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La Voix de L’Empereur Tome 2, Le Poignard et la Hache – Nabil Ouali

la voix de l'empereur t2 le poignard & la hacheRésumé : L’empereur Elin rencontre une jeune guerrière au passé mystérieux, qui s’apprête à bouleverser brutalement l’échiquier de la cour déjà secoué par les manœuvres menées par les courtisanes dans l’ombre du pouvoir. Ma’Zhir quant à lui cherche un moyen de libérer les morts pour les faire déferler sur l’Empire et mettre fin aux pratiques du clergé. Alors que chaque royaume se prépare à la guerre, les choix de quelques mortels suffiront-ils à sauver l’Empire d’une ruine imminente ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Je continue mon mini challenge personnel mis en place depuis quelques semaines, d’avancer mes séries en cours dont les suites trainent dans ma PAL. Cette fois j’ai décidé de me lancer dans le tome 2 de La Voix de L’Empereur, dont le premier tome s’était révélé plutôt sympathique, mais manquait quand même de densité, de détail et de travail de fond pour complètement me convaincre (ma chronique ici). J’ai ainsi décidé de me laisser tenter par ce second volume, pour savoir ce qu’allait nous proposer l’auteur et comment il allait continuer à faire avancer son intrigue. A noter que de nouveau Mnémos nous offre un magnifique écrin, comme le premier tome, avec reliure cartonnée et illustration de couverture sobre et efficace.

On plonge ainsi dans ce tome, quelques mois après la terrible révélation de la fin du tome précédent qui allait remettre en cause le pouvoir du nouvel empereur Elin. La guerre gronde pourtant dans le royaume et les jeux de pouvoir deviennent de plus en plus tendus, chacun cherchant à sortir gagnant. Alors, que dire au final de cette suite? C’est bien simple, une fois la dernière page tournée j’ai eu l’impression d’y retrouver les mêmes qualités et défauts que le tome précédent et donc cette impression de me retrouver le cul entre deux chaises, attendant finalement plus du récit. Il faut dire que les livres sont très courts, pour le moment chacun des tomes lus faisant moins de 300 pages et l’intrigue que construit l’auteur se révèle dense et complexe ce qui crée selon moi un décalage. Tout dépend après aussi de ce qu’on recherche, si on aime les histoires qui avancent assez rapidement et facilement, on risque de plus accrocher que moi qui aime quand même comprendre la complexité des enjeux des manipulations, leurs conséquences et leurs intérêts. C’est dommage, car l’intrigue en soit est intéressante, même si rien de non plus novateur. Franchement il y a un énorme potentiel et de bonnes idées, mais voilà il faut parfois savoir prendre du temps selon moi. Je prends pour exemple la révélation finale du tome précédent, remettant complètement en cause la hiérarchie du pouvoir, sauf que voilà la façon dont l’auteur la résout est beaucoup trop rapide, en à peine 10 pages sur tout le tome et amené de façon trop brusque et sans explication. Légèrement frustrant pour ma part, même si je comprends que ceux qui aiment les romans tendus accrochent. Il faut dire aussi que l’auteur continue à ajouter des fils à son intrigue, ce qui fait qu’au final on passe peu de temps sur chacun d’entre eux, ce qui n’aide pas à complètement m’embarquer.

Et c’est un peu le ressenti que j’ai pour tout. Si on prend l’univers, la présentation de l’ensemble se révèle intéressante, six pays, chacun ayant sa spécialité, formant un empire, dont la mort de l’empereur vient remettre en cause le trône ; franchement c’est classique mais l’ensemble possède une bonne dose de potentiel avec toutes les possibilités qu’on peut imaginer. Sauf que voilà, je viens de finir le second tome de cette trilogie et, mis à part la vie de château à la capitale et les personnages qui gravitent autour, le reste m’a paru beaucoup trop léger voir vide. Alors certes, l’auteur offre quand même quelques incursions que ce soit au niveau du pays de la foi ou encore sur une fameuse tour qui permet de sortir un peu du cadre, mais voilà c’est trop peu à mon goût. Cela ne veut pas dire que l’univers est mauvais, loin delà, juste que, comme je l’ai déjà dit après ma lecture de Blizzard, je suis peut-être un lecteur de Fantasy de la « vieille époque », mais j’aime un minimum de détail dans l’image de fond que cherche à dessiner un auteur et ici j’ai trouvé ça trop peu. Concernant les aspects politiques, là aussi, les machinations et manipulations ne sont pas mauvaises, mais m’ont paru être traité beaucoup trop rapidement, comme par exemple cette fameuse scène des courtisanes qui, en soit, est vraiment intéressante, sauf qu’elle ne repose sur quasiment rien qui pourrait un minimum l’expliquer et la rendre vraiment cohérente. Pareil, certains aspects restent tellement nébuleux qu’on se demande comment l’auteur va s’en sortir avec un seul tome restant. Je pense principalement à Tara et ses mystères, mais je reviendrai sur cette héroïne.

Sur les personnages on est toujours plongé dans un roman choral, proposant ainsi de nombreux points de vues divers et variés, permettant ainsi de développer quelque-chose d’assez large. Sauf que voilà, comme dans le premier tome, avoir de nombreux personnages en si peu de pages fait que, d’une, on a du mal à vraiment s’intéresser à certains et surtout on passe parfois trop vite de l’un à l’autre. Cela n’empêche pas certains protagonistes de sortir du lot et offrir de moments prenants, mais voilà prendre plus de temps sur chacun d’entre eux et surtout, pourquoi pas, offrir un peu plus d’introspection, aurait permis d’offrir des héros plus profonds soigné et attachants selon moi. Je regretterai aussi un trop grand manque de nuance, les personnages tombant parfois dans le manichéisme. Ensuite je voulais revenir un peu sur Tara, nouvelle héroïne qui entre dans la vie du jeune empereur et va en à peine deux pages devenir sa plus grande confidente. Le personnage en soit n’est pas mauvais, mais voilà l’auteur cherche à aller trop vite et à trop en faire sur son côté mystérieux. C’est frustrant, car il repose principalement sur une absence d’explication, de plus elle s’intègre tellement trop facilement dans toutes les révélations, même les plus secrètes. Mais surtout cela enlève tout ressort dramatique, car on s’imagine tellement de choses que, par exemple, la scène finale de ce personnage, même si elle se révèle épique, parait finalement un peu grosse dans ses ficelles et surtout sans véritable surprise.

Au final on pourrait croire que je n’ai pas du tout accroché à ce livre, alors que c’est faux, le roman possède tout de même des atouts. Déjà la plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi poétique, dense et envoutante. Il possède un vrai talent de conteur, même si une ou deux fois j’ai eu l’impression qu’il en faisait de trop. Ensuite, le récit possède tout de même de nombreuses bonnes idées, qui donnent envie d’en apprendre plus et d’en découvrir plus. Enfin on ne peut le nier, malgré le fait que je trouve ce cycle pas assez travaillé, j’ai tout de même tourné les pages plutôt facilement et avec un minimum de plaisir et d’envie. Et c’est là qu’est mon dernier soucis, ai-je envie de lire ou pas le troisième tome? Je verrai bien.

En Résumé : Je dois bien avouer que je ressors de ma lecture de ce second tome du cycle avec un ressenti de lecture un peu mitigé tant j’ai eu l’impression que l’ensemble manquait de détails et de profondeur. L’intrigue en soit n’est pas mauvaise, faite de jeux de pouvoirs, de machinations et de manipulations, mais l’ensemble va trop vite pour vraiment prendre le temps d’amener des explications et se révéler cohérente. L’univers ne manque pas d’attrait, nous proposant de nombreux pays avec leurs us et coutumes, sauf que, mis à part la capitale, on ne développe quasiment jamais le reste ce qui est frustrant. Concernant les personnages, autant de narrateur dans un roman si court fait qu’on a du mal à vraiment s’intéresser à tout le monde, de plus ils manquent parfois d’un peu plus d’émotion et de complexité. De plus, je dois bien avouer que la nouvelle héroïne, Tara, a eu du mal à me convaincre tombant un peu trop dans le « mystérieux » et dans l’héroïne inarrétable. Pourtant l’ensemble n’est pas non plus mauvais, la plume de l’auteur est toujours aussi poétique, envoutante et entrainante, on note de bonnes idées et je dois bien avouer que, malgré les défauts, j’ai été un minimum embarqué au point de tourner les pages avec un minimum d’envie d’en apprendre plus. Sauf que voilà, maintenant vais-je lire la suite au vu de ma PAL? J’avoue que je me pose la question.

 

Ma Note : 6/10

 

Autres avis : Dup, …

La Voix de L’Empereur Tome 1, Le Corbeau et la Torche – Nabil Ouali

la voix de l'empereurRésumé : Voici l’histoire de quatre destins réunis au cœur d’un empire mourant. L’enfant du village gelé, le paladin hanté par un sombre secret, le prêtre émérite d’un ordre qu’il méprise, et le fils de l’empereur.
Dans les rues des cités fourmillantes ou les profondes forêts, chacun accomplit un voyage sur les routes de l’empire mais aussi dans les méandres de son être : quelles sont les ficelles que tire le clergé dans les coulisses ? Qui a tenté de tuer l’empereur et d’éteindre à jamais sa voix ? Sur le sentier escarpé qui mène au pouvoir, le chemin est infiniment plus important que le sommet.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : La première chose qui m’a attiré vers ce livre c’est l’objet en lui-même, il faut bien avouer que sur ce coup-là les éditions Mnémos n’ont pas fait les choses à moitié, avec une reliure cartonnée et une illustration de couverture que je trouve vraiment superbe par son côté finalement assez simple mais efficace. Ajouter à cela un quatrième de couverture qui se révélait accrocheur et surtout assez énigmatique, ce livre a donc rapidement terminé dans ma PAL, histoire de me faire un avis.

Clairement au niveau de l’intrigue on ne révolutionne pas le genre avec un univers se composant de plusieurs royaumes, un empereur mourant et un héritier encore un peu jeune pour vraiment s’imposer sur le trône, avec de nombreux partisans qui gravitent autour jouant dans l’ombre pour essayer de récupérer le maximum d’emprise et de pouvoir. Certes du déjà-vu, annoncé comme cela, et pourtant l’auteur possède quelque chose qui arrive vraiment à accrocher le lecteur, à le fasciner : c’est sa plume. En effet le style de l’auteur se révèle magnifique, poétique, dense et soignée offrant ainsi au fil des pages et des mots un monde et un univers enchanteur  d’une grande beauté. Une écriture maîtrisée qui se révèle vraiment de haut niveau, selon moi, porté par des descriptions vivantes, captivantes et colorés, auquel s’ajoute un aspect philosophique qui ne manque pas d’attrait même si parfois il tombe légèrement dans la facilité et dans le besoin de convaincre trop rapidement sur des sujets qui paraissent tout de même importants.

L’univers ne manque pas non plus d’attrait, que ce soit dans sa composition avec ses nombreux royaumes, ses nombreux rois, sa religion et ses nombreuses luttes de pouvoirs et manipulations, mais aussi pour les différents décors qu’on découvre au fil des aventures des personnages, qui oscillent entre des passages envouteurs, mais aussi des passages plus sombres. On sent au fil des pages un univers dense, qui possède ses propres règles, sa propre loi, ses nombreuses magies et ses mystères, mais qui finalement a un peu de mal  à vraiment pouvoir dévoiler toute son ampleur, la faute à un roman assez court avec moins de 270 pages, ce qui est parfois légèrement frustrant. Cela ne l’empêche pas de se révéler solide, accrocheur et donner ainsi envie d’en apprendre plus, surtout que de nombreuses questions restent sans réponse, l’auteur jouant clairement avec le lecteur, évitant de trop rapidement lui donner les réponses que ce soit sur son aspect magique comme certains mythes, ou encore sur certains aspects plus profonds de ce monde.

Et pourtant j’avoue qu’une fois la dernière page tournée je ne ressors pas complètement convaincu par ce premier tome,  pas qu’il soit mauvais, loin de là, il possède de bonnes bases, de bonnes idées et d’éléments assez intéressants pour se révéler assez sympathique, mais voilà l’ensemble parait un peu bancal, surtout au niveau de la première partie. Cela vient, pour moi, en grande partie du fait que l’auteur a du mal à parfois oublier son style pour développer son intrigue. Certes c’est très joliment écrit, mais parfois je me suis senti frustré de voir survenir une information ou un rebondissement dont on ne comprend rien par manque d’explications ou par manque d’indices ce qui est dommage. C’est rare que j’avance cela, mais je pense vraiment que ce premier tome aurai mérité d’être étoffé pour permettre à l’intrigue de vraiment gagner en intensité et en densité plutôt que d’offrir quelques soubresauts nébuleux, principalement dans la première moitié. Heureusement la suite devient plus fluide et on découvre alors le potentiel que possède ce récit.

Concernant les personnages on est ici dans un roman choral où les points de vue se multiplient, apportant ainsi de nombreuses informations, mais aussi des visions et des réflexions différentes de ce monde. Sauf que voilà multiplier les points de vue dans un roman aussi court possède aussi son défaut c’est que certains personnages restent un peu de côté et, j’avoue, mis à part peut-être deux ou trois protagonistes, les autres ont eu beaucoup de mal à m’émouvoir et à faire que je m’attache à eux. Ils ne sont pas mauvais, mais voilà on les voit parfois trop peu pour vraiment ressentir quelque chose pour eux. Limiter le nombre de protagonistes aurait, je pense, permis d’avoir des personnages plus profonds, plus chaleureux et plus humains. Heureusement comme je l’ai dit quelques personnages arrivent tout de même à sortir du lot que ce soit Glawol par sa vision du monde et sa capacité à jouer double voir triple jeu, le Prince a fleur de peau qui doit faire face à de nombreuses manipulations ou encore Frimas personnage froid et intriguant.

Je me suis donc retrouvé ainsi avec un premier tome qui ne manque pas de promesses ni d’attrait, avec de bonnes idées et un travail de forme au-dessus du lot, même s’il est loin d’être parfait, plombé par quelques défaut qui m’ont empêché de rentrer complètement dedans. Je lirai la suite car si l’auteur arrive à corriger ses quelques faiblesses et rendre l’intrigue plus dense et plus fluide je pense vraiment que ce cycle pourrait se révéler plus que réussi. À voir.

En Résumé : Je ressors finalement pas complètement convaincu de ma lecture de ce roman, pas qu’il soit mauvais, il possède au final de nombreuses qualités telles qu’une plume vraiment magnifique et poétique ainsi qu’un univers qui, malgré qu’il soit à peine esquissé, donne envie vraiment d’en apprendre plus sur ses nombreux mystères et ses nombreuses régions, bien porté par des descriptions magnifiques. Mais voilà le gros point fort du récit influe aussi sur ce qui m’a dérangé dans l’histoire, le fait que l’auteur m’a paru plus se consacrer sur la forme de son récit que sur le fond, tant certains aspects apparaissent un peu trop brusquement, sans explications et parfois de façon trop surprenante, même si l’ensemble devient, pour moi, plus fluide dans la seconde partie. L’auteur nous offre aussi un roman choral, multipliant les personnages et les points de vue, mais ça ne fonctionne pas toujours, surtout dans un roman si court ce qui fait qu’il est difficile de s’intéresser à tous les personnages. Au final un premier tome plutôt bancal, mais qui possède assez de potentiel pour me donner tout de même envie de lire la suite en espérant que l’auteur gère mieux son intrigue.

 

Ma Note : 6,5/10

 

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