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Techno Faerie – Sara Doke

techno faerieRésumé : Les fées existent, bien sûr, et elles sont de retour !
Les fées ont cessé de se cacher des hommes : elles sont revenues et bon an mal an l’univers de la Faerie s’est intégré à la société technologique. Depuis les premiers contacts d’enfants-fae avec la civilisation de l’automobile jusqu’aux premiers voyages spatiaux, ce livre conte l’histoire d’une évolution différente de notre monde.

Edition : Les Moutons Electriques

 

Mon Avis : J’avoue, la première fois que j’ai entendu parler de ce livre j’ai su qu’il terminerait rapidement sa course dans ma PAL. Outre l’illustration de couverture, réalisée par Melchior Ascaride, que je trouve très réussie, j’ai été rapidement tenté par le résumé qui se révélait accrocheur. De l’auteur Sara Doke je n’ai finalement lu que deux nouvelles, dont une déjà sur les faes publiée initialement dans l’anthologie Utopiales 2012 et qu’on retrouve justement ici. Car oui, il s’agit ici d’un recueil de 10 nouvelles, qui vont ainsi s’imbriquer pour former une histoire cohérente. Il est aussi à noter qu’un peu plus de la moitié du livre concerne les récits, tandis que le reste propose une encyclopédie des différentes faes existantes, avec de nombreuses illustrations et explications, et le tout en couleur. Au final autant un beau livre, qu’une histoire à découvrir.

Suite à l’utilisation de plus en plus importante de fer par les humains, et à de nombreuses batailles les fées ont été obligées de quitter la Terre pour se cacher. Une sorte de guérilla c’est alors mis en place. Sauf que voilà aujourd’hui les fées ont décidé de changer, se sont adaptées aux nouvelles technologies et ont décidé de revenir pour aider une humanité de plus en plus exsangue et autodestructrice. Oui, j’avoue, dernièrement je lis pas mal d’histoire sur les fées, sauf que voilà le principal intérêt de ce roman vient que l’auteur a décidé de proposer une vision complètement différente de ces êtres. Souvent quand on en parle on se base sur des notions assez binaire, les fées représentent la nature, l’environnement, le respect de la terre et l’Homme l’aspect égoïste, destructeur, qui ne réfléchit pas plus loin que sa vie trop courte, laissant plus de dégâts qu’autre chose. Sauf que voilà ici, certes l’Homme reste cette machine à polluer, on ne peut pas transformer une réalité en une utopie, mais les fées, elles, vont se révéler différentes. Mélange d’ancien et de nouveauté.

Outre le fait qu’elles soient plus nuancées, parfois aussi plus sauvages et violentes, ce qui a aussi déjà été traité dans d’autres écrits, elles se révèlent surtout originales dans cette idée qu’elles se sont adaptées à notre évolution, à nos nouvelles technologies. Ce sont d’ailleurs, d’une certaine façon, notre capacité à évoluer et notre science qui leur ont permis de survivre et d’avancer. Sara Doke évite ainsi une bataille rangée entre Nature et Science, pour plutôt tenter de lier les deux, nous montrer que la science peut apporter à la nature et inversement, ce qui je trouve offre un message intéressant, complexe et surtout intelligent à découvrir. Certes au fond le message reste le même, et il serait très intéressant qu’il commence à être compris : il faut penser à notre avenir à long voir très long terme, notre planète n’est pas inépuisable. Il faut donc commencer à en prendre soin, mais aussi prendre soin de l’ensemble de notre population tout en ne rejetant pas non plus nos évolutions et nos avancées scientifiques, mais en s’en servant simplement de façon maîtrisée et intelligente. Il ne faut pas attendre la fin, car pas sûr que les fées soient vraiment là pour nous aider ou qu’elles en aient l’envie.

Mais outre ce message, l’auteur nous offre aussi, et c’est l’un des poins forts du livre, des textes poétiques, distillant de la magie au fil des écrits et des récits. On découvre ainsi des histoires denses, soignées, complexes et passionnantes, construisant son histoire et son message tout du long. On est ainsi plus dans un récit qui se savoure lentement, délicatement où le rythme lent vient porter le lecteur à savourer ce voyage d’une grande finesse et d’une grande beauté. Un peu comme un voyage dépaysant qu’il faut apprécier à sa juste valeur sans trop aller trop vite. On se retrouve aussi à alterner entre le récit et l’encyclopédie, pour en découvrir plus sur les personnages et aussi découvrir les illustrations qui la compose. Ce Techno Faerie se révèle être aussi un mélange des genres aussi bien littéraires que remplie d’idées, de révélations et de surprises qui font que, pour peu qu’on se laisse entrainer, on se retrouve à tourner les pages facilement et avec plaisir. Il est sûr que si vous ne trouvez aucun intérêt dans les faes ou encore si vous cherchez un récit nerveux et sans temps morts, ce recueil ne risque pas d’être fait pour vous. A chacun de voir.

Concernant les différents personnages que l’on croise, qu’ils soient humains ou fées, l’auteur arrive facilement à les rendre attachants, touchants, sensibles avec leurs forces et leurs failles, leurs envies et leurs souffrances. Chacun vient ainsi apporter sa pierre à l’édifice dans ce changement, cette évolution de notre planète, de notre façon de penser. Alors après j’avoue que, concernant Arthur Passeur, qui est un personnage essentiel dans ce récit, il m’a paru par moment un peu lisse, principalement dans sa seconde partie, mais bon rien de non plus dérangeant, loin de là. Des personnages qui vont alors se retrouver à faire des choix, à accepter des choix parfois difficiles, et qui vont devoir faire face. Chacun d’entre eux donne envie ainsi d’en apprendre plus, d’en découvrir plus que ce soit sur cette « nouvelle » humanité comme sur le monde Sidhe.

Alors après, j’avoue, tous les textes ne m’ont pas paru au même niveaux, certains se révélant clairement bouleversants et fascinants, là où d’autres, comme par exemple celui qui propose une référence à la fête de l’hiver, ne se sont avérés que de simples divertissements. Franchement rien de non plus trop dérangeant tant les dix textes forment dans l’ensemble un tout cohérent et entrainant et offre un très bon moment de lecture. Il faut dire aussi que la plume de l’auteur y joue aussi un rôle essentiel se révélant maîtrisée, soignée poétique, captivante et envoutante, nous plongeant avec facilité dans cet univers dont on ne demande qu’à plonger dedans. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce recueil de dix nouvelles qui viennent former un récit global complexe. L’auteur nous offre ainsi une intrigue vraiment intéressante sur le retour des faes dans le monde des Hommes, évitant aussi la dualité qu’on retrouve régulièrement entre les deux peuples. En effet à travers ses récit on se rend compte qu’elle ne rejette pas la technologie au profit de la nature, elle cherche un compromis, une réflexion sur notre façon de voir la nature et de nous servir de la technologie. Un message qui passe très bien et qu’il faudrait enfin entendre. Autre point fort du récit c’est l’aspect poétique, soignée et magique qui s’en dégage ce qui fait que je me suis retrouvé à tourner les pages facilement et avec grand plaisir. Les personnages qui gravitent autour de ce récit s’avèrent attachants, captivant, avec leurs forces et leurs faiblesses, devant faire face à des choix, des évolutions. Alors après tous les textes ne sont pas obligatoirement au même niveau, certains marquant plus que d’autres, mais rien de non plus trop gênant tant j’ai été happé. Il faut dire aussi que la plume de l’auteur y jour pour beaucoup se révélant  maîtrisée, dense, travaillée et captivante. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Zina, julien le naufragé, Tesrathilde, Melisende, …

CRAAA

Challenge CRAAA 14ème lecture

Cookie Monster – Vernor Vinge

cookie monsterRésumé : Non, vraiment, la vie de Dixie Mae n’a pas toujours été rose… Mais grâce à LotsaTech, et au boulot qu’elle vient de décrocher au service clients de ce géant high-tech, les choses vont changer. Telle était du moins sa conviction jusqu’à ce que lui parvienne l’email d’un mystérieux expéditeur, message qui contient quantité de détails intimes liés à son enfance et connus d’elle seule…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Je termine donc ma découverte de la nouvelle collection Une Heure Lumière de la maison d’édition Le Bélial’ avec ce petit livre, Cookie Monster de Vernor Vinge. J’avoue qu’avant de plonger dans ce texte, je n’avais rien lu de l’auteur, même si j’en ai beaucoup entendu parler et qu’on m’a déjà conseillé quelques-uns de ses romans, titillant ainsi mon envie de le découvrir. Cette novella va donc me permettre de me faire un premier avis sur les écrits de l’auteur. A noter, encore une fois, une magnifique couverture illustrée par Aurélien Police.

J’avoue par contre une fois la dernière page tournée avoir un peu de mal à vraiment chroniquer ce livre. Pas qu’il soit mauvais loin de là, juste que parce qu’il joue tout du long avec le lecteur, tout ce que je pourrai dire risquerait de gâcher votre lecture. Je vais donc en quelques lignes, vous offrir un retour le plus vague possible, puis après développer mon ressenti avec risque de gâcher certains effets de surprise, vous êtes prévenu. Ce Cookie Monster se révèle donc être une novella que j’ai trouvé clairement efficace dans le message qu’il propose, ains que les nombreuses réflexion qu’elle va soulever. Le tout est ainsi présenté à la sauce Hard SF, certes proposant parfois des concepts qui peuvent se révéler hermétiques pour les non scientifiques, mais qui au final se laisse découvrir avec plaisir tant la complexité de l’intrigue mise en place se révèle intéressante, efficace avec son lot de révélations, et que l’auteur arrive à rendre son texte tout de même intéressant pour tout le monde. Le tout est ainsi porté par des protagonistes entrainants. Voilà ce que je peux dire de façon globale.

Pour rentrer un peu plus dans l’intrigue, l’auteur nous propose ainsi une réflexion intelligente et soignée sur la singularité à travers la quête de l’héroïne, Dixie Mae, qui telle une Alice ou encore une Dorothée du magicien d’Oz part à la recherche de la vérité suite à la réception d’un mail étrange. L’auteur joue alors de façon sournoise avec le lecteur entre concepts scientifiques, références littéraires de science-fiction et  jeux de pistes et de dupes pour mieux le surprendre, faisant légèrement monter la tension et l’intérêt au fil des pages histoire d’offrir une révélation finale ouverte et que j’ai trouvé efficace. Le tout est bien porté par un rythme efficace, alternant révélations et explications. C’est surtout sur les réflexions soulevés tout du long que l’auteur, je trouve, captive assez facilement. On ne peut rester indifférent, selon moi, sur les notions d’unicité, d’humanité, de transhumanisme ou encore  de potentialité informatique et même une fois le livre posé on continue à se poser des questions. Le tout se révèle entrainant et bien mené, offrant ainsi une lecture plus que réussie et agréable.

Concernant les personnages, ils ne manquent pas non plus d’attraits, car même si  l’important vient de ce qu’ils vont soulever dans leurs quêtes, cela ne les empêche pas de se révéler efficaces, comme par exemple Dixie Mae qui s’avère être une héroïne pleine de contradictions, forte et charismatique dans sa quête et son côté unique ce qui va les rendre un minimum attachants dans leurs péripéties. Dommage par contre que certains personnages secondaires se révèlent un peu caricaturaux. L’auteur nous offre aussi des aspects intéressant comme le rôle de Victor, certes peut-être un peu prévisible mais efficace, ou encore celui des « jumelles » que je vous laisse découvrir, et le tout porté par des dialogues rythmés, même si parfois légèrement répétitifs. Leur quête, construite de façon « conte pour enfant » un peu barré, colle parfaitement au récit que cherche à construire l’auteur et l’image de fond, qu’on pourrait considérer comme minimaliste, va finalement se révéler avoir une grande importances dans les dernières pages où toutes les pièces se mettent en place.

Le seul point qui pourrait se révéler  bloquant, selon moi du récit, vient du style de l’auteur. Je vais essayer de m’expliquer. Ce n’est pas, on va dire, mal écrit, c’est juste que l’auteur ne considère pas, j’ai trouvé, le style comme un élément à part entière d’un récit, il sert ainsi juste à faire avancer le récit. Cela donne comme ressenti tout du moins pour ce texte, d’une écriture austère. Un peu comme un scientifique qui écrirait une étude, où l’important n’est pas obligatoirement la forme, mais le fond. Cela pourrait, je pense, en bloquer peut-être certains et m’a parfois aussi frustré, comme par exemple un léger abus des répétitions, mais bon rien de non plus bloquant. Au final une novella  réussie, intelligente, qui je pense mérite d’être découverte pour peur que la Hard Science ne rebute pas et que le sujet intéresse. Je me laisserai bien tenter par certains de ces romans.

En résumé : Cookie Monster offre ainsi un bon moment de lecture à travers une intrigue soignée et intelligente qui, sans trop en dévoiler pour éviter de vous gâcher les surprises, joue avec le lecteur pour mieux le surprendre et le faire réfléchir. En effet l’un des gros points forts du récit, vient des réflexions qu’il va soulever, aussi bien sur soi-même que sur la technologie. Alors certes il s’agit d’un récit Hard Science avec ces concepts scientifiques parfois obscurs pour ceux qui n’en ont jamais entendu parler (étant scientifique de formation, j’apprécie ce genre de lectures), mais cela n’empêche pas d’en comprendre l’ensemble. Les personnages se révèlent eux aussi intéressants à découvrir et un minimum attachants, nous entrainant facilement dans leurs péripéties, même si certains protagonistes secondaires s’avèrent parfois un peu caricaturaux. Le seul point qui pourrait, je trouve, se révéler bloquant concernant ce texte vient du style, l’auteur montre clairement que le fond importe plus que la forme ce qui rend sa plume parfois austère et même légèrement répétitives, même si rien de non plus bloquant. J’ai en tout cas bien envie de découvrir d’autres des écrits de Vernor Vinge.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : L’Ours Inculte, Gloubik, …

CRAAA

Challenge CRAAA 13ème lecture

Le Choix – Paul J. McAuley

le choixRésumé : Ils sont amis depuis toujours, ils ont seize ans ou presque. Damian vit et travaille avec son père, éleveur de crevettes et cogneur d’enfants. Lucas s’occupe de sa mère, ancienne passionaria d’un mouvement écologiste radical clouée au lit par la maladie dans la caravane familiale. Le monde est en proie à un bouleversement écologique majeur — une montée des eaux dramatique et une élévation de la température moyenne considérable. Au cœur du Norfolk noyé sous les flots et écrasé de chaleur, la rumeur se répand : un Dragon est tombé du ciel non loin des côtes. Damian et Lucas, sur leur petit voilier, entreprennent le périlleux voyage en quête du mystérieux artefact extraterrestre, avec en tête un espoir secret : décrocher la clé des étoiles…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : De l’auteur je n’ai, à ce jour pas lu grand chose, mis à part sa nouvelle L’Homme publiée dans un bifrost. J’ai bien certains de ces livres qui m’attendent dans ma PAL, dont un qui me tentait énormément qui est La Guerre Tranquille, mais il fait parti d’un cycle dont les suites ne devraient pas être publiées en VF. Je profite donc de cette publication d’un texte plus court pour continuer ma découverte de l’auteur. Concernant la couverture, illustrée par Aurélien Police, elle se révèle magnifique comme toujours pour le moment avec la collection une heure lumière. Il est à noter que cette nouvelle, qui peut être lu de façon indépendante, entre aussi dans un univers de textes plus large.

On plonge avec ce récit dans une Angleterre futuriste, où l’humanité, à force de pollution et de surconsommation, a porté un grand coup à la planète au point de voir monter les eaux de plusieurs mètres. Des aliens sont alors apparus et ont échangé leurs technologies qui pouvaient soit nous sauver, soit pouvoir nous faire fuir la Terre, contre notre culture. Nos héros se sont ainsi retrouvés à devoir s’adapter à tous ses changements dans un pays où la navigation maritime est devenue la norme. On suit ainsi Damian et Lucas, deux adolescents, qui partent à la découverte d’un dragon, un artefact extraterrestre, qui c’est échoué pas loin de chez eux. L’auteur va alors découper son récit en deux parties, une première posée, calme, sur un rythme lent, permettant de mettre en avant son univers, les personnages, ainsi que les problématiques, servant de base et une seconde plus nerveuse, plus tendue, où justement les choix de chacun vont se révéler avoir une importance capitale dans un monde où même les choix les plus cohérents peuvent se retourner contre eux. Un récit qui va ainsi se révéler plus que sympathique à découvrir, offrant ainsi de nombreux axes de réflexions, tout en offrant une intrigue qui, malgré un côté finalement très linéaire et sur certains points prévisibles, se révèle solide et entrainante. L’auteur ne tombe jamais dans la surenchère ou dans le trop explosif, jouant plus sur les nuances et les sentiments, ce qui fait que finalement on se retrouve à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus.

Le principal intérêt de ce récit vient de l’univers que construit l’auteur tout du long, ce futur où l’Homme a poussé son inconscience et sa « destruction » jusqu’au limite de sa disparition ne peut qu’interpeller, surtout que cela se révèle cohérent. On reste aussi interrogateur concernant ces aliens qui ont décidé, d’une certaine façon, de nous sauver. Entre vénération et suspicion, on oscille au milieu de nombreuses réflexions que soulève le monde construit au fil des pages et des points de vue de chacun. Alors après l’ensemble se révèle peut-être un peu trop binaire, se séparant en deux clans ceux qui ont accepté cette aide voir même ont quitté la terre et ceux qui la rejette totalement, ce qui est parfois un peu dommage je trouve, même si rien de non plus trop bloquant, mais cela n’empêche pas le lecteur de se questionner. L’autre point de l’univers vient de comment a survécu l’humanité, obligée de s’adapter aussi bien au changement qu’à occasionner les dérèglements qu’elle a causée, la forçant à abandonner de nombreuses terres maintenant immergés, mais aussi à la présence d’artefact que personne ne comprend et surtout dont personne ne sait gérer la maintenance. L’aspect technologique ne manque pas non plus d’intérêt ici, même si, j’avoue, de façon purement personnelle, je suis curieux j’aurai aimé en savoir encore plus.

Les personnages ne manquent pas de se révéler humains, attachants et surtout possèdent une profondeur ce qui les rend vraiment intéressants à découvrir et à suivre. Entre Damian, adolescent à la vie compliquée, chez un père parfois violent et qui rêve d’étoile, la possibilité d’approcher du dragon est une possibilité de s’évader et pourquoi pas de trouver une échappatoire à sa vie là et Lucas, fils d’une ancienne « révolutionnaire » écologiste qui face à la maladie doit maintenant mener son combat sur le net, est plus terre-à-terre prenant avec circonscription et méfiance ce qu’il ne connait pas et ne peut comprendre, chacun d’entre eux se révèle travaillé. Chacun d’entre eux offre ainsi un point de vue complexe et possède une histoire de fond, évitant de tomber dans le cliché, ce qui fait qu’on comprend leurs choix, leurs visions. Les personnages secondaires se révèlent eux aussi efficaces et intéressant à découvrir, permettant d’offrir un petit panel de « survivants » qui doivent faire face à une planète en pleine effondrement.

La plume de l’auteur se révèle efficace, entrainante et simple, divertissant assez facilement le lecteur. Au final même si le récit et les problématiques soulevées n’ont rien de révolutionnaires, cela n’empêche en rien l’auteur d’offrir un texte solide, très sympathique à lire et à découvrir et qui ne manque pas d’interpeller le lecteur sur la façon dont on agit ainsi que sur les choix que l’on fait. Va falloir quand même maintenant que je découvre d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé :  J’ai passé un sympathique moment de lecture avec cette novella qui, sans révolutionner le genre non plus, se révèle entrainante et offre des réflexions intéressantes. L’auteur a séparé son intrigue en deux, avec une première partie calme et posé permettant de mettre en place les bases de l’univers et une seconde partie plus énergique, où les choix de chacun vont se révéler important. L’univers est l’une des grandes forces du récit selon moi, principalement par les questions qu’il soulève sur notre humanité auto-destructrice ou encore sur l’ingérence de races aliens dans notre façon de fonctionner. Les personnages ne manquent pas de s’avérer humains, soigné et entrainant au fil des pages. La plume de l’auteur se révèle simple et entrainant ce qui fait que le lecteur tourne facilement les pages. Au final, même si une impression de déjà-vu reste persistante avec cette lecture, cela n’empêche pas ce texte d’être divertissant et intéressant à découvrir.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ptitelfe, L’ours inculte, Lune, Maki, …

CRAAA

Challenge CRAAA 12ème lecture

En Revenir aux Fées – Nathalie Dau

en revenir aux feesRésumé : La Terre, futur proche.
À force de mépris, l’humanité a provoqué l’Échec. La technologie a régressé. La Nature a grandement souffert. L’air et le sol sont si pollués que les gens vivent confinés, mal nourris.
De leur côté du monde, les fées s’interrogent. Faut-il agir pour sauver ce qui peut l’être, ou doit-on achever de purger la planète de ceux qui l’ont défigurée ?
Follette plaide en faveur des ingénieurs, des rêveurs et des artistes – surtout son cher Julian, dont les rimes et les récits lui ont permis de subsister.
Mais seule une très ancienne divinité, défigée après cinq mille ans, a vraiment le pouvoir de trancher la question.

Edition : Mythologica

 

Mon Avis : Nathalie Dau fait partie des auteurs dont je suis les publications avec plaisir, m’offrant ainsi régulièrement des textes que je trouve touchants, magiques et entrainants, mélange des genres de l’imaginaire, ne laissant pas non plus de côté l’aspect réflexion. Il était donc logique que ce recueil de textes finisse rapidement dans ma PAL. A noter aussi une couverture que je trouve sympathique, collant plutôt bien au récit. Ce livre est finalement, comme le dit l’éditeur, un roman mosaïque de plusieurs textes (nouvelles et poèmes) qui vont ainsi former une histoire globale, je vais donc construire ma chronique plus sur l’ensemble que sur chaque texte.

On plonge ainsi dans un futur où le monde a connu le grand Echec, a été obligé de s’enfermer tant l’air est devenu irrespirable et l’environnement a été détruit. Le monde féérique a quasiment disparu, seuls quelques membres continuent à visiter les Hommes. Sauf que voilà des évènements vont venir tout basculer, annonçant de grands changements. L’intrigue que construit Nathalie Dau au fil des récits nous présente ainsi un univers sombre, post-apocalyptique, où l’humanité a trop tiré sur la corde de la technologie, de la consommation sans se soucier de la planète et de ses limites au point de sombrer et de tout perdre. On découvre aussi un monde à deux vitesses, où les plus aisés s’en sortent ainsi beaucoup mieux que les autres, où le silence et l’apathie sont de mise. Un futur , certes classique, mais qui se révèle solide et efficace gardant assez de mystères pour que chacun se fasse son propre avis. Un monde qui finalement vient aussi nous poser des questions sur notre avenir et ce qu’on est en train d’accepter, de ce qu’on est prêt à laisser faire. L’auteur vient alors compenser cette noirceur par sa mythologie qui se révèle plus lumineuse, plus magique, mélange de faits qui vont changer ce monde en perdition et d’histoires qui vont émerveiller et réveiller le lecteur. On se retrouve ainsi emporté, enchanté par toute l’imagination que développé l’auteur au fil des pages, qui, sans non plus révolutionner l’aspect féérique et les légendes, offre un ensemble qui se révèle assurément réussi, entrainant, efficace et enchanteur. L’ensemble est aussi bien porté par des descriptions denses, poétiques et marquantes, que ce soit dans le côté sombre de notre terre en souffrance, comme dans l’aspect féérique superbe. Un univers foisonnant qui donne ainsi envie d’en apprendre plus, bien porté justement par cette dualité troublante.

Mais ce que construit l’auteur ici est un récit d’espoir, de magie, car malgré l’aspect post-apocalyptique, le message qui se diffuse au fil des pages essaie plutôt de réenchanter et de faire revivre ce monde. L’espoir qu’une autre voie est possible qui ne soit pas obligatoirement totalement destructrice mais qui repose sur une harmonie. Une voie de partage, de réflexion et de beauté. Un message qui se révèle aussi ambigu, qui va chercher à nous faire réfléchir, à nous faire réagir, notre avenir ne pouvant reposer sur un deus ex machina, mais plus finalement sur chacun d’entre nous, sur nos actes. On se laisse ainsi happer assez facilement par la mosaïque que construit l’auteur autour des personnages de Follette et de Julian, des artistes amoureux du mots, du plaisir et de la joie. Des personnages, avec leurs sentiments et leurs émotions, qui vont devoir ainsi faire des choix, pas toujours faciles pour aller au bout de leurs convictions, qui vont devoir se battre et se faire entendre pour offrir une nouvelle chance à la Terre. La narration par alternance entre nouvelles et poésie se révèle, selon moi, très intéressante, offrant ainsi un certain rythme à l’ensemble et une certaine élégance. Chaque légende contée, chaque mythe travaillé vient ainsi apporte une pierre supplémentaire à tout l’aspect mythologie qui est développé et vient dépayser le lecteur de façon captivante.

Alors après j’avoue tout de même que certains points m’ont tout de même dérangés dans ma lecture. Certaines nouvelles avaient déjà été publiées dans des précédents recueils, jusque là rien de gênant, mais j’ai trouvé qu’un ou deux ici avaient du mal à s’intégrer dans la mosaïque qui est construite comme par exemple la réécriture de Lancelot qui parait un peu à part dans le livre. Ensuite, certains textes, malgré la beauté et l’intérêt qui s’en dégage, m’ont paru jouer légèrement trop sur la simplicité des retournements de situations et une certaine notion binaire un peu facile entre la technologie et la nature, ce qui m’a légèrement frustré et aurait mérité un peu plus de complexité. Enfin un point sûrement plus personnel, j’ai trouvé que certains personnages auraient mérité d’être plus développé tant ils possèdent un fort potentiel, mais là rien de bloquant ou de dérangeant.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique, captivante et entrainante, pleine de mystères et de magie qui viennent éblouir le lecteur et l’immerger dans ces histoires. Certains textes sortent ainsi clairement du lot, comme par exemple cette histoire d’amour impossible entre un être féérique de la nuit et un du jour qui a clairement réussi à me toucher. Au final un livre de toute beauté qui, malgré quelques légers défauts, nous propose des récits enchanteurs, mystérieux et sensibles où vient se mélanger de nombreuses émotions allant de l’espoir à la mélancolie et qui devraient en toucher plus d’un.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman mosaïque qui nous propose plusieurs récits et poèmes qui viennent former ainsi une intrigue plus complexe nous dévoilant un monde post-apocalyptique qui suite au grand Echec voit sa population cloitrée sous peine de mourir par la pollution. Un univers mélange de sombre et de lumière, entre ce monde en plein effondrement et cet univers féérique qui vient illuminer l’ensemble par bribes de magie, de mystère et de beauté. L’auteur vient aussi nous offrir une réflexion, classique, mais bien menée et intéressante, sur la façon dont nous gérons la Terre et nos ressources, et vient ainsi ici apporter une lueur d’espoir, une autre voie même si pour cela les personnages devront faire des choix. Alors après certains point m’ont dérangé, un certain aspect binaire qui se dégage, quelques simplicités, ou encore l’impression que certaines nouvelles, précédemment publiées, ont un peu de mal à s’intégrer à l’ensemble, mais rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, poétique et entrainante, nous plongeant dans un univers féérique et superbe, offrant d’une certaine façon espoir et réenchantement.

 

Ma Note: 8/10

 

CRAAA

Challenge CRAAA 11ème lecture

Le Nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress

le nexus du docteur erdmannRésumé : Henry Erdmann est un physicien de haut vol, l’un des pères de l’Opération Ivy et de la puissance nucléaire américaine. Était, plutôt, car aujourd’hui, vieux et perclus, Henry Erdmann n’est que le triste reflet de celui qu’il fut, quand bien même il continue de donner quelques cours à l’université pour des étudiants qu’il ne comprend plus depuis bien longtemps… Aussi, lorsque cette douleur impensable lui vrille le cerveau, c’est presque avec soulagement qu’il accueille ce qu’il croit être une attaque cérébrale. Sauf qu’il ne s’agit pas de cela… De nombreux pensionnaires de la maison de retraite dans laquelle il réside semblent avoir subi le même sort. Et tous, bientôt, commencent à voir des choses… Des choses impossibles…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Après Dragon, premier livre de la collection, Une Heure Lumière, j’ai décidé de sortir de ma PAL ce livre de Nancy Kress qui fût Prix Hugo du roman court 2009. De l’auteur je n’ai au final lu que deux textes, une nouvelle, La Finale, dans l’Anthologie des Utopiales 2012 (ma chronique ici) que j’avais bien apprécié et Après La Chute (ma chronique ) qui m’avait laissé un sentiment légèrement mitigé même si positif. Mais voilà avec une couverture, illustrée par Aurélien Police, que je trouve magnifique et un résumé intriguant j’ai rapidement décidé de me faire mon avis sur ce texte.

Le récit nous propose ainsi de découvrir Henry Erdmann, physicien connu et reconnu, qui a travaillé sur le projet nucléaire Ivy. Toute sa vie il s’est toujours reposé sur son cerveau et qui, aujourd’hui à plus de 90 ans, vit dans une maison de retraite tout en continuant à offrir quelques cours à l’université. Un jour il va ressentir de fortes activités cérébrales qui vont le laisser désorienté voir épuisé. Lui qui a toujours compté sur son esprit, redoute une attaque cérébrale, sauf que voilà d’autres membres de  l’hospice ont connu au même instant de tels incidents. Bon, autant le dire tout de suite, le texte de Nancy Kress, sans se révéler complètement mauvais, n’a pas non plus répondu à toutes mes attentes. Un peu comme l’avait fait Après la Chute, il y a du potentiel, mais selon moi le format court n’est pas obligatoirement le meilleur.

J’ai eu ainsi l’impression d’avoir un récit sans grande originalité qui se lit avec un minimum de plaisir, mais sans non plus se révéler marquant. Pourtant l’ensemble possède tout de même des points positifs, le mélange entre fantastique, une légère pointe de Hard SF et une touche de policier ne manque pas d’attrait, offrant ainsi un rythme un minimum entrainant. Les nombreuses questions que soulève l’auteur, font que le lecteur tourne un minimum les pages pour essayer d’en apprendre plus, offrant aussi quelques rebondissements et quelques surprises efficaces. L’autre intérêt du roman vient aussi des réflexions que développe l’auteur en fond de son récit, comme la reconnaissance de nos personnes âgées qui se retrouve « abandonnée » dans des hospices, oubliées, ou encore les violences conjugales qui se révèlent sobres et efficaces, ne cherchant pas à s’imposer au lecteur. On ne peut pas dire que ça se lise mal.

Le personnages ne sont pas non plus en reste, ce qui ressortait déjà des précédents écrits de l’auteur, cherchant à construire des héros humains et complexes avec leurs sentiments, leurs envies, leurs souffrances et leurs faiblesses. Cela les rend ainsi assez facilement attachants, allant du Docteur Erdmann scientifique légèrement arrogant, qui ne croit qu’en des explications théoriques réalistes mais qui va remettre en cause pas mal de choses, Gina  qui est l’inverse du Docteur Erdmann, ouverte à toutes les possibilités même les plus mystiques, Carrie la jeune femme qui a du mal à se poser sentimentalement, ou bien encore Evelyn la commère de service à la recherche de sensations et surtout d’existences dans les potins qu’elle transmet aux autres. Chacun d’entre eux est ainsi proche, d’une certaine façon, de nous, offrant aussi un panel assez large de notre société, et vont devoir des choix parfois surprenant, principalement à la fin. Certains points m’ont tout de même dérangé, mais j’y reviendrai plus tard. Par contre, j’ai un peu moins accroché aux personnages secondaires, principalement au policier qui tombe un peu trop dans la caricature ou encore le jeune médecin qui manque quand même de profondeur alors qu’il a un rôle à jouer.

Sauf que voilà malgré ces qualités, certains points ont eu du mal à m’accrocher. Déjà, l’intrigue en soit n’avait rien de révolutionnaire, offrant une impression de déjà-vu, ce qui fait que quand l’auteur nous fait sa révélation finale, bah elle n’a rien de vraiment surprenant, manquant ainsi l’effet escompté, et parait même, selon moi, amené un peu trop rapidement, limite comme s’ils avaient une illumination. Ensuite tous les passages concernant le vaisseau spatial m’ont paru sans intérêt, même si les descriptions scientifiques de sa propulsion se révèlent intéressantes, ce qui crée, je trouve, quelques légères longueurs. Autre point, comme je l’avais dit, certains aspects concernant les personnages m’ont légèrement frustrés, je pense principalement au fait d’avoir de nombreux personnages humains et intéressants, mais qui parfois ne paraissent pas obligatoirement servir l’intrigue, ou encore traités un peu trop rapidement comme Carrie et son histoire anxiogène avec son ex-copain alors qu’elle aurait pu apporter tellement plus, principalement dans sa relation avec le Docteur Erdmann.

La plume de l’auteur ne manque pas de se révéler simple, efficace, entraînante et finalement nous plonge assez facilement dans son récit. Sauf que voilà, sans se révéler non plus mauvaise, pour moi cette novella rentre plus dans la catégorie vite lue, divertissante et un minimum plaisante, mais loin de se révéler marquante. Je me demande si dans un format un peu plus long le récit n’y aurait pas gagné.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture assez agréable avec cette novella, même si dans l’ensemble elle n’a pas répondu totalement à mes attentes. L’histoire en soit n’est pas mauvais offrant un récit de SF légèrement teinté de Hard science et de policier qui se laisse lire de façon plaisante et offre des réflexions intéressantes comme par exemple sur les personnes agées ou les violences conjugales. Les personnes se révèlent attrayants à découvrir, des héros humains, complexes qui offrent un panel assez large de notre société, sauf que voilà j’ai trouvé que parfois ils ne servent pas obligatoirement l’intrigue et surtout auraient mérité plus de présence. J’ai trouvé aussi les personnages secondaires plutôt caricaturaux. Autres points qui m’a dérangé, l’intrigue m’a ainsi paru classique ce qui la rend prévisible et enfin les passages sur le vaisseau spatial m’ont paru pas vraiment utiles. La plume de l’auteur est simple, efficace et entraînante offrant ainsi une histoire sympathique, mais que je classe dans le vite lu, minimum apprécié, mais rien de marquant.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : L’Ours inculte, Just A World, …

CRAAA

Challenge CRAAA 10ème lecture

Etoiles Mortes – Jean-Claude Dunyach

etoiles mortesRésumé : Vingt-sept AnimauxVilles, dont les rues, les dômes et les beffrois sont faits de chair, ont offert à l’humanité le voyage instantané vers les étoiles. À condition bien sûr de payer le tarif exorbitant exigé par le Cartel. Pour les autres, il ne reste qu’à devenir un Astral : un être désincarné qui attend des années que son corps le rejoigne à bord d’un vaisseau d’émigrants.
Closter, artiste en mal de création, traîne au bar des Étoiles Mortes, accompagné de son chat. Il croise Marika, l’Astrale qui se sert du corps des autres pour sauter de ville en ville. L’un court après sa mémoire, l’autre après sa chair. Ensemble, ils vont changer le monde.
Cinq ans plus tard, dans le musée de chair de l’AnimalVille, Closter hante les galeries où sont exposées ses dernières créations. Vorst, l’ancien milicien reconverti en terroriste, est là pour tout faire sauter… Échappera-t-il au piège des œuvres cannibales ?

Edition : Mnémos

 

Mon Avis : J’ai découvert les AnimauxVilles, il y a maintenant un peu plus d’un an de cela, avec ma lecture d’Étoiles Mourantes, le roman écrit à quatre mains entre Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach, qui m’avait offert un très bon moment de lecture, se révélant intelligent et efficace (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que ce roman, qui se situe dans le même univers mais bien des années avant chronologiquement et qui peut être lu indépendamment sans soucis, a terminé sa course dans ma PAL au moment de sa sortie. La couverture, illustré par Gilles Francescano, se révèle, selon moi, magnifique. À noter que ce livre est composé de deux récits : Étoiles Mortes et Voleurs de Silence, deux récits qui sont liés par les personnages.

Le récit nous conte l’histoire de Closter, artiste, qui traîne son malêtre et son incapacité à créer de ville en ville, qui va voir sa vie bousculer lorsqu’il va rencontrer Marika, une astrale à la recherche de son corps, qui va se servir de lui comme moyen de transport lors de ses transferts instantanés d’un AnimalVille à l’autre. Je dois bien avouer qu’il m’est difficile de faire ma chronique, j’ai passé un très bon moment avec ce livre, mais il risque d’en surprendre certains. Il s’agit clairement d’un récit complexe, à la fois poétique et magique, mais dont chaque lecteur risque de ne pas avoir le même ressenti, la même compréhension tant le récit joue à demi-mot avec le lecteur, se révélant parfois légèrement labyrinthique, le laissant ainsi se faire sa propre image, son propre entendement. J’avoue avoir plongé avec plaisir dans cette intrigue où les aventures du héros sont ainsi le prétexte à des réflexions philosophiques que j’ai trouvé clairement fascinantes et soignées. Que ce soit d’un point de vue plus intimiste comme sur le statut de l’artiste, la peur de la page blanche, la compréhension de chacun face à l’art, mais aussi sur des sujets plus globaux qui restent encore d’actualité comme l’influence du pouvoir quand il est entre les mains que d’une poignée de personne, le rejet des minorités, la surpopulation, la capacité de l’Homme à exploiter plus qu’à comprendre, la liberté, la capacité de chacun à gérer les relations ou bien encore le parallèle entre ce qui est considéré comme harmonie et chaos. Vous le comprenez ce livre est riche en idées que chacun soulèvera ou pas sans que l’auteur force la main, laissant le lecteur se faire ses propres conclusions, le tout sur un rythme posé, efficace et entrainant. par conséquent si vous cherchez un récit nerveux, sans temps morts, je ne peux que vous conseillez de passer votre chemin.

L’univers mis en avant par l’auteur se révèle toujours aussi soigné, dense et fascinant à découvrir. J’ai retrouvé avec plaisir les AnimauxVilles et leurs descriptions organiques, vivantes, travaillée, et superbes, surtout que vu que le héros se transfert régulièrement de villes en villes cela nous permet de les découvrir plus en détail. Le travail d’imagination de l’auteur est ainsi captivant, offrant au récit un cadre fort, sensuel et qui donne envie d’en découvrir plus, voir même de voyager avec ces AnimauxVilles. Le grand intérêt aussi vient de la découverte plus en profondeur de l’esprit de ses villes, en effet ce récit se déroule bien avant Étoiles Mourantes, si je ne me trompe pas, la relation entre l’homme et cet animal gigantesque n’est pas la même. Elle va ici se retrouver à évoluer au fil des pages, on va ainsi mieux les comprendre ainsi que leurs histoires, leurs passés. L’aspect « politique » se révèle lui aussi intéressant à découvrir, à la fois dans les problématiques qu’il soulève, mais aussi dans ses jeux de pouvoirs qui se dévoilent par à coups et de façon subtils et surprenants, principalement par des extraits de transition entre les chapitres. La condition de chacun offre aussi une certaine complexité supplémentaire à l’ensemble, entre ceux qui sont figés sur leur planète, ceux qui transitent de ville en ville grâce au transfert ou encore les astraux, fantômes qui attendent leurs corps en hibernation dans un vaisseau de transport on découvre ainsi plusieurs classes et par conséquent différents privilèges. Je regrette par contre de ne pas en apprendre plus, principal sur les astraux qui, je pense, aurait mérité plus d’explications, mais rien de bien méchant.

Concernant les personnages, je me suis rapidement attaché aux « trio » de héros dont on suite les aventures. Que ce soit Closter, personnage intriguant, aux nombreuses zones d’ombres, qui va se dévoiler peu à peu au fil des pages et révéler son importance. Un personnage humain, aux sentiments complexes, principalement dans sa relation avec Marika, pleine de non-dits, de retrouvailles manqués, de sensualité et de rejet. L’héroïne se révèle elle aussi très intéressante à découvrir, par son rôle, son importance, son histoire, son charisme, même si parfois je l’ai trouvé légèrement caricatural et j’aurai aimé en savoir plus sur certains points. Alors j’ai parlé de trois héros, il manque ainsi le chat, Ombre, offrant une mignonitude attachante, même si parfois un peu étrange, mais là, après, pas sûr d’être vraiment objectif, je me fais facilement avoir pas un animal mignon. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, offrant ainsi une vision diversifiée de l’univers et apportant sont lot de surprises.

Alors après certains points m’ont tout de même légèrement dérangés, je pense par exemple au fait que l’auteur joue parfois sur le mystère, l’absence d’explications pour offrir, je pense, plus de liberté aux lecteurs, mais qui, une ou deux fois m’ont légèrement frustrés. Ensuite, je dois bien avouer que Voleurs de Silence m’a un peu moins accroché qu’Etoiles Mortes, l’auteur jouant plus sur son talent de novelliste, principalement dans ces cauchemars qui viennent rompre le duel entre Closter et Vorst, mais dont parfois j’ai eu du mal à en comprendre totalement le lien. Après, je ne nie pas être aussi passé à côté. Cela n’empêche pas non plus ce texte de se révéler intéressant, dans sa dualités, ces deux visions différentes et aussi dans la compréhension différente de l’art selon chacun, mais voilà il m’a un peu moins marqué que le précédent. La plume de l’auteur se révèle ciselé, soignée, dense, poétique et fascinante et j’ai plongé avec plaisir dans ce livre. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre deux histoire liées entre elle par les personnages. Des récits portés par un rythme lent et poétique, qui offrent ainsi de nombreuses réflexions, qu’elles soient aussi bien intimistes que plus globales, se révélant clairement fascinant à découvrir. Un récit, pour peu qu’on se laisse emporter, qui se révèle magique et intelligent. J’avoue juste avoir un peu moins accroché aux second récit par rapport au premier. L’univers développé continue à nous faire découvrir les AnimauxVilles, qui sont toujours aussi captivants à croiser bien porté par des descriptions superbes et soignées. On découvre aussi un aspect politique et social très intéressants, même si j’avoue je trouve l’aspect des Astrales un peu trop concis selon moi. Les personnages se révèlent attachants, humains avec leurs envies, leurs sentiments. La relation Closter et Marika se révèle vraiment intéressante à découvrir, se révélant complexe et efficace. Je regrette par contre que l’auteur, une ou deux fois, joue un peu trop sur le mystère, ce qui m’a légèrement frustré, même si rien de non plus trop bloquant. La plume de l’auteur se révèle poétique, ciselé, entrainante et terriblement efficace. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

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