Auteur/autrice : BlackWolf Page 83 of 202

Notre-Dame des Loups – Adrien Tomas

notre dames des loupsRésumé : 1868, aux confins de l’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage.
Ils s’enfoncent, la peur au ventre mais déterminés, dans les gigantesques forêts que seuls les Indiens et les pionniers arpentent. Ils connaissent leur mission : elle pue le sang et la mort. Elle a le son des chairs qui se déchirent et des os qui rompent, des incantations vaudou, des balles qui sifflent et des molosses qui aboient. Au loin, les premiers hurlements se font entendre. La chasse commence… Une chasse qui doit réussir quel qu’en soit le prix. Une chasse pour abattre leur plus terrible ennemie : Notre-Dame des Loups…

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Après avoir lu les deux premiers romans de l’auteur, La Geste du Sixième Royaume (chronique ici) et La Maison des Mages (chronique ), qui m’avaient offerts de très bons moments de lecture avec une Fantasy solide et plus qu’efficace, j’avoue avoir attendu un peu avant de faire entrer ce Notre-Dame des Loups dans ma PAL, Adrien Tomas ayant décidé de changer complètement d’ambiance pour se plonger dans le mythe du loup-garou qui n’est pas obligatoirement celui qui m’accroche le plus. J’ai donc décidé d’attendre les premiers retours et, constatant qu’ils se révélaient tous globalement positifs, j’ai donc fait rapidement rentrer ce livre dans ma PAL. Concernant la couverture je la trouve en demi-teinte, je ne sais pas pourquoi je n’accroche pas complètement au rendu, même si elle se révèle efficace.

L’histoire se révèle finalement assez simple, on suit une chasse bien particulière, celle des Veneurs, dont la proie et l’un des derniers grands loup-garou qui a fuit l’Europe pour venir se réfugier dans le nouveau monde : l’Amérique. Annoncé comme cela j’avoue que cela avait de quoi me tenter, n’étant pas non plus sans me rappeler Bloodsilver de Wayne Barrow, mais qui traitait plus de la migration des vampires. Pourtant, je dois bien avouer qu’une fois la dernière page tournée j’ai eu du mal à rentrer franchement dans ce roman. Il n’est pas complètement mauvais, mais de nombreux aspects ont fait que je me déconnectais régulièrement du récit, ne me sentant jamais complètement captivé. Commençons déjà par une des grosses qualités du roman, qu’on ne peut pas lui retirer, c’est son côté divertissant et sans temps morts, ce qui lui offre ainsi un rythme soutenu et efficace du début à la fin, offrant au lecteur de nombreuses surprises et nombreux rebondissements. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec un minimum de facilité et l’envie d’en apprendre plus sur cette traque. Ajouter à cela une narration assez singulière et qui accroche bien, du moins au début, offrant ainsi à chaque paragraphe un nouveau narrateur différent, multipliant ainsi les points de vues, mais aussi les ressentis, les émotions et les idéologies ce qui permet d’offrir normalement plus de complexité.

L’univers n’est, en soit, pas mauvais, se révélant plutôt solide, l’auteur donnant même l’impression de s’offrir quelques nouvelles variations sur le mythe du loup-garou qui ne manquent pas d’intérêt et apporte ainsi un plus et une certaine originalité tout en se révélant cohérentes et bien amenées. Certes certaines idées brident parfois un peu trop le récit, mais rien de non plus trop gênant dans l’ensemble. Là où je me suis retrouvé plutôt mitigé c’est dans l’utilisation du nouveau monde, l’Amérique, pour décor de cette histoire. Franchement, mise à part la présence de colt, d’indiens et que c’est annoncé clairement dans le résumé et le récit, l’histoire aurait pu se passer dans un tout autre pays que cela n’aurait pas changé grand chose. Dommage pourtant, car les Etats-Unis comme image de fond aurait pu apporter, je pense, un peu plus à l’intrigue que ce soit dans le fond comme dans la forme. Je me suis donc ainsi retrouvé avec une impression amer d’un pays limite caricatural, comme si l’auteur, pris par le temps, avait limité ses recherches à quelques films de western au cinéma.

Concernant les personnages je dois bien avouer que là aussi je suis plutôt resté sur ma faim. Certains sortent vraiment un peu du lot, tandis que d’autres tombent dans la caricature et la simplicité ce qui, je trouve les desserts énormément. J’ai bien accroché à l’allemand, Würm, veneur de métier, forcé par le destin et sa famille, qui est venu effectuer sa dernière traque, ou encore Evangeline et sa meute, qui se révèle une héroïne originale dans sa construction, ses envies et qui se révèle pleine de surprise, même si un point me reste en travers, qui est cette idée qu’elle gère des chiens depuis plus de 10 ans et qu’elle est incapable de reconnaitre et de savoir quoi faire face à une chienne qui va mettre bas, j’avoue qu’il va falloir m’expliquer. Je reste par contre très circonspect devant le chef de la chasse, Jack, le salaud de base qui cache forcément un terrible secret, dont le seul argument durant tout le récit est de pointer un flingue sous le nez prêt à le décharger. Vous voulez discuter un avis, il menace, vous cherchez à argumenter, il menace, vous le contredisez, il vous menace et vous tire dessus alors que vous êtes cinq contre un, et tout le monde le suit malgré aussi une capacité à avoir des plans foireux. L’autre personnage auquel j’ai eu du mal à accrocher c’est l’indienne, Tauntok, qui, elle aussi, se révèle une caricature et manque clairement de charisme. Dommage.

Alors oui, je le sais bien , le but du récit n’est pas de nous offrir une intrigue profonde et intelligente, mais plus d’être considéré comme une traque furieuse dans une forêt glaciale, cherchant à mettre clairement en avant action, course poursuite et fusillade, mettant ainsi la réflexion du lecteur au repos pour lui offrir un récit court, nerveux et explosif. Mais voilà mon cerveau n’a jamais réussi à justement se déconnecter devant de nombreux points qui m’ont paru soit mal amenés, soit parfois improbables. De plus la narration multiple devient vite répétitive dans sa construction, perdant ainsi un peu de son côté surprenant. Peut-être qu’un peu plus de pages et de développement aurait permis de densifier l’ensemble. Arrive alors la conclusion, qui, j’avoue, ne manque pas de révélations et de surprises et aurait clairement pu se révéler excellente si la toute dernière révélation ne m’avait pas laissé perplexe, se révélant, pour moi de par mes connaissances, légèrement improbable et un peu facile, même si rien non plus de complètement bloquant. La plume de l’auteur dans tous les cas se révèlent efficace, entrainante, et rythmé, offrant un récit sous tension permanente. Dommage que j’ai jamais réussi à complètement être happé, car le récit ne manque pas de qualités, mais j’en ressors mitigé. Cela ne m’empêchera pas non plus de lire d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

En Résumé : Je ressors finalement plutôt mitigé de ma lecture, le roman n’est en soit pas mauvais et remplit plutôt bien le rôle de divertissement tendu et sans temps morts, mais voilà de nombreux points m’ont soit laissé perplexe, soit paru un peu trop simplistes, soit se révélaient improbables. L’idée de départ est intéressante avec cette migration des loups-garous vers l’Amérique et offrant des rebondissements et des retournements de situation efficaces. L’univers n’est pas mauvais offrant même quelques aspects originaux, je regrette juste que le background sur les États-Unis soit finalement si peu utilisé, ne servant que vaguement d’image de fond. J’ai trouvé les personnages mitigés, entre ceux qui m’ont accrochés par leur construction et leur nombreux mystères et ceux qui m’ont laissé de marbre tombant un peu trop dans la caricature et la simplicité. La conclusion par contre m’a bien plu, offrant de nombreuses surprises, même si la dernière révélation, au vu de mes connaissances, est légèrement improbable. Je dirais que quelques pages de plus aurait par contre permit de densifier l’ensemble, mais en contrepartie aurait peut-être baissé le rythme. La plume de l’auteur se révèle énergique, efficace et entrainante. En tout cas cela ne m’empêchera pas de lire d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Lune, Boudicca, Ptitelfe, Aranae, karline05, Xapur, Zina, joyeux-drille, …

Mes Achats du Mois de Février 2015

Le second mois de l’année se termine à peine et voilà, toute résolution a déjà été oubliée. On reprend donc les bonnes habitudes avec en ce mois de févier 2015 une PAL qui fait un bond de +15 avec 14 livres et 1 ebook.

Février-15

Voilà donc les livres qui ont rejoint ma PAL en ce mois de février 2015 :

  • Les Nuits de Boudayin, L’Intégrale des Enquêtes de Marîd Audran de George Alec Effinger aux éditions Mnémos. Une intégrale qui m’a rapidement attiré et qui a donc rejoint ma PAL tout aussi rapidement.
  • Viriconium, L’Intégrale de M. John Harrison aux éditions Mnémos. Une couverture superbe, un résumé intrigant et une préface de Neil Gaiman ce livre ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • Le Sang du Roi Tome 2, La Dague et la Fortune de Daniel Hanover aux éditions chez Fleuve éditions. Après un premier tome très sympathique j’ai décidé de me laisser tenter par la suite.
  • Une Aventure de Lucifer Box Tome 1,Le Club Vesuvius de Mark Gatiss aux éditions Bragelonne. Ce livre a un peu terminé dans ma PAL sur un coup de tête pour voir ce que pouvait donner Mark Gatiss comme auteur.
  • Tétralogie des Origines Tome 1, Le Château des Millions d’Années de Stéphane Przybylski aux éditions Le Bélial’. J’entends parler de ce livre depuis quelques mois, il ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • Le Roman du Roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde de Thomas Malory aux éditions L’Atalante. Un classique que je souhaite lire depuis quelques temps maintenant.
  • La Danse des Étoiles de Spider & Jeanne Robinson aux éditions Actu SF. Une couverture magnifique associé à un résumé intrigant ont fait que j’ai fait rentrer ce livre dans ma PAL.
  • Complications de Nina Allan aux éditions Tristram. Après avoir vu passer plusieurs bons échos concernant ce recueil j’ai décidé de tenter ma chance.
  • Piégés d’Anne Fakhouri aux éditions Rageot. Suite de Hantés qui m’avait offert un bon moment de lecture il a donc rapidement rejoint ma bibliothèque.
  • Sovok de Cédric Ferrand aux éditions Les Moutons Électriques. Wastburg, premier roman de l’auteur, m’avais offert un excellent moment de lecture, c’est donc sans surprise que son nouveau livre a rejoint ma PAL.
  • Ender, Préludes d’Orson Scott Card aux éditions Nouveaux Millénaires. J’avais bien envie de me replonger dans l’univers d’Ender, ce recueil m’offre donc cette possibilité.
  • Les Enfants de L’Éternité de Javier-Miguel Aguilera & Javier Redal aux éditions Hélios.Un Space-Opera qui m’a tout de suite intrigué dès que je l’ai croisé en librairie.
  • Blizzard Livre 1, Le Secret des Esthètes de Pierre Gaulon aux éditions Mnémos. Un récit de Fantasy qui m’a intrigué par son résumé.
  • Le Cercle de Farthing de Jo Walton aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Livre qui n’est pas sur la photo, qui a déjà été lu et chroniqué ici.

Et enfin on oublie pas l’ebook :

  • Les Quinze Premières Vies d’Harry August de Claire North.

Comme vous pouvez le constater un mois de février court mais bien rempli. De quoi bien faire exploser ma PAL et avoir de bonnes lectures pour les prochains mois (années??) à venir. On va quand même essayer d’être un peu plus sage en mars.

Les Chambres Inquiètes – Lisa Tuttle

les chambres inquietesRésumé : Recueil composé de 14 nouvelles de Lis Tuttle, sélectionnées et traduites par Nathalie Serval.

 

Edition : Dystopia

 

 

Mon Avis : J’ai découvert Lisa Tuttle il y a plus d’un an avec la parution d’un recueil de six de ses nouvelles, toujours aux éditions Dystopia, qui m’avait rapidement happé à travers ses écrits, mélange de réalité et de fantastique ou l’angoisse n’est jamais très loin, tout en se révélant réfléchi (ma chronique ici). Par conséquent quand j’ai appris qu’un nouveau recueil de textes de l’auteur était publié je n’ai pas mis longtemps à le faire rentrer dans ma PAL. À noter de nouveau une couverture, illustrée par Stépahne Perger, qui se révèle magnifique. Ce livre est ainsi composé de 14 nouvelles.

Un Nid D’insectes : Ellen décide d’aller se réfugier quelques jours chez sa tante suite à l’infidélité de son mari, espérant s’y ressourcer. Elle y découvre alors une maison au bord de la ruine et une vieille femme malade, elle va alors tout tenter pour aider sa tante. Un texte assez classique dans sa construction, devenant lentement de plus en plus angoissant au fil des pages, où la réalité dérape dans la dernière partie pour mieux tenter de surprendre. Je trouve juste dommage que l’auteur donne trop d’indices, ce qui fait que j’avais deviné la conclusion, mais rien de non plus trop bloquant tant elle se révèle marquante, voir perturbante et risque de ne pas laisser indifférent.

Sans Regrets : Cette nouvelle nous fait découvrir Miranda, poétesse connue et reconnue, obligée de revenir enseigner dans sa ville natale pour des raisons financières. Le passé va alors la rattraper. Un texte peut-être moins percutant et moins angoissant que le précédent, mais qui se révèle réussi soulevant de nombreuses questions que ce soit, comme souvent avec l’auteur, sur la possibilité de mélanger vie de famille et vie professionnelle, mais aussi plus globalement sur la position de la femme dans la société. Un travail de fond efficace et intéressant, même si la forme n’est pas non plus oublié pour autant avec un univers fantastique réussi et des personnages attachants.

En Pièces Détachées : On découvre à travers cette nouvelle une jeune femme qui n’arrive pas à trouver l’amour, mais qui, après chaque fin de relation, retrouve dans son lit un bout de son ancien amant. Elle va alors décider de les collectionner. Une nouvelle qui se révèle cynique et pleine d’humour noir sur la quête pour chacun de la moitié parfaite à tous les égards. On plonge ainsi avec plaisir dans cette lente folie qui s’installe chez l’héroïne, qui se retrouve ainsi à expérimenter pour essayer de mieux comprendre ce qui lui arrive et d’obtenir le corps parfait. Un texte à la fois surprenant, drôle angoissant et qui offre une conclusion des plus frappante.

La Tombe de Jamie : Cette nouvelle nous fait découvrir une mère qui ne vit que pour son fils et a du mal à être séparé de lui. Sauf que son fils va trouver une nouvelle lubie qui va l’éloigner un peu plus d’elle : creuser. Ce qu’il va découvrir va alors les changer tous les deux. Un texte très intimiste, offrant une réflexion sur la maternité et plus précisément sur l’amour étouffant d’une mère vers son fils, sur la liberté de l’un par rapport à l’autre le tout au milieu d’une famille séparée. Comme toujours l’auteur sait jouer avec le lecteur pour glisser peu à peu dans une histoire angoissante, où le fantastique apparait pour mieux nous surprendre dans un final assez surprenant. J’ai par contre eu un peu de mal à vraiment m’associer à l’héroïne, mais je ne saurais trop dire pourquoi.

Lézard du Désir : Une femme se retrouve dans un monde parallèle où le sexe, plus précisément la dominance, ne se fait pas d’un point de vue biologique, mais avec un lézard. Un texte qui parait aux premiers abords principalement très sombre et violent, mais qui finalement nous offre une réflexion intelligente sur notre société et plus précisément sur ses fameux « avantages » lié aux organes sexuels, pour nous faire comprendre que finalement homme ou femme on est tous les mêmes dans le meilleur, comme dans le pire. Une nouvelle efficace et réussie.

Vol pour Byzance : On suite une jeune auteur qui est invité à une convention dans un bourg perdu au Texas. Elle va alors se rendre compte que ce voyage est un piège pour elle. Un texte étrange, qui nous offre de nombreux axes de réflexions que ce soit d’un point de vue identitaire, mais aussi au niveau de la création, mettant en avant qu’il faut peut-être rester soi-même pour ne pas perdre cette muse qui est au plus profond de soi. Un texte efficace, mais je ne sais pas trop, j’ai trouvé que le traitement avec cet aspect stressant qui se dessine au fil des pages le dessert un peu. Rien de non plus dérangeant.

L’autre Chambre : Un homme retourne dans l’ancienne maison de son grand-père où, plus jeune, il avait découvert une chambre secrète mystérieuse. Un texte finalement assez classique que ce soit dans sa réflexion et aussi dans sa capacité à jouer avec le fantastique. Il n’est pas mauvais et possède de bonnes idées, mais est loin de m’avoir marqué autant que certains autres ici.

Oiseaux de Lune : On plonge ici dans un récit étrange où on découvre une jeune femme dont le mari s’éloigne d’elle depuis son voyage vers la lune et qui ont une jeune fille malade. Une histoire déroutante, dont j’ai du mal à comprendre totalement les tenants et les aboutissants avec cette fascination pour le satellite lunaire, mais qui a pourtant réussi à me captiver par son ambiance poétique et mélancolique.

Propriété Commune : Cette nouvelle nous plonge au milieu d’un couple en pleine séparation et qui se déchire pour leur chien. Un texte qui se révèle terriblement cynique, à l’humour noir, grinçant, qui se révèle saisissant et qui ne manque pas de faire réfléchir et de se poser des questions sur l’importance du couple et plus principalement de ce qui se retrouve lié au couple. Comme souvent la conclusion se révèle percutante et m’a surpris. Un texte réussi malgré son côté très sombre et des personnages assez froids.

Une Amie en Détresse : Dans cette nouvelle on suit Cecily qui va à l’aéroport chercher sa mère et se lie d’amitié avec une autre jeune femme qui n’est pas sans lui rappeler une connaissance de jeunesse. Un texte beaucoup moins sombre que les précédents, mais qui ne manque pas de se révéler passionnant et intrigant. L’auteur nous plonge ainsi dans un récit où l’imaginaire est moins tranché, plus nuancé, traitant d’amitié imaginaire et du besoin d’être rassuré, d’être soutenu et d’être un minimum aimé surtout dans des périodes de grandes détresses.

L’autre Mère : Cette nouvelle nous fait découvrir une femme, peintre et mère de deux enfants, qui va voir sa vie bouleverser après avoir entraperçu une femme en blanc dans la forêt en face de chez elle. De nouveau l’auteur traite ici de la capacité à mélanger vie privée et vie professionnelle, à travers une famille séparée en nous offrant un texte surprenant, montant lentement en tension, la folie se glissant lentement au fil des pages chez l’héroïne, pour aboutir à une conclusion des plus surprenante, effrayante et saisissante comme sait si bien l’offrir l’auteur.

Les Mains de Mr. Elphinstone : Eustacia va voir sa vie bouleverser après sa rencontre avec le médium Mr. Elphinstone. L’auteur traite ici de la folie et de la différence, mais à travers une époque plus 19ème siècle. On se rend compte ainsi que selon la façon dont on en vient à présenter les choses, on n’a pas toujours le même ressenti, oscillant entre émerveillement et rejet. Pourtant j’ai eu un peu de mal à accrocher à ce texte, je voyais les choses arriver beaucoup trop rapidement, même si la fin se révèle efficace nous faisant réfléchir sur la façon dont on nie ce que l’on ne comprend pas.

La Plaie : Cette nouvelle nous fait découvrir Olin qui a du mal à se remettre de sa séparation avec sa femme Dove jusqu’au jour où il se lie d’amitié avec Seth. Il s’agit ici d’un des textes les plus étrange et les plus surprenant du recueil, proposant au lecteur de nombreuses surprises et de nombreux rebondissements percutants tout en nous offrant une réflexion terriblement efficace ; de nouveau sur l’aspect social lié à notre sexe, mais aussi tordre le cou à de nombreux préjudices et idée reçues de façon efficace et percutante. Peut-être l’une des meilleures nouvelles du recueil par son côté étrange et intelligent.

Le Nid : On suit ici deux sœurs qui décident de s’acheter une maison et vivre ensemble après le décès de leur mère. Un texte qui vient ici conclure parfaitement ce recueil, nous offrant une lente montée en tension entre une sœur trop protectrice et une autre qui se révèle insouciante, cherchant à vivre pleinement sa vie, même si ça risque de la faire souffrir. Une réflexion réussie sur la famille, l’amour entre sœurs et le tout avec sa dose de fantastique qui s’insinue lentement au fil du récit offrant ainsi une tension de plus en plus angoissante et stressante aboutissant à une conclusion efficace.

 

Comme avec son précédent recueil, la grande force de Lisa Tuttle est de nous offrir des situations normales qui plongent peu à peu dans une ambiance malsaine, flirtant facilement avec l’horreur et l’effroi sans non plus tomber dans la surenchère ou dans le trop visuel , mais travaillant plus dans la subtilité. Ce sont clairement des nouvelles d’ambiance et elles se révèlent réussis tout en nous faisant réfléchir sur de nombreux sujets, souvent intimes, comme par exemple l’amitié, la famille, l’amour, ou encore la maternité et tout ce qu’elle occasionne comme changements dans une vie. Je regrette peut-être quelques personnages qui m’ont paru un peu trop froids et détachés, mais rien de non plus dérangeant. Le tout est par contre porté par une plume efficace, jouant facilement avec le lecteur pour mieux le surprendre et le happer. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur. On notera aussi la cohérence de la construction de ce recueil.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec ce nouveau recueil de nouvelles de Lisa Tuttle. Comme à son habitude elle nous offre des textes qui démarrent de façon très banales pour mieux flirter au fil des pages avec l’angoissant et l’effroyable, sans non plus tomber dans la surenchère. Mais surtout l’auteur n’oublie pas de nous offrir des récits qui font réfléchir le lecteur avec des thématiques soignées et bien amenées, souvent intimes et qui touchent n’importe quel lecteur. Alors c’est vrai, certaines nouvelles m’ont moins marqués que d’autres et certains personnages m’ont paru trop froid pour vraiment s’attacher à eux, mais rien de très bloquant tant l’ensemble se révèle efficace. La plume de l’auteur se révèle efficace, entrainante et soignée et je lirai sans soucis d’autres écrits.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Vert, Lelf, Lune, Efelle, …

Le Jardin des Silences – Mélanie Fazi

le jardin des silencesRésumé : Un bal secret au coeur de l’hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d’automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l’univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots émotions avec une justesse bouleversante.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Comme vous le savez, si vous suivez ce blog régulièrement, je suis tombé sous le charme de la plume de Mélanie Fazi dès ses premiers écrits, que ce soit à travers ses travaux de novelliste, avec les recueils Serpentine (chronique ici) et Notre Dame aux Écailles (chronique ), mais aussi avec son roman Arlis des Forains (chronique ici). C’est donc sans surprise que, quand j’ai appris qu’un nouveau recueil était publié, alliant différentes nouvelles déjà publiés dans des anthologies ou magazines et des inédits, je n’ai pas mis longtemps à le faire entrer dans ma PAL. Il faut aussi souligner l’illustration de couverture que je trouve vraiment magnifique et qui donne envie de le découvrir. Ce recueil comporte ainsi 12 textes, mais contrairement à mes habitudes je vais faire une chronique globale tant la cohérence des récits fait qu’il me parait difficile de parler de chaque texte séparément.

Une chose est sûre, j’ai de nouveau été rapidement emporté par les différents textes que nous propose l’auteur tout au long de ce recueil, au point d’avoir eu du mal à lâcher la lecture et même concernant les textes que j’avais déjà lu, que je redécouvrais avec plaisir, leur découvrant ainsi de nouvelles subtilités et de nouvelles possibilités. Ce qui fait la force de ces textes c’est qu’ils se révèlent complètement maîtrisés du début à la fin, tant par leur cohérence que par leur force et leur ambiance, et surtout ils arrivent à toucher, je trouve, le lecteur à travers les émotions et les sentiments qu’ils dégagent. On ne ressort jamais vraiment le même après chaque nouvelle. Mélanie Fazi nous plonge, je trouve, dans la source même du fantastique, ne cherchant pas obligatoirement les grands effets marquants, mais plus en y intégrant en douceur et parfois de façon insidieuse et étonnante un élément, souvent banal, qui va venir bouleverser l’ensemble et amener les personnages et le lecteur à se remettre en cause. Ce n’est d’ailleurs jamais cet aspect magique qui crée les changements, mais plus la réaction des héros qui se révèle importante et passionnante. Chacun va ainsi traiter ces évolutions à sa façon, va se retrouver changer que ce soit en bien ou en mal.

On se retrouve ainsi captiver avec fascination, féérie et magie par des récits, mélange à la fois de conte, de fantastique et de passages intimistes, qui oscillent entre sombre et lumière, entre regret et désir, entre amour et jalousie et qui se révèlent surtout justes, percutants et sensibles. C’est d’ailleurs cette sensibilité à fleur de peau, cette ambiguïté qui fait un peu la force des écrits de l’auteur, bien porté aussi par des personnages qui se révèlent travaillés, subtils, profondément humains, qui se dévoilent lentement pour mieux nous surprendre et dont on s’accroche assez facilement et rapidement que ce soit à travers leurs côtés positifs comme dans leurs zones d’ombres. Chaque personnage est unique et pourtant on arrive à s’y retrouver dans chacun d’eux, dans leurs façons de voir les choses, dans leurs sentiments ou encore dans leurs réactions. On est ainsi emporté dans un maelström d’émotions, souvent sombres, tristes, parfois même violentes, où la douleur est régulièrement présente, traitant de sujets qui se révèlent souvent d’actualité comme la famille, le couple, l’identité, le déchirement et d’autres encore, mais dont l’auteur n’oublie pas non plus l’espoir, ni une certaine tendresse qui s’en dégage. C’est d’ailleurs cette complexité, cet enchevêtrement réussi de disparités, de changement, qui offre des textes à la fois unique et marquant.

Chaque texte possède ainsi sa propre voix, sa propre histoire, son propre corps, évitant ainsi de tomber dans la répétition, car même si on y retrouve régulièrement des grands thèmes récurrents, le traitement donné à chaque récit fait qu’on les redécouvre avec plaisir et intérêt à chaque fois. Rien n’est d’ailleurs clairement écrit dans ces récits, tout est à venir, à construire et on se laisse ainsi porter vers chaque conclusion qui se révèle réussie, à la fois mélancolique, percutante et passionnante. Chaque nouvelle possède aussi son propre cadre, son propre background qui ne manque pas d’émerveiller par ses nombreuses subtilités, mais aussi par l’imagination débordante et le mystère qui s’en dégage. On se retrouve emporté par la façon dont sont revisités les contes comme Swann le bien nommé, on se laisse fasciner par l’arrivée des éléments fantastiques, souvent acceptés, qui viennent y ajouter ce sentiment d’étrangeté, y intégrer ainsi cette ambiance envoutante, féérique et parfois même très sombre, mais qui pourtant colle toujours parfaitement à l’histoire et se révèle captivante. Des univers souvent très visuels et marquants, qui ne devraient pas laisser indifférent le lecteur.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fascinante, délicate à la fois poétique, soignée, dense, remplie de sentiments et de mystères, happant le lecteur dès les premiers mots pour ne plus le lâcher, oscillant entre angoisse, amour et réalité, avec des personnages en plein changement, en plein doute, en pleine évolution, offrant ainsi douze textes d’une grande réussite qui, je le pense, méritent d’être découverts. Je me rends bien compte, au travers de cette chronique, qu’il est difficile de parler de ce recueil sans trop en dévoiler, et qu’il est aussi difficile d’y faire passer clairement mon ressenti sans m’embrouiller moi-même, mais en tout cas pour moi Mélanie Fazi fait partie des plus belles plumes du fantastique français, des plus touchantes, et il serait dommage de passer à côté.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce recueil de 12 nouvelles de Mélanie Fazi qui a de nouveau réussi à me happer de la première à la dernière page avec des textes qui se révèlent sensibles, touchants, oscillant entre ombre et lumière, amour et douleur et où l’espoir n’est jamais non plus très loin. Le cadre de chaque nouvelle se révèle magnifique, envoutant, féérique qui se révèle subtil et intriguant avec son lot de surprises. L’auteur nous dépeint comme toujours des personnages qui sont profondément humains, avec leurs faiblesses et leurs forces, dont on s’attache assez facilement tant on peut s’identifier un minimum à eux. La plume de l’auteur est toujours aussi poétique, délicate, entrainante et dense, plongeant de façon rapide et efficace le lecteur dans des récits fantastiques dont il ne ressort jamais vraiment le même. Il est difficile de vraiment mettre en avant mon ressenti, mais en tout cas Mélanie Fazi fait clairement parti, selon moi, des plus belles plumes du fantastique français et mérite d’être découverte.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Boudicca, Lorhkan, Efelle, Lhisbei

Le Cercle de Farthing – Jo Walton

walton-farthingRésumé : Huit ans après que «la paix dans l’honneur» a été signée entre l’Angleterre et l’Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l’origine de l’éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu’elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d’habitude d’être tenue à l’écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l’étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l’innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l’enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d’un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine?

Edition : Denoël Lunes D’Encre

 

Mon Avis :  J’ai découvert Jo Walton il y a quelques mois avec ma lecture de Morwenna, premier roman publié de l’auteur en France, mais l’un de ses dernier édité en VO, qui m’avait offert une excellente lecture que ce soit par l’attachement ressenti pour la jeune héroïne mais aussi à travers cette déclaration d’engouement pour la lecture de l’imaginaire (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que lorsque j’ai appris qu’un nouveau roman de l’auteur était édité, certes plus ancien puisqu’initialement publié en 2006,  il a rapidement terminé dans ma PAL. À noter une couverture qui se révèle plutôt efficace et met directement dans l’ambiance malgré le fait qu’elle ne devrait pas laisser indifférent.

On découvre ici une histoire complètement différente de ce que proposait Morwenna, puisqu’on plonge dans un mélange d’univers uchronique et de policier anglais. On se retrouve ainsi plongé dans une Angleterre, en 1949, qui vit dans la paix après avoir signé un accord avec l’Allemagne d’Adolf Hitler en 1941, laissant ainsi le reste de l’Europe dans la tourmente nazi. Cet accord a ainsi changé la donne politique et mis en avant un cercle influent d’hommes de pouvoir communément appelé le cercle de Farthing. Alors quand un meurtre vient secouer ce cercle cela risque de laisser des traces. Malgré un changement complet de genre j’ai de nouveau été accroché par ce récit qui nous offre ainsi un mélange maîtrisé entre enquête policière, flegme anglais légendaire et aspect sociétal des plus intéressant et fascinant. Clairement on n’est pas dans un Thriller violent, âpre et haletant, mais plus dans une résolution d’enquête dans le plus pur style anglais du genre à la Agatha Christie ou encore du film Gosford Park. Par conséquent si vous cherchez plus le côté sans temps morts et sombre vous risquez d’être déçu. Autrement laissez vous tenter par ce roman qui démarre d’une enquête à huis-clos pour se révéler de plus en plus complexe, de plus en plus haletante, ou les manipulations, les mensonges et les fausses pistes viennent embrouiller un peu plus le lecteur, mais aussi l’inspecteur, pour notre plus grand plaisir.

L’autre point intéressant vient de l’univers  qui est construit au fil du roman. Certes il n’est ici qu’esquissé suffisamment pour offrir un background solide à l’histoire, mais cela ne l’empêche pas de se révéler complexe, réfléchi et intrigant amenant le lecteur à se poser de nombreuses questions sur ce qu’aurait pu devenir l’Europe si l’Angleterre avait cédé voir négocié avec l’Allemagne. Mais l’auteur offre aussi un travail des plus captivant sur les mœurs, que ce soit dans l’hypocrisie des classes ou encore dans le rejet de certaines castes et de certaines pratiques, mais aussi sur la façon dont la société peut se retrouver blasée et manipulée pour accepter le pire et le plus sombre grâce à une politique jouant sur les peurs. On ressent ainsi clairement une ambiance malsaine, voir de discrimination qui se dégage ainsi de cet univers, qui se révèle cohérente et qui colle parfaitement à ce que cherche à nous faire réfléchir l’auteur et qui n’est d’ailleurs pas sans ressembler à ce qui peut se passer ainsi encore parfois de nos jours et qui nous rappelle qu’il faut rester vigilant. L’aspect purement politique n’est pas non plus en reste, avec son lot de jeux de pouvoir, de manipulations et de complots. Un univers qui se révèle donc travaillé et efficace, avec une petite dose de cynisme, mais qui est loin encore d’avoir dévoilé toutes ses facettes.

La narration utilisée par ce roman nous fait suivre deux personnages, Lucy Eversley, qui a choisi au grand dam de sa mère d’épouser David Khan un banquier juif, personnage complexe et ouverte malgré l’impression de simplicité qu’elle dégage, et l’inspecteur Carmichael qui se retrouve chargé de l’enquête, personnage intelligent qui ne se laisse pas éblouir. On découvre ainsi à travers leurs yeux un panel de protagonistes complètement différents, qui se révèlent soignés, avec leurs propres idéologies et leurs propres ressentis. Des personnages ambigus, qui cachent bien leurs jeux et leurs ambitions pour ainsi mieux surprendre le lecteur. On se retrouve ainsi à suivre leurs nombreuses machinations avec intérêt et l’envie de mieux comprendre le puzzle qui se dessine, de mieux deviner leurs ambitions. Ils sont aussi portés par des dialogues qui se révèlent en majorité efficaces, avec ce flegme anglais d’époque des plus savoureux. Je regretterai juste certaines facilités par moment dans les déductions de certains personnages qui parfois reposent un peu trop sur l’intuition et se révèlent toujours exacts, mais bon rien de bien dérangeant non plus.

L’auteur possède une plume qui se révèle efficace, soignée que ce soit du point de vue historique comme de l’intrigue et qui a réussi à me happer rapidement dans cette toile d’araignée de manipulations et de mensonges. J’aurai peut-être juste un petit regret concernant cette histoire c’est une impression de légère baisse de tension, de lenteur, vers le début du dernier tiers du récit comme si l’auteur cherchait un peu trop à ralentir la révélation de sa conclusion et remplissait un peu ses chapitres de bavardages pas toujours des plus intenses et intéressants. Mais voilà rien de bloquant tant la conclusion qui est lancée nous fait oublier cette impression pour nous captiver de nouveau dans une fin qui va se révéler haletante, sombre et loin du happy end facile. Une fin qui peut, d’une certaine façon, se suffire à elle-même, mais qui ouvre aussi la porte à de nombreuses questions. Il est d’ailleurs à noter qu’il s’agit d’une trilogie et que les deux autres tomes sont déjà publiés en VO, j’espère donc les voir sortir prochainement en France tant j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui propose de nous plonger dans un mélange d’enquête policière au flegme anglais et d’uchronie liée à la période de la seconde guerre mondiale. Un véritable puzzle de manipulations et de trahisons se dessine alors et happe le lecteur qui se retrouve à chercher la vérité. L’univers parallèle développé se révèle solide, offrant de nombreuses réflexions que ce soit sur les possibilités de l’époque comme sur certaines manipulations politiques qu’on retrouve encore de nos jours, le tout mâtiné d’aristocratie anglaise, offrant une ambiance à la fois cynique et sombre qui colle parfaitement au récit. Les personnages ne manquent pas d’attraits, se révélant denses, complexes et attachants, malgré parfois quelques facilités, principalement dans les capacités de déductions de certains. La plume de l’auteur se révèle soignée, efficace, alternant deux points de vue de façon efficace, un à la première personne et l’autre à la troisième personne jouant ainsi sur les différentes visions qu’on peut avoir des protagonistes. Je regretterai juste une impression de lenteur dans le début du dernier tiers du récit, mais rien de gênant tant la conclusion a réussi à me happer, me surprendre, évitant le happy-end facile. Ce livre étant le premier tome d’une trilogie déjà publiée en VO j’ai maintenant hâte de découvrir la suite.

 

Ma Note : 8/10

Bifrost n°76 – Spécial J.R.R. Tolkien

bifrost jrr tolkienEdition : Le Bélial’

 

 

 

 

 

Mon Avis : Nouvelle plongée dans un magazine de l’imaginaire avec ce numéro de Bifrost consacré a pas n’importe quel auteur, puisqu’il s’agit de J.R.R Tolkien qui fait franchement parti de ces écrivains qui m’ont fait aimé la Fantasy. Je me lançais donc dans cette lecture avec envie, mais aussi un peu de retenu tant la renommé de l’auteur fait qu’il est parfois difficile d’apporter quelque chose de nouveau. Concernant la couverture, qui est illustrée par John Howe, habitué des œuvres de Tolkien, je la trouve vraiment magnifique. À noter que trois nouvelles sont présentes, une de Michael Swanwick, une de Xavier Mauméjan et une de Thomas Day.

Le Récit du Changelin de Michael Swanwick : Avant la lecture de cette nouvelle je dois bien avouer que je ne connaissais pas cet auteur qui nous propose ici de découvrir le destin tragique et mélancolique d’un jeune garçon qui a décidé de tout quitter pour suivre des elfes. Une nouvelle de Fantasy assez classique dans son univers et ses différentes sociétés, mais qui se révèle ambigu et alambiqué dans sa construction, nous proposant, en une vingtaine de pages à peine, des passages épiques, nostalgiques, remplis d’émotions et aussi une jolie dose de lyrisme. Un texte qui colle d’ailleurs parfaitement à l’univers de Tolkien et qui s’amuse à jouer avec le lecteur, le forcer à associer le puzzle qui lui est présenté, lui offrant ainsi le choix avec cette conclusion ouverte qui m’a accrochée, bien porté aussi par une plume efficace et que j’ai trouvé soignée. J’ai d’ailleurs maintenant bien envie de découvrir de nouveaux écrits de l’auteur.

Freud, Auteur de Tolkien de Xavier Mauméjean : Une nouvelle très courte qui développe l’idée que Freud aurait un lien, voir même une influence sur Tolkien et son oeuvre. Un texte qui se révèle soigné, travaillé, possédant de nombreuses références et bien porté par une plume efficace et didactique, mais qui a eu du mal à vraiment me convaincre, d’une par son aspect très court et de deux par argumentation qui m’a paru un peu trop « facile » on va dire.

Noc-kerrigan de Thomas Day : Cette nouvelle nous fait découvrir le destin de Haïnee, dont la vie va basculer après sa rencontre avec Hrolf, chasseur de dragon, qui a été vaincu et se cache. Un récit de Fatansy sombre, cru et sauvage dans un monde où la violence et la haine sont partout. Un texte intense, même s’il est difficile de savoir, au début, où veut nous emmener l’auteur gardant de nombreux indices par devers lui pour mieux nous surprendre par la suite. Une histoire de violence et de sexe qui se densifie ainsi au fil des pages, offrant des personnages soignés, forts et qui ne laissent pas le destin les détruire quand ils le peuvent mais qui doivent faire des choix. Je regretterai juste quelques facilités dans certains rebondissements que j’ai trouvé dommage. Il est à noter que ce texte est aussi lié à La Femme aux Abeilles parue dans l’anthologie des Utopiales 2013 (ma chronique ici), complexifiant un peu plus un univers qui devient de plus en plus captivant et offrant encore de nombreuses questions sans réponses.

Concernant le reste du magazine on y retrouve, comme d’habitude, le cahier des critiques à la fois sur les livres et les magazines que je survole de plus en plus à chaque numéro. Je suis resté de marbre concernant la rubrique de maître Doc’Stolze nous offrant son avis sur quelques DVD et dont je me suis demandé pourquoi ne pas créer simplement un cahier critique DVD plutôt qu’une rubrique complète. La rubrique Paroles de Libraire, qui nous fait découvrir Trollune librairie Lyonnais où il m’arrive d’aller faire mes achats livresques quand je passe dans le coin, et une interview pour les 10 ans de la Volte qui ne manque pas d’attrait, même si je l’ai trouvé un peu lisse. Vient enfin le gros du magazine le dossier sur J.R.R Tolkien qui se révèle finalement plus qu’intéressant, même si la majorité des informations ne m’étaient pas inconnues. Les retrouver à travers un seul et même support ne manque pas d’intérêt allant d’une biographie claire et efficace jusqu’au guide de lecture, certes peut-être tronqué, mais qui m’a donné envie de lire certaines de ses œuvres et même de relire certaines que j’ai déjà lu. On notera aussi l’article passionnant de Jean-Philippe Jaworski qui essaie de nous expliquer le succès et l’influence de l’oeuvre de Tolkien. Seul l’article de Francis Valéry m’a laissé plus que perplexe. Au final certes pas grand-chose de neuf sur l’auteur, mais un dossier qui se révèle concis, clair et précis. Puis, pour finir, on réfléchira sur le dialogue humain/machine.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lorkhan, Xapur, …

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