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Blood Song Tome 2, Le Seigneur de la Tour – Anthony Ryan

blood song 2 le seigneur de la tourRésumé : Qu’on le nomme Sombrelame, frère du Sixième Ordre ou Tueur d’Espoir, Vaelin Al Sorna demeure le plus grand guerrier de son temps, et le plus illustre témoin de la défaite du roi Janus. Écœuré par la guerre, il revient au pays déterminé à ne plus jamais prendre les armes. Nommé Seigneur de la Tour des Hauts Confins par l’héritier de Janus, Vaelin espère trouver la paix dans cette région glaciale et sauvage, loin des intrigues d’un Royaume tourmenté.
Mais les êtres dotés de la voix du sang ont rarement l’occasion de mener une vie paisible. Entre les défenseurs de la Foi affaiblie, les adversaires du jeune roi inexpérimenté et les mystérieux assassins de la Ténèbre, Vaelin va découvrir malgré lui que nul ne peut échapper à son destin.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Le premier tome de ce cycle m’avait, il y a quelques mois, offert un agréable moment de lecture avec une intrigue, certes classique, mais efficace et haletante, bien porté par une plume fluide et entrainante (ma chronique ici). Je me suis donc laissé tenter par ce second tome pour savoir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer l’auteur, surtout que la conclusion du volume précédent laissait de nombreuses questions en suspens. Concernant la couverture, toujours illustrée par Didier Graffet, je dois bien admettre que je suis un peu déçu tant elle me parait redondante avec la précédente et offre de nouveau la part belle au héros à capuche.

Je me suis donc ainsi retrouvé à plonger dans ce livre en espérant y retrouver notre héros guerrier Vaelin et là, première surprise, l’auteur a décidé de changer complètement de narration puisque même s’il garde la partie avec le scribe, qui introduit chaque partie, on ne se retrouve plus à suivre uniquement Vaelin mais quatre personnages ; en plus de notre héros deux personnages secondaires du premier tome et un nouveau protagoniste. Le soucis quand on change de système de narration c’est que ça peut très vite se retrouver à double tranchant, certes cela permet à l’auteur de surprendre le lecteur, mais aussi de montrer qu’il peut varier son style, sa façon de présenter l’histoire et pourquoi pas apporter d’autres point de vues. Sauf que voilà, ici, j’ai trouvé que les nouveaux points de vues n’apportaient rien à l’histoire, pire la ralentissait, offrait de nombreuses redondances et surtout certains me paraissaient vraiment dispensables ce qui est dommage. Surtout ce qui m’a véritablement surpris dans ce second tome c’est qu’on quitte le côté épique et haletant pour un récit de manipulations et de jeux de pouvoir, un peu comme ce que propose Georges R.R. Martin et d’autres auteurs, ce qui casse vraiment le rythme. Mais quand je dis cassé, c’est bien cassé, c’est bien simple une fois terminé les 735 pages que compose ce livre je n’ai pas eu l’impression d’avancer d’un iota dans l’intrigue principale, mais pire, l’auteur ne parait pas trop doué pour construire des complots complexes et réalistes, la faute à trop de simplicité ou à des révélations tellement grosses qu’elles sont devinables longtemps à l’avance, ce qui gâche un peu le récit. Franchement entre la scène du roi ou l’évasion du bateau d’esclaves rien ne m’a paru vraiment crédible. En gros on piétine et l’histoire manque clairement de crédibilité.

Un autre soucis qui vient de ce récit vient d’une certaine confusion qui se dégage d’un point de vue temporel, en effet il est très compliqué de lier les histoires entre elles tant rien ne parait les rattacher dans le temps, ce qui fait que certains aspects paraissent se dérouler trop rapidement et d’autres prendre beaucoup trop de temps. Alors je vois certains arriver et tenter de m’expliquer que voilà, c’est un tome de transition, sauf que non, je ne suis pas d’accord, un tome de transition certes peut ralentir le rythme et l’histoire, mais il sert l’intrigue, ici j’ai plus eu l’impression d’avoir plusieurs intrigues secondaires, qui mettent en plus près de 450 pages à se rejoindre et surtout n’apporte rien à ce qui a été construit dans le premier tome concernant la voix du sang et toutes les nombreuses questions qui étaient soulevées. L’auteur a-t-il invener le tome d’introduction de transition? Alors après il arrive bien à provoquer un léger frisson sur la fin, retrouvant un peu le côté nerveux, mais voilà rien de bien folichon et surtout les cliffhangers qui doivent nous pousser à se lancer dans le troisième m’ont paru soit tellement prévisibles qu’ils n’apportent aucune surprises, soit tellement caricaturaux qu’ils ont eu du mal à me passionner.

Par contre l’intérêt de multiplier les personnages réside, je trouve, plus dans sa capacité de développer plus en profondeur l’univers qu’il construit, que ce soit concernant les différents pays, comme les différents peuples, les différentes coutumes ou encore les différents jeux de pouvoirs et les différentes religions. On sent que l’univers gagne clairement en complexité au fil des pages. Surtout que les évènements du premier tome ont amenés pas mal de bouleversements, principalement dans les Ordres. J’ai trouvé dommage, par contre, qu’il retombe dans certaines des facilités du premier tome, je pense principalement à cette idée des molosses qui facilitent un peu trop la vie d’un des héros, mais bon rien de non plus très bloquant. Sauf que voilà, avoir un tome complet de près de 730 pages dont le seul intérêt se révèle finalement le développement de l’univers c’est un peu dommage, surtout, et je me répète, je le sais, mais cela joue énormément, après un premier tome qui mettait clairement en avant le côté épique.

Concernant les personnages, comme j’en ai déjà parlé un peu au début, développer de nouveaux points de vues s’est révélé, selon moi, à double tranchant et j’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’intéresser à certains d’entres eux. On découvre ainsi Vaelin qui ne fait que voyager, puis au moment où ça bouge un peu, se lancer dans des négociations pour monter une armée avec des arguments d’une finesse d’un tractopelle bourrin, puis continuer à avancer sans qu’il sorte une seule fois son épée car c’est un guerrier tourmenté, franchement j’ai trouvé qu’il perdait de son charisme et de son intérêt. La princesse Lyrna, dont j’espérais beaucoup dans le premier tome, se révèle ici être une caricature de la manipulatrice qu’ele dévoilait pourtant ; mais le pire c’est qu’on nous la présente comme une personne à l’intellect supérieur alors qu’elle négocie pourtant de façon catastrophique du genre « ha, ha, j’ai les infos que vous voulez, vous allez devoir me sauver moi et mes amis sinon vous n’aurez jamais rien » et donc, bien entendu, ils le font. Genre la tourture pour faire parler n’existe finalement que pour faire parler les ennemis qui, d’ailleurs, de façon surprenante parlent tous en cinq min. Trop forte notre princesse. Ajoutez à cela la première moitié du roman la concernant qui ne sert, mais complètement à rien et vous comprendrez ma déception. Concernant Frentis sont histoire se révèle intéressante, entre manipulation et magie, elle ne manque pas d’attrait, mais comme un peu tout le roman elle traine en longueur et se révèle beaucoup trop répétitive ce qui est dommage.

Il nous reste maintenant à parler de Reva, fille de Justelame élevée dans la haine de Vaelin, qui a été entraînée à tuer qu’avec une dague va se retrouver pris sous l’aile du guerrier qui va lui apprendre à se battre et à faire ses propres choix. Reva, franchement, je ne le nie pas, possédait un énorme potentiel, mais voilà l’auteur n’arrive jamais vraiment à l’exploiter car soit il en fait une caricature, soit elle manque vraiment d’émotions et de sentiments pour faire que le lecteur s’attache à elle. Mais le pire vient de cette énorme facilité bienvenu qui voudrait qu’après avoir appris l’arc et l’épée pendant quoi, un mois, elle devienne la guerrière la plus accomplie du royaume ne ratant jamais sa cible ou décapitant à tourde bras sans jamais être dérangée ou mise à mal. Franchement?? Ajouter à cela son aptitude de stratège lors d’un siège assez fascinante qui repose sur sa capacité à elle et son escouade à entrer et sortir comme ils veulent pour aller donner du fil à retordre aux assiégeant ; car oui tout le monde le sait quand on assiège une cité on laisse des ouvertures géantes et surtout on ne met en place aucune surveillance pour toujours laisser passer une cinquantaine de personnes. Ca doit être pour pimenter le tout. Concernant les personnages secondaires, certains se révèlent intéressants et d’autres, comme la soeur de Vaelin, traînent au fil des pages sans qu’on comprenne vraiment à quoi elle sert mis à part une vague tentative de réflexion sur l’importance de l’art dans la capacité à faire passer un message.

La plume de l’auteur reste, par contre, une des forces du récit, se révélant fluide, entrainante et efficace. Dommage que le fond ne suit pas. Alors après, pour un lecteur qui n’est pas obligatoirement un adepte de la Fantasy, il trouvera peut-être plus de plaisir à la lecture de cette histoire, en tout cas moi je n’ai jamais vraiment accroché, ne comprenant pas complètement l’intérêt d’un tel tome dans le cycle et je ne lirai donc pas la suite, surtout que j’ai trop de livres qui m’attendent dans ma PAL.

En Résumé : J’avoue ressortir finalement de ma lecture de ce second tome du cycle Blood Song plutôt déçu. L’auteur a décidé de changer complètement sa narration, passant d’un récit épique à quelque chose de plus politique et manipulateur, sans arriver à vraiment apporter des intrigues complexes et intéressantes, tombant trop facilement dans la simplicité et la facilité. Mais c’est surtout une impression de piétiner qui se dégage principalment une fois que j’ai tourné la dernière pages tant l’intrigue principale m’a paru ne pas avancer d’un iota avec ce tome ce qui est très frustrant. Le seul intérêt de ce volume vient finalement qu’en multipliant les points de vues, l’auteur développe aussi plus en avant son univers, le compléxifiant au fil des pages, dommage que le reste n’ait pas complètement suivi. En ce qui concerne les personnages je ressors avec un sentiment mitigé, Valein perdant de son charisme et de son intérêt dans ce tome, pour moi, et les autres m’ont paru soit ne rien apporter, soit tomber dans la caricature, se révélant même par moment trop favorisés par l’auteur. La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, entrainante et efficace, ce qui fait qu’on continue à tourner les pages, mais voilà, même si je ne doute pas que ce récit puisse plaire, principalement je pense à des lecteurs ayant peu de bagage de Fantasy, moi il ne m’a jamais vraiment accroché et je ne lirai pas la suite.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Phooka, Cassie56, ….

Shattered Sea Book 2, Half the World – Joe Abercrombie

half the worldRésumé : Sometimes a girl is touched by Mother War.
Thorn is such a girl. Desperate to avenge her dead father, she lives to fight. But she has been named a murderer by the very man who trained her to kill.
Sometimes a woman becomes a warrior.
She finds herself caught up in the schemes of Father Yarvi, Gettland’s deeply cunning minister. Crossing half the world to find allies against the ruthless High King, she learns harsh lessons of blood and deceit.
Sometimes a warrior becomes a weapon.
Beside her on the journey is Brand, a young warrior who hates to kill, a failure in his eyes and hers, but with one chance at redemption.
And weapons are made for one purpose.
Will Thorn forever be a pawn in the hands of the powerful, or can she carve her own path?

Edition : Harper Voyager

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis lancé dans le premier tome de cette nouvelle saga de l’auteur qui a décidé de se lancer dans un cycle plus large public, touchant autant les adolescents que les jeunes adultes, et qui m’avait offert un bon moment de lecture, efficace, entrainant et sombre, même si légèrement plus « sage » que ces récits adultes (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que je me suis rapidement laissé tenter par cette suite, pour savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur. À noter l’illustration de couverture que je trouve de nouveau très réussie.

Le point intéressant du récit vient que, cette fois, ce n’est plus Yarvi le héros principal du récit, mais Thorn une jeune fille qui souhaite devenir guerrière du Gettland où la guerre se rapproche de plus en plus, suite aux bouleversements qu’à créée la quête de vengeance de Yarvi dans le tome précédent. Celui-ci devient ainsi plus un héros secondaire, mais qui dirige toujours le fil rouge, puisque c’est lui qui va entrainer Thorn dans une quête d’allié pour défendre le pays. Et j’avoue que le fait de changer de personnage principal apporte un véritable plus, puisqu’il évite ainsi un peu le tome de transition entre le changement de pouvoir au Gettland et la guerre qui s’annonce. De plus, le fait de mettre une guerrière en avant, outre les questions sociétales que cela ouvre, certes traités parfois de façon assez simple, permet aussi d’offrir de nombreuses scènes guerrières et épiques qui font qu’au final ce second tome se lit très facilement, se révélant haletant, sans temps morts et terriblement efficace. Je le trouve même plus maîtrisé que le premier tome qui, c’est vrai, servait aussi un peu d’introduction à l’univers et aux jeux de pouvoirs. Que ce soit d’un point de vue politique, guerrier ou personnel l’auteur arrive clairement à nous happer dès la première page pour ne plus nous lâcher. Les nouveaux points de vue permettent aussi ainsi de nuancer ceux qu’on avait suite au premier tome, de voir les machinations misent en place avec un regard complètement différent.

On y retrouve aussi les qualités qui faisaient la réussite du premier tome, offrant une histoire sombre, cynique, violente, où rien n’est jamais acquis dans un monde où la guerre est omniprésente et où la paix n’est jamais facile, ni gratuite. Une suite aussi différente sur la construction, même si on y retrouve le voyage initiatique, mais ici pas de quête de vengeance et de traque, plus une héroïne rejetée parce-qu’elle est une fille qui va, à travers les épreuves, se découvrir et s’affirmer le tout avec en toile de fond une guerre sans merci qui se dessine ou l’acier ne parait être la seule réponse. L’auteur confirme aussi qu’il a décidé de ne pas prendre le lecteur, jeune ou moins jeune, pour un gamin, offrant une histoire âpre et sanglante, certes moins que ces récits adultes, mais qui colle quand même parfaitement à cet univers guerrier. Je regretterai peut-être juste quelques légères longueurs, même si rien de vraiment dérangeant non plus.

D’ailleurs l’univers, parlons-en, je l’ai trouvé toujours aussi intéressant à découvrir offrant de nouveaux lieux, de nouvelles cultures et de nouveaux peuples à découvrir. Le voyage entrepris par Yarvi, qui va traverser la moitié du monde pour trouver des alliés, va nous apprendre plus sur cet univers toujours aussi typé vikings et toujours aussi captivant. On en apprend aussi un peu plus sur la gestion du pouvoir entre les rois, le haut roi, les ministres, on se rend ainsi compte de la complexité d’un tel univers et des jeux de machinations qui s’engagent, où Thorn n’est finalement qu’un maillon de la chaine qui va se retrouver à faire bouger les choses. L’auteur n’oublie pas non plus de continuer à dévoiler doucement les différents aspects liés à ce peuple mystérieux des elfes, qui a laissé des ruines assez fascinantes, mais surtout des histoires et des objets à la fois haï et admirés, même si l’ensemble continue à garder son aspect mystérieux ce qui donne envie au lecteur d’en apprendre plus. Ce second tome va aussi commencer à toucher à la magie, une magie loin d’être gratuite et qui offre un plus intéressant je trouve.

Pour ce qui s’agit des personnages je dois bien avouer que je me suis rapidement accroché à Thorn l’auteur arrivant à caractériser une adolescente de 16 ans, avec toutes ses convictions sur sa force, le fait qu’elle mérite plus que les autres et le tout sans la rendre antipathique. Les épreuves qu’elle rencontre au fil des pages ainsi que sa disgrâce, dès le premier chapitre, vont ainsi lui faire apprendre que rien n’est acquis et que tout se gagne par le travail et l’entrainement. Mais surtout elle est nuancée par Brand, lui aussi adolescent qui veut devenir guerrier mais qui doute, cherchant toujours à vouloir faire le bien, sans concessions, là où Thorn elle possède vraiment plus un caractère de guerrier, sauvage et explosif. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, on y retrouve de nombreux protagonistes du premier tome, mais aussi des nouveaux qui viennent apporter un véritable plus. Que ce soit hommes, femmes, guerrière, mère, roi, ministre, forgeronne, etc… ils s’imposent tous assez facilement et se révèlent charismatiques tant l’auteur arrive vraiment à les rendre vivant et réussis. Autre point intéressant, le fait d’avoir Thorn comme personnage principal permet d’offrir une vision différente de Yarvi, qui garde clairement le potentiel sympathie du premier tome, mais se révèle différent, plus manipulateur, même s’il ne s’en cache pas.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi percutante, fluide, incisive et efficace, plongeant le lecteur très facilement dans son récit emplie de rebondissements et de surprises. Un second tome qui m’a offert un très bon moment de lecture, où les pièces se mettent en place, où la guerre approche et où les personnages se dévoilent et qui donne clairement envie de lire la suite qui devrait être publiée le moi prochaine en VO.

À noter que ce second tome sera publié en France par Bragelonne, le 15 juillet 2015, sous le titre La Mer Éclatée Tome 2, La Moitié d’un Monde.

En Résumé : Ce second tome du cycle m’a offert un très bon moment de lecture. Le fait de changer de personnages principal permet aussi de ne pas tomber dans le tome de transition, offrant de nouvelles découvertes et tout en dévoilant une intrigue que j’ai trouvé mieux maîtrisé que celle du premier tome se révélant épique, captivante et terriblement efficace. L’univers développé au fil des pages continue à s’avérer intéressant à découvrir, nous faisant découvrir de nouvelles régions tout en continuant à développer cette ancien peuple elfique mystérieux. L’aspect politique prend un peu plus d’ampleur entre manipulations et trahisons, et la magie se dévoile un petit peu. Les personnages se révèlent complexes, attachants et vraiment captivants à découvrir, nous offrant de constructions nuancés et efficaces. Je regretterai peut-être quelques longueurs sur la fin, mais rien de non plus bloquant. En tout cas le tout est porté par une plume incisive, efficace et fluide, offrant une conclusion qui donne envie de lire rapidement la suite.

 

Ma Note : 8/10

Havrefer Tome 1, Le Héraut de la Tempête – Richard Ford

havrefer t1 le héraut de la tempeteRésumé : Capitale portuaire des États libres, Havrefer était jadis un symbole de puissance. Mais le roi est parti en guerre et la ville pourrit de l’intérieur. Profitant de la fragilité du pouvoir, le seigneur de guerre Amon Tugha approche. Son héraut s’est infiltré dans la cité pour recruter une pègre redoutable, tandis qu’un mystérieux sorcier terrorise la population en commettant d’atroces sacrifices.
Alors que l’ombre du chaos se profile, un groupe inattendu se forme : un mercenaire, une jeune mendiante, un apprenti magicien, une princesse et un assassin vont s’allier ou s’affronter au sein des murs de la cité… sans savoir encore que chacun d’eux a un rôle-clé à jouer dans le destin de Havrefer, qui s’annonce sanglant.

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : La première fois que j’ai entendu parler de ce livre c’était il y a quelques mois quand Bragelonne a décidé de communiquer dessus et d’en faire une des grosses sorties de l’année, présentant Richard Ford comme un jeune auteur à suivre et à découvrir dont il présente son intrigue comme un mélange entre Légende et la série The Wire, ce qui a eu le don de m’intriguer. Ajouter à cela un résumé, classique mais efficace, et une couverture illustrée par Benjamin Carré, assez réussie selon moi, je me suis donc rapidement laissé tenter par ce roman.

La référence à The Wire trouve très vite sa confirmation puisqu’on plonge dans Havrefer, ville de plus en plus pourri par la pègre dominer par la Guilde qui a un oeil sur tout ce qui se passe. On se retrouve ainsi à suivre sept personnages (voir huit si on considère le héraut) complètement différents qui offrent ainsi différentes intrigue qui parfois se croisent. Sauf que voilà, une fois la dernière page tournée je dois bien avouer que je ne ressors pas convaincu par ma lecture de ce roman. Déjà premier point, l’ensemble se révèle très classique, voir même trop classique, franchement chaque personnage et chaque intrigue parait déjà vu et revu. Alors attention être classique n’est pas un mal en soit, de nombreux auteurs ont réussi à offrir des récits qui ne révolutionnaient rien mais se révélaient divertissants, mais ici Richard Ford m’a paru ne jamais réussir à insuffler un tant soit peu de personnalisation, voir d’intérêt à son récit. On a plus l’impression d’avoir un patchwork d’idées prisent à droite à gauche, mais auquel il manque un peu de vie pour que le soufflé prenne et m’emporte. Alors après je lis énormément de Fantasy, cela joue obligatoirement dans mon ressenti.

Ensuite le soucis vient que gérer sept personnages n’est pas toujours chose aisée, soit ils sont charismatiques et il nous captivent soit c’est l’intrigue de chacun, avec en filigrane un fil rouge qui fait qu’on se laisse happer, sauf qu’ici les personnages m’ont paru plats, mais j’y reviendrai, et l’histoire a eu du mal à vraiment m’intéresser, mais surtout ne possède pas vraiment de fil rouge sauf dans la dernière page, et encore il est très ténu. C’est bien simple il faut attendre la moitié du bouquin pour voir enfin quatre intrigues se dessiner et arriver à la fin on se demande bien pourquoi on les suivait tant je n’ai pas eu l’impression d’avoir un tome d’introduction dans les mains, mais une introduction d’un tome d’introduction. Franchement si l’auteur cherche à construire une trilogie, il aurait mieux fait d’oublier, couper son premier tome de moitié et lancer l’intrigue principal tout de suite ça m’aurai plus intéressé.

Autre point qui m’a aussi dérangé, c’est l’absence totale de surprise, pas que l’auteur ne cherche pas en mettre en place, juste qu’ils sont trop facilement devinable, a tel point que les rebondissements perdent de leurs intérêts. Franchement que ce soit l’amoureux caché, le mage noir ou d’autres tentatives je les voyais venir beaucoup trop rapidement, principalement par la trop faible présence de personnages « secondaires », mais aussi par la difficulté de l’auteur d’être subtil. Ensuite dernier point qui me titille toujours c’est le hasard maîtrisé, oui un récit possède toujours son taux de « chance » pour faire avancer l’intrigue, mais là c’est juste trop flagrant. Ajouter à cela aussi quelques incohérences et des scènes d’actions assez incohérentes et je dois bien avouer que l’histoire me laisse un sentiment plus que mitigé.

Concernant les personnages justement, parlons-en, voilà les sept personnages que l’on rencontre : un forgeron détruit ancien soldat sur le retour, une princesse égocentrique qui ne veut pas devenir reine et va apprendre la dure loi du pouvoir, un assassin à capuche qui va découvrir que la mort n’est pas que la seule voie, une jeune voleuse qui cherche à s’élever dans la guilde, une femme guerrière, un ivrogne, menteur, dragueur, voleur mais qui finalement a bon fond. Tous les archétypes de la Fantasy que l’auteur pousse au maximum de la caricature, comme par exemple cet assassin qui se retrouve être le fantasme d’une idée tant il en fait trop comme par exemple : il saute de deux étages en ne faisant pas plus de bruit qu’une goutte d’eau sur le sol, il se glisse entre les portes aussi discret et invisible que le vent, il s’absorbe dans les ombres et personne ne le voit. Oh, faut se calmer et arrêter Assassin’s Credd, certes il faut romancé, mais à ce point c’est trop, je levais les yeux au ciel à chaque fois. Alors après tous les personnages ne sont pas non plus à jeter j’avoue avoir trouver un intérêt pour le forgeron, Marcus, ou encore l’ivrogne Merrick, mais plus, finalement, parce-qu’ils se dénotent des autres par une certaine ambiguité et complexité qu’autre chose.

La ville en elle-même, qui est quand même l’élément central de l’intrigue et doit donc prendre une place importante, j’avoue que là aussi elle a eu un peu de mal à vraiment me passionner. Elle n’est pas inintéressante à découvrir en soit, même si comme le reste du récit elle se révèle très stéréotypée, et les descriptions que met en place l’auteur la rend vraiment sombre, poisseuse, violente, décadente, sauf que voilà il n’est jamais arrivé à faire d’elle un personnage à part entière, à lui offrir une véritable identité et une véritable force selon-moi, ce qui est un peu dommage. Elle ne sert finalement que d’image de fond, car il en faut bien une. Concernant l’univers, l’aspect magie, appelée ici malégie, se révèle intéressant et possèdent quelques idées originales, même si trop peu sont misent en avant et concernant l’aspect politique et guerrier j’avoue que j’ai eu un peu de mal tant l’ensemble manquait de complexité.

Pourtant en soit le récit ne fut pas non plus catastrophique, loin de là, l’ensemble est bien porté par une plume simple, percutante et efficace qui fait qu’on se laisse gentiment entrainé à tourner les pages du livre, mais voilà ce ne fut pas suffisant pour moi  qui ressort finalement un peu déçu de ma lecture et je ne lirai sûrement pas la suite. Après je pense clairement que le ressenti des uns et des autres sur ce livre dépendra des attentes ,mais aussi, et surtout, du bagage que chacun possède en Fantasy. Un novice devrait sûrement être plus emballé par ce récit que quelqu’un qui a l’habitude d’en lire.

En Résumé : Finalement je ressors pas très convaincu de ma lecture de ce premier tome du cycle Havrefer. L’histoire proposée se révèle très classique, voir trop classique, et surtout a eu du mal à me convaincre par un certain manque de souffle, trop de personnages offrant trop d’intrigues qui ont du mal à cohabiter tant aucun fil rouge ne se dégage et surtout des twists et des rebondissements beaucoup trop prévisibles. L’univers, sans être mauvais, a du mal à se dégager tant cette ville, qui devrait prendre une grande importance dans l’histoire, a du mal a devenir justement cet élément central, limite un personnage à part entière tant elle manque d’identité. Les personnages sont trop stéréotypés, voir trop fantasmé pour vraiment me captiver mis à part un ou deux qui sortent du lot. Pourtant, l’ensemble n’est pas non plus catastrophique, j’avoue que la plume de l’auteur, simple et entrainante, fait qu’on se laisse un minimum porté par le récit, mais voilà ce n’est largement pas suffisant pour me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 4,5/ 10

 

Autres avis : Igguk, ImagIn, MarieJuliet, Sia, Phooka, …

Au Sortir de l’Ombre – Syven

au sortir de l'ombreRésumé : Londres, 1889. La guilde d’Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu’elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les gothans. Lorsque la secte des némésis s’attaque à ces prêtresses, l’organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d’importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n’imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l’objet. Mais dans l’ombre d’Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer.

Edition : Editions du Riez

 

Mon Avis : La première chose qui m’avait attiré, à l’époque de sa publication, concernant ce livre c’était sa couverture, illustrée par Aurélien Police, qui se révèle sombre et attirante. Le quatrième de couverture ainsi que les différents avis que j’ai lu autour de ce livre ont alors fait qu’il a rejoint ma PAL. Puis comme tout bon livre qui entre dans ma PAL, il a décidé de se lancer dans un grand jeu de cache-cache et de se faire longuement désirer. Puis un jour, un peu par hasard, il s’est attardé entre mes mains et j’ai donc décidé de lui laisser sa chance et de me faire mon avis.

On se retrouve ici à suivre trois traqueurs qui vont se retrouver par la force des choses à devoir protéger une aetrhyne, gardienne d’un Gothan dans son ombre, monstre avide de massacre, face à une secte qui cherche à s’emparer d’elle et à libérer son démon. On se retrouve plongé, quasiment dès la première page, dans une course poursuite qui va clairement se révéler haletante, pleine de rebondissements, de surprises et sans temps morts. Alors certes, l’auteur ne révolutionne pas non plus le genre de la « traque », mais elle maîtrise parfaitement son récit pour ne jamais ennuyer ou perdre le lecteur, jouant efficacement avec les scènes d’action, de tension, mais aussi les scènes plus calmes de révélations et de manipulation pour offrir un rythme palpitant et terriblement efficace. On pourrait se sentir un peu perdu au début, tant on se retrouve directement plongé sans préambule dans le monde que met en place l’auteur, mais c’est pour mieux finalement nous entrainer, faire qu’on se pose alors des questions qui trouvent leurs réponses au fil du récit.

L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment passionnant à découvrir déjà, premièrement, par l’utilisation de l’Angleterre, et plus principalement de la ville de Londres, qui offre toujours un cadre très intéressant à ce genre de récit fantastique, surtout que l’auteur nous fait aussi découvrir d’autres villes et d’autres lieux, et le tout porté par un travail de description efficace, riche et qui rend l’ensemble vraiment palpable et donne envie d’en découvrir plus. L’époque Victorienne, classique aussi dans ce genre d’histoire, se révèle bien exploité et intéressante même si les courses poursuites en crinoline m’ont toujours laissé perplexe. Non, là où le récit gagne vraiment en intérêt c’est principalement à travers tout l’aspect mythologique et magique mis en place par l’auteur qui se révèle vraiment fascinant, soigné et complexe. Les pouvoirs des uns et des autres restent classiques, mais se révèlent efficaces et entrainants. C’est surtout cette idée de revisiter le monstre dans l’ombre d’une prêtresse, le tout sur fond de religion revisité qui se révèle captivant. Il permet surtout de jouer avec les peurs, aussi bien des personnages que de jouer avec le lecteur, offrant aussi ainsi une ambiance sombre, qui nous rappelle que la nuit, dans le noir, les pires cauchemars peuvent parfois survenir. Alors attention, on n’est pas non plus dans l’horreur, ce n’est pas le but du récit, il joue simplement sur le côté sombre et apporte ainsi un aspect inquiétant, légèrement angoissant et étrange au récit qui offre un plus à l’ensemble.

Concernant les personnages, dans l’ensemble, ils se révèlent efficaces, intéressants et un minimum travaillés et attachants, que ce soit William qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des pages que ce soit dans sa relation avec les autres ou sa position sociale, même s’il possède un ou deux points de caricature, Heinrich dandy allemand, qui possède le don de manipulation et se fourvoie dans différents vices de façade, mais qui révèlent un héros plus profond, ou encore Christopher, marié et père, qui doit mener de front sa double vie avec toutes les conséquences que cela occasionne. J’ai  par contre eu un peu de mal avec les personnages féminins. Elles ne sont pas vraiment ratées, loin de là, mais je trouve qu’elles ont du mal à s’imposer malgré tous le potentiel qui apparaissait. Que ce soit Eileen, dont l’auteur a du mal à mettre en avant ce qui fait que pendant la moitié du roman on se demande si on la déteste ou pas tant elle peut se révéler froide et égoïste, ou bien Lisa qui tombe un peu trop dans la caricature de la jeune demoiselle délurée, qui a ses circonstances on le comprend bien, mais qui en fait peut-être un peu trop, elles ont du clairement du potentiel qui aurait mérité plus. Rien de non plus dérangeant, elles restent intéressantes à découvrir.

Après certains points m’ont tout de même dérangé dans le récit, le premier vient du côté un peu linéaire de l’histoire, ce qui fait que quelques passages se révèlent très facilement devinables. Ensuite le derniers tiers du roman se révèle très dense en révélation et dans le développement de l’intrigue, ce qui donne énormément d’information fournie, mais occasionne aussi un sentiment de précipitation, que les réponses sont alors fournies un peu trop rapidement ou que certains rebondissements sont traités de façon trop simplement. Cela n’empêche pas cette fin de se révéler fluide et palpitante, mais parfois cela me laissait légèrement perplexe. La plume de l’auteur se révèle soignée, riche, efficace et entrainante, passant d’un personnage à un autre de façon fluide et prenante et qui nous plonge facilement dans l’histoire. Alors c’est vrai que parfois l’auteur se laisse un peu trop aller dans son style, donnant alors l’impression de trop vouloir en montrer, même si rien de non plus bloquant surtout quand on se dit qu’il s’agit là d’un premier roman. Au final ce Au Sortir de l’Ombre m’a offert un bon moment de lecture et je ne regrette pas la découverte. La conclusion, ouverte, laisse à penser une (voir des) suite possible, que je lirai avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous offre une histoire qui se révèle entrainante, pleine de révélation et de surprises, et surtout sans temps morts. On pourrait se sentir un peu perdu tant on se retrouve directement plongé dans son univers, mais c’est pour mieux pousser le lecteur à se poser des questions qui trouvent leurs réponses au fil des pages. L’univers développé est un des points forts du récit, passionnant à découvrir et surtout se révélant dense et soigné, principalement dans tout son aspect magique et mythologique. Les personnages ne manquent pas d’attrait et sont un minimum attachants, même si j’ai trouver les personnages féminins un peu en deçà de ce que laissait voir leurs potentiels. Alors j’avoue certains points m’ont dérangés, principalement concernant le dernier tiers du récit qui se révèle très riche en révélations et machinations, peut-être un peu trop, ce qui fait que c’est parfois traité un peu trop simplement, voir facilement, mais bon rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur se révèle soignée, efficace et entrainante, même si parfois elle se laisse un peu trop aller. La fin ouverte laisse la possibilité à des suites qui, si elles sont publiées, je les lirai avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Nanet, Louve, AcrO,

La Voie des Oracles Tome 2, Enoch – Estelle Faye

la voie des oracles 2 enochRésumé : Poursuivis par les hommes d’Aedon, Thya, Enoch et Aylus fuient dans les terres barbares…
Sur les routes, les trois acolytes vont découvrir un monde très divers, coloré, fabuleux, où des magies et des mystiques plusieurs fois centenaires côtoient des aspirations farouches à la liberté. Un monde plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Au cours de ce nouveau voyage, Thya et Enoch vont à nouveau être mis à l’épreuve, et se révéler, ou se perdre…. Avec, en fond, la menace grandissante d’Aedon, soutenu cette fois par un nouvel allié surnaturel…

Edition : Scrinéo

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je me suis laissé tenter par le premier tome de ce cycle de La Voie des Oracles, qui m’avait alors permis de passer un bon moment de lecture avec une histoire maîtrisée et entrainante, pleine de mystères et de magie, le tour porté par des personnages captivants (ma chronique ici). C’est donc sans surprises que lors des dernières Imaginales j’ai fait rentrer cette suite très rapidement dans ma PAL pour savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur. Concernant la couverture, toujours illustrée par Aurélien Police, je la trouve toujours aussi magnifique.

La fin du premier tome avait offert au lecteur de nombreuses révélations, que ce soit sur les personnages comme le destin et dès la première page de ce tome on replonge avec plaisir dans le quotidien de nos héros, toujours en fuites, poursuivis par le frère de Thya : Aedon. Très rapidement de nombreux autres dangers vont apparaitre, les épreuves que vont rencontrer les personnages vont se révéler plus dures et vont complètement les changer. Contrairement au premier qui se révèle une fuite en avant pleine d’action et de rebondissements, j’ai trouvé que ce deuxième tome offrait un rythme un peu plus posé, un peu plus lent, cherchant ainsi plus à mettre en place de nombreuses lignes d’intrigues et de sous-intrigues qui se révèlent efficaces et franchement plaisantes à découvrir, tout en n’oubliant pas de nous offrir aussi quelques scènes épiques, intenses et pleines de rebondissements. Là où le premier tome permettait l’introduction de l’histoire et la découverte des héros, ce second tome met ainsi clairement en lumière l’importance de Thya dans le jeu de machinations, que ce soit aussi bien des hommes que des dieux. Cela n’empêche pas non plus au récit d’offrir de nombreux rebondissements, coups de théâtres qui vont pousser nos héros à fuir de plus en plus loin, mais surtout à faire face à des révélations, des chocs et  des rebondissements qui ne vont pas les laisser intact et les forcer à évoluer. Alors parfois on sent légèrement le tome de transition, cherchant plus à développer les questions, mais cela ne se ressent à peine tant l’ensemble se révèle fluide.

L’un des points importants, pour moi, du roman vient toujours de l’univers développé par l’auteur qui, sur fond de déclin d’empire romain, nous offre un mélange de fantastique et de divinité vraiment fascinant et dense. Surtout que ce second tome va nous faire découvrir de nombreuses nouvelles régions, allant de Constantinople vers l’empire Sassanide, dévoilant ainsi des lieux, des cultures; des décors fascinants et bien porté par des descriptions concises et prenantes. On y retrouve aussi cette guerre divine, entre les anciens dieux et la religion chrétienne, qui gagne une dimension plus importante puisque certains dieux ont décidé de ne pas se laisser mourir. On y rencontre aussi d’autres mythologies, que je vous laisse découvrir, mais qui offre ainsi au lecteur une lecture riche et foisonnante. L’aspect politique n’est pas pour autant mis de côté avec Aedon qui cherche par tous les moyens possibles à ramener un empire Romain conquérant, impitoyable et non plus cette déchéance qu’il a connu. Dans tous les cas un univers qui donne envie d’en apprendre plus.

Concernant les personnages, ce second tome les rend de plus en plus complexes et de plus en plus denses au fil des pages, surtout que les épreuves qu’ils vont rencontrer vont les pousser dans leurs derniers retranchements, ils vont connaitre pertes, joies, peines, manipulations ou encore souffrances, sans non plus trop tomber dans l’extrême. On y retrouve ainsi Thya toujours aussi captivante dans sa façon d’avancer et de se battre, mais qui surtout se révèle de plus en plus attachante au fil des épreuves, Enoch qui prend de plus en plus d’ampleur surtout après les révélations de la fin du premier tome, mais on découvre aussi un peu plus Aedon personnage ambigu, qui a vu son empire se corrompre par des guerres intestines et dont il cherche à apporter la force et la fougue de sa jeunesse, parfois sans sagesse et avec violence. Les personnages secondaires ne manquent pas non plus de profondeurs et d’intérêts, apportant leurs pierres à l’intrigue et à l’évolution de nos héros.

Un second tome qui s’avère beaucoup plus dense et beaucoup plus profond que le premier tome, mais qui se révèle parfois un peu à double tranchant. En effet vouloir apporter une telle complexité, que ce soit aussi bien sur les personnages que sur l’intrigue, dans le même nombre de pages que le premier tome (environ 330 pages) fait que certains passages sont parfois traités avec un peu trop de simplicité ou de facilité. Rien de gênant et je sais bien que pour un roman visant un large public, aussi bien adulte que plus jeune, trop de pages peut se révéler bloquant, mais voilà pour un habitué de la Fantasy sur de longs cycles comme moi j’ai trouvé parfois cela dommage. Enfin rien de non plus bloquant tant cette suite se révèle à la hauteur, porté par une plume riche, entrainante et vraiment fluide, emportant le lecteur dès la première page pour ne plus le relâcher. De plus, la conclusion ouvre de nouvelles et de nombreuses perspectives qui me donne envie de lire la troisième tome avec impatience.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec le second tome de ce cycle, qui nous offre un rythme plus lent que le tome précédent, mais vient complexifier l’intrigue et surtout dévoiler un peu plus l’importance de Thya que ce soit dans le jeu des machinations humaines comme divines, le tout agrémenté de quelques scènes épiques réussies. L’univers antique continue lui aussi à se densifier nous offrant un empire en pleine chute, ainsi que l’apparition de plus en plus importante du fantastique avec les anciens dieux qui se battent pour continuer à exister. Les personnages ne sont pas en reste, surtout qu’ils vont devoir affronter des épreuves terribles, qui ne vont pas les laisser indemnes et vont les forcer à devoir faire des choix pas toujours simples, à devoir évoluer et d’une certaine façon grandir. Les personnages secondaires sont aussi intéressants à découvrir et apportent leurs pierres à l’intrigue. Mon seul regret vient que ce second tome est plus complexe dans le même nombre de page que le premier, ce qui fait que certains passages et certaines émotions sont traités avec un peu de facilité et de simplicité, mais rien de non plus bloquant ou frustrant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi riche, fluide et entrainante aboutissant à une conclusion qui donne clairement envie de lire rapidement la suite.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Althea54, Emyline, …

Les Manteaux de Gloire – Sébastien De Castell

les manteaux de gloireRésumé : Le roi est mort. Désormais considérés comme des traîtres, les Manteaux de gloire, son fidèle ordre, ont été séparés. Falcio Val Mond et ses amis Kest et Brasti en sont réduits à travailler comme gardes du corps pour un noble qui refuse de les payer. Cependant la situation pourrait être pire : leur employeur pourrait être étendu au sol, baignant dans son sang, au cœur d’une mise en scène faisant du trio le coupable idéal.
Ah, attendez, c’est exactement ce qui vient de passer…
Mais ce n’est que le début des réjouissances : une conspiration se trame dans la cité la plus corrompue du monde et menace tout ce pour quoi Falcio et ses alliés se sont battus. S’ils veulent déjouer le complot et réunir les Manteaux de gloire, les trois amis ne pourront compter que sur leurs épées et le serment qu’ils ont prêté…

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Comme tous les ans la maison d’édition Bragelonne nous propose son roman révélation de l’année. Cette année il s’agit du livre Les Manteaux de Gloire de Sébastien De Castell. Alors c’est vrai que depuis quelques temps je prends cette information avec des pincettes, ayant eu quelques déceptions précédemment, mais cette année ce livre partait quand même sur de bonnes bases avec un résumé qui se révélait accrocheur et une couverture, illustrée par Xavier Collette, que je trouve vraiment superbe. Alors, quand Babelio a proposé de découvrir ce livre en avant-première, j’ai rapidement tenté ma chance et j’ai eu la chance d’être sélectionné. Je remercie donc les éditions Bragelonne et Babelio pour m’avoir fait découvrir ce roman.

On se retrouve ainsi à suivre dans ce roman trois amis, anciens manteaux de gloire, ordre qui faisait régner la loi du roi envers le peuple face au joug tyrannique des ducs. Sauf que voilà le roi est mort, les Manteaux de Gloire n’ont rien fait pour arrêter cela et sont maintenant dissous et considéré comme des traitres et des lâches. Nos héros cherchent ainsi à redorer le blason de leur ordre, mais vont se retrouver en pleine machination. Je dois bien avouer qu’on rentre rapidement dans le récit par son rythme, qui se révèle enlevé et sans temps morts, mais aussi par son ton qui se veut nerveux, mais surtout mordant, principalement quand nos trois héros se retrouvent ensemble ce qui ne manque pas de faire sourire le lecteur face à leur humour et offre un peu de légèreté à l’ensemble. L’histoire se révèle ainsi nerveuse, où l’action et l’aventure sont bien présentes et où le lecteur n’a jamais vraiment le temps de se poser tant l’ensemble s’enchaîne de façon assez fluide. On se retrouve donc à tourner les pages avec un minimum de plaisir et l’envie d’en apprendre plus sur la menace qui pèse sur nos héros. L’intrigue, pleine de jeux politiques et de manipulations, n’est pas mauvaise, même si elle manque peut-être un peu de densité et de complexité, mais vu que l’auteur cherche principalement le côté divertissement, cela ne gêne en rien la lecture.

Concernant l’univers on y retrouve un peu de l’univers de Dumas et des Trois Mousquetaires dans ce livre, avec nos trois héros bretteurs, qui cherchent à ramener l’ordre et la justice dans un univers plutôt assez sombre où le peuple n’a aucun droit, ne servant que le bon vouloir des ducs. Le système politique entre les ducs, le roi et tout ce qui gravite autour se révèle assez intéressant, offrant de nombreuses surprises et de nombreuses machinations qui font que ce récit est bourré de rebondissements et de coups de théâtres. Les combats se révèlent terriblement efficaces ; il faut dire que l’auteur parait s’y connaitre et s’être fortement renseigné ce qui lui permet d’offrir des scènes efficaces, percutantes et surtout très visuelles. Reste la magie et, sur ce point en particulier, je reste assez circonspect. Pour moi c’est un peu un point faible du monde car premièrement elle ne parait, du moins dans ce tome, ne rien apporter à l’histoire, deuxièmement ne servir que quand l’auteur en a besoin et surtout troisièmement ne repose sur rien ;  entre poudre et amulettes magiques on ne la comprend jamais vraiment. De plus je reste perplexe concernant le cheval, mais je vous laisse découvrir. A croire que l’auteur a mis de la magie dans son récit que parce-que ça faisait Fantasy. Maintenant reste à voir comment il va s’en servir par la suite.

A propos des personnages, je dois bien avouer que l’alchimie entre nos trois héros marche à la perfection ce qui fait qu’on s’attache assez rapidement à eux, nous offrant un trio assez  cynique et aux dilaogues plein d’humour. Entre le bretteur d’exception, l’archer qui ne rate quasiment jamais sa cible et le stratège, ils se révèlent aussi complémentaires. Falcio le personnage principal se dévoile comme être un être torturé, au passé sombre et violent, symbole d’un monde qui est sans loi et qui cherche à offrir un peu d’honneur et de règles au peuple face aux puissants. Sauf que voila Falcio étant le narrateur, on se rend très rapidement compte que ces compagnons, eux, sont éclipsés et manquent un peu de profondeur. Ce n’est pas trop gênant devant le côté nerveux de ce premier tome, mais j’espère que par la suite ils seront quand même un peu plus développés. Juste un léger reproche, peut-être plus personnel, mais faire le héros principal un fin tacticien est une bonne idée, mais il faudrait que l’auteur soit un peu plus roublard dans sa construction du personnage car quand le lecteur parait dans la majorité des cas plus fin que Falcio, c’est un tout petit peu frustrant. Concernant les personnages secondaires, ils tombent parfois un peu dans la caricature et manquent aussi de profondeur, mais remplissent parfaitement leurs rôles, rythmant les aventures de nos héros de coups de théâtres et de révélations.

Sauf que voilà malgré le côté nerveux et entrainants ainsi que les points positifs que j’ai souligné précédemment, ce roman est loin d’être parfait. Utiliser le viol comme ressort dramatique, en soit n’a rien de nouveau, sauf qu’ici c’est mal amené et surtout l’auteur m’a paru passer complètement à côté de ce qu’il cherchait à montrer, le passage manquant d’émotion. Ensuite j’ai trouvé que certaines révélations étaient facilement devinables. Enfin, et c’est là que je trouve le roman m’a le plus frustré, c’est concernant la conclusion. Pour terminer son récit l’auteur n’a rien trouvé de mieux que de nous offrir une ellipse sur un combat d’une importance capitale, ce qui a eu le don de me faire râler, et surtout quelques pages plus loin d’offrir limite un Deus Ex Machina trop facile. C’est franchement dommage, car jusqu’à ce point là l’ensemble se lisait assez bien et offrait un bon moment de divertissement. Attention, ça ne veut pas dire que l’ensemble est mauvais, le livre reste plutôt sympathique à découvrir et offre tout de même de bons moments, mais voilà ces défauts l’empêchent d’être plus que cela.

La plume de l’auteur se révèle simple, percutante, efficace et entrainante nous plongeant facilement dans une histoire fun et sans temps morts. Au final un roman avec ses défauts et ses qualités, qui possède tout de même du potentiel malgré les défauts que j’ai soulevé. Certes il est loin, pour moi, d’être la révélation de l’année, mais je pense lire la suite un jour, pour voir comment s’en sort nos héros et en espérant que Sebastien de Castell ne tombe pas dans les mêmes erreurs, mais ce ne sera pas une priorité.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez plaisant avec ce livre qui, certes, est loin de se révéler, pour moi, la révélation de l’année en Fantasy, mais qui offre une histoire divertissante, nerveuse, bourrée d’action et se révélant sans temps morts. L’aspect politique offre son lot de manipulation et de trahisons, même si elle manque, pour moi, d’un peu de densité et de complexité. L’univers se révèle solide, se révélant parfois un hommage aux trois mousquetaires, principalement porté par des combats réussis, vifs et surtout très visuels. Je regretterai par contre le système de magie qui n’apparaît que quand l’auteur en a besoin et parait ne reposer sur rien. Les trois personnages principaux se révèlent complémentaires et marchent à la perfection, principalement dans leurs cynismes et leurs humours, même si Falcio, étant le narrateur, éclipse facilement les deux autres. Concernant les protagonistes secondaires ils manquent un peu de profondeur, mais remplissent parfaitement leurs rôles. Je regretterai par contre certains ressorts dramatiques mal amenés, une certaine prévisibilité de l’intrigue et surtout une conclusion s’offrant le luxe de s’offrir le combo ellipse d’un combat capital et deus ex machina. La plume de l’auteur se révèle simple, fluide et entrainante, offrant un récit qui se révèle fun et enlevé, mais qui possède aussi ses défauts ce qui l’empêche de se révéler une lecture marquante. Je lirai peut-être la suite, mais ce ne sera pas, je pense, une priorité.

Ma Note : 6,5/10

Autres avis : Boudicca, …

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