Auteur/autrice : BlackWolf Page 103 of 202

La Campagne des Ombres Livre 1, Les Mille Noms – Django Wexler

la campagnes des ombres 1 les mille nomsRésumé : Sous le terrible soleil du désert, la province de Khandar s’est révoltée, emportée par le fanatisme d’une secte mystérieuse. La garnison impériale a été balayée et les survivants démoralisés se sont réfugiés dans un bastion aux portes du désert en attendant les renforts.
Mais derrière cette révolte, une force antique manipule les événements et seuls le courage et la loyauté de deux soldats semblent encore pouvoir s’y opposer.

Edition : Eclipse

 

Mon Avis : Depuis quelques temps je m’intéresse à la Fantasy à arme à feu qui commence à se développer de plus en plus, ce qui apporte, je trouve, quelque chose d’un peu différent. La preuve en est avec la maison d’édition Eclipse qui a sorti il y a quelques mois La Promesse du Sang, le premier tome du cycle Poudremages, et qui vient de publier il y a peu ce livre, Les Mille Noms. Donc quand j’ai vu que Babelio proposait, lors de son dernier Masse Critique, de découvrir ce livre j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et Eclipse pour m’avoir fait découvrir ce roman. À noter la belle couverture illustrée par Steve Stone. Juste un point concernant cette édition, en effet j’ai repéré pas mal de fautes voir même des erreurs de noms par moment dans des dialogues, dommage.

Je dois bien avouer que j’ai eu, sur les cent premières pages, un peu de mal à vraiment rentrer dans le récit, par tant par sa complexité ou qu’il soit mauvais, loin de là, mais j’ai trouvé cette partie est un peu confuse. On apprend que la ville d’Ashe-Katarion est tombée aux mains d’extrémistes religieux soutenue par l’armée locale, que l’armée coloniale en poste, composée des rebuts militaires, a fui et qu’un nouveau colonel arrive avec un bataillon pour reprendre les choses en mains. Le fait qu’une bataille soit déjà passé a joué sur ma confusion je pense, j’ai plus l’habitude de me lancer dans des récits ou la bataille est un peu le but final du roman et non la conséquence. Mais une fois les éléments mis en place je n’ai pas pu lâcher ce roman de Fantasy guerrière qui se révèle vraiment haletant et terriblement efficace.

Car oui malgré ce démarrage un peu lent et déroutant, le reste du roman va se révéler au final rythmé, mais surtout fluide et cohérent, l’auteur alignant de façon vraiment captivante les passages d’action, de bataille et de stratégie, qui se révèlent aussi très didactiques sans non plus se révéler lourds ou ennuyeux, avec les passages plus personnels où il nous fait découvrir ses personnages principaux. On se retrouve alors à suivre avec grand plaisir cette armée composée de vétérans rejetés et de bleus ayant à peine été formé dans la reconquête de cette ville et bien plus. Car oui, ce roman n’est pas qu’une simple guerre, le colonel n’étant pas venu simplement pour remettre un prince sur son trône, un complot plus profond se dessinant lentement au fil des pages sur ces fameux Mille Noms. D’ailleurs c’est justement l’un des points qui fait que je considère ce roman un peu au-dessus des Poudremages, l’auteur a limité ses intrigues et surtout elles vont à peu près dans la même direction là où Brian McClellan se révélait un peu confus dans la façon de gérer ses intrigues, ce qui cassait le rythme et qui occasionnait aussi le fait que certaines intrigues se révélaient un peu bancales.

Vu qu’on suit ici une compagnie militaire on se retrouve vraiment au cœur de l’action et des affrontements, et on sent que l’auteur maîtrise parfaitement cet aspect du point de vue tactique, à travers les formations des bataillons et les régiments, mais tout en arrivant à garder le côté épique, sanglant et mortel de ce genre d’escarmouches. Le lecteur se retrouve vraiment emporter par ces combats, limite on sentirait la poudre, la sueur, le sang, la violence, le désespoir et l’envie, le tout porté par des descriptions et des explications vraiment prenantes. On sent bien que dans ce genre d’affrontements n’importe qui peut mourir sous les balles et que fuir n’apporte rien. Maintenant suivre l’intrigue du point de vue des militaires fait aussi que le lecteur est peut au fait de cette fameuse recherche des Mille Noms, ce qui peut parfois se révéler un peu frustrant, attendant trop que le Colonel lâche une ou deux brides d’informations ici où là. Mais rien de bien non plus gênant, cela permet à l’auteur de garder quelques révélations dans sa manche pour offrir un final haletant ou la magie vient aussi prendre plus d’ampleur.

En ce qui concerne l’univers il ne manque pas d’intérêt et se révèle vraiment solide. L’auteur nous plonge dans une région aride qui fait penser à certains pays arabe, comme l’Égypte par exemple. L’auteur construit deux peuples aux modes de gouvernements différents et aux religions complexes, mais dont on ne sait pour le moment que peu de choses. Ce tome se consacre tout de même principalement aux Khandariens, même si certaines informations sont lâchées au niveau de complots qui traîneraient au niveau du pouvoir de Vordanai. Concernant la magie elle se révèle vraiment intéressante, avec cette possibilité de se lier à ce qui est considéré comme des démons pour accroitre ses facultés, mais sans aucune possibilité de retour. On la découvre lentement au fil des pages ce qui permet de bien l’assimiler, de bien la comprendre et ainsi d’apporter énormément à la conclusion permettant ainsi de ne pas tomber dans le « too much » où l’élément qui arrive parfaitement au bon moment. Ce premier tome laisse encore pas mal de points, justement concernant cette magie ou Voltarai, en suspens ce qui donne vraiment envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment intéressant à découvrir, principalement les personnages féminins, bien construits, complexes et qui évitent de tomber dans les extrêmes. On sent bien que l’auteur a décidé de nous offrir des héros travaillés, soignés et attachants qui se dévoilent de façon vraiment efficaces au fil des pages. Entre Marcus le Capitaine empli d’honneur qui cherche à faire son boulot de la meilleure des façons, Winter le soldat qui cherche à cacher qui il est et qui va se retrouver à monter en grade un peu contre son gré ou encore Janus le Colonel (inspiré de Napoléon) lunatique qui vient reconquérir cette ville rebelle, mais qui joue avec le lecteur ne dévoilant qu’une partie de la vérité, ils ne manquent clairement pas d’attraits et se révèlent même charismatiques. Même les personnages secondaires se révèlent vraiment intéressants à découvrir. Surtout l’auteur nous offre aussi de découvrir des personnages de l’autre camp ce qui leur évite de simplement se révéler être les « méchant très méchants », ayant au final un véritable enjeu politique et où tout n’est pas blanc ou noir. Mon seul regret et que certains protagonistes ont cet air de « déjà-vu », rien de gênant en soi mais, qui les empêche un peu de pleinement se développer.

Après tout n’est pas non plus parfait dans ce premier tome. Par exemple l’auteur abuse parfois légèrement trop des dialogues, soit pour appuyer une idée déjà comprise, soit pour gagner du temps par une discussion de remplissage et ainsi essayer de jouer un peu plus sur l’effet de surprise. Rien de bien gênant sur l’ensemble du roman, mais parfois un tout petit peu ennuyeux. Ensuite, le hasard fait une ou deux fois un peu trop bien les choses et arrange les efforts de nos héros, même si rien de non plus trop « gros » ou trop improbable qui pourrait gâcher l’ensemble. Enfin, l’aspect militaire est parfois un peu caricaturé, principalement le sergent Davis, bourreau de Winter qui tombe dans le militaire violent gratuitement. Mais dans l’ensemble ce ne sont que des petits points qui ne m’ont jamais complètement dérangé ou bloqué dans la lecture de ce premier tome.

La plume de l’auteur se révèle vraiment visuelle, entrainante et efficace nous plongeant vraiment dans cet aspect guerrier avec de grandes batailles aux stratégies décrites de façon fluide et captivante. Par conséquent si vous n’êtes pas intéressé, justement, par cet aspect tactique vous risquez de n’accrocher que moyennement à ce livre. Au final on a ici un bon premier tome de fantasy de Guerre qui se révèle rapidement prenant, malgré un démarrage légèrement confus, qui se révèle bien maîtrisé et captivant. Je lirai la suite sans soucis pour savoir ce que va nous proposer l’auteur dans les prochains tomes.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le premier tome de cette série qui nous offre une histoire, certes qui parait un peu classique avec deux peuples en guerre, mais qui se révèle vraiment accrocheuse, tout en offrant des conspirations à plus grandes échelles qui se dévoilent lentement au fil des pages. On sent que l’auteur apprécie la stratégie militaire nous offrant un travail tactique détaillé, tout en conservant l’aspect épique et sanglant de batailles ; on a vraiment l’impression d’y être. L’univers construit par l’auteur se révèle vraiment solide et efficace et propose une magie intéressante qui demande à en apprendre plus. Les personnages sont vraiment attachants, soignés, denses et on suit avec plaisir leurs aventures, même si certains donnent une impression de « déjà-vu ». La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, entrainante et efficace. Après tout n’est pas non plus parfait l’auteur abusant parfois légèrement de dialogues, ou bien s’offrant quelques facilités et quelques hasards bien placé, ou encore quelques aspects un peu caricaturaux, principalement sur l’armée, mais dans l’ensemble rien de complètement gênant tant j’ai bien accroché à ce premier tome et je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

Bloodsilver – Wayne Barrow

bloodsilverRésumé : 1691 : un bateau transportant de mystérieux passagers aborde la côte est du continent nord-américain. Les vampires viennent de débarquer de la vieille Europe. Ils forment bientôt le Convoi, longue colonne de chariots recouverts de plaques de plomb, et se lancent à la conquête de l’Ouest, anticipant le trajet du chemin de fer dans une lente et implacable progression…
1692 : à Salem, une poignée d’hommes impitoyables fonde la confrérie des Chasseurs, bien décidés à stopper l’avancée du Convoi et à en découdre avec les créatures des ténèbres.
De Fort Alamo aux territoires sioux, de Wounded Knee à Silver City, les hommes du Nouveau Monde, Billy the Kid, les frères Dalton ou encore Doc Holliday mêlent le sang à l’argent, luttant sans merci contre les vampires, ou formant avec eux d’improbables alliances…

Edition : Mnémos
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce roman avait commencé à me tenter au moment de sa sortie, ce qui remonte à quelques années déjà, mais n’a jamais au final rejoint ma PAL, d’une parce que à l’époque je lisais beaucoup moins d’histoires de vampires et de deux mon budget livre n’était pas le même. Il a donc logiquement disparu de ma vue. Il a fallu attendre les Imaginales 2013 pour que ce livre se rappelle à moi et que je décide de le faire rentrer dans ma bibliothèque. Vu que les Imaginales 2014 approchent, pour rester dans le thème,  j’ai donc décidé de me faire un avis sur ce livre. Concernant la couverture, illustrée par Didier Graffet, elle possède un côté sauvage et western qui colle finalement bien au récit. À noter que Wayne Barow est un pseudonyme derrière lequel se cache deux auteurs français, Xavier Mauméjean et Johan Héliot.

J’avoue aussi que je me suis lancé dans la lecture de ce livre sans aucun retour ni avis de l’extérieur que ce soit sur internet ou autre, donc première surprise, ce que je pensais être un roman est en fait un recueil de nouvelles. En effet les auteurs ont décidé de se servir de l’arrivée de vampires sur le continent américain en 1691 pour réécrire l’histoire des États-Unis et ainsi offrir au lecteur une certaine uchronie qui s’étend sur plus de deux siècles. Autre surprise, si vous vous attendiez à une histoire  de vampires pur et dur passez votre chemin, en effet ils ne servent ici que de façon latente pour vraiment mettre en avant l’évolution du pays d’une nation sauvage vers une des plus grandes nation, ce qui peut légèrement frustrer le lecteur à la recherche de trash lié aux suceurs de sang, surtout après la lecture du quatrième de couverture. Mais voilà une fois l’ensemble de ses surprises assimilées je me suis retrouvé à me plonger avec envie et plaisir dans ces différentes courtes histoires.

Car en effet au fur et à mesure de la lecture de cette fresque chronologique j’y ai trouvé quelque chose de vraiment fascinant et intéressant, pour peu qu’on connaisse un minimum l’histoire des États-Unis, à voir évoluer ce pays passant d’un aspect western qui se révèle sauvage, sanglant avec aussi la conquête de l’ouest, évoluant un aspect considéré comme plus civilisé avec le temps et les années. Passer d’un pays complètement désuni à quelque chose de plus cohérent, cette mutation se faisant dans les cris, le pleurs et le sang. On y retrouve aussi au fil des pages plusieurs personnages importants de l’époque, allant de Marc Twain au Dalton en passant Billy the Kid ou encore Jesse James, mais aussi des évènements tout aussi marquants pour le pays comme Fort alamo, le massacre de Wound Knee ou encore la mystérieuse maison Winchester. On sent bien que les auteurs se sont fortement documentés et ont effectué un travail vraiment dense et saisissant pour plonger le lecteur dans ces différentes histoires, ces différentes rencontres, ces différentes époques. On se retrouve happé. La reprise des faits réels tout en modifiant certains aspects, y apportant leurs propres idées, collent à cette uchronie de façon vraiment efficace. Dommage que parfois les auteurs oublient complètement les vampires pour se consacrer qu’à cette fresque western.

L’autre aspect aussi intéressant c’est qu’on se retrouve avec un roman clairement western avec tout ce qu’il faut pour se laisser entrainer entre aventures, courses poursuites et fusillades, le tout bien rythmé. On y retrouve clairement au fil des pages ce sentiment de liberté, de folie et de violence qui découle de cette époque où la loi dépendait principalement du plus fort vu que chaque état, chaque ville faisait comme il voulait. La présence des Brooke (le nom des vampires) n’est pas non plus qu’anecdotique, on y retrouve clairement le vampire sauvage qui se nourrit de sang humain poussant les Américains à se défendre en premier lieu avant de changer. Les différentes rencontres qu’ils vont faire vont se révéler vraiment intéressantes, même si je trouve qu’ils restent trop dans l’ombre, on ne sait au final pas grand-chose d’eux. On retrouve aussi dans ces différents textes pas mal d’axes de réflexions vraiment attrayants que ce soit par l’évolution des gens, qui après avoir encensé les chasseurs de vampires se mettent à la rejeter devant la puissance, à la fois par la menace et aussi par leurs fortunes, des vampires, mais aussi par ce fameux convoi des vampires (La Famille) qui sillonnent le pays pour y trouver un endroit où vivre. Les différents personnages rencontrés offrent  des portraits à la fois riches et variés, allant du faible au fort, du lâche au téméraire, de l’érudit ou fou ; des personnages à la fois complexes et soignés qui vont devoir s’adapter ou disparaitre. J’ai trouvé aussi que la conclusion, en forme de cycle avec l’introduction, se révélait percutante.

Malgré cela il y a tout de même quelques points qui m’ont dérangé. Les auteurs nous proposent, comme je l’ai dit, une uchronie, puisque l’arrivée des vampires sur le continent va bouleverser énormément de choses jusqu’à la guerre de l’indépendance, et pourtant la vie des personnages historiques n’a pas tant changé que cela dans l’ensemble. Mis à part Mark Twain qui subit quelques variations notables on a l’impression que les autres connaissent quasiment la même destinée, ce que j’ai trouvé légèrement dommage. Ensuite, il faut bien l’admettre, vers la fin, j’ai ressenti un certain essoufflement, sentant bien où voulez nous mener les auteurs. Rien de bien méchant non plus, mais voilà je me suis retrouvé à moins accrocher à un ou deux textes. Après, dernier point mais qui se retrouve souvent dans les recueils de nouvelles, certains textes sortent plus facilement du lot et marquent plus que d’autres qui ne sont qu’anecdotiques.

La plume des auteurs se révèle vraiment soignée, dense et efficace plongeant pleinement le lecteur dans l’histoire et l’époque par des descriptions précises et entrainantes et aussi avec des personnages humains et plus que convaincants. J’ai donc passé un plutôt bon moment de lecture avec ce livre qui, certes, au début  m’a surpris mais s’est révélé au final dans l’ensemble captivant et intrigant.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui, certes m’a dérouté au début, m’attendant à un roman sur des vampires et me retrouvant avec des nouvelles où les vampires ne sont que secondaires se consacrant plus à une fresque uchronique sur la naissance des États-Unis, mais qui finalement offre un travail vraiment intéressant et fascinant. Le côté western apporte aussi vraiment un plus, offrant une ambiance sauvage, violente où le mot liberté dépend de chacun et où, justement, la présence des vampires vient accentuer tout cela. Dommage que parfois justement les auteurs oublient un peu les suceurs de sang. Pour peu qu’on s’intéresse à cette période de l’Amérique on se retrouve emporté par cette réécriture de l’histoire dont mon seul regret et que, sur certains aspects, reste quand même trop proche de l’histoire. Le background ainsi que les différents personnages, qu’il soit fictifs ou ayant existé, se révèlent vraiment denses, travaillé, humains et soignés. Une histoire qui nous dévoile que les convictions du début ne sont pas celles de la fin, où l’humanité peut aimer ce qu’elle a rejeté et inversement. Le style des auteurs se révèle vraiment efficace et entrainant. Après comme à chaque recueil de nouvelles certains textes arrivent à happer plus le lecteur que d’autres, mais dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyé, même si j’ai ressenti une très légère lassitude sur la fin.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : kactuss, julien le naufragé, Spocky, Olya, Sayaelis, etc…

Bifrost n°74 – Spécial Léo Henry

bifrost 74 leo henryEdition : Le Bélial

 

 

 

 

 

Mon Avis : Je continue ma découverte du magazine Bifrost avec, cette fois, la lecture du dernier magazine en date consacré à Léo Henry. De l’auteur je n’avais lu que son recueil de nouvelle Le Diable est au Piano (chronique ici) que j’avais trouvé plutôt sympathique mais qui n’a pas réussi à me convaincre complètement, ainsi que Sur le Fleuve (ma chronique ) court roman qui, lui, m’avait happé dès les premières pages pour ne plus vraiment me lâcher. Ce 74ème numéro du magazine m’a donc permis de continuer ma découverte d’un auteur au style unique et dense, proposant souvent des histoires uniques et parfois déroutantes. À noter la couverture, illustrée par Stéphane Perger, que je trouve vraiment sympathique par son aspect légèrement kitsch. Ce recueil contient deux nouvelles inédites de Léo Henry ainsi que deux autres textes de Olivier Caruso et Daryl Grégory.

Le Cas Julien Declercq-Costa de Léo Henry : Cette nouvelle nous plonge dans un univers qui n’est pas sans rappeler des univers télévisuels connus des années 90, je pense principalement à la série X-Files ou encore les films MIB. Un texte qui va nous plonger dans une enquête un peu spécial et nous faire découvrir un personnage solitaire, morne mais qui au final paraît loin de ce qu’on peut supposer et qui cache bien des choses. Un texte sympathique, où le surnaturel prend son temps pour se révéler, laissant monter l’ambiance et la tension au fil des pages. L’ensemble se lit facilement et se révèle agréable, mais voilà il lui manque un petit truc pour se révéler marquant, car au final on a là un texte divertissant, mais qui rentre dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

Pantin de Olivier Caruso : Concernant cette nouvelle j’avoue que je reste réservé et ne sait toujours pas vraiment quoi penser de ce texte. Après l’explosion d’une bombe, deux pouvoirs gouvernent la ville ; les Russes et les Invisibles. Le héros en a marre de sa vie et décide de trouver un boulot peinard et qui rapport. Il veut être cadre, mais se retrouve à masturber de pantin. Niveau barré rien à dire, l’auteur connait bien son sujet et l’ensemble devrait accrocher pour peu qu’on apprécie ce genre d’histoire qui part dans tous les sens sans aucune limite. Le problème selon moi vient de tout le reste qui est à peine esquissé alors qu’on sent bien que l’auteur cherche à offrir pas mal de réflexions, que ce soit par exemple sur la place dans la société ou encore sur la nature humaine. Mais voilà le tout n’est pas assez développé selon moi et surtout le peu qui est travaillé se retrouve étouffé par cette ambiance bizarre et un peu glauque, ce qui m’a empêché d’accrocher. Reste un certain potentiel je trouve.

Dead Horse Point de Daryl Grégory : Cette nouvelle nous fait découvrir Venya qui part retrouver son ancienne coloc Julia  et son frère Kyle, après un appel désespéré de celle-ci. On découvre alors que Julia est une scientifique de renom, mais que pour résoudre ses nombreuses équations elle s’enferme dans son propre monde et devient ainsi complètement fermée aux autres. Surement le meilleur texte du recueil, pour moi qui nous plonge, dans une histoire poignante, pleine de sentiments et de surprises avec des personnages vraiment attachants et prenants. La conclusion m’a véritablement surpris. Une nouvelle qui me donne vraiment envie de découvrir plus de textes de l’auteur.

Le Major dans la Perpendiculaire de Léo Henry : Cette nouvelle rentre un peu dans les nouvelles « hommages » dont j’ai parfois du mal à accrocher offrant ici comme personnage principal Boris Vian. Au final, j’avoue, j’ai bien accroché à ce texte qui nous propose une version alternative modifiée par une technologie inconnue où la SF serait devenue le genre de référence en France et aurait changé la vie entière de la planète. Un texte assez étrange, cyclique qui se laisse lire avec plaisir et qui se révèle vraiment divertissant où les héros deviennent des aventuriers. On y retrouve aussi des éléments importants de la vie de Boris Vian. Mais voilà , j’avoue, je ne connais pas vraiment Vian autrement que par ses romans et quelques controverses, ce qui joue quand même un peu sur ma vision de ce texte car c’est, selon moi, un texte agréable pour tout lecteur, mais qui gagne peut-être encore plus en intérêt si on connait bien cette époque et les personnages.

 

Concernant le reste du magazine on y retrouve comme d’habitude le cahier des critiques à la fois de livres et de magazine, Pierre Stolze qui nous plonge dans l’univers de Stefan Wul à travers ses adaptations récentes en BD ; auteur dont il faut d’ailleurs que je pense à rentrer certains de ses écrits dans ma PAL. Parole de libraire offre une interview intéressante aux libraires de chez Charybde. Concernant le dossier sur Léo Henry, le long échange se révèle vraiment intéressant et permet de mieux découvrir l’auteur, le portrait fait par Alain Damasio se révèle aussi attrayant même si peut-être un peu long et parfois un peu redondant avec des aspects déjà énoncés. Léo henry offre aussi un hommage à Jacques Mucchielli avec qui il a écrit pas mal de textes en collaborations et qui a  disparu il y a peu. Enfin l’article scientifique décide de se pencher sur Gravity. Un numéro de Bifrost agréable et qui permet de découvrir un auteur singulier, même si j’ai un peu moins accroché aux nouvelles que dans les numéros précédents.

Ma Note : 7/10 (Note ne reposant que sur les nouvelles)

Dominium Mundi, Tome 2 – François Baranger

dominium mundi livre 2Résumé : 2205. C’est le débarquement. Les troupes de l’Empire Chrétien Moderne se déploient dans les plaines arides d’Akya du Centaure.
A l’arrière, Albéric Villejust organise la rébellion qui gronde parmi les inermes.
De leur côté, Tancrède de Tarente et Clorinde ont retrouvé l’amour, une foi inébranlable, et comptent mener à bien leur mission, au nom du tout-puissant Pape Urbain IX. En tant que méta-guerriers, la prise de l’ultime tombeau du Christ repose en grande partie sur leurs épaules.
Mais sous l’implacable soleil centaurien, rien n’est gravé dans le marbre. Alors que les rebelles se cachent et s’organisent dans le désert, que les Atamides se révèlent plus dangereux que prévu, les luttes de pouvoir s’intensifient et des forces nouvelles s’agitent dans l’ombre. De ces zones obscures dépendront l’avenir d’Akya, des nouveaux Croisés et, à plus grande échelle, de peuples entiers…

Edition : Critic

 

Mon Avis : Après un premier tome qui m’avait offert un bon moment de lecture grâce à un Space-opéra efficace et entrainant, cela malgré quelque grosses ficelles et parfois une impression que l’auteur veut trop en faire (ma chronique ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien nous proposer la suite et fin de cette série et surtout obtenir les réponses aux nombreuses questions qui restent encore en suspend. Tout comme celle du tome précédent, je trouve la couverture, illustrée par l’auteur lui-même, vraiment sublime.

Le premier tome ayant servi à poser les bases et à bien présenter les personnages, on rentre dans ce second tome directement. Les humains ont atterris sur Akya du centaure et ont juste le temps de bâtir une Nouvelle Jérusalem avant de se lancer enfin dans cette guerre de reconquête tant attendue pour y libérer le tombeau sacré. La première partie est sauvage, guerrière, palpitante qui fait qu’on tourne les pages rapidement pour suivre ces batailles, cette grande guerre, le tout agrémenté tout de même de réflexions intéressantes sur son utilité. Puis arrive une seconde partie, plus posée on va dire, mais qui se révèle tout de même haletante où les secrets vont se révéler et où la vérité va éclater remettant en cause énormément de choses. Elle nous permet aussi de découvrir les Atamides, un peuple à la fois proche et éloigné de l’homme. Dans l’ensemble on obtient donc un ensemble qui ne manque pas de charme ni d’attrait dont l’auteur maîtrise bien les rebondissements et les retournements de situations offrant ainsi un divertissement qui se laisse lire facilement, avec plaisir et dont le lecteur tourne les pages avec l’envie d’en apprendre plus.

L’univers mis en place par l’auteur depuis le tome précédent continue à se développer, principalement justement par l’arrivée sur cette nouvelle planète permettant à l’auteur de nous faire découvrir une nouvelle civilisation aussi bien par des descriptions vives et captivantes, que par l’architecture, et plus tard au cours du roman en découvrant cette nouvelle race plus en profondeur par son mode de vie. Alors on pourrait peut-être reprocher ces aliens d’être très (trop) proches des humains, mais franchement cela ne se ressent pas du tout. On y trouve aussi les réponses aux nombreuses questions que se posait le lecteur sur cette fameuse guerre qui a failli anéantir la Terre et sur cette régression sociétal qui a poussé les peuples à se réfugier sous la bannière de la religion. Une explication cohérente et intéressante même si un ou deux aspects me laissent songeur. Il démontre aussi, certes de façon classique mais efficace, la folie humaine qui les pousse régulièrement à se lancer dans des trahisons, des luttes de pouvoir et même des guerres sanglantes ainsi que de nombreuses réflexions aussi bien sur le rejet de l’autre, le pouvoir de l’éducation que sur la religion avec des révélations, propres à l’intrigue, qui risquent d’en surprendre plus d’un. Je reprocherai juste que l’auteur se révèle quelquefois, selon moi,  un peu trop raide dans ses idées, ne laissant pas place au débat, mais rien de bien gênant. On sent bien que l’auteur a pris tout son temps pour travailler son histoire tant l’ensemble se révèle dense, complexe et détaillé.

Mais voilà malgré toutes ses qualités, j’avoue je reste un peu sur ma faim, ce second tome ne répondant pas à toutes les attentes que j’avais. Déjà, un des points qui m’a le plus dérangé vient aussi de ce que j’ai dit un peu plus tôt, l’auteur ayant travaillé son histoire pendant dix ans il l’a vraiment poussé au maximum du détail, trop pour moi. Quand je lis un livre j’aime m’évader et faire travailler mon esprit et mon imagination, donc quand un livre me prend par la main et m’explique tout dans le moindre détails ça me frustre un peu. Un exemple, quand un personnage, dans un combat, fait une rotation avec son avant bras à 180°, pas besoin de tenter de m’expliquer ce que c’est une rotation à 180° j’avais bien compris. Pareil l’auteur crée des ellipses temporelles logiques dans un roman, tout ne méritant pas d’être expliqué, laissant le lecteur se faire ses propres explications, surtout sur des aspects vraiment simples. Bah non, il se sent obliger de revenir dessus quelques pages plus loin et de prendre du temps par un flashback, souvent inutile, et qui apporte plus de longueurs qu’autre chose. Je n’ai pas besoin de savoir comment tel personnage est rentré chez lui après avoir gagné une bataille, surtout quand ça n’apporte rien de concret ni à l’intrigue ni à l’univers et quand la plupart du temps je l’avais déjà deviné. En gros selon moi l’ensemble aurait mérité quelques coupes. C’est dommage, ça n’empêche pas de trouver l’histoire sympathique, mais ça l’empêche de passer ce cap de très bon roman alors qu’on y retrouve les qualités pour.

Concernant les personnages ils se révèlent eux aussi denses, travaillés et soignés et on arrive facilement à s’attacher à eux et à leurs aventures.  L’importance des castes ainsi que de la religion permet de développer des personnages qui n’ont pas la même vision du monde et n’offrent pas les mêmes interactions ce qui est intéressant. Des personnages charismatiques et efficaces même si, du point de vue des sentiments l’auteur a le même problème qu’avec son histoire, il en fait parfois trop ce qui donne parfois une impression d’être surjoué, principalement dans les scènes romantiques où les scènes d’amitié où l’auteur se sent obligé de rappeler plusieurs fois à quel point ils s’aiment ou a quel point ils sont amis. Mais bon rien de dramatique. Par contre, l’auteur nous offre un roman choral où on retrouve plusieurs points de vues et je trouve que certains personnages que l’auteur met en avant ne servent pas toujours. Je pense par exemple à Godefroy de Bouillon qui n’apporte pas grand-chose ; par exemple une fois qu’il apprend le grand secret il ne fait rien, rien du tout, il attend. Même pas une petite rébellion ou autre alors qu’il découvre qu’il s’est fait manipuler depuis le début, c’est frustrant et surtout ne correspond pas au caractère du personnage. Un peu comme si l’auteur n’arrivait pas à se dépêtrer de tous ses héros, mais ne se sentait pas de les laisser un peu de côté.

La conclusion se révèle vraiment enlevé, prenante et nerveuse même quelques grosses facilités apparaissent ici ou là pour permettre à l’histoire de s’offrir sa bataille final entre deux armées au sol dans la plus pure tradition chevaleresque (car bon ils ont beau avoir des archers qui visent à plus de 500m j’ai du mal à imaginer des engins aériens descendre aussi bas pour larguer leurs bombes). On est emporté par ces dernières pages haletantes et efficaces même si tout ne m’a pas non plus accroché comme ce duel final un peu trop dans le ton « sacrifice larmoyant ». On pourrait croire, avec tout ce que je raconte, que je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire, c’est faux, elle se révèle agréable et remplit son rôle de divertissement, mais voilà si les 1400 pages, sur l’ensemble des deux tomes, avaient minci de quelques centaines de pages, l’ensemble y aurait gagné et, je pense, aurait pu se révéler vraiment meilleur.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, efficace, entrainant et prenant même si quelquefois, sur certains dialogues, il se révèle un peu trop ampoulé, mais là rien de franchement dérangeant. Dans l’ensemble un roman, qui plus est premier publié, de space-opéra qui ne manque pas de charme ni d’attrait, offrant une lecture vraiment sympathique même si, sur l’ensemble l’auteur en fait trop ce qui offre parfois des longueurs et des lourdeurs. Cela ne devrait pas empêcher, si vous appréciez les Space-opera, d’apprécier ce roman. En tout cas je lirai d’autres récits de l’auteur sans soucis.

Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec ce second tome. Il nous plonge directement dans l’histoire et on se retrouve emporté par cette guerre pleine d’adrénaline, de combats et de violence, mais qui ne s’arrête pas là et nous offre des réflexions intéressantes sur les hommes, la religion et le rejet des autres tout en répondant aux différentes questions que le lecteur se pose. L’univers se révèle dense, soigné et travaillé, l’auteur ne laissant rien au hasard, montrant bien que ça fait des années qu’il travaille sur son histoire. Mais voilà là où le bat blesse c’est que justement l’auteur a beaucoup trop travaillé son texte ; déjà il explique tout dans les moindres détails ce qui ne laisse que peu de place à l’imagination, ensuite à force de trop détailler cela crée des longueurs. Pourquoi aussi revenir sur toutes les ellipses temporelles que le lecteur avait bien compris tout seul. Concernant les personnages ils se révèlent denses, travaillés et soignés, même si on devine aisément leurs camps, mais dans la présentation des sentiments parfois ça manque de naturel.  De plus l’auteur utilise une narration chorale, mais des fois ne sait pas quoi faire de ses personnages. La conclusion, malgré quelques facilités, se révèle haletante, prenante et efficace. Le style se révèle toujours aussi entrainant, simple et captivant. Au final si on prend l’histoire dans son ensemble, le roman aurait selon moi mérité plusieurs coupes, mais pour un premier roman publié il se révèle tout de même efficace et divertissant.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Cornwall, …

The Rithmatist, Book 1 – Brandon Sanderson

the rithmatist 1Résumé : A killer is on the loose…
Joel is fascinated by the art of Rithmatics – with its lines of power and ability to bring chalk drawings to life – but only a few have the gift and he is not one of them. When Rithmatic students from Joel’s school start disappearing, he is keen to investigate. Since he’s not a Rithmatist, Joel seems to be safe – but others are dying. Can he find the killer before the killer realizes just what a threat Joel really is?

Edition : Orion Children’s Books

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement vous savez que j’ai à peu près tout lu de Brandon Sanderson en roman adulte, d’ailleurs j’ai même la suite de The Way of Kings qui m’attend dans ma PAL VO. Mais voilà je n’avais encore jamais vraiment tenté l’auteur dans ses histoires plus jeunesses, et même si Alcatraz me tente toujours pas mal, c’est finalement The Rithmatist, la nouvelle série jeunesse de l’auteur qui a atterri dans ma bibliothèque. Il faut dire aussi que l’illustration de couverture, avec sa bordure doré un peu Steampunk, donnent vraiment envie de le découvrir.

Ce qui est toujours intéressant quand on plonge dans un nouveau roman, ou un nouveau cycle, de Sanderson c’est qu’on sait qu’il y a de grandes chances qu’on va découvrir un univers complètement nouveau. L’imagination de l’auteur est tellement foisonnante qu’on se demande bien ce qu’il va bien pouvoir nous proposer par la suite. Avec The Rithmatist c’est de nouveau le cas, puisqu’il vient construire un univers vraiment dense, prenant et intrigant, mais  aussi surtout un système de magie vraiment original, complexe et efficace. Il est parti de simples dessins à la craie sur le sol pour en faire une véritable magie. Alors bien sûr je schématise, c’est plus compliqué que cela, et l’ensemble possède de vraies règles, principalement géométriques avec des cercles de défense, des traits d’attaques et autres monstres dessinés qui peuvent prendre vie en 2D, mais on retrouve ici quelque chose de fun, travaillé et vraiment intéressant. Concernant le monde construit autour, il est à la fois proche du nôtre par son histoire comme par exemple avec le roi Georges 3, et pourtant si différent principalement par sa géographie et le fait que les états américains soient des îles avec ses propres influences. Surtout que l’auteur ne laisse rien au hasard, tout se révèle créatif, cohérent, dense et parfaitement expliqué ce qui est l’un des gros point fort de ce récit.

L’intrigue que développe l’auteur n’a, par contre, rien de révolutionnaire, une histoire de disparition d’étudiants dont notre héros va se retrouver l’assistant du professeur chargé d’une partie de l’enquête, mais elle se révèle tout de même assez sympathique et solide pour se révéler divertissante et tout de même un minimum entrainante. On y retrouve aussi clairement les différents aspects qu’on retrouve régulièrement dans la littérature jeunesse que sont par exemple l’entrée dans l’âge adulte et la prise de décision, la découverte de l’amitié, le héros un peu différent, la loyauté ou bien encore l’obstination pour réussir et l’auteur s’en sort plutôt bien sans non plus révolutionner le genre.

Mais voilà malgré sa solidité j’ai trouvé que l’intrigue manquait tout de même un peu de rythme. L’auteur est tellement fasciné par la création de son univers et tout ce qu’il y a autour qu’il en oublie parfois que, selon moi, une histoire doit avoir, surtout en jeunesse, des effets de surprises et des rebondissements qui continuent à étayer l’esprit et l’envie du lecteur. Attention l’histoire n’est pas non plus plate ou morne, mais je l’ai trouvé un peu molle par rapport à mes attentes. Heureusement la conclusion rattrape un peu cela en nous offrant une fin plus haletante et énergique avec pas mal de révélations intéressantes qui ouvrent sur une suite qui donne envie. Autre aspect qui m’a légèrement dérangé, et dont on fait toujours la comparaison dès qu’on parle de magie et d’apprentissage, ce sont les ressemblances avec Harry Potter. Il y a une école de magie, des amis qui vont braver les interdits pour aider notre héros à dévoiler la vérité, un professeur bienveillant, un autre présenté comme malveillant. Certes l’auteur met en avant ses aspects de façon cohérente et efficace mais on ne peut pas s’empêcher la comparaison, sans que non plus ce soit trop flagrant pour choquer.

Concernant les personnages ils remplissent parfaitement leurs rôles, je trouve, et on suit facilement et avec grand plaisir leurs aventures. Joel se révèle un héros complexe et intéressant à découvrir, avec ses forces et ses faiblesses, de plus là où il diffère peut-être des autres romans jeunesse du genre c’est qu’il n’est pas magicien, il n’a pas été « choisi », ce qui offre une variation intéressante au héros. Maintenant le problème de Joel c’est qu’il est fasciné par les Rhitmatist, il ne parle que de cela, tout le temps ce qui fait qu’en tant que lecteur on a un peu de mal à le découvrir, et vu qu’on a  que son point de vue en tant que narrateur c’est parfois légèrement frustrant. Autre point qui m’a surpris c’est que notre héros est un peu loin de l’ado de base, il a un logement avec sa mère dans l’école, n’est jamais sorti même pas pour aller prendre une glace et n’a aucune autre passion que la magie, ça manque un peu de complexité et de folie tout de même. Sa relation avec Melody m’a bien accroché, à la fois différents, elle par sa nonchalance et sa légère folie, face à lui plus pragmatique et réfléchi, j’ai trouvé ce décalage intéressant. Concernant les personnages secondaires ils ne sont pas mauvais et remplissent parfaitement leurs rôles même si pour le moment ils ont du mal à sortir de leurs carcans. Mais bon là rien de vraiment gênant.

La plume de l’auteur se révèle vraiment fluide, entrainante et énergique ce qui permet de compenser un peu le léger manque de rythme dont j’ai parlé, et fait que le lecteur continue à tourner les pages avec un minimum d’envie. Comme à son habitude il arrive à construire un univers fascinant et réussi qui devrait en plaire à plus d’un. Au final un premier tome qui possède ses qualités et ses défauts et qui se révèle tout de même accrocheur pour donner envie de lire la suite, mais si l’auteur avait un peu plus travaillé son intrigue d’un point de vue action l’ensemble aurait pu passer du simple premier tome sympathique d’introduction à un bon premier tome.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture plutôt sympathique avec ce roman jeunesse qui offre une intrigue, certes classique, mais plutôt solide et efficace dont le principal reproche est, je trouve, que je l’ai trouvé un peu molle, surtout pour un jeunesse, ce qui ne l’empêche pas d’offrir une conclusion haletante et intrigante. L’univers construit par l’auteur est le gros point fort de ce livre, l’auteur démontrant une nouvelle fois sa capacité d’imagination, proposant une magie originale, innovante et complexe ainsi qu’un monde, à la fois proche et différent du nôtre, qui donne véritablement envie d’en apprendre plus. Les personnages se révèlent plutôt agréables, même si certains aspects m’ont laissés perplexe. Un des défaut et que, comme souvent dès qu’on parle de magie et d’école, la ressemblance avec Harry Potter se fait parfois ressentir. La plume de l’auteur se révèle vraiment entrainante, fluide et efficace. Un premier tome où, au final, l’auteur prend peut-être un peu trop son temps pour construire son univers par rapport à l’intrigue, avec tout de même assez d’aspects intéressants pour me donner envie de lire la suite, mais pas assez pour faire passer ce lire de divertissement agréable à bon livre jeunesse ce qui est un peu dommage car il y avait la place pour. À voir ce que va proposer la suite.

Ma Note : 6,5/10

Lancelot – Zone Franche L’Anthologie

lancelotRésumé : Lancelot est le plus grand des chevaliers de la Table ronde mais aussi celui dont le destin est le plus tragique lorsqu’il trahit Arthur, son roi, en tombant amoureux de Guenièvre.
Loyal, pur et traître, il ne cesse de nous interroger depuis des siècles, se réinventant à chaque époque.
Neuf auteurs confirmés de l’imaginaire se sont emparés de sa figure pour lui inventer de nouvelles aventures, donnant un éclairage nouveau à ce personnage résolument moderne. Neuf éclats de son âme. Et un peu de la nôtre.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Comme d’habitude, à chaque fois que je participe à un festival, je repars sous le bras avec l’anthologie associée, si elle existe. Zone Franche n’a pas manqué à la règle et l’anthologie a donc rejoint ma PAL. Il faut dire aussi que le sujet se révélait vraiment intéressant sur le personnage de Lancelot, un des héros les plus complexes du cycle arthurien selon moi et mes petites connaissances sur le sujet. Il faut aussi ajouter à cela une couverture, illustrée par Ryohei Hase, qui se révèle vraiment magnifique. Au final beaucoup d’arguments qui ont fait que ce livre est rapidement entré ma bibliothèque. À noter que ce livre est composé de neuf nouvelles.

Le Donjon Noir de Nathalie Dau : Cette nouvelle ouvre de façon vraiment intéressante et efficace ce recueil, déjà par son intrigue qui reprend un peu dans sa globalité la complexité du chevalier dans le cycle arthurien principalement par sa relation avec Guenièvre, mais aussi par la façon dont l’auteur traite du sujet. En effet elle met en avant l’influence importante du monde d’en dessous sur les humains qui, d’une certaine façon à travers des manipulations et trahisons, joue avec les hommes, et met en avant aussi que la relation ambigue entre Lancelot et la Reine est peut-être beaucoup plus complexe qu’on le croit. L’ensemble offre ainsi une nouvelle Fantasy comme sait si bien l’offrir l’auteur à travers une plume efficace, poétique et soignée.

Lancelot-Dragon de Fabien Clavel : L’auteur nous offre ici une nouvelle plus théologique avec l’aspect chrétien de la quête du Graal confrontés avec des mythes plus païens qui remettent en cause la forme même de ce Graal et le but de sa conquête. On retrouve ainsi ici un Lancelot, rejeté, banni par les siens qui cherche à disparaitre et à oublier, mais qui se retrouve justement poursuivi par cette quête qui le hante. Un mélange complexe de rédemption et de souffrance qui va pousser notre héros dans ses ultimes retranchements, dans ses plus sombres folies et le pousser ainsi à voir ses plus grandes forces, mais surtout ses plus grandes faiblesses. Un récit vraiment efficace et intéressant.

Le Meilleur d’Entre Eux de Lionel Davoust : Cette nouvelle nous présente un Lancelot de retour chez lui, les mains vide de sa quête du Graal en Palestine. Pour ce texte l’auteur a décidé de mettre en avant la quête même, loin du mythe qu’on connait, nous présentant quelque chose de beaucoup plus humain où Arthur et ses chevaliers s’en servent simplement pour amener l’espoir dans le cœur de la population qui vit une période sombre entre épidémies et guerres. On est donc loin du mythe chrétien avec toute sa mythologie et ses influences magiques et mystiques. Mais voilà le tout s’étiole devant le peu de résultats obtenus, le peuple commence a déprimer et à râler ; il manque un point important à toute légende et Lancelot sait lequel. Une nouvelle vraiment accrocheuse par la façon dont l’auteur traite au final de la foi et de ce qu’elle peut pousser à faire, mais aussi de son utilité dans la manipulation pour l’unification de tous face aux désagréments du destin, offrant ainsi une réflexion vraiment intéressante sur le pouvoir de la conviction et de la spiritualité, mais remettant aussi Lancelot au centre même du mythe. Un texte que j’ai trouvé réussi et captivant.

Le Vœu d’Oubli de Armand Cabasson : Je ne connaissais pas l’auteur avant de lire ce texte. Une nouvelle qui nous présente un Lancelot qui, ayant décidé de tout oublier pour éviter toute tentation et toute trahison, vagabonde dans le monde entier, offrant son épée pour continuer à avancer, mais qui doit respecter certaines règle pour ne jamais se souvenir sous peine de grands malheurs. Mais comment faire quand tout joue pour l’obliger à se rappeler. Ce texte nous présente Lancelot sous son personnage épique et guerrier qui cherche à lutter contre ses désirs et finalement contre lui-même, mais on ne peut jamais vraiment remporter ce genre de combat, tout du moins jamais seul. L’auteur nous offre d’ailleurs une scène de combats vraiment magistrale et entrainante. Un texte que j’ai trouvé au final très sympathique mais frustrant car, je trouve, qu’il aurait mérité d’être plus développé.

Je Crois que Chevalerie y Sera de Anne Fakhouri : L’auteur a décidé de mélanger, à travers cette nouvelle, le cycle arthurien à son propre univers déjà développer dans Le Clairvoyage. On se retrouve ainsi à suivre ici Gauvain à la recherche de Lancelot qui a disparu et qui va se retrouver confronter à de nombreux périples et de nombreuses rencontres déroutantes. On trouve ici un texte qui se révèle vraiment dense, complexe et que j’ai trouvé vraiment réussi. Une nouvelle qui nous propose en premier lieu de découvrir, à travers Gauvain et ses rencontres, Lancelot par la façon dont chacun le voit, mais aussi dont lui se voit. Une quête identitaire par le prisme du regard d’autrui, où on ne voit d’ailleurs jamais vraiment le chevalier, qui va dévoiler un héros torturé, adulé et aimé des autres mais qui au fond de lui cache de sombres secrets et de sombres pulsions. Mais c’est aussi un texte sur l’imagination, qui démontre que finalement le mythe et la chevalerie existent par le rêve des uns et des autres, principalement de celui des enfants dans toutes leur innocence et leur folie. Un texte profond, surprenant et qui possède aussi ses pointes d’humours fantasques.

La Tête qui Crachait des Dragons de Thomas Geha : Cette nouvelle propose un texte mélange de Fantasy et d’onirisme dans un monde où les dragons ont envahi le pays et où le seul espoir est de retrouver Lancelot. Un Lancelot en-dehors des réalités depuis ses lourdes pertes, qui s’auto-détruit dans des transes et qui ne va peut-être pas se révéler le héros que tout le monde attendait. Un texte efficace, prenant, sans temps-morts et rempli de rebondissements, mais qui offre aussi une réflexion intéressante sur la folie ainsi que sur le pouvoir de l’esprit, mais qui aurait sûrement mérité, selon moi, une conclusion un peu plus longue peut-être. Je me suis senti légèrement frustré devant ses quelques lignes d’explications finales, même si elles remplissent parfaitement leurs rôles.

Les Gens des Pierres de Franck Ferric : La postface met en avant que l’auteur nous offre ici une variation du poème The Lady of Shalott, où l’héroïne est obligée de vivre recluse dans une tour sans possibilité de voir la réalité, excepté à travers un miroir placé dans sa chambre, sous peine de le détruire. Je ne connaissais pas du tout ce poème ce qui a peut-être influencé ma vision de ce texte car J’avoue j’ai eu un peu de mal à complètement accrocher. Il n’est pas mauvais, principalement sur le travail sur les chevaliers de Camelot épuisés,  aigris et jaloux qui essaient de maintenir debout un château qui tombe en ruine et de trouver l’espoir. Leurs visions de la vie va se retrouver alors complètement bouleverser le jour où Taliesin va leur rendre visite. Là où j’ai moins accroché c’est l’imbrication de la Dame de Shalott dans tous cela, les deux histoire ayant, selon moi, du mal à vraiment se rejoindre malgré une fin pleine d’espoir de rédemption. Comme si l’auteur racontait deux histoire différentes et pouf elles se rejoignent à la fin comme par enchantement. Dommage j’ai l’impression d’être un peu passé à côté.

Lance de Jeanne-A Debats : Avec cette nouvelle on revient dans le plus contemporain, en 1937 pour être précis. Navarre le vampire (déjà présent dans Métaphysique du Vampire et d’autres nouvelles) part en mission pour aller réveiller Lancelot pour qu’il tue un Dragon avec la Sainte Lance. On retrouve avec plaisir notre vampire à la sexualité débridé dans une histoire toujours aussi efficace, pleine d’action, de rebondissement et de surprises l’ensemble toujours aussi bien porté par des dialogues percutants et des personnages hauts en couleur. Mais surtout l’auteur nous offre une réflexion intéressante sur la chevalerie et la perception qu’on en a, Lancelot se révélant aux premiers abords un être magnifique, empli d’honneur, mais qui au fil des pages va se révéler complètement différents, hors du temps et bourré de principes, souvent sectaires, d’une époque révolue et qui n’auraient jamais dû ressortir. Au final le héros, le chevalier, n’est pas toujours qui l’on croit ni celui dont on a besoin. L’ensemble est toujours présenté sur un ton drôle, décalé et cynique qui fait qu’on se laisse toujours aussi facilement emporter par cette aventure.

Pourquoi dans les Grands Bois, Aimé-je à M’égarer de karim Berrouka : De nouveau cette nouvelle plonge Lancelot dans un univers contemporain récent et, comme la nouvelle précédente, l’auteur situe le chevalier dans son propre univers d’enquêteurs déjà présenté dans le roman Fées, weed & guillotines. L’équipe de la BCE va enquêter  après un massacre en forêt bretonne et vont y trouver un ermite qui se trouve être Lancelot, à la recherche de tranquillité dans son immortalité, que vient déranger fréquemment Gauvain qui cherche à se venger. De nouveau sur le ton de l’humour, j’ai trouvé cette nouvelle sympathique, même si elle ne m’a pas complètement convaincue la faute, selon moi, au déséquilibre entre les enquêteurs déjanté aux profils si différents et Lancelot. Le chevalier se révèle être limite que secondaire, sauf dans ce duel de conclusion plein de gouaille avec Gauvin qui se révèle complètement délirant et efficace. En tout cas les personnages, ainsi que l’humour de l’auteur et le ton léger m’ont donné envie de lire son roman pour découvrir ses héros dans une histoire qui leur est propre.

 

Lancelot est un personnage vraiment complexe dans sa façon d’être appréhendé par chacune à la fois noble et traitre, aimé et déteste, héroïque et fourbe, un héros aux multiples visages dont les neufs textes de cette anthologie nous proposent une variation à chaque fois différente et finalement nous présente un protagoniste souvent simplement humain. Des nouvelles qui, dans l’ensemble, même si elles ne m’ont pas toutes accrochées de la même façon et avec la même intensité, se révèlent intéressantes et m’ont offert un bon moment de lecture et de découverte aussi sur le cycle arthurien.

En résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec cette anthologie qui nous propose neuf textes différents sur Lancelot, un personnage haut combien complexe et compliqué. Qu’il se retrouve dans un univers d’époque où un univers contemporain, dans l’ensemble ces neufs nouvelles se sont révélées vraiment intéressantes et efficaces même si elles ne m’ont pas toutes accrochées de la même façon. Entre humour, fantasy, onirisme ou magie chaque texte apporte sa propre pierre à la légende ainsi qu’au personnage et mérite d’être découvert pour peu qu’on s’intéresse à Lancelot. Je suis content d’avoir pu découvrir cette anthologie qui m’a aussi permis de découvrir des auteurs dont je n’avais encore lu aucun texte.

Ma Note : 8/10

Page 103 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre