Auteur/autrice : BlackWolf Page 135 of 202

Les Dames de Grâce Adieu – Susanna Clarke

les dames de grace adieuRésumé : Ne vous laissez pas prendre au charme paisible de la campagne anglaise. Un pont ancien ou une trouée dans un bosquet peuvent être autant de passages pour l’Autre Pays, où règnent les fées.
À cheval entre notre monde et l’Autre Pays vivent les magiciens. Et les magiciennes, longtemps interdites d’exercice de la magie et néanmoins puissantes… à leur manière. Pour protéger leur liberté, les dames de Grâce Adieu usent avec délice d’une magie impertinente et amorale. Arborant leur air le plus sage, elles créent des ondes de choc sous la surface du réel et bouleversent l’ordre établi. Elles infligent de cuisantes leçons aux humains, modifient les perspectives et les paysages et maintiennent, selon des règles connues d’elles seules, la paix au royaume d’Angleterre.

Edition : Robert Laffont

 

Mon Avis : Je me suis lancé dans la lecture de ce recueil de nouvelles car, après la lecture de Jonathan Strange & Mr Norrell, qui se révélait certes lent, mais que je trouvais riche, tant dans l’univers que dans l’écriture (chronique ici), j’avais envie de découvrir ce que pouvait proposer d’autre l’auteur. A noter que ce recueil comporte huit nouvelles et qu’elles se situent toutes dans le même univers que son roman, une Angleterre victorienne, de la magie, des faes plus que rusée et menteurs. A noter aussi la couverture, illustrée par Charles Vess et Petra Borner qui se révèle sympathique, mais surtout les illustrations des nouvelles par Charles vess qui elles, je trouve, sont vraiment réussies et il aurait même été intéressant à mon avis d’en trouver plus. Je vais donc essayer de chroniquer chacun des huit contes.

Les Dames de Grâce Adieu : Voilà un conte vraiment intéressant qui traite de la magie, mais du point de vue des femmes, alors que tout le monde sait bien, qu’à cette époque, la magie est une affaire d’hommes uniquement. Une histoire qui ne manque pas de charme avec des personnages intéressants et où on retrouve avec plaisir Jonathan Strange. Les moeurs pas facile de l’époque ainsi que les discriminations servent parfaitement à construire le background de cette époque, mais je pense que, pour pleinement comprendre cette nouvelle, faut avoir lu le roman. Attention vous ne serez pas perdu si vous ne le lisez pas, juste qu’il vous manquera peut être une ou deux clés, de plus malgré tout le côté mystérieux et magique de cette nouvelle on n’a pas l’impression d’avoir de vraie conclusion.

Sur la Colline Gourmande : Bon j’avoue ce texte est celui qui m’a le moins accroché dans ce recueil, la faute tout d’abord à un style trop ampoulé et à une utilisation d’un langage qui ressemble à du vieux français, ce qui m’a paru surprenant et assez lourd. L’histoire en elle-même reste assez classique avec une dame en difficulté qui fait appel à un garçon-fée pour essayer de se sauver, mais elle manque clairement de surprise et se retrouve à mon goût assez linéaire et possède une conclusion vraiment ouverte qui peut facilement perturber. Après ça peut aussi venir de la traduction, car j’imagine que ce texte, dans le style, ne devait pas être aisé à traduire.

Mrs Mabb : Voilà une nouvelle vraiment intéressante, un conte vraiment surprenant sur deux amants séparés par une fée. Mrs Mabb va donc tout faire pour retrouver son promis malgré les réticences de certains. Un conte vraiment efficace plein de magie, mais aussi surtout de courage et d’abnégation de cette jeune anglaise que tout le monde prend pour une folle et qui recherche simplement à retrouver son bonheur perdu, et même si l’histoire se révèle un peu répétitif dans sa construction et ces péripéties, je me suis laissé emporter par l’histoire et par la plume toujours aussi simple et dense de l’auteur qui vient compléter parfaitement ce petit conte.

Le Duc de Wellington Egare son Cheval : Une très courte nouvelle qui reprend des personnages du roman de l’auteur pour les placer dans l’univers de Stardust de Neil Gaiman. Une histoire qui nous présente un village arrogant qui rejette toute autorité, lié à un passage menant à un monde féérique surprenant. Une histoire sur le destin et sa fatalité et le fait que finalement le futur n’est peut-être pas entre nos mains et que changer son avenir n’est pas toujours bon. Certes, cette histoire n’est pas des plus originale mais se révèle vraiment sympathique. Dommage que le format si court fait que l’histoire passe trop vite et offre un goût de trop peu.

Mr Simonelli ou le Veuf Fée : Sûrement l’un des meilleurs textes de ce recueil écrit sous forme de journal et qui va dévoiler la vérité sur un homme qui a été manipulé du début à la fin et dont tout le monde pense du mal face à toutes les actions qu’il a menée. Très vite on va se rendre compte que Mr Simonelli n’est pas le menteur que tout le monde croit, il a mené un combat contre un veuf-fée avec les armes qu’il pouvait. Un texte vraiment intéressant sur la vision des actes de chacun, surtout sur la vision des autres. Un conte qui possède un certain charme et vient remettre en avant le véritable monde de fées qui n’est en rien fantastique et magnifique. Je regretterai juste quelques simplicités surtout sur la conclusion du veuf fée.

Tom Brightwind ou Comment un Pont Féerique fut Construit à Thoresby : Cette fois encore un conte qui nous montre que les bonnes actions des fées n’ont pas toujours de bons côtés et cachent toujours des intentions pas toujours nobles. Un texte assez incisif sur un personnage sournois, Tom Brightwind, mais qui se révèle vraiment passionnant à découvrir. Chaque action aura son bon et son mauvais côté. Même si la conclusion se révèle sans surprises on se laisse emporter par cette histoire pleine de magie et de rebondissements.

Grotesques et Frettes : Une histoire de vengeance entre deux reines qui se disputent le pouvoir, la Reine d’Ecosse cherchant à conquérir le trône de la Reine d’Angleterre en essayant de se servir de Beth, sa geôlière, qui serait une magicienne. Bon j’ai dû passer à côté de ce texte, car il ne m’a pas marqué plus que cela, pourtant il n’est pas si mauvais et est bien construit, mais je ne sais pas, je ne me suis pas complètement accroché que ce soit aux personnages comme à l’histoire en elle-même.

John Uskglass et le Charbonnier du Comté de Cumbria : Un texte intéressant qui montre qu’il ne suffit pas d’être un des magiciens les plus puissants pour tout dominer et qu’il suffit parfois d’un petit Charbonnier pour retrouver un peu d’humilité. On retrouve avec plaisir John Uskglass qui se retrouve en mauvaise posture dans ce conte efficace et sympathique qui ne manque pas de magie et de surprise. Alors certes la morale du plus faible qui tient tête au plus fort reste très classique dans les contes, mais elle est bien travaillée et présentée j’ai trouvé.

 

Le style de l’auteur est toujours aussi dense, riche et efficace et, il faut bien l’avouer, si vous l’avez trouvé ennuyeux ou trop bavard dans le roman de Jonathan  Strange & Mr Norrell il y a peu de chance que vous accrochiez au style du recueil. En effet on retrouve toujours ce côté très descriptif mais aussi ses nombreuses notes de bas de pages qui, personnellement, ne m’ont pas dérangées, apportant un plus à tout ce monde et cette magie, mais qui risque d’en déranger plus d’un. Au final ce recueil peut être un bon test pour découvrir les textes de l’auteur plutôt que se jeter directement sur le roman. En tout cas un recueil de nouvelles sympathiques même si certaines se sont révélées un cran en dessous.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture vraiment sympathique avec ce recueil de huit nouvelles qui nous replonge avec un certain plaisir dans cette Angleterre pleine de magie, de mystères et de féeries, mais aussi plein de sournoiseries. Alors, bien sûr, toutes ces nouvelles ne sont pas au même niveau, avec deux que j’ai trouvé vraiment un ton en dessous mais j’ai retrouvé avec plaisir les éléments qui faisaient la réussite de Norell & Strange tel que cet univers Victorien voir par moment gothique qui se révèle toujours aussi plaisant avec des personnages possèdant ce caractère anglais si imperturbable et efficace et le tout porté par un style riche, dense et rempli de détails. D’ailleurs si vous n’avez pas accroché au style dans le roman je ne pense pas que vous y accrochiez plus dans ce recueil de nouvelles même si le côté court enlève ce que certains percevaient comme des longueurs.

 

Ma Note : 7/10

 

chalenge

Ma première lecture dans le JLNN

The Stormlight Archive Book 1, The Way of Kings Part 1 – Brandon Sanderson

the-way-of-kings-1.jpgRésumé : Roshar is a world of stone and storms. Uncanny tempests of incredible power sweep across the rocky terrain so frequently that they have shaped ecology and civilization alike. Animals hide in shells, trees pull in branches, and grass retracts into the soilless ground. Cities are built only where the topography offers shelter.
It has been centuries since the fall of the ten consecrated orders known as the Knights Radiant, but their Shardblades and Shardplate remain: mystical swords and suits of armor that transform ordinary men into near-invincible warriors. Men trade kingdoms for Shardblades. Wars are fought for them, and won by them.
One such war is about to swallow up a soldier, a brightlord and a young woman scholar.

Edition : Gollancz

 

Mon Avis : Voilà, je me suis enfin lancé dans le nouveau cycle de Brandon Sanderson en Anglais, vu qu’il ne sortira que cette année en VF, publié en 2010. Bon j’avoue j’ai eu un peu de mal à me lancer dans cette lecture, rien à voir avec le livre ou autre, juste dernièrement je manquais clairement de temps pour lire en Anglais. J’ai donc repris un rythme tranquille de lecture en VO il y a quelques mois et je suis bien content de l’avoir fait. A noter que le roman, The Way of Kings, lors de son passage en couverture souple a été découpé en deux parties, une pratique que, j’avoue, j’ai toujours du mal à comprendre même si l’auteur s’en explique à la fin du livre et que le livre fait plus de 1100 pages. Je vous fais donc ici ma chronique de la première partie. En tout cas je trouve la couverture, illustrée par Sam Green réussie et vraiment efficace ainsi que les illustrations qui parsèment ce roman. A noter que 10 volumes sont prévues (donc si on découpe à chaque fois en deux ça fera 20 tomes dans ma bibliothèque).

Brandon Sanderson se lance cette fois dans la fantasy épique, un peu à la Trône de Fer, avec son lot de guerres, de conquête de pouvoir, de nations, de chevaliers etc… Mais voilà l’auteur ne fait pas qu’un simple copier-coller de ce qui se fait d’habitude, il offre à son histoire et à son intrigue sa vision propre, son imagination, ce qui rend vraiment ce roman intéressant. Cette première partie sert, surtout, à nous poser l’univers et les personnages, mais des lignes d’intrigues vraiment captivantes et fascinantes se dessinent au fil des pages, même si on est encore très loin de tout visualiser. L’auteur nous offre vraiment, à travers cette histoire, quelque chose de dense et de complexe qui, si on se laisse emporter, se révèle vraiment captivant et prenant. Le rythme du roman est, certes, lent malgré quelques scènes de batailles vraiment nerveuses, mais permet vraiment de s’imprégner complètement de tout ce qui est mis en place ainsi que de l’univers et des personnages. Le début peut paraître aussi déroutant, mélangeant les époques et les personnages, le tout dans un univers nouveau, mais une fois assimilé, je l’avoue je n’ai plus lâché le livre. 

Un roman épique d’une grande efficacité qui devrait en surprendre plus d’un tant l’auteur arrive toujours aussi bien à jouer avec le mélange des genres et surtout il possède une imagination toujours aussi inventive et passionnante qu’il arrive a rendre cohérente et qui fait qu’on a du mal à lâcher le livre. Comme je l’ai déjà dit le rythme est assez lent, si vous cherchez un concentré d’action et de combats, passez votre chemin, mais voilà, sinon, on ne s’ennuie jamais vraiment car l’auteur sait jouer avec son lecteur et ses personnages, il sait nous offrir des rebondissements, des surprise ou encore des évolutions, que ce soit dans le comportement des personnages ou de l’univers, qui font que le lecteur se trouve toujours tendu, à l’affut et se retrouve surpris et happé par ses personnages et leurs histoires qu’on découvre au fil des pages.

L’univers mis en place est vraiment foisonnant et surtout fascinant à découvrir au fil des pages. On sent encore une fois toute l’imagination de l’auteur dans ce monde qui donne l’impression d’être entièrement imaginaire, mais surtout vraiment dense et passionnant. Alors bon, j’avoue, le lire est anglais est parfois perturbant surtout quand l’auteur invente une nouvelle faune et une nouvelle flore, ainsi que d’autres éléments fictifs comme armes et armures, mais voilà une fois le tout assimilé j’ai été fasciné par la densité et la complexité de cet univers. Entre ce monde de tornade, le système de magie, les spren (des sortes d’élémentaux) ou bien la position des hommes et des femmes dans la société, la vision de la guerre ou encore les différents peuples et les différentes coutumes, tout concoure à rendre ce monde unique, foisonnant et qui ajoute encore plus d’intérêt à cette histoire.

Les personnages sont vraiment intéressants et passionnant à découvrir tout au long du roman. L’auteur alterne entre trois points de vue principaux différents et ajoute des interludes où on découvre d’autres personnages. Les personnages principaux sont vraiment denses et riches et on s’attache facilement à eux, entre Kaladin l’ancien soldat devenu esclave on ne sait pas trop encore comment ni pourquoi, Shallan la jeune femme qui souhaite devenir érudite tout en essayant de sauver sa famille et qui se rend compte que la vie n’est jamais blanche ou noire ou encore Dalinar l’oncle du Roi qui reçoit de drôles de visions tous ces personnages possèdent leurs caractères et leurs visions propres. Ils se révèlent tous prenants, complexes, mais surtout possède une histoire et évolue en fonction des évènements et de leurs rencontres. Les personnages secondaires, qui gravitent autour, sont tout aussi soignés et travaillés ce qui fait que, même si les affinités sont différentes, on ne peut que s’accrocher à eux malgré quelques petits points dérangeant tel que par exemple la trop grande naïveté de Shallan ou encore la longue déprime de Kaladin qui m’a un peu énervé, mais bon rien de franchement bien grave. Par contre, je reste sur ma faim sur les personnages présentés en Interlude soit on aimerait en savoir plus, soit on a encore un peu de mal à les relier à l’histoire, mais je ne me doute pas que tout est calculé par l’auteur.

La plume de l’auteur est toujours aussi captivante, simple et efficace. Il arrive à nous plonger dans cette histoire dense et complexe possédant un background vraiment fascinant, le tout sans jamais ennuyer ou perdre le lecteur. Une première partie de tome qui, certes, pose surtout l’univers, les personnages et les premiers fils de l’intrigue, mais qui se révèle vraiment efficace, soignée et qui donne vraiment envie de lire la suite pour savoir où compte nous emmener l’auteur. Brandon Sanderson ne manque pas d’imagination et nous le démontre encore une fois.

A noter que ce roman sortira en 2013 aux éditions Orbit sous le titre Les Archives de Roshar Tome 1, La Voie des Rois Partie 1.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui se révèle être une excellente introduction du nouveau cycle de fantasy épique de l’auteur et qui nous plonge dans une histoire, certes au rythme un peu lent, mais qui ne manque pas de se révéler passionnante, efficace et prenante. Le début se révèle peut être un peu complexe et il faut quelques pages pour vraiment s’imprégner de tout, mais rien de bien dérangeant. L’auteur joue avec le lecteur alternant les rebondissements et les surprises ce qui fait qu’on ne se lasse jamais et on se retrouve happé. L’univers mis en place par l’auteur est vraiment dense et complexe et se révèlent complètement imaginé par l’auteur et passionnant à découvrir, offrant ainsi un background des plus efficace et prenant à l’histoire. Les personnages se révèlent travaillés, complexe et surtout attachants que ce soit les personnages principaux comme les personnages secondaires, même si avec certains personnages secondaires, surtout dans les interludes, on aimerait en savoir plus ou bien on se demande encore quels vont être leurs utilités. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi captivante, efficace et prenante. J’ai hâte de lire la seconde partie de ce tome pour connaitre la suite.

 

Ma Note : 8,5/10

Bilan de l’Année 2012

Bon pour cette année 2013 j’ai donc décidé de me laisser convaincre par la mode actuelle de faire un bilan sur l’année écoulée. Dans cet article je vais surtout essayer de faire un bilan, assez
concis, de mes lectures de l’année 2012, parler des livres qui m’ont le plus marqués durant cette année écoulée et aussi discuter sur l’année 2012 d’un point de vue publication.

 

Bilan de Lecture

 

Mon bilan lecture de l’année 2012 est de 106 livres lus ainsi que 24 BD, ce qui correspond environ à 8,8 livres et 2 BD lus par mois. Un rythme de lecture qui m’a parfaitement convenu et dont
j’espère pouvoir garder le même rythme pour l’année qui arrive. Concernant la répartition de mes lectures, pour les livres, il est le suivant :

 

  • Fantasy 37 Livres
  • Science-Fiction 25 Livres
  • Fantastique 14 Livres
  • Frissons 10 Livres
  • Thriller 6 Livres
  • Jeunesse 10 Livres
  • Nouvelles 2 Livres
  • Roman Contemporain 2 Livres

 

Bien entendu la majorité de mes lectures sont celles tournants autour des thèmes de la SFFF, avec une courte majorité de mes lectures pour la Fantasy, suivi de près par la Science-Fiction ce qui
ne devrait, je pense, étonner personne. Bien entendu ce classement n’a rien d’exhaustif vu que certains livres pouvant être classés sous plusieurs étiquettes.

 

Mes Lectures de 2012

 

Je vous propose une liste des lectures qui m’ont le plus marquées en 2012, pas vraiment d’ordre précis pour le classement (Cliquez sur les titres pour aller voir les articles correspondants) :

 

Le Trône de Fer Intégrale 1 et Intégrale 2 – George R.R. Martin

Avance Rapide – Michael Marshall Smith

Métaphysique du Vampire – Jeanne-A Debats

Destination Univers – Collectif

Feed – Mira Grant

La Fille Automate – Paolo Bacigalupi

La Maison des Derviches – Ian McDonald

 

A noter à côté de ces titres, des suites, voir des conclusions, qui ont confirmés tout le bien que j’en pensais :

 

Les Salauds Gentilshommes Tome 2, Des Horizons Rouge
Sang
– Scott Lynch

La Trilogie de L’Héritage tome 3, Le Royaume des Dieux
N.K. Jemisin

Chronique du Tueur de Roi Tome 2, La Peur du Sage (Partie 1 et Partie 2) – Patrick Rothfuss

 

Cette liste ne veut, bien entendu, pas dire que les autres livres lus dans l’année ne m’ont pas marqué ou touché, ça veut juste dire que ce sont les romans qui sortent du lot.

 

Le Blog en 2012

 

Voilà juste un petit récapitulatif des différentes statistiques concernant le blog en 2012. Voilà les statistiques pour cette année :

 

  • Sur toute l’année 2012 le blog à reçu 34265 visiteurs unique, soit environ 93,8 visiteurs uniques par jour.
  • Sur toute l’année 2012 61684 pages ont été visitées, soit environ 167 pages par jour.

 

Je ne connais pas la méthode de calcul de Overblog, mais je suis content de ces chiffres et c’est un peu grâce à vous. Je remercie donc tous ceux qui sont passés en 2012 et j’espère vous revoir
tout au long de cette année 2013.

 

Discussion sur 2012

 

J’aimerais juste clotûrer ce bilan de l’année 2012 sur une discussion rapide, qui a déjà été abordé sur Facebook, c’est concernant les sorties livres en 2012. D’un point de vue SF je n’ai pas
trop eu à me plaindre, j’ai facilement trouvé mon bonheur avec d’excellentes lectures, mais concernant la fantasy je reste assez circonspect, pas que l’année soit catastrophique, mais,
franchement, je n’ai pas vraiment réussi à ressortir des livres qui m’ont vraiment marqué dans cette catégorie, ou alors c’était des suites. On a eu quand même des bons livres, des livres
intéressant,s mais pas vraiment de nouveautés qui s’imposent à moi sur les sorties de 2012.

 

Alors, attention, mon avis doit être, bien entendu, nuancé par le fait que je n’ai pas lu tous les livres sortis en 2012. D’ailleurs, là aussi je comptais soulever un point de discussion, je
trouve que le volume de sortie en SFFF n’arrête pas d’augmenter, ce qui oblige une rotation rapide des livres mis en avant dans les librairies et fait que, parfois, je peux comprendre, qu’on
puisse avoir du mal à s’y retrouver.

L’Empire Brisé Tome 1, Le Prince Ecorché – Mark Lawrence

le prince ecorcheRésumé : À treize ans il est le chef d’une bande de hors-la-loi sanguinaires. Il a décidé qu’à quinze ans il serait roi. Le prince Jorg Ancrath a quitté le château de son enfance sans un regard en arrière, après qu’il fut contraint d’assister au massacre de sa mère et de son frère. Depuis ce jour il n’a plus rien à perdre. Il avance porté par sa fureur.
L’heure est venue de s’emparer de ce qui lui revient de droit. À la cour de son père l’attendent la traîtrise et la magie noire. Mais le jeune Jorg ne craint ni les vivants ni les morts. Animé d’une volonté farouche, il est prêt à affronter des ennemis dont il n’imagine même pas les pouvoirs.
Car tous ceux qui ont pris l’épée doivent périr par l’épée.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : La lecture de ce roman, près de six mois après sa sortie, est un peu la preuve que je prends maintenant les Coups de Coeur de chez Bragelonne avec des pincettes et que je ne me jette plus dessus. De plus le fait que je ne me sois procuré ce livre qu’en version électronique lors de l’offre spécial de Bragelonne à 99cts montre encore une fois à quel point, depuis Farlander qui ne m’a pas du tout accroché, je ne me laisse plus avoir par ces fameux romans Fantasy de l’année. Mais, la sortie prévue dans quelques jours du Tome 2, m’a fait me plonger dans ce livre car, qui sait, peut être que je me trompe complètement, peut être que ce livre va être le « coup poing » annoncé par l’éditeur, que ce livre va retourner la Fantasy comme j’ai cru entendre ici ou là. En tout cas la couverture, illustrée par Victor Manuel Leza Moreano, est vraiment sympathique.

Tout commence fort avec une scène d’introduction sanglante qui pose les personnages que sont Jorg et sa bande, des pilleurs, des meurtriers et des violeurs, car oui, voilà le point important de ce livre, on est loin des héros bien sous tous rapports, blancs et purs à la quête héroïque, notre héros est un gamin qui assouvit tous ses plus bas instincts. C’est un peu ce qui doit être la grande force de ce roman, son héros sombre, violent et cynique, mais voilà, notre héros doit, soit disant, avoir 14 ans hors il donne plus l’impression d’avoir la maturité d’un adulte expérimenté devant ses réactions et sa façon de voir le monde, ce qui lui enlève énormément crédibilité. Alors, je veux bien croire qu’un monde aussi violent que celui de ce livre pousse à grandir et à apprendre plus vite, mais faut pas exagérer non plus on en fait pas un philosophe ayant une vie derrière lui.

Concernant l’histoire en elle-même je dois dire qu’après un début vraiment prometteur le roman tombe très vite dans une succession de scènes les plus improbables et incohérentes, avant de rebondir au trois-quarts du livre pour enfin réussir à me réveiller et à me donner des raisons d’espérer pour ce cycle. Franchement la scène du drapeau blanc est d’un risible, l’évasion du château avec les frères est incohérente (ou alors ce sont les châteaux les plus vides que je n’ai jamais vu), celles des nécromanciens n’en parlons même pas tant notre héros est chanceux, mais surtout il ne faut pas s’inquiéter que Jorg soit l’être le plus intelligent de cet univers, car tous simplement ces adversaires ont le QI de bulots (et encore je suis méchant avec les bulots sur ce coup là). On a un peu l’impression que l’auteur à écrit le début de son roman comme on joue à un jeu de rôle j’avance, action, je lance les dés, youhou j’ai gagné, j’avance, action etc…, mais aussi que l’auteur a du mal à mettre en situation périlleuse son héros, comme s’il s’était attaché à lui au point de ne pas trop vouloir le blesser. En fait c’est simple, lire ce livre c’est un peu comme regarder, comme je viens de le dire, une partie de jeu de rôle entre amis ou un jeu vidéo; une accumulation de violence et une absence totale de finesse.

Les parties qui se révèlent les plus intéressantes sont les flashbacks, qui ramènent notre héros quatre ans plus tôt, car elles nous dévoilent le passé du héros, ce qui a fait qu’il est devenu l’être qu’il est avec le meurtre de sa mère et de son frère. Mais voilà et c’est là que, selon moi, est le problème du fait qu’on s’attache pas à Jorg, car il ne suffit pas de montrer deux meurtres pour expliquer le personnage, il manque clairement cette plongée dans l’abysse, cette rage et cette folie qui a poussé le personnage à devenir ce monstre qu’il est, à rechercher cette vengeance qui devrait le ronger. Il manque clairement ce chemin, ou début de chemin, émotionnel de souffrances et de douleurs qui aurait transformé notre héros. Puis arrive le chapitre 37 (sur 49), il se passe enfin quelque chose car, en plus de présenter enfin sa ligne rouge, l’auteur abandonne l’accumulation de scénettes pour enfin offrir une certaine cohérence à l’intrigue et surtout un certain intérêt, même si parfois l’auteur retombe quand même dans ses travers.

L’univers est surprenant, au début j’étais un peu perplexe, me plaignant que l’auteur manquait clairement d’originalité en retransposant bêtement la religion chrétienne, mais très vite l’auteur montre que je me suis trompé car il n’a pas inventé son univers, il s’agit d’un monde post-apocalyptique de notre propre Terre. J’ai trouvé cela vraiment intéressant et cela aurait pu être le point fort du roman, si seulement l’auteur l’avait développé un peu plus selon moi. Finalement ce premier tome reste, pour moi, trop vague sur l’univers et ce qui est arrivé et j’espère que l’auteur en développera plus par la suite. En tout cas les bases sont posées. Concernant la magie on trouve de tout mais là, par contre, sans grande originalité entre nécromancien et autres, rien de bien surprenant mais présenter de façon solide, mais trop rapide.

Concernant les personnages je vais revenir sur Jorg, car c’est le seul assez développé pour mériter qu’on s’attarde sur lui. Jorg est un peu le héros qu’on aimerait tous avoir dans un Jeu de Rôle ou sur un Jeu Vidéo, à 14 ans il parle 6 langues, peut en comprendre 6 de plus, il lit de la philosophie, sait se battre avec une épée, se révèle un excellent stratège, vise à l’arbalète comme personne, résiste à la magie sans qu’on sache pourquoi… Je vais m’arrêter là car je pense que tout le monde a compris que Jorg, mis à part son côté sombre et pourri, qui finalement n’a rien de dérangeant dans l’univers présenté, est un personnage parfait. On pourrait lui reprocher son arrogance, mais vu qu’il a toujours raison et que les évènements le prouve c’est dur de lui reprocher ce point mais ça devient vite lassant. Donc voilà, il est dur de vraiment s’attacher à ce genre de personnage. Les autres personnages ne sont même pas développés, ne servant qu’à mourir pour notre bon prince, le tout sans jamais se rebeller. Les seuls personnages secondaires intéressants sont le Nubain et Lundist, mais ayant une vie très courte on ne les reverra plus par la suite ce que je trouve dommage car j’aurai aimé en savoir plus.

La plume de l’auteur est simple, sombre et, j’ai trouvé, hachée, surtout au début. Mais surtout j’ai trouvé que par moment l’auteur avait du mal à imposer son propre style, comme s’il se cherchait, oscillant entre Gemmell et son propre style. Donc voilà au final on est encore loin du fameux Coup de Coeur des sorties de l’année 2012, un roman que j’ai trouvé moyen avec quelques idées intéressantes et je suis bien content de l’avoir eu pour 99cts. On est quand même un cran au-dessus de ma déception qu’était Farlander et je lirai peut être la suite si je trouve une promo sur l’e-book, mais au final rien de vraiment transcendant, l’auteur cherchant simplement à jouer sur la violence et le côté sombre. Mais voilà, des auteurs comme Glen Cook, Joe Abercrombie ou même Georges R.R. Martin sont passés avant Mark Lawrence avec des histoires plus denses et plus soignées et intéressantes à mon goût. Franchement si vous cherchez de la Fantasy où la violence règne et où les héros sont loin d’être des anges lancez vous plutôt dans La Compagnie Noire ou le cycle La Première Loi.

En Résumé : Autant être clair j’ai trouvé ce roman très moyen, l’auteur ne se reposant que sur quelques bonnes idées intéressantes et surtout sur son personnage central violent, amoral et sombre. Mais voilà l’histoire manque de cohérence et surtout donne l’impression d’avoir été écrite comme une accumulation de scènes dans un jeu de rôle. Les adversaires de notre héros paraissent ne pas avoir un sou de jugeote tant ils se font avoir bêtement et Jorg a l’air d’avoir la plus grande chance de tout l’univers. Le personnage de Jorg est, certes pourri, mais il est tellement parfait qu’il en devient ennuyeux et exaspérant tant il sait tout faire et ne se trompe jamais. L’univers est assez intéressant, mais aurait mérité d’être plus développé à mon goût. Puis, une fois arrivé au 75% du livre environ, l’histoire accroche un peu plus, un fil rouge s’installe, l’histoire gagne en cohérence, je ne crie pas à l’exceptionnel, mais quelque chose apparait sauvant le naufrage. Je lirai peut être la suite si Bragelonne refait une promotion sur l’e-book du tome 2 mais encore une fois un coup de coeur qui me parait exagéré  et pourtant cette fois je partais sans apriori. Peut être est-ce parce que j’aime quand les choses sont plus développées, plus dense et plus complexe, enfin j’en doute quand même.

 

Ma Note : 5/10

Les Pilleurs D’Âmes – Laurent Whale

les pilleurs d'amesRésumé : 1666…
« Les grosses balles de plomb claquent sur le bois de la chaloupe. Je prends conscience que j’ai de l’eau jusqu’aux chevilles.
Peu importe : c’est un voyage à sens unique.
Plonger, tirer, plonger, tirer…
Un choc sourd. Nous avons touché.
— Lancez les grappins ! À l’abordage ! »

Suivez les pas de Yoran Le Goff dans ce trépidant roman d’aventures où espionnage intergalactique se mêle à la flibuste du XVIIè siècle,
et à ses marins gouailleurs !

Edition : Ad Astra

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce livre pour plusieurs raisons, premièrement j’ai déjà lu un livre de l’auteur, Les Etoiles S’en Balancent, édition Rivière Blanche et non pas la dernière version de Critic, et j’avais passé un bon moment malgré l’impression que l’auteur en faisait parfois un peu trop (ma chronique ici), ensuite les bonnes critiques lues à droite et à gauche ont jouées aussi fortement sur mon envie de lire ce livre et finalement la couverture, illustrée par Eric Scala, que je trouve vraiment réussie à fini de me convaincre. Par conséquent ce livre est venu rejoindre ma PAL lors du dernier festival des Futuriales.

Ce roman offre une histoire vraiment intéressante, mélange de Space-Opera et de roman historique de piraterie, nous plongeant alternativement dans une sorte de monde parallèle et sur notre bonne vieille terre à l’époque des pirates et des flibustiers. La mayonnaise prend vraiment bien et l’auteur nous offre un véritable roman d’aventure rempli d’actions et de rebondissements qui font qu’on ne s’ennuie jamais dans ce court roman d’environ 200 pages. L’alternance avec des passages plus politiques du monde parallèle est parfaitement bien maîtrisé, ne dérange en rien la lecture et permet même d’augmenter la tension et le suspens au cours de l’histoire tout en ajoutant une touche éxotique prenante, même si j’ai trouvé que, sur la fin, l’auteur se débarrassait un peu trop rapidement de son histoire intergalactique pour se concentrer sur la partie piraterie, mais rien de bien grave. Tout va vite, va très vite à travers un rythme vraiment soutenu et captivant, on sent la tension monter au fil des pages pour aboutir à une conclusion explosive.

Alors voilà, tout le monde ne peut pas faire un roman sur les pirates comme cela et c’est là qu’on sent toute la force de l’histoire, car on remarque très rapidement que l’auteur s’est fortement documenté sur le sujet pour nous offrir une histoire crédible et vraiment cohérente centrée principalement sur un personnage secondaire historique L’Olonnais, un des plus sanglants flibustiers, qui va se révéler avoir une grande importance. Surtout le roman nous rappelle aussi que, malgré les décors paradisiaques de ces îles qui font rêver le lecteur, le monde de la piraterie est un monde plein de violence, sanglant et où la mort règne souvent. Le lecteur n’est pas ménagé du début à la fin, que ce soit lors des scènes de violence, de torture, mais aussi celles plus intimistes il se retrouve emporter, mais surtout l’auteur ne tombe jamais vraiment dans la surenchère ni dans le gore, ne cherchant pas à trop choquer le lecteur, mais plus à l’intégrer dans son monde, dans cet univers qui n’est finalement pas vraiment toujours rose.

Alors bien sûr ne pensez pas qu’il s’agisse que d’un roman sombre et noir, limite déprimant, non loin de là, le livre possède aussi ses bons sentiments, son soleil et ses grands moments de rigolades, même si quelquefois le tout se révèle un peu trop simpliste, mais c’est porté par une gouaille des plus ravageuse qui fait qu’on ne le ressent pas vraiment. Sur la fin le roman devient peut être un peu linéaire et on devine assez rapidement les choses, mais voilà le roman est tellement dynamique et bien porté par les rebondissements et les retournements de situations que c’est vite oublié. Par contre, je trouve dommage que l’auteur reste assez basique sur la notion entre peuple civilisé et barbare, surtout qu’il démontre par les actes que finalement il y a peu de différence, mais il ne rentre pas trop en profondeur. Rien de bien méchant.

Les personnages se révèlent rapidement haut en couleurs, charismatiques et surtout attachants, l’auteur évitant tout manichéisme, présentant des personnages complexes et surtout lié à une époque qui a ses propres règles. Personne n’est véritablement méchant ou gentil et tout le monde peut se révéler mauvais ou bon selon les situations.  Les protagonistes manquent peut être légèrement de densité, surtout concernant leurs histoires passées, mais ça ne les empêchent pas d’être attracteurs et on les suit avec grand plaisir à travers les aventures qu’ils vont rencontrer. La narration à la première personne permet aussi de vraiment découvrir ce monde à travers le regard du novice qu’est Yoran Le Goff ce qui ajoute un plus à l’histoire.

La plume de l’auteur est vraiment captivante, fluide et dynamique rendant l’univers présenté vraiment palpable et très visuel, le tout porté par des descriptions efficaces et soignées. Les dialogues sont portés par une gouaille qui colle parfaitement à l’époque et offre une belle touche d’authenticité. On se laisse vraiment emporter par cette histoire pleine d’énergie et de surprise ou l’auteur manie avec brio les rebondissements et les retournements de situation. Un bon roman qui, certes, à quelques défauts, mais se dévore avec plaisir et si jamais l’auteur décide de réécrire dans cet univers je lirai le livre avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un vraiment bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire, mélange de Space Opera et de roman historique de pirates, plein de fougue, d’action et de rebondissements et où on ne s’ennuie jamais du début à la fin. On sent que l’auteur s’est fortement documenté pour nous poser un univers cohérent, solide et vraiment palpable et qui nous dévoile que le monde de la piraterie est loin d’être rose même s’il se révèle fascinant à découvrir. Les personnages sont vraiment attachants et passionnants à suivre tout au long de cette aventure et surtout l’auteur leur évite tout manichéisme. Alors, bien sûr tout n’est pas parfait l’histoire a parfois ces simplicités et devient un peu linéaire sur la fin mais rien de bien méchant tant on est emporté. Le style de l’auteur est vraiment fluide et captivant et nous emporte du début à la fin.

 

Ma Note : 8/10

La Ligne de Tir – Thierry Brun

la ligne de tirRésumé : Le commissaire Fratier est sur le point d’être mis en examen. Depuis longtemps, il est lié à la pègre dans sa ville de Nancy et le témoignage de Loriane Ornec, qu’il a corrompue quand elle était dans son service, pourrait l’envoyer en prison. Il décide de la tuer et contraint Alice Résilia, une ancienne terroriste de la mouvance gauchiste instrumentalisée par le pouvoir, à exécuter cette tâche.
Mais Loriane Ornec disparaît.
Rival de Fratier, Shadi Atassi, qui règne sur le crime organisé nancéien, est amoureux de la jeune femme et mobilise ses troupes à sa recherche. Il soupçonne Fratier d’être mêlé à sa disparition…mais surtout Patrick Jade, un homme glacé, au passé de tueur, qui représente pour eux tous, Fratier, Ornec, Atassi, une menace terrifiante.
Roman de la nuit et de la corruption, La ligne de tir, mécanique implacable, nous entraîne imperceptiblement d’un univers à un autre, du roman noir au thriller, et nous invite à une plongée oppressante dans le repaire de Jade, homme granitique, citadelle imprenable, point sombre dont chacun subit l’attraction et vers lequel tous convergent.

Edition : Le Passage

 

Mon Avis : J’ai découvert l’auteur Thierry Brun lors de ma lecture de son roman Surhumain qui nous offrait un livre policier très énergique et sans temps mort (ma chronique ici) et, qui plus est, le tout se situant à Nancy, une ville que je connais bien. Puis, j’avoue, je suis passé complètement à côté de ce nouveau livre de l’auteur et, lorsque le blog Book en Stock a proposé en partenariat son dernier roman pour Le Mois de Thierry Brun, j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Book en Stock ainsi que l’auteur de m’avoir fait découvrir ce roman.

Comme pour Surhumain cette histoire repose sur une histoire de vengeance, mais la vengeance d’un flic corrompu qui cherche à retrouver et à éliminer ceux qui l’ont trahi avant qu’il ne tombe. Une histoire qui, dès les premières pages, nous attrape pour nous emmener dans une intrigue pleine d’action, de rebondissements, de fusillades, de faux semblants et de violence. On ne s’ennuie pas un seul instant à travers ce roman au rythme intense et soutenu, le tout se révélant très visuel. Plonger dans ce roman c’est un peu comme regarder un bon film d’action hollywoodien, ça explose à tout va, les morts s’accumulent et on a juste à se laisser porter par l’histoire jusqu’à la résolution finale, sans se prendre la tête. L’utilisation de phrases courtes et percutantes, ainsi que
de courts chapitres qui varient les personnages et les situations accentuent le côté nerveux et intense de ce roman.

Mais voilà l’action primant, le lecteur remarque rapidement que l’histoire reste assez simple et surtout il ne faut pas trop se pencher dessus, car elle manque tout de même de contexte et de complexité, on aurait par exemple aimé en savoir plus sur ces actions en Afrique ou par exemple sur ces factions terroristes, mais aussi en découvrir plus sur ce qui a amené les personnages à ce qu’ils sont. L’auteur n’approfondit jamais complètement les idées ainsi que son background de cette plongée dans le monde de la mafia et des tueurs à gages. Tout est épuré pour permettre de se concentrer sur l’action, le sang, la poudre, l’intensité et la sueur.  Attention rien de mauvais en soi, juste cela va influer sur vos envies de lecture, car si vous cherchez un livre construit, dense et complexe alors passer son chemin.

Concernant les personnages finalement ils remplissent parfaitement leurs rôles, c’est-à-dire des personnages forts, efficaces et dont on suit les aventures, les actions sans trop se poser de question et avec un certain plaisir malgré le fait que, finalement, ils se révèlent classiques et sans obligatoirement grandes originalités. Mais voilà tout comme Surhumain il manque quand même une part émotionnel dans ses personnages qui ferait qu’on s’attache vraiment à eux, ils ne possèdent pas ce passé et cette histoire qui fait qu’ils vont se révéler être uniques. La présentation des personnages est d’ailleurs souvent très froide, un peu comme un rapport de police présentant les principaux faits importants des protagonistes, de plus l’auteur multiplie les points de vues des personnages ce qui est un peu dommage, car tous ne sont pas intéressants. Seuls les personnages féminins sortent un peu du lot à travers leurs sentiments plus développés, plus intimistes.

Le style de l’auteur se révèle toujours aussi incisif, percutant, simple  et efficace ce qui fait qu’on plonge rapidement dans cette histoire noire et sanglante. Au final l’auteur remplit bien son rôle nous offrant un roman policier sombre, plein de bruit et de violence. Une histoire très visuelle qui va emporter le lecteur dans un rythme effréné et sans temps mort. Mais voilà en contrepartie l’histoire manque quand même de complexité et les personnages paraissent un peu froid et distant. Tout dépend de ce que vous allez rechercher dans un livre policier, moi en tout cas, pour moi, ce livre m’a fait passer un agréable moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec ce livre policier qui nous offre une histoire sombre, énergique, pleine d’action et de rebondissements et sans temps mort de la première à la dernière page. On est facilement emporté par ce roman malgré le fait qu’au final l’intrigue manque tout de même de complexité et d’un background plus solide qui permettrai vraiment d’ancrer l’histoire dans l’époque. Les personnages remplissent parfaitement leurs rôles et se révèlent agréables, mais manque quand même d’émotions et aussi d’histoire ce qui fait qu’on a quand même du mal à s’attacher à eux. Le style de l’auteur est toujours aussi simple, incisif et efficace ce qui colle parfaitement avec cette histoire pleine d’adrénaline. Si vous cherchez un livre policier sans prise de tête et explosif alors ce livre remplit parfaitement son rôle, si vous cherchez un livre plus construit alors passez votre chemin vous risquerez d’être déçu.

 

Ma Note : 7/10

Page 135 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre