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Après La Chute – Nancy Kress

apres la chuteRésumé : L’Apocalypse a eu lieu. Ils ne sont plus qu’une poignée et leur survie ne tient qu’à une machine. Remontant dans le temps, avant la Chute, ils volent nourriture, vêtements… enfants. Mais ces kidnappings ne passent pas inaperçus. Le FBI est sur les dents. Au même moment, une mutation bactérienne affole les scientifiques.
Le compte à rebours a commencé.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : De Nancy Kress je n’ai finalement quasiment rien lu mis à part une de ses nouvelles qui a été publiée dans l’anthologie des Utopiales 2012 qui m’avait bien plu par son sujet et qui offrait des réflexions efficaces et intéressantes. Par conséquent quand j’ai vu en librairie ce court roman, proposant une histoire  post-apocalyptique au résumé alléchant, je n’ai pas mis longtemps à le faire rentrer dans ma PAL. Il faut aussi bien avouer que la couverture, illustrée par Diego Tripodi, malgré son côté très sobre possède un petit quelque chose d’accrocheur dans sa simplicité.

Ce livre nous propose alors trois lignes de narrations différentes, celle du présent ou de nombreux kidnappings d’enfants paraissent liés les uns les autres dans leur mode opératoire, mais sans en posséder ni logique, ni cohérence, mais qui pourtant a attiré le regard du FBI, celle du futur ou l’apocalypse a eu lieu et une poignée de survivants tentent de continuer à vivre sous le joug de « geôliers » inconnus et une troisième plus biologique qui nous montre l’évolution d’une nouvelle bactérie. On se retrouve ainsi avec un roman clairement de Science-Fiction, mais qui nous propose aussi une bonne dose de policier, car en effet tout tourne principalement autour de ces kidnappings d’enfants. L’ensemble se révèle efficace, l’auteur maîtrisant parfaitement son sujet pour nous proposer un récit qui va se révéler haletant, montant en tension de façon crescendo au fil des pages, happant le lecteur jusqu’à ce que les lignes d’intrigues commencent à se croiser de plus en plus, et les réponse se révéler. La séparation claire  des trois parties, chacune possédant sa propre voix, apporte un véritable plus à l’ensemble, chaque partie apportant ainsi son lot d’indices et de rebondissements et amenant aussi de nombreuses questions, jouant efficacement sur de nombreux aspects mystérieux.

On découvre une petite dizaine de personnages qui ne manquent pas d’intérêt et de potentiel, mais dont on se rend très vite compte que le format court ne permet pas de vraiment les développer. On a vraiment l’impression d’avoir des héros à fort potentiel, mais qui paraissent à peine esquissés, ce qui frustre un peu. Un peu moins de personnages, ou bien un développement plus long, aurait sûrement permis d’obtenir des protagonistes plus charismatiques et attachants je pense. C’est dommage car il y avait vraiment de quoi offrir quelque chose de vraiment passionnant, que ce soit Julie la jeune mathématicienne travaillant pour le FBI qui fait un peu penser à un des héros de Numbers, ou bien encore le groupe de survivants qui nous font découvrir leurs façons de survivre, de continuer à avancer dans cet abri. Surtout elle arrive clairement à les rendre humains, ils possèdent un minimum de profondeur émotionnel qui nous touche un minimum, ce qui est encore plus frustrant d’en découvrir si peu. Par contre l’auteur met clairement en avant les enfants, moteur important des révélations, ce qui, je trouve, se révèle plutôt intéressant.

L’univers développé par l’auteur se révèle assez simple, mais efficace. L’après apocalypse décrit par l’auteur ne manque pas d’attrait et de tension avec ces survivants, enfermés dans l’abri, sous le joug d’êtres dont on ne sait rien d’eux, qui sont obligé de vivre au plus juste, travailler en communauté et survivre malgré toutes les tensions qui peuvent apparaître entre les différents membres. On découvre aussi un abri qui possède limite un aspect « arche », où habitent les derniers Hommes sur terre, la philosophie et les connaissances ont donc changés, ce sont perdus, ne gardant l’essentiel et pourtant l’homme reste fidèle à lui-même avec les émotions les plus primaires au fond de lui. Il offre aussi un parallèle, certes assez simple, mais intéressant entre le faste de l’époque actuel, l’aspect égoïste de notre société qui avançons sans réfléchir ni se poser parfois de questions. Après la Chute est aussi un texte qui cherche à nous faire réfléchir, offrant un discours écologique non dénué de bon sens, nous rappelant que la Terre est aussi vivante et nous offrant aussi des réflexions sur les enfants et ce qu’on leur laisse au fil des générations.

Une fois la dernière page tournée je dois pourtant bien avouer que ce récit ne répond pas complètement à mes attentes, que ce soit celle que j’avais en le faisant rentrer dans ma PAL, comme celle que l’auteur cherche à mettre en avant au cours du récit. On a ainsi l’impression tout du long d’avoir une histoire qui monte crescendo, devant aboutir à une conclusion qui s’annonce de plus en plus percutante, alors que finalement la fin est toute gentillette, certes qui fait passer un message, mais sans véritable force. Un peu comme si on rassurait un petit garçon, évitant de lui asséner une vérité trop violente, préférant l’enrober pour éviter de trop lui faire peur. De plus comme je l’ai dit l’auteur entretient de nombreux mystères tout du long du récit, mais une grande partie de ces interrogations restent aussi sans réponse, offrant une fin beaucoup trop ouverte, même pour moi qui apprécie ce genre d’épilogue. Enfin certains aspects sont trop simplistes, ce qui fait que je les avais devinés dès les premières pages et devraient être aussi facilement prévisibles pour un lecteur de SF aguerri. Alors attention ce n’est pas mauvais, ni catastrophique non plus, mais les trois quarts du récit m’offrait un bon moment de lecture dont la fin rend finalement l’ensemble plus mitigé, un peu comme me présenter la photo d’un objet magnifique et finalement une fois en main se rendre compte qu’il n’est finalement pas ce qui était attendu.

La plume de l’auteur se révèle vraiment efficace, entraînante et prenante arrivant à finalement capter très facilement le lecteur à travers les nombreuses questions qu’elle distille et par la pression qu’elle fait monter crescendo tout au long du récit qui donne envie d’en savoir plus. Au final je ressors donc de ma lecture pas complètement convaincu, même si l’ensemble reste sympathique. Malgré un démarrage fort et efficace, la fin ne répond pas complètement à mes attentes. Peut-être que dans un formant plus long, l’ensemble se serait révélé meilleur. Je lirai tout de même d’autres écrits de l’auteur tant le potentiel et la plume sont là.

En Résumé : J’ai finalement passé un moment de lecture plutôt mitigé avec ce court roman, qui possède ses qualités et ses défauts, même si dans l’ensemble elle reste positive. L’histoire nous propose de suivre trois lignes de narrations différentes, oscillant entre SF, policier et scientifique offrant un récit montant en tension au fil des pages et offrant de nombreux mystères qui viennent titiller l’esprit du lecteur. L’univers développé se révèle solide, offrant une opposition plutôt attrayante entre le monde post-apocalyptique et le présent, le tout porté par une dizaine personnages humains qui ne manquent pas de potentiel. Dommage que le format court empêche de vraiment les développer ce qui est parfois frustrant. Je suis par contre sorti légèrement déçu de la conclusion dont une partie est facilement prévisible, qui m’a parue manquer de force et reste ouvertes sur de nombreux sujets, même pour moi qui aime ce genre de fin. Peut-être que dans un format plus long l’ensemble aurait été mieux réussi et dosé. La plume se révèle entraînante, captivante et prenante sachant happer rapidement le lecteur. Je lirai tout de même d’autres écrits de l’auteur, le potentiel étant clairement là, bien porté par un style efficace.

 

Ma Note : 6/10

Autres avis : joyeux-drille, Lune, Cachou, …

Etoiles Mourantes – Ayerdhal & Jean-Claude Dunyach

etoiles mourantesRésumé : Les AnimauxVilles, gigantesque cités biologiques et conscientes, capables de défier les lois de l’Espace-Temps, ont permis à l’humanité de coloniser l’espace. Mais celle-ci s’est divisée en quatre rameaux, les Mécanistes, les Connectés, les Organiques et les Originels. Entre ces factions que trop de choses séparent, la guerre menace d’éclater.
Face à ce danger, un AnimalVille tente de tracer une autre voie. Les rameaux sont invités à assister ensemble à un spectacle unique : la mort par supernova d’une étoile binaire. Leurs représentants seront-ils à la hauteur de cet événement cosmique ? Et quelles seront les conséquences de ces retrouvailles ?
À la fois porté par un souffle tragique et une réflexion intimiste, hanté par la passion de l’art, le pouvoir mortifère de la technologie ou la quête sans fin de l’immortalité, Étoiles Mourantes dépeint la fresque d’une post-humanité en prise avec son plus grand défi : sa propre extinction.

Edition : Mnemos

 

Mon Avis : Étoiles Mourantes est un roman écrit à quatre mains entre deux très grands auteurs de la Science-Fiction française que sont Ayerdhal et Jean-Claude Dunyach. Dit comme ça, ce livre ne pouvait que me tenter fortement, surtout considérant le fait que je sois complètement passé à côté au moment de sa sortie. Initialement publié en 1999, il a rencontré un fort succès auprès des lecteurs et a même gagné deux prix. Cette période étant pour moi une année « pauvre » en lecture il n’a donc jamais transité entre mes mains. Par conséquent quand j’ai vu que les éditions Mnemos proposait une édition de luxe du livre, disponible aux dernières Utopiales, je n’ai pas mis longtemps a le faire rentrer dans ma PAL. Il est aussi à noter que la couverture ainsi que les illustrations sont réalisées par Gilles Francescano et se révèlent vraiment superbes, même si, j’avoue, j’attendais peut-être un peu plus d’illustrations intérieures.

Le récit démarre alors fort, nous proposant un prologue qui se révèle flamboyant, envoûtant et mystérieux posant les bases d’un profond bouleversement qui va profondément changer les bases de l’univers et happant le lecteur dès les premières pages. La suite se révèle ensuite plus posé, proposant un rythme assez lent permettant de présenter les héros et de mettre en place les bases de l’histoire et de l’univers. On découvre ainsi que l’humanité, au bord de l’explosion devant son incapacité à s’accepter et à s’harmoniser, s’est retrouvé scindé, il y a plusieurs siècles, aux quatre coins de l’univers grâce aux AnimauxVilles, êtres extraterrestres capables de voyager en utilisant les singularités. La première partie du roman va alors nous faire découvrir chaque rameaux que sont les Mécanistes puissants guerriers enfermé dans une armure et à la vision social étriquée, les Originels qui ont eux décidé de rester et qui sont, pour la plupart, des âmes sauvegardées, les Organiques modifiés grâce à un symbiote et qui vivent dans des AnimauxVilles, et les Connectés qui ne peuvent vivre longtemps sans être connecté au réseau, le tout à travers un récit choral nous dévoilant de nombreux personnages. La deuxième partie va se révéler alors plus intense, plus épique, amenant les retrouvailles des différents ambassadeurs choisis pour chaque peuple, ce qui va alors amener son lot de trahisons et de mensonges, jouant avec le lecteur et faisant monter la tension au fil des pages pour aboutir à une conclusion des plus fascinante et éclatante.

Ce livre propose clairement un récit qui cherche à faire réfléchir le lecteur offrant finalement une histoire qui se révèle profondément humaniste, montrant ainsi l’Homme sans artifices et sous son vrai visage, à la fois plein de qualités, mais aussi énormément de défauts et d’incompréhensions, le poussant à s’entre-déchirer, à vouloir dominer tout ce qu’il ne connait pas sans chercher à comprendre pour mieux l’avilir et le transformer en quelque chose d’utile voir une arme. Il cherche aussi à nous montrer l’importance de la communication, du mélange ; les clivages que peuvent entraîner l’absence de discussion, la découverte et le partage, ce qui fige alors obligatoirement les relations dans des « images », portant souvent son lot de haine et de différences, qui se retrouvent ainsi véhiculées à travers les générations. Il nous fait aussi réfléchir sur de nombreux autres points comme par exemple sur le fait de ne pas confondre société et individualité, tout un peuple n’est pas toujours coupables, mais aussi sur le pouvoir et les aspects générationnels qui bousculent les certitudes, la jeunesse se révélant finalement l’avenir, ou encore sur la peur de la mort et de l’extinction. Il s’agit d’un récit clairement dense, complexe, soigné et terriblement efficace, mais qui demande un minimum de concentration lors de la lecture, demandant à être assimilé  à la fois par les idées qu’il véhicule, mais aussi par les nombreuses manipulations qu’il propose.

L’univers développé tout du long se révèle vraiment soigné, captivant, travaillé et entraînant, le tout basé sur des aspects scientifiques pointu, mais pourtant compréhensible à travers des explications claires et accessibles. On sent bien aussi que les auteurs possèdent une belle imagination, nous dévoilant finalement deux univers séparés entre les organiques, avec les AnimauxVilles, les symbiotes et les évolutions génétiques, et les technologiques avec armures, intelligences artificielles ou encore vaisseaux spatiaux. Une dualité qui n’est pas sans conséquence. L’ensemble donne clairement envie d’en apprendre plus, d’en découvrir plus et surtout ne tombent jamais dans l’absurde ou même dans la caricature. Les différentes sociétés qui nous sont dévoilés ne manquent pas non plus d’attraits chacune possédant ses avantages et ses inconvénients, ses défenseurs et ses détracteurs. Comment ne pas se retrouver à avoir envie de naviguer sur ces immenses et magnifiques AnimauxVilles et découvrir leurs mœurs, revêtir ces armures qui deviennent indissociables de son propriétaire ou encore de pouvoir se connecter à une base de données aussi gigantesque que celle des Connectés. Chaque caste, chaque planète, chaque ville, tout se révèle détaillé et passionnant à imaginer. J’aurai aimé que le récit soit plus long rien que pour continuer à le visiter.

Concernant les personnages ils ne manquent pas non plus d’attraits, se révélant travaillés, complexes, efficaces et entraînants. Chaque personnage, de chaque société, possède ainsi sa propre individualité, sa propre vision des choses et sa propre façon de penser. C’est d’ailleurs sur cette différence que joue les auteurs pour nous faire comprendre qu’avancer est toujours plus facile et pratique ensemble, que séparément, apportant ainsi des émulsions. J’avoue avoir eu une préférence pour les protagonistes des Organiques ainsi que Tecamac des Mécanistes là où j’ai peut-être eu un peu plus de mal avec les Connectés qui, justement, m’ont paru trop s’enfermer sur eux-mêmes. C’est le but, je le sais bien, mais voilà l’héroïne Nadiane a parfois eu un peu de mal à me toucher. J’attendais peut-être aussi plus du Charon ou du frère de Nadiane. Mais bon rien de bloquant. Par contre je regrette certaines facilités au niveau de l’évolution des relations de certains d’entre eux, principalement quand on approche de la conclusion, ainsi que parfois un certain manque d’émotion qui se dégageaient d’eux, comme si les sentiments étaient voilés par l’écriture et la philosophie proposée. Rien de bloquant, mais parfois légèrement frustrant.

Alors après autant le dire tout de suite, si vous cherchez un roman plein de frénésie et d’action, passez votre chemin ce récit n’est sûrement pas fait pour vous, même s’il possède quelques scènes pleines d’adrénaline. Finalement, les seules reproches que je pourrai faire au roman sont : une première moitié de roman peut-être un chouïa trop verbeuse par moment, ainsi qu’une conclusion légèrement trop happy-end même si, c’est vrai, elle colle parfaitement à ce que veulent faire passer les auteurs. Peut-être mon côté un peu trop cynique. En tout cas des broutilles, tant je me suis retrouvé plongé dans ce récit qui nous fait réfléchir et nous offre une image cohérente et réaliste de l’Homme.

J’avais un peu peur, concernant le mariage du style des deux auteurs, que l’ensemble soit un peu haché, mais finalement il se révèle efficace, entraînant et riche où les points politiques, qui me paraissent venir d’Ayerdhal, se marient parfaitement bien avec le travail scientifique et détaillé de Jean-Claude Dunyach. J’ai passé un excellent moment avec ce livre dont j’aurai aimé, tout de même, qu’il dure plus longtemps. J’ai vu que le Roman Étoiles Mortes, se passait dans le même univers mais plusieurs siècles avant, je pense qu’il va prochainement finir dans ma PAL pour continuer à découvrir et voyager avec ces AnimauxVilles.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui nous propose de découvrir une histoire dense, complexe, qui force le lecteur à réfléchir, proposant de nombreux axes de réflexion, principalement sur l’Homme, et qui et ne laisse pas indifférent. Un récit humaniste et efficace, bien porté par un univers pointu et des plus captivant, détaillé, qui se dévoile avec plaisir à l’imagination du lecteur sans jamais le perdre grâce à des explications abordables. Comment ne pas tomber sous le charme de ces AnimauxVilles, ces armures, ces vaisseaux etc… Les personnages ne manquent pas d’attraits et se révèlent soignés et entraînants même si j’ai trouvé que parfois l’aspect émotionnel était un peu voilé par le message que cherche à faire passer les auteurs. La plume des auteurs se révèle efficace, vivante, riche, faisant monter la tension au fil des pages pour un final explosif, immersif et flamboyant. Je regretterai juste peut-être une première partie légèrement verbeuse ainsi qu’une conclusion qui s’offre quelques facilités dans les relations des personnages et un petit peu trop happy-end par certains aspects, mais franchement des broutilles tant je me suis retrouvé happé par ce texte.

 

Ma Note : 8,5/10

Poupée aux Yeux Morts – Roland C. Wagner

poupée aux yeux mortsRésumé : Le temps est censé passer moins vite à bord des nefs voyageant à une vitesse proche de celle de la lumière. Pourtant, Kerl n’est plus qu’un vieillard à son retour de la planète Dzêta Bootis, tandis que Sue, demeurée sur Terre, n’a pas pris une ride en cinquante ans.
Ce paradoxe n’est que le premier d’une longue série d’événements en contradiction avec la théorie de la Rationalité. Qui est le fouinain, cet oracle extraterrestre improbable que l’on dirait tout droit sorti d’un dessin animé ? Pourquoi l’austère Merteuil Filvini poursuit Kerl de son impitoyable vindicte ? Que sont devenus les Programmeurs sauvages qui écumaient les supérettes durant la cruelle Ère néopure ?

Edition : Les Moutons Électriques

 

Mon Avis : Roland C Wagner fait partie de ces auteurs qui ont marqué la littérature de Science-Fiction française. Depuis que je tiens ce blog je n’ai pourtant chroniqué que son ultime roman, Rêves de Gloire, que j’avais adoré nous proposant une uchronie des plus fascinantes (ma chronique ici). Les Moutons Électriques ayant décidé de republier certaines de ses œuvres dans une magnifique édition reliée, il ne m’a donc pas fallu longtemps avant de faire rentrer ce livre dans ma PAL. À noter la couverture, illustrée par Caza, que je trouve superbe par son côté sobre et pourtant très SF.

Ce roman nous fait découvrir Kerl, naute, qui a voyagé dans l’espace mais qui, suite à un incident, n’a pas bénéficié du ralentissement du temps lors de son voyage proche de la lumière. Il décide, chose insensée, de retrouver la femme qu’il aime. Il apprend alors qu’elle est toujours en vie, qu’elle n’a pas vieillie et que surtout elle a été conditionnée et se retrouve prostituer. Il va alors tout faire pour la récupérer. On pourrait considérer ce récit comme une simple histoire sentimentale d’un amour perdu, mais il va finalement se révéler bien plus que cela, oscillant alors entre roman d’aventures, roman politique et science-fiction flamboyante. On se retrouve avec un roman dense et plus complexe qu’on pourrait le croire. Malgré un démarrage peut-être un peu lent, on est assez rapidement happé tant l’ensemble se révèle énergique, sans temps morts, explosif, avec son lot de surprises, d’humour et de rebondissements, nous plongeant en plein milieu d’une menace qui devrait complètement bouleverser l’univers tel qu’on le connait. Plus on avance dans le récit et plus on a l’impression que cela part dans tous les sens, mais le tout de façon maîtrisé, sans jamais nous perdre. Certes il y a un côté barré, mais il se révèle cohérent et colle finalement parfaitement à l’univers que nous propose l’auteur.

L’univers qui est développé tout au long du récit ne manque pas d’interpeller et de surprendre. Certes tout n’est pas non plus parfait, tant l’auteur cherche à nous offrir de nombreuses références et à nous faire découvrir de nombreux personnages, mais dans l’ensemble il se révèle abouti et ne manque pas d’attrait. Un univers futuriste qui n’a surtout pas l’air d’avoir perdu sa cohérence tant certains aspects politiques restent encore plausibles comme cette montée au pouvoir des néopurs ou bien encore ce besoin de se replonger dans un passé souvent magnifié et fantasmé. Cette société qui donne l’impression de ne plus avancer tant elle se fige dans des règles. Une histoire qui ne nous laisse donc pas indifférent et qui nous fait réfléchir comme par exemple sur la violence, même si parfois de façon un peu trop facile. D’ailleurs c’est la grande force du récit, nous présenter cette perturbation qui va redistribuer les cartes, tout en restant cohérent et efficace, relançant ainsi complètement l’intrigue. Alors après, j’avoue, j’aurai aimé en savoir plus sur certains aspects comme par exemple les matraqueurs dont on ne sait que peu de choses. Au final un univers qui donne envie d’être découvert et d’en apprendre plus, avec un bon son rock qui offre un plus à l’ensemble.

Mais finalement ce livre s’avère être aussi une ode à la science-fiction, une définition de  genre passant par plusieurs de sess états. La postface est d’ailleurs là pour nous permettre de mieux comprendre, car oui ce roman finalement offre de nombreuses variations de ce que peut bien composer la SF, allant d’un univers normé et scientifique pour plonger peu à peu dans l’improbable voir l’impossible redéfinissant les règles du jeu, tout en nous offrant une dystopie et le tout mâtiné légèrement de Space-Opera. L’auteur s’amuse clairement avec les différents genres sans jamais s’embrouiller ni tomber dans l’absurde et cela pour le plus grand plaisir du lecteur.

La palette de personnages qui nous sont présentés se révèle vraiment vivante, entrainante et surtout, je trouve, attachante. Comment ne pas s’accrocher à Kerl dans sa quête impossible d’un amour qu’il a fui par peur d’un futur et par idéologie, se retrouvant coincé dans un schéma qu’il ne comprend pas et qui pourtant va tout faire pour s’en sortir, ou bien encore Sue coincé dans son conditionnement, qui a tout oublié ou encore le Fouinin personnage excentrique, type héros de dessin animé, oracle obscur qui offre ses indices goutte à goutte. Même les protagonistes plus sombres possèdent une certaine ambiguïté et une certaine profondeur qui les rend intéressants. Mon seul regret vient finalement du héros principal, Kerl, ou plutôt de son âge. Il est présenté comme ayant plus de 70  ans et franchement c’est difficile à croire devant tout ce qu’il arrive à faire, même aidé par des implants. Mais rien de non plus gênant ou bloquant.

Après tout n’est pas non plus parfait dans ce roman, il s’agit d’un des premiers roman de l’auteur et parfois ça se sent un peu dans certains artifices pour garder accroché le lecteur qui manquent un peu de finesse. Ensuite vers les deux tiers du récit un certain essoufflement se fait ressentir, multipliant les rebondissements pour garder le plus tard possible cette dernière surprise qui, certes, est rattrapé par un final des plus cosmique, flamboyant et fascinant, mais frustre légèrement. Enfin j’avoue ne pas avoir complètement accroché à l’humour, principalement des Salvoïdes, à base de jeux de mots, mais là ça dépendra clairement de chacun, je pense simplement ne pas avoir le même humour. Cela ne gâche en rien le récit, juste une petite impression de passer à côté de quelque-chose.

La plume de l’auteur se révèle vivante, entrainante, efficace nous plongeant facilement dans son récit rempli d’aventures tout en oubliant pas de nous faire réfléchir. Un récit globalement enlevé qui, je pense, mérite d’être découvert et qui en plus permet de se faire une idée sur un panel assez large du genre de la science-fiction. Au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de suivre Kerl dans sa quête d’un amour impossible, qui va se révéler être un récit bien plus complexe et fascinant que cela. Entre aventure, amour, satire politique et humour on obtient une histoire dense et terriblement efficace malgré un démarrage peut-être un peu lent. L’univers qui nous est présenté se révèle solide et offre de nombreuses réflexions, même si j’aurai aimé en savoir plus sur certains aspects. Surtout avec ce roman l’auteur nous offre une définition large de la science fiction, allant du raisonné vers l’improbable en passant par d’autres genres et surtout sans jamais se perdre ni rendre l’ensemble absurde ou ennuyeux. Les personnages se révèlent complexes, attachants et entrainants, j’ai juste eu du mal à accepter le fait que le héros ait plus de 70 ans au vu de toutes les péripéties qu’il rencontre. Je regrette par contre une certaine longueur qui apparait dans le dernier tiers du récit, un humour à base de jeux de mots dont j’ai eu du mal à accrocher et certains artifices facilement devinables, mais bon rien de bloquant ou de complètement dérangeant. La plume se révèle entrainante, efficace et soignée et je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Mémoire des Terres Mortes – Claire & Robert Belmas

memoire des terres mortesRésumé : À quoi peut-on songer par une nuit d’éclipse, quand la lune est de sang et que la neige rouge crisse sous le pas ?
Jordan Kernel avance fermement sur le sol glacé. Ses implants rétiniens transforment la solitude noire de la forêt en un flamboiement écarlate. Dans la poche de sa tunique isolante, sa main s’appuie sur la crosse de son STS. Au-dessus de lui, le disque éclatant rutile du fond de l’abîme, tandis que scintille la flotte d’acier des stations solaires.
Oui, à quoi peut-on songer ?
Pas aux décombres inutiles d’une vie de cent dix ans béquillée par les traitements génétiques. Pas à l’histoire dont les vagues cycliques ont emporté les rêves de ceux qui ont vécu ici. Pas à ceux qui sont partis. Pas à ceux qui sont morts. Pas aux salauds. Pas aux saints.
On ne pense à rien, sauf peut-être à la rencontre toute proche qui comblera le vide de cette nuit glacée.
« Les terres dites mortes n’ont jamais été aussi pleines de vie. » Les Régulateurs le savent bien, eux qui ont tout sacrifié pour préserver l’intégrité de cet univers et la liberté de ses derniers habitants. Mais la Vague a déferlé, et la Mémoire du monde a basculé. Ceux qui se souvenaient encore des temps anciens ont vu la Mort fondre sur eux. Et l’Enfer était à ses côtés.

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que ce roman à un peu terminé sa course dans ma PAL par hasard. Ce fut lors d’une de mes nombreuses promenades dans la bulle des livres de la dernière édition des Imaginales que je suis tombé sur ce livre dont la couverture, illustrée par Jean-Félix Lyon, m’a immédiatement attiré et donner envie de me pencher dessus pour en apprendre plus. Après une discussion avec l’un des auteurs, qui m’a permis de mieux comprendre et définir l’univers développé ici, je me suis alors rapidement laissé tenter et fait rentrer ce livre dans ma PAL. À noter qu’il comporte neuf textes, qui suivent une ligne temporelle linéaire partant du 21ème siècle et sur plus de cent ans.

Ce livre est, certes, un recueil de nouvelles, mais un recueil de nouvelles imbriqués les unes dans les autres pour tisser une toile. On y retrouve ainsi régulièrement des personnages qui se croisent et nous dévoilent ainsi un peu plus à chaque fois les évolutions qui vont modifier leurs univers. Chacun des textes va alors nous faire découvrir ce fameux espace qui est appelé les Terres Mortes. Qu’est-ce que les Terres Mortes ? C’est bien simple les auteurs se sont basés sur un phénomène qui est de plus en plus constaté, la désertification de la campagne pour les grandes villes, et ont ainsi imaginé un futur clivé entre des hypers-villes et des zones où la nature a reprit ses droits et où seuls vivent des autochtones et des rejetés. À partir de là ils vont alors nous offrir de nombreux axes de réflexions intéressants que ce soit sur l’utilité qu’on fait de notre planète et de la place qu’on possède, sur l’exode de masse qui pousse les gens à s’agglutiner parfois dans de petits espaces souvent pour pas grand-chose, ou encore un vrai travail de fond sur l’Homme et sa capacité à tout faire pour retarder au plus tard le jour de sa mort, la technologie qui devient de plus en plus pointu mais qui n’est pas toujours maîtrisé ou bien aussi sur les aspects génétiques. Le point fort vient surtout qu’ils ne tombent jamais dans le côté binaire, aucune des réflexions proposés n’offre de véritables réponses, offrant ainsi des aspects positifs comme négatifs.

À partir de là on va se retrouver alors avec neuf textes différents qui vont aller du fantastique, à la science-fiction en passant par le polar, oscillant même quelquefois avec le frisson. Neufs récits qui, dans l’ensemble, se révèlent efficaces et entrainant, le tout à un rythme assez bien soutenu et sans temps morts. On découvre aussi ainsi des Terres Mortes qui, contrairement à leur nom, se révèlent luxuriantes, vivantes, sauvages, possédant beauté et violence, ainsi que des hyper-cités où le phénomène de classe s’est encore accentué, où une violence sourde et une haine se révèle toujours aussi présent dans les quartiers les plus bas, mais où, pourtant, un aspect assez fascinant se dégage quand même et donne envie d’en apprendre plus. C’est d’ailleurs une bonne idée de ne pas transformer la campagne en paradis et faire des villes des monstres, je trouve que cela offre une nuance supplémentaire. On se retrouve alors avec des récits qui se révèlent un minimum complexe et qui ne devraient pas laisser le lecteur indifférent, offrant finalement une humanité déconnecté, parfois futile, qui tourne aussi facilement en rond.

Alors après tout n’est pas non plus parfait, tous les textes ne sont clairement pas au même niveau et certaines se révèlent parfois un peu linéaire ce qui rend la conclusion moins percutante. Rien de bien bloquant non plus tant l’ensemble se révèle cohérent et entrainant. Autre point qui peut surprendre vient que les auteurs nous offrent un peu une SF qui possède un aspect légèrement surannée, un peu comme si ces récit avaient été écrit dans les années 80-90, rien de bien méchant, mais on y retrouve certains archétypes de l’époque principalement au niveau de certains personnages, comme cette dualité entre Kernel et Klapmann, ou encore sur les aspects génétiques. C’est parfois légèrement dérangeant, mais ne dérange en rien finalement la lecture.

Concernant les personnages, l’aspect intéressant de ces nouvelles c’est de faire revenir régulièrement certains des protagonistes et les faire se croiser au fur et à mesure des textes et des années. On les voit ainsi changer, évoluer et apporter alors des détails et réflexions intéressants sur leurs visions du monde qui change au fil du temps et des technologies. Après tous les personnages ne sont pas aussi fascinants à suivre au fil des pages, certains se révèlent vraiment entrainants et efficaces, là où d’autres, sans non plus se révéler complètement mauvais ou ennuyeux, tombent parfois un peu dans une légère caricature ce qui fait qu’on a un peu plus de mal à s’accrocher à eux.

La plume des auteurs se révèle entrainante, efficace et surtout s’adapte parfaitement aux différents récits qui oscillent dans les différents genres. Je regrette juste, peut-être, un certain détachement du style vis-à-vis des protagonistes ce qui donne parfois une impression de froid, comme un voile sur les émotions qui cherchent à être mis en avant, c’est parfois frustrant même si en rien gênant non plus. Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce recueil de neuf nouvelles, dont le dernier texte ouvre d’ailleurs sur de nombreuses possibilités qui appellent une suite. Je lirai donc avec plaisir d’autres écrits des auteurs.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce recueil de neuf textes, liés dans le temps, qui nous propose de découvrir les Terres Mortes, ces campagnes abandonnées à la nature suite à l’exode des populations vers les hyper-villes. Chaque texte possède sa propre histoire, son propre genre et peut se lire indépendamment des autres, même si l’ensemble forme un tout. Les auteurs nous offrent alors une réflexion intéressante sur de nombreux sujets sans tomber dans le binaire tout en nous proposant des récits entrainants et efficaces. Les personnages se révèlent intéressants avec des aventures entrainantes, même si tous ne sont pas toujours attachants. Alors après tous les textes ne sont pas au même niveau, certains se révélant aussi linéaires mais rien de non plus bloquant. La plume se révèle un minimum soignée et rythmée, s’adaptant à chacun des récits même si je l’ai trouvé un peu détaché concernant les personnages. En tout cas je lirai sans soucis d’autres textes des auteurs.

 

Ma Note : 7/10

Galaxie(s) n°26 – Spécial Italie

galaxies 26Edition : Galaxies

 

 

 

 

 

Mon Avis : Je continue donc à me laisser tenter régulièrement par la le lecture de revues consacrées à l’imaginaire, avec cet fois un nouveau numéro de Galaxie(s). Après un numéro 25 qui se révélait plutôt sympathique dans l’ensemble, le numéro 26 à décidé de nous faire découvrir l’imaginaire Italien. Je dois bien avouer que je ne connais quasiment rien de ce point de vue là, mis à part peut-être deux trois auteurs,ce numéro avait la possibilité de se permettre de m’offrir ainsi un petit tour d’horizon des auteurs de ce pays. Ce numéro comporte ainsi 13 nouvelles.

Alors, contrairement à mes habitudes, je ne vais pas faire une chronique de chaque texte, mais tenter une chronique plus générale pour la simple et bonne raison que je n’ai pas été complètement emballé par ce numéro. Pourtant le numéro démarrait de façon plutôt sympathique avec Et la Mort dansait sur un Air de Valse qui, sans révolutionner le genre, se laissait lire facilement, nous offrant une enquête mystérieuse. Dommage que la conclusion manque de force. Puis on se retrouve plonger dans DET qui, mis a part un côté esthétique assez intéressant, a eu du mal à complètement m’emporter. La Plus Belle façon de Mourir cherche à nous faire réfléchir sur la religion et notre avenir, mais manque clairement de finesse et d’arguments percutants. Je ne parlerai pas vraiment de A.D. 3013 qui ne m’a jamais accroché cherchant le côté choc, mais qui, pour moi, tombe plus dans le saugrenu.

Arrive ensuite La Recrue qui nous offre un texte sur les voyages temporels plutôt sympathique, mais qui de nouveau a du mal à vraiment s’élever ou apporter quelque chose de plus au genre, tombant dans le vite lu, apprécié, vite oublié. Le Réparateur m’a plus accroché, offrant un texte plutôt intelligent sur l’obsolescence programmé et la surconsommation qui, malgré quelques légères incohérences, se révèle clairement efficace et plaisant à lire. La nouvelle Collateral Dammages nous plonge dans une Venise post-apocalyptique, qui joue efficacement avec le lecteur et offre son lot de surprises. Les Égaux nous propose de traiter de la différence avec le rejet d’une jeune fille clonée, un texte qui se révèle sobre, mais plutôt efficace et fait réfléchir le lecteur malgré un petit manque d’émotion au niveau des personnages.

Voici venir le texte le plus réussi, selon moi, du recueil : Le Jongleur. On suit les pas d’un homme à la recherche d’un ami sur la planète Elinora, monde de tous les plaisirs, où les hommes et les femmes viennent s’y perdre pour ne plus penser à l’avenir et à leurs soucis. L’auteur construit ainsi un texte qui, au fil des pages, accroche de plus en plus son lecteur pour lui offrir une conclusion des plus surprenantes. Dommage que le début soit un peu contrasté par certains aspects assez dérangeants, même si l’auteur les nuance par la suite, car ça l’empêche de se révéler plus réussi encore.

Terreur à Luna City nous fait suivre un scientifique, enquêteur, qui doit faire face à une crise à coup de missiles nucléaires, problème ce texte possède tous les poncifs ainsi que le vernis d’une époque de SF un peu trop vieillotte et révolue pour vraiment accrocher, où les militaires sont bien entendus des gros bourrins et les scientifiques des héros géniaux. Le texte Les Rouges Collines de la Terre nous fait découvrir un monde qui va se retrouver complètement bouleversé suite à la chute d’une comète, et d’un professeur qui, dans l’avenir, cherche à étudier notre génération. Un texte qui a eu beaucoup de mal à m’accrocher, c’est bien simple pour en parler ici j’ai été obligé de me replonger dedans tant il ne m’a pas marqué, alors que je l’ai lu il y a 15 jours. L’Homme de Main lui nous fait plonger dans une Italie futuriste où la mafia possède encore plus de pouvoir, un texte qui se lit bien, mais qui ne se révèle en rien non plus marquant ou original. Vite lu, vite oublié. Vient enfin le dernier récit avec Histoire d’un Homme, qui cherche à nous faire réfléchir sur la conscience, sur l’avenir de l’homme, qui se révèle intéressant, mais donne l’impression de perdre légèrement de point de vue son idée de départ. Dommage.

Au final donc, si je compte les récits qui se révèlent juste sympathiques, sur 13 nouvelles seulement un peu plus de la moitié arrivent un peu à se démarquer, sans non plus offrir un véritable texte majeur qui pourrait se détacher. Là où je reste le plus perplexe c’est quand dans le cahier sur l’histoire de l’imaginaire Italien, outre l’attaque gratuite et acerbe sur l’internet voleur , nous annonce que cet imaginaire est loin d’être transcendant depuis ces 50 dernières années, on se demande alors pourquoi avoir décidé de faire un numéro spécial Italie alors.  Le magazine nous offre aussi pour finir un cahier de critiques cinéma signé J.-P. Andrevon qui me fait dire qu’on n’a pas obligatoirement les mêmes goûts.

Un numéro 26 de Galaxie(s) qui cherche à nous faire découvrir le monde de l’Imaginaire Italien mais, qui finalement ne fait que dévoiler, au vu des textes que j’ai lu, qu’il manque clairement d’auteur marquant et parait donc ne pas remplir vraiment son objectif, malgré quelques textes sympathiques. Dommage.

 

Ma Note : 5/10

Nexus – Ramez Naam

nexusRésumé : 2040. Le monde est plus que jamais en proie aux dérives technologiques. Les agences gouvernementales sont déterminées à éradiquer toutes les recherches scientifiques pouvant constituer un danger pour l’humanité. Parmi ces menaces : NEXUS, une nano-drogue qui permet à ses consommateurs de connecter leurs cerveaux.
Kade, un jeune et brillant biologiste, considère cette drogue comme un immense progrès pour la société, offrant des possibilités de communication illimitées. À l’aide d’une poignée d’amis, et malgré l’illégalité d’une telle entreprise, il parvient à l’améliorer. Mais ses recherches attisent bientôt les convoitises…

Edition : Presses de la Cité

 

Mon Avis : Ce roman n’a pas fini sa course par hasard dans ma bibliothèque. Il avait de quoi me plaire avec un résumé de Science-Fiction très cyberpunk, accès sur la technologie et l’Homme. Le genre d’histoire qui m’accroche assez facilement. Ajouter à cela une couverture qui se révèle intrigante avec son aspect tablette de médicaments qui offre son lot de questions, j’avais donc hâte de voir ce que pouvait proposer ce récit. Par conséquent quand Babelio a proposé de le découvrir j’ai décidé de tenter ma chance. Je remercie donc Presse de la Cité et Babelio pour m’avoir permis de lire ce livre. À noter qu’il a aussi gagné le Prometheus Award 2014.

Nexus nous propose donc de plonger dans un monde futuriste où les technologies ont continué à se développer rapidement au point qu’il est maintenant possible de connecter les cerveaux ensemble. Elle a d’ailleurs tellement évolué que les gouvernements ont été obligés de mettre en place des lois très stricte face aux dérives qui sont apparus. On se retrouve alors à suivre Kade, petit génie du Nexus, cette drogue qui permet de connecter les hommes, qui va devoir tout faire pour survivre et avancer au milieu de complots qui le dépasse complètement. S’il y a bien une chose qu’offre ce roman c’est un rythme soutenu, sans temps-morts et terriblement efficace, qui fait que le lecteur est rapidement emporté par le récit. Une histoire qui se révèle entrainante avec son lot d’actions, d’explosions, de rebondissements et de surprises, dont l’auteur maitrise assez efficacement l’ensemble pour ne jamais tomber dans l’ennui ou dans un aspect attentiste qui pourrait casser cette tension. Kade se retrouve, certes grâce à une petite facilité scénaristique au départ, emporté dans un univers qu’il ne maitrise pas rempli de violence, de haine, de trahison et où chacun ne voit au final que son propre intérêt.

J’avais, j’avoue, une certaine attente concernant l’univers de ce livre. La présentation très cyberpunk, ajouté au fait que l’auteur soit aussi ingénieur informaticien, laissait présager quelque-chose que j’espérais efficace, et je n’ai pas été déçu. L’auteur nous offre ainsi un futur qui ne manque pas d’attrait, principalement du point de vue technologique, qui se révèle soigné, solide et intéressant tout en restant compréhensible. Entre drogue, nanotechnologie, biotechnologie, armes améliorés, camouflages et tout ce qui peut apporte des évolutions, en bien et en mal, que ce soit pour la société comme pour l’homme on sent que l’auteur a un minimum réfléchi au sujet. En plus l’ensemble reste cohérent vis-à-vis de l’actualité dans la société et aux dernières innovations et études qui sont en cours. D’ailleurs l’auteur nous offre des explications à la fin du roman sur ces sources d’inspiration ce qui, je trouve, apporte un plus. Un futur qui est donc plus que plausible et qui ne manque pas d’attrait. J’ai par contre légèrement moins accroché aux aspects géopolitiques qui nous sont offerts. Déjà l’auteur a décidé de réinventer un semblant de « guerre froide » entre les USA et la Chine, ce qui m’a paru simpliste, mais surtout tombe un peu facilement dans la théorie du complot ou tous les États sont pourris et ne cherchent qu’à s’approprier ces technologies pour son propre avantage tactique. Alors je ne dis pas qu’un gouvernement c’est bisounours-land, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, juste que cela manque un peu de finesse et donne un peu trop l’impression de tomber parfois dans la caricature. Rien de non plus trop bloquant, mais parfois frustrant, surtout que l’auteur utilise en plus un peu trop les briefings pour poser sa politique.

Concernant les personnages ils sont un minimum soignés et font un peu plus que nous entrainer dans leurs aventures. Que ce soit Kade, le héros principal, scientifique de génie, qui a pour but d’améliorer la vie des gens, essayer de les rendre plus heureux, mais à l’éthique parfois un peu trop gentillette surtout dans le monde où il vite, mais aussi Sam l’agent du gouvernement qui possède ses convictions, ses propres expériences et qui, comme souvent, possède un lourd secret que le lecteur voit arriver quasiment dès le début du roman et comprend donc comment elle va évoluer dans les grandes lignes ce qui ne l’empêche pas de se révéler intéressante, ou bien encore Becker qui lui par contre tombe dans la caricature du patron d’une agence gouvernementale mégalo, paranoïaque et sans finesse chacun apporte sa contribution à l’évolution de l’intrigue. Franchement on pourrait avoir l’impression que je n’ai pas apprécié les personnages, ce qui est faux, ils remplissent parfaitement leurs rôles et certains passages nous les rendent vraiment attachants, les méchants offrent de quoi s’inquiéter concernant les héros ainsi que des scènes pleines de tensions, mais voilà ils ne révolutionnent pas non plus le genre et se révèlent parfois un peu trop linéaires.

Là où par contre je ressors un peu déçu une fois la dernière page tournée c’est concernant les aspects philosophiques qu’essaye de développer l’auteur au fil des pages. Il y a clairement de quoi travailler, que ce soit sur la différence entre post-humain, humain et trans-humain pou encore sur la liberté de chacun et la définition même d’humain ce livre ne manque pas de questions. Et pourtant à chaque fois qu’il essaie d’entrer dans le débat ou d’amener des personnages à discuter de ces questions on a vraiment l’impression de tomber dans la philosophie de comptoir avec même les partisans du blanc d’un côté et les partisans du noir de l’autre. L’auteur cherchant plus, finalement, à offrir un techno-thriller haletant qu’à vraiment travailler ses réflexions. Rien de non plus bloquant, mais quand je vois que le quatrième de couverture offre une citation d’Alastair Reynolds qui annonce un roman qui ose regarder le futur droit dans les yeux, je me demande quelles sont les dernières lectures de cet auteur. Donc si vous cherchez une lecture plus profonde sur l’influence des évolutions sur l’homme passez votre chemin. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que ce roman va être adapté au cinéma.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante avec surtout une capacité à rendre toutes les innovations palpables. Finalement j’ai passé un bon moment avec ce roman, malgré le fait qu’il se révèle moins profond que mes attentes initiales. En tout cas je lirai la suite sans soucis histoire de savoir ce qui va nous être offert par la suite.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce livre qui nous offre une histoire efficace, sans temps-morts, pleine d’adrénaline et le tout sous un rythme soutenu, offrant de nombreux rebondissements et de nombreuses surprises. L’univers développé est efficace, principalement d’un point de vue technologique bien porté par toutes ces évolutions, même si je l’ai trouvé un peu simpliste concernant ses aspects géopolitiques. Les personnages remplissent parfaitement leurs rôles, faisant avancer l’histoire de façon fluide et se révélant un minimum attachant, même si parfois il faut bien l’avouer ils tombent un peu dans la caricature. Mon soucis vient finalement de l’aspect philosophique de ce roman qui pose pas mal de questions, mais l’ensemble parait toujours traiter qu’en surface, n’évitant pas parfois la philosophie de comptoir manichéenne. On sent que l’auteur préfère mettre en avant l’aspect techno-thriller haletant, c’est un choix, mais si vous cherchez quelque chose de plus profond il vaudrait peut-être mieux éviter ce livre. Par contre, si vous cherchez plus le côté explosif et futuriste alors tenter votre chance. La plume se révèle simple, entrainante et efficace et m’a donné envie de lire la suite, qui devrait d’ailleurs prochainement sortir en VO, pour en apprendre plus.

 

Ma Note : 7/10

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