Auteur/autrice : BlackWolf Page 90 of 202

Métro Z – Fabien Clavel

metro zRésumé : Emma est excédée quand son métro reste bloqué à la station Châtelet. Déjà qu’elle doit s’occuper de Natan, son petit frère autiste… Quand une explosion retentit dans le wagon voisin, elle se rue, paniquée, dans les couloirs envahis par une épaisse fumée jaunâtre. Emma réalise que tous les accès sont condamnés et que Natan n’est plus avec elle ! Partant à sa recherche, elle observe le comportement étrange et terrifiant des autres passagers : indolents, marmonnant, les yeux dans le vague…

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Il y a quelques semaines je me suis laissé tenter par la lecture de L’Évangile Cannibale, du même auteur, qui proposait une variation sur le thème des zombies clairement intéressante, dévoilant comme héros principaux des retraités et qui m’avait offert un très bon moment de lecture (ma chronique ici). Je me suis donc rapidement laissé tenter par son roman jeunesse, qui se situe dans le même univers et offrait un point de vue différent de cette invasion de zombies, en ayant hâte de voir comment l’auteur allait s’en sortir avec une lecture pour un public plus large. En tout cas l’illustration de la couverture nous met directement dans l’ambiance : il va falloir fuir.

Emma jeune lycéenne comme les autres, rentre chez elle avec son frère autiste dont elle s’occupe. Une explosion va alors complètement bouleverser ses plans, elle va se retrouver à fuir pour sa vie et très vite se rendre compte que les autorités ne laisse sortir personne. Pire, dans la panique elle a oublié son frère et doit alors le retrouver dans les méandres du métro avant d’espérer s’échapper. Ici, comme prévu par rapport L’Évangile Cannibale, on change complètement de décor, avec comme héroïne cette fois une lycéenne, mais aussi changement de trame, car on quitte le roman post-apocalyptique pour nous plonger au départ de la crise, au cœur même de l’incident. On se retrouve donc ainsi dans quelque chose d’assez classique sur le papier, avec la fuite en avant pour survivre de l’héroïne et ses amis, mais qui n’empêche pas à l’ensemble de se révéler plus que solide et efficace. L’auteur nous happe dès le début, nous immergeant dans l’action dès le second chapitre pour ne plus nous lâcher jusqu’à la conclusion. Le rythme est tendu et l’ambiance qui se dépeint au fil des pages est de plus en plus angoissante. Emma va devoir braver de nombreuses péripéties si elle espère s’en sortir. Le lecteur se retrouve alors à tourner les pages pour en découvrir plus et savoir ce qui va arriver aux héros.

L’univers qui se développe tout au long du récit se révèle assez efficace, nous dévoilant une France futuriste , où les médicaments sont monnaie courante et sont utilisés pour un rien, où les technologies, de plus en plus intrusives, ont évolué pas toujours en bien et où le pouvoir ne change pas et préfère se protéger que faire face à la crise. Là-dessus l’auteur développe aussi de nombreux axes de réflexions qui se révèlent efficaces, même si parfois traités de façon un peu trop simple. Il évite par contre de se mettre des limites, vis-à-vis de l’âge potentiel du lecteur, et traite de sujets d’actualités voir même de sujet graves. On se retrouve ainsi à réfléchir sur la liberté de la presse qui cherche plus facilement le larmoyant ou le sensationnel, l’acceptation des autres, l’influence des classes sociales dans la vie ou encore la maladie et plus particulièrement l’autisme qui, je trouve, est bien traité, offrant des parallèles originaux et permettant au jeune lecteur de mieux appréhender cette maladie. En tout cas une image de fond efficace qui ne laisse pas indifférent. L’auteur n’oublie pas pour autant qu’il est dans un roman de zombies et offre quelques scènes bien angoissantes et glaçantes ; pour un roman jeunesse j’entends bien.

 Concernant les personnages l’effort a clairement été fait pour éviter de tomber dans une certaine caricature voir même éviter d’offrir certains archétypes des héros de récit jeunesse. En effet les protagonistes qu’on découvre au fil des pages se révèlent humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dépassé devant les évènements, mais qui n’ont d’autres choix que d’avancer s’ils veulent s’en sortir. On se retrouve ainsi à s’attacher assez facilement et rapidement à Emma, adolescente en manque de reconnaissance depuis la naissance de son frère autiste, qui face à la crise qui apparait va alors se retrouver à faire des choix, parfois d’instinct, mais qui vont la forcer à changer, à avoir un nouveau regard. Mais c’est surtout par sa relation avec son frère qu’elle arrive, je trouve, à nous toucher, son évolution tout au long du récit, nous dévoilant au fil de flashback une relation compliquée, une tension entre eux, mais dont la crise et les conséquences qui en découlent vont les aider à se rapprocher, d’une certaine façon à mieux se comprendre et s’apprécier. Il faut ajouter à cela des personnages secondaires eux aussi intéressants et qui apportent des points de vues et des réflexions différentes.

Là où j’ai légèrement coincé dans ma lecture, c’est concernant certains passages qui se révélaient, à mon goût, un peu trop facile, dont la résolution était amenée un peu trop simplement. Alors je sais bien qu’un roman jeunesse n’aura pas la même complexité qu’un livre plus adulte, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais voilà, ici, j’ai trouvé que la fin s’offrait un peu trop de deus ex machina. C’est dommage car ça rend la conclusion un peu frustrante et quelques pages de plus pour s’offrir peut-être quelques rebondissements supplémentaires aurait pu apporter quelque chose en plus. Attention ça n’enlève en rien les qualités de l’histoire qui se révèle plaisante à lire et à découvrir, juste que ça l’empêche de passer un cran au-dessus.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, entrainante et arrive à facilement capter le lecteur pour ne plus le lâcher, à travers cette ambiance dans les méandres de métro assez angoissante et surprenante. À noter aussi une sorte de supplément à la fin, intégré à l’histoire, qui retrace l’historique du zombie et qui offre aussi une comparaison avec les autres être fantastiques ; certes ça n’apprendra rien au fan du genre, mais ça permettra au néophyte d’en apprendre plus et je trouve l’idée réussie. Au final un roman jeunesse qui m’a offert une lecture très sympathique et qui se lit facilement malgré une conclusion un peu facile. En tout cas je lirai d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce roman qui nous offre une histoire de zombies, certes classique sur la forme avec cette fuite en avant devant la catastrophe, mais qui se révèle efficace et entrainante. L’univers futuriste offert ici est solide et bien porté par de nombreuses réflexions, accessibles à tous et qui se révèlent prenantes et percutantes, que ce soit aussi bien sur la société que sur l’homme. L’auteur n’oublie pas non plus qu’il traite de zombies offrant des scènes angoissantes et une ambiance stressante ; pour un roman jeunesse j’entends bien. Les personnages évitent clairement de tomber dans la caricature ou dans l’archétype du héros jeunesse, pour se révéler humain et attachants. La relation entre Emma et son frère autiste est, je trouve, bien traité et son évolution apporte une touche sensible. Les personnages secondaires ne manquent pas aussi d’attraits et apportes des points de vues différents et intéressants. Mon principal regret viens que l’auteur s’offre, principalement sur la fin, un peu trop de facilité pour faire avancer son intrigue, rien de complètement gênant, mais un peu dommage je trouve. La plume se révèle simple et entrainante offrant, pour les jeunes et les moins jeunes, un roman de zombies agréable. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7 /10

 

Autres avis : Cornwall, Lelf, Bibliocosme, AcrO, …

 

zombies challenge

American Fays – Anne Fakhouri & Xavier Dollo

american faysRésumé : Ce Chicago de 1925 a tout du chaudron prêt à exploser ! Entre les Leprechauns mouillés dans la fabrication de faux billets et les gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool et des speakeasies, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Et tandis qu’Al Capone tente de retrouver son influence sur la ville, voilà que des Drys, farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.
Scarface devient, aux yeux des autorités, le suspect idéal. Furieux et persuadé que les Fays sont dans le coup, il charge une bande de chasseurs de Fays, les No Ears Four, de débusquer les véritables coupables.
Pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs, les quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’œil du cyclone !

Edition : Critic

 

Mon Avis : Depuis quelques années je dois bien admettre que je suis devenu un inconditionnel des écrits que ce soit d’Anne Fakhouri ou de Xavier Dollo. Par conséquent quand j’ai appris que ces deux auteurs allaient s’associer, qui plus est pour travailler dans l’univers de l’excellente nouvelle d’Anne Fakhouri, Du Rififi Entre les Oreilles, publiée dans l’anthologie des Imaginales Elfes et Assassins (ma chronique ici), je ne pouvais que trépigner d’impatience et d’envie. C’est donc sans surprise qu’une fois ce livre dans ma PAL, il n’y a pas traîné longtemps et a rapidement terminé sa course entre mes mains. Arrêtons-nous quand même pour parler de l’objet en lui-même qui se révèle superbe avec sa couverture rigide, dos toilé, ainsi que la magnifique illustration de Xavier Collette qui colle d’ailleurs magnifiquement bien avec le récit. Un objet collector.

American Fays nous plonge donc au milieu des années 20, à Chicago en pleine prohibition. Al Capone, obligé de se mettre au vert quelques temps, voit son influence baisser doucement sur la ville. C’est alors que des meurtres mystérieux et sanglants cherchent à le faire accuser. Il décide donc d’envoyer les No Ears Fours enquêter sur ces crimes et prouver son innocence. C’est donc une intrigue tournée vers le polar qui nous est proposé ici et, une chose est sûre, elle se révèle très réussie. Dès la première page on se retrouve véritablement emporté par les nombreuses aventures et péripéties que vont rencontrer nos héros. Le rythme est toujours tendu avec son lot d’action, de rebondissements, de surprises, où rien ne va se révéler facile. Le lecteur se retrouve à tourner les pages facilement et avec plaisir dans l’attente de la prochaine révélation. Surtout que les auteurs sont loin de nous offrir une intrigue toute tracée, multipliant les sous-intrigues, les zones d’ombres et les fausses pistes, permettant ainsi de jouer avec le lecteur, le tout de façon cohérente et réussie, gardant ainsi le meilleur pour la fin qui se révèle explosive. Une histoire que j’ai trouvée parfaitement maîtrisée du début à la fin, qui se lit facilement tant elle se révèle fluide et entrainante et qui ne manque pas de faire sourire nous offrant un humour efficace, plein d’ironie et percutant.

L’univers est une des grandes réussites du récit, nous replongeant dans un Chicago des années 20 plus vrai que nature et terriblement visuel, bien porté par des descriptions réussies. Tout rappel les films de gangsters de l’époque, jusqu’au moindre détail et on sent bien que les auteurs se sont clairement documentés sur le sujet. Une des grandes forces est aussi de ne pas tomber dans l’idéalisation de cette époque, en effet il n’est pas sans rappeler que cette période de prohibition fut aussi celle d’une forte intolérance, de rejet voir même de haine. On se retrouve donc ici avec une ville ambigüe, avec ses aspects fascinants, mais aussi ses zones d’ombres, son racisme, sa morale ambigu, son pouvoir au-dessus des lois ou bien encore la position de la femme qui est loin d’être idyllique. Un univers dense, cohérent et terriblement efficace, ne tombant jamais dans la caricature, évitant de trop en faire pour finalement mieux capter le lecteur, sachant lui dévoiler sa beauté et sa noirceur. Autre aspect intéressant ce sont les fays qui ont une grande importance dans ce monde. Liés à l’Histoire des États-Unis et à l’arrivée du Mayflower, elles ne sont pas ici par hasard et se révèlent clairement captivantes. On retrouve tout un panel de personnage féériques qui se glisse parfaitement dans celui des humains. Elles permettent aussi de mieux exacerber certaines réflexions, certaines idées de façon intéressante comme celle de l’utilisation des personnes considérées comme différentes en tant qu’outils. Ajouter à cela un vernis de Jazz qui apporte une petite touche musicale plus que bienvenue, quelques références intrigantes comme ce clin d’œil envers Lasser Détective des Dieux ou encore vers les contes et on se retrouve ainsi avec un univers captivant, palpable et qui donne envie d’être découvert.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment entrainants et passionnants à découvrir au fil des pages. Que ce soit Old Odd, chef de bande, ancien, qui ne cherche finalement qu’à pouvoir, d’une certaine façon, profiter pleinement de ses vieux jours, Jack l’assassin mystérieux et énigmatique mais qui cache bien son jeu et se révèle glaçant à souhait, mais aussi Bulldog gros bras un peu simplet qui se révèle plus profond que prévu et aussi touchant, ou bien encore Bix au destin tragique, lui qui voulait être jazzman mais qui est blanc, et se retrouve coincé à travailler pour la pègre, chacun des membres des No Ears Fours se révèlent humains loin de tout manichéisme avec leurs envies, leurs parts sombres et leurs émotions. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste avec une mention spéciale pour Jude qui ne cherche qu’à être heureuse et aimée dans une époque ou les femmes n’ont pas obligatoirement beaucoup de droits. Entre trahisons, amour, amitié et mensonges chaque personnage va devoir faire des choix. Le tout est porté par une gouaille qui apporte un véritable plus.

J’avais un peu peur de l’écriture à quatre mains, mais finalement la plume des auteurs n’est en rien dénaturé s’associant parfaitement pour se révéler entrainante, efficace et percutante bien porté par des personnages hauts en couleurs et des dialogues percutants et plein de mordants. Au final je ferai juste une petite remarque c’est concernant la conclusion qui, je trouve, s’essouffle légèrement devant le fait que de nombreux personnages apparaissent dans les dernières pages pour redistribuer les cartes et surtout ralentir encore les révélations finales. Rien de gênant tant l’ensemble est captivant et qu’on s’y plait dans cet univers, mais tout de même un chouïa frustrant. Au final cet American Fays est un excellent roman de Fantasy Urbaine, sans temps morts, avec une histoire complexe et dense et je reviendrai avec plaisir retrouver les No Ears Four si jamais les auteurs comptent un jour écrire une suite.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire très polar se révélant dense, entrainante au rythme tendu et sans temps morts. Le lecteur se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie tant l’ensemble est maîtrisé, offrant son lot de surprises et de retournements de situations. Je ferai juste une petite remarque concernant la conclusion qui, je trouve, utilise un peu trop l’apparition de personnages surprises, ralentissant ainsi les révélations, mais rien de non plus trop gênant et qui ne l’empêche pas de se révéler explosive. L’univers ne manque pas d’attrait se révélant clairement réussi, nous offrant un Chicago des années 20  entre ombre et lumière, loin de tout idéal et qui donne envie d’être découvert avec ses nombreuses références, la présence des fays, ou encore ce léger vernis Jazz qui lui offre ainsi une petite touche musicale. Un univers qui n’oublie pas non plus de mettre en avant de nombreuses réflexions intéressantes. Les personnages sont entrainants, denses et attachants, bien porté aussi par une gouaille des plus mordante. Le style à quatre mains se révèle être efficace et percutant, nous plongeant facilement das cette histoire. Un excellent roman de Fantasy Urbaine et je retrouverai avec plaisir les No Ears Fours si jamais les auteurs décident d’écrire une suite.

 

Ma Note : 8/10

Nexus – Ramez Naam

nexusRésumé : 2040. Le monde est plus que jamais en proie aux dérives technologiques. Les agences gouvernementales sont déterminées à éradiquer toutes les recherches scientifiques pouvant constituer un danger pour l’humanité. Parmi ces menaces : NEXUS, une nano-drogue qui permet à ses consommateurs de connecter leurs cerveaux.
Kade, un jeune et brillant biologiste, considère cette drogue comme un immense progrès pour la société, offrant des possibilités de communication illimitées. À l’aide d’une poignée d’amis, et malgré l’illégalité d’une telle entreprise, il parvient à l’améliorer. Mais ses recherches attisent bientôt les convoitises…

Edition : Presses de la Cité

 

Mon Avis : Ce roman n’a pas fini sa course par hasard dans ma bibliothèque. Il avait de quoi me plaire avec un résumé de Science-Fiction très cyberpunk, accès sur la technologie et l’Homme. Le genre d’histoire qui m’accroche assez facilement. Ajouter à cela une couverture qui se révèle intrigante avec son aspect tablette de médicaments qui offre son lot de questions, j’avais donc hâte de voir ce que pouvait proposer ce récit. Par conséquent quand Babelio a proposé de le découvrir j’ai décidé de tenter ma chance. Je remercie donc Presse de la Cité et Babelio pour m’avoir permis de lire ce livre. À noter qu’il a aussi gagné le Prometheus Award 2014.

Nexus nous propose donc de plonger dans un monde futuriste où les technologies ont continué à se développer rapidement au point qu’il est maintenant possible de connecter les cerveaux ensemble. Elle a d’ailleurs tellement évolué que les gouvernements ont été obligés de mettre en place des lois très stricte face aux dérives qui sont apparus. On se retrouve alors à suivre Kade, petit génie du Nexus, cette drogue qui permet de connecter les hommes, qui va devoir tout faire pour survivre et avancer au milieu de complots qui le dépasse complètement. S’il y a bien une chose qu’offre ce roman c’est un rythme soutenu, sans temps-morts et terriblement efficace, qui fait que le lecteur est rapidement emporté par le récit. Une histoire qui se révèle entrainante avec son lot d’actions, d’explosions, de rebondissements et de surprises, dont l’auteur maitrise assez efficacement l’ensemble pour ne jamais tomber dans l’ennui ou dans un aspect attentiste qui pourrait casser cette tension. Kade se retrouve, certes grâce à une petite facilité scénaristique au départ, emporté dans un univers qu’il ne maitrise pas rempli de violence, de haine, de trahison et où chacun ne voit au final que son propre intérêt.

J’avais, j’avoue, une certaine attente concernant l’univers de ce livre. La présentation très cyberpunk, ajouté au fait que l’auteur soit aussi ingénieur informaticien, laissait présager quelque-chose que j’espérais efficace, et je n’ai pas été déçu. L’auteur nous offre ainsi un futur qui ne manque pas d’attrait, principalement du point de vue technologique, qui se révèle soigné, solide et intéressant tout en restant compréhensible. Entre drogue, nanotechnologie, biotechnologie, armes améliorés, camouflages et tout ce qui peut apporte des évolutions, en bien et en mal, que ce soit pour la société comme pour l’homme on sent que l’auteur a un minimum réfléchi au sujet. En plus l’ensemble reste cohérent vis-à-vis de l’actualité dans la société et aux dernières innovations et études qui sont en cours. D’ailleurs l’auteur nous offre des explications à la fin du roman sur ces sources d’inspiration ce qui, je trouve, apporte un plus. Un futur qui est donc plus que plausible et qui ne manque pas d’attrait. J’ai par contre légèrement moins accroché aux aspects géopolitiques qui nous sont offerts. Déjà l’auteur a décidé de réinventer un semblant de « guerre froide » entre les USA et la Chine, ce qui m’a paru simpliste, mais surtout tombe un peu facilement dans la théorie du complot ou tous les États sont pourris et ne cherchent qu’à s’approprier ces technologies pour son propre avantage tactique. Alors je ne dis pas qu’un gouvernement c’est bisounours-land, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, juste que cela manque un peu de finesse et donne un peu trop l’impression de tomber parfois dans la caricature. Rien de non plus trop bloquant, mais parfois frustrant, surtout que l’auteur utilise en plus un peu trop les briefings pour poser sa politique.

Concernant les personnages ils sont un minimum soignés et font un peu plus que nous entrainer dans leurs aventures. Que ce soit Kade, le héros principal, scientifique de génie, qui a pour but d’améliorer la vie des gens, essayer de les rendre plus heureux, mais à l’éthique parfois un peu trop gentillette surtout dans le monde où il vite, mais aussi Sam l’agent du gouvernement qui possède ses convictions, ses propres expériences et qui, comme souvent, possède un lourd secret que le lecteur voit arriver quasiment dès le début du roman et comprend donc comment elle va évoluer dans les grandes lignes ce qui ne l’empêche pas de se révéler intéressante, ou bien encore Becker qui lui par contre tombe dans la caricature du patron d’une agence gouvernementale mégalo, paranoïaque et sans finesse chacun apporte sa contribution à l’évolution de l’intrigue. Franchement on pourrait avoir l’impression que je n’ai pas apprécié les personnages, ce qui est faux, ils remplissent parfaitement leurs rôles et certains passages nous les rendent vraiment attachants, les méchants offrent de quoi s’inquiéter concernant les héros ainsi que des scènes pleines de tensions, mais voilà ils ne révolutionnent pas non plus le genre et se révèlent parfois un peu trop linéaires.

Là où par contre je ressors un peu déçu une fois la dernière page tournée c’est concernant les aspects philosophiques qu’essaye de développer l’auteur au fil des pages. Il y a clairement de quoi travailler, que ce soit sur la différence entre post-humain, humain et trans-humain pou encore sur la liberté de chacun et la définition même d’humain ce livre ne manque pas de questions. Et pourtant à chaque fois qu’il essaie d’entrer dans le débat ou d’amener des personnages à discuter de ces questions on a vraiment l’impression de tomber dans la philosophie de comptoir avec même les partisans du blanc d’un côté et les partisans du noir de l’autre. L’auteur cherchant plus, finalement, à offrir un techno-thriller haletant qu’à vraiment travailler ses réflexions. Rien de non plus bloquant, mais quand je vois que le quatrième de couverture offre une citation d’Alastair Reynolds qui annonce un roman qui ose regarder le futur droit dans les yeux, je me demande quelles sont les dernières lectures de cet auteur. Donc si vous cherchez une lecture plus profonde sur l’influence des évolutions sur l’homme passez votre chemin. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que ce roman va être adapté au cinéma.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante avec surtout une capacité à rendre toutes les innovations palpables. Finalement j’ai passé un bon moment avec ce roman, malgré le fait qu’il se révèle moins profond que mes attentes initiales. En tout cas je lirai la suite sans soucis histoire de savoir ce qui va nous être offert par la suite.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce livre qui nous offre une histoire efficace, sans temps-morts, pleine d’adrénaline et le tout sous un rythme soutenu, offrant de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises. L’univers développé est efficace, principalement d’un point de vue technologique bien porté par toutes ces évolutions, même si je l’ai trouvé un peu simpliste concernant ses aspects géopolitiques. Les personnages remplissent parfaitement leurs rôles, faisant avancer l’histoire de façon fluide et se révélant un minimum attachant, même si parfois il faut bien l’avouer ils tombent un peu dans la caricature. Mon soucis vient finalement de l’aspect philosophique de ce roman qui pose pas mal de questions, mais l’ensemble parait toujours traiter qu’en surface, n’évitant pas parfois la philosophie de comptoir manichéenne. On sent que l’auteur préfère mettre en avant l’aspect techno-thriller haletant, c’est un choix, mais si vous cherchez quelque chose de plus profond il vaudrait peut-être mieux éviter ce livre. Par contre, si vous cherchez plus le côté explosif et futuriste alors tenter votre chance. La plume se révèle simple, entrainante et efficace et m’a donné envie de lire la suite, qui devrait d’ailleurs prochainement sortir en VO, pour en apprendre plus.

 

Ma Note : 7/10

Mes Achats du Mois d’Octobre 2014

Bon 2014 est, je pense, considérée comme une année faste pour ma PAL. Le mois d’octobre a donc décidé de ne pas changer cette règle puisqu’il faut compter pas moins de 15 nouvelles entrées dans ma bibliothèque.

Octobre-14

Découvrez-donc ce qui a fait grimper ma PAL pour Octobre 2014 :

  • La Voix de L’Empereur Tome 1, Le Corbeau & La Torche de Nabil Ouali aux éditions Mnémos. Un livre qui me tentait depuis la première fois que j’en ai entendu parler.
  • Snowblind de Christopher Golden aux édition Bragelonne. J’ai fait entrer ce livre un peu sur un coup de tête qui offrait un résumé vraiment intéressant.
  • La Lisière de Bohême de Jacques Baudou aux éditions Les Moutons Électriques. Un livre qui m’a attiré par sa couverture et son pitch intrigant.
  • Trois Oboles pour Charon de Franck Ferric aux éditions Denoël Lunes D’Encre. Voilà un livre qui ne pouvait que finir dans ma PAL, puis la couverture est magnifique.
  • Les Groseilles de Novembre (Chroniques de Quelques Détraquements dans la Contrée de Kratts) de Andrus Kivirähk aux éditions Le Tripode. J’avais adoré L’Homme qui Savait la Langue des Serpents, je me suis donc laissé tenter par ce nouveau livre.
  • Métro Z de Fabien Clavel aux éditions Rageot. Après avoir passé un très bon moment avec L’Évangile Cannibale je me suis donc rapidement laissé tenté par ce jeunesse qui est dans le même univers.
  • Le Sang des Ambrose de James Enge aux éditions L’Atalante. Ce livre est entré sur un coup de tête devant l’illustration de couverture que je trouve superbe.
  • Le Jardin des Silences de Mélanie Fazi aux éditions Bragelonne. Un recueil qui regroupe les dernières nouvelles de l’auteur, il ne pouvait que finir dans ma PAL même si j’en ai déjà lu une partie.
  • John Meurt à La Fin de David Wong aux éditions Super 8. Un livre acheté totalement par hasard après avoir fait une private joke avec le titre à Marmotte.
  • Au Nord du Monde de Marcel Theroux aux éditions 10/18. Il y a quelques mois Le Cercle d’Atuan a fait une lecture commune sur ce livre et les retour m’ont donné envie de le découvrir.
  • Ganesha de Xavier Mauméjean aux éditions Hélios. Un livre qui me tentait depuis un long moment déjà.
  • Double Étoile de Robert Heinlein aux éditions Folio SF. Cela faisait un petit moment que je n’avais pas rentré un roman de Heinlein dans ma PAL. Voilà qui est chose faite maintenant.
  • Les Chambres Inquiètes de Lisa Tuttle aux éditions Dystopia. J’avais passé un très bon moment avec Ainsi Naissent les Fantômes, je me suis donc rapidement laissé tenter par ce recueil.
  • Cru de Luvan aux éditions Dystopia. Un recueil dont j’avais lu plusieurs avis positifs sur le net et qui a donc atterri dans ma PAL.
  • Bara Yogoï de Léo Henry & Jacques Mucchielli & Stéphane Perger aux éditions Dystopia. Je continue avec ce livre ma découverte de l’univers de Léo Henry.

De nouveau un mois bien rempli et Novembre ne devrait pas trop bouleverser les choses avec les Utopiales. Promis en décembre je resterai sage, enfin je vais essayer. En tout cas de belles lectures en perspective je trouve.

Fées, Weed & Guillotines : Petite Fantasie Pleine d’Urbanité – Karim Berrouka

fees, weed & guillotinesRésumé : La dernière fois que Jaspucine a mis un pied dans le monde des hommes, elle en a littéralement perdu la tête : la Révolution française n’a pas été une période très profitable pour les créatures féeriques. Sauf pour Zhellébore, l’enfoirée qui l’a envoyée à l’échafaud. La vengeance étant un plat qui se mange froid, Jaspucine est bien décidée à retrouver la traîtresse. Même si pour cela elle doit s’attacher les services d’un détective. Mais à force de remuer ciel et terre, c’est sur une conspiration bien plus grande que la fée et l’enquêteur vont tomber.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Ce roman n’a pas fini par hasard dans ma PAL, a force d’en entendre parler, souvent en bien, depuis sa sortie je me suis laissé intriguer.  Présenté comme un roman noir, mais à l’humour qui parait déjanté, je ne pouvais que le faire entrer dans ma bibliothèque, ce qui fut chose faite lors des dernières Imaginales. De plus la nouvelle écrite par l’auteur dans l’anthologie Lancelot (chronique ici) et qui reprenait des personnages du livre, m’a encore plus donné envie de le découvrir. Vu que ce roman est nominé pou le prix Julia Verlanger lors des prochaines Utopiales, j’ai donc décidé de me faire par la même occasion mon propre avis. À noter la couverture, illustrée par Diego Tripodi, que je trouve réussi, reprenant bien les codes du polar avec un vernis de fantasy.

L’histoire nous propose ici de découvrir Jaspucine, Fée de son état, qui est renvoyée pour la première fois sur terre depuis son fiasco lors de la révolution française, pour y retrouver la traitresse Zhellébore. Pour cela elle va s’adjoindre l’aide d’un détective prive, mais par n’importe lequel : Marc-Aurèle Abdaloff. Très vite les choses vont se révéler beaucoup plus compliqués et rien ne va, bien entendu, se passer comme prévu. On plonge finalement assez rapidement et facilement dans ce récit qui démarre sur les chapeaux de roues, reprenant les codes classiques du polar noir, avec cette histoire de kidnapping de bébé, mais qui va aussi rapidement se révéler complètement barré. L’auteur maîtrise parfaitement bien le démarrage de son récit entre humour, cynisme, action et aventures et le lecteur se retrouve alors à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Surtout que l’auteur n’oublie pas pour autant son intrigue qui va se révéler beaucoup plus complexe qu’initialement prévue avec son lot de complots, de trahisons et de mensonges. Entre roman d’aventure, roman policier, fantasy urbaine et aspect humoristique c’est un début réussi, entrainant et assez fascinant que nous propose l’auteur.

Le problème avec ce genre de récit, qui certes mélange les genre astucieusement, c’est de tenir sur la longueur et là je dois bien admettre que j’ai trouvé que l’auteur ne remplissait pas parfaitement le cahier des charges. Rien de bien méchant, ni de bloquant non plus, mais vers le milieu du livre j’ai commencé à ressentir un léger essoufflement, l’intrigue se retrouve alors en transition et redémarre avec quelques coups de pouces un peu trop faciles, partant d’ailleurs un peu dans tous les sens, et l’humour se révèle aussi alors moins mordant, moins percutant. Ça se lit quand même assez facilement et le rythme fait qu’on tourne toujours les pages avec un minimum de plaisir, mais voilà le lecteur se sent légèrement moins emporté par l’ensemble. Il faut ainsi attendre les 100 dernières pages pour de nouveau repartir tambour battant et à nouveau se retrouver happé avec entrain et envie d’en apprendre plus. D’ailleurs à noter que l’auteur nous offre une conclusion que j’ai trouvé réussie, énergique, tout en restant assez ouverte pour pouvoir offrir de possible suites.

L’univers de Fantasy Urbaine qui est construit au fil des pages se révèle solide, efficace et ne manque clairement pas de charme. On y retrouve la classique différenciation entre l’univers des fées et celui des humains, mais l’auteur joue astucieusement là-dessus pour nous offrir des aspects intrigants et fantaisistes qui se révèlent efficaces, offrant aussi de nombreuses anicroches entre les deux peuples qui sont des plus savoureuses. D’ailleurs c’est justement sur cette différence que l’auteur s’amuse pour nous offrir quelques piques sur notre société et notre façon de vivre toujours trop vite, sans prendre le temps, sans parfois réfléchir à ce qui est bon pour nous. Le tout possède aussi un vernis historique original, en effet le récit décide de revisiter l’histoire à sa façon, principalement concernant la révolution française, tout en restant cohérent et sans jamais alourdir ni la narration, ni le récit. L’aspect féérique et mystique ne manque pas d’intérêt, avec son lot de magie et de mystères qui se développe au fil des pages et se révèle prenant. L’aspect politique chez les fées ne manque pas non plus, lui aussi, d’ironie et de surprises, ressemblant au final assez fortement à celui des Hommes, avec sa reine, son conseil et ses nombreux complots pour obtenir le pouvoir.

La grande force du récit vient pour moi des personnages, principalement de leurs interactions, qui se révèlent fascinantes et ne manquent pas de faire sourire. Comment ne pas réagir devant Jaspucine qui redécouvre un monde qui a profondément changé et dont elle est loin d’en comprendre toutes les règles, ce qui amène de sacrées occasions surprenantes et cocasses. Comment ne pas rire non plus devant l’association de Jaspucine avec Marc-Aurèle, qui rêvait justement d’une vie plus mouvementée, dont l’alchimie marche à la perfection ; tous les deux si différents et pourtant complémentaires qui nous offrent des dialogues des plus savoureux et percutants. À ces héros viennent s’ajouter Etienne Petiot inspecteur complètement dépassé par les évènements et qui au fond de lui ne cherche qu’une vie normale, ou bien encore Bugnard personnage tout en muscle qui ne manque pas surprendre, mais aussi et surtout Premier de la Classe qui à lui seul vaut le déplacement par sa grande intelligence, sa façon de voir la vie, mais aussi les nombreux mystères qui planent sur lui. Des héros qui se révèlent donc efficaces, truculents, loufoques et pourtant humains, on s’accroche facilement à eux et j’aurai plaisir à les retrouver dans d’autres aventures, surtout s’ils continuent autant à me faire rigoler.

La plume de l’auteur se révèle assez soignée, jouant sur les mots et les phrases pour mieux surprendre le lecteur, même si elle tombe parfois un peu trop facilement dans le familier ce qui peut être lassant. Rien de bien gênant non plus. J’avoue qu’au moment où j’ai entamé ce livre j’avais Les Petites Fées de New-York en tête, mais l’auteur a réussi à finalement offrir quelque chose de vraiment différent dans le ton et la présentation, même si c’est vrai un tout petit peu moins drôle que ce que j’espérais. Dans tous les cas j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman et si l’auteur se propose d’écrire des suites je les lirai avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose une intrigue très polar noir mélangé à de la Fantasy et le tout complètement barré. Le démarrage nous happe dès les premières pages et on se retrouve entrainer avec plaisir dans les aventures de ces héros complètement truculents et aux dialogues percutants. Alors c’est vrai, j’ai ressenti un léger essoufflement vers le milieu du récit, l’enquête devenant calme s’offrant aussi quelques facilités et l’humour se révèle moins mordant. Mais une fois dans les 100 dernières pages on se retrouve de nouveau emporté pour aboutir à une conclusion efficace et réussie qui laisse la porte ouverte à des suites. L’univers de Fantasy Urbaine qui est développé au fil des pages est solide et offres des aspects originaux. La plume de l’auteur s’avère soignée jouant sur les mots et les expressions, même si parfois un peu trop familier. Au final un roman qui se lit facilement, qui m’a fait sourire et qui m’a envie de lire les suites si jamais l’auteur y revient un jour.

 

Ma Note : 7,5/10

La Grande Route du Nord, Tome 1 – Peter F. Hamilton

la grande route du nord 1Résumé : Newcastle-upon-Tyne, 2143. Ville rendue florissante par le portail transspatial donnant accès à la planète St Libra et à son précieux biocarburant, elle devient le lieu d’un meurtre brutal. La victime est un clone appartenant à la richissime famille North et la méthode employée ressemble étrangement à celle d’un massacre commis sur St Libra vingt ans plus tôt. Tandis que l’inspecteur Hurst mène son enquête, les autorités rouvrent le dossier Angela Tramelo, condamnée à perpétuité pour le premier crime. Selon elle, le véritable coupable serait d’origine extraterrestre. L’ Alliance pour la défense de l’humanité décide d’envoyer une mission scientifico-militaire à travers le portail.
Mais alors que l’expédition s’isole dans la jungle hostile, ses membres meurent les uns après les autres…

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Peter F. Hamilton fait partie de ces auteurs dont je découvre doucement la bibliographie. Certes cela n’a pas toujours été couronné de succès, les Greg Mandel 2 et 3 m’ayant laissé plus que perplexe, mais je dois bien admettre que l’auteur possède une sacrée imagination et offre des aventures qui se révèlent régulièrement efficaces. Pour le moment je ne me suis pas encore lancé dans un de ses grands cycles dont j’ai entendu beaucoup de bien, me contentant de one-shot, nouvelles, ou de « petites » séries. C’est donc sans surprise que j’ai sorti le premier tome de ce diptyque de ma PAL. D’ailleurs pour la petite histoire, ce roman est sorti en VO en un seul tome, mais une fois traduit, devant plus de mille pages, l’éditeur à décidé de le couper en deux tomes. Je ne commenterai pas cette décision, elle a ses raisons et ses défauts, mais j’y reviendrai plus tard, car elle va avoir une influence selon moi. La couverture, illustrée par Fred Augis, se révèle très sympathique.

Ce roman nous plonge donc en 2143, à Newcastle-upon-Tyne, où l’assassinat d’un des clones North, l’une des familles les plus puissantes, va bouleverser ce qui devait n’être qu’une simple enquête de police. En effet le mode opératoire et l’arme utilisée n’est pas sans rappeler un autre massacre chez les North, vingt ans plus tôt sur la planète St Libra,  et qui a amené à la condamnation d’Angela Tramelo, qui a pourtant toujours clamé son innocence, accusant un coupable d’origine extra-terrestre. Le tout se situant sur fond d’invasion des Zanth, une race alien, sur différentes planètes colonisées par les humains. L’auteur nous propose alors une intrigue qui va se révéler complexe, mélange de différentes sous-intrigues qui ne paraissent pas toujours s’imbriquer au premier coup d’œil dans le puzzle qui se construit, mais qui, petit à petit au fil des pages, commence à dessiner une image beaucoup plus dense et sophistiqué qu’imaginé au départ. L’ensemble ne manque pas de jouer avec le lecteur, entre fausses pistes et révélations, on se retrouve un minimum emporté par cette histoire, espérant en apprendre plus sur les nombreux mystères qu’elle cache. De nombreuses questions sont posées qui viennent chatouiller le lecteur et lui donner envie d’en découvrir plus.

Une des grandes forces du récit vient principalement de l’univers que construit l’auteur. Il fait clairement penser à l’univers du Commonwealth développé dans d’autres récits, mais pourtant se révèle différent et parallèle par de nombreux aspects et de nombreuses évolutions. L’imagination de l’auteur se révèle débordante, voir même sans limite, que ce soit d’un point de vue des nombreuses technologies qu’il propose, comme par exemple le maillage qui permet de surveiller toute la ville par vidéo interfacée et qui n’est pas sans rappeler la folie de Londres à tout vouloir contrôler par caméra, mais aussi ses ie qui permettent de toujours rester connecter ou ses portails pour traverser les mondes ; ou bien encore à travers les descriptions qu’il nous offre et qui se révèlent toujours assez fascinantes et même souvent magnifiques, que ce soit devant les villes imposantes ou encore à travers les nouvelles planètes intrigantes avec leurs faunes et leurs flores qui sont uniques. Surtout l’ensemble reste facile d’accès et compréhensible pour toucher un maximum de lecteur. La vision du futur qui nous est offerte se révèle clairement intéressante et cohérente, exacerbant certains aspects politiques et financiers bien présents de nos jours avec ce côté très libéral, où les riches font tourner le monde en donnant l’impression d’avoir une conscience alors qu’ils pensent surtout à leurs fortunes. Pareil pour tout ce qui concerne la politique, l’ensemble est toujours aussi vicié par les pots de vin et l’incapacité à se mettre d’accord. Un avenir qui possède ses défauts et ses qualités, même si parfois, c’est vrai, l’auteur tombe un peu dans la caricature. Par contre je regrette que l’auteur se répète régulièrement au niveau des descriptions, on a l’impression d’avoir toujours le même ciel par exemple, mais bon rien de dérangeant.

Le principal soucis de ce récit vient finalement du fait qu’il prenne son temps pour installer son histoire. Franchement les 260 premières pages, sans se révéler non plus totalement mauvaises, auraient pu être facilement tronqués d’une partie rendant l’ensemble plus vivant. Il faut dire aussi qu’on se concentre principalement sur cette fameuse enquête de police, la partie sur Saint Libra à la recherche de ce possible alien ne débutant vraiment qu’en seconde partie. Pas que l’enquête soit désagréable, juste qu’on cherche à montrer que ce genre de travail ne se fait pas facilement, que ça prend du temps, relever tous les indices, les lier entre eux, respecter la procédure au maximum ou encore éliminer toutes les fausses pistes ; mais voilà il n’y avait pas que les héros qui se sentaient frustrés de ne pas avancer, le lecteur aussi le ressent parfois. Ensuite, l’auteur se laisse un peu aller aux répétitions et surtout au flashback. Dès que la tension grimpe, qu’une révélation va se faire, pour gagner du temps on nous offre un flashback, autant parfois cela apporte un plus, autant à d’autres moments j’ai eu du mal à accrocher. Justement, je reviens sur le découpage du livre, car un début trop lent et parfois long de 260 pages sur 1000 pages ça peut ne pas se ressentir une fois la dernière page tournée, la même chose sur un tome de 520 pages, soit près de la moitié du roman, ça peut amener certains lecteurs à ne pas se laisser tenter par la suite, malgré le fait que l’ensemble se laisse lire, se révèle divertissant et surtout annonce une suite qui parait plus soutenue. C’est dommage.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêts et d’attraits et se révèlent intéressants à suivre et à découvrir même si je trouve que dans ce premier tome il manque un minimum de personnages charismatiques ; un personnage qui pourrait nous happer, nous fasciner. L’auteur essaie bien de nous offrir Angela Tramelo, héroïne qui a passé vingt ans en prison pour un crime qu’elle n’aurait pas commis, libéré pour traquer le véritable assassin et qui a la vengeance cramponné au corps. Une sorte de femme fatale. Mais voilà pour une fille qui sort d’enfermement depuis vingt ans, je l’ai trouvé un peu trop gentillette, même si elle a le potentiel pour offrir plus par la suite et un background qui annonce un personnage plus complexe qu’on peut le croire. Le Policier Sid Hurst se révèle assez classique dans sa présentation et sa façon de voir les choses, mais offre un point de vue intéressant sur la façon de survivre dans ce futur qui n’est pas toujours si glorieux, où chacun cherche à se couvrir, où l’argent se révèle toujours le nerf de la guerre et où une telle enquête peut amener autant la gloire que la fin d’une carrière. Concernant les autres protagonistes, ils ne sont pas mauvais, mais certains tombent clairement dans la caricature. Je pense principalement à certains membres de l’ADH, organisation militaire.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante, nous plongeant efficacement, comme souvent, dans des univers chatoyants et offrant des idées efficaces. Alors, c’est vrai que la moitié de ce tome aurait mérité un travail éditorial différent, dont quelques coupes, mais dans l’ensemble ce premier volume se révèle tout de même sympathique, divertissant et se lit assez facilement pour me donner envie de lire la suite pour savoir ce que peut bien nous cacher l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une histoire aux multiples lignes d’intrigues qui, au fil des pages, dessinent une image complexe et efficace. On se laisse porter assez facilement par ce récit, mélange de policier et de Science-Fiction, qui nous plonge dans un univers efficace et bien porté par l’imagination fertile de l’auteur, que ce soit d’un point de vue technologique comme des descriptions des lieux et des planètes visitées. Je regrette par contre un démarrage un peu lent, et parfois un peu long, qui prend clairement son temps et aurait peut-être mérité un travail éditorial différent. Surtout que, selon moi, ces longueurs se font plus ressentir encore du fait que le livre ait été coupé en deux pour sa sortie en France ; à voir avec la lecture du tome 2. Concernant les personnages ils se révèlent agréables à suivre et à découvrir, mais il manque, je trouve, des personnages vraiment charismatiques, mais dont certains possèdent le potentiel pour le devenir. Concernant les personnages secondaires ils sont plutôt efficaces même si certains, principalement chez les militaires, tombent dans la caricature. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante malgré, c’est vrai, quelques répétitions et quelques longueurs. Au final un premier tome sympathique, sans non plus se révéler exceptionnel, mais qui me donne envie de lire la suite, malgré ce léger accroc au démarrage.

 

Ma Note : 7/10

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