Auteur/autrice : BlackWolf Page 79 of 202

Le Fossoyeur – Adam Sternbergh

le fossoyeurRésumé : Il se fait appeler Spademan, le Fossoyeur, presque un nom de super-héros. Vous ne saurez jamais son vrai nom. Il a été éboueur. Un jour, il a trouvé un bébé dans un sac-poubelle. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans la série d’attentats radioactifs qui a vidé New York de ses habitants.
C’était il y a longtemps : une autre vie.
Maintenant, Spademan est tueur à gages. Il est resté dans les ordures, mais son salaire a considérablement augmenté. Il n’est pas sexiste : homme, femme, il s’en fout. Vos raisons, il s’en fout. D’ailleurs, le fric aussi il s’en fout.
Et quand on lui demande de tuer la fille du richissime prédicateur T.K. Harrow, une gamine qui vient tout juste d’avoir dix-huit ans, il n’y voit aucun problème. Mais dans la toile de Harrow, pour la première fois de sa sinistre carrière, Spademan n’est pas la plus grosse araignée.

Edition : Denoël Lunes d’Encre (paru le 13/05/2015)
Traduction : Florence Dolisi

 

Mon Avis : Je sens que je vais me répéter, mais la première fois que j’ai entendu parler de ce livre, la première chose qui m’a attiré c’est sa couverture, de nouveau illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique. Alors bien entendu je ne m’arrête pas qu’à la couverture, le résumé annonçant un thriller noir et violent dans un univers futuriste intriguant a terminé de me convaincre. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce livre, je me suis rapidement laissé tenter.

On se retrouve donc à suivre, ici, Spademan tueur à gages dans un New-York futuriste, ville qui se meurt après de nombreux attentats et qui a vu les touristes fuirent. Il va ainsi accepter un contrat qui va lui faire voir les choses différemment. Une chose est sûre, dès la première page on se retrouve rapidement entraîné par cette histoire qui se révèle percutante, à travers des chapitres courts et des dialogues épurés au maximum pour n’en garder que le strict nécessaire. L’histoire est ainsi conçue pour se révéler intense et vive. L’intrigue se révèle ainsi sans temps mort et surtout bourré d’action et d’adrénaline qui font que, pour peu qu’on se laisse happer par ce genre de récit très page-turner, on se retrouve à plonger dans le récit pour en apprendre plus. C’est noir, c’est efficace, c’est incisif et la personnalité du héros fait qu’on va droit au but. Comme il le dit lui-même il est une balle, ne pose aucune question, et il emporte ainsi le lecteur dans son sillage offrant ainsi une course poursuite, une traque, avec de nombreux rebondissements.

Sauf que voilà malgré l’avantage que possède ce genre de récit, il en montre aussi très vite ses contraintes et ses faiblesses. C’est bien simple, l’auteur va tellement à l’essentiel que parfois ça manque un peu de développement autour sur certains points qui me paraissent importants. Le second problème vient, pour moi, que vers le milieu du livre l’auteur se perd un peu dans des scènes pas toujours intéressantes, mélange de flashbacks et de passages qui paraissent superflus, de plus j’ai aussi eu l’impression qu’il cherchait plus, pour une ou deux scènes, à nous secouer de façon gratuite. Un peu comme si l’auteur, voyant que son livre manquait de pages a décidé d’en rajouter pour rentrer dans les normes. Enfin le dernier soucis vient, pour moi qu’à peu près 90% des soucis rencontrés se résolvent limite par Deus Ex Machina ou coup de bol. J’ai entendu dire que les droits du livre avaient été vendus pour en faire un film, ça ne m’étonne pas tant l’ensemble parait clairement visuel et très cinématographique du début à la fin, mais voilà de mon côté j’attendais peut-être un peu plus. Est-ce mauvais pour autant ? non loin de là c’est sympathique à lire, de plus ça se lit vite et offre un divertissement agréable, mais rien de non plus très marquant.

Concernant l’univers, l’auteur s’en sort assez bien offrant ainsi quelque chose de plutôt solide, d’efficace et de sombre qui colle parfaitement au récit. On découvre ainsi un New-York en ruine et en pleine désolation, où les plus riches ont, soit fui la ville, soit se sont plongés dans un monde virtuel pour y vivre une vie meilleure. Seul les plus pauvres survivent encore dans une cité où le crime est devenu monnaie courante. L’ensemble se révèle limite palpable, dont on en ressent toute la décrépitude et la désolation, où chacun vit sa vie dans son coin. Le côté cyberpunk avec tout l’aspect simulation ne manque pas d’attrait mais reste un peu trop en surface, manquant d’explications à mon goût. Un univers qui soulève aussi de nombreuses questions, que ce soit sur les causes de cette catastrophe, sur les conséquences et le clivage que cela engendre, mais aussi d’une certaine façon sur l’importance de la technologie et de la vie virtuelle sur notre existence ; ce besoin de s’y enfermer à la recherche de quelque chose de meilleur. Après il ne faut pas non plus se poser trop de questions, car comme l’intrigue le monde manque sur certains points d’un peu de développement comme par exemple quand on apprend que seul New York a été finalement ciblé, le reste des USA se porte magnifiquement bien, on se demande donc pourquoi, quand on a le choix, rester dans une ville agonisante et contaminée.

Concernant les personnages, Spademan étant le narrateur, il sort clairement du lot se révélant être un héros sombre, torturé, percutant, mais voilà il est quand même difficile de complètement s’attacher à lui, tombant un peu trop dans l’archétype et l’auteur cherchant par moment à trop vouloir l’humaniser. Cela ne l’empêche pas d’arriver à nous entraîner dans ses aventures, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose. Autre point qui me laisse perplexe, mais là c’est beaucoup plus personnel et ne se limite pas à ce livre, c’est la norme morale que se fixe le héros : il ne tue pas les enfants. Cela peut se comprendre parfaitement, mais il a décidé de fixer un âge qui est 18 ans, donc si tu as 17 ans et 364 jours il ne te fera rien, mais si tu as 18 ans et 1s, bah pas de chance pour toi. Après j’avoue là je chipote un peu. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, j’ai trouvé Perséphone intéressante, offrant une héroïne forte et charismatique qui sait clairement ce qu’elle veut, tandis que les autres protagonistes oscillent entre intérêt et manque de profondeur.

La plume de l’auteur se révèle terriblement efficace, se révélant incisive, simple, percutante et entrainante, c’est d’ailleurs un peu le point fort qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’intérêt et de plaisir. A noter qu’il n’y a pas de différenciation du point de vue des dialogue ; ni tiret, ni guillemets, simplement des renvois à la ligne, le tout s’intégrant dans le récit. Cela peut surprendre, mais j’ai trouvé que marchait bien et collait de façon efficace à l’aspect un peu journal. Au final ce livre se révèle divertissant et pleine d’adrénaline, mais a du mal à se révéler plus que cela tant l’ensemble m’a paru manquer d’un peu de consistance. Ca reste une lecture sympathique entre deux romans plus consistants, mais pas sûr que je me laisse tenter non plus par al suite si un jour elle est publiée en VF, tout dépendra de ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez sympathique avec ce livre, même s’il n’a pas complètement répondu à mes attentes initiales. L’histoire se révèle efficace et offre un page-turner preant, même si j’ai trouvé qu’il manquait de profondeur et que l’auteur se perdait vers le milieu dans des flashbacks et des répétitions. Je trouve dommage par contre que l’intrigue se repose un peu trop aussi sur les Deus Ex Machina ou la chance. L’univers se révèle solide, palpable, mélange de monde futuriste en ruine et de cyberpunk, offrant aussi quelques réflexions intéressantes sur l’importance de la technologie dans notre vie, même si certains aspects de cet univers paraissent bancals. Le personnage de Spademan est sombre, torturé, entraînant, percutant et plein de cynisme, celui de Perséphone est charismatique et fort, mais les autres protagonistes oscillent entre intérêt et manque de profondeur. La plume de l’auteur se révèle simple, incisive et percutante, offrant un condensé d’adrénaline, mais qui a du mal à se révéler au final plus que cela. Pas sûr que je me laisse tenter par la suite, ou en tout cas ce n’est pas une de mes priorités.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : MarieJuliet, …

Le Roi des Fauves – Aurélie Wellenstein

le roi des fauvesRésumé : Accusés de tentative de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruines, coupés du monde, il leur reste sept jours d’humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu’on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstre. Au terme du compte à rebours, ils seront devenus des berserkirs, des hommes-bêtes enragés destinés à tuer ou être tués sur les champs de bataille. À moins que le légendaire roi des fauves puisse enrayer leur terrible métamorphose ? Mais existe-t-il vraiment ailleurs que dans leur tête ? Commence alors une course contre le temps, où les amis d’hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres. et contre eux-mêmes.

Edition : Scrinéo

Mon Avis : La première chose qui m’a attiré vers ce livre, c’est bien simple, c’est sa couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve superbe et qui accroche rapidement le regard. Ajouter à cela un résumé des plus efficace, mettant en avant la mythologie nordique avec le Berserk, je ne pouvais que rapidement être tenté par ce livre. Par conséquent, quand j’ai vu que Babelio proposait, lors de son dernier Masse Critique, de découvrir ce livre, j’ai décidé de tenter ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc Babelio et Scrinéo pour m’avoir fait découvrir ce livre.

L’intrigue nous propose de découvrir trois amis, Ivar, Kaya et Oswald, qui, pour tenter de lutter contre la famine, se retrouvent à braconner sur les terres du Jarl. Rien ne va se passer comme prévu et ils vont se retrouver arrêtés, jugés pour tentative de meurtre et forcés à absorber un parasite qui va la transformer en Berserkirs. On se retrouve ainsi plonger dans un récit, certes un peu simpliste sur le fond avec cette simple quête de survie, mais qui va se révéler très sombre, avec son lot de souffrances, de violences, de trahisons et de morts, et qui happe dès les premières pages le lecteur. C’est tendu, palpitant, sans temps morts et percutant. Certes on retrouve aussi une construction classique, avec cet aspect initiatique de nos héros qui vont devoir traverser des épreuves pour avancer et évoluer, mais voilà l’ensemble se révèle efficace et haletant, que ce soit à travers les nombreux rebondissements et les surprises proposés, comme par l’ambiance mise en place tout du long ; barbare, angoissante, confinée, limite oppressante qui s’en dégage. C’est surtout dans les épreuves que vont rencontrer les personnages qu’elle nous happe, on se retrouve avec de simples protagonistes dont la priorité est simplement de survivre, de pouvoir rester humains, loin des héros habituels.

Concernant l’univers proposé au fil des pages il se révèle vraiment efficace et passionnant. Il faut dire que j’ai un petit faible pour les mondes à forte connotation Nordique. Celui que nous propose l’auteur s’avère cruel, où la famine règne, ou le froid est mordant, où les plus aisés vivent tranquillement sans se soucier des autres à l’extérieur, où la survie est un véritable combat ; un monde âpre et loin de se révéler idyllique. Alors bien sûr, on n’est pas complètement dans de la Dark fantasy la plus pure comme peuvent le proposer certains auteurs, mais on découvre ici un monde austère, à peut-être ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui pourtant accroche le lecteur. Que ce soit par les différents lieux que nous font visiter les différents auteurs, comme dans la magie présentée qui se révèle intrigante, on a vraiment envie d’en apprendre plus. Mais voilà, selon moi, le gros point fort vient des berserkirs, certes les berserks sont connus et souvent utilisés dans la littérature de l’imaginaire, mais la façon dont l’auteur les présente, des humains contaminés par des parasites, qui vont lutter pendant quasiment sept jours pour tenter de conserver leur humanité se révèle vraiment originale et accrocheuse. On se pose ainsi de nombreuses questions au fil des pages sur ce parasite et aussi sur certaines révélations distillées.

Les personnages se révèlent vraiment attachants, soignés et terriblement efficaces, mais surtout ils sont profondément humains, loin des héros habituels, avec leurs failles, leurs haines et leurs faiblesses. En effet ce qui les caractérise ici c’est seulement leur besoin de survivre, de pouvoir continuer à avancer dans un monde où la souffrance règne et cela par tous les moyens. Entre Kaya la jeune fille charismatique au caractère bien trempé, Ivar le puissant forgeron au grand cœur qui croit encore profondément à certaines vertus, ou encore Oswald le craintif, soumis, finalement produit de cet univers impitoyable, ils accrochent tous le lecteur, même s’il faut l’avouer Oswald a un peu une fâcheuse tendance à s’éteindre devant ses compagnons et à devenir répétitif vers le milieu du livre, mais c’est pour mieux, d’une certaine façon, imposer son point de vue sur la fin. Concernant les personnages secondaires, ils se révèlent efficaces, entrainants, offrant de nombreuses péripéties à nos adversaires même si je suis un peu frustré que certains ne soient pas plus développés, comme par exemple le Roi des Fauves ou encore Hilde qui auraient pu apporter tellement plus à l’intrigue.

La plume de l’auteur se révèle percutante par une construction de phrases et de chapitres courts, mais aussi rapidement oppressante par l’ambiance qu’elle met en place et qui colle parfaitement au récit. Elle nous plonge facilement dans un roman dur, réaliste, sans concession et qui se révèle, d’une certaine façon, fascinant. Alors après on ne va pas non plus le cacher, l’histoire se révèle peut-être un peu trop linéaire dans sa construction, mais franchement rien de bien bloquant ou dérangeant. Par contre je regretterai peut-être un peu, certaines révélations qui m’ont paru un peu trop téléphonées et facile tant on sent leur importance pour la suite, ainsi qu’une conclusion un peu trop devinable par rapport à certaines réponse, mais franchement ce ne sont que des petits points de détails tant j’ai été happé et emporté dans cette lecture efficace. En tout cas je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur, surtout que ce roman a beau être un one-shot, il y reste de nombreuses possibilités.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce court roman qui nous offre une histoire, certes simple, mais qui se révèle âpre, réussie et entraînante, le tout dans une ambiance sombre, violente et cruelle. L’univers développé par l’auteur, qui se penche vers les univers Nordiques, se révèle solide et captivant, mais surtout vaut pour son originalité sur les Berserkirs qui m’a rapidement accroché et soulève de nombreuses questions. Concernant les personnages, nos héros principaux sont solides, attachants et surtout humains avec leurs failles et leurs faiblesses, je regretterai peut-être juste que le personnage d’Oswald s’efface un peu devant ses deux autres amis, mais rien de dérangeant. Concernant les personnages secondaires ils sont efficaces, mais je trouve dommage que certains ne soient pas un peu plus développés surtout devant le potentiel qu’ils ont. Je regrette par contre une construction un peu linéaire, certaines révélations un peu simples et téléphonées ainsi qu’une conclusion facilement devinable, mais franchement ce ne sont que des détails. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, percutante et plonge facilement dans l’ambiance si particulière de son récit. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Livresse des livres, Petitetrolle, Amarüel, …

The Rook, Au Service Surnaturel de sa Majesté – Daniel O’Malley

the rook, au service surnaturel de sa majesteRésumé : Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient plus de rien. Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir prévu cette amnésie. Elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer.
C’est ainsi que Myfawny rejoint le siège de l’Échiquier, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces.
À présent, il va lui falloir lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.

Edition : Super 8
Poche : Pocket

 

Mon Avis : J’ai fais rentré ce livre dans ma PAL il y a plusieurs mois déjà pour cette simple accroche au dos de la couverture qui annonçait un mélange entre X-Files et l’univers de JJ Abrams. Vous allez me dire que je suis faible, oui, sûrement, mais bon le résumé ne manquait pas non plus d’attrait et les quelques chroniques que j’avais vu passé se révélant plus que positives, j’avais envie de le découvrir. Mais comme tout bon livre qui vient rejoindre une pile à lire gigantesque, il a commencé à jouer à cache-cache avec moi au point qu’il a fallu que je remarque sa sortie en poche pour que je sorte mon chapeau et mon fouet pour l’extirper de ce monstre qui est ma PAL. Concernant l’aspect graphique de la couverture, je la trouve sympathique et qui colle plutôt bien à l’intrigue.

Une chose est sûre avec ce roman, c’est qu’on plonge directement dans l’action puisque qu’on se retrouve à suivre l’héroïne, Myfanwy Thomas, qui se réveille au milieu d’un parc entouré de cadavre, ayant perdu la mémoire et possédant, comme fil conducteur, des lettres laissées là par son ancienne personnalité. Elle va alors découvrir qu’elle n’est pas une Anglaise comme les autres, qu’elle possède des pouvoirs surnaturels et qu’elle travaille pour une organisation gouvernementale secrète. Elle n’est pas au bout de ses surprises. Une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que l’histoire se révèle très efficace, certes classique sur le fond avec l’amnésie et l’ennemi qui cherche à éliminer l’héroïne, mais dont l’auteur arrive à clairement donner vie et ainsi faire que le lecteur tourne les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Cela s’avère efficace, plein d’adrénaline, porté par un rythme tendu et entrainant, et surtout l’auteur y ajoute une bonne dose d’humour et d’ironie qui apportent un véritable plus à l’ensemble, offrant  ainsi un peu de légèreté. L’intrigue, très Fantasy urbaine, s’amuse au chat et à la souris avec nous, amenant ainsi de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises, sans jamais non plus trop tomber dans l’extrême, ce que je craignais à un moment avec l’arrivée des greffeurs, mais que l’auteur arrive à éviter habilement.

L’univers qui nous est présenté à travers ce récit se révèle solide, soigné, et réussi, mais surtout très visuel, limite cinématographique. Ce n’est pas la première fois qu’est utilisé le thème de la société secrète surnaturelle luttant contre les invasions mystérieuses, mais voilà là où l’ensemble gagne en intérêt c’est finalement dans la façon dont elle est présentée et représentée, à la fois pleine de tension et de surprises, tout en y a joutant une bonne couche d’humour anglais, qui fait qu’on se révèle finalement captivé et happé. L’auteur prend le parti de rester sérieux tout en ne se prenant pas la tête et ça marche. Concernant le côté surnaturel il possède une imagination débordante, ce qui offre de nombreux aspects intéressants, que ce soit dans les pouvoirs comme dans les « manifestations », et permet de nombreuses bizarreries qui s’intègrent parfaitement dans l’histoire. Concernant les jeux de pouvoir, l’ensemble possède clairement une bonne base anglaise, ainsi que son flegme, ce qui permet d’offrir un ensemble plus que solide, de plus l’idée de la guerre entre deux pays, que je vous laisse découvrir, se révèle délirante et pourtant intéressante. J’avoue que j’attendais peut-être par contre un peu plus de la ville de Londre, qu’on retrouve souvent en urban Fantasy, mais ici elle se révèle finalement très limitée. Ce n’est en rien gênant, loin de là, et ça permet à l’auteur de se consacrer pleinement aux nombreux fils d’intrigues du récit.

Concernant les personnages, il faut bien avouer que tout dépend de l’accroche que chacun va avoir avec l’héroïne, mais j’avoue m’être assez facilement attaché à elle, se révélant être charismatique, pleine d’entrain, d’humour, de répartie, mais surtout l’auteur a décidé d’en faire une héroïne lambda, certes avec du pouvoir, mais tout en évitant de la rendre trop parfaite. Elle est aussi ouvertement critique, râleuse et effrayée, avec cette capacité exceptionnelle de passer de la chef de guerre sans pitié à la jeune fille perdue, ce qui la rend encore plus accrocheuse selon moi. Mais surtout on découvre deux Myfanwy, celle des lettres qui était beaucoup plus gratte-papier qui vit dans son coin en ne s’intéressant qu’à ses bilans et évitant tout contact avec le terrain, et la nouvelle Myfanwy qui, un peu par la force des choses, va devoir prendre son destin en main, parfois de façon violente, et se battre pour avancer. Je regrette par contre que l’aspect amnésie soit traité avec si peu de contrecoup envers l’héroïne, même si c’est vrai les évènements font que tout va vite pour elle. Concernant les personnages secondaires, ils subissent un peu la conséquence d’avoir une héroïne « imposante », ils ont un peu de mal à se développer. Alors certes ils apportent une touche d’humour et de folie, permettant de faire aussi avancer de façon intéressante l’intrigue, mais m’ont paru manquer un peu de profondeur, même si quelques-uns arrivent à s’en sortir honorablement.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, la narration fait qu’on alterne entre les éléments présents et les lettres de l’ancienne Myfanwy pour expliquer sa vie à la nouvelle, mais voilà l’ensemble possède quand même quelques longueurs, principalement dans les lettres à mon goût, voir même des dialogues qui prennent trop leur temps. Franchement le livre aurait pu avoir une bonne soixantaine de pages en moins que cela n’aurait dérangé en rien la lecture. Surtout que par effet inverse j’ai trouvé que la conclusion avait été traitée un chouïa trop rapidement à mon goût. Après ce ne sont que quelques petits défauts, qui n’élèvent en rien le côté entraînant et efficace de cette lecture.

La plume de l’auteur se révèle pleine d’humour, efficace et captivante, même si par moment j’ai trouvé que les dialogues se révélaient un peu trop familier, surtout dans une organisation aussi hiérarchisée que la Checquy. Au final pour un premier tome et un premier roman, j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette histoire de Fantasy urbaine percutante et sans temps morts. Une suite est normalement en cours d’écriture et devrait être publiée, en VO, en 2016 et je la lirai avec plaisir, même si (pour ce qui que cela intéresse) ce premier tome peut suffisamment se suffire à lui-même.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous propose de découvrir une histoire de Fantasy Urbaine efficace, pleine de surprises et de rebondissements et avec une bonne dose d’humour. On se retrouve à tourner les pages facilement pour en apprendre plus. L’intrigue peut paraître classique, mais pourtant l’auteur s’en sort très bien, le tout à travers un rythme tendu. L’univers qui est construit au fil des pages se révèle très visuel et efficace, bien porté par l’imagination de l’auteur offrant quelques originalités dans les pouvoirs et quelques bizarreries qui s’intègrent parfaitement à son monde. Myfanwy, l’héroïne, s’avère rapidement attachante, nous présentant un personnage charismatique, plein d’entrain et d’humour, évitant de tomber dans la perfection, avec ses forces et ses faiblesses. J’ai juste eu un peu de mal sur la rapidité avec la quelle elle négocie son amnésie, mais rien de bien bloquant. Concernant les personnages secondaires, ils ne sont pas mauvais mais paraissent éclipsé par l’héroïne principale. Je regrette par contre quelques longueurs dans le récit, ainsi qu’une conclusion peut être un chouïa trop rapide, mais rien de bien bloquant. La plume de l’auteur se révèle simple, percutante, efficace et captivante, plongeant rapidement le lecteur. Une suite est annoncée pour 2016 et je la lirai avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Gruz, Phooka, Well-read-kid, Zina, …

L’Instinct du Troll – Jean-Claude Dunyach

l'instinct du trollRésumé : « Glissez-vous dans l’intimité d’un troll le temps de quatre aventures qui font trembler la terre jusqu’aux tréfonds des mines les plus obscures. Bien sûr, pour cela, vous allez devoir franchir les falaises du Désespoir, affronter les périls du col des Assassins et vous enfoncer dans les marais de la Mort sinueuse, mais ne vous inquiétez pas : après, c’est fléché. Et, avant, mieux vaut savoir que, s’il faut qu’un troll s’habille pour une occasion spéciale, il convient de le prévenir dix ans à l’avance. Surtout, n’oubliez jamais que l’eau ferrugineuse est un fléau qui ravale le troll au rang de l’homme. Alors, vous qui entrez ici, laissez toute espérance ainsi que vos affaires personnelles au vestiaire. Et n’oubliez pas de rapporter vos notes de frais. »
Ayerdhal.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre a très rapidement réussi à m’attirer, il faut bien l’avouer, grâce à sa couverture, illustrée par Gilles Francescano, que je trouve superbe. Vu qu’en plus j’avais justement très envie de découvrir un peu plus des écrits de Jean-Claude Dunyach, et ajouter à cela une accroche intéressante en quatrième de couverture écrite par Ayerdhal, ce roman a donc assez facilement terminé sa course dans ma PAL. Ce livre comporte au final quatre nouvelles, qui peuvent se lire séparément, mais qui ensemble forment un récit cohérent.

Ah le Troll, cet être de légende, souvent connu pour sa taille géant et sa force inébranlable, parfois aussi sa stupidité, sauf qu’ici même s’il garde certaines de ses caractéristiques, notre héros est surtout un cadre moyen, gérant d’une mine pour un grand groupe dirigé par les Hommes, mais aussi aventuriers et héros par moments. Sauf que voilà tout démarre mal pour lui dès les premières lignes, il a oublié ses justificatifs de notes de frais et doit donc retourner les chercher, mais pire que tout son supérieur a décidé de déchaîner l’enfer sur lui : il lui a fourni un stagiaire. Comme vous vous en doutez c’est sur l’aspect de l’humour et de l’ironie que l’auteur a décidé de construire son récit et je dois bien avouer que cela marche vraiment bien, se révélant très réussi. C’est bien simple j’ai rapidement été captivé par les différentes histoires proposés au point que j’ai quasiment lu ce petit livre d’une seule traite. Il offre ainsi, au travers d’une histoire de Fantasy revisité, une critique acerbe et terriblement efficace sur notre société, que ce soit à travers le monde du travail comme à travers l’importance du progrès et des évolutions dans notre vie. L’ensemble est traité de façon légère, mais n’empêche pas de se révéler dense et intelligente dans les réflexions qu’il ouvre au lecteur. Les différentes nouvelles se révèlent fluides, entraînantes et offrant aussi de nombreuses surprises.

Concernant l’univers qui nous est présenté au fil des pages, il se révèle vraiment intéressant, reprenant les bases de la Fantasy et des mythes, pour mieux les réutiliser, les détourner voir même les transformer. Franchement la réécriture du mythe Arthurien restera dans mon esprit pendant un long moment encore tant il m’a fait rire. Alors après parfois le mélange entre univers contemporain et celui de l’imaginaire offre un peu trop de décalage, cherchant aussi peut-être un peu trop l’aspect humour et le bon mot, mais franchement rien de non plus gênant. Là où par contre je m’y suis pleinement retrouvé c’est dans la vision de l’entreprise que nous propose l’auteur, entre note de frais, comptabilité, production, stagiaire, restructurations, évolutions .. etc. Elle se révèle tellement véridique, très proche aussi parfois de ce que j’ai connu et qu’on sent que l’auteur connaît bien le sujet. Mais c’est surtout dans l’évolution de ce background que l’ensemble gagne aussi en intérêt, soulevant de nombreuses questions sur le changement dans le monde du travail que je vous laisse découvrir, mais qui m’ont captivé.

Concernant les personnages, il faut bien avouer qu’ils se révèlent tous sympathiques, attachants et intéressants à découvrir. Entre le Troll qui doit faire face à des changements qui le dépassent et dont il a du mal à en voir les conséquences, un stagiaire pas très doué, un peu égocentrique, mais qui va rapidement apprendre, ou bien encore Sheldon passionné de nouvelles technologies et prince charmant nouvelle génération et aussi la fille du capitaine rebelle, on obtient un panel de personnage des plus hétéroclites, humains, touchants et surtout très drôles, qui changent, avancent et évoluent au fil du récit. Même les personnages secondaires ne sont pas en reste, venant apporter un plus à l’ensemble. Entre aventures, paperasseries, découvertes et mariages ils vont nous offrir un sacré dépaysement et de belles surprises.

La plume de l’auteur se révèle efficace, entraînante et pleine d’humour et de calembours qui font que j’ai tourné les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus sur la vie de ce Troll. Alors après certes, toutes les nouvelles ne sont pas aussi rythmées et parfois quelques légères longueurs se font ressentir, mais franchement rien de bien gênant tant on ne peut que sourire et être captivé devant les nombreuses péripéties qui parsème le parcours de nos héros ainsi que par sa vision de notre monde. Au final on obtient là un livre de Fantasy humoristique réussi et plein d’entrain qui, je pense, mérite d’être découvert et offrir une lecture  vraiment très agréable. Qui sait, si l’auteur décide un jour de revenir dans cet univers, je lirai avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous propose de découvrir un récit de Fantasy bourré d’humour et d’ironie, brossant un portrait réaliste du monde du travail et de la société et surtout offrant une histoire efficace, entrainante et percutante. L’univers propose de revisiter de façon pertinente et pleine d’esprit les codes et les mythes du genre pour mieux les transformer voir les détourner. Alors c’est vrai, parfois, l’aspect contemporain mis en avant crée un peu trop de décalage, mais franchement rien de bien dérangeant. La grande force vient de la vision qui est proposée par l’auteur sur l’entreprise qui parait tellement réaliste et brossé de façon sarcastique qu’elle se révèle efficace. De plus elle offre aussi de nombreuses réflexions, principalement dans son évolution au fil des pages. Les personnages sont attachants, travaillés et drôles et surtout ils proposent un panel vraiment hétéroclites que ce soit dans les points de vues comme dans les visions qu’ils ont du monde. La plume de l’auteur se révèle entraînante, soignée et pleine d’humour, nous happant rapidement et, même si certains textes m’ont paru posséder quelques longueurs, voir certains jeux de mots qui ont eu du mal à faire mouche, dans l’ensemble on a là un roman de Fantasy Humoristique plus que réussi qui donne envie d’en apprendre plus.

 

Ma Note : 8/10

Les Kerns de L’Oubli Tome 1, L’Exil – Feldrik Rivat

les kerns de l'oubli 1 l'exilRésumé : Plan d’ensemble. Vue d’oiseau. De la brume se dissipe, lentement, laissant percer la masse sombre d’une île. Elle se dresse, souveraine, dans son trône de pierre.
Almenarc’h.
Un vent violent balaye la scène. Assombrissant le ciel. Troublant les eaux du lac. L’Imprenable, forte d’un règne millénaire, vacille, sous la menace d’un simple silence. …peron de roche, fière citadelle, toi dont le nom est porté comme une légende aux confins du monde, pourquoi trembles-tu ? Craindrais-tu les ambitions fragiles de quelques mortels ? Cataxak, l’Ètranger ? Ulnhor, le roi déchu ? Roch, le gardien au cœur rongé par la colère ? Non, plus encore que tout autre nom, Almenarc’h craint le dernier de ses fils. Erkan. Guerrier maudit. Honni. Banni. Eh bien tremble, belle endormie. Car la main aveugle qui guide ce malheureux, elle, n’ignore rien du secret de tes entrailles.

Edition : L’Homme Sans Nom

 

Mon Avis : Ce roman me tentait depuis un long moment déjà, c’est bien simple depuis au moins sa date de publication chez l’Homme Sans Nom, mais voilà j’ai mis longtemps avant de craquer. La faute a deux raisons, la première vient de la couverture, illustrée par Alexandre Dainche, qui sans n’a rien de révolutionnaire, loin de là, et qui me parait extrêmement classique, et la seconde vient de la maison d’édition qui pour vendre ce roman sur les salons mettait en avant que ce récit est un mélange réussi entre Gemmel et La Horde du Contrevent ce qui a eu le don de me bloquer. Par conséquent quand, lors des dernières Imaginales, Plumeline m’a proposé de lire ce livre, dans sa sélection du « Je fais découvrir un roman à Black », sous peine de coup de déambulateur, j’ai décidé de me laisser tenter, surtout qu’une discussion avec l’auteur a aussi réussi à me donner envie de le découvrir. Pour rendre la lecture encore plus intéressante j’ai donc proposé à Plumeline (qui est aussi reparti avec un exemplaire) d’en faire une Lecture Commune.

L’histoire est somme toute classique, l’auteur nous proposant un roman choral rempli de complots, de guerres, de prophéties, où un ancien dieu sombre cherche à prendre le pouvoir. Mais voilà, une fois la dernière page de ce livre tournée, je dois bien avouer que je n’ai jamais réussi à rentrer dans l’histoire. C’est bien simple j’avais l’impression d’avoir dans les mains un brouillon, qui certes foisonnait avec même de bonnes idées, mais qui au final se perdait dans une mauvaise gestion de l’ensemble. L’intrigue donne l’impression de partir clairement dans tous les sens, les révélations faites sont, soit souvent mal amenées, au point que l’effet de surprise vient plus du fait qu’on est dérouté, comme par exemple ce personnage qu’on suit depuis plusieurs chapitres mais dont on apprend seulement maintenant qu’il suit une quête et qu’en plus il trouve justement une réponse importante, soit souvent un peu trop balisée pour vraiment fonctionner. Mais surtout l’auteur cherche à trop vouloir complexifier son œuvre ce qui la dessert en perdant le lecteur dans des scènes qui prennent trop d’importance pour pas grand-chose. Ensuite j’ai eu l’impression du début à la fin qu’il y avait un vrai soucis de rythme dans le récit, entre longueurs qui alourdissent le récit, et des combats achevés en deux lignes à peine tant le héros est tellement puissant malgré tous les désagréments qui lui tombent dessus, je me suis rapidement senti frustré.

L’univers se révèle lui, sur le fond, plutôt intéressant. Alors certes il ne révolutionne pas le genre, mais se révèle assez solide, que ce soit dans les différents peuples, les différentes coutumes, les différents cercles ou encore les différentes religions. Mais voilà encore une fois l’auteur arrive à réussir soit à me déconnecter, avec des envolées lyriques pleines de lourdeurs qui cherchent à se faire descriptions, soit à manquer de profondeur comme tout cet aspect stratégie de guerre qui est complètement remisé de côté, avec des conseils de guerre aussi vide d’idées, ou qui tombent dans la caricature. C’est un peu dommage car si l’auteur avait développé d’autres aspect plutôt que multiplier les points de vues et traîner en longueur le récit, pour moi, aurait gagné en intérêt. Concernant la magie rien de révolutionnaire, mais là aussi l’auteur a du mal à s’en sortir car soit elle parait par moment ne servir à rien du tout, soit elle se révèle beaucoup trop puissante. C’est dommage, car il y avait un vrai potentiel. Par contre ce qui me choque c’est que finalement, le côté binaire est bien mis en avant où les prêtres noirs sont les méchants, les autres les gentils et pourtant à un moment tout le monde est au courant que le Roi a comme conseiller un prêtre noir et ça ne fait réagir personne … enfin si un peu le peuple, mais la révolution est matée en quelques lignes sans qu’on comprenne vraiment comment.

Pour les personnages, je dois bien avouer que c’est le gros point noir du livre, puisque, c’est bien simple, je n’ai jamais réussi à m’accrocher à l’un d’entre eux. Entre les personnages qui ne servent à rien, ceux qui ont toutes les réponse mais ne disent rien, ceux qui ont au contraire aucune réponse et qui ne posent pas de questions, ou encore ceux qui tombent dans la caricature j’avoue avoir eu du mal. Mais surtout ce qui m’a surpris c’est qu’ils manquent clairement d’intelligence. Petit exemple (désolé risque de spoiler), un des héros qu’on croit mort, finalement survit sauvé par un autre personnage et qui apprend que c’est son Roi qui est derrière sa tentative d’assassinat décide donc de courir devant la cour du Roi pour lui dire a quel point il est vilain et qu’il compte lever une armée pour le destituer. À quel moment l’idée de retourner devant son ennemi dans son domaine et seul fût une idée brillante. Mais ce n’est pas tout, car nous avons aussi sa femme, qui est avertie que son mari n’est finalement pas mort et qu’il s’est fait capturé, il faut qu’elle fuie et rapidement … Ah non elle se lance à la cour du Roi pour lui annoncer quel manant il est et qu’il doit libérer son mari sur-le-champ sinon elle va se fâcher … j’en reste encore pantois. Franchement moins de personnages, et un travail de fond aurait sûrement permis de rendre les héros sûrement plus intéressants et plus soignés.

Concernant la plume de l’auteur, on ne peut pas nier qu’elle possède son propre style, offrant aussi à chaque personnage sa propre voix et qui plus est leur offrant un langage moyenâgeux intéressant, si seulement elle ne se perdait pas dans  de nombreuses répétitions, dans des pléonasmes (belle beauté fait encore frémir la Marmotte) dans des longueurs, voir se sent obligée de se lancer dans des grandes phases de descriptions en pleine action. Mais là je pense que tout ne vient pas non plus de l’auteur, il manque clairement un travail d’édition derrière pour moi. Au final je n’ai pas été convaincu par ce premier tome, certes il y a du potentiel et quelques bonnes idées, mais elles sont noyés dans trop d’aspects qui ne m’ont pas accrochés. J’ai aussi eu l’impression qu’il voulait écrire une trilogie. Je ne lirai donc pas la suite.

En Résumé : Je ressors de ma lecture pas vraiment convaincu, l’histoire n’a rien de révolutionnaire sur le fond, mais surtout qui m’a donné l’impression d’avoir entre les mains un brouillon avec de bonnes idées mais qui partait un peu trop dans tous les sens. Entre les intrigues balisées, les révélations mal amenées, les combats impossibles balayés en deux lignes et les lourdeurs je n’ai jamais réussi à rentrer dedans. L’univers se révèle lui solide, mais souffre aussi de longueurs et surtout de certaines incohérences. La magie développé est intéressante, sauf qu’entre les moments où elle ne sert à rien et celle où elle est beaucoup trop puissante, l’ensemble m’a paru mal jaugé. Concernant les personnages, je n’ai jamais réussi à m’attacher à aucun d’eux, entre ceux qui savent tout et ne disent rien, ce qui savent rien et ne se posent aucune question, ceux qui ne servent à rien j’ai eu du mal, surtout qu’il manque quand même fortement d’intelligence par moment. La plume de l’auteur certes possède son propre style offrant ainsi à chaque personnage sa propre voix ainsi qu’un langage moyenâgeux intéressant, mais il m’a paru manquer un travail d’édition pour éviter trop de répétitions, de pléonasmes et de longueurs. Pas sûr aussi que ce soit une bonne idée d’écrire l’ensemble sur une trilogie, mais après ce n’est que mon avis. Au final un premier tome qui possède un potentiel, mais qui n’a pas réussi à me convaincre, je ne lirai donc pas la suite.

 

Ma Note : 4/10

Partenaire de LC : Plumeline

Autres avis : Dup, Louve, Melisende, Allison, ACdeHaenne, AcrO, …

Royaume de Vent et de Colères – Jean-Laurent Del Socorro

royaume de vent et de colèresRésumé : 1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi.
À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme.
Les pions sont en place.
Le mistral se lève.
La pièce peut commencer.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Ce livre a rapidement terminé dans ma PAL, il faut bien l’avouer, principalement par son sujet, un mélange de Fantasy et d’Histoire en France, a réussi à me tenter facilement. Ensuite, il faut bien avouer que la couverture, illustrée par Milek Jakubiec, se révèle, je trouve, très réussie. Les nombreuses chroniques que j’ai vu passer depuis se révélant très positives, j’ai donc décidé de me lancer très rapidement dans la lecture de ce livre, pour éviter aussi d’avoir trop d’attentes. À noter aussi une préface de Ugo Bellagamba, qui, je trouve, à elle seule donne envie de se lancer dans ce récit.

Ce livre nous propose ainsi de plonger dans un court roman choral, nous faisant découvrir à travers le destin de cinq narrateurs le destin de la république de Marseille en pleine guerre de religion et de conquête par le Roi de France. Il faut bien l’avouer, pour un premier roman, l’auteur s’en sort vraiment très bien. C’est bien simple dès la première page j’ai été happé par ce récit pour ne quasiment plus le lâcher avant la fin, me retrouvant emporter par les nombreuses aventures qui vont parsemer la voie de nos héros. C’est prenant et le tout porté par un rythme efficace et énergique, qui se ressert doucement au fil des pages. L’auteur arrive ainsi grâce à une narration un peu éclatée, que ce soit à travers les personnages comme sur l’aspect temporel avec des flashbacks maîtrisés et réussis, à offrir un ensemble nerveux, tendu et captivant, ne tombant jamais dans l’ennui ou les longueurs, tout en arrivant à mélanger habilement et efficacement les scènes d’action avec les aspects plus personnels des protagonistes. La troisième partie vient ainsi encore resserrer un peu plus l’étau, les pièces sont en places ; les révélations et l’action peut donc se lâcher pour offrir ainsi une conclusion passionnante et explosive pour notre plus grand plaisir. Pour un premier roman on trouve ainsi ici clairement, pour moi, une histoire maîtrisée du début à la fin.

En ce qui concerne l’univers l’auteur nous offre quelque chose de vraiment solide, offrant ainsi en fond une histoire de pouvoir , de conquête, de trahisons, de souffrances, le tout sous guerre de religion. On découvre ainsi un pan de l’histoire Française pas toujours connu, avec Marseille comme pivot central des dernières manipulations ; la ville étant le dernier bastion qui n’est pas encore sous le joug de la Couronne. On sent bien que l’auteur s’est fortement documenté pour construire son récit, dévoilant ainsi quelque chose de dense, fascinant, complexe et intense. Le côté Fantasy présent ici reste très léger, ne tombe pas dans l’extrême et apporte une touche vraiment originale et intéressante au récit que je vous laisse découvrir. J’aurai peut-être un léger regret c’est concernant le travail de description qui, sans être mauvais loin de là, m’a paru parfois un peu léger. L’auteur le dit lui-même dans l’interview qui se situe à la fin du livre, mais j’ai trouvé parfois le cadre de Marseille un peu léger là où dans certains autres chapitre il en devenait limite un « personnage » à part entière. Mais bon rien de très gênant, ce ne sont limite que des broutilles tant au final l’univers donne envie d’en apprendre plus.

Les personnages sont aussi l’un des points forts, à mon avis, du livre. L’auteur a vraiment réussi à créer différents personnages ayant chacun leur voix propre ce qui fait qu’on ne ressent jamais de redondance en basculant d’un narrateur à l’auteur. Mais surtout, il arrive à rendre chacun d’entre eux profondément humain, malgré la menace ou la violence qui se déchaine autour, chacun d’entre eux n’oublie pas pour autant leurs sentiments, leurs passés, leurs envies, leurs souffrances. C’est ce côté touchant de chacun d’entre eux qui joue aussi sur le fait que je tournais les pages facilement ; l’envie d’en apprendre plus, de mieux les connaitre. Entre Victoire la cheffe de la guilde des assassins, Gabriel le Chevalier blessé au plus profond de lui par ses erreurs, Axelle au passé violent qui a du mal à se situer, Armand et son amour impossible ou encore le détonant et ironique Silas, chacun d’entre eux marque à sa façon le lecteur. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et apportent vraiment un plus à l’intrigue, comme par exemple Gabin, dont j’aurai pu me sentir frustré de si peu le découvrir, si l’auteur n’avait pas pensé au lecteur en glissant une nouvelle dont il est le narrateur à la fin du livre. Un très joli texte d’ailleurs, très réussi, efficace et poétique.

La plume de l’auteur possède quelque-chose d’assez contradictoire j’ai trouvé, proposant des chapitres courts, des phrases courtes et pourtant offrant une certaine profondeur et une certaine densité à son récit. Elle se révèle ainsi terriblement efficace et entraînante, nous plongeant avec facilité dans son monde et son intrigue. Mon seul regret vient peut-être du fait que le roman est assez court (environ 250 pages sans la nouvelle sur Gabin, 270 environ avec), ce qui laisse sur certains aspects un léger goût de trop peu. Qui sait, peut-être qu’un jour l’auteur reviendra dans cet univers avec ses personnages. En tout cas pour un premier roman Jean-Laurent Del Socorro m’a plus que convaincu, me faisant passer un excellent moment et je lirai sans soucis et avec plaisir d’autres de ses écrits.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce court roman qui offre une histoire terriblement efficace, mélange de Fantasy et d’Histoire, grâce à une narration éclatée et à un rythme nerveux et entraînant qui n’oublie pas pour autant les personnages. L’univers construit se révèle solide et intéressant, tant par son aspect historique offrant de nombreuses intrigues dans un contexte de guerre de religion et de pouvoir des plus captivants, que par sa légère touche de Fantasy qui offre ainsi un aspect original et efficace. Je regretterai peut-être un léger manque de descriptions par moment, ce qui rendait le cadre un peu léger, mis rien de bien gênant. Les personnages sont une des grandes forces du récit se révélant soigné et surtout humains, arrivant facilement à accrocher et à toucher le lecteur. Les personnages secondaires apportent un véritable plus. La plume de l’auteur se révèle assez nerveuse, avec des chapitres et des phrases courtes, ce qui ne l’empêche pas d’être dense et captivante. Je regretterai peut-être juste un léger sentiment de trop peu sur certains aspects une fois la dernière page tournée, mais rien de dérangeant. Pour un premier roman une belle réussite et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Lune, Joyeux Drille, Dionysos, Ours Inculte,  …

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