Auteur/autrice : BlackWolf Page 61 of 202

Le Sang des Princes Tome 1, L’Appel des Illustres – Romain Delplancq

le sang des princes t1 l'appel des illustresRésumé : Le destin des ducs Spadelpietra est assuré. Inexorable. Une ascension déterminée vers le pouvoir, vers la couronne, vers la place qui leur revient de droit à l’avant-garde du monde. Ils sont les pacificateurs, les bâtisseurs, les gouverneurs de Slasie. Ils sont les Illustres.
Mais les nomades Austrois y font à peine attention. Leur monde n’est fait que de théâtre, de musique, d’art et d’inventions dont ils gardent jalousement les secrets. Leur vie est une routine maîtrisée, à l’image de leurs automates.
Et pourtant, un tout petit hasard vient gripper la mécanique de l’histoire. Trois fois rien. Une toile découverte par les Spadelpietra qui catapulte son peintre, le jeune Mical, dans une longue fuite… Et pousse le pays, son peuple, ses nobles et ses artistes dans les premiers vents de la plus grande tourmente de leur histoire.

Edition : L’Homme Sans Nom

 

Mon Avis : J’ai découvert ce livre lors d’une soirée consacrée à des éditeurs indépendants où l’auteur était présent pour en faire la promotion. J’avoue que le résumé, ainsi que la façon dont il m’a été vendu, ont fait que j’ai assez facilement craqué, proposant un univers qui s’éloignait un peu de la Fantasy, on va dire, « classique » et du médiéval. Ajoutez à cela une couverture, réalisée par Emile Denis, qui est forte sympathique et il a donc rapidement terminé sa course dans ma PAL.

On suit ici les aventures de Mical, jeune peintre prodige, qui va se retrouver traquer pour des raison obscures par une famille noble. Il va devoir fuir son foyer et va se retrouver à croiser la route des Austrois, peuple de nomade, d’ingénieur et d’artiste. Je dois bien avouer que cette lecture m’a agréablement surpris, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai trouvé que l’auteur a réussi à construire une intrigue  intéressante et captivante. L’auteur joue clairement sur les mystères de son histoire de façon efficace, s’amusant aussi avec le lecteur qui va se poser de nombreuses questions sur l’importance de Mical et son rôle dans le jeu de pouvoir qui se déroule en arrière plan. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec l’envie d’en découvrir et d’en apprendre plus. Surtout que l’auteur maîtrise plutôt bien son récit, offrant ainsi surprises, rebondissements et révélations, ce qui fait qu’on ne se sent jamais frustré de ne pas tout comprendre et maintient ainsi tout l’intérêt du récit. Le rythme se révèle plutôt efficace et entraînant, sans non plus tomber dans le tout action, alternant de façon solide des passages nerveux avec des passages plus calmes de repos et de révélations, le tout avec quelques bonnes idées très intéressantes. Alors après, c’est vrai, certains passages paraissent tirer tout de même un peu en longueur, comme si l’auteur voulait garder la révélation de son cliffangher final, au demeurant percutant et surprenant, le plus tard possible. Cela offre parfois des intrigues secondaires moins intéressantes, un peu convenues, même si rien de non plus trop bloquant ou dérangeant tant le fil rouge me donne envie de lire la suite.

Le gros point fort du livre vient, selon moi, de l’univers que construit l’auteur tout du long. Prenant racine dans un monde fictif très typé renaissance, il se révèle solide et très attrayant. On sent que l’auteur l’a travaillé longtemps pour offrir quelque chose de dense et de soigné. Le plus grand intérêt pour moi vient du peuple Austrois, à la fois ingénieur et artiste, qui est connu aussi bien dans sa capacité à divertir les gens, que dans la qualité des travaux, voir des idées et des constructions qu’ils peuvent réaliser. Un peuple à la fois fascinant et complexe, basé sur le mode de vie plus nomade et reposant sur des familles avec tout ce que cela peut entrainer de conflits et de questionnement. Ils donnent clairement envie d’en apprendre plus sur eux. L’aspect politique n’est pas non plus en reste et, à défaut de se révéler original, ne manque pas de s’avérer plus que solide et entrainant, comme par exemple cette royauté en perte de vitesse suite aux dernières guerres, des familles nobles aimées de tous mais qui cachent de terribles secrets ou encore à travers pas mal de zone encore floues comme certaines batailles, le mystère sur l’appel ou encore ce qui caractérise Mical et attisent notre curiosité pour la suite. L’auteur construit son univers de façon envoutante, offrant des descriptions efficaces et colorées, dévoilant et plongeant le lecteur dans un monde fascinant, même si parfois, j’avoue, il en fait peut-être un peu trop dans les métaphores à rallonge. Rien de non plus dérangeant. Par contre, ce qui est légèrement dommage c’est qu’autant le peuple Austrois et la famille Spadelpietra se dégage fortement, autant certains peuples et certains aspects paraissent à peine esquissés, rien de bien frustrant, mais dont j’espère en apprendre plus par la suite tant il y a du potentiel.

Les personnages ne manquent pas non plus d’attraits, chacun d’entre eux va se révéler travailler, construit, dense et va, au fil des pages, se révéler intéressant et attachant. Surtout on ne tombe jamais dans le manichéisme, avec les méchants d’un côté et les gentils de l’autre, ce qui fait que, même si deux visions différentes se détachent, il est difficile de ne pas non plus comprendre la vision adverse. Alors après il est encore un peu tôt pour pouvoir juger tous les personnages, la révélation finale venant rebattre les cartes présenté et relancer l’intrigue de façon clairement percutante. En tout cas chacun d’entre eux sort son épingle du jeu à un moment ou à un autre et, même si parfois ils se révèlent légèrement caricaturaux, ils ne manquent pas de force et d’intérêt. Une mention spécial à Mical qui nous offre un héros principal proche de nous, humain, dont son talent principal est la peinture.

La plume de l’auteur s’avère soignée, efficace, entrainante, même si on sent le premier roman, cherchant par moment à trop en faire, à vouloir offrir la phrase trop belle au détriment de la fluidité, même si ce n’est en rien dérangeant tant  elle arrive tout de même à se détacher et à happer le lecteur. Alors après, il s’agit clairement d’un roman d’introduction, posant les bases de l’univers ainsi que les nombreux mystères qui tournent autour de Mical, sans répondre aux questions. C’est le but, ça marche plutôt bien et me donne justement envie de lire la suite, tant il a réussi à aiguiser ma curiosité, mais cela pourrait peut-être en bloquer certains. A chacun de voir.

Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce premier tome qui vient offrir une intrigue efficace jouant de façon percutante sur les mystères et les non-dits. L’auteur maîtrise clairement son sujet, offrant rebondissement et surprises pour ne pas perdre le lecteur, même si parfois il traine un peu en longueur histoire de retarder au maximum son cliffangher. L’univers est l’un des gros points forts du roman, se révélant soigné, travaillé et efficace, proposant un monde fictif typé renaissance où les Artois, un peuple d’artiste et d’ingénieur, ont la part belle au milieu de jeux de pouvoirs, même si certains aspects auraient, selon moi, mérité plus de développement. Les personnages se révèlent humains, complexes, entrainants et on s’attache finalement assez rapidement à eux, même si parfois certains tombent un peu dans une légère caricature. La plume de l’auteur est soignée, envoûtante, même si quelques fois on sent le premier roman et l’envie de trop en faire. Ce qui peut, par contre, se révéler un peu frustrant c’est que ce tome fait un peu trop tome d’introduction, n’offrant que des questions et peu de réponse, mais de mon côté cela m’a donné envie de lire la suite surtout au vu de la conclusion surprenante.

 

Ma Note : 7,5/10

Ptah Hotep – Charles Duits

ptah hotepRésumé : Ptah Hotep, prince de Hagaptah, partage sa jeunesse dorée entre l’étude, la recherche spirituelle et la compagnie de la fastueuse courtisane Aset. Mais un coup d’État va contraindre l’adolescent à un apprentissage d’un tout autre ordre : celui de la misère et de l’exil. Dans un décor évoquant à la fois Les Mille et Une Nuits, l’Inde et la Chine médiévales, l’Égypte, la Rome et la Grèce antiques, d’aventures en histoires d’amour, il revêtira l’armure de Soliman pour libérer le monde de la tyrannie.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Bon, je dois bien avouer, ce qui m’a en premier lieu attiré avec ce roman c’est sa couverture, illustrée par Sébastien Hayez, que je trouve vraiment superbe. Ajouter à cela un résumé, certes qui parait assez classique, mais un minimum intriguant, voilà pourquoi ce livre a donc terminé sa course dans ma PAL. Bon comme souvent il a un peu traîné dans ma bibliothèque avant que je décide de l’en sortir et de me lancer dans sa lecture histoire de me faire mon avis.

Ce roman nous propose donc de suivre la jeunesse de Ptah Hotep, à travers ses chroniques qu’il écrit à son Divin Frère l’Empereur et où il va raconter comment il a été manipulé, jeté de son trône par son ministre le plus fidèle et va alors se lancer dans une quête pour tenter de récupérer son dû. Sauf que voilà, sa quête va l’emmener beaucoup plus loin que prévu. Alors je vais être clair dès le départ, Ptah Hotep est clairement un roman différent de ce qui se fait généralement en Fantasy, cela se ressent assez rapidement, et je dois bien avouer qu’il va m’être compliqué d’essayer d’en faire passer mon ressenti tant, ici plus que sur mes autres chroniques, il va se révéler personnel. En effet il s’agit d’un roman qui peut tout aussi bien fasciner, que rebuter le lecteur, tant il ne repose pas sur l’histoire ou la construction du roman, mais sur tout ce qui est autour.

Le principal attrait du roman vient, selon moi, principalement de la construction de l’univers autour, travaillant son esthétique pour offrir au lecteur à la fois quelque chose d’unique,  qui repose sur des bases connues, tout en se révélant à la fois onirique et magique. L’auteur reprend ainsi plusieurs cultures allant de l’Egypte à la Grèce, en passant par Rome et avec même une pointe asiatique, pour imbriquer le tout et offrir un croisement complexe et cohérent. On se retrouve ainsi avec un mélange foisonnant, denses de mythologie, de sociétés et de visions du monde qui se révèlent d’une certaine façon fascinantes. Sauf que voilà, l’un des points qui pourrait facilement bloquer le lecteur vient du fait que l’auteur se révèle exubérant et en fait parfois trop. Que ce soit dans ses descriptions longues ou dans ses présentations j’ai vraiment eu l’impression parfois de plonger dans des phrases sans fin, poussées à leurs paroxysmes de détails et de métaphores, cherchant la poésie au moindre recoin et à envouter le lecteur au risque de le perdre. J’avoue que de mon point de vue cette surenchère, dans un premier temps, au lieu de la trouver lourde et pompeuse a plutôt eue l’effet inverse, me transportant dans ce monde imaginaire, lui offrant ainsi une beauté supplémentaire, le rendant palpable et envoûtant. D’une certaine façon ce qu’on pourrait considérer comme des imperfections, le rend ainsi vivant. Sauf que vous allez voir par la suite qu’il y a aussi le revers de la médaille. L’auteur nous dépeint ainsi un monde « imaginaire », rêvé, qui se révèle assez saisissant et magnétique.

Le style de l’auteur joue aussi beaucoup à cette impression, se révélant assez soigné, dense et « archaïque » on va dire dans sa construction. Clairement, vu qu’il s’agit d’un lettre écrit par le héros, on sent que l’auteur cherche à coller à une époque révolue, accentuant les titres pompeux et ampoulés, tombant dans la surenchère de répétitions, tout en travaillant le verbe et le phrasé pour offrir aussi quelque chose d’unique et de patiné. De nouveau j’ai été surpris, car l’ensemble fonctionne et a réussi à me happer assez facilement dès les premières pages. Il faut dire que j’apprécie énormément les récits où je visualise l’univers se développer au fil des pages, l’imaginer et le construire à travers aventures, anecdotes ou encore batailles et si l’ensemble dégage un certain dépaysement dans l’écriture, cela peut apporter un véritable plus. Voilà clairement ce que propose ce récit, donc si vous ne vous reconnaissez pas dans cette description, alors il vaut mieux passer votre chemin. Si vous êtes intéressé alors tentez votre chance, mais même là il m’est difficile de le conseiller, tant le style peut se révéler fascinant ou rebutant selon les lecteurs, de plus  malgré ces point forts, pour moi, le livre a eu du mal à me tenir en haleine sur la longueur, s’essoufflant au fil des pages.

Le premier soucis vient ainsi, selon moi de son intrigue qui est bateau. C’est bien simple, elle est tellement bateau qu’elle n’en possède aucun intérêt autre que nous dépayser de ses décors et offrir quelques axes de réflexions. Sauf que voilà, malgré le fait que j’ai dit plus haut aimer les univers denses, il me faut aussi un minimum d’intrigue ; hors ici ce n’est pas le cas. Ce n’est pas obligatoirement que l’intrigue soit trop cliché, certes oui le prince devenu roi qui perd le pouvoir et décide de tout faire pour le retrouver c’est déjà vu et revu, mais ce que j’ai trouvé qui plombe le tout c’est l’absence de tension. On n’est jamais inquiété, ni même un tant soit peu stressé ou intrigué par ce qui arrive au héros, excepté peut-être un ou deux passages. De plus l’auteur a décidé de construire son intrigue en trois parties, sur la rencontre de notre héros avec trois femmes différentes. Chacun représentant un peu un moment différent de la vie du héros, la première l’amour passionnel, la seconde l’amour purement physique et la troisième l’amour véritable, celui qui transcende les imperfections. Chacun d’entre elle soulève ainsi des réflexions intéressantes sur l’amour, la vision du héros vis-à-vis des ces femmes, une certaine sagesse et maturité qu’il acquiert avec le temps et les échecs, sauf que voilà je suis resté perplexe tant l’ensemble me parait tirer en longueur et surtout permet à l’auteur de simplement offrir une sensualité qui ne méritait pas obligatoirement, selon moi, d’être si prononcé. Comment on peut s’inquiéter d’un héros qui dès la première jolie femme rencontrée oublie qu’il cherche à venger la mort de son père et la tentative d’assassinat qu’il a subi. On sent ainsi bien que l’auteur met l’histoire au second plan, sauf qu’en faisant cela son roman devient simplement contemplatif, ce qui en fascinera certains je pense, mais qui, moi, au bout d’un moment a fait que j’ai commencé à me lasser. C’est dommage.

Concernant les personnages Ptah Hotep se révèle intéressant dans son développement et dans la façon dont il évolue au fil des aventures qu’il rencontre. Certes on est clairement dans le roman initiatique, avec le héros qui quitte l’adolescente pour devenir adulte, le tout à travers des épreuves parfois douloureuses, mais qui vont le rend plus sage, sauf que voilà j’ai trouvé que cela fonctionnait bien. Après, certaines transitions restent un peu trop métaphoriques à mon goût et auraient mérité d’être plus développé mais rien de bien gênant non plus. Ce qui est par contre dommage c’est que les personnages qui gravitent autour de lui tombent parfois un peu facilement dans la caricature. Au final Ptah Hotep est clairement un roman atypique, qui vaut selon moi pour l’univers, la poésie ainsi qu’une plume surprenante, mais que j’ai trouvé peut être un peu trop contemplatif selon moi pour clairement me passionner du début à la fin.

En Résumé : Je ressors au final pas complètement convaincu par ma lecture, même si elle ne s’est pas non plus révélée mauvaise pour autant. Il s’agit clairement d’un roman différent de ce qui se fait habituellement en Fantasy. Le principal intérêt du récit vient principalement de sa forme que ce soit dans la construction de l’univers, qui se révèle vraiment dense et soignée, comme dans le style qui essaie de coller au récit jouant sur le côté un peu archaïque. En effet on se retrouve plonger dans un monde, mélange de cultures disparates, qui va se révéler complexe, fascinant, onirique et envoûtant. Certes l’auteur pousse le tout à son paroxysme, avec des phrases qui paraissent sans fin, ou l’auteur pousse au maximum le sens du détail et de la métaphore, qui pourrait en dérouter plus d’un, mais qui a réussi à m’attirer. Sauf que voilà au fil des pages l’ensemble s’essouffle. Il faut dire que l’intrigue, pour l’auteur n’est clairement que secondaire ce qui fait qu’il n’y a aucune tension et transforme l’histoire en simple récit contemplatif. Pour moi il me faut tout de même plus. Ensuite autant le personnage de Ptah Hotep est intéressant à suivre par son évolution et ses réflexions, autant j’ai trouvé les personnages secondaires un peu caricaturaux. Il m’est donc difficile de recommander ou non ce livre, si pour vous le travail sur l’univers et le verbe passe avant tout ou si vous cherchez un roman de Fantasy totalement différent, alors tentez votre chance et faites-vous votre avis.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Boudicca, …

Les Outrepasseurs Tome 2, La Reine des Neiges – Cindy Van Wilder

les outrepasseurs t2 la reine des neigesRésumé : Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu’ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en moins de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire?

Edition : Gulf Stream Editeur

 

 

Mon Avis : Après un premier tome qui m’avait offert un bon moment de lecture avec une histoire solide, efficace, construite de façon légèrement différente que ce qui se fait d’habitude, le tout avec des personnages soignés et un univers riche (mon avis ici), c’est sans surprise que je me suis laissé très rapidement tenter par ce second tome qui trainait dans la bibliothèque de la Marmotte. De nouveau je tiens à souligner le travail soigné de l’éditeur, offrant un très bel objet ainsi qu’une couverture que je trouve superbe.

Cette suite nous propose de nous retrouver un an après la fin du tome précédent, la dernière fée libre, la Reine des Neiges, a été capturée. Cette nouvelle, Peter va avoir du mal à l’accepter, lui qui cherche à s’enfuir des Outrepasseurs et qui pour cela est en quête du Chasseur pour lever la malédiction. Tout va alors s’accélérer avec justement le retour du fé en question. Je me suis retrouvé à plonger facilement et rapidement dans cette suite tant l’ensemble va se révéler nerveux, énergique et entraînant. On sent bien que l’auteur maîtrise son récit offrant des rebondissements et des retournements de situations efficaces et percutantes qui font que je me suis retrouvé happé assez facilement et offre une lecture fluide. Surtout qu’en plus d’offrir une histoire nerveuse, elle nous dévoile aussi une image de fond soignée et prenante, sans trop non plus en faire pour éviter de perdre le lecteur. Pourtant j’ai trouvé ce second tome légèrement moins bon que le précédent. Oh attention, j’ai de nouveau bien accroché à ce second tome, mais certains aspects font qu’il m’a légèrement moins accroché, tout en restant efficace.

Déjà, dans les points qui sont toujours intéressants et passionnants à découvrir, l’univers construit par l’auteur continue à se révéler terriblement efficace. Surtout que l’auteur évite la simple confrontation directe entre fés et Outrepasseurs, car ici la guerre touche à sa fin, la dernière fée Snezhkaïa a été capturée et va pouvoir servir. Non, l’intérêt principal vient justement de l’exploitation de ses fés par les Outrepasseurs qui en font soit des esclaves, soit prélèvent leur magie pour la réutiliser ou l’intégrer dans des technologies. Ces êtres magiques deviennent ainsi d’une certaine façon un personnage important du roman, principalement dans les questionnements qu’ils soulèvent. Des êtres, certes souvent monstrueux et violent, mais finalement à la morale différente, mérite-t-il une telle souffrance? Le retour du chasseur va aussi se révéler intéressant venant ainsi rebattre les cartes pour notre plus grand plaisir. Comme on le voit, un univers sombre, efficace et bien porté par un travail de fond de l’auteur qui parait dense et soigné. On sent bien qu’elle a du effectuer de nombreuses recherches que ce soit à travers des références distillées tout du long, ou bien encore sur une mythologie cohérente et clairement intéressante. Cet univers est d’ailleurs, selon moi, le gros point fort du récit, certes pas obligatoirement à mettre entre toutes les mains, mais qui reste très accessible pour les ados et les plus grands et qui donne envie d’en apprendre plus.

Sauf que voilà, là où je ressors légèrement frustré de ma lecture c’est que le premier tome offrait une construction légèrement différente, jouant sur les flashbacks, alors que ce second tome offre une construction classique, voir même trop classique. Cela a pour effet finalement, selon moi, de rendre l’ensemble un peu trop prévisible. Ensuite ce second tome joue clairement le rôle de tome de transition, ce qui se ressent parfois un peu trop dans la construction, principalement dans les dernières scènes. Après cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture et de trouver ce second tome efficace.

Concernant les personnages, Peter devient le héros central de ce second tome. Son refus de devenir Outrepasseurs qu’il cache aux autres le rend ainsi , j’ai trouvé, intéressant, loin de l’élu qui accepte facilement son chemin et sa différence. Sauf que voilà, pour moi Peter reprend un peu trop des stéréotypes de l’ado en série jeunesse ce qui m’a parfois légèrement dérangé, même si rien de non plus trop bloquant. Surtout que finalement les personnages qui gravitent autour compensent ce sentiment, principalement les antagonistes. En effet je trouve le travail effectué, que ce soit sur Le Chasseur ou Noble, vraiment fascinant et convaincant, les rendant ainsi ambigus et évitant de tomber dans le méchant, très très méchant, sans raison. En effet le Chasseur à travers sa relation avec Arnaut, qui va tenter de le changer, et de son amour pour lui va se révéler plus humain qu’on peut le croire initialement et Noble dans sa quête familiale et son amour pour sa femme va ainsi atténuer légèrement son côté violent et dominateur. Au final des personnages attachants, denses, avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Les autres protagonistes ne sont pas non plus en reste, offrant quelques bonnes surprises, même si j’avoue j’attendais un peu plus de Sherley et d’Hermeline, mais dont je ne doute pas de l’importance par la suite.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, entraînante et prenante, jouant facilement sur l’émotion et l’énergie pour happer rapidement et facilement le lecteur. La conclusion solide et efficace me donne envie de lire rapidement la suite pour savoir comment vont s’en sortir nos héros. Au final un second tome énergique et entrainant qui, même si je l’ai trouvé légèrement en-dessous du premier, se révèle plus qu’efficace et divertissant.

En Résumé : J’ai de nouveau passer un bon moment de lecture avec ce second tome des Outrepasseurs qui se révèle, efficace, convaincant et percutant, même si je l’ai tout de même trouvé un chouïa moins captivant que le premier. L’intrigue se révèle nerveuse, pleine de rebondissements et de retournements de situations qui font qu’on tourne les pages facilement. L’univers est l’un des gros points forts du récit, selon moi, que ce soit dans toute la mythologie cohérente et travaillée mise en place comme dans la dualité entre les Outrepasseurs et les fés qui s’avère être captivante et donne envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages ils se révèlent attachants et intéressants, même si j’ai trouvé que Peter tombait un peu trop dans certains stéréotypes. Cela est compensé par le travail de l’auteur sur les antagonistes réussis, les rendant ambigus et humains. Je reprocherai juste à ce tome un sentiment de tome de transition, principalement dans certaines scènes vers la fin, ainsi qu’une construction un peu trop classique ce qui rend l’ensemble prévisible, mais rien de bien bloquant. La plume se révèle soignée, entraînante et happe facilement le lecteur pour aboutir à une conclusion solide et qui donne envie de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

Les Affinités – Robert Charles Wilson

les affinitesRésumé : Adam Fisk s’est installé à Toronto pour suivre des études de graphisme que lui finance sa grand-mère. Là, il s’est inscrit à un programme payant pour déterminer à laquelle des vingt-deux Affinités il appartient. Adam est un Tau, une des cinq plus importantes de ces nouvelles familles sociales théorisées par le chercheur Meir Klein. Quand la grand-mère d’Adam, diminuée par une attaque, est placée dans une maison de retraite, le jeune homme n’a plus les moyens de suivre ses études. Mais être un Tau confère des avantages qu’il va vite découvrir : travail rémunérateur, opportunités sexuelles, vie sociale pleine et satisfaisante. Tout est trop beau, trop facile. Tout va très vite pour Adam… et il en est de même pour le reste du monde, car le modèle social des Affinités est en train de s’imposer. Malheureusement, dans l’histoire de l’Humanité, aucun changement radical ne s’est fait sans violence.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Pour ceux qui suivent mon blog depuis un long moment maintenant, vous devez avoir remarque que Robert Charles Wilson fait partie de ces auteurs que je suis avec grand plaisir, offrant régulièrement des récits de Science-Fiction humains avec des personnages régulièrement attachants. C’est donc sans surprise que, quand j’ai vu qu’un nouveau roman de l’auteur était publié, il a rapidement rejoint ma PAL. Surtout que le résumé accrocheur se révélait différent de ce que pouvait proposer habituellement l’auteur. J’avais donc hâte de découvrir ce récit. A noter aussi la magnifique couverture, illustrée par Aurélien Police.

Ce roman se construit ainsi de façon un peu habituelle avec l’auteur avec l’auteur, proposant de découvrir un personnage tout ce qu’il y a de plus ordinaire qui va se retrouver plonger dans des évènements qui vont, souvent, bouleverser l’ensemble de la planète. Ici le basculement va se faire au moment où le héros va passer un test d’affinité qui va le classer dans une des 22 affinités existantes (enfin 23 si on compte les rejetés) : les Tau. Attention ce n’est en rien un reproche, cette construction offrant de nombreuses possibilités. L’auteur a ainsi décidé avec Les Affinités de nous offrir une réflexion sur les réseaux sociaux, les sites de rencontre, le fait de tenter de lier les gens à travers des algorithmes, de vouloir définir qui s’associe avec qui d’un point de vue social et une chose est sure l’auteur réussi son pari, offrant un récit que j’ai trouvé réussi, affuté et qui ne laisse pas, selon moi, indifférent, même si certains aspects m’ont tout de même légèrement frustrés. Mais j’y reviendrai plus tard.

Robert Charles Wilson évite par contre de se lancer dans le sensationnel et nous propose ainsi un récit plus, on va dire, intimiste, autour d’Adam Fisk qui va ainsi voir sa vie chambouler, d’avoir l’impression de trouver enfin une vraie famille, remettant ainsi en cause la force du lien biologique par un lien « affinitaire » de ressemblance. Ainsi comme on peut le voir ce qui ressort surtout de ce récit ce sont les nombreuses réflexions sociales que soulève l’auteur, que ce soit sur le bien fondé des algorithmes, sur les groupes sociologiques crées « artificiellement », sur ce que deviennent les libertés face, finalement, à ces affinités, et surtout les nombreuses conséquences que vont entraîner l’existence de ces groupes, principalement dans une certaine violence qui va obligatoirement apparaître dès qu’il y a cloisonnement. L’auteur n’oublie pas non plus de parler, en image de fond, des soucis plus généraux que doit faire face la planète, mais aussi de l’influence ainsi que les ouvertures que peuvent apporter ces groupes. Ces affinités deviennent ainsi au fil des pages, au choix, de nouveaux états, de nouvelles religions, des groupes qui montrent leurs limites, se refermant sur elles-mêmes, préférant ne pas vraiment se consacrer à ceux qui ne les correspondent pas. On se retrouve ainsi en tant que lecteur à se poser des questions sur finalement nos propres cloisonnements, nos propres rejets et nos cloisonnements face à des gens qu’on considère comme « différents ». Des réflexions qui résonnent pleinement avec notre société. Alors certes, parfois ce n’est qu’esquivé, parfois les idées m’ont paru un peu brouillonnes, voir simplistes, mais dans l’ensemble c’est le gros point fort du roman, surtout que l’auteur sait jouer avec le lecteur et lui offrir un récit qui va se révéler entraînant et clairement efficace.

Concernant les personnages on ne peut pas nier que l’auteur sait, de façon plus que réussi, nous offrir des personnages captivants, percutants et prenants. On s’attache ainsi assez facilement à Adam, héros tout en ambiguïté, qui au fil des pages ne sait pas trop ou se situer, possédant une empathie forte. Sa « fusion » avec la fratrie Tau va le stabiliser, mais va aussi le faire réfléchir, le faire évoluer, l’amener à changer sa vision envers lui-même et les autres, le tout de façon cohérente, logique et captivante. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, on ne peut le nier, ils sont un peu moins travaillés, mais cela ne les empêche pas de se révéler efficaces , entraînants et un minimum soignés pour les rendre intéressant à découvrir. Même des personnages qui n’apparaissent que quelques pages donnent envie d’en apprendre plus sur eux je trouve. Il faut dire qu’il s’agit d’une des grandes forces de l’auteur de savoir poser des personnages plus que crédibles, humains et attrayants je trouve.

Sauf que comme je l’ai dis plus tôt, certains aspects de ce roman m’ont laissé légèrement perplexes, voir frustrés. Une impression que l’auteur n’a voulu aller qu’à l’essentiel, ne se concentrant que sur tous les péripéties et les réflexions qui tournent autour du héros, alors qu’il y avait plus à développer à côté selon moi tant les réflexions sont denses. J’ai trouvé ainsi dommage que l’auteur n’ait pas décidé de développer plus la montée des « affinités » sur la planète entière, les différentes affinités, ce qui les caractérise, les font se détester, le récit préférant se concentre sur Tau et un peu Het ainsi que  les tensions que cela crée entre ses affinités et aussi avec les différents pouvoirs classiques qui vont se sentir menacé. L’exemple le plus marquant selon moi vient d’une loi, élément primordial de la troisième partie, qui est citée sans jamais être développée et dont j’ai du mal à en comprendre l’argumentation légale qui la fait exister. Alors ce n’est en rien bloquant pour savourer ce récit qui s’avère original, efficace et intelligent, sauf que voilà il y avait la possibilité pour tellement plus selon moi. Attention cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment de lecture avec ce roman, bien porté par une plume efficace, percutante et entrainante et si jamais l’auteur veut revenir sur le sujet ce sera avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce dernier roman de Robert Charles Wilson, même si certains points m’ont légèrement frustrés. Cette idée des Affinités, dans un monde où les réseaux sociaux et les sites de rencontres prennent de plus en plus d’importance, se révèle vraiment intéressant et permet de soulever de nombreux points de réflexions intéressants que ce soit dans notre comportement, comme dans nos libertés ou encore au niveau de nos envies et de nos besoins. C’est vraiment le gros point fort du roman, surtout qu’à côté l’auteur offre un récit entraînant et tendu. Les personnages ne sont pas non plus en reste, se révélant clairement humains, attachants et captivants, même si c’est vrai que certains protagonistes secondaires auraient peut-être mérité plus de développement mais ne dérange en rien. Sauf que voilà mon regret vient, finalement, plus d’une attente que d’une vraie critique, mais au vu de la densité qui était soulevé je trouvais que l’auteur survolait trop certains aspects pour ne se consacrer que sur quelques-uns, ce que j’ai trouvé légèrement dommage. Rien de non plus bloquant. Le style de l’auteur se révèle toujours aussi fluide, percutant et captivant et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Gruz, Lorhkan, Cornwall, …

Les Outrepasseurs Tome 1, Les Héritiers – Cindy Van Wilder

les outrepasseurs t1 les héritiersRésumé : Londres, 2013.
Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Edition : Gulf Stream Editeur

 

Mon Avis : Les Outrepasseurs sont une série jeunesse dont j’entends parler depuis un long moment maintenant, que ce soit sur le net, mais aussi grâce la Marmotte qui la possède dans sa bibliothèque. Si vous suivez ce blog vous devez savoir que je lis un peu de jeunesse, sans non plus en faire ma principale lecture. Comme j’avais un peu envie de changer « d’air » dernièrement je me suis donc décidé de tenter ma chance avec ce premier tome. A noter l’objet en lui même qui est quand même superbe, ainsi qu’une illustration couverture que je trouve très jolie.

On découvre ainsi Peter, jeune adolescent Londonien, qui en rentrant chez lui échappe à une tentative de meurtre, sauvé par un renard dont il va découvrir qu’il s’agit de sa mère. Tout va alors basculer pour lui, emmené dans le manoir d’un homme balafré, sombre et énigmatique qui va, à travers un rituel épuisant, lui dévoiler ses origines à lui et d’autres jeunes présents ainsi qu’une guerre qui couve depuis des siècles. Alors clairement ce roman n’a, dans sa construction, rien de très révolutionnaire avec un héros qui va découvrir qu’un lourd secret pèse sur lui, se trouvant au milieu d’une guerre les fés. De plus ce premier tome n’évite pas un peu le côté tome d’introduction, ne servant principalement qu’à poser les bases de sa mythologie et de cette haine entre les Outrepasseurs et les fés, mais voilà l’auteur arrive clairement à tirer le maximum de ces archétypes pour offrir un récit qui a ainsi réussi à me happer rapidement et dont j’ai eu un peu de mal à lâcher avant d’en connaître la fin.

Il faut dire que l’ensemble démarre fort avec dès le premier chapitre une tension qui se met en place d’emblée, s’accentuant lentement au fil des pages jusqu’à la révélation finale. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir, histoire d’en apprendre plus et de mieux comprendre dans quoi nous plonge l’auteur. L’autre point positif, je trouve, vient de la construction de l’intrigue qui se révèle un peu différente de ce qui se fait en roman jeunes adultes.  Cindy Van Wilder construit ainsi ici un double récit, le premier avec Peter qui va découvrir son histoire et le seconde qui vient se situer en plein Moyen-Age avec les ancêtres des Outrepasseurs et ce qui a amené à cette guerre sanglante. Notre héros n’est ainsi pas encore le centre du récit, évitant ainsi par la même occasion de trop s’imposer et de trop tomber dans l’initiation classique. L’ensemble se révèle ainsi plus qu’efficace et captivant, offrant nombreux rebondissements et de nombreuses surprises malgré une ou deux assez prévisibles. C’est d’ailleurs, je trouve, la grande force du récit ce côté percutant et entraînant.

L’univers construit par l’auteur sans non plus s’avérer révolutionnaire, se révèle tout de même plus que solide et efficace. Que ce soit dans son aspect historique comme dans son aspect mythologique on sent que l’auteur n’a rien laissé au hasard, nous offrant ainsi une construction dense et soignée. Le côté moyen-âge s’avère efficace, bien porté par un changement de style et aussi par un travail de recherche de l’auteur qui parait conséquent, rendant ainsi l’ensemble cohérent et réaliste. L’époque n’a pas non plus été choisie au hasard, la religion étant clairement un élément important de l’intrigue, offrant ainsi un parallèle, une dualité, avec les fés, présenté comme des démons, mais dont il est clair qu’ils vont se révéler plus ambigus que ce qui est dévoilé pour l’instant. L’influence de la religion n’est pas non plus anodine, dans une époque où elle s’impose plus qu’elle ne s’accepte, jugeant ce qu’elle ne reconnaît pas et où les guerres font rage. Concernant ces êtres « féériques », l’auteur nous rappelle d’ailleurs qu’ils ne sont pas obligatoirement bons à la Disney, mais offrant ainsi plus des personnages sournois, jaloux, capricieux avec des envies et des frustrations, n’ayant pas obligatoirement les mêmes prismes que les Hommes. Cela offre aussi un côté assez sombre à cet univers avec aussi son lot de répression, de violence, de haine et de souffrances tout en restant bien entendu pas non plus trop difficile, pour toucher un public vaste allant des jeunes adultes aux plus âgés, sans ainsi les dérouter.

Concernant les personnages, je ne vais pas trop m’avancer concernant ceux du présent qui ne sont finalement que peu présenté, même si cela ne m’empêche pas de les trouver intéressant dans leurs constructions et me donnant envie d’en découvrir plus dans les prochains tomes. Concernant la partie plus historique, que ce soit au niveau des humains comme des fés l’auteur construit des protagonistes qui ne manquent pas d’attraits, se révélant soignés, intéressants et qui surtout évoluent au fil des péripéties. On sent clairement que chacun d’entre ne sortira pas indemne de cette confrontation et que des choix, pas toujours faciles, vont devoir être faits. Même chez les fés rien n’est figé, on sent bien les tensions qui se dégagent, les mouvements sous-jacents de tension qui s’en dégagent offrant ainsi une certaine complexité. Je regrette par contre que certaines émotions, voir certains aspects soient un peu trop extrême, voir un peu trop caricaturaux par certains aspects. De plus je trouve que certains personnages manquent, on va dire, d’empathie ce qui fait qu’il est parfois difficile de complètement s’attacher. Oh attention, rien de non plus trop bloquant ni de trop présent, cela ne dérange en rien la lecture.

La plume de l’auteur se révèle soignée, plaisante, entraînante, nous plongeant ainsi facilement dans son récit le tout à travers un rythme tendu et haletant. Alors certes, certains points m’ont paru traité un peu trop rapidement voir facilement, mais franchement rien de non plus dérangeant tant j’ai été emporté par ce premier tome plus que solide et prenant qui donne envie d’en apprendre plus. Je n’ai plus qu’à plonger rapidement dans la suite qui m’attend déjà.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le premier tome de cette trilogie qui, certes, ne révolutionne pas le genre, mais se révèle clairement efficace et percutant pour me happer et me donner envie de tourner les pages pour en apprendre plus. Alors certes, le tome d’introduction se ressent tout de même, l’auteur posant surtout ici la mythologie, ainsi que les lignes d’intrigue, mais cela n’empêche pas l’ensemble d’offrir rebondissements et surprises, le tout sur une construction un peu différente de ce qui se fait d’habitude. En effet le récit oscille entre présent, avec Peter, et passé avec ces ancêtres et ce qui a amené à la guerre face aux fés. L’univers mis en place au fil des pages se révèle plus que solide et efficace que ce soit dans la mise en place des mythes comme le travail sur l’époque du moyen-âge qui se réveille soignée et efficace. Les personnages se révèlent vraiment intéressant à suivre, principalement dans leurs évolutions et dans leurs choix face aux péripéties qu’ils rencontrent. Je regretterai juste certains aspects un peu caricaturaux ainsi qu’un léger manque d’empathie qui fait qu’on ne s’attache jamais complètement à eux, mais rien de non plus bloquant. La plume de Cindy Van Wilder se révèle soignée, entrainante et efficace, arrivant rapidement à captiver le lecteur. Alors après certaines résolutions m’ont paru traités rapidement, mais rien de dérangeant tant j’ai été happé. Je vais rapidement lire la suite.

 

Ma Note : 8/10

The Dinosaur Lords, Book 1 – Victor Milàn

the dinosaur lordsRésumé : A world made by the Eight Creators on which to play out their games of passion and power, Paradise is a sprawling, diverse, often brutal place. Men and women live on Paradise as do dogs, cats, ferrets, goats, and horses. But dinosaurs predominate: wildlife, monsters, beasts of burden—and of war. Colossal plant-eaters like Brachiosaurus; terrifying meat-eaters like Allosaurus, and the most feared of all, Tyrannosaurus rex. Giant lizards swim warm seas. Birds (some with teeth) share the sky with flying reptiles that range in size from bat-sized insectivores to majestic and deadly Dragons.

Edition : Tor Books

 

Mon Avis : J’avoue, je me suis laissé tenter par ce livre un peu sur un coup de tête. Sans être non plus un  des plus grands fan des dinosaures, je dois bien admettre que le mélange Fantasy avec ces reptiles gigantesques disparus avait de quoi titiller ma curiosité. Bon après, comme souvent avec ma PAL en VO, ce livre à un peu trainé et il a fallu attendre la sortie prochaine en VF pour que je le fasse sortir de ma bibliothèque. A noter une illustration de couverture que je trouve magnifique ainsi qu’un livre soigné avec couverture cartonnée et des illustrations qui viennent égayer chaque début de chapitre.

Je me lançais ainsi dans cette lecture sans avoir obligatoirement énormément d’attentes, mais vu la couverture et le résumé peut-être l’attente d’un roman épique avec toute la puissance que peut proposer les dinosaures. J’avoue que les deux premiers chapitres vont réellement me captiver, offrant une scène de bataille, reprenant tout ce que j’espérais avec des combats, des monstres gigantesques, de l’invraisemblable mais paraissant maîtrisé et logique ainsi que de l’action, ce qui a fait que j’ai rapidement été happé et me suis retrouvé à tourner les pages avec envie. La suite me fera vite déchanter, a tel point que j’ai finalement eu du mal à terminer ce roman, le récit arrivant même, selon moi, à transformer ses quelques points forts en frustration. C’est dommage, car l’ensemble ne manquait quand même pas de potentiel, quoi qu’on en pense. De toute façon c’est bien simple, pour résumer dès que l’auteur a quitté le récit nerveux et héroïque pour construire un GoT il a, je trouve, raté le coche.

Alors attention je n’ai rien contre les intrigues de ce genre, loin de là, je suis un grand fan de GoT, mais encore faut-il savoir construire ces jeux de pouvoirs et de manipulations. Victor Milàn ne m’en a jamais paru être capable tant l’ensemble m’a paru brouillon, simpliste et surtout sans véritable logique et vide de sens. Pour faire simple l’Empereur, l’être le plus haut placé dans cette hiérarchie, celui qui est au cœur de la majorité des intrigues, présenté comme quelqu’un d’intelligent, s’avère être sûrement l’être le plus idiot que je n’ai jamais rencontré. Je veux dire, même mon rat Porthos, qui n’est pas le plus fin des ratons, me parait avoir une meilleure logique que lui et devrait sûrement mieux gouverner. A chaque fois qu’on lui propose une connerie à faire, le plus souvent par un personnage qui est juste, pour situer, un ancien traitre à peine gracié, il va se jeter dessus et va ainsi au fil des pages remettre en cause son général des armées ainsi que son principal conseiller et garde du corps depuis des années. Tout ça simplement parce qu’un mec, dont je veux dire tu sens la traîtrise à sa toute première présentation et qui l’a d’ailleurs prouvé puisqu’il venait d’être, je le rappelle, gracié, dit « oh ben lui je l’aime pas ». Ouah. C’est à se demander comment l’Empereur est sur le trône et surtout ce qu’il y fait encore. Bon après on évitera de trop se poser des questions logistiques, avec une armée à peine revenue de guerre qui repart directe sans que ça dérange personne.

Alors après la seconde ligne d’intrigue avec Karyl est légèrement plus intéressante, tout du moins dans sa comparaison avec la première. Certes classique avec un personnage engagé pour sauver une région pacifiste qui ne connait rien à la guerre, mais elle remonte un peu le niveau. Dommage qu’elle soit si peu développée et donne un peu l’impression de tourner en rond. Autre gros soucis, à la moitié du roman je ne comprenais pas où souhaiter aller l’auteur tant il m’a paru avoir du mal à gérer les informations qu’il transmet. Alors on sent bien que l’auteur veut mettre en place quelque chose de complexe, avec des fils rouges surprenants et denses avec leurs lots de révélations, comme s’il avait quelque-chose à prouver, sauf que voilà l’ensemble ne m’a paru jamais vraiment prendre et surtout parait trop superficiel pour, selon moi, mérité captiver.

Concernant l’univers qui est développé il remplit, on va dire, le minimum syndical au niveau du cahier des charges de ce qu’on peut demander d’un univers médiéval, cherchant vaguement à reproduire guerres de religion, frictions entre nations, etc.. Il n’y a rien de non plus très révolutionnaire, mais on y retrouve assez de base pour ne pas se sentir perdu. Il faut dire qu’il a tout de même un petit air de ressemblance avec celui de Georges R.R. Martin. Reste le léger problème de la religion et de ses machinations, c’est beaucoup trop flou pour vraiment captiver le lecteur. Mais le gros soucis vient selon moi des dinosaures. Ils sont clairement mal utilisés. Alors attention l’auteur s’est assez renseigné pour offrir des descriptions plutôt réussi, offrant ainsi un sentiment de puissance et de force. Sauf que voilà, mis à part ces premiers chapitres, les dinosaures se transformeront tout le reste du récit qu’en simple monture tout ce qu’il y a de plus classique. Franchement on pourrait les remplacer par des chevaux que ça ne changerait pas grand chose. Mention spécial tout de même à cette joute équestre ou des chevaliers tentent de se désarçonner à coup de lance, monté sur des Dinosaures. L’auteur a donc décidé d’oublier complètement les différences physiques et les caractéristiques des uns et des autres, mais c’est pas grave car c’est fun. Sauf que, pour moi, cela ne marche pas. Attention je n’attendais pas un roman scientifique sur les dinosaures, mais simplement de les prendre en compte. Franchement avoir de tel « monstres » et faire des joutes c’est frustrant.

Concernant les personnages je ne reviendrai pas sur l’Empereur dont vous connaissez déjà ma pensée. Sauf que voilà le reste, à une ou deux exceptions près, sont loin de se révéler vraiment intéressants. Le problème c’est qu’ils sont clairement monolithiques, figés dans leurs caractérisations parfois un peu trop simpliste. Pour prendre un exemple, je prends le cas de Jaume qui pour moi cristallise ce qui m’a frustré dans ce récit. C’est le général des armées de l’Empereur, neveu de celui-ci, et possède un haut sens moral un peu à la Ned Strak. Le soucis c’est qu’outre le fait que l’auteur n’arrête pas de nous dire à quel point il est beau, fort, dominant, charismatique (qui sait à force de le répéter on va peut-être le croire), il n’évolue surtout pas d’un iota. Ned Strak dans GoT fait les choix qu’on connait, face à sa morale, on peut les considérer comme idiots, mais l’auteur les rends cohérents et logique pour le personnage, ici Jaume fait des choix idiots qu’on considère comme idiots et dont sa seule réponse à tout c’est « je n’ai pas le choix je suis le général ». Sinon aligner deux neurones ça peut être intéressant et ça évitera certaines boucheries.

Ajouter à cela ses compagnons qui gravitent autour de lui qui, faute de travail, tombent dans la caricature et vous comprenez pourquoi je n’ai jamais réussi à m’y attacher à eux. On ne parlera pas des méchants qui, bien entendu, ne veulent pas être méchants mais le sont car ils n’ont soit pas le choix, soit sont manipulés. Seul Karyl et dans une moindre mesure Rob ont réussi à m’intéresser, mais plus par out le côté mystérieux qu’ils soulevaient que par les personnages en eux-mêmes. J’ai tout de même gardé le meilleur pour la fin, la seule héroïne du roman, Mélodia, fille de l’empereur, qui ne sert mais strictement à rien mis à part nous présenter sa garde robe, celle de ses amis toutes plus sexy les unes que les autres, parler potins et offrir une scène de sexe qui donne l’impression d’être écrite par un gamin qui découvre les joies de la fanfiction. Je suis peut-être sévère, j’ai peut-être loupé un élément important sur elle, je ne sais pas, en tout cas le côté nunuche sexy boudeuse non désolé je n’accroche pas.

Alors après tout n’est pas non plus à jeter, une fois que l’auteur commence à mettre les choses en place et qu’il se laisse aller à l’action, dans le dernier quart de son récit, l’ensemble devient légèrement plus fluide et un peu plus intéressant avec une conclusion qui essaie de jouer sur le cliffangher et le mélange des genres. Certes, pas de quoi me donner envie de lire la suite tant je ressors déçu, mais de quoi me faire dire que si l’auteur avait oublié son idée de faire un GoT avec des dinosaures il aurait pu offrir quelque chose de fun et d’original offrant une lecture détente. Dommage. Le tout est porté par une plume qui n’a rien de révolutionnaire, se révélant simple et plutôt efficace même si alourdit par un peu trop de répétitions comme par exemple dans les titres et les noms de chacun. Six tomes sont prévus pour cette série, deux trilogies si j’ai bien compris, en tout cas ils se feront sans moi. Après à chacun de se faire son avis, si vous aimez les dinosaures et une version très simplifiée des intrigues de cour tentez votre chance.

A noter que ce livre sort prochainement en VF chez Fleuve Editions sous le titre Guerre et Dinosaures.

En Résumé : J’avoue je ressors clairement pas convaincu par ce roman mélangeant Fantasy et dinosaures qui pourtant démarrait bien. Les premières pages se révélaient ainsi énergiques, épiques et entraînantes. Mais voilà la suite m’a rapidement fait déchanter et j’ai eu du mal à terminer la lecture. L’auteur se lance en effet dans un roman à  la GoT, mais sans en avoir ni la densité ni la complexité de l’original, se révélant même brouillon, simpliste et reposant sur des rebondissements qui viennent plus de la vacuité intellectuelle des personnages que de véritable machinations. Les personnages justement mis à part un ou deux dans l’ensemble ils sont trop figés dans leurs carcans pour se révéler intéressants voir attachants. Mention spéciale au seul personnage féminin qui ne m’a paru servir à rien sauf remplir le quota potin, mode locale et offrir une scène de sexe mal écrite. L’univers, d’un point de vue décor n’a rien de bien original mais s’avère solide, par contre l’utilisation des dinosaures justement m’a paru plus que moyenne, tant l’auteur finalement les transforme en simple monture sans se soucier de leurs caractéristiques. La plume de l’auteur n’a rien d’exceptionnelle, se révélant tout de même simple et vivante, mais je l’ai trouvée plombé par les répétitions. Alors certes tout n’est pas mauvais, le dernier quart se « réveillant » un peu pour nous offrir quelque chose de plus énergique et le dernier chapitre joue sur certaines révélations et cliffangher, mais pas de quoi me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 4/10

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