Auteur/autrice : BlackWolf Page 108 of 202

Mémoire Vagabonde – Laurent Kloetzer

memoire vagabondeRésumé : Jaël de Kherdan est un écrivain à succès, séducteur cynique, libertin et épéiste de talent… Ses frasques le condamnent à devoir changer fréquemment de ville et le mènent dans le quartier de la Petite Dvern, étrange enclave où tout semble osciller entre rêve et folie…
Dans ses récits, Jaël se met en scène, donnant une version idéalisée de lui-même. Mais à force de réécrire sa vie, il finit par ne plus très bien savoir qui il est… Tentant d’oublier un crime et en proie à une mystérieuse chanson qui le hante il confond réalité et fiction. Victime d’amnésie de manière récurrente, il en vient à lire ses écrits pour appréhender son passé, à la recherche des clés de son identité…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Finalement, de Laurent Kloetzer, je n’ai lu que les livres qu’il a écrit avec sa femme, soit Cleer et Anamnèse de Lady Star, sous le nom L.L. Kloetzer. Ce n’est pas faute de ne pas avoir été tenté par ses romans, mais je n’ai jamais franchi le pas. Alors quand Babelio a proposé, lors de son dernier masse critique, ce roman j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai été sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Mnémos de m’avoir fait découvrir ce roman. Je trouve la couverture, illustrée par Isabelle Jovanovic, vraiment réussie.

Le roman ouvre sur trois lettres, trois écrits d’un éditeur à son diffuseur discutant de la possible édition du roman du héros. Elles posent clairement un personnage sulfureux, libertin, un héros à problème. D’ailleurs un héros qui va devoir quitter cette ville pour se faire un peu oublier suite à une histoire d’honneur et c’est là que démarre l’histoire. Tout d’abord ce qu’on retrouve dans ce roman c’est un récit de fantasy intéressant et captivant, mélange un peu de cape et d’épée, de bourgeoisie, de richesse, de soirées et de bonne société ou l’honneur de Jaël va être manipulé pour se lancer dans de sombres histoires de vengeance et de pouvoir. Un récit qui se révèle vraiment efficace, avec son lot de surprises et de rebondissements que l’auteur maîtrise bien pour ainsi ne jamais ennuyer le lecteur. On se retrouve rapidement et facilement plonger dans cette intrigue qui va dévoiler de sombres secrets, où l’action et les duels à l’épée viennent apporter un rythme soutenu et entrainant pour aboutir à une conclusion de plus en plus sombre et de plus en plus prenante.

Mais là où l’auteur arrive à vraiment me happer c’est dans ses thématiques plus philosophiques, voir abstraites. En effet il nous offre un travail vraiment intéressant sur la mémoire et l’identité à travers un héros ambigu qui s’invente une autre personnalité pour pouvoir ainsi modifier sa réalité selon son bon vouloir et surtout fuir ce qui le hante. Cela offre encore plus de profondeur au personnage et permet aussi de développer une intrigue secondaire intéressante sur qui est cet autre Jaël, que cherche à cacher notre héros et surtout une quête d’identité et de solidité de soi, de son esprit qui se révèle passionnante. Cette quête identitaire ne repose pas non plus que sur notre héros, une fois pénétré la Petite Dvern on se rend vite compte que tous les personnages secondaires ont aussi, d’une certaine façon, plusieurs personnalitées, assumées certes, à travers le port de ses masques et de ces nouveaux noms qui leurs offrent la possibilité de vivre une autre vie, de vivre leurs vices, leurs tentations de façon ouvertes. Une personnalité qui leur permet de se dissimuler de leurs actes. Un véritable travail psychologique sur les méandre de l’identité, de la mémoire, de la perte d’esprit qui m’a vraiment fasciné mais qui, j’avoue, pourrait en rebuter plus d’un.

L’auteur ne cherche non plus à travailler le méandre de la mémoire et de la psyché, il se lance aussi dans des réflexions vraiment intéressantes sur la vérité, cette vérité qui dépend de chacun et de sa vision, mais aussi sur cette différence ténue entre la réalité et le rêve, qu’est ce qui est vrai de ce qu’on imagine et modifie. Il offre aussi un jeu que je trouve intrigant entre personnage, lecteur et écrivain, mais aussi un travail intéressant sur la drogue et ce qu’elle procure, principalement dans une société bourgeoise qui possède déjà tout et cherche le frisson, ce qui peut aboutir à la déchéance. Le tout est porté par un univers qui se révèle vraiment dense, soigné et passionnant nous amenant dans une époque qui pourrait être considérée comme celle de la Renaissance où on découvre rapidement Dvern une ville qui possède sa beauté et ses zones d’ombres, qui donne envie d’en découvrir plus. Mais surtout l’auteur n’oublie pas d’y mettre une bonne dose de mystères, de magie, mais aussi des aspects plus riches et historiques qui rendent ce monde vraiment attrayant. Un univers qui colle aussi à cette quête d’identité y retrouvant des objets références tels que le miroir révélateur de l’âme, le château dont chaque pièce est un peu dépositaire de la mémoire ou encore le labyrinthe.

Les personnages se révèlent vraiment intéressants et passionnants. On aurait pu penser, dans les premières pages du roman, que Jaël est imbu de lui-même et un enfoiré, mais on se rend très vite compte que l’auteur a construit un personnage beaucoup plus complexe qu’on le croit, beaucoup plus riche et attachant avec ses forces et ses faiblesses. Les personnages secondaires qui gravitent autour de lui se révèlent souvent, eux aussi, intéressants à suivre, se révélant développés avec leurs propres envies, leurs propres besoins et leurs propres vengeances. Certes certains personnages énigmatiques frustrent un peu, car on aurait aimé en savoir plus sur eux, je pense à Alexis, mais dans l’ensemble on obtient un panel de personnages des plus singuliers et passionnants à découvrir.

Alors j’avoue tout n’est pas non plus parfait et quelques points auraient peut-être, à mon goût, mérité un traitement différent. Déjà j’ai trouvé que certains passages du récit se révélaient très contemplatifs, rien de bien méchant, mais parfois ça ralentit l’ensemble là où j’attendais peut-être un peu plus de rythme. Je reproche aussi de ne suivre que Jaël alors que d’auteurs personnages auraient pu apporter des points de vues différents et des réflexions intéressantes. Je comprends que Jaël soit le héros principal, mais un second personnage qui prend le rôle de temps en temps aurait peut-être pu apporter un plus. Enfin j’ai trouvé que sur la fin l’auteur allait très vite, peut être un peu trop parfois ce qui fait que certains points sont traités un peu trop rapidement dans la conclusion. Mais bon rien de bien gênant non plus tant l’ensemble m’a accroché entre aspect épique et introspection.

La plume de l’auteur se révèle vraiment riche, soignée et possède cet aspect sensuel qui colle parfaitement bien au personnage et à l’époque. Elle arrive vraiment à captiver le lecteur aussi bien devant les péripéties et aventures des différents personnages que devant les passages plus intimistes et psychologiques. Au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui m’a accroché du début à la fin. Certes il risque de ne pas plaire à tout le monde, principalement peut-être devant son jeu sur la mémoire, mais moi j’ai trouvé cela passionnant. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur et aussi d’autres aventures de Jaël.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire qui se révèle entrainante et épique avec ses duels et ses histoires de vengeances, mais surtout il offre une réflexion vraiment fascinante sur des aspects comme la mémoire et le trouble de personnalité, ou encore sur la vérité, le rêve  et la réalité et même sur la drogue, son influence et sa décadence. L’univers construit à travers les pages se révèle vraiment riche et passionnant à découvrir, collant parfaitement au récit. Les personnages se révèlent denses, soignés et vraiment attachants possédant chacun leurs forces et leurs faiblesses. Alors certes, par moment le tout se révèle un peu contemplatif, la conclusion est un peu rapide et un point de vue supplémentaire aurait pu apporter quelque chose de plus, mais dans l’ensemble je suis bien content de ma lecture. Le tout est aussi porté par une plume riche et sensuelle. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

Ma Note : 8/10

Mes Achats du Mois de Février 2014

Bon, bon, bon je ne sais pas ce que j’avais prévu pour ce mois de Février, en tout cas, au final, j’ai encore craqué. Il faut dire que ce mois a quand même offert de belles offres et je suis donc reparti avec 16 nouveaux livres dans ma bibliothèque ainsi que 3 ebooks dans ma liseuse.

Février-14Voilà donc ce qui a fait gonfler ma PAL en ce mois de février 2014 :

  • Voyageurs de Neal Asher aux éditions Fleuve Noir. Un auteur que je voulais découvrir, je me suis donc laissé tenter par ce roman indépendant.
  • Les Scarifiés de China Miéville aux éditions Fleuve Noir. Je continue ma découverte de la biographie de l’auteur.
  • Lilliputia de Xavier Mauméjean aux éditions Calmann-lévy. Un roman qui me tentait depuis un petit moment déjà.
  • Cosmos Factory de Jacques Barbéri aux éditions La Volte. Pour ce livre tout est la faute d’un complot d’une Marmotte qui me met des livres dans les mains en disans « tiens ». C’est Fourbe ^^
  • Les Poudremages Livre 1, La Promesse du Sang de Brian McClellan aux éditions Eclipse. Une nouvelle série Fantasy qui me plaisait bien et que j’avais envie de découvrir.
  • Les Cours des Feys Tome 1, La Septième Cour de Mike Shevdon aux éditions Eclipse. J’ai un peu hésité devant ce roman, me paraissant par certains aspects classique, mais finalement sur un coup de tête il a rejoint mas PAL.
  • Le Dernier Apprenti Sorcier Tome 4, Le Rêve de L’Architecte de Ben Aaronovitch aux éditions Nouveaux Millénaires. J’aime beaucoup ce cycle de fantasy urbaine, la preuve le livre a déjà été lu et chroniqué ici.
  • Le Cœur de Tramorée Tome 1, Agarta de Javier Negrete aux éditions L’Atalante. Ce cycle me fait de l’oeil depuis un petit moment maintenant je me lance donc à la découverte de ce premier tome.
  • Jésus Vidéo de Andreas Eschbach aux éditions L’Atalante. Un roman dont j’ai beaucoup entendu parler.
  • Aradia Tome1, AAra et Aradia Tome 2, Thenser de Tanith Lee aux éditions de l’Oxymore. J’ai toujours Le Dit de la Terre Plate qui m’attends dans ma PAL mais ces romans me faisaient vraiment envie.
  • Le Siècle Mécanique Tome 1, Boneshaker de Chérie Priest aux éditions Eclipse. Vu que ce cycle est maintenant publié entièrement j’ai décidé de me laisser tenter par ce tome 1.
  • Les Fantômes D’ombria de Patricia A.McKillip aux éditions Mnémos. Un roman dont j’ai entendu pas mal de bons échos.
  • Le Jeu des Sablier de Jean-Claude Dunyach aux éditions Folio SF. Un auteur dont j’ai envie de découvrir les textes depuis un petit moment maintenant.
  • Perdido Street Station Tome 1 et Tome 2 de China Miéville aux éditions Pocket. Comme plus haut je continue à faire envahir ma PAL de romans de l’auteur.

Ajouter donc à cela 3 ebooks :

  • Au Nord-Nord-Ouest d’Éden de Gabriel Eugène Kopp aux éditions Griffe d’Encre
  • Zendegi de Greg Egan aux éditions Le Bélial’
  • Les Visages de Mars de Jean-Jacques Nguyen aux éditions Le Bélial’

Bon vu que le début de l’année s’est révélé bien rempli j’ai décidé de ralentir un peu la cadence pour Mars et Avril, préparant ainsi au mieux un mois de Mai rempli en festival. À voir si j’arrive à ne pas craquer. En tout cas une chose est sûre j’ai de quoi lire.

Les Haut-Conteurs Tome 5, La Mort Noire – Olivier Peru & Patrick McSpare

les hauts conteurs 5 la mort noireRésumé : Rome, automne 1193. Humbles ou puissants, les gens meurent par milliers, foudroyés par la Mort Noire. De sinistres semeurs de peste y veillent, hantant les rues et les collines de la ville.
Les Haut-Conteurs semblent être les seuls à pouvoir arrêter ces créatures. Mais, accusés de sorcellerie, pourchassés par la foule qui les adulait hier encore, ils deviennent les jouets d’un ennemi fait d’ombres et de secrets.
Alors que le temps joue contre eux et le monde entier, Roland, Mathilde, Salim et Corwyn voient se réaliser les pires prophéties du Livre des Peurs. Ainsi, l’heure est venue de tout comprendre, comme Roland le pressentait, lui, l’enfant maudit piégé dans un combat inégal contre son destin. Pourtant, il n’abandonne pas et se battra jusqu’au bout de son ultime aventure.
Car nul mieux qu’un Haut Conteurs ne sait quand une histoire doit trouver sa fin…

Edition : Scrinéo Jeunesse

 

Mon Avis : Enfin, je me lance dans le dernier tome du cycle les Haut-Conteurs, une série qui, sur les quatre premiers tomes, avait plus ou moins réussi, selon les volumes, à me captiver proposant une fantasy, certes classique, mais efficace avec son lot de mystères et de rebondissements dans un univers solide et avec des personnages intéressants (Chronique Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4). C’est donc avec grand plaisir que je me suis lancé dans ce tome qui vient conclure l’histoire et apporter ainsi toutes les révélations. À noter l’illustration de couverture, plus sombre, qui est vraiment réussie et colle parfaitement à l’histoire.

Car oui ce récit est vraiment le plus sombre et le plus funeste de toute la série, il va pousser nos héros dans leurs tous derniers retranchements et les forcer à faire des choix qui ne se révéleront pas toujours facile. La caste des Haut-Conteurs va aussi être mise à mal dans son ensemble, elle va se retrouver désavouée et traquée devant les différents traquenards et manipulations qui sont misent en place par leurs ennemis. Un tome où la mort plane à chaque instant. L’histoire prend très rapidement son envol, ne laissant que peu de repos aux héros après un quatrième tome déjà éprouvant, et va se révéler haletant au fil des pages entre révélations, aussi bien sur le Livre des Peurs que sur nos héros, trahisons et action. Le lecteur tourne facilement les pages avec envie d’en apprendre plus. Les auteurs nous offrent des rebondissements et de retournements de situations qui se révèlent maîtrisés et efficaces même si, livre plutôt jeunesse oblige, le tout est quelquefois amené de façon un peu simple et sans surprise. Rien de dérangeant non plus.

L’intrigue est vraiment dense, ce qui est autant un aspect positif que négatif. Positif car, comme je l’ai dit le tout possède de bonnes idées et se révèle sans temps morts devant les surprises et révélations, mais voilà l’ensemble va justement trop vite. Il y a énormément d’aspects qui sont développés dans ce cinquième tome, mais à chaque fois le tout est résolu beaucoup trop rapidement. À chaque trahison et péripétie mise en place elle se termine le chapitre d’après ce qui est légèrement frustrant. Surtout que les auteurs tournent un peu trop en rond et c’est souvent une pirouette scénaristique un peu facile qui offre la vérité où la libération à nos héros ; heureusement que Asa est là vu le nombre de fois où par magie elle vient aider nos héros. Pour moi ce tome aurait mérité d’être plus long, voir d’être traité sur peut-être plus de tomes tant les auteurs ont des choses à raconter mais s’oblige à traiter l’ensemble dans un espace limité. Cela n’empêche pas ce tome de se révéler intéressant, loin s’en faut, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Cette fois après avoir visité Londres, Paris, la Forêt Noire et la Norvège nos héros vont se retrouver à Rome, ville hautement symbolique d’un point de vue du pouvoir, mais aussi des religions. Concernant l’univers les auteurs développent ici encore plus l’aspect divinité déjà développé dans le quatrième tome et dévoile aussi, enfin, la vérité sur Le Livre des Peurs qui se révèle intéressante et importante. L’aspect historique se révèle toujours aussi intéressant, même si modifié pour l’histoire, avec toujours les apparitions de personnages connus historiquement. La magie est toujours présente et prend un peu plus d’ampleur avec aussi la mise en avant, légère, des divinités celtiques irlandaise. Un univers qui se révèle dont toujours aussi solide, efficace et qui offre un cadre intéressant et sombre à l’histoire même si parfois quelques explications supplémentaires auraient été intéressantes.

Concernant les personnages ils vont devoir affronter de grands défis et devoir évoluer en fonction des épreuves qu’ils vont rencontrer, que ce soit aussi bien dans leurs actes que dans leurs émotions. Car oui nos héros vont aller de désillusions en déceptions et vont devoir tout faire pour tenter de s’en sortir ce qui accroche vraiment le lecteur. On les retrouve dans ce tome aussi plus dans l’action que dans le développement psychologique, même si certains passages dévoilent le passé de certains ce qui offre un regard nouveau sur eux. Dans l’ensemble ils se révèlent toujours efficaces, attachants et entrainants et donnent envie de suivre leurs aventures, leurs péripéties.

Pourtant j’avoue certains passages concernat certains protagonistes m’ont légèrement énervé, je pense par exemple à Roland, devenu au début du tome adulte et Haut-Conteur à part entière, et qui pourtant manque souvent de jugeote. Ajouter à cela ses jugements de valeurs et d’honneur qu’il assène régulièrement, du genre les gens qui restent en arrière pour faire des recherches pour tenter de faire tomber l’ennemie sont des lâches ou encore sur tel personnage qui est obligé de jouer double voir triple jeu dans les manipulations de la cour est un homme sans honneur, m’ont vraiment agacés surtout venant d’un personnage qui, il faut le rappeler, a obtenu sa cape de conteur sur un énorme mensonge dans le premier tome. Dommage aussi que Lothar reste un peu une caricature de méchant il avait un sacré potentiel que, je trouve, il n’a jamais réussi a vraiment développé dans ce cycle. Bon après je chipote un peu, car dans l’ensemble les personnages m’ont intrigué et m’ont donné envie de lire la suite au fil des pages.

La plume des auteurs est toujours aussi vive, entrainante et captivante même si, c’est vrai, quelques longueurs apparaissent ici ou là dans ce tome. La conclusion, tant attendue, se révèle plutôt réussie évitant de tomber dans le côté « happy-end » et offrant ainsi son lot de surprises, de souffrances et de rebondissements. Je suis juste un peu frustré devant cet épilogue qui aurait peut-être mérité un peu plus de développement, mais bon rien de bien gênant. En tout cas une fois la dernière page tournée une certaine nostalgie s’installe en sachant qu’on ne suivra plus ses héros, alors que de nombreuses histoires auraient pu être encore racontées. Au final voilà un cycle qui, sans révolutionner le genre et reprenant de façon efficace les classiques de la fantasy, m’a offert un agréable moment de lecture et s’est révélé offrir une histoire solide et divertissante ce qui est déjà bien.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce cinquième et dernier tome du cycle des Haut-Conteurs qui vient enfin apporter les réponses aux questions. L’histoire se révèle vraiment haletante, sans temps mort et va mettre à mal l’ordre des conteurs forçant nos héros à devoir faire des choix compliqués. L’intrigue se révèle dense, ce qui se révèle a double tranchant, offrant de bonnes idées et des complots intéressants, mais manquant de développements, limité par le nombre de pages de ce tome. Peut-être que la développer sur le plus long terme aurait permis d’y gagner en intérêt. L’univers continu à se développer de façon efficace et les personnages se révèlent toujours aussi solide et intéressants même si je les ai trouvés un peu plus manichéens que d’habitude, principalement Roland et sa notion d’honneur. La plume des auteurs est toujours aussi vive et captivante offrant une conclusion qui évite le happy-end, même si elle aurait pu être plus développée. Alors certes, il y a quelques longueurs et l’aspect jeunesse amène certains aspects traités un peu trop simplement, mais dans l’ensemble ce cinquième tome, ainsi que cette série, m’a offert une lecture divertissante, entrainante et efficace ce qui est le principal.

 

Ma Note : 7/10

 

Autre avis : Mariejuliet, Phooka, Nymeria, Imagin, Lou lit la, …

Bifrost n°73 – Spécial H.P. Lovecraft

bifrost 73 HP LovecraftEdition : Le Bélial’

 

 

 

 

 

Mon Avis : Encore un nouveau numéro de Bifrost, il s’agit du dernier publié, sorti au mois de janvier et qui cette fois se lance dans le décryptage d’un auteur connu pour ses récits, mélange de fantastique et de terreur, je parle bien entendu de H.P. Lovecraft. Un auteur qui a toujours réussi à me captiver et me faire frissonner en jouant plus sur l’imagination et l’ambiance que la description et le sanglant. Alors j’avoue, je suis légèrement déçu, le magazine a beau être consacré à l’auteur aucune nouvelle de lui n’est présente, choix de l’éditeur car tous les textes sont encore disponibles, ce qui est compréhensible, mais une lettre ou deux de l’auteur aurait pu être sympathique. On retrouve donc des textes de Thomas Day, Claude Ecken, Céline Zufferey et China Miéville. À noter la couverture, illustrée par Nicolas Fructus, qui est vraiment magnifique selon moi.

Forbach de Thomas Day : Une nouvelle très Lovecraftienne dans son univers, mais aussi dans sa construction, qui nous plonge dans une histoire d’héritage qui cache de lourds secrets. L’un des points les plus intéressants de cette nouvelle est sa narration à rebours qui part du présent et remonte dans le passé pour dévoiler au lecteur l’origine du mystère et des horreurs qui se cachent à Forbach. Mais surtout l’auteur a vraiment réussi à rendre cette ambiance angoissante, sombre avec son lot de puissance qui dépasse l’entendement qui sied si bien à Lovecraft, même dans la mythologie, et laisse une fin ouverte qui fait froid dans le dos. Un texte réussi qui m’a accroché dès le début et m’a fait tourner les pages pour en apprendre plus même si, j’avoue, je l’ai trouvé un tout petit peu moins incisifs que les dernières nouvelles que j’ai lu l’auteur.

Une Épouvantable Odeur de Lavande de Claude Ecken : Cette nouvelle est plus fantastique que terrifiante, difficile de la lier complètement à Lovecraft. En tout cas elle se révèle plaisante à lire. On suit un homme qui a été agressé et qui a perdu la mémoire. Pour l’aider à la retrouver il va suivre une thérapie olfactive, la mémoire étant liée aux odeurs. Un récit qui ne manque pas de charme et offre son lot de mystères et de rebondissement. C’est sur la construction du personnage que l’auteur m’a captivé, certes l’amnésie est courante dans l’écriture, mais à travers ses flashbacks il a tout de même réussi à me surprendre et à me donner envie d’en savoir plus. Dommage que le lecteur se rend un peu trop rapidement compte de la conclusion qui se dessine, peut-être que le texte est trop long. Malgré cela l’ensemble reste sympathique à lire.

Géomorpho de Céline Zufferey : Cette fois on rentre dans le cyberpunk, genre qui est encore plus éloigné de Lovecraft, mais surtout, je dois l’avouer, ce texte ne m’a pas accroché du tout. Bifrost cherche sûrement à mettre en avant de nouveaux écrivains et propose, ce qui parait être, le premier texte de cet auteur, mais voilà ça se sent clairement. Je pense qu’un véritable travail de fond aurait dû être mené, car entre un style un peu mou, une histoire de vengeance classique et pas mal d’aspects qui tombent dans la caricature et ne sont jamais expliqués, comme par exemple les riches en haut et pauvres en bas, le bad-boy ou encore la jeune bourgeoise qui cherche à se faire dévergonder, je n’ai jamais réussi à rentrer dans ce texte. Pourtant, l’auteur a l’air de posséder une imagination débordante. Dommage.

Les Détails de China Miéville : L’un des meilleurs textes du recueil avec celui de Thomas Day, cette nouvelle revient vers une ambiance à la Lovecraft pour nous plonger dans le quotidien d’un jeune garçon qui va tous les jours apporter à manger à Mme Miller qui vit recluse dans son appartement. Un texte qui joue fortement sur la vérité, qui se dévoile lentement au fil des pages et des indices que l’auteur distille au fur et à mesure, mais aussi sur les genre, comme souvent avec l’auteur, se situant entre thriller, fantastique et frisson. L’ambiance proposée se révèle vraiment moite, oppressante avec dès le départ ce sentiment de tension, de frisson qui monte au fil des pages pour aboutir à cette conclusion percutante. Un texte qui fait aussi réfléchir sur ce qu’on voit, qu’on imagine et ce qui est caché. L’auteur joue justement entre folie, vérité et maladie pour laisser ouverte certaines questions, que ce soit sur Mme Miller elle-même ou encore sur l’ivrogne, ce qui oblige le lecteur à se faire sa propre idée, sa propre croyance même si l’auteur en dit parfois un peu trop selon moi.

Dans la suite du magazine on retrouve, comme d’habitude, les critique des livres ainsi qu’un article intéressant sur deux livres de SF écrits pas des dames qui m’a donné envie d’en apprendre plus sur ces textes. On n’oublie pas la parole donnée à un libraire, cette fois le Libraire de Scylla et Charybde qui offre une interview vraiment captivante aussi bien sur son travail que sur l’avenir du métier. Vient ensuite le gros morceau, le dossier sur Lovecraft qui se révèle vraiment réussi, complet, passionnant et qui vient justement tordre le cou à certaines fausses idées qui restent accrochées à l’auteur, nous dévoilant sa vie, ses influences, une analyse de ses écrits ou encore une explication sur les mythes que l’auteur a développé. L’article scientifique vient analyser de façon pertinente le film Pacific Rim  et pour finir on retrouve les gagnants du prix des lecteurs 2013. Un numéro de Bifrost très intéressant pour bien démarrer l’année.

 

Ma Note : 7,5/10 (Note ne reposant que sur les nouvelles)

Demain le Monde – Jean-Pierre Andrevon

demain le mondeRésumé : « C’est un cercle vicieux. Toi, tu te trouves au centre de ce cercle, avec tes quatre milliards de frères qui seront bientôt, si vite, six milliards, tu es au centre de ce cercle debout dans ton jardin mouillé, les pieds dans les feuilles de l’automne pourrissant, et tu lèves la tête vers le ciel bouché, muet, inutile, et tu cries au-dedans de toi il n’y a rien à faire ? Et comme, malgré tout, la translucide main d’espérance s’accroche encore à toi, tu répètes et tu répètes encore et encore… il n’y a rien à faire ? »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Jean-Pierre Andrevon fait partie des auteurs SF connu et reconnu avec plus de 600 textes publiés depuis 1968. Ce recueil nous propose donc de découvrir 22 textes, considérés comme représentatifs de la carrière de cet auteur. De lui j’ai déjà lu deux romans qui m’avaient bien accrochés, mais aussi quelques nouvelles dont la dernière, dans le recueil des Utopiales 2013, m’avait plutôt laissé de marbre, étant une nouvelle des années 70 et paraissant dépassé au jour d’aujourd’hui. Je me demandais donc ce qu’allait bien pouvoir me proposer ce recueil. En tout cas concernant la couverture, illustrée par Caza, je la trouve vraiment magnifique et elle donne envie de se plonger dans ce livre.

La Réserve : Une nouvelle d’introduction au message fort, qui nous plonge dans un futur post-apocalyptique où les humains ne sont plus les êtres au top de la chaine alimentaire, ils ne sont plus que des animaux. Je n’en raconte pas trop pour pas trop gâcher la chute, mais c’est un texte percutant même si je trouve qu’il porte un peu son âge, étant le tout premier texte publié par l’auteur en 1968.

Un Nouveau Livre de la Jungle des Villes : Nouvelle en forme de conte initiatique où un enfant humain se retrouve élevé par des robots et rêve d’en devenir un aussi. L’auteur nous offre de nouveau un monde post-apo où les hommes, dans leurs envies de conquêtes, se sont quasiment annihilés et qui offre une réflexion intéressante sur l’identité et ce qui la façonne entre son ADN ou son éducation. Un texte qui est toujours d’actualité offrant aussi un léger message d’espoir à la fin.

Un Petit Saut dans le Passé : Un texte vraiment intéressant et poétique sur la possibilité de voyager dans le temps, plus principalement dans le passé. L’auteur traite ici de l’idée, classique, du paradoxe temporelle avec comme réflexion la généalogie et son origine qui parait être un thème important pour l’auteur. Problème, j’avais deviné la fin dès les premières pages ce qui fait que l’ensemble m’a paru trop prévisible.

L’Arme : Voilà un texte vraiment cynique et rempli d’humour noir qui nous présente une terre ou des extra-terrestres laissent, par hasard, une arme puissante qui sera alors découverte par un sans-abri. Un récit qui nous rappelle qu’un homme une arme à la main ne sait faire qu’une seule chose : détruire. Un texte court, sympathique à lire sans non plus se révéler révolutionnaire ; vite lu vite oublié.

L’Homme qui Fût Douze : Une nouvelle intrigante qui va nous plonger dans la colonisation d’une planète par un équipage humain et qui va, au fil de la mission, dégénérer et révéler ainsi tout le sens du titre. L’auteur nous offre des idées intéressantes sur l’immortalité par le renouvellement, la chirurgie ou encore l’écologie que l’homme ne peut s’empêcher de détruire, mais j’ai trouvé l’ensemble un peu mal rythmé et possédant ce vernis suranné de ces nouvelles efficaces à une époque et qui ont un peu de mal aujourd’hui. Cette nouvelle reste sympathique et offre de bonnes réflexions.

La Bête des Étoiles et L’Empathe : L’auteur le dit clairement, pour cette nouvelle il s’est inspiré d’Alien, ce qui se ressent à travers cette chasse d’un ET meurtrier par un empathe. Une nouvelle aux réflexions intéressante de l’auteur sur l’environnement et l’impact de l’Homme sur la faune et la flore qui arrive toujours avec ses gros sabots, mais qui n’a pas réussi, tout du moins avec moi, à m’angoisser ou me faire frissonner.

Manuscrit d’un Roman de SF Trouvé dans une Poubelle : A travers cette nouvelle l’auteur a décidé de se lâcher, se moquant d’une certaine SF d’aventure en poussant l’absurde à son paroxysme dévoilant alors des humains lâches et faibles, et des femmes en tenues minimalistes. On accroche, ou pas, moi je suis resté de marbre à cette nouvelle. Dommage.

Le Château du Dragon : Cette nouvelle, mélange de Fantasy et de SF, nous offre ici une histoire d’aventures qui permet à l’auteur de prolonger son immersion dans l’univers gandaharien. Un texte qui se lit bien au rythme haletant et sans temps morts avec son lot d’action et de rebondissements nous présentant un monde où la République a mis à mal la Royauté et où des groupes de brigands, à la Robin des Bois, cherchent à remettre le Roi sur son trône. C’est très divertissant.

Régression : Dans cette nouvelle l’auteur traite de nouveau du paradoxe temporelle, une famille voulant fuir la seconde guerre mondiale décide de revenir dans le passé, mais la machine s’emballe. Une histoire qui nous offre le portrait d’un jeune homme traumatisé et humain qui va, avec sa famille, se rendre compte que tout retour est impossible et qui offre ainsi des réflexion intéressantes sur les relations humaines ainsi que sur la science et ses conséquences.

L’Anniversaire du Reich de Mille Ans : Ce texte, uchronique, nous présente un monde qui a vécu 1000 ans de Reich comme le rêvait Hitler, mais que se passe-t-il après? Un texte plutôt sympathique et agréable, même si je l’ai trouvé un peu long, qui nous montre un monde sans évolution qui va se retrouver perdu et qui nous rappelle qu’une seule idée, qu’une seule vision n’aboutit pas toujours à quelque chose.

La Porte au Fond du Parc entre le cèdre et les chênes : De nouveau l’auteur traite du paradoxe temporelle et nous offre ici un texte poétique sur la relation ponctuelle, au fil des ans, entre un voyageur du futur et une fille qu’il croise lors de ses voyages. La construction du récit offre son lot de rebondissements, mais cette nouvelle est trop redondante avec Un Petit Saut dans le Passé ce qui l’empêche de s’épanouir. Dommage.

Rien qu’un Peu de Cendre et une Ombre Portée sur un Mur : Un texte poignant et glacial sur une petite fille qui a le pouvoir particulier, en se concentrant, de faire disparaitre ce qui lui fait peur. Un texte fort avec toujours en toile de fond cette capacité bien humaine de faire la guerre, détruire et où le sacrifice d’une inconnue va tout changer. La conclusion est vraiment réussie.

… Il Revient au Galop : Une nouvelle intéressante sur un sujet qui est important pour l’auteur, l’écologie, et qu’on retrouve régulièrement dans ses textes. Un récit qui nous dévoile un monde subissant une pluie torrentielle qui ne s’arrête jamais et où on suit une humanité impuissante qui se débat vainement. Un texte fort qui fait clairement réfléchir et bien porté par des personnages intéressants, dommage que certains aspects, justement dû à une forte montée des eaux, ne soit pas traités du tout.

Salut, Wolinski ! : Cette nouvelle nous plonge dans un monde ou la Liberté est devenue le nouveau créneau, ou chacun fait ce tout qu’il veut. Le héros de cette histoire, qui n’est autre que l’auteur, a donc décidé de tuer les gens qu’ils n’aiment pas et il n’aime personne que ce soit les riches, les pauvres, les étrangers, les intellos… Un texte cynique, violent, sanglant qui possède un message fort, mais qui m’a moyennement accroché, cherchant trop le côté choc.

Tout à La Main : La fin du monde est survenue et seul survivant probable l’auteur qui se terre chez lui entouré de coulées de boues brûlantes. Le héros se remémore alors les femmes qu’il a connues et ce qu’il a manqué, une sorte d’ode à la femme mais version trash, car notre héros se souvient d’elles surtout à travers la baise. Un texte qui, comme le dit l’auteur dans son explication, a fait un choc à l’époque traitant de la baise et de la masturbation, mais qui aujourd’hui se révèle, pour moi, juste sympathique principalement devant cette routine et finalement cette légère folie du héros, seul survivant qui classe sa vie comme on classe une bibliothèque.

Halte à Broux : Ce texte traite de soldats qui ont décidé de se poser dans un village et qui vont finalement regouter à la vie et la routine. Une nouvelle intéressante qui traite de la guerre, mais aussi des manipulations lors de l’entrainement des armées pour éviter que nos héros réfléchissent de trop, car finalement la réflexion est le pire mal d’une guerre pour un militaire.

Comme un Rêve qui Revient : Cette nouvelle traite d’un autre sujet qui est cher à l’auteur : les Dinosaures. Imaginez qu’ils reviennent? Un texte qui rappelle que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, ce qu’il serait bon de ne pas oublier, surtout  si on remonte dans le temps,  qu’on n’est pas non plus l’espèce la plus haute dans la chaine alimentaire. Un texte efficace et surprenant.

Sur la Banquette Arrière : De nouveau l’auteur reprend le thème du paradoxe temporelle sur les origines et la généalogie déjà traité dans deux autres nouvelles précédemment ce qui donne, même si c’est traité de façon légèrement différente, de nouveau une impression de redondance surtout que ce texte me parait le moins bon des trois tout en étant situé à  la suite des deux autres.

Comme une Étoile Solitaire et Fugitive : Cette nouvelle m’a paru être le stéréotype des histoires d’une certaine catégorie de SF des années 80 et 90, entre catastrophe nucléaire qui aboutit à des mutations génétiques et bien entendu à son lot de pouvoir psi. Je ne sais pas pourquoi j’ai un peu de mal à accrocher à ce genre de récits. Heureusement le tout est sauvé par un style plutôt efficace et par un rêve d’étoiles vraiment intéressant.

En Route pour la Chaleur ! : Après un texte qui nous présentait une Nature reprenant ses droits en faisant chuter des trombes d’eau cette fois c’est le froid qui vient attaquer les hommes. L’auteur nous présente donc une humanité à bout qui va, au fil du temps, devenir de plus en plus violente, perdant ainsi ses normes éducatives, une sorte de retour à l’état sauvage. Une nouvelle sympathique mais qui parfois, selon moi, manquait d’informations sur certains points.

Épilogue Peut-être : Une nouvelle qui aurait pu servir de conclusion au récit où l’auteur nous présente la finalité de l’espèce humaine, de la Terre qui est en définitive, quoi qu’il arrive, de s’éteindre de se déchirer. Un texte intéressant, mais qui est, selon moi, un peu trop long.

Le Monde Enfin : Cette nouvelle nous fait suivre une vieil homme se déplaçant à cheval dans un monde où les hommes disparaissent et la nature reprend doucement ses droits. Un ultime voyage d’un vieillard vers son « cimetière des éléphants ». Sûrement la meilleure nouvelle du recueil selon moi, porté par des descriptions magnifiques d’une planète renaissante et qui offre une critique toujours aussi efficace et acerbe sur l’utilisation de la technologie par les hommes qui, au lieu de savoir profiter, en abusent. Une histoire qui prend son temps à travers ce vieillard qui profite de chaque instant. Un récit mélancolique et pourtant poignant et passionnant.

 

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, parfois crue et souvent captivante et prenante cherchant à faire passer son message de façon surprenante entre sexe, violence et apocalypse. Il réussit vraiment à happer le lecteur à travers la mise en place de son histoire, son univers et aussi dans ses descriptions, par contre j’ai trouvé qu’au niveau des dialogues il a un peu de mal se révélant souvent un peu plat servant plutôt de simple moyen d’informations. Les différents récits sont portés clairement par une imagination souvent débordantes et traitants de sujet qui, encore aujourd’hui, se révèlent d’actualité montrant clairement que l’auteur était parfois un peu visionnaire. Les explications de l’auteur en fin de texte apporte aussi une lumière intéressante sur chaque nouvelle. Dans l’ensemble un bon recueil représentatif des nouvelles de l’auteur même si c’est vrai certaines ne m’ont pas accrochées. Je regrette par contre cette impression de répétition donnant l’impression, parfois, de lire la même nouvelle plusieurs fois, mais de façon légèrement différente.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec ce recueil de 22 nouvelles de Jean-Pierre Andrevon qui présente un large panel de ce que peut proposer l’auteur au niveau de la SF. Des textes souvent forts, percutants qui traitent de sujets qui sont chers à l’auteur tel que l’écologie, les dinosaures ou encore la politique. Alors certes, toutes les nouvelles ne m’ont pas autant accrochées, mais dans l’ensemble je suis plutôt content de ma lecture. Je trouve juste dommage par contre la répétition de certaines idées, ce qui rend certaines nouvelles un peu trop redondantes. Une lecture efficace pour les lecteurs qui pourraient être intéressés par une SF engagée et percutante du début à la fin, même si parfois quelques textes ont mal vieillis selon moi, et un recueil intéressant pour qui veut découvrir l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : koré, …

La Loi du Talion, Première Partie – Mickaël Baudoin

la loi du talion premiere partieRésumé : On m’appelle Coryphé. Je suis un danseur de mort qui valse avec les âmes défuntes. Elles guident ma lame, entraînent mes pas au fil d’une oraison funèbre que seuls les initiés du cercle macabre perçoivent.
Je suis aussi un Déshérité, un banni dont la véritable identité est enfouie dans les méandres parcheminés du Recueil des Oubliés. Malgré l’animosité de mon peuple, la haine même qu’ils éprouvent envers ce que je représente, je dois prendre part au conflit nous opposant à nos anciens esclaves, ces sauvages venus du continent de l’Est. Peut être y gagnerai-je enfin la reconnaissance que ma famille m’a toujours refusée?

Edition : Boz’Dodor

 

Mon Avis : Avant de me lancer dans la lecture de ce roman je ne connaissais rien de cet auteur ni de ce cycle et pour cause, il s’agit ici du premier livre de Mickaël Baudoin. J’ai donc découvert ce récit quand il a été proposé en partenariat par Livraddict. Je me suis facilement laissé tenter par la couverture, illustrée par Antera, que je trouve vraiment magnifique et par un résumé assez énigmatique et intrigant qui m’a vraiment donné envie d’en apprendre plus. Je remercie donc Livraddict et les éditions Boz’Dodor de m’avoir permis de le découvrir.

Au fil des pages on se rend facilement compte que l’auteur connait bien ses classiques en Fantasy, nous offrant clairement une histoire de complots, le tout dans un monde Tolkiennesque avec un côté fantasy épique qui vient ainsi apporter son lot d’action nerveuse et de combats. Dans l’ensemble on obtient donc un texte qui se lit assez facilement, bien porté par une intrigue, certes plutôt classique, mais efficace sur une guerre de plus de 2000 ans entre les elfes et leurs anciens esclaves qui cherchent à se venger et à pouvoir vivre librement. Le rythme se révèle dans l’ensemble plutôt entrainant, offrant son lot de machinations et de révélations, ce qui fait fait que le lecteur tourne les pages pour pouvoir connaître la suite. Certes l’ensemble ne révolutionnera pas le genre, mais l’auteur, pour un premier roman publié, a réussi à écrire une histoire qui se révèle solide et plutôt captivante avec quelques aspects et des originalités qui se révèlent intéressantes.

L’univers mis en place se révèle aussi, dans l’ensemble, assez classique mais solide avec d’un côté les elfes, peuple immortel, égoïste et arrogant et de l’autre leurs anciens esclaves les D’JeenLories, proche finalement des hommes, peuple imparfait qui est à la recherche de liberté sans contrainte. Il nous offre aussi un travail sur la magie et la mythologie qui se révèle plutôt intéressant avec des aspects vraiment originaux, comme ce danseur de mort ou encore cette magie de sang, le tout associé a des points plus classiques comme par exemple cette magie des éléments qu’on retrouve chez les elfes. Concernant le monde développé il ne manque pas de charme et se révèle bien porté par des descriptions détaillées et intéressantes. L’auteur se permet aussi de développer ainsi des idées, certes déjà-vue mais intéressante, sur la domination d’un peuple sur un autre et aussi les différentes failles et peurs qu’on peut retrouver à travers les différents personnages ce qui permet ainsi, aussi, d’éviter de tomber dans le manichéisme du méchant elfe contre le gentil humain.

Concernant les personnages, j’avoue, je ressors plutôt mitigé certains tombant parfois un peu trop dans la caricature. J’ai bien accroché à Coryphé qui se révèle un personnage vraiment complexe, rempli d’émotions, de sentiments et rejeté par les siens qui va, à travers ses yeux, nous dévoiler un peuple elfique imbu de sa puissance, mais qui possède aussi quelques qualités et une diversité qui le rend intéressant. Par contre j’ai eu un peu de mal à complètement accrocher aux passages avec Alesham O’Kazar et Hornos qui auraient pu offrir une relation de frères ennemis vraiment intéressante mais qui, pour l’instant, tombe un peu dans des enfantillages alors qu’ils se lancent quand même dans une des plus grandes bataille jamais connue. Le problème vient de leur animosité l’un envers l’autre qui mériterait de reposer sur quelque chose de plus concret que  » tu ne me dévoiles pas tes plans, tu es un vilain, je me vengerai ». Cela n’empêche pas d’offrir aux D’JeenLories des personnages secondaires vraiment intéressants et charismatiques, principalement concernant les douze, et qui donne vraiment envie d’en apprendre plus.

Au final ce qui pêche vraiment à travers ce roman c’est qu’on sent bien qu’il s’agit clairement d’un premier roman l’auteur essayant de trop en faire par moment et tombant même une ou deux fois dans les clichés et ayant un peu de mal à complètement sortir du carcan classique dans le domaine. L’histoire évolue aussi de façon trop simple, les plans se réalisant à la perfection et rien ne vient jamais perturber cela que ce soit dans les scènes de combats ou encore dans des scènes d’évasion qui marchent trop facilement ce qui joue un peu sur la crédibilité de l’ensemble, se révélant au final un peu dommage. De plus l’ensemble se révèle au final assez linéaire, certes pas ennuyeux car ça se lit plutôt bien, mais pas non plus le roman le plus surprenant que j’ai lu. Enfin il y a aussi cet aspect concernant la magie qui pose toujours des questions devant sa puissance et qui parait pourtant si mal utiliser, là où elle pourrait carrément inverser le cours de la guerre.

La plume de l’auteur se révèle vraiment travaillée, on sent bien au fil des phrases qu’il aime les mots mais aussi le partager, mais voilà par moment l’auteur en fait trop, je pense principalement aux descriptions. Chaque personnage, chaque lieu, chaque bâtiment se révèle développé sous toutes les coutures avec toutes les métaphores qui vont bien ce qui offre, certes, un aspect vraiment visuel et complet mais qui fait que, plus on avance, plus l’ensemble gagne un peu en lourdeur. Pourtant j’aime beaucoup les livres qui prennent leur temps pour construire l’ensemble, mais il faut vraiment trouver un juste milieu entre rythme et description ce qui n’est pas encore complètement réussi ici l’auteur donnant plus l’impression de faire de longs portraits car il aime les mots que pour construire. De plus l’auteur tombe quelques fois dans la répétition ; par exemple annoncer une centaine de fois que tel peuple a été l’esclave de l’autre n’est pas toujours utile, on l’avait bien compris dès les premières pages. Dans l’ensemble on a donc un premier roman plutôt sympathique avec une histoire solide et quelques originalités, mais qui possède trop de lacunes lié à cette impression de premier roman pour complètement sortir du lot. Cela reste tout de même un texte intéressant, qui pourra plaire et dont je pense lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture plutôt sympathique avec ce roman qui nous offre une histoire solide, efficace, mais sans non plus révolutionner le genre avec cette intrigue reposant sur un peuple anciennement esclave qui cherche à se libérer complètement de ses anciens tortionnaires ; les Elfes. L’univers mis en place par l’auteur se révèle solide et efficace avec des originalités intéressantes, principalement sur les aspects de magie. Concernant les personnages je suis plutôt mitigé, autant certains m’ont bien accrochés, autant j’ai trouvé que d’autres se révélaient un peu caricaturaux et puérils. Par contre on sent bien qu’il s’agit ici d’un premier roman, l’auteur voulant parfois trop en faire, ajouter à cela que tout se passe toujours trop bien et de façon trop facile ce qui décrédibilise un peu l’histoire. La plume de l’auteur est vraiment dense et soignée, peut-être un peu trop l’auteur se laissant, selon moi, un peu trop aller dans les descriptions et les métaphores. Dans l’ensemble un premier roman plutôt classique qui a du potentiel, mais loin d’être parfait, et dont je lirai la suite pour connaitre la conclusion et voir comment s’en sort l’auteur.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Sphinxou, …

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