Auteur/autrice : BlackWolf Page 102 of 202

Un Eclat de Givre – Estelle Faye

un eclat de givreRésumé : Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un désert stérile, où seules quelques capitales ont survécu. Dont Paris.
Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.
Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

Edition : Les Moutons Electrique

 

Mon Avis : Il y a quelques jours je terminais Porcelaine d’Estelle Faye, roman qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, le tout porté par une plume que je trouvais clairement intéressante et poétique (ma chronique ici). Donc quand j’ai vu que le nouveau livre de l’auteur était disponible en avant-première aux Imaginales j’ai été rapidement tenté de le faire entrer dans ma PAL, surtout que la couverture, illustrée par Aurélien Police, est sublime. Il faut aussi ajouter à cela un quatrième de couverture qui se révélait intrigant et accrocheur, allant à l’opposé de ce que proposait Porcelaine, puisque ce roman est plus un roman de SF post-apocalyptique, et qui a fini de me convaincre.

Et j’avoue, je ressors en étant agréablement surprise de ma lecture. Alors certes, l’histoire en soi n’a rien de grandement révolutionnaire avec son héros solitaire qui oscille entre la légalité et l’illégalité pour tenter de survivre et gagner sa vie, qui se retrouve au milieu d’une mission qui va le dépasser, mais elle se révèle vraiment solide. En effet l’auteur nous offre une intrigue qui se révèle clairement entrainante et haletante, le tout sans temps mort, tout en gardant un aspect descriptif qui est très intéressant. On se laisse alors happer par les aventures et, surtout, les mésaventures, que va rencontrer Chet, le héros. Chaque chapitre apporte ainsi sont lot de rebondissements et de surprises qui font que le lecteur tourne les pages facilement pour essayer d’en apprendre plus sur cette mission qui, pourtant démarrait simplement, mais se révèle être finalement un complot beaucoup plus complexe qui pourrait menacer la ville entière. Dans l’ensemble une intrigue efficace et agréable.

Mais voilà, là où l’auteur arrive à faire passer un palier à son récit et le rendre plus fascinant c’est déjà, premièrement, par l’univers qu’elle développe. En effet le Paris post-apo qu’elle nous dévoile au fil des pages se révèle absolument fascinant et enchanteur par son mixe de technologie et de nature. Mélange de beauté et d’aspect sauvage, on découvre un monde qui, à force de pomper toutes les énergies, a connu la guerre et les populations ont dû alors se regrouper dans des capitales de plus en plus surpeuplées. Des villes qui d’ailleurs redécouvrent, d’une certaine façon, le partage même si les clans sont toujours présents. Chaque quartier se révèle alors avoir sa propre particularité, sa propre féérie, sa propre magie et j’avoue avoir été emporté dès les premiers instants du récit par ce monde, palpable, qui ne demande qu’à être découvert. Attention tout n’est pas non plus roses, Paris possède aussi ses zones d’ombres, ses galeries des monstres, à la fois attirants et effrayants. Un mélange clair-obscur qui se marie de façon captivante avec les quartiers justement utilisés par l’auteur. Une véritable fascination pour Paris qui en devient une ville magique qui colle parfaitement à l’histoire.

L’auteur nous dévoile aussi, comme dans Porcelaine, sa passion pour l’art et, après avoir découvert le monde du théâtre chinois, ici elle amène le lecteur à découvrir le monde du jazz et des cabarets. Un milieu à la fois lumineux, de strass et de paillette, libre, mais qui possède aussi ses mauvais côtés. Mais surtout on y trouve une musicalité qui se ressent à l’oreille, que l’auteur nous partage à travers ses mots, et qui se révèle vibrante pour peu qu’on apprécie un minimum le jazz. Autres aspect récurrent ce sont les contes, certes beaucoup moins présent que dans son précédent roman, mais à travers des clins d’œil et des petites histoires on y retrouve un peu cette magie du conte. Au final un univers à la fois sombre et flamboyant qui donne envie.

Autre point fort c’est le travail de l’auteur sur les personnages, ou plus principalement sur Chet, héros ambigu, bisexuel qui chante déguisé en fille et qui offre une véritable réflexion sur la sexualité et la liberté surtout en ce moment. Son côté un  peu androgyne lui offre ainsi une palette très vaste et intéressante à découvrir. Un personnage à la fois attachant et fascinant que ce soit aussi bien à travers ses forces comme ses failles, sa sensibilité et qui par son charisme, sa différence, sa timidité et son côté solitaire ne manque pas d’intérêt et se révèle nettement accrocheur. Un héros à la fois séduisant et prenant, même s’il tombe quand même légèrement dans le syndrome que j’appelle « super-héros » qui fait qu’il continue toujours à se relever et à se battre malgré tous les coups et toutes les blessures qu’il encaisse. Le problème vient que, d’avoir un tel personnage, complexe et riche, cela donne un peu l’impression que les autres protagonistes qui gravitent autour sont un peu moins travaillés, voir même certains ne servent qu’à véhiculer des indices. Cela ne dérange en rien la lecture ou l’immersion dans le récit, mais je trouve parfois cela frustrant de manquer d’informations sur certains personnages secondaires, surtout quand ils paraissent posséder un certain potentiel.

Je trouve juste légèrement dommage, selon moi, une certaine baisse de régime vers le milieu du livre, dû un peu à une répétition d’une fuite en avant du héros devant l’ampleur de sa mission. Certes cela permet aussi de souffler un peu, mais je l’ai trouvé légèrement trop longue. Ensuite, je reproche aussi l’auteur d’amener certaines révélations ou encore certains aspects futuristes de façon un peu trop brusque, comme si cela devait être logique pour le lecteur alors que ça ne l’est pas obligatoirement. Je pense par exemple aux enfants qui apparaissent un peu comme par magie pour débloquer une situation qui paraissait amener à une impasse. Dans l’ensemble ce ne sont que de petits points qui ne dérangent en rien la qualité du récit, mais qui se révèlent parfois légèrement frustrants.

La plume de l’auteur se révèle franchement entrainante et possède surtout une certaine poésie, une certaine mélancolie, une certaine magie qui lui permet clairement de se différencier des romans post-apo plus énergiques, tout en conservant une certaine dose d’action. Elle a de nouveau réussi à me toucher à travers son univers qui est superbe et son personnage principal qui se révèle attachant et humain. Au final je ne suis pas déçu de ma lecture, un roman complètement différent de ce que propose Porcelaine, mais qui se révèle réussi et efficace. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le nouveau roman d’Estelle Faye. Certes l’histoire en soi se révèle classique dans son intrigue et sa façon de se dérouler, mais ça ne l’empêche pas d’être solide et intéressante. Mais là où l’auteur a clairement réussi à m’emporter c’est par son univers, à la fois par la construction clanique de la ville de Paris ainsi que ses descriptions, mais aussi par sa plongée dans le monde artistique et du Jazz ou encore dans son univers post-apocalyptique sombre, sauvage et aussi lumineux et poétique. Le personnage de Chet, à la fois ambigu et charismatique, se révèle extrêmement attachant à travers ses forces et ses faiblesses, mais éclipse un peu les autres personnages, ce qui est parfois un peu dommage tant certains ont du potentiel. Je regrette juste une petite baisse de régime vers le milieu du livre, ainsi que certains éléments qui m’ont paru parfois mal amenés, mais franchement rien de gênant tant l’œuvre globale possède une certaine magie. J’ai de nouveau été emporté par la plume de l’auteur toujours aussi entrainante, mélancolique et soignée qui m’a facilement happée. Au final un roman complètement différent de Porcelaine, plus sombre aussi, mais intéressant. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain Détective Privé Tome 3, Confessions d’un Elfe Fumeur de Lotus – Raphaël Albert

confessions d'un elfe fumeur de lotusRésumé : À Panam, le Paris à la fois steampunk et fantasy imaginé par Raphaël Albert, Sylvo Sylvain, le fameux elfe détective privé, est en proie au spleen. Dans une fumerie de lotus, hébété, allongé sur une natte usée, de pipe en pipe, il se perd dans les souvenirs de son enfance…
La Grande Forêt des Elfes se déploie, cruelle et merveilleuse et, dans la fumée épaisse du lotus, l’existence féérique de son peuple reprend vie. L’avenir, croyait Sylvo à cette époque, était tracé comme la hampe d’une flèche : il serait le prochain champion de la Grande Forêt.
Mais le sort prendra une toute autre tournure. Face à son destin, Sylvo deviendra son pire ennemi…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : La sortie de ce troisième tome je l’attendais avec impatience depuis maintenant un peu plus de deux ans. Il faut dire que les deux premiers tomes m’avaient offert de très bons moments de lecture, pleins de rebondissements et de surprises avec des personnages hauts en couleurs et complexes (ma chronique Tome 1, Tome 2). J’avais donc hâte de savoir ce qu’allait proposer la suite, surtout qu’elle s’annonçait complètement différente. Donc, quand j’ai vu qu’il était disponible en avant première aux Imaginales, il a tout naturellement rapidement rejoint ma PAL. À noter aussi la couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve vraiment magnifique avec son côté un peu éthérée.

Alors attention, comme je l’ai dit, ce troisième tome est complètement différent des deux précédents, point d’intrigue policière ou d’enquête, on laisse aussi de côté Panam et ses intrigues. En effet ce tome va se révéler beaucoup plus intimiste et va surtout nous permettre de découvrir le passé du héros principal, de savoir enfin ce qui l’a poussé à quitter sa forêt et aussi d’en apprendre plus sur sa fameuse relation avec Fraxinelle.  Donc ici pas vraiment d’action effrénée, ni de rythme trépidant, mais plutôt une histoire plus calme, plus personnelle, plus profonde, un kaléidoscope de souvenirs que nous livre le héros sur sa vie au travers de ses rêves opiacés présenté un peu comme un conte. Ce qui n’empêche pas ce tome de se révéler vraiment fascinant, magique et entrainant. Je me suis vraiment retrouvé emporter par la vie de Sylvo, que j’ai eu du mal à lâcher le livre, tournant les pages pour essayer de mieux le comprendre, le découvrir.

C’est surtout la capacité de l’auteur à nous immerger dans la vie de l’elfe que j’ai trouvé fascinante . On le découvre de la naissance, jusqu’au moment où il quitte la forêt découvrant ainsi les grands moments de sa vie, ses joies, ses pertes, ses amours, ses rencontres, tout ce qui a fait qu’il est Sylvo. Une certaine innocence se dégage de cette histoire qui, au fil des pages, va commencer à dévoiler les blessures et les faiblesses du héros, ses incertitudes, ses peurs, mais aussi ses convictions, ses plaisirs et ses envies ainsi que ce qui va l’amener à trahir et à se trahir lui-même. On découvre un héros profondément attaché à la forêt, à ses traditions et à sa survie dans un monde en perdition et qui va, pas les épreuves qu’il va rencontrer se mettre à douter. L’ensemble se révèle vraiment cohérent et possède une certaine magie et aussi une certaine mélancolie, surtout que le lecteur sait qu’à un moment tout va basculer. Le héros s’offre aussi quelques apartés sur sa vie qui se déroule devant ses yeux où on y retrouve un peu le cynisme désabusé du personnage qu’on a connu dans les deux premiers tomes se jugeant lui-même. L’auteur nous offre donc une histoire qui se révèle profondément humaine, pleine de sentiments et d’émotions, mais aussi de fêlures et de douleurs, un voyage initiatique dans le passé et la vie du héros dont le lecteur en sort à la fois emporté et sensibilisé.

Autres aspect vraiment fascinant c’est l’univers que tisse l’auteur, nous dévoilant le monde des elfes. Alors certes dans l’ensemble on retrouve ce qu’on connait déjà sur eux et leurs traditions, mais il arrive vraiment à rendre l’ensemble fascinant, logique et entrainant. On découvre ainsi un peuple profondément lié à la nature et à tout ce qui l’entoure, lié par la naissance, mais aussi par un aspect musical que j’ai trouvé vraiment original et intéressant. C’est une véritable ode à la nature, à sa beauté, à sa fraicheur et sa vitalité que nous offre l’auteur et dont le lecteur, s’il se laisse aller, se trouve touché, absorbé.  On découvre une forêt qui vie en autarcie mais qui, pour continuer à vivre en paix, doit payer un tribut tous les dix ans aux humains. Mais voilà on se rend compte aussi que les naissances diminuent au sein de la communauté, que les Humains empiètent un peu plus chaque jour et que la forêt perd doucement de son rythme face aux attaques. On se rend compte aussi que les Elfes ont des ennemis bien plus puissants que sont les ombres, même si je trouve qu’ils sont peut-être sous-utilisés ici. On apprend aussi que la haine entre les humains et les elfes est très présente et repose principalement sur des incompréhensions et une guerre ancienne. C’est ainsi avec fascination que l’auteur dévoile tout un peuple à travers sa vie, ses mœurs, ses traditions, ses mythes. Un univers à la fois mystérieux, féérique et magique qui m’a vraiment emporté tout au long du récit et qui m’a donné envie d’en découvrir plus, d’y habiter.

Concernant les personnages, je ne reviendrais pas sur Sylvo, auquel je me suis vraiment lié du début à la fin, qui se révèle dense et complexe. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, ils se révèlent eux aussi soignés et vraiment efficaces. Chaque personnage à son importance, influençant la vie du héros, lui offrant des moments de joie ou de peine et ayant une grande importance dans la façon dont il évolue et va évoluer. Mais surtout on en apprend plus sur des personnages qu’on a déjà soit croisé, soit entendu les noms, on découvre ainsi le lien entre le détective avec Pixel  ou encore Mélios, mais surtout Fraxinelle, protagoniste haut combien importante dans sa vie et dans sa déchéance. J’ai juste trouvé qu’il y avait par moment beaucoup de personnages, il était parfois légèrement difficile de s’y retrouver, mais rien de non plus vraiment gênant.

Puis arrive cette conclusion, cette terrible révélation que le lecteur attendait, cette action inavouable et inexcusable qu’a réalisé l’elfe et qu’on espérait pouvoir lui pardonner cette faiblesse, mais voilà l’auteur a bien fait les choses de telle sorte que même si on accroche énormément au personnage, on l’apprécie, cette faute est impardonnable et que, d’une certaine façon, il mérite son rejet. Au final il rend ainsi Sylvo humain, avec ses faiblesses, et c’est à lui de montrer qu’il mérite d’être pardonné par ses futurs actes, ce qui me donne encore plus envie de lire la suite.

Concernant la plume de l’auteur j’avoue qu’il nous offre ici une autre facette de son écriture avec un récit beaucoup plus posé, plus poétique, humain et enchanteur avec ses personnages ambigus et ses zones d’ombres, tout en plongeant le lecteur dans un univers à la fois féérique et sublime. Au final un tome, certes différent, à un rythme plus lent et plus posé, mais qui se révèle fascinant, nostalgique et entrainant nous dévoilant le passé tant attendu de Sylvo. Je lirai le quatrième et dernier tome avec grand plaisir pour retrouve aussi Panam et tout ce qui reste en suspend.

Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui se révèle différent des précédents, l’aspect enquêtes laissant la place à une histoire plus intimiste et mélancolique, dévoilant la vie de Sylvo de sa naissance jusqu’au moment de sa fuite de la forêt. L’histoire se déroule donc à un rythme plus lent, mais se révèle vraiment attachante, poignante et empreinte d’émotion où on découvre un héros avec ses forces et ses faiblesses, jusqu’à cette conclusion où il commet la faute impardonnable qui l’a poussé à l’exil. l’univers construit par l’auteur se révèle vraiment riche, luxuriant et fascinant, offrant une véritable ode à la nature, tout en nous dévoilant une société elfique, certes par certains aspects classique, mais vraiment solide, complexe et soignée. Concernant les personnages qui gravitent autour de Sylvo ils se révèlent vraiment intéressants, attachants et travaillés et on en découvre plus sur Pixel, Mélios et Fraxinelle ; même si par moment on s’y perd un peu devant tous ses protagonistes. La plume de l’auteur s’adapte au récit, se révélant conteuse, pleine de poésie et de richesse et happe le lecteur pour ne plus le lâcher. Je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8,5/10

Mes achats du mois de Mai 2014 et des Imaginales!

Alors, comme souvent avec les Imaginales, je sais que le mois de Mai va se révéler bien rempli en achats. Mais là, franchement, je pense que c’est au-delà du craquage. Je ne trouve pas de mots. C’est bien simple depuis que je liste mes achats ici je n’ai jamais autant acquis de livres en un mois (je parle bien entendu de livres physiques). J’ai décidé de construire cet article en deux phases, mes achats hors festival et mes achats aux Imaginales.

Mai-14(1)Voilà donc ce que j’ai acheté en dehors du festival :

  • L’Homme-Soleil de John Gardner aux éditions Denoël Lunes d’Encre. La couverture, plus le fait que j’avais passé un excellent moment avec Grendel, autre roman de l’auteur, ont fait que ce livre a rejoint ma PAL.
  • Black Rain, S01 E3-4 de Chris Debien aux éditions Flammarion. Après un premier tome entrainant et sans temps morts je me suis rapidement laissé tenter par la suite.
  • Cent Visages de Thomas Geha aux éditions Rageot. Livre déjà lu et dont vous pouvez retrouver ma chronique ici.
  • L’Opéra de Shaya de Sylvie Lainé aux éditions Actu SF. J’ai été fasciné par la couverture de ce roman, je l’ai donc fait rentrer dans ma bibliothèque.

Maintenant passons à mes achats durant les 4 jours des Imaginales :

Mai-14(2)

  • L’Anneau Monde, L’Intégrale de Larry Niven aux éditions Mnémos. J’ai lu le premier roman L’Anneau Monde, il y a un bon moment déjà, que j’avais bien aimé, mais sans jamais lire la suite. Vu la magnifique intégrale, elle a rapidement rejoint ma PAL.
  • Les Extraordinaires & Fantastiques Enquêtes de Sylvio Sylvain Détective Privé Tome 3, Confessions d’un Elfe Fumeur de Lotus de Raphaël Albert aux éditions Mnémos. Trois ans que j’attendais cette suite et la voilà enfin. D’ailleurs je suis déjà plongé dedans.
  • Bardes et Sirènes anthologie dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust aux éditions Mnémos.Comme tous les ans je repars avec l’anthologie qui sera lue en LC avec Snow et Marie Juliet.
  • Mémoire des Terres Mortes de Claire & Robert Belmas aux éditions Rivière Blanche. J’ai été attiré par la couverture de ce livre et, après discussion avec l’auteur, je l’ai fais entrer dans ma PAL.
  • Le Goût des Cendres de Maëlig Duval aux éditions Du Riez. Ce livre me tentait bien, un résumé intéressant, une très jolie couv et après discussion avec l’auteur il est entré dans ma bibliothèque.
  • Dernières Nouvelles de Majipoor de Robert Silverberg aux éditions ActuSF. Majipoor est un cycle qui me tente bien de découvrir et quoi de mieux que commencer par ce dernier recueil de nouvelles publié qui, normalement, peut être lu indépendamment.
  • Je suis ton Ombre de Morgane Caussarieu aux éditions Mnémos. Après avoir bien aimé son livre sur les vampires Dans les Veines, j’ai décidé de me laisser tenter par le dernier roman de l’auteur.
  • Le Bâtard de Kosigan, L’Ombre du Pouvoir de Fabien Cerutti aux éditions Mnémos. Ce roman me tentait bien, surtout après avoir vu plusieurs chroniques positives. Vu que l’auteur était présent aux Imaginales je me suis laissé tenté.
  • Fictions, numéro 19 aux éditions Les Moutons Électriques. Je me suis facilement laissé tenter par le dernier numéro de ce magazine au sommaire vraiment intrigant.
  • Un Éclat de Givre d’Estelle Faye aux éditions Les Moutons Électriques. Après avoir passé un excellent moment avec Porcelaine, je me suis facilement laissé tenter par le dernier roman de l’auteur.
  • Les Kerns de L’Oubli Tome 1, L’Exil de Feldrik Rivat aux éditions L’Homme Sans Nom. Ce livre est entré dans ma PAL à force d’arguments de l’auteur et d’œillades sournoises et maléfiques de Plumeline.
  • La Quête des Livres-Mondes Tome 1, Le Livre des Âmes de Carina Rozenfeld aux éditions L’Atalante. Un livre qui me tente depuis un moment, malgré le fait que Doregon Tome 1 dort dans ma PAL depuis un certain temps.
  • La Havane Noir aux éditions Asphalte. Je me suis laissé tenter par ce recueil de nouvelles déjà parceque Yoss y a écrit un texte et surtout le résumé me tentait vraiment bien.
  • Contrepoint aux éditions ActuSF. Ce recueil de nouvelles est ofert si on achète deux livres de la maison d’édition.
  • Marouflages de Sylvie Lainé aux éditions ActuSF. Ce livre est entré dans ma PAL après m’avoir été très bien vendu par lors de mon passage sur le stand de l’éditeur.
  • L’Évangile Cannibale de Fabien Clavel aux éditions ActuSF. L’achat de ce livre se résume en quatre mots : Zombies, Papis, Plumeline, Déambulateur.
  • Fugue en ogre mineur aux éditions ActuSF. Un petit recueil qui me tentait depuis un petit moment déjà.
  • Pixel Noir de Jeanne-A Debats aux éditions Syros. Le réumé me tenait énormément et, vu que je n’ai pas encore lu de romans jeunesse de l’auteur, il a donc rejoint ma PAL.
  • Virus aux éditions Griffe d’Encre. Un recueil de nouvelles qui me faisait de l’œil depuis sa sortie, j’ai donc craqué.
  • Interférences de Yoss aux éditions Hélios. J’ai vraiment bien accroché lors de ma lecture de Planète à Louer, je me suis donc laissé tenter par ce livre.
  • Demain une Oasis de Ayerdhal aux éditions Au Diable Vauvert. Comme à chaque festival où je rencontre je continue à complèter ma bibliographie.
  • Zombies aux éditions Griffe d’Encre. Comme l’anthologie Virus du même éditeur, un recueil qui me tentait bien sur les Zombies.
  • Fées, Weed & Guillotines de Karim Berrouka aux éditions ActuSF. Je me suis laissé tenter par ce livre après avoir découvert les héros complètement barré du roman dans l’anthologie Lancelot.

Pour ceux qui se sont amusés à compter, oui, vous ne vous trompez pas il y a bien 27 nouvelles entrées dans ma PAL. Je pense que cet été je vais rester sobre. En tout cas que de bonnes lectures en perspectives et beaucoup me « supplient » déjà de les lire.

Cent Visages – Thomas Geha

cent visagesRésumé : 2025, aux environs d’Évry. Adolescent, Gregor appartient à la frange marginalisée de la population. Alors qu’il pénètre dans un entrepôt en quête de nourriture, il surprend le criminel Cent Visages et est agressé par un inconnu qui lui injecte un produit dans le bras. Gregor s’échappe grâce à une clandestine qui lutte contre le pouvoir autoritaire en place et l’entraîne à Paris chez les militants de la Capucine. Mais ne cherchent-ils pas à l’instrumentaliser ? Et quels liens les relient à Cent Visages ?

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous avez dû vous rendre compte que j’apprécie énormément les écrits de Thoma Geha qui a toujours su m’emporter par des récit entrainants, efficaces et souvent sans temps morts. Ce n’est donc pas une surprise si le dernier roman de l’auteur a rejoint ma PAL il y a peu, surtout que le quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire haletante et pleine de péripéties, tout en espérant que l’aspect jeunesse ne soit pas trop bloquant. À noter une couverture assez intrigante avec ce visage masqué qui donne envie d’en apprendre un peu plus. Pour information concernant le blog il s’agit de mon 600ème article et, pour être précis, ma 530ème chronique.

Thomas Geha nous plonge ici dans un roman jeunesse mélange, de Thriller et de Science-Fiction, qui nous fait suivre la course poursuite de Grégor, jeune réfrac, rejeté par la société, après avoir croisé le chemin du plus grand criminel : Cent Visages. À partir de là tout va s’enchaîner et la vie du héros va se retrouver complètement chambouler. Une chose est sûr c’est que dès la première page le lecteur se retrouve complètement happé, embarqué, captivé et se met à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. En effet l’auteur nous offre une histoire qui se révèle explosive, haletante, sans temps morts où il maîtrise à la perfection l’art de la surprise et du rebondissement pour ne jamais ennuyer où perdre le lecteur. Entre survie, complots, jeux de pouvoir et courses-poursuites explosives, on sent bien qu’il contrôle parfaitement son intrigue, jouant aussi avec le lecteur à travers des fausses pistes ou des retournements de situations qui viennent remettre en cause sa vision de l’histoire. Rien n’est laissé au hasard.

Concernant l’univers, l’auteur nous offre clairement un monde futuriste loin d’être rose et pourtant terriblement réaliste, surtout avec un fort aspect social qui devrait faire réfléchir plus d’un lecteur. Entre le rejet de certaines minorités, l’obligation d’accepter la biométrie sous peine d’être banni ou bien encore l’importance du vote, l’auteur brasse énormément d’idées de façon efficace, facile d’accès et qui font forcément un rappel à notre monde actuel. Un univers choc et vraiment efficace où les dérives politiques ont créé un clivage entre les populations les plus aisées qui continuent à s’enrichir et les autres complètement à la marge et invisibles qui doivent subir sans que jamais personne ne s’interroge vu que, légalement, ils n’existent pas. L’ensemble est aussi bien porté par l’aspect futuriste qui nous offre énormément de nouvelles inventions technologiques tel que les ordinateurs holographiques, les nanotechnologies, les clés usb à reconnaissances tactiles etc… Un univers qui possède une certaine densité et une certaine richesse même si, roman court oblige, j’aurai aimé en apprendre plus sur certains aspects, principalement politiques, dont le sujet est parfois juste survolé; des questions restant en suspend. Je reprocherai par contre peut-être juste certaines technologies un peu trop « pratiques » et qui aident un peu trop parfaitement nos héros.

Concernant les personnages l’auteur nous offre un panel de protagonistes qui sont loin d’être caricaturaux, se révélant même régulièrement complexes. Ils se révèlent tous soignés et travaillés et surtout nous entraînent de façon prenante et visuelles dans leurs péripéties. Entre Grégor qui ne cherchait qu’à survivre tranquillement avec sa mère adoptive et qui va se retrouver mêler à quelque chose qui le dépasse complètement, mais qui, pourtant, va tout faire pour s’en sortir, ou encore Koudelc pour qui la vengeance contre Cent Visages est son seul objectif et elle fera tout pour l’obtenir ou bien aussi Cent Visages, justement, criminel énigmatique qui porte un masque et dont les actions amènent énormément de questions. À noter d’ailleurs le jeu de mot qu’on retrouve de temps en temps justement sur « cent » (« sans ») visages qui est lié aussi, selon moi, une réflexion sur l’identité de chacun. Les différents personnages sont loin d’être manichéens mettant parfois facilement en avant leurs envies personnelles et leurs jeux de pouvoirs sans se soucier de la situation et des autres, ce qui les rend intéressants et surtout légèrement complexes à juger.

Alors après, j’avoue, j’ai trouvé quelques défauts ici ou là. Si on oublie le côté jeunesse qui fait que certaines révélations se révèlent trop simplistes et certaines rencontres un peu trop faciles, j’avoue j’ai surtout quelques regrets concernant la conclusion. Elle se révèle trop rapide, avec son Deus Ex Machina un peu trop flagrant et aussi peut-être un peu trop bavarde à mon goût. Attention, elle n’est pas non plus mauvaise, collant parfaitement à cet aspect nerveux et entrainant présent depuis le début du livre, mais voilà une fois la dernière page tournée j’étais tout de même légèrement frustré, car j’attendais peut-être un peu plus. Malgré cela j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et ne suis pas déçu de ce roman.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, fluide et dynamique venant vraiment happer le lecteur pour ne plus le lâcher. Surtout, comme je l’ai dit, il plonge littéralement jeunes et moins jeunes dans un univers qui ne peut que faire réfléchir et réagir, tout en maintenant en alerte le lecteur à coup d’explosion et de scènes d’action. Au final j’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman, malgré certes une conclusion qui ne m’a pas totalement accrochée, et c’est de nouveau sans soucis et avec grand plaisir que je me lancerai dans la lecture d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une histoire haletante, sans temps morts et rempli d’explosion et de courses-poursuites. L’auteur maîtrise parfaitement bien ses surprises et ses rebondissements ce qui fait que le lecteur se retrouve rapidement happé par le livre pour ne plus le lâcher. Mais surtout l’auteur nous offre aussi un univers SF vraiment efficace et qui pousse énormément à la réflexion, aussi bien les jeunes que les moins jeunes, que ce soit sur l’identité, la politique, le rejet des autres, le clivage des communautés etc… Un univers choc vraiment réussi même si certaines inventions favorisent un peu trop nos héros je trouve. Concernant les personnages ils se révèlent vraiment complexes, soignés et surtout évitent tout manichéisme mettant en avant des héros face à des décisions compliquées et pas toujours à l’avantage de la situation, ce qui les rend vraiment intéressants. Mon seul regret concernant ce récit vient de la conclusion que je trouve un peu trop rapide, bavarde et repose sur un Deus Ex Machina un peu trop flagrant. Mais franchement rien de non plus gênant tant j’ai été pris par le récit bien porté par une plume simple, dynamique et entrainante. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Phooka, etc…

Dresseur de Fantômes – Camille Brissot

dresseur de fantomesRésumé : Le monde avait été redessiné par une série de catastrophes climatiques, les courants marins et les vents modifiés. Les anciennes cartes devenues obsolètes, les aventuriers pouvaient renaître… Pendant des années, Théophras et Valentine ont parcouru le monde pour le compte de riches employeurs, à la recherche de trésors et de pièces rares. Jusqu’au jour où Valentine est empoisonnée par le mystérieux Collectionneur, son meilleur client. Réduite à l’état de fantôme, elle devient invisible aux yeux de tous… sauf de Théophras. Aidés par le capitaine Peck, propriétaire du plus grand bateau à aubes du monde, et par la troupe du célèbre AeroCircus, flottille hétéroclite de ballons et de dirigeables, les deux amants se lancent aux trousses de l’assassin de Valentine. D’une quête de vérité à la vengeance, il n’y a qu’un pas.
Le franchiront-ils ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : J’avoue ce livre est rentré dans ma PAL un peu par hasard. Lors d’une de mes visites en librairie je suis tombé devant la couverture, illustrée par Philippe Jozelon, que j’ai trouvé attirante malgré le fait que je trouve le visage du personnage un peu trop présent au premier plan. Après lecture du quatrième de couverture, qui laissait entendre une histoire de vengeance avec fantômes et un monde post-apocalyptique complètement changé et redessiné, j’ai rapidement été intrigué et tenté. J’ai eu alors la chance de me faire offrir ce livre par la Marmotte. Il m’intriguait d’ailleurs tellement que je l’ai rapidement fait sortir de ma PAL pour le lire.

Pourtant, une fois la dernière page tournée j’avoue que je ressors avec un sentiment plutôt mitigé. Pas que le livre soit mauvais je trouve, juste que la façon dont l’auteur le traite ne correspondait pas vraiment à toutes mes attentes. L’histoire en soi reste classique, mais ne manque pas de charme avec cette jeune aventurière tuée qui se retrouve en fantôme et rejoint son mari pour tenter de se venger. Les deux premiers chapitres mettent clairement dans l’ambiance, et l’ensemble se lit au final assez facilement tant les différentes aventures et péripéties, ainsi que les rencontres que font les héros se révèlent un minimum attrayante et bien menés.

Mais voilà si je me base sur l’histoire seule elle se révèle clairement sans surprise et surtout avance parfois un peu trop facilement. Mis à part peut-être une révélation que je n’ai pas vue du tout venir, et une belle révélation je l’avoue, l’ensemble se révèle très linéaire et on devine très rapidement la conclusion. Autre aspect qui m’a dérangé c’est que l’auteur se consacre principalement et la majorité du temps sur ses personnages ce qui fait qu’il m’a paru manquer des clés pour vraiment appréhender ce monde dans sa globalité. Je pense que c’est un choix de l’auteur et les lecteurs qui cherchent une histoire un peu intimiste devrait s’y retrouver, mais ceux qui comme moi veulent aussi un minimum de background et de densité de fond risquent de se sentir frustrés.

Comme je le dis, les personnages sont un des points les plus intéressants de ce roman, l’auteur mettant clairement en avant ce couple séparé par la mort, qui fait un peu penser au film Ghost, mais aussi leurs liens d’amitié forts. On s’attache assez facilement à eux à travers leurs souffrances et toutes les conséquences qu’impose le fait que Valentine soit un fantôme, que ce soit aussi bien pour Théophras qui se retrouve à vivre un amour clairement impossible sans aucune possibilité de sentir ou de toucher sa femme, mais aussi pour elle qui voit le monde évoluer autour d’elle et sent bien qu’elle ne possèdera plus jamais rien dans ce monde éthéré qui est maintenant le sien ; même si une ou deux fois l’auteur tombe un peu trop dans le sentimental. Les différents personnages secondaires que rencontrent les héros se révèlent assez intéressants même si, court roman oblige, je trouve qu’ils se dévoilent un peu trop rapidement et manquent parfois d’un peu de profondeur alors qu’il y avait matière à faire plus. Quelques personnages sortent quand même du lot, je pense à Tom ou Peck, tandis qu’un sentiment de trop peu se fait ressentir avec des personnages comme Wicapi Wacan ou encore certains du cirque ce que j’ai trouvé dommage. Par contre ils se révèlent tous assez manichéens, avec les gentils d’un côté, les méchants de l’autre.

Concernant l’univers, c’est un peu le point qui m’a le plus dérangé. On y retrouve énormément d’idées qui paraissent intéressantes et intrigantes, à travers ce monde complètement chamboulé suite à ces modifications électromagnétiques, mais voilà elles ne restent que surfaites. On a l’impression que l’auteur se sert de son univers comme d’une simple image de fond sans jamais vraiment le travailler ou bien expliquer certains points dont on ne sait rien du début à la fin. C’est dommage car visuellement il y a énormément de potentiel et surtout un univers dont on sent que l’auteur maîtrise pas mal de classiques, offrant ainsi un vernis très rétro-futuriste qui fait parfois penser à Jules Verne, tout en offrant un aspect social parfois assez misérable, un peu comme le proposait certains auteurs Anglais, et le tout teinté de Nouvelle-Orléans avec des Bateaux à roues à aubes. L’auteur nous fait clairement vraiment voyager de la France à Haïti ou encore l’Allemagne en passant par l’Amérique. Et c’est ce que je trouve qui me frustre le plus, comme si l’auteur avait plein d’idées et plein d’envies mais qu’elle ne les développait jamais à fond. Après, cela vient aussi de moi, j’aime les univers un minimum denses, expliqués et cohérents. Concernant l’aspect fantôme je trouve l’évolution trop rapide, passant facilement de l’ectoplasme qui ne peut rien faire à la revenante avec de nombreux pouvoirs servant un peu trop l’intrigue.

La plume de l’auteur se révèle, je trouve, touchante par son travail sur les personnages et leurs sentiments, mais voilà dans son aspect poétique elle s’embrouille parfois légèrement dans ses explications, comme par exemple ses rails de train qui se sont adaptés aux modifications géographiques dont on ne comprend pas si c’est le rail qui a bougé de lui-même, ou si c’est l’Homme qui a adapté son trajet. Alors rien de bien gênant non plus, car je trouve qu’il y a une certaine qualité dans le style de l’auteur qui, je pense, devrait toucher plus d’un lecteur, mais une ou deux fois cela m’a fait tiquer. Au final je suis plutôt mitigé sur le livre qui me parait clairement posséder énormément de potentiel, mais dont mes attentes n’ont été qu’en parti comblé, l’auteur préférant jouer sur l’émotion là où j’attendais aussi quelque chose de plus dense avec un véritable univers construit et des réflexions un peu plus poussées.

En Résumé : Finalement, j’avoue que je ressors avec une impression mitigé de ma lecture de ce roman. L’auteur nous offre une histoire de vengeance dans un monde post-apocalyptique qui, aux premiers abords parait intéressant, le tout avec énormément de potentiel et l’ensemble se lit d’ailleurs assez facilement, mais j’ai trouvé que ça manquait de profondeur sur certains aspects. L’auteur, en fait, met clairement l’accent sur les personnages et leurs interactions aux dépend parfois du reste, ce qui fait que les héros, même s’ils sont assez manichéens et parfois tombent un peu dans le sentimentalisme, se révèlent attachants et vraiment entrainants, en proie aux doutes et aux souffrances. Mais voilà l’univers que dessine l’auteur, selon moi, en pâti alors qu’il avait un potentiel énorme. C’est un choix que l’auteur a fait et que je comprends, mais qui ne correspondait finalement pas à mes attentes de lecture de ce court roman. La plume de l’auteur ne manque pas de charme, se révélant par certains aspects poétiques, même si par moment elle manque un peu d’explications ce qui peut embrouiller le lecteur. Un roman dont je ressors au final avec un sentiment partagé, qui devrait plaire aux lecteurs qui cherchent quelque chose d’intimiste, de sensible et centré sur les personnages là où, moi, j’espérais quelque chose de plus complet.

 

Ma Note : 5/10

Porcelaine, Légende du Tigre et de la Tisseuse – Estelle Faye

porcelaineRésumé : Chine, vers l’an 200.
Xiao Chen est un comédien errant, jeté sur les routes par un dieu vengeur. Un masque à forme humaine dissimule son faciès de tigre, tandis que son coeur est de porcelaine fêlée. Son voyage va durer plus de mille ans.
Au cours de son périple, il rencontrera Li Mei, une jeune tisseuse, la Belle qui verra en lui plus qu’une Bête. Celle qui, sans doute, saura lui rendre son coeur de chair. Cependant Brume de Rivière, fille-fée jalouse et manipulatrice, intrigue dans l’ombre contre leur bonheur.
Pendant presque quinze siècles, rivalités et amour s’entrecroisent, tisant une histoire de passion, de tendresse et de sacrifice, sur fond de magie et de théâtre.

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Au moment de sa sortie ce livre m’intéressait fortement, déjà par son aspect conte chinois qui se révélait très tentant, mais aussi par sa couverture, illustrée par Amandine Labarre, que je trouve magnifique et tout en finesse. Pourtant j’ai bien failli ne jamais me lancer dans sa lecture, en effet les retours sur le roman jeunesse de l’auteur, La Dernière Lame, se révélaient plutôt mitigé et m’avait à l’époque bloqué. Vu que depuis plusieurs personnes m’ont plus que fortement conseillé de lire Porcelaine, et vu les différents retours, j’ai décidé de l’emprunter à la Marmotte pour ainsi me faire mon propre avis.

Finalement je suis bien content de m’être lancé dans la lecture de ce roman. L’auteur nous offre ici une histoire en trois actes qui reprend clairement le style des contes chinois. Dès les premières pages je me suis alors retrouvé emporté par la vie de Xiao Chen sur près de 15 siècles, même si le roman finalement ne se concentre que sur le 3ème et le 18ème. Une vie mouvementée pleine de surprises, de péripéties, d’aventures, d’émotion et d’art où il va passer de fils aimé et délaissé, à adolescent rejeté à la tête de Tigre pour finalement trouver sur les routes amis et amour. Et pourtant l’histoire en elle-même n’a rien de non plus révolutionnaire, et même se révèle assez linéaire, mais voilà ce roman a réussi, pas tant en révolutionnant le fond, mais en travaillant sur la forme, pour m’offrir quelque chose qui possède un je ne sais quoi de magique et de féérique. Pour peu qu’on s’intéresse aux contes, aux fées et aux mystères alors on se laisse totalement emporter par ce récit qui mélange de façon vraiment efficace et la réussite en vient justement à l’équilibre des genres, des mythes et des personnages que l’auteur met en place.

Concernant l’univers, ce n’est pas un secret, l’auteur nous plonge en Chine, mais dans une chine mouvante, médiévale, qui évolue en fonction des différents empereurs et des différents changements structurels qui se dessinent en toile de fond. La magie, les dieux et l’envoutement s’étiole au fil des siècles pour laisser place à l’humanité, au concret, au tangible et la Chine monte doucement en puissance. L’ensemble se révèle vraiment magnifique, à travers les descriptions de l’auteur pourtant courtes, arrivant à offrir une atmosphère, une ambiance et un paysage vivant, vibrant, sublime et éclatant. On a vraiment l’impression de se retrouver au milieu de ce pays en plein changement et on n’a pas du tout envie de la quitter. L’auteur offre aussi une réflexion vraiment intéressante sur l’art, et plus principalement sur le théâtre, qui est littéralement la vie de Xiao Chen lui offrant le souffle et le frisson dont il a besoin. L’auteur joue aussi sur les masques, ceux magiques qui transforment le héros en tigre, comme ceux humains face aux différents personnages que l’on peut être. Qui est vraiment Xiao? même lui le cherche. L’auteur nous fait aussi réfléchir sur les petites mains de Chine, ce travailleurs et travailleuses de l’ombre mis en avant par Li Mei la couturière, ou bien encore sur ce besoin d’immortalité qui n’apporte pas toujours ce que l’on souhaite.

Concernant les personnages j’avoue ils se révèlent vraiment saisissants et passionnants mais m’ont aussi, par moment, d’une certaine façon, un peu dérangé. Je m’explique. L’auteur arrive clairement à nous dessiner des héros qui se révèlent attachants, possédant des émotions et qui font des choix intéressants et cohérents avec l’histoire et l’évolution de leurs vies, mais parfois ils se révèlent tellement apathique, à accepter tout ce qui leur arrive sans jamais vraiment broncher qu’on a, de temps en temps, envie de les secouer. Oh rien de gênant, j’ai apprécié chacun des personnages principaux, ils m’ont touchés, mais voilà parfois c’était tout de même légèrement frustrants. Alors, après, je sais bien que je lisais une histoire basée sur les contes, que c’est un peu souvent le cas avec ce genre de personnages, que ça rentre dans leurs codes. Concernant les personnages secondaires ils ne manquent pas d’attraits non plus et se révèlent intéressants. L’auteur a décidé de limiter son nombre de protagonistes, ce qui est une bonne chose et évite de trop se disperser je trouve.

Alors, après il y a quand même quelques points qui m’ont légèrement dérangés. Je pense par exemple à la troisième partie dont j’ai trouvé qu’elle manquait un peu de rythme et tournait parfois, sur certains passages, en longueur. Rien de bloquant ou ennuyeux, juste une légère différence de tempo entre les deux premières parties beaucoup plus vives et vivantes par rapport à la dernière. Ce qui est marrant c’est que, par contradiction, une fois la dernière page tournée j’aurai aimé rester encore dans cet univers, surtout qu’il y a matière à le faire je pense. Ensuite je trouve aussi que certains passages se révèlent parfois légèrement confus. Enfin, concernant la fin je l’ai trouvée sympathique ; je sais que c’est un conte, mais voilà vu la façon dont la fin se présentait j’attendais peut-être autre chose qu’un happy-end. Que de petites remarques qui sont vite balayés tant j’ai finalement été emporté par ce roman du début à la fin.

Il faut aussi dire que la plume de l’auteur se révèle vraiment soignée, poétique et magique ; elle nous transporte véritablement dans cette histoire et m’a complètement touché. Finalement je trouve que Porcelaine porte bien son nom, offrant un fragile équilibre réussi, délicat, ensorcelant et tout en finesse, entre différents thèmes et qui dévoile toute sa beauté au fil des pages que le lecteur tourne avec grand plaisir. Amoureux des contes laissez-vous tenter vous ne devriez pas être déçu, les autres tentez votre chance et vous y trouver une très belle histoire dans un univers coloré et vivant. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman présenté en forme de conte asiatique qui nous plonge dans le destin fascinant, à la fois tragique et émouvant, de Xiao Chen. L’histoire, en trois actes, se révèle entrainante, alternant de façon vraiment efficace aventures, magie et émotions pour le plus grand plaisir des lecteurs. L’univers, développé sur près de 15 siècles offre une vision d’une Chine changeante et pleine de surprises, où la magie s’efface peu à peu au profit du concret et des hommes. Les personnages sont vraiment attachants et entrainants, même si parfois je leur reproche d’être trop attentistes, ce qui donne envie de les secouer. Je regrette juste que la troisième partie manque un peu de rythme et se révèle un peu répétitive, mais par contradiction j’aurai aimé resté plus longtemps dans cet univers, surtout qu’il y a matière pour. Concernant la conclusion en forme de léger « Happy-end », elle se révèle sympathique, mais je l’aurai préféré plus mélancolique je pense. Rien de bien bloquant ou dérangeant de toute façon. Dans tous les cas la plume de l’auteur se révèle vraiment poétique, fluide et entrainante emportant le lecteur dans cette histoire pleine de féérie et de beauté. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Anassete, Cornwall, Vert, Minidou, joyeux-drille, sylphe, etc…

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