Auteur/autrice : BlackWolf Page 80 of 202

Fitz and the Fool Book 1, Fool’s Assassin – Robin Hobb

fool's assassinRésumé : Tom Badgerlock has been living peaceably in the manor house at Withywoods with his beloved wife Molly these many years, the estate a reward to his family for loyal service to the crown.
But behind the facade of respectable middle-age lies a turbulent and violent past. For Tom Badgerlock is actually FitzChivalry Farseer, bastard scion of the Farseer line, convicted user of Beast-magic, and assassin. A man who has risked much for his king and lost more…
On a shelf in his den sits a triptych carved in memory stone of a man, a wolf and a fool. Once, these three were inseparable friends: Fitz, Nighteyes and the Fool. But one is long dead, and one long-missing.
Then one Winterfest night a messenger arrives to seek out Fitz, but mysteriously disappears, leaving nothing but a blood-trail. What was the message? Who was the sender? And what has happened to the messenger?
Suddenly Fitz’s violent old life erupts into the peace of his new world, and nothing and no one is safe.

Edition : Harper Voyager

 

Mon Avis : Clairement, ce nouveau cycle sur Fitz n’a pas terminé sa course entre mes mains par hasard. Il faut savoir que j’ai une relation un peu particulière avec Fitz, puisque ce sont ses aventures qui m’ont relancé dans la lecture il y a quelques années, alors que je ne lisais quasiment plus, voir même plus du tout. Il faudrait d’ailleurs que je me fasse une relecture des deux premiers cycles et des  Aventuriers de la Mer. J’ai donc un ressenti un peu particulier envers le personnage, par conséquent quand l’auteur a décidé de publier un troisième cycle sur ses aventures je ne pouvais que faire rentrer très rapidement ce premier tome dans ma PAL. Il faut aussi noter l’illustration de couverture que je trouve sobre et réussie.

Je retrouvais donc avec grand plaisir Fitz qui, bien des années plus tard la fin du second cycle, vit une vie paisible à Withywoods avec Molly loin des jeux de pouvoirs et de manipulations liés au trône et à ses anciennes activités. Sauf que rien n’est jamais acquis et bien des années plus tard une nouvelle menace va de nouveau peser sur lui et ses amis. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que je n’ai pas été complètement emballé par ce premier tome. Je ne l’ai pas complètement détesté, loin de là, mais je n’ai pas été complètement emporté non plus. Je me retrouve dans une impression d’entredeux, mais tout de même plutôt positive, qui me donne envie de lire la suite qui devrait paraitre en VO, si je ne fais pas d’erreur, courant de l’année, mais qui est loin des attentes que je pouvais avoir. Pour essayer de mieux vous faire comprendre mon ressenti je divise le livre en quatre.

La première partie est, je trouve, ma préférée du récit, celle qui m’a le plus accrochée pour une raison toute simple : la nostalgie. Retrouver Fitz, Molly et les autres personnages du cycle a fait remonter énormément de souvenirs et d’émotion de ma lecture des cycles précédents et c’est toujours avec plaisir que je les retrouvais, même autant d’années plus tard. On se retrouve donc à tourner les pages avec mélancolie, donnant l’impression de retrouver un vieil ami qui nous raconte ce qu’il a fait ses dernières années, comment il a vécu une vie simple et heureuse.

La seconde partie est plus problématique, c’est celle que j’ai le moins aimé dans le récit, pas qu’elle soit mauvaise , mais j’ai eu l’impression qu’elle traînait en longueur tant il ne se passe pas grand-chose, voir rien du tout. De toute façon c’est bien simple, si vous cherchez de l’action et des rebondissements oublié ce premier tome, il ne fait que présenter la vie de Fitz à Withywoods, une sorte de chronique familiale avec ces malheurs et ces joies, mais qui reste un peu frustrante par le manque d’action et surtout une intrigue qui a franchement du mal à démarrer. Pour revenir sur cette seconde partie, ce fût une lecture aussi contradictoire car quand j’étais dedans je tournais les pages avec un minimum de plaisir, il faut l’avouer bien porté par la plume de l’auteur toujours aussi soignée, ciselée et poétique, mais une fois le bouquin posé j’avais du mal à me replonger dedans, surtout pour y retrouver des scènes du genre Fitz va au marché, Fitz va à la taverne y retrouver un ami etc… L’auteur cherche bien à diversifier son récit, en y amenant un second point de vue, dont je ne peux rien dire sur son identité sous peine de spoiler, mais qui d’un point de vue caractérisation a aussi, pour moi, du mal à se différencier de la personnalité de Fitz.

Puis arrive la troisième partie qui vient enfin apporter quelques rebondissements et surtout enfin apporter les éléments qui viennent poser l’intrigue. A partir de ce moment là j’ai donc de nouveau été un peu plus happé par le récit qui devient un peu plus tendu tant les évènements se rapprochent et les révélations se font. La quatrième partie correspond en gros aux 60 dernières pages, celles où tout s’accélère, où les pièces s’assemblent, où les derniers rebondissements se mettent en place et viennent ainsi jouer avec le lecteur, le porter. J’aurai clairement pu adoré cette quatrième partie et la considéré comme la meilleure du récit, si je n’avais pas deviné les principales révélations finales quasiment dès la moitié du livre. D’ailleurs je pense qu’il n’y a que Fitz pour ne pas avoir compris. Cela n’empêche pas non plus cette quatrième partie de se révéler efficace.

Concernant l’univers, il est certes solide et on retrouve avec plaisir de nombreux aspects comme le Skills (l’Art) ou encore le Wit (le Vif), le côté politique reste toujours un minimum présent et intéressant, Fitz ne pouvant complètement s’éloigner du pouvoir, par contre niveau voyage et dépaysement on est un peu frustré. La majorité de l’histoire se passe à Withywoods, voir se limite même à une demi-douzaine de pièce de la demeure ce qui est parfois un peu frustrant de toujours s’attarder sur les mêmes salles, surtout quand on connait la taille de l’univers à travers les nombreuses séries de l’univers. Heureusement la suite devrait clairement changer cela. Concernant les personnages, on va déjà clarifier un point, si vous trouviez Fitz énervant et pleurnicheur dans les deux premiers cycle, alors éviter peut-être celui-là car il n’a pas changé. Il a même transformé sa capacité à s’autoapitoyer et à limite tomber en dépression, comme un art véritable. Parfois avec raison, parfois pas j’avoue. Moi cela ne me dérange pas, ça fait partie du héros, même si parfois on a envie de le secouer c’est vrai. Concernant les autres personnages je les ai retrouvés avec plaisir, se révélant toujours aussi intéressants à découvrir ou redécouvrir. Les nouveaux personnages viennent aussi apporter du sang neuf, sauf une ou deux exceptions qui me paraissent ne rien apporter, et j’attends de voir ce que la suite va proposer pour un ou deux d’entre eux.

Concernant la plume de l’auteur, comme je l’ai déjà dit, elle se révèle poétique et véritablement entrainante, c’est d’ailleurs un peu la grande force du récit (ça et la nostalgie de retrouver Fitz), elle arrive a rendre un poil plus captivant les scènes du quotidien de nos héros. Maintenant il faut être franc, certes je veux bien que ce tome soit un tome d’introduction, mais franchement les deux premiers tiers du livre aurait pu être largement réduit, l’ensemble y aurait gagné au niveau du rythme et de l’efficacité. Alors oui je lirai la suite, car je ne peux décemment pas ne pas savoir ce qui va arriver à Fitz et aussi parce-qu’on ne peut pas enlever à Robin Hobb son talent de conteuse, mais franchement si un lecteur novice décide de se lancer avec ce récit (qui plus est en VF avec le découpage à la hache traditionnel de Pygmalion pour transformer un volume en deux), j’ai peur qu’il ait du mal à accrocher. En tout cas amoureux d’action et de rebondissements, il vaut mieux sûrement éviter ce premier tome.

En Résumé : Je ressors de ma lecture au final avec un sentiment légèrement mitigé avec l’impression d’avoir entre les mains un premier tome qui ne répond pas vraiment à mes attentes. Certes ça se laisse lire avec un minimum de plaisir, principalement grâce à la plume de l’auteur et aussi à la nostalgie de retrouver Fitz, mais voilà j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un tome d’introduction qui se limitait un peu trop aux simples scènes du quotidien de nos héros. Pour moi les deux premiers tiers aurait mérité d’être réduits ce qui aurait améliorer le rythme. Alors certes les soixante dernières pages lancent enfin l’intrigue de façon captivante et entrainante, happant facilement le lecteur, mais pas au point d’oublier les longueurs. L’univers se révèle toujours aussi solide, même s’il se concentre un peu trop sur les mêmes lieux ce que j’ai trouvé dommage. Concernant Fitz, il est toujours égal à lui-même, pas sûr que ceux qui le trouvait pleurnicheur dans les précédentes séries ne changent d’avis. Les protagonistes secondaires se révèlent en majorité intéressants. Au final un premier tome d’introduction qui a du mal à me convaincre totalement, mais dont je lirai la suite, pour en apprendre pus sur Fitz, pour le cliffangher de fin et aussi car Robin Hobb possède, on ne peut le nier, un véritable talent de conteuse.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis :

Star Ouest – Anthologie 2015 des Imajn’ère

star ouestRésumé : Les cowboys, les Indiens, les shérifs, les hors-la-loi, les saloons, les colts, les duels, les fils qui chantent et le cheval de fer, le désert et la poussière, les villes fantômes, la ruée vers l’or, vers l’Ouest, les règlements de compte dans un coral ou dans un autre, les chevaux qui galopent, la cavalerie qui arrive au dernier moment, les cactus… Pas de doute nous sommes dans un western.
Pourtant, en ouvrant ces pages, il vous faudra abandonner vos idées préconçues sur ce folklore. S’il est bien présent dans cet ouvrage, ses auteurs ont pris plaisir à la détourner pour nous offrir des textes originaux se rattachant au polar, à la science-fiction ou au fantastique, et quelques inclassables qui raviront les amateurs de littérature populaire.
Bienvenue dans le monde de Star Ouest.

Edition :

 

Mon Avis : Ah ! La conquête de l’Ouest, avec ses cow-boys, ses indiens, ses déserts, ses saloons, ses colts ou encore ses fameuses scènes de duels avec ses virevoltants, un univers que tout le monde connait un minimum. C’est donc sur ce postulat de base que le festival Imajn’ère a décidé de construire son anthologie. À défaut d’avoir pu aller à ce festival (mais un jour j’irai), il m’a été proposé de découvrir son anthologie à la couverture, illustrée par Gilles Francescano, qui se révèle, je trouve, sympathique même si un peu trop chargé à mon goût. À noter aussi que plusieurs illustrations d’illustrateurs différents sont aussi présents et viennent égayer la lecture. Ce recueil contient ainsi 19 textes.

Juarez 1911 de Marc Villard : Cette nouvelle nous fait découvrir Jim Parker qui, pour payer une dette de jeu, va accepter d’aller libérer la femme de son débiteur au Mexique en pleine révolution. Un texte plutôt sympathique, qui se lit facilement et avec un minimum de plaisir, mais qui se révèle un peu trop prévisible, linéaire et contenant parfois quelques clichés faciles. Un texte que je classe dans le vite lu, divertissant, vite oublié, mais qui permet d’ouvrir en douceur cette anthologie et de rappeler vers quoi on se dirige.

Du grabuge sur Montana de Romuald Herbreteau : On suit à travers cette nouvelle Claudia, sur une planète surnommée Montana, qui est à la recherche de papiers importants. Sa quête va l’amener à rencontrer de nombreux problèmes. Une nouvelle efficace, nerveuse, qui pose rapidement son univers pour après permettre de faire parler la poudre et les colts pour le grand plaisir du lecteur. Certes ça ne révolutionne pas le genre, mais ça se lit bien et facilement. Dommage que le dernier chapitre tombe dans le twist trop facile.

Mosquito Toast de Jeanne-A Debats : Cette nouvelle nous propose de découvrir un nouveau fragment de la vie du vampire Navarre, que je retrouve toujours avec grand plaisir. Cette fois il part en chasse de Gilles son ancien maître. Une nouvelle qui se révèle vraiment efficace, toujours bien porté par le charisme et la répartie de Navarre, un univers efficace avec son lot de magie et de divinités et à la conclusion, je trouve, pleine d’humour. Alors après, ce n’est peut-être pas la meilleure histoire du cycle de Navarre, mais elle se révèle captivante et entrainante, offrant un très bon moment de lecture.

Regarde au coin de la rue, fiston, si le clebs à trois pattes cavale à reculons de Justin Hurle : On suit dans cette nouvelle deux hommes qui débarquent dans une petite ville pour faire fortune aux cartes. Bon, je dois bien l’avouer je ne suis jamais rentré dans ce texte. L’auteur cherche à jouer la carte du texte décalé, voir absurde, sauf que voilà l’absurde, l’accroche se fait souvent selon les affinités de chacun et j’avoue que, de mon côté, je suis resté à quai ; surtout que l’épilogue me laisse plus que perplexe. Dommage.

Le shérif de Slone Street City de Francis Carpentier : Cette nouvelle nous plonge au milieu de Slone Street City à la découverte de son shérif et de ses compagnons. Une nouvelle que j’ai trouvé réussie, offrant un rythme lent et jouant sur les révélations et les twists pour mieux tenter de surprendre le lecteur le tout avec humour et ironie. L’auteur s’amuse aussi, d’une certaine façon, à prendre à contre-pied la fameuse scène de duel. Un bon moment de lecture efficace.

Bounty Hunter de Patrice Verry : Une nouvelle plus classique, qui nous fait suivre la traque menée par un chasseur de prime. Sauf qu’on va rapidement se rendre compte que quelque chose de louche se passe. Un texte pas mauvais, qui se laisse lire, mais qui a du mal à se sortir de ses archétypes et qui, en plus, offre une conclusion un peu trop facile à mon goût.

Mars prey de Jean-Hugues Villacampa : Une courte nouvelle qui se révèle très sympathique, cherchant à jouer avec le lecteur pour tenter de mieux le surprendre sur la fin, offrant un mélange habile de SF et de . Dommage que de mon côté j’avais deviné la conclusion un peu trop rapidement. Cela n’empêche pas à ce texte d’offrir un sympathique moment de lecture.

Duel à Keralam de Jérôme Nédélec : Une nouvelle vraiment intéressante qui se propose déjà de modifier le cadre en offrant une ambiance western à une histoire médiévale, tout en y ajoutant une pointe de fantastique des plus savoureuses. Un texte qui se révèle tendu, au rythme efficace et offrant des personnages intéressants qui aboutit à une conclusion des plus mordante et ironique. Un très bon texte.

Cahen crépuscule de Yaël-July Nahon : Cette nouvelle nous fait suivre Myra, qui part à la recherche de son père parti vivre dans le grand Ouest. Un texte que j’ai trouvé très réussi, plus intimiste avec cette relation tendue et ombrageuse entre une fille et son père, mais  qui n’oublie pas pour autant tout l’aspect western en offrant de nombreuses scènes de fusillades. La conclusion se révèle surprenante mais qui, finalement, colle parfaitement au récit.

Éclair Noir d’Arnaud Cuidet : Cette nouvelle va nous plonger au milieu de la transe de Nuwanda, le tout dans un univers futuriste. Un texte pas mauvais, mais comme plusieurs dans cette anthologie, a du mal à vraiment se départir de ce côté classique, malgré l’univers SF que cherche à mettre en avant l’auteur. Cela n’empêche pas ce texte de se révéler un minimum divertissant, mais rien de non plus marquant.

San City de Sylvie Jeanne Bretaud : Une nouvelle où vient se mélanger le fantastique et le western de façon assez sympathique, offrant une lecture agréable et divertissante tout en cherchant à prendre à contre-pied le lecteur sur l’intrigue. Sauf que j’ai eu du mal à voir l’intérêt de l’aspect fantastique qui, certes joue sur l’histoire, mais n’apporte pas obligatoirement grand-chose à l’ensemble.

L’aurore nous attend de Pierre Gardier : Une nouvelle qui va se révéler efficace, certes de nouveau sans surprises, mais offrant un rythme nerveux et sans temps mort où Jack, notre héros, se lance dans une vengeance. Une lecture entrainante et fluide qui se lit avec plaisir, bien porté par une ambiance sombre et captivante.

Chasseur de légende de Pierre-Marie Soncarrieu : Cette histoire nous fait découvrir un nécromant en pleine chasse d’un monstre. Un texte qui vient mélanger mythe et magie de façon intéressante et entrainante, mais qui tombe un peu trop dans la facilité. Reste la conclusion, en forme de clin d’œil que je vous laisse découvrir, mais dont il faut avoir un minimum de connaissance de la période ou western, ou faire quelques recherches sur internet.

Pique-nique chez les Indiens de Brice Tarvel : Ce texte nous fait suivre un groupe de voyageurs coincé par la faute d’une panne de leur diligence à vapeur. La variante Steampunk n’ayant pas encore été utilisée, c’est maintenant chose faite avec ce texte qui aurait pu se révéler sympathique, n’eut été ces nombreuses facilités, voir ces anomalies qui m’ont à chaque fois déconnecté du récit.

La dernière cible de Claude Jégo : Une nouvelle qui nous envoie à Quimper où de nombreux assassinats sont commis. Ce récit se veut, si j’ai bien compris, un hommage à Clint Eastwood, le tout avec une bonne dose d’ironie, sauf que j’ai trouvé que l’ensemble faisait un peu trop cliché, ce qui fait que j’ai que moyennement été emporté. Dommage, car il y avait un certain potentiel.

La cité des ombres de Patrick Ferrer : Une nouvelle qui vient lorgner vers le fantastique, légèrement angoissant, le tout avec un certain intérêt, mélangeant mythe et monstres. Un texte qui se laisse lire facilement, se révélant prenant et entrainant.

Inadaptée de Jérome Verschueren : Ce récit nous propose de suivre Kaitlin, une inadaptée de la technologie, qui avance vers l’Ouest. Un texte que j’ai trouvé très réussi et surtout original, apportant quelque chose de différent à la thématique du Western et offrant même quelques axes de réflexions qui se révèlent vraiment intéressants.

Les marionnettes de la mort d’Irène Maubreuil & Robert Darvel : Cette nouvelle nous propose de plonger au cœur d’une vengeance qui va se révéler captivante, bien portée principalement par son atmosphère tendue et nerveuse, qui fait que le lecteur se retrouve à tourner les pages avec plaisir pour en apprendre plus.

La nuit de la Calamitaine de Sarah Doke & Ayerdhal : Une nouvelle étrange que celle-ci, à la fois poétique et envoutante, nous plongeant dans un univers SF hétéroclite à suivre le destin d’une héroïne aux nombreux atouts, souvent violents. Un texte qui aussi, selon moi, cherche à offrir une réflexion sociale intéressante même si je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez sympathique avec cette anthologie de 19 textes qui nous propose de revisiter le grand Ouest et le Western. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains m’ayant même laissé de marbre, mais dans l’ensemble elle se révèle plutôt équilibrée et surtout offre un panel assez large de thèmes pour contenter tout lecteur qui voudrait se lancer dans la lecture. Je regrette par contre qu’il n’y ait pas de textes véritablement marquant, même si cela n’enlève en rien l’aspect divertissant de cette anthologie.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Ours Inculte, …

La Ménagerie de Papier – Ken Liu

la menagerie de papierRésumé : « Elle plaque la feuille sur la table, face vierge exposée, et la plie. Intrigué, j’arrête de pleurer pour l’observer. Ma mère retourne le papier et le plie de nouveau, avant de le border, de le plisser, de le rouler et de le tordre jusqu’à ce qu’il disparaisse entre ses mains en coupe. Puis elle porte ce petit paquet à sa bouche et y souffle comme dans un ballon.
“Kan, dit-elle. Laohu.” Elle pose les mains sur la table, puis elle les écarte.
Un tigre se dresse là, gros comme deux poings réunis. Son pelage arbore le motif du papier, sucres d’orge rouges et sapins de Noël sur fond blanc.
J’effleure ce qu’a créé Maman. Sa queue bat et il se jette, joueur, sur mon doigt… »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De Ken Liu j’avais précédemment lu deux nouvelles, Faits pour être Ensemble qui était initialement publié dans le Bifrost consacré à Poul Anderson et Mono no Aware qui était initialement publié dans le Galaxie(s) n°25. À travers ces deux textes, l’auteur a réussi à me convaincre d’en découvrir plus de sa bibliographie, offrant des récits soignés, humains et intelligents. C’est donc sans surprise, quand j’ai appris qu’une recueil de nouvelles de l’auteur était publié, que je l’ai rapidement fait entrer dans ma PAL. Il faut dire aussi que la couverture, illustrée par Aurélien Police, se révèle magnifique et donne tout autant envie de le lire. Ce livre est ainsi composé de 19 nouvelles, dont les deux déjà lu.

Renaissance : Ce texte nous dévoile un avenir où l’humanité, après une guerre sanglante avec une race alien, vit maintenant en quasi symbiose avec elle. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussi, nous offrant une réflexions efficace sur le travail et l’importance que l’on donne à la mémoire, mais aussi sur l’influence qu’elle peut avoir sur notre façon d’évoluer et d’avancer. Un véritable travail de fond sur ce qui, finalement nous définit, bien porté par un héros efficace et travaillé. Je trouve juste légèrement dommage que l’ensemble soit finalement un peu trop, par moment, prévisible, mais rien de bien bloquant non plus.

Avant et après : Ce très court texte se révèle être un véritable travail stylistique, puisque l’ensemble est écrit en une seule phrase, mais qui surtout arrive à ne pas alourdir le récit, voir ennuyer ou perdre le lecteur. Le travail de fond, en à peine deux pages se révèle aussi vraiment intéressant et soigné, mais je vous laisse le découvrir pour éviter de trop spoiler.

Les Algorithmes de l’amour : Cette nouvelle nous fait suivre Elena, qui est créatrice de poupées réalistes et avec un processeur leur permettant d’interagir et d’apprendre. Je préfère ne pas trop en dévoiler pour éviter de trop vous spoiler, mais l’auteur offre ici un texte vraiment réussi, premièrement à travers son travail de réflexion sur la conscience, voir l’intelligence, mais aussi sur notre réalité. Le sens point bien du travail de construction des personnages. En effet les héros se révèlent ici profondément humains, touchants et poignants, à travers les nombreux drames qui vont survenir et qui ne laissent pas le lecteur indifférent. Une nouvelle passionnante, émouvante et d’une grande justesse.

Nova Verba, Mundus Novus : Une nouvelle qui nous fait suivre une expédition en ballon qui va se rendre compte que le monde est plat, posé sur dos d’éléphants, eux-mêmes sur la carapace d’une tortue (référence à Terry Pratchett) et qui vont descendre puis remonter. On y retrouve les réflexions de l’auteur sur ce qui nous caractérise, avec cette fois en ligne de mire le langage, mais voilà j’ai trouvé le texte peut-être un peu trop court pour vraiment réussir à m’emporter. Les idées sont là, mais je ne sais pas j’avais l’impression qu’il manquait un petit quelque chose. Cela reste tout de même très sympathique à lire.

Faits pour être ensemble : J’avais déjà chronique cette nouvelle ici. Cette nouvelle lecture ne change pas mon point de vue, que ce soit dans ses qualités comme ses défauts.

Emily vous répond : Cette courte nouvelle décide de traiter de la possibilité d’effacer la mémoire, le tout à travers un échange type courrier des lecteurs de certains magazines. Une idée traitée avec un cynisme qui se révèle efficace et percutante, et même si les arguments sont légèrement simplistes elle a parfaitement fonctionné avec moi.

Trajectoire : Cette nouvelle nous fait découvrir la vie d’une jeune femme au parcours chaotique dans un monde en pleine évolution technologique et qui découvre l’immortalité. Un texte percutant et efficace, pas tant par l’aspect technologique, mais plutôt par son côté profond et humain, offrant au lecteur une réflexion ouverte sur la vie, entre ses hauts et ses bas, ses envies et ses pertes. Un texte touchant, bien porté par une héroïne attachante, avec ses forces et ses faiblesses, le tout porté par une plume que j’ai trouvé ici sensible et poétique.

Le Golem au GMS : On retrouve ici une nouvelle un peu plus légère puisqu’on découvre Rebecca, qui est un jour est contacté par Dieu pour une mission capitale, fabriquer un Golem pour attraper 150 rats. Un texte qui m’a fait rire du début à la fin avec une histoire, certes un peu linéaire, mais qui se révèle percutante, pleine d’entrain, mais aussi de finesse à travers les nombreuses réflexions qu’on dévoile que ce soit aussi bien sur la religion comme sur la famille et son importance. Un divertissement réussi qui offre un moment de détente bienvenu au milieu du recueil.

La Peste : Cette nouvelle nous fait suivre la rencontre entre un homme et une jeune fille contaminée dans un monde qui est complètement bouleversé. Un texte sympathique, qui cherche à nous faire réfléchir sur la capacité de communiquer, mais surtout de se comprendre, nous montrant que parfois les drames peuvent simplement survenir d’un manque de tolérance et d’explication. Sauf que voilà même si le texte se laisse lire et se révèle divertissant il m’a paru un peu trop classique dans sa construction.

L’Erreur d’un seul bit : Peut-être le texte qui m’a le moins accroché du recueil, pas qu’il soit mauvais, mais comparé aux autres textes de ce livre il m’a paru clairement un cran en dessous. Sur le fond les idées sont là, cherchant à nous ouvrir une réflexion sur la religion, la foi, le bonheur et la liberté, mais sur la forme j’ai trouvé l’ensemble brouillon avec un démarrage un peu « bordélique », puis une alternance pas toujours percutante. On y retrouve pourtant la qualité de style de l’auteur, mais voilà, je ne sais pas, je n’ai pas complètement réussi à accrocher.

La Ménagerie de papier : Au contraire du texte précédent, cette nouvelle fait partie de celle qui m’a le plus touchée, nous dévoilant la vie de Jack, jeune sino-américain, fils d’une mère dont son père est tombé amoureux sur catalogue et qui en grandissant va se rendre compte de sa différence et la rejeter pour s’intégrer. Un texte vraiment poignant qui fait réfléchir le lecteur aussi bien sur l’adolescence, des difficultés liées au regard des autres quand on grandit, mais aussi sur l’acceptation et le racisme. La plume de l’auteur colle parfaitement bien au texte pour happer le lecteur dès la première, offrant une touche de fantastique des plus originale. Une excellente nouvelle.

Le Livre chez diverses espèces : Un texte vraiment agréable à lire, qui n’est peut-être pas le plus marquant du recueil, mais qui se révèle tout de même efficace, l’auteur offrant ici un large panel sur différents peuples aliens et leurs relations avec le livre. On découvre ainsi une réflexion efficace sur l’importance de la communication à travers le livre et cela quel que soit le format et la façon de l’écrire. On notera aussi, je trouve, une imagination débordante de l’auteur à travers les nombreuses descriptions.

Le Journal intime : Cette nouvelle nous fait rencontrer une femme qui va commencer à ne plus pouvoir lire après avoir eu le journal intime de son mari entre les mains ; les mots s’échappant à chaque fois qu’elle cherche à le faire. De nouveau un texte qui se révèle efficace et abouti, avec comme axe de réflexion la communication, celle entre un mari et une femme qui après des années ne paraissent plus se comprendre, ni vivre pleinement leur couple, le tout à travers une lente plongée dans la folie des plus tendue et captivante.

L’Oracle : Cette nouvelle nous fait découvrir une technologie qui permet de voir, de façon très aléatoire, un moment arbitraire de son avenir. Certes le thème de pouvoir voir l’avenir est connu, mais je trouve que l’auteur s’en sort très bien, nous offrant un texte prenant et qui nous fait réfléchir sur la vie, sa spontanéité et surtout le besoin de la vivre pleinement, sans s’enfermer dans une vision d’avenir qui pourrait se révéler bloquante. De nouveau les personnages sortent du lot, sonnant juste et se révélant soignés, humains.

La Plaideuse : Cette nouvelle nous plonge dans une Chine du passé, où une jeune femme décide de reprendre le rôle de plaideuse laissé vacant suite à la mort de son père, pour sauver une servante accusée de meurtre. Franchement concernant le texte il n’y a pas grand-chose à souligner, l’ensemble est maîtrisée, offrant une enquête policière courte et soignée, mais voilà l’ensemble m’a paru rester très convenu et sans surprises ce qui est dommage je trouve.

Le Peuple de Pélé : Un texte qui nous plonge en pleine conquête spatiale avec l’arrivée d’un vaisseau colonisateur humain sur la planète de Pelé. Un texte surprenant qui cherche à nous offrir des réflexions sur la vie tout en nous offrant un contexte politique des plus fascinant puisqu’il y a un décalage de 28 ans entre les deux planètes. À partir de là comment pleinement obéir à des ordres qui ont plusieurs années. Comme je l’ai on réfléchit aussi sur le principe de la vie puisque la révélation sur le peuple de Pelé va se révéler captivante, même si c’est vrai déjà traité aussi dans d’autres textes d’autres auteurs. Au final un texte bien rythmé et qui offre un très bon moment de lecture

Mono no aware : J’ai déjà chroniqué cette nouvelle lors de ma lecture d’un Galaxie(s) et dont vous pouvez retrouver ma chronique ici.

La Forme de la pensée : Cette nouvelle nous dévoile le premier contact entre des humains et une race extra-terrestre qui n’est pas sans rappeler certaines colonisations de notre passé, dévoilant une incapacité à communiquer et à se comprendre face à la différence et l’incompréhension. Un texte qui  nous montre aussi l’importance du passé et de l’Histoire dans sa façon de voir la vie et les changements. Il s’agit aussi clairement d’un texte d’espoir et de sentiments qui a clairement réussi à me happer.

Les Vagues : Avec ce texte l’auteur reprendre l’idée déjà développé dans Trajectoire concernant l’immortalité, mais le tout traité de façon complètement différente en offrant ainsi une réflexion plus importante sur par exemple notre évolution, ou encore notre capacité à accepter le changement, sur fond de mythes et de légendes sur la création. L’auteur n’oublie pas pour autant le côté humain qui est toujours présent et efficace. Un très joli texte qui ne manque pas d’attrait et d’intérêt.

Ce recueil de nouvelles confirme tout le bien que je pensais de Ken Liu et me donne clairement envie de découvrir d’autres de ses textes, voir pourquoi pas de ses romans. Ce qui marque, je trouve, c’est sa capacité à ne pas se figer dans un genre tout en offrant des histoires qui se révèlent profondément humaines et sensibles, n’oubliant pas pour autant de faire réfléchir le lecteur et d’offrir un background solide, soigné jusque dans les moindres détails, le tout parfois en quelques pages à peine. Alors certes, tous les textes ne m’ont pas touché de la même façon et un ou deux m’ont même paru un cran en dessous, mais franchement rien de dérangeant tant j’ai apprécié la lecture de ce livre.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce recueil de 19 nouvelles qui nous propose de découvrir des textes soignés et percutants qui font réfléchir, le tout à travers des personnages sensibles, touchants et dans un background qui se révèle travaillé. Alors certes, toutes les histoires ne sont peut-être pas au même niveau, mais cela n’enlève en rien des nombreuses qualités que possède ce recueil et que je ne peux que conseiller de lire, si vous appréciez les Nouvelles, surtout que l’auteur ne reste jamais figé dans un seul genre, ce qui permet de varier clairement les univers. En tout cas de mon côté je lirai sans soucis d’autres écrits de Ken Liu et pourquoi pas un de ses romans.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Dup,

Quantika Tome 3, Origines – Laurence Suhner

quantika t3 originesRésumé : À l’aide d’un astronef de la milice, Ambre et ses compagnons ont pénétré les défenses du Grand Arc, Kalaân l’Ancien, et ils ont atterri à son bord. Pour les scientifiques, la surprise est totale : forêt primaire et océan à perte de vue…
Le Grand Arc est un vaisseau-monde.
Il est bien plus encore. Ne dit-on pas dans le mythe «qu’il ouvre et qu’il choisit le lieu comme le destin?»
Cette fois, les aventuriers ont troqué la glace et le froid de Gemma contre la mer et la chaleur. Ils croient avoir laissé derrière eux l’espace-temps d’AltaMira et la colère du Dévoreur…
Ils se trompent.
Ioun-ké-da a vu le jour sur Timhkâ, dans les profondeurs abyssales qui plongent sous Naha’netché, la Conque du Sud, gigantesque ascenseur spatial d’où sont jadis partis les Ouvreurs – les vaisseaux d’exploration timhkâns.
Au contact de Tokalinan, Ambre se transforme peu à peu. Elle revit son passé et renoue avec ses origines. Elle redevient Kantikâ, la petite-fille de Shânti Divakarûnî.
Mais sa métamorphose l’emmènera plus loin encore. Bien au-delà de l’humain.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce troisième tome de la trilogie Quantika, je l’attendais avec impatience. En effet, après un premier tome qui m’avait offert un très bon moment de lecture, offrant un planet-Opera efficace, complexe et entrainant (ma chronique ici) et un second tome, certes un peu de transition, mais qui se révélait prenant à travers un rythme plus nerveux et quelques révélations percutantes (ma chronique ), j’avais hâte de voir comment l’auteur allait terminer son cycle. C’est donc sans surprise que ce livre a rapidement terminé entre mains. À noter la couverture, illustrée par Manchu, que je trouve vraiment magnifique. Pour ceux qui le souhaitent vous pouvez retrouver un résumé des deux premiers tomes sur le site internet Quantika ici.

La conclusion du second tome m’avait laissé dans l’expectative, en effet nos héros avaient fui Gemma en plein anéantissement, par la faute de Ioun-Ké-Da, pour rejoindre le Grand Arc, dernier rempart face à la puissance du destructeur. Après un tome 2 tendu, il faut bien avouer que ce troisième tome va se révéler un peu plus calme, moins porté par l’adrénaline, permettant ainsi de prendre son temps pour découvrir le Grand Arc et tout ce qu’il recèle comme surprises, mais aussi de découvertes. Attention cela ne veut pas dire que l’on s’ennuie à travers cette histoire, loin de là, mais l’action et le côté nerveux sont remplacés par une menace qui se révèle plus diffuse, plus pernicieuse, faisant monter la tension, mais aussi une légère angoisse au fil des pages devant l’ampleur et la difficulté de la mission de nos héros.

Un récit que j’ai trouvé aussi plus intimiste, où chaque protagoniste va devoir clairement donner de lui-même et se découvrir pour pouvoir s’en sortir et avancer. On sent tout du long que l’auteur maitrise bien son intrigue, offrant ainsi de nombreux rebondissements et révélations  pour mieux happer le lecteur et lui faire tourner les pages sans jamais l’ennuyer, même si c’est vrai, parfois, elles se révèlent un peu convenues et prévisibles. La conclusion se dessine alors, et avec elle, les nombreuses réponses aux questions que je me posais et je dois bien avouer que l’auteur y répond de façon efficace et parfois surprenante. J’avais un peu peur que le cycle tombe dans la facilité d’un simple combat entre Ioun-Ké-Da et le Dieu Sombre, mais Laurence Suhner a vraiment réussi à me surprendre en élargissant le point de vue, en offrant quelque chose de plus « entier » et de plus réfléchi. Car oui on se retrouve aussi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur nous-mêmes, notre individualité et toutes les conséquences qu’elles peuvent engendrer comme par exemple sur la communication ou sur notre évolution.

L’intérêt du récit vient aussi, en plus de l’intrigue, de l’univers qui est construit au fil des pages. En effet on se retrouve ici à quitter la froide et glaciale Gemma pour découvrir un climat beaucoup plus chaud, empli de forêts et de mystères. On va aussi découvrir Timhkâ, planète où tout a débuté, un monde chatoyant qui possède ses propres règles et qui donne envie, d’une certaine façon, d’en apprendre plus malgré les nombreux dangers qui y rôdent. Un changement brutal de décor qui ne va pas se révéler sans conséquences pour nos personnages. Se dévoile aussi un peuple différent du nôtre, malgré un certain anthropomorphisme, avec ses propres us et coutumes et qui surtout n’a pas la même vision du monde que la nôtre, plus spontanée, plus instinctive là où de notre côté l’on est réfléchi, où on dissèque et théorise tout. Deux visions complètement différentes et pourtant pas si éloignée que cela. L’aspect scientifique y est toujours présent, mais ne tombe jamais dans le côté Hard Science, l’auteur prenant clairement le temps de bien expliquer les concepts qu’elle utilise, même si parfois cela crée quelques longueurs quand on les connait déjà, mais rien de gênant. L’auteur continue aussi à saupoudrer un fond de culture hindou qui, je trouve, apporte un plus et se révèle vraiment intéressant, donnant envie de mener des recherches sur certains aspects. Elle cherche aussi à nous faire réfléchir sur notre façon de voir et traiter la Nature.

Concernant les personnages, je dois par contre avouer que j’ai eu un peu de mal avec certains d’entre eux, la faute à certains traits de caractère qui m’ont paru un peu trop poussés à l’extrême pour vraiment réussir à m’accrocher. Je pense ainsi à Haziel et Ambre qui se révèlent par moments égoïstes à un point tel qu’ils donnent l’impression de complètement déconnecter et se lancer à corps perdu sans jamais vraiment réfléchir et, pire, amener le danger vers leurs amis. Alors certes, on peut considérer qu’ils ont des circonstances atténuantes, mais parfois non. Heureusement cela se calme au fil des pages et on se rapproche ainsi un peu plus d’eux. C’est légèrement dommage, car on ne peut pas nier que les personnages se révèlent denses, soignés, efficaces et entrainants, possédant leurs propres émotions, leurs propres histoires, leurs propres besoins et leurs propres envies. Je regretterai peut-être aussi un ou deux personnages un peu trop stéréotypés, mais là rien de très bloquant.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, soignée, dense, faisant plonger le lecteur aisément dans son récit et son univers des plus passionnants. La conclusion répond de façon passionnante et intelligente aux nombreuses questions que le lecteur se pose, même si j’ai trouvé dommage que soit traité un peu trop rapidement l’aspect qui concerne la milice et Boubakine. Au final un cycle qui m’a offert un très bon moment de lecture, je lirai sans souci d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le troisième et dernier tome de ce cycle qui offre offrir une histoire efficace et qui vient répondre de façon intelligente aux nombreuses questions que l’on se pose, le tout à un rythme, certes un peu plus lent, mais tendu offrant de nombreuses menaces et rebondissements. L’univers se révèle toujours aussi intéressant à découvrir, on se retrouve ainsi à quitter la glaciale Gemma pour de nouveaux horizons chatoyants et qui donne envie d’être découvert, permettant aussi d’ouvrir une réflexion sur la façon dont on traite la nature. On découvre aussi Timhkâ, avec ses us et coutumes et ses traditions complètement différentes des nôtres. L’aspect scientifique est toujours présent et se révèle toujours aussi accessible par des explications claires et précises, même si parfois j’ai trouvé que cela offrait quelques longueurs vu que je connaissais déjà les théorèmes. Concernant les personnages, ils se révèlent denses, soignés et travaillés même si j’ai eu un peu de mal au début avec Haziel et Ambre qui m’ont paru trop poussés à l’extrême, mais cela se calme au fil des pages. Je regretterai peut-être un ou deux personnages stéréotypés, mais rien de bien gênant. La plume de l’auteur est efficace, entrainante et soignée. Au final une trilogie qui m’a offert un bon moment de lecture. Je lirai sans souci d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Mes Achats du Mois d’Avril 2015

Ce mois d’avril s’est finalement révélé assez calme, que ce soit aussi bien en lecture (On finalise encore le déménagement et je prend un peu de temps à m’habituer au nouveau rythme parisien), qu’en achat en comparaison aux autres mois puisque sept livre « seulement » sont venus rejoindre ma PAL.

 Avril-15

Voilà donc ce qui a rejoint ma PAL pour ce mois d’Avril 2015 :

  • Blood Song Tome 2, Le Seigneur de la Tour d’Anthony Ryan aux éditions Bragelonne. Après un premier tome qui se révélait sympathique je souhaitais voir ce qu’allait proposer l’auteur pour la suite.
  • Le Porteur de Lumière Tome 3, L’Oeil Brisé de Brent Weeks aux éditions Bragelonne. Ce troisième tome va déterminer si je continue ou pas ce cycle le trouvera pour le moment un cran clairement en dessous de l’Ange de la Nuit.
  • Quantika Tome 3, Origines de Laurence Suhner aux éditions L’Atalante. Une fin de cycle que j’attendais avec impatience.
  • La Ménagerie de Papier de Ken Liu aux éditions Le Bélial. Un livre qui ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • Accelerando de Charles Stross aux éditions Piranha. Un roman qui m’a rapidement fait de l’œil et qui a donc rejoint tout aussi rapidement ma PAL.
  • Trolls & Légendes, l’Anthologie aux éditions Actu SF. N’ayant pas pu aller au festival, je me suis rabattu sur l’anthologie.
  • L’Instinct du Troll de Jean-Claude Dunyach aux éditions L’Atalante. Un troll en cachant un autre ce roman a décidé aussi de rejoindre ma bibliothèque.

Un mois qui se révèle finalement assez sage, par sûr que Mai se révèle aussi sage vu que les Imaginales vont passer par là. En tout cas de bonnes lectures en perspective, j’espère.

Or et Nuit – Mathieu Rivero

or et nuitRésumé : Des mille et une histoires que j’ai pu conter, aucune n’est aussi fabuleuse que celle que je m’apprête à te narrer.
On y voyage de cités mortes en jardins luxuriants, de royaumes en déserts et de geôles en palais. On y croise djinns et ghûls, sultans et dragons, reines et démons, et les lignées maudites s’y affrontent autant que les passions se déchaînent. Vois-tu, elle recèle en son cœur une bien plus unique distinction. Cette histoire d’amour et de mort est vraie : je l’ai vécue. Parole de Shéhérazade.

Edition : Moutons Électriques

 

Mon Avis : Lors de ma visite au dernier salon du livre de Paris je suis tombé sur ce roman qui m’a tout de suite attiré par sa couverture, illustrée par Melchior Ascaride, que je trouve simple dans sa représentation et pourtant magnifique. Une fois en main le résumé a fini de me convaincre annonçant une touche orientale qui, je trouve, est finalement peu représentée en Fantasy, et une intrigue très tournée vers les contes puisque la narratrice n’est autre que Shéhérazade. C’est donc sans surprise que je suis reparti avec ce roman pour le découvrir.

Se lancer dans un récit dans l’univers des Mille et Une Nuits est quand même un pari un peu risqué, car même si j’avoue ne pas avoir lu le texte original, j’en connais quand même le cadre ainsi que l’ambiance. Par conséquent se lancer dans un tel récit, pour un second roman, pouvait se révéler à double tranchant, ne répondant pas obligatoirement aux attentes du lecteur. Au final, une fois la dernière page tournée, je trouve que l’auteur s’en sort plutôt bien offrant un récit agréable, très sympathique à découvrir et qui se laisse lire avec plaisir. On se retrouve ainsi à suivre Shéhérazade, bien après Les Mille et Une Nuits, qui va se retrouver kidnapper par une bande de maraudeurs et va se retrouver à conter une histoire pour essayer de sauver sa vie.

J’avoue pourtant avoir eu un peu peur en me lançant dans la lecture des premiers chapitres, n’arrivant pas à complètement entrer dans le récit. C’est un ressenti tout à fait personnel, mais je trouvais que le démarrage paraissait un peu trop simpliste et surtout allant trop rapidement à l’essentiel, alors que j’attendais peut-être quelque chose de plus lent, de poétique, de sombre et de dense. Alors attention je ne parle là que des deux premiers chapitres du roman, car finalement très rapidement les deux histoires vont réussir à me happer pour offrir une histoire qui va se révéler entrainante, sombre et pleine d’émotions et de surprises. Surtout la façon dont le conte vient se mélanger à la réalité est traitée de façon efficace et réussi par l’auteur pour mieux surprendre le lecteur et faire qu’il se laisse emporter par le récit. La magie opère alors et je me suis ainsi retrouvé captivé par cette histoire où de nombreuses intrigues et de nombreuses manipulations viennent se mélanger pour offrir des rebondissements percutants et haletants, même si j’avoue certaine restent traités de façon un peu simple.

L’univers Oriental qui est présenté au fil des pages ne manque pas non plus d’attrait, se révélant solide et efficace. Entre Sultans, Rois, palais, mystères et scènes épiques de batailles, l’auteur arrive de façon simple et sans se perdre dans des descriptions trop longues à nous faire pénétrer facilement et rapidement dans son monde. La magie y est aussi fortement présente, nous présentant djinns, derviches, ou encore ghoûls permettant ainsi de nombreux rebondissements et ajoutant une touche plus sombre. Après c’est vrai que le roman se révèle assez court, à peine 260 pages, ce qui fait que certains aspects m’ont paru un peu trop simplistes, je pense principalement à tout ce qui concerne la politique et les luttes de pouvoirs et de territoires qui tombent un peu dans le manichéen, ce qui est dommage surtout quand on voit comment l’auteur développe certains aspects précis des us et coutumes de certaines des régions. Mais bon rien de bien dérangeant non plus, cela lui offrant même par moment un certain charme désuet, qui peut coller à l’ambiance qu’il cherche à créer. Au final je pense que tout dépendra de ce que vous recherchez dans un univers.

Concernant les personnages il faut bien avouer que la réutilisation de Shéhérazade pouvait se révéler très risqué, il ne fallait pas non plus que l’héroïne perde l’essence de ce qui la caractérise et l’image que s’en font les lecteurs, mais l’auteur s’en sort, selon moi, parfaitement bien, même si comme je le répète je suis loin d’être un expert des contes originaux. En effet elle se révèle être une héroïne attachante par les nombreuses aventures qui lui sont arrivées et qui lui arrivent ainsi que les nombreuses blessures qui en font son caractère, et on est rapidement happé par ce qui lui arrive et ce qu’elle conte tant elle rend l’ensemble palpable et prenant. Concernant les personnages qui gravitent autour de notre héroïne deux sortent vraiment du lot, je pense au brigand Tariq, mystérieux, charismatique, qui offre ses révélations au compte goutte et va très vite se révéler différent de ce qu’on pensait et Azi descendant d’une lignée maudite, adolescent qui doit faire face à de nombreux combats, mais à l’entrée dans l’âge adulte. Pour les autres on oscille entre des protagonistes à potentiel, comme Abu, et ceux qui ont du mal à sortir de certains stéréotypes et manquent de densité ce qui est parfois légèrement regrettable.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et sans fioritures, bien porté par des descriptions courtes, claires et précises qui font que le lecteur se retrouve facilement emporter par l’intrigue, les héros et l’univers, offrant un rythme tendu du début à la fin. Je regretterai par contre une conclusion qui m’a paru un peu trop précipitée dans son déroulement et un peu trop abrupte, mais aussi un ou deux passages un peu « téléphonés ». Rien de non plus trop bloquant tant ce premier récit que je lis de l’auteur, qui est certes loin d’être parfait, m’a offert un bon moment de lecture à travers un conte efficace, entrainant et empli de magie et de mystères.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui nous propose de découvrir un conte oriental avec, comme conteuse, Shéhérazade. Malgré un petit démarrage un peu trop rapide, selon moi, j’ai rapidement été emporté par ce mélange entre conte et réalité qui se révèle efficace, épique et offrant de nombreuses surprises. L’univers oriental mis en avant par l’auteur ne manque pas de charme et se révèle solide, sombre et entrainant, malgré le fait que certains aspects tombent parfois un peu dans la simplicité et le manichéen. Mettre Shéhérazade comme conteuses était un pari, mais l’auteur s’en sort parfaitement bien, je trouve, nous offrant une héroïne attachante, pleine de sentiments et d’émotion. Concernant les autres personnages on oscille entre les héros intéressants et ceux qui ont du mal à vraiment s’imposer ce qui est parfois légèrement dommage. Je regretterai par contre une conclusion un peu trop précipitée ainsi que deux ou trois passages faciles, mais rien de non plus véritablement bloquant. La plume de l’auteur est simple, efficace et offre des descriptions courtes, claires et précises pour mieux nous captiver le lecteur, offrant un rythme tendu. Un roman qui n’est certes pas sans défauts mais qui reste très agréable. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

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