Auteur/autrice : BlackWolf Page 124 of 202

Décade de L’Imaginaire

decade de l'imaginaireRésumé : Il y a quelques semaines la maison d’édition L’Atalante a proposé la Décade de l’Imaginaire. 10 jours de prix attractifs ainsi qu’une nouvelle offerte par jour. Le Thème de l’opération était l’imaginaire Européen.

 

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Dix nouvelles gratuites cela ne se refuse pas vraiment, elles ont donc rapidement rejoins ma PAL (je me répète mais une PAL ça n’existe pas vraiment en version électronique?) pour mon plus grand plaisir de lecteur de nouvelles. Surtout que ces nouvelles regroupent un grand nombre d’auteurs connus et dont j’avais envie d’en apprendre plus sur certains, donc quoi de mieux qu’une nouvelle pour s’en rendre compte.

L’Ouragan de Jean-Marc Ligny. Je n’avais encore jamais lu un texte de l’auteur malgré tous les bons échos que j’avais entendu, cette nouvelle m’a donc permis de corriger ce fait et de me faire un avis. Je dois dire que ce texte m’a bien accroché, une histoire poétique d’un couple sur fond de ravage climatique et environnemental cher à l’auteur si j’ai bien compris. Mais voilà, autant j’ai été fasciné par tout ce qui concerne le brackground de ce mon en pleine agonie, autant, j’avoue, j’ai eu un peu de mal à vraiment entrer dans la vie de ce couple ou le temps à créer une sorte de lassitude, de routine dans leur histoire. Ils m’ont paru un peu plat dans la première partie du texte. Au final un texte intéressant, percutant et intelligent, avec peut-être plus de pages je me serai probablement plus facilement attaché à ces personnages.

Le Peuple des Signeurs de Olivier Paquet. Je ne peux pas trop parler de cette nouvelle, vu qu’il s’agit d’un chapitre tiré du second tome du Melkine. Ayant déjà lu le roman, il m’est un peu difficile de parler de ce texte hors de tout le contexte du roman, mais selon moi il s’agit d’une nouvelle intéressante pour découvrir l’univers foisonnant des romans.

Raoul des Crapauds de Sylvie Denis. Bon, là, j’avoue, je suis resté assez imperméable à ce texte. Je dirais que ça ne vient ni de moi ni vraiment de l’auteur, mais du texte en lui-même qui est en fait une nouvelle fortement liée à un roman existant. J’ai clairement eu l’impression que, sans avoir lu le roman, il m’était impossible d’avoir toutes les clés pour bien comprendre cette nouvelle. Il manquait clairement d’informations, que ce soit sur le but du voyage des héros ou de l’école, mais aussi au niveau de la chute qui, je l’avoue, m’a frustré, car j’avais clairement l’impression qu’il devait y avoir une suite derrière, c’était pas possible autrement. Ce texte donne vraiment l’impression d’avoir été extrait d’un roman plus long.  Je pense que ce texte n’était pas le meilleur texte pour découvrir cette auteur, il faudra que je me rattrape un jour sur un de ses romans.

Drame de Troll de Terry Pratchett. L’auteur nous offre, comme à son habitude avec cette nouvelle, un texte rempli d’humour et d’ironie sur la condition des héros, mais aussi sur la vie, pas toujours facile et pas toujours rose, des Trolls. Un texte efficace et rafraichissant qui nous présente un héros qui se radoucit avec l’âge et dont chaque personnage a quelque chose à dire ou à se plaindre. L’intrigue reste très simple, mais l’auteur arrive facilement à en tirer énormément de choses, que ce soit par son aspect fantaisiste, plein de mélancolie, qui joue sur les traditions et sur le fait que, finalement, c’était peut-être mieux avant ou encore à travers un panel de personnage intéressant. Dommage que le texte soit si court.

Nouvelle Vie de Pierre Bordage. Voilà un texte intéressant de l’auteur qui développe, à travers un futur sombre, des sujets vraiment captivants tel que le monde de la recherche, la puissance des groupements pharmaceutiques, les problèmes d’une société de plus en plus endetté ou encore l’esclavage. Des sujets qui se révèlent très contemporains et nous rappelle d’une certaine façon notre société et ceux vers quoi elle tend. Mais voilà, j’ai trouvé les personnages un peu abstraits, s’il manquait un peu de profondeur et aussi un léger manque d’émotion, surtout vis-à-vis du twist final qui ne m’a marqué qu’à moitié. Peut-être que cette histoire aurait mérité un traitement plus long qu’une nouvelle. En tout cas ça reste un texte sympathique et qui fait réfléchir.

La Stratégie du Requin de Jean-Claude Dunyach. Ce texte fait partie de mes préférés concernant les nouvelles de la décade. Jean-Claude Dunyach fait partie de ses auteurs dont j’ai tellement entendu parler que j’ai un peu peur de me lancer. Ce texte m’a clairement fait changer d’avis, nous offrant une plongée dans un univers cyberpunk fascinant, dense et travaillé où l’auteur compare la plongée des hommes dans la dimension informatique à la plongée maritime. Un texte qui ne laisse rien au hasard entre manipulations, surprises et rebondissements. J’ai été happé par ce récit foisonnant d’idées et à la conclusion surprenante malgré, c’est vrai, il faut bien l’avouer, une narration un poil trop longue par moment. En tout cas je lirai d’autres œuvres de l’auteur sans soucis.

Fractal de Vincent Gessler. Une nouvelle vraiment intéressante que nous propose là l’auteur. On va suivre dans cette nouvelle la vengeance d’un homme qui a tout perdu, que ce soit sa famille ou sa vie jusqu’à avoir été abusé dans sa jeunesse. L’auteur foisonne d’idées, de rebondissements, mais aussi de réflexions que ce soit sur l’influence des laboratoires et des industries, de la religion ou encore concernant cet univers futuriste. Mais voilà le surplus d’idées nuit un peu, à mon avis, au récit, il donne l’impression à l’auteur de parfois partir dans tous les sens. Ajouter à cela le fait que toutes les souffrances du héros soient la faute, au final, d’une seule personne m’a paru un peu trop facile pour la construction de cette nouvelle. Mais ce texte reste agréable à lire avec une plume efficace et entrainante et des idées intéressantes.

La Sorcière Égarée de la Citadelle Silencieuse de Michael Moorcock. Avec cette nouvelle l’auteur cherche à nous offrir une histoire un peu western dans un univers de SF avec le héros solitaire qui doit aller sauver une jeune fille. Alors, je ne vais pas le cacher, l’histoire se révèle assez simple, mais pourtant efficace par son aspect sombre, pleine de rebondissements et le tout porté par une plume entrainante. L’autre nous offre un univers vraiment intéressant, apocalyptique, multi-planétaire avec aussi cette idée sur la disparition de l’eau. Dommage que sur la fin l’auteur manque de finesse parfois, principalement dans la ruse du héros pour s’en sortir lors de la bataille finale qui, clairement à mon goût, m’a paru tirée par les cheveux. Au final une nouvelle qui se laisse lire de façon agréable et se révèle sans temps morts.

L’Envol du Faucon Sagittal d’Andreas Esbach. Cette nouvelle se révèle être un joli conte initiatique avec comme trame le rêve du héros qui est d’aller toucher les étoiles. Un texte vraiment bien écrit, plein de poésie et de mélancolie ou le héros va tout donner pour réaliser son rêve. Autre intérêt du texte c’est le monde futuriste que nous dévoile l’auteur, un univers vraiment magique et magnifique qui donne clairement envie d’être visité, que ce soit pour sa faune, sa flore ou encore pour leur façon de vivre. Mon seul regret est que finalement ce texte soit clairement balisé, manquant de surprise et qu’il possède une légère naïveté à mon goût. Mais rien de bien gênant tant l’histoire emporte le lecteur vers ce rêve et ces étoiles.

Ce que Chuchotait l’Eau d’Anne Fakhouri. Je dois bien avouer que dès les premières lignes j’ai eu un peu peur avec ce texte tournant autour de la légende Arthurienne. Attention pas que je n’aime pas cette légende, juste, j’ai l’impression qu’on l’a tellement reprise qu’il est devenu très difficile de se renouveler. Et pourtant l’auteur a réussie à me convaincre, nous faisant découvrir un peu plus en avant Keu le frère nourricier du Roi, dont on découvrira la cause de son aigreur et de son arrogance, mais surtout en reprenant les classiques du genre pour mieux les détourner d’une certaine façon. Une fois ce texte lu on ne verra plus la reine Guenièvre ou encore la cour du roi de la même façon. Cela en surprendra plus d’un, mais moi j’ai aimé. Un texte qui va aussi mélanger magie et mystère de façon efficace et le tout toujours porté par une plume efficace et fluide. Je reprocherai juste un Deus Ex Machina qui m’a un peu surpris dans la conclusion.

En Résumé : Je trouve l’initiative de L’Atalante lors de cette décade de l’imaginaire vraiment intéressante, Offrir 10 nouvelles de différents auteurs permet de se rendre compte avec intérêt de ce qui se fait actuellement dans l’univers imaginaire européen. Au final j’ai passé un agréable moment de lecture à travers ces 10 nouvelles et même si elles ne sont pas toutes au même niveau j’ai envie d’en apprendre plus sur des auteurs que je n’ai encore jamais lu, mais aussi d’attendre avec encore plus d’impatience les prochaines sorties d’auteur que je connaissais déjà.

 

chalenge

Challenge JLNN 8ème lecture

Rois du Monde 1ère Branche, Même pas Mort – Jean-Philippe Jaworski

même pas mortRésumé : Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.

Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Je ne vais pas le cacher je suis un grand fan des écrits de Jean-Philippe Jaworski qui ne m’ont jamais vraiment déçus. Je suis toujours fasciné par le travail qu’il effectue dans ses écrits, que ce soit sur le fond comme sur la forme. Alors, quand j’ai vu que le dernier livre de l’auteur allait prochainement sortir je n’ai pas hésité à le pré-commander sur le site de l’éditeur, et là surprise début juillet je le reçois dans ma boite-aux-lettres plus d’un mois avant sa sortie officielle. Je me suis donc empressé de découvrir cette première trilogie de l’auteur. La couverture, illustrée par Sébastien Hayez, se révèle vraiment sobre et agréable.

Avec ce nouveau cycle l’auteur décide de quitter le Vieux Royaume pour se lancer dans une histoire sur les celtes. On quitte donc le monde des assassins et des jeux de pouvoirs raffiné, pour un monde de guerriers, de violence et de guerres sanglantes. Et je dois dire que cela marche toujours aussi bien, l’auteur nous offrant, comme à son habitude, un récit qui se révèle vraiment fascinant et passionnant du début à la fin. Le rythme se révèle assez lent, mais ne manque ni de surprises, ni de rebondissements et happe le lecteur qui tourne facilement les pages pour en savoir plus. L’intrigue à beau se révéler plus sauvage et guerrière, elle ne manque pas non plus de complexité et de densité nous offrant ainsi aussi une lutte de pouvoirs où chaque élément, chaque erreur, lapsus ou encore chaque information va se révéler importante à un moment ou à un autre. Rien n’est vraiment laissé au hasard.

L’histoire nous est contée par Bellovèse qui nous raconte ainsi sa vie, ce premier tome se consacre principalement sur sa jeunesse ainsi que sa première guerre qui doit normalement faire de lui un homme. La narration se révèle assez surprenante, le conteur se laissant aller à des digressions, des explications, mais aussi mélange rêve, réalité et magie, mais surtout ne se révèle pas vraiment linéaire dans le temps et pourtant cela offre au récit un aspect un peu véridique et on se retrouve emporter par cette vie ou chaque passage offre une nouvelle pièce du puzzle de la vie du héros. Une vie d’honneur, de guerre, de combat, mais aussi une vie où la magie, les traditions et le folklore ont une grande importance et une grande influence. L’auteur par son travail que ce soit sur la complexité de l’intrigue, la densité de l’univers ou encore sur la construction du récit arrive vraiment à happer le lecteur dans son récit fascinant et entrainant.

Concernant l’univers mis en place dans ce récit on sent que l’auteur a effectué énormément de recherches pour construire ce monde Celtes, ce monde de guerriers, de magies, de druides, de devineresses et de mystères qui se révèlent vraiment fascinant. L’aspect fantastique prend, dans ce cycle, plus d’ampleur que dans les précédents romans de l’auteur, mais on sent bien que le tout est imbriqué dans l’histoire, qu’il a une grande importance, de plus on sent bien que l’auteur maîtrise parfaitement son sujet. Mes connaissances concernant les celtes restent très limités et pourtant jamais je ne me suis senti perdu dans cet univers cohérent, efficace et qui se dévoile lentement pour le plus grand plaisir des lecteurs. Que ce soit les dieux, les hommes, les lois, les batailles ou encore la différenciation entre le monde des morts et le monde des vivants, rien n’est laissé au hasard, tout à son importance et tout se révèle fascinant.

Les personnages principaux ne sont pas inconnus puisque Béllovèse et Sacrovèse sont des personnages de légendes dont l’historicité n’est pas avérée. C’est à partir de là que l’auteur est parti pour construire son histoire et ses personnages. Des personnages qui se révèlent vraiment fascinants, principalement Béllovèse, qui est le personnage principal ainsi que le narrateur, qui se révèle être un héros charismatique et sauvage mais qui, aussi, à travers son enfance et le début de sa vie, nous dévoile un personnage ambigu, plein de faiblesses, longtemps manipulé par sa famille et sur qui pèse un lourd secret. Concernant les personnages qui gravitent autour du héros, hommes ou femmes, ils se révèlent tout aussi fascinants et passionnant avec leurs forces et leurs faiblesses. Alors, bien entendu il est un peu tôt pour dire que l’auteur a vraiment réussi à s’approprier ses êtres de légendes, mais en tout cas on retrouve une excellente introduction à ces héros.

Ce qui me fascine toujours autant avec l’auteur c’est son travail sur l’écriture qu’il effectue à travers chacun de ses textes. Un travail vraiment fascinant, complexe et qui possède son propre rythme et sa propre poésie ce qui fait qu’on est facilement entrainé par ce roman. Juste, peut être sur les dialogues, parfois je les trouvais un peu trop proches de Gagner la Guerre dans le ton familier ce qui m’a légèrement surpris. Je tiens quand même à mettre en garde, le rythme du roman est assez lent, si vous cherchez un roman nerveux et guerrier passer votre chemin, même si on retrouve ici un roman sauvage, complexe et rempli de mystères. Dans tous les cas voilà un premier tome qui nous offre une introduction vraiment passionnante et captivante et mon seul regret et de, finalement, ne pas avoir la suite directement sous la main.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment avec ce premier tome, du nouveau cycle de l’auteur, qui nous offre une introduction vraiment fascinante et passionnante. L’intrigue se révèle sauvage, pleine d’honneur et de tradition, mais ne laisse pas pour autant de côté la complexité, le tout possédant son lot de surprises et de rebondissements. L’univers développé par l’auteur se révèle dense et surtout on remarque le travail de recherche effectué qui nous offre un monde cohérent et captivant. Les personnages se révèlent charismatiques, passionnants à découvrir et à suivre, et surtout des personnages remplis d’honneurs, mais avec leurs forces et leurs faiblesses. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique et travaillée, qui emporte facilement le lecteur dans cette histoire. Je suis juste un peu surpris de retrouver parfois dans certains dialogues la familiarité de Gagner la Guerre. J’attends la suite avec impatience.

 

Ma Note : 9/10

Everness Tome 1, L’Odyssée des Mondes – Ian McDonald

everness 1Résumé : Londres, de nos jours. Everett assiste au kidnapping de son père, par de mystérieux hommes en noir. Pourquoi a-t-on enlevé ce scientifique renommé? Et pourquoi la police doute-t-elle de son récit ? Quand l’adolescent reçoit un fichier qui révèle l’existence de mondes parallèles, il part à la recherche de son père et atterrit dans un autre Londres, silloné de zeppelins, comme « l’Everness ». Le curieux équipage de ce dirigeable – une jeune pilote intrépide, une capitaine courageuse et un second citant la Bible – va l’aider dans sa quête dangereuse…

Edition : Gallimard

 

Mon Avis : Ce livre à un peu fini par hasard aussi rapidement dans ma PAL, en effet je savais que Ian McDonald avait écrit une trilogie, plus jeunesse que ses précédents écrits, mais je ne savais pas qu’une date de publication avait été fixée chez nous. Il a fallu l’aide d’une main innocente pour me mettre ce roman dans les mains par hasard, qui a donc fini directement dans ma PAL tant les écrits de l’auteur ne m’ont jamais déçu jusque maintenant. Puis il faut bien l’admettre je trouve la couverture, illustrée par Benjamin Carré, vraiment magnifique.

J’avoue, je partais quand même avec un léger a priori, ce roman étant la première incursion d’un auteur qui m’a toujours offert des romans adultes vraiment denses, complexes, travaillés et soigné, par conséquent je me demandais bien ce qu’allait pouvoir nous proposer l’auteur à travers ce roman qui cherche à toucher un public plus large. Au final je n’ai pas été déçu de ma lecture qui s’est révélé vraiment efficace, entrainante et rafraichissante. Bien sûr, je ne vais pas le cacher, on ne retrouve pas le même niveau de travail et de complexité de ce que propose les romans adultes de l’auteur, mais il nous livre un roman accessible, à l’intrigue captivante et pleine d’aventures et de surprises. On est très vite emporté par l’histoire de cet adolescent dont la vie va basculer après le kidnapping de son père et qui va découvrir l’existence de mondes parallèles.

Clairement le roman nous happe dès les premières pages, le père du héros se faisant kidnapper dès les premières pages, ne relâchant jamais la tension et le rythme, ce qui fait que le lecteur se laisse vraiment porter au fil des aventures et des pages. L’auteur manie efficacement les rebondissements et les surprises, même si parfois ça va peut-être un peu trop vite et un peu trop facilement ou bien encore certain aspects acceptés un peu trop rapidement, mais rien de gênant. Surtout l’auteur arrive à reprendre des aspects classiques et déjà-vus tout en les intégrant parfaitement dans son histoire et son univers SF, je pense particulièrement à l’équipage du dirigeable qui fait clairement penser à des sortes de pirates avec même un des membres qui cite la bible. L’intrigue est intéressante et efficace avec son lot de surprises même si j’avoue, connaissant l’auteur, j’attendais à quelque chose d’un peu plus complexe, mais, comme je l’ai dit l’auteur, compense cela par un rythme entrainant, rapide et passionnant et surtout ne tombe jamais non plus dans l’excès de facilité.

Mais l’une des grandes réussites de l’auteur est le travail qu’il a effectué sur les mondes parallèles et l’univers qu’il nous propose. Il nous offre ainsi un Londres qui n’a jamais connu le pétrole et vit à l’électricité produite du charbon. Un Londres complètement Steampunk qui se révèle fascinant avec son univers aérien, ses dirigeables, mais aussi le mélange entre les aspects vraiment rétro et les aspects futuristes des technologies. Mais surtout l’auteur, comme à son habitude, met bien en avant les aspects multiculturels, le héros ayant par exemple des origines Indiennes, mais aussi dans le monde parallèle avec son jeu de langage, son jeu de pouvoir ou encore ses différences avec une sorte de frontière entre les « aériens » et les autres. Autre point vraiment intéressant l’auteur ne laisse pas de côté l’aspect scientifique, alors bien entendu il reste facilement abordable, mais je pense que quelques connaissances aident quand même à bien appréhender les choses. Puis bon un roman qui cite Doctor Who c’est toujours sympa.

Concernant les personnages l’auteur nous offre des personnages vraiment intéressants et fascinants au fil des pages, je me suis facilement accroché au jeune Everett par son côté geek et amoureux des sciences. Les personnages qui viennent graviter autour de lui se révèlent aussi tous travaillés et efficaces, que ce soit l’équipe de l’Everness complètement décalé comme par exemple Sen jeune fille branchée et barrée, mais aussi Charlotte Villiers qui offre une ennemie à notre jeune adolescent complètement glaciale et sans pitié. Le seul problème est le fait que le héros à du mal à faire son jeune âge de 14 ans, il est vraiment mature, surtout possède un génie assez impressionnant principalement dans les sciences et possède uns capacité d’assimilation parfois surprenante. Moi personnellement je n’ai pas été dérange plus que cela même si on tique une fois ou deux, mais j’imagine bien que certains lecteurs risquent d’être surpris.

La plume de l’auteur se révèle vraiment entrainante, efficace tout en gardant une certaine complexité, que ce soit dans l’aspect scientifique ou dans les descriptions, même s’il ne faut pas se leurrer on est loin de ce que peut bien proposer l’auteur dans ses romans adultes. Ce qui ne l’empêche pas de nous offrir une histoire vraiment efficace, haletante, sans temps morts et pleine de surprises et de rebondissements maîtrisés et cohérents. Il ne fait aucun doute que je lirai la suite avec plaisir en espérant une seule chose, que l’auteur ne tombe pas trop facilement dans une intrigue à tentative de simple domination de multivers. Dans tous les cas je suis content de ma lecture.

En résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman jeunesse qui nous propose une histoire entrainante, efficace et pleine de surprises. Alors, bien sûr, on n’est pas au même niveau de densité et de complexité que les romans adultes de l’auteur, mais le tout est compensé par un rythme soutenu et reste intelligente et soignée. L’univers développé par l’auteur est l’un des points forts du récit avec un Londres Steampunk des plus fascinant, le tout porté par des personnages travaillés et passionnants, je trouve juste dommage que le jeune héros ne fasse pas son âge par certains comme sa trop grande maturité ou son intelligence. La plume de l’auteur est vraiment entrainante malgré parfois certaines situations débloquées un peu trop facilement. En tout cas je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

Cornes – Joe Hill

cornesRésumé : Lorsqu’un matin des cornes lui ont poussé sur la tête, Ig croit d’abord à une hallucination, un tour que lui joue son esprit rongé par la colère et le chagrin. Car depuis un an, depuis que sa petite amie a été violée et tuée dans de mystérieuses circonstances, il vit un enfer. Pourtant, les cornes sont bien réelles, et assorties d’un nouveau pouvoir qui incite quiconque s’approchant d’Ig à lui confier ses secrets les plus inavouables. D’abord torturé par ce macabre don, Ig a tôt fait de comprendre qu’il va pouvoir l’utiliser pour retrouver le monstre qui a assassiné Merrin et détruit sa vie. Il est temps de prendre sa revanche, de donner sa part au diable… Car en fin de compte, ce dernier ne nous comprend-il pas mieux que son éternel rival ?

Edition : JC Lattès

 

Mon Avis : Cornes à longtemps était un roman dont j’ai énormément entendu parler, principalement en bien, à travers de nombreuses chroniques. De plus Joe Hill étant le fils de Stephen King, il était logique que ce roman finisse un jour ou l’autre dans ma PAL pour me faire mon avis. Ajouter à cela une couverture que je trouve attirante avec son jeu de cornes sur le titre enflammé et me voilà parti dans la lecture de ce livre.

Pourtant, je dois dire que je ressors légèrement déçu de cette lecture, pas qu’elle soit complètement mauvaise, mais je m’attendais clairement à mieux. La faute vient principalement de la façon dont l’histoire est construite, l’auteur ayant écrit, à mon goût, deux histoires; une se situant dans le présent avec notre héros et la découvertes de ces cornes et une autre reposant sur le passé des personnages et servant à tenter de mieux comprendre leurs histoires.

J’ai trouvé qu’il manquait de liant entre ses deux histoires, pourtant tout démarrait bien, la première partie se révélait entrainante, le personnage découvre ses cornes et se rend compte que tout le monde se met alors à lui révéler leurs pires envie et secrets, une partie assez réjouissante par son aspect voyeur, mais très vite les parties de flashbacks, qui viennent s’intercaler, vont se révéler assez longue, surtout donnent l’impression de ne pas apporter grand-chose et de se répéter. Dommage.

Ajouter à cela un léger problème de rythme qui se fait aussi ressentir au cours de la lecture, car j’avoue j’attendais un mélange de Thriller et de fantastique où le héros va partir à la recherche du meurtrier de la femme qu’il a aimé aider de ses cornes, hors apprendre le nom du meurtrier au bout d’à peine 1/3 du livre m’a énormément surpris. Cela enlève, à mon avis, cette tension qui monte au fil des pages où on se rapproche de l’assassin, pour tendre plus vers un aspect vengeance qui, comme je l’ai dit, est gâché par le mélange entre présent et passé. C’est dommage car il y a quand même de bonnes idées dans ce livre, on ressent un plaisir limite pervers à voir l’effet des cornes du héros sur son entourage et l’auteur s’en amuse avec délectation, de plus l’histoire de cette vengeance si on la tronque de ces flashbacks  se révèle efficace et entrainante avec son lot de surprises et de rebondissements même si un léger coup de mou se fait ressentir vers la fin.

De plus l’auteur offre une chronique sociale intéressante d’une Amérique, avec ses différents aspects, se révélant très religieuse et très pieuse, mais qui cache souvent une vie très débridée. Il nous montre ainsi que tout n’est pas toujours blanc ou noir chez les gens, que chacun peut cacher au fond des lui des pulsions, des envies pas toujours très morales et éthiques. Surtout l’auteur s’offre, aspect logique vue l’histoire proposée, une attaque sur la religion et ses nombreuses contradictions, dommage au final qu’il ne pousse pas complètement au bout ses réflexions pour finir dans une sorte de conclusion en demi-teinte où finalement les gens ne sont pas ce que l’on croit et qu’une seconde chance est toujours possible. Pas que la fin soit complètement mauvaise en soi, juste elle ne répond pas complètement aux attentes que j’avais suite à certaines ouvertures que nous proposait l’auteur.

Concernant les personnages, clairement, ils m’ont paru un peu trop coincés dans leurs rôles, très vite les méchants et les gentils sont présentés et ils ne sortent jamais de leurs costumes, de leurs rôles, ce qui est légèrement frustrant même si ça n’empêche en rien de s’accrocher au personnage principal, à sa longue déchéance suite au décès violent de sa petite amie et tout ce qui en a suivi. Un personnage principal travaillé et soigné qui offre quelques surprises et possède un cynisme efficace. Les personnages secondaires ne sont pas inintéressants, offrant quelques surprises, mais ils manquent parfois quand même d’un peu de profondeurs. Je trouve que, par exemple, le personnage de Merrin reste trop nébuleux, même si j’ai compris que ça sert un peu le récit, j’ai trouvé ça dommage.

La plume de l’auteur se révèle simple et entrainante, haussant surtout le niveau dans les passages concernant la quête de vérité de Ig, que dans les aspects concernant le passé des personnages qui se révèlent longs et parfois trop répétitifs. Les dialogues se révèlent souvent passionnants par ce côté un peu pervers, voyeur concernant les plus noirs secrets des gens, mais aussi emplis de cynismes et d’humour noir. Par contre, certains passages paraissent un peu trop caricaturaux, comme par exemple cette histoire de fourche. Concernant la conclusion l’auteur a reprit un peu les travers de son père où la conclusion se révèle, à mon goût, trop sommaire comparé à ce que met en avant le roman. Au final une lecture qui s’annonçait prenante mais se révèle moyenne.

En Résumé : J’avoue ne pas avoir complètement accroché à ce récit dont l’idée de départ se révélait intéressante, dont j’avais entendu que de bons échos, et qui pourtant, au final, m’a offert  un moment de lecture juste correct. L’auteur a, selon moi, du mal a gérer l’alternance du récit entre les flashbacks et les passages plus présents avec les cornes parfois trainant même en longueur. Le fait de révéler le nom de l’assassin quasiment au début du roman enlève aussi une grosse surprise et fausse, selon moi, le rythme du récit. Pourtant, il y a quand même de bonnes choses comme les passages où les gens divulguent leurs pires secrets, les dialogues vraiment cyniques ou encore la chronique sociale même si sur ce dernier point je trouve que l’auteur ne va pas complètement au bout de ses envies. Les personnages sont intéressants, mais ne quittent jamais les costumes qu’ils ont endossés avec les bons et les méchants clairement définis. La plume de l’auteur reste simple et efficace, dommage par contre que l’auteur tombe dans les mêmes travers que son père avec une fin un peu trop convenue.

 

Ma Note : 6/10

Autres avis : Phooka, Nymeria, Xapur, Lune, …

Elfes et Assassins – Anthologie 2013 des Imaginales dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust

elfes et assassinsRésumé : Les elfes sont beaux, puissants, séducteurs ; ou bien sombres, dominateurs et effrayants… Dans l’ombre, les assassins se montrent froids, méthodiques, grisés par la chasse, mais ils sont parfois fragiles, rongés par le doute, ou encore poussés par une cause qui les dépasse. À travers toutes les nuances de la fantasy, médiévale, héroïque, urbaine voire post-apocalyptique, découvrez leurs aventures et leurs mystères, de la tragédie à l’humour, de l’épique à l’émotion – entrez dans la danse des Elfes et Assassins !

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Depuis quelques années maintenant je me laisse tenter, tous les ans, par l’anthologie du festival Les Imaginales. Chaque année, selon un thème précis, l’anthologie nous propose différentes nouvelles qui offrent souvent une variété de possibilité et je dois dire que je n’ai jamais été réellement déçu. J’avais donc hâte de voir ce que Elfes et Assassins allait bien pouvoir nous proposer. Comme d’habitude cette lecture a été réalisée en mini LC avec Snow, mais aussi une nouvelle collègue de lecture Mariejuliet. Une mini LC vraiment agréable où tous les textes ont pu être discutés à fond.

La Dernière Affaire de Sagamor de Pierre Bordage. Cette nouvelle ouvre l’anthologie et j’avoue je l’ai trouvé terriblement classique, un maitre assassin qui a un contrat sur une elfe. Une histoire simple, écrite efficacement, mais qui clairement se révèle linéaire et sans véritable surprise. J’avoue que je suis resté un peu sur ma fin même si finalement, en tant que mise en bouche introductive, elle pose clairement le sujet.

La Seconde Mort de Lucius Van Casper de Raphaël Albert. Je dois dire que j’ai retrouvé avec plaisir Sylvio et ce Panam Stempunk fascinant avec ce texte vraiment intéressant que j’ai trouvé efficace et à la narration épistolaire intéressante. On suit l’histoire d’un homme à la recherche de son frère qui a terriblement changé. Alors, bien sûr la nouvelle en soit est un ton en dessous des romans, mais une nouvelle agréable avec tout de même son lot de surprises.

La Légende d’à Peu Près Punahikka de Nathalie Legendre. L’auteur nous livre une nouvelle ici agréable qui nous est raconté par la voix un conteur à son élève et qui offre une lutte entre un Elfe et un Assassin pour un bien encore plus précieux. Un affrontement efficace, qui ne manque pas de mordant, traité de façon légère et efficace et où il n’est pas toujours facile de détermine le bon camp, mais dont l’auteur, sur la fin, en fait un peu trop avec les surprises, ce qui est un peu dommage.

Le Sourire de Louise de Anne Duguël. Comme à son habitude l’auteur (aussi connue sous le pseudo Gudule) nous offre une histoire vraiment frissonnante, qui monte lentement en tension au fil des pages tel un cauchemar dont on aurait du mal à quitter pour notre plus grand plaisir. Une histoire vraiment efficace et passionnante qui se révèle sans temps morts, pleine de surprises et de rebondissements. L’auteur arrive toujours aussi bien à transformer efficacement et de façon passionnante pour tous les amoureux du genre, une histoire idyllique en cauchemar.

Le Sentiment du Fer de Jean-Philippe Jaworski. Avec ce texte on reconnait très vite la patte de l’auteur qui nous offre un texte toujours aussi travaillé sur la langue et la forme et qui nous présente un assassin qui se retrouve balancé au milieu de complots et de guerres. Mais voilà je n’ai pas réussi complètement à rentrer dans l’histoire, trouvant par moment la narration longue, je ne sais pas trop pourquoi. De plus le lien entre l’elfe et l’assassin reste très ténu. Une nouvelle sympathique tout de même, mais j’attendais mieux, même si on retrouve avec plaisir certains passages fascinant et truculents comme ce dialogue en argot entre deux personnages.

Du Rififi Entre les Oreilles de Anne Fakhouri. Sûrement l’un des meilleurs textes de cette anthologie selon moi. Un texte qui nous plonge dans les années 30, au temps de la prohibition et où les faes et les humains sont en trêve. Une histoire vraiment passionnante, avec son lot de surprises et de rebondissements, mais surtout pleine d’humour avec des personnages fascinants et un neveu de parrain de la mafia vraiment pittoresque  et passionné de psychologie ce qui va amener une nouvelle image au crime pleine de cynisme et de fantaisie. C’est drôle, efficace, entrainant et surprenant,  que demander de plus

La Nature de l’Exécuteur de Rachel Tanner. J’avoue je n’ai pas du tout accroché à ce texte, déjà le contexte reste classique, une demi-elfe qui travaille pour les services secrets et doit assassiner un elfe, qui plus est de sa famille. Mais là où ça bloque c’est que le texte en lui-même se révèle très politique, reprenant l’affaire de l’aéroport de Notre Dame des Landes comme fond et l’auteur cherche plus à asséner son message politique qu’à faire réfléchir, ce qui a le dont de toujours me bloquer. De plus l’auteur tombe quand même trop dans la facilité et aussi quelques absences d’explications. Dommage.

Libera Me de Fabien Clavel. J’avoue je sors un peu circonspect de cette nouvelle, c’est bien écrit, c’est sombre, c’est violent, mais voilà j’ai eu l’impression qu’il me manquait certaines clés pour vraiment apprécier cette œuvre. Je me suis senti frustré de ne pas tout comprendre, un peu comme s’il me manquait une pièce du puzzle. Pourtant, le personnage paraît intéressant à travers cette quête à travers une sorte d’abîme.

Eschatologie du Vampire de Jeanne-A Débats. Ce texte fait partie de mes textes préférés de cette anthologie, j’ai retrouvé avec plaisir Navarre de Métaphysique du Vampire qui vient nous présenter une vision complètement délirante, pleine d’humour et de cynisme des elfes. L’auteur nous livre une histoire enlevée, entrainante sur fond d’apocalypse maya et d’antéchrist, le tout toujours aussi bien porté par une plume vive, efficace, entrainante et pleine d’ironie. La situation va vite dégénérée et nous offrir son lot de surprises pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Elverwhere de Xavier Mauméjean. J’ai eu un peu de mal à entrer dans les premières pages de ce texte, mais finalement une fois happé j’ai passé un très bon moment. Une nouvelle qui nous offre une histoire de complots, de double voir triple jeu où les elfes ont dominé les humains à la façon troisième guerre mondiale. Le tout repose rapidement sur le personnage personnel qui se révèle énigmatique et va rapidement offrir son lot de surprises.

Sans Douleur de Fabrice Colin. Voilà une nouvelle originale sur le point de vue des elfes et qui offre aussi des axes de réflexions sur la maladie et l’oubli. J’ai trouvé le texte agréable à lire, mais pas non plus des plus transcendants, un texte agréable avec quelques surprises et rebondissements malgré des fois la présence de détails qu’on ne comprend pas toujours bien.

J’irai à la Clairière de David Bry. J’avoue que sur le fond ce texte avait un fort potentiel, l’auteur jouant sur l’opposition entre la religion qui cherche à s’imposer et les mondes féeriques, mais je n’ai jamais réussi à rentrer pleinement dans l’histoire. L’auteur nous offre des axes d’histoire comme la comptine ou encore la mère du héros dont on ne comprend pas bien l’utilité, alors qu’ils paraissent importants et la fin m’a paru mal amenée et surtout trop brusque, comme si l’auteur n’avait pas réussi à mettre totalement en avant ce qu’il voulait.

Grise Neige de Johan Heliot. Voilà un texte étrange, une nouvelle qui cherche à jouer avec le lecteur, avec le côté fantasy pour offrir une chute vraiment surprenante et qui ramène à la réalité. Mais voilà je n’ai jamais vraiment pu complètement rentrer dans cette nouvelle, surtout du point de vue émotionnel. Je ne sais pas trop pourquoi, ça vient peut-être de moi.

 

J’avoue je me sens légèrement frustré par cette anthologie qui, sans être mauvaise et ayant des textes vraiment passionnants, m’a paru être un ton en dessous que celle de l’année dernière. Peut être que le sujet m’a aussi moins touché, je ne sais pas trop. Ça reste tout de même une anthologie intéressante et accessible qui permettra à ceux qui veulent se lancer en Nouvelles de Fantasy de découvrir des textes variés et aux autres offrira une lecture sympathique avec tout de même quelques perles à découvrir. Par contre, je me pose la question du sujet qui sera choisi l’année prochaine.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec cette anthologie des Imaginales, mais, j’avoue, je l’ai tout de même trouver un ton en dessous que celle de l’année dernière, ce qui m’a un peu frustré. Ça n’empêche pas cette anthologie d’avoir de très bons textes mais certains se révèlent anecdotiques voir ne m’ont pas accrochés. Dommage. Peut être cela vient du sujet aussi. Je lirai quand même avec plaisir celle de l’année prochaine.

Ma Note : 7/10

Retrouvez la chronique de mes compagnes de LC : Snow, Mariejuliet

 

chalenge

Challenge JLNN 7ème lecture

La Mort du Melkine – Olivier Paquet

la mort du melkineRésumé : Le développement de la communication instantanée dans l’espace a bouleversé l’Expansion. Les Fréquences s’affrontent pour étendre leur influence, effaçant les conditionnements culturels. À ce jeu, la Technoprophète se révèle la plus brutale et la plus engagée des conquérantes.
À l’écart de ce conflit, les anciens élèves du Melkine cherchent leur place dans cet univers. Théo est retourné sur Giverne et ses mystérieux arbres de verre, rêvant du jour où il retrouvera les étoiles, tandis que sa femme, Myriam, tente d’assurer une vie confortable à leur famille.
Quand ils reçoivent la visite d’Ismaël, ce n’est plus l’adolescent chassé du vaisseau mais le dirigeant de Crépuscule, la seule Fréquence capable de rivaliser avec Banquise. Quinze années ont passé, que reste-t-il des serments d’amitié et des promesses ?
Insensible à ces enjeux, le Melkine poursuit son voyage dans l’espace. Cependant, tôt ou tard, Arthur, Indira et Alexandre, comme tous les professeurs, devront choisir leur camp ou disparaître.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Le premier tome de la trilogie, Le Melkine, nous offrait un Space Opera intelligent et à l’univers intrigant, mais il donnait surtout l’impression d’être un tome d’introduction qui servait principalement à mettre en place les bases de l’histoire et les personnages et j’avais donc hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer l’auteur pour la suite (Ma chronique du Tome 1 ici). Par conséquent quand j’ai vu que sortait ce tome 2 je n’ai pas attendu longtemps avant de le faire rentrer dans ma PAL. Puis il faut bien l’avouer je trouve la couverture, illustrée par Manchu, vraiment magnifique.

Après un premier tome qui nous offrait un voyage fascinant dans l’espace et le Melkine, ce deuxième tome change la donne, fini le temps de l’apprentissage et de la découverte, 15 ans se sont écoulés, les élèves du Melkine sont devenus grands et doivent maintenant faire face à ce qu’ils sont et doivent faire des choix qui risquent d’amener des bouleversements. D’ailleurs le premier chapitre nous met directement dans le bain et nous montre que le monde a changé, la guerre approche, l’adolescence et ses rêves c’est terminé. Le fil rouge de l’intrigue se dévoile un peu plus dans ce tome, dévoilant ses machinations, ses influences et ses jeux de pouvoir depuis l’apparition de la communication instantanée dans l’espace qui a bouleversé l’univers entier. Un tome, comme le premier loin d’avoir un rythme effréné, mais qui se lit avec plaisir et cherche vraiment à faire réfléchir le lecteur.

Car oui, ce tome offre pas mal d’axes de réflexion comme par exemple l’aspect culturel des populations, leurs absences de réflexions dû à leur conditionnement qui les enferment,  mais aussi l’influence de l’image et de l’ouverture de « l’univers » avec l’apparition de moyens technologiques qui permettent de connecter tout le monde, n’importe où, n’importe quand, mais  qui, sans préparation, offre une image faussée et trop souvent idyllique. Une réflexion qui reste, au final très contemporaine, que l’auteur développe à travers une guerre qui, finalement, se révèle à sens unique, car tous les camps veulent effacer les conditionnements, mais les méthodes diffèrent entre le faire de force sans aucun logique ni construction, ou amener les gens à avoir leurs réflexions propres. Mais surtout un tome qui, comme je l’ai dit, repose clairement sur les choix, des choix toujours difficiles, mais humains et qui doivent être faits par les personnages, mais aussi le choix des gens de se laisser ou non manipuler par des images.

Mais voilà il y a quand même certains points qui m’ont légèrement dérangé, déjà l’auteur a beau développer son intrigue, on reste énormément dans le flou, j’imagine bien que l’auteur veut garder certaines révélations, mais entendre certains héros annoncer l’importance de tel ou tel point sans explication est parfois frustrant. De plus l’auteur utilise parfois la narration omnisciente et parle du futur de certains personnages, c’est dommage, car on perd un peu de la beauté de certains gestes. Mais bon rien de bien méchant car au final l’auteur nous offre une œuvre maîtrisée, certes au rythme lent, mais qui m’a captivé et fait réfléchir, le tout porté par une plume soignée, travaillée et pleine d’imagination.

Concernant l’univers l’auteur continue à le développer et il se révèle vraiment foisonnant culturellement, vu que chaque planète se révèle conditionnée de façon différente. Ce tome met d’ailleurs plus l’accent, à mon goût, sur les planètes. L’auteur varie avec des mondes et des cultures aussi bien poétiques et magiques comme les signeurs, mais aussi d’autres issues de notre passé tel que la planète des Hussards Autrichiens par exemple. Surtout l’auteur nous met en avant l’effet pervers du conditionnement qui rend les populations sans substances n’offrant de vivre qu’une vie limite déjà écrite avec en parallèle le tout connecté qui offre un rêve magique, mais souvent factice. Un univers dont, au final, j’ai envie d’en savoir plus, surtout après une conclusion qui offre des ouvertures intéressantes concernant certaines planète.

Concernant les personnages on tourne dans ce tome autour de principalement trois personnages que sont Théo, Myriam et Ismaël, des anciens élèves du Melkine qui sont devenus adultes. Des personnages complexes, souvent perdus entre leurs rêves, leurs envies profondes et leurs obligations d’adultes. Des personnages vraiment attachants, complexes et soignés dont l’auteur arrive par moment à retranscrire les émotions, les choix et les interactions avec force et passion. Des personnages qui ne m’ont pas laissé indifférent et dont il est vraiment impossible de les juger, loin de tout manichéisme. Là où je reprochai parfois un côté un peu froid dans le tome précédent, ici beaucoup repose justement sur les liens des personnages, leurs émotions. Les autres personnages sont tout aussi intéressants, que ce soit les nouveaux comme les anciens, même si j’avoue j’aurai aimé en savoir plus sur l’évolution de certains anciens du Melkine, mais je ne doute pas qu’on en apprendra plus dans le troisième tome.

Au final un second tome qui développe plus l’histoire que le premier mais surtout offre des axes de réflexion intéressants. J’ai hâte de savoir ce que va proposer l’auteur dans le troisième et dernier tome.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment avec le second tome du cycle sur Le Melkine qui nous offre une histoire, certes au rythme assez lent, mais complètement maitrisée par l’auteur avec énormément d’axes de réflexions sur le conditionnement culturel mais aussi sur l’apport de la technologie. L’univers développé par l’auteur est toujours aussi fascinant, toujours aussi foisonnant que ce soit du point de vue des peuples mais aussi des cultures. Les personnages sont vraiment attachants et retranscrits avec force, le tout porté par une plume soignée et efficace. J’ai juste deux points qui m’ont dérangé le fait que, malgré que l’intrigue principale se développe, l’auteur cherche parfois à garder l’effet de surprise ce qui frustre un peu le lecteur, et aussi parfois la narration qui utilise l’omniscience et évoque le futur de certains personnages ce qui diminue la force de certains actes. Rien de complètement rédhibitoire car je lirai le troisième tome avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

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