Auteur/autrice : BlackWolf Page 88 of 202

Etoiles Mourantes – Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach

etoiles mourantesRésumé : Les AnimauxVilles, gigantesque cités biologiques et conscientes, capables de défier les lois de l’Espace-Temps, ont permis à l’humanité de coloniser l’espace. Mais celle-ci s’est divisée en quatre rameaux, les Mécanistes, les Connectés, les Organiques et les Originels. Entre ces factions que trop de choses séparent, la guerre menace d’éclater.
Face à ce danger, un AnimalVille tente de tracer une autre voie. Les rameaux sont invités à assister ensemble à un spectacle unique : la mort par supernova d’une étoile binaire. Leurs représentants seront-ils à la hauteur de cet événement cosmique ? Et quelles seront les conséquences de ces retrouvailles ?
À la fois porté par un souffle tragique et une réflexion intimiste, hanté par la passion de l’art, le pouvoir mortifère de la technologie ou la quête sans fin de l’immortalité, Étoiles Mourantes dépeint la fresque d’une post-humanité en prise avec son plus grand défi : sa propre extinction.

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Étoiles Mourantes est un roman écrit à quatre mains entre deux très grands auteurs de la Science-Fiction française que sont Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach. Dit comme ça, ce livre ne pouvait que me tenter fortement, surtout considérant le fait que je sois complètement passé à côté au moment de sa sortie. Initialement publié en 1999, il a rencontré un fort succès auprès des lecteurs et a même gagné deux prix. Cette période étant pour moi une année « pauvre » en lecture il n’a donc jamais transité entre mes mains. Par conséquent quand j’ai vu que les éditions Mnemos proposait une édition de luxe du livre, disponible aux dernières Utopiales, je n’ai pas mis longtemps a le faire rentrer dans ma PAL. Il est aussi à noter que la couverture ainsi que les illustrations sont réalisées par Gilles Francescano et se révèlent vraiment superbes, même si, j’avoue, j’attendais peut-être un peu plus d’illustrations intérieures.

Le récit démarre alors fort, nous proposant un prologue qui se révèle flamboyant, envoûtant et mystérieux posant les bases d’un profond bouleversement qui va profondément changer les bases de l’univers et happant le lecteur dès les premières pages. La suite se révèle ensuite plus posé, proposant un rythme assez lent permettant de présenter les héros et de mettre en place les bases de l’histoire et de l’univers. On découvre ainsi que l’humanité, au bord de l’explosion devant son incapacité à s’accepter et à s’harmoniser, s’est retrouvé scindé, il y a plusieurs siècles, aux quatre coins de l’univers grâce aux AnimauxVilles, êtres extraterrestres capables de voyager en utilisant les singularités. La première partie du roman va alors nous faire découvrir chaque rameaux que sont les Mécanistes puissants guerriers enfermé dans une armure et à la vision social étriquée, les Originels qui ont eux décidé de rester et qui sont, pour la plupart, des âmes sauvegardées, les Organiques modifiés grâce à un symbiote et qui vivent dans des AnimauxVilles, et les Connectés qui ne peuvent vivre longtemps sans être connecté au réseau, le tout à travers un récit choral nous dévoilant de nombreux personnages. La deuxième partie va se révéler alors plus intense, plus épique, amenant les retrouvailles des différents ambassadeurs choisis pour chaque peuple, ce qui va alors amener son lot de trahisons et de mensonges, jouant avec le lecteur et faisant monter la tension au fil des pages pour aboutir à une conclusion des plus fascinante et éclatante.

Ce livre propose clairement un récit qui cherche à faire réfléchir le lecteur offrant finalement une histoire qui se révèle profondément humaniste, montrant ainsi l’Homme sans artifices et sous son vrai visage, à la fois plein de qualités, mais aussi énormément de défauts et d’incompréhensions, le poussant à s’entre-déchirer, à vouloir dominer tout ce qu’il ne connait pas sans chercher à comprendre pour mieux l’avilir et le transformer en quelque chose d’utile voir une arme. Il cherche aussi à nous montrer l’importance de la communication, du mélange ; les clivages que peuvent entraîner l’absence de discussion, la découverte et le partage, ce qui fige alors obligatoirement les relations dans des « images », portant souvent son lot de haine et de différences, qui se retrouvent ainsi véhiculées à travers les générations. Il nous fait aussi réfléchir sur de nombreux autres points comme par exemple sur le fait de ne pas confondre société et individualité, tout un peuple n’est pas toujours coupables, mais aussi sur le pouvoir et les aspects générationnels qui bousculent les certitudes, la jeunesse se révélant finalement l’avenir, ou encore sur la peur de la mort et de l’extinction. Il s’agit d’un récit clairement dense, complexe, soigné et terriblement efficace, mais qui demande un minimum de concentration lors de la lecture, demandant à être assimilé  à la fois par les idées qu’il véhicule, mais aussi par les nombreuses manipulations qu’il propose.

L’univers développé tout du long se révèle vraiment soigné, captivant, travaillé et entraînant, le tout basé sur des aspects scientifiques pointu, mais pourtant compréhensible à travers des explications claires et accessibles. On sent bien aussi que les auteurs possèdent une belle imagination, nous dévoilant finalement deux univers séparés entre les organiques, avec les AnimauxVilles, les symbiotes et les évolutions génétiques, et les technologiques avec armures, intelligences artificielles ou encore vaisseaux spatiaux. Une dualité qui n’est pas sans conséquence. L’ensemble donne clairement envie d’en apprendre plus, d’en découvrir plus et surtout ne tombent jamais dans l’absurde ou même dans la caricature. Les différentes sociétés qui nous sont dévoilés ne manquent pas non plus d’attraits chacune possédant ses avantages et ses inconvénients, ses défenseurs et ses détracteurs. Comment ne pas se retrouver à avoir envie de naviguer sur ces immenses et magnifiques AnimauxVilles et découvrir leurs mœurs, revêtir ces armures qui deviennent indissociables de son propriétaire ou encore de pouvoir se connecter à une base de données aussi gigantesque que celle des Connectés. Chaque caste, chaque planète, chaque ville, tout se révèle détaillé et passionnant à imaginer. J’aurai aimé que le récit soit plus long rien que pour continuer à le visiter.

Concernant les personnages ils ne manquent pas non plus d’attraits, se révélant travaillés, complexes, efficaces et entraînants. Chaque personnage, de chaque société, possède ainsi sa propre individualité, sa propre vision des choses et sa propre façon de penser. C’est d’ailleurs sur cette différence que joue les auteurs pour nous faire comprendre qu’avancer est toujours plus facile et pratique ensemble, que séparément, apportant ainsi des émulsions. J’avoue avoir eu une préférence pour les protagonistes des Organiques ainsi que Tecamac des Mécanistes là où j’ai peut-être eu un peu plus de mal avec les Connectés qui, justement, m’ont paru trop s’enfermer sur eux-mêmes. C’est le but, je le sais bien, mais voilà l’héroïne Nadiane a parfois eu un peu de mal à me toucher. J’attendais peut-être aussi plus du Charon ou du frère de Nadiane. Mais bon rien de bloquant. Par contre je regrette certaines facilités au niveau de l’évolution des relations de certains d’entre eux, principalement quand on approche de la conclusion, ainsi que parfois un certain manque d’émotion qui se dégageaient d’eux, comme si les sentiments étaient voilés par l’écriture et la philosophie proposée. Rien de bloquant, mais parfois légèrement frustrant.

Alors après autant le dire tout de suite, si vous cherchez un roman plein de frénésie et d’action, passez votre chemin ce récit n’est sûrement pas fait pour vous, même s’il possède quelques scènes pleines d’adrénaline. Finalement, les seules reproches que je pourrai faire au roman sont : une première moitié de roman peut-être un chouïa trop verbeuse par moment, ainsi qu’une conclusion légèrement trop happy-end même si, c’est vrai, elle colle parfaitement à ce que veulent faire passer les auteurs. Peut-être mon côté un peu trop cynique. En tout cas des broutilles, tant je me suis retrouvé plongé dans ce récit qui nous fait réfléchir et nous offre une image cohérente et réaliste de l’Homme.

J’avais un peu peur, concernant le mariage du style des deux auteurs, que l’ensemble soit un peu haché, mais finalement il se révèle efficace, entraînant et riche où les points politiques, qui me paraissent venir d’Ayerdhal, se marient parfaitement bien avec le travail scientifique et détaillé de Jean-Claude Dunyach. J’ai passé un excellent moment avec ce livre dont j’aurai aimé, tout de même, qu’il dure plus longtemps. J’ai vu que le Roman Étoiles Mortes, se passait dans le même univers mais plusieurs siècles avant, je pense qu’il va prochainement finir dans ma PAL pour continuer à découvrir et voyager avec ces AnimauxVilles.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir une histoire dense, complexe, qui force le lecteur à réfléchir, proposant de nombreux axes de réflexion, principalement sur l’Homme, et qui et ne laisse pas indifférent. Un récit humaniste et efficace, bien porté par un univers pointu et des plus captivant, détaillé, qui se dévoile avec plaisir à l’imagination du lecteur sans jamais le perdre grâce à des explications abordables. Comment ne pas tomber sous le charme de ces AnimauxVilles, ces armures, ces vaisseaux etc… Les personnages ne manquent pas d’attraits et se révèlent soignés et entraînants même si j’ai trouvé que parfois l’aspect émotionnel était un peu voilé par le message que cherche à faire passer les auteurs. La plume des auteurs se révèle efficace, vivante, riche, faisant monter la tension au fil des pages pour un final explosif, immersif et flamboyant. Je regretterai juste peut-être une première partie légèrement verbeuse ainsi qu’une conclusion qui s’offre quelques facilités dans les relations des personnages et un petit peu trop happy-end par certains aspects, mais franchement des broutilles tant je me suis retrouvé happé par ce texte.

 

Ma Note : 8,5/10

La Chica Zombie – Laura Fernández

la chica zombieRésumé : Dans la ville fictive d’Elron, à la fin des années 90, une poignée d’élèves et de professeurs se préparent au célèbre bal des Monstres du lycée Robert-Mitchum. Erin, seize ans, se réveille un matin et découvre avec effroi que ses cheveux sont pleins de vers, que ses doigts tombent les uns après les autres… Tout semble indiquer qu’elle est morte… Pourtant, malgré son odeur pestilentielle et sa chair en lambeaux, Erin doit quand même aller en cours. Elle cache son corps putréfié de zombie derrière des vêtements informes et du maquillage, et personne ne semble s’apercevoir de son état.

Edition : Denoël (paru le 21/11/2014)
Traduction : Isabelle Gugnon

 

Mon Avis : Ce récit à un peu fini dans ma PAL par hasard, je dois bien l’avouer. Comme vous devez le savoir, si vous suivez régulièrement ce blog, j’apprécie la figure du zombie dans la littérature, qui peut offrir de nombreuses palettes, allant de l’horreur à la réflexion et qui présente une sorte de force lente et limite impossible à contenir. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce livre, je dois bien avouer que je me suis facilement laissé tenter, surtout que le résumé pouvait s’annoncer intéressant. Je trouve d’ailleurs la couverture sympathique avec son côté geek et légèrement morbide.

Ce roman va nous offrir un récit choral, suivant le destin de différents personnages du lycée Robert-Mitchum, et plus principalement Erin qui va voir sa vie bouleversée en se réveillant un matin et constatant qu’elle est devenue un zombie. Tout va alors changer pour elle et son entourage. Il y a, de façon très générale, trois types de roman de zombies. Le premier se sert des zombies comme monstres basiques à éliminer, cherchant à développer plus le côté action/horreur, le second utilise le zombie comme image, reflet de certaines perversions de notre société poussant le lecteur à réfléchir et le troisième offre plutôt le mélange entre les deux. La Chica Zombie tend clairement vers le second, cherchant plus à faire réfléchir le lecteur car, ici de l’action il n’y en a pas. Si vous êtes donc à la recherche d’un roman défouloir sur les morts vivants passez votre chemin. Pour les autres vous pouvez rester, mais je ne suis pas sûr de vraiment réussir à vous donner envie.

Mais alors que nous propose ce roman ? C’est bien simple, il cherche à nous offrir une réflexion sur notre société, principalement sur ce besoin de paraître face aux regards des autres, d’offrir une image biaisée, mais aussi une critique acerbe sur ce milieu qu’est le lycée, où on peut se retrouver broyé, humilié, forcé à faire des choses pour essayer de rester populaire face aux autres ou bien encore sur ce monde, stressant, à vouloir aller trop vite, à imposer sa vision à chacun, poussant parfois certaines individualités à la folie. L’auteur décide ainsi de construire l’ensemble selon un mauvais soap ce qui, normalement, doit ainsi apporter une dose d’humour et permettre de grossir les traits et les idées qu’elle cherche a faire passer au lecteur pour mieux les imposer. Problème j’ai beau avoir constaté au fil des pages ces différentes idéologies et ce qu’elle cherche à faire passer, j’avoue n’avoir jamais pu entrer dans le récit, ni même m’y accrocher un minimum. Une fois le roman terminé j’ai simplement eu l’impression d’être totalement passé à côté du sujet et de l’histoire.

Comme je l’ai dit, l’auteur s’amuse à grossir fortement le trait de son récit et, à force de trop le grossir, on tombe clairement dans l’absurde, l’illogique et l’aberrant. Franchement ici on a l’impression que la société se limite en deux catégories bien distinctes et qui ne se comprennent pas. Les élèves du lycée qui ne pensent qu’au sexe et à se faire remarquer, ce qui ne me dérange pas trop dit comme ça mais dans la façon dont c’est présenté tombe trop dans la caricature, et les adultes qui, eux, ne pensent qu’à se marier. Car oui, j’ai une mauvaise nouvelle à vous apprendre, le but ultime de la vie c’est le mariage. C’est bien simple si tu es encore célibataire tu es soit gros, soit folle. D’ailleurs au point où tu en es, tu peux te marier avec le premier venu, pas besoin d’amour ni de connaitre la personne. Alors oui c’est ironique, je le sais, oui en amenant de telles situations on ne peut qu’être choqué et se poser des questions, le problème c’est que pas un seul instant je n’y ai ressenti une critique, une philosophie, un pamphlet ou autre. C’est juste lourd et j’avais de la peine pour les personnages qui se retrouvent à ramer comme pas possible.

D’ailleurs parlons-en des personnages. Vu que le récit est présenté comme un soap, dans ce genre de série souvent ils manquent clairement de profondeur. Ici on n’échappe pas à cette règle, chacun des personnages se révèle aussi épais qu’une feuille de papier, mais, chose rare, ils alignent une autre qualité, ils n’ont aucune logique. Mais vraiment aucune. Il n’y a rien à sauver. Prenons un exemple, revenons vers notre couple de célibataires (à noter que j’aurais pu choisir n’importe qui), le gentil monsieur demande donc à la charmante demoiselle si elle souhaite dîner un soir avec lui, la demoiselle, ayant peur car n’ayant jamais connu de relation sérieuse et se révélant assez traumatisée, refuse prétextant d’autres obligations. Là, lecteur je te laisse cogiter sur les différentes réactions possibles, si tu trouves la bonne tu peux lire ce livre. Car oui notre homme, triste de ce refus va cogiter et nous offrir l’idée géniale que, si elle a refusé son invitation, c’est parce qu’elle aime les hommes mariés et qu’il doit donc faire semblant d’être marié pour récupérer la belle. Là, j’ai donc décidé de fouiller l’appart à la recherche de quoi me faire planer, n’ayant rien trouvé j’ai de nouveau sorti la barque, attrapé Marmotte et ratons, et de nouveau ramé. Le pire c’est qu’ils sont tous comme ça, alors si vous trouvez cela drôle, franchement foncez, vous allez vous taper un bon trip, sinon j’aurai du mal à conseiller la lecture de ce livre.

Concernant la conclusion ici aussi j’ai eu beaucoup de mal à m’accrocher, l’impression que l’auteur, limitée en pages à écrire, a bâclé sa fin nous offrant un happy-end pour nous faire plaisir sans raison ni explication. Dommage. La plume de l’auteur est en soit pas mauvaise, même si elle n’a rien, je trouve d’exceptionnel. elle se révèle simple, efficace et percutante. Après il y a un point qui m’a énervé j’aimerai bien savoir à quel moment on peut se dire qu’il est intéressant quand un personnage rigole de me le signaler par les onomatopées HI HI HI HI. Désolé, mais quand je lis cela j’ai plus l’impression de voir le personnage glousser que rigoler, mais bon. Au final j’avoue je n’ai pas accroché à ce récit, après si vous appréciez ce genre d’humour et de délire complètement barré et sans aucune véritable logique, laissez-vous tenter, pour les autres à vous de voir par vous-même.

En Résumé : J’avoue, je ressors de cette lecture pas vraiment convaincu. L’auteur cherche pourtant à nous offrir un récit qui est là pour nous faire réfléchir sur notre société, ce besoin de paraître, d’être vu, ou encore de rentrer dans des moules imposés par la société qui nous broie plus qu’autre chose, le problème c’est que j’ai vu les idées, mais elles n’ont jamais marché avec moi et surtout ne m’ont jamais vraiment donné envie de poursuivre. Ceci vient en fait de la façon dont est présenté le récit, il cherche à jouer la caricature à son paroxysme, grossissant le trait au maximum pour mieux faire réagir, mais voilà j’ai eu l’impression de trouver ça lourd et ennuyeux. Les personnages n’ont aucune logique et alignent aberration sur aberration sans jamais réussir à faire que je m’attache à eux. La conclusion parait balancée là, comme si l’auteur était obligée de finir sans dépasser un certain nombre de pages. La plume se révèle simple et plutôt efficace, mais n’a rien de non plus exceptionnelle abusant un peu trop des onomatopées. Dommage car comme je l’ai dit les idées sont là. Après si vous appréciez les récits complètement déjantés, qui planent et ne cherchent pas obligatoirement la cohérence alors peut-être que vous accrocherez plus que moi.

 

Ma Note : 3,5/10

Autres avis : Cornwall, Loesha, …

zombies challenge

Poupée aux Yeux Morts – Roland C. Wagner

poupée aux yeux mortsRésumé : Le temps est censé passer moins vite à bord des nefs voyageant à une vitesse proche de celle de la lumière. Pourtant, Kerl n’est plus qu’un vieillard à son retour de la planète Dzêta Bootis, tandis que Sue, demeurée sur Terre, n’a pas pris une ride en cinquante ans.
Ce paradoxe n’est que le premier d’une longue série d’événements en contradiction avec la théorie de la Rationalité. Qui est le fouinain, cet oracle extraterrestre improbable que l’on dirait tout droit sorti d’un dessin animé ? Pourquoi l’austère Merteuil Filvini poursuit Kerl de son impitoyable vindicte ? Que sont devenus les Programmeurs sauvages qui écumaient les supérettes durant la cruelle Ère néopure ?

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Roland C Wagner fait partie de ces auteurs qui ont marqué la littérature de Science-Fiction française. Depuis que je tiens ce blog je n’ai pourtant chroniqué que son ultime roman, Rêves de Gloire, que j’avais adoré nous proposant une uchronie des plus fascinantes (ma chronique ici). Les Moutons Électriques ayant décidé de republier certaines de ses œuvres dans une magnifique édition reliée, il ne m’a donc pas fallu longtemps avant de faire rentrer ce livre dans ma PAL. À noter la couverture, illustrée par Caza, que je trouve superbe par son côté sobre et pourtant très SF.

Ce roman nous fait découvrir Kerl, naute, qui a voyagé dans l’espace mais qui, suite à un incident, n’a pas bénéficié du ralentissement du temps lors de son voyage proche de la lumière. Il décide, chose insensée, de retrouver la femme qu’il aime. Il apprend alors qu’elle est toujours en vie, qu’elle n’a pas vieillie et que surtout elle a été conditionnée et se retrouve prostituer. Il va alors tout faire pour la récupérer. On pourrait considérer ce récit comme une simple histoire sentimentale d’un amour perdu, mais il va finalement se révéler bien plus que cela, oscillant alors entre roman d’aventures, roman politique et science-fiction flamboyante. On se retrouve avec un roman dense et plus complexe qu’on pourrait le croire. Malgré un démarrage peut-être un peu lent, on est assez rapidement happé tant l’ensemble se révèle énergique, sans temps morts, explosif, avec son lot de surprises, d’humour et de rebondissements, nous plongeant en plein milieu d’une menace qui devrait complètement bouleverser l’univers tel qu’on le connait. Plus on avance dans le récit et plus on a l’impression que cela part dans tous les sens, mais le tout de façon maîtrisé, sans jamais nous perdre. Certes il y a un côté barré, mais il se révèle cohérent et colle finalement parfaitement à l’univers que nous propose l’auteur.

L’univers qui est développé tout au long du récit ne manque pas d’interpeller et de surprendre. Certes tout n’est pas non plus parfait, tant l’auteur cherche à nous offrir de nombreuses références et à nous faire découvrir de nombreux personnages, mais dans l’ensemble il se révèle abouti et ne manque pas d’attrait. Un univers futuriste qui n’a surtout pas l’air d’avoir perdu sa cohérence tant certains aspects politiques restent encore plausibles comme cette montée au pouvoir des néopurs ou bien encore ce besoin de se replonger dans un passé souvent magnifié et fantasmé. Cette société qui donne l’impression de ne plus avancer tant elle se fige dans des règles. Une histoire qui ne nous laisse donc pas indifférent et qui nous fait réfléchir comme par exemple sur la violence, même si parfois de façon un peu trop facile. D’ailleurs c’est la grande force du récit, nous présenter cette perturbation qui va redistribuer les cartes, tout en restant cohérent et efficace, relançant ainsi complètement l’intrigue. Alors après, j’avoue, j’aurai aimé en savoir plus sur certains aspects comme par exemple les matraqueurs dont on ne sait que peu de choses. Au final un univers qui donne envie d’être découvert et d’en apprendre plus, avec un bon son rock qui offre un plus à l’ensemble.

Mais finalement ce livre s’avère être aussi une ode à la science-fiction, une définition de  genre passant par plusieurs de sess états. La postface est d’ailleurs là pour nous permettre de mieux comprendre, car oui ce roman finalement offre de nombreuses variations de ce que peut bien composer la SF, allant d’un univers normé et scientifique pour plonger peu à peu dans l’improbable voir l’impossible redéfinissant les règles du jeu, tout en nous offrant une dystopie et le tout mâtiné légèrement de Space-Opera. L’auteur s’amuse clairement avec les différents genres sans jamais s’embrouiller ni tomber dans l’absurde et cela pour le plus grand plaisir du lecteur.

La palette de personnages qui nous sont présentés se révèle vraiment vivante, entrainante et surtout, je trouve, attachante. Comment ne pas s’accrocher à Kerl dans sa quête impossible d’un amour qu’il a fui par peur d’un futur et par idéologie, se retrouvant coincé dans un schéma qu’il ne comprend pas et qui pourtant va tout faire pour s’en sortir, ou bien encore Sue coincé dans son conditionnement, qui a tout oublié ou encore le Fouinin personnage excentrique, type héros de dessin animé, oracle obscur qui offre ses indices goutte à goutte. Même les protagonistes plus sombres possèdent une certaine ambiguïté et une certaine profondeur qui les rend intéressants. Mon seul regret vient finalement du héros principal, Kerl, ou plutôt de son âge. Il est présenté comme ayant plus de 70  ans et franchement c’est difficile à croire devant tout ce qu’il arrive à faire, même aidé par des implants. Mais rien de non plus gênant ou bloquant.

Après tout n’est pas non plus parfait dans ce roman, il s’agit d’un des premiers roman de l’auteur et parfois ça se sent un peu dans certains artifices pour garder accroché le lecteur qui manquent un peu de finesse. Ensuite vers les deux tiers du récit un certain essoufflement se fait ressentir, multipliant les rebondissements pour garder le plus tard possible cette dernière surprise qui, certes, est rattrapé par un final des plus cosmique, flamboyant et fascinant, mais frustre légèrement. Enfin j’avoue ne pas avoir complètement accroché à l’humour, principalement des Salvoïdes, à base de jeux de mots, mais là ça dépendra clairement de chacun, je pense simplement ne pas avoir le même humour. Cela ne gâche en rien le récit, juste une petite impression de passer à côté de quelque-chose.

La plume de l’auteur se révèle vivante, entrainante, efficace nous plongeant facilement dans son récit rempli d’aventures tout en oubliant pas de nous faire réfléchir. Un récit globalement enlevé qui, je pense, mérite d’être découvert et qui en plus permet de se faire une idée sur un panel assez large du genre de la science-fiction. Au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de suivre Kerl dans sa quête d’un amour impossible, qui va se révéler être un récit bien plus complexe et fascinant que cela. Entre aventure, amour, satire politique et humour on obtient une histoire dense et terriblement efficace malgré un démarrage peut-être un peu lent. L’univers qui nous est présenté se révèle solide et offre de nombreuses réflexions, même si j’aurai aimé en savoir plus sur certains aspects. Surtout avec ce roman l’auteur nous offre une définition large de la science fiction, allant du raisonné vers l’improbable en passant par d’autres genres et surtout sans jamais se perdre ni rendre l’ensemble absurde ou ennuyeux. Les personnages se révèlent complexes, attachants et entrainants, j’ai juste eu du mal à accepter le fait que le héros ait plus de 70 ans au vu de toutes les péripéties qu’il rencontre. Je regrette par contre une certaine longueur qui apparait dans le dernier tiers du récit, un humour à base de jeux de mots dont j’ai eu du mal à accrocher et certains artifices facilement devinables, mais bon rien de bloquant ou de complètement dérangeant. La plume se révèle entrainante, efficace et soignée et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Mes Achats du Mois de Novembre 2014

Alors j’avais prévu que le mois de Novembre serait un mois bien rempli en achats avec deux salons de mon côté, les Utopiales et le salon du livre de Colmar, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi rempli. Ajouter à cela l’opération de Bragelonne et j’ai un peu explosé tous les records. Constatez par vous-même.

 Novembre-14

Voilà ce qui a fait grimper ma PAL en livre physique :

  • Seul sur Mars d’Andy Weir aux éditions Bragelonne. Un livre dont j’ai entendu beaucoup de bien et qui m’a été offert en cadeau d’anniversaire en retard.
  • La Vallée de l’Éternel Retour d’Ursula Le Guin aux éditions Mnémos. Je me suis rendu compte que je n’avais aucun livre de l’auteur dans ma bibliothèque, je remédie donc à ce problème.
  • Yellowstone de Ludovic Albar aux éditions Mnémos. Un livre qui m’a intrigué lors des dernières Utopiales et qui a donc fini dans ma PAL.
  • Lignes de Vie de Graham Joyce aux éditions Bragelonne. Ca fait longtemps que je n’ai pas lu de livres de l’auteur, j’ai donc décidé de faire entrer celui-ci dans ma bibliothèque.
  • Juste à Temps de Philippe Curval aux éditions La Volte. Livre qui était nominé au prix Utopiales  et dont le résumé m’intriguait.
  • Étoiles Mourantes d’Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach aux éditions Mnémos. Cette magnifique réédition de ce livre ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • L’archipel du Rêve de Christopher Priest aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Je continue ma découverte de la bibliographie de l’auteur.
  • Les Vélins Carminae d’Isabelle Périer & Frédéric Weil aux éditions Mnémos. Un livre un peu acheté sur un coup de tête face à une couverture accrocheuse et un résumé intéressant.
  • Exodes de Jean-Marc Ligny aux éditions L’Atalante. Un livre qui me tentait depuis un long moment déjà et vu que l’auteur était présent aux Utopiales ça m’a paru être une bonne raison pour me le procurer.
  • Celle Qui a Tous les Dons de M.R. Carey aux éditions L’Atalante. Ce livre m’a été offert par Marmotte qui en avait marre de me voir le chercher partout.
  • Ptah Hotep de Charles Duits aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Autre livre acheté sur un coup de tête, la faute à une illustration de couverture superbe.
  • Dr Adder de K.W. Jeter aux éditions Actu SF. Un livre que j’ai découvert grâce à la présence de l’auteur aux Utopiales et qui a terminé dans ma PAL pour me faire mon avis.
  • Effroyable Ange1 de Iain M. Banks aux éditions L’Oeil D’Or. Je continue ma découverte de la bibliographie de l’autur.
  • La Grande Route du Nord, Tome 2 de Peter F. Hamilton aux éditions Bragelonne. Après un premier tome efficace j’ai fais entrer la suite dans ma PAL.
  • La Musique du Silence de Patrick Rothfuss aux éditions Bragelonne. Aussitôt acheté, aussitôt lu, vous pouvez retrouver ma chronique ici.
  • L’Étrange Cabaret … des Fées Désenchantées d’Hélène Larbaigt aux éditions Mnémos. J’ai un peu craqué sur ce livre magnifique.
  • Les Âmes Envolées de Nicolas Le Breton aux éditions Les Moutons Électriques. Un livre Steampunk avec une couverture superbe ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • Sagas Légendaires Islandaises aux éditions Anacharsis. J’ai envie depuis quelques temps de me plonger dans le folklore et les légendes et ce livre m’a tape dans l’œil.
  • Planète Génate, L’Intégrale de Jack Vance aux éditions Le Bélial’. Un nouveau Jack Vance vient rejoindre ma PAL.
  • Bleue Comme une Orange de Norman Spinrad aux éditions J’ai Lu. Livre offert par MarieJuliet qui doit chercher à m’amadouer pour l’aider à dominer le monde ^^
  • Eternity Incorporated de Raphaël Granier de Cassagnac aux éditions Mnémos. Un livre qui me tentait depuis un bon moment déjà, une suite venant de paraitre il a donc rejoins ma PAL.
  • Tout le Steampunk d’Étienne Barillier & Raphaël Colson aux éditions Les Moutons Electriques. Un beau livre sur le steampunk, j’ai donc craqué assez facilement.
  • Utopiales 2014 aux éditions Actu SF. Comme tous les ans je repars avec l’anthologie du festival qui, cette fois, sera lu en LC avec MarieJuliet.
  • Ilya Mouromets et Autres Héros de la Russie Ancienne aux éditions Anacharsis. Un autre livre sur le folklore et les légendes mais cette fois sur la Russie.
  • L’Épée Brisée de Poul Anderson aux éditions Le Bélial’. Une réédition qui ne pouvait que finir dans ma PAL.
  • American Gothic de Xavier Mauméjean aux éditions 10/18. Un livre dont j’ai entendu énormément d’échos positifs. J’ai donc décidé de le faire rentrer dans ma PAL.
  • L’Alchimiste de Khain de Paolo Bacigalupi aux éditions Au Diable Vauvert. Autre livre offert par MarieJuliet que je remercie.
  • Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg aux éditions Alire. Un livre dont j’ai aussi entendu beaucoup de bien.
  • Dernières Nouvelles D’Œsthrénie d’Anne-Sylvie Salzman aux éditions Dystopia. Livre que j’ai oublié lors de la prise de la photo. Vous pouvez retrouver ma chronique est ici.

Passons maintenant aux ebooks :

  • Le Royaume Blessé de Laurent Kloetzer aux éditions Le Bélial’.
  • Royaume Désuni de James Lovegrove.
  • Renégat Tome 1, Le Chevalier Rouge de Miles Cameron.
  • L’œil du Temps Tome 1, L’Odyssée du Temps d’Arthur C. Clarke & Stephen Baxter.
  • Le Dernier Denier de James P. Blaylock.
  • Goer de la Terre Tome 1, La Planète du Jugement de Michel Jeury.
  • Le Crépuscule des Dieux, La Ménopause des Fées de Gudule.
  • Le Dieu de Lumière de Jean-Pierre Andrevon.
  • Doctor Who : Le Dragon du Roi.
  • La Forêt Muette de Pierre Pelot.
  • Sous le Vent du Monde Tome 1, Qui Regarde la Montagne au Loin de Pierre Pelot.
  • Le Voyageur de James Smythe.
  • Les Navigateurs de L’infini de J.-H.-Rosny Ainé.
  • Magic Cottage de James Herbert.
  • Les Chiens qui Traversent la Nuit de Pierre Pelot.
  • Fortune Cookies de Silène Edgar.
  • Au Coeur du Silence de Graham Joyce.
  • Seuls de Mathias Moucha.
  • Dylan Stark Tome 1, Quatre Hommes pour L’Enfer de Pierre Pelot.
  • La Croix et la Lionne de Michel Jeury.
  • Les Enfants d’Icare d’Arthur C. Clarke.
  • Ch3val de Troi3 d’Eric Nieudan.
  • Le Prophète Perdu d’Algis Budrys.
  • Quatre Cent Milliards d’Etoiles de Paul J. McAuley.
  • La Guerre Tranquille de Paul J. McAuley.
  • Le Seigneur de l’Histoire de Michel Jeury.
  • La Grande Explosion d’Eric Frank Russell.
  • Lune Fourbe d’Algis Budrys.
  • Vlast de Peter Higgins.
  • Les Prairies Bleues d’Arthur C. Clarke.
  • Les Domestiques de Michael Marshall Smith.
  • Les Colmateurs Tome 1, Cette Terre de Michel Jeury.

Une chose est sûre, je ne vais pas manquer de lecture. Bon après le soucis des opérations à 99cts c’est que, oui, les livres m’intéressent, mais ne sont pas toujours prioritaires. En tout cas je l’annonce, c’est officiel, décembre et janvier seront beaucoup plus calme mis à part quelques achats de sorties que j’attends et peut-être des cadeaux pour noël je ne craquerai pas.

Mémoire des Terres Mortes – Claire & Robert Belmas

memoire des terres mortesRésumé : À quoi peut-on songer par une nuit d’éclipse, quand la lune est de sang et que la neige rouge crisse sous le pas ?
Jordan Kernel avance fermement sur le sol glacé. Ses implants rétiniens transforment la solitude noire de la forêt en un flamboiement écarlate. Dans la poche de sa tunique isolante, sa main s’appuie sur la crosse de son STS. Au-dessus de lui, le disque éclatant rutile du fond de l’abîme, tandis que scintille la flotte d’acier des stations solaires.
Oui, à quoi peut-on songer ?
Pas aux décombres inutiles d’une vie de cent dix ans béquillée par les traitements génétiques. Pas à l’histoire dont les vagues cycliques ont emporté les rêves de ceux qui ont vécu ici. Pas à ceux qui sont partis. Pas à ceux qui sont morts. Pas aux salauds. Pas aux saints.
On ne pense à rien, sauf peut-être à la rencontre toute proche qui comblera le vide de cette nuit glacée.
« Les terres dites mortes n’ont jamais été aussi pleines de vie. » Les Régulateurs le savent bien, eux qui ont tout sacrifié pour préserver l’intégrité de cet univers et la liberté de ses derniers habitants. Mais la Vague a déferlé, et la Mémoire du monde a basculé. Ceux qui se souvenaient encore des temps anciens ont vu la Mort fondre sur eux. Et l’Enfer était à ses côtés.

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que ce roman à un peu terminé sa course dans ma PAL par hasard. Ce fut lors d’une de mes nombreuses promenades dans la bulle des livres de la dernière édition des Imaginales que je suis tombé sur ce livre dont la couverture, illustrée par Jean-Félix Lyon, m’a immédiatement attiré et donner envie de me pencher dessus pour en apprendre plus. Après une discussion avec l’un des auteurs, qui m’a permis de mieux comprendre et définir l’univers développé ici, je me suis alors rapidement laissé tenter et fait rentrer ce livre dans ma PAL. À noter qu’il comporte neuf textes, qui suivent une ligne temporelle linéaire partant du 21ème siècle et sur plus de cent ans.

Ce livre est, certes, un recueil de nouvelles, mais un recueil de nouvelles imbriqués les unes dans les autres pour tisser une toile. On y retrouve ainsi régulièrement des personnages qui se croisent et nous dévoilent ainsi un peu plus à chaque fois les évolutions qui vont modifier leurs univers. Chacun des textes va alors nous faire découvrir ce fameux espace qui est appelé les Terres Mortes. Qu’est-ce que les Terres Mortes ? C’est bien simple les auteurs se sont basés sur un phénomène qui est de plus en plus constaté, la désertification de la campagne pour les grandes villes, et ont ainsi imaginé un futur clivé entre des hypers-villes et des zones où la nature a reprit ses droits et où seuls vivent des autochtones et des rejetés. À partir de là ils vont alors nous offrir de nombreux axes de réflexions intéressants que ce soit sur l’utilité qu’on fait de notre planète et de la place qu’on possède, sur l’exode de masse qui pousse les gens à s’agglutiner parfois dans de petits espaces souvent pour pas grand-chose, ou encore un vrai travail de fond sur l’Homme et sa capacité à tout faire pour retarder au plus tard le jour de sa mort, la technologie qui devient de plus en plus pointu mais qui n’est pas toujours maîtrisé ou bien aussi sur les aspects génétiques. Le point fort vient surtout qu’ils ne tombent jamais dans le côté binaire, aucune des réflexions proposés n’offre de véritables réponses, offrant ainsi des aspects positifs comme négatifs.

À partir de là on va se retrouver alors avec neuf textes différents qui vont aller du fantastique, à la science-fiction en passant par le polar, oscillant même quelquefois avec le frisson. Neufs récits qui, dans l’ensemble, se révèlent efficaces et entrainant, le tout à un rythme assez bien soutenu et sans temps morts. On découvre aussi ainsi des Terres Mortes qui, contrairement à leur nom, se révèlent luxuriantes, vivantes, sauvages, possédant beauté et violence, ainsi que des hyper-cités où le phénomène de classe s’est encore accentué, où une violence sourde et une haine se révèle toujours aussi présent dans les quartiers les plus bas, mais où, pourtant, un aspect assez fascinant se dégage quand même et donne envie d’en apprendre plus. C’est d’ailleurs une bonne idée de ne pas transformer la campagne en paradis et faire des villes des monstres, je trouve que cela offre une nuance supplémentaire. On se retrouve alors avec des récits qui se révèlent un minimum complexe et qui ne devraient pas laisser le lecteur indifférent, offrant finalement une humanité déconnecté, parfois futile, qui tourne aussi facilement en rond.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, tous les textes ne sont clairement pas au même niveau et certaines se révèlent parfois un peu linéaire ce qui rend la conclusion moins percutante. Rien de bien bloquant non plus tant l’ensemble se révèle cohérent et entrainant. Autre point qui peut surprendre vient que les auteurs nous offrent un peu une SF qui possède un aspect légèrement surannée, un peu comme si ces récit avaient été écrit dans les années 80-90, rien de bien méchant, mais on y retrouve certains archétypes de l’époque principalement au niveau de certains personnages, comme cette dualité entre Kernel et Klapmann, ou encore sur les aspects génétiques. C’est parfois légèrement dérangeant, mais ne dérange en rien finalement la lecture.

Concernant les personnages, l’aspect intéressant de ces nouvelles c’est de faire revenir régulièrement certains des protagonistes et les faire se croiser au fur et à mesure des textes et des années. On les voit ainsi changer, évoluer et apporter alors des détails et réflexions intéressants sur leurs visions du monde qui change au fil du temps et des technologies. Après tous les personnages ne sont pas aussi fascinants à suivre au fil des pages, certains se révèlent vraiment entrainants et efficaces, là où d’autres, sans non plus se révéler complètement mauvais ou ennuyeux, tombent parfois un peu dans une légère caricature ce qui fait qu’on a un peu plus de mal à s’accrocher à eux.

La plume des auteurs se révèle entrainante, efficace et surtout s’adapte parfaitement aux différents récits qui oscillent dans les différents genres. Je regrette juste, peut-être, un certain détachement du style vis-à-vis des protagonistes ce qui donne parfois une impression de froid, comme un voile sur les émotions qui cherchent à être mis en avant, c’est parfois frustrant même si en rien gênant non plus. Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce recueil de neuf nouvelles, dont le dernier texte ouvre d’ailleurs sur de nombreuses possibilités qui appellent une suite. Je lirai donc avec plaisir d’autres écrits des auteurs.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce recueil de neuf textes, liés dans le temps, qui nous propose de découvrir les Terres Mortes, ces campagnes abandonnées à la nature suite à l’exode des populations vers les hyper-villes. Chaque texte possède sa propre histoire, son propre genre et peut se lire indépendamment des autres, même si l’ensemble forme un tout. Les auteurs nous offrent alors une réflexion intéressante sur de nombreux sujets sans tomber dans le binaire tout en nous proposant des récits entrainants et efficaces. Les personnages se révèlent intéressants avec des aventures entrainantes, même si tous ne sont pas toujours attachants. Alors après tous les textes ne sont pas au même niveau, certains se révélant aussi linéaires mais rien de non plus bloquant. La plume se révèle un minimum soignée et rythmée, s’adaptant à chacun des récits même si je l’ai trouvé un peu détaché concernant les personnages. En tout cas je lirai sans soucis d’autres textes des auteurs.

 

Ma Note : 7/10

Le Dernier Loup-Garou – Glen Duncan

le dernier loup-garouRésumé : Jake Marlowe est le dernier de sa race.
Pourchassé par des tueurs fanatiques qui ont juré de lui trancher la tête, protégé contre son gré par une organisation secrète désireuse de vivre au grand jour, Jake a décidé d’arrêter de fuir. La prochaine pleine lune sera sa dernière.
«Va où tu peux, meurs où tu dois.»
Mais pour le vieux loup-garou suicidaire et blasé, rien ne va se dérouler comme prévue.
Par définition, l’amour est imprévisible.

Edition : Denoël Lunes d’Encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que le loup-garou ne fait pas partie des créatures fantastiques que j’apprécie le plus. Je ne les déteste pas, mais je n’ai jamais non plus été fasciné par eux, mis à part peut-être quelques films vu ici ou là. Pourtant ce livre me tentait énormément au moment de sa sortie, la faute à une promotion efficace et un certain engouement qui tournait autour de lui. Pourtant j’ai longtemps hésité avant de finalement le faire rentrer dans ma PAL ; c’est bien simple depuis l’éditeur a eu le temps de sortir les tomes deux et trois. C’est dire si j’ai traîné. J’ai donc décidé de le sortir enfin de ma bibliothèque. À noter une couverture, qui manque certes selon moi d’originalité, mais a le chic de nous mettre directement dans l’ambiance.

Une fois la dernière page tournée je dois dire que j’ai globalement plutôt bien apprécié ce premier tome, mais bon sang que le démarrage fut laborieux. Le premier tiers du livre a eu énormément de mal à complètement m’embarquer malgré le fait qu’il nous offre un univers qui ne manque pas d’intérêt. La faute tout simplement au personnage principal. C’est bien simple ce récit est présenté comme le journal de Jack Marlow, âgé d’environ deux siècles et loup-garou de son état, qui apprend qu’il est devenu le dernier de son espèce, traqué par La Chasse. On se retrouve donc à suivre un personnage qui pendant les 100 premières pages nous présente un visage dépressif, qui s’apitoie sur lui-même et attend simplement que la mort vienne le chercher. Il nous offre aussi des réflexions, certes pas dénué d’intérêt, sur la vacuité de la vie et sur l’auto-destruction programmée de la société, mais le tout porté par un nombrilisme assez frustrant. C’était peut-être le but de l’auteur, nous dévoiler un héros au fond du trou, mais franchement compliqué de s’attacher à lui ou de s’apitoyer sur son sort sans vouloir par moment le secouer voir faire bien pire. C’est assez énervant car au début finalement on le comprend, puis il nous énerve. Heureusement que la suite va changer la donne.

En effet elle va alors nous plonger dans ce que j’espérais en me lançant dans cette lecture, une intrigue de Fantasy Urbaine enlevée, avec un rythme soutenu et son lot d’action et de rebondissements. On se rend alors compte que l’intrigue se révèle plus complexe qu’une simple bataille finale entre le dernier des Loup-garou et La Chasse. L’ensemble se densifie alors au fil des pages avec l’apparition aussi d’autres êtres mystiques, certes classiques, mais efficaces, que sont les vampires. On se retrouve alors de nouveau happé dans cette histoire qui va nous entrainer au Royaume Uni et en France à la découverte de forces obscures qui ont énormément d’intérêt à retrouver Jack ainsi que par son lot de trahisons et de surprises. C’est dans cette partie que le cynisme du héros prend toute son ampleur, ces différentes réparties qui nous offre un point de vue assez singulier et de nombreuses réflexions assez percutantes, même si parfois un peu faciles,  apportent alors un plus. Surtout ce roman nous offre une histoire loin de la majorité des récits actuels, nous dévoilant finalement un monde loin d’être lumineux et magique avec ces histoires d’amour rose bonbon, non ici le sang, le sexe et la violence prédomine largement, ce qui, je trouve, colle parfaitement à l’ambiance du livre.

Concernant les personnages il y a, je trouve, du bon et du moins bon. Concernant notre héros une fois sa phase dépressive passée, je ne vais pas dire que j’ai commencé à énormément l’apprécier, ce serait mentir, mais il se révèle tout de même de plus en plus attachant, charismatique et avec une bonne dose d’humour noir. Il faut dire que le sort s’acharne sur lui sans donner l’impression de lui offrir un peu de répits. Concernant les autres personnages, j’avoue avoir bien accroché à Talulla et Ellis qui ne manquent pas d’intérêt et se révèlent plus complexes qu’on peut le croire, tandis que d’un autre côté je suis resté plus perplexe avec Grainer et Jacqueline Delon qui, sans être complètement mauvais, ont du mal à ne pas tomber dans une certaine caricature. L’univers développé au fil des pages se révèle assez classique, mais solide et offre pas mal de questions qui restent encore en suspens et donnent envie d’en apprendre plus.

Mais voilà malgré cette accélération et ces passages plus incisifs dans les deux derniers tiers du récit, l’ensemble possède encore quelques défauts. J’ai ressenti quelques longueurs ici ou là principalement parfois dans la capacité du héros à philosopher, ainsi qu’une conclusion, certes explosive, mais qui repose quand même sur un Deus Ex Machina assez frustrant, facile et qui surtout demande plus d’explications. Peut-être par la suite dans les autres tomes.

Concernant la plume de l’auteur, c’est une des grandes forces, je trouve, du récit nous offrant un style qui se révèle clairement percutant, dense, jouant habilement avec l’alternance présent et flashback, nous dévoilant aussi un vrai loup-garou, bestial et sauvage qui donne envie d’en apprendre plus, le tout avec une pointe d’humour et de cynisme pas désagréable. Au final tout n’est pas parfait dans ce premier tome, mais il se révèle tout de même assez agréable et m’a donné envide de lire la suite un de ces jours.

Résumé : J’ai donc finalement passé un moment de lecture sympathique avec ce livre, même si tout n’est pas non plus parfait selon moi. J’avoue que le premier tiers du livre a eu du mal à m’enthousiasmer, le personnage principal tombant un peu trop dans la dépression, l’auto-apitoiement et dans l’attente de sa mort qu’il croit certaine. Certes il a des raisons, mais à force on a clairement envie, au minimum, de le secouer. Puis la suite m’a réveillé, gagnant en intensité, offrant un rythme soutenu, rempli d’action, de trahisons, de surprises et de rebondissements qui font que je me suis finalement laissé emporter. L’univers développé se révèle classique et solide et offre de nombreuses questions qui devraient être développés par la suite. Concernant les personnages je suis plutôt mitigé, outre notre héros cynique à souhait et percutant ils sont soit complexes et intéressant soit tombent un peu dans la caricature. Je reste par contre légèrement frustré de cette conclusion reposant sur un deus ex machina un peu gros, mais rien de bloquant. La plume de l’auteur se révèle efficace, dense et pleine d’ironie et d’humour noir. Je lirai sûrement la suite de cette série, même si je ne pense pas en faire une priorité.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autre avis : Mariejuliet, Philémont, Gruz, Bibliocosme, ACdeHaenne, etc…

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