Auteur/autrice : BlackWolf Page 55 of 202

Mes Achats du mois de Juillet 2016

Comme souvent avec l’arrivée de l’été, je me calme un peu niveau achats de livres. Ce mois de juillet n’a donc pas vu ma PAL trop exploser, puisque seulement quatre nouveaux livres ont rejoint ma bibliothèque.

Juillet-16

Voilà sur quoi j’ai craqué pour ce mois de juillet 2016 :

  • Le Mont 84 de Yves & Ada Rémy aux éditions Dystopia. Après avoir été happé par Les Soldats de la Mer il y a quelques années, je me suis donc facilement laissé tenter par ce livre.
  • Origines Tome 3, Club Uranium de Stéphane Przybylski aux éditions Le Bélial’. A peine rentré dans ma PAL que ce livre est déjà lu et chroniqué ici.
  • Terre de Héros Tome 3, Jusqu’à l’Âme de Richard Morgan aux éditions Bragelonne. Un troisième tome que, même si le cycle a des hauts et des bas, j’attendais avec impatience pour savoir comme allait conclure l’auteur.
  • Moi, Cthulhu de Neil Gaiman aux éditions La Clef d’Argent. Un petit livre qui m’a fait rapidement de l’œil et a fini dans ma PAL.

Au final un mois de juillet sage, mais avec tout de même de belles entrées en espérant de très bon moments de lecture.

Dangerous Women, Part 2 – Anthologie dirigée par George R.R. Martin & Gardner Dozois

Dangerous WomenRésumé : All new and original to this anthology, the twenty-one stories in Dangerous Women include work by twelve New York Times bestsellers, and seven stories set in the authors’ bestselling continuities-including a new « Outlander » story by Diana Gabaldon, a tale of Harry Dresden’s world by Jim Butcher, a story from Lev Grossman set in the world of The Magicians, and a 35,000-word novella by George R. R. Martin about the Dance of the Dragons, the vast civil war that tore Westeros apart nearly two centuries before the events of A Game of Thrones.
Also included are original stories by Brandon Sanderson, Joe Abercrombie, Sherrilyn Kenyon, Lawrence Block, Carrie Vaughn, S. M. Stirling, Sharon Kay Penman, and more.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : Après vous avoir fait découvrir mon avis sur les onze premiers textes de cette anthologie (ma chronique ici), je vous propose maintenant de nous lancer dans la découverte des dix dernières nouvelles.

The Girl in the Mirror de Lev Grossman : Cette nouvelle se situe dans l’univers des Magiciens, dont j’ai pas mal entendu parlé, publié en VF, mais qui ne m’a pas encore convaincu de lui laisser une chance. J’espérais que cette nouvelle jouerait le rôle de déclencheur, et il a presque failli réussir. En effet le démarrage de cette nouvelle se révèle vraiment intéressante par son ton, le style de l’auteur qui se révèle efficace et percutant, proposant de nombreuses références à la Harry Potter, tout en les prenant à contre-pied ainsi qu’une intrigue plutôt intéressante et pleine d’humour. L’héroïne que l’on suit possède un petit quelque chose d’attrayant qui donne envie d’en apprendre plus sur elle. Sauf que voilà l’ensemble se révèle clairement linéaire et surtout la conclusion tombe à plat et m’a légèrement déçu. Dommage, car il y a du potentiel.

Second Arabesque, Very Slowly de Nancy Kress : De Nancy Kress j’ai lu quelques nouvelles et novella qui m’ont plus ou moins convaincu. Je me lançais donc dans ce texte avec réserve, ne sachant pas à quoi m’attendre. Et finalement je ressors plus qu’agréablement surpris et convaincu. L’auteur nous plonge dans un univers futuriste, où suite à un évènement les femmes fécondes se font de plus en plus rare. Le reste de l’humanité se déplace alors en pack et possède une philosophie qui va clairement à l’essentiel et à la survie, avec des castes. Un avenir fascinant et dérangeant où la sauvagerie reste présente. Sauf que voilà lors d’un arrêt près d’un Opéra, la notion de beauté va bouleverser le pack que l’on suit et notre héroïne. Un récit qui se révèle réussi, que ce soit au niveau de son univers, ou vient se mélanger fin du monde, violence et beauté du ballet. Les personnages ne manquent pas non plus d’attraits, se révélant humains, complexes et intéressants, où même les plus discrets surprennent. Les réflexions soulevées ainsi que les intrigues secondaires s’avèrent aussi entraînantes et ne laissent pas indifférent. Un très bon moment de lecture à la conclusion plus que percutante.

City Lazarus de Diana Rowland : Cette nouvelle nous plonge dans la ville de La Nouvelle d’Orléans où l’on suit un flic désabusé et pourri, qui va faire une rencontre qui va l’amener à changer. J’avoue j’ai bien aimé cette nouvelle, sur l’intrigue elle ne paraît pas révolutionner le genre et reste facilement prévisible, mais elle possède une ambiance efficace, des rebondissements et s’avère bien écrite pour captiver assez rapidement. La Nouvelle Orléans est une ville toujours autant énigmatique, qui donne envie d’en apprendre plus, qui se relève toujours fascinante malgré tout ce qu’elle a subi, même si elle possède une sacrée zone d’ombre et de violence. Les personnages, même s’ils sont un peu caricaturaux, ne manquent pas d’attraits et donnent envie de suivre leurs aventures. Mon seul petit regret et que le twist final est prévisible dès le début. Au final une nouvelle sympathique et divertissante, qui offre un agréable moment de lecture, même si loin de s’avérer la plus marquante.

Virgins de Diana Gabaldon : Cette nouvelle se situe dans l’univers d’Outlander que je ne lis pas et dont je ne suis pas non plus la série TV. Elle se situe, si j’ai bien compris les explications de la Marmotte, avant le premier tome et l’on suit Jaime et Ian à Bordeaux. Je dois bien avouer que ce texte est bien écrit, qu’il possède un travail historique soigné et des personnages convaincants, touchants et entraînants. L’auteur s’adapte même au niveau de l’accent Ecossais (je me demande d’ailleurs ce que cela doit donner en VF), qui montre bien le soin qu’elle porte à l’ensemble. La relation entre Jamie et Ian s’avère intéressante, offrant même quelques scènes pleine d’ironie et d’humour. Mais voilà l’intrigue manque franchement de force à mon goût pour vraiment marquer. Peut-être que les fans de la série seront plus happés, mais moi je la classe dans le vite lu, apprécié et vite oublié.

Hell Hath No Fury de Sherrilynn Kenyon : Alors je n’ai jamais rien lu de l’auteur qui, si j’ai bien compris, est une habituée de la romance paranormale. On plonge ici avec une équipe de jeunes qui décident d’aller en expédition dans une région maudite. Bon autant être clair, je n’ai pas aimé cette nouvelle, pas parce-qu’il s’agit d’une romance fantastique, mais parce que l’intrigue est cousue de fil blanc, les personnages sont plats et manque d’intérêts et les rebondissements sont prévisibles au possible avec une conclusion trop rapide qui parait un peu bâclée. On évitera aussi de parler de la morale qui est juste enfantine au possible. Je ne sais pas ce que vaut l’auteur dans un format plus long, mais cette nouvelle ne m’a pas vraiment donné envie de la découvrir. De plus, ce texte tombe dans de nombreux clichés sexiste, ce qui est franchement dommage pour une anthologie sur les femmes dangereuses.  Après je suis peut-être passé à côté de quelque-chose aussi.

Pronouncing Doom de S.M. Stirling : On plonge ici dans un monde post-apocalyptique où plus aucune technologie ne parait fonctionner, on ne sait pas trop pourquoi, et où l’humanité a dû s’adapter et s’est tournée vers des croyances et une justice différente. On va suivre ici le procès d’un homme qui a agressé sexuellement une jeune femme dans un village. L’intérêt de ce texte vient des questions qu’il soulève que ce soit sur la notion de justice, de culpabilité, de présomption d’innocence ou bien encore de morale. Cette justice dérange d’un côté, mais offre ainsi de nombreuses réflexions au lecteur qui font aussi écho à notre société. Sauf que voilà de l’autre côté j’ai trouvé que tout ce que construit l’auteur sur le monde post-apo ou encore sur l’idée de religion et de mythe se révèlent un peu lourd, n’apportant pas non plus grand-chose à l’intrigue et donnant plus l’impression de remplir les pages. De plus, la morale sur laquelle se basent le récit m’a par très US m’a paru s’être imposé trop rapidement et facilement. Dommage, car il y avait du potentiel pour tellement plus. Au final une nouvelle tout de même sympathique.

Name the Beast de Sam Sykes : Une mère et sa fille vont en forêt apprendre à cette dernière à traquer et tuer la Bête. D’un autre côté on suit une famille. Une nouvelle que j’ai trouvée très réussie, qui joue parfaitement sur deux lignes d’intrigues différentes et sur les ellipses pour amener le lecteur de façon surprenante à une conclusion liant les deux récit qui se révèlent marquante, troublante et percutante. L’auteur en quelques mots brosse des personnages captivants et intéressants et offre un aspect émotionnel efficace et touchant. Une nouvelle plus que réussie, jouant avec le lecteur sur un rythme lent, l’angoisse montant au fil des pages et happant très rapidement.

Caretakers de Pat Cadigan : Cette nouvelle nous propose un récit contemporain où l’on suit deux sœurs dont l’une d’elle, après avoir regardée une émission sur les tueuses en séries et s’être rendu compte qu’elles travaillaient souvent dans le social, devient volontaire dans le centre où est traité leur mère. Une histoire somme toute très sympathique, mais qui manque d’un petit quelque-chose pour s’avérer marquante. J’avoue ainsi m’être assez rapidement attaché à ses deux sœurs et aux problèmes qu’elles rencontrent. L’auteur nous offre aussi quelques réflexions sur les centres de traitement et sur la maladie d’Alzheimer qui, certes, se révèlent moins percutante que celles de Hobb, mais ne manquent pas de faire réfléchir. Dommage que l’ensemble soit un peu convenu, ce qui fait que l’ensemble m’a paru manquer d’un peu de peps avec une fin facilement devinable. Au final une nouvelle qui m’a tout de même offert un agréable moment de lecture.

Lies My Mother Told Me de Caroline Spector : Cette nouvelle se situe dans l’univers Wild Card, dont j’ai le premier recueil dans ma PAL qu’il faudrait que je fasse sortir un de ces jours. L’auteur nous propose une nouvelle de super-héros, où l’on suit la superhéroïne Bubbles à la Nouvelle Orléans dont on va chercher à manipuler. J’ai trouvé la nouvelle réussie dans son genre, ne cherchant pas obligatoire à révolutionner le genre et possédant un côté très comics, mais s’avérant prenante avec une bonne dose d’humour et une ambiance sombre et violente qui lui colle bien. Les personnages se révèlent efficaces et possèdent ce qu’il faut d’émotion pour s’avérer attachants. L’univers de super-héros se révèle un peu binaire, mais au fil des pages parait plus complexe qu’on peut le penser. L’auteur construit ainsi un récit solide et prenant qui me donne envie d’en découvrir plus.

The Princess and the Queen de George R.R. Martin : On termine avec le gros morceau de cette anthologie, la nouvelle de George R.R. Martin dans l’univers du Trône de Fer se situant 200 ans avant le début du cycle. Les dragons sont toujours présents et les Targaryan règnent sur Westeros. A la mort du Roi une guerre va alors éclater pour le trône. L’auteur présente ainsi son texte comme une chronique historique, ce qui pourra en surprendre plus d’un, offrant une narration assez détachée et distante, mais permet d’ajouter une pierre supplémentaire à son univers. Je dois bien avouer que ce texte pourra surprendre de par sa densité, en effet il y a énormément de personnages, d’informations et il n’est pas facile de s’y retrouver. De mon côté j’ai trouvé ce texte clairement réussi, nous offrant vraiment une part historique passionnante de Westeros, avec de nombreux passages fascinants et épiques. La guerre du trône n’est pas sans rappeler certaines ayant existé, et le jeu d’alliance et de trahison se révèle fascinant. La plume de l’auteur, que je ne connaissais pas en VO, est entraînante et efficace. Au final une nouvelle efficace, qui certes déroute par sa multitude de personnages et son côté un peu austère, mais qui m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette anthologie qui nous propose 21 nouvelles de genres différents, allant du polar à l’imaginaire, sur le thème des femmes dangereuses. Alors certes, tous les textes ne sont pas au même niveau et je suis passé à côté de quelques uns, ce qui n’a rien de surprenant avec 21 auteurs différents, mais dans l’ensemble j’ai plus qu’apprécié ces récits. Certains sortent même vraiment du lot, offrant des intrigues et des héroïnes vraiment fascinantes. Concernant le thème, il m’a paru par moment pas toujours respecté, je cherche encore pour certains la Dangerous Women, mais rien de vraiment dérangeant ou bloquant. La variété des univers présentée permet aussi à des lecteurs différents de s’y retrouver et, qui sait, permet ainsi de découvrir de nouveaux auteurs (je lorgnerai bien vers certaines auteures historiques). Au final une anthologie qui, je pense, mérite d’être découverte.

 

Ma Note : 8/10

Dangerous Women, Part 1 – Anthologie dirigée par George R.R. Martin & Gardner Dozois

Dangerous WomenRésumé : All new and original to this anthology, the twenty-one stories in Dangerous Women include work by twelve New York Times bestsellers, and seven stories set in the authors’ bestselling continuities-including a new « Outlander » story by Diana Gabaldon, a tale of Harry Dresden’s world by Jim Butcher, a story from Lev Grossman set in the world of The Magicians, and a 35,000-word novella by George R. R. Martin about the Dance of the Dragons, the vast civil war that tore Westeros apart nearly two centuries before the events of A Game of Thrones.
Also included are original stories by Brandon Sanderson, Joe Abercrombie, Sherrilyn Kenyon, Lawrence Block, Carrie Vaughn, S. M. Stirling, Sharon Kay Penman, and more.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : Cette anthologie, je dois bien avouer que je la traine depuis un petit moment dans ma PAL en VO. Pourtant, le sujet a de quoi se révéler vraiment intrigant sur les femmes dangereuses, les auteurs au sommaire ne manquent pas non plus de me donner envie de la découvrir, mais voilà il s’agit quand même d’un beau pavé et ma lecture en Anglais était plutôt lente ces derniers mois. J’ai donc décidé sur un coup de tête de finalement me faire mon avis sur ce livre qui sort actuellement en VF en deux parties. Ce livre comporte 21 nouvelles, exceptionnellement je vais donc scinder ma chronique en deux et sur deux jours, sinon le pavé de ma critique serait ingérable à lire.

Some Desperado de Joe Abercrombie : Cette nouvelle est très typée western où l’on se retrouve à suivre Shy, une jeune femme poursuive par des chasseurs de primes et qui va se battre pour survire. L’histoire en soit n’a rien de révolutionnaire, mais Joe Abercrombie la rend efficace par un traitement haletant, percutant, sauvage et tendu du début à la fin. On y retrouve clairement la patte de l’auteur dans la construction de cette héroïne à la fois sombre et complexe, même si l’intensité du récit fait qu’on en sait peu sur elle, proposant en contrepartie une bonne dose d’action terriblement efficace. Une nouvelle réussie et entrainante qui ouvre l’anthologie de façon efficace.

My Heart is Either Broken de Megan Abbott : Celle nouvelle contemporaine nous plonge dans le quotidien d’un couple, à travers le regard du mari, après la disparition de leur enfant dans des circonstances mystérieuses. Ce texte j’avoue je l’ai trouvé très intéressant et solide dans sa faon de malmener les normes et la morale de notre monde, dans la façon dont les gens vont juger cette femme qui ne parait pas avoir des réactions considérées comme « logiques » suite à la perte de son enfant. Le mari, au milieu de tout cela, qui aime sa femme et la connait, va pourtant peu à peu sous la pression se retrouver à douter. Un texte qui marque vraiment dans la vision de l’humanité et de son besoin de se mêler de la vie des autres. Je regretterai juste une fin peut-être un peu convenue et facile et un léger manque d’émotion qui vient, je dirais, du fait que le texte est un peu court à mon goût.

Nora’s song de Cecelia Holland : Ce texte nous propose un récit historique puisqu’on on plonge à l’intérieur de la famille du roi Henri II. On suit Nora, une des filles du Roi et d’Aliénor d’Aquitaine, et jeune sœur de Richard connu comme le futur roi Richard 1er, Cœur de Lion. On plonge dans un univers familial tendu, empli de mensonges et de trahisons où la jeune Nora va découvrir que le monde des adultes n’est pas si magnifique ni aussi simple qu’elle le croit. Sauf que voilà je n’ai jamais réussi à complètement entrer dans ce récit, l’auteur cherche à trop en faire que ce soit dans les personnages comme dans les informations qu’elle transmet et surtout le récit demande clairement une bonne connaissance de l’aspect historique je trouve, malgré quelques erreurs assez surprenantes. J’ai aussi eu l’impression que ce texte se glissait dans un récit plus grand, comme si l’auteur proposait plus un synopsis d’un roman qu’elle comptait écrire. Cela n’empêche pas ce récit d’avoir des aspects intéressants, comme ce jeu de manipulation ou cette conclusion percutante, mais je reste plutôt mitigé.

The Hands that are not There de Melinda Snodgrass : On quitte l’historique pour de la SF, ce texte nous plongeant dans un avenir lointain. L’espace a été conquis et une jeune recrue qui se trouve mal considérée par ses camarades va finir dans un bar où un homme va lui raconter une histoire étrange. J’avoue je suis mitigé avec ce texte. D’un point de vue construction il est solide évitant de trop en faire. Au niveau des idées, que ce soit sur la position de la femme comme de la façon dont nous traitons les autres il y a de quoi offrir quelques réflexions efficaces et pourtant, même si j’ai plutôt bien apprécié ma lecture il lui manque un petit quelque-chose pour se révéler plus percutant et plus marquant. Peut-être un peu trop old school et trop linéaire à mon goût, je ne saurais dire. Au final un récit sympathique mais qui rentre dans le vite lu, apprécié, mais vite oublié.

Bombshells de Jim Butcher : Ah, alors cette nouvelle se plonge dans l’univers de Dresden et je vais vous offrir deux points de vue de ma lecture. La première, du lecteur lambda, j’ai trouvé cette lecture terriblement fun et entrainante, offrant une histoire efficace, percutante avec des héroïnes intéressantes. L’image de fond, que ce soit dans la magie comme dans les système de cour, s’avère franchement solide et efficace. C’est un texte que je qualifierai de pop-corn, détente, mais qui remplit parfaitement son rôle rythmé, trouvant le ton juste selon moi. Maintenant mon point de vue de lecture de la série Dresden en VF, qui sait que la suite ne verra jamais le jour chez nous et dont j’ai la VO dans ma PAL que je n’ai pas encore lu. C’est simple je me suis fait spoiler à mort. Il faut dire aussi qu’un texte qui se situe entre le tome 13 et 14 du cycle alors que j’en suis au tome 5, je ne peux que m’en mordre les doigts et je suis le seul à blâmer. L’effet positif c’est que ça me motive à me bouger pour enfin relire cette série en VO et découvrir rapidement la suite.

Raisa Stepanova de Carrie Vaughn : Cette nouvelle nous plonge en plein conflit de la seconde guerre mondiale où l’on suit Raisa Stepanova, une femme pilote Russe. J’avoue cette nouvelle je l’ai apprécié, l’auteur nous propose un sujet originale avec l’histoire de cette femme dans l’aviation Russe tout en offrant en toile de fond une image de ce pays assez rude et intéressante se révélant à la fois avancé sur certains aspects et tellement conservateurs sur d’autres. On y retrouve aussi deux ou trois aspects sur la position de la femme à l’époque qui ne manquent pas d’attraits et de réflexions. Mon seul regret et que l’ensemble est, je dirai, un peu trop académique. L’histoire est bonne, mais voilà elle a un petit convenue, comme si elle manquait d’un peu de folie, de liberté. Bon après je chipote un peu, le texte reste efficace et je pense mérite d’être découvert.

 Wrestling Jesus de Joe R. Lansdale : Ici pas vraiment d’héroïne présente au premier plan. Lansdale comme à son habitude, nous dépeint une Amérique loin des clichés et de ses idées reçues de grandeur. La « femme dangereuse » est plus ici une femme fatale, entre deux hommes amoureux, présence qui sert ainsi à faire avancer l’intrigue. Au final une nouvelle plus que sympathique, principalement à travers son panel de personnages qui se révèle vraiment complexe et intéressant ainsi que pour son image de fond. Sauf que voilà j’ai trouvé que l’ensemble manquait peut-être un peu de marquant et aussi de surprises, l’ensemble se révélant tout de même assez linéaire. Cela n’enlève en rien la quête initiatique du jeune héros qui devient adulte qui se révèle efficace. Un texte agréable et divertissant.

Neighbors de Megan Lindholm : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien d’une femme âgée qui voit le monde changer autour d’elle et traite de la vieillesse, la façon dont on la gère, la démence ou encore Alzheimer. Un excellent texte selon moi, que j’ai trouvé parfaitement maîtrisé sachant jouer avec le lecteur pour faire monter la tension jusqu’à la révélation finale. L’auteur s’amuse ainsi entre réalité et fantastique pour mieux nous faire réfléchir sur la maladie et offre aussi des personnages qui sonnent juste, que ce soit la vieille dame qui se sent perdue ou bien ses enfants qui l’aiment, mais veulent la faire entrer dans une maison spécialisée pour personnes âgées pour éviter de s’inquiéter. Un texte humain, intelligent et étrange qui ne laisse pas indifférent.

I Know how to Pick ‘Em de Lawrence Block : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme dans un bar, qui va rencontrer une magnifique jeune femme et va repartir avec elle. S’ensuit alors un jeu psychologique où vont se dévoiler de nombreuses révélations. L’auteur joue clairement sur le côté récit noir, avec un soupçon d’élément dérangeant, cherchant clairement à marquer le lecteur. C’est bien écrit, je ne le nie pas, mais voilà le texte en soit n’a pourtant pas réussi à me captiver plus que cela. Je l’ai trouvé très prévisible et cherchant à trop en faire dans le troublant pour vraiment me happer. De plus il m’a paru vraiment court et la conclusion manque un peu de mordant.

Shadows for Silence in the Forests of Hell de Brandon Sanderson : Cette nouvelle nous plonge dans un univers où la nuit, si on ne respecte pas certaines règles simples on peut très mal finir face aux ombres. Silence va devoir briser les règles pour sauver sa famille. La grande force de Sanderson vient quand même régulièrement de ses univers, et de nouveau il fait mouche. Certes l’ensemble peut paraitre simple, jouant sur la terreur du noir, le remplaçant ici par des ombres meurtrières, mais l’ensemble se révèle solide, efficace et percutant. Un univers qui donne clairement envie d’en apprendre plus, proposant une mythologie intéressante. Il vient alors construire une histoire très western avec bandits, chasseurs de primes, armes à feu et violence qui s’avère entrainante et bien porté par des personnages efficaces et prenants. Je pourrai reprocher une intrigue un peu convenue, mais franchement rien de dérangeant tant j’ai lu l’ensemble d’une traite.

A Queen in Exile de Sharon Key Penman : On replonge ici dans la nouvelle historique avec le destin de la reine Constance de Sicile donnée en mariage au prince allemand. Sauf que la mort prématurée et sans descendant du roi de Sicile va pousser son mari à un conflit pour récupérer ce trône et y mettre Constance. Franchement, d’un point de vue historique j’ai apprécié cette nouvelle qui se révèle dense et solide, offrant de nombreux détails et me faisant découvrir une époque que je connais peu. Sauf que voilà, tous ses détails n’apportent pas toujours grand chose au récit, et le fait que l’héroïne manque un peu de force pour une « femme dangereuse » font que ce récit n’a pas non plus réussi à me happer complètement. Ce n’est en soit pas une mauvaise nouvelle, qui se laisse lire facilement, mais qui aurait pu offrir beaucoup plus selon moi. Qui sait, peut-être sur un format plus long si un jour l’auteur a envie de développer.

 

Retrouvez la suite de ma chronique ici concernant les 10 dernières nouvelles.

Origines Tome 3, Club Uranium – Stéphane Przybylski

Club UraniumRésumé : Début 1940.
L’extraordinaire découverte faite par Friedrich Saxhäuser dans la vallée du Nahr al-Zab-al-Saghir est désormais aux mains d’un comité occulte basé en terres américaines. De Berlin à Washington D.C., tous s’accordent sur une chose : retourner au Kurdistan irakien est impératif. Qui se rendra maître du Château des millions d’années possédera un avantage crucial dans le conflit en cours… De chaque côté de l’Atlantique, le comte Erchingen et l’énigmatique M. Lee montent des expéditions secrètes avec l’Irak en point de mire, une gageure quand la guerre étend son empire sur l’essentiel du globe… Reste Saxhäuser, soldat hors normes confronté à l’indicible et aux convictions balayées. Peut-être lui appartiendra-t-il de sauver l’humanité ? Mais envisager pareille entreprise est-il seulement possible quand votre propre humanité semble vous échapper ?

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Il y a un peu plus d’un an maintenant, je me suis laissé tenter par le premier tome de cette tétralogie mélange de roman historique, de complot et de science-fiction. J’avoue m’être ainsi rapidement laissé emporter par un récit nerveux et efficace, confirmé par un second tome que j’ai aussi trouvé un peu mieux maîtrisé et percutant (ma chronique du Tome 1, Tome 2). C’est donc sans surprise que je me suis rapidement laissé tenter par ce troisième tome. Concernant la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, elle est selon moi toujours aussi réussie et magnifique.

Ce troisième tome est ainsi la suite directe des volumes précédents. La situation politique s’envenime, les tensions sont de plus en plus marquées entre les nations. La découverte effectuée par Saxhäuser dans le premier tome, et qui pourrait faire basculer la guerre du côté de celui qui la trouvera, est maintenant connu des grandes nations et attire la convoitise. Des expéditions sont ainsi lancées pour essayer de la retrouver et de s’emparer de ses secrets. Clairement ce troisième tome se présente un peu comme un tome de transition, mettant en place les derniers éléments pour ainsi amener le lecteur à se questionner et à attendre la conclusion du dernier tome. Je dois bien avouer que pour un tome de transition, l’auteur a franchement réussi à nous proposer une histoire solide et efficace, offrant quelques bonnes surprises.

Déjà, même si ce tome continue à suivre plusieurs personnages, une seule ligne d’intrigue se dégage, celle de l’expédition du Château des Millions d’Années, ce qui fait que l’ensemble s’avère encore plus fluide, vu qu’on alterne que très peu avec d’autres intrigues ou sous-intrigues. On est ainsi assez rapidement happé par ce récit qui, même s’il se révèle un peu moins porté sur l’action que le précédent, ne manque pas de rebondissements et de surprises. La tension qui monte au fil des pages fait que dans l’ensemble on se laisse ainsi porter facilement. Alors après l’auteur possède toujours cette habitude de vouloir trop en faire, je pense ici à l’utilisation des flashbacks pour expliquer un élément surprenant de la scène précédente, ce qui n’est pas toujours utile et donne plus l’impression de remplissage, mais franchement je n’ai pas non plus trouvé cela trop gênant tant j’ai tourné les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. L’auteur, au final, ne révolutionne pas le récit historique avec complot alien, mais il offre quelque chose solide et d’efficace.

L’image de fond que construit l’auteur au fil des pages est, pour moi, le gros point fort du récit. Déjà le premier point qui fascine est l’aspect historique qui ne manque pas de se révéler détaillé et pointu, collant parfaitement au récit, sans jamais non plus se révéler trop lourd ou ennuyeux. On sent d’ailleurs bien que l’auteur est historien, mais sa grande force est ainsi d’arriver à finalement nous offrir un fond historique sans jamais trop en faire ou offrir trop de longueurs. Surtout que ce troisième tome développe un pan assez large de la seconde guerre mondiale allant de la période juste avant l’invasion de la France à la mort de Reinhard Heydrich, tout en développant des aspects vastes et pas toujours les plus connus de cette guerre comme l’influence de celle-ci en Afrique ou en en orient et principalement en Irak, les tentatives de paix d’Hitler, l’influence de l’Axe dans les choix allemands, l’africacorps ou bien encore des aspects on va dire plus intimiste comme par exemple la passion d’Hitler pour King Kong. Ayant pendant un temps étudié à fond cette période, on ressent clairement les connaissances de l’auteur qui apportent un vrai plus au récit sans jamais tenter de nous perdre.

L’autre aspect du roman vient aussi de son côté fantastique et là les amoureux comme moi de la série X-Files devraient en être ravi je pense. Entre influence des trois pays (Angleterre, USA, Allemagne) ou bien encore société secrète avec ces personnages mystérieux comme M. Lee, qui n’est pas sans rappeler l’Homme à la Cigarette, on y retrouve de nombreux codes du genre. Les aspects sur tout ce qui concerne complot, vérité cachée, groupes de personnalités influentes qui dirigent le monde, tout ce qui a fait le succès de certaines séries des années 90 se retrouvent dans ce roman. Certes cela a parfois un côté un peu kitsch assumé, et si vous n’appréciez pas ce genre d’idées il vaut mieux  alors passer votre chemin, mais moi j’ai bien apprécié. Surtout qu’il prend ici de l’ampleur, offrant de nombreuses révélations et amenant des divisions qu’on n’attendait pas forcément. D’étranges alliances vont alors se former. L’auteur se permet même de s’offrir quelques explications assez intéressantes sur des faits étranges de l’histoire, mais dont je ne dirai rien pour éviter de trop en dévoiler.

Concernant les personnages, on retrouve avec grand plaisir Saxhäuser comme personnage principal, même si d’autres ne sont pas non plus en restes. De nouveaux protagonistes intéressants, même si parois un peu sous-exploité, font aussi leurs apparitions, principalement du côté américain. L’auteur continue ainsi à construire un panel de personnages vraiment complexe et qui nous entraîne assez facilement dans leurs aventures. De plus, la rencontre entre notre héros et M. Lee m’a vraiment happé par la tension et les jeux de manipulations de chacun.  Alors, c’est vrai, parfois certains d’entre eux tombent dans une légère caricature, ce qui fait qu’ils s’enferment dans un rôle un peu convenu, ou bien je reprocherai aussi à notre héros principal de tomber dans le syndrome « James Bond » du bel espion qui fait tomber toutes les femmes et dont je n’ai jamais vraiment accroché, mais rien de non plus trop gênant. Autres point aussi à soulever, l’auteur propose de nombreux personnages, alors j’avoue que ça ne m’a pas franchement dérangé, les reconnaissant assez rapidement, mais parfois pour un ou deux il m’a fallu un peu de temps pour me souvenir de son rôle dans les anciens tomes. Au final les personnages construits s’avèrent travaillés, percutants et qui donnent envie d’en apprendre un peu plus sur eux et les machinations en cours tant certains continuent à garder des secrets par devers eux.

Quelques points m’ont tout de même frustré avec ce troisième tome. Déjà il s’agit du plus long de la série, ce qui parfois se ressent, offrant quelques longueurs comme par exemple avec ses flash-backs dont j’ai parlé plus haut ou bien un ou deux passages un peu verbeux. Ensuite, le fait de retourner au Kurdistan irakien possède un léger goût de redite par rapport au premier tome, même si traité de façon différente. J’ai aussi trouvé que certains retournements de situations se révélaient un peu faciles, voir reposaient un peu trop sur la chance. Enfin parfois l’auteur utilise des ellipses pour faire avancer son histoire de plusieurs semaines, mais qui par moment se sont révélées frustrantes à mon goût. Rien de non plus bloquant au niveau du récit, mais qui parfois m’ont un peu perturbé. Cela n’empêche pas pour autant ce troisième tome d’apporter son lot de révélations, avec en point d’orgue ce retournement de situation final qui donne vraiment envie de lire la suite. L’ensemble est toujours porté par une plume simple, efficace, entraînante dont mon seul regret vient de la présentation des personnages qui tombe un peu trop dans la fiche (taille, poids, couleurs des yeux, des cheveux …) mais rien de dérangeant tant j’ai plongé facilement dans ce troisième tome. Il ne me reste plus qu’à attendre la sortie du quatrième tome.

En Résumé : Ce troisième tome m’a ainsi offert de nouveau un bon moment de lecture nous offrant une histoire qui ne manque ni de rebondissements, ni de surprises. Certes il est peut-être un peu moins nerveux que le précédent, jouant un peu le tome de transition, mais ne manque pas de s’avérer solide et efficace. Le point fort vient de l’image de fond que construit l’auteur, tout d’abord dans son aspect historique soigné dont on reconnait la patte d’historien de l’auteur qui brosse de nombreux événements et informations de façon efficace et sans jamais tomber dans la longueur ou la lourdeur. Ensuite dans son côté très X-file, offrant complot alien, sociétés secrètes, trahisons et mensonges qui devrait plaire aux amoureux du genre, même si parfois il tombe un peu dans le kitsch assumé. Les personnages, que ce soit les anciens comme les nouveaux arrivants, se révèlent toujours aussi solide, efficaces et entraînants, même si parfois certains d’entre eux tombent un peu dans la caricature ou bien que le personnage principal a un peu trop, à mon goût, le syndrome James Bond du tombeur de ses dames. Alors quelques points m’ont tout de même dérangés, quelques longueurs se font ressentir comme principalement les flash-backs pas toujours utiles, refaire une expédition a un côté un peu redite du premier tome, certaines résolutions paraissent simples ou chanceuses ou bien encore certaines ellipses qui m’ont légèrement frustrés, mais rien de non plus trop bloquant. L’ensemble est porté par une plume simple, efficace et prenante, même si les descriptions font un peu trop fiche de personnage, et je lirai le quatrième tome avec grand plaisir tant la révélation finale donne clairement envie d’en apprendre plus.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Apophis, Joyeux-Drille, …

Antiqu’Idées – Anthologie 2016 des Imajn’ère

antiqu'ideesRésumé : Que pouvons-nous trouver comme idées neuves en refouillant l’Antiquité ? Revisiter un passé déjà connu, imaginer un futur plus rose ou tout simplement plonger dans l’Histoire antique pour le plaisir desyeux et des sens, voilà le programme d’Antiqu’idées. Quinze auteurs ont imaginé des histoires originales mettant en scène des éléments ou des personnages antiques, pour bousculer nos connaissances etrappeler que l’Histoire peut être vue autrement, voire même revécue.
De la Guerre de Troie à la Cimmérie, en passant par l’Égypte, Carthage et les confins bien connus de notre héritage gréco-latin, ces quinze nouvelles s’attachent à nous conter gaiement notre besoin decombat épique, de voyage au lointain et de quête de nos racines.

Edition : ImaJn’ère

 

Mon Avis : En 2015, on m’a proposé de découvrir l’anthologie du festival ImaJn’ère, Star Ouest, qui m’avait offert un assez sympathique moment de lecture, même si j’avoue le recueil manquait de textes marquants (ma chronique ici). Pour cette nouvelle édition 2016 du salon de l’Imaginaire et du Polar d’Angers, il m’a de nouveau été proposé de découvrir l’anthologie dont le thème était l’antiquité et j’avoue m’être assez facilement laissé tenter. Il faudrait par contre qu’un jour j’aille un jour faire un tour à ce festival, mais le manque de temps n’aide pas beaucoup. A noter que ce recueil comporte 15 nouvelles.

La Maison des Vignes d’Estelle Faye : On suit ici une jeune femme qui voit un de ses amis complètement changer et s’éloigner suite à sa mutation. L’auteur décide ici de travailler le mythe de Dionysos, déjà un peu présenté dans sa série La Voie des Oracles, et elle fait de façon très réussie offrant un texte efficace, captivante et plein d’émotions. La plume de l’auteur est toujours aussi prenante et envoûtante, plongeant facilement le lecteur dans ce récit étrange et surprenant. Mon seul regret est une fin que j’ai trouvé un peu convenu, mais rien de bien dérangeant.

Rivages d’Eva Simonin : Cette nouvelle nous fait suivre une jeune femme qui teste pour son entreprise une simulation de réalité virtuelle sur la guerre de Troie. Le texte en soit se lit facilement, il y a une certaine fluidité dans la construction et dans la plume, mais voilà il est loin de se révéler marquant. Il lui manque un petit quelque-chose je trouve qui le ferait gagner en intensité. De plus, il s’agit d’une nouvelle à chute et autant, j’avoue, je ne l’avais pas complètement venu venir, autant elle a eue du mal à vraiment me convaincre. Je ne vais pas spoiler la conclusion, ce serait dommage, mais j’ai lu d’autre nouvelles sur le même thèmes qui m’ont beaucoup plus touché, mon ressenti vient peut-être aussi de là.

Deux fois vainqueur traverser l’Achéron de Fabien Clavel : Cette nouvelle se présente sous la forme d’un poème qui revisite le mythe d’Orphée avec une petite touche de Fantastique vraiment intéressante. Un texte que j’ai trouvé réussi sur la forme, qui se laisse lire avec plaisir sur le fond, mais qui m’a paru un peu froid. Je ne sais pas, c’est peut-être moi, mais j’ai trouvé que ça manquait d’un peu d’émotions. Ce récit reste tout de même très sympathique à lire et à découvrir.

Le rêve du pont Milvius d’Olivier Boile : Cette nouvelle, je ne vais pas trop en dévoiler pour éviter de spoiler, mais il s’agit d’une uchronie dans la tradition de Philip K. Dick et de son Maître du Haut Château. Je dois bien avouer qu’il s’agit ici d’une belle réussite, que ce soit dans son background que dans son récit j’ai trouvé ce texte marquant et intelligent. Il nous offre aussi de nombreux axes de réflexions sur notre société avec cette idée, certes classique, du Et si…? Une excellente nouvelle qui, je pense mérite d’être découvert et m’a donné envie d’en découvrir plus sur l’auteur..

Ponce, Pilate, ponce ! de Justin Hurle : Cette nouvelle nous plonge dans l’humour et le burlesque, nous proposant de revisiter les dix plaies d’Egypte. Bon, j’avoue je suis passé à côté de ce texte. L’humour dépend vraiment de chacun et je pense ne pas être obligatoirement fait pour ce genre d’humour, tout du moins dans ce format de nouvelles. Sur l’ensemble le texte est pourtant fluide, entrainant et les idées sont là bien porté par une plume efficace, mais voilà je ne pense pas être le public adéquat.

Le tombeau de Calypso de Brice Tarvel : L’auteur nous propose ici de revisiter l’épisode de Calypso dans l’odyssée d’Ulysse. J’avoue cette nouvelle est loin de m’avoir marqué. L’histoire donne l’impression de partir dans tous les sens manquant d’explications, on ne sait pas trop ou l’auteur nous emmène malgré pourtant des personnages intéressants. Au final, je suis peut-être passé à côté de certains éléments de compréhension, mais pour ma part au final une nouvelle qui me laisse un sentiment plus que mitigé.

Chez Lucius, Dieux, Lares et Génies de Myrtille Bastard : Cette nouvelle nous fait suivre un reporter qui décide, dans un univers uchronique, de faire découvrir à son public une nouvelle échoppe qui annonce vendre des dieux, déesses et autres divinités. J’ai bien aimé cette nouvelle, l’idée de départ est vraiment intéressante et offre de nombreuses possibilités avec cet aspect de pouvoir acheter son embryon divin et le faire grandir. L’idée d’utiliser un membre de la presse offre aussi une bonne dose d’ironie ainsi que quelques réflexions intéressantes. Par contre, l’ensemble reste finalement assez linéaire, mais rien de non plus trop dérangeant. Une très bonne nouvelle, très intéressante.

Aheli ou la mémoire enfouie d’Isa3elle Arnoult : Une nouvelle assez surprenante, jouant sur plusieurs époques et dont il est difficile de la présenter sans trop en dévoiler. J’ai plutôt bien aimé cette nouvelle, écrite de façon efficace, mystérieuse et entraînante, jouant avec le lecteur pour mieux tenter de le surprendre sur la fin, même si certains points sont facilement devinables. Mon seul léger regret est que la nouvelle est très courte, ce qui fait que certains points sont à peine esquissés, mais rien de non plus trop gênant. Au final une nouvelle plus que sympathique, fluide et agréable.

Quid Novi Medice ? de Jean-Hugues Villacampa : Cette nouvelle tente de répondre à la question de savoir comment César a pu battre Vercingétorix malgré un rapport de force les déclarant perdant. L’idée de départ se révèle intéressante, de plus l’auteur l’amène de façon plutôt efficace et intéressante. Le texte ne révolutionne pas le genre, mais se révèle efficace, divertissante et facile à lire. Là où par contre je suis resté bloqué c’est sur le choix des noms des personnages, l’auteur paraît proposer une certaine ironie qui m’a laissé perplexe.

Carthage ! d’Arnaud Cuidet : Cette nouvelle nous offre une relecture de la bataille de Carthage entre les romains adeptes du dieu de la lumière et les adeptes de Baal, sauf que l’auteur plonge sont récit dans un univers différent mélange de technologies avancées et de bio-technologies. Clairement le texte en lui-même n’a rien de révolutionnaire, nous proposant une simple bataille, sauf que voilà il y a une certaine flamboyance qui se dégage de ce récit ainsi qu’un sentiment épique. Un texte qui en met plein les yeux et que j’ai trouvé divertissant et percutant.

Boadicée de Pierre-Marie Soncarrieu : Cette nouvelle nous fait découvrir un devin qui va lire l’avenir d’une futur reine. Le texte en soit ne manque pas d’attrait que ce soit dans les personnages qu’il développe, comme dans le traitement que propose l’auteur. On suit avec un minimum d’intérêt le destin de cette reine qui va être loin de se révéler idyllique et dont elle va devoir faire des choix pas toujours facile. Sauf que voilà j’ai trouvé l’ensemble trop court, ce qui fait que les développements proposés vont trop vite et rendent ainsi la chute un peu convenu et trop rapide. Cela reste un texte agréable à lire, mais qui avait le potentiel pour être plus.

Discorde de Patrice Verry : L’auteur nous propose de revisiter le mythe de Pâris et de la fameuse pomme de la discorde. L’idée de départ est intéressante, mais voilà j’ai trouvé que le traitement du texte se révélait un peu simpliste et surtout beaucoup trop prévisible pour vraiment m’emballer. Je ne vais pas dire que le texte est mauvais, mais il rentre dans ma catégorie vite lu, un minimum apprécié et vite oublié.

Une histoire Tauride de Romuald Herbreteau : L’auteur propose avec cette nouvelle de se servir du lient de Tchernobyl pour amener le monde de Conan le Barbare dans notre univers. Franchement l’idée de départ est accrocheuse, j’aurais aimé apprécier ce texte, sauf que voilà j’ai trouvé que l’auteur en faisait trop ce qui fait que le récit bascule trop rapidement d’un récit dense vers un récit trop lourd avec beaucoup trop d’idées qui se télescopent. Peut-être sur un format plus long ce texte aurait marché, en tout cas là je suis sorti de ma lecture avec un sentiment mitigé de trouver de bonnes idées, mais qui auraient mérité un autre traitement.

L’Immortel et l’Assassin de Jérôme Verschueren : Cette nouvelle nous propose de revisiter un des plus célèbres mythes du cinéma de science-fiction, tout en y ajoutant une pointe d’ironie et de Fantasy. Je dois bien avouer que ce texte se révèle plutôt amusant et divertissant. Il se lit d’ailleurs assez facilement, sauf que voilà il n’a rien de non plus très marquant à mon goût et manque peut-être aussi d’un peu d’originalité, ce qui est le soucis des reprises. L’idée de base n’est pourtant pas mauvaise, la chute se révèle surprenante, mais voilà je trouve qu’il manque un petit quelque chose pour vraiment élever ce texte.

Faisabilité et intérêt zootechniques de la métamorphose de masse de Lionel Davoust : Cette nouvelle a déjà été publiée dans un autre recueil qui est dans ma PAL : Fragments d’une Fantasy Antique. Elle nous propose ainsi de découvrir une étude très intéressante qui revisite le mythe de Circée et lui offre de nouvelles applications. Une très bonne nouvelle qui nous offre quelque chose de différent, plein d’ironie et de second degré et que j’ai trouvé vraiment réussie et efficace. L’auteur construit son récit comme une étude scientifique rend l’ensemble plus concret et aussi un peu plus décalé. Un récit qui clôture de fort belle manière ce recueil et qui m’a offert un très bon moment de lecture.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un moment de lecture assez sympathique avec ce recueil de nouvelles qui nous propose un panel de textes assez large revisitant l’antiquité. Alors certes, tout les textes ne sont pas au même niveau et certains m’ont laissé plus que perplexes voir je suis complètement passé à côté, mais ils sont contrebalancés par des textes que j’ai trouvé très réussi et qui méritent d’être découverts. Au final une anthologie 2016 agréable et plus que divertissante.

 

Ma Note : 6,5/10

Autres avis : Ours inculte, Apophis, Lorhkan, …

CRAAA

Challenge CRAAA 20ème lecture

Chaos Tome 1, Ceux qui N’oublient Pas – Clément Bouhélier

chaos t1 ceux qui n'oublient pasRésumé : Paris, gare de Lyon. Une jeune femme brise une éprouvette et libère un virus inconnu qui se nourrit de la mémoire et frappe sans distinction d’âge, de sexe ou de milieu social.
Peu à peu, les infectés perdent toute capacité à penser et à agir. Malgré les mesures gouvernementales, l’épidémie se répand dans le pays, et même au-delà. Bientôt, le monde se peuple de « zombies », coquilles vides, errantes, répétant le même geste à l’infini.
Au milieu des décombres survivent quelques miraculés, des immunisés. Parmi eux, Chloé, Phil’, Claudy et Arthur. Ils n’ont rien en commun et ne se connaissent pas.
Pourtant, une voix mystérieuse leur souffle de se rencontrer. Dans cette France en proie au chaos, ils doivent découvrir qui a déclenché la pandémie et, surtout, mettre fin à son œuvre de destruction.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Ce roman, j’avoue, il me fait de l’œil depuis que j’en ai entendu parler. Il faut bien admettre que la couverture, illustrée par Aurélien Police, a de quoi donner envie et attire rapidement le regard. Mais ce n’est pas le seul point qui m’a donné envie de le lire, appréciant un bon roman apocalyptique et post-apocalyptique, le résumé avec ce virus destructeur avait de quoi m’intriguer. Ajouter à cela des premiers retours positifs ainsi qu’une discussion avec l’auteur lors des Imaginales, ce livre a donc terminé rapidement dans ma PAL. Puis bon un diptyque qui voit sa conclusion publiée dans les prochaines semaines, ça m’évite aussi de me lancer dans une longue série.

Dès les premières pages, on découvre une jeune femme qui va libérer un virus dans la gare de Lyon. Ce virus, extrêmement efficace, ne laisse que très peu de chance à l’Homme, et ce premier tome va nous proposer de suivre l’influence qu’il va avoir sur notre monde. En effet les principaux symptômes débutent comme une méningite pour, sur la fin, effacer la mémoire des contaminés les transformant en coquilles vide. Seuls quelques personnes paraissent immunisés pour des raisons obscures. Déjà commençons par évacuer un point, ce roman n’est pas un récit de zombies. Si vous souhaitiez lire ce livre pour y trouver des hordes de morts-vivants affamés, alors passez votre chemin vous allez être déçu. Le roman se rapproche plus, selon moi, de Fléau de Stephen King avec ce virus et ce côté fantastique qui se développe. Bien maintenant que ce point est levé quel est mon retour ce roman? Pour résumé, j’avoue avoir passé un très agréable moment de divertissement avec ce premier, même si certains points auraient mérité d’être retravaillé. Mais j’y reviendrai.

Le gros point fort du roman vient de la façon dont est décrit la fin de la civilisation qu’on suit tout au long de ce roman. Démarrant par une simple grippe résistante puis allant jusqu’à l’épidémie, l’auteur nous décrit de façon détaillé et soignée la façon dont la France va gérer cette crise, comment elle va tomber dans les affres du doute et de la peur et comment va exploser notre société. Certes il ne révolutionne pas le genre, mais sa façon large de présenter la chose et sa complexité font qu’on se retrouve facilement absorbé par ce récit. La multiplication des points de vue permet ainsi de développer cette fin du monde sous de nombreux aspects, offrant ainsi une vue d’ensemble allant du simple citoyen, en passant aux médecins, jusqu’aux plus hautes instances du pays. L’angoisse se met doucement en place, la population d’abord amorphe va peu à peu tomber dans la peur. Chacun va ainsi gérer cette crise de façon différente et va devoir faire des choix qui vont avoir parfois de terribles conséquences. L’ordre, les structures, la solidarité tout va s’effondrer au fil des du récit face à quelque chose d’incompréhensible, montant en tension au fil des pages pour aboutir à une conclusion des plus sombre et percutante. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec un minimum de plaisir et d’envie d’en apprendre plus. Il faut aussi ajouter quelques axes de réflexions simples et efficaces que ce soit sur les médias, notre société ou encore nous-même.

L’autre point intéressant du récit vient des personnages principaux que brosse l’auteur. Là aussi il nous offre des héros qui se révèlent profonds, travaillés et surtout se révélant loin des héros habituels de ce genre de récit avec un retraité, un collégien, une actrice porno et un communicant a mi-temps pour une mairie et l’autre pour un parlementaire. Ces quatre personnages vont ainsi se retrouver immuniser contre le virus et vont voir le monde changer sans comprendre ni comment, ni pourquoi. Ils vont devoir ainsi évoluer, avancer et faire face à de nombreux péripéties et de nombreuses surprises. Chacun d’entre eux se révèle ainsi soigné et on s’attache un minimum à eux, dans leurs actes comme dans leurs réactions face à l’impensable. Alors après certains aspects de leurs personnalités m’ont paru un peu mal amené, comme cette histoire d’amour avec notre assistant parlementaire, mais dans l’ensemble ils se révèlent plus qu’efficaces et donnent envie d’en apprendre plus que ce soit sur chacun d’entre eux comme sur ce qui va leur arriver.

Le dernier point intéressant du récit, je trouve, est que l’auteur ne laisse rien paraître sur son fil rouge. Je ne vais pas dire qu’on est perdu du début à la fin, mais tout est fait pour que le fil rouge soit le plus mystérieux possible, ne lâchant les informations qu’au compte goutte venant ainsi y ajouter une bonne dose d’étrangeté et aussi de fantastique que je vous laisse découvrir pour ne pas spoiler. Tout dépendra de chacun, mais moi j’aime spéculer ce qui fait que je continue à tourner les pages pour savoir vers quoi on m’entraine. Mais voilà, le principal défaut, pour moi, vient des longueurs qu’on retrouve dans le récit. Le fait de multiplier les points de vues a un effet positif, comme je l’ai dit, mais a aussi un effet de lenteur, qui se ressent principalement dans la première partie. Certes on découvre ainsi en détails les effets de la maladie ou bien les conséquences de celle-ci, mais j’ai trouvé qu’il en faisait trop et que cela devenait aussi par moment trop répétitif. C’est dommage, car cela joue sur le rythme et l’intensité de lecture de cette première partie qui fluctue. Autre point qui m’a un peu dérangé, certaines légères facilités ici ou là, mais rien de non plus trop bloquant de ce côté-là. L’ensemble est par contre bien porté par une plume dense, simple, vive et percutante qui nous plonge assez facilement dans ce récit. Au final un très agréable premier tome qui, sans non plus se révéler révolutionnaire, me donne envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un très agréable moment de lecture avec ce premier tome d’un diptyque qui se révèle très divertissant. L’histoire n’a rien de Zombies, mais nous plonge plus dans l’attaque d’un virus dont seul quelques personnes sont immunisés pour des raisons obscures. L’auteur nous propose une plongée efficace et angoissante face à cette crise qui va faire monter un peu plus au fil des pages la peur et l’angoisse dans la population, poussant ainsi les uns et les autres à faire des choix parfois surprenants. L’auteur nous offre ainsi un travail dense, détaillé et soigné sur « l’explosion » de notre société. Les personnages ne manquent pas d’intérêt se révélant travaillés dans leurs histoires comme dans leurs évolutions, devant au fil du récit attachant même si je regrette peut-être certains aspects mal amenés. Autre point intéressant le fil rouge, à la fois mystérieux et intrigant, dont l’auteur dévoile les informations au compte goutte pour mieux nous appâter avec cet aspect fantastique que je vous laisse découvrir et qui donne envie d’en apprendre plus. Alors après tout n’est pas parfait, l’auteur offre une multitude de point de vue qui certes permet de développer le récit mais fait aussi qu’il donne l’impression de se disperser, voir de se répéter, créant ainsi des longueurs. Certains simplicités se font aussi ressentir ici ou là, mais de ce point de vue rien de bien bloquant. La plume de l’auteur se révèle détaillée, simple, efficace et entraînante et je lirai la suite de ce Chaos avec plaisir.

 

Ma Note : 7/10

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