Auteur/autrice : BlackWolf Page 53 of 202

Jardin D’Hiver – Olivier Paquet

jardin d'hiverRésumé : Dans le contexte du réchauffement climatique, un conflit est né en Europe entre des ingénieurs réunis sous la bannière du Consortium et des groupes écoterroristes de la Coop. Cette guerre dure depuis près de 20 ans, suite à un incident appelé « le crime du siècle ». Chaque camp a développé ses propres armes : des animaux-robots pour les ingénieurs, des plantes mécanisées pour les écologistes.
La Tchaïka, que pilote Natalia, abrite une bande de cosaques qui récupèrent des pièces détachées après les combats et dont la philosophie se résume à cette maxime : « Nous sommes des contrebandiers, des gens qui refusent d’appartenir à un camp au nom de notre choix d’emmerder le monde. »
Un soir, sur un champ de bataille, ils tombent sur un inconnu amnésique au comportement étrange. Cette découverte leur fera traverser l’Europe à la recherche du passé de l’homme qu’ils ont accueilli et des germes du futur.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent ce blog, ils savent qu’Olivier Paquet fait parti des auteurs dont je suis les sorties littéraires avec attention. En effet ces précédents romans m’ont toujours fait passer de bons moments de lecture, offrant des récits intelligents, poétiques et efficaces. C’est donc sans surprise que, quand son dernier roman a été publié, ait rejoint rapidement ma PAL avec l’envie de découvrir ce qu’il allait bien pouvoir offrir. A noter aussi la couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve franchement magnifique.

Récits en meute ! (1)

Bon, nouvelle chronique que je lance. A voir si je la tiendrai sur la durée et si vous, lecteurs de ce blog, êtes intéressé. En effet depuis quelques semaines maintenant, je me suis mis à lire des nouvelles, voir des novella, qui sont disponible sur le net, que ce soit par des éditeurs, des magazines ou d’autres sites.  Vu qu’écrire un article complet sur une nouvelle me paraissait exagéré j’ai donc décidé de créer une chronique qui regrouperait ce genre de lecture. Je pense aussi y inclure les textes achetés à l’unité qu’il m’arrive de me procurer. N’hésitez pas à me faire des retours sur l’intérêt que vous portez à ce genre d’articles.

the lithany of earth

Sharakhaï Tome 1, Les Douze Rois de Sharakhaï – Bradley P. Beaulieu

les douze rois de sharakhaiRésumé : Dans les arènes de Sharakhaï, la perle ambrée du désert, Çeda combat tous les jours pour survivre. Comme de nombreux autres, elle espère la chute des douze Rois immortels qui dirigent la cité depuis des siècles. Des souverains cruels et tout-puissants qui ont peu à peu écrasé tout espoir de liberté, protégés par leur unité d’élite de guerrières et les terrifiants asirim, spectres enchaînés à eux par un sinistre pacte. Tout change lorsque Çeda ose braver leur autorité en sortant la sainte nuit de Beht Zha’ir, alors que les asirim hantent la ville. L’un d’eux, coiffé d’une couronne en or, murmure à la jeune fille des mots issus d’un passé oublié. Pourtant, elle les connaît. Elle les a lus dans un livre que lui a légué sa mère. Et le lien que Çeda découvre entre les secrets des tyrans et sa propre histoire pourrait bien changer le destin même de Sharakhaï…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Comme tous les ans, Bragelonne nous propose de découvrir son coup de cœur de l’année. J’avoue, avec le temps, j’ai pris cette expression avec des pincettes tant j’ai connu des hauts et des bas avec ces fameux coup de cœur de l’éditeur. Cette année c’est donc ce premier tome de la série Sharakhaï qui est mis en avant et j’avoue que j’ai rapidement craqué, que ce soit pour son résumé efficace et accrocheur et aussi pour sa couverture, illustrée par Marc Simonetti, que je trouve superbe.

The Memoirs of Lady Trent Book 2, The Tropic of Serpents – Marie Brennan

the tropic of serpentsRésumé : Three years after her fateful journeys through the forbidding mountains of Vystrana, Mrs. Camherst defies family and convention to embark on an expedition to the war-torn continent of Eriga, home of such exotic draconian species as the grass-dwelling snakes of the savannah, arboreal tree snakes, and, most elusive of all, the legendary swamp-wyrms of the tropics.
The expedition is not an easy one. Accompanied by both an old associate and a runaway heiress, Isabella must brave oppressive heat, merciless fevers, palace intrigues, gossip, and other hazards in order to satisfy her boundless fascination with all things draconian, even if it means venturing deep into the forbidden jungle known as the Green Hell . . . where her courage, resourcefulness, and scientific curiosity will be tested as never before.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : Je continue ma découverte des aventures Lady Trent qui m’a convaincu avec un premier tome vraiment intéressant, que ce soit concernant les dragons comme dans la vision de cette héroïne qui se bat contre son époque (ma chronique ici). Une Fantasy différente, plus d’ambiance et de réflexion. C’est donc sans surprise que j’ai rapidement fait rentrer cette suite dans ma PAL VO. J’avoue que j’avais hâte de voir comment l’auteur allait renouveler son récit dans ce second tome. Concernant les illustrations de Todd Lockwodd, que ce soit celle de la couverture comme celles qui parsèment le récit, elles sont toujours aussi magnifiques, apportant un vrai plus à l’objet en lui-même. Par contre, je préviens d’avance, je risque de spoiler le tome 1 pour mettre en avant les évolutions dans cette suite, donc si vous ne l’avez pas encore lu il vaut peut-être mieux passer votre chemin.

Yaak Valley, Montana – Smith Henderson

yaak valley montanaRésumé : Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police.
Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie. Pearl qui s’est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu’il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.
Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu…

Edition : Belfond

 

Mon Avis : J’avoue, je me suis lancé dans la découverte de ce roman un peu sur un coup de tête. Le récit contemporain n’est pas obligatoirement le genre de lecture que je cherche en premier lieu, mais il m’arrive parfois d’avoir envie de sortir, on va dire, de ma zone de confort et ainsi découvrir d’autres types de romans. Pour éviter tout malentendu, par ce que je viens de dire je ne critique pas les autres genres, juste qu’il y a tellement à lire dans l’Imaginaire que, si je ne me sens pas des envies de découvertes, il est rare que je me lance dans d’autres lectures. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce livre au résumé que je trouvais accrocheur dans son aspect rêve brisé, je me suis rapidement laissé tenter. Je remercie donc Babelio et les éditions Belfond pour cette découverte.

Ce roman nous propose ainsi de suivre une tranche de la vie de Pete, un assistant de service social qui nous fait suivre son quotidien, nous faisant découvrir des personnages brisés par la vie. Sauf que Pete n’est pas non plus un héros stable, étant en plein divorce avec une fille en pleine fugue. Le récit suit ainsi trois fils rouges celui de Cecil jeune adolescent troublé, violent qui déteste sa mère, la famille Pearl qui a plongée dans la religion au point de limite devenir des ermites et la fugue de la fille du héros. Ce récit nous offre alors une histoire de désenchantement, il est un peu l’anti rêve américain qui nous propose une image plus nuancée, plus sombre de la grandeur des Etats-Unis. Déjà il faut remettre en place le contexte, on se situe en pleine fin des années 70, Carter va perdre sa présidence au profit de Reagan, les USA sont en pleine crise de récession, les interventions du gouvernement dans la vie des gens sont de plus en plus rejetés, l’influence de la monnaie, mais aussi de nombreuses autres problématiques. Au milieu de tout cela on suit Pete, qui essaie de faire le maximum possible le bien autour de lui, mais qui parait seul, devant couvrir un territoire immense, à tenter avec des astuces et des bouts de ficelles d’offrir un minimum de décence a des familles brisées. Alcool, drogue, folie, voilà le quotidien que rencontre notre héros.

Une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre. Certes il faut savoir dès le départ que ce n’est pas le livre le plus joyeux qui soit, même si une petite dose d’espoir transparait toujours, mais il s’est révélé saisissant et poignant. J’ai ainsi été rapidement captivé, attiré que ce soit par notre héros, comme par les différents personnages qu’il croise et rencontre. On est plongé dans le côté rural des USA, avec quelques passages dans des grandes villes, à la découverte de ces grands espaces, de ces petites municipalités où tout le monde se connait. Une véritable grandeur, un sentiment de liberté et de fragilité se dégage des lieux qu’on découvre. Mais c’est principalement dans le portrait des personnages que le roman gagne en intensité et en intérêt. Chaque personnage que l’on découvre est une sorte de plaie ouverte, d’image d’une société en pleine souffrance, qui crée des inégalités, des tensions, des souffrances. Celui qui ressort est bien entendu Pete, qui cherche plus à faire le bien autour de lui qu’à lui-même, lui aussi d’une certaine façon marqué par la vie et qui pourtant continue à se battre. Un héros rempli de défauts et de qualités, dont on s’attache assez rapidement et facilement.

Attention ce roman n’est nullement une critique profonde et acerbe de notre société, ce n’est pas ce que chercher l’auteur, il montre juste à travers nos héros les limites des institutions et ce qui en découle, même quand elles sont bien gérées. Chaque protagoniste est ainsi un être « unique », qu’on découvre au fil des pages dans leurs secrets, leurs tourments, leurs rêves et leurs envies. Ils sont soignés, humains et surtout intéressants à découvrir dans leurs mal-êtres comme dans leurs quelques moments de joies et de bonheurs. L’auteur nous offre aussi, comme pendant, des personnages secondaires, plus « heureux », plus terre-à-terre, comme si la stabilité d’une personne, d’une famille, dépendait de peu de choses. Le récit évite aussi tout manichéisme et tout effet guimauve ce qui est, je trouve, une bonne chose évitant de vous loir nous présenter un Pete trop parfait, ce qui est loin d’être le cas tant il traîne aussi des « casseroles ». Les différents portraits sont ainsi saisissant et nous font clairement réfléchir sur cette misère, cette souffrance et sur la cause. Ce qui m’a le plus marqué et touché c’est la famille Pearl cette lente plongée dans une folie, qui trouve ses origines dans cette époque, et dont je ne dirai rien sur eux pour éviter de trop en dévoiler.

Autre point intéressant ce sont les questions que soulève l’auteur au fil des pages que ce soit sur la notion de liberté, le pouvoir, l’argent, l’anarchie, la famille, l’enfance, la folie ou bien encore sur la collectivité, son utilité, son apport.  Certaines de ses réflexions sont tout de même très typées américaines, mais pour la majorité elles restent d’actualité et ne laisse pas indifférent. Comme par exemple concernant notre vision des autres. La principal question soulevé vient, je trouve, de notre place dans la société. Que ce soit à l’époque du livre, comme maintenant il y a toujours cette idée, ce besoin de se sentir utile sous peine de se perdre. Autre point intéressant du roman c’est qu’il ne prend  jamais parti, ne cherche jamais à nous influencer. Au final chacun y verra dedans ce qu’il a envie de voir, autant synonyme de fin que d’espoir, surtout que vu qu’il s’agit d’un roman que j’appelle « tranche de vie » il n’a pas de véritable conclusion. On s’arrête bien à un moment où beaucoup de choses se résolvent, mais la vie continue.

Après certains points m’ont tout de même légèrement dérangé dans ce récit. Le premier vient que certaines longueurs se font ressentir, principalement je trouve, dans le dernier tiers du livre. Rien de bien méchant, mais je dirai qu’une cinquantaine de pages en moins le roman aurait été encore plus percutant. Ensuite, j’ai trouvé que l’auteur cherchait peut-être un peu trop une sorte de happy end sur la fin. Certes l’ensemble est teinté d’amertume, mais voilà il cherche à trop bien faire, même si ça colle parfaitement à l’idée de seconde chance. Autre point qui pourrait déranger certains, l’aspect religieux est très présent tout le long. Pas dans le sens lourd ou ennuyeux, mais dans la vie des certains et dans l’idée de rédemption. Concernant la construction du récit j’ai bien aimé l’alternance entre le combat de Pete et des passages d’interview sur la fugue de la fille du héros. Ce jeu de questions/réponses laisse ainsi planer le doute comme s’il s’agissait du narrateur qui répondait, apportant ainsi un autre éclairage. Alors sur la fin ça m’a paru légèrement répétitif et un peu longuet, mais dans l’ensemble j’ai trouvé l’idée intéressante et efficace. La plume de l’auteur s’avère fluide, saisissante dans son travail de description et captivante. Pour un premier roman (si j’ai bien compris), il m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de plonger dans les Etats-unis du début des années 80, en pleine crise. On suit Pete, assistant de service social, qui va nous faire découvrir de nombreux portraits loin du rêve américain. On est rapidement happé par ses personnages brisés, dévoilant les limites d’un système qui, même bien géré, reste imparfait. Pete, le héros, s’avère vraiment captivant à découvrir, entre ses failles et ses envies il est loin d’être parfait mais cherche à amener du bon aux autres. Les protagonistes qui gravitent autour ne manquent pas non plus d’attraits, entre laissé pour compte et rejeté de tous ou bien ceux stables et plus heureux, il montre que le bonheur ne repose finalement sur rien. L’auteur nous fait découvrir aussi les grands espaces du Montana, à la fois fascinant offrant des décors synonyme de liberté. L’auteur n’oublie pas non plus de nous offrir de nombreuses réflexions que ce soit sur nous-même, la société, la famille, le pouvoir. Alors après je regretterai peut-être certaines longueurs, ainsi qu’une fin cherche un peu la conclusion heureuse, mais rien de vraiment gênant. La plume de l’auteur est saisissante, fluide et prenante nous plongeant facilement dans ce roman percutant et saisissant.

 

Ma Note : 8/10

Récits du Demi-Loup Tome 2, Les Terres de l’Est – Chloé Chevalier

recits du demi-loup 2 les terres de l'estRésumé : Deux ans ont passé.
La Preste Mort poursuit ses ravages et la scission entre les deux domaines du royaume, Véridienne et les Éponas, se creuse chaque jour davantage. Aux deux Suivantes, Lufthilde et Nersès, il revient d’œuvrer dans l’ombre de leurs reines pour éviter le pire. Ballottées entre la frivolité de Calvina, les lubies imprévisibles de Malvane et la colère grandissante des comtes et du peuple, l’une comme l’autre peinent à se montrer à la hauteur de la tâche.
Tandis que de vieilles querelles de jeunesse se muent peu à peu en dangereux jeux de pouvoir, à l’Est, l’Empereur tourne son regard et ses légions vers le Demi-Loup. Pour Cathelle et Aldemor, la Suivante et le prince renégats, l’heure approche de sortir de l’ombre et, enfin, de prendre leur revanche.

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : L’année dernière, pour la rentrée littéraire, Les Moutons Electriques nous proposait de découvrir une jeune auteure, Chloé Chevalier, pour le premier tome de son cycle, Véridienne. Ce roman m’avait ainsi offert un très bon moment de lecture que ce soit à travers des personnages intéressant, mais aussi une intrigue efficace et un univers attrayant (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que je me suis rapidement lancé dans cette suite qui profite de la rentrée littéraire 2016 pour se dévoiler. A noter de nouveau une très belle couverture, illustrée par Melchior Ascharide.

On se retrouve ici deux après la rupture abrupte du premier tome qui avait vu le prince Aldemor et la suivante Cathelle banni de Véridienne. Calvina est partie reprendre son trône des Eponas tandis que Malvanne tentait de s’impliquer de plus en plus dans la politique de son pays. Sauf que la Peste Mort continue à toucher fortement, ce qui va amener de profondes dissensions, le Demi-Loup se retrouvant menacé autant en interne que par l’extérieur. Si je devais situer les deux premiers volumes de ce cycle, je dirais que le premier tome correspondait à celui de la jeunesse et de l’insouciance, le second, lui, plonge nos héros dans le monde adulte, se révélant plus mature, plus nuancé mais aussi, d’une certaine façon, plus dure. C’est, je trouve, une des grandes forces de ce récit, avoir réussi à faire évoluer son intrigue et ses personnages de façon vraiment convaincante tout en gardant cette touche « humaine » qui en faisait les qualités du premier tome. On replonge ainsi très facilement dans cette suite qui va alors nous offrir une histoire plus tendue, faite de trahisons, de mensonges et de jeux de pouvoirs qui vont déchirer les personnages mais aussi le pays. Un déchirement qui ne va au final laisser personne indemne où les liens vont exploser face aux différentes manipulations et différents mensonges. Le tout est toujours porté par un rythme posé, profond, mettant ainsi en place de façon efficace les différents éléments pour nous plonger facilement au fil des pages dans le récit.

Concernant l’univers, il est toujours aussi captivant à découvrir surtout que l’auteur, pour ce tome, décide de ne plus se consacrer qu’au Demi-loup. En effet ce second tome va nous dépayser, nous faire voyager à travers différents personnages ce qui permet ainsi de densifier encore un peu plus ce monde de façon intéressante et qui donne envie d’en apprendre plus. On y retrouve toujours cette ambiance un peu décadente concernant le Demi-Loup, pays qui manque de leader et commence à se déchirer, mais voilà le fait de découvrir plus en avant les terres de l’Est ou encore l’Empire apporte aussi d’autres visions différentes, une touche plus dépaysante qui est franchement bienvenue. Surtout que l’ensemble est toujours bien porté par des descriptions soignées qui font qu’on se retrouve assez facilement et rapidement transporté. La coutume des Suivantes continue à prendre de l’ampleur maintenant que les Princesses montent au pouvoir et même si elles ressemblent finalement à un « bras droit », j’apprécie la façon dont elles sont choisies et liées, ainsi que leurs évolutions et leurs influences dans ce second tome. L’aspect politique gagne aussi en intensité, chacun des personnages a commencé a devoir prendre son destin en main et donc par conséquent les responsabilités qui en incombent, sauf que cela ne se fait pas sans anicroches et risque de fortement modifier les liens du pays, parfois pour des raisons personnelles.

Concernant les personnages, ils restent pour moi le gros point fort du récit, tant l’auteur construit de héros denses, travaillés et surtout humaines. Elle alterne ainsi avec facilité, je trouve, entre l’influence de chacun dans l’aspect politique, tout en nous dévoilant des passages plus intimes, complexes, comme par exemple dans la quête de qui ils sont vraiment. Chacun des héros possède ainsi le besoin de se rassurer, de se découvrir pour pouvoir, sur ces bases, imposer leurs volontés et leurs envies. L’insouciance est ainsi terminée, il faut grandir. Les tensions commencent aussi à prendre de l’ampleur, que ce soit le couple Cathelle et Aldémor face à a « trahison » qu’ils ont vécus et aux mensonges qu’on leur a cachés. Mais aussi Malvanne et Calvina qui, déjà dans le premier tome, avait ce sentiment mêlé d’amour et de haine et qui continue à se ressentir avec de possibles graves conséquences dans les jeux qu’elles jouent. Seules Nersès et Lufthilde ont conservé le lien qui les liait, principalement dans leurs quêtes de leurs histoires, leurs passés. Là où parfois j’avais envie de les secouer dans le premier tome, ici chacun des protagonistes s’impose plus et, qu’on adhère ou non à leurs actes, on les comprend. Alors après on pourrait regretter que certains soient moins présents dans ce tome, mais je ne doute pas que ce soit pour mieux les remettre en avant par la suite. Les personnages secondaires restent toujours aussi intéressants à découvrir et l’auteur nous amène même de nouveaux personnages qui ne manquent pas d’attrait et devraient prendre de l’ampleur par la suite. Par contre, je regrette toujours un peu l’absence de variation dans l’écriture de chacun des héros, ce qui fait qu’il n’est pas toujours facile de les différencier sur leurs plumes, mais rien de bloquant non plus.

Je soulignerai au final juste deux points, le premier vient de la conclusion. Je ne remets nullement en cause son intérêt et ce qu’elle ouvre, mais, je ne sais pas trop, je l’ai trouvé trop abrupte comme si on avait coupé un tome en deux et que je venais de terminer la première partie. Ensuite, le second point vient d’une légère « facilité » qui parfois se dégage des quêtes de chacun. Je ne dis pas que les héros ne rencontrent aucune péripéties, ni ne vont connaitre de souffrances dans les voies qu’ils se sont tracés, loin de là tant certaines sont marquantes, mais certaines ellipses font que parfois cela se résout trop vite je trouve. Bon après rien de gênant tant ce second tome confirme tout le bien que je pensais de cette série, bien porté par une plume fluide, vivante, efficace et prenante. Je lirai sans soucis et avec grand plaisir le troisième tome de ce cycle.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec ce second tome du cycle du Demi-Loup. Après un premier tome efficace qui se voulait insouciant, celui-ci nous plonge dans une intrigue plus sombre, plus mature. Nos héros entrent dans l’âge adulte, les liens se tendent, les mensonges et les trahisons se font et se défont. Le tout est toujours amené à travers un rythme posé, permettant au récit de se mettre en place de façon soigné et réussi. L’univers continue à se développer et à se densifier au fil des pages, l’auteur nous permettant ainsi de visiter d’autres régions. Les personnages sont l’un des points forts du roman, se révélant toujours aussi denses, travaillés et humains. Ils grandissent et par la même occasion doivent évoluer dans un monde en plein bouleversement. Je regretterai juste une conclusion un peu trop abrupte, je trouve, comme si on avait coupé un tome en deux, une certaine simplicité qui se ressent dans certaines ellipses permettant de traiter rapidement un problème, ou bien encore une certaine difficulté à reconnaitre chaque personnage selon leur plume. Au final rien de non plus trop gênant tant j’ai été de nouveau emporté par ce second tome, bien porté par une plume fluide, entraînante et efficace. Je lirai avec grand plaisir le troisième tome quand il sortira.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : PtiteTrolle, Juste A Word, Ptitelfe, Ours inculte, Boudicca, Carolivre, Xapur, …

Page 53 of 202

© 2010 - 2026 Blog-o-Livre