Auteur/autrice : BlackWolf Page 76 of 202

Lignes de Vie – Graham Joyce

lignes de vieRésumé : Coventry, durant la Seconde Guerre mondiale.
Une famille de sept soeurs aux vies fondées sur l’amour, la tradition, l’angoisse et l’espoir. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent presque imperceptiblement l’étrange et le merveilleux, l’ordinaire et l’extraordinaire. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon de père inconnu et n’a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs.
Il est alors décidé que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l’après-guerre.
Mais Frank est un enfant particulier, doué d’intuitions étonnantes ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l’avenir…
Et au centre de leur histoire, il y a eu la nuit du bombardement de Coventry par la Luftwaffe. Cassie s’est trouvée au coeur de cette nuit d’horreur hallucinée et y a laissé son secret le plus précieux…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Graham Joyce fait partie des auteurs dont j’ai découvert quelques-uns de ses textes il y a quelques années, que ce soit sous son nom où sous pseudonyme, et dont le fantastique m’a rapidement accroché. Pourtant, malgré quelques livres de l’auteur dans ma PAL, cela faisait un bon moment que je n’en avait pas lu. J’ai donc décidé de remédier à cela en sortant ce Lignes de Vie qui me tentait depuis un petit moment déjà, que ce soit par son résumé accrocheur et par sa couverture sobre et pourtant efficace.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me lançant dans ce récit, qui s’annonçait entre récit familial, historique et fantastique et je dois bien avouer, qu’une fois la dernière page tournée, que je n’ai pas du tout été déçu du voyage. On se retrouve ainsi plonger dans une chronique familiale qui va voir la vie de sept soeurs et leur mère bousculée suite à la décision de Cassie, la plus jeune des sœurs, de ne pas abandonner son enfant et de l’élever. Elles vont alors devoir se serrer les coudes, dans une Angleterre en pleine reconstruction au lendemain de la seconde guerre mondiale, surtout que Cassie a parfois des « absences ». C’est ainsi que Franck va grandir, jouant d’une certaine façon le rôle de catalyseur et d’observateur.

J’ai pourtant eu un peu peur au début, j’avais du mal à comprendre où voulait en venir l’auteur et l’impression de me lancer plus dans des petites histoires pas toujours en rapport, mais voilà plus j’avançais dans ce récit, plus je me suis retrouvé happé par chacune des histoires des membres de cette famille. On découvre ainsi un foyer véritablement attachant, avec ses forces et ses faiblesses, dont chaque héroïne se révèle charismatique et possède ses propres pensées, ses propres convictions, ses propres sentiments. Cette fresque familiale, sur près de dix ans, va ainsi dévoiler de puissants liens entre chaque membre, qui oscille entre hauts et bas, mais qui ne baisse jamais les bras et qui ont réussi à me toucher. L’auteur propose une histoire que je considère « vraie », ne cherchant ni la surenchère, ni le trop plein d’émotion, simplement à nous montrer des personnages et une vie assez banale, ce qui n’empêche pas chaque personnage, d’une certaine façon, à se révéler remarquable au quotidien.

Mais le récit ne s’arrête pas simplement à nous présenter une famille fascinante qui fait face, elle développe aussi une image de fond passionnante, celle de l’après guerre à Coventry fortement touché par les bombardements, en pleine reconstruction, qui doit effacer ses blessures, en pleine euphorie, mais avec ses nombreux sujets de discorde, mélange de tradition et de modernisme. On découvre ainsi au fil des pages l’évolution que va connaitre le pays, les populations mais aussi les mœurs avec tous les bouleversements et les réflexions que cela engendre que ce soit aussi bien sur la position de la femme, la maladie principalement psychologique et la médecine, la capacité d’un peuple meurtri à se relever et survivre, ou bien encore sur la politique et tout ce qu’elle peut changer sans s’en rendre compte. Mais surtout ce qui m’a paru ressortir de cette époque c’est un sentiment positif, cette famille soudée, qui fait bloc au moindre soucis, qui arrive toujours à avancer, à se retrouver et, si besoin, se relever ensemble. On aurait pu les penser démoralisés, effondrés et pourtant il se dégage de tous ses personnages un optimisme qu’il transmet au lecteur, l’idée de lendemains meilleurs qu’ils construisent au fil des jours avec magie et patience. Le tout est aussi teinté de nostalgie, une époque révolue ou regarder devant soi se révélait plus bénéfique qu’effrayant.

L’aspect fantastique risque d’en surprendre voir d’en déplaire plus d’un, car finalement il se révèle très discret et surtout l’auteur joue, de façon que j’ai trouvé intéressante, sur sa réalité, son existence. En effet il oscille tout le long du roman entre fantômes, folies, rêves, mythes et imaginations sans jamais fournir de réponses claires et précises. Pourtant je trouve que cela apporte un plus au roman, lui offrant une ambiance doucement étrange qui se dégage de plus en plus au fil de la lecture, où chacun se fera son propre avis sur ces apparitions, surtout qu’elles en deviennent parfois un élément important, principalement avec trois personnages Cassie, Franck et Martha, mais où chacun va les accepter même s’ils ne les comprennent pas. Le décor utilisé par l’auteur, qui est Coventry après, voir même pendant, le Blitz, se révèle à la fois magnifique et dramatique, que ce soit dans la perte comme dans la reconstruction, et offre un cadre adéquat et réussi à l’intrigue, le tout porté par des descriptions simples et prenantes.

Mais voilà le gros point fort vient clairement de la famille Vine qu’on va découvrir au fil des pages, ces sept femmes aux caractères bien trempés, charismatiques, toutes à la personnalité différente les unes des autres, elles permettent ainsi d’offrir un panel assez large qui fait qu’on se retrouve assez facilement, au moins en partie, dans chacune d’entre elle. Même celles qui, aux premiers abords peuvent paraitre austère, se révèlent finalement plus denses et plus soignées que prévu. On découvre ainsi une famille à l’histoire complexe, forte, qui ne se laisse pas abattre, qui se dévoile lentement, et dont on s’attache de plus en plus au fil de la lecture. La caractérisation de chacun d’entre eux s’avère réussie et passionnante, et vu que Franck, l’enfant de Cassie, se trouve, balloter au fil des péripéties chez chacune d’entre elle, on découvre ainsi à chaque rencontre une tranche de vie qu’on savoure avec plaisir et offrant surtout une grande variation de liens, de relations et d’expériences que ce soit aussi bien familiale que d’une vision plus large, comme la vie dans la communauté scientifique ou encore le milieu spiritualiste. Le récit tisse ainsi une famille « banale » et pourtant passionnante.

J’ai par contre été un peu surpris par la plume de l’auteur, qui tend plus vers un style que j’ai trouvé « oral », « parlé », là où j’attendais peut-être quelque chose de plus dense, mais j’ai très vite changé d’avis tant cette façon de conter l’histoire colle finalement parfaitement bien au récit et à la famille rencontrée ; à la fois simple, magique et entrainant. Au final je n’ai pas été déçu de ma lecture qui, malgré un démarrage peut-être légèrement poussif, a réussi à me captiver, offrant une fresque familiale poignante et touchante le tout mâtiné de fantastique discret. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur dont, justement, certains m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire à la fois chronique familial, historique et le tout teinté de fantastique qui, malgré un début un peu poussif, va se révéler terriblement efficace, touchante, emprunte de magie et de réflexion. La famille Vine, composée de six sœurs et leur mère, offre un panel de personnage hétéroclite, charismatique et dont on s’attache très rapidement et dont on savoure avec rand plaisir chaque tranche de vie qu’on découvre au fil des pages. La ville de Conventry et l’époque d’après guerre offre une image de fond vraiment fascinante à découvrir, entre nostalgie, évolution et modernité, on découvre un pays et surtout une ville qui cherche à avancer. L’aspect fantastique devrait en surprendre plus d’un, se révélant très léger et surtout au bon soin du lecteur de décider s’il est imaginaire ou réel ce qui je trouve apporte un plus, même si cela pourrait bloquer certains lecteurs. La plume de l’auteur m’a d’abord surpris, offrant un style parlé, mais au fil des pages m’a conquis se révélant entrainant et limite conte magique au coin du feu.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lorhkan, Lelf, Vert, Lune, Ptitetrolle, Lhisbei, joyeux-drille, Cafe-Powell, …

La Guerre du Lotus Tome 1, Stormdancer – Jay Kristoff

la guerre du lotus 1 stormdancerRésumé : On disait éteinte la race des griffons, ces créatures mythiques menées par les danseurs d’orage. Pourtant, Yukiko et son père reçoivent l’ordre d’en capturer un pour le cruel shogun des îles de Shima. Contre toute attente, ils y parviennent, mais Yukiko se retrouve perdue dans une forêt sauvage, avec pour seule compagnie un griffon mutilé qu’elle nomme Buruu.
Unis dans l’adversité, la jeune fille et l’animal s’entraident. Yukiko serait-elle la véritable danseuse d’orage, ultime espoir du peuple ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : J’avoue que concernant ce roman j’ai un peu craqué dessus sur un gros coup de tête. La première chose qui m’a attiré c’est la couverture, illustrée par Sylvie Veyres, que je trouvais réussi avec son ambiance asiatique (même si j’avoue avoir une certaine préférence quand même pour certaines couvertures étrangères), ensuite quand j’ai lu sur la quatrième de couverture annonçant steampunk, univers asiatique et griffon j’avoue que ça m’a tout de suite convaincu et il est donc rentré d’un coup de baguette magique (que j’appelle plus communément portefeuille) dans ma PAL. Après quelques mois d’attentes et vu que le second tome a été publié il y a quelques semaines, j’ai décidé de le sortir de ma bibliothèque pour me faire un avis.

Il faut bien l’avouer que ça commence fort, avec un premier chapitre qui nous plonge directement dans l’action, se révélant nerveux et percutant, qui sert finalement de prologue pour offrir alors un flashback qui permettra de mieux comprendre cette scène. C’est à partir de là que j’ai eu un peu peur, puisque les 5O premières pages m’ont laissé un sentiment plutôt mitigé, une impression de longueur et un sentiment que cette partie se révélait haché. Le gros soucis finalement de cette première partie c’est qu’elle rentre un peu trop dans l’idée d’introduction, l’auteur mettant le maximum d’informations sur son univers et ses personnages pour mieux après se concentrer entièrement sur son intrigue, sauf que voilà des informations il va y en avoir énormément et parfois il se perd aussi dans des descriptions un peu à rallonge et qui manquent un peu d’intérêt. Alors elle n’est pas inutile, car elle permet au lecteur de plonger dans l’ambiance et de savoir de quoi on parle, mais parfois on se demande s’il n’aurait pas mieux valu aérer un peu l’ensemble en répartissant certaines des informations sur l’ensemble du roman. Attention cette première partie n’est pas non plus indigeste offrant tout de même des aspects intéressants, mais voilà le lecteur risque de se retrouver légèrement perdu devant ce début un peu haché et difficile.

Sauf que voilà il serait dommage de s’arrêter sur cette première partie, car la suite va se révéler beaucoup plus plaisante, entraînante et efficace. Alors certes, l’intrigue ne révolutionne pas le genre avec un Shogun despotique qui pousse de plus en plus son pays à mourir de faim avec tout ce que cela entraine comme révolution et en toile de fond un parallèle entre la technologie et la nature, mais voilà l’auteur s’en sort clairement bien proposant une histoire qui va se révéler solide, percutante et sans temps morts, offrant ainsi de nombreux rebondissements, de nombreuses surprises et aussi son lot de scènes nerveuses et percutantes. Le lecteur se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus et de savoir quelles aventures vont devoir rencontrer nos héros. Alors après ce livre cherche clairement le divertissement, ce qui fait qu’on note certaines facilités comme justement cette « confrontation » entre la technologie, source de pollution, et la nature, mais voilà cela n’empêche pas l’ensemble de bien fonctionner et le message de passer un minimum au lecteur. Surtout que, pour moi, ce cycle, tout du moins ce premier tome, vise un public large aussi bien adulte qu’adolescent. L’intrigue devient ainsi au fil des pages plus captivante, le lecteur se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus et de savoir quelles aventures vont devoir rencontrer nos héros aboutissant à une conclusion explosive, tendue et sans temps morts.

Concernant l’univers je dois bien admettre qu’il se révèle très intéressant à découvrir, principalement devant son mélange de Steampunk, aspect mythique et mythologiques et le tout saupoudré d’influence Japonaise. Alors attention, pour bien préciser la chose je parle bien d’influence, car on se rend rapidement compte que les connaissances de l’auteur viennent plus de manga et films que de véritable recherches historiques, ce qui se ressent parfois. Ceci n’est en rien un critique, j’ai accroché à cet univers, mais si vous recherchez vraiment un univers à l’influence profonde et historique Japonaise, là il vaut mieux passer votre chemin, la toile de fond ici répondant plus à compléter et densifier l’aspect divertissement. Cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler complexe et surtout il offre une ambiance finalement assez sombre et poisseuse où le côté « Steampunk » se révèle plus problématique que vraiment bénéfique, où la beauté de ce monde a fané, voir disparue et où viennent se croiser griffons et démons pour notre plus grand plaisir. J’ai noté aussi un travail d’imagination efficace, principalement sur l’aspect technologique,. L’aspect politique se révèle solide, certes rien de révolutionnaire avec un dictateur et quelques luttes de pouvoirs, mais qui offre son lot de machinations et de trahisons. En tout cas au final qui me donne envie d’en apprendre plus, qui se révèle accrocheur et très visuel malgré, comme je l’ai dit, la propension de l’auteur à se perdre un peu en description au début.

Concernant les personnages, Yukiko se révèle être une héroïne assez intéressante à découvrir par son caractère fort, sans concession et charismatique, mais pourtant humaine. On regrettera peut-être le côté stéréotypé de sa relation avec son père qui repose sur des révélations assez prévisibles, mais cela ne l’empêche pas de se révéler attachante et de donner envie de suivre ses aventures. Concernant les protagonistes qui gravitent autour d’elle, ils ne manquent pas non plus d’attraits, avec une mention particulière pour Buruu le Griffon et la relation qu’il va tisser au fil des pages avec l’héroïne. Je regrette tout de même un ou deux personnages secondaires un peu caricaturaux, comme le Shogun qui manque de complexité tombant trop dans le dictateur très méchant ou encore son ministre. Concernant l’histoire d’amour je dois bien avouer que je suis bien content que l’auteur ait clairement évité le triangle amoureux classique pour essayer de construire quelque chose d’un peu plus « humain », même s’il n’évite pas certains clichés.

La plume de l’auteur se révèle entraînante, vivante, efficace et happe assez rapidement le lecteur, le plongeant dans une histoire bien rythmée et dévoilant un univers original, solide et efficace. Au final, on obtient ainsi un premier tome qui, sans trop se prendre la tête ni révolutionner le genre, offre une bonne lecture et me donne clairement envie de lire la suite pour savoir ce que va bien proposer l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le premier tome de cette trilogie qui offre une histoire, certes qui met un peu de temps à démarrer offrant 50 premières pages un peu trop dense en information, mais qui après se révèle efficace, entrainante, vive et sans temps morts aboutissant à une conclusion explosive. Un divertissant qui a réussi à me happer assez facilement, malgré, c’est vrai, quelques facilités ici ou là. L’univers développé par l’auteur est solide, mélange de Steampunk, de mythes, le tout saupoudré d’une libre inspiration d’influence japonaise et donne envie d’en apprendre plus aussi bien d’un point de vue technologique et son influence sur la planète, que social. Le personnage de Yukiko ne manque pas d’intérêt, héroïne forte charismatique et pourtant humaines, malgré quelques passages un peu stéréotypés comme la relation avec son père.  Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle se révèle aussi attrayants, malgré un ou deux qui tombent un peu dans la caricature. La plume de l’auteur se révèle vivante, entrainante, plongeant le lecteur rapidement et facilement dans son récit. Au final un premier tome qui ne révolutionne pas le genre, mais qui se révèle réussi et donne clairement envie de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Petitetrolle, Galleane, Otsü, La tête dans les livres, …

Virus – Anthologie dirigée par Magali Duez

virusRésumé : Error 47 – 4_de_couv introuvable

Scan en cours…

8 Virus détectés.

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Ce recueil de nouvelles a rejoint ma PAL un peu sur un coup de tête il y a plus d’un an, à force de le croiser lors des Imaginales 2014. En effet j’avoue avoir été rapidement séduit par la couverture, illustrée par Zariel, que je trouvais réussie et assez accrocheuse pour me pencher sur le livre. Ensuite le sujet du Virus se révélait clairement intéressant et surtout offrait de nombreuses possibilités d’écritures, qui ont donc fait que ce livre a rapidement rejoint ma PAL. Comme souvent avec une PAL exponentielle il s’est un peu perdu avant de finir entre mes mains il y a quelques jours, histoire que je me fasse mon avis. Ce recueil comporte huit nouvelles.

H5N1 de Frédérique Lorient : Cette nouvelle nous plonge dans un futur où le virus H5N1 a éradiqué la majeur partie des oiseaux et où la présence de l’un deux dans un musée va perturber les visiteurs. Une nouvelle forte qui nous dévoile un avenir où la peur de la contamination aura pris une telle ampleur qu’elle pousse à la surabondance de protection, limite à la folie et que la vie de chacun s’en retrouve complètement bouleversée. Un texte qui se lit facilement, offrant une vision du virus assez surprenante et intimidante, mais dont je reproche un peu la chute trop prévisible pour vraiment se révéler percutante. En tout cas une introduction agréable et sympathique à l’anthologie.

Rouge Cerise à Pois Blancs de Véronique Pingault : Cette nouvelle nous fait découvrir un virus assez étrange, car au lieu d’atténuer les capacités du porteur, comme c’est souvent le cas, il le rend encore plus créatif. Après une première nouvelle qui jouait sur l’angoisse, ce texte cherche à jouer sur l’humour offrant un texte complètement décalé et qui se révèle original ; le soucis c’est que je n’ai jamais réussi à rentrer dedans, la faute à un aspect que j’ai trouvé trop gentillet et aussi au fait que l’humour n’a jamais réussi à me toucher, mais là je plaide coupable j’ai un humour un peu spécial.

Utopie en Sursis d’Isabelle Guso : Cette nouvelle, qui est la plus longue de ce court recueil, nous plonge dans un futur utopique où chacun vit majoritairement en harmonie, sauf que tout va changer pour une jeune enquêtrice qui va devoir enquêter sur un suicide (évènement normalement impossible) et voir sa fille changer. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce texte qui nous plonge dans un texte intelligent, qui cherche à nous faire réfléchir sur la notion de bonheur, mais aussi sur la notion de famille et la notion de choix, le tout sur fond de paranoïa et de manipulation. La chute du récit ne manque pas de faire réfléchir et se révèle surprenante. Un texte efficace, mais qui lui manque un tout petit je ne sais quoi pour se révéler vraiment excellent.

Mise à Jour de Pénélope Chester : Cette nouvelle nous présente un androïde de maison qui est phobique des mises à jour de peur d’être infecté par un virus, mais dont les propriétaire, dans l’attente d’un enfant, ont besoin de le faire évoluer. Je ne peux pas nier que le fond de la nouvelle se révèle assez originale dans son traitement et sa présentation, mais voilà ce texte m’a paru clairement manquer de force pour se révéler vraiment marquant et peut-être aussi trop court. Un texte que je classe dans le vite lu, apprécié, mais vite oublié.

Quand les Clowns en Treillis font Gémir la Musique de Fabien Clavel : Un virus inconnu s’est mis à envahir le monde, transformant les malades pour leur donner un faux air de clown. Les contaminés vont très vite se retrouver au ban de la société. Un texte qui va se révéler plus complexe que ce que laissait entrevoir le début, offrant un récit engagé, politique et critique, qui fait réfléchir le lecteur sur l’exclusion et la capacité de beaucoup à fermer les yeux tant que pour eux tout se passe bien. Un texte efficace et percutant, même si justement peut-être un peu trop principalement dans la critique à sens unique sur certains aspects, mais rien de non plus dérangeant tant j’ai passé un très bon moment de lecture.

Intrafolie de Raymond Iss : Une très courte nouvelle qui nous parle de transhumanisme et de virus, dont je ne peux pas trop parler sous peine de vous spoiler. De nouveau un texte qui cherche à jouer sur la carte de l’humour et le cynisme mais qui, comme d’autres textes de l’anthologie a du mal à vraiment se révéler marquant. Une lecture tout juste sympathique, sans plus.

Flocon Rouge de David Osmay : Cette nouvelle nous plonge dans un avenir ou l’Homme a découvert le vaccin qui permet de tromper la mort et rester éternellement jeune, sauf qu’un virus apparait déclenchant le vieillissement instantané et dans la majorité des cas la mort. Un texte qui se révèle intelligent, complexe et soigné, poussant le lecteur à mener des réflexions sur la vie, la mort, notre capacité à dépasser les lois naturelles pour s’enfermer dans d’autres phobies et d’autres peurs, mais aussi finalement sur l’immortalité. Une histoire sensible, jouant sur les émotions et les envies, qui a réussi à me toucher.

Contagion de Bruce Holland Rogers : Cette très courte nouvelle nous plonge en plein milieu d’une réunion au sommet aux USA où l’on apprend qu’un terrible virus sévit ; pire qu’il rend les gens heureux. Comme la majorité des textes qui ont décidé de manier l’humour, je n’ai pas trouvé cette très courte nouvelle mauvaise, loin de là, l’ensemble se révélant sympathique, mais elle est loin de se révéler marquante. Je la classe donc aussi dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec cette anthologie dont le sujet sur les Virus se révèle traité de façon large, offrant huit textes complètement différents, passant aussi bien du récit angoissant, à celui intelligent ou encore maniant l’humour. Alors certes tous les textes ne sont pas au même niveau entre ceux qui se révèlent entrainant, intelligent et efficace et ceux qui manquent de force et entre plus dans la catégorie « vite lu, apprécié mais vite oublié », de plus je regrette l’absence de texte vraiment marquant, mais cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler finalement assez sympathique à découvrir. Une anthologie divertissante entre deux lectures plus conséquentes je dirai.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, …

CRAAA

Challenge CRAAA 1ère lecture

Challenge CRAAA : Recueils and Anthologies Addict

Bon je ne vais pas refaire mon laïus sur le fait que je ne suis pas très challenge (enfin trois challenge en plus de deux ans et demi, ça va c’est plus que raisonnable) . A la place je vous annonce donc que je m’inscris au challenge du CRAAA.

CRAAA

Quel est le but du CRAAA? C’est bien simple c’est de sortir de la PAL, lire et chroniquer des recueils et des anthologies. Vu que je lis régulièrement ce genre de livres j’ai décidé de me laisser tenter.

Plusieurs palier ont ainsi été mis en place et j’ai décidé de commencer avec : le Palier Cinq : L’âne Érudit = > 16 lectures chroniqués. Il faut aussi noter que pour rendre l’ensemble encore plus fun un système de points a été mis en place que je vous laisserai découvrir directement sur le blog de Cornwall.

Dernière information concernant ce challenge il démarre le 15 juillet 2015 et s’achève le 15 juillet 2016.

Pour information voilà les recueils et anthologies qui se cachent dans ma PAL à l’heure actuelle :

  • Bara Yogoï de Léo Henry, Jacques Mucchielli et Stéphane Perger,
  • Bifrost n°77 spécial Mélanie Fazi
  • Bifrost n°78 spécial Ursula K. Le Guin
  • Contrepoint anthologie dirigée par Laurent Gidon,
  • Destination Mars l’anthologie,
  • Divergences 001 l’anthologie,
  • Dix Jours sans Voir la Mer de Jean-Claude Dunyach
  • Etat de Rêve de Ian McDonald,
  • Ex Machina recueil de nouvelles Steampunk,
  • Fragments d’une Fantasy Antique anthologie dirigée par David K. Nouvel,
  • Galaxies n°27
  • Galaxies n°28
  • Galaxies n°29
  • L’Accroissement Mathématique du Plaisir de Catherine Dufour,
  • La Chasse Sauvage du Colonel Reis d’Armand Cabasson,
  • La Havane Noir anthologie dirigée par Achy Obejas,
  • Le Chant du Barde de Poul Anderson,
  • Le Cycle de Lanmeur, intégrale 3 : Les Rêveurs de l’Irgendwo de Christian Léourier,
  • Le Cycle de Lanmeur, intégrale 4 : Aux Origines du Rassemblement de Christian Léourier
  • Le Sentiment du Fer de Jean-Philippe Jaworski,
  • Le Train de la Réalité et les Morts du Général de Roland C. wagner,
  • Océanique de Greg Egan,
  • Odyssées, l’intégrale des nouvelles d’Arthur C. Clarke.
  • Trolls et Légendes, l’anthologie officielle 2015.
  • Trolls et Licornes, Anthologie des Imaginales 2015 dirigée par Jean-Claude Dunyach.

Bien entendu cette liste n’a rien de figé et risque d’évoluer durant les douze prochains mois.

Blood Song Tome 2, Le Seigneur de la Tour – Anthony Ryan

blood song 2 le seigneur de la tourRésumé : Qu’on le nomme Sombrelame, frère du Sixième Ordre ou Tueur d’Espoir, Vaelin Al Sorna demeure le plus grand guerrier de son temps, et le plus illustre témoin de la défaite du roi Janus. Écœuré par la guerre, il revient au pays déterminé à ne plus jamais prendre les armes. Nommé Seigneur de la Tour des Hauts Confins par l’héritier de Janus, Vaelin espère trouver la paix dans cette région glaciale et sauvage, loin des intrigues d’un Royaume tourmenté.
Mais les êtres dotés de la voix du sang ont rarement l’occasion de mener une vie paisible. Entre les défenseurs de la Foi affaiblie, les adversaires du jeune roi inexpérimenté et les mystérieux assassins de la Ténèbre, Vaelin va découvrir malgré lui que nul ne peut échapper à son destin.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Le premier tome de ce cycle m’avait, il y a quelques mois, offert un agréable moment de lecture avec une intrigue, certes classique, mais efficace et haletante, bien porté par une plume fluide et entrainante (ma chronique ici). Je me suis donc laissé tenter par ce second tome pour savoir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer l’auteur, surtout que la conclusion du volume précédent laissait de nombreuses questions en suspens. Concernant la couverture, toujours illustrée par Didier Graffet, je dois bien admettre que je suis un peu déçu tant elle me parait redondante avec la précédente et offre de nouveau la part belle au héros à capuche.

Je me suis donc ainsi retrouvé à plonger dans ce livre en espérant y retrouver notre héros guerrier Vaelin et là, première surprise, l’auteur a décidé de changer complètement de narration puisque même s’il garde la partie avec le scribe, qui introduit chaque partie, on ne se retrouve plus à suivre uniquement Vaelin mais quatre personnages ; en plus de notre héros deux personnages secondaires du premier tome et un nouveau protagoniste. Le soucis quand on change de système de narration c’est que ça peut très vite se retrouver à double tranchant, certes cela permet à l’auteur de surprendre le lecteur, mais aussi de montrer qu’il peut varier son style, sa façon de présenter l’histoire et pourquoi pas apporter d’autres point de vues. Sauf que voilà, ici, j’ai trouvé que les nouveaux points de vues n’apportaient rien à l’histoire, pire la ralentissait, offrait de nombreuses redondances et surtout certains me paraissaient vraiment dispensables ce qui est dommage. Surtout ce qui m’a véritablement surpris dans ce second tome c’est qu’on quitte le côté épique et haletant pour un récit de manipulations et de jeux de pouvoir, un peu comme ce que propose Georges R.R. Martin et d’autres auteurs, ce qui casse vraiment le rythme. Mais quand je dis cassé, c’est bien cassé, c’est bien simple une fois terminé les 735 pages que compose ce livre je n’ai pas eu l’impression d’avancer d’un iota dans l’intrigue principale, mais pire, l’auteur ne parait pas trop doué pour construire des complots complexes et réalistes, la faute à trop de simplicité ou à des révélations tellement grosses qu’elles sont devinables longtemps à l’avance, ce qui gâche un peu le récit. Franchement entre la scène du roi ou l’évasion du bateau d’esclaves rien ne m’a paru vraiment crédible. En gros on piétine et l’histoire manque clairement de crédibilité.

Un autre soucis qui vient de ce récit vient d’une certaine confusion qui se dégage d’un point de vue temporel, en effet il est très compliqué de lier les histoires entre elles tant rien ne parait les rattacher dans le temps, ce qui fait que certains aspects paraissent se dérouler trop rapidement et d’autres prendre beaucoup trop de temps. Alors je vois certains arriver et tenter de m’expliquer que voilà, c’est un tome de transition, sauf que non, je ne suis pas d’accord, un tome de transition certes peut ralentir le rythme et l’histoire, mais il sert l’intrigue, ici j’ai plus eu l’impression d’avoir plusieurs intrigues secondaires, qui mettent en plus près de 450 pages à se rejoindre et surtout n’apporte rien à ce qui a été construit dans le premier tome concernant la voix du sang et toutes les nombreuses questions qui étaient soulevées. L’auteur a-t-il invener le tome d’introduction de transition? Alors après il arrive bien à provoquer un léger frisson sur la fin, retrouvant un peu le côté nerveux, mais voilà rien de bien folichon et surtout les cliffhangers qui doivent nous pousser à se lancer dans le troisième m’ont paru soit tellement prévisibles qu’ils n’apportent aucune surprises, soit tellement caricaturaux qu’ils ont eu du mal à me passionner.

Par contre l’intérêt de multiplier les personnages réside, je trouve, plus dans sa capacité de développer plus en profondeur l’univers qu’il construit, que ce soit concernant les différents pays, comme les différents peuples, les différentes coutumes ou encore les différents jeux de pouvoirs et les différentes religions. On sent que l’univers gagne clairement en complexité au fil des pages. Surtout que les évènements du premier tome ont amenés pas mal de bouleversements, principalement dans les Ordres. J’ai trouvé dommage, par contre, qu’il retombe dans certaines des facilités du premier tome, je pense principalement à cette idée des molosses qui facilitent un peu trop la vie d’un des héros, mais bon rien de non plus très bloquant. Sauf que voilà, avoir un tome complet de près de 730 pages dont le seul intérêt se révèle finalement le développement de l’univers c’est un peu dommage, surtout, et je me répète, je le sais, mais cela joue énormément, après un premier tome qui mettait clairement en avant le côté épique.

Concernant les personnages, comme j’en ai déjà parlé un peu au début, développer de nouveaux points de vues s’est révélé, selon moi, à double tranchant et j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’intéresser à certains d’entres eux. On découvre ainsi Vaelin qui ne fait que voyager, puis au moment où ça bouge un peu, se lancer dans des négociations pour monter une armée avec des arguments d’une finesse d’un tractopelle bourrin, puis continuer à avancer sans qu’il sorte une seule fois son épée car c’est un guerrier tourmenté, franchement j’ai trouvé qu’il perdait de son charisme et de son intérêt. La princesse Lyrna, dont j’espérais beaucoup dans le premier tome, se révèle ici être une caricature de la manipulatrice qu’ele dévoilait pourtant ; mais le pire c’est qu’on nous la présente comme une personne à l’intellect supérieur alors qu’elle négocie pourtant de façon catastrophique du genre « ha, ha, j’ai les infos que vous voulez, vous allez devoir me sauver moi et mes amis sinon vous n’aurez jamais rien » et donc, bien entendu, ils le font. Genre la tourture pour faire parler n’existe finalement que pour faire parler les ennemis qui, d’ailleurs, de façon surprenante parlent tous en cinq min. Trop forte notre princesse. Ajoutez à cela la première moitié du roman la concernant qui ne sert, mais complètement à rien et vous comprendrez ma déception. Concernant Frentis sont histoire se révèle intéressante, entre manipulation et magie, elle ne manque pas d’attrait, mais comme un peu tout le roman elle traine en longueur et se révèle beaucoup trop répétitive ce qui est dommage.

Il nous reste maintenant à parler de Reva, fille de Justelame élevée dans la haine de Vaelin, qui a été entraînée à tuer qu’avec une dague va se retrouver pris sous l’aile du guerrier qui va lui apprendre à se battre et à faire ses propres choix. Reva, franchement, je ne le nie pas, possédait un énorme potentiel, mais voilà l’auteur n’arrive jamais vraiment à l’exploiter car soit il en fait une caricature, soit elle manque vraiment d’émotions et de sentiments pour faire que le lecteur s’attache à elle. Mais le pire vient de cette énorme facilité bienvenu qui voudrait qu’après avoir appris l’arc et l’épée pendant quoi, un mois, elle devienne la guerrière la plus accomplie du royaume ne ratant jamais sa cible ou décapitant à tourde bras sans jamais être dérangée ou mise à mal. Franchement?? Ajouter à cela son aptitude de stratège lors d’un siège assez fascinante qui repose sur sa capacité à elle et son escouade à entrer et sortir comme ils veulent pour aller donner du fil à retordre aux assiégeant ; car oui tout le monde le sait quand on assiège une cité on laisse des ouvertures géantes et surtout on ne met en place aucune surveillance pour toujours laisser passer une cinquantaine de personnes. Ca doit être pour pimenter le tout. Concernant les personnages secondaires, certains se révèlent intéressants et d’autres, comme la soeur de Vaelin, traînent au fil des pages sans qu’on comprenne vraiment à quoi elle sert mis à part une vague tentative de réflexion sur l’importance de l’art dans la capacité à faire passer un message.

La plume de l’auteur reste, par contre, une des forces du récit, se révélant fluide, entrainante et efficace. Dommage que le fond ne suit pas. Alors après, pour un lecteur qui n’est pas obligatoirement un adepte de la Fantasy, il trouvera peut-être plus de plaisir à la lecture de cette histoire, en tout cas moi je n’ai jamais vraiment accroché, ne comprenant pas complètement l’intérêt d’un tel tome dans le cycle et je ne lirai donc pas la suite, surtout que j’ai trop de livres qui m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : J’avoue ressortir finalement de ma lecture de ce second tome du cycle Blood Song plutôt déçu. L’auteur a décidé de changer complètement sa narration, passant d’un récit épique à quelque chose de plus politique et manipulateur, sans arriver à vraiment apporter des intrigues complexes et intéressantes, tombant trop facilement dans la simplicité et la facilité. Mais c’est surtout une impression de piétiner qui se dégage principalment une fois que j’ai tourné la dernière pages tant l’intrigue principale m’a paru ne pas avancer d’un iota avec ce tome ce qui est très frustrant. Le seul intérêt de ce volume vient finalement qu’en multipliant les points de vues, l’auteur développe aussi plus en avant son univers, le compléxifiant au fil des pages, dommage que le reste n’ait pas complètement suivi. En ce qui concerne les personnages je ressors avec un sentiment mitigé, Valein perdant de son charisme et de son intérêt dans ce tome, pour moi, et les autres m’ont paru soit ne rien apporter, soit tomber dans la caricature, se révélant même par moment trop favorisés par l’auteur. La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, entrainante et efficace, ce qui fait qu’on continue à tourner les pages, mais voilà, même si je ne doute pas que ce récit puisse plaire, principalement je pense à des lecteurs ayant peu de bagage de Fantasy, moi il ne m’a jamais vraiment accroché et je ne lirai pas la suite.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Phooka, Cassie56, ….

Retis Galactica Intégrale 1, Le Monolithe Noir – Bertrand Passegué

retis galactica 1 le monolithe noirRésumé : C’est au coeur de l’Australie, au fin fond du Queensland, qu’apparaît une mystérieuse colonne noire entourée de brume. Un artéfact. mais d’où vient-il? Que dissimule-t-il? La Terre va-t-elle connaître un premier contact avec des aliens? Le monde entier se passionne pour cette apparition hors du commun, et les hordes de curieux débarquent sur le site de l’apparition. Mais quelles sont les motivations des constructeurs du Monolithe? Tandis que l’inquiétude générale monte, la journaliste Jill Lowell et le photographe Ross Fergusson tentent de s’approcher de l’immense objet extraterrestre afin d’en percer les secrets.
Bien vite, prisonniers des murs translucides et indestructibles de l’artefact, ils oublient leur rêve de scoop pour se concentrer sur l’essentiel: la survie.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce livre, premièrement, parce qu’on me l’a très bien vendu comme de la science-fiction de pur divertissement, sans temps morts, qui se lit facilement et se révèle bien fun. De plus, il faut bien l’avouer je trouve la couverture, illustrée par François Baranger, vraiment magnifique. Il a donc rejoint très rapidement ma PAL. Il est à noter concernant ce cycle de quatre tomes, que les deux premiers tomes ont été publiés dans les années 90 chez feu Fleuve Noir Anticipation, mais que la suite n’a jamais été éditée. Cette intégrale propose donc de redécouvrir les deux premiers tomes, et la seconde intégrale, qui est sorti il y a quelques semaines toujours chez Critic, les deux derniers tomes.

On plonge ainsi dès la première page à la découverte d’un ovni qui vient se poser sur terre et qui se déforme pour devenir un monolithe immense en pleine Australie. Cet incident va alors très rapidement apporter son lot de militaires, visiteurs et journaliste, dont une partie d’entre eux va se retrouver prisonnier de cet étrange édifice. Je dois bien avouer qu’on ne m’avait pas menti en m’annonçant une lecture divertissante, puisqu’elle se révèle vraiment entrainante, sans temps morts, bien porté par de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises qui font qu’on se laisse facilement emporter par la lecture. On se retrouve ainsi rapidement happé par cette fuite en avant, ce besoin de survivre par-dessus tout des protagonistes et malgré les nombreuses épreuves qu’ils vont rencontrer, obligeant les héros à se lancer dans le pire comme dans le meilleur. Alors certes ce genre de récit n’a rien de révolutionnaire, l’artefact alien qui vient remettre en cause notre vernis de civilisation,  mais voilà cela n’empêche pas l’auteur de nous offrir un récit solide, efficace, à la tension qui monte au fil des pages et des péripéties rencontrées, le tout mâtiné d’un soupçon d’angoisse bienvenue dans ce genre de récit, malgré c’est vrai, il ne faut pas le nier, une certaine linéarité.

L’univers développé par l’auteur se révèle assez solide et surtout efficace, que ce soit dans la première partie avec cet artefact aux nombreux secrets dangereux et mortels, mais qui va finalement se révéler un peu plus complexe que cela, ou bien encore dans la seconde partie qui nous emmène dans un tout autre endroit, où l’humanité va découvrir qu’elle n’est pas seule. J’ai d’ailleurs eu une petite préférence pour cette seconde partie qui permet à l’auteur de travailler pleinement sur l’imagination, lui offrant de nouvelles races avec leurs forces et leurs faiblesses, même si un peu trop anthropomorphique, qui vont devoir apprendre et évoluer, là où finalement la première partie joue simplement sur l’angoisse et la fuite en avant. L’univers continue à se développer aussi de façon entrainante au fil des pages, jouant sur les questions soulevées, comme savoir d’où vient cet artefact? Qui le commande et que cherche-t-il? Ami ou ennemi? Alors certes du déjà-vu, mais ça marche bien.

Pour ce qu’il s’agit des personnages , je suis plutôt mitigé, certains sortent vraiment du lot je pense principalement à Ferguson qui prend de plus en plus d’ampleur au fil du récit et va devoir lutter face aux épreuves mais aussi, à certains moments, face à lui-même, ou bien encore l’énigmatique Sarah ainsi que Gouwoumba le sorcier. Concernant les autres personnages, ils ne sont pas mauvais, mais un peu trop caricaturaux, que ce soit Jill la jeune femme prête à tout pour réussir, Joe le bad-boy ou Driscoll le militaire ils restent un peu trop coincé dans leurs stéréotypes ce qui est légèrement dommage. Mais voilà pour moi le point faible du récit vient clairement de la représentation de la femme que j’ai considéré quand même très « machiste ». C’est bien simple elle est soit mère, soit amante, soit abusée, j’ai trouvé cela trop simpliste et dommage. Alors cela n’enlève en rien à l’aspect divertissant du récit, mais j’ai trouvé cela frustrant et je pense que ça pourrait bloquer certains lecteurs.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle simple, percutante et entrainante, plongeant rapidement le lecteur dans son récit pleine de surprises et de rebondissements. Alors c’est vrai, certains passages se révèlent un peu trop faciles dans leurs résolutions, mais franchement c’est un page-turner fun et il remplit bien son rôle de ce point de vue là, avec juste en fausse note le point que j’ai soulevé sur les personnages féminins. En tout cas je lirai sûrement la seconde intégrale pour savoir comment vont s’en sortir nos héros.

En Résumé : On m’a fait découvrir ce livre en m’annonçant un récit fun et divertissant et je dois bien avouer que de ce côté là je ne suis pas trop déçu, tant j’ai facilement tourné le pages pour en apprendre plus avec cette histoire qui se révèle sans temps morts, efficace et entrainante, avec son lot de surprises et de rebondissements le tout sur un rythme soutenu et légèrement angoissant. L’univers se révèle solide et intéressant à découvrir que ce soit dans la première partie avec le Monolithe mais aussi la seconde partie qui nous fait découvrir quelque chose de plus large malgré quelques facilités et une certaine linéarité. Concernant les personnages je suis plutôt mitigé entre les héros sympathiques et efficaces à découvrir et ceux un peu trop caricaturaux, mais là où je reste perplexe, voir déçu, c’est dans la position de la femme trop « machiste » à mon gout je trouve. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante. Au final un page-turner, plutôt sympathique avec ses défauts et ses qualités, mais dont je lirai sûrement la suite pour savoir comment vont s’en sortir les héros face à ce qui leur arrive.

Ma Note : 6,5/10

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