Auteur/autrice : BlackWolf Page 150 of 202

Le Songe D’Adam – Sebastien Péguin

le songe d'adamRésumé : Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours.

Hugo et sa fille Morgane viennent s’installer dans la ville de Göttenberg pour quelques mois : il écrit sa thèse, elle est une inventive adolescente.

Mais dès leur arrivée, des événements étranges se multiplient : disparitions dans la région, les manuscrits du poète Novalis volés dans les archives de la ville, et Morgane qui commence à avoir des hallucinations.

Hugo va être confronté à des légendes ancestrales, et devoir faire face à ce que l’esprit humain ne peut concevoir…

Edition : L’Homme sans Nom

 

Mon Avis : J’ai entendu parler de ce livre à travers quelques chroniques très positives lues à droite et à gauche sur la toile. Lors du dernier Tea Time Book Show ce livre a été proposé en prêt et j’ai décidé de tenter ma chance, appréciant les littératures pleines de frissons et de mystères. Il s’agit par ailleurs de ma première découverte d’un livre de la maison d’édition de L’Homme sans Nom. Je trouve la couverture, illustrée par Magalie Villeneuve, assez sympathique avec ce côté un peu glauque et frissonnant qui met directement dans l’ambiance.

Je dois bien avouer qu’on entre facilement dans l’histoire, l’auteur faisant monter la tension et une certaine nervosité au fil des pages malgré un prologue qui, à mon goût, ne sert pas à grand-chose. On sent le côté angoissant de cette forêt et des secrets qu’elle peut cacher, malgré finalement une intrigue sans grande surprise et assez simple dans sa construction. Mais voilà l’auteur connait ses classiques et, malgré ce côté simpliste, il arrive à s’approprier et à nous offrir une histoire qui ne manque pas de frissons, se révèle angoissante et possède parfois même quelques surprises.

L’histoire mélange mystères, légendes, frisson et religion de façon agréable et bien construite, mais voilà parfois l’auteur part dans des aspects philosophiques et métaphysiques qui, sans être mauvais, ne m’ont pas paru des plus pertinents, intéressants mais surtout m’ont paru mal intégrés dans le développement de l’histoire, c’est dommage. Se retrouver à discuter des ressemblances et différences entre Jésus et Dionysos, le tout entre deux scènes angoissantes m’a paru, j’avoue, surprenant et avec peu de rapport dans le contexte par exemple. Ca casse un peu le rythmé déséquilibrant l’histoire à mon goût. Par contre on sent que l’auteur s’est documenté et s’y connait sur les légendes et principalement les légendes Allemande ce que j’ai trouvé intéressant.

L’univers mis en place par l’auteur est vraiment intéressant, un mélange de glauque, de gore et de sanglant. La Forêt Noire colle parfaitement à cette ambiance, une forêt massive, angoissante qui possède sûrement des lieux encore inconnus de tous, offre le cadre idéal à cette histoire d’horreur. Les mythologies liée à cette forêt et aux arbres donnes un aspect vivant et intrgant. On retrouve d’ailleurs même, par moment, une ambiance à la Stephen King vraiment convaincante et aussi des scènes sanglantes, très visuelle et prenantes, qui devraient marquer plus d’un lecteur.

Les deux personnages principaux que sont Hugo et Morgane sont, malgré le côté stéréotypé du veuf et de sa fille, des personnages passionnants, complexes et attachants au fil de la lecture. Leurs lentes plongés dans la noirceur des secrets de la forêt les rend vraiment captivants au fil des pages. La façon dont l’auteur traite le passage de l’enfance à l’adulte à travers le personnage de
Morgane est vraiment intéressante. Par contre les personnages secondaires, eux, manquent un peu de couleurs, on a plus l’impression qu’ils sont là comme guide des protagonistes principaux que comme des véritables personnages. Rien de bien méchant mais c’est parfois un peu ennuyeux. De plus j’ai trouvé le côté descriptif des personnages parfois un peu trop appuyé ce qui limite toute imagination.

J’avoue que j’ai un peu bloqué sur la plume de l’auteur, elle n’est pas complètement dénuée d’intérêt, mais j’avais parfois plus l’impression d’une plume professorale que d’une plume d’écrivain
ce qui, j’avoue, donne un côté un peu ampoulé à la façon dont l’histoire est racontée; comme si l’auteur voulait, en plus de nous raconter une histoire, nous faire un cours magistral. Au final malgré les points pas toujours positifs que j’ai soulevé, je dois dire que ce premier roman de l’auteur se révèle tout de même agréable, sans être exceptionnel.Sinon, concernant l’édition j’ai bien relevé quelques coquilles, rien de grave, mais par contre les phrases en italiques sont parfois difficiles à déchiffrer, la police d’écriture étant assez étrange.

En Résumé : Voilà un roman qui m’a fait passer un moment de lecture sympathique, sans être exceptionnel, avec une histoire sombre, pleine de frissons et parfois glauques et sanglantes qui ne manque pas de captiver le lecteur, l’univers est vraiment réussi et sombre et les personnages principaux sont attachants et soignés malgré leur côté un peu stéréotypé. Dommage que l’auteur plombe un peu son histoire avec des aspects philosophiques qui ont du mal à s’intégrer dans l’intrigue et déséquilibre un peu le tout, ainsi qu’un style un peu trop professoral à mon goût qui, par moment, me donner plus l’impression de suivre un cours magistral.

 

Ma Note : 6,5/10

Women in Chains – Thomas Day

women in chainsRésumé : Mexique : Juárez. La ville monstre dévore ses femmes. Leurs souffrances et leur sang nourrissent des cauchemars si anciens que la mémoire des hommes les a oblitérés.
Allemagne : Un eros-center. Cinq étages sans ascenseur, plaisir hâté pour luxure tarifée. La romance qui naîtrait dans ces murs ne pourrait que se poursuivre dans la folie et la violence.
Groenland : L’hiver est le dernier refuge de Cassandra. La désolation glacée pour couver l’oubli. L’oubli de soi et du pouvoir de trop en voir.
Afghanistan : Nous sommes les violeurs. Mercenaires et touristes. Toubib, Bobbie, Goran, le Juif et l’Australien… En mission, mystiques, égarés. Nous sommes les violeurs. Nous sommes les
libérateurs.
France : Les poings qui vengent, les pistons qui rendent les coups. Tous les coups silencieux de la lâcheté des hommes. La revanche extraordinaire sur la violence ordinaire.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Ce livre à un peu fini par hasard dans ma PAL. Je n’avais jamais lu de livre de Thomas Day avant celui-ci, malgré les très bons échos que j’ai entendu, mais lors de mon passage en librairie j’ai été attiré par le titre ainsi que la couverture de ce livre, illustrée par Diego Tripodi. Mais ce qui m’a le plus marqué c’est le quatrième de couverture, assez choc, ainsi que la préface assez explicite de Catherine Dufour, qui m’ont poussé à tenter ma chance avec ce recueil de cinq nouvelles, espérant surtout trouver le juste milieu entre dénonciation sur la violence, réflexion et aspect âpre des histoires.

La Ville Féminicide : On commence fort avec ce texte qui traite de la prostitution, de la drogue et de la violence sur les femmes, le tout dans le contexte de Juarez. Une nouvelle dure, sans fioritures qui nous dévoile l’absence de considération sur les violences portées aux femmes, principalement aux femmes des pays sous développés, le tout dans une ville corrompue, sordide, pauvre et sombre. Les personnages sont vraiment angoissants et nous dévoilent le côté le plus noire de l’humanité. Les femmes ne sont considérées que comme des objets, sans aucune considération. Un texte dur et violent qui interpelle le lecteur et ne laisse pas indifférent.

Eros-Center : Un texte qui traite à nouveau de la prostitution, mais cette fois de façon un peu moins viscérale, nous dévoilant la réalité sur la façon d’amener de jeunes filles africaines à entrer dans le métier, à les maintenir sous pouvoir, le tout à travers une histoire d’amour impossible. Les personnages sont vraiment réalistes et leurs émotions arrivent à toucher le lecteur, principalement grâce à leurs besoins de rêves. La violence est moins frappante que dans le premier texte, mais se révèle de façon plus sournoise à travers les chaînes qui emprisonnent ces femmes. Un monde rude, plein de souffrance et de faux semblants. Un excellent texte qui offre une conclusion surprenante et finalement, aussi, une pointe d’espoir.

Tu ne Laisseras Point Vivre : Voilà une nouvelle qui traite de la malédiction qui touche Cassandra, qui la pousse aux vices les plus extrêmes et qui lui permet, lors de plaisirs intenses, de voir comment vont mourir ses amants, mais sa propre mort aussi. Un texte vraiment cru, hard, violent et très sombre. Un texte qui accroche à travers la souffrance, l’isolement de l’héroïne mais aussi par son besoin de rédemption et d’envie de profiter d’une vie normale. La dure vie dépeinte au Groenland colle parfaitement à l’ambiance et, en quelques phrases l’auteur arrive vraiment à nous dévoiler cette violence, cette austérité. Mais voilà malgré les qualités de ce texte j’ai moins accroché à ce texte qu’aux deux premiers, la faute, selon moi, à une conclusion en dessous.

Nous Sommes les Violeurs : Cette nouvelle traite du viol durant les guerres, principalement comme arme de guerre par des mercenaires pour détruire les cultivateurs de pavot. Un récit vraiment angoissant qui nous montre que tous les moyens sont toujours bons pour gagner la guerre et qu’une certaine impunité apparaît dans ces périodes, mais est-ce vraiment le bon choix? Peut on vraiment laisser nos soldats faire ce qu’ils veulent sans les juger même pour obtenir la victoire? Le texte interroge, le tout dans une Afghanistan réaliste et plombée par la drogue. Un texte ironique et cynique au point même de nous rappeler qu’avant la libération par les USA du pays des talibans en 2002, la culture du pavot était au plus bas. Un très bon texte.

Poings de Suture : Je dois avouer que ce texte est la nouvelle qui m’a le moins marqué. Il traite de la violence conjugale, mais il reste vraiment classique dans sa construction, son développement mais aussi dans sa conclusion. Un texte qui, certes, permet de se détendre un peu de la tension des textes précédents mais qui ne m’a pas complètement convaincu.

 

Voilà un recueil qui m’a littéralement lessivé, après ma lecture je dois bien avouer que je ne savais plus trop quoi penser et m’a fait énormément réfléchir sur la condition des femmes et sur le regard que peut porter les hommes sur elles. Alors, bien sûr tout le monde n’est pas comme ça, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en parler ou oublier. De plus l’auteur à travers des personnages féminins souvent équilibrés et forts nous montre que ça peut arriver à tout le monde. Il m’est difficile de recommander ou non ce recueil car il s’agit quand même de nouvelles parfois vraiment dure et qui ne laisseront normalement personne indifférent. Je vous laisse voir si vous voulez tenter votre chance ou pas avec ce recueil.

En Résumé : Voilà un recueil de nouvelles vraiment choc qui traite des différentes violences faites aux femmes. L’auteur le fait de façon vraiment percutante où se mélange sexe, violence, sang et souffrance mais aussi d’autres émotions. Ces textes ne sont pas tous au même niveau mais nous offrent vraiment de quoi réfléchir et m’a surtout vraiment laissé démuni devant le côté réaliste et plausible de certaines horreurs. Des nouvelles coup de poing qu’il ne dépendra qu’à vous de voir si vous voulez vous laisser tenter. Mais je vous aurai prévenu ce recueil ne vous laissera vraiment pas indifférent et risque d’en frapper plus d’un.

 

Ma Note : 8/10

Blacksad Tome 4, L’Enfer, le Silence – Diaz Canales & Guarnido

l-enfer--le-silence.jpg Résumé : « Sartre affirme que l’Enfer, c’est les autres. Je veux bien admettre que les autres peuvent nous rendre la vie insupportable, mais ils peuvent aussi être nos
compagnons de Paradis. Pour moi, l’Enfer c’est le néant, un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l’imagination, sans beauté qui exalte les sens… « 

 

Edition : Dargaud

 

Mon Avis : Je continue ma plongée dans l’univers de Blacksad avec ce quatrième tome, et dernier publié, des aventures du chat détective. Je dois dire que les trois premiers ont véritablement imposé cette série dans mon haut du tableau des séries de Bandes Dessinées policière. J’espérais donc retrouver ce niveau de qualité dans cet opus dont la couverture est cette fois à dominante bleue.

Blacksad va se retrouver à enquêter dans le milieu Jazz de la nouvelle Orléans grâce à Weekly qui lui a dégoté une enquête. Pour cela il doit retrouver un jazzman de grand talent. De nouveau les auteurs vont nous offrir une intrigue vraiment dense et complexe qui se place dans le monde de la musique et plus particulièrement du Jazz, gangrené par les problèmes de drogues et d’argent. Une intrigue vraiment intéressante et qui va vite se révéler passionnante et pleine d’action et de faux-semblants mais, comme dans le tome précédent, elle va se révéler trop dense pour les 56 pages de cette BD. Parfois on a l’impression d’une certaine confusion dans l’histoire, comme si les auteurs allaient trop vite. Rien de bien méchants tant l’intrigue reste captivante, mais ça se ressent.

Comme les tomes précédents les auteurs développent un univers vraiment travaillé et soigné dans les moindres détails. On est vraiment plongé dans ce monde rempli de musique, de souffrances, de fête et de drogues, le tout dans le cadre vraiment lumineux de la Nouvelle-Orléans, berceau du Jazz. Les auteurs nous offrent aussi quelques axes de réflexions intéressantes sur l’époque, principalement sur le monde pharmaceutique. Un univers toujours aussi proche du nôtre et qui se révèle vraiment plaisant et intéressant à découvrir.

Les personnages développés par les auteurs sont toujours aussi réussis et collent parfaitement à l’histoire et à l’univers mis en place. Ils se révèlent vraiment ambigus et complexes, et on a du mal à discerner leurs envies et ce qu’ils recherchent. Amour, pouvoir, souffrances, trahisons tout y passe de façon vraiment efficace et prenante. On retrouve toujours avec plaisir notre héros, Blacksad, qui possède un regard toujours assez cynique sur l’aventure mais qui possède un grand cœur. Un héros vraiment attachant et agréable à suivre.

Concernant les graphismes il s’agit toujours du point fort de la série. L’ambiance mise en place par le dessinateur colle toujours parfaitement à l’histoire et nous plonge vraiment dans l’intrigue. On retrouve dans ce tome plus de couleurs vives et brillantes qui collent parfaitement avec l’image qu’on se fait de La Nouvelle-Orléans et de sa ville toujours en fête. Mais l’obscur n’est jamais très loin que ce soit lors des soit disant séance de guérison ou les milieux  de la drogue ils sont toujours présents. Un trait toujours aussi vif et magnifique qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Voilà un quatrième tome toujours aussi réussi qui confirme tout le bien que je pense de cette série, mais, comme le tome précédent, l’intrigue vraiment dense et complexe fait parfois que les transitions sont mal annoncées et on s’y perd un peu.

En Résumé : Voilà encore un nouveau tome de cette série toujours aussi passionnant et réussi. L’intrigue est dense, complexe, nerveuse et on ne s’ennuie jamais mais, comme le Tome 3, certains passages sont assez confus. Rien de bien méchant. L’univers mis en place est toujours aussi soigné et efficaces et les personnages sont vraiment denses, réussis et attachants. Mais le grand point fort de cette série reste quand même la partie graphique qui nous plongé littéralement dans cette histoire et son ambiance. Des traits vraiment efficaces et magnifiques.

 

Ma Note : 8,5/10

Les Faucheurs sont les Anges – Alden bell

les faucheurs sont les anges Résumé : Temple n’a aucun souvenir du monde avant la chute.
Du monde avant les zombies, avant les camps de survivants, avant les plaines de suie où tombent les vivants et se lèvent les morts.
Temple a quinze ans, mais le temps de l’innocence est depuis longtemps révolu. Seule face à la nature, à ses miracles et à sa sauvagerie, elle est pourtant décidée à profiter de ce que la vie peut encore lui offrir, et à découvrir ce que dissimule l’horizon.
Et derrière cette adolescente au coeur simple et dur, habitée par le désir d’être juste, se profile l’ombre de l’homme qui a juré de la tuer.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Je suis un fan de tout ce qui tourne autour de la littérature de zombies. D’ailleurs, depuis quelques temps, ce genre de littérature prend de nouveau d’ampleur et je dois dire que ça me fait plaisir de découvrir ainsi de nouveaux romans de morts vivants. Les Faucheurs sont les Anges fait partie de cette catégorie, malgré le fait que le titre aurait pu faire penser le contraire. Je dois dire que je trouve que l’image de couverture colle parfaitement au livre, mais je trouve de plus en plus dommage que la couverture soit de plus en plus polluée visuellement par des bandeaux de communication publicitaire vantant la réussite du livre à l’étranger.

Ce roman est différent des romans classiques de zombies, on est loin de la frénésie de la catastrophe ou de la tentative de survie désespérer. Il s’agit plus d’un roman humaniste, d’un bout de voyage. On suit ici les aventures de Temple, 15 ans, qui n’à jamais connu la vie avant la catastrophe et qui sillonne les Etats-Unis sans but. L’auteur cherche plus dans ce livre à nous dévoiler une peinture de la société après l’arrivée des zombies et aussi de nous montrer la beauté cachée dans ce monde. Mais je dois dire que l’auteur n’arrive pas toujours à réussir son pari. Il y a des fois où, oui, je me suis senti emporté devant la beauté de ce monde, mais de temps en temps l’auteur se perds dans des descriptions un peu trop longues ce qui gâche toute imagination et empêche d’être emporté.

Alors comme je l’ai dit, ce livre n’est pas centré sur les zombies, mais plus sur le voyage à travers les Etats-Unis, mais aussi intérieur de Temple, le tout, dans un monde ou l’humanité tente de redresser la tête difficilement. Mais voilà il y a quand même pas mal de soucis dans l’univers mis en place, que ce soit d’un point de vue nourriture, boissons, essence ou autre on n’a pas vraiment l’impression que ce monde soit sinistré, tout est encore disponible et Temple n’a aucun soucis pour trouver de quoi se nourrir ou de quoi faire avancer une voiture, ce qui est assez surprenant dans un monde qui a connu le chaos et qui devrait être pillé depuis des années.

On suit tout au long de ce livre le voyage de Temple, qui correspond en fait à un patchwork de rencontres et d’escales dans son périple. Certains de ses arrêts sont vraiment intéressants, prenants et même des fois poignants, mais certains autres paraissent vraiment sans surprises et parfois un peu trop classiques. Je pense principalement au passage avec les mutants qui ressemble fortement à un film de série B et qui m’a paru un peu farfelu et convenu, tandis que des passages comme dans le phare, la conclusion du roman ou encore le train m’ont vraiment captivé et passionné.

Les personnages sont vraiment intéressants à suivre et ne manquent pas de profondeur. L’auteur traite de sujet vraiment intéressant tel que la rédemption, la seconde chance ou encore l’humanité et il les traite de façon intéressante malgré quelques lourdeurs. Temple et L’Idiot sont vraiment des personnages à qui on s’attache quand même facilement mais j’avoue que Moïse par contre a eu du mal à vraiment m’intéresser et me passionner. Comme tout récit se situant après une grande catastrophe la religion est très présente, ce qui ne me dérange pas, mais m’a paru vraiment mal exploité et apporte souvent pas grand-chose au déroulement de l’histoire ou au développement de l’intrigue.

Le style de l’auteur n’est pas mauvais, il arrive par moment à vraiment nous emporter et nous faire admirer la beauté de ce monde, mais des fois il se perd dans des phrases et des descriptions trop longues. De plus l’auteur a voulu écrire son roman dans un style vraiment proche de La Roue, mais n’est pas McCarthy qui veut et l’auteur n’arrive pas à retrouver ce style percutant. Au final un récit humaniste qui offre un moment de lecture agréable mais qui est loin d’être parfait pour complètement m’emporter.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment avec ce livre. Il a réussi à m’offrir une histoire avec des moments pleins d’émotions et d’humanité où l’auteur nous dévoile certaines beautés de ce monde, à travers un voyage ou va se mêler rédemption, souffrance et seconde chance. Dommage que l’auteur parfois se perde dans des phases de descriptions trop longues. De plus certains soucis logistiques apparaissent, on trouve par exemple de la nourriture ou de l’essence avec une facilité déconcertante. Les personnages de Temple et de l’idiot sont vraiment profonds et attachants mais j’ai eu un peu de mal à vraiment me passionner pour Moïse Todd. Concernant la plume de l’auteur elle n’est pas mauvaise, mais à trop vouloir ressembler au style de roman La Route l’auteur s’est perdu.

 

Ma Note : 7/10

Natalie Lindstrom Tome 1, Regard Violet – Stephen Woodworth

regard violetRésumé : La police les appelle les Violets. A chaque génération, quelques individus naissent avec les yeux de cette couleur. Ils ont le don incroyable de permettre aux morts de revenir témoigner contre leurs assassins. C’est l’arme secrète de ceux qui luttent contre le crime. Natalie Lindstrom est de ces gens exceptionnels qui appellent les morts à la barre dans les procès pour meurtre.
Mais un tueur a entrepris d’éliminer tous ceux qui, comme elle, ont ce don. Et de fermer leurs yeux pour toujours.
L’agent du FBI Dan Atwater doit assurer la protection de Natalie, tandis que son esprit est déjà assailli par les cris d’agonie des victimes…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Voilà un nouveau roman qui a rejoint ma PAL lors de l’offre du 1er avril proposé par Bragelonne où on pouvait trouver une centaine d’ebook pour 99cts. Je dois dire que le quatrième de couverture de ce livre me paraissait vraiment tentant et offrait des idées vraiment intéressantes et j’avais hâte de savoir comment l’auteur allait s’en sortir. Par contre, je ne suis pas vraiment fan de la couverture, certes elle remplit son rôle intriguant, mais ne m’a pas vraiment convaincu.

Je dois dire que je sors plutôt mitigé de cette lecture, pas qu’elle ait été complètement mauvaise, mais elle ne m’a pas vraiment emballé plus que cela. Pourtant il y a de très bonnes idées dans ce livre, mélange de policier et de fantastique; l’auteur revisitant de façon efficace le mythe du Medium à travers des individus aux yeux violets qui entrent en contact avec les personnes mortes. Il revisite aussi de façon intéressante cette vie au-delà de la mort qui se révèle vraiment sombre et va sérieusement affecter les Violets qui entrent en contact avec eux. Les contacts mort/vivants sont prenantes et parfois poignantes et la solitude se ressent pleinement. Ces idées se révèlent vraiment originales et m’ont vraiment parues fascinantes et bien travaillés.

Mais voilà là où le bât blesse c’est dans la construction de l’histoire en elle-même, on n’écrit pas un livre comme on écrit un film. On retrouve tous les classiques de certains films policiers d’il y a quelques années, en passant par l’agent du FBI qui cache un secret, la protection de témoin avec une idylle entre nos héros, la découverte du lourd secret qui va remettre en causse l’idylle etc… Et même si l’intrigue sur les meurtres se révèle assez intéressante, elle a du mal à complètement nous happer tant le reste autour est classique, surtout sans surprise et aussi légèrement plombé par des descriptions à rallonge qui fait que, vraiment, on a l’impression de prendre son temps. Heureusement la conclusion nous happe un peu plus par un côté nerveux, plein de rebondissements et de retournement de situations efficaces.

Les personnages mis en place par l’auteur se révèlent vraiment intéressants au pont de vue émotionnel, on ressent vraiment leurs sentiments, leurs souffrances et leurs envies, on s’attache quelque peu à eux, principalement aux violets et leurs souffrances liés à leurs différences. Mais voilà du point de vue des interactions j’ai trouvé qu’elles paraissaient assez simpliste et toujours ce côté parfois sans surprise comme l’idylle amoureuse qu’on voit arriver rapidement et de plus ils manquent vraiment de profondeurs d’histoire, on ne sait d’eux que ce qui permet le déroulement de l’histoire sans jamais vraiment développer, ce qui fait qu’on est jamais non plus convaincu par ces protagonistes.

L’écriture de l’auteur a du mal à vraiment s’imposer, elle se révèle simple, mais manque vraiment de punch pour fasciner le lecteur, on a plus l’impression de lire un film avec tous ses détails que de lire un livre. Et pourtant se livre n’est pas complètement mauvais, l’auteur arrive à apporter des chose vraiment originales à l’univers, les personnages attachent par leurs émotions et la conclusion ne manque pas de nervosité et quelques retournements de situations bien jaugés. Mais voilà au final ce livre se révèle une lecture moyenne. Après ce n’est que le premier tome d’un cycle et aussi un premier roman il faudrait voir par la suite, mais je dois dire que je ne pense pas lire la suite rapidement.

En Résumé : Je sors vraiment mitigé de ma lecture, un premier roman qui possède de bonnes idées et qui revisite le mythe de médium de façon originale mais dont l’histoire est tellement classique et l’auteur trop descriptif fait qu’on a du mal à complètement plonger dans l’intrigue. Les personnages sont sur le plan émotif attachants, mais manquent quand même de profondeurs et les interactions entre eux sont vraiment trop simplistes. Heureusement la conclusion gagne en nervosité et en surprises. Je lirai peut être la suite un jour pour voir si l’auteur s’améliore, mais pas tout de suite.

 

Ma Note : 5,5/10

Elmer – Gerry Alanguilan

elmer.jpgRésumé : Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer, il n’arrive pas à trouver de travail, son père vient de faire une crise cardiaque, Son frère Freddie est devenu une star du cinéma, mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasques sentimentales de sa sœur May qui s’est mise en tête d’épouser… un humain. Car les Gallo, comme les autres poules et coqs du monde entier, sont subitement devenus conscients en 1979 au grand désarrois de l’espèce humaine. Suite au décès de son père, Jake va découvrir l’histoire de sa famille et de son père, Elmer, qui fait partie de la génération des coqs qui ont dû apprendre à cohabiter avec les hommes.

Edition : çà et là

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que je n’avais jamais entendu parler de cette Bande Dessinée ou de son auteur avant que Plumeline (son blog) m’en parle lors du dernier Tea Time Book Show. La couverture ainsi que le quatrième de couverture m’ont vraiment accroché et j’ai donc décidé de lui emprunter pour me faire mon propre avis sur ce roman graphique. Je remercie donc Plumeline pour la découverte de ce livre.

Jake Gallo est un coq qui à du mal à s’intégrer, car oui les coqs, depuis 1979, sont devenus conscients, peuvent parler et réfléchir. A la mort de son père il va recevoir son journal qui va lui faire découvrir un nouvel aspect de sa famille. Je dois dire que ce qui ressort de ce roman graphique c’est son côté poignant, surprenant et plein d’émotions. On passe facilement du rire, aux larmes ou encore à la souffrance dans cette BD. L’auteur traite avec cette BD de différents problèmes de notre société que ce soit l’acceptation des autres et de leurs différences, le massacre d’ethnies, l’intolérance des gens, mais aussi de problèmes plus intimistes comme les relations familiales et surtout la relation père/fils qui est le véritable fil conducteur de l’histoire.

Un roman profondément humain et traité de façon très originale et intimiste qui ne laisse pas indifférent le lecteur. Le fait que les héros soient des animaux rend d’ailleurs universel les sujets traités par l’auteur, on ne peut que tous se reconnaitre dans cette histoire. Mais voilà, autant l’auteur arrive à nous plonger et à nous faire ressentir les sentiments et les émotions et les critiques de son oeuvre, autant je trouve que le déroulement de l’histoire offre une approche un peu convenue, un peu déjà-vu avec cette histoire de journal intime et surtout sans surprise. Rien de bien méchant car oui, on est fasciné par cette critique de cette société qui se révèle captivante et surtout si vrai.

Les personnages, qu’ils soient humains, poules ou coqs sont vraiment captivants, soignés et attachants. On ne peut que se retrouver un peu dans chacun des personnages présents dans cette BD. La folie, l’incompréhension, la haine, l’indifférence etc… beaucoup de sentiments sont retranscrits devant le bouleversement que va provoquer le réveil à la conscience des poules et coqs et l’auteur arrive vraiment à les rendre convaincant que ce soit par des dialogues forts, des interactions efficaces mais aussi par les traits des personnages qui se révèlent vraiment prenants et réalistes.

Les traits et les graphismes sont vraiment vivants et captivants tout au long du roman. L’auteur arrive vraiment à nous plonger dans son histoire et surtout arrive à retranscrire fidèlement les émotions des personnages qu’ils soient humains ou animaux. Que ce soit les scènes de massacres, de souffrances ou les scènes plus intimistes les graphismes sont une vraie réussite et le fait d’avoir opté pour le noir et blanc plutôt que la couleur offre un aspect vraiment intimiste à ce livre. Je reprocherai juste, par moment, un côté un peu confus, parfois on passe d’une scène à l’autre sans tout comprendre tout de suite. En tout cas voilà une BD touchante qui traite de sujets universels de façon poignant et convaincante et qui mérite, selon moi, d’être découvert.

En Résumé : J’ai vraiment passé un bon moment avec cette Bande Dessinée qui nous offre une histoire, certes déjà vue et sans véritables surprises, mais qui se révèle poignant, prenante, traitant de sujets universels et vraiment sensibles tel que l’acceptation et la famille de façon originale et efficace. Les personnages qu’ils soient animaux ou humains sont vraiment attachants et bouleversants. L’auteur a su aussi nous offrir des graphismes vraiment intimistes et réussi, retranscrivant de façon vraiment réussie les émotions de chacun, même si parfois le tout parait légèrement confus. Une BD à découvrir selon moi.

 
Ma Note : 8/10

Page 150 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre