Catégorie : Science-Fiction Page 40 of 56

La Ferme des Animaux – George Orwell

la ferme des animauxRésumé : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
“Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
“Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

Edition : Folio

 

Mon Avis : Ce roman fait partie des livres que j’ai lu durant mon adolescence et qui m’avait fortement marqué, déjà car je ne m’attendais pas à une telle histoire et que les idées avancées dans ce roman m’ont, d’une certaine façon, permis de mieux cerner certains aspects politiques, humains et peut-être aussi aidé à façonner ma vision de la politique actuelle. Mais voilà cela fait bien plus de dix ans maintenant, j’avais donc envie de relire ce classique et de me faire mon avis avec mon regard d’aujourd’hui qui a changé de celui de l’époque. J’ai donc décidé de sortir ce court roman de ma PAL.

Utiliser des animaux pour mettre en avant une critique de la société n’est pas nouveau et a souvent été utilisé pour permettre une compréhension plus globale et aisée, mais aussi pour contourner la censure. L’exemple le plus connu pour moi reste La Fontaine avec ses fables. Ici tout démarre dans une ferme par un rêve, un rêve de Sage l’Ancien le plus vieux cochon qui s’est pris a imaginer un monde où l’égalité serait la force, où chacun(e) serait apprécié(e) à sa juste valeur et où tout le monde serait récompensé de la même façon tout travaillant pour un idéal commun. Tout va basculer très vite après la mort de Sage l’Ancien et, par un coup du sort, les animaux vont rejeter leurs maîtres, les hommes, devenant ainsi les seuls propriétaires des lieux et vont par conséquent fonder la seule ferme dirigée par les animaux. Mais voilà la différence entre le rêve et la réalité est vaste et va vite rattraper cette communauté.

À travers cette fable l’auteur nous offre finalement une réflexion vraiment efficace, cynique et intéressante sur le développement d’une des grandes phases de l’humanité qu’est la montée du communisme en Russie, mais aussi sur la politique et les manipulations du peuple en général. Pourtant, tout commence bien, après le rejet du capitalisme et des tsars représenté par l’Homme la ferme se lance dans un idylle d’égalité ou chacun y trouve son bonheur, mais très vite les hommes redeviennent des hommes et tout va dérailler devant la quête du pouvoir de la richesse par certains. Entre manipulation des idéaux, trahisons et meurtres politiques tout est fait pour que le plus corrompu prenne le pouvoir. Mais tout cela ne se fait pas sans l’utilisation des mensonges de masses, de la religion, le fanatisme ou encore la mise en place de police et de services secrets ainsi que l’utilisation de bouc émissaire pour bien faire comprendre qui est le chef. D’ailleurs la transformation du personnage héroïque en traitre et terroriste est l’un des aspects qui montre à quel point les gens se font manipuler voir même laver le cerveau devant la ruse et le conditionnement de certains, jouant grâce aux mots de beaux parleurs sur l’ignorance des gens.

L’histoire se révèle vraiment plaisante à lire, en plus de faire réfléchir, par le style de l’auteur qui se révèle vraiment incisif, simple, efficace où chaque mot possède son important et qui utilise le cynisme ainsi que l’humour noir pour bien faire assimiler au lecteur ses idées et surtout, au final, de rester très contemporain. Car oui ce roman est bien plus qu’une critique d’une seule société ou d’une époque. Comment ne pas se sentir proche de certaines idées développées ici ; encore aujourd’hui la manipulation de la population continue à faire son effet face à des idées comme l’insécurité ou les étrangers, encore aujourd’hui les média continuent à faire du journalisme à la carte n’amenant pas toujours d’informations véritables mais seulement ce qui  fait de l’audience offrant même la parole à ceux qui crient le plus fort.

Alors certes on n’est pas dans un régime totalitaire, encore heureux, mais la recette marche toujours démontrant que finalement, tant qu’on sera des hommes, la soif du pouvoir fera qu’il y aura toujours des menteurs et des gens qui profitent. Finalement c’est une des leçons importantes de ce roman c’est que le pouvoir au peuple ne peut exister car il existe toujours des hiérarchies même pour la plus petite décision. D’ailleurs la conclusion le montre parfaitement bien, le capitalisme et le communisme sont finalement très proches reposant sur des hommes tout simplement.

L’anthropomorphisme marche à merveille avec ce petit roman tellement il est facile d’identifier les idées sous-jacentes misent en avant par l’auteur ; les moutons représentant le peuple crédule , les chiens représentant tout ce qui est police et services de renseignements ou bien encore les poules qui représentent l’exploitation dans les fermes russes. Si on connait un peu l’histoire on reconnaitra aussi facilement les animaux nommés qui sont représentatifs de personnage comme Staline, Marx ou encore Trotski. Le format court du roman et le côté un peu simple de la narration pourrait créer une sorte d’incrédulité devant ses évènements, en offrir qu’une simple histoire, mais pourtant le tout est tellement réaliste que le lecteur se laisse porter. Ma seule légère critique est que peut-être parfois l’auteur en fait trop dans la désillusion et la noirceur, mais bon a-t-il vraiment tort? Au final un excellent livre que j’ai relu différemment de l’époque de mon adolescence, n’ayant pas la même approche, et qui devrait être lu par le plus grand nombre, au moins pour se faire son propre avis sur les axes de réflexions que met en avant l’auteur.

En résumé : Voilà un classique de la littérature qui mérite d’être découvert par tous au moins pour pouvoir se faire une idée. À travers une simple ferme en Angleterre l’auteur nous offre une réflexion vraiment passionnante, intéressante et captivante sur la soif de pouvoir, principalement le communisme, mais plus globalement sur les manipulations qui peuvent être utilisées et qu’on retrouve encore de nos jours. L’anthropomorphisme permet facilement de bien comprendre le tout et l’ensemble est très bien porté par une plume simple, percutante et efficace ou chaque mot, au final, possède son importance. Mon seul léger reproche vient du fait que l’auteur parfois pousse à son paroxysme certains aspects sombres, mais bon peut-on lui donner vraiment tort. Un roman qui mérite d’être lu au moins une fois dans sa vie, à minima pour se faire son propre avis sur les différentes réflexions et idées misent en avant par l’auteur.

 

Ma Note : 9/10

Demain le Monde – Jean-Pierre Andrevon

demain le mondeRésumé : « C’est un cercle vicieux. Toi, tu te trouves au centre de ce cercle, avec tes quatre milliards de frères qui seront bientôt, si vite, six milliards, tu es au centre de ce cercle debout dans ton jardin mouillé, les pieds dans les feuilles de l’automne pourrissant, et tu lèves la tête vers le ciel bouché, muet, inutile, et tu cries au-dedans de toi il n’y a rien à faire ? Et comme, malgré tout, la translucide main d’espérance s’accroche encore à toi, tu répètes et tu répètes encore et encore… il n’y a rien à faire ? »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Jean-Pierre Andrevon fait partie des auteurs SF connu et reconnu avec plus de 600 textes publiés depuis 1968. Ce recueil nous propose donc de découvrir 22 textes, considérés comme représentatifs de la carrière de cet auteur. De lui j’ai déjà lu deux romans qui m’avaient bien accrochés, mais aussi quelques nouvelles dont la dernière, dans le recueil des Utopiales 2013, m’avait plutôt laissé de marbre, étant une nouvelle des années 70 et paraissant dépassé au jour d’aujourd’hui. Je me demandais donc ce qu’allait bien pouvoir me proposer ce recueil. En tout cas concernant la couverture, illustrée par Caza, je la trouve vraiment magnifique et elle donne envie de se plonger dans ce livre.

La Réserve : Une nouvelle d’introduction au message fort, qui nous plonge dans un futur post-apocalyptique où les humains ne sont plus les êtres au top de la chaine alimentaire, ils ne sont plus que des animaux. Je n’en raconte pas trop pour pas trop gâcher la chute, mais c’est un texte percutant même si je trouve qu’il porte un peu son âge, étant le tout premier texte publié par l’auteur en 1968.

Un Nouveau Livre de la Jungle des Villes : Nouvelle en forme de conte initiatique où un enfant humain se retrouve élevé par des robots et rêve d’en devenir un aussi. L’auteur nous offre de nouveau un monde post-apo où les hommes, dans leurs envies de conquêtes, se sont quasiment annihilés et qui offre une réflexion intéressante sur l’identité et ce qui la façonne entre son ADN ou son éducation. Un texte qui est toujours d’actualité offrant aussi un léger message d’espoir à la fin.

Un Petit Saut dans le Passé : Un texte vraiment intéressant et poétique sur la possibilité de voyager dans le temps, plus principalement dans le passé. L’auteur traite ici de l’idée, classique, du paradoxe temporelle avec comme réflexion la généalogie et son origine qui parait être un thème important pour l’auteur. Problème, j’avais deviné la fin dès les premières pages ce qui fait que l’ensemble m’a paru trop prévisible.

L’Arme : Voilà un texte vraiment cynique et rempli d’humour noir qui nous présente une terre ou des extra-terrestres laissent, par hasard, une arme puissante qui sera alors découverte par un sans-abri. Un récit qui nous rappelle qu’un homme une arme à la main ne sait faire qu’une seule chose : détruire. Un texte court, sympathique à lire sans non plus se révéler révolutionnaire ; vite lu vite oublié.

L’Homme qui Fût Douze : Une nouvelle intrigante qui va nous plonger dans la colonisation d’une planète par un équipage humain et qui va, au fil de la mission, dégénérer et révéler ainsi tout le sens du titre. L’auteur nous offre des idées intéressantes sur l’immortalité par le renouvellement, la chirurgie ou encore l’écologie que l’homme ne peut s’empêcher de détruire, mais j’ai trouvé l’ensemble un peu mal rythmé et possédant ce vernis suranné de ces nouvelles efficaces à une époque et qui ont un peu de mal aujourd’hui. Cette nouvelle reste sympathique et offre de bonnes réflexions.

La Bête des Étoiles et L’Empathe : L’auteur le dit clairement, pour cette nouvelle il s’est inspiré d’Alien, ce qui se ressent à travers cette chasse d’un ET meurtrier par un empathe. Une nouvelle aux réflexions intéressante de l’auteur sur l’environnement et l’impact de l’Homme sur la faune et la flore qui arrive toujours avec ses gros sabots, mais qui n’a pas réussi, tout du moins avec moi, à m’angoisser ou me faire frissonner.

Manuscrit d’un Roman de SF Trouvé dans une Poubelle : A travers cette nouvelle l’auteur a décidé de se lâcher, se moquant d’une certaine SF d’aventure en poussant l’absurde à son paroxysme dévoilant alors des humains lâches et faibles, et des femmes en tenues minimalistes. On accroche, ou pas, moi je suis resté de marbre à cette nouvelle. Dommage.

Le Château du Dragon : Cette nouvelle, mélange de Fantasy et de SF, nous offre ici une histoire d’aventures qui permet à l’auteur de prolonger son immersion dans l’univers gandaharien. Un texte qui se lit bien au rythme haletant et sans temps morts avec son lot d’action et de rebondissements nous présentant un monde où la République a mis à mal la Royauté et où des groupes de brigands, à la Robin des Bois, cherchent à remettre le Roi sur son trône. C’est très divertissant.

Régression : Dans cette nouvelle l’auteur traite de nouveau du paradoxe temporelle, une famille voulant fuir la seconde guerre mondiale décide de revenir dans le passé, mais la machine s’emballe. Une histoire qui nous offre le portrait d’un jeune homme traumatisé et humain qui va, avec sa famille, se rendre compte que tout retour est impossible et qui offre ainsi des réflexion intéressantes sur les relations humaines ainsi que sur la science et ses conséquences.

L’Anniversaire du Reich de Mille Ans : Ce texte, uchronique, nous présente un monde qui a vécu 1000 ans de Reich comme le rêvait Hitler, mais que se passe-t-il après? Un texte plutôt sympathique et agréable, même si je l’ai trouvé un peu long, qui nous montre un monde sans évolution qui va se retrouver perdu et qui nous rappelle qu’une seule idée, qu’une seule vision n’aboutit pas toujours à quelque chose.

La Porte au Fond du Parc entre le cèdre et les chênes : De nouveau l’auteur traite du paradoxe temporelle et nous offre ici un texte poétique sur la relation ponctuelle, au fil des ans, entre un voyageur du futur et une fille qu’il croise lors de ses voyages. La construction du récit offre son lot de rebondissements, mais cette nouvelle est trop redondante avec Un Petit Saut dans le Passé ce qui l’empêche de s’épanouir. Dommage.

Rien qu’un Peu de Cendre et une Ombre Portée sur un Mur : Un texte poignant et glacial sur une petite fille qui a le pouvoir particulier, en se concentrant, de faire disparaitre ce qui lui fait peur. Un texte fort avec toujours en toile de fond cette capacité bien humaine de faire la guerre, détruire et où le sacrifice d’une inconnue va tout changer. La conclusion est vraiment réussie.

… Il Revient au Galop : Une nouvelle intéressante sur un sujet qui est important pour l’auteur, l’écologie, et qu’on retrouve régulièrement dans ses textes. Un récit qui nous dévoile un monde subissant une pluie torrentielle qui ne s’arrête jamais et où on suit une humanité impuissante qui se débat vainement. Un texte fort qui fait clairement réfléchir et bien porté par des personnages intéressants, dommage que certains aspects, justement dû à une forte montée des eaux, ne soit pas traités du tout.

Salut, Wolinski ! : Cette nouvelle nous plonge dans un monde ou la Liberté est devenue le nouveau créneau, ou chacun fait ce tout qu’il veut. Le héros de cette histoire, qui n’est autre que l’auteur, a donc décidé de tuer les gens qu’ils n’aiment pas et il n’aime personne que ce soit les riches, les pauvres, les étrangers, les intellos… Un texte cynique, violent, sanglant qui possède un message fort, mais qui m’a moyennement accroché, cherchant trop le côté choc.

Tout à La Main : La fin du monde est survenue et seul survivant probable l’auteur qui se terre chez lui entouré de coulées de boues brûlantes. Le héros se remémore alors les femmes qu’il a connues et ce qu’il a manqué, une sorte d’ode à la femme mais version trash, car notre héros se souvient d’elles surtout à travers la baise. Un texte qui, comme le dit l’auteur dans son explication, a fait un choc à l’époque traitant de la baise et de la masturbation, mais qui aujourd’hui se révèle, pour moi, juste sympathique principalement devant cette routine et finalement cette légère folie du héros, seul survivant qui classe sa vie comme on classe une bibliothèque.

Halte à Broux : Ce texte traite de soldats qui ont décidé de se poser dans un village et qui vont finalement regouter à la vie et la routine. Une nouvelle intéressante qui traite de la guerre, mais aussi des manipulations lors de l’entrainement des armées pour éviter que nos héros réfléchissent de trop, car finalement la réflexion est le pire mal d’une guerre pour un militaire.

Comme un Rêve qui Revient : Cette nouvelle traite d’un autre sujet qui est cher à l’auteur : les Dinosaures. Imaginez qu’ils reviennent? Un texte qui rappelle que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, ce qu’il serait bon de ne pas oublier, surtout  si on remonte dans le temps,  qu’on n’est pas non plus l’espèce la plus haute dans la chaine alimentaire. Un texte efficace et surprenant.

Sur la Banquette Arrière : De nouveau l’auteur reprend le thème du paradoxe temporelle sur les origines et la généalogie déjà traité dans deux autres nouvelles précédemment ce qui donne, même si c’est traité de façon légèrement différente, de nouveau une impression de redondance surtout que ce texte me parait le moins bon des trois tout en étant situé à  la suite des deux autres.

Comme une Étoile Solitaire et Fugitive : Cette nouvelle m’a paru être le stéréotype des histoires d’une certaine catégorie de SF des années 80 et 90, entre catastrophe nucléaire qui aboutit à des mutations génétiques et bien entendu à son lot de pouvoir psi. Je ne sais pas pourquoi j’ai un peu de mal à accrocher à ce genre de récits. Heureusement le tout est sauvé par un style plutôt efficace et par un rêve d’étoiles vraiment intéressant.

En Route pour la Chaleur ! : Après un texte qui nous présentait une Nature reprenant ses droits en faisant chuter des trombes d’eau cette fois c’est le froid qui vient attaquer les hommes. L’auteur nous présente donc une humanité à bout qui va, au fil du temps, devenir de plus en plus violente, perdant ainsi ses normes éducatives, une sorte de retour à l’état sauvage. Une nouvelle sympathique mais qui parfois, selon moi, manquait d’informations sur certains points.

Épilogue Peut-être : Une nouvelle qui aurait pu servir de conclusion au récit où l’auteur nous présente la finalité de l’espèce humaine, de la Terre qui est en définitive, quoi qu’il arrive, de s’éteindre de se déchirer. Un texte intéressant, mais qui est, selon moi, un peu trop long.

Le Monde Enfin : Cette nouvelle nous fait suivre une vieil homme se déplaçant à cheval dans un monde où les hommes disparaissent et la nature reprend doucement ses droits. Un ultime voyage d’un vieillard vers son « cimetière des éléphants ». Sûrement la meilleure nouvelle du recueil selon moi, porté par des descriptions magnifiques d’une planète renaissante et qui offre une critique toujours aussi efficace et acerbe sur l’utilisation de la technologie par les hommes qui, au lieu de savoir profiter, en abusent. Une histoire qui prend son temps à travers ce vieillard qui profite de chaque instant. Un récit mélancolique et pourtant poignant et passionnant.

 

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, parfois crue et souvent captivante et prenante cherchant à faire passer son message de façon surprenante entre sexe, violence et apocalypse. Il réussit vraiment à happer le lecteur à travers la mise en place de son histoire, son univers et aussi dans ses descriptions, par contre j’ai trouvé qu’au niveau des dialogues il a un peu de mal se révélant souvent un peu plat servant plutôt de simple moyen d’informations. Les différents récits sont portés clairement par une imagination souvent débordantes et traitants de sujet qui, encore aujourd’hui, se révèlent d’actualité montrant clairement que l’auteur était parfois un peu visionnaire. Les explications de l’auteur en fin de texte apporte aussi une lumière intéressante sur chaque nouvelle. Dans l’ensemble un bon recueil représentatif des nouvelles de l’auteur même si c’est vrai certaines ne m’ont pas accrochées. Je regrette par contre cette impression de répétition donnant l’impression, parfois, de lire la même nouvelle plusieurs fois, mais de façon légèrement différente.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec ce recueil de 22 nouvelles de Jean-Pierre Andrevon qui présente un large panel de ce que peut proposer l’auteur au niveau de la SF. Des textes souvent forts, percutants qui traitent de sujets qui sont chers à l’auteur tel que l’écologie, les dinosaures ou encore la politique. Alors certes, toutes les nouvelles ne m’ont pas autant accrochées, mais dans l’ensemble je suis plutôt content de ma lecture. Je trouve juste dommage par contre la répétition de certaines idées, ce qui rend certaines nouvelles un peu trop redondantes. Une lecture efficace pour les lecteurs qui pourraient être intéressés par une SF engagée et percutante du début à la fin, même si parfois quelques textes ont mal vieillis selon moi, et un recueil intéressant pour qui veut découvrir l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : koré, …

Réalité 5.0 – Collectif

realite 5.0Résumé :  Cinq textes, comme autant d’éclats qui reflètent chacun une vision singulière. Qu’ils soient débutants ou confirmés, cinq auteurs se sont prêtés au jeu de l’écriture autour du thème de la réalité. D’un Paris futuriste sous un Dôme, à un environnement virtuel, d’une station touristique – où la réalité augmentée est prédominante, à une attaque de mannequins en plastique jusqu’au dialogue entre un sexbot et son propriétaire… autant de version d’une réalité, d’échos des possibles.

Edition : Goater

 

Mon Avis : La première chose qui a fait que mon intérêt s’est porté vers cette anthologie ce sont les deux têtes d’affiches que sont Aliette de Bodard et Thomas Geha ; tous deux m’ayant déjà convaincu avec leurs autres écrits. La nouvelle de Aliette de Bodard ayant, en plus gagné, le prix Locus et Nebula a aussi clairement jouer sur mon envie de découvrir ce recueil, espérant par la même occasion, pourquoi pas, découvrir de nouveaux auteurs. Ce recueil comporte donc cinq nouvelles de science-fiction écrites par cinq auteurs différents sur le thème de la réalité.

Ma Douce Colombine de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme qui a toujours vécu dans la richesse et qui a toujours profité des bonnes choses, mais en n’ayant connu aucun véritable contact humain. Un texte vraiment intéressant, qui nous offre le portrait d’un personnage, pacha, que son éducation a rendu totalement solitaire, égoïste et vivant sa vie complètement par procuration, le plus souvent de façon virtuel. Un homme détaché de tout et de tout le monde dont la vie va un jour basculé. Une quête du bonheur tout en cherchant à comprendre le bonheur. Un récit humain plein de surprise qui nous rappelle que les technologies ne font pas tout dans la vie et que, parfois, de véritable émotions, factices ou pas, manipulés ou pas, peuvent changer la vie d’un homme.

Les Passerelles d’Elena Avidja : Ce texte nous plonge dans un Paris post-apocalyptique dont une partie de la population s’est retrouvé forcée à vivre sous un dôme pour éviter les radiations qui ont transformées la population extérieure en mutants. Un texte construit de façon intéressante et captivante, offrant plusieurs points de vue qui nous montrent que la vérité n’est pas toujours ce que l’on croit. Une histoire efficace sur  les inégalités toujours présentes, sur les manipulations, mais aussi sur la façon de chacun de survivre et s’adapter dans ce monde. Un univers totalitaire ou la réalité et la vérité sont cachées derrières des mensonges et du cinéma qui, parfois, rappelle clairement notre réalité. Dommage que le récit manque un peu d’émotion, à mon goût, la faute justement à cette multiplication des points de vues dans un texte court ce qui limite l’aspect sentiments.

Immersion de Aliette de Bodard : Cette nouvelle nous plonge à l’intérieur de la station Longevity où la vie est autant réelle que semi-virtuelle grâce à une technologie galactique. Un texte que j’ai trouvé vraiment intelligent et intéressant, principalement dans les problématiques avancées, que ce soit l’acceptation de soi et des autres ou encore les améliorations qu’on cherche à amener sur soi pour aboutir à une perfection aussi bien intellectuelle que physique, qui sont aussi des sujets d’actualités et qui se révèlent traités ici de façon efficace. L’auteur utilise d’ailleurs un jeu de narration réussi entre une présentation à la troisième personne classique et une autre à la deuxième personne plus détachée jouant ainsi fortement sur l’influence de cette technologie normative. Un texte qui m’a vraiment bien accroché dont mon seul regret vient de l’univers qui aurait mérité d’être plus développé à mon goût, mais rien de bien gênant.

Plastique de Sébastien Degorce : Une nouvelle qui nous plonge dans un Paris où une épidémie fait des ravages, obligeant la ville à se retrouver couper en deux, cloisonnant ainsi les malades sous surveillance. On se retrouve alors à suivre un couple d’activiste le jour d’une élection. Un texte vraiment sympathique qui nous offre des réflexions intéressantes sur le pouvoir politique, son image, son importance et son influence ou encore sur la contestation. L’auteur nous offre même une scène haletante qui fait clairement penser à Doctor Who et où on se pose clairement la question de qui est en plastique et qui ne l’est pas, le tout pour aboutir à une conclusion choc et surprenante. Mais voilà selon moi ce texte aurait gagné à être un peu densifié, certains passages se révélant trop rapides et les dialogues m’ont paru parfois un peu plat. Dans l’ensemble tout de même une découverte agréable.

Une Petite Mayonnaise de Pur Plaisir de Jean-Marc Agrati : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme vivant chez lui avec une sexbot, une IA et passant son temps à espionner le voisinage qui respecte de moins en moins la loi. Alors, je l’avoue, je n’ai pas vraiment accroché à ce texte, mais cela vient clairement de mes attentes personnelles. J’en vois pourtant bien les idées, nous présentant une société qui se révèle de plus en plus délétère, où le respect des lois et des autres a complètement disparu, cherchant ainsi à faire réfléchir le lecteur, mais voilà l’auteur utilise une plume assez trash qui a est le genre d’aspect qui a du mal à vraiment m’accrocher. Le côté électrochoc me rentrant dedans, par la violence et la vulgarité, pour me faire visualiser une idée plutôt que d’essayer de me la faire comprendre et accepter ne marche pas avec moi, ce qui a donc fait que je ne suis jamais rentré dans cette nouvelle. Dommage, même si je ne doute pas que sur d’autres lecteurs cette présentation aura plus d’effet.

 

Finalement, je suis bien content de m’être laissé tenter par ce recueil de nouvelles qui m’a offert cinq textes complètement différents en nous présentant des points de vue complètement différents et, souvent, efficaces sur ce qu’est la réalité et ce qu’on est capable d’en faire ou encore de s’en cacher. Même si tous les textes ne sont pas au même niveau, ce recueil m’a aussi permis de découvrir de nouveaux auteurs intéressants.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui nous propose de plonger le lecteur dans cinq récits présentant clairement une vision de la réalité complètement différente, souvent intéressantes et palpitantes. Alors, certes tous les textes ne sont pas au même niveau, mais dans l’ensemble ils se révèlent captivants, réfléchis, souvent bien traités avec de bonnes idées et des histoires intéressantes. Je suis bien content de m’être laissé tenter par ce livre qui m’a permis aussi de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas.

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune,…

Un Monde Idéal où C’est la Fin – J. Heska

un monde idéal ou c'est la finRésumé : Bienvenue dans un monde idéal!
Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible? Épidémie mondiale de mort subite? Extra-terrestres maladroits? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles? Crise de déprime globale? Robots hors de contrôle? Zombies entreprenants?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte!
Mais c’est quoi Un monde idéal ?

Edition : Éditions Seconde Chance

 

Mon Avis : Je dois bien avouer qu’avant de me lancer dans la lecture de ce livre je ne connaissais que peu de choses concernant cet auteur. J’avais bien vu passer quelques chroniques sur ces livres à droite à gauche, souvent positive, mais je ne me suis pas non plus trop pencher sur ses livres. Alors, quand on m’a proposé de découvrir ce recueil de nouvelles autour de la fin du monde, je me suis dit pourquoi pas, surtout que le résumé avait l’air vraiment intéressant et donnait envie d’en savoir plus sur ses innombrables récits apocalyptiques.

Et pourtant, autant le dire tout de suite, je n’ai pas accroché plus que cela à ce recueil de courts textes. Pourtant, il y a un certain potentiel qui se dégage de l’ensemble, déjà on ne peut pas imaginer une centaine de nouvelles sur la fin du monde sans avoir une imagination débordante, ce qui est clairement le cas de l’auteur. Entre science-fiction, fantastique ou encore fantasy l’auteur varie vraiment les genres et développe une variété d’intrigue vraiment conséquente, parfois classiques avec du voyage dans l’espace, un travail de conscience sur l’environnement ou par exemple sur les zombies ; et parfois originales comme ces légumes modifiés génétiquement qui se découvrent une conscience ou encore la domination des chats mignons. C’est une des force de ce recueil traiter d’un éventail de sujet assez large pour accrocher différents lecteurs. Dommage que le reste ne suit pas vraiment selon moi.

Certes, le format court, voir très court, apporte un véritable dynamisme à l’ensemble chaque nouvelle ne durant qu’une ou deux pages on tourne donc les pages rapidement découvrant ainsi chaque récits. Surtout l’auteur traite souvent de sujets d’actualités, de sujet que tout le monde a déjà entendu parler et connait à minima, mais le tout de façon souvent cynique et ironique. Mais comme souvent dans les nouvelles très courtes ce sont des textes à chute où la conclusion doit normalement venir secouer le lecteur, lui faire prendre conscience de certains aspects, de certains problèmes et, ici, doit amener une fin du monde souvent avec le sourire et c’est un des points qui fait que je n’ai pas complètement accroché à ce recueil. L’auteur cherche un peu trop la chute au détriment de son histoire, ce qui fait que parfois l’histoire en devient complètement incohérente, comme l’exemple de cette nouvelle ou Justin Bieber est informaticien créateur de la Matrice qui m’a laissé totalement de marbre. Ce genre de récits, qui cherchent à montrer les conséquences sans obligatoirement travailler la cause, marchent mieux, selon moi, en vidéo. J’attends plus de développement d’un livre ou d’une nouvelle.

Comme je l’ai dit le format court apporte, certes, une énergie intéressante, mais fait aussi que tout ce qui est autour comme le background, l’univers ou encore les personnages sont à peine esquissés voir complètement occultés et j’avoue je n’accroche pas, il me faut un minimum d’explication et de travail de fond pour que j’adhère à un texte. Il ne suffit pas de dire que la fin du monde vient de telle conséquence pour que j’accepte le tout sans broncher.  Je ne pense donc pas être le bon lecteur pour les nouvelles trop courtes où seule la chute compte. Ensuite, j’ai trouvé que certains textes m’ont paru manquer de logique comme par exemple cette nouvelle reprenant le principe de l’arche de Noé où on envoie 89000 personnes en cryogénisation dans l’espace sous la seule et unique surveillance d’une IA, le tout m’a paru improbable car avec plus de 80 000 personnes on peut effectuer des cycles de surveillance humain, surtout pour une mission aussi capitale.

J’ai aussi remarqué un aspect répétitif dans les fins des mondes malgré les variations d’idée, se faire tuer par des poireaux OGM qui ont pris conscience ou par des sacs à main qui ont pris conscience, la différence est infime. De plus certains textes m’ont paru douteux dans l’humour, comme cette nouvelle sur l’homosexualité. J’ai constaté aussi que parfois l’auteur donne l’impression de décider d’écrire sur un sujet d’actualité mais dans l’instant, sans véritable travail de recherche ce qui est parfois dommage. Voilà pourquoi je ressors de ma lecture avec ce sentiment très mitigé et cette impression de trop peu.

La plume de l’auteur colle parfaitement au type de récit présenté, se révélant percutante, ironique, cynique et nerveuse captant assez facilement le lecteur et l’entrainant dans ses histoires sans prise de tête. C’est d’ailleurs dommage, car la nouvelle qui m’a justement le plus accroché c’est la plus longue, celle qu’on retrouve quatre ou cinq fois au cours du livre avec l’idée de retour de la magie et des magiciens et  elle m’a happé justement car elle est développée. Au final je ne nie pas les qualités de ce recueil, certains textes m’ayant captivés, mais dans l’ensemble chaque nouvelle m’a paru bien trop courtes, vite lue et vite oubliée, voir elles manquaient de cohérence ou paraissent douteuses. Je ne suis peut-être pas le bon lecteur pour ce genre de récits.

En Résumé : Je ressors donc de ma lecture pas vraiment convaincu par ce recueil qui nous offre, certes, une centaine de nouvelles sur la fin du monde pleine d’imagination et le tout sous un format court qui offre un rythme rapide et entrainant, mais le tout manque clairement de profondeur pour vraiment m’accrocher. De plus l’auteur cherche à jouer plus sur la chute de l’histoire que sur le fond, ce qui fait que parfois certains textes m’ont parus clairement incohérents. Des récits tombent aussi parfois dans la caricature tandis qu’au fil de ma lecture un certain aspect répétitif dans les conclusions se faisait ressentir. Dommage car, vraiment, l’auteur a l’air d’avoir une imagination débordant et un style assez incisif. C’est simple l’histoire qui m’a le plus accroché c’est celle qui revient sur 4 ou 5 nouvelles. Je ne suis peut-être pas le lecteur adéquat pour ce genre de nouvelles.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Luna, melcouettes, samlor, Melisende, etc…

Sous L’Ombre des Etoiles – Thomas Geha

sous l'ombre des etoilesRésumé : La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.
Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer…
Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n’est possible : il devra s’adapter à son nouveau monde, sous l’ombre des étoiles…

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement alors vous savez que j’apprécie beaucoup ce que propose Thomas Geha dans ces romans. On retrouve toujours une histoire divertissante, efficace, simple et haletante où le lecteur ne s’ennuie jamais vraiment. Ce n’est donc pas une surprise si ce livre a rejoint ma PAL lors du dernier festival de l’imaginaire de Sèvre, qui plus est dédicacé. Ce roman nous plonge de nouveau dans un univers, l’univers planète Pirate, que l’auteur développe depuis quelques temps et qu’on retrouve dans La Guerre des Chiffonneurs (chronique ici) ainsi que dans sa nouvelle Tiges (chronique ). Chaque histoire peut être lue indépendamment des autres. À noter que je trouve la couverture, illustrée par Juan, vraiment sympathique.

J’ai été très agréablement surpris par ce roman, je pensais repartir dans une histoire, un peu western de l’espace, au rythme haletant et effréné que connait si bien l’auteur, alors qu’au final on se retrouve dans une histoire un peu plus calme, plus réfléchie, mais pourtant qui se révèle toujours aussi divertissante et captivante. En effet il s’agit plus ici d’un roman sur l’homme, la naissance, ou plutôt la renaissance du héros qui se retrouve sur une planète totalement inconnue et aux repères complètement déboussolés. Il va donc devoir complètement se réadapter, évoluer et accepter qu’il n’existe pas toujours de méchants simplement, souvent, des incompréhensions. Le roman est ainsi séparé en deux parties avec une première phase nous faisant découvrir de façon prenante, efficace et passionnante notre héros, sa façon de s’adapter et le monde qui l’entoure puis une seconde partie plus tranchante, plus intense et plus percutante sur les différents combats que va devoir livrer notre héros contre lui-même et aussi contre l’hostilité de certaines espèces. Le lecteur se retrouve vraiment pris par ce récit, à la fois fort et intimiste, tournant les pages avec envie et beaucoup de plaisir pour en découvrir plus.

Mais voilà l’auteur nous offre aussi une histoire intelligente, avec des idées vraiment intéressantes et humaines, comme par exemple sur l’acceptation des autres et leurs différences, le racisme, l’amitié, la famille ou encore des aspects plus généraux tel que la gestion des peuples ou encore le besoin d’essayer de vivre en harmonie et non en lutte pour le pouvoir et la puissance. Alors certes, le tout se révèle amené de façon simple, mais est vraiment efficace, sans jamais s’imposer et surtout prenante pour le lecteur qui, finalement, se retrouve à réfléchir au message transmis. Alors bon, c’est vrai, une ou deux fois j’ai eu un peu de mal à complètement accrocher au message parfois trop optimisme à mon goût, mais c’est mon côté cynique qui ressort, rien à voir avec le lire.

Concernant l’univers il se révèle vraiment fascinant, complexe et il donne vraiment envie d’être découvert. L’auteur ne laisse rien au hasard, développant un monde complètement différent du nôtre, exotique et attachant à travers une faune et une flore des plus intéressante, faste et dépaysante. Une planète, certes qui se révèle dangereuse par bien des aspects, mais qui ne manque ni de charme ni de beauté. L’aspect vie nomade que découvre notre héros possède lui aussi pas mal d’attrait et permet ainsi de découvrir pleinement Seinbeck. L’auteur nous offre aussi un bakground solide sur les différents peuples qui composent cette planète, leurs évolutions et aussi leurs vies dans ces conditions même si j’aurai peut-être aimé plus de développement sur l’histoire de la planète. L’aspect politique ne manque pas d’attrait, mais vu que le roman est assez court fait que le tout ne reste pour le moment qu’esquissé. La technologie possède aussi son importance, même si une ou deux fois elle permet de se sortir peut-être un peu trop facilement de certaines situations, mais rien de dérangeant.

Les personnages présentés  se révèlent vraiment intéressants à découvrir tout au long de l’histoire. C’est surtout la vision que Kee a d’eux qui les rendent vraiment attachants et passionnant à suivre au fil des pages. On se retrouve avec des personnages clairement humains avec leurs émotions, leurs sentiments, leurs sensibilités et leurs envies de vivre de façon simple et normale. Les relations qu’ils partagent avec les différents protagonistes se révèlent vraiment efficaces et soignées et, même si on aimerai en savoir plus sur certains, ils nous happent clairement dans leurs nouvelles vies pleines de promesses, d’espoirs mais aussi de survie. Mon seul véritable regret est une certaine absence de nuances au niveau des personnalités qui fait qu’on repère sans trop de surprises les méchants des gentils et même si le roman essaye d’aller au-delà de cet aspect bien ou mal on n’est jamais vraiment surpris par certaines actions.

La plume de l’auteur a, je trouve à travers ce livre, gagné en poésie, en émotion et en complexité. Thomas Geha avait déjà fait preuve de ses qualités, mais plus à travers ses nouvelles que ses romans qui, eux, ont toujours plus mis en avant le côté divertissant et sans temps morts. Ici il garde toujours cet aspect divertissant et prenant, mais amène quelque chose aussi d’un peu plus profond et réfléchi que ce soit dans la présentation de son histoire ou encore à travers les rencontres et les descriptions.

Alors malgré toutes les qualités de ce roman je dois dire que quelques points m’ont quand même dérangé, déjà le côté court du livre, comme je l’ai dit, empêche clairement l’auteur de développer certains aspects que ce soit d’intrigue, comme par exemple ce mystérieux poing de verre, ou encore de développement et de rythme, les choses changeant ou se résolvant parfois un peu trop vite. De plus on ne peut enlever un aspect un peu linéaire à l’histoire. Mais malgré c’est quelques défauts ce roman m’a fait passer un bon moment de lecture et je lirai d’autres romans de l’auteur, qu’ils soient dans cet univers ou pas, sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire, certes un peu moins rythmé que La Guerre des Chiffonneurs, mais toujours aussi divertissante et que j’ai trouvé réfléchie et soignée. L’univers est vraiment exotique et passionnant à découvrir malgré ses dangers. Les personnages se révèlent attachants et humains et on accroche facilement à eux à travers le regard de Kee malgré le fait que certains auraient peut-être mérité plus de profondeurs. Par contre je regrette que le format court du livre fasse que certains aspects ne restent qu’esquissés laissant des questions en suspend et certains changement m’ont paru trop rapides. Je trouve aussi que l’histoire est un peu trop linéaire. Rien de non plus trop dérangeant, tant le tout se révèle efficace. De plus je trouve que la plume se révèle vraiment entrainante et, selon moi, gagne en poésie et en complexité. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup, Lune, Lorhkan, Spocky, Sylphe, DarkHawk, Cornwall, etc..

Quantika Tome 2, L’Ouvreur des Chemins – Laurence Suhner

quantika 2 l'ouvreur des cheminsRésumé : Après la disparition d’Ambre dans la cuve où les Bâtisseurs avaient emprisonné le Dévoreur, le cataclysme a gagné la surface. Une torche blanche fulgurante transperce à présent la carapace du Glacier et pointe vers les étoiles. Déplacements de populations, course poursuite entre scientifiques et miliciens… sur Gemma, le chaos règne. Alors que les rescapés de l’équipe Archéa se réfugient auprès des indépendantistes, Ambre revient à elle, veillée par le Dieu Sombre. Malgré ses efforts, ses tentatives de communication avec son sauveur tournent court et la
colère l’envahit.
Pourtant, seul le Dieu Sombre sait.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Après avoir été plus que convaincu par un premier tome qui se révélait réussi et offrait une histoire vraiment efficace, palpitante, tout en mélangeant de façon réussie intrigue complexe et aspect scientifique (retrouvez ma chronique ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien nous proposer ce tome et savoir comment allait évoluer le récit. Pour ceux que cela intéresse l’auteur offre un résumé du Tome 1 sur le site Quantika qui permet de se rafraichir la mémoire, à retrouver ici. Je trouve la couverture, illustrée par Manchu, vraiment soignée et magnifique.

Au démarrage de ce tome on reprend l’histoire là où on l’avait laissé à la fin de Vestiges, la rencontre avorté entre Ambre et Ioun-Ké-Da ouvre la porte à un cataclysme qui commence à ravager la planète. Un second tome qui au final se déroule à un rythme soutenu et vraiment palpitant, tout va vite, très vite et le lecteur tourne les pages avec envie d’en apprendre plus. L’auteur alterne de façon vraiment efficace les passages énergiques avec la milice ou encore ce rayon quantique, et ceux plus calmes comme par exemple ce travail intéressant sur le premier contact entre Ambre et le Dieu Sombre qui se révèle intéressant à travers une construction intelligente, se basant sur l’aspect cognitif, même si parfois peut être un peu trop. Mais surtout la tension continue à monter crescendo au fil du récit et au fil des questions qui sont développées et avancées.

Ce qui fascine surtout c’est la cohérence et la minutie qui a l’air ‘être mis en place par Laurence Suhner tout au long de son récit, on sent bien que rien n’est laissé au hasard, tout à son importance. Les rebondissements et retournements de situations se révèlent vraiment maîtrisés et logiques. Après, je m’avance peut être un peu, mais je trouve par contre un peu frustrant de limiter au final l’intrigue à une simple bataille entre Ioun-ke-da et le dieu sombre là où le premier tome laissait entrevoir plus, mais je préfère attendre le tome 3 avant de me prononcer.

L’aspect scientifique se révèle toujours présent mais partage clairement la place, dans ce tome, avec tous les aspects mythologiques liés aux personnages que sont Ioun-ke-da et Tokalinan. On découvre ainsi plus en avant ce nouveau peuple et ce qui le compose, car la mythologie développée ici possède une véritable importance dans ce tome. En plus de nous offrir un axe intéressant de questionnement sur l’existence de divinité ou pas, le tout lié de façon cohérente cohérente d’un point de vue scientifique, elle met surtout en avant son importance dans le langage, principalement dans sa représentation avec le chant et la danse. L’utilisation de l’hindouisme comme point de référence par l’auteur, avec principalement la figure de Shiva à la fois créateur et destructeur, permet de mieux assimiler le tout, même si parfois certaines connaissances ou des recherches peuvent se révéler nécessaires pour encore mieux appréhender le travail effectué. Autre point vraiment intéressant c’est le travail de l’auteur sur l’homme, cette étude menée à travers le premier contact entre les humains et la race alien qui se révèle vraiment intelligent, dense, complexe et bien mené.

L’univers développé par l’auteur se révèle toujours aussi intéressant à découvrir même si dans ce tome il se révèle un peu plus en retrait, laissant la part belle aux personnages ainsi qu’à l’évolution de l’intrigue principale. Ce monde glacial et froid possède toujours cet aspect fascinant à travers ces reliefs blancs et hypnotiques, fidèlement retranscris dans des descriptions vivantes et sauvages. Un monde où la vie n’est pas facile, où il faut se battre régulièrement pour avancer ce qui offre un aspect vraiment intéressant. On sent bien que l’auteur à l’air de connaitre les montagnes. Les artefacts aliens continuent aussi à se développer dans ce tome, je pense principalement au Grand Arc qui prend un peu plus d’ampleur et, comme on s’en doutait déjà, se révèle être une pièce maîtresse de l’intrigue.

Concernant les personnages je dois dire que je reste sur mon impression du premier tome, ils sont très intéressants, denses, plutôt bien développés, mais ont du mal à complètement m’accrocher. La faute, je pense, à des actions ou des rencontres qui me paraissent parfois légèrement surjoués ou poussent à des réactions tellement extrêmes qu’elles me paraissent parfois légèrement improbables. De plus ils ont un peu de mal à évoluer je trouve, Haziel reste l’amoureux transi, Ambre la scientifique froide qu’on a envie parfois de secouer devant ses réactions, même si on en apprend un peu plus sur son traumatisme, ou encore Kya qui tombe un peu trop dans les stéréotypes de l’adolescente qu’on a parfois envie de baffer. C’est dommage cette ambiguïté, car les personnages sont vraiment bien construits, possèdent leurs motivations propres liées à leurs histoires et leurs évolutions, le tout est logique et porteur, mais, j’avoue, je ne me suis jamais accroché à 100% à eux. De plus, quelque chose qui m’a surpris, c’est parfois l’absence de véritable réactions émotionnelles fâce à la mort, le choc est là, la souffrance aussi, mais le tout parait vite oublié devant l’obligation d’avancer et de passer à autre chose. Comme ça, en un claquement de doigt.

Mais voilà malgré tous les aspects positifs, ainsi que le plaisir de suivre à nouveau les personnages et leurs aventures, j’avoue avoir trouvé ce second tome un ton en dessous du précédent. Déjà l’aspect découverte du premier tome n’est plus là, ce qui fait que, même si l’univers et tout ce qui est développé autour reste intéressant, ils ont perdu ce côté un peu magique de la nouveauté ; ajouté au fait que ce livre est clairement un tome de transition où, une fois la dernière page tournée, le lecteur se retrouve avec plus de questions que d’explications, on se retrouve donc légèrement frustré. Les passages flashback sur la jeunesse de Ambre se révèlent intéressants, mais de la façon dont ils sont présentés hachent un peu le récit et se révèlent facilement devinables. Autres aspect qui m’a un peu dérangé c’est, à un moment, l’utilisation d’un Deus Ex Machina qui permet de sauver tout le monde assez facilement d’une situation problématique. L’auteur apporte bien des explications, mais le tout m’a paru un peu trop simple. Ces quelques aspects n’empêchent en rien ce récit de se révéler tout de même  très sympathique et de me donner envie de découvrir la suite.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi dense, soignée, efficace et alterne de façon vraiment cohérente les aspects scientifiques, mythologiques et d’aventures pour happer le lecteur dans son récit. Un récit à la conclusion ouverte et surprenante qui appelle clairement envie de lire le troisième et dernier tome de ce cycle qui s’annonce comme celui de toutes les réponses. Au final un second tome, certes en dessous du précédent, un tome de transition, mais qui se révèle sympathique et efficace.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce second tome. Certes il se révèle clairement un ton en dessous du précédent, offrant plus un tome de transition qu’autre chose, mais il ne manque pas d’attrait. On retrouve une intrigue efficace et bien menée où le lecteur ne s’ennuie pas un seul instant, le tout avec un mélange de mythologie et d’aspects scientifiques efficaces et cohérents, sans non plus se révéler trop lourd pour perdre le lecteur. L’auteur nous offre aussi un premier contact qui se révèle vraiment passionnant et aux réflexions intelligentes entre humains et alien. L’univers développé se révèle toujours intéressant par son côté froid, austère et sauvage, même s’il se retrouve un peu en retrait laissant ainsi la place à l’intrigue et au héros. Concernant les personnages je reste mitigé, ils se révèlent denses, complexes et intéressants, mais paraissent parfois surjoués ou tombent dans les extrêmes par moment. Un tome qui pose plus de questions qu’il n’offre de réponses et dont le Deus Ex Machina vers la fin m’a un peu frustré, mais qui se révèle plaisant et me donne envie de découvrir la suite et de connaitre la conclusion.

 

Ma Note : 7/10

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