Auteur/autrice : BlackWolf Page 107 of 202

Sur Le Fleuve – Léo Henry & Jacques Mucchielli

sur le fleuveRésumé : On suit les aventures d’une expédition européenne, menée par un noble castillan, à la recherche des cités d’or en terres indiennes. Un voyage qui va se révéler plein de dangers.

 

Edition : Dystopia

 

Mon Avis : Ce livre j’en ai énormément entendu parler suites à différents avis, souvent positifs, et principalement par le retour de lecture de Lelf qui m’a vraiment donné envie de découvrir ce roman. Pourtant de Léo Henry je n’ai lu qu’un seul recueil de nouvelles qui, certes, ne m’avait pas totalement accroché, mais possédait tout de mêmes des aspects vraiment intéressants qui me donnait envie de découvrir plus d’écrits de l’auteur. Ce livre a donc tout logiquement rejoint ma PAL. Concernant la couverture, illustrée par Stéphane Perger, je la trouve vraiment magnifique.

Une chose est sûre c’est que dès les premières pages on est tout de suite plongé dans l’ambiance sombre et entrainante de cette histoire et le lecteur se met à tourner les pages avec l’envie de savoir ce qui va arriver à nos explorateurs. En effet on démarre fort, dans la violence et le sang, avec le massacre d’indiens par nos chercheurs d’or. À partir de là tout va très vite dégénéré, nos héros se retrouvant pourchassés par un ennemi mystérieux et sauvage qui semble être un jaguar. Ce court roman devient très vite addictif, offrant un récit enlevé, angoissant par certains aspects, et sans aucun temps morts, tout en ne négligeant pas pour autant les personnages et leurs interactions. Quasiment chaque chapitre apporte son lot de rebondissements, d’action, de violence et de surprises qui se révèlent souvent efficaces et entrainantes. Les péripéties que vont rencontrer les personnages vont se révéler souvent sanglantes et les amener à se dévoiler, pour le meilleur ou pour le pire, et à repousser les limites d’eux-mêmes.

L’histoire reprend clairement les classiques des histoires d’aventures avec explorateurs, forêt, cité d’or et indiens, aspects qu’on retrouve souvent au cinéma, mais là où les auteurs arrivent vraiment à sortir leurs épingles du jeu c’est premièrement dans les descriptions de cette jungle vraiment riche, luxuriante, vivante et colorée mais qui surtout se révèle sauvage, poisseuse, sans pitié et mystérieuse. Il ne suffit pas de venir en conquérant pour l’abattre, elle est insaisissable. Au milieu de tout cela coule un fleuve, gigantesque, puissant, magnifique et d’une certaine façon indomptable qui va pousser au plus loin nos héros. Ce roman offre  aussi la lutte entre l’aspect cartésien, supérieur, des hommes blancs du 16ème siècle, fort de leurs avancées technologiques et de leurs croyances, face à ces indiens qu’ils considèrent comme rebelles et arriérés. Le petit plus vient aussi clairement de l’aspect fantastique qui est distillé lentement, se révélant de plus en plus présent, angoissant au fil des pages. Un univers qui donne autant envie d’être découvert par sa beauté et son aspect intrigant,  que d’être fui devant les nombreux secrets et magies qui se cachent au fin fond de cette forêt.

Ensuite, l’autre aspect qui fait que j’ai été happé par cette histoire c’est par le travail complexe qui a été effectué sur les différents protagonistes. On découvre au fil des pages que chaque personnage n’a pas fait ce voyage pour rien, certes il y a l’or au bout, mais des raisons plus intimes les poussent à avancer ; entre la recherche d’une rédemption, l’envie d’être connu et reconnu, l’envie de suivre un être cher ou encore l’envie d’oublier un passé sanglant, chaque héros possède sa propre raison de suivre cette aventure. Entre haine, amour et oubli ils sont loin de tout manichéisme. C’est cette caractérisation des personnages, très bien porté par une narration multiple, vu qu’on se retrouve à suivre au moins une fois chaque personnage, qui fait que très vite ils deviennent intéressants et qu’on comprend ce qui les pousse à avancer. On s’attache d’une certaine façon vraiment à eux, même s’ils se révèlent lâches, assassins ou fous.

Autre point qui se révèle intéressant et captivant, c’est la façon dont ils voient, tous, cette douce plongée dans l’abîme, leurs façons de réagir face aux dangers invisibles qui les guettes et les tourmentes. On retrouve aussi des passages plus poétiques qui permettent de faire la connaissance de petit frère que je vous laisse découvrir, mais qui apporte une touche de douceur et de mysticisme dans ce malaise et cette folie.

Il n’y a que deux petits points qui m’ont légèrement dérangés durant ma lecture. Le premier vient du fait qu’il y a énormément de personnages sur à peine 200 pages, j’avoue que sur les 50 premières pages, parfois, je me suis senti perdu et me suis retrouvé obligé de revenir au lexique des personnages, surtout que certains des héros se ressemblent un peu trop. Cela a eu pour effet de casser un peu le rythme de l’ensemble. Rien de bien gênant, mais un peu perturbant, qu’on oublie une fois qu’on a bien pris connaissance d’eux. L’autre point vient de la conclusion qui se révèle finalement assez classique et sans surprise. Pas qu’elle ne soit mauvaise, loin de là, elle se révèle efficace, mais voilà j’attendais peut-être quelque chose de différend, d’un peu plus percutant je pense. Ce ne sont que des petites broutilles, car dans l’ensemble j’ai été happé par ce roman d’aventure, de mystères et de fantastique.

Concernant la plume des auteurs je l’ai trouvé vraiment entrainante, riche, vive et captivante, arrivant à nous faire visualiser de façon efficace, réaliste et limite cinématographique les différentes scènes, les différents lieux, les différentes souffrances et même cette folie. Elle arrive vraiment à plonger le lecteur dès le début dans cette histoire sombre et sanglante pour ne le lâcher qu’à la toute dernière page. J’ai passé un très bon moment avec ce livre dont la tension est présente du début à la fin, qui certes est classique sur le fond mais qui, au final, se révèle réussi, nous plongeant dans une histoire prenante et haletante où la bête fantastique rejoint la bête humaine et où les quêtes de chacun, à travers ce voyage, se révèlent plus profondes qu’on le pense. Je lirai avec plaisir d’autres écrits des auteurs.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce court roman qui nous plonge dans une histoire, certes classique, d’explorateurs à la recherche d’or en Amérique du Sud, mais qui se révèle bien menée, sans temps morts tout en faisant monter au fil des pages une tension et un léger malaise qui happe le lecteur. Une des grandes forces du récit vient de ses personnages qui se révèlent soignés, que ce soit dans leurs émotions comme dans leurs motivations et leurs envies, mais surtout les auteurs arrivent à rendre tangible cette douce folie qui les prend au fil des pages. L’autre aspect intéressant vient aussi de cette forêt, de ces descriptions riches, vivantes, mais aussi angoissantes qui rendent cet endroit autant magnifique, colorée que sauvage, indomptable et sanglant. La plume des auteurs se révèle vraiment soignée, vive et entrainante, happant facilement le lecteur qui tourne les pages avec envie. Mes seuls légers regrets viennent d’un nombre important de personnages qui fait qu’on a, sur le début, du mal à parfois se retrouver et une conclusion trop classique vis-à-vis de mes attentes. Rien de bien dérangeant non plus, loin de là.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lelf, Tigger Lilly, Lhisbei, etc…

Le Carrefour des Parallèles Tome 1, La Métropole du Vide – Yseult Le Goarnig

le carrefour des paralleles t1 la metropole du videRésumé : Djiminn’do. Pas de chair et de sang pour la constituer, pas de figure humaine. C’est une entité à part entière pourtant, une ville aux poumons ennemis, machine de fer qui broie, où l’Art est interdit.
Niüt, orpheline échappée du Castel de Londinium à l’âge de douze ans, rejoint la célèbre Métropole pour y percer le mystère des Enfants des Sables. En proie à des images obsessionnelles, crainte et rejetée par la Sphère, l’entité politique qui régit la Capitale, la petite fille marche de révélations en révélations aux côtés d’un Privilégié obscur, d’une Veilleuse muette et d’un dandy ambigu. Commence alors pour elle un itinéraire entre rêve et réalité, où se mêlent conspirations, mensonges et secrets. Un aller au cœur de l’Onirisme…
…qui pourrait bien ne pas avoir de retour.

Edition : Ceol Bosca Productions

 

Mon Avis : Ce roman est rentré dans ma PAL un peu par hasard. En fait tout a commencé par ma rencontre avec l’auteur lors du dernier festival Zone Franche, début 2013, dont le quatrième de couverture de son roman m’intriguait avec cet univers despotique et sans art, mais, dans le doute, il n’a pas rejoint ma PAL et je suis simplement rentré avec un fascicule d’extraits. Après lecture de ces extraits j’ai été convaincu de tenter ma chance avec ce livre. Concernant l’illustration de couverture je la trouve vraiment sobre et intrigante.

J’avoue, je suis tout de même rester perplexe après la lecture du premier paragraphe, se révélant trop classique dans sa présentation avec prophétie et enfant élu. J’avais peur que l’ensemble manque de souffle et d’originalité, ce que laissait pourtant présager les extraits que j’avais lu, mais très vite la suite m’a fait changer d’avis. En effet l’auteur nous offre alors une histoire vraiment agréable, mené à un rythme certes lent, lui permettant ainsi construire quelque chose de vraiment solide, riche et intéressant. Le côté prophétie dont j’avais peur se révèle finalement bien mené, apportant tout de même son lot de révélations et de rebondissements. L’histoire ressemble vraiment à un conte, un très joli conte avec ses passages de bonheurs et de découvertes, mais aussi des passages plus sombres de douleurs et de souffrances. L’auteur offre aussi, à travers une héroïne, une quête initiatique aboutie et captivante, une quête de maturité d’une jeune fille avec ses rites de passages et ses évolutions.

Le gros point fort de ce roman vient de son univers que j’ai trouvé vraiment fascinant et poétique, que ce soit dans ses idéaux comme dans sa construction qui offre des décors vraiment superbes. L’idée d’un monde où l’art est banni, rejeté et d’une certaine façon se révèle meurtrier est vraiment intéressante et surtout présentée de façon vraiment efficace. On sent bien d’ailleurs que l’auteur aime l’art à travers le rendu captivant et attachant qu’elle offre, mais aussi à travers des hommages réguliers à la musique, au cinéma, à l’image ou encore la littérature. Les différentes castes présentés par l’auteur se révèlent solides et soignées, dans un monde ou la domination de la sphère est totale et où seule les Ipsoï paraissent se rebeller, avec aussi une caste plus discrète qui se dévoile sur la fin. On retrouve aussi plusieurs races ayant leurs propres caractéristiques, leurs propres défauts et leurs qualités tel que le peuple des pluies, les enfants des sables etc… Elle a vraiment réussi à construire un univers riche, palpitant, soigné et on sent bien que tout est maîtrisée, que cela fait sûrement des années qu’elle travaille dessus. Concernant la ville de Djiminn’do elle donne vraiment envie d’être découvert par ses lieux souvent magiques, éclatants, le tout aussi légèrement mâtiné de Steampunk. Un univers oscillant entre SF et Fantasy qui donne envie d’en apprendre plus c’est certain.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment denses, soignés et complexes que ce soit à travers Niüt l’enfant maudite en pleine quête identitaire, à la lourde quête qui passe aussi de l’enfance à l’âge adulte ou encore les Watchmakër, père et fils, personnages troubles, entre deux eaux, qui sont aussi à la recherche de quelque chose de plus profond ou bien aussi Tekla la Veilleuse muette au lourd secret. Tous les personnages se révèlent d’une certaine façon vraiment intéressants à découvrir et à en apprendre plus au fil des pages même si j’avoue certains m’ont dérangés tout de même. Déjà concernant Niüt elle m’a paru trop mature, trop réfléchie pour ses 12 ans, ce qui est dérangeant car cela crée une sorte de décalage qui frappe à chaque fois qu’on rappelait son âge. Ensuite l’ensemble des personnages traînent un aspect désabusé, subissant plus les différents évènements qu’à chercher à les modifier, ceci vient bien entendu du monde totalitaire, mais voilà même les révolutionnaires m’ont paru parfois amorphes dans leurs actions et leurs envies. Ce ne sont que de petits points, vraiment loin d’être bloquants.

Par contre quelques points m’ont un peu plus dérangés, déjà le rythme, comme je l’ai dit il est très lent, mais voilà parfois certains passages m’ont aussi paru un peu traîné en longueur, passant parfois un peu trop de temps sur certaines descriptions et répétitions, rien de non plus dérangeant surtout quand on sait que c’est un premier roman. Non là où je suis un peu plus frustré c’est l’absence totale de surprises, certes l’histoire ne cherche pas du tout l’aspect épique aux multiples rebondissements, plutôt le roman imaginatif et onirique, mais les quelques aspects qui doivent surprendre le lecteur ou bien offrir des retournements de situations sont tombés à plats vu que je les avais deviné bien avant, soit parce que l’auteur attend trop longtemps avant de faire sa révélation, soit elle apporte trop d’indice. Alors attention, ça n’empêche pas du tout de se laisser porter par cette histoire et son univers mélancolique et captivant, juste que ça offre un ensemble trop linéaire et parfois un peu long.

Le plume de l’auteur se révèle vraiment poétique, dense et soignée nous plongeant avec facilitée dans son histoire débordante d’imagination et dans son monde onirique et éclatant. Alors certes, parfois elle cherche à un peu trop en faire, principalement dans l’utilisation des métaphores au niveau des descriptions et quelques longueurs se font ressentir, surtout vers la fin où elle ralentit son intrigue pour développer son monde, mais voilà pour un premier roman on sent que l’auteur possède son propre style et une vraie maturité. Reste maintenant à voir si la suite est du même niveau, car oui je lirai la suite de ce cycle sans soucis en espérant peut-être un peu plus de frémissements et de surprises dans l’intrigue.

En Résumé : J’ai passé un vraiment bon moment de lecture avec ce premier tome qui nous offre une histoire vraiment plaisante à lire, certes sur un rythme lent, mais qui permet à l’auteur de construire quelque chose de riche et d’efficace. L’univers est l’une des grandes force de ce récit, se révélant riche, soigné et vraiment captivant et magnifique dans un monde où l’art est banni. Les personnages se révèlent soignés et intéressants même si je trouve l’héroïne trop mature et certains personnages un peu trop attentistes, mais rien de vraiment gênant. Certes parfois certaines longueurs se font sentir et l’ensemble manque de surprises, le lecteur devinant trop facilement les choses, mais pour un premier roman l’auteur s’en sort bien. La plume se révèle vraiment onirique, poétique et riche nous plongeant facilement dans ce monde riche d’une beauté qui mérite d’être découvert même si parfois elle abuse un peu des métaphores. Je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Bastards – Ayerdhal

bastardsRésumé : Depuis qu’il a été récompensé par le prix Pulitzer, Alexander Byrd est à court d’inspiration. En désespoir de cause, il envisage de s’inscrire au cours d’écriture créative de Colum McCann, qui attire son attention sur un curieux fait divers, une très vieille dame qui se serait débarrassée de trois agresseurs avec un outil de jardin et la seule aide d’un chat, Cat-Oldie.
Entre l’écrivain et la vieille dame naît une relation étrange.
Des femmes aussi félines que fatales, sensuelles, protectrices et violentes, font leur apparition dans sa vie, se révélant impliquées dans une étrange guerre dont les racines plongent profondément dans l’histoire…
La quête d’Alexander se transforme en une dangereuse investigation qui ravive une guerre entre services spéciaux impliquant cette mystérieuse matriarche, et le conduit à requérir l’assistance de ses amis Norman Spinrad et Jerome Charyn…

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Si vous suivez ce blog vous savez que Ayerdhal fait partie des auteurs qui ne m’ont jamais vraiment déçu et dont chaque nouveau roman me donne envie de le lire. C’était déjà le cas il y a environ un an avec la sortie de son Thriller politique Rainbow Warriors qui m’avait fait passer un très bon moment de lecture avec une histoire percutante et intelligente (ma chronique ici). Quand on m’a proposé de découvrir son tout dernier roman, publié il y a quelques semaines, je me suis rapidement laissé tenter. À noter la belle illustration de couverture que je trouve vraiment sympathique.

À travers ce roman l’auteur confirme encore une fois tout le bien que je pense de ses écrits, en effet l’auteur nous offre ici un mélange de genre toujours aussi efficace et prenant. Ici il démarre doucement et de façon intéressante par un polar de base, lançant un écrivain victime du syndrome de la page blanche à la recherche de l’inspiration en retrouvant une vieille dame qui a éliminé trois agresseurs avec son chat, pour glisser lentement au fil des pages dans une histoire plus mystique avec cette bataille ancestrale qui remonte à l’Egypte antique et plongeant aussi clairement dans le fantastique. L’auteur proposait déjà ce genre de mélange avec Transparence et Résurgence et il prouve encore une fois qu’il le manie de façon vraiment réussie, haletante et captivante, arrivant surtout à rendre l’ensemble logique et cohérent du début à la fin. On sent d’ailleurs bien qu’il maîtrise parfaitement son histoire que ce soit en terme de rythme, de suspens et encore de rebondissements.

L’autre aspect vraiment intéressant du roman vient de sa construction, j’ai eu l’impression il était clairement pensé comme une histoire à épisode, un peu comme une série TV tout en conservant une densité littéraire. Chaque chapitre est, selon moi, construit comme un épisode avec ses pauses et ses changements de plans, ce qui offre ainsi à l’histoire sont lot de cliffangher et aussi un rythme vraiment entrainant ; le lecteur tournant les pages avec envie pour en apprendre plus et savoir comment va s’en sortir notre héros face aux nombreux secrets, complots et trahisons qu’il découvre au fil des pages. Malgré une légère impression que tout part dans tous les sens, rien n’est laissé au hasard et très vite au fil des pages on se rend compte que chaque détail, chaque révélation va avoir son importance et que l’auteur sait donner au bon moment le petit rebondissement qui fait qu’on ne s’ennuie jamais. D’ailleurs en parlant de série j’ai trouvé que ce roman possède un petit côté Dark Angel, que ce soit à travers certaines idées comme sur le côté nerveux du récit.

Mais voilà cet aspect possède aussi ses quelques défauts, en effet à trop vouloir jouer sur le rythme, par moment tout va un peu trop vite, les révélations et les secrets trouvant parfois leurs réponses un peu trop rapidement avec le bon personnage qui a la bonne information et cela toujours au bon moment. Autre point qui m’a légèrement surpris, et qui se révèle peut-être plus personnel, l’auteur m’avait habitué dans ses différents romans que j’ai lu à une critique sociale souvent acerbe, percutante et intelligence. On retrouve bien ici toujours cet aspect, avec des réflexions intéressantes sur le monde des finances, la gouvernance, les complots ou encore sur la place des personnes âgées, mais le tout m’a paru moins développé, plus dilué dans l’adrénaline et l’action ce qui me laisse légèrement sur ma faim. Mais rien de non plus vraiment dérangeant tant le lecteur se retrouve happé.

Par contre, Ayerdhal développe un aspect que j’ai trouvé vraiment intéressant et qui m’a bien accroché, c’est sur le rôle d’écrivain qui prend une place importante dans l’histoire. Il part de ce syndrome de la page blanche pour nous dévoiler un peu l’aspect de création, d’histoire dans l’histoire, qui va aussi avoir son importance par la suite du roman par la façon dont le héros va appréhender les épreuves. D’avoir un écrivain comme personnage principal permet aussi à l’auteur d’offrir un hommage à différentes auteurs connus et reconnus ce qui offre des clins d’œil intéressants je trouve, même si souvent un peu trop fictifs. À noter aussi une scène de course poursuite en moto qui se révèle vraiment décapante et vivante.

Concernant les personnages ils se révèlent tous intéressants, touchants, soignés et vraiment efficaces. On retrouve ainsi un panel de personnages qui accroche le lecteur facilement et rapidement, entre Alexander qui se révèle un héros profondément humain portant un regard intéressant sur le monde et ce qui l’entoure avec ses émotions et ses sentiments, Cat-Oldie, elle, capte vraiment par sa répartie et son humour souvent décapant, mais aussi par sa capacité à voir énormément de choses et à manipuler les autres, ou encore tous les autres protagonistes qui vont graviter autour d’eux qui se révèlent tous, d’une façon ou d’une autre, prenants avec leurs qualités et leurs défauts. L’aspect qui tourne autour du chat m’a aussi vraiment plu, se révélant traité de façon efficace, principalement dans la construction hiérarchique du clan. J’ai juste peut-être un léger reproche à faire, c’est concernant la facilité à laquelle le héros se fait des amis qui sont prêts à énormément de choses pour lui, c’est parfois un peu trop facile.

La plume de l’auteur se révèle vraiment vive, percutante et entrainante plongeant le lecteur dès la première page dans son histoire pour ne jamais le lâcher tout en restant d’actualité et offrant un humour des plus efficace à travers ce personnage fascinant de Cat-Oldie. Au final on obtient un roman au rythme haletant du début à la fin avec son lot d’action et de course poursuite très visuelles. J’ai passé un bon moment avec ce roman même si j’avoue certaines idées auraient pu être plus développées. La conclusion laisse des questions en suspens, à voir si un jour une suite sera écrite. En tout cas je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui m’a plongé dans une histoire décapante, démarrant comme un polar pour finir dans une histoire mystique avec une pointe de fantastique qui se révèle vraiment passionnante. L’ensemble est vraiment bien rythmé, rempli d’action et on a du mal à lâcher le livre. La construction du récit se révèle intéressante, un peu comme une série TV où chaque chapitre représente un épisode. Les personnages se révèlent tous intéressants, attachants et efficaces. Alors certes, certaines révélations m’ont paru trop facile, certains liens se nouent parfois trop rapidement et j’ai trouvé la critique sociale un peu soft, surtout au vu des autres romans de l’auteur, mais ces défauts sont vite balayés par la frénésie qui emporte le lecteur pour peu qu’il se laisse aller. La plume se révèle vraiment vive, efficace et entrainante. La conclusion laisse des questions en suspens, peut-être pour une suite. En tout cas je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

Ma Note : 8/10

Bartimaeus Book 1, The Amulet of Samarkand – Jonathan Stroud

bartimeus the amulet of samarkandRésumé : When the 5,000-year-old djinni Bartimaeus is summoned by Nathaniel, a young magician’s apprentice, he expects to have to do nothing more taxing than a little levitation or a few simple illusions. But Nathaniel is a precocious talent and has something rather more dangerous in mind: revenge. Against his will, Bartimaeus is packed off to steal the powerful Amulet of Samarkand from Simon Lovelace, a master magician of unrivalled ruthlessness and ambition. Before long, both djinni and apprentice are caught up in a terrifying flood of magical intrigue, murder and rebellion.

Edition : Corgi Childrens

 

Mon Avis : Je continue mes lectures en Anglais, même si c’est vrai, j’avoue dernièrement, je lis un peu moins en VO. Cette fois je me suis lancé dans la lecture du premier tome de la trilogie jeunesse Bartimaeus, dont j’ai entendu beaucoup de bien à droite à gauche et qui me tentait depuis un bon moment déjà. J’ai donc fait rentrer ce premier tome dans ma PAL anglaise. À noter l’illustration de couverture que je trouve vraiment superbe.

J’avoue pourtant j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, les cent premières pages me laissant vraiment perplexe. En effet on débute par l’invocation de Bartimeus par Nathaniel qui lui demande d’aller voler l’amulette de Samarkand sans aucune explication, ni raison ce qui est assez frustrant, j’aurai aimé avoir quelques indices. Surtout que, après, on oscille les chapitres entre quelque chose d’efficace, d’entrainant, plein d’humour et de bien rythmé avec le djinni qui s’efforce de voler l’amulette et les passages flash-back qui nous dévoilent le passé de Nathaniel qui se révèlent assez lents et surtout top classiques pour vraiment m’accrocher. Limite je voulais sauter ces passages pour me consacrer qu’à Bartimaeus, mais j’aurai loupé des informations importantes. Ce qui me bloque dans le passé de Nathaniel c’est que déjà il m’a paru trop long, hachant le rythme de cette introduction et surtout n’évite pas l’écueil lié à l’apprentissage de la magie qui fait clairement penser à Harry Potter, Poudlard en moins. Même l’apparition de Lovelace, le méchant de l’histoire, ne manque pas de rappeler un mélange de Rogue et de Voldemort ce qui est vraiment dommage.

Puis le roman se fluidifie, le passé de Nathaniel a enfin révélé son utilité et on comprend ce qu’il cherche à faire, il veut se venger de Lovelace qui l’a humilié. L’histoire prend enfin son envol ne se révélant plus du tout haché, mais offrant quelque chose d’entrainant et d’efficace où nos deux héros vont se retrouver confronter à énormément de pièges et de péripéties qui ne vont pas les laisser intacts. L’auteur maîtrise alors parfaitement tout ce qui est rebondissements et surprises pour ne plus lâcher le lecteur. Certes l’histoire va se révéler classique, très vite on va découvrir que cette amulette cache beaucoup plus qu’une simple vengeance et pourrait modifier la face de l’Angleterre, mais voilà ça se lit facilement et j’ai tourné les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus, de savoir comment tout allait se terminer. Cela n’empêche pas tout de même quelques longueurs, l’auteur rentrant parfois trop dans ses explications autant sur la magie que sur les tours de passe-passe des héros, mais rien de non plus gênant ou bloquant.

L’univers que développe l’auteur se révèle lui aussi vraiment intéressant à découvrir tout au long du roman et surtout il cherche à offrir quelque chose de complètement différent de ce que propose d’autres histoires du même genre, étant plus sombre. Ici la magie n’est ni bonne, ni mauvaise, c’est juste une aide, un art et comme tout art il dépend surtout des hommes qui l’utilisent. Il n’y a pas de bons ou de mauvais, juste des magiciens qui se savent puissants, le font savoir et se servent de cela pour se faire passer comme les plus grands protecteurs du pays. Un monde de trahison ou être le plus fort nécessite beaucoup de protection sous peine d’avoir de nombreux soucis. Un monde qui finalement n’est ni blanc, ni noir ce qui fait sa force. La magie elle se révèle solide reposant sur les invocations et les pentacles. À côté de cela l’auteur développe aussi quelque chose de plus grand parlant de guerre magique, de rébellion des non-magiciens, offrant une comparaison entre Londres et Prague, deux grandes villes de magiciens, qui fait que le lecteur se pose pas mal de question, mais le tout reste pour le moment très sommaire. Pas de doute que l’auteur développera le tout dans les suites.

Concernant les personnages j’avoue je ne sors pas vraiment conquis ni happé par eux. Je n’ai rien à reprocher à Bartimaeus qui, finalement, remplit parfaitement son rôle de démon sans conscience, à la gouaille ravageuse et à l’esprit percutant qui a une vision désabusé et cynique de l’humanité, et plus principalement des magiciens, il n’aime personne et le fait clairement savoir le tout avec énormément d’humour. Par contre, je ne suis toujours pas fan des notes de bas de pages, offrant ici des apartés par rapport à ce qu’il nous raconte, même si certaines font vraiment sourire. Lovelace rentre lui dans le rôle du méchant classique. Mais voilà le gros problème vient de Nathaniel qui est un personnage tellement prétentieux, imbu de soi-même et égoïste qu’il ne m’a jamais accroché. J’ai suivi son histoire de loin. Son arrogance et sa soif de vengeance est telle que, déjà, il se met en danger, mais met beaucoup de monde en danger et il s’en fout. Vu qu’il manque aussi de densité pour comprendre sa façon de penser je suis resté indifférent. C’est dommage car je considère que c’est le principal problème de ce roman, il manque de personnages qui aurait pu me toucher.

La plume de l’auteur se révèle entrainante, bien rythmé et surtout teinté d’un humour, principalement avec Bartimaeus, qui se révèle accrocheur malgré le fait que parfois il se laisse un peu trop aller, selon moi, dans les descriptions. Mis à part le début où son mélange passé/présent hachait le rythme, il arrive vraiment à rendre l’ensemble divertissant. Au final j’avoue ne pas avoir été complètement conquis par ce premier tome de ce cycle, certes il y a pas mal de choses accrocheur, comme Bartimaeus, mais le fait de ne pas avoir de personnages un minimum accrocheur fait que j’ai eu du mal à complètement rentrer dans le récit. Je lirai tout de même la suite pour voir ce que peut nous réserver nos héros, mais voilà il ne fera pas partie de mes priorités de lecture je pense.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture plutôt divertissant avec ce livre, mais rien de non plus vraiment fantastique surtout par rapport aux échos que j’avais entendu. Les cent premières pages se révèlent plutôt laborieuses entre un présent nerveux et efficace et des flash-backs mous et aux aspects déjà-vu. Après l’ensemble devient plus fluide dévoilant une intrigue, lié à la vengeance, qui se révèle plutôt efficace même si classique. La grande force du récit est son univers qui se révèle plus sombre et complexe que ce que propose d’autres romans du même genre. Par contre le point faible c’est vraiment les personnages, autant j’ai apprécié Bartimaeus qui remplit parfaitement son rôle de démon trublion autant Nathaniel m’a paru égoïste, idiot et imbu de lui-même ce qui fait que je ne me suis jamais accroché à lui, ce qui est dommage. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle simple et entrainante, remplissant parfaitement son rôle malgré parfois quelques longueurs ici ou là. Un premier tome au final juste sympathique, je lirai sûrement la suite, je ne sais par contre pas quand.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Merkilia, nanet, Luna, Olya, PetiteMarie, Tesrathilde etc…

La Ferme des Animaux – George Orwell

la ferme des animauxRésumé : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
“Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
“Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

Edition : Folio

 

Mon Avis : Ce roman fait partie des livres que j’ai lu durant mon adolescence et qui m’avait fortement marqué, déjà car je ne m’attendais pas à une telle histoire et que les idées avancées dans ce roman m’ont, d’une certaine façon, permis de mieux cerner certains aspects politiques, humains et peut-être aussi aidé à façonner ma vision de la politique actuelle. Mais voilà cela fait bien plus de dix ans maintenant, j’avais donc envie de relire ce classique et de me faire mon avis avec mon regard d’aujourd’hui qui a changé de celui de l’époque. J’ai donc décidé de sortir ce court roman de ma PAL.

Utiliser des animaux pour mettre en avant une critique de la société n’est pas nouveau et a souvent été utilisé pour permettre une compréhension plus globale et aisée, mais aussi pour contourner la censure. L’exemple le plus connu pour moi reste La Fontaine avec ses fables. Ici tout démarre dans une ferme par un rêve, un rêve de Sage l’Ancien le plus vieux cochon qui s’est pris a imaginer un monde où l’égalité serait la force, où chacun(e) serait apprécié(e) à sa juste valeur et où tout le monde serait récompensé de la même façon tout travaillant pour un idéal commun. Tout va basculer très vite après la mort de Sage l’Ancien et, par un coup du sort, les animaux vont rejeter leurs maîtres, les hommes, devenant ainsi les seuls propriétaires des lieux et vont par conséquent fonder la seule ferme dirigée par les animaux. Mais voilà la différence entre le rêve et la réalité est vaste et va vite rattraper cette communauté.

À travers cette fable l’auteur nous offre finalement une réflexion vraiment efficace, cynique et intéressante sur le développement d’une des grandes phases de l’humanité qu’est la montée du communisme en Russie, mais aussi sur la politique et les manipulations du peuple en général. Pourtant, tout commence bien, après le rejet du capitalisme et des tsars représenté par l’Homme la ferme se lance dans un idylle d’égalité ou chacun y trouve son bonheur, mais très vite les hommes redeviennent des hommes et tout va dérailler devant la quête du pouvoir de la richesse par certains. Entre manipulation des idéaux, trahisons et meurtres politiques tout est fait pour que le plus corrompu prenne le pouvoir. Mais tout cela ne se fait pas sans l’utilisation des mensonges de masses, de la religion, le fanatisme ou encore la mise en place de police et de services secrets ainsi que l’utilisation de bouc émissaire pour bien faire comprendre qui est le chef. D’ailleurs la transformation du personnage héroïque en traitre et terroriste est l’un des aspects qui montre à quel point les gens se font manipuler voir même laver le cerveau devant la ruse et le conditionnement de certains, jouant grâce aux mots de beaux parleurs sur l’ignorance des gens.

L’histoire se révèle vraiment plaisante à lire, en plus de faire réfléchir, par le style de l’auteur qui se révèle vraiment incisif, simple, efficace où chaque mot possède son important et qui utilise le cynisme ainsi que l’humour noir pour bien faire assimiler au lecteur ses idées et surtout, au final, de rester très contemporain. Car oui ce roman est bien plus qu’une critique d’une seule société ou d’une époque. Comment ne pas se sentir proche de certaines idées développées ici ; encore aujourd’hui la manipulation de la population continue à faire son effet face à des idées comme l’insécurité ou les étrangers, encore aujourd’hui les média continuent à faire du journalisme à la carte n’amenant pas toujours d’informations véritables mais seulement ce qui  fait de l’audience offrant même la parole à ceux qui crient le plus fort.

Alors certes on n’est pas dans un régime totalitaire, encore heureux, mais la recette marche toujours démontrant que finalement, tant qu’on sera des hommes, la soif du pouvoir fera qu’il y aura toujours des menteurs et des gens qui profitent. Finalement c’est une des leçons importantes de ce roman c’est que le pouvoir au peuple ne peut exister car il existe toujours des hiérarchies même pour la plus petite décision. D’ailleurs la conclusion le montre parfaitement bien, le capitalisme et le communisme sont finalement très proches reposant sur des hommes tout simplement.

L’anthropomorphisme marche à merveille avec ce petit roman tellement il est facile d’identifier les idées sous-jacentes misent en avant par l’auteur ; les moutons représentant le peuple crédule , les chiens représentant tout ce qui est police et services de renseignements ou bien encore les poules qui représentent l’exploitation dans les fermes russes. Si on connait un peu l’histoire on reconnaitra aussi facilement les animaux nommés qui sont représentatifs de personnage comme Staline, Marx ou encore Trotski. Le format court du roman et le côté un peu simple de la narration pourrait créer une sorte d’incrédulité devant ses évènements, en offrir qu’une simple histoire, mais pourtant le tout est tellement réaliste que le lecteur se laisse porter. Ma seule légère critique est que peut-être parfois l’auteur en fait trop dans la désillusion et la noirceur, mais bon a-t-il vraiment tort? Au final un excellent livre que j’ai relu différemment de l’époque de mon adolescence, n’ayant pas la même approche, et qui devrait être lu par le plus grand nombre, au moins pour se faire son propre avis sur les axes de réflexions que met en avant l’auteur.

En résumé : Voilà un classique de la littérature qui mérite d’être découvert par tous au moins pour pouvoir se faire une idée. À travers une simple ferme en Angleterre l’auteur nous offre une réflexion vraiment passionnante, intéressante et captivante sur la soif de pouvoir, principalement le communisme, mais plus globalement sur les manipulations qui peuvent être utilisées et qu’on retrouve encore de nos jours. L’anthropomorphisme permet facilement de bien comprendre le tout et l’ensemble est très bien porté par une plume simple, percutante et efficace ou chaque mot, au final, possède son importance. Mon seul léger reproche vient du fait que l’auteur parfois pousse à son paroxysme certains aspects sombres, mais bon peut-on lui donner vraiment tort. Un roman qui mérite d’être lu au moins une fois dans sa vie, à minima pour se faire son propre avis sur les différentes réflexions et idées misent en avant par l’auteur.

 

Ma Note : 9/10

Il Etait une Fois en France Tome 3, Honneur et Police & Tome 4, Aux Armes, Citoyens! – Nury & Vallée

il etait une fois en france t3 honneur et policeRésumé : Il Etait Une Fois en France conte l’histoire de Joseph Joanovici, juif roumain devenu l’homme le plus riche de France pendant l’occupation. Ferrailleur, collabo, résistant, il fut pour certain un criminel, pour d’autres un héros. C’est le cheminement de ce personnage ambigu baptisé le Roi de Paris, par ceux qui ont croisé sa route, que relate avec justesse cette saga au thème délicat. Monsieur Joseph se confie sur son lit de mort aux côtés de Lucie Fer, celle qui fut sa plus fidèle compagne.
Intelligence avec l’ennemi, corruption de fonctionnaires, contrebande, enrichissement personnel et même meurtre seront reprochés à la Libération à celui qui possédait pendant l’occupation un appartement en plein cœur de la préfecture de police. Portant fièrement la rosette de la résistance, Joseph reçoit les plus huppés du Tout-Paris, alors que de sombres nuages annoncent la fin de son règne.

Edition : Glénat

 

Mon Avis : Je continue donc ma lecture de cette série qui nous plonge dans la vie de Joseph Joanovici, personnage ambigu, à la fois héros et agent allemand. Après deux premiers tomes vraiment intéressants et efficaces qui nous faisaient découvrir ce personnage, son envie de vivre sa vie et mettre sa famille à l’abri aussi bien de façon financière que d’un point de vue sécurité (Ma chronique du Tome 1 et du Tome 2), j’avais hâte d’en apprendre plus avec la suite de cette série. À noter que, pour plus de facilité avec mes chroniques, je vais donner mon avis sur les tomes 3 et 4.

Ce tome va amener un tournant dans la vie de Joseph, après avoir longtemps pactiser avec le camp allemand pour continuer à vivre honorablement et à cacher qu’il est juif, il est devenu très riche, peut-être même trop, et surtout il sent que la roue tourne. Il va alors prendre la décision d’écouler cette fortune et aider la résistance pour éviter que tout tombe entre les mains Allemandes. On retrouve toujours à travers ce volume ce besoin de survivre, de ne pas être obligé de changer de vie sous la pression et la guerre tout en essayant de voir l’avenir sereinement et aussi, il ne faut pas le cacher, égoïstement. L’intrigue offre de plus en plus d’obstacles à notre héros et il se retrouve à jongler avec la vie de plusieurs personnes pour simplement sauver la sienne et celle de ses proches. Un troisième tome qui se révèle plein de surprises, offrant un rythme vraiment entrainant et son lot de suspens et de rebondissements tout en continuant à plonger de plus en plus en enfer le personnage principal qui refuse de se voir fuir ou forcer la main.

Un tome qui se concentre plus sur les personnages, leurs envies et leurs combats, mais qui n’oublie pas pour autant de continuer à offrir un contexte historique des plus soignés et détaillés. Cette BD nous offre une plongée réaliste dans la seconde guerre mondiale, mais loin de tout héroïsme, justement une guerre ambigu où les hommes sont des hommes avec ses forces et ses faiblesses. Un univers qui nous plonge aussi cette fois dans la résistance, qu’on avait à peine effleuré précédemment, et dans une guerre qui sent le vent tourner. Concernant les personnages, comme je l’ai dit, on continue à découvrir Joseph toujours aussi charismatique que la guerre transforme complètement, il devient de plus en plus cynique et sombre, mais là où les auteurs s’en sortent à la perfection c’est de rester d’une certaine façon neutre. C’est au lecteur de se faire son propre avis sur un héros à la fois pourri, égoïste et pourtant terriblement humain qui pense faire des choix pour le bien de ceux qu’il aime. Les personnages secondaires se révèlent intéressants aussi, se retrouvant devant des décisions et des manipulations pas toujours faciles.

il etait une fois en france t4 aux armes citoyensEdition : Glénat

 

 

 

 

 

Ce quatrième tome va lui se révéler être un tome charnière, la libération de la France et de Paris est proche et le jeu que joue notre héros commence à se resserrer autour de lui. Entre double et triple jeu rien n’est facile et à force de jongler avec les vies d’autres personnages la casse est probable. Le problème vient que là on parle de vies humaines. Qu’est-on prêt à faire pour sauver la sienne? Un tome où la tension va se retrouver à son comble entrainant le lecteur dans des machinations toutes plus dangereuses, sombres et violentes les unes que les autres. Les choix des uns et des autres va fortement influencer l’histoire et Joseph voit ses idéaux s’effacer de plus en plus page après page. Le rythme et les rebondissements se révèlent vraiment maîtrisés et efficaces ne laissant rien au hasard.

On rentre ici dans l’aspect historique de la libération et le débarquement, mais pas tant d’un point de vue global que d’une vision propre à chaque personnage que l’on suit. Un univers qui va se situer entre deux eaux où beaucoup de monde va chercher à sauver sa peau, que ce soit aussi bien du côté des Allemands que des Français. C’est surtout une vision différente de la guerre que nous propose les auteurs jouant plus sur l’humain, montrant des choix pas toujours défendables qui poussent le lecteur à réfléchir et à se demander quel choix lui il aurait fait. En effet Joseph va se retrouver de plus en plus acculé et va tomber de plus en plus bas jusqu’au meurtre. Mais surtout ce tome est important car ses idéaux pratiques vont être mis à mal par les idéaux plus philosophiques et humains qui va au final le retrouver séparer d’une partie des gens qu’il aime, rejeté pour ce qu’il est, ce qu’il a fait et ce qu’il est devenu. Des personnages toujours aussi humains et convaincants qui sont la réussite de ce cycle pour le moment.

Les graphismes sont toujours aussi efficaces, fluides et entrainants que ce soit dans les décors, les scènes d’action vivantes que dans les personnages et leurs émotions. Ils se révèlent vraiment maîtrisés du début à la fin nous plongeant de façon réaliste dans ce Paris occupé et libéré. L’ambiance mise en place au niveau des couleurs évolue, se révélant de plus en plus sombre au fur et à mesure de la plongée du héros dans les machinations, pour aboutir à une libération lumineuse mais entachée. Au final deux tomes efficaces et troublants qui ne laissent pas indifférent. Je lirai les deux derniers tomes de ce cycle sans soucis pour connaitre enfin la fin de la vie d’un homme dont il est difficile de déterminer s’il était simplement égoïste, soucieux des autres ou s’il était un héros.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec ce troisième et quatrième tome de ce cycle qui nous plonge dans la vie de ce personnage vraiment ambigu qu’est Joseph Joanovici durant la seconde guerre mondiale. L’intrigue continue à se densifier et à monter en tension au fil des pages et les machinations vont se révéler de plus en plus troubles et de plus en plus violentes et sanglantes. La grande force de ce cycle et de laisser au lecteur le choix d’aimer ou de détester ce héros en restant neutre dans sa présentation. Les personnages se révèlent vraiment humains dans le meilleur comme dans le pire, et surtout nous font réfléchir sur ce qu’on aurait fait si on avait été à leurs places. Les graphismes se révèlent vraiment réussis, efficace et fluides ce qui fait que le lecteur tourne les pages facilement. Je lirai la suite sans soucis pour connaitre la fin de la vie de ce personnage complexe.

Ma Note : 8,5/10

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