Auteur/autrice : BlackWolf Page 77 of 202

Mes Achats du Mois de Juin 2015

Après un mois de mai qui s’était, comme toujours à cette période de l’année, révélé bien rempli, je dois bien avouer que ce mois de juin a été plus calme pour ma PAL. Six livres ont donc rejoint ma bibliothèque.

Juin-15

 

Voilà donc les livres qui ont rejoint ma PAL pour ce mois de Juin 2015 :

  • Structura Maxima d’Olivier Paquet aux éditions L’Atalante. Je continue ma découverte de la bibliographie de l’auteur, avec cette fois son premier roman qui vient d’être réédité.
  • L’Enchâssement de Ian Watson aux éditions Le Bélial’. Un livre qui m’a rapidement fait de l’oeil et qui a tout aussi rapidement rejoint ma PAL.
  • Le Dernier Apprenti Sorcier Tome 5, Les Disparues de Rushpool de Ben Aaronovitch aux éditions Nouveaux Millénaires. Un cycle de fantasy urbaine que j’apprécie et dont j’ai hâte de savoir ce que va proposer ce cinquième tome.
  • La Légende de Hawkmoon, Intégrale 1 de Michael Moorcock aux éditions Pocket. La mode est aux intégrales et j’avoue que celle-ci m’intéressait fortement.
  • Je Suis la Reine d’Anna Starobinets aux éditions Folio SF. J’ai pas mal entendu parler de ce livre lors de sa sortie chez Miroboles, j’ai décidé de tenter ma chance.
  • Louisiana Breakdown de Lucius Shepard aux éditions Le Bélial’. Ca faisait un petit moment que je n’avais pas fait rentrer un roman de l’auteur dans ma PAL, voilà maintenant chose faite.

Au final un mois assez « sage » par rapport à ce que je suis capable de faire ce qui permet ainsi de faire souffler ma PAL. Normalement cet été devrait être tout aussi clame, mis à part quelques achats déjà programmés. En tout cas de bonnes lectures en perspectives j’espère.

Shattered Sea Book 2, Half the World – Joe Abercrombie

half the worldRésumé : Sometimes a girl is touched by Mother War.
Thorn is such a girl. Desperate to avenge her dead father, she lives to fight. But she has been named a murderer by the very man who trained her to kill.
Sometimes a woman becomes a warrior.
She finds herself caught up in the schemes of Father Yarvi, Gettland’s deeply cunning minister. Crossing half the world to find allies against the ruthless High King, she learns harsh lessons of blood and deceit.
Sometimes a warrior becomes a weapon.
Beside her on the journey is Brand, a young warrior who hates to kill, a failure in his eyes and hers, but with one chance at redemption.
And weapons are made for one purpose.
Will Thorn forever be a pawn in the hands of the powerful, or can she carve her own path?

Edition : Harper Voyager

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis lancé dans le premier tome de cette nouvelle saga de l’auteur qui a décidé de se lancer dans un cycle plus large public, touchant autant les adolescents que les jeunes adultes, et qui m’avait offert un bon moment de lecture, efficace, entrainant et sombre, même si légèrement plus « sage » que ces récits adultes (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que je me suis rapidement laissé tenter par cette suite, pour savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur. À noter l’illustration de couverture que je trouve de nouveau très réussie.

Le point intéressant du récit vient que, cette fois, ce n’est plus Yarvi le héros principal du récit, mais Thorn une jeune fille qui souhaite devenir guerrière du Gettland où la guerre se rapproche de plus en plus, suite aux bouleversements qu’à créée la quête de vengeance de Yarvi dans le tome précédent. Celui-ci devient ainsi plus un héros secondaire, mais qui dirige toujours le fil rouge, puisque c’est lui qui va entrainer Thorn dans une quête d’allié pour défendre le pays. Et j’avoue que le fait de changer de personnage principal apporte un véritable plus, puisqu’il évite ainsi un peu le tome de transition entre le changement de pouvoir au Gettland et la guerre qui s’annonce. De plus, le fait de mettre une guerrière en avant, outre les questions sociétales que cela ouvre, certes traités parfois de façon assez simple, permet aussi d’offrir de nombreuses scènes guerrières et épiques qui font qu’au final ce second tome se lit très facilement, se révélant haletant, sans temps morts et terriblement efficace. Je le trouve même plus maîtrisé que le premier tome qui, c’est vrai, servait aussi un peu d’introduction à l’univers et aux jeux de pouvoirs. Que ce soit d’un point de vue politique, guerrier ou personnel l’auteur arrive clairement à nous happer dès la première page pour ne plus nous lâcher. Les nouveaux points de vue permettent aussi ainsi de nuancer ceux qu’on avait suite au premier tome, de voir les machinations misent en place avec un regard complètement différent.

On y retrouve aussi les qualités qui faisaient la réussite du premier tome, offrant une histoire sombre, cynique, violente, où rien n’est jamais acquis dans un monde où la guerre est omniprésente et où la paix n’est jamais facile, ni gratuite. Une suite aussi différente sur la construction, même si on y retrouve le voyage initiatique, mais ici pas de quête de vengeance et de traque, plus une héroïne rejetée parce-qu’elle est une fille qui va, à travers les épreuves, se découvrir et s’affirmer le tout avec en toile de fond une guerre sans merci qui se dessine ou l’acier ne parait être la seule réponse. L’auteur confirme aussi qu’il a décidé de ne pas prendre le lecteur, jeune ou moins jeune, pour un gamin, offrant une histoire âpre et sanglante, certes moins que ces récits adultes, mais qui colle quand même parfaitement à cet univers guerrier. Je regretterai peut-être juste quelques légères longueurs, même si rien de vraiment dérangeant non plus.

D’ailleurs l’univers, parlons-en, je l’ai trouvé toujours aussi intéressant à découvrir offrant de nouveaux lieux, de nouvelles cultures et de nouveaux peuples à découvrir. Le voyage entrepris par Yarvi, qui va traverser la moitié du monde pour trouver des alliés, va nous apprendre plus sur cet univers toujours aussi typé vikings et toujours aussi captivant. On en apprend aussi un peu plus sur la gestion du pouvoir entre les rois, le haut roi, les ministres, on se rend ainsi compte de la complexité d’un tel univers et des jeux de machinations qui s’engagent, où Thorn n’est finalement qu’un maillon de la chaine qui va se retrouver à faire bouger les choses. L’auteur n’oublie pas non plus de continuer à dévoiler doucement les différents aspects liés à ce peuple mystérieux des elfes, qui a laissé des ruines assez fascinantes, mais surtout des histoires et des objets à la fois haï et admirés, même si l’ensemble continue à garder son aspect mystérieux ce qui donne envie au lecteur d’en apprendre plus. Ce second tome va aussi commencer à toucher à la magie, une magie loin d’être gratuite et qui offre un plus intéressant je trouve.

Pour ce qui s’agit des personnages je dois bien avouer que je me suis rapidement accroché à Thorn l’auteur arrivant à caractériser une adolescente de 16 ans, avec toutes ses convictions sur sa force, le fait qu’elle mérite plus que les autres et le tout sans la rendre antipathique. Les épreuves qu’elle rencontre au fil des pages ainsi que sa disgrâce, dès le premier chapitre, vont ainsi lui faire apprendre que rien n’est acquis et que tout se gagne par le travail et l’entrainement. Mais surtout elle est nuancée par Brand, lui aussi adolescent qui veut devenir guerrier mais qui doute, cherchant toujours à vouloir faire le bien, sans concessions, là où Thorn elle possède vraiment plus un caractère de guerrier, sauvage et explosif. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, on y retrouve de nombreux protagonistes du premier tome, mais aussi des nouveaux qui viennent apporter un véritable plus. Que ce soit hommes, femmes, guerrière, mère, roi, ministre, forgeronne, etc… ils s’imposent tous assez facilement et se révèlent charismatiques tant l’auteur arrive vraiment à les rendre vivant et réussis. Autre point intéressant, le fait d’avoir Thorn comme personnage principal permet d’offrir une vision différente de Yarvi, qui garde clairement le potentiel sympathie du premier tome, mais se révèle différent, plus manipulateur, même s’il ne s’en cache pas.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi percutante, fluide, incisive et efficace, plongeant le lecteur très facilement dans son récit emplie de rebondissements et de surprises. Un second tome qui m’a offert un très bon moment de lecture, où les pièces se mettent en place, où la guerre approche et où les personnages se dévoilent et qui donne clairement envie de lire la suite qui devrait être publiée le moi prochaine en VO.

À noter que ce second tome sera publié en France par Bragelonne, le 15 juillet 2015, sous le titre La Mer Éclatée Tome 2, La Moitié d’un Monde.

En Résumé : Ce second tome du cycle m’a offert un très bon moment de lecture. Le fait de changer de personnages principal permet aussi de ne pas tomber dans le tome de transition, offrant de nouvelles découvertes et tout en dévoilant une intrigue que j’ai trouvé mieux maîtrisé que celle du premier tome se révélant épique, captivante et terriblement efficace. L’univers développé au fil des pages continue à s’avérer intéressant à découvrir, nous faisant découvrir de nouvelles régions tout en continuant à développer cette ancien peuple elfique mystérieux. L’aspect politique prend un peu plus d’ampleur entre manipulations et trahisons, et la magie se dévoile un petit peu. Les personnages se révèlent complexes, attachants et vraiment captivants à découvrir, nous offrant de constructions nuancés et efficaces. Je regretterai peut-être quelques longueurs sur la fin, mais rien de non plus bloquant. En tout cas le tout est porté par une plume incisive, efficace et fluide, offrant une conclusion qui donne envie de lire rapidement la suite.

 

Ma Note : 8/10

Havrefer Tome 1, Le Héraut de la Tempête – Richard Ford

havrefer t1 le héraut de la tempeteRésumé : Capitale portuaire des États libres, Havrefer était jadis un symbole de puissance. Mais le roi est parti en guerre et la ville pourrit de l’intérieur. Profitant de la fragilité du pouvoir, le seigneur de guerre Amon Tugha approche. Son héraut s’est infiltré dans la cité pour recruter une pègre redoutable, tandis qu’un mystérieux sorcier terrorise la population en commettant d’atroces sacrifices.
Alors que l’ombre du chaos se profile, un groupe inattendu se forme : un mercenaire, une jeune mendiante, un apprenti magicien, une princesse et un assassin vont s’allier ou s’affronter au sein des murs de la cité… sans savoir encore que chacun d’eux a un rôle-clé à jouer dans le destin de Havrefer, qui s’annonce sanglant.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : La première fois que j’ai entendu parler de ce livre c’était il y a quelques mois quand Bragelonne a décidé de communiquer dessus et d’en faire une des grosses sorties de l’année, présentant Richard Ford comme un jeune auteur à suivre et à découvrir dont il présente son intrigue comme un mélange entre Légende et la série The Wire, ce qui a eu le don de m’intriguer. Ajouter à cela un résumé, classique mais efficace, et une couverture illustrée par Benjamin Carré, assez réussie selon moi, je me suis donc rapidement laissé tenter par ce roman.

La référence à The Wire trouve très vite sa confirmation puisqu’on plonge dans Havrefer, ville de plus en plus pourri par la pègre dominer par la Guilde qui a un oeil sur tout ce qui se passe. On se retrouve ainsi à suivre sept personnages (voir huit si on considère le héraut) complètement différents qui offrent ainsi différentes intrigue qui parfois se croisent. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que je ne ressors pas convaincu par ma lecture de ce roman. Déjà premier point, l’ensemble se révèle très classique, voir même trop classique, franchement chaque personnage et chaque intrigue parait déjà vu et revu. Alors attention être classique n’est pas un mal en soit, de nombreux auteurs ont réussi à offrir des récits qui ne révolutionnaient rien mais se révélaient divertissants, mais ici Richard Ford m’a paru ne jamais réussir à insuffler un tant soit peu de personnalisation, voir d’intérêt à son récit. On a plus l’impression d’avoir un patchwork d’idées prisent à droite à gauche, mais auquel il manque un peu de vie pour que le soufflé prenne et m’emporte. Alors après je lis énormément de Fantasy, cela joue obligatoirement dans mon ressenti.

Ensuite le soucis vient que gérer sept personnages n’est pas toujours chose aisée, soit ils sont charismatiques et il nous captivent soit c’est l’intrigue de chacun, avec en filigrane un fil rouge qui fait qu’on se laisse happer, sauf qu’ici les personnages m’ont paru plats, mais j’y reviendrai, et l’histoire a eu du mal à vraiment m’intéresser, mais surtout ne possède pas vraiment de fil rouge sauf dans la dernière page, et encore il est très ténu. C’est bien simple il faut attendre la moitié du bouquin pour voir enfin quatre intrigues se dessiner et arriver à la fin on se demande bien pourquoi on les suivait tant je n’ai pas eu l’impression d’avoir un tome d’introduction dans les mains, mais une introduction d’un tome d’introduction. Franchement si l’auteur cherche à construire une trilogie, il aurait mieux fait d’oublier, couper son premier tome de moitié et lancer l’intrigue principal tout de suite ça m’aurai plus intéressé.

Autre point qui m’a aussi dérangé, c’est l’absence totale de surprise, pas que l’auteur ne cherche pas en mettre en place, juste qu’ils sont trop facilement devinable, a tel point que les rebondissements perdent de leurs intérêts. Franchement que ce soit l’amoureux caché, le mage noir ou d’autres tentatives je les voyais venir beaucoup trop rapidement, principalement par la trop faible présence de personnages « secondaires », mais aussi par la difficulté de l’auteur d’être subtil. Ensuite dernier point qui me titille toujours c’est le hasard maîtrisé, oui un récit possède toujours son taux de « chance » pour faire avancer l’intrigue, mais là c’est juste trop flagrant. Ajouter à cela aussi quelques incohérences et des scènes d’actions assez incohérentes et je dois bien avouer que l’histoire me laisse un sentiment plus que mitigé.

Concernant les personnages justement, parlons-en, voilà les sept personnages que l’on rencontre : un forgeron détruit ancien soldat sur le retour, une princesse égocentrique qui ne veut pas devenir reine et va apprendre la dure loi du pouvoir, un assassin à capuche qui va découvrir que la mort n’est pas que la seule voie, une jeune voleuse qui cherche à s’élever dans la guilde, une femme guerrière, un ivrogne, menteur, dragueur, voleur mais qui finalement a bon fond. Tous les archétypes de la Fantasy que l’auteur pousse au maximum de la caricature, comme par exemple cet assassin qui se retrouve être le fantasme d’une idée tant il en fait trop comme par exemple : il saute de deux étages en ne faisant pas plus de bruit qu’une goutte d’eau sur le sol, il se glisse entre les portes aussi discret et invisible que le vent, il s’absorbe dans les ombres et personne ne le voit. Oh, faut se calmer et arrêter Assassin’s Credd, certes il faut romancé, mais à ce point c’est trop, je levais les yeux au ciel à chaque fois. Alors après tous les personnages ne sont pas non plus à jeter j’avoue avoir trouver un intérêt pour le forgeron, Marcus, ou encore l’ivrogne Merrick, mais plus, finalement, parce-qu’ils se dénotent des autres par une certaine ambiguité et complexité qu’autre chose.

La ville en elle-même, qui est quand même l’élément central de l’intrigue et doit donc prendre une place importante, j’avoue que là aussi elle a eu un peu de mal à vraiment me passionner. Elle n’est pas inintéressante à découvrir en soit, même si comme le reste du récit elle se révèle très stéréotypée, et les descriptions que met en place l’auteur la rend vraiment sombre, poisseuse, violente, décadente, sauf que voilà il n’est jamais arrivé à faire d’elle un personnage à part entière, à lui offrir une véritable identité et une véritable force selon-moi, ce qui est un peu dommage. Elle ne sert finalement que d’image de fond, car il en faut bien une. Concernant l’univers, l’aspect magie, appelée ici malégie, se révèle intéressant et possèdent quelques idées originales, même si trop peu sont misent en avant et concernant l’aspect politique et guerrier j’avoue que j’ai eu un peu de mal tant l’ensemble manquait de complexité.

Pourtant en soit le récit ne fut pas non plus catastrophique, loin de là, l’ensemble est bien porté par une plume simple, percutante et efficace qui fait qu’on se laisse gentiment entrainé à tourner les pages du livre, mais voilà ce ne fut pas suffisant pour moi  qui ressort finalement un peu déçu de ma lecture et je ne lirai sûrement pas la suite. Après je pense clairement que le ressenti des uns et des autres sur ce livre dépendra des attentes ,mais aussi, et surtout, du bagage que chacun possède en Fantasy. Un novice devrait sûrement être plus emballé par ce récit que quelqu’un qui a l’habitude d’en lire.

En Résumé : Finalement je ressors pas très convaincu de ma lecture de ce premier tome du cycle Havrefer. L’histoire proposée se révèle très classique, voir trop classique, et surtout a eu du mal à me convaincre par un certain manque de souffle, trop de personnages offrant trop d’intrigues qui ont du mal à cohabiter tant aucun fil rouge ne se dégage et surtout des twists et des rebondissements beaucoup trop prévisibles. L’univers, sans être mauvais, a du mal à se dégager tant cette ville, qui devrait prendre une grande importance dans l’histoire, a du mal a devenir justement cet élément central, limite un personnage à part entière tant elle manque d’identité. Les personnages sont trop stéréotypés, voir trop fantasmé pour vraiment me captiver mis à part un ou deux qui sortent du lot. Pourtant, l’ensemble n’est pas non plus catastrophique, j’avoue que la plume de l’auteur, simple et entrainante, fait qu’on se laisse un minimum porté par le récit, mais voilà ce n’est largement pas suffisant pour me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 4,5/ 10

 

Autres avis : Igguk, ImagIn, MarieJuliet, Sia, Phooka, …

Fortune Cookies – Silène Edgar

fortune cookiesRésumé : Bretagne, demain :
Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au Sud… la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur.
Paris, après-demain :
État d’urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d’Hadrien, ni d’Élisabeth.
Quelque chose a basculé sur la route.

Edition : Snark

 

Mon Avis : Après deux essais qui se sont révélés mitigés, voir infructueux, je tente à nouveau ma chance avec les éditions Snark puisque j’ai profité, il y a plusieurs mois de cela, d’une opération à 99cts l’ebook pour offrir une chance à des romans dont j’ai entendu beaucoup de bien et qui offraient un résumé accrocheur. Silène Edgar faisant partie des auteurs dont on me conseille la lecture depuis un petit moment maintenant, j’ai donc décidé de me laisser tenter par ce Fortune Cookies.

On plonge ainsi dans le quotidien de Blanche dont la vie va basculer le jour où une coupure d’électricité de plusieurs jours va plonger le pays dans le noir. Surtout que sa fille est en Espagne avec ses parents et que des émissions de radio pirate parlent de complots et de mensonges du gouvernement à la frontière. L’état d’urgence est alors voté en France. On se retrouve ainsi à osciller entre deux époques, une narration avec Blanche qui nous raconte sa vision de cet incident et surtout sa réaction, sa façon de le gérer, le tout de son point de vue de citoyenne intégrée et une autre narration avec Blanche, devenue Bianca, est devenue résistante face à cette France devenue un état policier et je dois bien avouer qu’on se retrouve très vite happé par ce récit intense, tendu, avec son lot de rebondissements, bien porté par les personnages et leurs attentes, qui font qu’on tourne les pages assez facilement de ce court roman. Concernant l’intrigue l’auteur a décidé de ne pas se concentrer sur cette fameuse crise, mais plus sur la réaction des gens, et plus principalement de son héroïne, face aux bouleversements qui vont se dessiner aussi bien d’un point de vue politique, social ou encore personnel. Entre fuite en avant et résistance on est facilement entrainé par les aventures des personnages. Alors certes l’auteur ne révolutionne pas non plus le genre de l’anticipation, mais cela ne l’empêche pas d’offrir un récit efficace, percutant et intelligent, offrant de nombreuses réflexions même si  certains parti-pris se révèlent parfois légèrement frustrants pour le lecteur que je suis.

L’intérêt principal vient donc clairement de l’univers construit par l’auteur, cette politique fiction se reposant sur le principe d »Etat d’Urgence avec toutes les « contraintes » qu’elle entraine avec elle et qui sont souvent liberticide. Mais la réflexion principale vient finalement de Blanche, cette héroïne lambda, vivant dans son confort et ses certitudes, qui va devoir revoir énormément de ses certitudes et de ses acquis, ouvrir les yeux. Voilà finalement le message que cherche à faire passer l’auteur, il faut ouvrir les yeux, ne pas se laisser endormir devant notre bien-être, la désinformation, mais surtout le récit nous pose la question de savoir quelle serait notre réaction si jamais ça devait nous arriver? Un message qui se révèle vraiment efficace, qui reste d’actualité. Mais voilà là ou le récit, pour moi, pêche un peu c’est justement dans cet aspect politique qui ne reste que trop survolé. On ne sait finalement que peu de choses des conflits et surtout tout ce qui entoure cet état d’urgence, car oui il a clairement des contraintes énormes, que ce soit dans la mise en place de couvre-feu ou  de permis de circulation, mais il a normalement aussi ses limites, hors rien n’est clairement défini dans le récit. Attention cela n’enlève en rien la portée du message et son côté percutant, loin de là, mais se révèle parfois légèrement frustrant tant j’aurai aimé en savoir plus et que l’univers mis en place est dense.

Concernant les personnages celui qui marque le plus est, bien entendu, Blanche l’héroïne principale du récit. Ses émotions et ses sentiments transparaissent vraiment au fil des pages et font qu’on se passionne pour elle, qu’on s’inquiète face aux nombreuses épreuves qu’elle rencontre et l’amour qu’elle porte à sa fille, coincée en Espagne sans aucune possibilité d’avoir de nouvelles. On découvre aussi au fil du récit une héroïne ambiguë, complexe, qui nous touche et nous questionne, qui doit faire face à une vérité qui la dépasse et doit faire des choix pas toujours faciles, même si par moment j’ai ressenti un léger manque de sentiments dans certains passages, mais rien de trop dérangeant. Concernant les autres personnages ils se révèlent, eux-aussi intéressants à découvrir, apportant leurs propres points de vues, que ce soit sur cette crise comme sur l’héroïne, ce qui permet finalement de la rendre encore plus humaine avec ses failles et ses forces. Le côté court du roman fait, par contre, qu’on a un peu de mal à s’attacher aux personnages secondaires, mais rien de bloquant non plus.

La plume de l’auteur se révèle entrainante, vivante et fluide, accrochant rapidement le lecteur dans une histoire percutante et efficace qui ne laisse pas indifférent et offre une conclusion, certes peut-être un chouïa trop dans le côté explosif à mon goût, mais qui ne manque pas de faire réfléchir et cherche à amener le lecteur à se poser des questions. En tout cas ce Fortune Cookies fût pour moi une belle découverte et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce court roman qui nous offre une histoire d’anticipation percutante, haletante avec de nombreux rebondissements et qui nous fait réfléchir. L’univers développé par l’auteur se révèle dense, efficace et soulève de nombreuses questions, principalement sur notre possible réaction si jamais ce genre d’évènements devaient arriver. Je regretterai juste que l’auteur reste un peu trop en surface de certains éléments, mais rien de non plus bloquant. Concernant les personnages, l’héroïne Blanche de révèle être complexe, humaine, avec ses force et ses faiblesses, qui doit faire face à de nombreuses épreuves et de nombreux choix pas toujours aisés. Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont efficaces et intéressant à découvrir même si le format de court roman fait qu’on a un peu de mal à s’attacher à eux, mais rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur est fluide, entrainante, percutante et nous happe rapidement dans son récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/ 10

 

Autres avis : Lelf, julien le naufragé, etc…

Au Sortir de l’Ombre – Syven

au sortir de l'ombreRésumé : Londres, 1889. La guilde d’Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu’elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les gothans. Lorsque la secte des némésis s’attaque à ces prêtresses, l’organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d’importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n’imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l’objet. Mais dans l’ombre d’Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer.

Edition : Editions du Riez

 

Mon Avis : La première chose qui m’avait attiré, à l’époque de sa publication, concernant ce livre c’était sa couverture, illustrée par Aurélien Police, qui se révèle sombre et attirante. Le quatrième de couverture ainsi que les différents avis que j’ai lu autour de ce livre ont alors fait qu’il a rejoint ma PAL. Puis comme tout bon livre qui entre dans ma PAL, il a décidé de se lancer dans un grand jeu de cache-cache et de se faire longuement désirer. Puis un jour, un peu par hasard, il s’est attardé entre mes mains et j’ai donc décidé de lui laisser sa chance et de me faire mon avis.

On se retrouve ici à suivre trois traqueurs qui vont se retrouver par la force des choses à devoir protéger une aetrhyne, gardienne d’un Gothan dans son ombre, monstre avide de massacre, face à une secte qui cherche à s’emparer d’elle et à libérer son démon. On se retrouve plongé, quasiment dès la première page, dans une course poursuite qui va clairement se révéler haletante, pleine de rebondissements, de surprises et sans temps morts. Alors certes, l’auteur ne révolutionne pas non plus le genre de la « traque », mais elle maîtrise parfaitement son récit pour ne jamais ennuyer ou perdre le lecteur, jouant efficacement avec les scènes d’action, de tension, mais aussi les scènes plus calmes de révélations et de manipulation pour offrir un rythme palpitant et terriblement efficace. On pourrait se sentir un peu perdu au début, tant on se retrouve directement plongé sans préambule dans le monde que met en place l’auteur, mais c’est pour mieux finalement nous entrainer, faire qu’on se pose alors des questions qui trouvent leurs réponses au fil du récit.

L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment passionnant à découvrir déjà, premièrement, par l’utilisation de l’Angleterre, et plus principalement de la ville de Londres, qui offre toujours un cadre très intéressant à ce genre de récit fantastique, surtout que l’auteur nous fait aussi découvrir d’autres villes et d’autres lieux, et le tout porté par un travail de description efficace, riche et qui rend l’ensemble vraiment palpable et donne envie d’en découvrir plus. L’époque Victorienne, classique aussi dans ce genre d’histoire, se révèle bien exploité et intéressante même si les courses poursuites en crinoline m’ont toujours laissé perplexe. Non, là où le récit gagne vraiment en intérêt c’est principalement à travers tout l’aspect mythologique et magique mis en place par l’auteur qui se révèle vraiment fascinant, soigné et complexe. Les pouvoirs des uns et des autres restent classiques, mais se révèlent efficaces et entrainants. C’est surtout cette idée de revisiter le monstre dans l’ombre d’une prêtresse, le tout sur fond de religion revisité qui se révèle captivant. Il permet surtout de jouer avec les peurs, aussi bien des personnages que de jouer avec le lecteur, offrant aussi ainsi une ambiance sombre, qui nous rappelle que la nuit, dans le noir, les pires cauchemars peuvent parfois survenir. Alors attention, on n’est pas non plus dans l’horreur, ce n’est pas le but du récit, il joue simplement sur le côté sombre et apporte ainsi un aspect inquiétant, légèrement angoissant et étrange au récit qui offre un plus à l’ensemble.

Concernant les personnages, dans l’ensemble, ils se révèlent efficaces, intéressants et un minimum travaillés et attachants, que ce soit William qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des pages que ce soit dans sa relation avec les autres ou sa position sociale, même s’il possède un ou deux points de caricature, Heinrich dandy allemand, qui possède le don de manipulation et se fourvoie dans différents vices de façade, mais qui révèlent un héros plus profond, ou encore Christopher, marié et père, qui doit mener de front sa double vie avec toutes les conséquences que cela occasionne. J’ai  par contre eu un peu de mal avec les personnages féminins. Elles ne sont pas vraiment ratées, loin de là, mais je trouve qu’elles ont du mal à s’imposer malgré tous le potentiel qui apparaissait. Que ce soit Eileen, dont l’auteur a du mal à mettre en avant ce qui fait que pendant la moitié du roman on se demande si on la déteste ou pas tant elle peut se révéler froide et égoïste, ou bien Lisa qui tombe un peu trop dans la caricature de la jeune demoiselle délurée, qui a ses circonstances on le comprend bien, mais qui en fait peut-être un peu trop, elles ont du clairement du potentiel qui aurait mérité plus. Rien de non plus dérangeant, elles restent intéressantes à découvrir.

Après certains points m’ont tout de même dérangé dans le récit, le premier vient du côté un peu linéaire de l’histoire, ce qui fait que quelques passages se révèlent très facilement devinables. Ensuite le derniers tiers du roman se révèle très dense en révélation et dans le développement de l’intrigue, ce qui donne énormément d’information fournie, mais occasionne aussi un sentiment de précipitation, que les réponses sont alors fournies un peu trop rapidement ou que certains rebondissements sont traités de façon trop simplement. Cela n’empêche pas cette fin de se révéler fluide et palpitante, mais parfois cela me laissait légèrement perplexe. La plume de l’auteur se révèle soignée, riche, efficace et entrainante, passant d’un personnage à un autre de façon fluide et prenante et qui nous plonge facilement dans l’histoire. Alors c’est vrai que parfois l’auteur se laisse un peu trop aller dans son style, donnant alors l’impression de trop vouloir en montrer, même si rien de non plus bloquant surtout quand on se dit qu’il s’agit là d’un premier roman. Au final ce Au Sortir de l’Ombre m’a offert un bon moment de lecture et je ne regrette pas la découverte. La conclusion, ouverte, laisse à penser une (voir des) suite possible, que je lirai avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui se révèle entrainante, pleine de révélation et de surprises, et surtout sans temps morts. On pourrait se sentir un peu perdu tant on se retrouve directement plongé dans son univers, mais c’est pour mieux pousser le lecteur à se poser des questions qui trouvent leurs réponses au fil des pages. L’univers développé est un des points forts du récit, passionnant à découvrir et surtout se révélant dense et soigné, principalement dans tout son aspect magique et mythologique. Les personnages ne manquent pas d’attrait et sont un minimum attachants, même si j’ai trouver les personnages féminins un peu en deçà de ce que laissait voir leurs potentiels. Alors j’avoue certains points m’ont dérangés, principalement concernant le dernier tiers du récit qui se révèle très riche en révélations et machinations, peut-être un peu trop, ce qui fait que c’est parfois traité un peu trop simplement, voir facilement, mais bon rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur se révèle soignée, efficace et entrainante, même si parfois elle se laisse un peu trop aller. La fin ouverte laisse la possibilité à des suites qui, si elles sont publiées, je les lirai avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Nanet, Louve, AcrO,

Une Pluie sans Fin – Michael Farris Smith

une pluie sans finRésumé : Après des années de catastrophes écologiques, le sud des États-Unis, de la Louisiane à la Floride, est devenu un véritable no man’s land. Plutôt que de reconstruire sans cesse, le gouvernement a tracé une frontière et ordonné l’évacuation de la zone. Au sud de la Ligne se trouve désormais une zone de non-droit ravagée par les tempêtes et les intempéries incessantes – sans électricité, sans ressources et sans lois.
Cohen fait partie des rares hommes qui ont choisi de rester. Incapable de surmonter la mort de sa femme et de l’enfant qu’elle portait, il tente tant bien que mal de redonner un sens à sa vie, errant sous une pluie sans fin. Des circonstances imprévues vont le mettre en présence d’une colonie de survivants, menée par Aggie, un prêcheur fanatique hanté par des visions mystiques. Celui-ci retenant contre leur gré des femmes et des enfants, Cohen va les libérer et tenter de leur faire franchir la Ligne. Commence alors un dangereux périple à travers un paysage désolé, avec pour fin l’espoir d’une humanité peut-être retrouvée.

Edition : Super 8

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que ce livre me tentait depuis sa sortie avec son résumé très post-apocalyptique (genre qui me tente toujours) offrant comme idée originale d’imaginer une « fin du monde » liée à la nature, la pluie et les tempêtes. De plus les premiers retours que je découvrais à droite et à gauche se révélaient, globalement, positifs. Par conséquent quand j’ai vu que Babelio proposait de découvrir ce livre lors de son dernier Masse Critique, j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et les éditions Super 8 de m’avoir permis de découvrir ce roman. Concernant l’illustration de couverte elle révèle assez simple, mais plonge directement dans l’ambiance humide du récit.

Comme certains l’ont déjà fait, je vais moi aussi enfoncer le clou concernant l’aspect marketing (aussi bien Anglais que Français), qui compare ce livre à La Route de McCarthy, ce qui n’est pas le cas. Si vous vous lancez dans cette lecture en pensant y retrouver La Route, vous risquez d’être frustré, certes c’est du post-apo et on y retrouve aussi une  certaine tentative de profondeur et de réflexions, mais on se rend très vite compte que les deux histoires sont complètement différentes et surtout ne cherchent pas du tout la même chose.

On se retrouve ainsi ici à suivre Cohen qui, depuis la mort de sa femme, vivote dans cette zone sauvage et de non droit qu’est devenue le sud des Etats-Unis, ravagée par les pluies incessantes et les tempêtes dévastatrices. Sa vie va alors changer après avoir été volé un peu naïvement par un couple de jeunes gens. Mais voilà, une fois la dernière page tournée je n’ai jamais vraiment réussi à entrer dans l’histoire et je sors légèrement déçu de ma lecture. Pourtant ça démarrait bien, certes le héros est naïf (voir un peu concon disons le clairement), mais on sentait bien cette solitude, cette souffrance, cette abandon et ce besoin de survivre, sauf que voilà la suite m’a rapidement fait déchanter. Attention il y a de gros risques de SPOILER dans ma chronique.

Déjà le premier point qui m’a un peu bloqué vient de l’ambiance que cherche à mettre en place le récit, cette pluie qui tombe sans arrêt, qui doit rendre l’ensemble humide aux nombreuses conséquences et péripétie que cela occasionne. Sauf que voilà de conséquences, il n’y en a pas, ou si peu et seulement quand ça arrange l’auteur. Car oui, quand je vois des gars allumer un feu ou s’allumer des clopes à l’extérieur, tranquillement, alors que l’air doit être saturé d’humidité et qu’il pleut sans arrête c’est aberrant. Pareil niveau inondation, coulées de boues, apparition de zones traitres et de marais on oublie, nos héros marchent toujours sur un sol bien dur, juste de quoi se salir les pompes et râlé car on a les vêtements trempé. Niveau post-apo, franchement on repassera et niveau prophétique ou éveil d’une conscience écologique vu que l’auteur n’en parle jamais il n’y en a pas. Ensuite, j’aimerais comprendre comment, dans une région abandonnée et sans plus aucune loi depuis 3 à 5 ans on peut encore penser à se servir de billets de banque comme monnaie pour faire ses courses. Dans la partie civilisée c’est logique, mais bon sang celle qui est abandonnée, surtout depuis si longtemps, j’ai du mal à y croire. D’ailleurs en parlant de « civilisé », pour des mecs qui ont été abandonnés par leur pays à leurs sorts, oubliés et ne possédant plus que ce qu’ils peuvent sauver, ils m’ont paru bien gentillet, c’est limite s’ils ne se disent pas bonjour et ne vous tiennent pas la porte en vous souriant en se retrouvant tous chez le receleur du coin. Après j’exagère un peu, il y a bien une ou deux personnes qui tentent de jouer les vilains pas beau, mais bon pas de quoi faire frémir mon petit coeur de lecteur.

Autre point qui m’a dérangé vient de la façon dont l’auteur chercher à construire ses rebondissements, ses épreuves, que vont rencontrer nos héros, car entre celles qui sont traitées beaucoup trop rapidement (comme toute la partie Aggie qui aurait sûrement mérité plus) et celles qui sont très très mal amenées et limites aberrantes, très peu ont réussies à me happer, surtout que l’auteur les gère aussi sans aucune véritable intelligence. Pour vous donner un exemple de certaines incohérences je vais vous conter la vie de Bébé, personnage du livre. Nos héros se retrouvent un moment à se poser dans une maison, tranquillement, sauf que voilà Bébé hurle, il est brulant de fièvre (telle que c’est limite si l’auteur ne compare sa température corporelle à l’enfer), sauf que voilà pas de bol la faute à un autre personnage un peu concon (c’est bon les gars vous pouvez monter un club) ils doivent fuir la maison avec Bébé hurlant à la mort. Coup de chance, ils trouvent une fermette un peu plus loin et, énorme second coup de chance, elle a l’eau courante. Cool, c’est bon ils vont pouvoir s’occuper de Bébé, le soigner, le panser, le laver …. Euh. En fait non, on se retrouve plutôt devant une bande d’ado qui se foutent mais comme de leur dernière chaussette sale de Bébé et qui braillent à tout va qu’ils vont enfin pouvoir prendre un bain se battant pour savoir qui va passer le premier. Vraiment? Oui vraiment car pendant 50 pages on ne parlera plus de Bébé, le temps que tout le monde prenne son bain et sortent tout propres, on le retrouvera alors avec deux personnages féminins au QI de bulot qui tentent de philosopher pour savoir si finalement il ne pleure pas parce qu’il est aussi malheureux. Il. Est. Malade. bon sang. Enfin cela a permis à l’auteur de grappiller 70 pages et de s’offrir un rebondissement. D’ailleurs Bébé prouvera son utilité un peu plus tard en disparaissant avec ses deux bulots, emmenés par les militaires vers un hôpital loin, très loin pour ne plus jamais réapparaitre.
Pourquoi les militaires n’ont pas emmené nos héros aussi et ainsi les sauver? Ne pose pas de question malheureux. NON, ne la pose pas on te dit. Je suis un peu méchant, j’avoue, mais franchement qu’on soit clair c’est aberrant.

Concernant les personnages Cohen n’est pas en soit un mauvais héros, avec son côté fragile, brisé par la mort de sa femme, qui vit avec ses fantômes, il arrive à nous intéresser, limite à se révéler attachant au point qu’on est prêt à lui pardonner sa naïveté et son côté sauveur biblique qui vient libérer son peuple des eaux. Le soucis vient par contre des autres protagonistes qui eux se révèlent plats, fade et ennuyeux. Franchement il n’y a pas un seul autre protagoniste qui a réussi à ce que je m’intéresse à lui. Seul Aggie aurait pu être intéressant, même si très archétypé, sauf qu’il disparait trop vite pour commencer à s’affirmer. On évitera de parler des personnages féminins, tant aucune n’arrive à se révéler plus qu’une caricature ou se révèlent inutiles et ennuyeuses. Seule Mariposa aurait pu apporter quelque-chose, mais elle perd de son charisme au fil des pages et de sa liaison avec le héros pour devenir une simple petite chose fragile qu’il faut protéger.

Concernant le style de l’auteur je dois bien avouer que je l’ai trouvé long, mais long. Là où justement La Route épurait au maximum son texte pour se révéler percutant et prenant dans son intrigue comme dans le travail des personnages, Michael Farris Smith, lui se lance dans de longues logorrhées, limite soporifiques, qui plus est n’arrêtant pas de se répéter dans ce qu’il cherche à faire passer et tombant dans des descriptions lourdes à mon goût. La scène de flashback à Venise m’a aussi paru complètement inutile, l’auteur cherchant, je pense, à faire un parallèle entre deux mondes couverts d’eau mais qui traine et n’apporte rien, et le rebondissement du dernier tiers m’a paru trop gros. Pourtant, et c’est ce qui sauve le récit de la noyade, je dois bien avouer que ce dernier tiers a réussi à me sortir légèrement de ma torpeur, offrant enfin un peu de tension dans son intrigue, une fuite en avant qui se révélait enfin efficace et entrainante malgré ses défauts. Dommage que j’ai du attendre si longtemps. Certains me diront que ce roman est plus philosophique que post-apo dans son approche, sauf que je suis désolé mais même de ce point de vue là l’auteur n’a pas réussi à me toucher.

En Résumé : Je dois bien avouer que je ressors de cette lecture avec un sentiment de déception et d’être passé complètement à côté du livre. Entre l’ambiance qui doit se révéler humide poisseuse et pluvieuse, mais dont l’auteur ne respecte aucune logique, l’intrigue qui repose sur des rebondissements peu efficaces, souvent mal amenés et surtout souvent mal traités, et un style que j’ai trouvé long, très long, trop long où l’auteur se perd dans de longues logorrhées verbales, qui auraient mérité qu’on coupe dedans, et des flashbacks inutiles, j’ai vraiment eu du mal à accrocher à cette histoire. Concernant les personnages, seul Cohen surnage dans la platitude ambiance, offrant un héros brisé intéressant à suivre. Dommage, car certains autres protagonistes, comme Aggie ou Mariposa, avaient du potentiel, mais soit ils disparaissent trop vite, soit ils tombent dans une mauvaise caricature. Il faudra attendre le dernier tiers pour que je commence à m’intéresser au récit, devenant enfin entrainant et un peu plus percutant, dommage que j’ai du attendre si longtemps.

 

Ma Note : 4/10

 

Autres avis : Xapur, Cornwall, Lune, Gruz, Louve, …

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