Auteur/autrice : BlackWolf Page 93 of 202

Mes Achats du Mois de Septembre 2014

Tout le monde ayant oublié mes velléités de rester calme en Septembre je peux donc annoncer tranquillement que cette rentrée fût bien remplie avec pas moins de 14 achats de livres et un ebook. Mon portefeuille râle un peu, ma bibliothèque râle beaucoup, mais c’est pas grave!

Septembre-14

Voilà donc les nouvelles entrées dans ma PAL :

  • Hayao Miyazaki, Cartographie d’un Univers de Rapahël Colson & Gaël Régner aux éditions Moutons Électriques. Un seul mot justifie cet achat : Miyazaki. Ceux qui savent comprendront ^^
  • Bird Box de Josh Malerman aux éditions Orbit. Avec une couverture accrocheuse et un résumé efficace je ne pouvais que craquer.
  • Les Deux Mondes Tome 1, Le Réseau de Neal Stephenson aux éditions Sonatine. Cela fait longtemps que je cherchais à découvrir l’auteur, je me suis donc laissé tenter par son nouveau roman.
  • La Guerre du Lotus Tome 1, Stormdancer de Jay Kristoff. Je me suis laissé tenter par l’idée de Steampunk Japonais.
  • Vongozero de Yana Vagner aux éditions Mirobole.
  • Déchirés de Peter Stenson aux éditions Super 8.
  • Les Chevaux Célestes de Guy Gavriel Kay aux éditions L’Atalante. Comment ne pas résister à l’appel de ce livre qui n’arrêtait pas de me tenter.
  • Comment j’ai Cuisine mon Père, ma Mère … et Retrouvé l’Amour de S.G. Browne aux éditions Mirobole. Un livre qui me tente depuis des mois et vu que tout le monde en reparle avec sa sortie en poche je l’ai donc pris en grand format.
  • Hypérion de Dan Simmons aux éditions Pocket. Un cycle lu il y a bien des années, que je souhaitais faire entrer dans ma bibliothèque le jour où il arrêteront de couper tout livre en deux. Ce qui est chose faite avec ce qu’ils appellent cette intégrale.
  • Wild Cards de Geroge R.R. Martin aux éditions J’ai Lu. J’aime bien découvrir les autres univers de l’auteur et celui-là me tentait bien dans sa description.
  • Sumerki de Dmitry Glukhovsky aux éditions L’Atalante. Des semaines que je passe devant et la couverture me tentait vraiment.
  • La Fleur de Verre de Geroge R.R. Martin aux éditions Actu SF. Un recueil de nouvelles de l’auteur qui me tentait bien.
  • Zombie Ball de Paolo Bacigalupi aux édition Au Diable Vauvert. J’avais envie de voir ce que pouvait proposer l’auteur avec le mythe du zombie. Puis cela rentrer dans mon challenge actuel.
  • Bleu Argent d’Olivier Paquet aux édition L’Atalante. J’avais adoré ma lecture de la trilogie du Melkine, je n’allais donc pas manquer de faire entrer ce roman qui reprend le même univers.

Et on oublie pas le livre numérique :

  • Les Poubelles Pleurent Aussi de Guillaume Suzanne aux éditions Griffe d’Encre.

Encore un beau remplissage de PAL, je dirai bien que je vais rester calme en Octobre mais j’y crois pas trop et en Novembre il y a les Utopiales. Que la vie de lecteur est compliquée. J’attends maintenant le billet de Marie Juliet pour me rassurer.

Pixel Noir – Jeanne-A Debats

pixel noirRésumé : Pixel est un adolescent solitaire et un crack en informatique. Après un grave accident, son esprit est plongé dans un Virtuel de Repos tandis que son corps est aux mains des médecins. Ce Virtuel est censé prendre la forme d’un campus universitaire dans lequel évoluent les avatars des malades, mais à son arrivée, Pixel découvre un monde sans adultes, sous la coupe d’un ado avide de pouvoir. Et ce n’est pas tout : l’environnement se détraque, il neige en plein été, les journées s’allongent démesurément… Le Virtuel de Repos est en proie à un bug qui risque d’entraîner leur vraie mort à tous.

Edition : Syros

 

Mon Avis : De l’auteur j’ai lu énormément de textes, qu’il s’agisse de romans ou de nouvelles, et j’avoue ne jamais, pour le moment, avoir été déçu, Jeanne-A Debats proposant toujours des récits captivants, entrainants et réfléchis. Pourtant je dois bien avouer que je n’avais encore jamais lu de ses écrits jeunesses, principalement dû au fait que, finalement, je me rends bien compte que j’en lis très peu. J’ai donc décidé de changer cela et je me suis rapidement laissé tenter par ce Pixel Noir, au résumé intrigant et à l’illustration de couverture accrocheuse.

Ce livre nous fait découvrir Pixel, jeune adolescent, génie en informatique et solitaire, fils de parents divorcés, rebelle s’étant fait renvoyer de plusieurs écoles, qui suite à un grave accident va être envoyé dans un virtuel de repos pour lui permettre de continuer à vivre et étudier le temps qu’il se fasse soigner, évitant aussi ainsi la douleur et les complications. Mais voilà, à son arrivée il va très vite se rendre compte que rien ne se passe comme prévu, le virtuel connait un bug et tous les occupants survivent comme ils peuvent. L’auteur cite rapidement dans le texte Sa Majesté des Mouches et ce n’est pas anodin, car elle nous fait découvrir, à travers les yeux de Pixel, une société gérée par un adolescent dictateur, qui règne sur son petit monde par la peur, la manipulation et la souffrance. Elle nous rappelle ainsi clairement que; sans ordre ni morale l’humanité se tourne souvent vers ce qu’il considère comme la survie la plus primaire, sans se soucier des règles qui ont pu exister, oubliant le vernis de civilisation qui la constitue, et peut-être même plus facilement chez un adolescent qui est encore en construction. Seule la jeune Solfé représente une certaine ancre de logique et de cohérence, mais surtout un espoir.

Là-dessus l’auteur construit une intrigue qui se révèle, certes, assez classique et légèrement linéaire, mais entrainante et menée tambour battant, mettant en scène la fuite en avant des héros qui se rendent rapidement compte que ce bug se révèle beaucoup plus problématique et dangereux que prévu. Dès les premières pages l’auteur nous happe, parfois brusquement comme par exemple avec ce premier chapitre proposant un dialogue limite perturbant entre Pixel et sa mère, mais qui vient clairement poser le personnage. On se met alors à tourner les pages avec l’envie d’en apprendre plus,  entrainé par les différentes aventures et rebondissements que vont rencontrer nos héros. L’univers futuriste (2119) construit par l’auteur se révèle assez simple, solide et surtout réussi tout en restant assez contemporain pour ne pas perdre le lecteur. L’aspect technologique et informatique est franchement captivant et surtout on sent qu’elle s’est renseignée un minimum évitant de tomber, comme dans certains livres, dans les facilités liées à la programmation informatique, tout en restant compréhensible même pour le plus néophyte des lecteurs.

Là où le roman gagne énormément en efficacité, selon moi, c’est dans les axes de réflexion qu’il propose au fil des pages. Il va beaucoup plus loin qu’un simple divertissement, cherchant à faire réfléchir le lectorat, aussi bien jeune que moins jeune, sur des sujets importants et souvent d’actualité. Outre les aspects classiques qu’on retrouve régulièrement comme la découverte de l’amitié, de l’amour ou encore la quête initiatique, on trouve aussi d’autres sujets comme la sexualité dans son ensemble, la capacité de se positionner dans la société, l’image de soi et celle que les autres ont de nous, l’acharnement thérapeutique, la mort, le pouvoir ou encore le suicide principalement chez les jeunes. L’auteur traite aussi, mais plus en périphérie et de façon parfois juste esquissée, du principe de la famille, qui est de plus en plus compliqué entre divorce et recomposition, ou encore de l’économie de marché entre brevet et licence libre. La grande force du roman est surtout d’arriver à faire germer ces idées de façon simple, astucieuse mais pourtant réussie et percutante tout en restant subtile pour ne jamais surcharger l’ensemble. C’est intelligent, habile et cela pousse le lecteur à réfléchir sur la société tout en restant entrainant et fluide.

Concernant les personnages, ils se révèlent clairement réussis, curieux et attachants, on se reconnait d’ailleurs assez facilement, en partie, dans chacun de ces adolescents qui n’ont pas obligatoirement une vie facile et se retrouvent pourtant à devoir avancer, faire des choix, au milieu d’une population hétéroclite qui ne les comprend pas toujours. Entre Pixel, enfant de parents divorcés, aimé mais qui apprend qu’il était non désiré, qui se révèle intelligent, solitaire et ouvert, Sam qui a du mal à être accepté pour ce qu’il est, qui manque de confiance en lui ou encore Solfé qui se révèle très mystérieuse, chaque protagoniste se révèle travaillé et soigné. Même Damon, le Tyran de cet univers, est loin de tomber dans la caricature. Ce sont des héros humains qui possèdent des sentiments, des émotions des forces et des faiblesses.

Après, cela reste aussi un roman jeunesse, ce que je veux dire par là n’a rien non plus de péjoratif, mais on y retrouve une certaine facilitée dans l’évolution de l’intrigue, voir des réponses obtenues parfois un peu trop rapidement. Dans l’ensemble, mis à part peut-être une facilité vers la fin, ces reproches sont rapidement balayés tant ce livre se révèle captivant et passionnant. La conclusion que nous propose l’auteur m’a touché, je ne dirai rien pour vous laisser la découvrir, mais je l’ai trouvé émouvante, bouleversante, une fin loin de tout happy-end et qui ne m’a pas laissé indifférent.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée et entrainante au fil de la lecture, offrant ainsi un roman efficace avec son lot d’aventures et de péripéties tout en faisant réfléchir le lecteur qu’il soit jeune ou moins jeune. Je suis finalement bien content de m’être laissé tenter par ce roman et je vais, pourquoi pas, faire rentrer dans ma PAL d’autres romans jeunesse de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman jeunesse qui, au départ, n’est pas sans rappeler Sa Majesté des Mouches, qui est justement cité, avec un monde où des adolescent sont livrés à eux-mêmes, survivant sous la poigne d’un tyran. L’intrigue que construit alors l’auteur se révèle, certes classique et linéaire, mais terriblement efficace et entrainante, le tout dans un univers solide, soigné et cohérent qui donne envie d’en apprendre plus. La grande force du récit vient des axes de réflexion que l’auteur met en place tout le long du récit, offrant ainsi plus qu’un simple divertissement, un récit intelligent qui pousse à réfléchir et parfois à reconsidérer certaines choses. Les personnages sont travaillés, complexes et surtout attachants, on se reconnait facilement dans chacun d’eux. Je reprocherai juste, peut-être, quelques facilités à l’histoire, mais au final rien de dérangeant tant le tout est oublié devant la qualité du texte. La plume de l’auteur se révèle soignée, entrainante et je risque de me laisser facilement tenter par d’autres de ses récits jeunesse.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Cornwall, nymeria, etc…

The Rain Wild Chronicles Book 4, Blood of Dragons – Robin Hobb

blood of dragonsRésumé : Dragon blood and scales, dragon liver and eyes and teeth. All required ingredients for medicines with near-miraculous healing powers. The legendary blue dragon Tintaglia is dying of wounds inflicted by hunters sent by the Duke of Chalced, who meanwhile preserves his dwindling life by consuming the blood of the dragon’s poet Selden Vestrit. If Tintaglia perishes, her ancestral memories will die with her. And the dragons in the ancient city of Kelsingra will lose the secret knowledge they need to survive. Their keepers immerse themselves in the dangerously addictive memory-stone records of the city in the hope of recovering the Elderling magic that once allowed humans and dragons to co-exist. In doing so they risk losing their own identities, even their lives. And danger threatens from beyond the city, too. For war is coming: war between dragonkind and those who would destroy them.

Edition : Harper Collins

 

Mon Avis : Encore une nouvelle lecture anglaise, je suis assez content de moi je trouve que j’arrive de mieux en mieux à lire en VO, limitant mes aller-retour avec le dictionnaire. Je me lançais dans le quatrième tome de cette série avec, j’avoue, un léger ressenti, le troisième tome trainant, pour moi, un peu trop en longueur (chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). J’avais donc un peu peur que ce quatrième tome ne soit pas obligatoirement à la hauteur de mes espérances, surtout qu’il vient aussi clôturer le cycle. D’un autre côté j’avais pourtant hâte de voir comment allait s’en sortir certains personnages et les choix qu’ils allaient faire. En tout cas la couverture est clairement dans la lignée des précédents et je la trouve assez sympathique, annonçant même quelque-chose d’un peu plus guerrier. Attention par contre il y a de gros risques de spoiler, je m’en excuse d’avance.

Je dois bien avouer que, finalement, une fois la dernière page tournée, je ressors de ma lecture avec un léger sentiment de déception. Je ne vais pas dire que ce récit est complètement mauvais, il y a tout de même des aspects qui se révèlent intéressants, mais j’ai trouvé que l’auteur se base un peu trop sur ses acquis de conteuse et en oublie le reste. Déjà reprenons l’intrigue, pour rappel on suit des dragons qui sont nés difformes et décident, accompagnés de volontaires humains, de retrouver Kelsingara la ville disparue des Elderlings (les anciens en VF si je ne me trompe pas) le tout teinté d’un conflit avec Chalced qui cherche à tuer des dragons pour sauver le Duc. Déjà là, j’aurai dû me rendre compte qu’il y avait un soucis, tenir quatre tomes sur, je schématise, une bande de scouts qui traversent une rivière avec des monstres asociaux, c’est un véritable tour de force. Niveau épique, comme clairement annoncer sur la couverture, on repassera aussi, car finalement pendant quatre tomes on ne fait que tourner en rond sur les considérations sentimentales et émotionnelles des personnages. Sur un voir deux volumes je pense que l’ensemble aurait bien marché, sur quatre cela donne clairement l’impression de stagner et de ne pas avancer.

Pourtant l’auteur arrive toujours aussi facilement à nous offrir des personnages humains, complexes qui ne manquent pas d’intérêts et se révèlent un minimum attachants. J’ai apprécié voir Alise prendre enfin son destin en main, faire ses propres choix et affronter ses démons, tout comme j’ai bien aimé le personnage de Rapskal qui sombre lentement dans la folie. Concernant Thymara, je ne sais que dire, je trouve le personnage intéressant avec ses doutes et ses forces, mais voilà mettre tout un cycle, d’environ 2000 pages, pour se sortir laborieusement d’un triangle amoureux m’a vite ennuyé. Bon il faut aussi avouer que les triangles amoureux m’ont toujours laissé perplexe et même si ici Robin Hobb s’en est un peu mieux sorti que d’autres c’est quand même long, surtout que finalement son choix se fait plus par défaut. Concernant les personnages de Malta et de Reyn je reste perplexe, je me souvenais d’eux dans Les Aventuriers de la Mer comme des héros fougueux, luttant pour leurs choix, hors ici j’ai eu l’impression de les trouver fantomatiques, abattus, comme si les évènements glissaient sur eux et qu’ils restaient limite spectateurs, alors qu’il y avait mieux à faire. Pareil le troisième tome avait mis en avant Selden et Hest comme personnages principaux, j’avoue à l’époque j’étais resté perplexe, trouvant qu’ils servaient plus de remplissage et ce quatrième a confirmé ce que je pensais. Les passages concernant Selden sont vraiment répétitifs et Hest joue un peu le rôle du Bad Boy qu’on traine pour avoir un vilain et qu’on fait disparaitre sans véritable logique une fois qu’on a plus besoin de lui. Dommage.

Concernant l’univers il se révèle toujours aussi intéressant à suivre et à découvrir au fil des pages, même s’il perd un peu de son aspect nouveauté. On en apprend enfin plus sur Kelsingara qui se dévoile et ne manque pas de charme, que ce soit à travers les descriptions proposées comme les différents éléments et objets qu’elle offre. On en apprend plus aussi sur Chalced, et plus principalement sur son Duc et le pouvoir, offrant des passages plus sombres, plus violents ce qui ajoute une touche supplémentaire intéressante je trouve. Concernant les Dragons, ils sont enfin de retour et se révèlent toujours aussi arrogant, se sachant clairement plus forts et supérieurs que les humains et j’apprécie toujours autant cette vision des choses qui me parait tellement cohérente, même si par moment j’ai trouvé qu’elle les humanisait peut-être un peu trop. En tout cas un monde qui donne toujours envie d’en apprendre plus.

Surtout l’impression que me donne ce roman c’est de ne pas être abouti, pendant près de trois tomes trois-quart l’ensemble avant à un rythme assez lent puis j’ai eu l’impression que pour le dernier quart de ce Blood of Dragons l’auteur donne la sensation de trop accélérer et limite de bâcler cette partie. Pour dire la fameuse bataille entre les Dragons et Chalced on ne la verra jamais, une ellipse tellement frustrante fait qu’on passe d’une page où on a, je schématise encore, « on va tuer les méchant » à la page suivante « le méchant Duc étant mort la paix est donc revenue dans le royaume ». Je ne dis pas que cette guerre méritait des pages et des pages, mais ici c’était un peu le point d’orgue du cycle, venant le conclure et ne pas la traiter m’a frustré. De plus l’épilogue que propose l’auteur parait assez clair, elle n’a pas encore abandonné les dragons et risque d’y revenir à travers d’autres romans. Si elle écrit, j’y reviendrais sans soucis, c’est sûr, mais j’espère qu’elle arrivera à mieux gérer son récit sinon je risque de vite abandonner cette fois.

Pourtant ce qui est assez fascinant c’est que j’ai continué à tourner les pages de ce livre, j’arrive toujours à me laisser emporter par la plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi efficace, soignée et fluide. Je trouve qu’elle possède un vrai talent de conteuse et, même si je n’accroche pas toujours à ses personnages, elle arrive à les rendre attachants et humains. D’où aussi sûrement une plus grande frustration car, finalement, ce que je reproche à ce livre c’est que l’auteur a voulu trop en faire, nous offrant une série en 4 tomes là où 2 auraient fortement suffit je trouve, ce qui donne l’impression que les derniers tomes sont mous. Au final cette série est loin d’être ma préférée de l’auteur, surtout comparer aux excellent moments qu’on pu me proposer L’assassin Royal ou encore Les Aventuriers de la Mer, et j’avoue ressortir de ma lecture légèrement frustré. Cela ne m’empêchera de lire d’autres écrits de l’auteur. D’ailleurs je devrais faire rentrer sous peu le premier tome de sa nouvelle série sur Fitz et le Fou toujours en VO.

À noter que ce 4ème tome en VO correspond aux tomes 7 et 8 de La Cité des Anciens paru en VF.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce quatrième et dernier tome pas totalement convaincu, loin de là. Alors certes la plume de l’auteur est toujours aussi fluide et entrainante, sachant conter avec talent une histoire, de plus l’univers est toujours aussi solide et intéressant à découvrir avec Kelsingara qui se dévoile enfin, mais voilà le reste ne suit pas vraiment. L’histoire m’a paru prendre beaucoup trop son temps et ne s’intéresser finalement qu’à des considérations sentimentales, oubliant parfois un peu le reste. De plus la conclusion qui doit aboutir à une guerre, point d’orgue de ce cycle, m’a paru bâclé et se reposant sur des ellipses frustrantes. Concernant les personnages je suis plutôt mitigé, certains héros sortent vraiment du lot, mais d’autres paraissent trainer toujours les mêmes problèmes depuis le début ou bien donnent l’impression d’être inutiles. Pour moi ce cycle aurait dû tenir en deux tomes, quatre je trouve que ça fait beaucoup trop. Une série qui au final a du mal à se révéler marquante, mais cela ne m’empêchera pas de lire d’autres écrits de l’auteur, d’ailleurs je devrai bientôt faire entrer dans ma PAL le premier tome sur Fitz et le Fou en VO.

 

Ma Note : 5,5/10

Chroniques du Grimnoir Tome 3, Foudre de Guerre – Larry Correia

chroniques du grimnoir 3 foudre de guerreRésumé : Peu nombreux sont ceux qui connaissent la source des pouvoirs magiques dévolus aux « actifs », torches, brutes, engrenages, bestiaux, estompeurs et autres lourds. Rares aussi ceux qui savent que l’entité vivante à leur origine, réfugiée dans les profondeurs de la Terre, est menacée par un prédateur galactique qui ne laisse dans son sillage que des mondes dévastés.
1933. Les jours de l’humanité sont comptés car l’éclaireur qui précède le fléau est là.
C’est pourquoi Jake Sullivan et les chevaliers du Grimnoir, à bord du dirigeable la Voyageuse, avec un équipage de pirates de l’air, entreprennent une mission suicide pour affronter l’ennemi. Mais leurs pouvoirs combinés ne sont-ils pas dérisoires devant pareil ennemi ? Seule peut-être la jeune Faye Vierra serait à la hauteur…
C’est dans la cité libre de Shangai que se tiendra la bataille décisive.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que les deux premiers tome de cette trilogie m’avaient offert un bon moment de lecture avec une histoire plutôt efficace, un univers très intéressant, mais surtout un rythme effréné et sans temps morts offrant son lot de scènes d’action et d’aventures (chronique du Tome 1, Tome 2).  J’avais donc hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir proposer l’auteur dans ce dernier livre qui vient terminer le cycle, surtout suite aux révélations du volume précédent concernant l’éclaireur et j’espérais une conclusion explosive. La couverture en tout cas, illustrée par Vincent Chong, met tout de suite dans l’ambiance et se révèle efficace.

Une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que mes espérances ne sont pas complètement comblées. Dans l’ensemble ce n’est pas mauvais, ça se lit plutôt bien, mais ce troisième tome est franchement un ton en dessous des précédents. Déjà commençons par l’histoire, l’auteur a décidé de la couper en trois parties, un concernant Faye qui doit en apprendre plus sur ce qu’elle cache en elle, une autre qui tourne autour de Sullivan et de Toru qui traque l’éclaireur et une troisième qui reprend ce qui a été lancé dans le second tome concernant le contrôle et la traque des actifs. Clairement, cette troisième partie ne sert à rien, quitte à construire toute une intrigue dessus dans le second tome, que j’avais trouvé certes prévisible mais efficace, pourquoi la bâcler à ce point dans le troisième. Elle tient en tout et pour sur deux chapitres et demi, soit à peine 50 pages, dont la moitié parait bien inutile, pour finalement grâce à un concours de circonstance tellement improbable que j’en ai encore mal aux yeux, rejoint comme par magie l’intrigue principale. Concernant les deux autres intrigues, celle de Faye reste ma préférée elle se révèle intéressante et permet de mieux cerner ce qui se cache en elle. Celle sur l’éclaireur n’est pas mauvaise non plus, mais franchement l’auteur la tire trop en longueur avec même des rebondissements un peu trop caricaturaux pour s’offrir un peu d’action.

Alors oui justement l’action, parlons-en, j’ai trouvé ce troisième tome franchement mollasson. C’est bien simple pour généraliser, mis à part trois escarmouches il n’y a quasiment pas d’action durant les 330 premières pages. Ce qui est normalement le point fort de ce cycle disparait ici tant l’auteur perd un peu trop son temps en dialogues inutiles, en scènes qui tournent un peu en rond, en long passage qui ne servent qu’à rappeler ce qui s’est passé dans tomes précédents, voir même s’amuse à vouloir ajouter un vernis scientifique lourd qui n’apporte rien mis à part remplir des lignes. C’est simple il utilise l’aspect caricatural du scientifique utilisant des mots très compliqués, ce qui embrouille tous les héros et se retrouve alors à devoir réexpliquer la même chose en utilisant des mots beaucoup plus simples. Donc en gros une explication avec des cordes et des nœuds qui ne tient finalement que sur une demi-page voir une page prend ici trois pages voir plus et l’auteur n’est pas assez convaincant pour ne pas m’ennuyer un minimum, peut-être que ça vient aussi de mon côté scientifique mais peut-être aussi du fait que dès la première explication j’avais compris.

Heureusement les 100 dernières pages nous font oublier un peu cette longueur du début rattrapent un peu le tout. L’auteur se lâche alors complètement pour nous offrir un final explosif, bourré d’adrénaline, d’action et sans temps morts. Je ne reprocherai que deux choses tout de même à ce final, la première son aspect gros bill d’un des héros qui est devenu tellement puissant que tout enjeu disparait, la seconde vient de ce happy-end un peu trop facile.

Concernant l’univers il se révèle toujours aussi solide et efficace que les tomes précédents, dans cette Amérique des années 30, proposant un mélange de super-héros, d’uchronie, de magie voir même par certains aspects un peu de Steampunk, qui donne clairement envie de le découvrir. On découvre aussi l’Europe et plus principalement la ville de Berlin qu’on savait dévasté suite à la première guerre depuis le premier tome. L’aspect magique se révèle toujours aussi efficace et surtout commence à apporter des réponses sur son fonctionnement et sa logique. On en apprend un petit peu plus aussi concernant les fameuses entités aliens, celle qui fournit le pouvoir et celle qui s’en nourrit, même si cet aspect reste finalement très simpliste et aussi je suis surpris que personne ne soit jamais choqué de finalement être parasité par une entité extra-terrestre. Quelques nouvelles magies viennent aussi apporter quelques surprises. Au final un univers qui ne manque toujours pas d’attrait.

Concernant les personnages, c’est bien simple ce sont les mêmes qu’avant. Ce que je veux dire par là c’est que Faye est toujours cette petite paysanne assez manichéenne et Sullivan est toujours ce Lourd qui est plus intelligent que ce qu’il laisse penser aux premiers abords. Ils n’ont tout simplement pas évolués depuis le premier tome et n’évolue pas plus dans ce dernier tome ce qui les rend au final plutôt prévisible et parfois même dérangeant. Je prends l’exemple de Faye, c’était divertissant dans le premier tome de constater son côté très binaire, ça la rendait justement différente et décalé des héros plus urbains. Dans le troisième tome, après avoir énormément tué, la voir encore classer les gens en deux catégories les méchants que je tue et les gentils avec qui je peux devenir ami, sans une once de réflexion, possède un côté assez angoissant surtout quand elle se met à parler d’innocence et qu’elle ne mérite pas de mourir alors qu’elle se révèle être une bombe à retardement. Seul Toru sort son épingle du jeu, devant évoluer suite à sa trahison vis-à-vis de son pays. Concernant les personnages secondaires ici ils passent un peu au second plan, beaucoup ne sont présents que pour ne pas les oublier, seul, dans les habitués, Lance sort du lot ayant un rôle plus important. Je suis par contre déçu de Wells, l’auteur possédait ici un personnage qui aurait pu être fascinant avec un énorme potentiel, sociopathe ressemblant un peu à Hannibal Lecter, et finalement il ne s’en sert jamais à sa juste valeur.

 Ce qu’on ne peut pas enlever à l’auteur c’est qu’il sait raconter une histoire qui se révèle simple, fluide et un minimum efficace. En effet, excepté les passages scientifiques, le lecteur tourne les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus et de savoir comment tout va se terminer. J’ai surtout l’impression finalement que j’attendais peut-être trop de choses de ce troisième tome, le premier laissait entrevoir une certaine maîtrise et ouvrait la porte à quelque-chose d’intrigant, mais qui, je trouve, a trop traîné en longueur. Peut-être qu’au lieu d’écrire une trilogie il aurait dû faire un diptyque. Je ne doute pas que ce troisième tome ravira tous les fans d’adrénaline tout en offrant une conclusion acceptable, personnellement j’attendais quelque-chose de différent même sir cela reste quand même une lecture plutôt sympathique. Cela ne m’empêchera pas, si l’auteur veut retourner dans son univers, d’y retourner.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce troisième tome avec un sentiment plutôt mitigé, ça reste une lecture assez sympathique mais j’espérais mieux. L’intrigue m’a paru prends énormément de temps à vouloir se mettre en place tout en tournant en rond avec des répétitions excessives, comme par exemple sur les explications scientifiques. Il faut attendre les 100 dernières pages pour voir enfin l’auteur se lâcher complètement offrant adrénaline et explosion, ce qui est assez jouissif, certes, mais ne fait pas complètement oublier le début laborieux et qui possède quand même une ou deux lacunes. Les personnages n’ont pas évolué d’un iota depuis le premier tome, ce qui les rend clairement prévisibles, même si toujours un minimum attachants. Par contre les personnages secondaires habituel sont clairement mis, ici, au second plan et les nouveaux m’ont paru mal exploités. Concernant l’univers il se révèle toujours aussi efficace et livre pas mal de réponses au fil des pages. La plume de l’auteur, mis à part quelques longueurs, et l’utilisation d’un lexique parfois surprenant, se révèle toujours aussi simple, entrainante et efficace. Je pense que j’attendais trop de ce cycle après ma lecture du premier tome, même si ce troisième volume se laisse lire assez facilement.

 

Ma Note : 6/10

4 Ans, je deviens grand !

Le 23 septembre 2010 paraissait le tout premier article sur ce blog. Aujourd’hui, soit 4 ans après, ce blog est toujours là et même s’il est loin d’être parfait il continue à avancer et, j’avoue, j’en suis assez fier. C’est donc parti pour un petit bilan.

birthday

Bilan du Blog

Au départ j’ai décidé de créer ce blog un peu sur un coup de tête, je ne pensais pas le voir tenir sur une telle durée, ni même arriver à pouvoir l’alimenter aussi longtemps. Je me rends compte qu’aujourd’hui beaucoup de choses ont évolué. Depuis son démarrage j’ai quand même publié pas moins de 652 articles (avec celui-ci cela fait 653), ce qui n’est pas rien. Pas sûr que je maintienne ce rythme de publication au fil des ans, mais tant que je trouve un minimum de plaisir à les écrire je continuerai à publier.

En 4 ans le blog a aussi connu beaucoup de modifications, dont la plus importante est le passage de chez Overblog vers WordPress courant 2013 qui me satisfait pleinement (surtout au vu de ce que je constate chez certains qui sont sur OB) et qui surtout m’offre aussi une plus grande liberté de gestion de l’ensemble, même si pour le moment je suis encore loin d’en profiter. Oui, je le sais ça fait des années que je dis que j’ai encore des ajouts à faire sur le blog, pas de grandes choses, ajouter un index (voir plusieurs) des chroniques par exemple, mais je procrastine. Je vais quand même essayer de me bouger et intégrer cela prochainement.

Je constate que vous êtes toujours nombreux à venir régulièrement sur ce blog et je vous en remercie, cela fait toujours plaisir.

Concernant les réseaux sociaux vous pouvez toujours me retrouver sur Facebook qui a dépassé les 200 likes pour atteindre 214 et sur Twitter qui atteint les 138 abonnés, mais dont j’avoue j’ai encore un peu de mal à faire vivre.

Bilan Lectures

Concernant mon bilan lectures, sur 4 ans j’ai chroniqué pas moins de 500 livres et 77 bandes dessinées. Entre l’année dernière et cette année j’ai écrit environ 138 chronique. Je suis tout de même bien loin d’avoir parlé de tout mes lectures dans la catégorie BD, principalement par manque de temps. Je réfléchis d’ailleurs à l’idée de plutôt faire un bilan régulier de mes lecture dans ce domaine plutôt que de chroniquer chaque BD, Comics et autre livres à bulles. En tout cas pour le moment je n’ai rien perdu de mon rythme de lecture, j’en suis assez content, permettant aussi de faire de belles découvertes livresques, même si je sais que ça ne durera pas éternellement. Mon rythme d’achats n’a, lui, pas non plus baissé, ma PAL continuant a faire des bonds tournant actuellement autour des 210 livres en attentes (ebooks inclus je tiens à préciser).

Je ne vais pas faire de bilans de mes meilleures lectures, la fin de l’année approchant je me garde cette idée sous le coude. Je voulais au départ mettre en avant l’article qui a le plus été vu depuis que je suis sous WordPress, mais je me suis rendu qu’il s’agissait d’un livre que j’ai pas mal descendu, j’ai donc décidé de laisser l’idée de côté.

Bilan général

Par bilan général j’entends surtout faire un point sur ce que m’a apporté ce blog. Depuis 4 ans, en plus de partager mon ressenti vis-à-vis des mes lectures, il m’a aussi permis de vivre de belles choses, que ce soit à travers différentes rencontres littéraires ou encore par les festivals. Cette nouvelle année bloguesque s’est révélée tout aussi rempli que ce soit niveau rencontres, débats et discussions et, même tout n’est pas toujours rose, je suis content de ces moments et de ce que cela m’a apporté. Je repars donc pour une cinquième année en espérant qu’elle soit aussi réussie.

Pour finir je tiens encore à remercier tous ceux qui passent par ici, que ce soit régulièrement comme occasionnellement. C’est aussi un peu grâce à vous que ce blog continue à vivre et à avancer.

anniv 4 ans

L’Evangile Cannibale – Fabien Clavel

l'evangile cannibaleRésumé : Aux Mûriers, l’ennui tue tout aussi sûrement que la vieillesse. Matt Cirois, 90 ans et des poussières, passe le temps qu’il lui reste à jouer les gâteux. Tout aurait pu continuer ainsi si Maglia, la doyenne de la maison de retraite, n’avait vu en rêve le fléau s’abattre sur le monde. Et quand, après quarante jours et quarante nuits de réclusion, les pensionnaires retrouvent la lumière et entrent en chaises roulantes dans un Paris dévasté, c’est pour s’apercevoir qu’ils sont devenus les proies de créatures encore moins vivantes qu’eux. Que la chasse commence…

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Comme depuis quelques années maintenant Plumeline s’est mis dans la tête, lors du festival des Imaginales, de me faire repartir avec un livre qu’elle a sélectionné avec son petit déambulateur ( 😀 ). Finalement cette année sous ses argumentations et recommandations je suis reparti avec deux livres dont cet Évangile Cannibale. Il faut aussi bien avouer qu’il ne pouvait que finir dans ma PAL, un mélange de zombies et de papys a le don de me questionner et je me demandais bien ce qu’allait pouvoir proposer l’auteur. À noter la couverture, illustrée par Diego Tripodi, qui se révèle sympathique et efficace.

Alors clairement ce livre ne révolutionnera pas le roman de zombies en général, nous proposant une infection qui parait lié à ce qu’il parait être un problème pharmaceutique et qui a amené le retour des morts-vivants. Non, là où l’auteur trouve l’originalité c’est plutôt dans la façon dont il présente les choses, pas de héros sur son cheval blanc, pas de sauveur baraqué, pas de groupe plein de vivacité, ici nos survivants sont tout simplement une bande de vieillard coincé dans une maison de retraite qui vont découvrir l’apocalypse. Imaginez alors des courses poursuite à 2 à l’heure entre un zombie qui se traine et un fauteuil roulant électrique, voilà l’idée qu’a trouvé l’auteur pour son récit et je dois bien avouer qu’elle accroche clairement se révélant efficace, percutante et surtout pleine de dérision.

L’auteur se met alors à construire son récit un peu en deux grandes parties avec une première qui pose l’histoire, les personnages et l’univers de cette maison de retraite, le tout de façon ironique, rempli d’humour noir et de cynisme, bien porté par les réparties incisives du narrateur et avec une petite dose de mystique. L’auteur manipule ici l’humour au Xème degré de façon captivante et on ne peut s’empêcher de sourire voir même de rire devant certains passages francs et sans concessions. Puis au fil des pages la tension commence à monter, nos héros quittent la maison de retraite pour rejoindre Paris et découvrir alors que les zombies ont pris le pouvoir, que la ville est cloisonnée. Ils se lancent alors dans une (lente) course-poursuite pour la survie qui se révèle sanglante, surprenante et terriblement efficace. On atteint d’ailleurs le paroxysme de l’horreur, de la folie et de l’angoisse suite à la rencontre avec Manon. On se rend compte alors que quel que soit l’âge des gens, quand la survie prime, que la folie apparait, alors le travail de groupe devient de plus en plus compliqué, chaotique et impossible. L’Homme est un loup pour l’Homme, même chez les anciens. Que ce soit la première ou la seconde partie j’ai été captivé du début à la fin par ce roman  sans temps morts, rempli de rebondissements le tout bien porté par un format assez court (un peu moins de 300 pages) proposant ainsi un rythme haletant.

Mais ce roman est aussi bien plus qu’un divertissement réussi et plein d’humour, il se révèle aussi intelligent, offrant de nombreux axes de réflexions comme par exemple sur la façon dont on traite nos anciens, le culte de la jeunesse et de la beauté, le consumérisme, la vie qu’on brûle par les deux bouts sans prendre le temps de se poser ou bien encore plus simplement la capacité de l’humanité à s’autodétruire. Un roman qui, une fois la dernière page tournée, s’est révélé beaucoup plus psychologique qu’il le laissait présager initialement. Alors certes l’ensemble cherche parfois un peu trop le percutant, balançant des idées sans complètement les développer et certains aspects manquent de complexité ou de densité, mais l’ensemble ne manque pas d’attrait et permet d’élever ce roman a plus qu’une simple histoire de survie.

L’une des grande réussite du roman vient aussi du narrateur, Matt Cirois, 90 ans en fauteuil roulant, qui au départ représente un peu le vieux râleur, jamais content et toujours à se plaindre, à insulter, mais un petit peu attachant par son côté bougon. Puis au fil des pages on se rend compte qu’il n’est finalement pas si fiable que cela, paranoïaque, la folie et le doute commencent alors à le prendre, mais aussi finalement à prendre le lecteur. Comment croire ce que raconte le héros quand il se met à raconter que n’importe qui conspire contre lui? qu’il se met à mentir? L’auteur arrive franchement à rendre ce personnage intéressant à suivre et à découvrir, on est loin de s’attacher à lui (sauf à aimer les personnages pourri jusqu’à la moelle) tant il se révèle cynique, salaud et psychopathe, mais il fascine clairement. Surtout il arrive à rendre cette folie palpable, angoissante et cohérente, montant lentement en tension au fil de la lecture.

 Le titre du livre n’est pas non plus anodin, l’auteur nous présente son récit comme un évangile, certes vicié au vu de ce que représente le narrateur, mais tout de même un évangile avec son messie et ses apôtres. D’ailleurs l’interview de l’auteur à la fin du roman permet aussi de découvrir énormément d’aspects que je n’avais pas obligatoirement vu dans la construction du roman. En tout cas le style se révèle efficace, jouant même parfois avec l’écriture ainsi qu’avec la vérité et le lecteur, pour mieux le surprendre. Au final un roman de zombies qui dépasse le simple divertissement mélangeant à la fois humour, sanglant et réflexion et qui m’a clairement donné envie de lire d’autres écrits de l’auteur. D’ailleurs je pense faire entrer Métro Z dans ma PAL, son roman jeunesse sur les zombies.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment avec ce roman qui, certes, ne révolutionnera pas l’idée des zombies, mais se révèle original par son contexte, offrant un groupe de vieillard en survivant. L’ensemble ne manque ni d’humour ni de cynisme et n’oublie pas pour autant d’offrir un aspect angoissant, sanglant et violent avec une tension qui monte lentement au fil des pages. Le narrateur, grand-père acariâtre et râleur possède un petit côté attachant au début, puis très vite on découvre qu’il ment, qu’il cache des choses, que la folie le guette et le rend de plus en plus salaud ce qui le rend, certes beaucoup moins attachant, mais intéressant à suivre tant l’auteur arrive à le rendre crédible. Cela force aussi le lecteur à toujours remettre en cause ce qu’il dit, à essayer de démêler le vrai du faux ce qui apporte un véritable plus. Ce roman se révèle aussi être plus qu’un simple divertissement, l’auteur nous offre de nombreux points de réflexions, certes parfois un peu simplistes, mais qui se révèlent efficaces. L’auteur s’offre aussi un véritable exercice de style dans sa façon de raconter l’histoire que ce soit dans la présentation tel un évangile ou encore dans sa façon de jouer avec le lecteur. Au final un assez court roman, clairement efficace et entrainant, qui me donne envie de lire d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Cornwall, boudicca, Sita, Tesrathilde, Nymeria, Radicale, Lune, etc…

 

zombies challenge

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