Auteur/autrice : BlackWolf Page 118 of 202

La Grande Epopée de Picsou Tome 1, La Jeunesse de Picsou Partie 1 – Don Rosa

la jeunesse de picsouRésumé : Non, Picsou n’a pas toujours été un vieux canard pingre au coffre empli de dollars… De 1877 à 1947, du manoir McPicsou aux filons d’or du Klondike, en passant par le pont d’un bateau ou par les bras de Goldie O’Gilt, Picsou a embrassé le passage du XIXe au XXe siècle en vivant des aventures dignes d’un Hemingway ou d’un Jack London !

Edition : Glénat

 

Mon Avis : Il faut bien l’avouer cette bande dessinée n’a pas terminé entre mes mains par hasard. En effet les aventures de Picsou, Donald et autres font partie des éléments qui ont bercés mon enfance et mon adolescence. Je ne compte même plus les magasines que j’ai dû acheter ou me faire offrir à l’époque. J’ai longtemps été intéressé par ce cycle sur la jeunesse de Picsou lors de sa publication, mais j’avais un peu peur d’avoir perdu la magie. Je me suis fait donc prêter ce premier tome pour me faire un avais avant de, pourquoi pas, me lancer dans ce cycle complet.

Cette première partie regroupe les douze premières histoires de Don Rosa sur la jeunesse de Picsou, celles qui vont le faire passer de petit garçon qui gagne son premier sou de lui-même au personnage pingre et milliardaire que tout le monde connait. Douze histoires vraiment passionnantes, pleines d’humour et de surprises qui vont nous montrer de façon fascinante l’évolution du héros face d’abord à la pauvreté, puis face à la richesse et la fortune. On ne s’ennuie jamais un seul instant, tournant les pages avec envie et chacune des histoires est complétée par une explication de quelques pages de l’auteur qui permet clairement de mieux appréhender l’œuvre et le personnage. Surtout il montre tout le travail de recherche. Premièrement, pour coller au plus près du travail de Carl Barks sur son personnage. Ensuite, pour tout ce qui concerne le background développé autour des différentes histoires de Picsou, que ce soit pour présenter au mieux l’époque du Far West, son voyage en Afrique du Sud ou encore l’Ecosse. Rien n’est laissé au hasard.

Chaque chapitre possède son importance et permet de dévoiler ainsi chaque phase capitale de la vie de Picsou. On se retrouve vraiment emporter par les différentes aventures qui vont survenir à notre héros, mais aussi les différentes rencontres qu’il va effectuer qu’elles soient bonnes ou mauvaise. On va ainsi retrouver des personnages habituels tel que les Rapetou, Flairsou ou encore Gripsou pour le plus grand bonheur du lecteur, mais aussi des personnages historiques comme par exemple Théodore Roosevelt. Le lecteur va aussi se retrouve emporter par les émotions de Picsou, qui va s’enfoncer de plus en plus dans la solitude et la folie de l’or au fil des chapitres. On se sent triste d’une certaine façon pour lui, jusqu’à sa rencontre avec Donald qui vient relancer la mécanique et qui permet de retrouver le Picsou qu’on connait, certes avare, mais qui a bon fond.

Je dois d’ailleurs dire que je ne me suis pas non plus lancé dans cette série par hasard, car pour moi Picsou fait partie des personnages les plus passionnants et fascinants de Barks, même devant Donald. En effet je l’ai toujours trouvé plus complexe, plus complet que les autres personnages et surtout il se révèle un peu la mémoire, représentant aussi bien le passé (justement avec cette épopée), le présent mais aussi l’avenir. Un personnage véritablement construit, avec ses défauts et ses qualités, mais qui surprend toujours. Au final ces douze chapitre proposent vraiment une histoire dense, fascinante et riche sur un personnage charismatique et passionnant.

Les dessins de Don Rasa sont vraiment réussis et surtout sont sûrement ceux, mis à part Barks, qui représentent le mieux le personnage de Picsou et ses aventures selon moi. Ils se révèlent soignés, colorés et surtout entrainants. Alors bien sûr, certains manquent parfois de détails et les premiers paraissent parfois un peu brouillon, mais franchement je chipote tant ils méritent d’être découverts. Au final on a là un magnifique tome présentant les premiers chapitre de la jeunesse de Picsou, une histoire culte qui mérite d’être découverte et le tout dans une très belle édition. Mon gros problème vient par contre des nombreuses fautes d’orthographe qui parcheminent cette édition et qui font, clairement, parfois mal aux yeux. Il faut vraiment faire attention. En tout cas je vais me lancer dans cette épopée.

En Résumé : Au démarrage de ma lecture je ne savais pas trop à quoi m’attendre, j’avais peur d’avoir un peu perdu de la magie de ma jeunesse qui a été bercée par les aventures de Picsou. Finalement, après avoir tourné la dernière page je suis content, j’ai passé un excellent moment avec cette première partie sur la jeunesse de Picsou qui vient nous offrir les douze premiers chapitre qui ont fait de lui une légende. Douze histoires cultes qui se révèlent vraiment riches, soignées, pleines d’humour et d’aventures et qui vont dévoiler l’évolution d’un des personnages les plus complexes à mon goût. Les dessins de Don Rosa portent à merveille ces différentes histoires, malgré parfois quelques cases un peu en dessous, mais rien de bien gênant. Mon seul regret vient des nombreuses fautes d’orthographe qui parsèment ce livre, dommage. Je lirai en tout cas la suite sans soucis.

 

Ma Note : 9,5/10

 

Autres avis : Tesrathilde, …

Grendel – John Gardner

grendelRésumé : Grendel, qui narre l’épopée de Beowulf du point de vue du monstre, s’est imposé en moins de quarante ans comme un des grands classiques de la fantasy anglo-saxonne. Court, brutal, d’un humour ravageur, ce conte philosophique frappe le lecteur avec la force d’une comète, dans l’éblouissement.

Edition : Denoël Lunes D’Encre

 

Mon Avis : Ce livre, j’en ai longtemps entendu parler comme d’un véritable chef-d’œuvre à lire et à découvrir. Il y a donc plusieurs mois j’ai fais entrer ce livre dans ma PAL où il a attendu un petit moment au final. J’avais un peu peur de me lancer dans cette œuvre dont j’avais tellement entendu parler, peur de ne pas être prêt à me lancer dans ce texte qui s’annonçait un peu exigeant, peur d’avoir trop idéalisé ce court roman et me retrouver déçu. Ne voulant pas faire de ce livre un fossile de ma PAL j’ai donc décidé de le lire et de me faire mon avis. En tout cas la couverture, illustrée par Lasth, se révèle vraiment intéressante, représentant l’angoisse qu’est le monstre Grendel.

Alors, je le dis tout de suite de Grendel et la légende de Beowulf je ne connais très peu de choses du poème dont ils sont issus, mis à part quelques films plus ou moins réussis. Pourtant, dès le début j’ai été vraiment captivé par ce récit qui, certes, demande de la concentration pour bien assimiler ce livre à l’histoire dense, ainsi que tous les aspects intellectuels et philosophiques que met en avant l’auteur. Un récit complexe aux multiples interprétations. L’auteur a déjà décidé de prendre le poème de façon différente nous contant ainsi l’histoire du monstre, Grendel, et finalement c’est un peu de sa vie entière, de sa quête qu’on découvre tout le long du récit, de son évolution de sa quasi « naissance » dans le monde des hommes, quand il sort du lac, à sa fin dessinée, écrite et pourtant d’une cruelle ironie face à ce héros qu’est Beowulf.

Mais surtout ce que propose l’auteur c’est la vision des hommes vu par le monstre lui-même. Un monstre qui a autant besoin de l’humanité que l’inverse pour exister et vivre. On découvre ainsi une humanité vaine de sens et de véritables quêtes qui tourne en rond dans une recherche de pouvoir, de domination, d’héroïsme pour être reconnus et devenir légende, pour qu’on parle d’eux. La vision de ce monde à travers les yeux de Grendel se révèle vraiment percutante, pleine d’humour et d’ironie et offre aussi de quoi réfléchir sur énormément de sujets allant de la vie à la mort en passant par soi-même. Le tout est cristallisé par cette scène avec le dragon être avide d’or et cupide, mais qui pourtant nous offre un raisonnement philosophique intense sur le vide du temps et de l’avenir. Une scène primordiale qui va ouvrir les yeux de Grendel sur l’absence d’importance des hommes sur la durée qu’ils compensent par la magie des mots et du souvenir.

Grendel possède plusieurs visages, qui se révèlent autant fascinants que repoussants. Ils mettent clairement en avant son côté monstrueux à travers les différents massacres qu’il perpétue. Des passages beaucoup plus philosophiques, passionnants et intenses, mis en avant au cours des différentes étapes de sa vie, étonnent le lecteur. Un personnage qui surtout remet clairement en perspective les autres protagonistes qui gravitent autour de lui. On s’en rend principalement compte dans la scène finale avec Beowulf, jamais nommé dans le récit, qui se révèle n’être qu’une caricature du héros et qui sert qu’à mettre fin à un cycle pour en commencer un autre. Grendel cherche clairement quel est son rôle dans un monde qui tourne sans personne aux commandes et il va le découvrir, il est celui qui permet aux hommes de plonger dans une fois vide de sens, dans le rassemblement, dans la science et dans une quête d’héroïsme sans aucune récompense.

Un roman qui se révèle percutant, intrigant, dérangeant et intelligent, mais voilà le fait de ne pas connaître grand-chose de l’œuvre original du poème a aussi eu une influence sur la lecture, donnant l’impression quelquefois de ne pas totalement comprendre ce que veut mettre en avant l’auteur. Rien de bien gênant, car on peut très bien apprécier ce livre, mais offre tout de même une petite limite de compréhension sur quelques passages. De plus parfois j’ai trouvé que l’auteur en faisait un tout petit peu trop à travers ses axes de réflexions et de philosophie qui parfois se révèlent un peu suranné ou longuet. Ce qui n’empêche en rien ce roman de posséder énormément de qualités et de se révéler vraiment fascinant.

L’auteur est un spécialiste de la littérature, principalement médiéval, et cela se ressent dans son style qui se révèle vraiment dense, philosophe et réfléchi jouant aussi bien avec les personnages, l’histoire voir même la présentation alternant par exemple le récit , au chant, au poème ou encore au théâtre. Parfois il est peut-être un peu trop solennel dans sa présentation, mais rien de bien dérangeant. Il faut ajouter à ce récit la postface de Xavier Mauméjean qui, finalement, présente le mieux ce récit et cet auteur, une postface à lire et à découvrir qui offre un regard différent sur le récit. Je sors donc de ma lecture ravi, car malgré quelques légers défaut, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce court roman intense, réfléchi, dérangeant.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce court roman qui nous permet de découvrir le monstre Grendel de la légende de Beowulf. Un récit fascinant, percutant, passionnant, intelligent qui risque de ne pas laisser indifférent le lecteur et qui offre une vision de l’Homme bien particulière. Grendel fascine et effraie à la fois et pourtant se révèle d’une certaine façon attachant par sa vision de voir les choses et de les partager, mais aussi par sa philosophie. L’auteur se laisse parfois un peu aller à en faire un peu trop dans ses axes philosophiques et parfois on sent que la méconnaissance du poème originale empêche la bonne compréhension de quelques passages mais rien de vraiment bien gênant car au final on retrouve une histoire magnifique, poétique, troublante et violente. La plume de l’auteur se révèle vraiment dense et soignée. À noter aussi l’excellente postface de Xavier Mauméjean sur le livre et son auteur.

 

Ma Note : 9/10

Dominium Mundi, Tome 1 – François Baranger

dominium mundi 1Résumé : 2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi.
Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.
Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem…
Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

Edition : Critic

 

Mon Avis : Bon, je ne vais pas le cacher, je me suis laissé convaincre par ce roman principalement par sa couverture. Il faut bien avouer que le travail effectué par l’auteur lui-même sur l’illustration se révèle vraiment magnifique et donne envie de se plonger dans ce roman clairement annoncé Space-Opera. Bon après j’ai quand même retourné le livre pour lire le quatrième de couverture qui m’a confirmé dans mon envie de me lancer dans ce roman, mélange de Science-Fiction et de croisades. Il a donc rapidement rejoint ma PAL et s’est  retrouvé aussi vite entre mes mains.

L’auteur a eu une idée intéressante en effet, il a décidé de revisiter les croisades, mais en transcrivant le tout dans le futur et  dans une version Space-Opera. Je dois bien avouer que cela marche plutôt bien. En effet l’intrigue ne manque pas d’attrait et elle se révèle développé de façon efficace, maîtrisée et entrainante, offrant ainsi un roman vraiment divertissant, sans temps morts où la tension monte graduellement au fil des pages pour happer  le lecteur et lui donner envie d’en apprendre plus. Entre rebondissements, trahisons, retournements de situations et action on trouve dans les 600 pages de ce premier tome un récit vif, enlevé et intense le tout sans non plus tomber dans la facilité. Alors bien sûr, le côté religieux est présent, mais ne se révèle pas non plus trop prononcé et surtout permet clairement de mettre en avant des réflexions, certes classiques, mais efficaces sur la foi et la place des hommes et de l’église dans sa représentation. L’auteur arrive aussi à saupoudrer le tout de luttes de pouvoirs vraiment plaisantes, même si elles manquent parfois de complexité.

L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment dense, fouillé, soigné et surtout on sent bien que l’auteur a longtemps travaillé dessus principalement concernant tout ce qui concerne le point de vue technologique. Rien n’est laissé au hasard et chaque machine, chaque aspect technique se révèle vraiment fascinant et décrit de façon détaillée et passionnante, que ce soit du gigantesque vaisseau le Saint Michel au Nod2 qui vient gérer le tout et offre une légère pointe de cyberpunk. D’ailleurs il y a un travail tellement dense et imposant que parfois je trouve l’auteur en fait un peu trop, voulant décrire le moindre objet un peu nouveau, mais rien de bien gênant. La vie dans le vaisseau se révèle aussi intéressante à travers les castes, leurs façons d’évoluer, d’avancer jour après jour dans cette immense zone fermée. Vient aussi se placer le contexte politique global qui se révèle intéressant, même si pas encore complètement développé, avec le retour des royautés et de la dominance de la chrétienté.

Comme je l’ai dit, l’auteur remplit parfaitement son rôle de divertissement à travers cette fresque spatiale, sans non plus laisser complètement tomber certaines critiques et réflexions intéressantes, mais voilà le roman possède aussi quelques défauts. Déjà comme certaines lignes d’intrigue m’ont paru trop balisés et parfois un peu trop grosses, ce qui est dommage. De plus on ressent aussi un peu le côté « premier roman » car j’ai eu l’impression que l’auteur voulait trop en faire, l’envie de tout présenter, tout décrire, ce qui est parfois envahissant, car certaines émotions ou certains passages sont très claires et ne méritent pas d’y ajouter quelques lignes supplémentaires pour bien expliquer et faire comprendre le tout. Au final rien de vraiment dérangeant non plus, mais qui quelquefois se révèle frustrant.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment intéressants, complexes et surtout on découvre au fil de la lecture différents personnages qui viennent de différentes castes; ce qui permet de mieux comprendre le vaisseau dans son intégralité. Dans tous les cas des personnages forts, charismatiques. Je regrette juste qu’ils se retrouvent si facilement catalogués, en effet on reconnait vraiment très facilement qui sont les méchants et qui sont les gentils, ce qui est parfois un peu dommage, car on devine ainsi rapidement certaines de leurs réactions ou de leurs actions. De plus certaines des relations des personnages, principalement sentimentales, m’ont paru un peu trop grosses pour complètement paraitre crédibles, comme si l’auteur ne savait pas vraiment comment les mettre ensemble.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, efficace et entrainant même si je lui reproche par moment d’être parfois trop, je dirai protocolaire. Chaque présentation de personnage passe par sa description dans les règles, son CV, son pedigree et personne n’y coupe ce qui est parfois un peu frustrant et donne une impression de pause dans le récit. Cela n’empêche pas ce roman de remplir pleinement son rôle d’offrir un divertissement efficace, soigné et un minimum réfléchi à travers cette croisade dans l’espace qui se révèle sans temps morts et dont on tourne les pages avec envie d’en savoir plus malgré les quelques défauts, souvent de premier roman, qui apparaissent ici ou là. Je lirai la suite sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce premier tome qui vient nous offrir une histoire dont la tension monte lentement au fil des pages pour happer le lecteur et lui offrir un roman vraiment divertissant et entrainant. L’aspect religieux est certes présent, mais ne se révèle pas non plus envahissant et offre quelques réflexions, classiques, mais efficaces. L’univers développé par l’auteur est vraiment dense, complexe et fascinant même si parfois il cherche à trop le détailler. Les personnages sont intéressants et travaillés même si on devine souvent trop facilement les bons des méchants. Je reprocherai juste certaines grosses ficelles et aussi une envie de l’auteur de trop en faire, trop en rajouter. La plume de l’auteur se révèle simple et entrainante même si parfois un peu trop protocolaire dans la présentation des personnages. Au final un livre qui possède ses qualités et ses défauts, mais qui se laisse lire avec plaisir et dont je lirai la suite qui sort en Mars 2014.

 

Ma Note : 7,5/10

Blitz Tome 2, All Clear – Connie Willis

all clearRésumé : Londres, 29 décembre 1940 : l’une des nuits les plus meurtrières du Blitz. Pris au coeur de l’un des pires raids de l’époque, les historiens du futur Michael, Merope et Polly cherchent désespérément à revenir au XXIè siècle. En attendant de trouver un moyen de s’échapper, le trio tente de survivre aux bombardements et aux évacuations, mais il y a plus grave encore : d’après les archives oxfordiennes de 2060, il semblerait que leurs interventions aient modifié le cours des événements… et la guerre pourrait bien se terminer autrement, bouleversant l’Histoire à jamais. Quelle que soit l’ampleur des sacrifices exigés, les voyageurs du futur doivent s’engager dans un combat acharné contre le temps…

Editeur : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je m’étais lancé dans la lecture du premier tome de ce diptyque et j’avoue être sorti de ma lecture plutôt mitigé (ma chronique ici). En effet l’auteur cherche plus à développer la partie historique sur la seconde guerre mondiale et laisse vivoter une intrigue pas des plus entrainantes, ce que j’ai trouvé dommage, car moi je lisais ce livre clairement pour son côté SF teinté d’un peu d’histoire et non l’inverse. Pourtant les avis négatifs étaient rares sur ce premier tome, la preuve j’ai même été repris sur Facebook où on m’a fait comprendre que je n’avais rien compris à ce chef-d’œuvre et que je ne devais pas l’avoir lu pour dire que ce roman ciblait un public de jeunes adultes. Mais je reviendrai là-dessus plus tard. En tout cas j’avais vraiment envie de lire la suite, déjà parce que Black-Out avait tout de même des points positifs, ensuite car ce genre de roman doit être lu en entier pour se faire un avis.

C’est rare, mais ATTENTION RISQUE DE SPOILER.

Ce qu’on ne peut pas enlever à ce roman, et qui se révèle vraiment passionnant, c’est le travail effectué par l’auteur concernant la seconde guerre mondiale. On sent bien qu’elle n’a rien laissée au hasard et que tout repose sur des faits ou des témoignages, que ce soit ce qui concerne l’effort de guerre, la façon dont survivait les Londoniens durant le Blitz ou encore tout l’aspect chronologique qui se révèle vraiment cohérent et fascinant. Surtout que l’auteur développe énormément de sujets que ce soit sur l’espionnage, le travail de la population durant les raids ou pour le pays, la présence des femmes  et leurs influences durant la guerre et tous se révèlent soignés et efficaces. Elle remplit efficacement aussi son idée première de mettre en avant le fait que les héros ne sont pas que les militaires, mais chaque personne qui un jour a dit non et simplement continuer à se lever tous les jours et avancer.

Un background qui gagne aussi en intensité, mettant en avant par exemple les phases de tensions entre l’Angleterre et l’Allemagne ou encore l’euphorie de la libération qui viennent accrocher le lecteur. Toute personne qui souhaiterait s’intéresser à cette période trouve matière à découvrir et réfléchir dans ce roman.

Cette guerre, justement, je l’ai fortement étudié, j’ai eu ma période où j’ai fais énormément de recherches, je ne suis donc pas un novice et c’est le premier point qui me frustre dans cette histoire, l’auteur nous propose clairement un roman historique et non une histoire SF dans l’univers 39-45. Oui, il faut bien l’admettre, le fil rouge du récit est quand même très moyen et traine souvent en longueur. Mon premier soucis vient qu’on envoie des historiens dans le passé, des gens qui ont donc potassé à fond le sujet avant de se retrouver dans l’époque concernée, donc quand je me rends compte que j’en connais plus que la personne qui a étudié cette époque toute sa vie, j’avoue, j’ai du mal. Par exemple voir un historien annoncer qu’il ne savait pas que les Anglais faisait de la désinformation, principalement sur le lieu de débarquement, j’avoue ça me pique les yeux. Il devait y avoir quand même d’autre façon de narrer l’histoire.

L’auteur prend aussi beaucoup trop son temps, à croire qu’elle a voulu mettre tellement d’informations sur l’époque de fond et la guerre qu’elle n’a pas sur comment gérer la longueur de son intrigue. Passer trois plombes à essayer de retrouver une gare avec des dialogues d’une intensité dramatique telle que « -c’est cette gare? – non -celle la? -non plus et celle-ci?… » j’avoue ça ne me passionne pas trop. L’aspect gestion du voyage dans les temps est aussi mal géré à mon goût, pendant 40 ans ils ne se sont jamais posés de questions sur l’influence de leur présence dans le passé, justifiant par le fait qu’ils ne pouvaient pas modifier l’Histoire, genre tu va prendre le boulot de quelqu’un d’autre, le logement qu’une personne aurait pu prendre à ta place et ça ne va rien changer, et d’un coup quand ça va mal le moindre petit décalage donne lieu à des pages et des pages de plaintes, de pleurnicheries et de remise en cause de tout. C’est parfois long et on a envie de les secouer.

Concernant les personnages je reste très mitigé, si on prend nos trois héros principaux que son Polly, Merope et Michael, ce sont des boulets. Oui je le dis clairement, c’est fou le nombre de choses inutiles qu’ils arrivent à faire et qui ne servent qu’à finalement ne pas repartir à leur époque et donc ralentir l’histoire. Un exemple un des héros se souvient qu’un historien est déjà venu en 1940 où ils sont coincés et ils cherchent donc à lui faire passer un message. Il part donc à la recherche de ses amis pour aller le retrouver, mais un évènement va les bloquer à un moment et Polly propose de se séparer pour gagner du temps, mais Michael refuse net, il ne veut pas qu’ils se séparent. Comment? aller voir un gars et lui transmettre une info, genre bout de papier, il faut venir en groupe? L’auteur essaiera bien de le justifier par la suite mais c’est un peu gros pour passer.

Sinon ce qui est marrant c’est la capacité des protagonistes à ne pas non plus savoir réagir face à une situation, mais simplement attendre en chouinant. On ne parlera pas non plus de M. Dunworthy, le soit-disant professeur d’une sagesse et d’un amour légendaire pour ses élèves, qui s’amuse à inverser les missions et donc envoyer des élèves sans aucune préparation dans une époque dangereuse où ils peuvent trouver la mort. Heureusement qu’il est intelligent. C’est dommage, car tous les personnages secondaires se révèlent plus intéressants et on aurait aimé en savoir plus sur eux.

Puis arrivé à la moitié du livre, quelque chose se passe, je me suis retrouvé emporté par l’histoire qui gagnait en intensité et par les deadline qui se rapprochent pour les héros. L’auteur élève son récit d’un cran et arrive enfin associer l’intrigue à l’univers sans autres gros soucis et je me suis retrouvé à tourner les pages pour en apprendre plus et savoir comment allait s’en sortir les personnages, malgré qu’ils ne soient pas futés.  Dommage que certains aspects temporels sur les chapitres qui varient dans le temps gâchent parfois quelques effets de surprise, mais rien de bien gênant, car la fin se révèle agréable.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et plutôt prenant même si parfois l’auteur tombe trop, justement, dans la simplicité ou dans le caricatural, ce qui gâche un peu certains effets et continue à me faire dire que le public visé est un public plus jeune genre adolescent ou jeune adulte. Par là je ne parle pas de YA, je veux juste dire que j’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à offrir un cours d’Histoire qui fascinera les personnes qui ne connaissent rien de l’époque et qui cherchent des explications simples et intéressantes, hors moi, l’histoire justement je la connais, j’ai déjà eu ma période de recherches. Ce livre ne m’apprend rien, donc si l’intrigue ne suit que moyennement c’est problématique.

Au final ce roman m’a surtout donné l’impression que l’auteur s’est laissé emporter par l’aspect historique qu’elle voulait mettre en avant qui est certes fascinant, mais le reste parait à peine travaillé et l’intrigue manque clairement de souffle et d’intensité et repose parfois sur des aberrations. Je pense clairement que ce roman tenait facilement sur un seul tome de 600-700 pages et se serait révélé d’autant plus excellent, mais c’est mon avis personnel. À noter que la traduction se révèle parfois hasardeuse et des fois se mélange les pinceaux dans les prénoms ce qui est assez dérangeant. Une relecture de l’éditeur aurait pu éviter tout cela. Une lecture moyenne sans être non plus complètement mauvaise, j’attendais mieux. J’ai un autre roman dans ma PAL de l’auteur que je lirai tout de même, rien que pour faire la comparaison.

En Résumé : Tout comme la première partie je ressors de ma lecture avec un avis plutôt mitigé. J’ai eu l’impression que l’auteur n’a pas pu maîtriser l’ampleur de ce qu’elle voulait mettre en place. On sent bien qu’elle s’est fortement renseignée et documentée sur la seconde guerre mondiale, offrant une toile de fond vraiment détaillée, complexe et passionnante, mais elle cherche à faire passer tellement d’informations sur le sujet qu’elle en oublie de soigner son intrigue principale de voyage dans le temps qui souffre d’incohérences et donne parfois plus l’impression d’avoir un livre d’histoire dans les mains. Les personnages principaux manquent de consistance et parfois d’intelligence, de plus quand on me présente un historien qui s’y connait moins que moi en histoire j’émets des réserves. Les personnages secondaires sont eux, pour le coup, vraiment intéressants, mais auraient mérités d’être moins nombreux et plus développés, surtout pour un roman de près de 1300 pages. Heureusement la seconde partie du roman se révèle beaucoup plus efficace. Le style se révèle simple et efficace même si parfois il tombe un peu trop dans la simplicité et même le caricatural.

 

Ma Note : 6/10

 

Autre avis : Zina, …

Résultat du Concours : Trois Ans!!

Le concours Anniversaire du blog s’étant clôture il y a quelques jours il est temps maintenant de passer au tirage au sort des gagnants. Pour garder un peu de suspens voilà déjà les réponses aux questions posées :

  • Sur quelle plateforme blog se trouvait Blog-O-Livre avant de déménager sur WordPress? Overblog
  • Entre le 1er septembre 2013 et aujourd’hui (soit 23jours) un livre a reçu comme notation un 9/10. Donnez moi le titre du livre? Le Livre de L’Enigme Tome 1, La Somme des Rêves de Nathalie Dau

Le tirage au sort a été fait par informatique et les gagnants sont :

  • Sita a gagné un livre, au choix, d’une valeur nominale ne dépassant pas les 12€
  • Snow a gagné un livre, au choix, d’une valeur nominale ne dépassant pas les 9€

Merci à tous les participants et félicitations aux gagnantes que je recontacte rapidement pour les lots.

livres

Coeurs de Rouille – Justine Niogret

coeurs de rouilleRésumé : Saxe est un artiste qui survit en travaillant sur les golems actionnés par magie. Dresde est une jolie automate qui n’a connu que le luxe avant que son maître l’abandonne.  Traqués par un tueur mécanique qui écorche les humains pour voler leur peau, ils se lancent dans une course peut-être sans espoir.

Edition : Le Pré aux clercs

 

Mon Avis : Comme vous devez vous en doute, si vous suivez un minimum ce blog, je suis un grand fan des écrits de Justine Niogret. Je n’ai jamais été déçu par les différents romans que j’ai lus de l’auteur, offrant souvent des récits sombres, efficaces, parfois même très introspectifs et qui forcent à réfléchir. Alors, quand j’ai vu que l’auteur sortait un nouveau roman je n’ai pas mis longtemps à le faire rentrer dans ma PAL. Je voulais aussi savoir ce qu’elle pouvait bien proposer dans un registre plus Young Adult (au passage je ne suis toujours pas fan de cette expression). À noter que je trouve la couverture assez sympathique et qui colle bien à l’histoire. Par contre, ne lisez surtout pas le quatrième de couverture (je l’ai modifié sur mon article justement) car il révèle un aspect qu’on découvre qu’à la fin du livre ce qui est dommage.

Il faut bien avouer que l’auteur a vraiment réussie, à travers ce roman, à construire un récit vraiment efficace et complexe qui m’a accroché du début à la fin. À travers un mélange des genres vraiment réussi et efficace elle nous plonge dans une histoire qui se révèle vraiment haletante, passionnante et sans temps morts tout du long. Entre rebondissements, surprises et réflexions l’auteur arrive vraiment à plonger le lecteur, à le happer, à travers un rythme soutenu et efficace. Mais voilà ce récit ne sert pas non plus qu’à offrir une histoire efficace et nerveuse, elle permet aussi à l’auteur de développer des idées qui se révèlent vraiment intéressantes, même si parfois classiques, sur les machines, leurs utilités, la peur qu’elles inspirent aux homme, mais aussi des aspects plus intimes comme l’humanité, son évolution et son rapport vis-à-vis de son milieu de vie.

L’univers mis en place par l’auteur se révèle vraiment fascinant, original, mais surtout sombre, angoissant et violent. Un univers vraiment riche et dense, même si l’auteur se limite au périmètre des personnages. Mais surtout il est porté par un travail et des descriptions vraiment saisissantes et fascinantes, qui donnent vraiment envie d’en découvrir plus sur ce monde en perdition. Un univers qui possède aussi ses différentes origines et ses différentes façons de l’appréhender et le comprendre, que ce soit par le travail de l’auteur sur les golems, mélange de pureté et de machineries, ou bien encore le développement des différents étages de la cité qui rappelle un peu le cercle des enfers, le tout se révèle vraiment passionnant et intrigant pour le lecteur. Des fois le tout est peut être amené de façon un peu trop brusque, comme si une coupe avait été fait ce qui crée un léger accroc dans la description, mais rien de franchement gênant tant on est captivé par la complexité et le travail effectué sur cette cité et sa façon de vivre.

Alors bien sûr, le côté roman Young Adult a tout de même ses limites selon moi. En effet l’auteur, même si comme je l’ai dit, offre toujours une réflexion poussée et intéressante, elle la rend plus accessible, permettant de toucher un public plus large, ce qui fait que parfois certaines idées me paraissent amenées de façon  parfois un peu trop facilement. Ça ne gêne en rien la lecture et je m’en doutais, vu que le roman est annoncé clairement YA, mais bon une ou deux fois je me suis dit que quelques lignes de plus pour développer telle ou telle chose aurait été un plus. Concernant la conclusion elle se révèle vraiment intéressante, pleine d’espoir et de magie même si je la trouve légèrement rapide et un peu abrupte. Par contre, même si le livre vise un public large, il n’est pas non plus à mettre entre toutes les mains, à mon avis, rien que par son univers sombre et angoissant qui ne plaira pas à tout le monde.

Concernant les personnages l’auteur se limite à trois personnages, ce qui est finalement une bonne chose, car ça permet de les développer de façon profonde et ainsi offrir des héros vraiment denses, complexes et passionnants à découvrir. L’auteur joue bien entendu clairement sur les relations entre les hommes et les machines, nous offrant une réflexion, certes classique, mais intéressante sur l’aspect des sentiments et des émotions. Des personnages qui vont développer des relations vraiment ambigus et fascinantes, et on s’accroche à eux au point de tourner les pages avec envie pour savoir ce qui va bien pouvoir leur arriver. Il nous font réfléchir aussi aux questions qu’ils soulèvent au cours de leurs aventures, vis à vis de l’évolution de l’homme, de sa décadence et de son indolence qui l’a menée à ne plus savoir évoluer et même d’une certaine façon à régresser.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, captivante et possède toujours cette poésie, un peu triste et mélancolique, qui fait que je suis toujours aussi passionné et fasciné par ses différents écrits. Elle arrive clairement à nous faire plonger dans son histoire, à nous fasciner par ses personnages et son univers. Un court roman, certes au public visé plus large, mais qui se révèle intelligent, fascinant et bien porté par un rythme prenant et efficace. J’ai été encore une fois convaincu par l’auteur et je ne manquerai sûrement pas de lire ses prochains romans.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous fait découvrir histoire efficace, prenante, captivante et qui offre pas mal d’axes de réflexions intelligents et intéressants. L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment riche, travaillé et donne clairement envie d’être découvert, même s’il se révèle limité au prisme de vue des héros. Les personnages sont limités, ce qui permet à l’auteur de les développer de façon profonde, les soigner et les rendre complexe et attachants. Le côté Young-Adult rend aussi le roman légèrement plus facile d’accès que ce que proposait d’habitude l’auteur, ce qui est parfois un peu dommage, car certains aspects paraissent juste esquissés. La plume de l’auteur se révèle vraiment poétique et entrainante. Je continuerai sans soucis à lire les prochains romans de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : AcrO, Lune, Bouquinautes,

Page 118 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre