Auteur/autrice : BlackWolf Page 96 of 202

Parmi les Tombes – Tim Powers

parmi les tombesRésumé : Londres, 1862. Une ancienne prostituée nommée Adelaïde frappe à la porte de John Crawford, dont elle a croisé la route autrefois. La fillette née de leur brève union aurait survécu. . . mais son âme est prisonnière d’un spectre vampirique.
Ce monstre assoiffé de sang n’est autre que John Polidori, jadis médecin de Lord Byron, le scandaleux poète. Le passé de Crawford et d’Adelaïde est lié au monde des ombres, faisant de leur enfant un trophée convoité par l’esprit maléfique.
Déterminé à sauver sa fille, le couple maudit s’allie à la poétesse Christina Rossetti et à son frère, le peintre Dante Gabriel Rossetti, eux aussi tourmentés par Polidori depuis l’enfance.
Chacun devra choisir entre la banalité d’une existence humaine et l’immortalité sacrilège…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Je ne me suis pas laissé tenter par ce livre par hasard, en effet j’avais déjà lu deux des romans de Tim Powers, Sur Des Mers Plus Ignorées (chronique ici) ainsi que Les Voies d’Anubis (chronique ), qui m’avaient fait passer de bons moments de lecture, se révélant bien rythmés et efficaces. Ce fut donc sans surprise que je me suis laissé tenter, il y a quelques mois, par ce roman et, aussi il faut bien l’avouer, attiré par la couverture que je trouve sobre et efficace. Par contre, sot que je suis, je ne me suis rendu compte qu’à la fin de ma lecture que ce livre était la suite d’un autre roman, Le Poids de son Regard, qui d’ailleurs m’attend aussi dans ma PAL. Heureusement ils peuvent se lire indépendamment.

J’avoue j’ai eu un peu de mal à me lancer dans cette histoire et les 100 premières pages se sont révélées assez laborieuses. Je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds, l’histoire me donnait un peu l’impression de partir dans tous les sens sans véritable logique, ni fil conducteur. De plus comme l’auteur changeait de point de vue à chaque chapitre j’avais un peu l’impression de piétiner, de ne pas avancer, tout en donnant le sentiment de découvrir une nouvelle histoire à chaque fois. Au final le démarrage débouchait sur la sensation d’entrer dans une histoire fermée dont il me manquait les clés pour l’assimiler. Puis peu à peu j’ai retrouvé ce qui faisait les qualités de l’auteur, une fois que les intrigues et les personnages commencent à s’entrecroiser l’ensemble se met alors à offrir une aventure efficace, pleine de rebondissements et de retournements de situations qui font qu’on se met à tourner les pages, pris par le rythme soutenu, dynamique et sans temps morts à travers cette course-poursuite qui va entrainer nos héros dans des périples qu’ils n’imaginaient même pas et dans conspirations qui se révèlent complexes.

Pourtant, malgré cette impression d’avoir quelque chose de plus fluide et de plus entrainant je n’ai jamais non plus réussi à m’immerger complètement dans le récit, l’ensemble me paraissant par certaines perspectives très bancal. Le principal soucis vient de la gestion des coups de théâtre que propose l’auteur. Au niveau timing pas de soucis tout s’enchaîne bien, mais au niveau cohérence là on repassera quand même pour quelques-uns. En effet certaines des réactions des personnages paraissent clairement manquer d’intelligence et de logique, je ne peux pas trop en dévoiler sans spoiler, mais on sent bien que l’auteur cherche trop à se garder des portes ouvertes pour prolonger son récit et remplir les pages le plus longtemps possible. C’est dommage car je me suis ainsi retrouvé à décrocher à chaque point que je trouvais aberrant et, par conséquent, perdre du temps à replonger dans l’histoire. Je reproche aussi à l’auteur une certaine fascination pour les Deus Ex Machina qui en devenait, à force, ennuyeuse. Non, cela n’a rien d’intéressant selon moi que régulièrement, dès qu’un personnage se retrouve bloqué, un élément venu d’on ne sait où, et le plus souvent fantastique, vienne le secourir. C’est trop facile. Enfin un dernier point qui m’a dérangé, cette fin en forme de Happy-End un peu trop simpliste par certains aspects, même si explosive. Dommage.

L’univers qui est construit ici est par contre assez fascinant. Il arrive, comme souvent, à nous plonger dans une Londres ambigu où se côtoie le lumineux et l’obscur et où le lecteur va découvrir les plus hauts lieux comme les plus sombres bas-fonds. Un Londres où la magie et le surnaturel y sont très présents avec des mystères remontant jusqu’à des périodes très lointaines. L’auteur se révèle posséder une imagination débordante avec pas mal de bonnes idées comme sa façon de traiter les vampires ou encore tout ce qui tourne autour des fantômes. Il y a une vraie densité et une vraie complexité qui se dégage de cet univers, mais qui, pourtant, n’a pas réussi à complètement me convaincre. On a parfois un peu l’impression que l’auteur le garde un peu pour lui, il parait, sur un ou deux aspects, assez hermétique, comme si l’auteur cherchait à jouer sur le côté mystérieux, mais ratait son coup rendant simplement le tout fermé. Ensuite, j’ai trouvé que ce soit-disant monde magique était un peu trop connu, chaque personne qu’on rencontre ou qu’on croise au fil des pages parait au courant et possède sa propre idée, ce qui est assez déroutant. Par contre j’ai apprécié l’inclusion de poètes et de poésie, nous faisant découvrir ce monde, mais sous une point de vue différent de ce qu’on connait.

Concernant les personnages ils se révèlent clairement énergiques, vivants et donnent envie de suivre leurs aventures avec un minimum d’envie et de plaisir tant on sait qu’elles vont se révéler un minimum percutante et entrainante. Que ce soit la famille Rosetti, Adelaïde, John Crawford, Johana ou bien même le sombre et fougueux Trelawny, chaque personnage arrive à apporter son dynamisme et sa force pour faire avancer l’intrigue et faire qu’on tourne les pages pour essayer de voir ce qui va leur arriver. Mais voilà là où les personnages pêchent, selon moi, c’est concernant l’aspect plus émotionnel. C’est bien simple j’ai eu l’impression qu’il était proche du néant. Chaque personnage avance en fonction de ses objectifs et des besoins de l’histoire, mais ils ne donnent jamais l’impression de complètement s’accrocher entre eux. Le seul lien empathique que j’ai ressenti c’est entre Johana et son père John Crawford où on sent qu’il y a un quelque chose de fort entre eux. Pour les autres, qu’ils soient frères ou sœurs ou bien qu’ils doivent se lancer dans des combats qui peuvent les amener à la mort, l’ensemble m’a paru rester assez froid et terne. Ce qui est assez frustrant finalement vu qu’on est quand même un minimum intéressé par leurs aventures.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle soignée, dense et efficace, plongeant le lecteur dans cet univers et ce Londres captivant qu’il construit au fil des pages. Dommage finalement que l’ensemble ne suive pas complètement, certes on retrouve le côté foisonnant de l’intrigue, mais l’ensemble manque de cohérence et a du mal à démarrer. Une lecture plutôt mitigé, mais qui ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de l’auteur dont Le Poids de son Regard dont j’ai entendu de meilleurs échos et qui m’attend dans ma PAL.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce livre avec le sentiment mitigé d’un roman qui possède pourtant du potentiel et un aspect entrainant et haletant, mais dont le reste ne suit pas toujours. L’histoire a déjà du mal à démarrer, je me suis senti perdu sur les 100 premières pages, avant d’enfin rentrer dans une intrigue pleine d’action et de surprises. Et pourtant malgré une certaine fluidité qui apparait alors, j’ai trouvé que certains rebondissements manquaient de cohérence, que l’auteur abusait un peu trop de Deus Ex Machina ainsi qu’une conclusion légèrement trop happy-end et reposant sur quelques facilités. L’univers que construit l’auteur se révèle dense et complexe, offrant une ville de Londres fascinante par son ambiguïté, par les mystères et les aspects surnaturels qu’elle y cache. L’auteur possède quelques bonnes idées comme ses vampire ou encore ses fantômes, mais je trouve dommage cette impression que tout le monde est au courant d’un soit-disant monde surnaturel caché. Concernant les personnages ils sont énergiques et entrainants, mais j’ai trouvé qu’ils manquaient un peu trop d’empathie ce qui est légèrement frustrant. La plume de l’auteur se révèle fluide, soignée et entrainante. Finalement j’ai l’impression d’être passé légèrement à côté de ce roman, ce qui ne m’empêchera pas de me laisser tenter par d’autres livres de l’auteur.

 

Ma Note : 5,5/10

 

Autres avis : Boudicca, Dup, Nymeria, Tesrathilde, …

Under my hat : Tales from the Cauldron – Anthology by Jonathan Strahan

under my hatRésumé : Neil Gaiman, Holly Black, Diana Peterfreund, Margo Lanagan, Peter S. Beagle, and Garth Nix are just a few of the authors who have toiled over their cauldrons and conjured up bewitching new creations inspired by and celebrating the might and mystery of the witch. Assembled by one of the most well-regarded anthologists in the science fiction/fantasy world, this rich, intelligent collection will enchant readers of all ages.

Edition : Hot Key Books

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce recueil de nouvelles, je dois bien l’avouer, principalement pour sa couverture, colorée et pleine d’humour, qui a fait que je me suis retrouvé à feuilleter ce livre. Je dois bien avouer aussi que certains des noms d’auteurs présents au sommaire m’ont donné envie de faire entrer ce livre dans ma PAL. Concernant le sujet de cette anthologie, comme vous vous en doutez, il s’agit des sorcières, pas obligatoirement le sujet qui me fascine le plus, mais de temps en temps une bonne petite histoire de sorcellerie c’est toujours agréable. À noter que ce recueil contient 18 nouvelles d’auteurs différents.

Stray Magic de Diana Peterfreund : Cette nouvelle va nous faire découvrir une sorcière qui n’a pas vraiment conscience d’en être une et qui s’occupe de chiens abandonnés. Elle va alors croiser un animal bien spécial. Un texte que j’ai trouvé gentil, fluide, cherchant à toucher le lecteur sur la cause des animaux abandonnés, principalement en donnant voix à ce chien de façon efficace et en jouant sur les émotions. Mais voilà dans l’ensemble le texte reste peut-être un peu trop mielleux, avec sa conclusion clairement happy end, ce qui fait qu’il a du mal a se révéler plus qu’un simple divertissement agréable pour petits et grands. De plus j’ai eu l’impression qu’il s’agit d’une introduction à une histoire plus longue.

Payment Due de Frances Hardinge : Cette nouvelle nous fait découvrir une jeune sorcière qui va tenter de récupérer ses affaires qui lui ont été volées. Le texte se révèle être du pur divertissement, ne cherchant que le côté fun et entrainant, avec une légère dose d’humour. L’ensemble se révèle alors efficace et on tourne les pages avec un minimum de plaisir, même si la fin est prévisible. L’aspect magie est bien traité par l’auteur, avec un tour de passe-passe assez marrant, mais voilà comme le texte précédent il lui manque un petit truc, un peu plus de profondeur, pour vraiment se révéler marquant. Je le classe dans le vite lu, sympathique et vite oublié.

A Handful oh Ashes de Garth Nix : Cette nouvelle nous fait découvrir une école de sorcellerie où, aussi bien les servantes que les enfants de familles riches, peuvent devenir sorcières. Mais la découverte d’un ancien règlement magique va tout bouleverser. J’ai bien aimé ce texte qui nous offre un univers solide, travaillé et nous propose une histoire vraiment efficace. Alors certes on tombe un peu dans l’école de sorcier à la Harry Potter, le tout mâtiné d’un soupçon d’école victorienne, mais l’auteur arrive à nous offrir des héroïnes vraiment attachantes et entrainantes, ainsi qu’un background dense pour emporter le lecteur. L’ensemble aurait peut-être par contre gagné à être un peu plus long, principalement dans les retournements de situations, mais rien de bien gênant.

Little Gods de Holly Black : Cette nouvelle nous plonge avec une jeune adolescente qui a rejoint un groupe de sorcier. Plusieurs de ces groupes vont se retrouver une nuit bien spéciale, pour fêter leurs pouvoirs. L’auteur décide de traiter à travers son récit de différents aspects tel que les relations, la force de l’amitié, la religion voir encore la quête identitaire de l’héroïne. L’ensemble se révèle très bien écrit et fluide, mais voilà j’ai trouvé que sur les thématiques l’auteur ne rentrait jamais vraiment dedans, ne faisant que les effleurer pour aboutir à une conclusion un peu facile. Ce n’est pas mauvais, mais loin d’être transcendant et aurait sûrement mérité un traitement plus long. Puis j’ai eu l’impression que ça touchait plus un public Américain.

Barrio Girls de Charles de Lint : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien de deux meilleures amies, deux jeunes filles de caïd de gang, qui se prennent pour des vampires jusqu’au jour où une sorcière va tuer un être qui leur est cher. Ce texte est construit un peu comme un conte avec des personnages, une situation grave, l’apprentissage, on règle la situation et on termine le tout avec une morale qui reste toujours un peu ambigu. Mais là l’auteur a décidé de l’adapter d’un point de vue contemporain avec des gangs et autre. Le problème c’est que l’ensemble reste trop simpliste et l’ensemble un peu trop gentil pour entièrement m’accrocher ou me fasciner.

Felidis de Tanith Lee : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme qui, lors de son voyage, va croiser le chemin d’une sorcière-chat et va se rapprocher d’elle. Ce récit se révèle être construit de façon très classique d’un point de vue Fantasy, mais l’ensemble m’a fasciné par l’imagination débordante de l’auteur ainsi que par sa plume qui a réussi à m’emporter à travers son histoire. La magie se révèle déroutante et repose sur un twist vraiment intéressant qui ouvre sur un univers plus grand. Je regrette juste que les personnages soient un peu froid, principalement par leurs facilités à accepter certaines situations, mais rien de dramatique ou de gênant.

Witch Work de Neil Gaiman : J’avoue je suis un grand fan de Neil Gaiman, il a décidé ici d’offrir au lecteur un poème qui se révèle sympathique, agréable et se lit facilement. Pourtant, j’avoue, mais c’est personnel, je suis un peu déçu j’attendais plus de l’auteur.

The Education of a Witch d’Ellen Klages : Cette nouvelle nous fait découvrir une enfant, dont la vie va changer prochainement suite à la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur et qui va alors se découvrir une fascination pour les sorcières après le visionnage du film La Belle au Bois Dormant et plus précisément par sa découverte de Maléfique. Un excellent texte, principalement par son aspect glaçant, faisant monter lentement la tension au fil des pages à travers le personnage de cet enfant qui va découvrir la jalousie et va alors se rendre compte que le monde n’est pas tel qu’elle l’imagine. Un texte fantastique qui m’a happé aussi bien justement par son personnage principal attachant et par cette sourde ambiance glaçante qui s’insinue lentement pour aboutir à une conclusion efficace.

The Threefold World d’Ellen Kushner : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un étudiant, Finlandais, fasciné par les légendes grecques et rejetant tout le folklore de son pays. Une rencontre surprenante et le voyage onirique qui va s’en suivre va alors lui faire changer d’avis. J’ai adoré ce texte, il se révèle simple dans sa construction, mais l’auteur arrive clairement à nous happer, principalement dans cette mythologie nordique, Finlandaise, qui dévoile l’origine de tout et qu’elle construit efficacement. La plume de l’auteur se révèle vraiment poétique et magique. Elle m’a donné envie d’en apprendre plus, justement sur cette mythologie.

The Witch in The Wood de Delia Sherman : Cette nouvelle nous fait découvrir une sorcière qui n’a jamais quitté de sa vie la forêt et qui un jour, en chassant un cerf, va se rendre compte qu’elle a en fait touché un homme bloqué dans une malédiction. Son grand amour. J’avoue que le récit est en soit pas mauvais, nous offrant une magie de la nature intéressante ainsi que des magiciens intéressants entre ombre et lumière. L’ensemble ne manque pas non plus de rebondissements. Mais voilà j’ai trouvé l’aspect romantique un peu trop facile à mon goût tout comme le retournement de situation à la fin.

Which Witch de Patricia A. McKillip : Cette nouvelle nous plonge dans une Fantasy Urbaine où un groupe de rock, et accessoirement de sorciers et sorcières, va devoir lutter avec leurs familiers contre une sombre menace. Autant le dire tout de suite je n’ai jamais accroché à ce texte, la plume m’a paru beaucoup trop simple avec un sens du détail dans les tenues vestimentaires des personnages qui ne m’a jamais accroché. L’histoire en soit ne se limite qu’à une bataille avec quelques renvois émotionnels vers les héros, mais je n’ai jamais réussi à rentrer dedans. Dommage, cela vient peut-être de moi, j’attendais peut être autre chose.

The Carved Forest de Tim Pratt : Cette nouvelle nous propose de suivre un grand frère qui cherche à récupérer sa jeune sœur qui a fui la maison, étant incomprise par ses parents, pour être formé par la Sorcière de la ville. J’avoue que le récit démarrait bien, se révélant prenant par cette sorcière au pouvoir fascinant à la fois bénéfique, gardant un œil sur tous les habitants de cette ville, mais pouvant se révéler très sombre car pouvant faire disparaitre une personne de la mémoire des gens. Puis tout bascule et on tombe clairement dans le préchi précha où le grand frère va alors ouvrir les yeux de la sorcière sur ce qu’elle fait est mal et où la jeune sœur devra donc attendre 18 ans avant de faire choix car avant on manque clairement de maturité pour faire un choix. Mouais. Pas mon truc désolé. Dommage, car il y avait du potentiel.

Burning Castles de M. Rickert : Cette nouvelle est compliqué à définir sans trop en révéler, on va dire qu’elle traite de la désillusion d’une fille qui découvre que ses rêves d’enfants se sont éteints et que le lien qui l’unissait avec sa mère a changé. J’avoue je ressors perplexe de ma lecture, l’auteur cherche clairement à jouer avec le lecteur, entre fantastique et réalité, mélangeant les deux sans jamais non plus définir clairement l’existence de l’irrationnel. L’héroïne principale a un côté touchant, mais la conclusion ne m’a pas accroché, trop percutante peut-être.

The Stone Witch de Isobelle Carmody : Cette nouvelle nous fait découvrir une femme qui déteste les enfants, mais va se retrouver à devoir en surveiller un lors d’un voyage en avion. Juste avant le crash de l’engin elles vont se retrouver toutes les deux dans un autre univers. Un texte que j’ai trouvé sympathique, construit de façon efficace et offrant aux héros une quête, certes sur certains aspects classiques, mais qui se révèle entrainante et passionnante, où chacune va devoir se dévoiler à l’autre. Je reproche juste peut-être certaine transition un peu facile, principalement dans la relation de l’héroïne avec l’enfant ainsi qu’une conclusion un peu gentillette.

Andersen’s Witch de Jane Yolen :  Cette nouvelle se révèle être un hommage à Hans Christian Andersen, l’utilisant ainsi comme héros dans le conte que l’auteur nous offre ici. On sent d’ailleurs qu’elle connait bien ses classiques, car elle offre un texte que j’ai trouvé très réussi et passionnant. Si on aime les contes d’Andersen on devrait clairement s’y retrouver par ce mélange de construction jeunesse, mais accompagné d’une morale qui se laisse découvrir à tout âge, le tout à travers une écriture fluide et entrainante.

B is for Bigfoot de Jim Butcher : Une nouvelle qui se situe dans l’univers de Dresden ça fait toujours plaisir, surtout que là notre grand magicien va devoir protéger le fils d’un Bigfoot. Un texte qui se révèle vraiment efficace, entrainant avec toujours cette patte humoristique et pleine d’action. Les personnages se révèlent efficace et Irwin devrait toucher le lecteur qui pourra se reconnaitre un peu dans ce personnage, solitaire à l’école, qui lit régulièrement de la SF dans son coin et souffre-douleur de certains camarades. Certes ce n’est pas le meilleur texte de l’auteur et certaines réflexions sont un peu simplistes, mais dans l’ensemble il m’a bien accroché.

Great-Grandmother in the Cellar de Peter S. Beagle : Cette nouvelle nous présente un jeune garçon qui, suite au mauvais sort jeter par un autre sorcier sur sa sœur, va tout tenter pour la sauver, comme appeler sa arrière grand-mère décédé. Une excellente nouvelle, principalement par l’ambiance qu’elle met en place, assez sombre et mystérieuse, principalement concernant tout ce qui entoure le personnage de l’arrière grand-mère et sa vision contradictoire. L’ensemble reste certes très linéaire, mais le duel final se révèle très efficace, avec son lot d’action et de tension.

Crow and Caper, Caper and Crow de Margo Lanagan : Et on termine ce recueil avec cet excellent texte qui nous propose de découvrir une sorcière très ancienne qui va travers la planète pour aller rencontrer et bénir le bébé de son fil qui vient de naitre. La nouvelle se révèle fascinante par le sentiment de puissance qu’elle met en place, ainsi que par le background qu’elle travaille sur cette sorcière. Elle nous offre aussi un travail assez intéressant sur le parallèle entre l’ancienne magie et la technologie. Les personnages se révèlent vraiment intéressants et j’avoue que ce texte m’a clairement donné envie d’en découvrir plus sur l’auteur.

En Résumé : Ce qu’on peut dire, une fois la dernière page de ce recueil tournée, c’est que l’ensemble des textes se révèle très variés, allant du récit jeunesse au plus adulte, de la Fantasy au fantastique, ce qui permet à un panel large de lecteur de se laisser tenter. Le soucis vient que comme le panel est large, tous les textes ne marquent donc pas le lecteur de la même façon, en effet on se retrouve a osciller facilement entre le très bon et certains qui n’ont jamais réussi à me captiver. Malgré cet aspect j’avoue avoir passé tout de même un agréable moment de lecture avec ce livre qui propose de découvrir 18 nouvelles différentes sur le thème des sorcières. Il m’a d’ailleurs aussi permis de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas forcément et dont je lirai d’autres textes sans soucis.

 

Ma Note : 6,5/10

Les Derniers Jours du Paradis – Robert Charles Wilson

les derniers jours du paradisRésumé : Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un chauffard. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que fuir.
L’Hypercolonie est repartie en guerre contre tous ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué.

Edition : Denoël Lunes d’Encre (Parution le 04-09-2014)
Traduction : Gilles Goullet

 

Mon Avis : Je suis un grand admirateur des écrits de Robert Charles Wilson, principalement par sa capacité à offrir une science-fiction mélangeant efficacement l’inexplicable au contemporain et surtout porté par des personnages qui se révèlent humains dans leurs réactions et leurs évolutions. J’ai déjà lu six livres de l’auteur et je n’ai jamais été vraiment déçu, même si tous ne sont pas au même niveau. C’est donc sans surprise que lorsque l’on m’a proposé de découvrir son dernier livre, je me suis rapidement laissé tenter. Il faut bien avouer que le résumé se révèle accrocheur. Concernant la couverture, de nouveau illustré par Manchu, j’avoue être moins fan que d’habitude même si elle reste sympathique.

L’intrigue de ce roman rappelle clairement les histoires de SF d’il y a quelques années, celle où la terre se révèle infiltrée par un organisme supérieur, pour des raisons que personne ne connait, et qui manipule l’humanité à l’insu de son plein grès. Malgré ce côté assez classique, l’auteur s’en sort très bien dans la construction de son histoire, dès le premier chapitre il nous happe à travers Cassie qui se retrouve à fuir suite à la mort par accident d’un sim devant chez elle. On se retrouve alors plongé dans une fuite en avant, qui monte doucement en tension et en intensité face à cette traque et cette envie de survie de nos héros qui va alors les pousser parfois aux pires exactions. Une aventure pleine de suspens qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie. L’utilisation de deux points de vue dans l’histoire, avec le premier qui suit le groupe jeune que comprend Cassie et l’autre plus adulte que comprend son Oncle Ethan, permet aussi d’offrir un plus à l’ensemble, que ce soit dans ces différents sentiments d’insécurité qui les obligent à toujours courir, comme dans les différents angles d’explication qui se dévoilent au fur et à mesure, aussi bien concernant l’Hypercolonie que sur le monde et la résistance de certains.

L’univers que construit l’auteur nous propose un monde parallèle où la guerre a quasiment disparu depuis l’armistice de 1914, offrant ainsi un monde qui devrait paraitre plus sûr, géré de façon complètement différente et offrant des alliances que personne n’imaginait, le tout bien entendu manipulé par l’Hypercolonie. J’avoue qu’il y a quelques chose de fascinant dans la construction de cette Histoire alternative que l’auteur dévoile lentement, insérant des indices et des éléments ici ou là au milieu de son intrigue. Un monde qui donne une impression un peu désuète, style années 60, comme si la technologie était mauvaise pour l’homme.  L’auteur nous offre alors des réflexions qui ne manquent pas d’intérêt comme par exemple sur le libre arbitre, sur le fait que l’humanité se laisse aller avec une facilité déconcertante dans le conflit et la destruction. Qu’est-ce qui est le plus intéressant, d’avoir la sécurité, mais sous le contrôle d’une entité supérieure ou avoir la liberté en sachant que cela mène souvent à des conflits mondiaux? L’auteur propose aussi un aspect scientifique intéressant comme par exemple ce parallèle avec certaines castes d’insectes, expliqué de façon simple et compréhensible. Mais voilà malgré ces points qui se révèlent réussis, j’aurai pourtant aimé en savoir plus sur ce monde, l’auteur ne construisant parfois que ce dont il a besoin pour son histoire et offrir un minimum de densité, mais laissant certaines questions en suspens comme par exemple concernant la géopolitique ou encore, pourquoi pas, la démographie.

Concernant les personnages il s’agit, comme souvent avec l’auteur, d’un des points forts de ce roman. Il nous offre comme toujours des héros qui s’annoncent denses, complexes et profondément humains au fil des pages. On arrive à s’attacher où à s’intéresser facilement à chacun d’eux, offrant une palette de point de vue assez large et diversifiée. Chaque protagoniste possède ses doutes et ses certitudes, guidé par ses émotions et son vécu ; entre Cassie jeune fille d’à peine 19 ans qui a  toujours vécue à la marge de la société, dans la peur, suite à la mort de ses parents ou bien encore Ethan son oncle scientifique qui a perdu énormément et qui cherche pourtant d’une certaine façon à avancer à lutter. Tous vont se retrouver à devoir faire des choix pas toujours faciles et qui vont les marquer durablement et c’est là-dessus qu’ils arrivent à nous captiver, devant la façon dont chacun va devoir évoluer, leurs interactions les uns les autres face aux différents problèmes qui se posent à eux. Un des aspects intéressant vient aussi de leurs différentes perceptions qu’ils ont de cette Hypercolonie, allant du très scientifique à un aspect peu-être un peu plus romantique d’un monde meilleur.

Pourtant, malgré pas mal d’aspects plutôt positifs, ce livre se révèle loin de m’avoir marqué autant qu’a pu le faire Spin ou Julian du même auteur qui sont, ses meilleurs romans dans ceux que j’ai lu. On y retrouve cependant un certain parallèle avec Spin, cette main supérieure qui influence l’humanité, mais j’ai eu l’impression que l’auteur restait un peu trop en surface, cherchant peut-être plus à offrir un roman de science-fiction qui recherche un public plus large, ce roman pouvant se lire très facilement par un adolescent. De plus j’ai trouvé que par moment l’auteur se répétait un peu, principalement dans certains dialogues qui ressassaient les même questionnements et argumentations; mais de façon différente. J’avoue aussi avoir remarqué une petite facilité, que je ne peux dévoiler sans spoiler, mais qui contredit une statistique qui parait importante, mais sur ce point rien de bien gênant. Au final ce roman se lit tout de même facilement, on y retrouve pas le côté fascinant et émerveillant de certains de ces romans, mais cela n’empêche pas à ce livre d’être divertissant et d’offrir un agréable moment de lecture.

La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, fluide, entrainante et plus on avance dans le livre et plus on se sent emporter, le tout pour aboutir à une conclusion que j’ai trouvé fascinante, explosive et évitant le happy-end qui aurait été un peu facile. Finalement j’ai un peu l’impression d’avoir le même ressenti qu’avec Blind Lake, un roman très agréable, efficace avec un concept de départ intéressant et de bonnes idées, mais qui aurait pu être meilleur, manquant peut-être d’un peu plus d’ambition. Peut-être que j’attends un peu trop de l’auteur aussi. En tout cas cela ne m’empêchera pas de lire d’autres écrits de Robert Charles Wilson car l’ensemble se révèle toujours aussi prenant.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman, certes il n’est pas le meilleur de l’auteur, mais cela ne l’empêche pas d’offrir une histoire qui se révèle efficace, pleine de suspens où la tension monte au fil des pages pour happer le lecteur, même si construite sur des bases classiques. L’univers parallèle que développe l’auteur est très intéressant même si j’aurai aimé avoir plus d’informations concernant certains aspects. Les personnes construit au fil des pages sont, comme souvent avec l’auteur, humains et attachants face à leurs évolutions et leurs choix pas toujours facile. La plume de l’auteur se révèle fluide et efficace pour aboutir à une conclusion fascinante, pleine d’émotion et explosive. Je reproche en fait à ce roman certaines répétitions dans certains arguments, mais surtout un léger manque d’ambition par rapport à ce que proposait l’auteur ces dernières années, peut-être aussi pour viser un public plus large. Cela n’empêche pas pour autant ce roman d’offrir une lecture divertissante et efficace. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ly lit, …

Zombies et Autres Infectés – Anthologie dirigée par Emmanuel Beiramar

zombiesRésumé : Ils sortent de leur tombe, se relèvent après un accident mortel. Les zombies sont dans les rues. Ils cognent à votre porte pour vous dévorer.
Un virus a transformé vos voisins en créatures enragées ou décérébrées. Si vous les croisez, prudence : certaines sont susceptibles de vous ignorer, mais d’autres pourraient vous arracher les entrailles.
Barricadez-vous. Ne répondez à aucun appel. Méfiez-vous de vos proches : ils pourraient convoiter vos biens ou, pire, avoir rejoint leurs rangs. Priez pour que vos réserves tiennent jusqu’à l’arrivée – peu probable – des secours.
En attendant, jetez-vous ces dix-sept nouvelles. Peut-être y trouverez-vous des idées pour survivre à cette apocalypse… ou devenir un meilleur mort-vivant.

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement, vous devez savoir que j’apprécie énormément de lire un bon livre sur les zombies. Il est donc tout à fait logique que cette anthologie, complètement consacré à ce genre, se retrouve dans ma PAL. Surtout que ce recueil offrait un sommaire assez varié, mélange d’auteurs plus ou moins connus, et aussi, il faut bien avouer, une superbe couverture illustrée par Zariel ; de quoi me faire craquer facilement. À noter que ce recueil comporte 17 nouvelles.

Un Beau Mariage de Frédérique Lorient : Cette nouvelle nous entraine à la découverte d’une jeune fille qui décide de se marier et dont son père veut lui offrir un beau mariage, malgré le fait que le monde soit infecté de zombies. J’ai eu du mal à complètement accrocher à cette nouvelle, pas qu’elle soit mauvaise, mais elle est loin de laisser un souvenir impérissable. L’auteur cherche pourtant à offrir une histoire pleine de second degré sur une communauté qui veut retrouver une vie normale et propose une conclusion avec son coup de théâtre, mais voilà j’ai trouvé l’ensemble trop moyen et trop gentil pour me convaincre totalement.

Freaks de Cualli Carnago : L’auteur a décidé de construire sa nouvelle un peu comme un film d’horreur américain, type teen movie, avec comme toile de fond un campus américain. On se retrouve alors à suivre deux personnages. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussi, que ce soit à travers son rythme soutenu et efficace, comme dans sa construction à la fois fun, ironique et pleine d’action tout en n’oubliant pas non plus de poser des réflexions, certes classiques, mais intéressante et percutante sur l’adolescence et la mal-être qui l’entoure. Surtout le récit propose une conclusion que j’ai trouvé savoureuse et qui se laisse savourer et que je vous laisse découvrir.

Outlaw de Frédéric Czilinder : Cette nouvelle décide de traiter les zombies comme élément de distraction. En effet le monde a su finalement contenir l’invasion et a décidé de garder certains spécimens, les plus malléables, pour divertir les foules dans un parc d’attraction. Une nouvelle que j’ai trouvé fluide, entrainante et efficace, alignant de façon prenante les rebondissements et retournements de situations, même si l’ensemble se révèle linéaire et construit de façon classique. L’auteur décide de traiter l’ensemble un peu comme un western et du point de vue du zombie, ce qui apporte clairement un plus à l’ensemble. Un texte réussi et efficace.

Mille Canines de Sarah Dunkel : J’ai franchement accroché à cette nouvelle qui nous plonge dans la lente et inexorable folie de l’héroïne, face à l’horreur de ce monde qui s’est effondré face aux zombies et qui est pourtant vu par les autres comme une héroïne par ses actes et ses actions. Un texte court que j’ai trouvé poignant et fascinant grâce à la profondeur du personnage, ses émotions, mais aussi par ce parallèle entre ce qu’elle ressent et ce que les autres voient d’elle. Au final qui est vraiment le monstre? La plume de l’auteur se révèle immersive, étouffante, angoissante, réaliste et offre une conclusion cohérente et pleine de surprises.

Chaney de Julie Conseil : Cette nouvelle nous propose de traiter le thème du zombie avec une bonne dose d’humour. L’ensemble se révèle par conséquent clairement divertissant, nous proposant de découvrir une troupe de zombies assez différente de ce qu’on peut bien imaginer. Le texte se lit facilement, avec le sourire aux lèvres et le tout bien rythmé, construit un peu comme une fable pour petits et grands, un peu dans la tradition cartoon, et porté par une plume fluide. Un petit bonbon sucré aux milieux de nouvelles plus sombres, même si niveau zombies cela reste très (voir trop) gentil.

De Mortuis de Laurent Pendarias : Cette nouvelle nous propose de découvrir le siège de Pise, survenu en 1500, à travers plusieurs lettres envoyées qui vont dévoiler une vérité que personne ne connait tout en mettant en avant le philosophe Niccolo Machiavelli. J’avoue j’ai eu du mal à complètement accrocher à ce texte, je ne sais pas si c’est la construction de la narration avec ces lettres qui m’a rebuté, ou bien l’ensemble qui se révèle trop simpliste et linéaire, en tout cas ce texte est loin de m’avoir marqué. Dommage.

Du Debriefing Zombiesque en 7 Étapes de Fabien Clavel : Cette nouvelle décide de traiter du zombie d’un point de vue psychologique, mais le tout avec humour noir. En effet on suit ici un zombie qui se retrouve suivre plusieurs étapes de travail, avec un groupe de différents corps de métier, allant du psychologue au préfet, pour tenter de se réintégrer dans la société. À travers son regard on va alors découvrir un pays qui se délite lentement au fil des rencontres, suite à une catastrophe dont le gouvernement cherche au maximum à se dédouaner. Un texte que j’ai trouvé intelligent, mordant et ironique, où le zombie n’est pas clairement la cause des soucis, mais plus une façon de voir l’Humanité s’entredéchirer face à son aspect égoïste et cherchant à sauver ses propres avantages et qui offre une conclusion percutante.

Ces Jours qui se suivent … de Nassim Ben Allal : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien d’une petite famille où tout parait tranquille. Mais les choses sont parfois trompeuses. Une excellente nouvelle, qui joue clairement avec le lecteur pour mieux tenter de le surprendre au fil des pages. Alors bien entendu tous les retournements de situation que propose l’auteur ne marchent pas de la même façon, mais dans l’ensemble il offre un texte qui se révèle réussi, efficace et dont on tourne les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. Le personnage principal possède quelque chose d’attachant et le tout est porté par un style entrainant.

L’Étiquette de Mathilde Gervaisot : Cette nouvelle nous plonge dans un monde où les zombies ont été jugulés et où certains ont même pu reprendre une vie normale, mais sous traitement et surveillance. En fait ici l’auteur traite principalement de la différence, et plus précisément de la différence vis-à-vis de la maladie. On y retrouve donc les aspects classiques de la vie face au virus, du rejet des autres, mais l’ensemble m’a paru manquer de force pour complètement toucher le lecteur. Pourtant, le personnage de Nora, contaminée, se révèle intéressante et un minimum attachante mais il manque un petit truc dans son lien avec les autres pour complètement accrocher. Un texte qui aurait peut-être mérité un peu plus de pages pour mieux développer certains aspects. Une nouvelle qui n’est, au final, pas mauvaise, bien porté par une plume simple et efficace, mais qui possède tout de même quelques défauts qui l’empêche de happer le lecteur.

Ceux Qu’on Caillasse de Vanessa Terral : Il est difficile de faire un court résumé de cette nouvelle sans trop en dévoiler, je vous laisse donc la découvrir, mais j’avoue en être ressorti assez perplexe. L’auteur démarre son texte pourtant de façon classique, nous dévoilant un héros qui tente de survivre dans ce monde post-apocalyptique rempli de zombies, puis au fur et à mesure on plonge dans un mélange de fantastique et de mystique se concluant dans un grand renouveau, jugement dernier, qui m’a laissé dubitatif et qui a fait que j’ai peu à peu décroché. Je pense ne pas être le public adéquat pour cette nouvelle. Tant pis.

Accro d’Alexandre Rathel : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien d’une jeune femme qui est devenue accro à l’élimination de zombies et qui cherche à en sortir, pour cela elle va alors décider de se lancer dans une thérapie de groupe. J’avoue que l’idée de départ est très intéressante et originale, l’auteur nous offre alors une histoire qui se révèle bien écrite et efficace, mais j’ai trouvé que certains points auraient mérité plus de développements. L’auteur donne l’impression de garder trop d’informations pour les révéler seulement à la fin, ce qui offre parfois certaines petites incohérences. Cela n’empêche pas ce texte d’offrir un moment de lecture très sympathique et à découvrir selon moi.

Catharsis 2.0 de Guillaume Guike Lemaître : À travers cette nouvelle l’auteur chercher à nous faire réfléchir, comme l’annonce clairement le titre, sur les pulsions humaines ainsi que  le désir un peu pervers d’admirer l’interdit et l’horreur, le tout avec des zombies et une arène qui fait penser à de la télé réalité. Le problème c’est que je ne suis jamais rentré dans ce texte, l’auteur cherche à poser sa réflexion de façon rapide et principalement en poussant l’horreur à son paroxysme pour choquer le lecteur, comme s’il cherchait à trop en faire, offrant au final un ensemble un peu irréaliste et pas du tout attachant ou captivant selon moi. Dommage.

Le Jugement de Gabriel Vidal : Cette nouvelle se révèle plus légère que les précédentes, nous proposant de découvrir un procès où une famille cherche à faire déshériter un des leurs qui est devenu un zombie intelligent. Le problème c’est que rien dans la loi ne prend en compte ce cas de figure. Alors sur le fond cette nouvelle pleine d’humour et de mordant à quelque chose d’intéressant, mais sur la forme je l’ai trouvé un peu bancal. Déjà il faut clairement accepter l’idée que certains zombies se révèlent intelligents sans aucune véritable explication et qu’ensuite le système judiciaire, malgré l’apocalypse, n’ait pas évolué d’un iota dans sa reconstruction. En fait je pense que c’est cela qui m’a gêné, il me manque un background un peu plus travaillé. Au final une nouvelle en demi-teinte qui possède tout de même des passages intéressants.

Zombie, Zombie, Zombie… Boom ! de Li-Cam : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien de ce qui parait être le dernier survivant sur terre, entouré de zombies. Un texte qui reprend un peu l’idée qu’avait offert Stephen King avec Cellulaire, où les humains étaient contaminé par leur téléphone, mais en le faisant évoluer pour le plaquer à notre époque avec une contamination par écran. On y retrouve alors clairement une critique sur notre société actuelle toujours plongée dans un écran que ce soit smartphone, tablette, ordi, TV ou autres, nous transformant en des monstres sans cervelle qui avalent les images sans jamais y réfléchir. L’ensemble manque peut-être de finesse, mais se révèle tout de même efficace et entrainant. Je regrette peut-être une fin un peu trop étrange et ouverte.

Darach de Valentin Vergès : Cette nouvelle nous propose un zombie d’un nouveau genre, le zombie écologique puisqu’ici les monstres sont crées par des arbres pour se défendre des attaques incessantes des hommes. On retrouve un texte qui offre une ambiance très sombre, bien porté par des descriptions efficaces, morbides et sanglantes ce qui offre à l’ensemble du récit un aspect visuel terriblement efficace et prenant. Mais voilà cet aspect visuel prend le pas sur les réflexions que cherche à mettre en avant l’auteur, ce qui fait qu’on tourne plus les pages pour le côté malsain que pour le reste, ce qui est quand même un peu dommage, même si rien de complètement gênant non plus.

Jusqu’à ce que la Mort de Benoît Giuseppin : Cette nouvelle se révèle très classique dans sa construction de récit de zombies, avec un univers infecté où tente de survivre le héros, mais la particularité vient du fait que le héros possède un jumeau siamois qui est devenu un zombie. L’ensemble aurait pu se révéler efficace et entrainant si seulement j’avais accroché au principe de base du frère sain accroché au frère contaminé. Je ne sais pas, il me parait impossible que l’un puisse avoir été contaminé sans que l’autre le soit, je me trompe peut-être, mais ça m’a bloqué tout du long. Dommage car j’ai trouvé que l’histoire, sans ce point bloquant, se révélait intéressante et bien écrite avec pas mal de bonnes surprises.

Moi, Zombie de Jean-Pierre Andrevon : Cette nouvelle propose de traiter le zombie de nouveau de façon humoristique, l’auteur ayant récupéré une expression bien connu, que je vous laisse découvrir, pour construire son récit. L’ensemble se révèle plutôt sympathique, avec quelques petites scénettes qui font sourire, mais se révèle au final, j’ai trouvé, très gentil. Un peu une conclusion en douceur pour ce dernier texte de l’anthologie, même si j’avoue j’attendais mieux.

En résumé : Au final cette anthologie a décidé de traiter, à travers ces 17 textes, des zombies de façon très large allant du zombie lent et grognant, au zombie intelligent, pouvant communiquer avec les autres et vivre, en passant par l’humour, ce qui offre donc une grande variété de textes. Cela permet clairement de viser large au niveau lectorat, mais fait aussi que tous les textes ne m’ont pas touché de la même façon, certains m’ont même laissé froid tandis que d’autre m’ont marqué. Dans l’ensemble on obtient quand même un recueil qui se révèle sympathique et divertissant à lire ; qui pourrait même permettre de faire un premier pas dans les différents mondes du zombie pour ceux qui cherchent à les découvrir.

 

Ma Note : 7/10

Blood Song Tome 1, La Voix du Sang – Anthony Ryan

blood song t1 la voix du sangRésumé : Vaelin Al Sorna, héros légendaire du Royaume Unifié, accomplit son dernier voyage. Sur le navire qui l’emmène vers sa condamnation, il raconte à un jeune chroniqueur impérial les événements qui l’ont conduit à cette tragique conclusion.
Vaelin aurait dû succéder à son père, le célèbre Seigneur de Guerre, mais il était promis à un autre destin. Confronté dès l’enfance au quotidien rude d’un combattant de la Foi, il n’aura désormais pour seule famille que l’Ordre qui l’a recueilli dans ses rangs. C’est là, entre les maîtres sans pitié et les épreuves initiatiques mortelles, qu’il se liera à vie à ses frères d’armes, et à celle qu’il n’a pas le droit d’approcher. Devenu le fer de lance d’un royaume gouverné par le sang, Vaelin est redouté sur tous les champs de bataille. Mais c’est pourtant son humanité qui fera de lui à la fois un héros et un traître…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Comme tous les ans les éditions Bragelonne propose de nous faire découvrir leur grand coup de cœur de l’année. Depuis quelques années j’avoue faire de plus en plus attention avec cette appellation ; les dernières années s’étant révélées pas toujours au niveau que j’espérais et pourtant j’avais bon espoir avec la cuvée de cette année, présenté comme du Gemmell raconté dans le style du Nom du Vent. Cela a eu le don de m’intriguer. Par contre qui dit coup de cœur dit communication importante et là je me demande si l’éditeur n’en fait pas un peu trop, présentant l’auteur comme quelqu’un qui laissera certainement sa marque sur le genre de la Fantasy moderne. En tout cas je trouve la couverture, illustrée par Didier Graffet, sympathique même si l’aspect personnage à cape devient un peu redondant ces derniers temps.

Ce premier tome nous propose finalement de découvrir un roman de Fantasy assez classique dans sa construction, avec ce héros qui, par la force des choses, va rencontrer un chroniqueur et va alors lui raconter sa vie. On se retrouve alors avec avec une intrigue qui se révèle initiatique où il va se retrouver abandonner, enfant, par son père à l’Ordre qui va en faire un guerrier de la Foi. Le roman peut se diviser en deux grandes parties, la première sur l’apprentissage, l’amitié, la construction de soi, la découverte de la mort et l’appartenance à un groupe, la seconde où notre héros a évolué, gagné ses galons et va découvrir la guerre, les luttes de pouvoir, les trahisons, l’amour impossible et les manipulations ; l’auteur n’offre donc en soit rien de nouveau sous le soleil. Par contre j’ai trouvé intéressant que l’auteur ne se soit pas laissé tenter d’écrire un roman complet pour chaque partie. Il aurait pu nous faire un roman entier sur l’apprentissage du héros par exemple, même si cet aspect condensé à l’inconvénient de rendre certains passages moins marquants, comme par exemple le coup du camarade rival dont le lecteur ne ressent jamais cette compétition et cette jalousie, elle ne parait jamais exister ni être aboutie.

Pourtant l’ensemble se laisse lire facilement, cela a beau être classique il connait parfaitement les codes du genre pour les reproduire efficacement, offrant un récit entrainant, plutôt bien rythmé avec son lot d’action et efficace. On se retrouve à suivre les aventures de Vaelin Al Sorna avec plaisir et envie d’en apprendre plus. On peut très bien rester très classique et offrir quelque chose d’intéressant et de solide, c’est justement ce que propose l’auteur ici. Mais voilà, je regrette quand même qu’il ne soit pas un peu plus sortis des carcans traditionnels, car au final, à force de rester en terrain trop connu, il balise son histoire et pour quelqu’un qui lit régulièrement de la Fantasy il risque alors de trouver l’ensemble linéaire et sans véritable surprises. De la première à la dernière page aucune des tentatives d’offrir des coups de théâtres n’ont jamais complètement marché tant je voyais les choses arriver à l’amont. L’auteur se laisse aussi aller un peu trop, offrant par moment certaines longueurs inutiles, 50 voir 100 pages de moins aurait apporté un plus je pense, surtout vers la fin où on se retrouve dans du flashback de flashback parfois inutile. Mais rien de non plus bloquant,  compensé par une histoire fluide, épique, pleine d’aventures et de péripéties.

Concernant l’univers là non plus l’auteur ne révolutionne pas le genre avec un Royaume Unifié sous la coupe d’un Roi considéré comme juste et bon, ainsi qu’une foi qui repose sur six ordres allant du guerrier à l’inquisiteur en passant par le soigneur. Un univers qui se révèle solide, complexe et prenant que l’auteur développe de plus en plus au fil des pages et des rencontres que font le héros, le densifiant et dévoilant ensuite manipulations et conspirations. On se rendra très vite compte que de nombreux aspects restent mystérieux, que ce soit aussi bien sur le pouvoir que sur les Ordres, ce qui offre ainsi de nombreuses possibilités de développements à l’auteur, cherchant ainsi à jouer avec le lecteur. La magie que développe l’auteur se révèle elle aussi efficace, mais sans non plus sortir des aspects classiques de la Fantasy, cette voix du sang me faisant un peu penser à ce que proposait Elspeth Cooper avec son chant, quoique en beaucoup plus subtil chez Ryan ce qui est une bonne chose, évitant le syndrome du héros invincible. Je regrette par contre un ou deux points qui manquent de logiques, rien de bien méchant, mais qui m’a fait lever les yeux au ciel. Par exemple ce molosse, soit-disant présenté comme un pit-bull ne vivant que pour son maitre et personne d’autre sous peine de se faire bouffer un bras et qui au fil du récit finit en labrador que tout le monde peut papouiller, où bien un personnage ne voulant pas tuer un innocent qui se dresse devant lui lui coupe la main en lui criant de fuir sinon il va mourir (je dois revoir mon cours de biologie, mais il n’y a pas des artères dans la main), ou encore ce cheval qui attrape une gourde entre ses dents et incline la tête pour boire au goulot (???).

Concernant les personnages l’auteur tente de nous offrir des personnages qui se révèlent complexes, soignés avec un minimum de profondeur et d’intensité pour que le lecteur s’attache à eux. Concernant le héros et ses amis cela fonctionne plutôt bien, on s’intéresse à eux, à leurs souffrances, leurs envies, leurs passés trouble qui se révèle. J’ai juste quelques regrets concernant le héros, l’auteur cherchant à en faire, comme c’est à la mode depuis Robin Hobb, un assassin torturé par ses actes. Le problème c’est que ça ne prend jamais, il ne suffit pas de dire de temps en temps « mon dieu je suis un monstre, un assassin » pour arriver à m’émouvoir, surtout quand il n’y a jamais un minimum d’acte de rébellion ou d’envie de changer. On pourra me dire qu’il est figé dans les préceptes de sa foi ce qui l’empêche de réagir, mais non je ne suis pas d’accord car il va régulièrement, pour d’autres aspects, à l’encontre des règles. De plus l’auteur a beau tenté de faire le maximum pour le rendre fascinant, je ne sais pas trop, il m’a paru manquer de charisme. Il n’arrive pas à atteindre cet attachement que j’ai pour des héros comme Fitz ou Kvothe, principalement dans sa façon de commander qui parait trop simpliste. Ce qui n’empêche pas de suivre ses aventures avec plaisir. Concernant les personnages secondaires il y en a énormément et même si dans l’ensemble ils se révèlent efficaces, parfois ils manquent de profondeur, je pense par exemple à la princesse, dont on cherche à en faire une manipulatrice, mais qui manque de profondeur pour y croire.

La plume de l’auteur se révèle fluide, efficace et un minimum entrainante, offrant ainsi une histoire divertissante. La conclusion, malgré la nouvelle utilisation d’une ficelle un peu trop classique de la Fantasy, se révèle intéressante et soulève assez de questions pour me donner envie de découvrir la suite. Au final ce roman est un roman de Fantasy solide mais qui reste très classique dans sa construction et son déroulement, ce qui fait qu’il est loin d’être la claque annoncée ou LE roman marquant de la Fantasy moderne. Cela ne l’empêche pas d’offrir un divertissement efficace qui peut permettre au jeune lecteur de se lancer dans la Fantasy et aux habitués, pourquoi pas, de passer un agréable moment de lecture. Je lirai le second tome avec plaisir pour savoir ce que va offrir l’auteur par la suite.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec ce livre. L’histoire ne révolutionne pas le genre de la Fantasy, se révélant très classique, mais l’auteur arrive à la rendre solide et efficace malgré une certaine linéarité et un certain manque de véritable surprise pour les habitués du genre. Je regrette par contre certaines longueurs, surtout vers la fin, où Anthony Ryan se lance dans des flashback de flashback inutiles selon moi. L’univers développé par l’auteur se révèle intéressant et ne manque pas de charme, possédant ses secrets, ses trahisons et ses luttes de pouvoir malgré quelques petites incohérences. On découvre pas mal de personnages au fil des pages, le héros et ses compagnons se révèlent complexes, soigné et entrainants, même si je trouve que Vaelin manque un peu de charisme et son aspect torturé m’a paru mal géré. La plume de l’auteur se révèle fluide et efficace dévoilant une conclusion, certes qui apporte de nouveaux aspects classiques, mais qui ne manque pas de charme. Alors clairement ce livre est loin d’être le coup de cœur ou la claque de la Fantasy moderne, mais il est agréable à lire, divertissant et je lirai la suite avec plaisir.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Flo, Lady K, Plumeline, Phooka, …

Le Cycle des Xeelees Tome 2, Singularité – Stephen Baxter

singulariteRésumé : « Les Xeelees possédaient l’univers…
Quand les hommes avaient émergé du système solaire en se traînant à vitesse subluminique sur les premiers vaisseaux GUT, ils étaient entrés dans un environnement complexe peuplé de nombreuses races intelligentes dont chacune obéissait à ses propres impératifs et poursuivait ses propres buts. […] Moins de deux siècles après l’époque de Michael Poole, la Terre était conquise, puis transformée en camp de travail par les gestalts aquatiques que les humains avaient appelé les Squeems. [Mais] où que les hommes et les races qu’ils avaient rencontrées regardent, ils voyaient l’empreinte des Xeelees. Se tenant à l’écart de l’univers, ils évoquaient des dieux : indifférents à tout, concentrés sur leurs vastes œuvres et leurs mystérieux projets… »

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après avoir découvert le premier tome de ce cycle qui, malgré un aspect premier roman et quelques défauts, m’avait laissé un sentiment plutôt positif, dont les idées donnaient fortement envie de découvrir la suite (ma chronique ici), j’ai donc fait rentrer ce tome deux dans ma PAL. Un des points qui m’a fait aussi continuer ce cycle, c’est que chaque roman peut, sauf exception, être lu indépendamment des autres, l’auteur ne cherchant pas à construire une intrigue continue, mais plutôt à offrir plusieurs histoires qui forment une fresque. À noter de nouveau une magnifique couverture illustrée par Manchu.

Finalement j’ai bien fait de me laisser assez rapidement tenté par ce second tome, car une fois la dernière page tournée, je l’ai trouvé un ton au-dessus que Gravité et m’a offert un bon moment. L’auteur nous offre de nouveau un Space-Opera, mais qui cette fois prend place, non pas dans un anneau monde, mais dans l’univers de la Terre. À partir de là on va découvrir une humanité sous le joug des Qax, qui va tenter de se rebeller, offrant alors au lecteur une intrigue qui va s’étendre à travers l’espace et le temps, se révélant fascinante, flamboyantes et pleine d’aventures. Singularité se révèle alors, selon moi, plus maîtrisé, plus efficace et plus abouti que l’était Gravité. On obtient ainsi un récit moins stéréotypé et moins caricatural, même si classique dans ses grandes lignes, et plus entrainant, mélangeant habilement l’aspect scientifique avec rebondissements tout en y offrant aussi un souffle cosmique captivant, qui arrive à happer le lecteur facilement. Dès les premières pages on entre dans l’histoire, l’auteur évitant la longue introduction pour nous plonger dans cette lutte au rythme soutenu et qui possède son lot d’action et de révélations.

Concernant l’aspect scientifique il s’agit bien entendu de Hard-Science et, oui, il vaut mieux posséder un minimum de bagage et aimer la science, pour ne pas se perdre dans toutes ces explications. Entre Schrödinger, Wigner, les trous noirs, les singularités, les trous de vers, la matière exotique l’auteur travail sur énormément de théories pour construire son récit et, malgré une explication fluide et assez simplifié, se révèlent pas toujours facile d’accès. Personnellement, j’ai trouvé cet enchevêtrement de théories et d’explications assez fascinant, principalement dans la capacité à s’en servir pour construire, développer et densifier son intrigue au fil des pages. Surtout il expose des postulats qui se révèlent étourdissantes et pourtant réalistes, comme par exemple celle que propose les Amis de Wigner que je vous laisse découvrir, qui offre une réflexion assez surprenante sur l’univers.

L’univers qui est développé tout au long roman se révèle intéressant, mélangeant les époques, entre avenir, présent et futur nous offrant alors une humanité en constante évolution, connaissant des hauts et des bas entre domination et soumission. Elle va sans cesse réagir, mais pas toujours de la meilleure façon tombant parfois dans le fanatisme. On découvre aussi les fameux Xeelees, leurs influences sur toutes les espèces ainsi que leur fameux projet concernant cet univers. Mais aussi les Qax des êtres assez fascinants par leur existence biologique qui repose à travers les turbulences. L’aspect technologique est  soigné et efficace que ce soit aussi bien, par exemple, les vaisseaux humains qui reposent clairement sur la technologie, que les vaisseaux Qax qui, eux, reposent sur la biologie, un peu comme ce qu’avait déjà proposé l’auteur dans son premier tome. Il arrive aussi à nous intriguer avec cette technologie Xeelee qui parait tellement évolué et donne clairement envie d’en apprendre plus. Le tout est aussi porté par des descriptions dans l’espace qui se révèlent superbes.

Et pourtant ce roman possède encore quelques défauts qui font qu’on sent que l’auteur possède encore une marge de progression. Déjà j’ai eu l’impression d’un décalage entre l’ambition qu’il cherchait à proposer dans ce roman et ce que j’ai ressenti, l’ensemble possède encore certaines facilités et une impression que certains aspects auraient mérité plus de développement que ce qui nous est proposé. Ensuite concernant les explications scientifiques j’ai senti une certaine redondance dans la façon dont il amène l’ensemble ; c’est simple on a toujours deux ou plusieurs personnages , un qui connait la théorie et qui se met alors, tel un professeur, à tenter de l’expliquer aux autres. Une variation dans la présentation aurait peut-être apporté un plus, surtout que, parfois, cela offre des passages surprenants où, en plein milieu d’une scène mouvementée, un protagoniste se met alors à réciter une théorie scientifique plutôt que de penser à sauver sa peau.

Concernant les personnages j’avoue que je ressors légèrement mitigé de ma lecture. Ils ne sont pas mauvais, mais voilà ils ont du mal à n’être plus que de simples pions qui permettent de faire avancer l’intrigue, l’histoire et amener des explications. Ils manquent clairement de caractère et de profondeur par moment. Le seul qui m’a paru sortir du lot c’est Jasoft Parz par sa capacité à toujours survivre quoi qu’il arrive, ce qui le rend assez ambigu dans sa façon de voir les choses, voir humain. Concernant le héros, Michael Poole, on sent bien le savant intelligent solitaire, humaniste, mais il a du mal à être plus que ce que propose son caractère scientifique. Pourtant l’auteur essaie bien de le rendre plus complexe, que ce soit par sa relation avec son père ou son amour perdu, mais, sans se révéler mauvais pour autant, il n’arrive jamais vraiment non plus à le rendre véritablement convaincant, complexe et attachant, n’offrant que le minimum. Ce qui ne l’empêche pas de se révéler entrainant dans ses actions et explications. Concernant les personnages plus secondaires ils remplissent efficacement leurs rôles, avec un intérêt particulier pour les Amis de Wigner, mélange de fanatisme glacial et d’intelligence au service du futur.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace, entrainante et surtout didactique lors des explications scientifiques, offrant ainsi un récit de Space-Opera efficace, complexe et vraiment intéressant que ce soit par le souffle qu’il offre comme les réflexions qu’il propose. Surtout il offre une conclusion qui se révèle majestueuse, offrant une frise de l’univers voulu par l’auteur que je vous laisse découvrir. Alors certes il y a encore, pour moi, des défauts dans ce second tome, mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce Singularité que j’ai trouvé meilleur que le tome précédent. Je lirai donc le troisième tome sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce second tome du cycle des Xeelees que j’ai trouvé un cran au-dessus que le précédent. L’histoire nous offre un Space-Opera qui s’étend à la fois dans le temps et l’espace, où l’humanité va tenter de quitter le joug des Qax et qui se révèle efficace, flamboyant avec de nombreux rebondissements. L’aspect scientifique peut, certes, paraitre complexe et demander un minimum de connaissances, mais se révèle fascinant par les possibilités qu’il développe. L’auteur offre aussi de nombreuses réflexions qui se révèlent intéressantes et efficaces. L’univers qu’on retrouve au fil des pages est vraiment fascinant, bien porté par les aspects technologiques et les descriptions. Je regrette par contre un certain décalage entre l’aspect ambitieux que cherche à mettre en place l’auteur, mais qui perd de sa force devant certaines facilités déconcertantes, de plus je trouve que les explications scientifiques sont présentées de façon un peu trop répétitives. Rien de non plus bloquant. Concernant les personnages, ils remplissent parfaitement leurs rôles pour faire avancer l’histoire de façon efficace, mais manquent de profondeur et de sentiments pour se révéler complètement accrocheur. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante et arrive à happer le lecteur dès les premières pages pour aboutir à une conclusion fascinante sur la frise qu’il construit. Au final un roman réussi, malgré quelques défauts, et je lirai le troisième tome sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

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