Auteur/autrice : BlackWolf Page 106 of 202

Les Salauds Gentilshommes Tome 3, La république des Voleurs – Scott Lynch

les salauds gentilhommes 3 la republique des voleursRésumé : Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant. Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances. Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire.
À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Dire que j’attendais ce troisième tome de cette série avec impatience est un doux euphémisme, en effet il a fallu attendre six ans depuis la sortie du deuxième tome pour le voir arriver. Attention, je ne me plains pas, je préfère attendre et avoir un excellent roman, que de le voir sortir rapidement et me retrouver déçu devant un livre bâclé, mais voilà l’attente fût tout de même longue surtout après deux premiers tomes qui se révélaient vraiment excellents (Chronique Tome 1, Tome 2). Malgré tout, j’avoue, j’avais un peu peur tout de même de me retrouver avec le même ressenti que le troisième tome du Cycle des Démons de Peter V. Brett qui m’a vraiment déçu. C’est donc avec une grande envie et tout de même une légère appréhension que je me suis lancé dans la lecture de La République des Voleurs. En tout cas je trouve la couverture, illustrée par Benjamin Carré, vraiment magnifique.

On retrouve donc nos héros, quelques semaines après la fin du tome précédent, en mauvaise posture, Locke, mourant, et Jean se retrouve alors obligé d’accepter une mission de leurs pires ennemis, les Mages-Esclaves, pour s’en sortir. Une mission qui va les mener devant une ancienne de la bande ; Sabetha. Quel plaisir de retrouver nos héros après tout ce temps, surtout que l’auteur décide de changer de registre, ici point de grandes arnaque pour s’enrichir, mais un travail de sape dans une élection pour faire élire un parti. On se retrouve donc avec une histoire, certes peut être moins rythmé que les précédents, la politique demandant moins de se taper dessus, mais tout aussi efficace et entrainante, malgré peut-être un début qui prend son temps. Scott Lynch arrive toujours aussi facilement à construire son récit, tel un maître d’orchestre, ne laissant rien au hasard, sachant jouer avec rebondissements et surprises pour faire que le lecteur à du mal à lâcher le roman. Une intrigue principale qui va amener nos héros à se lancer dans de grandes manipulations comme dans les coups bas pour espérer s’en sortir et réussir.

L’autre aspect qui se révèle toujours aussi intéressant c’est aussi la capacité à conter deux histoires en même temps, la première qui concerne la mission, et une seconde reposant sur le passé des personnages du temps de Camorr. Cela permet ainsi de mieux poser Sabetha, de mieux comprendre son rôle dans le groupe et sa relation avec les autres, mais permet aussi de retrouver, avec une certaine nostalgie et beaucoup de plaisir, certains des personnages disparus. Cette seconde intrigue se révèle toute aussi intéressante et bien construite que la première, l’auteur arrivant à passer de l’une à l’autre de façon efficace tout en arrivant à garder l’intérêt du lecteur d’une histoire à l’autre, jouant de façon vraiment réussi avec les twists et les coups de théâtre et surtout l’une répondant à l’autre ; l’ensemble se révélant d’une certaine façon lié. Ici nos héros vont d’ailleurs apprendre le métier d’acteur, le vrai, celui qui se joue sur les planches d’un théâtre.

L’ensemble m’a donc offert un livre passionnant, entrainant, sans véritable temps morts, dense et riche et j’ai adoré suivre les nouvelles aventures de nos héros. De plus ce tome ouvre enfin quelque chose d’important sur le fil rouge présent depuis le premier tome, sur le nom de Locke et aussi sur son passé. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais l’ensemble commence à se dévoiler et à amener quelque chose de plus grand et de plus notable, donnant vraiment envie d’en apprendre plus.

L’univers développé possède toujours cette richesse et cette originalité qui fait, je trouve, sa qualité depuis les premiers tomes. L’auteur nous offre toujours un monde vraiment original, vaste et fascinant où chaque pays, chaque région, chaque ville possède ses coutumes, sa gastronomie, sa façon de vivres, ses zones de lumières et ses zones d’ombres. Certains pourraient trouver que l’auteur en fait un peu trop, principalement dans les descriptions, mais moi je suis toujours aussi happé par cette construction complète d’un monde de A à Z. On découvre aussi avec grand plaisir deux nouvelles villes dans les différentes intrigues, mais aussi le milieu politique ou nos héros vont devoir truquer ses élections. Par contre un des aspects intéressants qui est développé dans ce tome c’est concernant les Mages-Esclaves, on en apprend enfin plus sur cette caste secrète ce qui apporte un intérêt supplémentaire. Un univers qui continue, selon moi, à évoluer de façon vraiment captivante au fil des pages et qui continue à me donner envie de le découvrir et en apprendre plus.

Concernant les personnages il continue aussi à évoluer au fil des pages et se révèlent toujours aussi passionnants à découvrir et à suivre. L’amitié entre Locke et Jean se révèle toujours aussi solide, vive et entrainante et l’arrivée de Sabetha vient offrir un nouvel aspect sur l’ensemble du groupe avec cette relation amoureuse ambigu avec Locke. Alors oui il y a de l’amour et des sentiments mais l’auteur s’en sort parfaitement bien en ne tombant jamais dans le pathos ou le niais, offrant limite une relation amour- haine qui m’a surpris et accroché, même si une ou deux fois il en fait un peu trop.

J’ai trouvé le personnage de Sabetha vraiment intéressant à découvrir même si, j’avoue, je m’étais imaginé une héroïne devant l’idéalisation de Locke depuis deux tomes, je l’ai peut être trouvé un peu moins mordante que ce que je m’étais imaginé. Rien de bien méchant car elle reste un personnage intelligent et on s’attache finalement à elle au fil des pages. J’ai aussi trouvé que Jean prenait encore un peu plus d’ampleur ce qui rend nos deux héros de plus en plus complémentaires.  Les personnages secondaires sont aussi intéressants et soignés, possédant leurs propres histoires et leurs propres caractères. Mais la grande force de l’auteur reste les dialogues toujours aussi enlevés, vif, plein de gouailles et d’humour qui marchent parfaitement bien. L’auteur possède un véritable sens du rythme et de la répartie et cela se ressent.

Mais voilà, clairement ce tome s’annonce comme un peu ce qu’on pourrait appeler un tome de transition (pas trouver d’autre mot) et soit le lecteur accroche soit il n’accroche pas. Je m’explique, ce tome possède deux gros aspects importants qui sont développés, deux révélations primordiales ainsi que la découverte de Sabetha, ce qui fait que, malgré tout le bien que je pense de l’intrigue politique, elle se révèle légèrement sans surprise et aussi un peu moins virtuose sur l’ensemble, même si l’arnaque en elle-même reste bien construite et intéressante. Tout dépend donc de vos attentes, si les nouveautés et l’ouverture à quelque chose de plus grand sur Locke et son passé vous intéresse alors, comme moi, je pense que vous aller accrocher, si vous recherchez plus le côté arnaque grandiose et explosive et le passé de Locke ne vous intéresse pas le moins du monde vous allez peut-être être rebuté. Si je devais vraiment chipoter il n’y a que deux points qui m’ont dérangé, certains passages qui traînent légèrement en longueur et une des révélations qui est amenée de façon un peu bancal j’ai trouvé, même si je n’ai pas toutes les cartes en mains pour complètement le déterminer. Mais voilà ces légers défauts ont vite été balayés devant la qualité du récit.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, entrainante et soignée, arrivant à jongler de façon réussie entre l’intrigue, les personnages et les révélations pour nous emporter. Un troisième tome qui se révèle au final, selon moi, aussi abouti et réussi que les précédents et dont les révélations qui ouvrent de nouveaux horizons à la série me donne envie d’en apprendre plus. Je lirai sans soucis le quatrième tome qui, selon les dernières informations données par l’auteur, pourrait d’ailleurs sortir en VO dès la fin de l’année. En tout cas quel plaisir de retrouver Locke et Jean après toutes ses années et d’enfin découvrir Sabetha.

En résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui permet de retrouver avec plaisir Jean et Locke et nous replonger dans une de leurs aventures. L’auteur nous offre deux intrigues, entre passé et présent, qui s’alternent de façon efficace, jouant sur les rebondissements et les surprises et happant le lecteur dès les premières pages malgré que le début prenne un peu son temps. L’univers continu à se développer au fil des pages de façon cohérente et se révèle toujours aussi fascinant à découvrir. Concernant les personnages ils sont toujours aussi soignés et entrainants, bien portés par des dialogues savoureux et on découvre enfin avec grand plaisir Sabetha. Un tome qui, par contre, fait la part belle à deux révélations sur le passé de Locke, mettant un peu moins en avant le côté « arnaque », ce qui pourrait peut-être en rebuter certains qui ne seraient pas intéressé sur le nébuleux passé de notre héros. Il y a bien quelques légères longueurs et une des révélation m’a parue amenée de façon bancale, mais vite oublié devant la qualité du roman, le tout porté aussi par un style entrainant, soigné et vraiment efficace. J’attends maintenant avec impatience la sortie du tome 4 qui est normalement annoncé fin de l’année en VO. Je croise les doigts, car j’ai hâte de retrouver nos héros.

 

Ma Note : 9/10

Tony Chu Détective Cannibale Tome 4, Flambé! – Guillory & Layman

tony chu 04 flambeRésumé : Depuis qu’une écriture extraterrestre a fait son apparition dans le ciel, la vie est étrange. La population ne semble pas s’en inquiéter ni même se préoccuper d’une probable fin du monde. Quant à la R.A.S., agence gouvernementale ultra-puissante, elle est devenue complètement inutile. L’avenir de l’agent cibopathe Tony Chu semble compromis… À moins qu’il puisse inverser le cours des événements.

Edition : Delcourt

 

Mon Avis : Tony Chu Détective Cannibale  fait partie des comics que je lis avec plaisir tant l’idée de départ continue à m’intéresser, le fil rouge qui se dessine se révèle intrigant et aussi par son côté complètement déjanté. Après la lecture des trois premiers volumes qui se révélaient intéressants et offraient pas mal de rebondissements (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3) j’avais hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir proposer ce quatrième tome tout en espérant, c’est vrai, quelques révélations.

La fin du tome précédent nous avait laissé devant un cliffangher qui paraissait d’une certaine façon lié à l’intrigue principale, suite à l’apparition de cette écriture extra-terrestre dans le ciel. Je me lançais donc dans ce tome avec envie et … rien, ou pas grand-chose du moins. On sent au final une certaine lassitude et une certaine répétition dans ce tome qui continue à ménager le lecteur avec chaque chapitre qui offre une intrigue secondaire vite résolue et seulement quelques éléments qui viennent s’ajouter encore et toujours au mystère de cette intrigue principale sans aucune révélation, ce qui en plus rend le tout confus. C’est un peu ça qui me frustre, continuer à ne pas avoir d’élément de réponse ou au moins de début de quoi que ce soit pour expliquer tout ce qui tourne autour de cette fameuse épidémie de grippe aviaire. Je pourrai appeler ce volume un tome de transition, mais voilà c’est un peu ce que j’avais déjà dis du tome précédent et deux tomes de transition qui se suivent ça fait un peu trop je trouve.

Pour autant est-ce que ce tome est mauvais? Non il se révèle tout de même plutôt plaisant à lire, justement toujours grâce à ces intrigues secondaires qui se suivent et ne se ressemblent jamais, plongeant le lecteur dans les délires et les trips les plus fous sortis de l’imagination des auteurs. D’ailleurs ils se sont bien lâchés dans ce tome, nous emmenant même dans la zone ultra-secrète qu’est la Zone 51, mais je vous laisse découvrir, car une fois encore notre héros va être mis à rude épreuve. Les nombreux rebondissements ainsi que l’humour toujours aussi noir et cynique relève le niveau de ce tome, mais voilà là où quelques éléments plus poussés sur l’intrigue principale aurait rendu ce tome vraiment intéressant on se retrouve ici avec plutôt, selon moi, un tome moyen qui donne l’impression que les auteurs prennent un peu trop leur temps.

Concernant tout ce qui concerne le background développé par les auteurs il se révèle toujours aussi intéressant, principalement dans la représentation d’une Amérique effrayée de tout danger sanitaire suite à la grippe aviaire et qui pourtant oublie tout une fois une nouvelle crise qui apparait. Une légère critique sociale continue à se dessiner aussi au fil des tomes, qui se révèle plutôt intéressante et donne matière à la réflexion comme par exemple devant la manipulation du public ou encore le jeu de pouvoir sur la crainte des populations. En ce qui concerne notre héros on continue à en apprendre un peu plus sur lui et sa famille, même si les ellipses temporels ont fait que certaines questions restent, selon moi; en suspens suite à des révélation du tome précédent ce qui est dommage. On retrouve aussi avec plaisir Mason Savoy toujours aussi énigmatique et dont j’espère on en apprendra enfin plus par la suite.

Concernant les graphismes ils se révèlent toujours aussi fun et réussi avec ce petit côté cartoon et années 70’s. L’ensemble lui donne clairement une identité propre et permet au lecteur de rentrer clairement dans l’histoire à travers un trait qui se révèle réaliste tout en offrant énormément de pointes d’humour et d’ironie. Les scènes se révèlent toujours aussi colorés, vives et entrainantes tout en offrant aux personnages un large panel d’émotion. Au final comme je l’ai dit un quatrième tout juste sympathique, la faute à une intrigue principale qui prend vraiment trop son temps avec peu de révélations et un côté un peu confus à l’ensemble. Je lirai tout de même le cinquième, car le cliffangher final m’a donné envie de lire la suite tout en espérant enfin des révélations sinon je m’arrêterai là.

En Résumé : Je suis sorti de ma lecture de ce tome avec, j’avoue, un léger sentiment de frustration. En effet on se retrouve de nouveau avec un tome qui développe une intrigue secondaire à chaque chapitre, lâchant quelques nouveaux questionnements sur l’intrigue principale, mais sans jamais apporter de révélations ou au moins à minima des éléments de réponses. Un tome qu’on pourrait considérer de transition si le précédent ne l’était déjà pas et deux tomes de transitions qui se suivent c’est jamais efficace. Pourtant le tout n’est pas non plus mauvais on retrouve toujours des histoires complètement barrées et délirantes ou les auteurs poussent leurs imaginations à fond, l’univers est toujours aussi solide et intéressant et les personnages donnent toujours envie de les découvrir. Dommage que ce quatrième tome donne un peu l’impression de piétiner sur l’histoire. Je lirai tout de même la suite, car le cliffangher de fin annonce quelque-chose d’intéressant en espérant ne pas être déçu.

 

Ma Note : 6,5/10

Le Rêve Oméga Tome 1, Souvenirs Mortels – Jeff Balek

yumington 2075 le reve omega 1 souvenirs mortelsRésumé : Garibor Coont est un ouvrier disséqueur. Son métier : extraire les organes des morts afin de les préparer à la transplantation. Si son quotidien est banal, ses hobbies le sont bien moins : Coont a la capacité extraordinaire de décoder les mémoires d’Heisenberg, les implants mentaux dont est équipé l’essentiel de la population de Yumington.? Un don qui va attirer l’attention de l’Organisation, une société secrète dont l’objectif est de résoudre des crimes aussi technologiques que mystérieux.
Sous la contrainte, Coont devra enquêter sur la propagation d’un virus mental et mortel qui dévore les souvenirs de ses victimes.?Et ce qu’il apprendra l’amènera à remettre en cause sa propre identité.

Edition : Snark (Bragelonne)

 

Mon Avis : Il y a quelques mois Bragelonne a décidé de lancer une entité entièrement dédié à la publication numérique avec aussi la possibilité, si on aime le papier, de faire une impression à la demande. Le projet en lui-même se révélait déjà intéressant et pour promouvoir l’ensemble l’éditeur a décidé d’offrir quelques uns de ces romans-feuilletons gratuitement. Voilà donc comment Souvenirs Mortels a finalement fini dans la PAL de mon Kindle. Les différents avis, souvent positifs, que j’ai vu défilé depuis sa sortie on fait que j’ai décidé de lire ce roman pour me faire mon avis.

Finalement, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je n’ai pas vraiment accroché à ce roman. Contrairement à L’Équation de La Vie que j’ai lu il y a quelques jours, je savais ici à quoi m’attendre. Je savais parfaitement que ce roman chercherait principalement à offrir au lecteur un simple et pur moment de divertissement sans prise de tête ou l’action et l’adrénaline primerait. C’est donc sans surprise ce que j’ai trouvé des rebondissements, des courses poursuites, des combats tout ce qui peut caractériser une série B sans prétention autre que de faire tourner les pages au lecteur. Le rythme est tendu, nerveux et sans temps mort, le tout finalement porté par des chapitres qu’on peut considérer comme court voir ultra-court, deux à trois pages kindle en moyenne, ce qui fait que l’ensemble va vite, même très vite et voir trop vite. Le chapitrage aurait peut-être dû être rallongé selon moi.

Alors pourquoi je n’ai pas accroché? C’est simple le tout a beau aller à un rythme effréné qui fait que oui, on tourne plutôt rapidement les pages, je trouvais que le reste ne suivait vraiment pas. Que ce soit l’intrigue, qui tient en deux lignes et qui se révèle clairement linéaire, d’un mec banal engagé par une organisation gouvernementale secrète pour résoudre certains problèmes, ou bien encore les surprises que l’auteur cherche à mettre en avant mais qu’on voit arriver très rapidement, franchement le retournement de situation du héros qui n’est pas celui qu’on croit est capillotracté, j’avoue que j’ai eu du mal à vraiment accrocher à ce récit. Je ne parlerai pas non plus de l’univers, qui a du potentiel, mais reste justement à l’état de potentiel tant l’auteur ne fait rien pour le développer et pire à chaque fois qu’il peut y avoir un semblant  d’explication ou de réflexion elles sont balayées par le narrateur ou un personnage qui considère que c’est trop compliqué à expliquer, ce qui est frustrant.

Concernant les personnages j’avoue qu’on est un peu sur le même principe que l’univers, il y a en tout et pour tout quatre (si je compte les Smith comme une seule entité) personnages qu’on découvre un peu au fil des pages possédant un CV et se révélant aussi épais que l’épaisseur d’une feuille de papier. C’est dommage, car cela a eu pour conséquence que je ne me suis jamais intéressé ni accroché à aucun des héros. Franchement à la fin ils auraient pu tous mourir dans d’horribles souffrances cela ne m’aurait fait ni chaud ni froid. Concernant l’humour que développe l’auteur j’avoue je suis resté de marbre. Pour vous donner une idée, il a décidé de faire appeler tous les agents secrets de l’organisation John Smith, sans revenir sur la référence je vous laisse imaginer les imbroglios d’une pièce remplie de plusieurs John Smith, ça vous fait rire foncez, mais si comme moi vous n’accrochez pas, je suis pas sûr que vous allez rire énormément.

Je comprends par contre parfaitement que ce genre d’histoire électrique et mouvementé plaise, en effet ici tout n’est qu’action et péripétie et permet de passer un bon moment pour peu qu’on déconnecte un peu son cerveau, mais voilà j’attends quand même un minimum plus d’un livre et si je souhaite débrancher ce qui me sert de tête je préfère le faire devant un film à la TV plutôt que devant un livre. Je suis peut-être élitiste en disant ça, je ne sais pas, un livre a le droit d’être pur divertissement, j’en lis aussi, mais bon un minimum de background et de profondeur dans les personnages me parait un minimum, il ne suffit pas de balancer des gens au milieu d’explosion et d’action pour que je me sente happé. Ceci est bien entendu mon ressenti personnel d’autres ont l’air d’avoir accroché.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, très simple voir même trop simple je trouve, se reposant trop sur les dialogues et oubliant le reste. Certains chapitres ne sont même, limite, que des dialogues sans rien d’autre. Alors tout n’est pas non plus complètement mauvais, je me suis senti frémir sur le 15 derniers pourcentage du récit, devant la frénésie et la résolution de cette enquête j’ai tourné les pages avec légèrement plus d’envie, mais bon pas non plus de quoi me faire oublier tout ce qui ne m’a pas accroché. Je ne lirai donc pas la suite de cette histoire, je préfère m’arrêter là sachant que je ne suis pas fait pour ce genre de feuilleton.

En Résumé : Au final j’avoue ne pas avoir accroché à cette histoire qui n’offre au lecteur qu’une intrigue bourrée d’action et d’adrénaline oubliant un peu de tout le reste. L’univers présenté à pourtant quelques bonnes idées, mais jamais aucune explication ni aucun développement n’est fourni, soit le lecteur l’accepte, soit selon le narrateur c’est trop complexe pour être expliqué. les quelques personnages importants dans cette histoire je les ai trouvés aussi épais qu’une feuille de papier ce qui fait que je ne me suis jamais accroché à eux ni ressenti d’émotion pour eux. Concernant le style de l’auteur il se révèle trop simple à mon goût, ne se reposant en majorité que sur les dialogues et je suis aussi resté de marbre à l’humour. Les 15% de la fin ont un peu plus réussi à m’emballer, mais pas de quoi sauver l’ensemble ni de me donner envie de lire la suite. Ce genre d’histoire plaira à ceux qui veulent déconnecter leur cerveau devant un livre, moi j’avoue je préfère faire cela devant la TV, j’attends plus d’un livre. Dommage, même si je ne doute pas que ce genre d’histoire possède son public, j’en fais juste pas parti.

 

Ma Note : 4/10

 

Autres avis : Herbefol, ImagIn, etc…

Le Sang des 7 Rois, Livre Deux – Régis Goddyn

le sang des 7 rois livre 2Résumé : – Tu n’es pas une fille Rosa, tu es un miracle. Fernest se pencha et cueillit une petite fleur qu’il lui glissa dans les cheveux.
– Pourquoi m’aimes-tu?
– Je t’aime… parce que tu en as besoin.
– Ce n’est pas une raison.
– Alors je t’aime parce que j’en ai besoin.
Rosa essaya de voir les voyageurs en contrebas. Ils étaient trop loin, et dissimulés par le relief. Elle ferma les yeux et sentit leur présence, leurs émotions, leurs douleurs et leurs peines. Elle s’écarta pour regarder Fernest, puis elle détourna le regard comme pour se mesurer au glacier, colossal nuage pétrifié sur le flanc de la crête. Elle resta ainsi longuement avant de reprendre la parole.
– On ne m’a jamais aimée, Fernest.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis lancé dans la lecture du premier tome de ce cycle qui se révélait vraiment intéressant, offrant une histoire efficace et pleine de surprise malgré un début un peu lent (ma chronique ici). Je n’ai donc pas mis longtemps avant de faire entrer ce second tome dans ma PAL et, vu que le troisième vient d’être publié il y a peu, j’ai décidé de le sortir de ma bibliothèque pour savoir ce que nous offre cette suite. À noter toujours que ce cycle devrait contenir 7 tomes. En tout cas je trouve la couverture, illustrée par Yann Tisseron, toujours aussi magnifique.

Après un premier tome qui nous permettait de poser les bases, que ce soit des personnages, de l’univers et de l’intrigue, on rentre avec ce livre deux dans une histoire qui se révèle plus soutenue, plus vive et plus entrainante. En effet suite aux différents complots nos héros se retrouvent en fuite pour différentes raisons et vont tout tenter pour survivre et continuer à avancer. La narration multiple permet clairement à l’auteur de varier les points de vues offrant à l’ensemble un rythme vraiment efficace et entrainant, même si, j’avoue, j’ai moins accroché aux passages sur Rosa dont j’attendais beaucoup, mais qui, dans ce tome, n’évolue pas vraiment et se consacre à cette histoire d’amour que je trouve bancale. L’auteur nous offre dans l’ensemble pas mal de rebondissements, d’action mais aussi des révélations surprenantes qui viennent ajouter quelques pièces au puzzle de l’intrigue qui continue à se dessiner, même si on n’a pas encore de vue d’ensemble. Surtout l’auteur offre aussi quelques surprises que je vous laisse découvrir et qui redistribuent clairement les cartes sur les idées qu’on avait et les forces en présence.

L’univers présenté par l’auteur se révèle toujours aussi solide et continue à s’étoffer lentement au fil des pages. Ce tome nous permet ainsi d’en découvrir plus sur ce fameux sang bleu, les mages et les avantages que tout cela procure, mais on découvre aussi plus en profondeur le monde des rebelles qui est différend de ce qu’on pouvait croire avec aussi de ce côté des luttes de pouvoir internes et des machinations. L’auteur continue aussi à travailler sur cette différenciation entre les couleurs du sang amenant à une supériorité des uns sur les autres ainsi que son lot d’horreur et de tortures. Il offre ainsi un large panel de réflexion sur l’aspect génétique et ses conséquences, l’inquisition et ses méthodes ou encore sur l’élimination de masse de population considérée comme inférieure. Au final un univers efficace et intéressant, dont beaucoup de questions restent encore en suspens. Mon seul soucis vient des pouvoirs magiques des mages comme Orville ou Rosa, on tombe un peu trop dans le « super-pouvoir » qui les rend limite invincibles leur permettant ainsi de sortir trop facilement des dangers. À voir comment ça évolue par la suite.

Concernant les personnages ils sont toujours intéressants à découvrir et, même si je trouve que Rosa n’évolue pas assez dans ce tome nous donnant l’impression qu’on se retrouve au même point que le précédent, les autres se dévoilent au fil des pages. On s’attache à eux et on suit leurs péripéties avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Orville continu à prendre de l’ampleur dans ce tome dévoilant un personnage avec ses forces et ses faiblesses qui cherche toujours à faire du mieux qu’il peut, mais qui se laisse porter par le courant. Mais surtout l’auteur apporte de nouvelles têtes qui se révèlent intéressantes, principalement chez les gardiens. En plus de continuer à en apprendre plus sur Sylvan on découvre Aldemond, fasciné par les énigmes. Heureusement d’ailleurs qu’on les découvre car concernant les autres gardiens ils me paraissent un peu trop construit sur le même moule, sauvage, violent et trop téméraire, aspect qui ne dérange pas quand on parle de soldat, mais qui m’ennuie un peu avec un personnage comme Lothar considéré comme le chef des gardiens qui devrait quand même posséder plus de charisme.

Je regrette aussi quelques aspects, je pense à tous les passages entre Orville et Petrus l’un cherchant à cacher ses pouvoirs de mage alors qu’il s’en sert à tout va et l’autre qui est tellement crédule qu’il croit tout ce qu’on lui dit ce qui rend certaines scènes un peu improbable du genre « tu as vu ce monstre marin découper tous nos ennemis en tranche et couler le bateau en à peine 1s et pouf il a disparu, car non ça ne peut pas être moi » »Oui Orville je te crois ». Rien de bien méchant non plus, mais ça m’a surpris. Autre point, l’auteur nous offre un résumé en début de roman, ce qui est toujours intéressant et permet le rappel de ce qui c’est passé précédemment, mais pourtant de nombreux passages reviennent aussi sur les évènements précédents dans le corps du roman, j’ai trouvé que cela faisait un peu trop de redite. Dernier point c’est la présentation des personnages que je trouve un peu trop protocolaire, façon CV, le personnage arrive et sur un voir deux paragraphes on a son age, son lieu de naissance et les faits importants de sa vie qui s’alignent, j’accroche moyennement.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante, même si cette fois je lui ai trouvé quelques maladresses, principalement dans les dialogues voir même la sur-utilisation des dialogues. En effet j’ai trouvé que certains se révélaient parfois trop creux ou tombaient un peu trop à plat, je pense principalement au moment où on se retrouve devant les 12 conseillers pour juger un des héros et qu’il va se retrouver défendu par deux de ses amis. Les discussions m’ont paru alors manquer de conviction, de profondeur et de passion, franchement si un jour je dois être défendu par eux je préfère fuir. Ce genre de dialogue se retrouve une ou deux fois. Alors attention, ce n’est pas méchant et cela n’empêche en rien de se laisser porter par l’histoire surtout quand on sait que c’est un premier roman, mais à voir par la suite.

Au final j’ai de nouveau passé un bon moment avec ce second tome, malgré quelques petits défauts ici ou là, et je lirai la suite rapidement, principalement aussi vis-à-vis d’un passage, dont je ne vous parle pas, déjà pour ne pas spoiler et aussi, car pour le moment, il n’est qu’à peine ébauché et qu’il est donc trop tôt pour que je me fasse une idée précise.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce tome qui se révèle au final plus haletant et plus rythmé que le précédent qui servait à poser les bases. L’intrigue continue à s’étoffer entre révélations et surprises et on a hâte d’en apprendre plus. Concernant l’univers il se révèle toujours aussi solide, nous offrant des axes de réflexion intéressants. La magie continue à prendre de l’ampleur même si je trouve les mages un peu trop puissants. Concernant les personnages, dans l’ensemble, ils se révèlent intéressants même si je trouve dommage que Rosa n’évolue pas vraiment, se concentrant plus sur une histoire d’amour que je trouve bancale. Certains points m’ont tout de même dérangé, Orville passe son temps à se servir de ses pouvoir et fait croire à Petrus que c’est la chance ou le hasard alors que bon, au bout d’un moment il a bon dos le hasard et je trouve aussi qu’il y a trop de répétitions concernant les évènements du tome précédent avec le résumé et les différents dialogues. Concernant le style il est toujours aussi simplement et entrainant même si je l’ai trouvé un peu maladroit principalement dans certains dialogues un peu trop creux et plats ou encore dans la présentation un peu trop CV des protagonistes. Rien de non plus gênant car ce second tome m’a donné envie de lire la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Mariejuliet, etc…

Une Aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix Tome 2, La Légende de la Pierre – Barry Hughart

la legende de la pierreRésumé : Le redoutable Prince qui Rit, aidé de ses Moines de la Liesse, a autrefois mis la vallée des Chagrins à feu et à sang. Sept siècles et demi plus tard, un bibliothécaire a été assassiné dans un monastère, et des témoins affirment avoir vu les Moines de la Liesse sur les lieux et entendu un son étrange, surnaturel, résonner. Le Prince qui Rit semble être revenu…
Accompagné par Fils de Lune, le plus grand maître des sons de l’Histoire, et Tourment de l’Aube, la fille de joie au cœur trop tendre, Maître Li – un Sherlock Holmes chinois centenaire possédant un léger défaut de personnalité – et Bœuf Numéro Dix – son surpuissant assistant – partent explorer le tombeau du Prince qui Rit.

Edition : Denoël Lunes D’Encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Après m’être lancé il y a quelques mois dans la lecture du premier tome de ce cycle, qui m’avait offert un excellent moment de lecture avec une histoire vraiment entrainante, efficace et surtout pleine d’humour dans un univers asiatique riche (ma chronique ici), j’ai rapidement fait rentrer les deux autres aventures de Maître Li et Boeuf Numéro Dix dans ma PAL. Il y a quelques jours j’ai décidé de sortir le second tome avec l’envie de découvrir quel genre de nouvelles péripéties aller rencontrer nos héros et surtout avec la certitude que j’allais rire. À noter la couverture, illustrée par Yayashin – Bruno Wagner, que je trouve toujours aussi magnifique.

C’est donc avec plaisir qu’on replonge dans ce nouveau conte oriental où, dès le départ, on apprend que Boeuf est devenu le premier assistant de Maître Li et où très vite une nouvelle énigme va venir réveiller l’esprit de nos héros ; celle du retour d’entre les morts du Prince qui Rit. Tout s’annonçait bien et pourtant j’avoue, une fois la dernière page tournée, j’ai moins accroché à cette enquête que la précédente. Elle m’a parue, d’une certaine façon, plus laborieuse dans son déroulement, dans son rythme et dans ses révélations. En effet l’auteur nous offre ici une intrigue qui va se révéler vraiment complexe, peut-être même trop donnant vraiment l’impression de partir dans tous les sens et de se révéler trop foisonnante, ce qui fait que le lecteur se sent un peu perdu ne sachant pas vraiment où l’auteur veut aller et finalement ne fait que suivre les pérégrinations de l’histoire sans parfois trop comprendre les tenants et les aboutissant. En fait l’ensemble semble manquer de liant, l’auteur offrant de nombreuses quêtes secondaires dont on a parfois du mal à comprendre l’utilité et surtout parfois le rapport avec l’intrigue principale.

Pour autant l’histoire se lit tout de même aisément, on se laisse toujours facilement porté par ce décalage plein d’humour et de fantaisie que nous propose l’auteur au fil des pages. On retrouve aussi avec plaisir cet humour mordant, subtil et vraiment efficace et le lecteur se retrouve à avoir régulièrement le sourire aux lèvres. Le rythme du roman se révèle toujours enlevé, les péripéties continuant à s’accumuler pour nos deux héros où ils vont encore frôler régulièrement la mort et où les capacités intellectuelles de Maître Li et les capacités physiques de Boeuf vont être misent à rude épreuve. C’est cet ensemble qui fait la réussite de ce cycle et qui fait que, malgré une intrigue en dessous et un peu trop nébuleuse, on se laisse tout de même porter avec un minimum de plaisir par ce livre. Par contre j’ai été légèrement déçu par cette conclusion, ou plus principalement par la révélation finale du vilain, je l’avais deviné aux environ de la moitié du livre. C’est dommage.

L’univers oriental que l’auteur développe depuis le premier tome se révèle toujours aussi riche, soigné et captivant. On continue à sentir toute la passion qu’à l’auteur pour cette région, mélangeant ici personnages connus, mythes, magies, architecture et légendes. Régulièrement l’auteur nous fait découvrir des fables et des traditions qui font que le lecteur se retrouve happé par ces petites histoires et ce folklore apportant ainsi, je trouve, une petite touche supplémentaire d’intérêt.  L’auteur nous offre aussi un monde à la fois séduisant, à travers des descriptions qui se révèlent vraiment magnifique et des lieux visités qui donnent envie d’être découvert, mais aussi à la fois sombre à travers une histoire longue de trahisons, de morts et de violence ou les êtres au plus bas de l’échelle ne sont considérés que comme des matières premières et rien d’autre. Un univers terriblement efficace et cohérent qu’il donne vraiment envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages, nos deux héros se révèlent toujours aussi intéressants à suivre et à découvrir, se révélant toujours complémentaire dans leurs aventures et on continue à en apprendre un peu plus sur eux au fil des tomes. Boeuf se révèle toujours aussi attachant, surtout devant sa relation ambigu avec Fils de Lune et Tourment de L’Aube. Ces deux nouveaux personnages justement se révèlent vraiment intrigants, fascinants et surtout complètement délirants, je pense principalement à Fils de Lune et sa séxualité débridé. Même si, j’avoue, ils me paraissent mal amené j’ai complètement accroché à ce duo de personnage extravagant. Les autres personnages qui gravitent autour de nos héros se révèlent toujours aussi hétéroclites, colorés, soignés et fascinant que ce soit dans leurs émotions ou bien dans ce qu’on peut considérer parfois comme leurs folies, même si dans l’ensemble je les ai trouvés un peu moins flamboyant que dans le précédent. Ils sont aussi toujours aussi bien portés par des dialogues efficaces et percutants.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi dense, riche et entrainante avec toujours ce côté « fleuri » qui rend les scènes les plus sauvages et violentes, entrainantes, neutres et pleines d’humour noir. On se laisse porter tant il sait manier les rebondissements et les surprises. Dommage au final que l’intrigue se révèle parfois trop brouillonne et que j’ai découvert le méchant au bout de la moitié du roman, car sinon le reste se révèle toujours aussi efficace et réussi. J’ai tout de même passé un agréable moment avec cette nouvelle aventure de nos deux héros et je lirai sans soucis le troisième et dernier tome de cycle tant il donne le sourire aux lèvres.

En Résumé : J’avais hâte de voir ce qu’allait proposer l’auteur dans ce second tome du cycle et j’avoue avoir passé un agréable moment de lecture même si je l’ai trouvé clairement un cran en dessous que le précédent. Pourtant on retrouve avec plaisir ce mélange d’aventures entrainantes, le tout mélangé avec un humour mordant et efficace, mais voilà j’ai trouvé que l’intrigue donnait l’impression de partir dans tous les sens et l’ensemble me paraissait parfois manquer de fluidité ce qui fait que le lecteur, ne comprenant pas toujours tout, se laisse plus trainer qu’emporter sur certains passages. Autre point qui m’a dérangé, j’avais compris le twist final beaucoup trop tôt. Par contre, concernant l’univers il se révèle toujours aussi riche et magnifique et donne clairement envie de le découvrir plus en profondeur. Les personnages sont toujours aussi soignés, denses, attachants et toujours aussi bien portés par des dialogues percutants. La plume de l’auteur possède toujours cette richesse et cette densité qui fait que le lecteur rentre facilement dans cette histoire bien soutenu par un humour, souvent acerbe et efficace, qui fait que malgré les quelques défauts on ressort de ce roman le sourire aux lèvres. Je lirai le troisième tome sans soucis.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Zina, Louve, Mithrowen, Efelle, …

Métrozone Tome 1, L’Equation de la Vie – Simon Morden

metrozone 1 l'equation de la vieRésumé : Samuil Petrovitch est un rescapé. Il a survécu aux retombées nucléaires de l’Armageddon, et se cache aujourd’hui dans la Metrozone londonienne, la dernière ville d’Angleterre. Il a survécu car c’est un homme de règles et de logique. L’une de ces règles est de ne jamais s’impliquer. Mais lorsqu’il sauve la vie de la fille d’un chef yakuza, Samuil se retrouve malgré lui au coeur d’une équation complexe. Et quand la mafia russe s’en mêle, et qu’une intelligence artificielle s’appelant la Nouvelle Machine du Jihad prend le contrôle de la Metrozone, il doit prouver que la survie n’est pas qu’une affaire de calcul. Car Samuil a toujours un plan, il n’est juste pas convaincu que ce soit le bon…

Edition : Eclipse

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce roman un peu sur un coup de tête. Je me suis tout d’abord laissé tenter par cette illustration de couverture que je trouve attirante. Il faut dire aussi que les mondes futuristes, qui plus est ceux qui se révèlent post-apocalyptique comme l’annonce le résumé, me donnent toujours envie. Ensuite, le quatrième de couverture m’a convaincu avec ce mélange de yakusas et de héros en rédemption. Ajoutez à cela un prix Philip K. Dick 2012 et ce livre a donc terminé sa course dans ma PAL, avant que je l’en fasse sortir il y a quelques jours pour le découvrir.

Pourtant, une fois la dernière page tournée je n’ai pas le sentiment d’avoir été complètement convaincu. Dans l’ensemble c’est assez sympathique mais clairement un sentiment d’inabouti transparait selon moi. Déjà cadrons le sujet, si vous cherchez un roman de SF dense, intelligent et scientifique voir Hard-Science alors arrêtez-vous là, car ici l’auteur a décidé de nous offrir un roman de SF qui ne cherche que l’aspect pur divertissement. Pour expliquer en quelques lignes ce roman, prenez notre monde après une grande catastrophe nucléaire où certains pays et continents sont devenus invivables et où le réfugiés ont envahi les pays encore debout, puis prenez la franchise cinéma Die Hard pour son héros grande gueule, sa capacité à se mettre dans les pires situations et pour l’action et l’explosif, ajoutez quelques idées et vous visualisez ce qu’est ce roman. Au cinéma on appelle cela un fils pop-corn, en littérature on utiliserait peut-être plus le terme page turner.

Car oui une chose est sûre c’est que le récit que nous propose l’auteur se révèle vraiment sans temps mort, chaque chapitre apportant son lot de révélations, de rebondissements et de surprises ce qui fait que le lecteur n’a pas le temps de souffler et se laisse entrainer à tourner les pages pour en apprendre plus. L’action, les explosions, les courses poursuites s’alignent pour notre plus grand plaisir et, même s’il a parfois du mal à se sortir de certains poncifs du genre, qui se révèlent trop caricaturaux, dans l’ensemble il remplit pleinement son rôle de pur divertissement fun et rempli d’adrénaline.

Mais voilà c’est aussi un peu sa faiblesse, car l’auteur cherche beaucoup trop par moment le plaisir et le sensationnel que le développement de son intrigue. Il y a pourtant pas mal d’idées dans cette histoire, que ce soit le développement des différents mafieux, le cloisonnement dans ces rues de Londres des immigrés, la sur-utilisation de la technologie, mais voilà l’auteur ne reste toujours qu’en surface et ça devient par moment frustrant. Beaucoup trop d’aspects restent au stade d’embryon et seul l’intrigue principale, qu’on va retrouver tout au long de la trilogie, concernant cette théorie mathématique, se révèle plus dense et dont ce premier tome sert principalement poser les bases. Tout dépend après de ce qu’on recherche dans un livre mais je pense que le prix Philip K. Dick a du aussi m’induire en erreur, je m’attendais à une histoire plus profonde et plus soignée et non un roman d’action.

Concernant l’univers il se révèle assez intéressant à découvrir. On se retrouve dans un Londres post-apocalyptique qui se relève de cette catastrophe naturelle et qui a été envahie par les immigrés fuyant des pays devenus invivables, formant ainsi la Métrozone. Le background qui se dévoile lentement au fil des pages se révèle solide, et donne envie d’en savoir plus sur cette tragédie, connaitre ses tenant et ses aboutissants pour savoir ce qui a poussé l’humanité à une telle folie nucléaire. Le jeu de pouvoir entre les différentes parties se révèle efficace même si parfois un peu trop « grossier » dans sa présentation. L’aspect technologique se révèle intéressant dans un monde où elle prend de plus en plus d’ampleur et où tout est commandé par électronique. On tend aussi légèrement vers le Cyberpunk avec des aspects tels que le hacking et les IA. Au final un univers qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui se révèle assez solide et intrigant pour donner envie d’en apprendre plus et l’auteur offre quelques bonnes idées comme cette nonne guerrière.

Concernant les personnages pour ce qui s’agit de Petrovitch il se révèle plutôt intéressant à découvrir en tant que héros au passé louche qui cherche, d’une certaine façon, à se racheter une conscience. C’est un personnage efficace, entrainant à la gouaille percutante et directe et on suit ses aventures avec plaisir même si sa capacité à creuser sa tombe par son répondant donne envie parfois de la secouer. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui je reste plus mitigé, car autant certains personnages m’ont accroché comme Chain le flic désabusé qui contrôle tout mais ne peut pas faire grand-chose, ou encore Oshicora en yakuza sobre et inquiétant ; autant les autres restent cantonnés dans leurs rôles sans jamais vraiment en sortir ni vraiment se développer. Pas qu’ils soient inintéressants ou ennuyeux, juste on en sait trop peu sur eux pour vraiment s’y attacher un minimum, ne servant au final qu’à faire avancer l’intrigue et surtout l’action, comme cette nonne guerrière au fort potentiel et qui finalement n’est que le bras armé de Petrovitch.

La plume de l’auteur ne manque pas d’énergie, d’envie et se révèle simple et entrainante, offrant surtout des scènes très visuelles qui plongent facilement le lecteur, se laissant ainsi aller à travers cette histoire bourré d’adrénaline. Par contre je lui reproche parfois de vouloir trop en faire, contextualisant un peu trop certains aspects qui sont déjà très explicites. Je prends l’exemple du héros, c’est un solitaire, l’auteur se sent, on ne sait pas pourquoi, l’obligation de mettre quelques scènes inutiles pour bien le faire comprendre au lecteur ce qui est dommage. Autre point qui m’a dérangé, Petrovitch est russe il lui arrive donc d’utiliser des expressions russes quand il parle dont les traductions se trouvent dans un lexique. Pourquoi pas, j’avoue ça aurait pu être intéressant, dévoiler quelque chose, mais toutes les 2-3 pages on se dirige vers le lexique pour se rendre compte finalement qu’à chaque fois qu’il parle en Russe c’est simplement pour lâcher une insulte. Mouais. Au bout d’un moment j’en ai eu marre j’ai arrêté de lire le lexique, ça ne servait à rien et ça cassait le rythme.

Globalement on peut définir ce livre comme un roman sans prise de tête, qui aligne esbroufe, explosion, action, le tout avec frénésie. Ce n’était pas forcément ce que j’attendais, je voyais une intrigue plus dense et plus complexe surtout devant le Philip K. Dick Award, mais dans l’ensemble c’est divertissant et ça se lit bien entre deux romans plus denses. Est-ce que je lirai la suite, oui sûrement si je cherche une histoire fun et j’aimerai aussi en savoir plus sur cette équation mathématique, mais pas ce ne sera pas une lecture prioritaire.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture divertissant avec ce roman sans non plus avoir été conquis, loin de là. L’intrigue nous offre une récit sans temps mort bourré d’action et d’adrénaline, mélange de SF et de « Die Hard », ce qui fait qu’on tourne les pages facilement. Mais voilà l’ensemble manque parfois de profondeur, que ce soit aussi bien dans les aspects politiques, de machinations et de background, comme si l’auteur ne cherchait à nous offrir que la partie fun occultant légèrement le reste. L’univers en soi se révèle solide, même s’il ne révolutionnera pas le genre, il donne envie d’en apprendre plus. Le personnage de Petrovitch se révèle intéressant et possède une gouaille percutante même, si par moment il cherche un peu trop les ennuis . Les personnages secondaires son soit intéressants soit trop calibrés pour attacher le lecteur. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et surtout très visuelle, je lui reproche juste de parfois trop en faire pour nous faire comprendre certaines idées. Au final un roman divertissant, sans prise de tête, je lirai je pense la suite pour me distraire, mais ce n’est pas ma priorité.

Ma Note : 6/10

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