Auteur/autrice : BlackWolf Page 72 of 202

Les Nefs de Pangée – Christian Chavassieux

les nefs de pangeeRésumé : Pangée, terre immense au milieu de l’océan unique, continent de terre sèche et d’embruns où vit le peuple de Ghiom, dont l’histoire, en ce jour de la dixième chasse à l’Odalim, bascule.
Les Grands de Pangée ont parlé : le monstre marin doit mourir. Pour la paix. Pour l’ordre. Pour la promesse d’une nouvelle ère faste à venir, dans ce monde rongé par les mésalliances et les guerres fratricides.
Pourtant, quand les Nefs s’engagent sur l’Océan, une seule question demeure : si la traque échoue, si l’Odalim survit, si l’union faillit, les enfants de Pangée se dévoreront-ils ? Cette dixième chasse ne serait-elle alors qu’un chant du cygne ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : En ce début d’année 2015 je m’étais lancé à la lecture d’un autre roman de l’auteur, paru aussi chez Mnémos, Mausolées, qui m’avait offert un très bon moment de lecture avec un récit post-apocalyptique surprenant, différent et efficace (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que, quand j’ai vu que l’auteur proposait en cette rentrée un nouveau roman, récit de Fantasy, je me suis retrouvé rapidement tenté. Il faut aussi bien l’admettre, même sans cela, la couverture, qui est la représentation d’un tableau de John Martin que je ne connaissais pas, donne clairement envie de découvrir ce livre et, ajouté au quatrième de couverture accrocheur, j’aurais de toute façon craqué.

On plonge avec ce roman dans le monde de Pangée, le peuple de Ghiom subit alors un terrible affront, la neuvième chasse n’a pas pu tuer l’Odalim comme le veut la tradition, annonçant ainsi 25 ans de difficultés ; jusqu’à la prochaine chasse. Les peuples décident donc de s’allier pour éviter un nouvel échec avec la dixième chasse et aussi d’envoyer la plus grande flotte jamais formée. Sauf que cette chasse va alors dévoiler des enjeux beaucoup plus sournois et des bouleversements que personne ne présageait. Annoncé comme cela le récit possède un petit air de Moby-Dick, ce qui ne me parait pas usurpé, mais ne va pas s’arrêter là, car l’auteur s’offre bien plus qu’une simple réécriture Fantasy de ce récit. En plus de nous proposer cette chasse qui va se révéler épique, héroïque, sanglante, le combat des habitants de Pangée face à la force de la nature, l’histoire va aussi développer de nombreux autres points qui vont agiter cette société. Que ce soit l’abandon des traditions au profit d’un changement brutal vers une économie de marché, la disparition d’une société égalitaire au profit d’une société pyramidale créant ainsi de nouvelles inégalités, le rejet des autres, ces sujets apportent encore plus de complexité et de densité à un texte qui se révèle déjà épique et entrainant. Je me suis ainsi retrouvé happé par cette fresque fascinante, sur près de 50 ans, de ce peuple qui ne peut que nous faire réfléchir face aux nombreux changements qu’ils vont rencontrer, mais qui nous happe aussi par cette chasse à la fois âpre, nerveuse, pleine de sacrifice et de violence. Un récit qui oscille ainsi entre réflexion et action, sans jamais se perdre ou ennuyer son lecteur.

L’univers que nous propose l’auteur se révèle véritablement dense, mais aussi vraiment surprenant, principalement dans le dernier tiers, par certains aspects que l’auteur amène et que je vous laisse découvrir, pour éviter de vous spoiler, mais que j’ai trouvé vraiment passionnant. Ce continent entourée d’une mer unique s’avère ainsi clairement intéressant à découvrir et offre un décor soigné. J’ai été rapidement captivé par cette civilisation, que ce soit par ses us et ses coutumes, sa politique, ses traditions, sa mythologie mais aussi son langage ; Christian Chavassieux a vraiment créé un peuple unique, certes d’une certaine façon proche du nôtre, mais qui pourtant s’en détache par de nombreux aspects. Les nombreux changements qui vont ainsi être engendrés par ce besoin d’évoluer, de ne pas vouloir stagner, d’oublier des rites ancestraux sauvages, sont amenés de façon logique, cohérente, poétique voir même par moment philosophique, le tout sans jamais trop en faire, s’intégrant au récit de façon fluide et efficace. Il n’oublie pas non plus, comme je l’ai dit, de nous faire réfléchir, tant certains passages ne sont pas sans rappeler, d’une certaine façon, notre société, son évolution, son changement. C’est un peu ça que propose finalement l’auteur, un souffle de transitions importantes qui pose des questions et où la chasse y trouve son point central, cette bataille annonciatrice de l’évolution. Sauf que voilà l’auteur arrive même à nous surprendre, prenant par moment le lecteur à contre-pied. Le tout est porté par des descriptions qui ne manquent pas de densité, de lyrisme et donnent clairement envie de découvrir ce monde, ses particularités et ses mystères, mais aussi cette mer qui prend rapidement de l’importance, se révélant limite un personnage à part entière, principalement, c’est vrai, par ces êtres titanesques qui fascinent et que sont les Odalim que je vous laisse rencontrer.

Concernant les personnages, l’auteur nous offre un panel de protagonistes assez large, tous se révélant, d’une certaine façon, un élément important pour les bouleversements que va rencontrer ce monde. Chacun d’entre eux possède ainsi sa propre personnalité, ses propres convictions, ses propres envies et vont ainsi se révéler denses, soignés et travaillés. La grande force de chacun est aussi de ne jamais tomber dans le manichéisme, certes certains paraissent plus « détestables » que d’autres, mais on se rend vite compte qu’ils possèdent des raisons à cela, ils ne sont pas simplement méchants ou gentils pour remplir une case, ce qui fait que, d’une certaine façon, on comprend chacun des personnages qu’on rencontre, que ce soit dans leurs folies, leurs forces, leurs lâchetés, leurs projets etc… et on les accepte. L’auteur n’oublie pas non plus de leur offrir un passé, une histoire, ce qui permet de mieux assimiler et comprendre leurs évolutions. Après on pourrait peut-être regretter une certaine froideur qui se dégage de l’ensemble, la faute a deux raisons selon moi, le nombre important de personnages qui fait qu’on passe de l’un à l’autre, parfois rapidement, et aussi la narration dans le style « chronique », ce qui offre une certaine distanciation et qui joue parfois légèrement dans les moments à fortes émotions. Mais bon rien de non plus bien méchant tant chacun s’avère intéressant à découvrir et parait maîtrisé.

Alors après il y a, pour moi, quelques imperfections, rien de bien méchant tant j’ai été emporté et captivé par ce récit, mais voilà je dirai que, sur certains passages, ce roman aurait mérité d’être plus long. Que ce soit certaines ellipses temporelles frustrantes, tant tout parait arriver d’un coup, ou une fin un peu trop rapide dans sa résolution, je pense que si l’ensemble avait fait 50 ou 60 pages de plus, cela aurait rendu l’ensemble encore plus efficace, même si, je me doute bien, il y a le risque de perdre ou d’ennuyer le lecteur à trop vouloir traîner. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle vraiment poétique, entrainante, dense et propose aussi de nombreuses références, de Flaubert à Hugo (j’avoue ne pas toutes les avoir vus), qui permet de faire ressentir toute sa passion pour le style, qui d’ailleurs happe vraiment le lecteur très rapidement. Alors c’est vrai, parfois il en fait un peu trop, mais ce ne sont que des broutilles, tant l’ensemble parait maîtrisé et entrainant. En tout cas l’auteur confirme tout le bien que je pensais de lui après ma lecture de Mausolées, offrant un récit épique, une fresque fascinante et entrainante. Je lirais sans soucis d’autres de ses écrits.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce récit de Fantasy qui nous propose de découvrir une chasse épique, héroïque, nerveuse face à un être titanesque sournois et intelligent. Mais voilà l’auteur ne s’arrête pas à cette simple réécriture de Moby Dick, il nous offre aussi un travail profond et dense sur les bouleversements que vont rencontrer ce peuple, proposant ainsi de nombreuses réflexions, qui ne sont pas sans rappeler notre société, mais aussi de nombreux rebondissements et de surprises. Une intrigue passionnante et qui a réussi à me happer rapidement et facilement. L’univers développé tout du long se révèle être un des points forts du récit, s’avérant passionnant à découvrir dans sa complexité et la découverte de ces régions et de peuple qui nous ressemble et qui est pourtant différent et unique, le tout porté par des descriptions magnifiques. Les personnages ne manquent pas non plus d’intérêt, à la fois travaillés, loin de tout manichéisme et dont on s’intéresse assez rapidement à leurs évolutions et leurs aventures, je regretterai juste par moment un certain manque d’émotion, mais rien de bien gênant. Mon seul regret vient du fait que, pour moi, le roman est très court tant certaines ellipses temporelles frustre et la fin ‘a paru trop rapide, rien de bien gênant et je me doute qu’il est jamais facile de trouver le juste milieu sans ennuyer le lecteur. La plume de l’auteur se révèle riche, poétique et entrainante offrant ainsi un récit qui m’a fasciné. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Lune, …

5 ans et toutes ses dents !

Il y a maintenant 5 ans, le 23 septembre 2010, je me lançais un peu par hasard, un peu par envie, un peu par ennui dans la grande vie bloguesque. Blog-O-Livre était né. Je sais que je me répète d’année en année, mais oui, clairement, je ne pensais pas durer aussi longtemps. Ma capacité à procrastiner et mon impression de l’époque d’entrer dans un secteur dont je pensais ne toucher que peu de personnes, faisait qu’au moment de la création du blog, si je tenais un an ou deux, c’était déjà exceptionnel. Aujourd’hui, après 5 ans je suis toujours là, avec des hauts et des bas, mais bien présent. Qui dit anniversaire, dit aussi bilan. C’est donc parti.

livres

Bilan du blog

Je me suis rendu compte il y a quelques mois que le blog avait quand même énormément changé depuis sa création, je me suis permis de relire certains de mes premiers articles (j’aurai pas dû, j’ai les yeux qui piquent maintenant face aux fautes et autres horreurs) et je trouve que mes chroniques ont gagné en structure. Attention je ne cherche pas là à me lancer des fleurs, je suis loin d’être un professionnel de la chronique et je ne cherche pas à l’être de toute façon mon but étant que de proposer des avis, me faire plaisir et pourquoi pas débattre, mais je me rends bien compte que mes chroniques sont mieux construites.

Sinon d’un point de vue bilan j’ai écrit 781 article (782 si on compte ce message) ce qui fait en moyenne quand même 157 articles par an, ce qui, je trouve, est pas mal du tout. Alors après je parle bien de tous les articles, niveau chroniques de lectures en cinq ans 689 ont été publiées. J’avoue tenir un bon rythme, à voir dans les années à venir car il risque bien, un jour ou l’autre, à évoluer, mais pour l’instant vu que je continue à trouver du plaisir dans l’écriture de chroniques, pas de raison de changer.

Concernant la plateforme, je ne reviendrai pas sur ma migration sur WordPress qui me satisfait pleinement, il faut juste que je me retrousse les manches pour apporter les modifications que je souhaite depuis un long moment déjà.

Je vous rappelle aussi que je suis présent (plus ou moins) sur les réseaux sociaux. Vous pouvez ainsi me retrouver sur Facebook et rejoindre ainsi  les 329 personnes qui suivent déjà ma page. Je suis aussi sur Twitter qui possède 266 abonnés, mais dont j’avoue manquer de présence.

En tout cas je constate qu’au bout de cinq vous êtes toujours nombreux à passer par là, que ce soit ponctuellement ou de façon plus régulières, et je vous en remercie.

Bilan Lectures

Comme je l’ai dit un peu plus tôt, en cinq ans j’ai tout de même écrit 689 chroniques, alors je ne vais pas trop rentrer dans les détails des genres, juste que dans ses 689 chroniques 77 concernent des BD et 612 des romans/Nouvelles/Novella. On ne parlera pas de ma PAL, qui, depuis la création de ce blog a, je trouve, la capacité à croître de façon autonome et sans aucun contrôle. Alors pour ceux qui se souviendraient du bilan de l’année dernière (ou ceux qui y sont retourné exprès) mon nombre de chronique de BD n’a pas varié d’un iota. J’ai toujours un peu de mal à chroniquer une BD, me sentant moins à même de le faire. J’ai toujours dans la tête l’idée de me faire un bilan mensuel par exemple, et je pense qu’il devrait apparaitre incessamment sous peu sur le blog. Il faut juste que je réfléchisse à la forme.

Surprise

Pour ce cinquième anniversaire j’avais prévu aussi de vous en faire profiter, par un petit concours. Bon, au bout de cinq ans certains me connaissent, par manque de temps et, j’avoue, un peu par procrastination, il va falloir patienter quelques jours le temps que je mette tout cela en place. Je vous tiendrais au courant assez rapidement normalement.

Conclusion

On repart donc pour une sixième année, j’espère pouvoir faire évoluer mon blog dans les mois à venir, principalement en y a joutant un index des chroniques. Ces cinq années de blog m’ont aussi permis de faire de nombreux festivals et de nombreuses rencontres que je ne regrette pas le moins du monde. Je devrais moins pouvoir faire de festivals dans les prochains mois, mais ce n’est que partie remise pour plus tard.

En tout cas encore un petit mot à tous ceux qui passent par là et que je remercie, car finalement c’est un peu ce qui fait que Blog-O-Livre continue à être présent.

 anniv

Le Bâtard de Kosigan Tome 2, Le Fou Prend le Roi – Fabien Cerutti

le batard de kosigan t2 le fou prend le roiRésumé : 1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.
Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout, pourrait bien se muer en talon d’Achille.
Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Il y a quelques mois, je me suis laissé tenter par le premier tome de cette série sur Le Bâtard de Kosigan qui m’avait offert un bon moment de lecture à travers une intrigue vive, sans temps morts et efficace, proposant de nombreux mystères le tout dans un univers uchronique et Fantasy intéressant (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que, lors des dernières Imaginales, je me suis rapidement laissé tenter par la suite, surtout que l’auteur a su titiller ma curiosité concernant ce deuxième tome. J’ai donc décidé de sortir ce livre de ma PAL et de voir ce qu’allait bien pouvoir nous offrir ces nouvelles aventures du Bâtard. A noter que ce livre peut être lu indépendamment du premier tome, même si ce serait dommage selon moi, loupant ainsi une ou deux références. Concernant la couverture, illustrée par Emile Denis, elle reste dans la même veine que le premier et se révèle toujours aussi sympathique.

Avec ce second tome, l’auteur continue à revisiter l’Histoire de France, car après avoir posé son intrigue sur l’indépendance de la Champagne, cette fois l’auteur nous fait revisiter les prémices de la guerre de Cent Ans et ce conflit pour le trône de France. Alors attention on parle bien d’Histoire Uchronique, que ce soit dans la présence de peuples féériques comme dans les changements historiques qui apparaissent, de nombreux changements sont présents. Si vous cherchez un roman pointilleux historiquement, il vaut mieux passer son chemin. En tout cas une chose est sune j’ai retrouvé avec plaisir les aventures et les péripéties de chevalier de Kosigan qui continuent à se révéler prenantes, sans temps morts, avec de l’action, des rebondissements et son lot de surprises. Dans tous les cas on ne s’ennuie jamais vraiment avec le Bâtard tant ses missions se révèlent semées d’embûches. Le chapitrage court joue aussi sur le fait qu’on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Je regretterai juste un point, qui risque de faire tiquer ceux qui ont lu ma première chronique, c’est que le héros subit un peu trop les évènements, il m’a ainsi paru d’une certaine façon trop attentiste pour prendre finalement des décisions qui paraissent discutable, surtout vu l’intelligence qu’il a déployé dans le premier volume. Alors je sais, dans le premier tome j’avais dit l’inverse, le Bâtard s’en sortait trop bien, son plan paraissait trop parfait. Clairement ici l’auteur a décidé de montrer que le héros pouvait être mis à mal, qu’il pouvait ne pas contrôler toutes les situations, mais sur une ou deux situations on tombe dans l’effet inverse où on se demande s’il réfléchit vraiment à ce qu’il fait. Attention ce n’est en rien dérangeant tant l’auteur maîtrise de nouveau parfaitement le rythme de son récit pour nous happer et donner envie d’en apprendre plus.

Autre point qui m’a dérangé dans l’intrigue, c’est la partie qui se passe, toujours au travers d’une narration par correspondance, en 1899 qui, sans être non plus mauvaise ou inutile, loin de là, manque quand même de punch et surtout parait un peu tirer en longueur. Pas que je souhaite toutes les réponses d’un coup, mais voilà la première moitié de cette intrigue parait un peu répétitive, finalement ne tournant que sur les éléments du premier tome, n’apportant que peu de réponses. Comme si l’auteur essayait de garder le maximum d’informations pour les prochains tomes et en rajoutait. Pourtant, elle n’est pas non plus si inintéressante que cela, les questions qu’elle soulève ne manquent pas de titiller le lecteur, d’essayer de comprendre cette grande différence d’Histoire entre le 19ème et le 14ème siècle. Peut-être que plus condensé cela aurait permis de rendre l’ensemble encore un peu plus efficace. Mais bon rien de non plus trop bloquant.

Concernant l’univers, certes on perd un peu de l’aspect découverte du premier tome, mais l’auteur continue à nous dévoiler un univers qui se révèle solide, efficace, entrainant et prenant. L’auteur continue à parfaitement maîtriser son aspect Historique et surtout arrive à le revisiter et à le modifier de façon vraiment intéressante, logique et cohérente. L’ensemble est porté par un travail de fond et des descriptions qui font qu’on peut plonger dans ce monde, que ce soit dans ce moyen-âge âpre et violent comme à travers ce 19ème siècle plus technologique, avec facilité, sans jamais se sentir perdu ou même ne ressentir de longueurs. Les luttes de pouvoirs sont toujours aussi présentes et notre héros va se retrouver emporté dans des batailles qu’il ne maîtrise pas. Les passages en 1899 ne manquent pas non plus d’attraits, avec leurs machinations, leurs zones d’ombres et de révélations. Concernant l’aspect Fantasy, que ce soit à travers les êtres mystiques ou encore la magie, il reste toujours présent et apporte un véritable plus à l’ensemble, je trouve, surtout que plus on avance dans l’intrigue, plus on se rend compte qu’elle prend de plus en plus d’importance, que ce soit aussi bien dans la politique des nations, dans la vie du Bâtard, comme dans l’Histoire. Au final, un univers qui donne envie d’en apprendre plus, rien que pour savoir jusqu’où l’auteur va aller dans sa réécriture de l’Histoire.

Les personnages se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir au fil de l’histoire, même si j’avoue certains m’ont un peu dérangés. On est ainsi toujours autant captiver par le Bâtard de Kosigan qui se révèle un héros charismatique, dépaysant et à la répartie qui fuse. Il ne manque pas d’attrait et plus on avance dans les tomes, plus son passé se dévoile, certes parfois de façon peut-être un peu trop académique à travers des apartés, mais qui viennent densifier et complexifier un personnage vraiment intéressant à suivre. Il tombe d’ailleurs un peu moins, ici, dans le héros « James Bond » que je lui reprochais légèrement dans le premier tome, ce qui fait que je me suis un peu plus attaché à lui. Mon seul regret est que, vu qu’on se concentre principalement sur lui, il est parfois difficile de se passionner ou s’intéresser aux membres de son groupe. Par conséquent quand les choses se gâtent pour ses loups, je n’ai pas obligatoirement ressenti l’empathie nécessaire je pense. Concernant les personnages secondaires, ils ne sont pas mauvais, mais voilà, ont du mal à sortir du moule du simple protagoniste bon à apporter des réponses ou des révélations. Certains arrivent à sortir du lot, principalement vers la fin, mais voilà c’est parfois légèrement frustrant, même si rien de non plus bloquant. Je regrette par contre qu’Adélys de Quiéret, dont je ne dévoilerai rien, mais qui a son importance, manque quand même de profondeur. Elle a du potentiel. A voir maintenant par la suite.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, vivante, prenante et arrive rapidement et facilement à emporter le lecteur dans son intrigue et dans l’univers qu’il construit. Certes ce second tome possède encore quelques défauts, mais j’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ces nouvelles aventures du Bâtard de Kosigan qui nous happe facilement, apportant quelques révélations et soulevant quelques mystères accrocheurs. Je lirai sans soucis le troisième tome quand il sera publié.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce second tome des aventures du Bâtard de Kosigan qui offre une histoire toujours aussi nerveuse, vivante, sans temps morts avec son lot de rebondissements et de surprises. L’intrigue comporte toujours son lot de manipulations et de jeux de pouvoir qui se révèlent attrayants. L’aspect historique uchronique ne manque pas d’intérêt et se révèle surtout cohérent et logique. Je reprocherai par un intérêt moindre sur la partie qui se déroule en 1899 donnant l’impression de tirer en longueur et aussi une capacité du héros, sur la période de 1340, à trop subir et parfois faire des choix très contestables alors que le premier tome montrait complètement l’inverse. L’univers s’avère toujours aussi solide et entrainant, l’aspect Fantasy y apporter un plus efficace et soulève aussi sont lot de questions, donnant envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages, je me suis accroché rapidement au héros qui est toujours aussi charismatique et entrainant, se complexifiant au fil des tomes. Je regretterai par contre des personnages secondaires qui ont un peu de mal à sortir du lot et le fait que le personnage d’Adélys manque légèrement de profondeur. La plume de l’auteur est simple, entrainante et vivante, happant finalement assez facilement le lecteur dans son intrigue. Au final un second tome qui, malgré quelques défauts, se révèle plus qu’efficace et je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : joyeux-drille, louve, Boudicca(Bibliocosme), …

Le Sang des 7 Rois, Livre Trois – Régis Goddyn

le sans des 7 rois, livre 3Résumé : Monte dans la vallée, celle que tu verras à ta droite en arrivant dans le septième royaume. Tu te trouveras dans un cul-de-sac. On peut escalader la falaise, elle ne mesure pas même trois cents pieds. Il y a des prises, mais en montant sur la gauche, après les grandes chutes d’eau. Puis, une fois dans la vallée suspendue, marche environs deux semaines en collant la montagne sur le flanc nord. Tu trouveras un passage. Il sera probablement bouché par les arbres et les ronces, ça dépend des moments, mais je sais qu’Odalrik se débrouillera pour te faire venir à lui… Si ce vieux chameau est bien luné.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Après quelques mois de pause concernant ma lecture de ce cycle, j’ai décidé de sortir, enfin, ce troisième tome de ma PAL. Vous devez vous demander (ou pas), pourquoi avoir attendu aussi longtemps? Pour la simple raison que ce cycle se déroulant sur sept tomes je savais que j’avais un peu de temps devant moi. Sauf que voilà, le dernier tome étant maintenant annoncé pour le milieu de l’année prochaine, il est maintenant temps de rattraper mon retard en me lançant dans ce troisième livre et voir ce que peut bien proposer l’auteur après deux premiers volumes intéressants et efficaces (chronique du Tome 1, Tome 2). Concernant la couverture, toujours illustrée par Yann Tisseron, je la trouve très réussie avec ce noir et blanc fascinant.

J’avoue, après plus d’un an suite à ma lecture du tome 2, j’avais un peu peur d’avoir du mal à rentrer de nouveau dans ce cycle. Finalement, tout c’est parfaitement bien passé, j’ai replongé avec plaisir dans ce monde et à la suite de ses personnages et de leurs aventures, l’ensemble étant présenté de telle façon que je ne me suis jamais senti perdu ou dérangé. On se rend ainsi compte que la domination du sang bleu se fait de plus en plus sentir, le peuple subit cette violence sans pouvoir se défendre et nos héros continuent leurs voyages pour essayer de changer les choses. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée et malgré ma facilité à replonger dans l’histoire, je dois bien avouer que ce troisième tome m’a paru un petit peu plus faible que les précédents. Oh rien de non plus dérangeant, où qui fait que je vais me détourner de ce cycle, car on continue à y retrouver les qualités des premiers livres avec une intrigue qui se révèle toujours aussi vive, sans temps morts où l’auteur ne s’embrasse pas de chichi pour se consacrer à l’essentiel à travers de nombreux rebondissements et de nombreuses révélations. De nombreux mystères restent présents, que ce soit au niveau des manipulations de l’ombre, des compagnons du verrou ou encore sur ce passé en partie perdu, ce qui fait qu’on continue à tourner les pages avec envie d’en découvrir plus. La narration multiple, qui certes se révèle à double tranchant, permet toujours de découvrir de nombreux points de vue, d’avoir des visions et des réflexions différentes et permet ainsi d’offrir une vision d’ensemble plus large.

Concernant l’univers, certes avec un troisième tome on perd l’aspect entrainant  et charmant de la découverte, mais cela ne l’empêche pas de se révéler solide et de continuer à se développer de façon intéressante ; à se densifier. Ce qui partait sur une lutte des classes se révèle ainsi finalement une lutte liée au sang (certes ça reste une lutte des classes, mais d’un autre point vue) qui s’intensifie dans la souffrance et la violence, ce qui amène les rebelles à se dévoiler. De nouveaux peuples, de nouvelles castes se dévoilent aussi, permettant par la même occasion de lever doucement le voile sur certains pans de l’histoire et rend encore plus intéressant l’ensemble. La magie continue à se dévoiler par petite touche, principalement par l’apprentissage d’Oldarik, et apparait toujours aussi intéressante à découvrir, même si je suis toujours un peu inquiet de la « surpuissance » des mages, ce qui les rend quasiment invincible et enlève assez rapidement toute tension lors de certains combats. A voir comment ça se développe dans les prochains tome. Au final un univers qui a gagné son rythme de croisière et dont on replonge avec plaisir avec l’envie d’en apprendre plus, même si j’avoue, parfois sur certains aspects j’aurai encore aimé en savoir plus.

Concernant les personnages ils sont toujours aussi intéressants à suivre au fil des pages, certes on commence à les connaitre, à visualiser leurs réactions, leurs façons d’évoluer et pourtant ils arrivent toujours assez facilement à nous emporter et à nous entrainer. Surtout l’auteur ne s’arrête pas avec les personnages que l’on connait, il continue à en y ajouter d’autres qui ne manquent pas d’attrait, que ce soit par exemple la vicomtesse ou encore Luigi, ce qui permet ainsi d’apporter du sang frais à l’ensemble et à ne pas ennuyer le lecteur. Le fait de suivre plusieurs personnages offre d’ailleurs un certain intérêt puisqu’il permet de développer de nombreux points. Après cela joue un peu sur l’empathie, ce qui fait que quand certains meurent, on n’a pas obligatoirement touché de la même façon que si on s’immergeait dans deux, trois héros. Certes certains protagonistes sont un peu en retrait, là où on aurait aimé les voir plus en avant, mais ça ne dérage en rien tant on sait qu’on va bientôt les revoir.

Sauf que voilà comme je l’ai déjà dit, j’ai trouvé ce troisième tome un chouïa en dessous des précédents. Déjà, il faut bien l’admettre une fois la dernière page tournée, il fait un peu tome de transition. On arrive quand même au milieu de l’intrigue et on sent que l’auteur fait tout pour ne pas non plus trop en révéler, ce qui parfois se ressent. Certes l’ensemble va quand même représenter 7 tomes et près de 3000 pages ce n’est donc pas illogique de ralentir l’intrigue, mais voilà par moment ça frustre légèrement. Ensuite comme je l’ai dit la narration multiple possède quelques désavantages comme cette impression, sur certains personnages comme Rosa, de ne pas vraiment avancer depuis le premier tome, même s’il apparait, je pense, que cela risque de changer dans le prochain. Enfin un dernier point qui se fait ressentir, c’est une certaine simplicité qui se dégage de l’ensemble, que ce soit dans l’intrigue, comme par exemple cette absence de réaction du peuple qui me laisse toujours perplexe dans un laps de temps si court, ou que ce soit dans la caractérisation des personnages qui rentrent clairement dans une case et n’en sortent jamais vraiment, du moins pour le moment.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle entrainante, certes assez simple, mais qui ne manque pas de porter le lecteur et le plonger dans son récit et son univers. Je regretterai juste des dialogues qui paraissent quand même un peu trop figé, donnant l’impression de trop se reposer dessus pour faire avancer l’intrigue et aussi de se sentir obligé de toujours mettre le nom de son interlocuteur. J’ai eu ainsi l’impression que certains dialogues manquaient de fluidité, mais rien de non plus trop bloquant. En tout cas un troisième tome, qui certes n’a pas pour moi le niveau des deux premiers, mais reste sympathique et divertissant à découvrir, offrant quelques réponses et donnant envie de lire la suite pour en apprendre plus sur les mystères qui restent en suspens.

En Résumé : Je dois bien avouer que, même si ce troisième tome se révèle m’a un chouïa moins captivé que les deux premiers, j’ai passé un moment de lecture divertissant et sympathique. L’intrigue continue à se développer sur cette lutte de sang de plus en plus violente et s’avère toujours aussi entrainante et efficace malgré un sentiment de tome de transition qui se fait légèrement ressentir. L’univers, même s’il perd son aspect découverte, se révèle toujours aussi solide et continue à se complexifier lentement au fil des tomes, offrant de nouveaux mystères. Les personnages continuent à s’avérer intéressant à découvrir dans leurs aventures et dans leurs évolutions, surtout l’auteur n’hésite pas à rajouter des personnages, apportant ainsi du sang neuf, même si la multiplication fait que certains restent peu développés. Je regrette finalement, comme je l’ai dit, un aspect un peu tome de transition, où on commence à sentir que certaines réponses se font attendre, ensuite une certaine simplicité se dégage comme certaines réactions, ou plutôt absence de réactions, face à certains évènements et aussi des dialogues qui manquent un peu de fluidité ; un peu trop protocolaires. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi entrainante, certes un peu simple, mais qui porte assez facilement le lecteur. Il ne me reste plus qu’à faire rentrer le quatrième tome dans ma PAL.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Lelf, Mariejuliet, joyeux-drille, Miss Reading, …

Les Lions d’Al-Rassan – Guy Gavriel Kay

les lions d'al-rassanRésumé : L’empire d’Al-Rassan a fait de ses conquérants asharites, venus des sables du désert, un peuple d’artistes et de savants ; l’assassinat du dernier calife a entraîné son éclatement en cités-États rivales. Seul peut-être le roi Almalik de Cartada saura lui rendre sa puissance et son unité, avec le soutien du légendaire Ammar ibn Khairan, poète, diplomate et soldat.
Car une autre menace pèse sur l’Al-Rassan, celle des royaumes jaddites du Nord, divisés, certes, mais avides de reconquérir le pays dont ils s’estiment dépossédés. Rodrigo Belmonte est le plus prestigieux de leurs chefs de guerre.
C’est dans l’exquise cité de Ragosa que se rencontreront Ammar et Rodrigo, pour un temps exilés au service du même monarque. Entre eux, la figure exceptionnelle de Jehane bet Ishake, fille du peuple Kindath et brillant médecin.

Edition : L’Atalante
Poche : J’ai Lu

 

Mon Avis : Pour situer un peu ma lecture de ce livre, il faut savoir qu’il s’agit en fait d’une relecture d’un roman que j’avais lu plus jeune et qui, à l’époque, m’avait vraiment fasciné, m’offrant un excellent moment de lecture. Je profite donc, comme je l’ai annoncé, du mois spécial avec l’auteur sur le blog de Book en Stock, pour sortir une nouvelle fois de ma bibliothèque ce livre et voir ainsi si mon avis a, depuis le temps, changé ou pas. A noter la couverture, illustrée par Gess, que je trouve très jolie et qui met directement dans l’ambiance de cette Fantasy historique.

Suite à la mort du dernier Khalife, l’Esperagne se retrouve déchirée entre différents royaumes, différents peuples, différentes religions, où de nombreux monarques avides de pouvoir cherchent à s’étendre. Plusieurs destins vont ainsi être amenés à s’entrecroiser face aux évènements terribles qui vont bouleverser cette contrée. L’auteur nous propose ici un roman de Fantasy Historique, par là j’entends un récit dans un pays totalement imaginaire, mais dont, si on s’y penche un peu, on ne manquera pas d’y trouver des ressemblances avec l’histoire de l’Espagne, principalement de la fin de l’Al Andalous. Et je dois bien avouer que j’ai de nouveau été complètement happé par cette histoire, il faut dire aussi que, tant la complexité de l’intrigue, sa fluidité, que sa densité, font qu’on ne s’ennuie jamais vraiment une minute et on tourne les pages avec grand plaisir et envie d’en apprendre plus. L’auteur nous dessine ainsi des jeux d’intrigues et de pouvoirs où chacun met en place ses pions, ses machinations et ses trahisons et où nos trois héros, idéaliste d’une Esperagne révolue, vont devoir faire des choix, des concessions voir même parfois pire. On est ainsi littéralement captivé par la grandeur et la déchéance de ce pays, par la force de ce que construit Guy Gavriel Kay et par l’intensité qui s’en dégage et qui monte au fil des pages pour aboutir à une conclusion que j’ai trouvé des plus déchirante. L’auteur oscille parfaitement entre émotion, action, tension, machination, et maitrise parfaitement son récit pour ne jamais ennuyer ou se perdre.

Concernant l’univers, comme je l’ai dit, on se situe dans une Espagne imaginaire, l’Esperagne, qui possède quelque chose de fascinant, une certaine beauté, toujours bien porté par le travail de description de l’auteur, qui donne envie de visiter ses différentes régions, d’en apprendre plus ; que ce soit d’un point de vue de l’architecture, de la culture, de la poésie qui est un élément très présent et de l’art en général, mais aussi dans leurs différences comme dans leurs ressemblances. Car oui, ce qui finalement va rendre cet univers si intéressant à découvrir c’est principalement grâce à une certaine complexité qui s’en dégage, ce qui fait que chaque peuple, chaque lieu est finalement différent, que ce soit dans leurs religions, leurs visions des choses ce qui permet d’offrir une diversité intéressante, même si on se rend très vite compte que sur le fond, malgré ce qui les opposent parfois jusqu’à la guerre, ils ne sont pas non plus si différents de cela. Un univers qui ne manque pas non plus de nous faire réfléchir, tant certains aspects possèdent encore des échos à notre époque actuelle. Entre guerre sainte, beauté perdue et la fin d’une époque, l’ensemble possède aussi une certaine mélancolie, un sentiment de certitude et de perte qui se dessine au fil du récit et dont on ne souhaite pas tant on a envie d’y rester un peu plus longtemps. L’aspect fantastique, ici présent, se révèle très discret, évitant la sur-utilisation de magie, de bestiaires féériques ou autres pour n’offrir quelques aspects très légers, comme par exemple ce petit don de vision ou cette double lune, ce qui permet ainsi d’ancrer ce récit dans une certaine réalité sans non plus perdre le lecteur de Fantasy.

Concernant les personnages il s’agit là, selon moi, d’un des gros points forts du roman et, je ne peux le nier, le trio des personnages principaux ne m’a pas laissé indifférent tant ils arrivent à s’imposer et ont réussi de nouveau à me toucher dans cette relecture. Il faut dire que Guy Gavriel Kay nous offre des héros qui se révèlent clairement charismatiques, fascinants, prenants et surtout profondément humains, évitant du début à la fin de se révéler manichéen pour finalement s’avérer posséder chacun leurs convictions, leurs doutes, leurs fidélités, leurs faiblesses et leurs forces. On découvre ainsi Jehane, médecin de renom et fille d’un médecin encore plus reconnu, intelligente, courageuse, indépendante qui va se retrouver emportée dans une guerre qu’elle ne comprend pas, oscillant entre deux idéologies, mais aussi Rodrigo Belmonte, Capitaine de renom Jaddite qui n’a jamais été vaincu, intelligent, homme d’honneur envers son pays, qui va voir certaines de ces convictions misent à mal  et enfin Ammar Ibn Khairan, assassin, soldat et poète, stratège de génie, mais qui cherche à obtenir un monde meilleur et plus juste là ou la guerre, la haine et la violence se dévoilent de plus en plus. Il est difficile de parler d’eux sans trop en dévoiler, mais en tout cas ce sont vraiment des personnages qui m’ont marqué et m’ont passionné dans leurs aventures, dans leurs relations et dans leurs évolutions. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, de nombreux sortant véritablement du lot comme par exemple Alvar soldate Jaddite de la compagnie de Rodrigo, ou encore justement la femme de Rodrigo qui se révèle être une héroïne qui, on peut le dire, sait ce qu’elle veut et ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Alors après on pourrait peut-être regretter certaines ficelles que l’auteur utilise un peu trop grossièrement pour faire avancer son intrigue, ou bien un démarrage qui, parfois, prend un peu son temps, mais franchement je n’ai rien ressenti de tel tant je me suis de nouveau retrouvé emporter par la relecture de ce roman. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi dense, soignée, d’une certaine façon mélancolique, se situant au plus près des émotions pour mieux nous accrocher. En tout cas Les Lions d’Al-Rassan fait partie, selon moi, des très grands romans de Fantasy, dont je conseille régulièrement la lecture et, qui plus est, est en un seul volume. Maintenant à chacun de voir, en tout cas il faut maintenant que je sors de ma PAL Les Chevaux Célestes qui m’attend.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture (ou plutôt de relecture) avec ce roman qui nous propose de découvrir au fil des pages, une histoire complexe et entrainante de machinations, jeux de pouvoir, manipulations dans une Esperagne déchirée entre religions et avidités de différents monarques. Un récit fort, touchant, réfléchi,  dont l’intensité monte au fil des pages pour aboutir à une conclusion déchirante. L’univers développé tout du long se révèle dense et intéressant à découvrir, bien porté par des descriptions qui se révèlent superbes. L’aspect Fantastique se révèle ici très discret ce qui permet d’ancrer un peu plus ce récit dans une réalité proche de la nôtre. Les personnages sont vraiment fascinant, charismatiques, attachants, profondément humains et forts, loin de tout manichéisme. Le trio de personnages principaux m’a vraiment marqué et fait vibrer, par leurs différences et leurs ressemblances, mais aussi par les idées qu’ils soulèvent. Alors on pourrait regretter certaines ficelles un peu grosses pour faire avancer l’intrigue ou un démarrage qui prend un chouïa son temps, mais franchement je n’ai rien ressenti de tel tant je me suis retrouvé happé et emporté par cet excellent récit. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi dense, soignée, mélancolique. Les Lions d’Al-Rassan fait partie des très bon romans de Fantasy que je conseille vraiment de découvrir, maintenant à vous de voir.

 

Ma Note : 9/10

 

Autres avis : Petitetrolle, Vert, Acr0, …

Les Neiges de L’Eternel – Claire Krust

les neiges de l'eternelRésumé : Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur.
Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.

Edition : ActuSF

 

Mon Avis : Qui dit septembre, dit rentrée et qui dit rentrée chez les indés de l’imaginaire, dit rentrée de la Fantasy avec la publication de nouveaux roman et surtout de nouveaux auteurs. Bon après se faire une rentrée comme la littérature blanche, l’idée se discute, mais en tout cas je n’allais pas la manquer. Je démarre donc cette rentrée avec les éditions ActuSF et ce roman, Les Neiges de L’Eternel, dont la couverture, illustrée par JungShan Chang, se révèle réussie et a vraiment réussi à m’envouter. Ajouter à cela un quatrième de couverture intrigant, ce livre a donc rapidement terminé dans ma PAL, puis entre mes mains.

L’auteur nous propose ici de découvrir, à travers cinq récits, l’histoire d’une famille noble sur plusieurs générations et de nous faire découvrir un Japon imaginaire, où le fantastique n’est jamais loin. Alors autant le dire tout de suite, si vous cherchez un récit nerveux, ou le plein d’action, passez votre chemin. Claire Krust nous proposant ainsi plus de découvrir ici des récits intimistes, profond, soignés, au rythme assez lent, où chaque personnage va devoir évoluer pour avancer, mais qui, par sa poésie et par la magie qui s’en dégage arrive à happer le lecteur assez facilement. Chaque texte va ainsi posséder sa propre histoire, sa propre vie, et peut être lu indépendamment les uns des autres pour, une fois terminé, nous offrir une fresque assez dense et fascinante de cette famille de Noble, sa chute, sa malédiction, mais aussi ses fantômes et plus précisément concernant deux de ses membres ; Yuki et son frère et sur près de quatre générations. On pourrait se sentir un peu frustré de traiter une période aussi grande en si peu de textes, mais finalement non, la majorité des questions y trouvent leurs réponses et l’ensemble se révèle vraiment cohérent et complet. Certes il reste encore des aspects à découvrir, peut-être pourquoi pas à travers d’autres écrits, mais ces cinq textes se suffisent à eux-mêmes pour offrir un livre efficace. La construction peut clairement avoir son importance, les nouvelles étant agencée de telle façon, et avec précision, qu’elles permettent de mieux jouer avec le lecteur, d’amener les informations avec un peu plus de surprise, chaque texte apportant des informations sur les autres. L’ambiance qui est posée joue aussi un rôle important, j’ai trouvé, dans la lecture qui malgré son côté froid, profond, limite mystérieux, possède quelque chose d’immersif, de dense, voire même de touchant.

Concernant l’univers qui se dévoile au fil des pages, on sent très rapidement que l’auteur est fan du Japon, au point de nous offrir ici une contrée, proche, de ce que je connais du vrai, mais totalement imaginaire et ça marche. On est vraiment fasciné par la découverte du monde qui se dévoile, par petite touche au fil du récit qu’on les savoure. Il faut aussi bien avouer qu’elle ne laisse rien au hasard, puisque le travail effectué se révèle vraiment dense et bien porté par des descriptions denses, soignées et pointilleuses, que ce soit dans les coutumes, l’honneur, les vêtements, les lieux etc…. Le moindre petit détail permet ainsi de rendre ce monde plus palpable, plus vivant et fait qu’on se sent transporter, sans jamais se sentir ennuyé. Certes on tourne un peu sur les mêmes lieux au fil des textes, mais franchement ça ne dérange en rien la lecture. Ce Japon en devient ainsi limite un personnage à part entière qu’on a envie de découvrir de plus en plus à chaque nouvelle. L’aspect imaginaire vient alors apporter un plus à l’ensemble, se révélant, d’une certaine façon, léger et assez discret, même si on y trouve la présence de fantôme où de dons de dieux que je vous laisse découvrir, qui vient s’intégrer ainsi parfaitement au récit. L’hiver, qui se révèle finalement une saison importante, offre aussi une touche supplémentaire au récit, à la fois froid et attirant, le choix de la saison n’est pas anodin, car chaque texte est aussi là pour nous rappeler que la vie peut aussi se révéler cruelle, où le danger et la maladie sont présents, que tout n’est pas que joie et fins heureuses, par conséquent quoi de mieux que l’hiver. Attention l’ensemble est loin d’être sombre, il se révèle plutôt mélancolique, un peu comme un conte.

Concernant les personnages ils se révèlent soignés, intéressants à découvrir que ce soit dans leurs évolutions, comme dans leurs façon de voir ou de réfléchir. Chacun d’entre eux possède ainsi sa propre personnalité, loin de tout manichéisme, avec leurs forces et leurs faiblesses ce qui fait qu’on se retrouve assez rapidement à s’intéresser à eux, voir même à s’y attacher. Il est difficile de parler de chacun d’eux sans trop spoiler, mais en tout cas leurs aventures, leurs peines, leurs joies font que finalement on tourne les pages en espérant continuer à en apprendre plus sur eux, à les comprendre. Alors parfois, c’est vrai, l’auteur en fait un peu trop, ou certains personnages sont un peu stéréotypés, mais franchement rien de non plus très gênant, tant finalement chacun d’entre eux arrivera, d’une façon ou d’une autre, à concerner le lecteur, à l’intéresser.

Je regretterai juste, outre quelques phrases que j’ai trouvé mal construites, mais qui, pour un premier roman sont facilement pardonnable tant le style et la plume sont soignés, poétiques, entrainants, le fait que certains aspects soit un peu trop prévisibles. Rien de trop bloquant ou dérangeant, mais voilà, voir la fin d’une nouvelle arriver trop vite reste toujours légèrement dommage. J’ai aussi  noté quelques petites longueurs et enfin, j’ai trouvé que la dernière nouvelle du livre était plus faible que les autres, je ne sais pas, un léger manque de profondeur, de spontanéité qui fait qu’elle m’a moins accroché, moins marqué. Attention elle n’est pas non plus mauvaise pour autant, juste qu’elle ne possède pas, selon moi la même force que les quatre autres. Franchement rien de non plus frustrant. Au final ce premier roman de Claire Krust se révèle une belle surprise, qui nous plonge rapide et facilement dans ces contes, pour peu qu’on apprécie ce genre de récit, et je lirai sans soucis d’autres de ses écrits.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, qui est le premier publié de l’auteur, et qui s’est révélé entrainant, efficace et poétique. Alors, certes, si vous cherchez le côté nerveux et plein d’action passez votre chemin, les cinq récits qui nous sont proposés ici mettant plus en avant le côté humain, intimiste, nous proposant un intrigue fil rouge qui tourne autour d’une famille de nobles, où chaque nouvelle possède sa propre voix à travers différents personnages qui se révèlent uniques, soignés, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs façon de voir et dont chaque aventure va les faire évoluer de façon vraiment intéressantes. L’univers construit au fil des pages se révèle vraiment dense, travaillé et on sent bien que l’auteur est une grande admiratrice du Japon, nous proposant un univers imaginaire qui devient limite un personnage qu’on cherche à découvrir, où l’hiver a une grande importance. L’imaginaire se révèle léger et apporte un véritable plus à l’ensemble, sans non plus trop s’imposer, par petites touches. Je regretterai juste, outre quelques phrases mal construite qui n’est en rien gênant surtout quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman et que la plume de l’auteur se révèle vraiment soignée et poétique, certains aspects qui m’ont paru trop prévisible, quelques petites longueurs ainsi qu’une cinquième nouvelle qui m’a paru légèrement en-dessous des autres. Mais bon rien de non plus bloquant tant Claire Krust, à travers ce premier livre, s’impose comme une auteur à suivre et dont je lirai d’autres écrits avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Melisende, Iluze, joyeux-drille, …

CRAAA

Challenge CRAAA 4ème lecture

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