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Trolls et Licornes – Anthologie 2015 des Imaginales dirigée par Jean-Claude Dunyach

trolls et licornesRésumé : Quoi de commun entre la lourdeur disgracieuse d’un troll et la noble légèreté d’une licorne ? Entre une créature que la légende populaire associe à la virginité et une autre qui patauge dans la boue des bas-fonds ? Dix auteurs (dont un bicéphale) ont imaginé des rencontres improbables entre ces deux figures classiques de l’imaginaire, pour bousculer un brin les évidences et rappeler que les contes sont faits pour être détournés. L’anthologie comporte des textes plus gais que désespérants, l’époque ayant bien besoin de tendresse, d’humour et de licornes. De trolls aussi, soyons justes…

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Ceux qui ont l’habitude de suivre ce blog savent que la lecture de l’anthologie du festival des Imaginales se révèle une tradition que je perpétue depuis maintenant quelques années. Il faut dire qu’elle permet de découvrir des textes variés des grandes plumes de l’imaginaire français, tout en confrontant deux figures mythiques. Ces deux dernières années j’ai effectué une Lecture Commune de ce recueil avec Snow et Mariejuliet. A noter un changement tout de même avec cette édition 2015 puisque ce ne sont plus Lionel Davoust & Sylvie Miller qui dirige l’anthologie mais Jean-Claude Dunyach. Cette anthologie comporte 10 nouvelles, ainsi qu’une préface pleine d’humour qui ouvre de façon efficace ce recueil .

 Jötnar de Jeanne-A Debats : On plonge ici dans une nouvelle fortement teintée de mythologie, principalement nordique, dont le peuple voit sa culture disparaitre face à la guerre au Christien. Un texte que j’ai trouvé efficace, bien écrite, sombre, mâtiné légèrement de Science-Fiction, qui possède son lot de rebondissements et aussi une bonne petite dose de réflexion, peut-être même un peu trop sur certains aspects, avec un léger pied-de-nez en guise de conclusion sur le mythe de la licorne. Un texte très sympathique mais qui par contre dénote complètement par rapport à la préface bourrére d’humour.

La Chasse à la Licorne d’Estelle Faye : Cette nouvelle nous fait découvrir deux aventuriers qui cherchent à capturer une Licorne. Un texte qui se révèle assez sympathique à lire, bien écrit, mais qui m’a paru manquer quand même d’effet de surprises. J’ai trouvé ça assez linéaire et prévisible ce qui est un peu dommage. cela n’empêche pas cette nouvelle de se lire facilement, mais je la classerai dans la catégorie vite lue, appréciée, vite oubliée.

Ekasrinn de Pierre Bordage : Cette nouvelle se démarque complètement par rapport aux autres puisque notre troll est un jeune caïd et la licorne une jolie jeune fille que notre héros cherche à tout prix à mettre dans son lit, de gré ou de force. Franchement l’aspect original est là, l’auteur souhaitait visiblement partir sur quelque chose de différent, sauf que voilà je ne suis jamais rentré dedans. Notre caïd tend un peu trop vers la caricature et l’histoire m’a paru trop simple et trop stéréotypée. Si encore notre héros avait une vraie prise de conscience, mais on a du mal à la voir.

Bienvenue à Magicland de Lionel Davoust : On découvre ici un troll, grand fan des licornes, qui se retrouve à travailler dans un parc animalier pour se rapprocher d’elles. Une très bonne nouvelle que nous propose l’auteur, avec une véritable réflexion sur les parcs animaliers, la liberté et la société, bien porté par les échanges entre le troll et son psy ainsi que l’évolution de leurs relations. La conclusion se révèle vraiment surprenante et intéressante. Au final j’ai passé un très bon moment avec cette nouvelle, bien écrite, portée par son humour et ses idées.

Touellerezh d’Olivier Paquet : On plonge avec ce texte dans la Bretagne médiévale où un magicien part en mission pour retrouver la fille de son seigneur kidnappée par un troll. Un texte assez classique et linéaire dans sa construction mais que j’ai tout de même trouvé sympathique à lire, bien porté par une densité historique soignée et avec quelques réflexions intéressantes. Au final pas un excellent texte, mais un divertissement agréable.

Le Troll Médecin de Silène Edgar : L’auteur nous propose avec cette nouvelle une variation sur un texte de Molière qui se révèle assez sympathique et intéressante, principalement dans le message qu’elle cherche à faire passer sur la lecture, mais surtout sur le choix des livres qu’on peut imposer à quelqu’un pour débuter. Un texte agréable qui se lit facilement, avec une dose d’humour légère, mais qui manque quand même d’un peu de mordant pour se révéler plus marquant.

Le Double Destin du Taquin de Raphaël Albert : L’auteur nous propose ici un poème et, je dois bien avouer qu’il s’agit pour moi du meilleur texte du recueil que ce soit dans sa construction ou encore le travail sur les rimes, mais aussi par l’humour, le cynisme et la fluidité qui s’en dégage. Je ne suis pas pourtant un grand fan de poésie, mais ce texte se lit très facilement et se savoure.

Les Yeux du Troll de Sophie Jomain : Sophie Jomain nous propose ici de découvrir un jeune garçon qui se fait raconter un conte par sa grand-mère. Un texte pas mauvais, enfantin, à la morale gentillette sur l’importance de l’imagination et du cœur, et qui se lit assez facilement, même s’il n’est pas non plus marquant. Finalement, je trouve qu’il détonne un peu par rapport au reste l’anthologie, ou tout du moins vis-à-vis de son placement. Je l’aurai, je pense, plus apprécié en ouverture permettant ainsi de rentrer dans ce recueil tout en douceur.

Trolls, Licornes et Bolognaise d’Adrien Tomas : L’auteur nous propose de plonger dans une univers de Fantasy Urbaine où Tia doit mener l’enquête sur un meurtre dans le milieu surnaturel. Franchement ce texte a du potentiel, je ne le nie pas, mais l’auteur tombe un peu trop dans les stéréotypes du genre de la fantasy urbaine et surtout le texte est bien trop court. En effet la résolution de l’enquête se fait un peu par magie et frustre le lecteur tant le deus ex machina est un peu dur à admettre. Quelques pages de plus aurait été appréciées. Cela n’empêche pas le texte d’avoir des qualités et qui sait l’auteur reviendra peut-être dans cet univers.

Dans la Tête de Georges Trollevitch de Sylvie Miller & Philippe Ward : Cette nouvelle, qui vient clôturer l’anthologie, nous plonge dans un univers parallèle qui lance un grand festival en honneur de l’Human Fiction. Un texte de nouveau sympathique, avec une dose d’humour et de détente agréable, malgré parfois un humour scatologique qui me laisse perplexe. Un récit qui contient de nombreuses références qui devraient toucher les habitués du festival, tout en restant accessible aux autres lecteurs, et qui offre une conclusion avec une réflexion intéressante au moment de reposer ce livre. Au final une histoire divertissante et qui se lit facilement.

En Résumé : J’attendais avec impatience de voir ce qu’allait proposer cette anthologie opposant les Trolles et les Licornes et j’avoue que, sans m’avoir offert un moment inoubliable, elle se révèle assez sympathique à lire et à découvrir. Les nombreuses variations sur le thème se révèlent souvent intéressantes voir originales, ne manquant pas de se révéler sombres, pleines d’humour, critiques, voir cyniques. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains ayant eu du mal à me convaincre, là où d’autres se sont révélés excellents à découvrir et sortent vraiment du lot, mais au final une anthologie 2015 plutôt agréable. C’est donc sans surprise que j’annonce que l’anthologie 2016 viendra rejoindre ma PAL l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de mes collègues de LC : Snow, Mariejuliet.
Autres avis : Bibliocosme, …

CRAAA

Challenge CRAAA 2ème lecture

Virus – Anthologie dirigée par Magali Duez

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Scan en cours…

8 Virus détectés.

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Ce recueil de nouvelles a rejoint ma PAL un peu sur un coup de tête il y a plus d’un an, à force de le croiser lors des Imaginales 2014. En effet j’avoue avoir été rapidement séduit par la couverture, illustrée par Zariel, que je trouvais réussie et assez accrocheuse pour me pencher sur le livre. Ensuite le sujet du Virus se révélait clairement intéressant et surtout offrait de nombreuses possibilités d’écritures, qui ont donc fait que ce livre a rapidement rejoint ma PAL. Comme souvent avec une PAL exponentielle il s’est un peu perdu avant de finir entre mes mains il y a quelques jours, histoire que je me fasse mon avis. Ce recueil comporte huit nouvelles.

H5N1 de Frédérique Lorient : Cette nouvelle nous plonge dans un futur où le virus H5N1 a éradiqué la majeur partie des oiseaux et où la présence de l’un deux dans un musée va perturber les visiteurs. Une nouvelle forte qui nous dévoile un avenir où la peur de la contamination aura pris une telle ampleur qu’elle pousse à la surabondance de protection, limite à la folie et que la vie de chacun s’en retrouve complètement bouleversée. Un texte qui se lit facilement, offrant une vision du virus assez surprenante et intimidante, mais dont je reproche un peu la chute trop prévisible pour vraiment se révéler percutante. En tout cas une introduction agréable et sympathique à l’anthologie.

Rouge Cerise à Pois Blancs de Véronique Pingault : Cette nouvelle nous fait découvrir un virus assez étrange, car au lieu d’atténuer les capacités du porteur, comme c’est souvent le cas, il le rend encore plus créatif. Après une première nouvelle qui jouait sur l’angoisse, ce texte cherche à jouer sur l’humour offrant un texte complètement décalé et qui se révèle original ; le soucis c’est que je n’ai jamais réussi à rentrer dedans, la faute à un aspect que j’ai trouvé trop gentillet et aussi au fait que l’humour n’a jamais réussi à me toucher, mais là je plaide coupable j’ai un humour un peu spécial.

Utopie en Sursis d’Isabelle Guso : Cette nouvelle, qui est la plus longue de ce court recueil, nous plonge dans un futur utopique où chacun vit majoritairement en harmonie, sauf que tout va changer pour une jeune enquêtrice qui va devoir enquêter sur un suicide (évènement normalement impossible) et voir sa fille changer. J’ai passé un bon moment de lecture avec ce texte qui nous plonge dans un texte intelligent, qui cherche à nous faire réfléchir sur la notion de bonheur, mais aussi sur la notion de famille et la notion de choix, le tout sur fond de paranoïa et de manipulation. La chute du récit ne manque pas de faire réfléchir et se révèle surprenante. Un texte efficace, mais qui lui manque un tout petit je ne sais quoi pour se révéler vraiment excellent.

Mise à Jour de Pénélope Chester : Cette nouvelle nous présente un androïde de maison qui est phobique des mises à jour de peur d’être infecté par un virus, mais dont les propriétaire, dans l’attente d’un enfant, ont besoin de le faire évoluer. Je ne peux pas nier que le fond de la nouvelle se révèle assez originale dans son traitement et sa présentation, mais voilà ce texte m’a paru clairement manquer de force pour se révéler vraiment marquant et peut-être aussi trop court. Un texte que je classe dans le vite lu, apprécié, mais vite oublié.

Quand les Clowns en Treillis font Gémir la Musique de Fabien Clavel : Un virus inconnu s’est mis à envahir le monde, transformant les malades pour leur donner un faux air de clown. Les contaminés vont très vite se retrouver au ban de la société. Un texte qui va se révéler plus complexe que ce que laissait entrevoir le début, offrant un récit engagé, politique et critique, qui fait réfléchir le lecteur sur l’exclusion et la capacité de beaucoup à fermer les yeux tant que pour eux tout se passe bien. Un texte efficace et percutant, même si justement peut-être un peu trop principalement dans la critique à sens unique sur certains aspects, mais rien de non plus dérangeant tant j’ai passé un très bon moment de lecture.

Intrafolie de Raymond Iss : Une très courte nouvelle qui nous parle de transhumanisme et de virus, dont je ne peux pas trop parler sous peine de vous spoiler. De nouveau un texte qui cherche à jouer sur la carte de l’humour et le cynisme mais qui, comme d’autres textes de l’anthologie a du mal à vraiment se révéler marquant. Une lecture tout juste sympathique, sans plus.

Flocon Rouge de David Osmay : Cette nouvelle nous plonge dans un avenir ou l’Homme a découvert le vaccin qui permet de tromper la mort et rester éternellement jeune, sauf qu’un virus apparait déclenchant le vieillissement instantané et dans la majorité des cas la mort. Un texte qui se révèle intelligent, complexe et soigné, poussant le lecteur à mener des réflexions sur la vie, la mort, notre capacité à dépasser les lois naturelles pour s’enfermer dans d’autres phobies et d’autres peurs, mais aussi finalement sur l’immortalité. Une histoire sensible, jouant sur les émotions et les envies, qui a réussi à me toucher.

Contagion de Bruce Holland Rogers : Cette très courte nouvelle nous plonge en plein milieu d’une réunion au sommet aux USA où l’on apprend qu’un terrible virus sévit ; pire qu’il rend les gens heureux. Comme la majorité des textes qui ont décidé de manier l’humour, je n’ai pas trouvé cette très courte nouvelle mauvaise, loin de là, l’ensemble se révélant sympathique, mais elle est loin de se révéler marquante. Je la classe donc aussi dans le vite lu, apprécié, vite oublié.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec cette anthologie dont le sujet sur les Virus se révèle traité de façon large, offrant huit textes complètement différents, passant aussi bien du récit angoissant, à celui intelligent ou encore maniant l’humour. Alors certes tous les textes ne sont pas au même niveau entre ceux qui se révèlent entrainant, intelligent et efficace et ceux qui manquent de force et entre plus dans la catégorie « vite lu, apprécié mais vite oublié », de plus je regrette l’absence de texte vraiment marquant, mais cela n’empêche pas l’ensemble de se révéler finalement assez sympathique à découvrir. Une anthologie divertissante entre deux lectures plus conséquentes je dirai.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, …

CRAAA

Challenge CRAAA 1ère lecture

Star Ouest – Anthologie 2015 des Imajn’ère

star ouestRésumé : Les cowboys, les Indiens, les shérifs, les hors-la-loi, les saloons, les colts, les duels, les fils qui chantent et le cheval de fer, le désert et la poussière, les villes fantômes, la ruée vers l’or, vers l’Ouest, les règlements de compte dans un coral ou dans un autre, les chevaux qui galopent, la cavalerie qui arrive au dernier moment, les cactus… Pas de doute nous sommes dans un western.
Pourtant, en ouvrant ces pages, il vous faudra abandonner vos idées préconçues sur ce folklore. S’il est bien présent dans cet ouvrage, ses auteurs ont pris plaisir à la détourner pour nous offrir des textes originaux se rattachant au polar, à la science-fiction ou au fantastique, et quelques inclassables qui raviront les amateurs de littérature populaire.
Bienvenue dans le monde de Star Ouest.

Edition :

 

Mon Avis : Ah ! La conquête de l’Ouest, avec ses cow-boys, ses indiens, ses déserts, ses saloons, ses colts ou encore ses fameuses scènes de duels avec ses virevoltants, un univers que tout le monde connait un minimum. C’est donc sur ce postulat de base que le festival Imajn’ère a décidé de construire son anthologie. À défaut d’avoir pu aller à ce festival (mais un jour j’irai), il m’a été proposé de découvrir son anthologie à la couverture, illustrée par Gilles Francescano, qui se révèle, je trouve, sympathique même si un peu trop chargé à mon goût. À noter aussi que plusieurs illustrations d’illustrateurs différents sont aussi présents et viennent égayer la lecture. Ce recueil contient ainsi 19 textes.

Juarez 1911 de Marc Villard : Cette nouvelle nous fait découvrir Jim Parker qui, pour payer une dette de jeu, va accepter d’aller libérer la femme de son débiteur au Mexique en pleine révolution. Un texte plutôt sympathique, qui se lit facilement et avec un minimum de plaisir, mais qui se révèle un peu trop prévisible, linéaire et contenant parfois quelques clichés faciles. Un texte que je classe dans le vite lu, divertissant, vite oublié, mais qui permet d’ouvrir en douceur cette anthologie et de rappeler vers quoi on se dirige.

Du grabuge sur Montana de Romuald Herbreteau : On suit à travers cette nouvelle Claudia, sur une planète surnommée Montana, qui est à la recherche de papiers importants. Sa quête va l’amener à rencontrer de nombreux problèmes. Une nouvelle efficace, nerveuse, qui pose rapidement son univers pour après permettre de faire parler la poudre et les colts pour le grand plaisir du lecteur. Certes ça ne révolutionne pas le genre, mais ça se lit bien et facilement. Dommage que le dernier chapitre tombe dans le twist trop facile.

Mosquito Toast de Jeanne-A Debats : Cette nouvelle nous propose de découvrir un nouveau fragment de la vie du vampire Navarre, que je retrouve toujours avec grand plaisir. Cette fois il part en chasse de Gilles son ancien maître. Une nouvelle qui se révèle vraiment efficace, toujours bien porté par le charisme et la répartie de Navarre, un univers efficace avec son lot de magie et de divinités et à la conclusion, je trouve, pleine d’humour. Alors après, ce n’est peut-être pas la meilleure histoire du cycle de Navarre, mais elle se révèle captivante et entrainante, offrant un très bon moment de lecture.

Regarde au coin de la rue, fiston, si le clebs à trois pattes cavale à reculons de Justin Hurle : On suit dans cette nouvelle deux hommes qui débarquent dans une petite ville pour faire fortune aux cartes. Bon, je dois bien l’avouer je ne suis jamais rentré dans ce texte. L’auteur cherche à jouer la carte du texte décalé, voir absurde, sauf que voilà l’absurde, l’accroche se fait souvent selon les affinités de chacun et j’avoue que, de mon côté, je suis resté à quai ; surtout que l’épilogue me laisse plus que perplexe. Dommage.

Le shérif de Slone Street City de Francis Carpentier : Cette nouvelle nous plonge au milieu de Slone Street City à la découverte de son shérif et de ses compagnons. Une nouvelle que j’ai trouvé réussie, offrant un rythme lent et jouant sur les révélations et les twists pour mieux tenter de surprendre le lecteur le tout avec humour et ironie. L’auteur s’amuse aussi, d’une certaine façon, à prendre à contre-pied la fameuse scène de duel. Un bon moment de lecture efficace.

Bounty Hunter de Patrice Verry : Une nouvelle plus classique, qui nous fait suivre la traque menée par un chasseur de prime. Sauf qu’on va rapidement se rendre compte que quelque chose de louche se passe. Un texte pas mauvais, qui se laisse lire, mais qui a du mal à se sortir de ses archétypes et qui, en plus, offre une conclusion un peu trop facile à mon goût.

Mars prey de Jean-Hugues Villacampa : Une courte nouvelle qui se révèle très sympathique, cherchant à jouer avec le lecteur pour tenter de mieux le surprendre sur la fin, offrant un mélange habile de SF et de . Dommage que de mon côté j’avais deviné la conclusion un peu trop rapidement. Cela n’empêche pas à ce texte d’offrir un sympathique moment de lecture.

Duel à Keralam de Jérôme Nédélec : Une nouvelle vraiment intéressante qui se propose déjà de modifier le cadre en offrant une ambiance western à une histoire médiévale, tout en y ajoutant une pointe de fantastique des plus savoureuses. Un texte qui se révèle tendu, au rythme efficace et offrant des personnages intéressants qui aboutit à une conclusion des plus mordante et ironique. Un très bon texte.

Cahen crépuscule de Yaël-July Nahon : Cette nouvelle nous fait suivre Myra, qui part à la recherche de son père parti vivre dans le grand Ouest. Un texte que j’ai trouvé très réussi, plus intimiste avec cette relation tendue et ombrageuse entre une fille et son père, mais  qui n’oublie pas pour autant tout l’aspect western en offrant de nombreuses scènes de fusillades. La conclusion se révèle surprenante mais qui, finalement, colle parfaitement au récit.

Éclair Noir d’Arnaud Cuidet : Cette nouvelle va nous plonger au milieu de la transe de Nuwanda, le tout dans un univers futuriste. Un texte pas mauvais, mais comme plusieurs dans cette anthologie, a du mal à vraiment se départir de ce côté classique, malgré l’univers SF que cherche à mettre en avant l’auteur. Cela n’empêche pas ce texte de se révéler un minimum divertissant, mais rien de non plus marquant.

San City de Sylvie Jeanne Bretaud : Une nouvelle où vient se mélanger le fantastique et le western de façon assez sympathique, offrant une lecture agréable et divertissante tout en cherchant à prendre à contre-pied le lecteur sur l’intrigue. Sauf que j’ai eu du mal à voir l’intérêt de l’aspect fantastique qui, certes joue sur l’histoire, mais n’apporte pas obligatoirement grand-chose à l’ensemble.

L’aurore nous attend de Pierre Gardier : Une nouvelle qui va se révéler efficace, certes de nouveau sans surprises, mais offrant un rythme nerveux et sans temps mort où Jack, notre héros, se lance dans une vengeance. Une lecture entrainante et fluide qui se lit avec plaisir, bien porté par une ambiance sombre et captivante.

Chasseur de légende de Pierre-Marie Soncarrieu : Cette histoire nous fait découvrir un nécromant en pleine chasse d’un monstre. Un texte qui vient mélanger mythe et magie de façon intéressante et entrainante, mais qui tombe un peu trop dans la facilité. Reste la conclusion, en forme de clin d’œil que je vous laisse découvrir, mais dont il faut avoir un minimum de connaissance de la période ou western, ou faire quelques recherches sur internet.

Pique-nique chez les Indiens de Brice Tarvel : Ce texte nous fait suivre un groupe de voyageurs coincé par la faute d’une panne de leur diligence à vapeur. La variante Steampunk n’ayant pas encore été utilisée, c’est maintenant chose faite avec ce texte qui aurait pu se révéler sympathique, n’eut été ces nombreuses facilités, voir ces anomalies qui m’ont à chaque fois déconnecté du récit.

La dernière cible de Claude Jégo : Une nouvelle qui nous envoie à Quimper où de nombreux assassinats sont commis. Ce récit se veut, si j’ai bien compris, un hommage à Clint Eastwood, le tout avec une bonne dose d’ironie, sauf que j’ai trouvé que l’ensemble faisait un peu trop cliché, ce qui fait que j’ai que moyennement été emporté. Dommage, car il y avait un certain potentiel.

La cité des ombres de Patrick Ferrer : Une nouvelle qui vient lorgner vers le fantastique, légèrement angoissant, le tout avec un certain intérêt, mélangeant mythe et monstres. Un texte qui se laisse lire facilement, se révélant prenant et entrainant.

Inadaptée de Jérome Verschueren : Ce récit nous propose de suivre Kaitlin, une inadaptée de la technologie, qui avance vers l’Ouest. Un texte que j’ai trouvé très réussi et surtout original, apportant quelque chose de différent à la thématique du Western et offrant même quelques axes de réflexions qui se révèlent vraiment intéressants.

Les marionnettes de la mort d’Irène Maubreuil & Robert Darvel : Cette nouvelle nous propose de plonger au cœur d’une vengeance qui va se révéler captivante, bien portée principalement par son atmosphère tendue et nerveuse, qui fait que le lecteur se retrouve à tourner les pages avec plaisir pour en apprendre plus.

La nuit de la Calamitaine de Sarah Doke & Ayerdhal : Une nouvelle étrange que celle-ci, à la fois poétique et envoutante, nous plongeant dans un univers SF hétéroclite à suivre le destin d’une héroïne aux nombreux atouts, souvent violents. Un texte qui aussi, selon moi, cherche à offrir une réflexion sociale intéressante même si je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez sympathique avec cette anthologie de 19 textes qui nous propose de revisiter le grand Ouest et le Western. Tous les textes ne sont pas au même niveau, certains m’ayant même laissé de marbre, mais dans l’ensemble elle se révèle plutôt équilibrée et surtout offre un panel assez large de thèmes pour contenter tout lecteur qui voudrait se lancer dans la lecture. Je regrette par contre qu’il n’y ait pas de textes véritablement marquant, même si cela n’enlève en rien l’aspect divertissant de cette anthologie.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Ours Inculte, …

La Ménagerie de Papier – Ken Liu

la menagerie de papierRésumé : « Elle plaque la feuille sur la table, face vierge exposée, et la plie. Intrigué, j’arrête de pleurer pour l’observer. Ma mère retourne le papier et le plie de nouveau, avant de le border, de le plisser, de le rouler et de le tordre jusqu’à ce qu’il disparaisse entre ses mains en coupe. Puis elle porte ce petit paquet à sa bouche et y souffle comme dans un ballon.
“Kan, dit-elle. Laohu.” Elle pose les mains sur la table, puis elle les écarte.
Un tigre se dresse là, gros comme deux poings réunis. Son pelage arbore le motif du papier, sucres d’orge rouges et sapins de Noël sur fond blanc.
J’effleure ce qu’a créé Maman. Sa queue bat et il se jette, joueur, sur mon doigt… »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De Ken Liu j’avais précédemment lu deux nouvelles, Faits pour être Ensemble qui était initialement publié dans le Bifrost consacré à Poul Anderson et Mono no Aware qui était initialement publié dans le Galaxie(s) n°25. À travers ces deux textes, l’auteur a réussi à me convaincre d’en découvrir plus de sa bibliographie, offrant des récits soignés, humains et intelligents. C’est donc sans surprise, quand j’ai appris qu’une recueil de nouvelles de l’auteur était publié, que je l’ai rapidement fait entrer dans ma PAL. Il faut dire aussi que la couverture, illustrée par Aurélien Police, se révèle magnifique et donne tout autant envie de le lire. Ce livre est ainsi composé de 19 nouvelles, dont les deux déjà lu.

Renaissance : Ce texte nous dévoile un avenir où l’humanité, après une guerre sanglante avec une race alien, vit maintenant en quasi symbiose avec elle. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussi, nous offrant une réflexions efficace sur le travail et l’importance que l’on donne à la mémoire, mais aussi sur l’influence qu’elle peut avoir sur notre façon d’évoluer et d’avancer. Un véritable travail de fond sur ce qui, finalement nous définit, bien porté par un héros efficace et travaillé. Je trouve juste légèrement dommage que l’ensemble soit finalement un peu trop, par moment, prévisible, mais rien de bien bloquant non plus.

Avant et après : Ce très court texte se révèle être un véritable travail stylistique, puisque l’ensemble est écrit en une seule phrase, mais qui surtout arrive à ne pas alourdir le récit, voir ennuyer ou perdre le lecteur. Le travail de fond, en à peine deux pages se révèle aussi vraiment intéressant et soigné, mais je vous laisse le découvrir pour éviter de trop spoiler.

Les Algorithmes de l’amour : Cette nouvelle nous fait suivre Elena, qui est créatrice de poupées réalistes et avec un processeur leur permettant d’interagir et d’apprendre. Je préfère ne pas trop en dévoiler pour éviter de trop vous spoiler, mais l’auteur offre ici un texte vraiment réussi, premièrement à travers son travail de réflexion sur la conscience, voir l’intelligence, mais aussi sur notre réalité. Le sens point bien du travail de construction des personnages. En effet les héros se révèlent ici profondément humains, touchants et poignants, à travers les nombreux drames qui vont survenir et qui ne laissent pas le lecteur indifférent. Une nouvelle passionnante, émouvante et d’une grande justesse.

Nova Verba, Mundus Novus : Une nouvelle qui nous fait suivre une expédition en ballon qui va se rendre compte que le monde est plat, posé sur dos d’éléphants, eux-mêmes sur la carapace d’une tortue (référence à Terry Pratchett) et qui vont descendre puis remonter. On y retrouve les réflexions de l’auteur sur ce qui nous caractérise, avec cette fois en ligne de mire le langage, mais voilà j’ai trouvé le texte peut-être un peu trop court pour vraiment réussir à m’emporter. Les idées sont là, mais je ne sais pas j’avais l’impression qu’il manquait un petit quelque chose. Cela reste tout de même très sympathique à lire.

Faits pour être ensemble : J’avais déjà chronique cette nouvelle ici. Cette nouvelle lecture ne change pas mon point de vue, que ce soit dans ses qualités comme ses défauts.

Emily vous répond : Cette courte nouvelle décide de traiter de la possibilité d’effacer la mémoire, le tout à travers un échange type courrier des lecteurs de certains magazines. Une idée traitée avec un cynisme qui se révèle efficace et percutante, et même si les arguments sont légèrement simplistes elle a parfaitement fonctionné avec moi.

Trajectoire : Cette nouvelle nous fait découvrir la vie d’une jeune femme au parcours chaotique dans un monde en pleine évolution technologique et qui découvre l’immortalité. Un texte percutant et efficace, pas tant par l’aspect technologique, mais plutôt par son côté profond et humain, offrant au lecteur une réflexion ouverte sur la vie, entre ses hauts et ses bas, ses envies et ses pertes. Un texte touchant, bien porté par une héroïne attachante, avec ses forces et ses faiblesses, le tout porté par une plume que j’ai trouvé ici sensible et poétique.

Le Golem au GMS : On retrouve ici une nouvelle un peu plus légère puisqu’on découvre Rebecca, qui est un jour est contacté par Dieu pour une mission capitale, fabriquer un Golem pour attraper 150 rats. Un texte qui m’a fait rire du début à la fin avec une histoire, certes un peu linéaire, mais qui se révèle percutante, pleine d’entrain, mais aussi de finesse à travers les nombreuses réflexions qu’on dévoile que ce soit aussi bien sur la religion comme sur la famille et son importance. Un divertissement réussi qui offre un moment de détente bienvenu au milieu du recueil.

La Peste : Cette nouvelle nous fait suivre la rencontre entre un homme et une jeune fille contaminée dans un monde qui est complètement bouleversé. Un texte sympathique, qui cherche à nous faire réfléchir sur la capacité de communiquer, mais surtout de se comprendre, nous montrant que parfois les drames peuvent simplement survenir d’un manque de tolérance et d’explication. Sauf que voilà même si le texte se laisse lire et se révèle divertissant il m’a paru un peu trop classique dans sa construction.

L’Erreur d’un seul bit : Peut-être le texte qui m’a le moins accroché du recueil, pas qu’il soit mauvais, mais comparé aux autres textes de ce livre il m’a paru clairement un cran en dessous. Sur le fond les idées sont là, cherchant à nous ouvrir une réflexion sur la religion, la foi, le bonheur et la liberté, mais sur la forme j’ai trouvé l’ensemble brouillon avec un démarrage un peu « bordélique », puis une alternance pas toujours percutante. On y retrouve pourtant la qualité de style de l’auteur, mais voilà, je ne sais pas, je n’ai pas complètement réussi à accrocher.

La Ménagerie de papier : Au contraire du texte précédent, cette nouvelle fait partie de celle qui m’a le plus touchée, nous dévoilant la vie de Jack, jeune sino-américain, fils d’une mère dont son père est tombé amoureux sur catalogue et qui en grandissant va se rendre compte de sa différence et la rejeter pour s’intégrer. Un texte vraiment poignant qui fait réfléchir le lecteur aussi bien sur l’adolescence, des difficultés liées au regard des autres quand on grandit, mais aussi sur l’acceptation et le racisme. La plume de l’auteur colle parfaitement bien au texte pour happer le lecteur dès la première, offrant une touche de fantastique des plus originale. Une excellente nouvelle.

Le Livre chez diverses espèces : Un texte vraiment agréable à lire, qui n’est peut-être pas le plus marquant du recueil, mais qui se révèle tout de même efficace, l’auteur offrant ici un large panel sur différents peuples aliens et leurs relations avec le livre. On découvre ainsi une réflexion efficace sur l’importance de la communication à travers le livre et cela quel que soit le format et la façon de l’écrire. On notera aussi, je trouve, une imagination débordante de l’auteur à travers les nombreuses descriptions.

Le Journal intime : Cette nouvelle nous fait rencontrer une femme qui va commencer à ne plus pouvoir lire après avoir eu le journal intime de son mari entre les mains ; les mots s’échappant à chaque fois qu’elle cherche à le faire. De nouveau un texte qui se révèle efficace et abouti, avec comme axe de réflexion la communication, celle entre un mari et une femme qui après des années ne paraissent plus se comprendre, ni vivre pleinement leur couple, le tout à travers une lente plongée dans la folie des plus tendue et captivante.

L’Oracle : Cette nouvelle nous fait découvrir une technologie qui permet de voir, de façon très aléatoire, un moment arbitraire de son avenir. Certes le thème de pouvoir voir l’avenir est connu, mais je trouve que l’auteur s’en sort très bien, nous offrant un texte prenant et qui nous fait réfléchir sur la vie, sa spontanéité et surtout le besoin de la vivre pleinement, sans s’enfermer dans une vision d’avenir qui pourrait se révéler bloquante. De nouveau les personnages sortent du lot, sonnant juste et se révélant soignés, humains.

La Plaideuse : Cette nouvelle nous plonge dans une Chine du passé, où une jeune femme décide de reprendre le rôle de plaideuse laissé vacant suite à la mort de son père, pour sauver une servante accusée de meurtre. Franchement concernant le texte il n’y a pas grand-chose à souligner, l’ensemble est maîtrisée, offrant une enquête policière courte et soignée, mais voilà l’ensemble m’a paru rester très convenu et sans surprises ce qui est dommage je trouve.

Le Peuple de Pélé : Un texte qui nous plonge en pleine conquête spatiale avec l’arrivée d’un vaisseau colonisateur humain sur la planète de Pelé. Un texte surprenant qui cherche à nous offrir des réflexions sur la vie tout en nous offrant un contexte politique des plus fascinant puisqu’il y a un décalage de 28 ans entre les deux planètes. À partir de là comment pleinement obéir à des ordres qui ont plusieurs années. Comme je l’ai on réfléchit aussi sur le principe de la vie puisque la révélation sur le peuple de Pelé va se révéler captivante, même si c’est vrai déjà traité aussi dans d’autres textes d’autres auteurs. Au final un texte bien rythmé et qui offre un très bon moment de lecture

Mono no aware : J’ai déjà chroniqué cette nouvelle lors de ma lecture d’un Galaxie(s) et dont vous pouvez retrouver ma chronique ici.

La Forme de la pensée : Cette nouvelle nous dévoile le premier contact entre des humains et une race extra-terrestre qui n’est pas sans rappeler certaines colonisations de notre passé, dévoilant une incapacité à communiquer et à se comprendre face à la différence et l’incompréhension. Un texte qui  nous montre aussi l’importance du passé et de l’Histoire dans sa façon de voir la vie et les changements. Il s’agit aussi clairement d’un texte d’espoir et de sentiments qui a clairement réussi à me happer.

Les Vagues : Avec ce texte l’auteur reprendre l’idée déjà développé dans Trajectoire concernant l’immortalité, mais le tout traité de façon complètement différente en offrant ainsi une réflexion plus importante sur par exemple notre évolution, ou encore notre capacité à accepter le changement, sur fond de mythes et de légendes sur la création. L’auteur n’oublie pas pour autant le côté humain qui est toujours présent et efficace. Un très joli texte qui ne manque pas d’attrait et d’intérêt.

Ce recueil de nouvelles confirme tout le bien que je pensais de Ken Liu et me donne clairement envie de découvrir d’autres de ses textes, voir pourquoi pas de ses romans. Ce qui marque, je trouve, c’est sa capacité à ne pas se figer dans un genre tout en offrant des histoires qui se révèlent profondément humaines et sensibles, n’oubliant pas pour autant de faire réfléchir le lecteur et d’offrir un background solide, soigné jusque dans les moindres détails, le tout parfois en quelques pages à peine. Alors certes, tous les textes ne m’ont pas touché de la même façon et un ou deux m’ont même paru un cran en dessous, mais franchement rien de dérangeant tant j’ai apprécié la lecture de ce livre.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce recueil de 19 nouvelles qui nous propose de découvrir des textes soignés et percutants qui font réfléchir, le tout à travers des personnages sensibles, touchants et dans un background qui se révèle travaillé. Alors certes, toutes les histoires ne sont peut-être pas au même niveau, mais cela n’enlève en rien des nombreuses qualités que possède ce recueil et que je ne peux que conseiller de lire, si vous appréciez les Nouvelles, surtout que l’auteur ne reste jamais figé dans un seul genre, ce qui permet de varier clairement les univers. En tout cas de mon côté je lirai sans soucis d’autres écrits de Ken Liu et pourquoi pas un de ses romans.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Dup,

Utopiales 2014, Anthologie – Collectif

utopiales 2014Résumé : Donnez « Intelligences » comme thème à des auteurs d’imaginaire et vous obtiendrez des résultats géniaux, fous et déconcertants. Préparez la révolution avec Jo Walton, ressuscitez une momie avec Sylvie Denis, enquêtez avec un célèbre albinos et Michael Moorcock, plongez dans le monde des échecs avec Léo Henry, découvrez les dernières volontés un peu folles d’un père avec K. W. Jeter ou bien sortez en plein cauchemar post-apocalyptique avec Dmitry Glukhovsky.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : C’est maintenant devenu une tradition inscrite dans le marbre, à chaque fois que je fais un festival je fais rentrer dans ma PAL l’anthologie consacrée. Alors j’avoue, celle de l’année dernière ne m’avait pas complètement accroché, j’espérais donc que le cru 2014 serait meilleur, surtout que le thème de l’intelligence ne manque pas d’attrait. Par contre, changement par rapport aux années précédentes puisque j’ai effectué la lecture en Lecture Commune avec Mariejuliet. Une LC très agréable avec pas mal de discussions, de débats fascinants et que je referai avec plaisir. Ce livre comporte 11 nouvelles ainsi qu’une préface vraiment intéressante et complète de Yannick Rumpala sur l’intelligence.

Chaperon de Laurent Genefort : L’auteur nous plonge ici dans une nouvelle qui cherche à faire réfléchir sur l’intelligence, qu’est-ce qui la définit et son échelle, à travers le regard d’aliens. La grande force de l’histoire est d’ailleurs de ne jamais parler de l’Humanité. Un texte qui se révèle agréable, qui se lit facilement et s’avère sympathique, offrant une « mise en bouche » à l’anthologie plaisante, mais voilà elle reste peut-être un peu trop gentillette, un peu comme si elle s’imbriquait dans quelque chose de plus grand. Cela n’empêche pas quelques originalités que je vous laisse découvrir et qui m’ont paru intéressantes.

Fe6 !! ou La Transfiguration de Bobby J. Fischer de Léo Henry : L’auteur nous propose ici de découvrir un texte qui tourne autour du monde des échecs et plus précisément autour de l’un des plus grands joueurs, marquant l’histoire de son intelligence et de sa folie Bobby Fisher. Un texte qui mélange réalité et fantastique, où la folie se mélange au rationnel et qui, j’avoue, m’a bien accroché que ce soit à travers ces complots, ces non-dits, mais aussi toute la construction que fait l’auteur de son récit. On sent d’ailleurs bien qu’il s’est fortement renseigné, principalement sur le monde des échecs. Une ambiance étrange se dégage de ce texte, dont quelques points restent nébuleux. Une nouvelle réussie selon moi.

En sommeil de Jo Walton : On plonge ici dans une nouvelle où une biographe construit une simulation de la personne sur laquelle elle écrit, pour pouvoir l’interroger. J’avoue qu’on a là un texte qui se révèle intelligent, nous dévoilant un monde loin d’être lumineux, où la liberté a pris un grand coup. L’auteur nous fais réfléchir sur l’avenir qu’on cherche mais aussi sur l’idée de changement. L’ambiguïté sur la simulation, reposant à la fois sur l’historique du personnage mais aussi sur son ressenti, apporte aussi une certaine originalité au récit. Mon seul regret est que cette nouvelle manque un peu de puissance, comme s’il ne s’agissait que d’une introduction à une histoire plus grande.

L’Évangile selon Artyom de Dmitry Glukhovsky : Cette nouvelle nous offre finalement une petite suite à Metro 2033, reprenant le personnage principal et dévoilant ce qui est survenu par la suite. Donc clairement le ressenti ne sera sûrement pas le même si vous avez lu ou non le roman. L’ayant lu, j’ai bien apprécié ce texte, apportant des informations supplémentaires, dévoilant de nouvelles personnalités du personnage principal et se révélant efficace et haletant avec une conclusion ouverte que je trouve intéressante.

Pas de deux sur la planète des ombres de Dominique Douay : Ce texte nous plonge dans un vaisseau spatial où les deux membres d’équipage vont faire une découverte qui va les changer. Dans l’ensemble le texte se laisse lire et ne manque pas d’intérêt mais il manque clairement de profondeur. Je ne suis pas sûr que l’aspect nouvelle soit la meilleure idée pour ce texte, principalement dans les aspects angoissants et stressants qui manquent de force. De plus il se dégage un sentiment que certains aspects manquent de développement et que la conclusion va trop vite. Texte sympathique mais sans plus qui rentre dans les vite lu, apprécié et vite oublié.

Les Dracula anonymes de Barbara Sadoul : Cette nouvelle décide, d’une certaine façon, de revisiter le mythe du vampire dans un futur proche et le tout façon pièce de théâtre. Franchement j’ai jamais réussi à accrocher à ce texte, l’histoire donnant l’impression de partir dans tous les sens et dans de nombreux délires pas toujours intéressants et surtout la construction dans une sorte de pièce de théâtre pastiche m’a laissé de marbre. Dommage.

L’Affaire du Bassin des Hivers de Michael Moorcock : Une nouvelle qui nous plonge dans un Paris parallèle où un enquêteur se retrouve à devoir résoudre le meurtre d’une jeune fille. Un texte agréable, même si construit de façon classique, qui se révèle intéressant par l’ambiance qu’il met en place et par l’univers qu’il construit. On sent que l’auteur s’est fortement renseigné, nous offrant un récit dense en informations. J’ai eu par contre un peu de mal avec les dialogues qui m’ont paru par instant légèrement « ampoulés ». La fin ouverte laisse présager des suites. Par contre j’ai eu un peu de mal à faire le lien avec le thème de l’intelligence.

L’Esprit de la roche de Jean-Marc Ligny : Cette nouvelle nous plonge au milieu d’un groupe de chercheurs qui souhaitent élucider le mystère qui se dégage de certaines pierres sur une planète morte. Un texte vraiment sympathique, qui se lit facilement, on sent que l’auteur a effectué des recherches pour offrir une histoire solide. On pourrait lui reprocher son côté extrêmement positif, mais franchement je trouve que ça colle parfaitement au récit.

Le Sage qui entre dans la paix de Sylvie Miller & Philippe Ward : On retrouve ici le célèbre détective des dieux, Jean-Philippe Lasser, qui va de nouveau se plonger dans une enquête divine. On ne change pas une équipe qui gagne, cette nouvelle enquête se révèle toujours agréable, entrainante, efficace et sans temps mort, à l’humour toujours aussi percutant. Notre héros va devoir donner beaucoup de lui-même entre manipulations et mensonges. On retrouve avec plaisir nos héros qui nous offrent ainsi une attente agréable avant la sortie prochaine du nouveau roman.

Le court roman de la momie de Sylvie Denis : Cette nouvelle nous propose de découvrir un homme qui tombe amoureux d’une momie et qui, par un miracle de la technologie va la ramener à la vie. Très vite il va se rendre compte que rien ne se passe comme prévu. J’avoue que j’ai beaucoup aimé ce texte qui essaie finalement de traiter de l’intelligence sans conscience, ni base avec cette momie millénaire qui va se retrouver a faire des choix extrêmes dans ce futur. Le texte se révèle aussi intéressant par les nombreuses réflexions écologiques que cet univers nous dévoile. Au final une histoire d’amour platonique captivante et qui nous fait réfléchir, une nouvelle réussie.

Dernières volontés de K. W. Jeter : Cette nouvelle nous plonge dans les derniers instants d’un homme qui sait qu’il va mourir et demande à sa fille de mourir à une date bien précise. De nouveau un texte réussi, entrainant, sensible sur une relation pas toujours facile entre un père et son enfant. L’ensemble se révèle vraiment fascinant, efficace, bien amené, avec son lot de surprises, d’humour et de sentiments. Par contre dur de classer ce récit dans l’Imaginaire. En tout cas ce texte m’a donné envie de découvrir d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : Une anthologie des Utopiales 2014 qui se révèle vraiment sympathique et qui m’a offert un agréable moment de lecture, même si c’est vrai tous les textes ne sont pas au même niveau. En tout cas un meilleur cru que l’année 2013 avec des récits variés, efficaces et entrainants. Mis à part peut-être un texte qui m’a laissé complètement de marbre, les autres oscillent entre plutôt sympathique et fascinant. J’ai peut-être eu un peu de mal à toujours voir le lien entre les textes et le thème de l’intelligence, mais rien de vraiment dérangeant. Une anthologie plus que plaisante et je lirai avec plaisir celle de l’année prochaine.

 

Ma Note : 7/10

 

Avis de Mariejuliet
Autre avis : Vert, Boudicca, …

Galaxie(s) n°26 – Spécial Italie

galaxies 26Edition : Galaxies

 

 

 

 

 

Mon Avis : Je continue donc à me laisser tenter régulièrement par la le lecture de revues consacrées à l’imaginaire, avec cet fois un nouveau numéro de Galaxie(s). Après un numéro 25 qui se révélait plutôt sympathique dans l’ensemble, le numéro 26 à décidé de nous faire découvrir l’imaginaire Italien. Je dois bien avouer que je ne connais quasiment rien de ce point de vue là, mis à part peut-être deux trois auteurs,ce numéro avait la possibilité de se permettre de m’offrir ainsi un petit tour d’horizon des auteurs de ce pays. Ce numéro comporte ainsi 13 nouvelles.

Alors, contrairement à mes habitudes, je ne vais pas faire une chronique de chaque texte, mais tenter une chronique plus générale pour la simple et bonne raison que je n’ai pas été complètement emballé par ce numéro. Pourtant le numéro démarrait de façon plutôt sympathique avec Et la Mort dansait sur un Air de Valse qui, sans révolutionner le genre, se laissait lire facilement, nous offrant une enquête mystérieuse. Dommage que la conclusion manque de force. Puis on se retrouve plonger dans DET qui, mis a part un côté esthétique assez intéressant, a eu du mal à complètement m’emporter. La Plus Belle façon de Mourir cherche à nous faire réfléchir sur la religion et notre avenir, mais manque clairement de finesse et d’arguments percutants. Je ne parlerai pas vraiment de A.D. 3013 qui ne m’a jamais accroché cherchant le côté choc, mais qui, pour moi, tombe plus dans le saugrenu.

Arrive ensuite La Recrue qui nous offre un texte sur les voyages temporels plutôt sympathique, mais qui de nouveau a du mal à vraiment s’élever ou apporter quelque chose de plus au genre, tombant dans le vite lu, apprécié, vite oublié. Le Réparateur m’a plus accroché, offrant un texte plutôt intelligent sur l’obsolescence programmé et la surconsommation qui, malgré quelques légères incohérences, se révèle clairement efficace et plaisant à lire. La nouvelle Collateral Dammages nous plonge dans une Venise post-apocalyptique, qui joue efficacement avec le lecteur et offre son lot de surprises. Les Égaux nous propose de traiter de la différence avec le rejet d’une jeune fille clonée, un texte qui se révèle sobre, mais plutôt efficace et fait réfléchir le lecteur malgré un petit manque d’émotion au niveau des personnages.

Voici venir le texte le plus réussi, selon moi, du recueil : Le Jongleur. On suit les pas d’un homme à la recherche d’un ami sur la planète Elinora, monde de tous les plaisirs, où les hommes et les femmes viennent s’y perdre pour ne plus penser à l’avenir et à leurs soucis. L’auteur construit ainsi un texte qui, au fil des pages, accroche de plus en plus son lecteur pour lui offrir une conclusion des plus surprenantes. Dommage que le début soit un peu contrasté par certains aspects assez dérangeants, même si l’auteur les nuance par la suite, car ça l’empêche de se révéler plus réussi encore.

Terreur à Luna City nous fait suivre un scientifique, enquêteur, qui doit faire face à une crise à coup de missiles nucléaires, problème ce texte possède tous les poncifs ainsi que le vernis d’une époque de SF un peu trop vieillotte et révolue pour vraiment accrocher, où les militaires sont bien entendus des gros bourrins et les scientifiques des héros géniaux. Le texte Les Rouges Collines de la Terre nous fait découvrir un monde qui va se retrouver complètement bouleversé suite à la chute d’une comète, et d’un professeur qui, dans l’avenir, cherche à étudier notre génération. Un texte qui a eu beaucoup de mal à m’accrocher, c’est bien simple pour en parler ici j’ai été obligé de me replonger dedans tant il ne m’a pas marqué, alors que je l’ai lu il y a 15 jours. L’Homme de Main lui nous fait plonger dans une Italie futuriste où la mafia possède encore plus de pouvoir, un texte qui se lit bien, mais qui ne se révèle en rien non plus marquant ou original. Vite lu, vite oublié. Vient enfin le dernier récit avec Histoire d’un Homme, qui cherche à nous faire réfléchir sur la conscience, sur l’avenir de l’homme, qui se révèle intéressant, mais donne l’impression de perdre légèrement de point de vue son idée de départ. Dommage.

Au final donc, si je compte les récits qui se révèlent juste sympathiques, sur 13 nouvelles seulement un peu plus de la moitié arrivent un peu à se démarquer, sans non plus offrir un véritable texte majeur qui pourrait se détacher. Là où je reste le plus perplexe c’est quand dans le cahier sur l’histoire de l’imaginaire Italien, outre l’attaque gratuite et acerbe sur l’internet voleur , nous annonce que cet imaginaire est loin d’être transcendant depuis ces 50 dernières années, on se demande alors pourquoi avoir décidé de faire un numéro spécial Italie alors.  Le magazine nous offre aussi pour finir un cahier de critiques cinéma signé J.-P. Andrevon qui me fait dire qu’on n’a pas obligatoirement les mêmes goûts.

Un numéro 26 de Galaxie(s) qui cherche à nous faire découvrir le monde de l’Imaginaire Italien mais, qui finalement ne fait que dévoiler, au vu des textes que j’ai lu, qu’il manque clairement d’auteur marquant et parait donc ne pas remplir vraiment son objectif, malgré quelques textes sympathiques. Dommage.

 

Ma Note : 5/10

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