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La Grande Route du Nord, Tome 1 – Peter F. Hamilton

la grande route du nord 1Résumé : Newcastle-upon-Tyne, 2143. Ville rendue florissante par le portail transspatial donnant accès à la planète St Libra et à son précieux biocarburant, elle devient le lieu d’un meurtre brutal. La victime est un clone appartenant à la richissime famille North et la méthode employée ressemble étrangement à celle d’un massacre commis sur St Libra vingt ans plus tôt. Tandis que l’inspecteur Hurst mène son enquête, les autorités rouvrent le dossier Angela Tramelo, condamnée à perpétuité pour le premier crime. Selon elle, le véritable coupable serait d’origine extraterrestre. L’ Alliance pour la défense de l’humanité décide d’envoyer une mission scientifico-militaire à travers le portail.
Mais alors que l’expédition s’isole dans la jungle hostile, ses membres meurent les uns après les autres…

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Peter F. Hamilton fait partie de ces auteurs dont je découvre doucement la bibliographie. Certes cela n’a pas toujours été couronné de succès, les Greg Mandel 2 et 3 m’ayant laissé plus que perplexe, mais je dois bien admettre que l’auteur possède une sacrée imagination et offre des aventures qui se révèlent régulièrement efficaces. Pour le moment je ne me suis pas encore lancé dans un de ses grands cycles dont j’ai entendu beaucoup de bien, me contentant de one-shot, nouvelles, ou de « petites » séries. C’est donc sans surprise que j’ai sorti le premier tome de ce diptyque de ma PAL. D’ailleurs pour la petite histoire, ce roman est sorti en VO en un seul tome, mais une fois traduit, devant plus de mille pages, l’éditeur à décidé de le couper en deux tomes. Je ne commenterai pas cette décision, elle a ses raisons et ses défauts, mais j’y reviendrai plus tard, car elle va avoir une influence selon moi. La couverture, illustrée par Fred Augis, se révèle très sympathique.

Ce roman nous plonge donc en 2143, à Newcastle-upon-Tyne, où l’assassinat d’un des clones North, l’une des familles les plus puissantes, va bouleverser ce qui devait n’être qu’une simple enquête de police. En effet le mode opératoire et l’arme utilisée n’est pas sans rappeler un autre massacre chez les North, vingt ans plus tôt sur la planète St Libra,  et qui a amené à la condamnation d’Angela Tramelo, qui a pourtant toujours clamé son innocence, accusant un coupable d’origine extra-terrestre. Le tout se situant sur fond d’invasion des Zanth, une race alien, sur différentes planètes colonisées par les humains. L’auteur nous propose alors une intrigue qui va se révéler complexe, mélange de différentes sous-intrigues qui ne paraissent pas toujours s’imbriquer au premier coup d’œil dans le puzzle qui se construit, mais qui, petit à petit au fil des pages, commence à dessiner une image beaucoup plus dense et sophistiqué qu’imaginé au départ. L’ensemble ne manque pas de jouer avec le lecteur, entre fausses pistes et révélations, on se retrouve un minimum emporté par cette histoire, espérant en apprendre plus sur les nombreux mystères qu’elle cache. De nombreuses questions sont posées qui viennent chatouiller le lecteur et lui donner envie d’en découvrir plus.

Une des grandes forces du récit vient principalement de l’univers que construit l’auteur. Il fait clairement penser à l’univers du Commonwealth développé dans d’autres récits, mais pourtant se révèle différent et parallèle par de nombreux aspects et de nombreuses évolutions. L’imagination de l’auteur se révèle débordante, voir même sans limite, que ce soit d’un point de vue des nombreuses technologies qu’il propose, comme par exemple le maillage qui permet de surveiller toute la ville par vidéo interfacée et qui n’est pas sans rappeler la folie de Londres à tout vouloir contrôler par caméra, mais aussi ses ie qui permettent de toujours rester connecter ou ses portails pour traverser les mondes ; ou bien encore à travers les descriptions qu’il nous offre et qui se révèlent toujours assez fascinantes et même souvent magnifiques, que ce soit devant les villes imposantes ou encore à travers les nouvelles planètes intrigantes avec leurs faunes et leurs flores qui sont uniques. Surtout l’ensemble reste facile d’accès et compréhensible pour toucher un maximum de lecteur. La vision du futur qui nous est offerte se révèle clairement intéressante et cohérente, exacerbant certains aspects politiques et financiers bien présents de nos jours avec ce côté très libéral, où les riches font tourner le monde en donnant l’impression d’avoir une conscience alors qu’ils pensent surtout à leurs fortunes. Pareil pour tout ce qui concerne la politique, l’ensemble est toujours aussi vicié par les pots de vin et l’incapacité à se mettre d’accord. Un avenir qui possède ses défauts et ses qualités, même si parfois, c’est vrai, l’auteur tombe un peu dans la caricature. Par contre je regrette que l’auteur se répète régulièrement au niveau des descriptions, on a l’impression d’avoir toujours le même ciel par exemple, mais bon rien de dérangeant.

Le principal soucis de ce récit vient finalement du fait qu’il prenne son temps pour installer son histoire. Franchement les 260 premières pages, sans se révéler non plus totalement mauvaises, auraient pu être facilement tronqués d’une partie rendant l’ensemble plus vivant. Il faut dire aussi qu’on se concentre principalement sur cette fameuse enquête de police, la partie sur Saint Libra à la recherche de ce possible alien ne débutant vraiment qu’en seconde partie. Pas que l’enquête soit désagréable, juste qu’on cherche à montrer que ce genre de travail ne se fait pas facilement, que ça prend du temps, relever tous les indices, les lier entre eux, respecter la procédure au maximum ou encore éliminer toutes les fausses pistes ; mais voilà il n’y avait pas que les héros qui se sentaient frustrés de ne pas avancer, le lecteur aussi le ressent parfois. Ensuite, l’auteur se laisse un peu aller aux répétitions et surtout au flashback. Dès que la tension grimpe, qu’une révélation va se faire, pour gagner du temps on nous offre un flashback, autant parfois cela apporte un plus, autant à d’autres moments j’ai eu du mal à accrocher. Justement, je reviens sur le découpage du livre, car un début trop lent et parfois long de 260 pages sur 1000 pages ça peut ne pas se ressentir une fois la dernière page tournée, la même chose sur un tome de 520 pages, soit près de la moitié du roman, ça peut amener certains lecteurs à ne pas se laisser tenter par la suite, malgré le fait que l’ensemble se laisse lire, se révèle divertissant et surtout annonce une suite qui parait plus soutenue. C’est dommage.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêts et d’attraits et se révèlent intéressants à suivre et à découvrir même si je trouve que dans ce premier tome il manque un minimum de personnages charismatiques ; un personnage qui pourrait nous happer, nous fasciner. L’auteur essaie bien de nous offrir Angela Tramelo, héroïne qui a passé vingt ans en prison pour un crime qu’elle n’aurait pas commis, libéré pour traquer le véritable assassin et qui a la vengeance cramponné au corps. Une sorte de femme fatale. Mais voilà pour une fille qui sort d’enfermement depuis vingt ans, je l’ai trouvé un peu trop gentillette, même si elle a le potentiel pour offrir plus par la suite et un background qui annonce un personnage plus complexe qu’on peut le croire. Le Policier Sid Hurst se révèle assez classique dans sa présentation et sa façon de voir les choses, mais offre un point de vue intéressant sur la façon de survivre dans ce futur qui n’est pas toujours si glorieux, où chacun cherche à se couvrir, où l’argent se révèle toujours le nerf de la guerre et où une telle enquête peut amener autant la gloire que la fin d’une carrière. Concernant les autres protagonistes, ils ne sont pas mauvais, mais certains tombent clairement dans la caricature. Je pense principalement à certains membres de l’ADH, organisation militaire.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante, nous plongeant efficacement, comme souvent, dans des univers chatoyants et offrant des idées efficaces. Alors, c’est vrai que la moitié de ce tome aurait mérité un travail éditorial différent, dont quelques coupes, mais dans l’ensemble ce premier volume se révèle tout de même sympathique, divertissant et se lit assez facilement pour me donner envie de lire la suite pour savoir ce que peut bien nous cacher l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce premier tome qui nous propose une histoire aux multiples lignes d’intrigues qui, au fil des pages, dessinent une image complexe et efficace. On se laisse porter assez facilement par ce récit, mélange de policier et de Science-Fiction, qui nous plonge dans un univers efficace et bien porté par l’imagination fertile de l’auteur, que ce soit d’un point de vue technologique comme des descriptions des lieux et des planètes visitées. Je regrette par contre un démarrage un peu lent, et parfois un peu long, qui prend clairement son temps et aurait peut-être mérité un travail éditorial différent. Surtout que, selon moi, ces longueurs se font plus ressentir encore du fait que le livre ait été coupé en deux pour sa sortie en France ; à voir avec la lecture du tome 2. Concernant les personnages ils se révèlent agréables à suivre et à découvrir, mais il manque, je trouve, des personnages vraiment charismatiques, mais dont certains possèdent le potentiel pour le devenir. Concernant les personnages secondaires ils sont plutôt efficaces même si certains, principalement chez les militaires, tombent dans la caricature. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace et entrainante malgré, c’est vrai, quelques répétitions et quelques longueurs. Au final un premier tome sympathique, sans non plus se révéler exceptionnel, mais qui me donne envie de lire la suite, malgré ce léger accroc au démarrage.

 

Ma Note : 7/10

La Longue Terre, Tome 1 – Terry Pratchett & Stephen Baxter

la longue terreRésumé : Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest.
La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse !
Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend…

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Ce livre n’a pas fini dans ma PAL par hasard. Quand deux grands noms de l’Imaginaire anglais tels que Terry Pratchett et Stephen Baxter s’associent pour écrire un roman, il y a de quoi me donner envie de le découvrir, même si c’est vrai avec tout de même une légère crainte, tant les deux auteurs n’ont pas obligatoirement le même registre. Puis pour des raisons obscures il s’est mis à trainer dans ma PAL, à se cacher et il a fallu attendre l’annonce des nominés pour le prix Julia Verlanger pour que je me décide à le découvrir. À noter une couverture, illustrée par Raphaël Defossez, que je trouve plutôt sympathique et intrigante.

L’histoire démarre sur une idée de base assez simple, loufoque et pourtant terriblement efficace. En effet on découvre qu’il est possible de voyager dans les univers parallèles, et cela avec un simple boitier électronique qu’on fabrique soi-même et qui utilise comme pile une pomme de terre. Bien des années après cette découverte, la Terre se retrouve en pleine mutation. Josué, passeur-né, est alors contacté par une Intelligence Artificielle, Lobsang, pour entreprendre un voyage aux confins des univers parallèles et ainsi essayer d’en apprendre plus d’un point de vue scientifique sur l’histoire de la Terre, son évolution, sa faune et sa flore. Sur le papier il y a donc de quoi me faire rêver, en effet on y retrouve la capacité de faire voyager le lecteur de Baxter, avec l’humour de Pratchett et cette idée de patate comme vecteur pour voyager. Pourtant, une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que, même si je ne me suis pas ennuyé et trouvé l’ensemble plaisant, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un tome d’introduction assez contemplatif.

Pour faire simple j’ai trouvé que ce premier tome manquait d’un peu de rythme et de surprises. Déjà le démarrage de l’histoire m’a paru un peu confus, donnant l’impression de partir dans tous les sens. Pour expliquer les avantages et les conséquences de ce voyage dans les univers parallèles les auteurs se sont mis à multiplier les points de vue, ce qui, je trouve, n’est jamais une bonne chose, surtout quand ces protagonistes n’apportent rien par la suite, tout du moins dans ce premier tome. Cela donne plutôt l’impression au récit de prendre son temps, voir aussi de se révéler un peu répétitif, même si c’est vrai, cela permet aussi de dévoiler une partie des nombreuses possibilités qui s’ouvre à l’humanité. Que ce soit pour son enrichissement personnel ou le développement à travers une communauté, l’Homme peut dévoiler le pire comme le meilleur. La suite se révèle plus intéressante, une fois le départ du voyage que vont effectuer nos héros aux travers des nombreuses Terres, l’ensemble gagne en intérêt et surtout permet aux auteurs de développer de nombreuses idées, que ce soit aussi sur les différentes transformations qu’a pu connaitre notre planète devant ces multiples possibilités, comme sur les nombreuses conséquences que cela va avoir sur notre société que ce soit à travers l’exode massif, la dévaluation des différents cours boursiers, ou bien encore la grogne et la dissension qui va apparaitre.

Ce qui rend d’ailleurs ce voyage un peu plus fascinant c’est justement l’aspect aventure et découverte qui s’en dégage. On a l’impression de visiter des centaines de mondes qui possèdent tous leurs propres faunes et leurs propres flores. L’imagination des auteurs parait alors sans limite devant les yeux et l’imagination du lecteur, le tout bien porté par des descriptions efficaces de monde sauvages et magnifiques. L’aspect technologique est aussi intéressant à découvrir et apporte un plus. C’est fluide, on tourne les pages avec un minimum de plaisir se mettant un peu dans la peau d’un explorateur qui se retrouve plonger à chaque fois dans nouveau monde. C’est d’ailleurs cette capacité de création et de foisonnement qui rend cette seconde partie du roman plaisante, plus en tout cas que la menace qui essaie de s’imposer alors, mais qui manque quand même de force. Le lecteur n’ayant jamais le sentiment d’être intimidé, dérangé, ce qui est quand même dommage. Mais voilà malgré ce côté plaisant et passionnant à découvrir je n’ai jamais été non plus emporté par le récit. Cela se lit facilement, c’est divertissant et sympathique, on retrouve quelques réflexions intéressantes et une fois dedans on tournes les pages avec plaisir, mais voilà j’aurai pu arrêter de lire ce livre pendant un moment que cela ne m’aurait pas dérangé plus que cela, ne ressentant jamais ce besoin de me replonger dedans pour en apprendre plus, d’être happé. Il y a bien une envie de complexifier le tout avec une sous-intrigue plus prenante sur des clivages politiques et sociologiques qui aboutissent à une conclusion explosive et surprenante, mais elle arrive sur le tard et manque encore un peu de mordant. On a l’impression que ce roman est plus un tome d’introduction, il vient simplement poser les éléments pour la suite. Par conséquent, sans être mauvais j’ai eu du mal à me sentir fasciné.

Concernant les personnages ils ne manquent pas d’intérêt et remplissent parfaitement leurs rôles d’aventuriers, rendant vivant leurs expéditions. On les suit avec plaisir et un minimum d’envie d’en apprendre plus, que ce soit Josué héros taciturne et solitaire qu’on découvre au fil des pages et qui a l’air d’être la clé du voyage, ou encore Lobsang Intelligence Artificielle, qui se prend pour un homme ou bien qui est homme coincé dans un IA, et qui apporte une certaine dose de folie et de cynisme devant sa capacité à régir à certaines situations. Certains des personnages secondaires se révèlent aussi très intéressants, même s’il est encore un peu tôt pour en dire plus tant ils restent mystérieux et peu caractérisés dans ce tome. Mais voilà, tout comme l’intrigue, j’ai accroché aux personnages et à leurs façons d’avancer, d’évoluer, mais je n’ai jamais réussi à m’attacher complètement à eux. Il manquait toujours un petit quelque chose au niveau de l’émotion ou des différentes relations pour me les rendre touchants.

Le style du récit n’est pas mauvais, comme je l’ai déjà dit il se révèle fluide, entrainant et joue sur le fait qu’une fois dans le livre on tourne les pages assez facilement. Pourtant je suis quand même légèrement déçu. Je sais bien que quand on écrit un livre à quatre mains, ça modifie la façon d’écrire. Je ne m’attendais donc pas à retrouver totalement le côté poussé d’un point de vue scientifique que j’apprécie chez Baxter et l’humour décapant et mordant de Pratchett, mais j’espérais au moins un mariage des deux. Hors ici,  là où l’aspect scientifique reste agréable et bien amené, j’ai trouvé que l’humour était justement peu présent. Mis à part une ou deux scènes qui poussent à sourire et cette idée globale de pomme de terre, j’ai trouvé que ce qui faisait les qualités de Pratchett étaient étouffés. Dommage. Peut-être que ça changera par la suite. Au final donc ce roman n’a pas complètement rempli les attentes que j’en avais, mais se révèle tout de même sympathique à découvrir, laissant assez de réponses en suspens et un minimum d’intérêt pour que je me laisse tout de même tenter par la suite.

En Résumé : Au final j’ai passé un sympathique moment de lecture avec ce roman qui offre une histoire fluide et un minimum entrainante, mais qui n’a pas non plus complètement répondu à mes attentes. L’histoire ne manque pourtant pas d’intérêt, malgré un début qui part un peu dans tous les sens ; principalement dans la phase d’exploration des différentes terres parallèles qui offre une imagination débordante. Mais l’ensemble fait un peu trop tome d’introduction, posant simplement les bases. Ça se lit facilement, mais il faut attendre la fin, et le début des dissensions, pour vraiment, je trouve, être happé. L’univers présenté est par contre un des gros points forts du récit, donnant au lecteur l’impression d’être un explorateur et permettant aux écrivains de développer des mondes chatoyants et captivants. Les personnages ne sont pas mauvais, se révèlent cohérents et logiques, mais il manque encore un je ne sais quoi du point de vue émotionnel pour complètement les rendre attachants. Certains des personnages secondaires offrent des potentialités que j’espère voir développer par la suite. La plume se révèle fluide, entrainant et assez efficace, mais voilà autant l’aspect aventure de Stephen Baxter est présent, autant le côté humoristique de Terry Pratchett ne se retrouve pas. C’est dommage, car quand j’ai vu le nom de l’auteur je pensais rigoler, hors j’ai à peine souri deux ou trois fois. En tout cas la conclusion ouvre assez de possibilité pour me donner envie de lire la suite.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lune, Lorhkan, Nelfe, Phooka, radicale, Hari Seldon, …

Le Cycle de Lanmeur Intégrale 2, Les Enfants du Léthé – Christian Léourier

le cycle de lanmeur 2 les enfants du letheRésumé : Lanmeur, planète-mère du Rassemblement, poursuit son grand dessein de colonisation…
Sur ces deux planètes que sont Borgœt et Ti-Grid, sa domination est totale. Borgœt, la planète bagne, et Ti-Grid, la pacifique, en sont les exemples frappants. Tandis que depuis  sa prison à ciel ouvert, le Camp 23, Garth survit aux côtés de l’étrange Iwerno et tente d’échapper aux effets du Léthé, la drogue de l’oubli, Skiath part en quête de son nom véritable, celui qui lui dictera sa propre loi, sur son monde où le Lagad, l’épice rituelle, apporte perception et vérité… Mais la seule issue possible, pour ces deux hommes, n’est-elle pas dans la révolte ?

Edition : Ad Astra

 

Mon Avis : Il y a environ un an, je me lançais dans la lecture de la première intégrale du cycle de Lanmeur, qui m’avait offert un bon moment de lecture avec trois textes, différents dans la construction, mais pourtant tous lié par cette idée de rassemblement sous la bannière du peuple de Lanmeur. C’était donc sans surprise que j’ai fais rentrer rapidement cette seconde intégrale dans ma PAL qui, j’avoue, y a trainer un petit moment. La quatrième intégrale devant être publiée prochainement, j’ai enfin pris le temps de sortir ce livre de ma bibliothèque dont la couverture, illustrée par Eric Scala, se révèle toujours aussi accrocheuse. À noter que cette intégrale est composée de deux courts romans et d’une nouvelle.

Les Racines de L’Oubli :  Ce récit nous plonge au cœur de la planète-bagne Borgoet qui use de prisonniers, sans aucun scrupule, pour lutter tous les jours contre la forêt qui cherche à reprendre ses droits et tenter ainsi de coloniser et rendre viable cette terre. Les détenus prennent régulièrement une drogue pour éviter de se souvenir de leur passé et de devenir fous sous la vérité. La révolte gronde pourtant et Garth, le narrateur, va s’y retrouver entraine bien malgré lui.

Ce texte diffère de ceux de l’intégrale précédente, ici pas de Lanmeurien qui viennent intégrer de nouvelles planètes au rassemblement, mais une planète hostile où sont envoyés des prisonniers dont on ne se connait rien vu que la drogue efface leurs mémoires. On se retrouve donc ici plongé dans une ambiance plus sombre, plus angoissante, plus étouffante où la mort rôde à chaque instant que ce soit pour le plaisir des gardiens, par le danger de ce nouvel environnement avec cette jungle qui se défend ou encore par le travail de forçat. J’ai été rapidement happé par ce récit qui se révèle être vraiment réussi, passionnant et efficace, qui nous offre aussi pas mal de réflexions intéressantes. Que ce soit sur l’environnement, avec le traitement de la forêt, du contrôle de population de masse à travers la drogue et l’absence d’identité des prisonnier ce qui les rend malléable. Mais aussi un travail sur la liberté, face à cette révolution qui va amener de nombreux changements sur Borgoet, mais qui va aussi démontrer que quoi qu’on fasse, quoi qu’on souhaite, la liberté possède toujours ces limites.

Les personnages sont aussi un des points forts de ce récit, principalement le narrateur Garth qui est loin d’être un saint et possède de nombreuses failles. S’il a survécu aussi longtemps ce n’est pas par hasard. Entre noblesse et pourriture il se révèle vraiment humain, forcé de faire des choix et de vivre avec, mais qui vont aussi parfois le ronger. Les autres protagonistes qui gravitent autour de lui sont tous intéressants à découvrir, avec une mention spéciale pour Iwerno, idéaliste, mystérieux, fougueux, mais qui aime avoir raison et n’aime pas être contredit ; à la fois sauveur et tyran. Ce texte permet aussi d’offrir un regard nouveau sur Lanmeur avec cette idée de rassemblement, dont on découvre ici qu’elle est loin d’être aussi honorable et lumineuse qu’on le prétend ; elle possède aussi ses zones d’ombres et de manipulations. Ce texte est d’ailleurs mon préféré de cette intégrale.

La Loi du Monde : Ce texte nous fait découvrir la planète de Tri-Grid où l’identité joue un rôle primordial pour chacun, en effet c’est le nom que porte chaque personne qui définit sa loi et donc, par conséquent, sa façon de vivre. On va suivre alors le destin de Skaith, né sur cette planète, qui a été abandonné par sa mère à un Lanmeurien pour le sauver d’une terrible maladie et qui, une fois devenu adulte, part en quête de son nom.

On découvre ici un récit qui se révèle humain, avec ce personnage qui n’est ni accepté par Lanmeur, ni par son peuple et dont sa quête va l’amener à découvrir des choses qu’il n’imaginait pas et à découvrir la folie qui s’empare de son pays. Sans véritable nom il n’était rien, mais une fois qu’il aura un nom que fera-t-il ? Sera-t-il apte à être ce qui a été défini pour lui à la naissance et dont il n’a jamais eu conscience ? Une véritable réflexion intelligente et bien mené sur ce qui définit un homme, sur l’importance de son identité dans sa construction, mais aussi finalement de son environnement et de sa formation. Un simple nom suffit-il à définir une personne ? Voilà ce que propose de nous faire découvrir l’auteur à travers le voyage que va mener Skaith sur cette planète, hostile, où les montagnes et le froid règnent en maître.

Ce texte traite aussi en image fond de l’influence de Lanmeur avec ici un aspect très colonisateur, dont l’incidence est présentée comme une maladie qui se diffuse lentement, au fil des générations, attirant les plus jeunes vers des merveilles inconnues, les éloignant ainsi de leurs racines, de leurs vies, de leurs origines sans aucune possibilité de retour. De nouveau cette idée de rassemblement possède ce double visage; cet intérêt de vouloir mettre les hommes sous la même bannière, égalitaire, vers le même chemin, mais au sacrifice de nombreuses cultures, de nombreuses façons de vivre. Cette influence de Lanmeur va même pousser à la folie et corrompre cette fameuse loi, la vicier au point de pousser certains à perdre complètement la raison. Où est donc la beauté du rassemblement ? Un texte percutant, soigné, réfléchi, mais qui j’avoue possède tout de même quelques longueurs, j’ai parfois eu l’impression que l’auteur multipliait un peu les points de vue pour gagner du temps et garder le lecteur un peu plus longtemps.

Le Secret : Cette nouvelle nous propose de découvrir une nouvelle facette de l’influence de Lanmeur sur les planètes, liée aux générations futures. On suit donc les pas d’un grand-père qui présente son métier à sa petite-fille métissée avec un Lanmeurien. Un texte philosophique, qui se révèle intéressant, offre aussi son lot de réflexions que je vous laisse découvrir pour ne pas trop en dévoiler. J’ai juste été un tout petit peu dérangé par la chute qui m’a paru légèrement improbable. Mais rien de bien gênant.

 

Ce qui me touche encore une fois avec cette nouvelle intégrale ce sont les différents mondes que nous fait découvrir l’auteur. Ils possèdent tous leurs propres réalités, leurs richesses, leurs propres règles, leurs propres sauvageries et leurs propres beautés. Chaque monde se révèle complètement différent et pourtant donne envie d’en apprendre tant il se dégage quelque-chose de magique, de palpable. Là-dessus, on pourrait croire que cette idée de rassemblement commencerait à s’étouffer, à se répéter, mais il n’en est rien tant les intrigues et surtout les réflexions proposées arrivent à se renouveler, à apporter de nouvelles réponses, mais aussi de nouvelles questions sur des discussions de société ; de l’influence des uns sur les autres. Avec dans cette seconde intégrale un point se dégage tout particulièrement, celui de l’identité et de la mémoire. Concernant la plume de l’auteur elle se révèle toujours aussi soignée, fluide, dense et poétique ce qui fait qu’on est rapidement emporté à travers les différentes histoires. Je ne peux que conseiller la découverte de Lanmeur. Il ne me reste plus qu’à faire entrer la troisième intégrale dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec cette seconde intégrale du cycle de Lanmeur, qui nous propose de découvrir des textes vraiment passionnants, touchants et intelligents. Chaque intrigue se révèle différente de la précédente, faisant réfléchir le lecteur sur de nombreuses questions, que ce soit d’un point de vue sociologique ou personnel, et se révèlent fluides et entrainantes. L’auteur n’oublie pas non plus de traiter de cette fameuse idée de rassemblement de l’humanité, qui continue à se révéler à deux visages. Les différents univers qu’on découvre au fil des pages sont magnifiques et donnent envie à chaque fois d’en apprendre plus, que ce soit d’un point de vue culturel, ou bien encore dans la découverte de leurs écosystèmes. La plume se révèle toujours aussi soignée, poétique et entrainante, nous plongeant facilement dans chacun de ses récits. Je ne peux qu’encourager la découverte de Lanmeur. Il ne me reste plus qu’à faire rentrer les prochaines intégrales dans ma PAL.

 

Ma Note : 8,5/10

 

Autres avis : Mariejuliet, Lune, Phooka, Xapur, J.a.e_Lou, Lauryn, …

Métro 2033 – Dmitry Glukhovsky

metro 2033Résumé : 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie.Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d’une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Métro 2033 fait partie des livres qui traînent dans ma bibliothèque depuis un long moment maintenant et dont j’en annonce régulièrement la lecture sans jamais me lancer. Lelf pourra d’ailleurs confirmer, déjà en avril 2013 je postais sur son blog qu’il fallait que je le fasse sortir de ma PAL c’est dire si j’ai pris mon temps, vu qu’on est quand même en octobre 2014. Comme je l’ai déjà dit ce genre de livre, à force de trainer, commencent à rentrer au fil du temps dans la catégorie « monstres de bibliothèque », ces livres qu’on a achetés avec une envie et un état d’esprit particulier, mais qu’on n’est pas sûr de retrouver au moment de la lecture. Cette peur d’être déçu du livre qu’on aurait pas lu au bon moment. En tout cas la couverture, à travers son illustration assez simple et efficace et cette carte du métro qu’on retrouve dans les rabats, donne envie de lui laisser une chance.

On plonge avec ce roman dans un univers post-apocalyptique où, suite à une grande guerre nucléaire qui empêche toute vie à la surface, l’humanité est obligée d’aller se terrer sous terre et plus précisément dans le métro. On va donc se retrouver à suivre le voyage de Artyom, qui est choisi un peu contre son gré, à travers une quête pour sauver sa station de métro, voir même toutes les stations, de l’invasion de mutants. À partir de là l’auteur se met à construire une intrigue, certes assez classique dans sa construction, avec ce héros qui avance au fil des péripéties pour trouver comment lutter contre une invasion de mutant, mais qui se révèle très efficace. Le rythme, qui se révèle posé, offrant tout à tout de façon réussi des scènes d’action, de tension, d’adrénaline et de frissons, avec des passages plus calmes alternant entre une description dense de son univers ou bien encore les introspections du héros face à ce qu’il découvre, son évolution et aux nombreuses aventures qu’il va vivre. L’ensemble se laisse lire avec plaisir et on tourne les pages assez facilement pour en apprendre plus sur cette histoire sombre et parfois déroutante, remplie de rebondissements et de surprises.

L’un des points intéressant de ce récit vient, je trouve, de son univers. Alors certes, il demande un peu de temps pour être apprivoisé, principalement face aux nombreuses stations de métro russes aux noms imprononçables sans entrainement qui fait qu’il n’est pas toujours facile de s’y repérer, mais il offre un monde qui se révèle finalement complexe, angoissant, effrayant, oscillant entre rêve et réalité et dont il vaut mieux parfois ne pas trop explorer profondément pour éviter de mauvaises surprises. Il ne faut d’ailleurs pas trop être claustrophobe tant la représentation des voyages dans les tunnels du métro se révèlent parfois assez oppressante et visuelle. Je comprends d’ailleurs parfaitement que cet univers se soit retrouvé adapté en jeu vidéo tant l’aspect survival-horror y est très présent, offrant ainsi une ambiance qui devient de plus en plus dense et lugubre au fil des pages et qui devrait ravir les fans de frissons. Vient aussi s’y ajouter une couche d’aberrations suite aux radiations offrant ainsi quelques monstres des plus effrayants que je vous laisse découvrir. Mais voilà l’auteur ne cherche pas non plus qu’à nous faire peur, loin de là, il nous propose aussi un travail prenant et soigné sur cette humanité forcée d’aller vivre, ou plutôt survivre, sous terre et la façon dont elle a évolué pour essayer de continuer à avancer.

C’est d’ailleurs l’autre point que j’ai trouvé réussi, cette façon de présenter l’humanité qui, devant son besoin de continuer à avancer, finalement retombe dans tous ses travers. Notre héros va ainsi découvrir tout le long de son voyage des stations communistes, capitalistes, néo-nazis voir encore scientifiques. Lui qui ne connaissait rien d’autre que sa station va alors se rendre compte de la diversité qui compose l’Humanité, que ce soit en bien ou en mal, et l’impossibilité pour elle d’arriver à s’entendre, source de conflits réguliers. L’auteur balaie ainsi une belle partie de l’Histoire, cherchant aussi à faire réfléchir le lecteur sur les différentes idéologies, religions et autres aspects mystiques qui ont ainsi amenés les peuples à se déchirer et l’Homme vers l’apocalypse ; tout en restant  neutre dans la présentation. C’est à chacun de se faire son propre avis sur cette population hétérogène, où chacune possède ses qualités et ses défauts, où parfois comprendre les différences de l’autre et de les lui dévoiler est plus difficile que de le juger. On y retrouve aussi, comme souvent avec des romans post-apo, une réflexion simple mais efficace sur la technologie, ce besoin d’aller toujours plus loin. Il n’oublie pas pour autant d’y insérer une certaine dose d’espoir, principalement à travers Artyom, ses rêves et ses découvertes.

Concernant les personnages, Artyom se révèle vraiment intéressant à découvrir à travers son voyage initiatique. Au départ il est un peu « vierge » de tout idéologie, mais il va devoir évoluer devant les différentes personnes qu’il va croiser et les différentes aventures qui vont parfois le mener très loin, voir même très près de la mort. D’ailleurs son aspect assez innocent joue beaucoup sur le fait qu’on s’accroche à ce personnage, car tout comme lui on découvre ce monde, à travers ses yeux, sans les interférences qui pourraient parasiter ses réflexions. Je lui reproche juste par moment d’être un peu trop passif, il donne clairement l’impression de subir éternellement sans jamais ne rien faire pour changer cela, mais rien de vraiment dérangeant non plus. Les personnages secondaires se révèlent eux aussi intéressants et surtout vraiment hétéroclites, chacun ayant un point de vue complètement différent que ce soir sur la guerre, l’humanité ou encore la survie. Ce sont justement ses différentes rencontres qui portent aussi le récit, amenant une certaine diversité de point de vue. Par contre je suis déçu de l’absence de personnage féminin un minimum construit, les femmes sont à peine présentes sur 10 pages et tombent facilement dans la caricature.

Mais voilà pourtant certains points m’ont quand même dérangé dans ce roman. Déjà j’ai trouvé qu’en avançant dans le récit, l’auteur tournait un peu trop en rond dans sa construction. C’est bien simple c’est un peu toujours la même chose, j’avance, je découvre une station, un problème apparait, problème réglé, j’avance. C’est dommage je trouve surtout que vers la fin l’histoire donne en plus l’impression de tirer un peu en longueur. Rien de non plus très méchant, tant l’ensemble se révèle au final efficace, mais qui se ressent tout de même légèrement. Concernant la conclusion, en soit elle n’est pas mauvaise, mais je l’avais deviné quasiment dès le premier quart du roman ce qui gâche finalement l’effet de surprise. Dommage.

Le style de l’auteur m’a un peu dérouté au début, il se révèle certes efficace, entrainant et soigné, mais il me paraissait assez froid. C’est principalement dans les dialogues entre les personnage que j’ai remarqué une certaine distance, je sais que cela vient, selon moi, du fait que l’auteur soit Russe ou la familiarité est sûrement moins présente, mais il m’a fallu un petit moment d’adaptation. Rien de bien méchant tant une fois dans le roman l’ensemble se révèle fluide. Au final j’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre et je lirai la suite sans souci qui d’ailleurs m’attends justement dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans les profondeurs du métro Russe. L’histoire se révèle, certes classique dans sa construction mais efficace et bien mené, suivant le voyage du héros dans sa quête pour sauver sa station d’une grande menace. L’univers qui est développé au fil des pages est vraiment réussi, à la fois sombre, angoissant, troublant, cachant de nombreux secrets dans les ombres. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison qu’il a été adapté en jeux-vidéos. Mais surtout l’auteur se sert de ses lignes de métro pour nous faire réfléchir sur l’Homme sa diversité, son impossibilité à s’entendre complètement, à toujours croire avoir raison ce qui a amené l’apocalypse. Les personnages se révèlent intéressant, soigné et efficace et on s’attache rapidement à Artyom. Je regrette par contre l’absence de personnages féminins, les seuls femmes qu’on croise tombant rapidement dans la caricature. La plume de l’auteur, malgré un côté un peu distant et froid, se révèle soignée et entrainante. Je regrette par contre certaines longueurs vers la fin ainsi qu’une conclusion que j’avais devinée dès le début et qui gâche un peu la surprise. Rien de non plus bloquant, tant l’ensemble a été efficace et je lirai la suite sans souci.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Herbefol, Lelf, Tesrathilde, Livre-un-jour, etc…

Bleu Argent – Olivier Paquet

bleu argentRésumé : Dans un futur où l’espèce humaine a gagné l’espace, chaque planète abrite une colonie dans la culture est censée se perpétuer au fil des siècles. Mais certains jeunes esprits ne peuvent s’en satisfaire…
C’est un monde isolé, un monde de contes, deux anneaux emmêlés en suspension dans l’espace : Poéia.
C’est un monde de mystères, de cette navette nommée Bleu Argent qui tourne depuis un siècle autour de l’étoile centrale, jusqu’à ces habitants qui choisissent de partir sans donner de raisons.
C’est un monde de lumières, celles qui brille dans les yeux de Lyzia, impatiente de devenir Conteuse, ou dans les rêves de son ami Joris quand il imagine voyager au milieu des étoiles.
C’est l’histoire de la rencontre entre deux légendes, celle qui habite Origine, la station à l’intérieur des anneaux, et celle du Melkine, un navire-université mythique.

Edition : L’Atalante Young Adult

 

Mon Avis : Il y a environ deux ans je me lançais dans le premier tome de la trilogie sur le Melkine d’Olivier Paquet, un cycle qui m’a offert un très bon moment de lecture avec une histoire à la fois sombre, dure, intelligente, mais aussi pleine d’espoir et touchante (Chronique du Tome 1, Tome 2, Tome 3). Par conséquent quand j’ai vu que l’auteur avait décidé de revenir dans cet univers avec ce roman, annoncé aussi un peu plus jeunesse, je n’ai pas mis longtemps avant de l’avoir entre les mains. J’ai l’impression de me répéter, mais je trouve la couverture, illustrée par Manchu, magnifique.

Ce roman nous propose de découvrir Joris et Lyzia deux adolescents qui vivent sur Poéia et cherchent à profiter des derniers instants qu’ils peuvent avoir ensemble avant de devoir se séparer pour vivre leurs rêves. Mais rien ne va se passer comme prévu et ils vont devoir faire face à de nombreux bouleversements. L’auteur construit alors une histoire qui, dès les premiers chapitres, se révèle solide et efficace. Le lecteur se laisse clairement emporter face aux nombreuses péripéties et révélations que vont rencontrer nos héros. L’intrigue se construit d’abord lentement, telle un conte, travaillant le fond pour immerger son public avant d’accélérer le rythme au fil des pages pour aboutir à un final qui se révèle sans temps mort et explosif. Mais voilà ce qui importe surtout ici c’est surtout le chemin qui va se dévoiler. On savoure chaque instant passé avec ces héros, chaque lieu qu’ils nous font voir, chaque découverte et chaque réflexion.

Car oui, l’auteur n’oublie pas pour autant de nous offrir un texte qui se révèle intelligent, proposant ainsi plus qu’un récit divertissant, tout en offrant de l’espoir et du rêve au lecteur. Il nous propose ainsi des axes de réflexions soignés sur la vérité, la connaissance, la curiosité qui pousse parfois les gens à remettre en cause certains aspects, à vouloir évoluer, changer ce qui est figé et démodé , à réfléchir sur leur condition et tenter de mieux comprendre qui ils sont. Il nous offre aussi une explication, ou plutôt une interprétation, de l’histoire très intéressante et efficace sur l’Expansion, comment les Hommes, face à leurs folies destructrices, se sont lancés dans la conquête des étoiles. Mais comme je l’ai dit il nous propose aussi un texte plein d’ambition et de rêve, principalement cristallisés par nos deux héros ; Joris dont l’objectif est de voyager et vivre des histoires dans les étoiles à travers le Melkine et Lydia qui, elle, cherche à devenir conteuse, à se servir de sa voix et de son imagination pour faire vivre des histoires aux autres. Derrière ce livre se cache au final un récit rempli d’optimisme, qui nous rappelle que malgré toutes les incertitudes, tous les doutes ou encore les mensonges il ne faut jamais abandonner son rêve, car qui sait il se réalisera peut-être et le tout de façon touchante et sensible.

Ce qu’il y a de bien avec l’univers qui nous est proposé c’est qu’il permet, à travers les différents romans, de découvrir de nombreuses planètes toutes différentes les unes des autres, possédant leurs propres coutumes et originalités. Poéia n’échappe pas à la règle et on découvre un monde fascinant, déjà par son aspect à travers un double anneau monde rempli de mystères et de surprises qui donne envie d’être découvert, même si je trouve que l’aspect des anneaux emmêlés aurait pu être traité encore plus en profondeur. Mais là c’est plus mon côté lecteur de SF qui parle. En tout cas il s’agit d’une planète intrigante, où les contes sont au coeur de la politique ce qui offre d’ailleurs une narration où ceux-ci viennent s’insérer dans l’intrigue, ce qui, je trouve, apporte un véritable plus à l’ensemble, tout en restant fluide et cohérent. Des petites perles disséminées au milieu des pages qui se savourent avec plaisir. Mais voilà c’est aussi un monde qui n’est pas non plus que lumière, il possède aussi ses parts d’ombre et cache, comme souvent dans l’Expansion, un terrible secret ainsi que son lot de manipulations.

Concernant les personnages j’ai trouvé Lyzia et Joris profondément attachants au fil des pages, principalement à travers leur relation, qu’ils savent impossible sur la durée, suivant deux trajets différents, mais qui pourtant sont liés comme les deux doigts de la main. Une relation émouvante entre dits et non-dits de ces deux adolescents qui, au fil des pages, deviennent de plus en plus adultes, devant faire des choix et accepter. Le personnage de Virgile se révèle aussi intéressant, il remplit parfaitement son rôle de changement, de boussole qui servira à guider nos deux ado au fil de leurs aventures, un héros intelligent même s’il reste par moment un peu trop mystérieux. Concernant les autres protagonistes ils sont plus esquissés, juste ce qu’il faut pour apporter les révélations nécessaires pour faire avancer intrigue et personnages, sans non plus se révéler ennuyeux, même si j’avoue j’aurai peut-être apprécié qu’un de ces personnages soit un peu plus développé. Mais je chipote un peu, ils remplissent parfaitement leurs rôles.

Alors après, cela reste un roman qui doit aussi bien toucher les jeunes et les moins jeunes, ce qui fait que j’ai trouvé parfois que certaines révélations s’obtenaient un peu trop rapidement, mais rien de non plus bien gênant. Par contre, j’ai trouvé que la conclusion était peut-être traitée un peu trop rapidement, cette découverte finale m’a parue être acquis finalement assez facilement. Mais cela n’enlève en rien les qualités de ce livre, venant seulement de mon esprit qui aime bien, je pense, complexifier les choses.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, entrainante et poétique au fil des pages, plongeant efficacement le lecteur dans l’histoire. Au final un bon roman qui peut être lu par les adolescents comme par les adultes, qui nous parle d’enfance, de magie, de conte, de rêves et d’étoiles, qui nous offre aussi des réflexions intéressantes sur la vérité et une  jolie dose d’optimisme et d’espoir, nous montrant que même si parfois tout va trop vite, que rien n’est facile il faut peut-être prendre le temps de lever les yeux au ciel pour y voir les étoiles ou bien regarder en soi pour y trouver cette petite étincelle de magie. Vous l’aurez remarqué c’est un livre qui m’a touché malgré quelques petits défauts. En tout cas je lirai sans souci d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui, en plus de nous proposer une histoire efficace et entrainante, ne manque pas d’offrir des réflexions intéressantes sur l’évolution, la curiosité, la vérité ou la connaissance tout en y ajoutant une bonne dose de rêves, d’étoiles et d’espoir. La planète de Poéia se révèle fascinante et intrigante, reposant sur ses deux anneaux emmêlés en suspension et où le conte possède une place importante. Les personnages se révèlent attachants et touchants, principalement Joris et Lyzia, et nous entrainent facilement dans leurs aventures. J’aurai peut-être aimé qu’un des personnages secondaires soit un peu plus développé, mais rien de bien gênant. Par contre j’ai trouvé la conclusion traitée peut-être un peu trop rapidement, mais cela ne diminue pas les qualités du récit. La plume de l’auteur est toujours aussi soignée et poétique offrant ici une narration alternée, entre histoire et contes, réussie et passionnante. Au final un très bon récit pour jeunes et moins jeunes et je lirai avec grand plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

Demain, une Oasis – Ayerdhal

demain une oasisRésumé : Il était moitié médecin moitié technocrate, à Genève. Il avait un nom. Il n’en a plus : on le lui a retiré un soir, avec le reste de son existence. Une limousine devant, une derrière, un coup de freins, des portières qui claquent, un pistolet-mitrailleur, deux baffes bien assénées, une cagoule, des jours dans une cave sous perfusion et somnifères… Normal pour un kidnapping !
C’est au réveil que ça commence à clocher, quelque part dans un désert africain, à côté d’un vieillard gravement gangrené, quand un commando humanitaire lui confie la responsabilité médicale du village dans lequel il l’abandonne…

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : Je continue ma plongée dans l’univers littéraire d’Ayerdhal, auteur qui m’a toujours marqué par ses récits régulièrement percutants, réfléchis et surtout entrainants. Je n’ai jamais été déçu par les différents textes que j’ai lu de lui. C’est donc sans surprise que je suis reparti des dernières Imaginales avec ce roman sous le bras que je n’avais pas encore lu (il m’en reste encore un certain nombre à découvrir) et qui fait partie de ses premiers romans publiés puisque sorti en 1992. Concernant l’illustration de couverture je la trouve sympathique, même si finalement loin de ce que laisse entrevoir le résumé.

L’histoire en elle-même se révèle assez simple, notre héros, le narrateur, se met à conter l’histoire de sa vie. Il était un simple médecin, devenu analyste de probabilités dans une organisation à Genève le jour où sa vie a changé, le jour où il a été kidnappé puis débarqué en Afrique. L’auteur nous offre dès les premières pages une intrigue qui se révèle sans temps mort, remplie de rebondissements, de retournements de situation et de surprises. Chaque chapitre apporte son lot d’action et d’adrénaline ce qui fait que le lecteur se met à tourner les pages avec un minimum d’envie et de plaisir pour apprendre ce qui a bien pu arriver au héros. Une chose est sûre c’est que Ayerdhal sait parfaitement maîtriser le tempo du récit, offrant un rythme soutenu et tendu du début à la fin. Il propose un personnage principal qui va clairement se retrouver malmené, poussé à bout et qui à force va découvrir la vérité et se découvrir lui-même.

La grande force du récit vient, comme souvent avec l’auteur, des différentes idéologies et réflexions qu’il développe au fil des pages. Ici on n’est pas happé, mais on est littéralement « kidnappé » par les différentes idées qui sont développées. Il cherche clairement à nous ouvrir les yeux sur un problème qui devient de plus en plus capital, l’Afrique, ou plus précisément l’abandon de ce continent par les pays considérés comme développés, voire en voie de développement, la laissant dans son coin tout en lui demandant de ne pas faire de bruit. Une Afrique longtemps gouvernée par des dictateurs qui savent se vendre au plus offrant, ne se souciant ni de leurs pays, ni de leurs populations mais plus d’eux-même. Il nous parle de ces pays riches, de ces industriels qui préfèrent financer des programmes exorbitants sur des études et des travaux pas toujours nécessaires plutôt que de fournir une infime partie de leurs budgets à l’humanitaire. On découvre un système de  santé à double vitesse qui repose sur des laboratoires qui voient plus le profit que la guérison. Cette Afrique a perdu tout intérêt dans ce futur, elle est oubliée, laissée pour compte et surtout subit nos erreurs, la désertification et la sécheresse gagnant de plus en plus de surface. L’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère, il est là pour réveiller le lecteur et pour cela y va franchement, c’est une véritable claque qu’on se prend du début à la fin, on retient sa respiration au fil des pages. L’auteur veut nous ouvrir les yeux et il le fait de façon percutante et efficace je trouve. Ce qui marque aussi c’est que, comme je l’ai dit, ce roman a été écrit en 1992 et pourtant il se révèle encore terriblement d’actualité, voir même s’est révélé visionnaire à l’époque.

Mais voilà l’auteur ne se sert pas de la Science-Fiction que pour nous secouer, au fil des pages il relâche doucement la pression et devient alors un peu idéaliste, essayant d’offrir un espoir et ainsi éviter de noyer le lecteur dans le cynisme. Il imagine un continent dont les nations commenceraient à se rassembler, avec un idéal, essayer de relever ce continent oublié, certes par des voies pas toujours légales, comme le terroriste ou le kidnapping de personnels adaptés pour les aider. C’est d’ailleurs cette réflexion qui marque et dérange le lecteur, je trouve, tout du long : La survie d’une nation doit-elle passer par des actions illégales ? Nous, pays « civilisés », avons-nous fait les choses mieux et de façon différente ? À chacun de se faire son avis. En tout cas ils n’ont plus décidé de se faire marcher dessus et ont des idées à défaut de moyens. Alors j’avoue, l’auteur va parfois trop loin, cherchant à trop en faire, à trop secouer le lecteur, c’est parfois légèrement agaçant, mais vu que le roman est assez court on passe très vite au-dessus de ces quelques légers désagréments, qui sont finalement assez vite oublier devant l’ampleur du message à faire passer. Par contre, j’ai trouvé l’idée finale peut-être un peu trop utopiste, mais rien de bien gênant.

Concernant les personnages, je dois dire qu’on s’attache assez rapidement et facilement au narrateur, personnage lambda d’une nation aisée qui se retrouve dans ce qu’il considère initialement comme un enfer et qui va peu à peu découvrir et ouvrir les yeux. D’ailleurs le fait que l’auteur ne lui donne jamais de nom, mais simplement des surnoms joue aussi sur cette identification, car finalement il pourrait être n’importe qui. Concernant les autres personnages ils ne manquent pas d’intérêt, chacun ayant une vision et un vécu différent du conflit, de l’abandon. Mais voilà je trouve qu’ils manquent quand même de profondeur, ce sont des héros qui ne vivent que dans le présent, il leur manque un peu de background, d’histoire selon moi, et c’est parfois frustrant de ne pas en savoir plus sur certains. De plus j’ai trouvé l’histoire d’amour un peu trop facile et aussi un peu trop pratique, rien de dérangeant, juste on sent qu’elle est là car elle sert l’intrigue.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi incisive, mordante, efficace et entrainante, nous plongeant avec facilité dans son histoire pour ne jamais relâcher le lecteur avant la fin, malgré j’avoue quelques métaphores surprenantes. Un roman clairement engagé, politique, intelligent, qui mérite d’être découvert, même si on peut ne pas toujours être d’accord avec ce qui est mis en avant. Au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman et je continuerai donc à découvrir d’autres récits de l’auteur sans souci et avec plaisir.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui propose de nous faire un sujet encore d’actualité qui est l’Afrique, sa pauvreté et son abandon. L’auteur construit alors un récit sans temps mort, plein d’adrénaline au cours duquel on suit les aventures du narrateur, médecin kidnappé et livré sur ce continent. Mais c’est surtout sur le message que l’auteur cherche à faire passer qu’on prend une véritable claque, car il cherche à ouvrir les yeux de ses lecteurs sur un véritable problème de société, et il le fait de façon percutante et directe. Ce roman possède même un aspect limite visionnaire quand on sait qu’il a été écrit au début des années 90 et qu’on voit ce qui se passe aujourd’hui. Par contre j’ai trouvé l’idée de conclusion un peu trop utopiste. Le personnage principal se révèle attachant et on s’identifie rapidement à lui, les personnages secondaires sont intéressants même si j’aurai aimé en savoir plus sur certains. En revanche, j’ai trouvé l’histoire d’amour un peu facile, même si rien de non plus bloquant. La plume de l’auteur se révèle vraiment incisive, entrainante et efficace, malgré parfois quelques métaphores un peu surprenantes. Un livre qui mérite d’être découvert selon moi si on ne veut pas fermer les yeux. En tout cas je continuerai à lire des romans de l’auteur sans souci.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Lorhkan, A.C. de Haenne, Julien le Naufragé, …

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