Catégorie : Science-Fiction Page 31 of 56

Le Fossoyeur – Adam Sternbergh

le fossoyeurRésumé : Il se fait appeler Spademan, le Fossoyeur, presque un nom de super-héros. Vous ne saurez jamais son vrai nom. Il a été éboueur. Un jour, il a trouvé un bébé dans un sac-poubelle. Quelques années plus tard, sa femme est morte dans la série d’attentats radioactifs qui a vidé New York de ses habitants.
C’était il y a longtemps : une autre vie.
Maintenant, Spademan est tueur à gages. Il est resté dans les ordures, mais son salaire a considérablement augmenté. Il n’est pas sexiste : homme, femme, il s’en fout. Vos raisons, il s’en fout. D’ailleurs, le fric aussi il s’en fout.
Et quand on lui demande de tuer la fille du richissime prédicateur T.K. Harrow, une gamine qui vient tout juste d’avoir dix-huit ans, il n’y voit aucun problème. Mais dans la toile de Harrow, pour la première fois de sa sinistre carrière, Spademan n’est pas la plus grosse araignée.

Edition : Denoël Lunes d’Encre (paru le 13/05/2015)
Traduction : Florence Dolisi

 

Mon Avis : Je sens que je vais me répéter, mais la première fois que j’ai entendu parler de ce livre, la première chose qui m’a attiré c’est sa couverture, de nouveau illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique. Alors bien entendu je ne m’arrête pas qu’à la couverture, le résumé annonçant un thriller noir et violent dans un univers futuriste intriguant a terminé de me convaincre. Par conséquent quand on m’a proposé de découvrir ce livre, je me suis rapidement laissé tenter.

On se retrouve donc à suivre, ici, Spademan tueur à gages dans un New-York futuriste, ville qui se meurt après de nombreux attentats et qui a vu les touristes fuirent. Il va ainsi accepter un contrat qui va lui faire voir les choses différemment. Une chose est sûre, dès la première page on se retrouve rapidement entraîné par cette histoire qui se révèle percutante, à travers des chapitres courts et des dialogues épurés au maximum pour n’en garder que le strict nécessaire. L’histoire est ainsi conçue pour se révéler intense et vive. L’intrigue se révèle ainsi sans temps mort et surtout bourré d’action et d’adrénaline qui font que, pour peu qu’on se laisse happer par ce genre de récit très page-turner, on se retrouve à plonger dans le récit pour en apprendre plus. C’est noir, c’est efficace, c’est incisif et la personnalité du héros fait qu’on va droit au but. Comme il le dit lui-même il est une balle, ne pose aucune question, et il emporte ainsi le lecteur dans son sillage offrant ainsi une course poursuite, une traque, avec de nombreux rebondissements.

Sauf que voilà malgré l’avantage que possède ce genre de récit, il en montre aussi très vite ses contraintes et ses faiblesses. C’est bien simple, l’auteur va tellement à l’essentiel que parfois ça manque un peu de développement autour sur certains points qui me paraissent importants. Le second problème vient, pour moi, que vers le milieu du livre l’auteur se perd un peu dans des scènes pas toujours intéressantes, mélange de flashbacks et de passages qui paraissent superflus, de plus j’ai aussi eu l’impression qu’il cherchait plus, pour une ou deux scènes, à nous secouer de façon gratuite. Un peu comme si l’auteur, voyant que son livre manquait de pages a décidé d’en rajouter pour rentrer dans les normes. Enfin le dernier soucis vient, pour moi qu’à peu près 90% des soucis rencontrés se résolvent limite par Deus Ex Machina ou coup de bol. J’ai entendu dire que les droits du livre avaient été vendus pour en faire un film, ça ne m’étonne pas tant l’ensemble parait clairement visuel et très cinématographique du début à la fin, mais voilà de mon côté j’attendais peut-être un peu plus. Est-ce mauvais pour autant ? non loin de là c’est sympathique à lire, de plus ça se lit vite et offre un divertissement agréable, mais rien de non plus très marquant.

Concernant l’univers, l’auteur s’en sort assez bien offrant ainsi quelque chose de plutôt solide, d’efficace et de sombre qui colle parfaitement au récit. On découvre ainsi un New-York en ruine et en pleine désolation, où les plus riches ont, soit fui la ville, soit se sont plongés dans un monde virtuel pour y vivre une vie meilleure. Seul les plus pauvres survivent encore dans une cité où le crime est devenu monnaie courante. L’ensemble se révèle limite palpable, dont on en ressent toute la décrépitude et la désolation, où chacun vit sa vie dans son coin. Le côté cyberpunk avec tout l’aspect simulation ne manque pas d’attrait mais reste un peu trop en surface, manquant d’explications à mon goût. Un univers qui soulève aussi de nombreuses questions, que ce soit sur les causes de cette catastrophe, sur les conséquences et le clivage que cela engendre, mais aussi d’une certaine façon sur l’importance de la technologie et de la vie virtuelle sur notre existence ; ce besoin de s’y enfermer à la recherche de quelque chose de meilleur. Après il ne faut pas non plus se poser trop de questions, car comme l’intrigue le monde manque sur certains points d’un peu de développement comme par exemple quand on apprend que seul New York a été finalement ciblé, le reste des USA se porte magnifiquement bien, on se demande donc pourquoi, quand on a le choix, rester dans une ville agonisante et contaminée.

Concernant les personnages, Spademan étant le narrateur, il sort clairement du lot se révélant être un héros sombre, torturé, percutant, mais voilà il est quand même difficile de complètement s’attacher à lui, tombant un peu trop dans l’archétype et l’auteur cherchant par moment à trop vouloir l’humaniser. Cela ne l’empêche pas d’arriver à nous entraîner dans ses aventures, mais voilà il lui manque un petit quelque-chose. Autre point qui me laisse perplexe, mais là c’est beaucoup plus personnel et ne se limite pas à ce livre, c’est la norme morale que se fixe le héros : il ne tue pas les enfants. Cela peut se comprendre parfaitement, mais il a décidé de fixer un âge qui est 18 ans, donc si tu as 17 ans et 364 jours il ne te fera rien, mais si tu as 18 ans et 1s, bah pas de chance pour toi. Après j’avoue là je chipote un peu. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui, j’ai trouvé Perséphone intéressante, offrant une héroïne forte et charismatique qui sait clairement ce qu’elle veut, tandis que les autres protagonistes oscillent entre intérêt et manque de profondeur.

La plume de l’auteur se révèle terriblement efficace, se révélant incisive, simple, percutante et entrainante, c’est d’ailleurs un peu le point fort qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’intérêt et de plaisir. A noter qu’il n’y a pas de différenciation du point de vue des dialogue ; ni tiret, ni guillemets, simplement des renvois à la ligne, le tout s’intégrant dans le récit. Cela peut surprendre, mais j’ai trouvé que marchait bien et collait de façon efficace à l’aspect un peu journal. Au final ce livre se révèle divertissant et pleine d’adrénaline, mais a du mal à se révéler plus que cela tant l’ensemble m’a paru manquer d’un peu de consistance. Ca reste une lecture sympathique entre deux romans plus consistants, mais pas sûr que je me laisse tenter non plus par al suite si un jour elle est publiée en VF, tout dépendra de ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez sympathique avec ce livre, même s’il n’a pas complètement répondu à mes attentes initiales. L’histoire se révèle efficace et offre un page-turner preant, même si j’ai trouvé qu’il manquait de profondeur et que l’auteur se perdait vers le milieu dans des flashbacks et des répétitions. Je trouve dommage par contre que l’intrigue se repose un peu trop aussi sur les Deus Ex Machina ou la chance. L’univers se révèle solide, palpable, mélange de monde futuriste en ruine et de cyberpunk, offrant aussi quelques réflexions intéressantes sur l’importance de la technologie dans notre vie, même si certains aspects de cet univers paraissent bancals. Le personnage de Spademan est sombre, torturé, entraînant, percutant et plein de cynisme, celui de Perséphone est charismatique et fort, mais les autres protagonistes oscillent entre intérêt et manque de profondeur. La plume de l’auteur se révèle simple, incisive et percutante, offrant un condensé d’adrénaline, mais qui a du mal à se révéler au final plus que cela. Pas sûr que je me laisse tenter par la suite, ou en tout cas ce n’est pas une de mes priorités.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : MarieJuliet, …

Quantika Tome 3, Origines – Laurence Suhner

quantika t3 originesRésumé : À l’aide d’un astronef de la milice, Ambre et ses compagnons ont pénétré les défenses du Grand Arc, Kalaân l’Ancien, et ils ont atterri à son bord. Pour les scientifiques, la surprise est totale : forêt primaire et océan à perte de vue…
Le Grand Arc est un vaisseau-monde.
Il est bien plus encore. Ne dit-on pas dans le mythe «qu’il ouvre et qu’il choisit le lieu comme le destin?»
Cette fois, les aventuriers ont troqué la glace et le froid de Gemma contre la mer et la chaleur. Ils croient avoir laissé derrière eux l’espace-temps d’AltaMira et la colère du Dévoreur…
Ils se trompent.
Ioun-ké-da a vu le jour sur Timhkâ, dans les profondeurs abyssales qui plongent sous Naha’netché, la Conque du Sud, gigantesque ascenseur spatial d’où sont jadis partis les Ouvreurs – les vaisseaux d’exploration timhkâns.
Au contact de Tokalinan, Ambre se transforme peu à peu. Elle revit son passé et renoue avec ses origines. Elle redevient Kantikâ, la petite-fille de Shânti Divakarûnî.
Mais sa métamorphose l’emmènera plus loin encore. Bien au-delà de l’humain.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce troisième tome de la trilogie Quantika, je l’attendais avec impatience. En effet, après un premier tome qui m’avait offert un très bon moment de lecture, offrant un planet-Opera efficace, complexe et entrainant (ma chronique ici) et un second tome, certes un peu de transition, mais qui se révélait prenant à travers un rythme plus nerveux et quelques révélations percutantes (ma chronique ), j’avais hâte de voir comment l’auteur allait terminer son cycle. C’est donc sans surprise que ce livre a rapidement terminé entre mains. À noter la couverture, illustrée par Manchu, que je trouve vraiment magnifique. Pour ceux qui le souhaitent vous pouvez retrouver un résumé des deux premiers tomes sur le site internet Quantika ici.

La conclusion du second tome m’avait laissé dans l’expectative, en effet nos héros avaient fui Gemma en plein anéantissement, par la faute de Ioun-Ké-Da, pour rejoindre le Grand Arc, dernier rempart face à la puissance du destructeur. Après un tome 2 tendu, il faut bien avouer que ce troisième tome va se révéler un peu plus calme, moins porté par l’adrénaline, permettant ainsi de prendre son temps pour découvrir le Grand Arc et tout ce qu’il recèle comme surprises, mais aussi de découvertes. Attention cela ne veut pas dire que l’on s’ennuie à travers cette histoire, loin de là, mais l’action et le côté nerveux sont remplacés par une menace qui se révèle plus diffuse, plus pernicieuse, faisant monter la tension, mais aussi une légère angoisse au fil des pages devant l’ampleur et la difficulté de la mission de nos héros.

Un récit que j’ai trouvé aussi plus intimiste, où chaque protagoniste va devoir clairement donner de lui-même et se découvrir pour pouvoir s’en sortir et avancer. On sent tout du long que l’auteur maitrise bien son intrigue, offrant ainsi de nombreux rebondissements et révélations  pour mieux happer le lecteur et lui faire tourner les pages sans jamais l’ennuyer, même si c’est vrai, parfois, elles se révèlent un peu convenues et prévisibles. La conclusion se dessine alors, et avec elle, les nombreuses réponses aux questions que je me posais et je dois bien avouer que l’auteur y répond de façon efficace et parfois surprenante. J’avais un peu peur que le cycle tombe dans la facilité d’un simple combat entre Ioun-Ké-Da et le Dieu Sombre, mais Laurence Suhner a vraiment réussi à me surprendre en élargissant le point de vue, en offrant quelque chose de plus « entier » et de plus réfléchi. Car oui on se retrouve aussi à se poser de nombreuses questions que ce soit sur nous-mêmes, notre individualité et toutes les conséquences qu’elles peuvent engendrer comme par exemple sur la communication ou sur notre évolution.

L’intérêt du récit vient aussi, en plus de l’intrigue, de l’univers qui est construit au fil des pages. En effet on se retrouve ici à quitter la froide et glaciale Gemma pour découvrir un climat beaucoup plus chaud, empli de forêts et de mystères. On va aussi découvrir Timhkâ, planète où tout a débuté, un monde chatoyant qui possède ses propres règles et qui donne envie, d’une certaine façon, d’en apprendre plus malgré les nombreux dangers qui y rôdent. Un changement brutal de décor qui ne va pas se révéler sans conséquences pour nos personnages. Se dévoile aussi un peuple différent du nôtre, malgré un certain anthropomorphisme, avec ses propres us et coutumes et qui surtout n’a pas la même vision du monde que la nôtre, plus spontanée, plus instinctive là où de notre côté l’on est réfléchi, où on dissèque et théorise tout. Deux visions complètement différentes et pourtant pas si éloignée que cela. L’aspect scientifique y est toujours présent, mais ne tombe jamais dans le côté Hard Science, l’auteur prenant clairement le temps de bien expliquer les concepts qu’elle utilise, même si parfois cela crée quelques longueurs quand on les connait déjà, mais rien de gênant. L’auteur continue aussi à saupoudrer un fond de culture hindou qui, je trouve, apporte un plus et se révèle vraiment intéressant, donnant envie de mener des recherches sur certains aspects. Elle cherche aussi à nous faire réfléchir sur notre façon de voir et traiter la Nature.

Concernant les personnages, je dois par contre avouer que j’ai eu un peu de mal avec certains d’entre eux, la faute à certains traits de caractère qui m’ont paru un peu trop poussés à l’extrême pour vraiment réussir à m’accrocher. Je pense ainsi à Haziel et Ambre qui se révèlent par moments égoïstes à un point tel qu’ils donnent l’impression de complètement déconnecter et se lancer à corps perdu sans jamais vraiment réfléchir et, pire, amener le danger vers leurs amis. Alors certes, on peut considérer qu’ils ont des circonstances atténuantes, mais parfois non. Heureusement cela se calme au fil des pages et on se rapproche ainsi un peu plus d’eux. C’est légèrement dommage, car on ne peut pas nier que les personnages se révèlent denses, soignés, efficaces et entrainants, possédant leurs propres émotions, leurs propres histoires, leurs propres besoins et leurs propres envies. Je regretterai peut-être aussi un ou deux personnages un peu trop stéréotypés, mais là rien de très bloquant.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, soignée, dense, faisant plonger le lecteur aisément dans son récit et son univers des plus passionnants. La conclusion répond de façon passionnante et intelligente aux nombreuses questions que le lecteur se pose, même si j’ai trouvé dommage que soit traité un peu trop rapidement l’aspect qui concerne la milice et Boubakine. Au final un cycle qui m’a offert un très bon moment de lecture, je lirai sans souci d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le troisième et dernier tome de ce cycle qui offre offrir une histoire efficace et qui vient répondre de façon intelligente aux nombreuses questions que l’on se pose, le tout à un rythme, certes un peu plus lent, mais tendu offrant de nombreuses menaces et rebondissements. L’univers se révèle toujours aussi intéressant à découvrir, on se retrouve ainsi à quitter la glaciale Gemma pour de nouveaux horizons chatoyants et qui donne envie d’être découvert, permettant aussi d’ouvrir une réflexion sur la façon dont on traite la nature. On découvre aussi Timhkâ, avec ses us et coutumes et ses traditions complètement différentes des nôtres. L’aspect scientifique est toujours présent et se révèle toujours aussi accessible par des explications claires et précises, même si parfois j’ai trouvé que cela offrait quelques longueurs vu que je connaissais déjà les théorèmes. Concernant les personnages, ils se révèlent denses, soignés et travaillés même si j’ai eu un peu de mal au début avec Haziel et Ambre qui m’ont paru trop poussés à l’extrême, mais cela se calme au fil des pages. Je regretterai peut-être un ou deux personnages stéréotypés, mais rien de bien gênant. La plume de l’auteur est efficace, entrainante et soignée. Au final une trilogie qui m’a offert un bon moment de lecture. Je lirai sans souci d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

La Danse des Étoiles – Spider & Jeanne Robinson

la danse des etoilesRésumé : Parce qu’elle était trop grande et parce qu’elle avait trop de formes, Shara Drummond, malgré son talent, ne correspondait pas aux standards de la danse moderne, lui interdisant de faire carrière… sur Terre.
Mais dans l’espace, libérée de la gravité, tout est de nouveau possible, quitte à réinventer sa discipline et devenir la première à danser en chute libre.
Et quand les extraterrestres sont apparus dans le Système solaire, c’est elle qui nous a sauvés.
Moi, Charles Armstead, son opérateur vidéo, son ami, j’étais là quand elle effectua sa Danse des étoiles. J’ai tout enregistré.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce livre pour deux raisons, la première vient de la promotion lancée par ActuSf qui a titiller ma curiosité, ne connaissant pas ce roman pourtant lauréat des prix Hugo, Locus et Nebula et offrant un résumé des plus intriguant mélangeant danse et science-fiction, et la seconde raison vient clairement de sa couverture, illustrée par Jamie Oliver, que je trouve vraiment magnifique. Il n’a donc pas fallu longtemps pour que je décide de me faire mon avis concernant ce roman.

L’histoire qui est offerte se révèle finalement assez simple, Shara Drummond, danseuse de talent, n’a jamais pu percer, la faute à son corps qui ne rentrait pas dans les normes. Un jour elle décide de prendre son destin en main et d’innover en allant danser dans l’espace, mais rien ne va se passer comme prévu et sa rencontre avec une race extra-terrestre va tout changer. Une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que j’ai passé un bon moment de lecture, mais le premier quart paraissait offrir tellement plus que je ressors légèrement frustré de ma lecture. En effet la première partie du récit offrait une sorte de récit intimiste entre la danseuse et son opérateur vidéo qui se révélait complexe, pleine de sentiments et d’émotions. On est vraiment happé par cette relation tendue et pourtant terriblement attachante qui se lie entre un héros estropié par la vie et une danseuse rejetée par le monde qu’elle adule pour son physique pas assez androgyne. Une première partie qui monte alors en tension, que ce soit aussi bien au niveau des relations de chacun qu’avec l’apparition d’alien dont on ne connait rien et qui paraissent se matérialiser un peu aléatoirement, nous offrant aussi des moments de danses vraiment magnifiques, pour aboutir à une conclusion de partie que j’ai trouvé en apothéose.

Alors attention, les trois parties suivantes qui composent le roman ne sont pas non plus mauvaises, loin de là, mais elles n’ont pas réussi à me passionner et me toucher autant. Déjà, j’ai clairement eu l’impression, mais ce n’est que mon avis, que la première partie était construite de façon indépendante, un peu comme une nouvelle et devant le potentiel de l’œuvre les auteurs ont alors décidé de la prolonger ce qui fait qu’on ressent une sorte de petite « cassure » dans le rythme et l’intrigue. Ensuite j’ai trouvé que cette « suite » perd de son côté intimiste pour s’ouvrir et faire ainsi entrer d’autres personnages et en plus on rentre dans une histoire de science-fiction que j’ai trouvé plus classique. Cela reste plaisant à lire, offrant des aspects vraiment intéressants que ce soit dans l’univers et l’aspect chorégraphie ou encore dans le futur imaginé ou les réflexions proposées, mais n’ayant pas la même intensité.

L’un des grands points forts de l’histoire vient, je trouve, de tout le travail fourni aussi bien d’un point de vue technique que par les descriptions, sur l’aspect de la danse et des mouvements. Les auteurs arrivent vraiment à faire retranscrire et partager la rythmique et la composition des mouvements, tout en faisant passer de façon sous-jacente le panel d’émotion qui s’en dégage. On se laisse alors très facilement emporter par ce ballet et on est happé par les messages qu’ils cherchent à faire passer, ainsi que les réflexions que cela engendre sur l’acceptation et la différence chez les différents protagonistes et le lecteur. Concernant le futur vu par les auteurs il possède un petit côté « old school » qui se révèle, mais de façon involontaire, humoristique car l’année 95 imaginée tout le long de ce roman, publiée dans les années 70, est loin de ce que l’on a connu même si certains points se révèlent très réalistes. Là où je suis peut-être un peu plus rester de marbre, c’est par l’atmosphère parfois un peu hippie qui s’en dégage et qui avait peut-être plus sa place au moment de sa publication, mais qui aujourd’hui par son aspect légèrement « peace & love » dénote. Mais bon rien de bien gênant non plus.

Concernant les personnages, je dois bien admettre que deux héros principaux se détachent, pour moi, fortement : il s’agit de Charles et de Sarah qui se révèlent humains, principalement à travers leurs blessures, leurs souffrances et leurs sacrifices, mais surtout par la relation qu’ils entretiennent entre eux, qui se révèle véritablement complexe et soignée entre amour et indifférence. A travers les émotions, les sentiments et les non-dits qu’ils laissent entrevoir on est ainsi touché par leur histoire. Les autres personnages dévoilé au fil des pages ne sont pas mauvais, se révélant travaillés et intéressants, mais n’ont pas non plus la même densité ni la même force, ce qui parfois amène une sorte de décalage au niveau d’une ou deux révélations. Ils paraissent un peu éclipsés. Rien de non plus bloquant, chacun apportant finalement quelque chose à l’histoire et à son évolution.

Puis voilà, au fil des pages la tension remonte doucement, différentes révélations vont pousser le lecteur à se laisser aller, à vouloir en apprendre plus, développant de nombreux axes intéressants, dont je ne dévoilerai rien pour éviter de spoiler, et qui sont liés à cette présence alien pour aboutir à un final pas trop mal ficelé et humain, mais qui m’a aussi paru un peu trop « d’époque » par certains aspects et peut-être un peu trop optimiste, mais bon là je pense que c’est mon côté cynique qui parle je pense aussi. J’ai aussi noté une facilité qui me laisse perplexe.

La plume des auteurs se révèle vraiment poétique à travers leurs descriptions et ce qu’ils arrivent à faire passer, tout en étant entrainante et efficace, arrivant à me fasciner à travers le monde de la danse qui est vraiment loin d’être quelque chose que je connais bien. En tout cas un roman qui, malgré quelques défauts, m’a offert un bon moment de lecture. J’ai cru comprendre que des suites existaient en VO,  que je lirai avec plaisir si elles sont un jour publiées.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose une histoire où vient se mélanger science-fiction, réflexions et aspects humains, le tout sur fond de danse et de chorégraphie. Alors certes toutes les parties ne sont pas au même niveau tant on ressent une sorte de « cassure » entre la première qui m’a happée et la suite qui se révèle plus classique, mais rien de non plus complètement dérangeant. L’univers développé par les auteurs se révèle vraiment intéressant, nous émerveillant devant la danse et les chorégraphies présentées, le tout porté par des descriptions très visuelles et porteuses d’émotions, même si le futur imaginé a un peu mal vieilli par certains aspects. Concernant les personnages j’ai été rapidement happé par Charles et Sarah qui sont des héros touchants, complexes et solides, offrant une relation complexe et prenante, mais ils éclipsent un peu les autres protagonistes qui gravitent autour selon moi. Puis arrive la conclusion, faisant monter lentement la tension, jouant sur des réflexions intéressantes, pour aboutir à un final qui se révèle humain et intéressant, mais qui m’a paru peut-être un peu trop tomber dans le happy-end et s’offre une facilité surprenante, même si rien de non plus bloquant. La plume des auteurs est dense, soignée et poétique. Des suites existent en VO que je lirai avec plaisir si un jour elles sont publiées.

 

Ma Note : 7,5/10

Sovok – Cédric Ferrand

sovokRésumé : Moscou, dans un futur en retard sur le nôtre. Manya et Vinkenti sont deux urgentistes de nuit qui circulent à bord de leur ambulance volante de classe Jigouli. La Russie a subi un brusque infarctus politique, entraînant le pays tout entier dans une lente agonie économique et une mort clinique quasi certaine. Le duo d’ambulanciers est donc le témoin privilégié de la dégradation des conditions de vie des Russes. Surtout que leurs propres emplois sont menacés par une compagnie européenne qui s’implante à Moscou sans vergogne.

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Ce livre n’a pas fini dans ma PAL par hasard, j’avais déjà été fasciné par le premier roman de l’auteur, Wastburg (ma chronique ici), qui offrait un récit de Fantasy choral avec une intrigue originale, dans une ville haute en couleurs et à la découvertes de personnages efficaces. C’est donc sans surprise que quand j’ai vu que l’auteur publiait un nouveau roman, je l’ai rapidement fait rentrer dans ma bibliothèque. Il faut aussi avouer que je trouve la couverture, illustrée par Prince Gigi, superbe dans son côté futuriste soviétique.

Contrairement à Wastburg, qui nous proposait de suivre un personnage différent par chapitre, avec Sovok l’auteur revient à une narration plus « classique » on va dire. On se retrouve ainsi à suivre Méhoudar, en galère et à la rue, qui décide de tenter sa chance en tant qu’ambulancier. Il va se retrouver à faire équipe avec Manya et Vikenti, à sillonner les rues de Moscou en poste de nuit. D’intrigue on va très vite se rendre compte qu’il n’y en a pas vraiment, il y a bien un fil rouge qui sert de léger conducteur à l’ensemble, mais rien qui se révèle épique ou haletant. Vous vous dites alors que ce roman n’a finalement que peu d’intérêt alors, et pourtant ce serait une erreur, car Sovok propose finalement un récit que j’ai trouvé terriblement efficace, entrainant et offrant son lot de réflexions. En effet l’absence d’une intrigue principale fait finalement que le lecteur se consacre alors pleinement à ce qu’il considère normalement comme secondaire et se retrouve ainsi emporté que ce soit aussi bien par les personnages, leurs interactions, que par cette ville et ce pays qui nous sont présentés au fil des pages.

Car oui comme son précédent roman, qui offrait à la ville un rôle important, ici la ville de Moscou se révèle être aussi un élément central de central, ou plus précisément la Russie dans son ensemble. Alors certes elle n’a pas autant d’influence que pouvait en avoir Wastburg, mais elle est imprégnée dans chacun des personnages, on en sent l’influence à travers chacun. Un pays en pleine perte de vitesse, au bord de la rupture, complètement gangréné que ce soit de l’intérieur par la corruption, comme de l’extérieur par une Europe qui vient grappiller les derniers reste d’une contrée à l’agonie. Être au plus près de nos trois héros et les différentes rencontres qu’ils font nous dévoilent ainsi un peuple qui est loin de se laisser aller, car même s’il connait la misère, le manque d’énergie et la faim, les magouilles et les pots de vins sont toujours présents, au cœur de leur culture. Malgré que tout le monde râle, chacun arrive à s’en sortir d’une certaine façon. On se retrouve ainsi plongé dans un futur où le passé et la nostalgie sont encore bien présents dans chacun des protagonistes ; un décalage réussi et efficace qui offre aussi régulièrement son lot d’humour et de légèreté, évitant ainsi au livre de trop tomber dans le misérabilisme. Mais l’auteur ne se contente pas non plus d’être au plus près de la population, il nous offre aussi une vision plus large que ce soit du point de vue  de la société, mais aussi de la politique qui n’est que manipulation et violence, ou encore offrant une critique acerbe sur le milieu médical, et aussi sur la « paperasserie » qui n’est pas sans rappeler notre époque actuelle. Au final un univers qui oscille entre décadence et lumière, offrant de nombreuses réflexions sur les causes de la dégradation et qui donne vraiment envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages, là aussi l’auteur s’en sort parfaitement bien, nous dévoilant ainsi des héros qui ne manquent pas de profondeurs, se révélant souvent soignés et passionnants à découvrir, tout en restant humains avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs besoins et leurs envies. On se retrouve ainsi rapidement à s’attacher à chacun d’entre eux, que ce soit aussi bien les trois héros qu’on suit du début à la fin, comme chaque personnage secondaire que l’on découvre, à travers leurs galères, leurs souffrances et leurs problèmes. Chacun d’entre eux se révèle sensible et touchant dans son envie d’avancer, de se présenter toujours fier de ce qu’il est, que ce soit dans le meilleur comme dans le pire. On découvre ainsi au fil du récit un panel de personnage hétéroclite, acerbe et pittoresques que ce soit Méhoudar l’ancien militaire qui cherche à s’en sortir, Manya médecin qui ne semble posséder qu’un simple diplôme de vétérinaire ou bien encore Vikenti le syndicaliste désabusé, on s’accroche à chacun d’entre eux tant on se retrouve, au moins en partie, à travers eux. Surtout que l’auteur a un don pour arriver à les rendre rapidement, en quelques lignes à peine, attachants, avec leurs qualités et leurs défauts, tout en nous faisant réfléchir sur des sujets sérieux comme par exemple le rejet de la différence ou encore la pauvreté.

J’aurai par contre un regret concernant ce récit, c’est qu’une fois la dernière page tournée, certes on s’est rapidement rendu compte qu’il ne s’agissait qu’une tranche de vie de Moscou et non pas une histoire balisée avec introduction, développement et conclusion, mais voilà je me suis tout de même senti frustré de ne pas en apprendre plus. Surtout que l’auteur laisse de nombreux fils d’intrigue ouvertes à l’imagination du lecteur. Alors, rien de bien gênant non plus, c’est un choix clair de l’auteur, mais bon je ne pouvais m’empêcher de ressentir une légère déception. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle efficace, claire et entrainante, nous plongeant avec plaisir dans cette Russie aux visages hétéroclites qui donne clairement envie d’en apprendre plus. Au final avec ce nouveau roman Cédric Ferrand confirme tout le bien que je pensais de ses écrits et j’en lirai d’autre sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir une tranche de vie de trois personnages urgentistes et pendant une semaine ; le tout dans une Russie qui agonise lentement. Ici, pas de véritable intrigue dans son côté classique, mais une peinture de Moscou qui se révèle efficace et passionnante à découvrir avec son aspect mélange de futurisme et de nostalgie, mais aussi son lot de réflexions. Une Russie pleine de nostalgie ou la débrouillardise est de mise et qui donne envie d’en découvrir plus. Les personnages se révèlent travaillés, denses, humains et attachants avec leurs bons comme leurs mauvais côtés. On est ainsi rapidement happé par cette image que nous décrit l’auteur qui oscille avec réussite entre humour, tragique et espoir dont mon seul regret est finalement que la fin laisse de nombreuses perspectives ouvertes, ce qui m’a paru légèrement frustrant. La plume de l’auteur se révèle entrainante, captivante et décalé dans sa façon de nous présenter son récit, offrant juste ce qu’il faut d’ironie et de cynisme pour rendre son histoire prenante et intelligente. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lune, Cornwall, Bibliocosme, …

Le Voyage de Simon Morley – Jack Finney

le voyage de simon morleyRésumé : Pour remonter dans le passé lointain, il n’est pas nécessaire d’utiliser une machine à voyager dans le temps. Il suffit de s’imprégner de l’époque dans laquelle on désire se rendre, de se dépouiller de toutes les pensées, comportements qui vous ancrent dans le présent, bref, de se conditionner mentalement et physiquement, pour être projeté dans le temps que l’on croyait perdu. Telle est la théorie du Pr. Danzinger.
Informé de ce projet, qui a secrètement l’aval et le soutien logistique du gouvernement américain, Simon Morley doute, hésite… Mais la médiocrité de son existence, la curiosité, et le mystère qui entoure le suicide d’un aïeul de son amie Kate, finissent par le décider. Installé dans un appartement du «Dakota», un vieil immeuble new-yorkais demeuré intact, il va s’y comporter comme un homme de la fin du XIXe, et un soir de neige, après des jours d’efforts et d’attente, le miracle se produit…

Edition : Denoël Lunes D’Encre (paru le 05/03/2015)
Traduction : Hélène Collon

 

Mon Avis : Ce fût un long parcours pour que ce livre puisse terminer un jour dans ma PAL. Il a eu la chance d’être déjà édité deux fois auparavant, mais à des époques ou mon rythme de lecture se révélait famélique. Au moment où j’ai commencé à m’intéresser à ce roman et à vouloir le découvrir, toutes les éditions se révélaient épuisées et le seul moyen de pouvoir l’acquérir était alors de s’amputer d’un bras pour se le procurer d’occasion. Par conséquent quand j’ai vu que le livre était réédité et qu’on m’a proposé de le découvrir, je me suis rapidement laissé tenter. À noter la couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique et pleine de mystères et que ce livre a gagné le Grand Prix de l’Imaginaire en 1994.

Simon Morley est un homme ordinaire, qui vit une vie tranquille en tant que dessinateur, jusqu’au jour où un militaire vient lui parler d’un projet secret qui risque de bouleverser sa vie : il serait possible de voyager dans le temps et Simon répondrait aux critères de l’expérience. Alors on va être clair dès le départ, si vous cherchez un roman offrant un rythme nerveux et sans temps morts, avec de l’action et énormément de rebondissements je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin. En effet, c’est bien simple, le fil rouge qui tient l’histoire ne remplit à peine un tiers du livre, et pourtant j’ai quand même été captivé par ce que nous propose l’auteur dans ce voyage, le tout à travers un rythme lent, dense et posé offrant un travail de fond énorme. Attention, cela ne veut pas dire que l’histoire n’a pas son importance dans le récit, non, elle est intéressante et, sans révolutionner non plus grand-chose, s’avère solide, efficace et entrainante ; mélange d’aventures, d’enquêtes, de rencontres captivantes, de manipulations et de mystères parfaitement bien maîtrisés, qui font que le lecteur tourne les pages avec l’envie de découvrir la suite pour en apprendre plus.

Mais voilà comme je l’ai dit, le plus captivant ici n’est pas vraiment l’intrigue, mais plutôt l’univers que construit l’auteur autour. Ce voyage va rapidement se révéler magnifique, chatoyant, et véritablement nous emporter dans un passé qui se révèle travaillé, soigné et rempli de détails des plus passionnants. C’est là le véritable coup de force de l’auteur avec ce récit, entraîner le lecteur, le faire rêver à une époque passé qui dévoile lentement ses mystères, ses faits historiques, mais aussi son côté lumineux et attrayant, le tout sans non plus se révéler ennuyeux ou lourd. On sent bien que l’auteur a effectué de nombreuses recherches pour construit ses États-Unis de fin du 19ème siècle, rien n’est laissé au hasard, tout parait réaliste, palpable, cohérent et entrainant. On se retrouve ainsi limite à suivre notre héros, à se balader tel un touriste dans ce New-York qui est encore loin de la mégalopole que l’on connait. Une ville pleine de charme et de magie, le tout agrémenté de dessins et de photos au fil des pages qui rendent encore plus concret et crédible cette plongée dans le passé. Si vous aimez les récit qui prennent leur temps pour construire un monde, densifiant le tout par de nombreux détails et de nombreuses anecdotes alors cette aventure est faite pour vous selon moi. Je regretterai juste à cet univers le besoin de le rendre par moment trop parfait et surtout de vouloir trop le comparer de façon manichéenne au nôtre, comme si l’un devait obligatoirement être meilleur que l’autre. Annoncer clairement que notre époque détruit tout et que la vie était mieux avant me parait une solution de facilité bien trop commode. Mais bon rien de non plus gênant tant je me suis retrouvé au milieu de cette ville pleine de vie.

L’aspect voyage dans le temps se révèle d’une certaine façon original, évitant tout aspect scientifique ou trop complexe, pour se baser sur une idée que j’ai trouvé simple, qui s’appuie simplement sur l’esprit et qui finalement apparait très efficace. Concernant les personnages Simon s’avère être un narrateur intéressant à suivre, premièrement par son côté banal qui fait qu’on arrive facilement à s’accrocher à lui, mais aussi par sa profondeur qui laisse entrevoir certains aspects intéressants qui se développent au fil de l’histoire. Les nombreux protagonistes qu’il va rencontrer lors de ses aventures vont apporter leurs lots de surprises, de points de vue et ne manquent pas non plus d’intérêts, que ce soit dans leurs envies, leurs manipulations ou bien encore leurs besoins. Je regretterai par contre que certains des personnages secondaires manquent d’un peu plus de profondeur sur certains aspects, ou bien encore la capacité de notre héros à régir avec les femmes qui m’a paru parfois se révéler surprenants voir même tomber dans une légère caricatures, même si rien de trop dérangeant non plus.

Puis arrive la conclusion, le moment où les différentes questions trouvent leurs réponses, l’auteur offrant ainsi un final éprouvant pour nos héros, leur offrant de nombreuses embûches et rebondissements, accélérant un peu le rythme du récit pour le plus grand plaisir du lecteur. Une conclusion efficace excepté peut-être, pour moi, le dernier chapitre. Je ne vais pas spoiler mais j’ai été légèrement déçu par cette conclusion qui tombe un peu dans le manichéen là où, jusqu’à maintenant l’auteur avait réussi à éviter cela justement, et surtout offre des évolutions de personnages manquant un peu de logique, un peu trop abrupte. Je vous laisse découvrir, mais dans tous les cas même si le dernier chapitre ne m’a pas complètement accroché, cela n’empêche pas ce récit d’offrir d’excellents moments le tout porté par une plume soignée, dense, fluide et détaillée qui arrive à rendre vivant l’ensemble sans non plus tomber dans des longueurs. Ce fut pour moi un voyage fascinant qui donne limite envie de retourner et de vivre dans le passé. Il existe une suite que je lirai avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce livre qui, au-delà d’une intrigue convenue mais solide et entrainante, nous propose de plonger dans un voyage dans le passé des plus fascinants. C’est la grande force du roman, arriver à happer le lecteur dans ce New-York magnifique, vivant et chatoyant de la fin du 19ème siècle, le tout à travers des descriptions soignées, construites et denses qui ne plongent jamais dans l’ennui ou la lourdeur, accentué par des photos et des dessins d’époque qui apportent un véritable plus. On sent clairement que l’auteur s’est énormément renseigné, même s’il a tendance a, je trouve, un peu trop idéaliser cette époque. L’aspect fantastique se révèle original par son aspect très naturel dans la possibilité de voyager dans le temps. Concernant les personnages croisés au fil des pages, ils ne manquent pas d’intérêts et de profondeurs, je regrette juste la façon dont notre héros interagit avec certains personnages féminins qui se révèle parfois cliché. La conclusion ne manque pas de surprise et de rebondissements, mais j’avoue être resté légèrement sur ma faim avec le dernier chapitre qui, sans spoiler, m’a paru un peu trop manichéen et offrant certaines évolutions trop abruptes. Le tout est porté par une plume soignée, travaillée et efficace qui, finalement, nous entraine dans un voyage marquant et éblouissant, le tout à un rythme lent et développé qui risque de ne pas plaire à tout le monde, mais qui m’a captivé. J’ai vu qu’une suite existait et je me laisserai bien tenter.

 

Ma Note : 8,5/10

Origines Tome 1, Le Château des Millions d’Années – Stéphane Przybylski

le chateau des millions d'anneesRésumé : Juin 1939.
Heinrich Himmler diligente une mission archéologique en Irak dans le but officieux de s’allier les populations locales afin de saper l’influence britannique et préparer l’avènement d’un nouvel ordre mondial…
Au sein de cette expédition qu’il dirige en sous-main, l’officier SS Friedrich Saxhäuser.
Héros de la Grande Guerre, agent naviguant dans les eaux troubles des divers services de renseignement du Reich, ce soldat hors normes a lié son destin à celui d’Adolf Hitler depuis le putsch manqué de Munich en 1923. Or, dans la vallée d’un affluent du Tigre, Saxhäuser met bientôt au jour l’impensable, une découverte si vertigineuse qu’elle pourrait bien changer la donne dans le conflit qui s’annonce… Mais encore faut-il pouvoir acheminer pareille trouvaille jusqu’en Allemagne. Et d’ailleurs, Saxhäuser le veut-il vraiment ?

Edition : Le Bélial’

 

Mon avis : Cela fait quelques mois que j’entends parler de ce roman, que ce soit par la communication faite autour, comme l’idée de lui offrir une sortie en feuilleton numérique qui me donnait encore plus envie de le découvrir, avec quand même la patience d’attendre le format papier. Il faut bien avouer que le résumé se révélait assez accrocheur, mélange d’histoire et de fantastique, et que je trouve la couverture, illustrée par Aurélien Police, vraiment magnifique. C’est donc sans surprise qu’il a très rapidement rejoint ma PAL.

 Ce roman nous propose ainsi de plonger en pleine période trouble, la montée au pouvoir d’Hitler qui va déboucher sur la seconde guerre mondiale, et d’y suivre le destin de l’officier SS Friedrich Saxhäuser qui va se retrouver au milieu d’aventures qui vont complètement le dépasser. Je dois tout de mettre avouer que je me lançais dans cette lecture avec une légère réserve, le mélange de mystique à cette période de l’histoire a déjà été de nombreuses fois utilisé, ce qui est plutôt logique vu la fascination de Hitler et son gouvernement pour l’ésotérisme, mais tombait parfois clairement dans le ridicule. Et pourtant j’ai été agréablement surpris, l’auteur s’en sort finalement plutôt bien, nous offrant une histoire pleine d’aventures, sans temps mors et se révélant efficace. L’intrigue ne manque ainsi ni d’intérêt, ni de rythme et le lecteur se retrouve rapidement emporter par les nombreuses péripéties et les nombreuses surprises que vont rencontrer les héros. Mais c’est surtout le mélange entre roman historique, roman d’aventures et paranormal qui offre ici un récit solide sans jamais trop en faire ou tomber un peu trop dans l’absurde. Il n’oublie pas pour autant de traiter de cette période de façon efficace et réfléchi offrant ainsi de nombreuses réflexions qui font même époque à notre époque contemporaine.

Stéphane Przybylski, comme présenté sur le quatrième de couverture, est aussi historien et possède à son actif de nombreux livres historiques et c’est ce qui, je trouve, rend don univers si efficace et réussi. En effet il nous offre un monde qui est franchement solide à travers de nombreuses anecdotes historiques et nous faisant découvrir de nombreux lieux et de nombreuses ruines des plus fascinantes. Concernant tout ce qui touche à l’époque, avec la prise de pouvoir d’Hitler et la montée en tension, même si l’ensemble ne renouvellera en rien le genre à travers son originalité, excepté peut-être le travail sur l’Irak, cela n’empêche pas l’auteur d’offrir de nombreux détails, ne cherchant pas que le côté aventure et nous dévoilant une époque sombre et en pleine crise. C’est ce fond historique soigné, travaillé, et dont on sent que de nombreuses recherches ont été réalisées, qui rend finalement l’ensemble si cohérent et intéressant. Là-dessus vient alors se calquer un aspect fantastique et SF qui, sans non plus se révéler des plus original, qui se révèle juste assez intrigant pour nous faire tourner les pages avec plaisir sans non plus tomber dans l’extrême ou dans le grand n’importe quoi. Un équilibre efficace dont il sera intéressant de voir comment l’auteur va s’en sortir par la suite, vu qu’il s’agit quand même d’une tétralogie.

Concernant les personnages, ils se révèlent denses, travaillés et assez complexes avec leurs questionnements, leurs émotions et surtout évoluent de façon logique en fonction des évènements qu’ils soient aussi bien historiques, comme les différentes péripéties qu’ils rencontrent, même, si c’est vrai ils se révèlent par moment un peu banals et que parfois on a un peu de mal à complètement s’attacher à eux comme s’il leur manquait une certaine « impulsivité ». Que ce soit Saxhäuser le charismatique espion aventurier éprit d’espace qui doute de lui même et oscille entre un être détestable coincé dans une idéologie et personnage plus nuancé, ou bien encore l’archéologue Schmundt qui est loin de tout dévoiler de lui, chacun des personnages possède encore de nombreux atouts à dévoiler et de nombreuses surprises. Je regrette par contre qu’il n’y est pas de personnages féminins un peu plus consistants, seul Andrea sort légèrement du lot, mais il est encore trop tôt pour bien comprendre son rôle, les autres femmes intervenant dans le récit ne servant que de rencontres purement sexuelles à notre héros. Ça m’a d’ailleurs parfois dérangé ce côté un peu trop tombeur de ses dames du héros, où toutes les femmes qu’il croise sans exception finissent dans son lit.

Je regrette par contre un certain essoufflement qui se ressent dans le dernier tiers du livre, l’auteur oublie parfois un peu trop qu’il est dans un roman et se perd dans trop de détails pour nous dévoiler des points qui, sans être non plus inutiles, ne méritait pas toujours autant d’informations ; peut-être le côté historien qui ressort. Ensuite j’avoue avoir eu un peu de mal dans la construction du récit qui m’a paru un peu trop, par moment, figé et dont l’auteur cherche à rendre plus énergique avec une accumulation de flashbacks qui n’apportent pas toujours quelque chose d’intéressants. Cela marche peut-être mieux dans un roman feuilleton que lu d’une traite, je ne sais pas. Alors au final rien de non plus bloquant ou vraiment dérangeant, mais qui se ressent tout de même légèrement durant la lecture.

La plume de l’auteur se révèle assez simple, sans non plus se révéler marquante, mais marche de façon efficace arrivant un minimum à happer le lecteur dans son récit efficace et entrainant. Au final ce premier se révèle être une introduction intéressante à une histoire qui possède encore de nombreuses questions en suspend et dont je lirai la suite avec plaisir en espérant qu’elle arrive à garder ce fragile équilibre entre histoire, SF et aventures.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce premier roman d’une tétralogie qui oscille entre science-fiction et roman historique en pleine seconde guerre mondiale. Ce premier tome se révèle, certes, un tome d’introduction, mais se laisse lire assez facilement bien porté par les nombreuses péripéties que rencontrent nos héros et un rythme soutenu. L’univers se révèle dense, soigné avec de nombreux détails et des nombreuses références ; le côté historien de l’auteur y jouant énormément, sans non plus se révéler trop envahissant. Les personnages ne manquent pas de charisme, ni d’intérêt, même si parfois ils ont du mal à émouvoir le lecteur j’ai trouvé. Je regrette par contre le manque de personnages féminins intéressant, la quasi-totalité des femmes du récit ne servant qu’à tomber entre les bras et dans le lit du héros principal. J’ai ressenti aussi un certain essoufflement dans la dernière partie du récit, cherchant à trop vouloir en faire, ainsi qu’une accumulation de flashback pas toujours efficaces. Le style de l’auteur, sans se révéler des plus marquant, se révèle simple et entrainant. Un premier tome plus que sympathique qui me donne envie de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

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