Auteur/autrice : BlackWolf Page 100 of 202

Notre Ile Sombre – Christopher Priest

notre ile sombreRésumé : Je suis sale. J’ai les cheveux desséchés, pleins de sel, des démangeaisons au cuir chevelu. J’ai les yeux bleus. Je suis grand. Je porte les vêtements que je portais il y a six mois et je pue. J’ai perdu mes lunettes et appris à vivre sans. Je ne fume pas, sauf si j’ai des cigarettes sous la main. Je me saoule une fois par mois, quelque chose comme ça. La dernière fois que j’ai vu ma femme, je l’ai envoyée au diable mais j’ai fini parle regretter. J’adore ma fille, Sally.
Je m’appelle Alan Whitman… Et je survis dans une Angleterre en ruine, envahie par des populations africaines obligées de fuir leur continent devenu inhabitable.

Editeur : Denoël Lunes d’Encre (Paru le 13/05/2014)
Traduction : Michelle Charrier

 

Mon Avis : Christopher Priest fait partie des auteurs connus et reconnus dans le monde de la SF, ayant même eu la chance de voir une de ces œuvre adapté au cinéma : Le Prestige. Et pourtant, honte à moi, je n’avais encore jamais lu un seul de ces romans, malgré que certains m’attendent pourtant dans ma PAL. Donc quand on m’a proposé de découvrir le dernier roman publier de l’auteur, qui est en fait une réécriture du premier roman de l’auteur paru dans les années 70 : Le Rat Blanc, j’avoue que je me suis laissé tenter, surtout que le résumé annonçait un roman apocalyptique et que la couverture, illustrée par Aurélien Police, est, je trouve, vraiment magnifique.

J’avoue que dès les premières lignes je me suis retrouvé emporter par ce roman, en effet le récit ouvre sur une double présentation du héros, une avant la catastrophe et une après, la première le montrant comme un cadre moyen là où la seconde comme un sans-abri qui a tout perdu. Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu’il tombe aussi bas? C’est là-dessus que l’auteur capte son lecteur, lui faisant tourner les pages de ce court roman pour savoir ce qui a dérapé, déraillé dans sa vie et à travers le monde. Surtout que l’auteur sait garder son lecteur en haleine, cassant son récit, mélangeant trois lignes temporels pour bien construire son personnage, découvrir son évolution au fil des périodes et surtout sa façon de voir le monde changer entre sa jeunesse, l’époque plus « adulte » où il est marié et père de famille et l’époque après cette grande catastrophe qui a obligé des millions d’émigrant à envahir l’Angleterre fuyant un pays complètement en ruine.

C’est finalement ce point qui fascine le plus dans le roman, cette lente plongée en abyme du héros principal, cette évolution qui va l’amener à rejeter le vernis qui faisait de lui un homme civilisé pour revenir vers ses plus bas instincts pour survivre. On sent ainsi au fil des pages monter la tension, ainsi qu’une ambiance, qui devient de plus en plus sombre et de plus en plus tragique d’un homme qui perd tout au fil des pages. Ce que j’ai trouvé aussi intéressant c’est que, pour un roman des années 70, il possède des aspects toujours aussi contemporains, nous présentant un protagoniste principal qui finalement ne s’intéresse que très peu et de très loin à la politique et considère que tout ne peut que s’arranger avec le temps ; le tout dans un pays où le nationalisme prend de plus en plus d’ampleur à travers une communication  efficace et agressive. Comment ne pas penser à ce qu’on voit parfois aujourd’hui. Cela amène donc obligatoirement à la réflexion sur notre façon de réagir face à une telle catastrophe, que ferions-nous?

Concernant les personnages, Alan Whitman ne manque pas d’intérêt et se révèle très intéressant à découvrir, se révélant le reflet global de la société aveugle et manipulé et dont on découvre au fil des pages son aspect humain, rempli d’émotions contradictoires. Pourtant il n’est pas non plus le personnage qu’on aurait pensé s’attacher, se révélant un adepte de l’adultère et limite obsédé par le sexe, il parait aux premiers abords légèrement antipathique, mais c’est la façon dont il avance le long du récit qui le rend captivant, sa façon de se rendre compte de ce qu’il gagne et qu’il perd, mais aussi des liens qu’il a lié et parfois perdu. Il se remet continuellement en question au fil de sa descente en enfer, sans prendre toujours les bonnes décisions. Le problème vient par contre des autres personnages qui ne sont là que pour faire évoluer le héros et rien d’autre, on ne sait quasiment rien d’eux et de ce qui les anime, que ce soit sa femme, sa fille ou encore Rafiq l’auteur reste toujours en surface, ne se servant d’eux que pour amener le changement d’Alan et c’est dommage je trouve, car certains auraient pu avoir du potentiel.

Concernant l’univers et tout le background que cherche à mettre en avant j’avoue qu’il reste assez classique, mais surtout reste ancré peut-être un peu trop dans les années 70. Il parle de pays africains qui se doteraient de l’arme nucléaire ce qui occasionnerait un conflit qui rendrait la vie sur le continent impossible, hypothèse qui parait peu plausible de nos jours. Alors bien entendu l’aspect intéressant n’est pas tant la cause que les conséquences, mais tout de même c’est un peu frustrant. L’auteur le dit lui-même dans la préface sa révision du texte ne portait pas sur le fond, mais sur la forme, donc pareil tout ce qui est aspect technologique se révèle aussi vieilli. Il est plus difficile d’imaginer de nos jours qu’une fois sorti de chez soi on se retrouve sans communication avec pour seul élément d’information une radio à piles, tout comme il est compliqué d’imaginer que certaines propagandes, mené par des groupuscules, que dévoile l’auteur puisse fonctionner avec les outils qu’on possède aujourd’hui. Cela ne dérange certes en rien et n’enlève pas la façon de réagir des hommes ainsi que les réflexions qu’il y a avec, mais le point de départ reste clairement d’époque. Concernant tout l’aspect politique et social, par contre, il se révèle intéressant et surtout permet à l’auteur de construire une ambiance de plus en plus angoissante et triste au fil des pages.

J’ai lu aussi, que ce soit dans la préface ou sur certains sites, que ce roman était considéré comme raciste, mettant en avant l’invasion des noirs sur l’Angleterre, je ne suis pas d’accord. L’auteur reste clairement neutre dans sa façon de présenter les choses, il ne fait pas de politique, cherchant simplement à montrer les conséquences de choix politiques. Pour cela il a donc imaginé un exode massif et il a choisi le continent Africain, mais cela aurait pu être aussi bien un exode américain, européen ou chinois l’effet aurait été le même. Comme je l’ai dit, ce que cherche à montrer l’auteur c’est surtout les conséquences, l’aspect guerre civile, la profonde dégradation d’un pays considéré comme civilisé qui retombe vers ses plus bas instincts ; que ce soit des deux côtés tout le monde est capable du pire. Cette constatation montre par contre une chose c’est que l’auteur a oublié justement de caractériser ses immigrants, de leur offrir de la profondeur et de l’humanité, excepté parfois à travers le regard du héros, ce qui fait qu’on a parfois du mal à les voir autrement que comme des envahisseurs, une force sombre sans visage, monstrueuse, qui fera tout pour survivre. C’est ce point qui fait que ce roman perd un peu de sa force, se révélant simplement sympathique là où il aurait pu être très bon, c’est de ne pas donner voix aux immigrants. C’est dommage.

La plume de l’auteur se révèle épurée, simple et neutre apportant une impression clinique de l’ensemble et ajoute ainsi une touche d’angoisse au récit. Mais voilà, on sent aussi ici qu’il s’agit d’un premier roman, l’auteur cherche par moment à trop en faire, donnant l’impression de foisonner d’idées sur certains aspects sans jamais les amener au bout et décide même de ne pas répondre parfois aux questions que se pose le lecteur. Au final on obtient un roman avec ses qualités et ses défauts, qui aurait mérité plus de développement tant certains aspects sont sans réponses,  mais que j’ai trouvé tout de même sympathique bien porté par cette réflexion efficace sur la perte du lien social face à un drame.

En Résumé : Finalement, ce n’est peut-être pas le plus grand livre catastrophe que j’ai lu, mais cela reste une lecture sympathique à découvrir avec de très bonnes idées.  L’histoire se révèle intéressante et l’auteur fait monter la tension de façon efficace au fil des pages. On suit avec intérêt la vie du héros, qui est loin du mec parfait, et surtout sa façon de réagir face à cette crise d’ampleur mondiale qui va bouleverser sa vie. Dommage que les personnages secondaires manquent clairement de profondeur. L’univers que l’auteur trace autour de l’histoire se révèle classique, solide, mais peut-être un peu vieillot avec cette idée de conflit nucléaire entre pays africains, conflit qui me parait de plus en plus improbable au jour d’aujourd’hui, et cet aspect technologique un peu dépassé. En fait le gros point qui dérange le plus dans ce roman c’est que l’auteur n’est pas plus caractérisé cette vague d’immigration, on comprend bien, face aux choix du gouvernement, pourquoi on en arrive au conflit, mais ils sont représentés plus comme une ombre que comme des êtres humains. De plus j’ai trouvé que l’auteur a parfois du mal sur certaines idées qu’il cherche à mettre en place. La plume de l’auteur se révèle neutre, simple et colle parfaitement au récit, même si on sent parfois on sent le côté premier roman. Au final un livre sympathique et qui se lit plutôt bien, je lirai d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

Comtesse Bathory – Patrick McSpare

comtesse bathoryRésumé : Hongrie, octobre 1604.
Issue d’une glorieuse lignée princière, Erzébeth Bathory, la belle veuve du comte Nadasdy régit d’une main de fer ses domaines. Après des années de silence, Cadevrius Lecorpus réapparaît. Il ramène avec lui Anna, une fascinante sorcière dont Erzébeth tombe follement amoureuse. La magie démoniaque de l’obscurité s’abat bientôt sur la région et, jusqu’à la Cour de Vienne, on s’émeut de la disparition de nombreuses jeunes filles. Tandis que la comtesse s’abandonne aux terribles délices des rituels régénérateurs, cinq mercenaires d’élite sont chargés de confondre celle que l’on suspecte d’activités sataniques.

Edition : Eclipse

 

Mon Avis : De Patrick McSpare je n’ai lu que sa série qu’il a écrite en collaboration avec Olivier Peru : Les Hauts Conteurs, qui se révélait certes classique, mais terriblement efficace et entrainante, assez en tout cas pour me donner envie de découvrir d’autres écrits de l’auteur. Donc quand j’ai vu il y a quelques mois qu’il publiait un roman adulte fantastique sur la comtesse Bathory, proposant un résumé intrigant ainsi qu’une couverture, illustrée par Marc Simonetti, que je trouve vraiment réussie, il n’a donc pas mis longtemps avant de rejoindre ma bibliothèque.

Et pourtant une fois la dernière page tournée j’avoue que je suis déçu, ayant eu énormément de mal à vraiment accrocher à cette histoire. Il faut dire que dès le départ j’ai eu pas mal de difficultés à accrocher à la comtesse qui en est le personnage principal. Elle est historiquement considérée comme une noble intelligente à la poigne de fer, violente avec les personnes de basses extractions dès qu’elle est contrariée, mais sous la plume de l’auteur j’ai eu l’impression d’avoir une enfant gâtée, chouineuse dès que quelque chose ne lui va pas et qui utilise de la violence pour un tout ou un rien sans aucune logique ce qui fait qu’il était compliqué de s’attacher à elle. De plus l’héroïne se révèle très sombre, donc pour éviter de trop la détester, elle se révèle être en proie au doute ayant peur de la damnation éternelle. Bon, si on excepte le fait qu’elle soit une femme adultère, ce qui à l’époque, niveau damnation, devait quand même peser son poids, l’entendre dire après avoir déjà tuée deux jeunes filles pour boire leur sang et rester jeune, qu’elle a peur pour son âme car elle a autorisé la torture d’une jeune fille pour avoir encore plus de pouvoir, j’avoue l’argument tombe quand même à plat. Là où j’attendais plus de profondeur dans ce personnage je me suis retrouvé avec une caricature de la comtesse dont la transcription de son humanité par ses moments de doutes ne marche jamais vraiment la faute à des arguments creux.

Le problème vient aussi que tous les personnages manquent clairement de profondeurs et, outre le fait qu’ils soient très manichéens dans leurs actions et leurs évolutions, ils se révèlent aussi trop clichés à mon goût voir même ne servent à rien comme par exemple le Puritain. Entre Cadevrius le puissant sorcier qui cherche à faire venir l’Antéchrist, mais dont on ne sait pas trop pourquoi ni quel est son but et qui, finalement, ne sert que comme « méchant très très méchant », Anna la soit-disant puissante nécromancienne qui a autant de profondeur que l’épaisseur d’une feuille et qui ne sert clairement que pour des scènes de sexes, ou bien encore la bande de mercenaires qui cherche à faire tomber la Comtesse mais qui se révèlent un peu trop caricaturaux à mon goût et qui manquent clairement de logique et d’intelligence aucun personnage n’a vraiment réussi à me captiver.

Car oui, un des autres soucis du récit vient aussi des rebondissements qui reposent un peu trop sur le manque d’intelligence flagrant des protagonistes. Je pense justement à cette bande de mercenaire qui possède des bons plans pour capturer la comtesse, mais se font avoir comme des bleus. Cela vient, je pense, du fait que l’auteur a l’habitude d’écrire du jeunesse donc un personnage fondamentalement « bon » ne peut faire des choses mauvaises sauf cas extrême. Donc quand on se lance dans un guet-apens ou en face ils sont le double on ne cherche donc pas à éliminer l’escorte, ou à minima une partie, pour asseoir sa domination et prendre l’ascendant qu’on a pas faute à l’infériorité numérique, non, on leur demande simplement de se mettre sur le côté en attendant bien gentiment qu’on kidnappe leur comtesse tout en espérant qu’ils ne tenteront rien pour l’empêcher au moindre soucis. Mouais. Donc si je n’accroche pas vraiment aux personnages et que les rebondissements manquent clairement de finesse, j’avoue j’ai eu un peu de mal à vraiment rentrer dans l’intrigue qui, elle aussi, se révèle un peu simpliste et linéaire à mon goût. Dommage pourtant car le côté aventure est bien présent est plutôt efficace.

Concernant l’univers fantastique que cherche à mettre en place l’auteur, en soit, il n’est pas mauvais, mais n’a rien non plus d’exceptionnel et tombe parfois un peu dans la caricature. On se retrouve surtout dans une dualité classique entre les partisans de Dieu, et ceux du diable, avec tous les clichés du genre allant de la messe noire avec le sang au crucifix purificateur qui empêche la magie des satanistes, mais voilà l’ensemble manque tout de même de finesse et il faut par moment ne pas trop demander d’explications et savoir accepter. La tension et l’ambiance angoissée qu’il cherche à faire monter au fil des pages a eu du mal à prendre avec moi, le tout tournant simplement autour du gore et du sexe, mais qui ne suffisent pas à vraiment créer ce climat oppressant. L’auteur cherche aussi à densifier son intrigue en y mettant un peu de politique, la Comtesse de Bathory étant une des rares femmes de l’époque à avoir gouverner sa région, il y avait donc normalement de quoi faire et pourtant là encore l’auteur ne fait que rester en surface et donne l’impression que tout l’aspect géopolitique ne sert à pas grand chose tant aucun des personnages n’a l’air d’y avoir une influence. Cet aspect ne parait donc au final ne rien apporter à l’histoire mis à part montrer que l’auteur s’est renseigné sur le sujet. C’est dommage.

Pourtant tout n’a pas non plus été mauvais dans ma lecture, il est clair que l’auteur sait apporter du rythme à son récit et sait décrire des scènes d’action vivantes et un minimum entrainantes. De plus j’ai été surpris par une révélation et je me suis même retrouvé emporter par le récit qui devient plus fluide à partir de ce moment-là, dommage qu’elle n’arrive qu’aux alentours de la page 250 sur un roman de 370 pages. Par contre au moment de la conclusion l’auteur cherche trop a en faire et une des révélations finale dévoilée à la Comtesse sur le véritable pouvoir de Cadevrius se révèle tellement tordue qu’elle contredit près de la moitié du roman sans apporter aucune preuve et les explications avancées deviennent obsolètes deux lignes plus tard. Cela donne l’impression que l’auteur lui-même s’embrouille ce qui est dommage car je rentrais enfin complètement dans le récit. La conclusion m’a aussi parue un peu trop lourde, l’auteur cherchant à apporter son lot de révélations, mais voilà trop de révélations tuent les révélations et au bout d’un moment cela manque de cohérence.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple et énergique, mais je trouve qu’elle en fait un peu trop au niveau des dialogues, cherchant à y apposer un vernis d’époque qui ne marche pas vraiment et offrant même par moments certaines constructions de phrases qui ne sonnent pas toujours très bien à la lecture. Dans l’ensemble je ressors plutôt déçu de cette lecture, il y a de bonnes idées et l’auteur sait construire un récit énergique, mais l’ensemble manque de finesse se révélant trop simpliste, manichéen et binaire ce qui fait que je n’ai pas accroché. Dommage.

En Résumé : Je ressors plutôt déçu, je l’avoue, de ma lecture. L’histoire pourtant se révélait prometteuse mais l’ensemble manque, selon moi, clairement de profondeur et de densité, l’auteur ne restant souvent qu’à la surface des choses. Les rebondissements manquent aussi clairement de cohérences et de logiques. L’ambiance fantastique que cherche à mettre en place l’auteur se révèle un peu trop clichée et surtout repose sur ces scènes sanglantes et de sexe qui ont du mal à vraiment rendre l’ensemble angoissant. Quant à l’aspect historique, il est à peine esquissé et a du mal à s’intégrer au récit. Les personnages, outre leurs manichéismes et leurs simplicités, ne m’ont jamais accrochés ; la Comtesse Bathory me faisant plus penser à une enfant gâtée qu’autre chose, les mercenaires manquant d’intelligences et certains personnages donnent même l’impression de ne servir à rien. Il m’a fallu attendre les 2/3 du roman pour que je sois un minimum happé dans le récit qui devient enfin fluide même si la conclusion repose sur une explication trop brouillonne qui se contredit tout le deux lignes et sur une accumulation un peu trop importante de révélations finales. La plume de l’auteur se révèle pourtant simple et efficace mais en fais trop dans les dialogues. Au final je ne pense pas être le bon lecteur pour ce roman ayant du mal à vraiment se révéler adulte et surtout manquant clairement de profondeur à mon goût.

 

Ma Note : 4/10

 

Autres avis : Phooka, Dup, Nessa, Thalia, Louve, …

Mes Achats du Mois de Juin 2014

Après un mois de Mai qui s’était révélé assez explosif pour ma PAL, avec je le rappelle pas moins de 27 nouveaux livres, je trouve que je suis resté plutôt calme ce mois de Juin avec seulement huit nouveaux livres et un ebook.

Juin-14

Voilà ce qui a fait gonfler ma PAL pour ce mois de Juin 2014 :

  • Blood Song Tome 1, La Voix du Sang de Anthony Ryan aux éditions Bragelonne. Un roman dont j’entends parler depuis des mois et qui me faisait envie.
  • The Expanse Tome 1, L’Eveil du Léviathan de James S.A. Corey aux éditions Acte Sud. Un Space-Opera ne pouvais que finir dans ma PAL.
  • L’Abomination d’Inswich d’Edward Lee aux éditions Mythologica. Je suis tombé un peu par hasard sur ce livre dont la référence à Lovecraft me tentait bien. La Marmotte a donc décidé de me l’offrir.
  • La Fille Flûte et autres Fragments de Futurs Brisés de Paolo Bacigalupi aux éditions Au Diable Vauvert. Un recueil de nouvelles qui me faisait vraiment envie.
  • Drift de Thierry Di Rollo aux éditions Le Bélial’. Un roman dont j’ai beaucoup entendu parler et à la couverture vraiment accrocheuse. Il a vite rejoins ma PAL.
  • Goodbye Billy de Laurent Whale aux éditions Critic. Je n’ai jamais été vraiment déçu par un roman de l’auteur, son dernier livre a donc rapidement rejoint ma bibliothèque.
  • Anti-Glace de Stepken Baxter aux éditions Le Bélial’. Un livre au résumé vraiment intriguant et à l’illustration de couverture clairement accrocheuse, qui a donc rejoint ma PAL.
  • Jack Glass, L’Histoire d’un Meurtrier de Adam Roberts aux éditions Eclipse. Ce livre je l’ai acheté sur un coup de tête a force de passer devant.

Ne pas oublier l’achat d’un ebook :

  • Haute-Ecole de Sylvie Denis aux éditions L’Atalante

Voilà ce qui a remplit ma bibliothèque pour ce mois de Juin. De quoi bien démarrer l’été et offrir de bons moments de lecture je pense.

Chroniques du Grimnoir Tome 2, Malédiction – Larry Correia

chroniques du grimnoir 2 maledictionRésumé : Il y a ceux qui se téléportent, lisent dans les esprits, influencent la gravité, prennent le contrôle des animaux ou guérissent par imposition des mains, et il y a les « normaux ». Leurs relations virent à l’aigre. Et voici qu’un mystérieux Bureau du coordinateur de l’information entreprend de soumettre les « actifs », avec des moyens nouveaux et des agents redoutables comme l’énigmatique Corbeau.
S’ils ont vaincu le « président » à bord de son dirigeable, les chevaliers du Grimnoir sont maintenant confrontés à la vindicte de l’appareil d’État, alors même que la menace qui pèse sur le monde s’approche et se précise. Jake Sullivan et Faye Vierra devront puiser au plus profond de leurs pouvoirs pour faire face, d’autant que les anciens du Grimnoir eux-mêmes nourrissent la pire des craintes quant à la jeune Faye : n’est-elle pas atteinte d’une malédiction qui fera d’elle le pire ennemi de l’humanité ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis lancé dans la lecture du premier tome de cette série qui s’annonçait comme un mélange de pulp, de fantasy urbaine et d’uchronie, et je dois dire que je n’ai pas été déçu tant il se révélait efficace, nerveux et bourré d’action, avec des personnages intéressants et une intrigue prenante (Ma chronique du Tome 1). C’est donc sans surprise que j’ai rapidement fait rentrer dans ma PAL ce tome que j’ai décidé de lire, vu que le troisième et dernier volume est annoncé pour cet été. La couverture, illustrée par Vincent Chong, se révèle toujours aussi accrocheuse selon moi.

J’avais pas mal d’attentes avec cette suite, surtout après la fin du tome un qui laissait entrevoir certaines révélations sur l’origine de la magie qui s’annonçaient vraiment intrigante, pourtant l’auteur a vraiment réussi à me surprendre avec ce volume en allant à l’opposer de ce que j’attendais. Mais voilà ce qui était une force initialement devient, je trouve, une petite faiblesse et dans l’ensemble j’ai trouvé ce second tome moins bon. En effet là où j’attendais un volume centré sur le « cœur » de la magie, on se retrouve finalement plus dans une intrigue un peu X-Men avec ce rejet des actifs, considérés comme des monstres, avec un pays en proie aux doutes dont le pouvoir veut contrôler sa population. Il n’oublie pas pour autant fil rouge et place quelques marches pour la suite, comme cette malédiction ou encore l’idée de cet éclaireur. On y retrouve toujours ce côté vraiment explosif et haletant qui fait que de nouveau on est emporté à tourner les pages facilement pour savoir ce qui va se passer par la suite. Les rebondissements et les retournements de situations sont toujours aussi maîtrisés même si je trouve que l’ensemble s’essouffle sur la fin, l’auteur cherchant à retarder au maximum le combat final.

Mais voilà comme je l’ai dit, l’idée de dérouter le lecteur en lui proposant une histoire différente de ce que laisser présager le fil rouge a aussi ses mauvais côtés, car une fois la dernière page tournée, clairement, on se dit que c’était fun et explosif, mais voilà on se rend compte que c’est un tome de transition et de remplissage pour mettre en place quelques pièces du puzzle qui va se dévoiler dans le prochain volume. Je me suis donc retrouvé légèrement frustré. De plus l’histoire qui est proposée, avec ce rejet du gouvernement des actifs qui font peur et doivent être contrôlés, me faisait beaucoup trop penser à X-Men, mais en moins profond et moins complexe, avec ces camps ou encore cette loi d’enregistrement. Autre point, l’ensemble m’a paru, je trouve, sans véritables surprises on sait clairement comment ça va se finir, donc quand vers la fin l’auteur se met à ralentir, à ajouter des scènes pour patienter le lecteur j’ai légèrement décroché j’avoue. Après, ces quelques points n’enlèvent en rien le côté pur divertissement assumé et dans l’ensemble on s’éclate à lire ce roman, mais il est clairement un ton en dessous du précédent.

L’univers, lui, se révèle toujours aussi sympathique et agréable à découvrir. Surtout le mélange des genres entre le pulp, l’uchronie et la fantasy urbaine qui est toujours aussi réussi et efficace. L’ensemble se révèle accrocheur et intéressant même si, il faut bien l’admettre, vu qu’il perd son aspect nouveauté il perd aussi légèrement de son charme, surtout que l’auteur ne le développe pas vraiment non plus ici, ne s’intéressant que finalement sur ce rejet des magiciens par une partie d’une population qui connait de plus en plus la crise. Il tente bien de s’offrir quelques réflexions sur le racisme et la position de la femme à l’époque, mais l’ensemble est trop simpliste. La magie par contre apporte son lot de nouveautés avec de nouveaux pouvoirs qui se révèlent originaux et intéressants à découvrir au fil des pages, tout en restant classique dans la façon de s’en servir. De nouveaux aspects magiques sont esquissés et donnent envie d’en apprendre plus. Par contre certaines idées tombent un peu à plat, je pense par exemple a celle sur les robots trop vite balayée. À noter aussi les citations en début de chapitre qui, je trouve, apporte un plus à l’ensemble.

Concernant les personnages on retrouve avec grand plaisir les principaux héros du premier tome dont on suit toujours avec autant de plaisir les aventures et les péripéties. Sullivan et Faye sont toujours aussi attachants et surtout évite de tomber dans la caricature le « Lourd » étant plus intelligent et efficace qu’on le croit et la paysanne, malgré ses jugements assez binaires, se révèlent plus profonde qu’on le pense. Les dialogues sont toujours aussi savoureux et entrainants. Je trouve juste légèrement dommage qu’ils aient un peu de mal à évoluer, on a l’impression de retrouver les mêmes que précédemment, avec les mêmes réactions et donc, par conséquent, la même façon de réagir face aux situations, mais rien de méchant. Par contre je trouve dommage que l’auteur ne se serve pas plus que cela de ses nouveaux personnages qu’il amène. Il y avait pourtant un énorme potentiel avec par exemple Murmure ou bien Hammer qui n’est, selon moi, pas totalement utilisé. C’est assez frustrant de voir par exemple Murmure s’effacer au fil des pages, malgré le secret qu’elle porte, simplement pour revenir à la fin, même chose pour Hammer qui a un pouvoir tellement intéressant, mais exploité que quand cela arrange l’auteur. Pareil pour le vilain de l’histoire, Corbeau manque de profondeur le tout compensé par une puissance exceptionnelle ce qui le rend certes intéressant dans le rôle de « gros bill » à éliminer mais l’empêche d’être plus que cela.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante avec toujours cet aspect cinématographique qui fait qu’on se retrouve facilement emporté. Les scènes d’actions se révèlent vivantes et explosives, on a vraiment l’impression parfois de se retrouver devant un film et, comme on me l’a commenté sur le premier tome, il ne manque plus que le pop-corn. Alors certes au final je suis quand même moins convaincu par ce livre que le précédent, la faute à un aspect remplissage et au fait qu’il me fait trop penser à X-Men, mais ça ne l’empêche pas de remplir toujours autant son rôle de divertissement et offrir un moment agréable de lecture.

En Résumé : J’ai passé un plutôt bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle qui se révèle toujours divertissant, même si je l’ai trouvé moins réussi que le précédent. L’intrigue prend à contre-pied les attentes du lecteur suite à la fin du premier tome, mais une fois la dernière page tournée on sent le tome de transition et légèrement de remplissage, de plus l’histoire ressemble parfois un peu de trop à X-Men ce qui la rend sans surprise. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler toujours aussi efficace, haletant et explosif, le tout dans un univers solide, magique et intéressant à découvrir même s’il évolue très peu ici. Les personnages sont toujours aussi efficaces, bien porté par des dialogues prenants, même si je trouve que certains des personnages secondaires auraient pu être plus et mieux développés et que le « vilain » ne soit au final qu’un « gros bill » à éliminer. Je regrette par contre que la fin se fasse un peu attendre, l’auteur cherchant trop à prendre son temps. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, entrainante et visuelle nous plongeant facilement dans son histoire. Au final un roman un ton en dessous du précédent, mais toujours très divertissant, je lirai le troisième et dernier tome dans soucis.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Sylphe, Lune, …

Les Sentiers des Astres Tome 1, Manesh – Stefan Platteau

les sentiers des astres 1 maneshRésumé : Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Editeur : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Ce livre me fait envie depuis que Les Moutons Électriques ont décidé d’en faire la promotion. Outre l’aspect promotionnel, que je laisse toujours de côté avec ses superlatifs, j’ai été en fait rapidement accroché par le quatrième de couverture qui annonçait clairement une Fantasy nordique pleine de magie et de mystères ainsi que par la couverture, illustrée par Melchior Ascaride, que je trouve très sympathique. Une fois le livre en main il faut aussi dire qu’il se révèle être un très bel objet avec couverture reliée, papier épais et jaquette. Il n’a donc pas mis longtemps à rejoindre ma PAL.

J’avoue, pourtant, j’ai eu un tout petit peu de mal à vraiment rentrer dans ce livre, le début se révélant, selon moi, un peu verbeux, comme si l’auteur avait peur de se lâcher et faisait trop patienter le lecteur. Mais une fois les 50 premières pages passées je n’ai plus réussi à quitter ce roman. Franchement ne vous laissait pas bloquer par cette introduction un peu « longue », ce serait passer à côté d’une histoire qui se révèle véritablement riche et dense que ce soit au niveau des surprises, des rebondissements, mais aussi des personnages et de l’univers. Alors certes, on est loin du roman épique explosif, mais cette histoire mélange habilement l’aspect conte, avec le naufragé qu’est Manesh et l’aspect aventure, avec l’expédition menée par le capitaine Rana. Très vite on se rend compte que les deux histoires sont liées, mais l’auteur sait garder ses mystères par devers-lui et les dévoiler pour mieux nous tenir, nous surprendre, nous toucher. Une intrigue qui se révèle soignée et complexe qui se déroule de façon passionnante, même si parfois un soupçon supplémentaire d’action aurait apporté par moments un petit plus. On se retrouve avec un roman qui avance à  un rythme plutôt calme, sans jamais tomber dans la frénésie, qui surtout sait faire monter la tension, lentement, au fil des pages et des révélations de plus en plus sombres, de plus en plus tortueuses qui tombent sur les héros.

L’univers que construit l’auteur à travers ces deux histoires se révèle clairement fascinant et entrainant. Il possède ce mélange de beauté, à travers des descriptions et des lieux qui se révèlent vraiment magnifiques. Ce nord empli de forêts, qui enferment des secrets et des mystères fascinants et aussi par moment sombres, se révèle à la fois sauvage et accueillant. On  a parfois envie de plonger avec les héros entre ces arbres accueillant. Par comparaison la remontée du fleuve se révèle, elle, plus angoissante, plus mystique, pleine de secrets qu’il ne vaut mieux pas dévoiler et découvrir. Un univers rempli de magie, de dieux, de géants, de bardes et de conteurs à la voix douce et attrayante qui se révèle enchanteur. On sent bien que l’auteur s’est fortement documenté pour construire une mythologie aussi riche et entrainante, on y retrouve par exemple des éléments Celtes, des pays du nord voir même j’ai l’impression de l’Hindou. Le tout se mélange alors pour offrir quelque chose de logique et d’homogène. Il n’oublie pas pourtant le monde des hommes et, même si l’histoire se révèle plutôt intimiste, les quêtes qu’elle divulgue, tel un nectar, lentement au fil des pages nous dévoile un pays en proie à la guerre, qui se déchire sur fond de trahisons, de batailles et de violences. Un univers au final au combien complexe, féérique avec ses zones d’ombres et de lumières qui donne envie d’en apprendre plus.

Les personnages sont aussi un des gros points forts du récit, se révélant complexes, denses et soignés. L’auteur nous dessine des héros loin de tout manichéisme, alternant le bon et le mauvais et véritablement humains, qui se retrouvent influencés, finalement, par les choix qu’ils font. Les deux qui sortent bien entendu du lot sont Manesh et Fintan, les héros ; entre le conteur à la voix et à l’histoire entrainante et le barde porteur des traditions et des chants se lie un lien que le lecteur découvre au fil du récit ce qui permet, pour peu qu’ils nous intéressent, à s’attacher à eux. On se retrouve alors emporter par leurs joutes. Cela n’empêche pas non plus d’offrir des personnages secondaires tout aussi intéressant, que ce soit ceux qu’on découvre à travers la vie de Manesh ou encore les compagnons d’aventure du barde, chaque protagoniste rencontré possède sa propre voie, ses propres envies et ses émotions, gardant parfois aussi leurs mystères qu’on espère découvrir par la suite. Des personnages à la fois simple dans leurs envies qui ne cherchent qu’à faire les bons choix , et qui se révèlent plus que convaincants.

Après ce roman possède tout de même quelques défauts, comme je l’ai déjà dit j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dedans, l’introduction me paraissant un peu trop bavarde comme si l’auteur voulait mettre en avant le maximum d’information, mais ce fût vite oublié une fois plongé dans le récit. Ensuite j’ai aussi eu l’effet inverse concernant la conclusion qui, elle, m’a paru mettre un peu trop de temps à arriver, comme si l’auteur voulait rester le plus possible dans son monde. Cela n’empêche pas cette fin de se révéler vraiment réussie, avec son cliffangher qui appelle à lire la suite, mais voilà quelques pages en moins ne m’aurait pas dérangé. Au final ces quelques défauts se révèlent vraiment mineurs tant l’ensemble de ce livre est efficace et passionnant à découvrir, pour peu qu’on aime les histoires qui avancent sur un rythme lent construisant un monde  et des personnages saisissants et où les intrigues et les sous-intrigues se dévoilent lentement au fil du récit.

Un récit qui se révèle d’ailleurs bien porté par la plume de l’auteur que j’ai trouvé travaillée, fine, possédant son propre rythme, sa propre poésie et se révélant clairement imagée, plongeant avec facilité le lecteur dans tout ce qu’elle construit. Par moment il en fait peut-être un peu trop, cherchant la phrase un peu trop parfaite, mais franchement rien de bien dérangeant tant je me suis retrouvé happé par l’ensemble. Au final un premier roman plus que réussi qui m’a fait passer un excellent moment de lecture. Je lirai la suite sans problème.

En Résumé : Malgré un démarrage que j’ai trouvé un peu trop verbeux, j’ai rapidement été happé par ce roman qui m’a fait passer un excellent moment de lecture. L’intrigue qui se dévoile lentement, au fil des pages, se révèle complexe, riche et passionnante avec son lot de surprises. Le tout est surtout porté par un univers qui se révèle clairement maîtrisé, sublime et attrayant, qui donne envie d’en savoir plus, ainsi que par des personnages travaillés et humains, guidés par leurs choix et leurs décisions. Un roman où, certes, l’action est peu présente, mais qui se révèle efficace avec toute sa mythologie, ses dieux, ses géants mais aussi tout ce qui fait le monde des hommes tel que les trahisons, le pouvoir ou les guerres. Je reprocherai juste, en plus d’une introduction un peu bavarde, une conclusion qui prend peut-être légèrement trop son temps alors que toutes les pièces sont misent en place, mais franchement rien de dérangeant. La plume de l’auteur se révèle riche, fine et soignée avec un aspect visuel fascinant qui plonge le lecteur dans ce monde. Au final un premier roman que j’ai trouvé clairement réussi et qui me donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Boudicca, …

Il Etait une Fois en France Tome 5, Le Petit Juge de Melun & Tome 6, La Terre Promise – Nury & Vallée

il etait une fois en france 5Résumé : Il Etait Une Fois en France conte l’histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. C’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le Roi de Paris, par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. Monsieur Joseph se confie sur son lit de mort aux côtés de Lucie Fer, celle qui fut sa plus fidèle compagne.
Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l’occupation un appartement en plein cœur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, Joseph reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne.

Edition : Glénat

 

Mon Avis : Je continue et termine ma découverte de ce cycle avec, justement, la lecture des deux derniers tomes. Les quatre premiers volumes avaient permis de dresser le portrait de Joseph Joanovici, personnage ambigu, qui a tout fait pour tenter de survivre pendant la seconde guerre mondiale au point de parfois s’allier avec tout le monde en espérant s’en sortir (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3 & 4). Mais la guerre est maintenant finie et j’avais hâte de savoir ce qui allait lui arriver, savoir comment il allait tenter de s’en sortir.

Ce tome va se révéler complètement différent des autres, en effet on suit ici comme personnage principal non plus Joseph, qui est devenu un riche industriel aux appuis hiérarchiques importants, mais plutôt un petit juge de Melun qui a été mandaté par une certaine Madame Schaff de dévoiler la vérité sur le meurtre de son fils considéré comme un traitre à la nation. On se retrouve donc ainsi dans une confrontation entre le juge et le ferrailleur, une enquête qui va se révéler pleine de rythme, de violence et de corruption, où la tension va monter lentement au fil des pages pour happer le lecteur. On sent bien que le juge n’est pas homme à lâcher l’affaire facilement même si pour cela il risque de perdre plus qu’il ne peut gagner. Un tome haletant, qui se révèle rempli de surprises et de rebondissements bien maîtrisés par les auteurs, mais qui surtout sonne le déclin du héros.

La grande force de ce tome vient aussi principalement de la façon dont les auteurs traitent de cette période d’après-guerre où tout est flou et personne n’est tout blanc ou tout noir, où certaines personnes aux passés pas toujours reluisants ont atteints des postes hauts-gradés. On se retrouve dans un pays en pleine reconstruction, qui est obligé de faire par moment des concessions pas toujours glorieuses pour essayer de maintenir un pouvoir efficace, cohérent et où il est parfois difficile de connaitre la vérité et de juger les coupables. Au final un visage pas toujours glorieux mais souvent juste, d’une période trouble, d’un pays qui cherche à panser ses plaies et à commencer à oublier. Mais voilà, l’oubli doit-il passer par le fait d’enterrer parfois la vérité et d’oublier que certains ont parfois dépassés les limites? Certaines personnes s’y refusent en tout cas.

Les personnages continuent à s’enrichir, à se densifier au fil des tomes, mais surtout le changement de point de vue permet de mieux les appréhender dans l’ensemble. Le fait de suivre le juge permet, d’une, de mieux comprendre son combat et son besoin de quête de la vérité et, deuxièmement, d’avoir une vision différente de Joseph Joanovici, un peu plus sombre, plus froide et plus calculatrice. Certes on retrouve toujours cette ambiguïté d’un homme qui a toujours tout fait pour s’en sortir, se sauver et sauver sa famille, mais on se rend compte, ici, qu’il est aussi, par la même occasion, devenu quelqu’un qui en a profité pleinement et aussi l’un des protagonistes les plus influent dans la ville de Paris. Un duel alambiqué et complexe qui va peu à peu amener sont lot de souffrances, qui va forcer les uns et les autres à réagir et à prendre des décisions pas toujours faciles.

 

il etait une fois en france 6Editeur : Glénat

 

 

 

 

 

Mon Avis : Le dernier volet de la vie de Joseph Joanovici se révèle être celui de la déchéance et de la chute où le héros va se retrouver acculer et va tout perdre, que ce soit aussi bien du point de vue des affaires que du point de vue affectif. Le petit juge de Melun ne laisse rien lâcher et rend coup pour coup ; mais à quel prix? Peut-on vraiment faire tomber un homme ayant tant de pouvoir sans se salir les mains. Un tome qui vient clôturer de façon passionnante ce cycle et qui se révèle clairement sombre, entre trahisons, abandons et souffrances. Aucun des personnages ne sortira indemne de ce dernier tome et même l’indéfectible Lucie se trouvera devoir faire des choix pas toujours faciles. La chute était annoncé depuis le début, mais elle se révèle violente et sans concession, tout en restant neutre dans sa narration. En effet la grande force du récit reste que les auteurs ont décidé de présenter la vie de Joseph de façon simple, dans une époque trouble, mais sans jamais juger, laissant ce seul pouvoir au lecteur de faire ses propres choix.

Concernant les personnages ils continuent à évoluer, mais surtout se retrouvent rattrapés par le poids de l’âge, la fin est proche et même s’ils tentent quelque soubresauts pour essayer de mieux survivre ils ont pour la plupart énormément donné et perdu. Entre Joseph qui essaie de simplement finir sa vie, mais ne peut oublier son sens des affaires, et le petit juge ayant quasiment tout perdu qui cherche à terminer sa vendetta personnelle, aucun des personnages ne paraitra en sortir gagnant. On retrouve toujours des protagonistes à la psychologie travaillée qui se révèlent efficaces et prenants. Surtout que pour le pays cette histoire est terminée, tout comme la guerre, il veut tourner la page et chercher à oublier une période sombre ; le ménage a été fait et maintenant il faut passer à autre chose. On se retrouve donc avec une histoire de vendetta qui vire au drame personnel pour se terminer à travers une conclusion, selon moi, réussie et pleine de surprises.

Les graphismes se révèlent toujours aussi réussis, efficaces, entrainants et surtout évoluent en même temps que les personnages qui vieillissent tout en les rendant toujours aussi vivants et attachants à travers leurs émotions, fidèlement retranscrites, leurs expressions et leurs non-dits. Chaque trait, chaque moue possède son importance. L’ensemble se révèle aussi clairement maîtrisé par le dessinateur, avec des décors  et une ambiance qui viennent s’ajouter à la tension qui se dégage au fil des pages. Au final ces deux derniers tomes concluent ce cycle de façon aboutie. Une excellente série intelligente,  pleine d’émotion et de surprise, sur un personnage des plus ambigus et qui nous rappelle que la guerre n’a pas été que blanche ou noire, qu’il a fallu faire des choix et qui soulève la question de savoir ce que le lecteur aurai fait à la place du héros.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec les deux derniers tomes concluant de façon réussie et efficace cette série. La tension monte au fil des pages, la fin de Joseph Joanovici est proche, mais pas là où on le croit, plutôt dans les mains d’un petit juge de Melun. Entre violence et trahisons les deux hommes vont tout donner, selon leurs idéaux, pour s’en sortir, le tout dans une France d’après-guerre saisissante qui cherche d’abord à se reconstruire, même si cela doit passer par des compromis, avant de tenter de tourner la page et d’oublier pour mieux avancer. Les personnages sont toujours aussi denses et le changement de narration permet ainsi de, parfois, mieux comprendre certains protagonistes. Les graphismes sont très réussis, que ce soit à travers les émotions des personnages, les décors et les lieux, ou bien encore dans l’ambiance qui se révèle sombre et haletante. Un cycle qui nous permet de découvrir la vie ambigüe de Jospeh Joanovici, en pleine guerre et après, mais qui laisse le lecteur tirer lui-même les conclusions des décisions que le héros prend et surtout de se poser la question de savoir ce qu’il aurait fait à sa place.

 

Ma Note : 8,5/10

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