Auteur/autrice : BlackWolf Page 109 of 202

Le Dernier Apprenti Sorcier Tome 4, Le Rêve de L’Architecte – Ben Aaronovitch

le dernier apprenti sorcier 4 le reve de l'architecteRésumé : La découverte d’un corps mutilé dans la banlieue de Londres fait monter d’un cran la paranoïa ambiante, d’autant que la méthode rappelle furieusement celle de l’Homme sans visage, ce magicien fou déjà connu des services de police.
Enfin, pas de tous les services, juste de celui des affaires surnaturelles, dont le représentant le plus actif, l’agent Peter Grant, est aussi le dernier apprenti sorcier de Londres.
A peine débutée, son enquête va s’enrichir de nouveaux éléments à première vue sans rapport avec le crime, mais qui tous mènent au quartier d’Elephant & Castle; plus précisément à un ensemble d’immeubles conçu par un architecte dérangé et habité par tout ce que la capitale britannique compte de désespérés…

Edition : Nouveaux Millénaires

 

Mon Avis : La fantasy urbaine fait partie des genre que j’apprécie énormément (hors Bit-Lit que je ne lis pas) revisitant souvent un monde contemporain tout en y ajoutant une petite pointe de magie et de mystères. Le Dernier Apprenti Sorcier fait partie de ses séries qui m’ont bien accroché dès le début et, après trois tomes, qui se sont révélés captivantes et prenantes avec un fil rouge efficace qui commence à se dessiner (Chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). J’avais donc hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir me proposer ce quatrième tome des aventures de l’agent de police Peter Grant. À noter l’illustration de couverture que je trouve toujours aussi jolie et efficace.

Et je dois bien avouer que ce quatrième tome me conforte dans tout le bien que je pensais de ce cycle. Après un troisième volume efficace à double intrigue, l’auteur nous offre ici un jeu de piste des plus pertinents, jouant avec le lecteur, amenant de nombreux éléments à, ce qu’on pense être, des impasses, mais qui au fil des pages dévoile son véritable jeu. Une machination traitée de façon assez lente, qui se révèle complexe, les informations étant parfaitement maîtrisées et lâchées au compte goutte offrant ainsi au fur et à mesure une vision de plus en plus complète de ces manipulations. Après, tout dépend de ce que vous recherchez, les 150 premières pages offrant finalement que peu de révélations, l’auteur mettant en place chaque élément, ce qui peut déranger certains lecteurs ; cette impression de ne pas encore comprendre où on nous emmène.  Mais surtout cette intrigue permet de se recentrer sur ce fil rouge que construit l’auteur depuis le second tome avec ce mage sans visage et, même si on s’apprendra que peu de choses sur lui, il commence quand même à se dévoiler doucement offrant un ennemi intéressant.

Mais surtout, ce qui me fascine toujours autant, c’est ce travail sur la ville de Londres et sur ses habitants, l’ensemble offrant un cadre parfait à cette série entre historique et contemporain. Cette fois l’auteur se consacre à parler d’architecture, mais surtout il le fait vraiment avec envie sans jamais non plus ennuyer le lecteur, arrivant à travers ses mots à partager cette passion. J’avoue, je me suis retrouvé plusieurs fois sur internet pour faire de plus amples recherche sur tel ou tel aspect dont nous parle l’auteur, ce que j’aime faire de temps en temps, mais qui n’est nullement obligatoire pour lire le livre. Surtout l’auteur continue à développer son univers, moins l’aspect divinité, même si on découvre les esprits de la forêt, et plus l’aspect magie, nos héros continuant à développer leurs talents. Surtout Nightingale va devoir agir, j’attendais cela depuis plusieurs tomes et il va nous faire une représentation de sa magie vraiment explosive et passionnante sur quelques pages, mais je vous laisse découvrir.

Concernant les personnages ils continuent à se développer et à évoluer au fur et à mesure des pages et on continue à s’attacher à eux. L’auteur a vraiment su rendre cette série intéressante en ne faisant pas de son héros, Peter Grant, un super magicien mais un véritable apprenti qui ne possède que deux ou trois sorts pour le moment et dont son évolution repose aussi beaucoup sur les autres. Ce tome nous permet aussi d’en apprendre plus sur Nightingale qui se dévoile de plus en plus sur son passé trouble. Lesley continue à prendre dans l’ampleur au fil des tomes et se révélant être un personnage intéressant. Des personnages qui vont devoir faire face à des choix qui vont tout changer. La présence de certains personnages peut paraitre inutile dans ce tome, mais devrait servir énormément par la suite, je n’en doute pas. L’auteur nous présente aussi au fil des pages un panel vraiment intéressant de Londoniens et Londoniennes qui dévoile une ville vraiment hétéroclite et fascinante. Mais surtout les dialogues sont toujours aussi percutants et souvent plein d’humour ce qui apporte vraiment une pointe de légèreté.

Alors certes, quelques points sont quand même venus nuancé légèrement mon enthousiasme durant cette lecture. Comme je l’ai dit l’auteur est un passionné d’architecture et de la ville de Londres, ce qui fait que parfois il se laisse un peu trop aller dans les descriptions de lieux et de bâtiments, rien de bien méchant non plus, mais une ou deux fois on a l’impression que l’ensemble est un peu long. Il a parfois aussi ce soucis avec les descriptions des personnages, en faisant parfois un peu trop, principalement dans les métaphores et les comparaisons ce qui peut être très drôle mais quelquefois un peu ennuyeux. Mais le tout ne m’a jamais bloqué dans la lecture et j’ai tourné les pages avec envie pour en apprendre plus et découvrir la conclusion. Une conclusion, peut-être un peu rapide, mais qui va gagner en intensité et en rythme et qui va clairement apporter son lot de rebondissements et même si, sur certains points j’avais en tête de fortes probabilités que cela arrive, l’auteur a tout de même réussi à me surprendre.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi énergique, entrainante, efficace et possède toujours cet humour anglais qui fait clairement tout son charme. C’est surtout le côté « geek » que l’auteur met par moments en avant qui apporte un petit plus à cette histoire selon moi, comment ne pas sourire devant les différentes références qui apparaissent au fur et à mesure que ce soit comme par exemple sur Doctor Who, SdA, Balde Runner etc… Au final un tome que j’ai trouvé bien construit, intriguant et que j’ai lu avec grand plaisir confirmant tout le bien que je pense de ce cycle. Je lirai la suite avec grand plaisir tant des questions restent en suspens. En espérant qu’elle soit d’ailleurs bien publié, vu la chance que j’ai eue avec des séries comme celle de Butcher ou Mike Carey. Au pire je les lirai même en Anglais vu qu’il est confirmé que quatre nouveaux tomes doivent encore sortir.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le quatrième tome de ce cycle qui nous propose une histoire, certes plus lente, construite sur des impasses, mais qui m’a vraiment bien accroché offrant son lot de rebondissements pour aboutir à une conclusion vraiment efficaces, captivante et surprenante. L’univers construit par l’auteur continue à se développer de façon fascinante dans ce Londres toujours aussi attirant et, de plus, on découvre enfin un peu la puissance de Nightingale. Les personnages continuent à se densifier au fil des pages et sont confrontés à des choix pas toujours faciles. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi vive, efficace et entrainante même si parfois il se laisse un peu trop aller à des descriptions de lieu et de bâtiments qui, parfois, traînent un peu en longueur, de plus la conclusion est un peu rapide, mais franchement rien non plus de dérangeant. En tout cas je lirai la suite de cette série sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Réalité 5.0 – Collectif

realite 5.0Résumé :  Cinq textes, comme autant d’éclats qui reflètent chacun une vision singulière. Qu’ils soient débutants ou confirmés, cinq auteurs se sont prêtés au jeu de l’écriture autour du thème de la réalité. D’un Paris futuriste sous un Dôme, à un environnement virtuel, d’une station touristique – où la réalité augmentée est prédominante, à une attaque de mannequins en plastique jusqu’au dialogue entre un sexbot et son propriétaire… autant de version d’une réalité, d’échos des possibles.

Edition : Goater

 

Mon Avis : La première chose qui a fait que mon intérêt s’est porté vers cette anthologie ce sont les deux têtes d’affiches que sont Aliette de Bodard et Thomas Geha ; tous deux m’ayant déjà convaincu avec leurs autres écrits. La nouvelle de Aliette de Bodard ayant, en plus gagné, le prix Locus et Nebula a aussi clairement jouer sur mon envie de découvrir ce recueil, espérant par la même occasion, pourquoi pas, découvrir de nouveaux auteurs. Ce recueil comporte donc cinq nouvelles de science-fiction écrites par cinq auteurs différents sur le thème de la réalité.

Ma Douce Colombine de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme qui a toujours vécu dans la richesse et qui a toujours profité des bonnes choses, mais en n’ayant connu aucun véritable contact humain. Un texte vraiment intéressant, qui nous offre le portrait d’un personnage, pacha, que son éducation a rendu totalement solitaire, égoïste et vivant sa vie complètement par procuration, le plus souvent de façon virtuel. Un homme détaché de tout et de tout le monde dont la vie va un jour basculé. Une quête du bonheur tout en cherchant à comprendre le bonheur. Un récit humain plein de surprise qui nous rappelle que les technologies ne font pas tout dans la vie et que, parfois, de véritable émotions, factices ou pas, manipulés ou pas, peuvent changer la vie d’un homme.

Les Passerelles d’Elena Avidja : Ce texte nous plonge dans un Paris post-apocalyptique dont une partie de la population s’est retrouvé forcée à vivre sous un dôme pour éviter les radiations qui ont transformées la population extérieure en mutants. Un texte construit de façon intéressante et captivante, offrant plusieurs points de vue qui nous montrent que la vérité n’est pas toujours ce que l’on croit. Une histoire efficace sur  les inégalités toujours présentes, sur les manipulations, mais aussi sur la façon de chacun de survivre et s’adapter dans ce monde. Un univers totalitaire ou la réalité et la vérité sont cachées derrières des mensonges et du cinéma qui, parfois, rappelle clairement notre réalité. Dommage que le récit manque un peu d’émotion, à mon goût, la faute justement à cette multiplication des points de vues dans un texte court ce qui limite l’aspect sentiments.

Immersion de Aliette de Bodard : Cette nouvelle nous plonge à l’intérieur de la station Longevity où la vie est autant réelle que semi-virtuelle grâce à une technologie galactique. Un texte que j’ai trouvé vraiment intelligent et intéressant, principalement dans les problématiques avancées, que ce soit l’acceptation de soi et des autres ou encore les améliorations qu’on cherche à amener sur soi pour aboutir à une perfection aussi bien intellectuelle que physique, qui sont aussi des sujets d’actualités et qui se révèlent traités ici de façon efficace. L’auteur utilise d’ailleurs un jeu de narration réussi entre une présentation à la troisième personne classique et une autre à la deuxième personne plus détachée jouant ainsi fortement sur l’influence de cette technologie normative. Un texte qui m’a vraiment bien accroché dont mon seul regret vient de l’univers qui aurait mérité d’être plus développé à mon goût, mais rien de bien gênant.

Plastique de Sébastien Degorce : Une nouvelle qui nous plonge dans un Paris où une épidémie fait des ravages, obligeant la ville à se retrouver couper en deux, cloisonnant ainsi les malades sous surveillance. On se retrouve alors à suivre un couple d’activiste le jour d’une élection. Un texte vraiment sympathique qui nous offre des réflexions intéressantes sur le pouvoir politique, son image, son importance et son influence ou encore sur la contestation. L’auteur nous offre même une scène haletante qui fait clairement penser à Doctor Who et où on se pose clairement la question de qui est en plastique et qui ne l’est pas, le tout pour aboutir à une conclusion choc et surprenante. Mais voilà selon moi ce texte aurait gagné à être un peu densifié, certains passages se révélant trop rapides et les dialogues m’ont paru parfois un peu plat. Dans l’ensemble tout de même une découverte agréable.

Une Petite Mayonnaise de Pur Plaisir de Jean-Marc Agrati : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme vivant chez lui avec une sexbot, une IA et passant son temps à espionner le voisinage qui respecte de moins en moins la loi. Alors, je l’avoue, je n’ai pas vraiment accroché à ce texte, mais cela vient clairement de mes attentes personnelles. J’en vois pourtant bien les idées, nous présentant une société qui se révèle de plus en plus délétère, où le respect des lois et des autres a complètement disparu, cherchant ainsi à faire réfléchir le lecteur, mais voilà l’auteur utilise une plume assez trash qui a est le genre d’aspect qui a du mal à vraiment m’accrocher. Le côté électrochoc me rentrant dedans, par la violence et la vulgarité, pour me faire visualiser une idée plutôt que d’essayer de me la faire comprendre et accepter ne marche pas avec moi, ce qui a donc fait que je ne suis jamais rentré dans cette nouvelle. Dommage, même si je ne doute pas que sur d’autres lecteurs cette présentation aura plus d’effet.

 

Finalement, je suis bien content de m’être laissé tenter par ce recueil de nouvelles qui m’a offert cinq textes complètement différents en nous présentant des points de vue complètement différents et, souvent, efficaces sur ce qu’est la réalité et ce qu’on est capable d’en faire ou encore de s’en cacher. Même si tous les textes ne sont pas au même niveau, ce recueil m’a aussi permis de découvrir de nouveaux auteurs intéressants.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui nous propose de plonger le lecteur dans cinq récits présentant clairement une vision de la réalité complètement différente, souvent intéressantes et palpitantes. Alors, certes tous les textes ne sont pas au même niveau, mais dans l’ensemble ils se révèlent captivants, réfléchis, souvent bien traités avec de bonnes idées et des histoires intéressantes. Je suis bien content de m’être laissé tenter par ce livre qui m’a permis aussi de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas.

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune,…

Feed Tome 3, Red Flag – Mira Grant

feed 3 red flagRésumé : Révoltez-vous!
2041, Amérique post-zombie. La cabale secrète qui détient le pouvoir dans l’ombre se porte bien. On ne peut pas en dire autant des blogueurs qui ont osé révéler la vérité à la population. À peine sortis des griffes de leurs ennemis, Shaun Mason et son équipe sont de nouveau sur le sentier de la guerre. Le temps leur est compté, et les obstacles s’avèrent nombreux : une meute de savants fous, une administration politique corrompue et même un ours zombie. Une chose est sûre, dans l’Amérique d’après le Jour des Morts : la situation peut toujours empirer.

Edition : Bragelonne

Mon Avis : Comme je lai annoncé précédemment 2014 s’annonce comme une année bien remplie en nouveaux tomes de série que j’attends depuis un moment et en fin de cycle. Ce livre rentre ainsi dans la seconde catégorie, venant conclure la trilogie Feed. Après un premier tome vraiment réussi, haletant et plein de surprises (ma chronique ici) et un second tome un peu moins bon car porté par Shaun dont je trouvais le personnage moins intéressant et peu réfléchi (ma chronique ), j’avais hâte de voir comment l’auteur allait conclure tout cela. À noter qu’il risque d’y avoir des SPOILER dans ma chronique. Vous êtes prévenus.

Ce tome se situe juste après la fin du second tome qui a amené de nombreuses révélations. On repart donc avec nos héros en grand danger et qui se retrouvent au milieu d’une conspiration dont ils vont devoir se dépêtrer. En tout cas une chose est sûre, ce tome retrouve des points qui m’avaient vraiment accroché dans le premier tome avec une histoire enlevée au rythme effréné qui accroche le lecteur rapidement pour ne jamais vraiment le lâcher avec peu de temps morts. L’auteur sait jour habilement avec les rebondissements et retournements de situations pour toujours surprendre et ne jamais ennuyer. La narration alternée permet aussi de mieux apprécier ce livre que le précédent, évitant ainsi de toujours suivre Shaun qui, selon moi, manque clairement de charisme et dont sa seule logique est de vouloir frapper et insulter. J’ai tourné les pages avec envie tant l’auteur a réussie à insuffler quelque chose d’efficace dans ce récit et pourtant je ressors quand même un peu déçu de cette lecture vis-à-vis de mes attentes principalement sur le fond.

Déjà je reproche à l’auteur sa capacité à se répéter énormément, que ce soit sur le virus, les testeurs ou autres aspects comme cette pub pour coca j’ai bien dû voir les mêmes explications plus d’une cinquantaine de fois et, le plus ennuyeux, expliqué à chaque fois de la même façon voir avec les mêmes mots. Ce qui est dommage c’est qu’à côté de ses répétitions, qui remplissent inutilement des pages, l’auteur n’offre quasiment pas d’informations sur des sujets qui peuvent avoir son importance comme par exemple l’immunité de Shaun qui n’a quasiment aucune explication et qui, surtout, soulève de nombreuses questions dont le fait de comprendre pourquoi il est le seul à l’être dans le monde entier alors que l’ensemble laisse paraitre que d’autres devraient l’être. Ensuite, l’auteur possède parfois un sacré manque d’imagination, principalement pour faire avancer son intrigue. Elle donne l’impression que le seul moyen de faire avancer une histoire c’est d’aller forcer le CCPM, donc après l’avoir fait deux fois dans Deadline c’est reparti pour un tour. D’ailleurs je suis toujours aussi étonné de l’absence flagrant de système de sécurité, même pas une caméra rien du tout, on rentre chez eux comme dans un moulin.

Autre problème qui m’a dérangé c’est l’intrigue principal, déjà j’ai un peu de mal à comprendre comment on est passer d’une intrigue politique et de lutte de pouvoir dans le premier tome à une conspiration mondiale. Je trouve cela un peu gros et un plutôt mal amené à mon goût. J’ai eu légèrement l’impression de voir certains récits jeunesses ou deux héros adolescents font tomber la grande et vilaine conspiration pas gentille. Mais surtout le premier tome offrait quelque chose d’intelligent, ici on tombe dans le complot que j’appellerai pop-corn, celui où il vaut mieux parfois débrancher son cerveau et simplement se laisser porter par l’action et les rebondissements, comme une petite série B sans prétention.

Je prends comme exemple cette histoire de clonage, où le CCPM a décidé de cloner Georgia pour l’amener à Shaun et ainsi les forcer à dire leur vérité et non La vérité. Franchement. Dépenser des milliards simplement pour avoir une blogueuse? Il n’y avait vraiment que Georgia pour faire cela? Le monde entier n’écoute donc plus qu’elle et personne d’autre? Comment cela pourrait être possible vu que l’auteur ne présente jamais aucun retour de l’impact de leurs écrits dans le monde, l’histoire restant souvent en vase clos ne donnant aucune information sur l’état de la presse ou autre. C’est d’un simpliste. De plus ce clonage vient, selon moi, fortement diminuer l’impact émotionnel de la fin du premier tome et tout ce qui en découle, ce qui est dommage. Ajouter à cela une conclusion qui donne surtout l’impression que nos héros ne servent à pas grand-chose ici, et que si les services secrets avaient eus un cerveau on n’en serait pas là, voilà ce qui me fait dire que l’histoire ne recherche que l’aspect explosif plutôt que l’aspect réflexion, le tout avec bien entendu son président porté en héros, ce que j’ai eu du mal à accepter vu comment c’est présenté.

Concernant l’univers je reste un peu circonspect concernant ce tome. Comme les précédents il doit servir à démontrer comment une population, face à une catastrophe d’envergure, réagit et surtout se renferme sur elle-même par des lois de plus en plus liberticides. Mais ici l’auteur décide d’y ajouter quelques réflexions assez « fumeuses » du genre Internet dit toujours la vérité ou encore la science provoque plus de catastrophe qu’autre chose et qu’on vivrait mieux sans. Vouloir expliquer que la science peut, mal exploité, amener à des catastrophes ça peut être intéressant si c’est bien amené ; montrer que TOUS les scientifiques sont des psychopathes qui préfèrent faire du mal et faire souffrir les autres pour faire aboutir leurs recherches ou leurs idées là, j’accroche plus vraiment et mon côté scientifique se met à râler.

Ensuite un autre point m’a légèrement dérangé, mais depuis le temps qu’on le voit dans les livres ou le cinéma je m’y suis fait, c’est la capacité à voir les US comme le sauveur et le centre du monde. L’exemple de l’évolution de l’épidémie au début du récit est flagrant, l’influence de ce nouveau vecteur de virus s’arrêtant bien gentiment aux frontières comme si le reste n’existait pas. Je suis aussi un peu déçu que l’auteur aie oubliée que son récit était un récit de zombie, franchement la scène avec l’ours aurait pu être tellement fun, pourquoi ne pas l’avoir développé déjà qu’on voit très peu de scènes de zombies, je me suis senti frustré.

Concernant les personnages ils m’ont plus convaincu que le tome précédent, mais pas autant accroché que le premier. Shaun est toujours un crétin violent qui considère ses amis comme acquis et je n’accroche toujours pas à sa petite voix dans la tête qui se révèle, comme par enchantement, plus intelligente que lui et le sauve régulièrement. Becks tourne un peu à l’héroïne sous testostérone dont le seul impact se révèle dans l’action. J’ai bien accroché à Mahir et Maggie qui apporte un peu de subtilité et de sentiment dans cette intrigue. Par contre, un point qui m’étonne, c’est l’absence totale de réaction devant la relation amoureuse fracassante de deux héros qui n’a l’air de choquer ni de surprendre personne alors que l’effet recherché, sur le lecteur, est justement l’inverse et qui parait surtout improbable.

Une des grandes réussites de ce livre par contre vient de la plume de l’auteur qui se révèle certes simple, mais vraiment entrainante, prenante et haletante ce qui a fait que j’ai continué à tourner les pages, même si j’ai bien senti que l’histoire ne serait jamais au niveau de Feed cherchant plus l’effet complot frénétique alors que la réussite du premier tome était justement d’être un roman de zombie et d’offrir une critique sociale sur l’enferment d’un pays devant une catastrophe. Au final sur cette trilogie je vous conseille fortement de lire Feed, les deux autres tomes à vous de voir, mais selon moi ils paraissent dispensables.

En Résumé : De nouveau je ne ressors pas complètement convaincu par la lecture de ce livre. On est passé d’une intrigue politique prenante et réfléchie dans le premier tome à un complot mondial pop-corn dans les deux tomes suivants où le lecteur ferait bien de ne pas trop réfléchir pour ne pas se rendre compte de certaines grosses lacunes de l’intrigue. Ajouter à cela des répétitions à foison ainsi que le développement d’idées que je trouve caricaturales et fumeuses et vous comprenez pourquoi j’ai moins accroché à ce tome. Pourtant, l’ensemble n’est pas non plus totalement mauvais, on tourne les pages facilement, bien porté par un rythme haletant, de l’action et de nombreux rebondissements et retournements de situations efficaces. Le soucis c’est que l’auteur cherche à en faire toujours plus plutôt qu’une histoire simple de zombies avec des réflexions médicales affutées comme le Tome 1. Concernant les personnages je reste mitigé, je n’accroche plus vraiment à Shaun depuis le second tome et Becks m’a paru caricaturale, heureusement les autres se révèlent intéressants. La narration alternée, apporte un vrai plus par rapport au Tome 2. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle simple et entrainante. Au final de cette trilogie je recommande Feed Tome 1, les deux autres me paraissant dispensables.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Lune, …

Le Cycle des Démons Tome 3, La Guerre du Jour – Peter V. Brett

le cycle des demons 3 la guerre du jourRésumé : À la nouvelle lune, les hordes infernales du Coeur se mettent en  quête des deux seuls hommes susceptibles d’incarner le Libérateur légendaire, capable d’éradiquer les démons de la terre. Autrefois aussi proches que des frères, Arlen, l’Homme-rune, et Jardir, le leader des belliqueuses tribus du désert, sont désormais opposés par une rivalité farouche. L’un combat la magie chtonienne tandis que l’autre l’appelle. Leurs choix vont se révéler décisifs, tandis que s’engage la résistance ultime des humains contre les armées démoniaques…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : 2014 s’annonce pour moi comme une année bien remplie. De nombreuses séries, dont j’attends la suite depuis un petit moment déjà, devraient voir la publication française de leurs derniers tomes. Le Cycle des Démons en fait partie avec la publication de ce troisième tome, environ trois ans après la sortie du précédent. Le premier tome de ce cycle m’avait agréablement surpris offrant une Fantasy aux aspects classiques mais efficace avec un background vraiment intéressant et prenant (ma chronique ici), le second tome m’avais fait passer un très agréable moment, certes, légèrement plombé par le développement d’un personnage qu’on croyait secondaire sur plus de 200 pages (ma chronique ). J’avais donc hâte de voir ce qu’allait proposer ce nouvel opus d’une série qui devraient en comporter cinq. À noter la couverture, illustrer par Miguel Coimbra qui se révèle très jolie dans ses tons mille et une nuits.

La fin du second tome avait laissé le lecteur en suspend, les démons ne sont pas que de simples monstres sanguinaires, ils possèdent une hiérarchie, une intelligence et considèrent les humains comme du bétail. Une grande guerre s’annonce donc, les démons ne pouvant pas laisser l’Humanité apprendre à se défendre. Et au milieu de tout cela deux « Libérateurs » qui déchirent le monde des hommes offrant deux visions radicales. Je voyais donc la suite épique, pleine de surprises, de manipulations, de combats tout en nous dévoilant un monde souterrain plus complexe que jamais. Hé bien que nenni, je me fourvoyais complètement.

Déjà, je dois l’avouer, l’auteur a gagné tout mon respect, si, si je vous assure, c’est le seul auteur qui arrive à raconter trois fois la même histoire sur les trois tomes. Après le tome un, nous installant l’univers et dévoilant la phase de rébellion des hommes sous le regard de Arlen, Leesha et Rojer, puis le tome deux qui revenait en arrière pour nous montrer cette même période sous le regard de Jardir sur près de 200 pages, voilà le tome trois qui refait de nouveau ce même retour en arrière, mais sous le regard de Inevera. Seul point positif l’auteur a décidé de présenter les choses différemment, au lieu de nous offrir un flashback d’un seul bloc il l’a coupé en trois parties ce qui aère le tout. Problème, ils apparaissent dans le récit sans qu’on en comprenne vraiment la logique.

Alors, j’en vois déjà certains protester en lisant cela, mettant en avant que Jardir est charismatique, malgré les redondances et les longueurs, revenir sur son histoire apportait des éléments tout de même originaux et un point de vue intéressant ainsi qu’un développement culturel efficace sur les Krasiens. Soit, je vous l’accorde, je maintiens que c’était long, mais il y avait un certain intérêt.

Pour Inevera par contre il n’y a aucun intérêt mis à part faire du remplissage d’un personnage secondaire intéressant, mais qui selon moi ne méritait pas de gagner les galons de personnage principal. Déjà son ascension, elle est construite exactement de la même façon que celle de Jardir, choix divin, surdouée rejetée sans amis, évolution exceptionnelle et retournement de ses ennemis en amis, rien de nouveau sous le soleil. Ensuite, niveau charisme on repassera l’auteur n’a, à mon avis, jamais pu vraiment construire un personnage féminin efficace et il le prouve à nouveau avec Inevera dont les manipulations tombent souvent à plat se terminant régulièrement au lit, car finalement le seul moyen de manipuler un homme c’est par son entrejambe. Je ne remets pas en cause ce procédé, je me doute bien qu’il fonctionne, mais n’avoir que cela comme palette de manipulation c’est léger et rapidement répétitif. Dommage, car en tant que personnage secondaire elle avait un petit côté mystérieux et entrainant qui était intéressant, alors que son développement me l’a rendu fade et clichée. Enfin niveau découverte culturelle étant aussi Krasienne, bah rien de neuf, même pas de quoi se lancer sur la condition de la femme dans cette culture vu quittant très vite sa famille et la villle étant « choisie ». J’attends donc maintenant avec impatience le quatrième tome qui devrait sûrement nous proposer un flashback sur Danseur de l’Aube, le cheval de Arlen, cela risque de s’annoncer fascinant !

Alors je sais, on va me dire que, après tout, ce n’est que 200 pages sur quasiment 700, il doit donc rester 500 d’intéressantes qui permettent de développer l’intrigue et cette grande guerre qui approche. C’est très mal connaitre l’auteur qui a décidé d’oublier son histoire de démons pour lancer une nouvelle mode, le Soap-fantasy, car oui pendant la grande majorité du reste du livre l’auteur a simplement décidé de se consacrer aux coucheries de ses différents protagonistes. Tout le monde le sait, ce qui va fasciner le lecteur c’est obligatoirement les performances sexuelles de son héros et savoir avec qui il va coucher. Alors, je n’ai rien contre le sexe, il fait partie de la vie, le voir dans un livre c’est tout à fait logique, mais le cul pour le cul le tout associé à des intrigues amoureuses du niveau des feux de l’amour, franchement ? Si encore cela apportait quelque chose et que c’était bien écrit, mais voilà n’est pas Jacqueline Carey qui veut et se retrouver avec des scènes du niveau d’une fanfic érotique d’adolescent ou à déterminer qui crie le plus fort au lit, cela n’apporte rien. D’ailleurs je suis étonné pendant deux tomes tout le monde était effrayé par les démons la nuit, ici personne n’en parle se concentrant sur qui finit dans le lit de qui.

Concernant les personnages, si vous vous attendiez à des révélations fracassantes sur Arlen et Jardir, vous pouvez retourner vous couchez, certes ils apparaissent mais n’évoluent pas vraiment. Non, ce tome développe plus Inevera, dont j’ai déjà parlé, Renna la promise d’Arlen dont on continue à se demander son utilité au fil des pages et qui ne se révèle être qu’une Arlen bis version féminine frustrant plus qu’autre chose le lecteur par son côté « je m’emporte pour un rien sans chercher à comprendre et j’ai envie de frapper tout le monde car je suis libre » et Leesha.

Ah Leesha, quelle héroïne … je parle bien entendu de la drogue qu’elle doit s’enfiler au fil des pages pour se révéler aussi peu futée et inconstante. Dans le tome 1 j’avais bien aimé ce personnage, mais déjà un point m’avait surpris ; Leesha a 28 ans, toujours pure et elle se garde pour l’homme qu’elle considèrera comme le bon, mais elle va se faire abuser lors d’un voyage. Retrouver et protéger par Arlen elle lui saute alors dessus espérant que, si jamais elle devait être enceinte, l’enfant soit un peu de lui. C’est le genre de chose qui me surprend, déjà du point de vue de la gestion du traumatisme et surtout que le personnage est une cueilleuse soit, en gros, médecin/infirmière/sage-femme, donc normalement elle sait comment on fait des enfants.

Mais dans ce volume elle abat encore des sommets. Enceinte de Jardir, l’homme qu’elle aime et qui l’adule en retour, mais qu’elle ne peut épouser car étant polygame, libérateur, un peu taré et dont les enfants ne sont que source de guerriers pour lui, c’est compliqué. Là le seul plan qui lui vient à l’esprit c’est de coucher avec un autre homme important et lui faire croire que c’est lui le père comme ça Jardir ne viendra jamais réclamer cet enfant et elle sera protégée …. Genre. Il est le personnage possédant la plus grande armée qui, dès qu’on touche à ce qu’il considère comme lui appartenant, va se lancer dans une vendetta destructrice et tu crois réellement qu’il va te laisser gentiment dans les bras d’un autre? Enfant ou pas? Dans sa tête d’ailleurs tout le monde y passe ; pourquoi pas coucher avec Arlen, ou encore son ex qui l’avait humilié publiquement, le tout pour finalement coucher un soir de beuverie sans véritable logique apparente. J’en suis resté pantois.

Puis on entame les 180 dernières pages et là tout d’un coup on revient à l’intrigue centrale, on retrouve les démons (car oui dans les pages précédentes des démons et de l’action ça se compte sur les doigts d’une main) et on va enfin avoir cette bataille, ce côté épique et du rythme. Je me suis enfin retrouvé intéressé et captivé par ce que nous dévoile l’auteur même si ce n’est qu’une escarmouche et qu’on n’apprend rien de nouveau sur les démons. Il y a enfin de l’action, aspect qu’on espérait voir depuis le début. Le hic, tout est traité trop vite et donne un peu trop l’impression que Arlen et Jardir sont des surhommes imbattables et surpuissants. Ajouter à cela quelques bribes d’informations ici ou là et quelques développements intéressants, j’ai finalement été passionné sur ce roman par à peine 200 pages sur environ 700. C’est peu.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple et, autant elle se révèle efficace dans les scènes d’action, autant dans les scènes quotidiennes se révèle longue et parfois même laborieuse. J’ai trouvé aussi que parfois les dialogues paraissaient un peu trop sommaires et mal écrits, retrouvant des expressions du style « promis juré » au milieu de certains dialogues ce qui m’a paru assez surprenant. Enfin concernant l’univers l’auteur n’apporte rien de nouveau et m’a donné même l’impression de gâcher ce qu’il avait mis en place au niveau des religions, les transformant clairement en caricature, le tout sans aucune critique ni réflexion. Il reste encore deux tomes qui doivent être publiés concernant cette série, mais la suite sera sans moi je m’arrête là, rien ne me donne envie de continuer au jour d’aujourd’hui et il va falloir de sacrés arguments pour me convaincre du contraire.

En Résumé : À la base j’attendais le troisième tome de ce cycle avec impatience, mais au final je ressors de ma lecture vraiment déçu. Sur les 700 pages, à peine 200 m’ont plutôt convaincu et m’ont donné ce que j’attendais de cette histoire, c’est-à-dire des informations sur les démons et la guerre entre humain et démons. Le reste alternant entre flashback d’un personnage qui me laisse de marbre et offrant une impression de déjà-vu, et entre des scènes de coucheries tendant vers le soap n’ayant aucun véritable intérêt et donnant clairement l’impression d’être par moment écrit comme une mauvaise fanfic. De plus le titre laissait apparaitre une guerre entre humains, ou au moins entre les deux libérateurs, et là non plus pas grand-chose d’intéressant. Les personnages, plus j’avance dans les tomes, moins ils m’accrochent et l’univers mis en place n’évolue pas, pire, sur certains aspects tombe clairement dans la caricature. Dommage. Sauf arguments vraiment convaincants la suite se fera sans moi je m’arrête là avec cette série.

Ma Note : 4/10

Les Furies de Borås – Anders Fager

les furies de borasRésumé : La lande de Skanör voit s’écraser une météorite d’où émerge une créature avide ; cent cinquante et une personnes convergent des environs de Stockholm pour un suicide collectif ; une boutique d’aquariophilie est tenue par une femme étrangement proche de ses poissons… Dans ces contes horrifiques, Anders Fager s’empare des grands thèmes de la mythologie, du folklore et du fantastique pour créer des territoires sensuels et sombres, où il fait surgir des créatures d’épouvante. Mais le monstre n’est pas toujours celui qu’on imagine. Avec un humour noir confinant à la jubilation, l’auteur construit ses récits à coups de petits détails dissonants qui font basculer un quotidien banal : dans cet univers de cauchemar, dans ce monde dévasté, violence et folie sont partout.

Edition : Mirobole Editions

 

Mon Avis : J’avoue je ne connaissais pas ce livre ni son auteur avant qu’on me propose de les découvrir. J’avais bien vu passer une  ou deux informations mais rien de vraiment concret. Ce livre m’ayant été présenté comme un recueil horrifique avec des aspects de comparaison avec des auteurs comme Stephen King ou encore Lovecraft et vu que le résumé m’intriguait,  je me suis donc laissé tenter. En plus un peu d’horreur de temps en temps ne fait pas de mal. À noter l’illustration de couverture auquel je trouve un petit aspect ironique et intrigant. Ce recueil comporte huit nouvelles ainsi que des fragments qui viennent s’intercaler entre certains textes.

Les Furies de Borås : Cette nouvelle nous plonge dans un petit coin tranquille de la Suède où se situe une boîte de nuit, lieu de rassemblement de la jeunesse. Une simple soirée tranquille. L’auteur fait doucement monter la tension au fil des pages, mais surtout sait glisser lentement, au fur et à mesure de la lecture un aspect fantastique, sauvage et violent qui se révèle accrocheur. Une simple soirée qui va vite se dévoiler être en fait un rituel complexe et sanglant. L’auteur joue d’ailleurs habilement avec le lecteur sur le fait que la victime ne soit pas toujours la personne que l’on croit. Un texte prenant, maîtrisé, sombre rempli de sexe et de sang qui m’a bien accroché.

Le Vœu de L’Homme Brisé : Cette nouvelle nous emmène à l’époque de Charles XII, en 1712, en pleine guerre du nord. Les soldats traversent les villages ne laissant que désolation et souffrance derrière eux. Un texte qui se révèle vraiment prenant, déjà par son ambiance froide, glaçante, mais aussi par cette violence sous-jacente qu’on retrouve toujours avec une armée qui profite de tout sans se soucier de rien, et qui nous rappelle que l’homme aussi est un prédateur pouvant dévoiler les pires horreurs. Le fantastique est plus suggéré que vraiment annoncé, mais accroche vraiment bien à l’histoire. Un texte réussi et prenant.

Joue avec Liam : Dans cette nouvelle on suit un petit garçon plein d’imagination et amoureux des dinosaures, qui va un jour découvrir à côté de son école un trou dans le sol qui lui parle et lui demande de le nourrir. Ici on retrouve une idée plus classique, mais traiter de façon plutôt efficace où le doute subsiste tout du long entre folie et vérité et où l’auteur arrive à happer le lecteur et à jouer avec lui. Entre endoctrinement, culte démoniaque et délire il est difficile de déceler le vrai du faux jusqu’à cette conclusion choc. Au milieu de tout cela l’auteur nous offre aussi un aspect social vraiment intéressant et intrigant. Dommage que le récit prenne par moment un peu trop son temps, offrant des longueurs qui jouent sur la tension du récit et empêchent cette histoire de prendre totalement son envol.

Trois Semaine de Bonheur : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’une héroïne aquariophile qui a ouvert son magasin et vend les plus beaux poissons du pays. Une passion qui la dévore et la rend complètement différente par bien des aspects. Sûrement le meilleur texte du recueil, un texte sombre, glauque, dérangeant, angoissant entre fantasme et souffrance d’une héroïne mal dans sa peau et qui cherche quelque chose en particulier. Un récit aussi parfaitement porté par une ambiance vraiment trouble, suffocante et qui se dévoile au fur et à mesure des pages jusqu’à cette conclusion effrayante et surprenante. Un excellent texte.

Un Point sur Västerbron : Cette nouvelle nous offre le retour concernant le suicide collectif d’une centaine de personnes s’étant jeté d’un pont ; suicide encore inexpliqué à ce jour. Sur le style l’auteur surprend, nous offrant ici un compte rendu de la situation vraiment bien mené et prenant par son aspect scientifique. Sur le fond je me suis ennuyé, le récit se révélant qu’une accumulation de fait et de croisement, le tout me laissant de marbre car restant aussi inexpliqué du début à la fin. Un texte vite oublié.

Encore Plus Fort : Cette nouvelle nous plonge dans l’histoire d’un couple à la recherche de sensation forte sexuellement et qui vont se lancer dans la recherche du plaisir par la strangulation. Mais voilà au paroxysme du plaisir et de l’approche de la mort s’ouvre un nouveau monde. Un texte sympathique avec un aspect mystique intéressant et vraiment complexe qui vaut aussi par son ambiance assez austère et sauvage. Une plongée dans la folie de ce couple qui atteindra son point culminant dans une conclusion, certes sans surprise, mais plutôt efficace.

L’Escalier de Service : Cette nouvelle nous plonge au 19ème, dans l’histoire d’une jeune demoiselle dont les cauchemars hantent les nuits et qui va se faire traiter par les premiers psychiatres de l’époque. Un texte dont j’avoue je suis sorti plutôt mitigé. Il y a un vrai travail sur le rêve, la mythologie, les monstres ainsi qu’une critique plutôt intéressante sur l’esprit et les traitements qui existaient à l’époque ainsi que son évolution, mais le tout se révèle vraiment sans surprise, même dans sa conclusion, et le style de ce texte n’a pas réussi à créer l’horreur et le malaise attendu prenant trop de distance à mon goût. Dommage.

Le Bourreau Blond : Cette nouvelle vient clore parfaitement le recueil, nous présentant rapidement l’aspect hiérarchisé par les différentes factions et divinités qui peuvent exister ainsi que certains avantages obtenus par leurs disciples. Une histoire qui reprend différents aspects de certaines des histoires précédentes et qui se révèle vraiment captivante dans les mythes que l’auteur met en place. Concernant le récit en lui-même, une histoire de folie qui doit être maitrisée le tout se révélant prenant, haletant, sans temps morts et efficace où la magie se dévoile. Un texte agréable qui, pose une pierre importante sur ce que met l’auteur en place et laisse augurer des choses intéressantes pour la suite.

Au milieu de ces textes vient aussi parfois s’intercaler des Fragments, des courtes scénettes qui servent soit de fil rouge, soit offrent la possibilité à l’auteur de mettre en avant des textes plus courts et plus percutants. Mais dans l’ensemble j’ai trouvé ces fragments vraiment inégaux et parfois négligeables. Mis à part le texte avec l’envahisseur et le chien qui se révèle vraiment sanglant aucun ne m’a vraiment happé même si certains offrent une meilleure compréhension globale de la mythologie.

 

L’auteur est présenté comme influencé par Lovecraft et, j’avoue, cela se ressent par la mise en place de démons, de divinités et de magie offrant toute une mythologie vraiment intrigante, sombre, sanglante, meurtrière et intéressante. Mais l’auteur diffère clairement pas son style, plus contemporain, plus visuel et épuré nous offrant quelque chose de plus percutant et jouant plus sur le côté réel là où Lovecraft jouait plus sur les non-dits et l’imaginaire ; cela permet ainsi à Anders Fager de se démarquer, de ne pas simplement plagier et de s’offrir ainsi sa propre signature et son originalité. Alors parfois, certes, la plume de l’auteur se révèle trop froide, trop aseptisé pour faire réagir le lecteur se trouvant plus spectateur des différentes horreurs, ce qui fait que certains textes ont du mal à accrocher, mais dans l’ensemble on a là un bon recueil. D’ailleurs si de nouveaux textes sont publiés je me laisserai sans soucis convaincre d’à nouveau frissonner.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de plusieurs nouvelles horrifiques et fantastiques qui nous plongent dans des histoires souvent, sombres, sanglantes, dérangeantes et glauques. Certes tous les textes ne sont pas au même niveau et certains ne m’ont pas convaincus, mais dans l’ensemble on a là un recueil vraiment efficace et intrigant qui offre aussi une mythologie qui se dévoile tout au long des différents récits et qui donne envie d’en savoir plus sur ses monstres avides de pouvoir et de puissance. Le style de l’auteur se révèle simple, porté par des phrases courtes et percutantes, le tout étant vraiment visuel et nerveux, même si parfois il se révèle un peu trop froid pour vraiment emporter le lecteur, le rendant plus spectateur qu’autre chose. Un recueil qui m’a convaincu et je lirai sans soucis d’autres textes de l’auteur pour me faire frissonner.

 

Ma Note : 7/10

Mes Achats du Mois de Janvier 2014

Comme chaque fin de mois je me lance dans cet article mettant en avant ce qui a fait bouger ma PAL et qui me permet, aussi, de faire un constat les rentrées dans ma bibliothèque. Une chose est sûre, ce moi de Janvier tiens la même tendance que les mois précédents, un mois bien rempli avec une PAL qui s’offre un +13.

Janvier-14Voilà le petit tour d’horizon de ce qui a fait augmenter ma PAL :

  • Odyssées, L’Intégrale des Nouvelles de Arthur C. Clarke aux éditions Bragelonne. Un recueil regroupant toutes les nouvelles de l’auteur je ne pouvais pas manquer cela.
  • Feed Tome 3, Red Flag de Mira Grant aux éditions Bragelonne. Après un premier tome réussi et un second plutôt moyen, mais sympathique à lire, j’avais hâte de voir ce qu’allait proposer la conclusion.
  • Le Voleur de Voix Tome 1, Le Castrat et les Rois Fous de Jean-Nicholas Vachon aux éditions Michel Quintin. Une Marmotte a insidieusement mis ce livre entre mes mains et, j’avoue, le quatrième de couverture m’a intriguer. Il a donc fini dans ma PAL.
  • Au-Delà de L’Oraison Tome 2, La Chute des Étoiles de Samantha Bailly aux éditions Mille Saisons. Depuis le temps que je cherche ce tome dans cette édition, je l’ai enfin trouvé.
  • Les Lumineuses de Lauren Beukes aux éditions Presse de la Cité. L’auteur m’avait vraiment bien accrochée avec Zoo City j’ai donc décidé de voir ce que proposait son nouveau roman.
  • Le Sang des 7 Rois, Livre deux de Régis Goddyn aux éditions L’Atalante. Après un premier tome plutôt réussi j’ai décidé de faire rentrer la suite dans ma PAL.
  • Les Lions d’Al-Rassan de Guy Gavriel Kay aux éditions L’Atalante. Un classique de la Fantasy que j’ai lu il y a longtemps mais qui ne faisait pas parti de ma bibliothèque. Voilà chose faite avec maintenant une grande envie de relire ce livre.
  • Le Cycle des Démons Tome 3, La Guerre du Jour de Peter V. Brett aux éditions Bragelonne. Un cycle plus que sympathique dont j’attendais la sortie du troisième tome depuis un moment.
  • Métrozone Tome 1, L’Équation de la Vie de Simon Morden aux éditions Éclipse. La couverture, le pitch est le Philip K. Dick award 2012 m’ont convaincus de donner sa chance à ce livre.
  • Cycle des Xeelees Tome 2, Singularité de Stephen Baxter aux éditions Le Bélial’. Je continue ma découverte de ce cycle de l’auteur.
  • Une Aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix Tome 2, La Légende de la Pierre de Barry Hughart aux éditions Folio SF. Après un premier tome réussi la Marmotte m’a aidé à faire rentrer la suite dans ma bibliothèque.
  • Une Aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix Tome 3, Huit Honorables Magiciens de Barry Hughart aux éditions Folio SF. Même constat que précédemment avec le dernier tome de cette série.

Ajouter à cela un e-book :

  • Yumington 2075 : Le Rêve Oméga Tome 1, Souvenirs Mortels de Jeff Balek aux éditions Bragelonne collection Snark.

Donc oui au final je dois bien avouer que la rentrée est bien remplie et que ma PAL commence doucement à exploser. Peut-être une baisse au prochain épisode? Qui sait niark niark.

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