Auteur/autrice : BlackWolf Page 132 of 202

Terre de Héros Tome 2, À Pierre Fendre – Richard Morgan

a-pierre-fendreRésumé :Ringil fuit son passé, la famille qui l’a renié, et les magnats du commerce d’esclaves qui veulent sa peau. Il n’a plus qu’un endroit où se réfugier : Yhelteth, coeur de l’empire du Sud. Il y trouve asile auprès d’Archeth, une ancienne soeur d’armes, désormais haute conseillère de l’empereur.

Mais celle-ci a ses propres problèmes, et Ringil se retrouve impliqué dans des allégeances douteuses. Personne ne le sait encore, mais la cité est sur le point d’exploser…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Après un premier tome qui se révélait sympathique, ne manquant pas de qualité et qui cherchait à sortir des classiques de la fantasy, mais dont l’auteur avait du mal à vraiment gérer le rythme et se laissait parfois aller un peu trop à la gratuité de violence et de sexe (ma chronique ici), j’avais envie de savoir ce que pouvait bien nous proposer l’auteur pour cette suite. Je trouve la couverture, illustrée par Jon Sullivan, sympathique et fidèle à l’univers. Par contre, à noter que le changement de traducteur n’a pas, selon moi, été bénéfique, certaines phrases manquant clairement de sens, ce qui est vraiment dommage.

On sent que l’auteur commence à prendre ces marques avec ce second tome, que ce soit avec la fantasy ou encore son histoire. En effet on sent que le déroulement de l’intrigue est mieux maîtrisé et moins volatile que dans le premier tome. L’histoire suit un véritable fil conducteur qui se révèle vraiment efficace et prenant, avec des axes de réflexions parfois intéressants sur la vengeance, soi-même ou encore l’esclavage. L’auteur continue aussi à apporter sa propre vision de la fantasy tout au long des pages, prenant les codes classiques du genre pour les remanier à sa sauce, voir les modifiants complètement, ce qui se révèle vraiment intéressant. Mais surtout l’auteur s’est enfin rendu compte que le sexe ou la violence gratuite desservait plus qu’autre chose son premier tome, ce qui n’empêche pas d’en retrouver dans ce second tome, mais pas de façon gratuite, elle apporte quelque chose au récit et à la compréhension des héros, à leurs changements et leurs évolutions.

Alors tout n’est pas encore non plus parfait dans ce second tome, déjà le début met peut-être un peu de temps pour se mettre en place, il faut dire qu’on retrouve nos personnages un an après la fin du premier tome, rien de dérangeant, mais surprenant. On se sent un peu perdu, surtout que l’auteur évite l’omniscience dans son récit pour garder quelques surprises sur les façons dont ont évolués les personnages durant cette année, ce qui est intéressant, mais fait qu’on met parfois un peu de temps à se resituer dans ce récit. De plus on sent tout de même que ce second tome est pour l’auteur un tome de transition, car même si l’intrigue se révèle plus dense, plus complexe et plus soignée que le premier tome l’auteur prend parfois un peu son temps et surtout offre plus de questions que de réponses. Et pourtant je me suis senti happé par ce second tome plus cohérent, offrant pas mal d’action, de stratégies et de trahisons, un tome sans temps morts qui aboutit à une conclusion vraiment surprenante et qui appelle à lire la suite.

L’univers mis en place par l’auteur parait, comme dans le premier tome, classique mais quand on creuse un peu on se rend rapidement compte qu’il ne manque, ni d’intérêt, ni d’originalité, on sent que l’auteur a vraiment voulu nous proposer quelque chose de différent de ce qu’on rencontre d’habitude en Fantasy. On retrouve vraiment une sorte de mélange de fantasy sombre, violente, noire, mais le tout est saupoudré de fantastique voir même de SF, que ce soit à travers les dwendas ou encore les lieux gris. Ce mélange peut aussi bien passionner le lecteur que complètement le dérouter, moi j’avoue j’ai vraiment accroché à ce monde. L’auteur continue aussi à nous présenter les dieux de la Cour Sombre, des dieux encore très mystérieux mais qui ne manquent pas d’intérêt, jouant avec les humains comme des poupées et qui soulèvent pas mal de questions dont j’espère trouver les réponses dans le troisième tome. Un univers toujours aussi sombre, violent et cynique que le premier tome, mais qui se révèle moins étouffant et angoissant que ce que proposait l’auteur dans le premier tome, on a plus envie de lâcher ce tome pour respirer, l’auteur a enfin réussi à trouver l’équilibre.

Les personnages ont eux aussi gagnés en densité et en complexité dans ce tome. Ce sont toujours des héros à la gloire passée, des héros qui avec l’âge s’épuisent mais surtout deviennent de plus en plus cyniques et posent un regard pas toujours très tendre sur le monde, l’humanité et son évolution, des hommes qui ne peuvent vivre sans la haine et la guerre. Rignil est vraiment le personnage qui pour moi a le plus changé dans ce tome, il est devenu plus sombre, plus acerbe, mais surtout il a vraiment gagné un charisme qui l’impose à chaque rencontre dans le roman. Archeth elle aussi se révèle intéressante à suivre, à découvrir au fil des pages, car autant Ringil et Egar apporte le côté guerrier, violent et sanglant, autant elle apporte plus le côté manipulation par sa présence à la cour de l’Empereur. Egar, notre troisième héros, se révèle sympa aussi à suivre mais, je trouve, a du mal à évoluer par rapporte au premier tome restant le guerrier bersek un peu rouillé mais classique. Mais un personnage que j’ai trouvé vraiment intéressant c’est Jhiral, l’Empereur, mélange entre intelligence et folie, qui se révèle vraiment intéressant à découvrir.

Le style de l’auteur est toujours aussi incisif, voilent et efficace, il arrive vraiment à nous emporter dans ce second tome, qui n’est pas encore parfait, mais se révèle vraiment plus dense, complexe et soigné que ce que pouvait proposer premier. Cela vient peut être du fait que l’auteur n’a plus besoin de nous présenter ces personnages et son univers, en tout cas un second tome qui nous offre une conclusion pleine d’intensité, de surprises et qui donne vraiment envie de lire le troisième tome. L’auteur a cette fois pleinement réussi à me convaincre, et même si je trouve qu’on n’est pas encore au niveau de ce que peut proposer l’auteur en SF, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture avec ce Tome.

En Résumé : Un second tome qui se révèle vraiment un cran au-dessus du premier et qui m’a fait passer un bon moment de lecture. L’intrigue de ce second tome évite de s’éparpiller dans plusieurs directions et se révèle vraiment dense et complexe, entrainant le lecteur sans temps mort dans une histoire vraiment captivante malgré un début un peu long à se mettre en place et quelques longueurs en milieu de récit. L’univers continue à se développer et à dévoiler son originalité mélange de Fantasy, Fantastique et SF. Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre et se révèle vraiment denses, complexes et travaillés. Des personnages cyniques, des héros à la gloire perdue qui posent un regard sur le monde vraiment intéressant. Le style de l’auteur se révèle toujours aussi incisif et prenant et nous plonge vraiment dans cette histoire efficace et pleine d’action. Dommage que ce soit un tome de transition ce qui se ressent parfois un peu tant les questions s’accumulent, mais rien de vraiment dérangeant, car je lirai le troisième tome avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Gueule de Truie – Justine Niogret

gueule-de-truieRésumé : L’Apocalypse a eu lieu. Pour les Pères de l’Église, elle a été causée par Dieu lui-même. Comme la Terre est morte, ils n’ont plus qu’un seul but : détruire le peu qui reste, an de tourner une bonne fois pour toutes la page de l’humanité. À leur service, Gueule de Truie, inquisiteur. Dès le plus jeune âge, on lui a enseigné toutes les façons de prendre la vie. Caché derrière le masque qui lui vaut son nom, il trouve les poches de résistance et les extermine les unes après les autres. Un jour, pourtant, il croise la route d’une fille qui porte une boîte étrange, pleine de… pleine de quoi, d’abord ? Et pourquoi parle-t-elle si peu ? Où va-t-elle, et pourquoi prend-elle le risque de parcourir ce monde ravagé ? En lui faisant subir la question, Gueule de Truie finit par se demander si elle n’est pas liée à son propre destin, et si son rôle à lui, sa véritable mission, n’est pas de l’aider à atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé, et peut-être même d’apprendre à vivre.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Justine Niogret fait partie de ces auteurs qui, en deux romans de Fantasy, a réussi à me convaincre et à me donner envie de suivre ces prochaines publications. Que ce soit avec Chien du Heaume (Chronique ici) ou Mordre le Bouclier (Chronique ) elle nous offrait deux romans de fantasy sombres, percutants et portés par une écriture pleine et vraiment efficace. Donc quand j’ai vu qu’elle sortait un nouveau roman et, qui plus est, qu’elle quittait un peu la Fantasy pour la SF et le Post-Apocalyptique, je n’ai pas mis longtemps à faire rentrer ce roman dans ma PAL et encore moins de temps à me lancer dans sa lecture. Ajouter à cela une couverture, illustrée par Ronan Toulhoat, que je trouve vraiment réussie, magnifique et qui colle parfaitement avec un univers Post -Apo.

Ce roman débute comme tout Post-Apo classique, la terre a connu une grande catastrophe nommée le grand Flache, personne ne sait, ou ne se souvient, ce qui c’est exactement passé, une chose est sûre depuis l’Eglise cherche à purifier la planète et pour ça elle a sa Cavale, dont Gueule de Truie. Un démarrage vraiment efficace, immersif dans cette histoire à travers ce personnage de Gueule de Truie qui fait penser aux inquisiteurs de l’époque, sans foi ni loi nous offrant des passages sombres, violents, dévoilant un monde décadent et complètement annihilé qui est retourné à un état limite de sauvagerie ou la survie et l’anarchie sont les seules raisons de vivre. À côté de ça on découvre aussi une jeune fille qui se promène à travers ce monde et portant une boite étrange. C’est à partir de la rencontre de nos deux protagonistes que tout va changer.

C’est aussi à partir de ce moment-là qu’il ne devient pas facile de parler de ce livre qui, au fil des pages, va quitter un peu le côté Post-Apo pur et dur pour se lancer dans une histoire, on va dire, plus « philosophique », que chacun vivra et ressentira à sa façon. En effet l’auteur va nous plonger dans des réflexions percutantes et pleines de violences que ce soit sur soi-même, son rapport envers les autres, ou encore  sur l’amour, la solitude la religion ou encore les besoins de chacun. On plonge pleinement dans la tête de Gueule de truie, dans ses pensées, ses envies, ses traumatismes mais aussi les souffrances d’un être qui se retrouve complètement perdu, incomplet, en pleine reconstruction et à la recherche de quelque chose ou quelqu’un. Des passages qui se révèlent vraiment poignants, troublants, mais aussi sombres, violents, plein de haine et qui font réfléchir le lecteur sur les différents raisonnements du héros, sur la haine qu’il porte au monde et qu’il se porte aussi à lui-même.

Un roman qui finalement se révèle vraiment complexe, l’auteur ne cherche pas qu’à distraire le lecteur, mais elle cherche aussi à le pousser, à se remettre en cause et remettre en cause ce qu’il connait. Une histoire qui demande un minimum de compréhension et de concentration plongeant, comme je l’ai déjà dit, dans des aspects philosophiques mais aussi mystiques avec les différentes rencontres que vont faire les protagonistes. Un roman intimiste, sombre qui se situe dans un univers sordide ou très peu d’espoir transparait. Mais voilà, et c’est peut-être là la force de l’auteur, elle arrive à créer une sorte de magie, de poésie avec cette noirceur, ce sordide, elle arrive à le transformer en quelque chose qui certes, viens percuter le lecteur mais dans le bon sens, qui, limite, le force à sortir d’une certaine torpeur et d’un certain carcan de vision. Le problème c’est que parfois l’auteur va tellement loin dans son aspect métaphysique et mystique qu’elle a réussi à me perdre par moment, je n’avais plus l’impression d’être en phase, comme si je comprenais mal ce que voulait me faire voir le roman, ce qui est un peu déroutant.

Les personnages sont vraiment fascinants, on retrouve, comme d’habitude avec l’auteur, des personnages dont la vie les a maltraités, les a cassés, des personnages vraiment sombres et qui collent parfaitement à cet univers poisseux et noir. Entre Gueule de Truie, dont le nom parle de lui-même, qui n’a connu que la haine, la violence et la souffrance et qui se sent incomplet, vide par moment et la Fille qui ne possède pas de nom et qui est le contraire du héros et qui au lieu d’exploser de violence absorbe le tout sans jamais se plaindre ou hurler. Des personnages extrêmes dans un monde extrême et qui vont accrocher le lecteur, on va par moment vraiment s’accrocher à eux, à leurs espoirs, leurs envies de rédemptions. De personnages qui vont vire une vie, en 250 pages, ils vont se rencontrer, s’aimer d’une certaine façon pour mieux se déchirer et se haïr.  Mais voilà autant par moment on va refuser de s’identifier à eux, pas parce qu’on ne les comprend pas, mais parce qu’ils se révèlent dans l’extrême, dans le brutal, qui cherchent justement a percuter le lecteur à laisser exploser leurs sentiments, peut être aussi, car finalement on comprend trop cette explosion de violence et ça fait peur.

La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, efficace et entraînante et colle parfaitement à l’univers offrant un style vraiment oppressant, étouffant le tout porté par des phrases courtes et incisives qui offre une lecture vive et percutante, mais qui hache parfois un peu trop le récit j’ai trouvé. On plonge assez facilement dans ce roman ou chaque lecteur s’identifiera différemment à ce que nous présente l’auteur, chaque lecteur y trouvera ses propres réponses. Et c’est peut-être le léger bémol on peut parfois se retrouver à avoir tellement de questions et de réponses qu’on se demande même ce qu’a voulu nous proposer l’auteur. Par contre je préviens d’avance attendez vous à une conclusion complètement ouverte ou chacun aura sa propre théorie et sa propre histoire, ça peut déplaire à certain, moi j’ai apprécié même si je ne suis pas sûr que ma théorie soit la bonne. En tout cas je pense que si on aime la SF qui percute, mais surtout fait réfléchir, alors Gueule de Truie est sûrement un livre à découvrir pour se faire un avis, mais je préviens d’avance un livre très sombre, sanglant et oppressant.

En Résumé : Finalement Gueule de Truie est plus une expérience à vivre avec des réflexions complexes et soignées, qui demande un minimum de concentration, et le tout dans un univers Post-Apocalyptique vraiment sombre, sanglant mais qui surtout se révèle efficace et prenant. J’ai passé un très bon moment avec ce roman surprenant qui plonge dans la folie du héros; où l’auteur nous raconte un cycle. Dommage que par moment je me sois senti égaré par les réflexions qu’exposait l’auteur, comme si mes propres réflexions étaient en décalage avec celle de l’auteur, mais rien de bien grave, car j’ai tout de même été emporté et secoué par ce roman. Les personnages sont vraiment fascinants à découvrir, des personnages traumatisés par la vie, perdues et en pleine quête de soi, du besoin des autres. Mais des personnages parfois vraiment sombres et pleins de haine ce qui fait que par moment on refuse de s’accrocher à eux. Le style de l’auteur se révèle soigné, efficace maniant les phrases courtes et incisives même si par moment le récit légèrement haché amenant à une conclusion ouverte dont chacun en tirera une réponse.

 

Ma Note : 8/10

Mes Achats du Mois de Février 2013

Bon finalement si on considère mes habitudes, on peut clairement annoncer que ce mois de février reste dans la même lignée que les précédents voir s’est révélé plutôt calme. Ce qui est une bonne
chose même si ma PAL ne s’améliore pas.

Fevrier-13.jpgVoilà un récapitulatif des mes différentes acquisitions pour ce mois de Février 2013 :

  • Acacia Tome 2, Terres Étrangères de David Anthony Durham aux éditions Le Pré Aux Clerc Fantasy. Maintenant que j’ai les deux premiers tomes dans ma PAL je vais me lancer dans la lecture de ce cycle dont j’ai entendu beaucoup de bien.
  • La Légende D’Eli Monpress Tome 2, La Rébellion des Esprits de Rachel Aaron aux éditions Orbit. Après avoir passé un agréable moment avec le premier tome je me lance
    dans la suite pour voir comment l’auteur va faire avancer son histoire.
  • Les Hauts Conteurs Tome 4, Treize Damnés d‘Olivier Peru & Patrick McSpare aux éditions Scrinéo Jeunesse. J’ai hâte de savoir ce que vont nous proposer les auteurs pour ce quatrième tome.
  • Âmes de Verre de Anthelme Hauchecorne aux éditions Midgard. LA couverture me tentait bien dès le départ mais c’est la discussion avec l’auteur lors du festival Zone Franche qui m’a convaincu de le faire entrezr dans ma PAL.
  • Le Trône de Fer, L’Intégrale 4 de George R.R. Martin aux éditions J’ai Lu. Je pense que je n’ai pas vraiment besoin d’expliquer pourquoi je fais entrer ce tome dans ma PAL.
  • La Trilogie de Wielstadt, L’Intégrale de Pierre Pevel aux éditions Pocket. J’avais envie de voir ce que pouvait proposer d’autre l’auteur que Les Lames et j’ai entendu que du bien de cette trilogie.
  • Le Diable est au Piano de Léo Henry aux éditions La Volte. J’avais envie de lire du Léo Henry je suis donc tombé sur ce recueil qui a fini dans ma PAL.
  • Lombres de China Miéville aux éditions Pocket. J’ai énormément entendu parler de ce livre il fallait bien qu’un jour il vienne rejoindre ma PAL.

Voilà donc ce qui a  fait gonfler ma PAL, je trouve que je suis resté calme ce mois-ci mais en tout cas j’ai normalement de quoi passer de bons moments de lecture.

L’Héritage des Darcer Tome 3, La Relève – Marie Caillet

l-heritage-des-darcer-la-releveRésumé : Le royaume d’Edrilion est plus que jamais en danger. Le Sanreth, le roi bâtard, s’est emparé du trône, et dans son ombre travaillent la sournoise reine de la Déléane et ses terrifiantes Chimères. Pour Mydria, seule héritière légitime de la Couronne, il est temps de se révéler au grand jour et de reprendre le pouvoir. Elle s’efforce alors de créer de nouvelles alliances pour déclencher une guerre souterraine. Aidée de son amant Orest, d’Allian l’espion et de Kebren la traqueuse aux pattes de velours, elle tente de gagner l’appui des Fauconniers et de réunir une armée. Mais il faut frapper vite, car les Chimères se déploient dans tout le pays à sa recherche. Mydria doit tout faire pour récupérer son royaume, libérer ses sujets de l’oppresseur et sauver son unique espoir : l’enfant qu’elle attend en secret. Le dernier des Darcer…

Edition : Michel Lafon

 

Mon Avis : Après avoir été agréablement surpris par un premier tome efficace et intéressant, malgré une héroïne « exigeante » au début, et avoir été conquis par un second tome vraiment captivant, haletant et prenant je n’ai pas hésité longtemps avant de faire entre dans ma PAL et de me lancer dans la lecture de ce troisième et dernier tome (Retrouvez ma chronique du Tome 1 ici, du Tome 2 ). Ce livre a d’ailleurs été lu en mini Lecture Commune avec Lyra. J’ai trouvé vraiment intéressant les résumés des deux premiers tomes ça permet de bien se resituer et se remettre dans l’ambiance. Je dois dire que je trouve la couverture de ce troisième tome réussie, c’est d’ailleurs ma préférée des trois justement.

Ce troisième tome repart directement après la fin du second tome, on rentre dans la dernière ligne droite des aventures de My et Orest pour tenter de récupérer le trône volé il y a des années aux Darcer et il faut bien l’avouer l’auteur ne va pas nous ménager. En effet très vite nos héros vont devoir se replonger dans l’action, le temps de se cacher est fini et ils vont devoir faire la guerre, des batailles vont avoir lieu, des intrigues et des trahisons vont se mettre en place et vont les changer et les bouleverser. Tout va vite, va très vite et dès le début on est happé par le récit et les péripéties que va rencontrer nos héros. Par contre j’ai ressenti une légère frustration sur le fait ça va peut-être un peu trop vite par moment, car des passages m’ont paru traités un peu trop rapidement ce qui fait que parfois en un seul chapitre énormément de choses sont développés et aboutissent de façon trop rapide. Rien de bien gênant car ça ne gêne en rien la lecture, mais c’est parfois légèrement frustrant.

En tout cas l’auteur sait maîtriser son récit entre rebondissements, retournements de situations et scènes plus d’action, mais surtout elle sait ménager ses effets de surprise et, même si certains je les avais vu arriver, parfois assez rapidement, à d’autres moments j’ai vraiment été étonné par certaines révélations. Ce qui est intéressant aussi c’est que l’auteur, malgré que le livre vise un public jeunesse à la base, ne tombe pas non plus trop dans le manichéisme nous dévoilant un monde ni blanc, ni noir et que la guerre ne se fait pas sans violence ni souffrance même si bon j’ai quand même trouvé que les personnages manquaient peut être légèrement d’empathie, mais rien de bien méchant. Alors, bien sûr ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis, ce roman reste un roman jeunesse avec ces traits parfois accentués exprès et ces facilités, mais l’auteur sait vraiment en jouer pour passionner tout lecteur. On est vraiment emporté par ce roman énergique, efficace et qui ne ménage pas le lecteur et joue avec lui du début à la fin et cela malgré certaines simplicités par moments. Un dernier tome qui vient clôturer de façon vraiment plaisante cette trilogie avec une conclusion, certes convenue et attendue, mais vraiment solide et captivante et que j’ai trouvé intéressante.

L’univers mis en place par l’auteur continue à s’agrandir, à se dévoiler, se développer au fil des pages et je trouve que l’auteur possède une imagination pleine de magies et de mystères, même si
parfois certains des éléments imaginés servent finalement un peu trop les protagonistes. En tout cas la faune, la flore ou bien encore la magie continue à se dévoiler de façon vraiment intéressante et parfois surprenante et nous dévoilent vraiment un univers qui donne envie d’être découvert, d’être visité. Les chimères sont vraiment intéressantes; êtres immortels et contrôlés par télépathie, mais qui sont loin d’être des objets et qui jouent un rôle capital. De plus l’auteur nous fait aussi visiter de nouvelles régions comme l’Acryak et, même si c’est assez rapide, on découvre là-bas une nouvelle façon de vivre, de penser, une nouvelle culture. Un univers qui ne manque vraiment pas de charme et qui se révèle bien soigné par l’auteur.

Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre tout aux longs de leurs aventures, mais surtout continuent à évoluer au fil des pages, des différentes situations et évènements rencontrés. Ils sont loin les personnages qu’on a découvert au premier tome, ils ont tous changé que ce soit My qui est devenue clairement plus mature et même si elle n’a pas obligatoirement encore le charisme elle se révèle intéressante, charismatique et pleine de fougue ou encore Orest, qui est loin du héros bourru, on découvre ses failles, son amour et son courage. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ne manquent pas de surprises. Mais ce qui est bien c’est que les personnages restent humains avec leurs failles, leurs lacunes, leurs erreurs ou encore leurs jalousies. De plus autre point positif à mon goût l’auteur a su éviter de plonger dans ce qui caractérise pas mal de romans jeunesses, le triangle amoureux ou encore les relations amoureuses un peu trop mièvre, ce que j’ai apprécié.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi pleine de poésie et de charmes et sait vraiment nous emporter dans son récit qui se révèle plein de vie, sans temps morts et qui sait emporter son lecteur, malgré, c’est vrai, quelques facilités, et quelques situations résolues trop rapidement, vers une conclusion, certes sans surprise et un peu happy-end, mais vraiment efficace et qui colle parfaitement à l’histoire. Une trilogie qui au final ne manque pas de charme et qui m’a fait passer un bon moment de lecture. En tout cas je lirai d’autres livres de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le troisième roman qui vient clôturer ce cycle en nous offrant un dernier tome énergique, efficace et vraiment prenant et sans temps morts. L’intrigue offre énormément de rebondissements et de surprises même si parfois j’ai trouvé que certains aspects traités trop rapidement ou que l’auteur parfois offrait quelques facilités, mais rien de véritablement gênant. L’univers développé par l’auteur se révèle solide plein d’imagination et de surprises même si parfois certains aspects tombent un peu trop à pic pour aider nos héros. Les personnages sont toujours aussi intéressants à suivre, mais surtout continuent à se développer au fil des pages, à évoluer selon les situations rencontrées. Ils se révèlent humain avec leurs forces et leurs faiblesses. La plume de l’auteur est toujours aussi poétique et pleine de charme et de magie et ne manque pas de facilement emporter le lecteur. Un troisième tome captivant et qui clôture de façon efficace cette trilogie.

 

Ma Note : 8/10

 

 

Retrouvez la chronique de Lyra ici.

Blitz Tome 1, Black-Out – Connie Willis

black-outRésumé :Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.

Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…

Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.

Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Connie Willis est loin d’être une nouvelle auteur dans le monde de la SF et ça fait un long moment que j’ai envie de lire un de ces romans tant j’en ai entendu du bien. J’ai d’ailleurs longtemps hésité entre la lecture deux romans de l’auteur, ce livre et aussi Sans Parler du Chien dont on m’a beaucoup parlé. Mais voilà, c’est Black-out qui, ayant gagné une multitude de prix et ayant fait un peu le buzz depuis quelques mois sur le net, est finalement sorti de ma PAL. De plus je trouve la couverture assez intéressante et qui a plutôt tendance à vouloir donner envie de découvrir cette histoire sur la seconde guerre mondiale.

Et pourtant le début fut, on peut le dire clairement, assez laborieux et j’ai eu du mal à vraiment rentrer dans l’histoire. Déjà premièrement la faute à une accumulation d’informations, de dates et de thématiques pas toujours très bien expliquées comme par exemple le voyage temporel en lui-même, ensuite un rythme vraiment lent qui donne l’impression de stagner et enfin la faute à un
style, des actions et des dialogues qui se révèlent vraiment plats et qui donnent aussi par moments l’impression d’être inutiles voir surjoués, offrant l’impression que l’auteur écrit ici son premier roman et qu’aucun travail d’édition n’a été fait. Il faut attendre environ 80-100 pages pour vraiment s’impliquer un peu plus dans la lecture, les personnages commençant à vivre pleinement la période du Blitz. Mais voilà autant le dire tout de suite si vous cherchez un roman de SF, passez votre chemin, l’auteur nous offre plutôt ici un roman historique sur le Blitz et l’héroïsme des anglais avec quelques traces, ici ou là, de SF. De plus si la période historique de la seconde guerre mondiale ne vous tente pas, vous risquez de grandement vous ennuyer dans ce livre.

Car oui, même si le livre devient plus intéressant après, nous offrant une plongée vraiment efficace, intéressante et un minimum captivante dans cette Angleterre en plein Blitz et nous dévoilant aussi le comportement stoïque et parfois héroïque de gens ordinaires, comme vous ou moi, durant une période sombre et sanglante; l’auteur nous offre un diptyque qui devrait tourner aux alentours de 1300 pages, ce qui donne vraiment l’impression que l’intrigue est complètement dilué car, mis à part quelques passages qui cherchent à nous démontrer que le cours de l’histoire peut être modifié par ces fameux historiens du futur, on ne peut pas vraiment dire que l’intrigue soit développée, ce qui est dommage. On se retrouve plus dans une succession de tranches de vies de personnages durant la guerre plutôt que sur un roman possédant une histoire. La preuve en est qu’il faut attendre près de 300 pages pour trouver un élément sur ce brouillage temporel. Comme si l’auteur avait peur d’entrer dans son intrigue. De plus elle a décidé de suivre plusieurs personnages qui alternent au fil des chapitres, mais tous les personnages ne sont pas aussi intéressants, car autant Polly et Mike qui sont au coeur de la guerre offre pas mal d’intérêt, autant Eileen qui, pendant 400 pages, garde des gamins turbulents, apprend à conduire et fait des lessives se révèle peu intéressante.

Tout n’est pas non plus mauvais dans ce roman, loin de là, car, comme je l’ai dit l’aspect historique, si on s’intéresse un tant soit peu à la période de la seconde guerre mondiale, se révèle vraiment intéressant, passionnant et soigné. On sent que l’auteur a longtemps travaillé son contexte historique, a fait énormément de recherches, fait des rencontres et s’est beaucoup renseignée pour nous offrir un background prenant et d’une tel réalisme qu’on pourrait se croire vraiment à Londres en plein milieu de la guerre. Le contexte historique est justement le point fort de cette oeuvre et se révèle d’une grande richesse, principalement par le fait qu’on croise au fur et à mesures des pages des gens ordinaires qui font front face à la guerre, des héros ordinaires loin de
ce qu’on peut croiser habituellement en littérature.

L’Histoire (avec un grand H) est cohérente et se révèle bien développée, mais voilà manque quand même d’intensité, normalement quand on sait  qu’on devrait se trouver en plein milieu d’une guerre, du bombardement de Londres et parfois on a plutôt l’impression de se retrouver en colonie de vacances, même si j’imagine bien qu’on s’habitue à tout, même les pires contextes, mais voilà par moment l’insouciance parait tout de même éxagéré. Au final rien de gênant, car on est tout même un minimum happé. Autre point, mais plus personnel, l’auteur a crée un décalage technologique entre les historiens de 2060 et 1940, ce qui est parfaitement logique, mais, autant j’imagine très bien ne pas savoir rouler une voiture d’époque ou encore faire bouger un ascenseur sans liftier, autant resté bloqué sur une porte à tambour et se demander ce que ça peut bien être, alors qu’on est historienne sur cette époque m’a clairement fait rire.

Concernant les personnages je dois bien avouer qu’ils ne sont pas mauvais, mais qu’ils manquent quand même clairement de profondeurs. À croire qu’ils ne vivent qu’au présent, ils n’ont ni passés, ni amis, ni véritables backgrounds pour les rendre complètement attachants. C’est dommage, car il y a du potentiel dans ces personnages et on a parfois plus l’impression d’être devant de simples observateurs que devant des êtres humains. Ce qui ne les empêche pas d’avoir des sentiments, des émotions, de la souffrance, mais les personnalités manquent quand même un peu de puissance, d’assurance ce qui les rend par moment trop lisse, limité, et même parfois interchangeables surtout dans les personnages féminins. Leurs réactions m’ont aussi paru par moment excessives, comme si l’auteur cherchait à les exacerber pour bien les faire comprendre, mais offre cette impression d’un personnage surjoué, surtout durant la première partie du roman. La seconde partie devient légèrement plus fluide, les personnages ont l’air d’offrir quelque chose de plus intéressant, que j’espère voir confirmer dans la suite.

Le style de l’auteur est simple et plutôt efficace, mais je trouve que par moment il est parfois trop didactique comme si l’auteur avait en premier lieu écrit son roman pour des adolescents, voir des jeunes adultes, ce qui par moment alourdit un peu la lecture par des descriptions ou des explications trop poussées. Cela empêche d’ailleurs le roman de devenir trop sombre, ce qui tout de même est un peu dommage pour une histoire en période de guerre.. Rien de bien gênant, mais cela se ressent, aussi dans les dialogues qui oscillent parfois entre le platonique et parfois le soap. Au final vu tout ce qu’on disait sur ce livre je m’attendais à un grand livre, mais je me retrouve avec un livre certes sympathique, mais qui n’a rien de transcendant et aurait peut-être mérité à être raboté, tant par moment on a l’impression de ne pas avancer. Il faut dire que j’ai commencé à lire ce livre en espérant un livre SF et je me retrouve avec un livre historique sur des tranches de vies d’anonymes parsemé de quelques morceaux d’intrigues SF. Je lirai le second tome, car j’ai tout de même envie de savoir comment fini l’histoire.

En Résumé : Sans être non plus complètement mauvais j’avoue que j’attendais mieux de ce livre Black-out qui m’a juste offert une lecture plutôt sympathique sans être non plus exceptionnelle. Déjà si vous vous attendez à une histoire SF passez votre chemin il s’agit d’un roman historique sur la seconde guerre mondiale avec quelques aspects SF disséminés ici ou là, donc si vous ne trouvez aucun attrait à la seconde guerre mondiale passez aussi votre chemin. De plus l’auteur a voulu faire un diptyque ce qui offre une finale une histoire qui tiendra sur 1300 pages, mais a le soucis de diluer fortement l’intrigue, ce qui donne clairement l’impression que parfois il ne se passe rien mis à part suivre quelques tranches de vies de personnages pendant la guerre. Alors certes j’avoue que cette période de l’histoire m’intéresse et suivre des gens ordinaires se révéler stoïque et parfois héroïque, mais voilà, on a clairement l’impression de pas trop avancer. L’univers est vraiment travaillé, soigné, dense on sent que l’auteur n’a rien laissée au hasard et s’est énormément renseignée sur cette époque, c’est vraiment le point fort de ce livre et donne envie d’en savoir plus. Les personnages sont intéressants mais manquent clairement de profondeurs et auraient mérités d’être plus développés, de plus ils paraissent trop lisses et interchangeables, surtout dans la première partie du roman. Le style de l’auteur est simple et efficace, mais parait par moments trop didactique comme si l’auteur cherchait à axer son roman pour des adolescents où des jeunes adultes.

 

Ma Note : 6/10

Le Trône de Fer, L’Intégrale 3 – George R.R. Martin

trone-de-fer-integrale-3Résumé : Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s’en sortiront indemnes…

Edition : J’ai Lu

 

Mon Avis : Dans un mois environ, le premier épisode de la troisième saison de Games of Thrones sera sur les écrans. Par conséquent, qui dit nouvelle saison, annonce de nouveau une lecture en mini LC, avec Lyra et Taliesin qui est venu s’ajouter à notre petit groupe, sur l’intégrale 3 qui devrait couvrir les deux prochaines saisons. Après deux premières intégrales que j’ai trouvés vraiment captivantes et surprenantes (chronique Intégrale 1 ici, Intégrale 2 ), j’avais hâte de savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur. A noter que je trouve la couverture, toujours illustrée par Marc Simonetti, toujours aussi réussie.

Plonger dans un tome du Trône de fer c’est un peu se lancer à l’aventure sans filets, on ne sait pas vraiment ce qui va arriver et on a de grandes chances d’être surpris voir même étonné par ce que peut nous proposer l’auteur. Mais voilà cette troisième intégrale nous offre vraiment le paroxysme, tant le lecteur va se retrouver chambouler, transporter et va même y perdre parfois ses
repères, la faute à l’auteur qui n’offre aucune pitié à ces personnages et à son intrigue toujours aussi sombre. Une troisième intégrale qui va se révéler vraiment passionnante du début à la fin malgré plus de 1100 pages et, une fois plongé dans l’histoire et retrouvé les personnages j’ai vraiment eu du mal à lâcher ce livre. L’auteur sait parfaitement gérer les passages, alternant efficacement entre les moments calmes et les moments vraiment déroutants et surprenants ce qui fait que le rythme reste toujours entrainant, surtout que l’auteur sait surprendre et réveiller le lecteur aux moments où il l’attend le moins, ce qui fait que le lecteur ne s’ennuie jamais vraiment, toujours dans l’attente de ces bouleversements.

Les jeux des trônes n’a jamais été aussi mortel et dangereux que dans ce tome et l’auteur nous rappelle que rien n’est figé, qu’il est le seul maître à bord de son histoire et que si vous pensiez qu’il n’arriverait pas à vous étonner alors c’est raté. Il est d’ailleurs vraiment très difficile de deviner les choses à l’avance tant l’auteur sait jouer avec le lecteur, on a beau essayer de vouloir assembler les pièces, tenter de deviner les choses, rien n’y fait l’auteur arrive vraiment toujours, à un moment ou à un autre, à nous sortir LE chapitre qui vient tout remettre en cause. L’histoire continue aussi à gagner en complexité, en densité tout au long de cette troisième intégrale. Alors, bien sûr en cherchant bien il y a quelques passages un peu longs, l’auteur donne parfois l’impression de s’attarder un peu trop sur les descriptions comme par exemple sur la nourriture et il est parfois difficile de savoir pourquoi s’attarder sur tel personnage, mais franchement tous ces points sont vite balayés une fois la dernière page tournée par le fait que le lecteur se retrouve immergé et emporté par l’histoire.

L’univers n’est pas en reste et n’est pas laissé de côté par l’auteur qui continue à aussi à le développer, le densifier et le complexifier. Il est d’ailleurs vraiment intéressant d’avoir pu en apprendre plus sur certains points comme par exemple sur les Sauvages derrières le mur, Les Autres ou encore sur de nouvelles régions que va découvrir par exemple Daenerys. Le fait de ne pas s’arrêter au Royaume des Sept Couronnes permet vraiment de découvrir d’autres cultures, d’autres façons de vivre vraiment intéressantes et captivantes. De plus l’auteur continue à développer tout l’aspect sur les différents dieux, leurs interactions dans cet univers et leurs desseins, à travers leurs émissaires, qui restent certes encore assez obscures. La magie prend encore un peu plus d’ampleur, sans non plus jamais vraiment devenir un élément imposant ou incontournable dont tout le monde pourrait se servir. Différentes magies qui ne manquent pas de charmes et d’attraits et dont j’attends de voir comment va continuer à s’en servir l’auteur.

Concernant les personnages on retrouve avec plaisir les protagonistes des tomes précédents qui continuent à se développer tout au long du roman, que ce soit émotionnellement mais aussi du point de vue de leurs envies et de leurs ambitions. Mais rien n’est gratuit et l’auteur nous le rappelle à chaque instant tant il peut aussi bien offrir aux personnages des moments de calme, mais aussi des moments de souffrances et de violences qui ne les laisseront pas intact. L’auteur nous dévoile aussi sa capacité à travailler et à rendre intéressant des personnages qui, aux premiers abords, paraissaient détestables, imbus d’eux-même et des autres. Je pense particulièrement à Jaime Lannister qu’on découvre dans ce tome et qui, finalement, au fil des pages, va gagner en intérêt, alors bien sûr il reste un personnage des plus détestables sur certains points, mais on comprend mieux ces motivations et ces actions. Par contre j’avoue, des fois je regrette que l’auteur tombe un peu dans le caricatural, je suis désolé pour Sansa, mais franchement si elle n’a pas encore compris que les princes charmants ça n’existait pas je ne sais pas ce qu’il lui faut pour lui faire comprendre. Dans tous les cas des personnages loin d’être manichéen, tout en nuance qui accroche facilement le lecteur.

La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, prenante et captivante sachant nous plonger efficacement dès les premières pages dans son univers et son intrigue complexe. Un style vraiment
sombre dans un univers complexe et violent, sans non plus tomber dans l’excès ce qui est vraiment intéressant, mais qui n’est pas non plus à mettre entre toutes les mains. Une écriture dense et il vaut mieux rester concentré. Mais comme les autres tomes, parfois j’ai eu un peu de mal avec la traduction qui me paraît parfois un peu trop alambiqué, de plus quelques coquilles se sont glissées ici ou là dans le roman, rien de fondamentalement gênant mais ça surprend toujours quand on les repère. Par contre je trouve ça bien que la carte ainsi que le glossaire des personnages se soit étoffé un peu même si je le trouve encore un peu juste. Dans tous les cas ce troisième tome parait être le paroxysme de ce cycle et j’ai hâte de savoir ce que l’auteur va nous offrir dans le quatrième tout en m’inquiétant légèrement de savoir si l’auteur arrivera à garder la même densité et la même intensité.

En résumé : J’ai encore une fois passé un excellent moment avec ce roman qui se révèle, à mon avis, pour le moment le meilleur de la série, car l’auteur a décidé de frapper un grand coup dans son histoire et de rappeler que c’est lui qui est aux commandes de l’intrigue. Une intrigue qui se révèle vraiment pleine de surprise, saisissante et qui continue à se densifier et à se complexifier au fur et à mesure des tomes. Alors certes, on pourrait légèrement reprocher quelques longueurs et parfois un un peu trop de descriptions, mais franchement devant la force de ce troisième tome on oublie vite ces légers points. L’univers continue lui aussi à se développer, à se densifier, l’auteur continuant à nous faire découvrir de nouvelles contrées mais aussi nous permet de découvrir les sauvages, ou encore la magie, ou aussi les dieux. Les personnages sont toujours aussi intéressants, passionnants et denses et continuent à évoluer tout au fil des pages. L’auteur arrive même à nous faire accepter des personnages pas toujours très apprécié comme Jaime. Par contre, au bout de trois Tome je trouve toujours Sansa un peu cruche, certes elle apprend et évolue, mais à une vitesse de tortue. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, travaillée et captivante, dommage que par moment la traduction donne l’impression d’être mal faite. Vivement l’intégrale quatre.

 

Ma Note : 9,5/10

 

Retrouvez la chronique de Lyra ici.

Retrouvez la Chronique de Taliesin là.

Page 132 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre