Auteur/autrice : BlackWolf Page 122 of 202

Ainsi Naissent les Fantômes – Lisa Tuttle

ainsi naissent les fantomesRésumé : « En 2004, j’ouvrais mon recueil Serpentine sur cette dédicace : À Lisa Tuttle, dont les livres m’ont appris que les plus effrayants des fantômes sont ceux qu’on porte en soi. Ils étaient toujours là, ces fantômes : entre les pages des textes que je découvrais en cherchant la matière qui composerait ce recueil. »
Mélanie Fazi

Edition : Dystopia

 

Mon avis : La première fois que j’ai entendu parler de Lisa Tuttle c’est justement par la dédicace de Mélanie Fazi dans son recueil Serpentine, mais je n’ai jamais eu la chance de pouvoir lire un texte de cette auteur. Il a fallu attendre que la maison d’édition Dystopia publie un recueil de nouvelles pour qu’enfin je franchisse le pas et que je fasse entrer ce livre dans ma PAL. Surtout qu’il faut aussi admettre que la couverture, illustrée par Stéphane Perger, est vraiment magnifique, je trouve, et donne encore plus envie de faire entrer ce livre dans sa bibliothèque. On retrouve dans ce livre six nouvelles.

Rêves Captifs : Ce texte, qui vient ouvrir le recueil, met tout de suite dans l’ambiance. Il s’agit d’un texte, fort, percutant et surprenant qui vient nous conter la vie d’une jeune fille qui a été séquestrée et qui a réussi à s’évader de façon surprenante. L’auteur fait monter lentement la tension au fil des pages, joue avec le lecteur et arrive à nous plonger efficacement dans l’histoire de cette fillette ce qui fait qu’on s’accroche vraiment à elle, à ses espoirs, ses envies et dont la conclusion vient nous percuter, nous ramener sur terre avec force. Une conclusion bouleversante, perturbante, mais parfaitement maîtrisée et qui montre directement au lecteur à quoi il doit s’attendre à travers ce recueil. Pour les contes de fées faut aller voir ailleurs. Un texte sombre, accrocheur et qui piège efficacement le lecteur dans sa toile.

L’Heure en Plus : Cette nouvelle part d’un postulat que tout le monde rêve d’avoir, une heure en plus dans une journée sans que cela ne lui coute rien. Ici la nouvelle nous raconte l’histoire d’une jeune femme qui va découvrir un pièce secrète où elle peut gagner cette heure en plus pour écrire. Mais voilà rien n’est jamais gratuit et cette pièce possède son propre univers. Un texte vraiment surprenant qui vient justement mettre en dualité le besoin de temps personnel et le temps pour les tâches quotidiennes et le tout de façon fantastique et intelligente. On a vraiment l’impression que l’auteur s’est vraiment impliqué dans ce texte, nous offrant peut être son expérience ce qui donne l’impression d’ajouter une touche de véracité dans cette nouvelle. Une nouvelle intimiste, efficace et qui se révèle passionnante et à la conclusion surprenante.

Le Remède : Le remède est une nouvelle qui se base sur le postulat de départ de la découverte d’un médicament qui guérit toutes les maladies, mais va aussi, on ne sait pas comment, détruire le langage des générations futures. Cette nouvelle se révèle vraiment intéressante principalement sur tout ce qui concerne la langue, la parole comme par exemple la façon dont l’héroïne va découvrir qu’il peut exister une façon de parler dans le silence. Ce récit vient aussi nous faire réfléchir sur certains aspects comme « Le langage est-il une maladie? ». Un texte qui possède une certaine poésie, mais aussi qui se révèle intimiste à travers justement l’incompréhension qui apparait dans ce couple entre une qui peut parler et l’autre qui ne peut pas. La conclusion vient offrir d’ailleurs une réponse intéressante aux questions que se pose le lecteur même si elle était attendue.

Ma Pathologie : Sûrement l’un des textes les plus malsains du recueil, et pourtant j’ai été passionné par ce récit. Il nous offre une histoire qui vient mélange amour, alchimie et maternité, mais le tout de façon parfois sombre, angoissante et surprenante. Et pourtant ça n’empêche pas ce texte de se révéler intriguant et intéressant, nous montrant à quel point une personne peut parfois s’offrir à l’autre par amour et ainsi sombrer. Autre point qui ajoute à ce côté un peu sombre c’est aussi le choix de la banlieue triste de Londres qui, je trouve, vient coller parfaitement à cette histoire hors-normes. Au final un texte, peut être déroutant, qui vient glacer le lecteur, mais qui se révèle vraiment captivant et parfaitement porté par des personnages efficaces et une histoire qui mélange horreur et fantastique de façon habile.

« Mezzo-Tinto » : C’est la nouvelle que j’ai le moins apprécié de ce recueil, pas qu’elle soit mauvaise, elle reste agréable à découvrir, mais voilà elle se révèle très classique à mon gout et vraiment sans surprises. L’auteur cherche ici à offrir un hommage à un texte écrit par M.R. James, auteur que j’avoue ne pas connaitre. Au final ce texte est porté principalement par son ambiance que l’auteur retranscrit avec des descriptions et un travail sur les personnages vraiment efficace, angoissant et captivant. Dommage au final que l’intrigue manque un peu d’originalité, car le travail d’écriture est vraiment saisissant et aurait pu, et dû, plus me toucher.

La Fiancée du Dragon : Il s’agit ici du plus long texte de ce recueil et j’avoue j’en ressors avec un sentiment certes positif, mais je n’ai pas été complètement conquis. Le texte n’est pas mauvais du tout, on retrouve bien cette ambiance fantastique qui peut se déchirer à tout instant et faire tomber le lecteur dans un univers malsain et sombre, mais voilà j’ai trouvé que l’auteur partait un peu dans tous les sens, comme si elle hésitait entre l’aspect roman ou nouvelles. De plus la conclusion manque un peu de clarté et de précision je trouve. Ce qui ne veut pas dire que le texte est complètement mauvais, car on retrouve toujours cette ambiance qui caractérise les différents textes de l’auteur, le lecteur est vraiment happé par les lieux et les régions que nous fait découvrir l’auteur. De plus l’histoire se révèle vraiment intéressante et le lecteur tourne tout de même facilement les pages pour en connaitre la fin.

 

Autre point qui rend ce recueil intéressant c’est aussi le travail qu’à fourni Mélanie Fazi pour nous faire découvrir une auteur qui l’a marqué et qui a influencé sa façon d’écrire, que ce soit à travers la préface, mais aussi avec une interview de Lisa Tuttle qui nous permet de mieux comprendre ainsi ses textes et ses thématiques. Au final je suis bien content d’avoir découvert ce recueil de nouvelles fantastiques qui est porté par une plume vraiment efficace et angoissante et qui plonge facilement le lecteur dans des récits efficaces et qui basculent lentement, au fil des pages, tout en offrant des thématiques intéressantes et soignées. LA force de l’auteur est aussi de faire basculer ces récits dans le fantastique et le malsain de façon intelligente et cohérente. En effet chaque récit a pu ou pourrait exister. Je lirai d’autres textes de l’auteur sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce recueil de six textes qui m’a permis de découvrir Lisa Tuttle. Tous les récits ne sont pas au même niveaux, mais ils se révèlent vraiment tous intéressants à découvrir mêlant habilement et intelligemment fantastique et angoisse pour le plus grand plaisir des lecteurs. On se retrouve vraiment happé par chaque texte souvent passionnants, souvent marquants, parfois malsains, parfois intimistes, mais toujours captivants. Le travail de Mélanie Fazi pour nous faire découvrir cette auteur apporte aussi un plus. Au final un recueil de nouvelles qui mérite d’être découvert, pour peu qu’on apprécie le genre. Si je peux je lirai sans soucis et avec grand plaisir d’autres textes de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Mariejuliet, Ptitetrolle, Tigger Lilly, Lune, …

 

chalengeChallenge JLNN 10ème lecture

La Constellation du Diadème Tome 1, Olium – Brian Herbert & Kevin J. Anderson

olium la constellation du diademeRésumé : On l’appelle Fond de l’Enfer. Parce qu’il n’existe pas de planète plus inhospitalière dans toute la Zone Profonde. Stérile, éloignée de tout, balayée par d’effroyables tornades et secouée d’éruptions volcaniques… Fond de l’Enfer est l’exil des vaincus de la guerre civile, un endroit pour les parias.
Mais l’ancien général rebelle Adolphus est décidé à changer la donne. En formant une coalition clandestine contre le gouvernement corrompu et tyrannique qui dirige les 74 mondes de la Constellation, il tente de transformer Fond de l’Enfer en un lieu d’opportunités.
Ce que tous ignorent, c’est que la planète maudite cache en son sein un extraordinaire secret.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Ce livre a atterri dans ma PAL pour des raisons bien particulières, rien à voir avec les auteurs dont je n’ai encore rien lu d’eux pour l’instant, exception faite peut être d’un ou deux X-Files pour Anderson (j’ai tout de même les premiers tomes de la saga des sept soleils qui m’attendent dans mon kindle), non, ce qui m’a fait craquer c’est la magnifique couverture illustrée par Manchu, elle attire vraiment l’œil. Après lecture du quatrième de couverture, qui n’annonçait rien de catastrophique, je me suis laissé tenter. D’habitude je suis contre les bandeaux de promotion sur la couverture, mais là je dois dire, heureusement qu’il est là, car autant le dire tout de suite après lecture de ce livre j’ai énormément de mal à voir en quoi ce roman égale les meilleurs du genre.

Bon je ne le cache pas je n’ai pas du tout accrocher à ce livre, il faut aussi avouer que le début annonçait la couleur. Je n’ai jamais lu un prologue aligner autant de manichéisme, de simplicité et de naïveté nous présentant le général Adolphus de la rébellion face à la dernière bataille qui va rendre les armes alors qu’il a l’avantage, le camp d’en face menaçant en contrepartie de tuer 17 000 civils qui sont des proches des membres rébellion. Le général étant un homme d’honneur (sic) il va donc se rendre en perdant au passage la moitié de ces vaisseaux, environ 250 et quand on sait que dans ce genre de vaisseau on compte les gens par centaines voir millier (voir même des dizaine de milliers mais on va s’arrêter là) il a donc sauvé 17 000 personnes en laissant mourir de son côté 25 000  à 250 000 soldats de la rébellion. Bravo. Si toi aussi tu as les yeux qui piquent devant une telle aberration, une telle stupidité et une telle simplicité qui ne sert simplement à dire que le diadème est méchant, très méchant, très très méchant et Adolphus est un gentil personnage plein d’honneur alors arrête toi là car ce livre va aligner tous les poncifs du genre.

Le livre entier est à ce niveau, rien n’est venu sauver ma lecture que ce soit l’intrigue d’une simplicité et d’une linéarité sans nom, les intrigues secondaires n’apportent rien et sont souvent conclues de façon bâclées et parfois abruptes, même l’aspect temporel on n’y comprend rien, on a parfois des ellipses de quelques mois sans aucune explication, mais surtout on a l’impression que les personnages n’ont pas évolué ou avancé d’un iota. Certains moments je me suis même demandé où j’allais devant le ridicule de certaines situations comme le plan de la rébellion qui décide de construire un spatioport dans l’espace sans que personne ne voit rien; genre personne ne voit une construction énorme qui gravite autour de la planète, planète qui plus est se révèle surveiller à tout instant, car c’est quand même là qu’ont été envoyer tous les rebelles. Hypnose; tu vois cet arbre, mais non tu ne vois pas forêt derrière elle n’existe pas. Ou encore cette vengeance d’un personnage 700 ans après qui n’a pas lieu d’être, ne repose sur rien, n’apporte rien et sert juste à remplir des pages.

Ce qui m’étonne, et me chagrine aussi en fait, c’est pour moi l’absence totale de créativité ou d’imagination dans ce roman. Voilà, pour moi écrire un Space-opéra, voire Planet-opera, c’est justement permettre à l’auteur d’offrir une imagination débordante, mais aussi à un travail sur des planètes, des sociétés, des religions et pourquoi pas mettre en avant une certaine évolution de vie. Ici rien, les planètes sont à peine esquissés, les religions n’en parlons même pas, la société se limite aux adepte du diadème et ceux de la rébellion, je ne parle même pas de la faune, flore ou des paysages qui se révèlent souvent vides. Alors, les auteurs ont bien tenté de mettre en avant une race alien, mais j’avais plus l’impression de me retrouver dans un trip télétubbies sous acide tant ces aliens paraissent simplistes, ignorants, simplistes et ahuris. Je ne parle même pas de la technologie, car à part le fait que les hommes voyagent dans les étoiles le reste parait tellement contemporain et si peu évolué qu’on se demande bien ce qui a pu les bloquer d’un point de vue scientifique et technologique pendant tant d’années.

Concernant les personnages, je dois bien avouer qu’ils se fondent facilement dans l’histoire, il n’y a pas de soucis, vous rencontrez un personnage tout de suite vous devinez de quel camp il est, et même qui va changer de camp. On évitera bien entendu les personnages trop complexes, ou si on doit les rendre un peu complexe en étoffant leur histoire on hésitera à faire dans le basique. Au Fond de l’Fnfer les hommes ont un passé un peu louche et ils cherchent à s’offrir une nouvelle vie et les femmes ont, bien entendu, obligatoirement eue des soucis avec leurs compagnons et n’ont eue d’autre choix que de fuir ici. La nuance des personnages dans la constellation n’est pas non plus meilleur, on a juste l’impression d’avoir des noble riches, certes là rien de mauvais, mais version people avec ragot à gogo et autres. Car oui, pour gérer l’univers dans l’avenir il faudra gérer les coucheries des uns et des autres et rien d’autres. On a même le droit à l’archétype de la princesse transie d’amour qui vit dans un monde à part et qui croit, qu’après avoir été la cause de la ruine de son amant, elle peut aller voir son fils sans jamais se douter un seul instant qu’elle sera rejetée.

Voilà, même la plume ne m’a pas paru vivante, elle ne possédait à mon goût aucune âme, j’avais plus l’impression que les auteurs se sont lancés en écriture automatique sans chercher ni à comprendre, ni à faire voyager et encore moins à faire rêver. Je parle même pas des passages énormes de remplissages dont on en voit pas l’utilité dans ce tome comme par exemple cette histoire concernant un couple réparateur de transfil qui passe chaque chapitre à réparer le transfil et à faire l’amour. Ils en ont le droit, juste à quoi ils servent et méritaient-ils de figurer dans ce premier tome. Je ne parlerai pas non plus des dialogues qui sont parfois risibles tant ils sont simples et donnent l’impression de servir de remplissage. « Mince il me manque des caractère, bah attends je vais développer mon dialogue en faisant parler mes personnages du beau temps ». Je ne parle même pas de la conclusion où nos gentils aliens croient que pour sauver la situation il faut aller discuter avec le diadème dont on vient pourtant de prouver sa cruauté et sa violence. Je ne vous raconte même pas comment ça finit.

Je ne vais pas non plus m’acharner, c’est clair, je n’ai pas du tout été emporté par ce livre et je ne lirai pas la suite. Je pense que ce livre était pas fait pour moi, peut-être qu’il plaira plus aux lecteurs qui cherchent à découvrir le genre, mais même là je ne pense pas le conseiller. Dommage la couverture était jolie. Par contre, maintenant j’avoue j’ai aussi beaucoup moins envie de me lancer dans le cycle de Kevin J. Anderson que j’ai sur ma liseuse.

En Résumé : Je ne vais pas le cacher, je n’ai rien trouvé d’intéressant dans la lecture de ce roman. L’intrigue accumule les poncifs, le manichéisme, la simplicité et même des aberrations qui m’ont paru pas du tout crédibles. Les intrigues secondaires sont bâclées et terminées souvent de façon abruptes. L’univers développé par l’auteur est vide, sans imagination et sans réel travail de développement que ce soit technologique ou autre. Les personnages accumulent aussi toutes les tares, manquant cruellement de complexités et quand les auteurs les développent un tant soit peu, on tombe dans les clichés. La plume ne possède aucune vie et se révèle limite un automatisme qui permet aux auteurs de remplir des pages sans se soucier de la cohérence. Au final je ne pense pas avoir été le lecteur adéquat de ce livre et je ne lirai pas la suite.

Ma Note : 2/10

Le Cycle de Lanmeur Intégrale 1, Les Contacteurs – Christian Léourier

le cycle de lanmeur 1 les contacteursRésumé : Quand les hommes de la planète Lanmeur accèdent au voyage spatial, ils ont la surprise de découvrir que d’autres humanités s’épanouissent dans l’univers. Un hasard ? Peut-être pas. Lanmeur lance alors l’idée du Rassemblement et envoie des contacteurs sur ces mondes plus ou moins avancés, avec pour mission de les intégrer à sa propre civilisation. Mais quel projet se cache derrière ces sociétés si différentes ? Qui sont les Rêveurs de l’Irgendwo, auxquels Lanmeur devra tôt ou tard se confronter ?

Edition : Ad Astra

 

Mon Avis : Ce livre  a longtemps traîné dans ma PAL car, il faut bien l’avouer,  j’avais un peu peur de me lancer dans un tel cycle dont j’ai de plus en plus entendu parler, en positif le plus souvent, depuis sa réédition. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai sorti ce livre, acquis lors des Futuriales 2012, de ma PAL et je me suis lancé dans sa lecture. Je dois dire que je trouve la couverture, illustrée par Eric Scala, vraiment sobre et très réussie. Cette intégrale regroupe en fait trois textes complets dans l’univers de Lanmeur.

Ti-Harnog : Ce texte vient nous raconter l’histoire d’un contacteur de Lanmeur qui atterrit sur Ti-Harnog afin de préparer cette planète au grand rassemblement. L’atterrissage ne se passe pas comme prévu, il se retrouve donc sur cette planète sans aucune préparation. Ce qui fascine directement quand on rentre dans cette histoire c’est l’imagination foisonnante de l’auteur, que ce soit dans la présentation et le développement de cette planète, mais aussi sur l’aspect sociétal. En effet que ce soit les castes, les régions visités ou encore les façons de vivre de chacun tout se révèle vraiment fascinant et on sent bien que l’auteur a passé du temps à mettre en place un tel monde. Le point important qu’on découvre au cours de cette histoire, c’est concernant la Murkéto qui vient présenter au lecteur l’évolution de l’homme et de la femme de façon vraiment originale et intéressante et qui soulève quelques questions et réflexions.

À travers ce récit l’auteur va mettre en avant l’influence du contacteur dans une société en paix et balisée par les castes, il va dévoiler comment un homme sans caste va tout bouleverser, tel un grain de sable dans une machine bien huilée. Une histoire pleine de rebondissements et de découvertes à travers une société figée mais humaine avec ses forces et ses faiblesses.. Mais voilà ce premier texte est loin d’être parfait j’ai trouvé, certains aspects et certains passages m’ont parus un peu désordonnés. Le personnage principal m’a paru un peu trop spectateur de ce qui lui arrive avant de se retrouver « prophète » de façon un peu trop mal amené et brusque, mais aussi certaines scènes de grandes batailles  manquent, à mon gout, de ce côté épique. Mais voilà malgré ces défauts ce premier tome met clairement l’eau à la bouche et offre une introduction intéressante à l’univers de Lanmeur.

L’Homme qui Tua l’Hiver : Ici on change de présentation, on quitte le contacteur qui découvre une planète pour suivre une archéologue sur la planète Nédim qui part découvrir le site de Golgeth. Cette histoire va se révéler plus sombre que la précédente, en effet Nedim est une planète où les saisons durent des années et au début de l’histoire on se retrouve au milieu d’un hiver qui dure amenant les villes et la planète à se dégrader. De plus les colons et les indigènes se détestent. Ce texte est vraiment intéressant, déjà parce qu’il permet de découvrir de nouveau un magnifique univers froid, glacial mais brillamment présenté par l’auteur, mais ensuite il nous fait aussi découvrir un nouveau point de vue sur l’influence de Lanmeur qui a colonisé cette planète et transformé les indigènes en esclave. On est loin du grand rassemblement.

L’auteur ne fait pas que nous faire réfléchir sur les colonies, il nous offre aussi un texte qui va mélanger le scientifique, avec Akrèn l’archéologue, et le mystique avec les coutumes des indigènes dont a été élu le héros qui va aller tuer l’hiver. Cette dualité est plutôt bien amenée et apporte une réflexion intéressante sur le texte avec deux visions différentes. Un texte au final vraiment intéressant qui nous dévoile aussi la dépravation des colons qui se croient facilement supérieur aux autres. Par contre, j’avoue ne pas avoir complètement accroché au personnage de Akrèn, l’auteur cherche à en faire un personnage fort, mais elle parait plus entêtée, égoïste et parfois un peu gamine. La conclusion reste ouverte, ce qui plaira ou pas, mais je l’ai trouvé rapide ce qui la rend légèrement frustrante, comme si l’auteur était pressé.

Mille Fois Mille Fleuves : Dans ce texte le premier point intéressant c’est qu’on change de point de vue, ce n’est pas un Contacteur qui nous raconte cette histoire, mais une autochtone d’une planète, Ynis. Sur cette planète l’eau possède une importance capitale et comme à son habitude l’auteur nous offre un univers vraiment magnifique ainsi qu’une société et des traditions vraiment passionnantes à découvrir. L’héroïne a été choisie pour devenir l’épouse d’un fleuve, mais sa vie va se retrouver bouleverser quand elle va rencontrer un contacteur de Lanmeur. Dans ce texte les Lanmeuriens se retrouvent en arrière plan, on suit plus le voyage de Ynis qui, en plus de nous faire découvrir sa planète, va se retrouver entrainer dans une histoire d’amour complexe et dans une lutte de pouvoir qui la dépasse.

Un texte au rythme vraiment lent, mais qui se révèle bien porté par des descriptions de ce monde qui se révèlent clairement fascinantes. Le rythme lent ne veut pas dire ennuyeux, loin de là, car ce récit possède aussi son lot de rebondissements et de retournements de situations bien amenés et entrainants. Mais voilà j’avoue que j’attendais un peu plus de ce texte, déjà concernant les gens de Lanmeur, dont au final ce texte n’apprend pas grand-chose si ce n’est que leur capacité à tout bouleverser est importante, mais aussi plus on avance dans ce texte et plus on se retrouve simple spectateur de cette histoire. Rien de dérangeant, mais je me dis que ce texte aurait gagné peut être à être un peu plus condensé. Cela ne m’a pas empêché de tout de même trouver agréable ma lecture.

 

Les points vraiment fascinants des écrits de l’auteur c’est vraiment cette capacité à nous emporter dans un univers magique, magnifique et pleine de poésie et de mystères ayant chacun son propre code, sa propre mythologie et sa propre façon de penser. C’est cette diversité de monde qui fait entrer avec facilité le lecteur dans l’histoire. Il faut dire aussi que le tout est porté par une plume vraiment agréable, soignée et qui offre ainsi des descriptions vraiment fascinantes et entrainantes. Après concernant les histoires tout n’est pas parfait, que ce soit la gestion des personnages ou du rythme, mais l’auteur arrive toujours à nous offrir un récit agréable, sympathique, certes pas toujours des plus original, mais vraiment plaisant à lire. En tout cas une première intégrale qui m’a fait passer un bon moment et m’a fait découvrir de magnifique régions. Je lirai la suite avec plaisir.

Mon Avis : J’ai passé un bon moment de lecture avec cette intégrale offrant trois textes qui nous font découvrir des univers vraiment fascinants et passionnants, se révélant aussi plein de mystères et de poésie. Les histoires varient et nous offrent des moments agréables avec rebondissements et retournements de situations, même si certaines paraissent assez classiques. Les différents personnages rencontrés se révèlent intéressant à découvrir même si certains se révèlent un peu trop dans l’excès. Au final trois récits différents avec leurs points forts et leurs points faibles qui sont intéressants à découvrir, le tout porté par une plume soignée et efficace. Je lirai la seconde intégrale avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Danilov Quintet 2, Thirteen Years Later – Jasper Kent

thirteen years laterRésumé : 1825, Europe — and Russia — have been at peace for a decade. Bonaparte is long dead and the threat of invasion is no more. For Colonel Aleksei Ivanovich Danilov, life is peaceful. The French have been defeated, as have the twelve monstrous creatures he once fought alongside, and then against, all those years before. His duty is still to his tsar, Aleksandr the First, but today the enemy is merely human.

But the tsar himself knows he can never be at peace. He is well aware of the uprising fermenting within his own army, but his true fear is of something far more terrible — something that threatens to bring damnation down upon him, his family and his country. Aleksandr cannot forget a promise: a promise sealed in blood… and broken a hundred years before.

Now the victim of the Romanovs’ betrayal has returned to demand what is his. The knowledge chills Aleksandr’s very soul. And for Aleksei, it seems the vile pestilence that once threatened all he held dear has returned, thirteen years later.

Edition : Bantman Press

 

Mon Avis : Il y a quelques années Bragelonne proposait le premier tome de cette série, Douze, et j’avoue que j’avais trouvé le livre vraiment intéressant, ménageant habilement vampires et Histoire tout en gardant l’esprit du vampire sauvage et violent. La série n’ayant pas eue le succès escompté, la suite ne sortira jamais en France. Il y a donc un an j’ai décidé de les lire en anglais en reprenant dès le premier tome (chronique du tome 1 ici). Je trouve l’illustration de la couverture sympathique; par son côté brumeux et légèrement effrayant, par contre je la trouve un peu trop rouge à mon gout.

Contrairement au premier tome, qui offrait un affrontement entre vampire et humains sur fond d’histoire de la Russie sur l’invasion de Napolélon, ce second tome va se révéler plus nuancé, jouant ainsi sur véritable une lutte d’influence et de pouvoir. Les vampires se retrouvent ainsi dans l’ombre de l’histoire, jouant clairement avec les protagonistes. L’auteur ne met pas non plus pour autant de côté l’aspect violent et horrifique des vampires, on retrouve toujours chez eux cette soif de sang et de souffrance, mais moins présente que dans le premier tome. Cela ne gâche en rien le récit, il suffit juste d’un peu changer sa dynamique de lecture, car là où le premier tome se révélait vif, sanglant et sans temps mort, ce second tome cherche plus à faire monter la tension au fil des pages, livrant au compte goutte ses révélations et ses rebondissements pour véritablement capter le lecteur, jouer avec lui jusqu’à cette conclusion surprenante.

Mais aussi , je trouve que le grand intérêt des livres que propose l’auteur c’est quand même tout l’aspect historique de l’histoire. On sent bien que l’auteur a mené énormément de recherches pour rendre cet univers russe vraiment prenant et intéressant. On se retrouve ainsi à une période vraiment charnières de la Russie avec le tsar Alexandre et l’insurrection qui commence à se faire entendre et cherche à changer le pays. Alors bien sûr, si l’histoire ne vous intéresse en rien, oubliez ce genre de livre, vampire ou pas, elle prend une place importante. J’avoue que moi, j’ai été captivé par cette partie de l’Histoire dans l’histoire, l’auteur arrive vraiment à imbriquer de façon cohérente et intéressante le mélange des genres, mais surtout à ne jamais non plus trop tomber dans un aspect « leçon ». Concernant le monde des vampires l’auteur reste dans le classique, mais le développe de façon intéressante avec un aspect plus scientifique, plus concret ce qui permet ainsi de bien comprendre le mythe du vampire.

Et pourtant ce troisième tome possède quelques défauts, car même si je trouve que l’aspect plus manipulation, lutte de pouvoir se révèle bien maîtrisé l’auteur et entrainant, ça ne l’empêche pas de parfois d’avoir quelques longueurs, comme par exemple quand le personnage d’Alexei s’offre des introspections sur son couple ou sa vie qui sont parfois redondantes. De plus les parties sur le personnage du Tsar m’ont paru un parfois un peu trop simpliste et parti pris. Je ne sais pas trop pourquoi, peut être que ce sentiment vient du fait que ma vision des Tsar n’est pas celle que me présente l’auteur dans son livre. Autre point, par moment on aimerait quand même un peu plus d’action et de vampires, surtout vis-à-vis du premier tome, mais bon rien de bien grave.

J’avais un peu peur concernant les personnages, l’auteur passant de la narration à la première personne à une narration à la troisième personne et je me demandais si on n’allait pas perdre le côté affectif obtenu avec le personnage principal dans le tome précédent. Finalement l’auteur s’en sort plutôt bien car on est toujours autant accroché par Aleksei, sa vie, son évolution, ses émotions, ses aventures et ses réflexions. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants que ce soit Dominikia, Dimitri son fils ou encore certains personnages du tome précédent qu’on retrouve et qui viennent apporter leurs contributions ainsi que leur lot de surprises. Concernant certains nouveaux personnages, j’ai eu un peu de mal avec quelques-uns, que ce soit le Tsar qui a eu du mal à m’accrocher ou bien encore le médecin Wylie, qui m’a paru un peu simpliste par moment.

La plume de l’auteur est toujours aussi efficace et prenante, arrivant à nous plonger dans cette histoire pleine de tensions et de rebondissements tout en nous dévoilant un morceau de la grande histoire de la Russie. Le mélange des genres entre le roman historique et la présence de vampire marche vraiment bien, l’auteur ayant fait énormément de recherches pour pouvoir associer les deux tout en offrant un récit logique et cohérent. Il ne me reste donc plus qu’à me lancer dans la lecture du troisième tome de ce cycle qui, sans révolutionner le genre non plus, offre vraiment un bon moment de lecture pour l’instant.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle en cinq volumes. On retrouve avec grand plaisir ce mélange entre la grande Histoire et les vampires, qui ne plaira peut être pas à tout le monde, mais qui m’a offert un récit vraiment complexe, efficace et plein d’intrigues et de jeux de pouvoir. On sent que l’auteur s’est fortement documenté pour écrire son roman dans la Russie de l’époque et à cette période trouble pour le pays. Je reproche juste quelques légère longueurs; mais aussi j’aurai aimé, parfois, plus d’action et de sang pour un roman de vampires. Concernant les personnages le passage à la narration à la troisième personne est bien effectué et permet de s’attacher toujours autant aux protagonistes, dommage que certains nouveaux manquent de profondeur. La plume de l’auteur est toujours aussi captivante et entrainante, je lirai donc la suite avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

Hantés – Anne Fakhouri

hantesRésumé : Depuis la mort suspecte de Tug, son beau-père policier, Samuel peine à contenir les voix mystérieuses qui le harcèlent. Darius, son nouvel ami, souffre du même mal. Tous deux comprennent bientôt qu’ils disposent de pouvoirs complémentaires. À travers eux, des fantômes s’incarnent et réclament justice…

Edition : Rageot Thriller

 

Mon Avis : Je ne vais pas le cacher, mais je suis devenu un inconditionnel des écrits de Anne Fakhouri qui a toujours réussi à m’offrir des textes intéressants, variés et dont je n’ai jamais été vraiment déçu. Je me suis donc rapidement lancé dans la lecture du dernier roman en date de l’auteur, qui nous propose ici un thriller fantastique jeunesse, mais pas seulement. À noter que je trouve la couverture vraiment intéressante et elle colle vraiment bien à l’ambiance du livre.

Dès les premières pages on se retrouve vraiment happé par cette histoire où l’auteur vient mélanger habilement, et de façon captivante, les genres. Le livre oscille ainsi entre le thriller, avec Samuel qui cherche la vérité sur son beau-père, et l’aspect fantastique, car on se rend compte très vite que certains des héros sont différents. Les intrigues mises en place se révèlent complexes, pour un thriller jeunesse, mais surtout efficaces et sans temps mort. Le lecteur se retrouve à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus sur les évènements et les aventures des héros. Anne Fakhouri nous propose donc un récit prenant, où on ne s’ennuie jamais devant les rebondissements et les surprises qui ne manquent pas d’attraits, et où l’aspect fantastique vient se mêler efficacement à l’aspect policier pour ajouter une certaine tension à la lecture.

Mais voilà l’auteur ne cherche pas non plus qu’à nous offrir un récit rythmé et plein d’action, elle cherche aussi à faire réfléchir le lecteur et vient aborder des sujets graves, forts et peu mis en avant dans la littérature jeunesse, par exemple la guerre et le génocide au Rwanda, ainsi que les aspects concernant les enfants soldats abusés et manipulés par une guerre qui les dépasse. Une des grandes forces de l’auteur est de traiter ces sujets de façon nuancée et surtout accessible pour un large publique sans non plus dénaturer son message.

Alors, parfois certains axes de réflexions m’ont paru traités de façon un peu trop rudimentaires et simples à comprendre, mais au final le message passe toujours. L’auteur ne met pas non plus pour autant de côté les problématiques qui lui sont chères, avec des réflexions et un travail toujours intéressants et soignés sur la famille, les secrets, mais aussi sur l’amitié.  Mon seul léger regret est, au final, de ne pas avoir eu plus d’explications sur le fait que certains personnages soient « hantés », il y a assez d’explication pour en comprendre le principal, mais certaines des mes questions sont restées en suspens. Rien de bien gênant.

Concernant les personnages, ils se révèlent vraiment intéressants à suivre et le groupe de nos trois adolescents, lancé dans cette enquête, se révèle clairement passionnant à découvrir au fil des pages. Des personnages travaillés, loin des stéréotypes avec leurs envies et leurs blessures qui vont influencer leurs façons d’évoluer et d’avancer. On s’accroche à eux, on partage avec grand plaisir leurs aventures, on frissonne avec eux, entre Samuel qui vit avec sa souffrance, ou bien Darius le jeune Anglais rejeté, ou encore Johanna l’adolescente un peu excentrique, ils forment ainsi un trio complémentaire et vraiment efficace.

J’aurai pourtant aimé que certains personnages soient un peu plus travaillés, je pense par exemple à Johanna ou Moses. De plus certains aspects sur l’évolution de l’intrigue m’ont paru traités de façon parfois un peu facile, comme par exemple l’héroïne qui peut obtenir toutes les informations avec sa tablette numérique et dont le père est un peu espion, ce qui permet de débloquer très rapidement certaines situations très rapidement, mais bon pas de quoi non plus complètement bouder mon plaisir. Finalement cette facilité permet aussi de vraiment garder le lecteur sur un rythme tendu et accrocheur.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, rythmée et efficace et nous plonge facilement dans ce récit construit de façon efficace et captivant avec son lot de surprises, de révélations et de rebondissements. La conclusion se révèle tout aussi intéressante et même si, j’avoue, j’avais deviné le twist final, elle vient répondre à toutes les questions que le lecteur se posait. J’ai vraiment passé un bon moment avec ce court roman sans temps mort et passionnant, malgré parfois quelques facilités et si l’auteur décide d’écrire des suites je les lirai sans problème.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce thriller fantastique jeunesse qui m’a offert une histoire, soignée, complexe pour le public visé et qui s’est révélée sans temps morts, avec son lot de surprises et de rebondissements. Mais l’auteur, en plus de nous offrir une histoire captivante, nous propose aussi des axes de réflexions intéressants que ce soit sur la guerre au Rwanda, les enfants soldats, la société ou encore la famille et les amis. Les personnages se révèlent attachants et le trio de héros accroche le lecteur à travers leurs aventures. Le style de l’auteur se révèle énergique, efficace et entraine facilement le lecteur. Alors, je ne vais pas le cacher, un ou deux points m’ont dérangés, j’aurai aimé en savoir plus sur la « hantise » des héros ou encore l’héroïne un peu geek qui trouve toutes les réponses ou encore certains aspects juste esquissés ou traités rapidement, mais rien de bien gênant. Dans tous les cas si l’auteur écrit, un jour, une suite je la lirai avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Trolls & Légendes l’Anthologie, Semi-Hommes – Dirigée par Denis Labbé & Valérie Frances

anthologie semi-hommeRésumé : Sept textes furent confiés aux auteurs, maîtres dans l’art des mots, Sept dessins le furent aux illustrateurs, seigneurs du graphisme, Une couverture pour l’esthétique de l’ouvrage, un thème pour canaliser imagination et création : autour d’un festival où règnent toutes les fantasy. Une anthologie pour les rassembler tous, une anthologie pour les dénicher, Une anthologie pour les consacrer tous et par l’encre et le papier . les relier, au festival Trolls & Légende où s’étend le pouvoir de l’imaginaire. Sept illustrateurs et sept auteurs parmi les plus grandes figures de l’imaginaire. Tous réunis pour illustrer le thème des semi – hommes

Edition : Asgard

 

Mon Avis : Lors du dernier festival de Trolls & Légendes je suis passé plusieurs fois devant cette anthologie qui était la toute première mise en place par le festival en associations avec les éditions Asgard. J’ai quand même longtemps hésité avant de me laisser tenter par ce recueil, le sujet des Semi-Hommes étant un sujet vu et revu, j’avais un peu peur d’être déçu, mais vu que j’ai déjà pris les anthologies des Imaginales et des Utopiales autant tenter sa chance aussi avec celle là. Concernant la couverture, illustrée par Mathieu Coudray, je la trouve assez sympathique même si vraiment très classique.

Ale Wisp Nick de Pierre Dubois : Voilà une nouvelle qui nous raconte l’histoire d’un esprit diablotin et qui va un jour se venger en faisant des blagues. On sent, à travers le récit, que l’auteur possède une très grande connaissance sur le monde féerique, ses règles et tout ce qui tourne autour de ces êtres. L’auteur a donc décidé de présenter son histoire à la façon d’un conte, et tout y est, que ce soit sur la forme ou le fond. Pourtant, je suis loin d’avoir complètement accroché à l’histoire. Le conte peut être soit raconté de façon orale soit écrit et, je pense,  parfois, un conte raconté mis par écrit y perd beaucoup; c’est ici le cas. Les blagues de Ale Wisp Nick se seraient révélées passionnantes conter oralement et porté avec emphase par la voix, mais par écrit l’histoire de ces petites blagues se révèlent juste sympathique.

Le Monstre de Shaerten de Olivier Peru : Cette nouvelle se situe dans l’univers de Martyrs, mais bien des années avant l’histoire du roman. C’est l’histoire de deux gnomes qui vont élever un dragon. L’histoire sur le fond se révèle assez sombre, manipulatrice et cynique, nous présentant, certes de façon assez simple, la fourberie et la cruauté des semi-hommmes. Mais voilà, sur la forme j’avoue ne pas avoir complètement accroché à l’histoire l’auteur cherchant à nous présenter l’histoire tel un conte alors qu’on sent bien que ce n’est pas trop son domaine de prédilection. De plus, mettre ce conte après celui de Pierre Dubois, qui, pour lui, le conte est sa passion, y joue aussi pour beaucoup dans la différenciation des deux textes.

Vous Serez Immortelle d’ Emmanuelle Nuncq : L’auteur vient nous offrir ici l’histoire d’une poupée humaine qui a la vie éternelle, du moins tant que quelqu’un est là pour la réparer. J’avoue que ce texte possède une mélancolie vraiment intéressante et la plume de l’auteur joue énormément dans le fait qu’on se laisse entrainer par cette histoire. Mais voilà il manque, à mon avis, certains aspects qui permettraient de mieux comprendre le choix final de l’héroïne, peut être que l’auteur a eue un peu peur du format Nouvelles et ne s’est concentré que sur le fil de vie de sa poupée en mettant de côté les évènements qui la font évoluer et la rendre « plus sage ».

Prédatrice de Mathieu Gaborit : L’auteur nous offre ici une nouvelle sombre, violente et plutôt efficace avec l’histoire simple d’un couple qui, pour se reconquérir l’un pour l’autre, partent en vacances et se retrouvent dans un hôtel pour une fête un peu particulière. L’auteur joue vraiment avec le lecteur nous offrant une histoire assez surprenante pleine de rythme et de surprises avec son lot de magie et de mystères. Mais voilà il y a quand même un ou deux points qui m’ont dérangé principalement dans la différenciation hommes / femmes, à croire que toutes les femmes sont des papillons et tous les hommes des prédateurs et l’histoire m’a paru assez linéaire.

Quarante-Huit pour Cent de Adrian Thomas : Cette nouvelle se situe dans l’univers du Sixième Royaume et vient nous parler des changeurs, de la façon dont ils ont été crées. Un texte intéressant, cruel et sauvage qui vient nous montrer la vérité sombre sur cette race à part dans le roman de l’auteur. L’auteur joue bien sur les sentiments et les émotions des personnages qui ne manquent pas de toucher le lecteur, mais voilà l’histoire se révèle sans véritable surprise et un peu linéaire surtout vu que j’ai déjà lu le sixième royaume.

Une Surprise de Petite Taille de Simon Sanajuhas : L’auteur nous est présenté comme étant influencé par un auteur comme Howard, ce qui se ressent dans l’histoire. On retrouve un guerrier, dans un tournoi, qui va devoir battre tous ces adversaires pour devenir chevalier. Une histoire simple, mais plutôt efficace avec en conclusion une surprise pleine d’humour et de cynisme. Mais voilà même si l’histoire se laisse lire de façon sympathique elle manque quand même de puissance, de surprises et surtout un peu de profondeur je trouve. Cela n’empêche en rien cette histoire de se révéler divertissante malgré son côté simple.

Babillante Babiole de Nathalie Dau : Comme tout semi-homme qui se respecte, à chaque anniversaire on se fait des cadeaux, mais ici le cadeau sera bien surprenant. L’auteur a décidé de nous offrir une histoire pleine d’humour, de malice et le tout qui aboutit à une conclusion efficace et pleine d’esprit. Un texte peut-être un peu court, mais qui ne manque pas de charme et d’attrait et dont l’auteur arrive à en tirer le maximum.

 

Je reste sur un sentiment mitigé après avoir fini cette anthologie, une lecture plutôt moyenne sans non plus être complètement mauvaise. Au final j’ai plus eu l’impression de lire des textes de découvertes, qui pourraient permettre de faire découvrir la fantasy aux novices, plutôt que des textes pour tout lecteur de fantasy. Peut-être que c’était le but de l’anthologie, en tout cas pour moi, même si la lecture ne s’est pas révélé complètement mauvaise, elle ne m’aura pas marqué non plus. Aucun texte n’a non plus vraiment réussi à sortir du lot. Par contre, concernant les illustrations je dois dire qu’elles se sont révélées vraiment plaisantes.

En Résumé : J’avoue ne pas avoir complètement accroché à la lecture de cette anthologie qui m’a offerte au final une lecture plutôt moyenne. Il faut dire que le sujet, étant un classique de la fantasy, il n’était pas obligatoirement simple de se l’approprier. On retrouve sept textes qui offrent une vision différente du semi-homme, mais qui n’arrivent jamais complètement à convaincre et paraissent un peu trop simple. Comme si les écrivains cherchaient plus à offrir des textes de découvertes pour un lectorat novice que des textes pour tout public. Je ne suis pas vraiment déçu non plus de ma lecture, car les nouvelles restent un minimum plaisantes à lire, mais voilà aucun texte ne m’a vraiment marqué. À noter par contre les très belles illustrations qui viennent égayer ce recueil.

 

Ma Note : 6/10

 

chalengeChallenge JLNN 9ème lecture

Page 122 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre