est bien sa plume dynamique et entrainante qui fait que le lecteur tourne tout de même les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus, et surtout il possède toujours cette capacité à construire des scènes d’actions nerveuses et efficaces.

Ensuite le second problème vient aussi, pour moi, que l’auteur n’arrive clairement pas à mettre en place des intrigues complexes, denses, avec leurs manipulations, leurs jeux de pouvoirs, car soit on tombe dans l’excès et la surenchère sans finesse, soit on se retrouve en pleine caricature. Un peu comme si l’auteur était coincé entre son envie d’offrir un récit d’intrigue politique et son besoin d’offrir un récit nerveux, sans temps morts et bourré d’action. Pour vous donner un exemple le principal jeu de pouvoir se trouve dans la bataille entre le blanc et Andross Guile, sauf que voilà, à chaque fois qu’il se passe quelque chose ils ne sont jamais surpris ou pris au dépourvus, car déjà au courant grâce à leurs réseaux d’espion tellement exceptionnels qu’ils savent tout avant tout le monde sans qu’on comprenne comment, ni pourquoi. C’est lassant, même si cela permet d’offrir des surprises régulièrement. On se demande même d’ailleurs comment un pays avec un tel réseau d’espion peut se retrouver en Guerre.

D’ailleurs parlons-en de la guerre, c’était quand même le point essentiel du second tome, le Prince des Couleurs avait fait une percée et s’approchait de plus en plus de la Chromerie. Vu que le Prisme a disparu, que va donc bien pouvoir faire le grand stratège de la famille Guile? Andross ayant montré dans le tomé précédent qu’il n’était pas né de la dernière pluie. Rien, il attend. Ce troisième tome va couvrir un an où tout le monde se fout de la guerre, des morts et des batailles, car on sait tous très bien qu’on affronte plus facilement son ennemi aux portes de sa capitale …. euh ok écoute je ne me suis jamais considéré comme un grand général ou autres, mais tenter de l’affaiblir par escarmouches? Tenter de sauver son peuple avec les fameux raseurs? ou au pire la politique de la terre brulée, non? Votre grand plan est donc juste d’attendre, genre ça fera une grande bataille dans le tome 4. Comment dire que non. Autre point qui, à force sur trois tomes, me dérange, c’est que la majorité des manipulations tournent autour du sexe et des coucheries. Attention, je peux comprendre que cela peut se révéler une arme si on décide de s’en servir ainsi, mais quand cela concerne la majorité de ses manipulations c’est, premièrement, inquiétant, et ensuite extrêmement répétitif. Tout cela fait que l’ensemble parait donc ne pas avancer, mais là où les autres se rattrapaient avec une fin explosive, ici perd un peu de son intérêt malgré ses rebondissements, car on ne traite que de priorités qui m’ont paru secondaires.

Concernant les personnages je ne m’attendais pas à grand chose, l’auteur n’allait pas effectuer un grand écart avec eux pour me faire plaisir au bout de trois tomes. Kip m’avait paru incompétent dans le premier tome, un peu trop doué dans le second, ce troisième tome confirme la tendance se révélant de nouveau trop « parfait », trop ingénieux, que ce soit pour son âge comme en comparaison du premier tome. Clairement l’auteur a crée le personnage « ado » que beaucoup ont « rêver » d’être, je pense, un jour. Passer de la caricature de « geek » au super-héros adulé. Vous allez me dire que c’est souvent le cas dans la Fantasy, le jeune héros qui se retrouve avec une mission capitale pour sauver le monde, oui je suis d’accord, ce qu’il manque avec Kip c’est une évolution logique et construite. Gavin tourne clairement en rond dans ce tome, entre les scènes où, esclave, il rame sans qu’on arrive à s’inquiéter pour lui et cette scène mythique d’un combat épique avec Flipper le dauphin j’avoue que ce tome ne lui rend pas honneur et que 80% de ses passages auraient pu être coupé. Seul la fin lui offre quelques scènes efficaces, dommage qu’il en fasse trop. Au contraire Liv apparait très peu, voir trop peu, ce qui fait que, la concernant, sa ligne d’intrigue en est beaucoup trop nébuleuse et condensée pour réussir à m’accrocher alors qu’elle a l’air de se révéler capitale. Concernant Teia ou encore Karris, ils s’en sortent pas trop mal offrant quelques bonnes surprises et venant relever un peu le niveau. Par contre je ne comprends toujours pas ces chapitres qui suivent un personnage inconnu qui doit apporter un élément surprenant mais qui, selon moi servent de remplissage. A quoi bon nous présenter un personnage mystérieux qui vient commanditer l’assassinant d’un des héros, je trouve que cela, justement, gâche un peu la surprise. Par contre plus j’avance dans les tomes, moins j’accroche à l’humour de l’auteur, ce qui reste très personnel.

Cette chronique donne l’impression que je m’acharne sur ce roman, alors qu’il n’est pas non plus complètement mauvais. Outre le style dont j’ai déjà parlé qui se révèle fluide et entrainant, je trouve toujours la magie mise en place par l’auteur très intéressante, avec sa réflexion sur les couleurs, leurs utilités et les influences qu’elles peuvent avoir sur les émotions. Autre point qui ne manque pas d’attrait et qui prend de l’ampleur, c’est tout ce qui tourne autour du jeu de carte, le jeu des neufs rois, qui va apporter quelques rebondissements intéressants et permettre de développer de nouveaux aspects qui peuvent se révéler  efficace et percutant par la suite. Au final, ce troisième tome a répondu à ma question, je ne lirai pas la suite de cette saga. Je comprends parfaitement qu’elle puisse plaire, mais pour moi elle manque de consistance et de densité par rapport à ce que cherche à développer l’auteur et j’ai une PAL beaucoup trop imposante pour me laisser tenter par un dernier tome qui ne devrait pas trop changer mon ressenti, même si la fin, comme les tomes précédents, remonte un peu le niveau avec quelques cliffangher efficaces.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce troisième tome avec une impression assez mitigé. Certes, il conserve les qualités des tomes précédents avec cet univers, et principalement la magie, qui se révèle efficace et intéressante ainsi que le principe du jeu des neuf rois qui offre quelque chose d’original. La plume de l’auteur s’avère toujours aussi fluide et entrainante, ce qui fait qu’on tourne les pages plutôt facilement. Mais voilà ce troisième tome parait clairement être un tome de remplissage. On a vraiment l’impression de ne s’intéresser qu’à des intrigues secondaires qui tirent en longueurs où je me suis retrouvé parfois à lire en diagonal. Ajouter à cela que l’auteur a clairement du mal, je trouve, à mettre en place des intrigues politiques complexes, captivantes et denses, cherchant de préférence le côté surprenant et percutant, cela donne ainsi une impression ambiguë à l’histoire, comme s’il ne savait pas où se situer entre profondeur et action. C’est dommage, surtout qu’en plus la majorité des manipulations tournent autour du sexe, comme s’il s’agissait de la seule arme de machination. Concernant les personnages, certains comme Teia ou encore Kariss s’en sortent bien, là où Kipp tombent un peu trop dans l’archétype, l’intrigue de Gavin n’apporte pas grand chose et celle de Liv qui, enfin, avait la possibilité de devenir intéressante n’est quasiment pas développé (4 chapitres sur un peu moins de 100). Au final je ne pense pas lire la suite de ce cycle, l’auteur n’a pas réussi à me convaincre complètement et je doute que le dernier tome change la donne. Je ne pense donc pas lire le dernier tome.

 

Ma Note : 5/10

 

Autres avis : Zina, …

A Natural History of Dragons : A Memoir by Lady Trent – Marie Brennan

Résumé : All the world, from Scirland to the farthest reaches of Eriga, know Isabella, Lady Trent, to be the world’s preeminent dragon naturalist. She is the remarkable woman who brought the study of dragons out of the misty shadows of myth and misunderstanding into the clear light of modern science. But before she became the illustrious figure we know today, there was a bookish young woman whose passion for learning, natural history, and, yes, dragons defied the stifling conventions of her day.
Here at last, in her own words, is the true story of a pioneering spirit who risked her reputation, her prospects, and her fragile flesh and bone to satisfy her scientific curiosity; of how she sought true love and happiness despite her lamentable eccentricities; and of her thrilling expedition to the perilous mountains of Vystrana, where she made the first of many historic discoveries that would change the world forever.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : J’avoue je n’ai découvert cette série que sur le tard, puisque ce premier tome est entré dans ma PAL VO qu’il y a quelques mois seulement alors qu’un quatrième tome va être publié prochainement. En fait c’est surtout en tombant sur différents retours VO du tome 3 que j’ai décidé de me laisser tenter. Il faut dire que je suis un amoureux des dragons, donc je ne pouvais pas, ne pas être attiré par ce récit. De plus j’espérais trouvé ici avec ce roman ce que je n’avais pas complètement trouvé avec le personnage d’Alise dans la Cité des Anciens de Robin Hobb. Concernant le livre en lui-même, les différentes illustrations réalisées par Todd Lockwodd, que ce soit celle de la couverture, comme celles qui sont parsemées dans ce livre sont vraiment magnifiques et ajoute clairement quelque chose à l’ensemble.

Ce livre est ainsi construit comme des mémoires, Lady Trent vient ainsi nous raconter sa vie, son enfance, sa fascination pour les dragons qui va ainsi la forcer, au fur et à mesure qu’elle grandit, à braver les interdits de la société très victorienne qui veulent que les dames restent à la maison à  broder, parler potins et à concevoir ainsi qu’à garder les enfants. Elle va ici nous raconter sa première expédition pour étudier les dragons, qui va se révéler loin de tout repos puisque les dragons locaux attaquent les hommes sans raisons particulières ce qu’ils ne faisaient pas avant. Ce roman va alors se révéler être bien plus que de simple mémoires, comme on se l’attendait, on plonge ainsi dans un roman d’aventures, où on se retrouve à voyager, à découvrir, à étudier, à devoir survivre, où l’héroïne va devoir trouver bravoure et intelligence pour mener à bien cette quête. Alors attention, si vous cherchez un roman sur les dragons nerveux et bourré d’action avec des combats épiques d’êtres de légendes, passez votre chemin, ce n’est pas le but du livre Isabelle n’étant pas obligatoirement une Indiana Jones, même si elle sait trouver du courage quand il le faut. On est plus dans un récit d’aventure posé, qui met en place son intrigue et ses mystères calmement, cherchant plus à faire réfléchir les différents personnages, à les pousser à comprendre qu’à vraiment se lancer dans de l’action effrénée. On est aussi plus dans la découverte en profondeur des dragons. Cela n’empêche en rien ce récit de se révéler plus que plaisant et fascinant, tant ce que construit l’auteur se révèle captivant, que ce soit dans son aspect scientifique comme dans son aspect découverte. On est ainsi clairement plus dans un récit d’exploration on va dire, le tout parsemé d’une enquête pour essayer de deviner ce qui trouble ces dragons.

On découvre ainsi au fil des pages une Terre différente de la nôtre, un univers parallèle mais pas tant que cela, où les noms des pays et des lieux ne sont pas les mêmes et où des animaux fantastiques comme les dragons existent et sont bien vivants. Cela permet ainsi à l’auteur de ne pas non plus se perdre dans l’aspect historique sans pour autant perdre le lecteur. Ce qui est par contre, selon moi, le point fort du récit c’est son aspect scientifique, le côté naturaliste. On ne sait finalement que peu de choses sur ces êtres de légendes, mises à part quelques études, et ce sont des expéditions comme celles menées par Isabella et ses compagnons qui permettent d’en apprendre plus. Cela permet ainsi de découvrir, on va dire, plus en profondeur ces animaux mystiques aussi bien sur leurs anatomies que sur leurs moeurs, qui se dévoilent au fil des pages. Cela permet d’offrir une vraie profondeur supplémentaire à cet univers et surtout à le rendre crédible et réaliste. Le travail sur l’anatomie de dragons ou autre permet vraiment au lecteur de croire à leurs existences, à les rendre palpables.

Concernant l’époque, l’auteur parait s’être fortement inspirée de l’époque victorienne je dirais, avec leurs moeurs et leurs coutumes parfois désuètes (certes pas toutes). Alors certes, cela à déjà été traité, mais on découvre une époque avec ses idées préconçues, ses avancées, ses idées, sa façon de traiter et respecter les étrangers ou les différentes classes sociales et où notre héroïne va justement se battre contre cela, ou va même devoir évoluer face à certaines idées qu’elle avait pour changer. Les lieux que l’on découvre au fil du récit ne manque pas non plus d’attrait, que ce soit dans le parallèle entre le faste de la capitale par rapport au petit village de montagne de Drustanev, mais aussi dans le croisement des deux mondes. Ce regard hautain de l’héroïne, qui se considère civilisée et qui va changer. Drustanev qui n’est pas non plus sans faire écho à certains villages « angoissants » qu’on peut retrouver dans certains fils fantastiques, ce qui offre une touche de tension supplémentaire et intéressante.

L’autre principal intérêt du roman vient clairement d’Isabella qui va se révéler être une héroïne attachante, percutante, soignée et charismatique. Que ce soit dans la plongée dans son enfance et le début de sa passion pour l’étude des animaux, et plus principalement des dragons qui la dévore, ou bien encore sa fougue, ou encore une fois mariée, sa façon de devoir gérée sa passion, de la cacher. Elle se sent clairement coincée dans cette position de « femme » qu’on lui impose et qu’elle n’apprécie pas ; où sa curiosité concernant l’étude doit être cachés pour éviter d’être mal vue. On suit ainsi un véritable « combat » de la jeune femme pour gagner le respect de ses pairs et de tout le monde. Elle va ainsi devoir mettre en avant son intelligence, sa passion, son envie, tout en sachant ne pas aller trop loin tant l’époque patriarcale est pleine de préjugés, souvent contraignants, et elle pourrait tout perdre. Surtout il se dégage une vraie évolution dans le personnage, qui se ressent d’ailleurs encore plus avec le contraste entre la Lady Trent posée, réfléchie qui raconte sa vie et celle présentée plus jeune pleine de fougue et d’envie, cela donne ainsi clairement envie d’en apprendre plus pour comprendre cette évolution. Au final une héroïne pleine de rêves qu’elle nous partage et qui va devoir se battre pour les réaliser. Sauf que voilà, la fait d’avoir une telle héroïne aussi « marquante » fait que les autres personnages paraissent un peu moins captivants. Attention ils ne sont pas mauvais, mais ils me paraissent moins profonds, moins travaillés que notre héroïne, voir parfois être présent que pour mettre en avant Isabella, ce qui est parfois dommage, même si rien de bien bloquant.

Malgré la qualité du récit j’ai quand même noté un ou deux points qui m’ont légèrement dérangés. Dans le dernier quart du livre l’auteur a du mal à tenir l’intérêt du récit, elle donne un peu l’impression de tourner en rond ce qui provoque quelques légères longueurs et se révèle dommage car la conclusion m’a paru, au contraire, légèrement précipité. Tout va se résoudre un peu trop rapidement, même si cela répond à l’ensemble des mystères et complots mis en place, et que l’auteur a réussi à garder aussi pas mal de surprises et de révélations. Rien de non plus trop dérangeant quand même. Au final un tome d’introduction intéressant et efficace, bien porté par une plume qui se révèle soignée, dense, travaillée et qui colle parfaitement bien à l’époque. Je m’en vais de ce pas faire rentrer la suite dans ma PAL.

A noter que ce roman a été publié en VF chez l’Atalante sous le titre Mémoires par Lady Trent, Une Histoire Naturelle de Dragons.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose une fantasy, calme, posé, dans une monde parallèle au nôtre, où les dragons existent. L’auteur a vraiment axé son récit sur l’aspect scientifique et naturaliste des dragons, alors on est très loin du côté action qu’on peut parfois attendre de ce genre d’être de légendes, mais, je trouve, offre une vision complètement différente, originale et palpable. On a vraiment l’impression de croire qu’ils existent. Marie Brennan n’oublie pas pour autant d’offrir une aventures, certes sur un rythme lent, mettant plus en avant révélations et réflexions, mais qui se révèle vraiment intéressante malgré un certain essoufflement vers la fin et une conclusion qui m’a paru légèrement précipitée même si percutante. L’autre point fort du récit vient clairement d’Isabella, une héroïne vive, attachante, charismatique, coincée dans un univers victorien aux préjugés bloquants et qui va devoir se battre pour faire vivre sa passion. Cela permet aussi de nous offrir une réflexion sur l’égalité ou encore sur la façon dont sont vus les étrangers. Sauf que voilà cela se révèle aussi à double tranchant, l’héroïne éclipsant un peu les autres personnages, ce qui est parfois légèrement dommage, même si rien de bien bloquant. La plume de l’auteur se révèle vraiment soignée, travaillée, fluide et entrainante et je lirais sans soucis la suite de ce cycle.

 

Ma Note : 7,5/10

Vostok – Laurent Kloetzer

Résumé : Vostok, Antarctique. L’endroit le plus inhospitalier sur Terre. Des températures qui plongent jusqu’à – 90 °C. En 1957, les Russes y ont installé une base permanente, posée sur un glacier de 3 500 mètres d’épaisseur, ignorant alors qu’à cet endroit, sous la glace, se cache un lac immense, scellé depuis l’ère tertiaire. Pendant des décennies, équipe après équipe, puits après puits, ils ont foré la glace. Pour trouver, peut-être, des formes de vie jusque-là inconnues.
Vingt ans après la fermeture de la base, un groupe d’hommes et de femmes y atterrit, en toute illégalité. Ils vont réchauffer le corps gelé de Vostok, réveiller ses fantômes. Ils sont là pour s’emparer du secret du lac. S’ils échouent, il ne leur sera pas permis de rentrer vivants chez eux.

Editions : Denoël Lunes d’Encre (paru le 17-03-2016)

 

Mon Avis : Ce roman me fait de l’oeil depuis que j’en ai entendu parler il y a quelques mois au moment de la présentation de l’éditeur. Outre le fait que je n’ai jamais, pour le moment, été déçu par les écrits de l’auteur, qu’ils soient écrit avec sa femme ou en solitaire, j’ai été rapidement attiré par le résumé qui se révélait accrocheur. Puis bon, un roman dans le même univers qu’Anamnèse de Lady Star qui m’avait fasciné, ça ne se refuse pas. Attention, même s’ils se situent dans le même futur, ils peuvent être lus indépendamment sans aucun soucis. Il faut aussi noter la couverture, illustrée par Aurélien Police, qui se révèle vraiment magnifique. Concernant Vosotok il faut savoir que la base a vraiment existé, que les informations concernant les carottes glaciaires et leurs données comme par exemple sur le climat sont aussi véridiques.

Sauf que voilà, contrairement à ce que j’attendais, on ne plonge pas directement dans cet enfer de froid et de glace, en effet on se retrouve dans une première partie à suivre Leo, diminutif de Leonora, soeur d’un jeune caïd du Cartel en pleine ascension, le tout à Valparaiso au chili. Une première partie qui servira principalement d’introduction que ce soit aussi bien sur les personnages, sur l’univers futuriste à la fois technologique et la proie du climat, mais aussi sur l’intrigue. Elle permet ainsi de préparer l’arrivée de nos héros à Vostok, leurs quêtes. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que j’ai du mal à pleinement apprécier cette première partie. Attention elle est loin d’être mauvaise, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis, juste que comparer au huis clos que construit l’auteur à Vostok, son intensité, elle parait légèrement moins puissante justement, peut-être un peu trop introductive. Cela ne l’empêche pas pour autant d’avoir des qualités et un intérêt dans la construction du récit, principalement de son héroïne et de son voyage initiatique. Puis il faut aussi dire que la fluidité du récit, sa construction, font qu’on se retrouve rapidement happé par l’histoire ce qui fait que ce détail se révèle finalement minime et ne dérange en rien, selon moi, la lecture.

La seconde partie, celle de nos héros qui se retrouvent à Vostok sur une station de recherche, va ainsi nous offrir un huis clos angoissant, prenant, dans un monde blanc, austère, en plein Antarctique dans une, voir la région la plus froide du monde. On plonge ainsi dans une sorte de Thriller fantastique et angoissant, où la moindre erreur peut se révéler fatale et où de nombreux secrets et de nombreuses vérités vont se révéler ; chaque personnage se dévoilant au fil des pages ainsi que la base elle-même. On se retrouve ainsi à suivre leurs aventures pour en découvrir plus sur leurs besoins, leurs envies, tout en étant tendu tout du long face à leur survie dans cet enfer blanc où les températures peuvent descendre en-dessous de -60°C. J’ai été réellement captivé par cette partie, au point d’avoir eu du mal à reposer ce livre, surtout que l’auteur n’oublie pas pour autant de parsemer son récit de réflexions intelligentes sur le climat, sur la beauté ou encore sur l’humanité, mais le tout de façon légère, sans s’imposer ni trop en faire. Une intrigue qui oscille ainsi entre aventure efficace, survie stressante et fascination face à cet enfer blanc qui offre de nombreux secrets. La science, ainsi que les scientifiques sont aussi mis en avant, entre passion et découverte, l’auteur réussit à nous les faire découvrir de façon efficace, évitant toute caricature et tout stéréotype.

Mais surtout ce qui m’a fasciné avec Vostok, tout du moins dans la présentation de l’auteur, c’est ce côté à la fois austère, meurtrier du lieu et pourtant cette beauté, cette poésie, cet envoutement qui s’en dégage. En effet malgré toute la tension, l’hostilité et la peur que peut provoquer cette base, ainsi que les différents maux qu’elle crée, elle possède aussi cette magnificence d’une zone encore « pure », avec son ciel étoilé qui appelle au voyage et à la découverte, cette nuit sans fin, ce lac mystérieux et d’une grande importance scientifique et plein d’autres petits passages qui viennent ainsi rendre le lieu encore plus fascinant. Vostok devient ainsi, d’une certaine façon, un personnage à part entière du récit qui passionne. Mais on sent surtout que l’auteur s’est fortement renseigné pour rendre l’ensemble palpable, que ce soit aussi bien dans les descriptions, dans les technologies, dans l’environnement que dans l’aspect historique. En effet l’alternance du récit entre présent et écrits du passé de la grande URSS apporte aussi, selon moi, un aspect intéressant. On y retrouve ainsi l’époque des grandes puissances, une époque où la science servait aussi de compétition entre les différents pays tout en gardant bien entendu une certaine moralité scientifique. Cette époque contraste d’ailleurs grandement avec le futur présenté par l’auteur, dominé par les cartels, les réseaux, les technologies futuristes qui se révèlent d’ailleurs crédibles, sans non plus se révéler trop révolutionnaires ou chercher à impressionner. Autre point important qui m’a fasciné tout du long dans cet univers, ce sont les ghosts, ces fantômes étranges dont on n’apprendra finalement que peu de choses, mais qui offre un potentiel énorme dans leurs facultés et leurs utilités ou bien dans sa visibilité par les autres. Cet aspect « magique » colle aussi parfaitement au récit, lui offrant un aspect étrange et fascinant. Dans tous les cas un univers qui donne envie d’en apprendre plus et d’y retourner.

Concernant les personnages je ne peux pas vous parler de ce livre sans vous parler de Léonora qu’on découvre au début comme une jeune fille un peu pirate, insouciante, mais intelligente, coincée dans une sorte de prison dorée auprès de son frère membre important du cartel qui cherche à la protéger, voir la surprotéger. On découvre ainsi une héroïne qui va se révéler vraiment attachante, poignante, déroutante, charismatique, qui va devoir quitter, parfois de façon brutale, le monde de l’enfance pour rejoindre le monde adulte. Parfois cela va demander des choix pas toujours faciles. Une héroïne charismatique qui fascine, qui cherche à s’évader, à rêver, à voyager. Mais il faut dire que son frère n’est pas non plus en reste, certes un peu l’archétype du mafieux intelligent et brutal, toujours bien sur soi, mais il arrive à s’en affranchir pour finalement offrir un personnage intéressant, attaché à sa famille, complexe, sombre, avec une colère et une violence qui gronde en lui, prêt à tuer si c’est nécessaire et un aspect mystique intéressant. Les autres personnages qui gravitent autour d’eux ne sont pas en reste entre scientifiques, gamins perdus et membres du Cartel on découvre une palette de protagonistes intéressante même si je suis un peu déçu concernant le traitement d’un ou deux d’entre eux. Je pense par exemple à Oscar, l’homme de main, dont l’évolution m’a paru un peu trop brusque ce qui l’a rendu légèrement mal amené, même si rien de non plus trop dérangeant.

La plume de l’auteur se révèle soignée, fluide, entrainante, captivant ainsi facilement le lecteur dans son histoire complexe et prenante. La conclusion proposé va se révéler par contre ouverte, je sais que tout le monde n’apprécie pas ce genre de fin, mais je trouve qu’elle colle parfaitement au récit, laissant ainsi au lecteur la possibilité de faire ses propres choix, ses propres visions sur la suite et l’avenir des héros après ces changements. Dans tous les cas Vostok s’est révélé être une très bonne lecture, et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvre Leo qui va se retrouver à quitter son Chili pour suivre son frère à Vostok et va devoir ainsi changer, évoluer, passer de l’enfance à l’âge adulte. Présenté comme cela, ça peut paraitre simpliste, mais au fil des pages ce roman se révèle bien plus. L’intrigue oscille ainsi entre huis clos angoissant, thriller et secrets pour mieux surprendre le lecteur. Vostok se révèle ainsi être un lieu à la fois effrayant mais aussi magique et poétique dans de nombreux aspects. On sent que l’auteur s’est fortement renseigné sur la base et son histoire. L’univers futuriste présenté par l’auteur s’avère plausible, cohérent et soigné, proposant ainsi un univers qui donne envie d’en apprendre plus. Leo, l’héroïne du récit est un personnage fascinant, attachant, complexe, humaine, charismatique qui va devoir évoluer, parfois de façon brutale et se découvrir. Les autres personnages qui gravitent autour d’elles sont aussi intéressants à découvrir, même si certains auraient, selon moi, mérité plus de développement, je pense principalement à Oscar. Je trouve par contre légèrement dommage que la première partie soit un peu moins « puissante » que celle de Vostok, jouant un peu trop le rôle d’introduction mais rien de non plus trop gênant. La plume de l’auteur est fluide, entrainante soignée, et happe assez rapidement le lecteur aboutissant à une conclusion ouverte que j’ai trouvé accrocheuse.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lune, …

Techno Faerie – Sara Doke

Résumé : Les fées existent, bien sûr, et elles sont de retour !
Les fées ont cessé de se cacher des hommes : elles sont revenues et bon an mal an l’univers de la Faerie s’est intégré à la société technologique. Depuis les premiers contacts d’enfants-fae avec la civilisation de l’automobile jusqu’aux premiers voyages spatiaux, ce livre conte l’histoire d’une évolution différente de notre monde.

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : J’avoue, la première fois que j’ai entendu parler de ce livre j’ai su qu’il terminerait rapidement sa course dans ma PAL. Outre l’illustration de couverture, réalisée par Melchior Ascaride, que je trouve très réussie, j’ai été rapidement tenté par le résumé qui se révélait accrocheur. De l’auteur Sara Doke je n’ai finalement lu que deux nouvelles, dont une déjà sur les faes publiée initialement dans l’anthologie Utopiales 2012 et qu’on retrouve justement ici. Car oui, il s’agit ici d’un recueil de 10 nouvelles, qui vont ainsi s’imbriquer pour former une histoire cohérente. Il est aussi à noter qu’un peu plus de la moitié du livre concerne les récits, tandis que le reste propose une encyclopédie des différentes faes existantes, avec de nombreuses illustrations et explications, et le tout en couleur. Au final autant un beau livre, qu’une histoire à découvrir.

Suite à l’utilisation de plus en plus importante de fer par les humains, et à de nombreuses batailles les fées ont été obligées de quitter la Terre pour se cacher. Une sorte de guérilla c’est alors mis en place. Sauf que voilà aujourd’hui les fées ont décidé de changer, se sont adaptées aux nouvelles technologies et ont décidé de revenir pour aider une humanité de plus en plus exsangue et autodestructrice. Oui, j’avoue, dernièrement je lis pas mal d’histoire sur les fées, sauf que voilà le principal intérêt de ce roman vient que l’auteur a décidé de proposer une vision complètement différente de ces êtres. Souvent quand on en parle on se base sur des notions assez binaire, les fées représentent la nature, l’environnement, le respect de la terre et l’Homme l’aspect égoïste, destructeur, qui ne réfléchit pas plus loin que sa vie trop courte, laissant plus de dégâts qu’autre chose. Sauf que voilà ici, certes l’Homme reste cette machine à polluer, on ne peut pas transformer une réalité en une utopie, mais les fées, elles, vont se révéler différentes. Mélange d’ancien et de nouveauté.

Outre le fait qu’elles soient plus nuancées, parfois aussi plus sauvages et violentes, ce qui a aussi déjà été traité dans d’autres écrits, elles se révèlent surtout originales dans cette idée qu’elles se sont adaptées à notre évolution, à nos nouvelles technologies. Ce sont d’ailleurs, d’une certaine façon, notre capacité à évoluer et notre science qui leur ont permis de survivre et d’avancer. Sara Doke évite ainsi une bataille rangée entre Nature et Science, pour plutôt tenter de lier les deux, nous montrer que la science peut apporter à la nature et inversement, ce qui je trouve offre un message intéressant, complexe et surtout intelligent à découvrir. Certes au fond le message reste le même, et il serait très intéressant qu’il commence à être compris : il faut penser à notre avenir à long voir très long terme, notre planète n’est pas inépuisable. Il faut donc commencer à en prendre soin, mais aussi prendre soin de l’ensemble de notre population tout en ne rejetant pas non plus nos évolutions et nos avancées scientifiques, mais en s’en servant simplement de façon maîtrisée et intelligente. Il ne faut pas attendre la fin, car pas sûr que les fées soient vraiment là pour nous aider ou qu’elles en aient l’envie.

Mais outre ce message, l’auteur nous offre aussi, et c’est l’un des poins forts du livre, des textes poétiques, distillant de la magie au fil des écrits et des récits. On découvre ainsi des histoires denses, soignées, complexes et passionnantes, construisant son histoire et son message tout du long. On est ainsi plus dans un récit qui se savoure lentement, délicatement où le rythme lent vient porter le lecteur à savourer ce voyage d’une grande finesse et d’une grande beauté. Un peu comme un voyage dépaysant qu’il faut apprécier à sa juste valeur sans trop aller trop vite. On se retrouve aussi à alterner entre le récit et l’encyclopédie, pour en découvrir plus sur les personnages et aussi découvrir les illustrations qui la compose. Ce Techno Faerie se révèle être aussi un mélange des genres aussi bien littéraires que remplie d’idées, de révélations et de surprises qui font que, pour peu qu’on se laisse entrainer, on se retrouve à tourner les pages facilement et avec plaisir. Il est sûr que si vous ne trouvez aucun intérêt dans les faes ou encore si vous cherchez un récit nerveux et sans temps morts, ce recueil ne risque pas d’être fait pour vous. A chacun de voir.

Concernant les différents personnages que l’on croise, qu’ils soient humains ou fées, l’auteur arrive facilement à les rendre attachants, touchants, sensibles avec leurs forces et leurs failles, leurs envies et leurs souffrances. Chacun vient ainsi apporter sa pierre à l’édifice dans ce changement, cette évolution de notre planète, de notre façon de penser. Alors après j’avoue que, concernant Arthur Passeur, qui est un personnage essentiel dans ce récit, il m’a paru par moment un peu lisse, principalement dans sa seconde partie, mais bon rien de non plus dérangeant, loin de là. Des personnages qui vont alors se retrouver à faire des choix, à accepter des choix parfois difficiles, et qui vont devoir faire face. Chacun d’entre eux donne envie ainsi d’en apprendre plus, d’en découvrir plus que ce soit sur cette « nouvelle » humanité comme sur le monde Sidhe.

Alors après, j’avoue, tous les textes ne m’ont pas paru au même niveaux, certains se révélant clairement bouleversants et fascinants, là où d’autres, comme par exemple celui qui propose une référence à la fête de l’hiver, ne se sont avérés que de simples divertissements. Franchement rien de non plus trop dérangeant tant les dix textes forment dans l’ensemble un tout cohérent et entrainant et offre un très bon moment de lecture. Il faut dire aussi que la plume de l’auteur y joue aussi un rôle essentiel se révélant maîtrisée, soignée poétique, captivante et envoutante, nous plongeant avec facilité dans cet univers dont on ne demande qu’à plonger dedans. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce recueil de dix nouvelles qui viennent former un récit global complexe. L’auteur nous offre ainsi une intrigue vraiment intéressante sur le retour des faes dans le monde des Hommes, évitant aussi la dualité qu’on retrouve régulièrement entre les deux peuples. En effet à travers ses récit on se rend compte qu’elle ne rejette pas la technologie au profit de la nature, elle cherche un compromis, une réflexion sur notre façon de voir la nature et de nous servir de la technologie. Un message qui passe très bien et qu’il faudrait enfin entendre. Autre point fort du récit c’est l’aspect poétique, soignée et magique qui s’en dégage ce qui fait que je me suis retrouvé à tourner les pages facilement et avec grand plaisir. Les personnages qui gravitent autour de ce récit s’avèrent attachants, captivant, avec leurs forces et leurs faiblesses, devant faire face à des choix, des évolutions. Alors après tous les textes ne sont pas obligatoirement au même niveau, certains marquant plus que d’autres, mais rien de non plus trop gênant tant j’ai été happé. Il faut dire aussi que la plume de l’auteur y jour pour beaucoup se révélant  maîtrisée, dense, travaillée et captivante. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Zina, julien le naufragé, Tesrathilde, Melisende, …

Challenge CRAAA 14ème lecture

Cookie Monster – Vernor Vinge

Résumé : Non, vraiment, la vie de Dixie Mae n’a pas toujours été rose… Mais grâce à LotsaTech, et au boulot qu’elle vient de décrocher au service clients de ce géant high-tech, les choses vont changer. Telle était du moins sa conviction jusqu’à ce que lui parvienne l’email d’un mystérieux expéditeur, message qui contient quantité de détails intimes liés à son enfance et connus d’elle seule…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Je termine donc ma découverte de la nouvelle collection Une Heure Lumière de la maison d’édition Le Bélial’ avec ce petit livre, Cookie Monster de Vernor Vinge. J’avoue qu’avant de plonger dans ce texte, je n’avais rien lu de l’auteur, même si j’en ai beaucoup entendu parler et qu’on m’a déjà conseillé quelques-uns de ses romans, titillant ainsi mon envie de le découvrir. Cette novella va donc me permettre de me faire un premier avis sur les écrits de l’auteur. A noter, encore une fois, une magnifique couverture illustrée par Aurélien Police.

J’avoue par contre une fois la dernière page tournée avoir un peu de mal à vraiment chroniquer ce livre. Pas qu’il soit mauvais loin de là, juste que parce qu’il joue tout du long avec le lecteur, tout ce que je pourrai dire risquerait de gâcher votre lecture. Je vais donc en quelques lignes, vous offrir un retour le plus vague possible, puis après développer mon ressenti avec risque de gâcher certains effets de surprise, vous êtes prévenu. Ce Cookie Monster se révèle donc être une novella que j’ai trouvé clairement efficace dans le message qu’il propose, ains que les nombreuses réflexion qu’elle va soulever. Le tout est ainsi présenté à la sauce Hard SF, certes proposant parfois des concepts qui peuvent se révéler hermétiques pour les non scientifiques, mais qui au final se laisse découvrir avec plaisir tant la complexité de l’intrigue mise en place se révèle intéressante, efficace avec son lot de révélations, et que l’auteur arrive à rendre son texte tout de même intéressant pour tout le monde. Le tout est ainsi porté par des protagonistes entrainants. Voilà ce que je peux dire de façon globale.

Pour rentrer un peu plus dans l’intrigue, l’auteur nous propose ainsi une réflexion intelligente et soignée sur la singularité à travers la quête de l’héroïne, Dixie Mae, qui telle une Alice ou encore une Dorothée du magicien d’Oz part à la recherche de la vérité suite à la réception d’un mail étrange. L’auteur joue alors de façon sournoise avec le lecteur entre concepts scientifiques, références littéraires de science-fiction et  jeux de pistes et de dupes pour mieux le surprendre, faisant légèrement monter la tension et l’intérêt au fil des pages histoire d’offrir une révélation finale ouverte et que j’ai trouvé efficace. Le tout est bien porté par un rythme efficace, alternant révélations et explications. C’est surtout sur les réflexions soulevés tout du long que l’auteur, je trouve, captive assez facilement. On ne peut rester indifférent, selon moi, sur les notions d’unicité, d’humanité, de transhumanisme ou encore  de potentialité informatique et même une fois le livre posé on continue à se poser des questions. Le tout se révèle entrainant et bien mené, offrant ainsi une lecture plus que réussie et agréable.

Concernant les personnages, ils ne manquent pas non plus d’attraits, car même si  l’important vient de ce qu’ils vont soulever dans leurs quêtes, cela ne les empêche pas de se révéler efficaces, comme par exemple Dixie Mae qui s’avère être une héroïne pleine de contradictions, forte et charismatique dans sa quête et son côté unique ce qui va les rendre un minimum attachants dans leurs péripéties. Dommage par contre que certains personnages secondaires se révèlent un peu caricaturaux. L’auteur nous offre aussi des aspects intéressant comme le rôle de Victor, certes peut-être un peu prévisible mais efficace, ou encore celui des « jumelles » que je vous laisse découvrir, et le tout porté par des dialogues rythmés, même si parfois légèrement répétitifs. Leur quête, construite de façon « conte pour enfant » un peu barré, colle parfaitement au récit que cherche à construire l’auteur et l’image de fond, qu’on pourrait considérer comme minimaliste, va finalement se révéler avoir une grande importances dans les dernières pages où toutes les pièces se mettent en place.

Le seul point qui pourrait se révéler  bloquant, selon moi du récit, vient du style de l’auteur. Je vais essayer de m’expliquer. Ce n’est pas, on va dire, mal écrit, c’est juste que l’auteur ne considère pas, j’ai trouvé, le style comme un élément à part entière d’un récit, il sert ainsi juste à faire avancer le récit. Cela donne comme ressenti tout du moins pour ce texte, d’une écriture austère. Un peu comme un scientifique qui écrirait une étude, où l’important n’est pas obligatoirement la forme, mais le fond. Cela pourrait, je pense, en bloquer peut-être certains et m’a parfois aussi frustré, comme par exemple un léger abus des répétitions, mais bon rien de non plus bloquant. Au final une novella  réussie, intelligente, qui je pense mérite d’être découverte pour peur que la Hard Science ne rebute pas et que le sujet intéresse. Je me laisserai bien tenter par certains de ces romans.

En résumé : Cookie Monster offre ainsi un bon moment de lecture à travers une intrigue soignée et intelligente qui, sans trop en dévoiler pour éviter de vous gâcher les surprises, joue avec le lecteur pour mieux le surprendre et le faire réfléchir. En effet l’un des gros points forts du récit, vient des réflexions qu’il va soulever, aussi bien sur soi-même que sur la technologie. Alors certes il s’agit d’un récit Hard Science avec ces concepts scientifiques parfois obscurs pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler (étant scientifique de formation, j’apprécie ce genre de lectures), mais cela n’empêche pas d’en comprendre l’ensemble. Les personnages se révèlent eux aussi intéressants à découvrir et un minimum attachants, nous entrainant facilement dans leurs péripéties, même si certains protagonistes secondaires s’avèrent parfois un peu caricaturaux. Le seul point qui pourrait, je trouve, se révéler bloquant concernant ce texte vient du style, l’auteur montre clairement que le fond importe plus que la forme ce qui rend sa plume parfois austère et même légèrement répétitives, même si rien de non plus bloquant. J’ai en tout cas bien envie de découvrir d’autres des écrits de Vernor Vinge.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : L’Ours Inculte, Gloubik, …

Challenge CRAAA 13ème lecture

Le Choix – Paul J. McAuley

Résumé : Ils sont amis depuis toujours, ils ont seize ans ou presque. Damian vit et travaille avec son père, éleveur de crevettes et cogneur d’enfants. Lucas s’occupe de sa mère, ancienne passionaria d’un mouvement écologiste radical clouée au lit par la maladie dans la caravane familiale. Le monde est en proie à un bouleversement écologique majeur — une montée des eaux dramatique et une élévation de la température moyenne considérable. Au cœur du Norfolk noyé sous les flots et écrasé de chaleur, la rumeur se répand : un Dragon est tombé du ciel non loin des côtes. Damian et Lucas, sur leur petit voilier, entreprennent le périlleux voyage en quête du mystérieux artefact extraterrestre, avec en tête un espoir secret : décrocher la clé des étoiles…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De l’auteur je n’ai, à ce jour pas lu grand chose, mis à part sa nouvelle L’Homme publiée dans un bifrost. J’ai bien certains de ces livres qui m’attendent dans ma PAL, dont un qui me tentait énormément qui est La Guerre Tranquille, mais il fait parti d’un cycle dont les suites ne devraient pas être publiées en VF. Je profite donc de cette publication d’un texte plus court pour continuer ma découverte de l’auteur. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, elle se révèle magnifique comme toujours pour le moment avec la collection une heure lumière. Il est à noter que cette nouvelle, qui peut être lu de façon indépendante, entre aussi dans un univers de textes plus large.

On plonge avec ce récit dans une Angleterre futuriste, où l’humanité, à force de pollution et de surconsommation, a porté un grand coup à la planète au point de voir monter les eaux de plusieurs mètres. Des aliens sont alors apparus et ont échangé leurs technologies qui pouvaient soit nous sauver, soit pouvoir nous faire fuir la Terre, contre notre culture. Nos héros se sont ainsi retrouvés à devoir s’adapter à tous ses changements dans un pays où la navigation maritime est devenue la norme. On suit ainsi Damian et Lucas, deux adolescents, qui partent à la découverte d’un dragon, un artefact extraterrestre, qui c’est échoué pas loin de chez eux. L’auteur va alors découper son récit en deux parties, une première posée, calme, sur un rythme lent, permettant de mettre en avant son univers, les personnages, ainsi que les problématiques, servant de base et une seconde plus nerveuse, plus tendue, où justement les choix de chacun vont se révéler avoir une importance capitale dans un monde où même les choix les plus cohérents peuvent se retourner contre eux. Un récit qui va ainsi se révéler plus que sympathique à découvrir, offrant ainsi de nombreux axes de réflexions, tout en offrant une intrigue qui, malgré un côté finalement très linéaire et sur certains points prévisibles, se révèle solide et entrainante. L’auteur ne tombe jamais dans la surenchère ou dans le trop explosif, jouant plus sur les nuances et les sentiments, ce qui fait que finalement on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus.

Le principal intérêt de ce récit vient de l’univers que construit l’auteur tout du long, ce futur où l’Homme a poussé son inconscience et sa « destruction » jusqu’au limite de sa disparition ne peut qu’interpeller, surtout que cela se révèle cohérent. On reste aussi interrogateur concernant ces aliens qui ont décidé, d’une certaine façon, de nous sauver. Entre vénération et suspicion, on oscille au milieu de nombreuses réflexions que soulève le monde construit au fil des pages et des points de vue de chacun. Alors après l’ensemble se révèle peut-être un peu trop binaire, se séparant en deux clans ceux qui ont accepté cette aide voir même ont quitté la terre et ceux qui la rejette totalement, ce qui est parfois un peu dommage je trouve, même si rien de non plus trop bloquant, mais cela n’empêche pas le lecteur de se questionner. L’autre point de l’univers vient de comment a survécu l’humanité, obligée de s’adapter aussi bien au changement qu’à occasionner les dérèglements qu’elle a causée, la forçant à abandonner de nombreuses terres maintenant immergés, mais aussi à la présence d’artefact que personne ne comprend et surtout dont personne ne sait gérer la maintenance. L’aspect technologique ne manque pas non plus d’intérêt ici, même si, j’avoue, de façon purement personnelle, je suis curieux j’aurai aimé en savoir encore plus.

Les personnages ne manquent pas de se révéler humains, attachants et surtout possèdent une profondeur ce qui les rend vraiment intéressants à découvrir et à suivre. Entre Damian, adolescent à la vie compliquée, chez un père parfois violent et qui rêve d’étoile, la possibilité d’approcher du dragon est une possibilité de s’évader et pourquoi pas de trouver une échappatoire à sa vie là et Lucas, fils d’une ancienne « révolutionnaire » écologiste qui face à la maladie doit maintenant mener son combat sur le net, est plus terre-à-terre prenant avec circonscription et méfiance ce qu’il ne connait pas et ne peut comprendre, chacun d’entre eux se révèle travaillé. Chacun d’entre eux offre ainsi un point de vue complexe et possède une histoire de fond, évitant de tomber dans le cliché, ce qui fait qu’on comprend leurs choix, leurs visions. Les personnages secondaires se révèlent eux aussi efficaces et intéressant à découvrir, permettant d’offrir un petit panel de « survivants » qui doivent faire face à une planète en pleine effondrement.

La plume de l’auteur se révèle efficace, entrainante et simple, divertissant assez facilement le lecteur. Au final même si le récit et les problématiques soulevées n’ont rien de révolutionnaires, cela n’empêche en rien l’auteur d’offrir un texte solide, très sympathique à lire et à découvrir et qui ne manque pas d’interpeller le lecteur sur la façon dont on agit ainsi que sur les choix que l’on fait. Va falloir quand même maintenant que je découvre d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé :  J’ai passé un sympathique moment de lecture avec cette novella qui, sans révolutionner le genre non plus, se révèle entrainante et offre des réflexions intéressantes. L’auteur a séparé son intrigue en deux, avec une première partie calme et posé permettant de mettre en place les bases de l’univers et une seconde partie plus énergique, où les choix de chacun vont se révéler important. L’univers est l’une des grandes forces du récit selon moi, principalement par les questions qu’il soulève sur notre humanité auto-destructrice ou encore sur l’ingérence de races aliens dans notre façon de fonctionner. Les personnages ne manquent pas de s’avérer humains, soigné et entrainant au fil des pages. La plume de l’auteur se révèle simple et entrainant ce qui fait que le lecteur tourne facilement les pages. Au final, même si une impression de déjà-vu reste persistante avec cette lecture, cela n’empêche pas ce texte d’être divertissant et intéressant à découvrir.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ptitelfe, L’ours inculte, Lune, Maki, …

Challenge CRAAA 12ème lecture

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