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Jackpots – Robert A. Heinlein

jackpotsRésumé : Auteur culte de l’Âge d’or de la science-fiction, pygmalion de toute une génération et personnalité controversée s’il en est, Robert A. Heinlein fut un des écrivains les plus prolifiques de son temps. On lui doit quelques incontournables de la science fiction comme Révolte sur la Lune, En terre étrangère, Étoiles, garde-à-vous ! et son impressionnante Histoire du futur. Jackpots, réunit quatre nouvelles rares, dont une inédite, qui allient vraisemblance et frisson, plausibilité scientifique et sense of wonder. Une incursion dans l’univers riche et dense de Robert A. Heinlein.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Robert Heinlein fait partie de ces auteurs qui ont changé, en leurs temps, le visage de la Science- Fiction et qui mérite toujours d’être découvert ou redécouvert grâce à des textes intelligents. L’auteur est d’ailleurs l’un des premiers à mélanger aussi bien le côté scientifique et réaliste avec le côté romancé d’histoires futuristes et, après avoir lu L’Âge des Etoiles et Le Vagabond de L’Espace, je me suis laissé tenter par ce recueil de nouvelles à la couverture, certes kitch, mais qui m’a paru intéressante, même si finalement peu ancré dans les univers de l’auteur dont les robots sont assez inexistants. Ce recueil comporte quatre nouvelles de l’auteur dont une inédite, ainsi qu’une préface de Eric Picholle.

La Belle et la Bête : J’avoue que cette préface écrite pas Eric Picholle, sur l’auteur, ne m’a pas convaincu plus que cela, elle reste sympathique et permet d’en apprendre un peu plus sur l’auteur, mais elle a, selon moi, du mal à démarrer tournant un peu trop sur des faits divers à mon goût que sur l’auteur en lui-même. Heureusement, très vite on se consacre plus sur l’auteur ce qui finalement rattrape cette préface et nous permet de mieux découvrir l’écrivain.

Sous le Poids des Responsabilités : Joe Appleby est pilote de torche, un vaisseau qui peut voyager à très très haute vitesse. La situation désespérée de Pluton impose un choix et un voyage au-delà des limites humaines. Un texte vraiment intéressant et bien construit sur l’honneur des militaires et aussi le sacrifice pour pouvoir aider et sauver des personnes dans le besoin. Alors attention on est loin du manichéen militaire, qui va tout seul sauver le monde ou du texte plein de moral, là je parle d’un sacrifice humain, comme tant d’autres, qui restera à toujours méconnu du monde. Un texte rythmé, court et efficace dont le seul point faible est peut être cette conclusion, ouverture de débat sur l’abnégation et la décision prise en haut lieu, qui m’a paru un peu facile et légèrement simpliste. Le mélange de science et de romance se révèle agréable à suivre.

Solution non Satisfaisante : Il s’agit ici d’un texte sorti en 1941 qui va finalement se révéler véritablement avant-gardiste et d’anticipation, racontant comment la découverte d’une nouvelle arme de destruction à partir du nucléaire va changer la vie d’un pays quelques années avant l’utilisation de l’arme nucléaire lors de la seconde guerre mondiale. Un texte, certes, au point de vue très militaire, vu que les protagonistes sont des militaires, mais qui fait véritablement froid dans le dos et qui se révèle captivant, bien écrit et qui possède des personnages vraiment charismatiques. De plus l’auteur nous offre tout de même de l’humain et des réflexions intéressantes où finalement il n’y a ni bien, ni mal, il y a juste des points de vues différents et des choix à faire, qui peuvent des fois se révéler incompris et dévastateurs. Alors on peut reprocher au texte de pousser trop à son paroxysme l’histoire, d’offrir une conclusion justement « trop », mais rien de bien méchant selon moi. Le meilleur texte du recueil pour moi.

La Création a Pris Huit Jours : Il s’agit du texte inédit de ce recueil et autant le dire tout de suite c’est le texte qui m’a le moins accroché de ce roman, pas qu’il soit complètement mauvais, mais je l’ai juste trouvé quelconque. Des étranges phénomènes apparaissent sur terre et des scientifiques vont essayer de découvrir la vérité, leur théorie est que ces phénomènes sont dû à des êtres intelligents venu d’ailleurs. Un texte qui sert à nous rappeler que finalement, peut-être, l’homme n’est pas tout en haut de la chaîne, qu’il n’est peut-être qu’un animal. Les réflexions sont intéressantes mais je n’ai pas accroché aux héros et à leurs raisonnements, qu’ils soient scientifiques ou plus philosophiques, de plus la conclusion m’a paru convenu et sans surprise. Un texte, différent des habitudes de l’auteur, qui se révèle finalement moyen sans être non plus complètement mauvais.

Une Année Faste : Voilà un texte qui démarre de façon assez distrayante et limite humoristique avec une demoiselle qui se déshabille, sans aucune raison, en public et qui va lentement monter en tension pour aboutir à une catastrophe. J’ai beaucoup aimé ce personnage principal, statisticien, qui se sert de son métier comme science prédictive des soucis du pays et, je trouve, qu’il forme un couple intéressant avec Meade. Un texte efficace, bien construit et au rythme qui monte doucement au fil des pages pour aboutir à cette conclusion captivante, pleine d’émotion et poignante.

Comme d’habitude avec l’auteur on retrouve des textes mélangeant science et fiction mais loin de ce que peut être la Hard Science car finalement des textes vraiment compréhensibles par tout avec ne science vulgarisée. Des textes qui se révèlent plein de surprises, d’idées intéressantes et surtout d’intrigues travaillées et soignées. Des textes, mélange d’aventure, de huit clos, d’action et de réflexions et je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur même si, parfois, on sent que ces textes ont un peu vieillis surtout dans la présentation, un peu guindé, de ces personnages d’époque, mais rien de dérangeant tant le fond se révèle efficace et surprenant. Mis à part la troisième nouvelle que j’ai trouvé anecdotique ce recueil vaut le coup, selon moi, d’être découvert même si toutes les nouvelles ne sont pas au même niveau.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec ce recueil de quatre nouvelles dont une inédite qui nous offre des textes aux intrigues vraiment efficaces, signées et surtout pleine d’aventures, d’émotions et de réflexions. Car oui c’est la grande force de l’auteur de nous offrir des textes qui font réfléchir et qui pousse le lecteur à se poser des questions. Rien que le texte Solution Non Satisfaisante fait froid dans le dos, même si l’auteur pousse un peu trop son texte, mais rien que pour ce texte ce recueil mérite d’être lu. Mis à part La Création a Pris Huit Jours, que j’ai trouvé anecdotique, on retrouve des textes vraiment intéressants et passionnants, certes pas toujours exempts de défauts, mais qui mérite sûrement d’être découvert.

 

Ma Note : 7,5/10

Aucun Souvenir Assez Solide – Alain Damasio

aucun souvenir assez solide Résumé : Alain Damasio nous invite à la rencontre de grands « vivants », c’est-à-dire de grands claustrophobes, amoureux de l’air et de l’Ouvert. Champions de toutes les aérations, celles de l’espace, du son, des mots, du collectif, et de ce fait totalement libres, entrés en un jeu d’échos fou avec les mouvements du monde, ils tracent et suivent leurs lignes de fuite, tel le surfeur qui n’existe et ne consiste que dans la furtivité.

Edition : La Volte

 

Mon Avis : Pour tous les amoureux de l’Imaginaire je pense qu’il n’est plus besoin d’expliquer qui est Alain Damasio, l’auteur de l’excellent roman La Horde du Contrevent (chronique ici) mais aussi de La Zone du Dehors (qui est dans ma PAL et qui m’attend avec impatience). Alors, quand Libfly m’a proposé de pouvoir découvrir son dernier recueil de nouvelles ainsi que la possibilité de participer à un chat avec l’auteur j’ai sauté sur l’occasion. Je remercie donc Libfly et les éditions La Volte pour la découverte de ce livre. Ce recueil regroupe dix nouvelles, huit qui ont déjà été publiée et deux nouvelles inédites.

Les Haut Parleurs : Cette nouvelle nous dévoile un univers où le langage est devenu payant, seuls quelques mots sont encore libres de droits. De groupes altermondialistes essayent de rendre au langage sa liberté. Un texte empli de liberté qui nous offre une critique acerbe d’un monde qui tend de plus en plus vers la mondialisation et la gestion commerciale que ce soit le langage ou encore la météo. Ce texte se révèle vraiment prenant et efficace principalement grâce à la façon dont a l’auteur de jouer avec les mots, les expressions et les phrases mais aussi par son personnage principal, Spassky, un personnage humain rempli d’émotions et de sentiments qui fait que le lecteur s’attache directement à lui. La tirade finale de Spassky est d’ailleurs, pour moi, un véritable bijou. A méditer.

Annah à Travers la Harpe : L’histoire d’un père qui a perdu sa fille et qui doit partir à sa recherche dans un enfer très technologique. L’auteur critique à travers cette nouvelle, comme à son habitude, toute cette technologie qui finalement nous enferme et nous éloigne de tout le monde. A travers cette enfant surprotégé par la technologie qui devait l’empêcher de souffrir, de se perdre, ce technococon va l’enfermer. D’ailleurs malgré toutes les technologies possibles se père a quand même perdu sa fille et aujourd’hui doit partir à sa rechercher en enfer; un enfer technologique. On y retrouve des personnages pleins de souffrances, de pertes mais aussi d’amours, des personnages qui ne laissent pas indifférents. Un texte vraiment fort et soigné, mais dommage finalement que l’intrigue soit assez convenue et la fin sans surprise. Un texte tout de même très poétique et captivant du début à la fin.

Le Bruit des Bagues : Un homme vendeur marketing décide de changer de vie après avoir rencontré une fille dont il va tomber amoureux. Ce texte nous offre un critique vraiment intéressante de ce marketing profilé, ainsi que le profilage par une bague qui regroupe toutes les informations sur soi et permet un meilleur ciblage pour la vente. Mais il nous offre encore une fois une critique sur ce monde ou le pouvoir des marques et du commerce est devenu dominant. Mais c’est aussi un texte plein de liberté, d’espoir et d’amour à travers une résistance, certes classique, mais dont la puissance des mots utiliser par l’auteur touche. Un texte efficace et prenant qui force à réfléchir.

C@ptch@ : Cette nouvelle est l’une des deux nouvelles inédite de ce recueil et nous offre une histoire dans un univers où les enfants et les parents sont séparés. Régulièrement un enfant tente de traverser la ville sans se faire dématérialiser pour rejoindre ses parents. Un texte véritablement surprenant où l’auteur nous offre encore une fois une critique de la surtechnologisation ainsi que de ce besoin des réseaux sociaux et de pouvoir se démarquer, se faire reconnaitre. Un texte vraiment efficace, nerveux et plein de surprise mais qui au final, pour moi, manque quand même d’émotion et m’a paru un peu froid. Attention je l’ai apprécié, mais il ne m’a pas complètement transporté.

So Phare Away : Pour moi l’un des plus beaux textes de ce recueil avec un univers solide et passionnant où la communication se fait par la lumière Phare, l’auteur traite de la surcommunication, la communication inutile qui vient saturer le réseau et empêche de faire passer les messages vraiment importants. D’ailleurs l’utilisation de la surutilisation de la lumière pour montrer l’obscurité de la communication est vraiment intéressante et surprenante. L’auteur traite aussi de la société et des inégalités entre les personnes les plus riches et les plus pauvres. Au milieu de tout ça, deux personnes tentent de vivre leur amour, chacun dans leur phare, ne pouvant se retrouver qu’à chaque marée. Un amour poignant et sensible. Un texte véritablement poignant, prenant, pleine de sensualité, de magie et émouvant à la conclusion pleine de mélancolie et de surprise.

Les Hybres : Une histoire qui démarre de façon classique avec un artiste en perte d’inspiration qui va se retrouver à la limite de l’oubli, puis l’auteur glisse doucement dans le fantastique en nous dévoilant la source de l’inspiration de l’artiste. Un texte vraiment surprenant qui nous dévoile l’implication de l’art dans la vie de notre héros, sa « chasse » qui va se révéler traquer mais aussi être traqué. La métaphore de l’artiste qui va chasser son inspiration et va figer le tout est vraiment bien trouvé et efficace. Mais voilà, ce texte, comme C@ptch@ manque quand même de sentiment au point de vue des personnages, le texte est plaisant mais on s’accroche pas vraiment aux héros et on n’a pas pleinement l’impression d’être dans le texte.

El Levir et le Livre : El Levir est un scribe et il cherche à écrire Le livre. Alors j’ai eu un peu de mal à entrer dans le texte, j’avoue j’étais un peu perdu et je me demandais ou compter m’amener l’auteur, mais très vite je me suis retrouvé happé par ce texte où l’auteur cherche à montrer que parfois la forme est tout aussi, voir plus intéressante que le fond à travers Le livre que va écrire El Levir. El Levir ne se contente pas de l’écriture fixe et immuable, il nous offre une écriture tout en mouvement et en beauté, d’ailleurs c’est un peu ce qui ressort, pour moi, de cette nouvelle c’est la beauté de l’écriture du scribe. Et il faut toute la prouesse stylistique de l’auteur pour nous offrir et nous faire partager cette beauté. On ne peut que s’accrocher à la quête du scribe et au fait qu’il va donner sa vie de façon spectaculaire pour écrire les derniers mots au Livre.

Sam va Mieux : Un texte qui traite de la folie d’un homme qui se retrouve seul avec un enfant dans une métropole et qui, tous les jours, part à la recherche de possibles survivants. Un texte intrigant qui, j’avoue, m’a parfois un peu perdu l’auteur s’amusant avec différents systèmes de narrations. Très vite on se rend compte que ce système colle bien au personnage qui, devant sa solitude, perd la tête malgré son enfant. Puis très vite on se rend compte que tout n’est pas ce qu’on croit jusqu’à une fin assez efficace et surprenant. D’ailleurs une fin en forme de thérapie le personnage retrouvant certains souvenirs pour retrouver, un temps, la raison et repartir dans sa quête qui parait sans espoir. Mais voilà malgré la force de cette nouvelle encore une fois il y a ce manque d’émotion qui fait qu’on ne rentre jamais à 100% dans l’histoire.

Une Stupéfiante Salve d’Escarbilles de Houille Ecarlate : Second texte inédit de ce recueil qui nous raconte l’histoire de Ile qui a reçu le mu par le Barf une sorte de dieu enfant en forme de chat. Ce mu va le changer et mettre à mal son couple avec Aile une ange. Encore une fois on sent la passion de l’auteur pour le mouvement, le changement et cette fois il le traite de façon classique à travers un pourvoir qui permet à notre héros de changer, de s’adapter. L’auteur traite aussi, à travers le Barf, de l’enfance et de son insouciance et son insensibilité surtout quand on sait que le Barf est un dieu et que tout lui est permis. Un texte qui ne manque pas de philosophie, de magie mais qui reste tout de même assez linéaire dans son développement, je l’avoue.

Aucun Souvenir Assez Solide : Voilà une nouvelle courte qui ne fait que deux pages et qui nous compte la plongée d’un homme dans ses souvenirs pour retrouver un être aimée. J’avoue que j’ai du mal à critiquer ce texte, il y a quelque chose d’intéressant mais voilà il est tellement court qu’on n’a pas le temps de vraiment se l’approprier.

 

Un recueil de nouvelles qui ne manque pas de qualités mais aussi qui nous force à réfléchir que ce soit dans cette surconsommation de technologies qui nous prive de liberté ou ce réseau qui finalement ne nous rend pas plus humain ou intéressant, ou encore qui traite de sujet comme l’art, le livre, l’amour, la communication. L’auteur comme à son habitude nous offre une plume vraiment philosophique, prenante et captivante et surtout l’auteur sait jouer avec la langue nous offrant des textes vraiment surprenants et intéressants. Mais voilà parfois l’auteur cherche tellement à jouer avec l’esthétisme, les jeux de mots et la langue qu’il en oublie son histoire et surtout ses personnages, ce qui rend quelques fois les textes absents d’émotions et légèrement froids. Rien de bien dérangeant mais c’est dommage.

En Résumé : Je dois dire que j’ai passé un bon moment avec ce recueil de dix nouvelles. Alain Damasio sait nous offrir des textes avec des sujets de réflexions et de philosophie vraiment profonds, travaillés et captivants nous forçant à nous poser des questions. Des textes qui ne manquent pas de surprises, de sentiments de sensualités et de magies qui devraient ne pas laisser indifférents. Les personnages et les univers se révèlent vraiment efficaces et captivants. Mon seul regret est que l’auteur parfois se perd dans l’esthétisme de ses nouvelles au point de parfois rendre ses textes sans sentiments ce qui fait que, parfois, on a du mal à pleinement rentrer dans l’histoire.

 

Ma Note : 8/10

Reines et Dragons – Anthologie 2012 des Imaginales Dirigée par Sylvie Miller & Lionel Davoust

reines & dragonsRésumé : D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe, Drégonjon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Sœur de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons.

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : Comme l’année dernière, je suis reparti cette année avec l’anthologie des dernières Imaginales. Il faut dire que le sommaire des auteurs est vraiment intéressant et en plus, cette année, l’anthologie a été dirigée par Sylvie Miller et surtout Lionel Davoust. J’avais donc hâte de voir ce qu’allaient nous proposer les différents auteurs sur le thème de cette année : Reines & Dragons. Tout comme l’année dernière cette anthologie a été lue en mini LC avec Snow que je remercie et avec qui j’ai eu de bonnes discussions argumentées sur chacun des textes. Une LC vraiment agréable et vous pouvez d’ailleurs retrouver son avis ici.

Le Dit du Drégonjon et de son Elfrie de Chantal Robillard. Une nouvelle assez courte en forme de poème qui nous conte la souffrance de certaines Elfries maltraités par leurs peuples. Il m’a fallu quelques lignes pour rentrer dans ce texte, mais uns fois dedans il s’est révélé vraiment intéressant par sa profondeur et sa critique, mais aussi par son ton ironique et acerbe des plus captivants. Ajouter à cela un côté stylistique poussé avec un texte composé sans la lettre « a » et la répétition du refrain de façon mathématique selon la suite de Fibonacci et vous obtenez un texte, sous forme de poème, vraiment surprenant et agréable.

Chuchoteurs du Dragon de Thomas Geha. Une nouvelle qui nous raconte la vie d’une reine, choisie par le Dragon, mais qui va tomber amoureuse, ce qui va bouleverser sa vie et lui dévoiler certains secrets. Je dois bien avouer que j’ai trouvé ce texte un peu convenu, il traite de reine et de dragon de façon classique et donne l’impression d’avoir du mal de sortir des codes. Attention il n’est pas mauvais, il se lit bien, mais je ne sais pas, j’attendais peut être plus. Par contre, la fin est vraiment surprenante et mélancolique et l’idée des chuchoteurs et des demidames vraiment originale, de plus la plume de Thoma Geha est toujours aussi agréable à suivre. Le texte manque peut être un peu plus de surprises.

Ophéa de Adrien Tomas. Je ne connaissais pas cette auteur mais vu que je suis reparti du festival avec son roman j’ai pris cette nouvelle comme une découverte de son style et je dois dire que je ne suis pas déçu, un texte vraiment réussi, plein de surprises et de rebondissements. La trame reste aussi plutôt classique, avec la traque du dragon pour obtenir les faveurs de la reine, mais il est traité de façon décalé et pleine d’ironie et la fin se révèle vraiment surprenante et efficace. Les personnages ne manquent pas de prestance à leurs façons et se révèlent attachants. Un peu plus d’originalité aurait encore rendu le texte meilleur, mais bon je chipote.

Au Coeur du Dragon de Anne Fakhouri. Un texte ou les dragons sont des animaux sauvages comme les autres et ou les hommes et les femmes doivent nettoyer leurs déjections et y trouver aussi des pierres précieuses et y gagne leurs noms lors de l’épreuve finale. Un texte troublant qui pose des personnages vraiment soignés et humains, l’histoire est vraiment bien construite, originale et efficace. L’univers est vraiment bien amené et surprenant. La rencontre entre l’héroïne et le marchand permet pleinement de découvrir deux mondes différents entre ceux qui rêvent et les réalistes de la vie. L’histoire d’amour et le triangle amoureux qui se dessine est loin d’être mièvre et se révèle surprenant surtout que des questions restent sans réponse sur un personnage.

Achab Etait Amoureux (ou La Grande Déesse de Fer de la Miséricorde) de Justine Niogret. Alors là je me suis posé une question la nouvelle a deux titres, est-ce une erreur de l’éditeur ou est-ce fait exprès? En tout cas moi qui cherchait de l’originalité je dois dire que j’ai été gâté par ce texte vraiment surprenant avec une jeune fille s’appelant Reine, qui chasse la baleine au lance-tartine et qui philosophe sur la vie avec un personnage nommé dragon qui dirige un café. Des personnages soignés avec une héroïne bourrue et caractérielle et un dragon amical et compréhensif, mais surtout ce qui marque le lecteur c’est ce côté drôle, poignant et surprenant différent de ce que je connaissais de l’auteur. Après, j’ai fais mes propres hypothèses pour moi la chasse à la baleine c’est un peu comme chasser un rêve et surtout j’ai trouvé que l’histoire pouvait se lire en boucle. Une fois ce texte fini relisait le début et tenez-moi au courant. En tout cas un texte vraiment original et surprenant, mais voilà, je dois bien l’avouer je ne crois pas avoir tout compris.

Morflam de Pierre Bordage. Une reine est obligée de partir à la rencontre d’un dragon pour éviter la fin de son royaume. Je n’ai pas vraiment accroché à ce texte, déjà le personnage principal est antipathique au possible, fermée et égoïste, de plus j’ai trouvé que l’intrigue en elle-même offrait une impression de déjà vue et manquait clairement d’originalité et de souffle. L’écriture de l’auteur se révèle toujours aussi simple et efficace, mais voilà comme je l’ai dit une héroïne pas attachante et un univers qui manque de profondeur font que je suis resté de marbre devant cette nouvelle.

Azr’Khila de Charlotte Bousquet. Yaaza est la dernière survivante de son peuple, ce qui en donc la reine, et elle décide d’aller se venger. Un texte nerveux dès le départ et qui monte page après page en tension et souffrance avec un style efficace et très imagé, nous dévoilant ce que doit endurer notre héroïne pour arriver à mener à bien cette vengeance. Un univers sombre dominé par la violence et l’esclavage qui colle parfaitement à l’univers. Mais je trouve dommage la conclusion finale, qui vient chercher le rebondissement de trop, jouant sur l’onirisme, ce qui, selon moi, gâche un peu cette nouvelle.

Où Vont les Reines de Vincent Gessler. Ae est une princesse et elle vient de tomber enceinte et va devoir, comme punition, affronter les dragons. Un texte vraiment intéressant et intrigant qui se concentre sur le personnage et la découverte de sa vision des dragons qui ne sont pas obligatoirement ce que l’on croit. Une épreuve qui va faire évoluer l’héroïne et la faire devenir mère et reine, deux lourds fardeaux. Ce texte repose entièrement sur l’évolution de l’héroïne qui, au fil des pages, va découvrir la vérité et se l’approprier. La conclusion va se révéler vraiment surprenante et efficace qui nous fait réfléchir. D’ailleurs après la lecture de ce texte je me demande si toutes les mères ne sont pas des reines finalement. Un excellent texte poétique et prenant du début à la fin.

Le Monstre de Westerham de Erik Wietzel. Un texte qui va se révéler vraiment intéressant malgré un début, voulu selon moi, qui cherche à perdre le lecteur. L’auteur va jouer sur les faux semblants et les tromperies de façon bien amenés et efficaces pour nous amener à une conclusion mélancolique et qui nous dévoile le véritable visage du monstre. Les personnages sont vraiment efficaces entre une reine avide de pouvoir, le dragon Klarion curieux et sa soeur Akselle qui est une vraie peste. Mon seul regret avec cette nouvelle c’est qu’au final elle se révèle sans surprises.

Under a Lilac Tree de Mathieu Gaborit. Une jeune fille, une reine, part à la chasse au dragon qu’elle doit dompter pour sauver un homme. On se retrouve ici dans de la fantasy urbaine avec un mélange de monde tangible et un monde onirique. Je n’ai pas accroché à ce texte et je ne saurai dire pourquoi, il s’agit d’un texte poétique, mystérieux, vraiment original avec pleins d’idées intéressantes, mais voilà ça n’a pas marché sur moi. Je suis sorti de ce texte j’avais l’impression d’être complètement passé à côté de quelque chose.

Cet Oeil Brillant qui la Fixait de Nathalie Dau.  Nathalie Dau nous offre, comme à son habitude, un conte qui va se révéler vraiment intéressant. Les personnages sont vraiment charismatiques et l’univers guerrier entre deux peuples qui se battent depuis des années est vraiment intéressant et colle parfaitement à l’univers. Un conte qui oscille entre souffrance et amour ou va se mélanger magie, divinité et humanité. Un texte porté par la magnifique plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi poétique et entrainante. Mon seul reproche une certaine facilité comme par exemple dans l’évasion de la princesse.

Les Soeurs de la Tarasque de Mélanie Fazi. Voilà l’un des textes, voir le texte, selon moi, le plus abouti de ce recueil. Une nouvelle très intimiste et pleine de sentiments se situant dans une sorte de couvent où se trouve une dizaine de jeunes filles et dont l’une d’elle sera choisie par le dragon pour devenir son épouse. Un texte fantastique ou l’Humain est vraiment mis en avant, on ressent pleinement les émotions à travers ce texte que ce soit la souffrance, les manipulations des jeunes filles par le dragon ou encore les premiers émois. Un texte qui a vraiment réussi à m’emporter et qui se révèle vraiment poétique et plein de mélancolie du début à la fin, rien n’est facile pour notre héroïne qui vit une sorte d’amour impossible, perdue, mais dont elle ne peut se passer. La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, poétique et magique qui captive dès la première page et qui nous offre aussi pas mal de réflexions sur la religion, la sexualité, l’amour et l’amitié.

 

J’ai passé un agréable moment avec cette anthologie qui nous offre douze textes sur le thème de Reines et Dragons. Alors bien sûre toutes les nouvelles ne sont pas aux mêmes niveaux, certaines
m’ont complètement emporté tandis que d’autres n’ont pas réussi à m’accrocher, mais dans la globalité j’ai passé un bon moment et je trouve même cette anthologie plus soignée que celle de l’année
dernière.

Par contre, et j’ai déjà fais le reproche l’année dernière, les éditions Mnémos doivent vraiment faire attention certaines coquilles se sont glissés dans les textes, rien de dérangeant mais ça surprend toujours. Je me pose aussi la question de savoir quel est le véritable titre de la nouvelle de Justine Niogret.

En Résumé : Cette anthologie 2012 s’est révélée vraiment efficace et m’a offert un bon moment de lecture. On se laisse facilement emporter dans ces univers pleins de mystères, de surprises, de féerie et de magie le tout porté par des auteurs français vraiment talentueux. Alors bien sûr je ne le nie pas toutes les nouvelles ne m’ont pas autant touchés, certaines sortant vraiment du lot tandis que d’autres m’ont même laissé froid, mais dans son ensemble cette anthologie se révèle agréable et même un léger cran au-dessus de celle de l’année dernière.

 

Ma Note : 7,5/10

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