Catégorie : Science-Fiction Page 42 of 56

Stalker – Arkadi & Boris Strougatski

stalkerRésumé : Des Visiteurs sont venus sur Terre. Sortis d’on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont laissé traîner des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d’un chemin.

Edition : Denoël Lunes d’encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce livre, j’en ai longtemps en tendu parler et j’ai vu aussi pas mal défiler d’avis sur différents sites et blogs, souvent positives, qui m’ont toujours donné envie de le lire. J’ai donc décidé de me lancer dans cette histoire, au quatrième de couverture qui se révélait vraiment intéressant. À noter la très belle couverture, illustrée par Lash, qui attire vraiment l’œil et qui met clairement en garde le lecteur.

Je dois bien avouer que je ressors convaincu de ma lecture de ce roman, mais je suis loin d’en ressortir totalement conquis comme certains. Les auteurs nous proposent pourtant une idée de base vraiment intéressante et originale, décidant de présenter leur récit de façon différente. En effet ici pas de contact avec les aliens, ils sont arrivés sur terre, sont restés quelques temps et son repartis tout aussi rapidement, ne laissant que des zones sinistrés et dangereuses et des objets alien. Ici pas de premier contact, de rencontre ou autre, simplement des hommes vivants près d’une Zone visitée qui tentent de survivre et d’avancer.

Tout va reposer justement sur l’influence que va avoir cette catastrophe, ce passage d’être venus d’ailleurs, sur la façon dont vont vivre les hommes et l’humanité en général. Un bouleversement infime qui va remettre en cause la vision ainsi que l’évolution de chacun. Les auteurs jouent aussi clairement avec ces zones d’ombres, utilisant les non-dits, limitant les explications, pour faire avancer et évoluer l’histoire, procédé que j’ai trouvé intéressant permettant ainsi au lecteur de se faire sa propre idée sur tout, mais qui risque peut être aussi d’en déranger certains.

Ce roman nous propose au final une histoire qui se révèle beaucoup plus sensible, qui va nous dévoiler une humanité vaine qui se cherche au fil des pages à travers les différents personnages croisés. Des hommes, chercheurs de trésors dans une zone complètement contaminée, mortelle où ils peuvent perdre la vie à chaque instant. Les auteurs nous montrent des morts ambulants qui font cela  pour tenter d’améliorer un minimum leur vie. Les auteurs arrivent à retranscrire de façon fidèle et prenante les angoisses qui rongent ses hommes, que ce soit celles liées aux dangers dans la zone, retranscrite de façon austère où le risque est totalement inconnu, ou encore celles plus philosophiques sur la place de l’homme dans l’univers. L’explication des auteurs se révèle d’ailleurs surprenante et vraiment fascinante sur cette histoire de pique-nique, nous ramenant au rang de simple présence infime dans quelque chose de beaucoup plus gigantesque et insondable.

Et pourtant, je ne sais pas pourquoi, malgré les qualités et l’originalité de l’intrigue, je n’ai pas non plus été transcendé, là où j’entendais parler de chef-d’œuvre. Déjà j’ai trouvé qu’il y avait un problème dans le rythme du récit, pas qu’il soit trop lent ou trop rapide, non du tout, on a juste l’impression qu’il a toujours le même, entre angoisse et avancée des personnages. Un peu comme si le conteur avait raconté son histoire du début à la fin avec toujours le même ton, au bout d’un moment ça lasse un peu. Ensuite, le récit ne possède aucune véritable ligne directrice dans son intrigue, on se retrouve avec quatre chapitres qui racontent l’évolution des personnages. Cette narration possède un côté fascinant, comme je l’ai déjà dit, mais possède aussi une certaine limite, l’impression de ne lire que quatre tranches de vies dans quelque chose de plus gros, ce qui m’a un peu frustré.

Concernant les personnages je dois dire qu’ils possèdent une certaine dualité, tout au long du roman ils se révèlent complexes, d’une certaine façon effrayés tentant de survivre, voir même de vivre par tous les moyens. On ressent leur quête, simple, du bonheur dans un monde complètement remis en question par cette « catastrophe », mais voilà malgré tout cela jamais je n’ai vraiment réussi à complètement m’attacher à eux. Comme si un voile se dressait entre eux et moi. Pourtant, on voit bien qu’ils ont des émotions, des sentiments, qu’ils ne sont pas indifférents à ce qui les entoure et cherchent des réponses. Pour moi ce ressentiment venait de l’écriture, qui nous présente les personnages de façon un peu trop clinique par moment. Cela n’empêche en rien non plus de ne pas se trouver captivé par les différentes aventures qu’ils rencontrent, cela crée juste un léger décalage.

La plume des auteurs se révèle vraiment intéressante, soignée et surtout possède cette sourde angoisse qui transforme les personnages au contact de la zone visitée. Alors je l’ai dit, je l’ai trouvé parfois un peu froide et distante dans la présentation des personnages, mais elle n’empêche en rien de se laisser porter par ce roman original sur la venu d’extra-terrestres sur terre et de l’influence, d’un point de vue évolution et philosophie sur l’homme. Au final j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, mais j’avoue ne pas non plus crier au chef-d’œuvre. Voilà un bon roman de science-fiction, avec des réflexions intéressantes qui se lit avec plaisir malgré des défauts.

En Résumé : J’ai passé un moment agréable de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une histoire de SF différente, où la vie va être bouleversée par la visite éclair avec une race alien. Aucun contact n’a eue lieu et pourtant tout va changer. Un récit qui offre pas mal de réflexions intéressantes sur la place de l’homme, son rôle et son évolution. La Zone se révèle angoissante, où la mort règne à chaque pas et seul l’instinct permet de survivre. Les personnages sont vraiment complexes et soignés, mais ils m’ont paru un peu froid, ce que je trouve dommage. Autre point qui m’a dérangé, le fait qu’il n’y ait pas de véritable fil conducteur et aussi l’impression d’un rythme et d’une tension toujours égale de la première à la dernière page. La plume des auteurs se révèle vraiment travaillée et efficace. Un roman qui, pour moi, n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais qui se laisse lire avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Guu, Spocky, Miss Spooky Muffin, Vepug, …

Dominium Mundi, Tome 1 – François Baranger

dominium mundi 1Résumé : 2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi.
Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.
Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem…
Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

Edition : Critic

 

Mon Avis : Bon, je ne vais pas le cacher, je me suis laissé convaincre par ce roman principalement par sa couverture. Il faut bien avouer que le travail effectué par l’auteur lui-même sur l’illustration se révèle vraiment magnifique et donne envie de se plonger dans ce roman clairement annoncé Space-Opera. Bon après j’ai quand même retourné le livre pour lire le quatrième de couverture qui m’a confirmé dans mon envie de me lancer dans ce roman, mélange de Science-Fiction et de croisades. Il a donc rapidement rejoint ma PAL et s’est  retrouvé aussi vite entre mes mains.

L’auteur a eu une idée intéressante en effet, il a décidé de revisiter les croisades, mais en transcrivant le tout dans le futur et  dans une version Space-Opera. Je dois bien avouer que cela marche plutôt bien. En effet l’intrigue ne manque pas d’attrait et elle se révèle développé de façon efficace, maîtrisée et entrainante, offrant ainsi un roman vraiment divertissant, sans temps morts où la tension monte graduellement au fil des pages pour happer  le lecteur et lui donner envie d’en apprendre plus. Entre rebondissements, trahisons, retournements de situations et action on trouve dans les 600 pages de ce premier tome un récit vif, enlevé et intense le tout sans non plus tomber dans la facilité. Alors bien sûr, le côté religieux est présent, mais ne se révèle pas non plus trop prononcé et surtout permet clairement de mettre en avant des réflexions, certes classiques, mais efficaces sur la foi et la place des hommes et de l’église dans sa représentation. L’auteur arrive aussi à saupoudrer le tout de luttes de pouvoirs vraiment plaisantes, même si elles manquent parfois de complexité.

L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment dense, fouillé, soigné et surtout on sent bien que l’auteur a longtemps travaillé dessus principalement concernant tout ce qui concerne le point de vue technologique. Rien n’est laissé au hasard et chaque machine, chaque aspect technique se révèle vraiment fascinant et décrit de façon détaillée et passionnante, que ce soit du gigantesque vaisseau le Saint Michel au Nod2 qui vient gérer le tout et offre une légère pointe de cyberpunk. D’ailleurs il y a un travail tellement dense et imposant que parfois je trouve l’auteur en fait un peu trop, voulant décrire le moindre objet un peu nouveau, mais rien de bien gênant. La vie dans le vaisseau se révèle aussi intéressante à travers les castes, leurs façons d’évoluer, d’avancer jour après jour dans cette immense zone fermée. Vient aussi se placer le contexte politique global qui se révèle intéressant, même si pas encore complètement développé, avec le retour des royautés et de la dominance de la chrétienté.

Comme je l’ai dit, l’auteur remplit parfaitement son rôle de divertissement à travers cette fresque spatiale, sans non plus laisser complètement tomber certaines critiques et réflexions intéressantes, mais voilà le roman possède aussi quelques défauts. Déjà comme certaines lignes d’intrigue m’ont paru trop balisés et parfois un peu trop grosses, ce qui est dommage. De plus on ressent aussi un peu le côté « premier roman » car j’ai eu l’impression que l’auteur voulait trop en faire, l’envie de tout présenter, tout décrire, ce qui est parfois envahissant, car certaines émotions ou certains passages sont très claires et ne méritent pas d’y ajouter quelques lignes supplémentaires pour bien expliquer et faire comprendre le tout. Au final rien de vraiment dérangeant non plus, mais qui quelquefois se révèle frustrant.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment intéressants, complexes et surtout on découvre au fil de la lecture différents personnages qui viennent de différentes castes; ce qui permet de mieux comprendre le vaisseau dans son intégralité. Dans tous les cas des personnages forts, charismatiques. Je regrette juste qu’ils se retrouvent si facilement catalogués, en effet on reconnait vraiment très facilement qui sont les méchants et qui sont les gentils, ce qui est parfois un peu dommage, car on devine ainsi rapidement certaines de leurs réactions ou de leurs actions. De plus certaines des relations des personnages, principalement sentimentales, m’ont paru un peu trop grosses pour complètement paraitre crédibles, comme si l’auteur ne savait pas vraiment comment les mettre ensemble.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, efficace et entrainant même si je lui reproche par moment d’être parfois trop, je dirai protocolaire. Chaque présentation de personnage passe par sa description dans les règles, son CV, son pedigree et personne n’y coupe ce qui est parfois un peu frustrant et donne une impression de pause dans le récit. Cela n’empêche pas ce roman de remplir pleinement son rôle d’offrir un divertissement efficace, soigné et un minimum réfléchi à travers cette croisade dans l’espace qui se révèle sans temps morts et dont on tourne les pages avec envie d’en savoir plus malgré les quelques défauts, souvent de premier roman, qui apparaissent ici ou là. Je lirai la suite sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce premier tome qui vient nous offrir une histoire dont la tension monte lentement au fil des pages pour happer le lecteur et lui offrir un roman vraiment divertissant et entrainant. L’aspect religieux est certes présent, mais ne se révèle pas non plus envahissant et offre quelques réflexions, classiques, mais efficaces. L’univers développé par l’auteur est vraiment dense, complexe et fascinant même si parfois il cherche à trop le détailler. Les personnages sont intéressants et travaillés même si on devine souvent trop facilement les bons des méchants. Je reprocherai juste certaines grosses ficelles et aussi une envie de l’auteur de trop en faire, trop en rajouter. La plume de l’auteur se révèle simple et entrainante même si parfois un peu trop protocolaire dans la présentation des personnages. Au final un livre qui possède ses qualités et ses défauts, mais qui se laisse lire avec plaisir et dont je lirai la suite qui sort en Mars 2014.

 

Ma Note : 7,5/10

Blitz Tome 2, All Clear – Connie Willis

all clearRésumé : Londres, 29 décembre 1940 : l’une des nuits les plus meurtrières du Blitz. Pris au coeur de l’un des pires raids de l’époque, les historiens du futur Michael, Merope et Polly cherchent désespérément à revenir au XXIè siècle. En attendant de trouver un moyen de s’échapper, le trio tente de survivre aux bombardements et aux évacuations, mais il y a plus grave encore : d’après les archives oxfordiennes de 2060, il semblerait que leurs interventions aient modifié le cours des événements… et la guerre pourrait bien se terminer autrement, bouleversant l’Histoire à jamais. Quelle que soit l’ampleur des sacrifices exigés, les voyageurs du futur doivent s’engager dans un combat acharné contre le temps…

Editeur : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je m’étais lancé dans la lecture du premier tome de ce diptyque et j’avoue être sorti de ma lecture plutôt mitigé (ma chronique ici). En effet l’auteur cherche plus à développer la partie historique sur la seconde guerre mondiale et laisse vivoter une intrigue pas des plus entrainantes, ce que j’ai trouvé dommage, car moi je lisais ce livre clairement pour son côté SF teinté d’un peu d’histoire et non l’inverse. Pourtant les avis négatifs étaient rares sur ce premier tome, la preuve j’ai même été repris sur Facebook où on m’a fait comprendre que je n’avais rien compris à ce chef-d’œuvre et que je ne devais pas l’avoir lu pour dire que ce roman ciblait un public de jeunes adultes. Mais je reviendrai là-dessus plus tard. En tout cas j’avais vraiment envie de lire la suite, déjà parce que Black-Out avait tout de même des points positifs, ensuite car ce genre de roman doit être lu en entier pour se faire un avis.

C’est rare, mais ATTENTION RISQUE DE SPOILER.

Ce qu’on ne peut pas enlever à ce roman, et qui se révèle vraiment passionnant, c’est le travail effectué par l’auteur concernant la seconde guerre mondiale. On sent bien qu’elle n’a rien laissée au hasard et que tout repose sur des faits ou des témoignages, que ce soit ce qui concerne l’effort de guerre, la façon dont survivait les Londoniens durant le Blitz ou encore tout l’aspect chronologique qui se révèle vraiment cohérent et fascinant. Surtout que l’auteur développe énormément de sujets que ce soit sur l’espionnage, le travail de la population durant les raids ou pour le pays, la présence des femmes  et leurs influences durant la guerre et tous se révèlent soignés et efficaces. Elle remplit efficacement aussi son idée première de mettre en avant le fait que les héros ne sont pas que les militaires, mais chaque personne qui un jour a dit non et simplement continuer à se lever tous les jours et avancer.

Un background qui gagne aussi en intensité, mettant en avant par exemple les phases de tensions entre l’Angleterre et l’Allemagne ou encore l’euphorie de la libération qui viennent accrocher le lecteur. Toute personne qui souhaiterait s’intéresser à cette période trouve matière à découvrir et réfléchir dans ce roman.

Cette guerre, justement, je l’ai fortement étudié, j’ai eu ma période où j’ai fais énormément de recherches, je ne suis donc pas un novice et c’est le premier point qui me frustre dans cette histoire, l’auteur nous propose clairement un roman historique et non une histoire SF dans l’univers 39-45. Oui, il faut bien l’admettre, le fil rouge du récit est quand même très moyen et traine souvent en longueur. Mon premier soucis vient qu’on envoie des historiens dans le passé, des gens qui ont donc potassé à fond le sujet avant de se retrouver dans l’époque concernée, donc quand je me rends compte que j’en connais plus que la personne qui a étudié cette époque toute sa vie, j’avoue, j’ai du mal. Par exemple voir un historien annoncer qu’il ne savait pas que les Anglais faisait de la désinformation, principalement sur le lieu de débarquement, j’avoue ça me pique les yeux. Il devait y avoir quand même d’autre façon de narrer l’histoire.

L’auteur prend aussi beaucoup trop son temps, à croire qu’elle a voulu mettre tellement d’informations sur l’époque de fond et la guerre qu’elle n’a pas sur comment gérer la longueur de son intrigue. Passer trois plombes à essayer de retrouver une gare avec des dialogues d’une intensité dramatique telle que « -c’est cette gare? – non -celle la? -non plus et celle-ci?… » j’avoue ça ne me passionne pas trop. L’aspect gestion du voyage dans les temps est aussi mal géré à mon goût, pendant 40 ans ils ne se sont jamais posés de questions sur l’influence de leur présence dans le passé, justifiant par le fait qu’ils ne pouvaient pas modifier l’Histoire, genre tu va prendre le boulot de quelqu’un d’autre, le logement qu’une personne aurait pu prendre à ta place et ça ne va rien changer, et d’un coup quand ça va mal le moindre petit décalage donne lieu à des pages et des pages de plaintes, de pleurnicheries et de remise en cause de tout. C’est parfois long et on a envie de les secouer.

Concernant les personnages je reste très mitigé, si on prend nos trois héros principaux que son Polly, Merope et Michael, ce sont des boulets. Oui je le dis clairement, c’est fou le nombre de choses inutiles qu’ils arrivent à faire et qui ne servent qu’à finalement ne pas repartir à leur époque et donc ralentir l’histoire. Un exemple un des héros se souvient qu’un historien est déjà venu en 1940 où ils sont coincés et ils cherchent donc à lui faire passer un message. Il part donc à la recherche de ses amis pour aller le retrouver, mais un évènement va les bloquer à un moment et Polly propose de se séparer pour gagner du temps, mais Michael refuse net, il ne veut pas qu’ils se séparent. Comment? aller voir un gars et lui transmettre une info, genre bout de papier, il faut venir en groupe? L’auteur essaiera bien de le justifier par la suite mais c’est un peu gros pour passer.

Sinon ce qui est marrant c’est la capacité des protagonistes à ne pas non plus savoir réagir face à une situation, mais simplement attendre en chouinant. On ne parlera pas non plus de M. Dunworthy, le soit-disant professeur d’une sagesse et d’un amour légendaire pour ses élèves, qui s’amuse à inverser les missions et donc envoyer des élèves sans aucune préparation dans une époque dangereuse où ils peuvent trouver la mort. Heureusement qu’il est intelligent. C’est dommage, car tous les personnages secondaires se révèlent plus intéressants et on aurait aimé en savoir plus sur eux.

Puis arrivé à la moitié du livre, quelque chose se passe, je me suis retrouvé emporté par l’histoire qui gagnait en intensité et par les deadline qui se rapprochent pour les héros. L’auteur élève son récit d’un cran et arrive enfin associer l’intrigue à l’univers sans autres gros soucis et je me suis retrouvé à tourner les pages pour en apprendre plus et savoir comment allait s’en sortir les personnages, malgré qu’ils ne soient pas futés.  Dommage que certains aspects temporels sur les chapitres qui varient dans le temps gâchent parfois quelques effets de surprise, mais rien de bien gênant, car la fin se révèle agréable.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et plutôt prenant même si parfois l’auteur tombe trop, justement, dans la simplicité ou dans le caricatural, ce qui gâche un peu certains effets et continue à me faire dire que le public visé est un public plus jeune genre adolescent ou jeune adulte. Par là je ne parle pas de YA, je veux juste dire que j’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à offrir un cours d’Histoire qui fascinera les personnes qui ne connaissent rien de l’époque et qui cherchent des explications simples et intéressantes, hors moi, l’histoire justement je la connais, j’ai déjà eu ma période de recherches. Ce livre ne m’apprend rien, donc si l’intrigue ne suit que moyennement c’est problématique.

Au final ce roman m’a surtout donné l’impression que l’auteur s’est laissé emporter par l’aspect historique qu’elle voulait mettre en avant qui est certes fascinant, mais le reste parait à peine travaillé et l’intrigue manque clairement de souffle et d’intensité et repose parfois sur des aberrations. Je pense clairement que ce roman tenait facilement sur un seul tome de 600-700 pages et se serait révélé d’autant plus excellent, mais c’est mon avis personnel. À noter que la traduction se révèle parfois hasardeuse et des fois se mélange les pinceaux dans les prénoms ce qui est assez dérangeant. Une relecture de l’éditeur aurait pu éviter tout cela. Une lecture moyenne sans être non plus complètement mauvaise, j’attendais mieux. J’ai un autre roman dans ma PAL de l’auteur que je lirai tout de même, rien que pour faire la comparaison.

En Résumé : Tout comme la première partie je ressors de ma lecture avec un avis plutôt mitigé. J’ai eu l’impression que l’auteur n’a pas pu maîtriser l’ampleur de ce qu’elle voulait mettre en place. On sent bien qu’elle s’est fortement renseignée et documentée sur la seconde guerre mondiale, offrant une toile de fond vraiment détaillée, complexe et passionnante, mais elle cherche à faire passer tellement d’informations sur le sujet qu’elle en oublie de soigner son intrigue principale de voyage dans le temps qui souffre d’incohérences et donne parfois plus l’impression d’avoir un livre d’histoire dans les mains. Les personnages principaux manquent de consistance et parfois d’intelligence, de plus quand on me présente un historien qui s’y connait moins que moi en histoire j’émets des réserves. Les personnages secondaires sont eux, pour le coup, vraiment intéressants, mais auraient mérités d’être moins nombreux et plus développés, surtout pour un roman de près de 1300 pages. Heureusement la seconde partie du roman se révèle beaucoup plus efficace. Le style se révèle simple et efficace même si parfois il tombe un peu trop dans la simplicité et même le caricatural.

 

Ma Note : 6/10

 

Autre avis : Zina, …

L’Homme qui Dessinait des Chats – Michael Marshall

l'homme qui dessinait des chatsRésumé : Thriller, horreur, fantastique, littérature générale ou science-fiction, aucun genre n’est à l’abri de son imaginaire. Car c’est par la forme courte que Michael Marshall s’est d’abord illustré, remportant prix littéraire sur prix littéraire, et il y est toujours fidèle – entre chaque roman il continue de produire des nouvelles, incapable de faire taire ses mains ni cette voix si unique qui est la sienne, impressionnant jusqu’à Stephen King lui-même, pourtant roi de l’exercice.
À travers des aspects aussi quotidiens qu’Internet, la vie de couple ou un homme qui dessine des chats à la craie sur le sol, Michael Marshall ne souhaite qu’une chose : vous toucher au plus profond. Car qui sait ce que l’homme cache en son sein ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Ce livre a longtemps fait partie des dinosaures de ma PAL, c’est bien simple, il était déjà dans ma PAL avant même la création de ce blog. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai mis si longtemps à me lancer dans la lecture de ce recueil de nouvelles, surtout que Avance Rapide, le Roman de l’auteur, m’avait vraiment convaincu (ma chronique ici). Mais voilà certains livres, à force de temps et d’attente, prennent un peu le statut d’épouvantail et il a fallu que je décide de me secouer pour sortir ce livre de ma PAL. À noter l’illustration de couverture qui se révèle sympathique, mais rien d’exceptionnel non plus. Ce livre comprend 30 nouvelles, ne pouvant pas chroniquer chaque nouvelle (trop long) je vais tenter une chronique globale.

En tout cas j’ai bien fait de dépasser mon appréhension, car je ressors de ma lecture de ce recueil en ayant passé un très bon moment. En effet ces trente nouvelles permettent clairement de se rendre compte de la diversité des écrits de l’auteur et surtout la diversité de genres, l’auteur nous proposant des textes qui peuvent aussi bien se considérer de Science-Fiction, de Fantastique, de Thriller ou encore d’Horreur. Surtout il arrive vraiment à rendre ses nouvelles vraiment passionnantes, intelligentes et efficaces, forçant souvent le lecteur à se remettre en question ou bien à remettre en question certaines considérations. Ce qui fascine surtout c’est la capacité de l’auteur, au fil des récits, à faire basculer une situation tout ce qu’il y a de plus normal vers quelque chose de plus inquiétant, surprenant et de plus dérangeant. On est vraiment happé par ce qui arrive aux différents personnages et on se demande même souvent vers où il nous emporte avant d’être surpris par la conclusion.

L’auteur arrive vraiment à faire entrer le lecteur dans une diversité d’univers vraiment intéressant, qu’on soit dans une ville morte, sur un vaisseau spatial ou à Londres on se retrouve captivé en quelques lignes à peine. Concernant les personnages là aussi l’auteur arrive à offrir des personnages totalement différents, on les aime ou on les déteste, mais quoi qu’il arrive il nous plonge dans leurs aventures. Des héros qui souvent, par la force des choses et des évènements, subissent plus qu’ils ne peuvent agir. Ils se révèlent souvent complexes et soignés avec leurs émotions et leurs besoins.

Au final c’est surtout la capacité de l’auteur à offrir, en quelques pages, des textes denses, souvent angoissants, souvent réfléchis, parfois drôles mais vraiment passionnants. Certains des textes risquent d’ailleurs d’en marquer plus d’un tant l’auteur arrive à faire monter la tension et à surprendre le lecteur. L’auteur sait vraiment jouer avec les rebondissements et les retournements de situations pour ne jamais ennuyer le lecteur.

Alors, bien entendu, certains textes se révèlent un peu en dessous du niveau affiché par ce recueil et certaines conclusions un peu précipitées, mais rien de bien méchant non plus. Parfois les textes ont aussi un peu vieilli et risquent de ne pas toujours être compris par tout le lectorat, ou encore certains textes se révèlent parfois un peu trop classique pour complètement marquer ou étonner le lecteur. Une fois j’ai même eu l’impression de ne pas avoir les bonnes connaissances culturelles pour vraiment me fasciner à l’histoire. Mais au final il ne s’agit que de quelques textes un peu moins bon et devant la qualité du livre on oublie rapidement ces légers désagréments.

La plume de l’auteur se révèle vraiment dense, efficace et captivante, mais surtout vient adapter sa façon de présenter l’histoire au récit raconté. Il arrive vraiment en quelques mots à décrire un monde, une histoire et des personnages qui paraissent crédibles et passionnants et offre aussi des hommages intéressants à des auteurs comme Lovecraft ou King. Au final je suis bien content de m’être lancé dans la lecture de ce recueil de nouvelles, car même si tous les textes ne sont pas au même niveau j’ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec ces nouvelles, souvent exigeantes, réfléchies, intelligentes et denses qui se savourent avec plaisir. Je vais continuer à découvrir cet auteur en tout cas.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de trente nouvelles de l’auteur qui offre des textes vraiment diversifiés, allant du fantastique à l’horreur en passant par la SF, mais qui surtout se révèlent denses, soignés et fascinants à découvrir. Il arrive vraiment à happer le lecteur et à nous faire plonger dans une histoire passionnante en quelques mots. Les différents personnages et univers construits au fil des récits se révèlent toujours efficaces et captivants. Surtout l’auteur offre des textes qui font réfléchir et surprennent vraiment. La plume de l’auteur s’adapte à chaque récit et se révèle plaisante et intéressante. Alors, bien sûr tous les textes ne sont pas au même niveaux et certains se révèlent un ton en dessous, mais au final on a un recueil plus que solide qui mérite, selon moi, d’être découvert. Je lirai d’autres récits de l’auteur sans soucis.

 

Ma Note : 8/10

 

chalengeChallenge JLNN 12ème lecture

Le Dernier Château et Autres Crimes – Jack Vance

le dernier chateau et autres crimesRésumé : Miracle, avenir, merveille, incertitude… Tel est le cocktail de l’œuvre de Jack Vance en général et du présent volume en particulier, qui, des stupéfiantes maisons d’Iszm aux fils de l’Arbre fanatiques, des jardins de Refuge-des-Nuages aux improbables Châteaux de la Vieille Terre, révèle une fois encore l’étendue d’un talent à nul autre pareil pour l’exotisme et les personnages roués…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Jack Vance fait partie des auteurs de Science-Fiction qui se révèlent fascinants et méritent d’être découverts, principalement grâce à l’imagination de l’auteur qui se révèle sans limite et souvent passionnante. Donc quand j’ai vu que sortait un recueil de récits de l’auteur, je n’ai pas mis longtemps à me décider à le faire entrer dans ma PAL, surtout qu’il faut aussi ajouter à cela une couverture, illustrée par Nicolas Fructus, qui se révèle vraiment magnifique et réussie selon moi. Ce recueil comporte au total quatre textes.

Les Maisons d’Izsm : Ce récit nous raconte l’histoire d’un botaniste qui part visiter le seul monde qui fournit des maison-plante. Ce commerce est un commerce très fermé et attire tous les voleurs qui cherchent à récupérer une graine et ainsi pouvoir briser le monopole. Je dois dire que comme à son habitude l’auteur nous offre un texte vraiment imaginatif avec cette idée de maison qu’on fait pousser dans le sol qui se révèle complexe et attrayante, mais aussi dans le développement et la découverte de l’univers mis en place. Le lecteur, un tant soit peu curieux, va se retrouver rapidement fasciné par ce monde, cette culture, mais aussi cette société limite paranoïaque qui cherche à empêcher la disparition de son revenu principal. La technologie de la maison-habitat est vraiment bien trouvée et offre pas mal de perspectives, de réflexions entre l’homme et son « chez lui ».

A côté de cela l’auteur, par contre, nous offre une histoire qui cherche à jouer au chat et à la souris avec le lecteur offrant poursuite, espionnage, pouvoir et vol, mais voilà jamais l’auteur arrive à surprendre complètement le lecteur, l’histoire restant balisé et sans véritable retournements de situations ou de coups de théâtre qui viennent vraiment relancer l’intérêt du lecteur ce qui est vraiment dommage.

Alice et la Cité : Alice n’a jamais connu la vie en société, ayant toujours vécu en cercle fermé sur un vaisseau colonisateur de planète vide. Lors de son retour sur terre elle va vouloir en apprendre plus sur la vie urbaine. L’auteur cherche à nous offrir ici une guerre des genres entre les personnes influencées par la société, l’argent et l’effet métropole avec les personnes qui vivent loin de tout ça, mais voilà même si l’histoire se révèle plutôt sympathique et surtout pleine d’humour, il a vraiment du mal à élever le débat ou à faire valoir ses arguments. La faute principalement à des personnages pas toujours très crédibles selon moi et de nouveau aussi à une histoire qui se révèle assez linéaire et sans surprises. De plus concernant la conclusion Jack Vance s’offre même un Deus Ex Machina un peu trop improbable histoire de boucler son histoire. Maintenant, comme je l’ai dit, l’histoire en soit n’est pas complètement mauvaise, le rythme se révèle plutôt efficace et l’humour souvent se révèle mordant et cynique.

Concernant l’univers présenté par l’auteur j’avoue que je l’ai trouvé un peu moins fascinant que le texte précédent, donnant l’impression d’un monde futuriste très rétro. Surtout l’auteur passe moins de temps à le développer, ce qui est un peu dommage, car c’est souvent son point fort. Un texte pas mauvais, mais loin de m’offrir un souvenir impérissable. Un texte qui, au final, a peut-être un peu trop vieilli.

Fils de L’Arbre : Joe Smith est un terrien qui voyage de planète en planète et qui un jour va se trouver contre son gré plongé dans un complot qui le dépasse. J’ai trouvé ce texte vraiment intéressant, tout y est pour accrocher le lecteur que ce soit aventures, trahisons, espionnage, action et rebondissements. Ce récit se révèle vraiment prenant et haletant. Tout est mis en place pour que le lecteur se sente manipulé, cherchant la vérité pages après pages, jusqu’à la conclusion finale qui se révèle vraiment explosive et surprenante. Les personnages ne manquent pas d’intérêt, même si parfois je les ai trouvés un peu simplistes par moment. Seul la quête du héros, Joe Smith, m’a paru légèrement en dessous car se révélant sans véritable surprise, mais rien de bien gênant.

L’univers développé dans ce texte se révèle riche, soigné et prenant, nous offrant un monde ou l’espionnage et les ruses font loi, mais aussi une réflexion vraiment intéressante sur l’avenir de la terre, le développement de colonies, ou encore sur la religion. L’auteur ne laisse pas pour autant les paysages de côté nous offrant des lieux vraiment intéressants et mis en avant grâce à des descriptions vraiment magnifiques. Mon seul petit regret avec ce texte c’est que parfois l’auteur en fait un peu trop. Rien de bien gênant.

Le Dernier Château : Voilà sûrement le meilleur texte du recueil selon moi. En effet l’auteur arrive à allier dans ce texte tous les points positifs des précédents écrits du recueil, tout en évitant les aspects moins intéressants. Ce récit marie efficacement une histoire vraiment captivante et sans temps morts, un univers qui se révèle clairement riche et passionnant avec cette terre futuriste qui a complètement changée et aussi des personnages hauts en couleurs avec cette différenciation entre les vrais humains qui tendent vers le snobisme et l’intellectuel et des êtres venant d’une autre planète qu’on a dominé pour effectuer tout le travail manuel. Il y a un vrai travail de fond dans ce récit qui donne vraiment à réfléchir au lecteur. De plus tout l’aspect vraiment social, mais aussi technologique, se révèle vraiment fascinant à découvrir.

Le tout est aussi porté par une plume vraiment riche, soignée et passionnante, nous plongeant efficacement dans cette histoire qui met clairement les hommes devant un risque mortel à gérer, mais qui n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, engoncé par leurs idéaux et le voile qu’ils s’imposent devant leur vision du monde. Un texte vraiment fascinant, aventurier, complet et toujours d’actualité .

 

Dans tous les cas, ce qui fascine toujours à travers les textes de Jack Vance c’est sa capacité à imaginer des univers et à nous plonger dedans à travers des descriptions souvent fascinantes, magnifiques, mais aussi un travail sur l’aspect social passionnant et un aspect technologique qui se révèle vraiment intéressant. C’est une des grandes forces de l’auteur, même si les histoires ne sont pas toujours aussi réussis. Au final je suis satisfait de ma lecture et je lirai sans soucis d’autres textes de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce recueil de quatre textes de l’auteur. Les histoires ne sont pas toujours au même niveau, certaines se révélant fascinantes, denses et complexes tandis que d’autres sont plus balisées et linéaires, mais au final l’ensemble se révèle plaisant à découvrir. Il faut dire que Jack Vance arrive vraiment à fasciner le lecteur et à le happer par sa façon de construire et de développer un univers toujours riche, rempli d’imagination et fascinant, le tout porté par un style qui offre des descriptions souvent magnifiques et qui donnent envie d’en apprendre plus. Je lirai d’autres textes de l’auteur sans soucis.

 

Ma Note : 7/10

 

chalengeChallenge JLNN 11ème lecture

Warchild – Karin Lowachee

warchildRésumé : Jos Musey a huit ans. Et à huit ans, comme beaucoup de gamins de son âge, il n’a pas la moindre idée de ce que sera sa vie future. En fait, il n’a même aucune idée de ce que sera sa vie dans quelques minutes, car il ignore s’il en aura toujours une, de vie. Quant aux pirates qui attaquent les vaisseaux marchands du ConcentraTerre, des vaisseaux comme le sien, il ne sait que ce que les grands ont bien voulu lui en dire : la mort, l’esclavage, et les choses sans nom que certains adultes font avec les enfants… Et il y a les striviirc-na. Les aliens. Jos en sait encore moins à leur sujet. Juste qu’ils mangent les enfants… et qu’ils ont avec eux le Warboy, le guerrier ultime, l’Ennemi. Mais il y a une chose pourtant que Jos sait à coup sûr. Les combats qu’il entend depuis sa cachette dans les entrailles du Mukudori, les cris, les tirs de laser et l’odeur de fumée sont sans appel : les méchants arrivent et ses parents sont morts…

Edition : Le Bélial
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Bon, il faut bien l’avouer, j’ai un peu pris ce cycle par le mauvais côté. En effet j’ai été sélectionné il y a quelques mois par un Masse Critique pour lire Cagebird, avant d’apprendre qu’il s’agissait en fait d’une trilogie et que j’avais le troisième tome entre les mains. Heureusement, après vérification, j’ai découvert que les tomes étaient indépendants les uns des autres, ce qui m’a permis de lire ce livre. Un roman plus que convaincant offrant une histoire vraiment efficace et prenante (ma chronique ici). Après cette lecture j’ai donc fait rentrer Warchild dans ma PAL qui est justement le premier tome du cycle.

Ce roman se classe clairement dans la catégorie Space-Opera et, il faut bien l’avouer, l’auteur nous offre vraiment une histoire assez classique, avec ses luttes de pouvoir entre différentes factions, ses traîtrises et ses différents points de vue, principalement entre humains, pirates et strits qui est une race alien. Mais voilà, l’histoire a beau être classique elle se révèle vraiment efficace ne négligeant pas le rythme et nous offrant des batailles haletantes et efficaces dans l’espace, et ceux malgré, c’est vrai un début qui se révèle tout de même peut être un peu mou et surtout déroutant, utilisant une narration à la deuxième personne. Mais voilà, une fois lancé dans l’histoire on se passionne à suivre les aventures de Jos à travers des rebondissements et des retournements de situations. Autre aspect, certes classique et connu, mais bien amené, c’est la réflexion sur la réaction des hommes face à la différence et ici principalement la différence alien.

Après ce que je viens de dire on pourrait croire qu’on se retrouve avec une histoire classique, sympathique et efficace alors que l’on a, au final, bien plus que cela. La grande force de l’auteur vient de ses personnages et principalement de leurs constructions et leurs évolutions. Jos en est le parfait exemple et c’est d’ailleurs là que la narration prend tout son sens. Jos n’est pas un enfant ordinaire, sa vie et son évolution, tout au long du roman, sont basés sur un traumatisme et c’est là que la narration à la seconde personne prend de l’intérêt, différenciant clairement sa jeunesse avec son témoignage d’adolescent et d’adulte, comme s’il s’agissait de deux personnes qui ne se reconnaissent pas. Le héros cloisonne et sépare son enfance de la suite de son évolution. En plus de cela Jos est vraiment un personnage attachant et passionnant à suivre et à voir évoluer, l’auteur arrive véritablement à faire ressentir les émotions, les souffrances et les transformations du personnage qui vont l’amener a se créer une barrière à la surface alors qu’au fond de lui il est en manque d’affection.

Les personnages secondaires sont tout aussi passionnants à suivre, principalement les trois personnages (Falcone, Niko et Cairo) qui vont faire figure d’autorité pour Jos durant le récit. Trois protagonistes qui vont se révéler complètement différents et qui pourtant vont chacun amener le personnage principal à se remettre en cause, à réfléchir et à douter. Trois figures de père complètement différentes et pourtant par moments complémentaires. Ajouter à cela des personnages qui gravitent autour du héros qui vont permettre de mettre clairement en avant a quel point le héros est un personnage traumatisé, qui a souffert, un inadapté et solitaire qui aura du mal à aimer et qui pourtant, au fond de lui, aura besoin de ressentir ce sentiment. C’est d’ailleurs un peu là-dessus que vont graviter les manipulations sur le personnage.

Concernant l’univers mis en place par l’auteur il se révèle vraiment efficace et intéressant à découvrir, surtout que Jos permet clairement de rencontrer les trois différentes factions en lutte, ce que ne permettait pas Yuri dans Cagebird. Concernant tout ce qui concerne les vaisseaux, les armes et autres technologies on reste dans du classique, mais efficace ce qui offre donc un space-opera militaire nerveux, prenant, avec ses batailles. Je reprocherai juste une envie de l’auteur de faire évoluer le langage pas toujours réussie et parfois perturbante (cigarettes devient cigrette ou encore citoyens devient cits). Alors bien sûr tout n’est pas parfait, j’avoue avoir commencé à ressentir quelques longueurs vers la fin, principalement concernant le passage sur le Mac qui aurait mérité une légère coupe, tandis que j’ai trouvé la fin un peu trop précipitée à mon goût et aurait mérité quelques pages en plus, histoire de ne pas donner l’impression que les décisions sont prises sur un coup de tête alors qu’elles ont été jusque là réfléchies.

Le style de l’auteur se révèle vraiment efficace, prenant et surtout véritablement humain, nous plongeant efficacement dans l’histoire de ce jeune garçon traumatisé et manipulé par la guerre et qui évolue de façon passionnante au fil de ses rencontre. L’auteur alterne de façon vraiment intéressante les scènes classiques de guérilla et d’action avec les passages plus profonds et réfléchis sur les personnages. J’ai trouvé ce roman un léger ton au-dessus de Cagebird, plus profond et plus attachant. Par contre, je reste légèrement frustré sur les erreurs d’orthographe et de typographie qui auraient mérité un travail de relecture avant publication. En tout cas je lirai avec grand plaisir le dernier tome de ce cycle Burndrive.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire de Space-Opera militaire, certes classique sur le fond, mais vraiment efficace avec un rythme tendu et nerveux le tout parsemé de scène de batailles prenantes. Mais là où l’auteur arrive vraiment à élever le niveau de son roman, c’est dans le traitement des personnages qui se révèlent profond, intelligent, rempli d’émotions, de souffrances et nous offre des héros vraiment attachant et passionnants. L’univers développé par l’auteur se révèle solide et intéressant malgré parfois l’impression que l’auteur veut trop en faire dans l’évolution du langage. La plume de l’auteur est vraiment captivante et humaine. Je reprocherai juste certaines longueurs vers la fin ainsi qu’une conclusion un peu trop précipitée à mon goût, mais rien de vraiment bloquant. Par contre, je reste frustré sur les erreurs d’orthographe et de typographie. Dans tous les cas je lirai la suite sans soucis.

 

Ma Note : 8/10

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