Auteur/autrice : BlackWolf Page 64 of 202

Mes Achats du Mois de Février 2016

Ce mois de février même s’il s’est révélé assez agité d’un point de vue IRL, s’est finalement révélé assez « classique » en achat, puisque je reste dans une moyenne basse niveau achats par rapport à ce que j’ai pu faire. Sept nouveaux livres viennent donc rejoindre ma PAL.

Février-16

Voilà donc ce qui a rejoint ma PAL en ce mois de février 2016 :

  • Le Livre de l’Énigme Tome 1, Source des Tempêtes de Nathalie Dau aux éditions Les Moutons Électriques, dont vous pouvez déjà retrouver ma chronique ici.
  • La Patrouille du Temps, l’intégrale 1 de Poul Anderson aux édition Le Bélial’. Une intégrale que je ne pouvais pas louper.
  • Légendes Abyssales, anthologie aux éditions Mythologica. Comme souvent quand je fais un salon je repars régulièrement avec l’antho. Ce fût donc le cas avec ce recueil du Salon Fantastique.
  • Un Étranger en Olondre de Sofia Samatar aux Éditions de l’Instant. Ayant participé au crowfunding pour aider au démarrage de cette maison d’édition, aujourd’hui leur premier livre est publié.
  • Sale Temps de Lou Jan aux éditions Rivière Blanche. J’ai fait entrer ce livre dans ma PAL après ma rencontre avec l’auteur lors du Salon Fantastique.
  • Cookie Monster de Victor Vinge aux éditions Le Bélial’. Je continue ma découverte de la nouvelle collection de la maison d’édition.
  • Le Choix de Paul J. McAuley aux éditions Le Bélial.

Un mois de février tout de même bien rempli en acquisitions. De quoi encore continuer à s’offrir de bons moments de lectures.

Le Livre de l’Enigme Tome 1, Source des Tempêtes – Nathalie Dau

le livre de l'enigme 1 source des tempetesRésumé : Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui.

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : Si vous suivez ce blog depuis le début, vous savez donc que je suis un grand fan des écrits de Nathalie Dau qui ont toujours réussi à me captiver aisément, offrant des récits poétiques et intelligents. C’est donc sans surprise que son dernier roman a rapidement terminé sa course entre mes mains. Je vais par contre préciser un peu les choses concernant ce cycle. Le premier tome a déjà été publié, il y a quelques années, dans une maison d’édition qui a maintenant disparu. Je l’avais d’ailleurs lu à l’époque et m’était retrouvé frustré de me dire que je n’aurai peut-être pas la suite, heureusement, les Moutons Electriques ont décidé de relancer ce cycle. Alors maintenant la question que certains doivent se poser, y a-t-il une différence entre l’ancienne édition et celle-là? Franchement oui, il y a 13 chapitres et près de 200 pages en plus. Attention pas 13 chapitres en plus disséminés, mais bien 13 chapitres qui viennent prolonger la fin de l’ancienne édition, donc si vous l’avez lu à l’époque et vouliez attendre directement la suite je ne peux que vous conseillez de lire cette nouvelle édition, car sinon vous risquez de manquer d’éléments.

Maintenant qu’on a fait le tour on va peut-être parler de l’histoire. Les mages bleus ont été exterminés. Seul survivant, Kéral Asulen, dernier mage bleu sur lequel repose une ancienne prophétie, va se retrouver châtié et exilé. On suit ainsi l’histoire de Cerdric fils de Kéral, qui ne sait rien de son père et inversement, et de Nérasia qui n’a jamais voulu de lui. Annoncé comme cela on pourrait se dire que le récit se révèle très classique en Fantasy, proposant prophétie et élu, sauf que non, ne fuyez pas, c’est bien loin d’être le cas et l’auteur arrive à dépasser ce sentiment pour nous le faire oublier. En effet Cerdric n’est pas l’enfant de la prophétie, car même s’il a été conçu pour l’être ce n’est pas le cas il est réfractaire. C’est, selon moi, le point le plus original de l’intrigue. On ne se retrouve donc pas avec un héros élu, mais plus avec un personnage rejeté, voire abandonné car, sans rien faire, il ne répond pas aux attentes qu’on avait mises en lui, alors que lui tout ce qu’il recherche c’est être aimé, apprécié, de ne pas être seul.

On plonge alors dans un récit plein d’émotions et de sentiments, où la quête initiatique de notre héros va ainsi se révéler extrêmement touchante et poignante. Je me suis retrouvé happé par la vie de Cerdric, ses souffrances, ses plaisirs, ses découvertes, ses haines, ses peurs, ses forces. C’est d’ailleurs la grande force du récit, je trouve, sa capacité à nous immerger dans ce personnage sensible, à fleur de peau, qui ne manque pas de profondément affecter le lecteur, de suivre cet enfant qui grandit en quête d’amour alors qu’il est plongé au milieu de jeux de pouvoir qu’il ne comprend pas et dont il est à la fois l’objet et l’instrument. On a souvent comparé Nathalie Dau à Robin Hobb et je dois bien avouer que dans Cerdric j’y retrouve justement un peu de Fitz. Attention je ne parle pas d’un personnage copié sur l’autre, loin de là, chacun ayant son existence et son caractère propre. Je dis juste que je me retrouve autant attaché à Cerdric que je le suis avec Fitz.  Après, j’avoue, il a par contre aussi récupéré un défaut de Fitz, celui de pousser le lecteur à avoir envie de le secouer tant parfois il se morfond de trop ou fait de mauvais choix, même si parfois on le comprend. En tout cas rien de non plus trop gênant.

Les personnages autour ne sont pas non plus en reste, ils se révèlent eux aussi passionnants à découvrir, loin de tout manichéisme et surtout se révélant profondément humains. Chaque relation, chaque choix, chaque trahison, chaque mensonge, se retrouve ainsi posséder son explication, son histoire, reposant sur les ambitions, les envies et les souffrances de chacun. Cela fait que le personnage, qu’il soit aimé ou détesté, d’une certaine façon on se retrouve à comprendre pourquoi il fait ce qu’il fait. Ce sont finalement leurs imperfections qui les rendent si prenants et efficaces. Des protagonistes complexes, denses, travaillés dont on découvre la vie et l’histoire lentement, au fil du récit et qui happent facilement le lecteur, ce qui fait qu’on tourne les pages avec grand plaisir, histoire d’en apprendre plus sur eux. Que ce soit Nérasia, trahie pour une prophétie qui se sent avilie, Kéral qui a tout perdu et qui a peur de perdre encore plus, Ardégyl monarque à la personnalité complexe ou encore Ceredawn puissant et fragile, chacun d’entre eux se révèle excellent et nuancé.

L’histoire se révèle ainsi, on pourrait dire, séparé en deux grandes parties, la première qui est la quête initiatique de Cerdric de l’enfance vers l’âge adulte avec, comme je l’ai dit, toutes ses victoires et ses chutes, ses reconnaissances et ses haines, puis une seconde partie qui, elle, permet de développer tout ce qui tourne autour de la prophétie et des influences qu’elle peut avoir et peut créer. Une chose est sûre j’ai trouvé l’ensemble fluide, maîtrisé et captivant. L’auteur ne cherche pas à construire une fantasy épique ou portée par un rythme percutant, elle préfère prendre le temps de construire le tout, de le développer et de le soigner, mais le tout sans jamais tomber dans des longueurs ou des lourdeurs. Certes, si vous recherchez l’action et la tension passez votre chemin, car même si l’auteur offre quelques scènes mouvementées ce n’est pas le cœur du récit. Elle cherche plus à offrir une histoire intimiste, poétique, ambigüe, magique proposant aussi son lot de découvertes, de voyages et de dépaysement, et cela marche à la perfection. Alors après, j’avoue, un ou deux passages m’ont paru de trop, mais cela s’oublie très rapidement devant la fluidité et la densité de l’œuvre que j’ai eu du mal à lâcher avant la fin.

L’univers développé tout du long s’avère aussi fascinant à découvrir. Que ce soit aussi bien la magie, l’influence et la puissance qu’elle peut avoir, les jeux politiques et les manipulations des uns et des autres, ou encore dans les découvertes de personnages féeriques et mystiques, l’ensemble est plus que convaincant et donne clairement envie d’en apprendre plus. La mythologie que construit l’auteur, avec cette prophétie et l’importance qu’elle a, certes ne révolutionne pas le genre, mais l’auteur la rend attrayante, offrant de nombreuses questions au lecteur qui devraient trouver leurs réponses par la suite. J’ai aussi remarqué une certaine dualité dans cet univers, avec le monde des « hommes » qui parait plus froid, plus ordonné et plus austère, là où le monde mystique offre ainsi plus de sensualité, de liberté, de fascination, ce qui n’empêche pas pour autant chacun des mondes d’avoir leurs bons et leurs mauvais côtés. L’auteur se sert aussi de son univers pour traiter de la différence, que ce soit par exemple d’un point de vue de peuples, avec les Rives qui sont devenus un peuple esclave et objet, ou bien encore de la sexualité, même si parfois certains points m’ont légèrement déroutés, mais devraient trouver leurs réponses par la suite. Un univers qui s’avère sombre, possédant une violence sourde qui s’en dégage, mais qui nous dévoile aussi, à travers des descriptions magnifiques, des passages lumineux et superbes. Dans tous les cas un monde profond et plein d’imagination, qui donne envie d’en apprendre et d’en découvrir plus.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi poétique, travaillée, soignée, dense, travaillant chaque passage de son récit pour happer le lecteur et le plonger dans un univers et une histoire fluide et passionnante. Au final un premier tome qui m’a offert un excellent moment de lecture et dont j’attends maintenant la suite avec impatience.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui certes, au premier abord peut paraitre classique avec cette idée de prophétie, mais dont l’auteur arrive à se servir et s’affranchir en grande partie pour nous happer et nous le faire oublier. Une histoire touchante, humaine avec des héros complexes, travaillés, profonds dont, qu’on les apprécie ou pas, on comprend les motivations, les besoins et les envies. Je regretterai peut-être que Cerdric donne parfois envie de le secouer tant une ou deux fois il se morfond de trop ou fait le mauvais choix de façon tellement impulsive, mais rien de bloquant tant le héros se révèle à fleur de peau et captive le lecteur. L’univers n’est pas non plus en reste, mélange de loi, de magie et de féérie qui donne clairement envie de le découvrir, d’en apprendre plus, bien porté par des descriptions magnifiques. Un univers sombre, « adulte », qui nous offre aussi quelques réflexions intéressantes. La plume de l’auteur se révèle poétique, soignée, travaillée et nous happe facilement dans son récit. Alors après si vous cherchez un début de cycle énergique et bourré d’action passez votre chemin, cette Fantasy se révèle plus intimiste et humaine, au tempo lent et attirant. J’attends maintenant la suite avec impatience.

 

Ma Note : 9/10

Seuls – Mathias Moucha

seulsRésumé : Mathieu pensait faire un aller-retour express en République tchèque : le temps de régler les affaires de son grand-père, tout juste décédé, et peut-être de boire une bière dans une province typique de Prague avec son frère, son neveu et un ami. Mais à peine a-t-il mis le pied dans le village sinistre de ses ancêtres que l’escapade tourne au cauchemar. De la Bohême profonde aux vieilles rues de Prague, de l’antique Sumer à la Vienne impériale, des Cathares aux armées nazies, Mathieu suivra un chemin jalonné d’épouvantables découvertes. Un voyage avec pour compagnon la peur, la mort et une vieille paire de lunettes.

Edition : Snark

 

Mon Avis : Seuls fait partie des romans qui traînent dans ma liseuse depuis un certain temps déjà. Il y est entré lors de l’une des opérations de promotion que proposait Bragelonne. Vu que, depuis quelques jours j’ai ressorti ma liseuse, j’ai décidé de l’en faire sortir et de me faire un avis sur ce court roman dont les échos que j’avais eu se révélaient plutôt positifs. A noter une couverture qui joue sur le côté intriguant et mystérieux et qui donne, je trouve, envie d’en apprendre plus.

 L’auteur décidé ici de nous emmener en République Tchèque où l’on suit Mathieu, qui vient pour gérer le décès d’un grand-père qu’il n’a à peine connu avec son frère, son neveu et un ami. Perdu dans un petit village à trier les affaires de la maison du grand-père des évènements étranges et fantastiques vont alors survenir et des drames vont se produire. Bon, je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée, je suis loin d’être convaincu par ce récit. Il m’a paru, d’une certaine façon, pas vraiment abouti dans tout ce que cherchait à mettre en place et en avant l’auteur. Déjà commençons par ce que j’ai trouvé être le point fort du récit, la capacité du récit à nous plonger en République Tchèque, à vraiment nous y intégrer, à nous donner envie, d’une certaine façon de la découvrir, que ce soit par son étrangeté, sa dualité entre ruralité et modernité, son histoire ou encore tout l’aspect architectural et historique offre vraiment quelque chose de solide et donne limite envie d’aller visiter le pays. On sent d’ailleurs que l’auteur soit connait bien le pays, soit s’est fortement renseigné et pose l’ensemble par petite touche comme des spécialités locales, des lieux à découvrir ou encore commencer les dialogues avec des locaux en tchèque avant de passer en français, même si j’ai trouvé que ce dernier point avait ses limites et se révélait lassant, même si rien de non plus bloquant.

L’auteur décide de construire son récit en deux parties, une première partie qui se veut fantastique dans la plus pure tradition de l’étrangeté et de la peur, puis une seconde partie qui se veut plus thriller, course poursuite. Sauf que voilà la mayonnaise n’a jamais pris avec moi. La partie fantastique qui aurait dû se révéler angoissante, stressante à souhait, jouant sur ce sentiment de peur, de mort et de frisson n’est jamais présent. Je ne l’ai jamais ressenti pour la simple et bonne raison que l’auteur va trop vite ce qui empêche l’ambiance et la complexité cherchée de se développer. L’exemple le plus flagrant qui me vient à l’esprit vient des morts qui surviennent dans l’histoire. Des personnages importants décèdent suite à des évènement inexplicables et pourtant on ne ressent rien, que ce soit aussi bien le lecteur que les héros. Ni chagrin, ni haine, ni peur ne ressort car la mort est quasiment relégué au second plan, voir limite oublié quelques pages plus loin pour aller vite dans l’intrigue. Alors l’auteur cherche bien à placer des scènes qui cherchent à émouvoir le lecteur, à montrer que ces pertes touchent nos héros, sauf qu’elles ne durent que quelques lignes sans véritables impacts et surtout détonnent face à certains choix pris après dans le récit. La partie thriller, elle, par contre, m’a fait gagner un peu d’intérêt au récit principalement parce que l’intrigue s’emballe, offrant un rythme plus tendu et effréné avec course poursuite et fusillade, qui fait qu’on tourne les pages avec envie d’en apprendre plus. Dommage que l’intrigue penche alors vers la série B, cherchant peut-être un peu trop le mélange et le sensationnel dont je ne dévoilerai rien pour éviter de spoiler, mais oubliant un peu de densifier le tout. Il faut aussi dire que le roman est court.

Concernant les personnages, ils ont du mal à vraiment se révéler marquant. Niveau avancé de l’intrigue ils remplissent parfaitement leurs rôles, apportant ainsi de nombreuses révélations et de nombreux rebondissements. Sauf que voilà, au final, je n’ai jamais réussi à m’attacher à l’un d’entre eux. Ils m’ont ainsi paru de manquer de profondeur, mais aussi principalement d’émotions, de sentiments. On rejoint un peu le point que j’avais soulevé plus tôt, on ne plonge jamais vraiment profondément dans les personnages principaux, dans leurs psychés, ce qui les motivent, les touchent. Pourtant il se passe énormément de chose, mais voilà le récit préfère se consacrer sur l’action et l’intensité et j’ai trouvé cela dommage car il y avait matière à plus. C’est un choix, certains y accrocheront sûrement plus que moi, mais j’avoue que pour ce genre de récit où les émotions aident à la mise en place de l’ambiance, j’aime que l’ensemble soit un peu plus fouillé. Dommage aussi que certains personnages secondaires, tombent un peu dans la caricature.

La plume de l’auteur n’a rien de très marquant, mais se révèle somme toute simple et efficace, principalement dans la seconde partie, ce qui fait que sur la fin je me suis un peu plus senti emporté par ce récit. Au final, je ne peux pas dire que cette lecture a été complètement mauvaise, certains aspects arrivent à se révéler intéressants, mais il est loin de répondre aux attentes que j’avais en le commençant. Je ressors donc légèrement déçu, même si je ne doute pas que ce récit plaira plus à ceux qui apprécient les histoires nerveuses qui vont vite et offrent de nombreux rebondissements.

En Résumé : Finalement je ressors de ma lecture de ce court roman pas vraiment convaincu. Il y a pourtant des points positifs qui se dégage comme l’immersion du lecteur en République Tchèque qui donne envie d’en découvrir plus ou encore une seconde partie énergique qui fait qu’on tourne les pages. Mais voilà j’ai trouvé que le manque d’émotion et le besoin d’aller trop vite dans le récit bloquait la mise en place d’une ambiance plus propice à ce récit fantastique. Comme si les drames et les morts n’avaient que peu d’importance. Ajouter à cela des personnages principaux, certes qui remplissent leurs rôles de faire avancer l’histoire, mais qui manquent de sentiments et des personnages secondaires un peu caricaturaux, j’avoue avoir été frustré. La plume de l’auteur, sans se révéler exceptionnelle, est simple et entrainant et je ne doute pas que ce livre plaira à ceux qui cherchent quelque chose de nerveux et qui va très vite, mais pour moi je pense qu’un travail plus profond m’aurai plus accroché.

 

Ma Note : 5/10

Les Décharnés, Une Lueur au Crépuscule – Paul Clément

les decharnesRésumé : Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu’une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné.
Mais le monde bascule dans l’horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang… de sang humain. S’il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l’assaillent intérieurement. Et si cette petite fille, qu’il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?

Edition : Auto-Edition

 

Mon Avis : On ne va pas le cacher, depuis quelques années la mode est aux zombies, que ce soit aussi bien au cinéma qu’en librairie, il est revenu en force. Voir même un peu trop parfois à mon goût. Pourtant j’aime bien le roman de zombie, alors pas tant le monstre en lui-même qui n’a rien de non plus exceptionnel, mais plutôt tout ce qu’il permet de soulever comme questions que ce soit sur la société comme sur nous-mêmes. Il m’arrive donc de me laisser attraper par un roman de zombie et le dévorer (oui il m’arrive de faire des jeux de mots pourris, vous allez devoir vivre avec). Par conséquent quand l’auteur, que vous connaissez peut-être sous le pseudo de Squeletor rédacteur en chef du site my zombie culture, m’a proposé de découvrir son livre j’avoue que je me suis rapidement laissé tenté, surtout que les quelques avis que j’avais vu passer se révélaient plus que positifs.

Les Décharnés nous plonge ainsi en Provence où Patrick, agriculteur de profession, profite d’un peu de repos pour se moquer des citadins coincés dans les embouteillages sur une route en plein milieu de son champ. Toutefois, tout va basculer pour lui quand, suite à plusieurs incidents, les morts vont se relever. Patrick n’a alors qu’une seul idée en tête survivre. Alors clairement dis comme ça, ce n’est pas non plus le pitch le plus original qui soit concernant les zombies, mais voilà c’est parfois dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Paul Clement connait ainsi trop bien ses bases sur les zombies pour tomber dans l’écueil et il vient nous offrir un récit solide et terriblement efficace qui se lit avec plaisir. Il faut dire que l’ensemble démarre fort, dès le premier chapitre on sent que l’histoire va se révéler rythmer, entrainante et on se retrouve rapidement happé par cette survie, cette fuite en avant. J’ai eu un peu peur au début car, après ce premier chapitre percutant, l’ensemble retombait un peu, j’avais peur que le soufflé s’effondre dans une langueur et une lenteur un peu trop descriptive, introspective et contemplative, mais une fois la ferme quittée le rythme du récit s’emballe de plus belle pour ne plus jamais vraiment retomber. La découverte d’autres survivants vient aussi exacerber cette tension, principalement face à la notion de morale qui va bien entendu en prendre un coup. Je me suis ainsi retrouvé à tourner les pages avec envie d’en apprendre plus, alternant action et scènes plus intimistes au fil du récit, pour aboutir à un final réussi et saisissant évitant le happy-end facile.

Concernant l’aspect sur les zombies, il reste finalement très classique. De toute façon, il est quand même difficile de pouvoir tout de même renouveler le zombie dans ses caractéristiques vous me direz. Cela ne l’empêche pas pour autant de se révéler solide et d’offrir de bons moments de frissons et angoissants à travers quelques scènes efficaces et bien menées. L’image de fond qu’est la Provence apporte un intérêt au récit, premièrement par le fait que l’auteur a décidé d’éviter les grandes villes, comme on peut le retrouver régulièrement dans d’autres écrits, et ensuite aussi d’apporter du soleil au récit. Cela crée pour moi un parallèle intéressant et cynique entre une certaine luminosité du décor et le côté plus sombre des zombies et de l’apocalypse. On y retrouve aussi quelques réflexions intéressantes que ce soit sur notre société, le côté égoïste de chacun, ou bien encore sur la notion d’amour, de famille, mais aussi sur la capacité à l’homme d’aller de la douceur à la haine et la violence. Les descriptions arrivent à retranscrire de façon réussie et fluide cette horreur sans non plus tomber dans le gratuit. Au final sans révolutionner non plus le genre et sans non plus trop chercher à en faire, l’univers se révèle réussi et garde une bonne dose de mystère, comme par exemple la cause de l’épidémie, ce qui est une bonne chose, permettant au récit de se consacrer pleinement à la survie de nos deux héros.

Concernant les personnages, je dois bien avouer que le début est assez troublant Patrick est un véritable anti-héros, solitaire qui déteste tout le monde et qui ne veut rien d’autre que rester seul et en paix. Il apparait donc légèrement antipathique, mais voilà il va croiser le chemin de la petite Emma et va devoir changer. C’est d’ailleurs cette relation entre le vieil agriculteur et la petite fille qui est, je trouve, la grande force du récit, permettant ainsi d’apporter sentiments et émotions, mais tout en restant sobre et réaliste. Patrick ne quitte ainsi pas son rôle de « vieux con » bourré de cynisme comme par magie, mais progressivement, dévoilant aussi par la même occasion un personnage plus torturé et blessé qu’il ne laissait paraitre aux premiers abords. D’ailleurs j’ai trouvé le parallèle très intéressant entre Patrick, qui va peu à peu retrouver goût à la vie, et la mort semble être partout. La seconde partie va développer l’interaction entre nos deux héros et un groupe, avec tout ce que cela peut engendrer comme conséquences. On découvre ainsi d’autres protagonistes qui se révèlent efficaces, mais qui auraient mérités pour certains, je pense, un peu plus de profondeur, principalement pour des personnages comme Karim ou encore, dans une moindre mesure Gisèle. Karim car il a une véritable importance dans le récit, mais que certaines de ses actions restent parfois nébuleuses et Gisèle qui m’a paru caricatural alors qu’elle possède un petit potentiel de réflexion dans sa vision du « groupe », sa capacité à s’aveugler, même si cela ne dérange en rien la lecture.

La plume de l’auteur se révèle travaillée, entrainante, on sent qu’il cherche à soigner son récit, ce qui permet à l’histoire de se révéler fluide, entrainante et efficace. Alors après quelques légers défauts se font quand même ressentir, comme par exemple l’impression que quelquesfois l’auteur cherche à trop en faire, premier roman oblige, cherchant trop la phrase parfaite ou bien tombant dans la métaphore de trop, même si rien de non plus trop bloquant, ensuite, outre les quelques légères longueurs dans le passage de transition entre la ferme et la fuite des héros, j’ai aussi constaté une ou deux facilités ainsi qu’un flashback que j’ai trouvé légèrement mal amené. Rien de non plus trop méchant ou frustrant. Au final l’auteur nous offre ici un récit de zombies qui ne manque pas d’intérêt, se révélant efficace, solide et entrainant qui, je pense, pourrait plaire aussi bien aux habitués du zombies qu’à ceux qui souhaiteraient les découvrir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui, certes, nous propose une intrigue qui, aux premiers abords, peut paraitre classique avec cette quête de survie de Patrick et la petite Emma, mais se révèle solide et entrainante. Le rythme, mis à part une légère perte de vitesse après le premier chapitre, se révèle haletant, entrainant et efficace, alternant efficacement action, nervosité et scènes plus intimes et de réflexions. L’univers ne manque pas d’être solide, offrant des scènes bien angoissantes et des réflexions sur l’Homme et notre façon de réagir classiques mais bien menés et intéressantes. Les personnages sont l’un des points forts du récit, principalement par la relation entre Patrick et Emma, son évolution au fil des pages qui va amener notre héros à changer et se révéler. J’aurai par contre souhaiter que certains personnages secondaires soient plus développés. La plume de l’auteur se révèle travaillée et entrainante, même si parfois, premier roman oblige, il cherche à trop en faire. Alors après quelques légers défauts se font sentir, comme quelques facilités ici ou là, ou bien encore un flashback mal amené, mais franchement rien de dérangeant tant ce roman de zombie remplit parfaitement son rôle et se révèle plaisant à lire et à découvrir au fil des pages, aboutissant à une conclusion réussie et percutante.

 

Ma Note : 7,5/10

 

zombies challenge

Nom d’un Chien – André Alexis

nom d'un chienRésumé : Tout commence par un pari alcoolisé entre Hermès et Apollon : si les animaux avaient l’intelligence humaine, seraient-ils aussi malheureux que les hommes? Les deux dieux décident alors d’accorder conscience et langage à un groupe de chiens passant la nuit dans une clinique vétérinaire de Toronto. Tout à coup capable d’élaborer des raisonnements plus complexes, la meute se divise : d’un côté les chiens qui refusent de se soumettre à ce nouveau mode de pensée, de l’autre les canidés progressistes qui y adhèrent sans condition. Depuis l’Olympe, les dieux les observent, témoins de leurs tâtonnements dans ce nouveau monde qui s’offre à eux. Car, si Hermès veut l’emporter, au moins un des chiens doit être heureux à la fin de sa vie.

Edition : Denoël (paru le 18-02-2016)
Traduction : Santiago Artozqui

 

Mon Avis : Avant de me lancer dans la lecture de ce récit, je ne connaissais rien d’André Alexis. C’est quand on m’a proposé de découvrir ce roman que j’avoue m’être rapidement laissé tenter, principalement grâce à son résumé accrocheur et la réflexion qu’il pouvait soulever, ainsi qu’au traitement qu’allait donner l’auteur à l’ensemble. Après je dois bien avouer aussi que je trouve l’illustration de couverture très sympathique.

Mais alors que nous raconte ce livre, et bien c’est simple, suite à un pari entre deux dieux grec, Hermès et Apollon. Après une soirée alcoolisée, ils vont offrir l’intelligence à une quinzaine de chien pour essayer de déterminer si ce don va les rendre plus heureux ou pas. On ne peut le nier, le récit possède un petit air de La Ferme des Animaux de Georges Orwell, cherchant ainsi à faire réfléchir le lecteur et à le faire philosopher sur de nombreuses notions. Je dois bien avouer que l’auteur s’en sort pas trop mal de ce point de vue ; on se retrouve ainsi à se poser de nombreuses questions sur l’intelligence, l’influence qu’elle a sur notre bonheur, mais aussi sur le langage, la capacité que nous avons à parler clairement tout en échouant à nous comprendre, car nous ne possédons pas obligatoirement les mêmes règles d’analyse, ou bien encore aussi sur les animaux en général, la façon dont on pose le regard sur eux, une certaine supériorité qui se dégage de nous, mais aussi sur ce qui fait la complexité de l’humanité. C’est finalement une critique et une réflexion sur nous-mêmes qui ressort de ce récit. On sent l’auteur clairement à l’aise sur cet aspect, ne forçant ainsi jamais la main au lecteur, mettant plus ainsi en avant avec la vie de plusieurs de ses chiens les contradictions qui apparaissent qu’elles soient aussi bien sociologiques, théologiques, liées au pouvoir ou bien encore à la connaissance. Chacun se retrouve ainsi à se faire son propre avis, et j’avoue que, une fois la dernière page tournée, je continue à cogiter, même si parfois l’auteur se permet d’utiliser des raccourcis qui m’ont paru un peu faciles.

Malgré le travail fin et soigné sur le message, j’ai trouvé que la construction du récit desservait la lecture. Pourtant l’ensemble démarre bien, avec ces chiens qui vont se découvrir de nouvelles habilités, de nouvelles compétences avec toutes les conséquences que cela peut occasionner. Le premier chapitre monte ainsi légèrement en tension, chacun se forgeant une personnalité, entre ceux qui cherchent à développer et travailler cette intelligence, comme Prince le chien poète, et ceux qui la considèrent comme mauvaise et néfaste pour leurs vies. Il se dégage même un petit côté Sa Majesté des Mouches dans l’ambiance délétère qui apparait sur quelques pages et l’affrontement inévitable. Sauf que voilà, à la fin du premier chapitre j’ai su qu’un aspect du récit allait vite me frustrer : le Deus Ex Machina. Et attention je ne parle pas de celui qu’on retrouve parfois dans les romans, qui sert à facilement débloquer une situation un peu coincée, non, là je parle du Deus Ex Machina au sens le plus littéral du terme, c’est-à-dire l’intervention des dieux.

Car oui, l’auteur a certes beaucoup de chose à dire sur le fond, mais pour éviter de se prendre la tête à chercher une cohérence dans la forme autant faire intervenir un dieu pour diriger son récit comme il en a envie. Un chien important sur qui j’ai encore de nombreux points à développer doit mourir? bah attends un dieu apparait et le sauve. Un chien se lie de trop à une famille humaine et y trouve trop de bonheur? Attends un dieu va trouver ça gênant et va faire « exploser » cette famille. Certains lecteurs ne seront pas dérangés par l’idée, vu que les réflexions sous-jacentes sons plus que solides, mais moi j’avoue ça m’a frustré, me donnant plus l’impression d’être forcé que de me laisser happer. J’apprécie que la logique de l’univers construit soit un minimum respecté, car sinon à partir de là autant écrire un simple essai philosophique. Je regrette aussi que certains personnages, comme Atticus au potentiel énorme, soit peu développés ce qui le rend parfois caricatural.

Après, cela n’empêche pas non plus le récit d’avoir des moments très plaisants et réussis, je pense principalement au premier chapitre dont j’ai parlé et que j’ai trouvé terriblement efficace. Ou bien encore tous les passages qui concernent la relation entre Majnoun avec Nira et Miguel qui se révèlent touchants, captivants et soignés, principalement dans la façon dont se construit cette relation, même si, c’est vrai, parfois l’auteur use de quelques facilités mal amenées, mais franchement rien de non plus trop bloquant.  C’est d’ailleurs l’un des éléments importants du récit, permettant de développer l’interaction entre les chiens intelligents et les humains, et c’est dommage que les changements de règles réguliers selon le bon plaisir de l’auteur viennent rendre sa conclusion moins percutante, même si je trouve qu’il se rattrape sur la fin. Autre passage intéressant, tout ce qui concerne Prince, le chien poète, qui je trouve offre une fraicheur au récit là où la vie des autres chiens est peut-être plus sombre et plus complexe, sa vision de la vie et de son don est vraiment attrayante. La vie de ces chiens qui va évoluer au fil des pages ne manque pas non plus de se révéler remplie d’émotions allant de la joie à la tristesse qui font qu’on s’attache ainsi un minimum à eux.

La plume de l’auteur se révèle simple et entrainante, même si parfois un peu trop solennelle, rendant ainsi le travail de fond compréhensible et accessible. Au final je ne ressors pas complètement convaincu de ce récit, dans l’ensemble il me laisse un sentiment positif, principalement par le travail de réflexion, mais voilà avec les nombreux deus ex machina que met en place l’auteur pour faire avancer son livre j’ai plus eu l’impression d’être forcé à suivre sa pensée plutôt que de me laisser emporter ce qui est légèrement dommage.

En Résumé : Je ressors de ma lecture pas complètement convaincu, même si l’ensemble reste sympathique. On se laisse ainsi captiver par les nombreuses réflexions que l’auteur développe sur ces chiens a qui on donne l’intelligence, que ce soit sur les problèmes que cela va engendrer, sur l’importance du langage ou encore sur nous-même. Mais j’ai trouvé que l’auteur, dans la construction de son récit, abusait des Deus Ex Machina au bon plaisir de l’auteur ce qui me donnait  l’impression de suivre le chemin qu’il voulait plutôt que me laisser emporter. Je reprocherai aussi certaines facilités et certains personnages qui manquent de profondeur. Après ce livre possède aussi des passages intéressants, tout le travail sur la relation entre Majnoun, Nira et Miguel ou bien aussi Prince le poète et l’ensemble est porté par une plume simple et entrainante, même si parfois un peu trop solennelle. Au final un contact philosophique qui, sur le fond, m’a fait réfléchir, mais qui sur la forme m’a légèrement frustré.

 

Ma Note : 6,5/10

En Revenir aux Fées – Nathalie Dau

en revenir aux feesRésumé : La Terre, futur proche.
À force de mépris, l’humanité a provoqué l’Échec. La technologie a régressé. La Nature a grandement souffert. L’air et le sol sont si pollués que les gens vivent confinés, mal nourris.
De leur côté du monde, les fées s’interrogent. Faut-il agir pour sauver ce qui peut l’être, ou doit-on achever de purger la planète de ceux qui l’ont défigurée ?
Follette plaide en faveur des ingénieurs, des rêveurs et des artistes – surtout son cher Julian, dont les rimes et les récits lui ont permis de subsister.
Mais seule une très ancienne divinité, défigée après cinq mille ans, a vraiment le pouvoir de trancher la question.

Edition : Mythologica

 

Mon Avis : Nathalie Dau fait partie des auteurs dont je suis les publications avec plaisir, m’offrant ainsi régulièrement des textes que je trouve touchants, magiques et entrainants, mélange des genres de l’imaginaire, ne laissant pas non plus de côté l’aspect réflexion. Il était donc logique que ce recueil de textes finisse rapidement dans ma PAL. A noter aussi une couverture que je trouve sympathique, collant plutôt bien au récit. Ce livre est finalement, comme le dit l’éditeur, un roman mosaïque de plusieurs textes (nouvelles et poèmes) qui vont ainsi former une histoire globale, je vais donc construire ma chronique plus sur l’ensemble que sur chaque texte.

On plonge ainsi dans un futur où le monde a connu le grand Echec, a été obligé de s’enfermer tant l’air est devenu irrespirable et l’environnement a été détruit. Le monde féérique a quasiment disparu, seuls quelques membres continuent à visiter les Hommes. Sauf que voilà des évènements vont venir tout basculer, annonçant de grands changements. L’intrigue que construit Nathalie Dau au fil des récits nous présente ainsi un univers sombre, post-apocalyptique, où l’humanité a trop tiré sur la corde de la technologie, de la consommation sans se soucier de la planète et de ses limites au point de sombrer et de tout perdre. On découvre aussi un monde à deux vitesses, où les plus aisés s’en sortent ainsi beaucoup mieux que les autres, où le silence et l’apathie sont de mise. Un futur , certes classique, mais qui se révèle solide et efficace gardant assez de mystères pour que chacun se fasse son propre avis. Un monde qui finalement vient aussi nous poser des questions sur notre avenir et ce qu’on est en train d’accepter, de ce qu’on est prêt à laisser faire. L’auteur vient alors compenser cette noirceur par sa mythologie qui se révèle plus lumineuse, plus magique, mélange de faits qui vont changer ce monde en perdition et d’histoires qui vont émerveiller et réveiller le lecteur. On se retrouve ainsi emporté, enchanté par toute l’imagination que développé l’auteur au fil des pages, qui, sans non plus révolutionner l’aspect féérique et les légendes, offre un ensemble qui se révèle assurément réussi, entrainant, efficace et enchanteur. L’ensemble est aussi bien porté par des descriptions denses, poétiques et marquantes, que ce soit dans le côté sombre de notre terre en souffrance, comme dans l’aspect féérique superbe. Un univers foisonnant qui donne ainsi envie d’en apprendre plus, bien porté justement par cette dualité troublante.

Mais ce que construit l’auteur ici est un récit d’espoir, de magie, car malgré l’aspect post-apocalyptique, le message qui se diffuse au fil des pages essaie plutôt de réenchanter et de faire revivre ce monde. L’espoir qu’une autre voie est possible qui ne soit pas obligatoirement totalement destructrice mais qui repose sur une harmonie. Une voie de partage, de réflexion et de beauté. Un message qui se révèle aussi ambigu, qui va chercher à nous faire réfléchir, à nous faire réagir, notre avenir ne pouvant reposer sur un deus ex machina, mais plus finalement sur chacun d’entre nous, sur nos actes. On se laisse ainsi happer assez facilement par la mosaïque que construit l’auteur autour des personnages de Follette et de Julian, des artistes amoureux du mots, du plaisir et de la joie. Des personnages, avec leurs sentiments et leurs émotions, qui vont devoir ainsi faire des choix, pas toujours faciles pour aller au bout de leurs convictions, qui vont devoir se battre et se faire entendre pour offrir une nouvelle chance à la Terre. La narration par alternance entre nouvelles et poésie se révèle, selon moi, très intéressante, offrant ainsi un certain rythme à l’ensemble et une certaine élégance. Chaque légende contée, chaque mythe travaillé vient ainsi apporte une pierre supplémentaire à tout l’aspect mythologie qui est développé et vient dépayser le lecteur de façon captivante.

Alors après j’avoue tout de même que certains points m’ont tout de même dérangés dans ma lecture. Certaines nouvelles avaient déjà été publiées dans des précédents recueils, jusque là rien de gênant, mais j’ai trouvé qu’un ou deux ici avaient du mal à s’intégrer dans la mosaïque qui est construite comme par exemple la réécriture de Lancelot qui parait un peu à part dans le livre. Ensuite, certains textes, malgré la beauté et l’intérêt qui s’en dégage, m’ont paru jouer légèrement trop sur la simplicité des retournements de situations et une certaine notion binaire un peu facile entre la technologie et la nature, ce qui m’a légèrement frustré et aurait mérité un peu plus de complexité. Enfin un point sûrement plus personnel, j’ai trouvé que certains personnages auraient mérité d’être plus développé tant ils possèdent un fort potentiel, mais là rien de bloquant ou de dérangeant.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique, captivante et entrainante, pleine de mystères et de magie qui viennent éblouir le lecteur et l’immerger dans ces histoires. Certains textes sortent ainsi clairement du lot, comme par exemple cette histoire d’amour impossible entre un être féérique de la nuit et un du jour qui a clairement réussi à me toucher. Au final un livre de toute beauté qui, malgré quelques légers défauts, nous propose des récits enchanteurs, mystérieux et sensibles où vient se mélanger de nombreuses émotions allant de l’espoir à la mélancolie et qui devraient en toucher plus d’un.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman mosaïque qui nous propose plusieurs récits et poèmes qui viennent former ainsi une intrigue plus complexe nous dévoilant un monde post-apocalyptique qui suite au grand Echec voit sa population cloitrée sous peine de mourir par la pollution. Un univers mélange de sombre et de lumière, entre ce monde en plein effondrement et cet univers féérique qui vient illuminer l’ensemble par bribes de magie, de mystère et de beauté. L’auteur vient aussi nous offrir une réflexion, classique, mais bien menée et intéressante, sur la façon dont nous gérons la Terre et nos ressources, et vient ainsi ici apporter une lueur d’espoir, une autre voie même si pour cela les personnages devront faire des choix. Alors après certains point m’ont dérangé, un certain aspect binaire qui se dégage, quelques simplicités, ou encore l’impression que certaines nouvelles, précédemment publiées, ont un peu de mal à s’intégrer à l’ensemble, mais rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique et entrainante, nous plongeant dans un univers féérique et superbe, offrant d’une certaine façon espoir et réenchantement.

 

Ma Note: 8/10

 

CRAAA

Challenge CRAAA 11ème lecture

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