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Les Derniers Jours du Paradis – Robert Charles Wilson

les derniers jours du paradisRésumé : Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un chauffard. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que fuir.
L’Hypercolonie est repartie en guerre contre tous ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué.

Edition : Denoël Lunes d’Encre (Parution le 04-09-2014)
Traduction : Gilles Goullet

 

Mon Avis : Je suis un grand admirateur des écrits de Robert Charles Wilson, principalement par sa capacité à offrir une science-fiction mélangeant efficacement l’inexplicable au contemporain et surtout porté par des personnages qui se révèlent humains dans leurs réactions et leurs évolutions. J’ai déjà lu six livres de l’auteur et je n’ai jamais été vraiment déçu, même si tous ne sont pas au même niveau. C’est donc sans surprise que lorsque l’on m’a proposé de découvrir son dernier livre, je me suis rapidement laissé tenter. Il faut bien avouer que le résumé se révèle accrocheur. Concernant la couverture, de nouveau illustré par Manchu, j’avoue être moins fan que d’habitude même si elle reste sympathique.

L’intrigue de ce roman rappelle clairement les histoires de SF d’il y a quelques années, celle où la terre se révèle infiltrée par un organisme supérieur, pour des raisons que personne ne connait, et qui manipule l’humanité à l’insu de son plein grès. Malgré ce côté assez classique, l’auteur s’en sort très bien dans la construction de son histoire, dès le premier chapitre il nous happe à travers Cassie qui se retrouve à fuir suite à la mort par accident d’un sim devant chez elle. On se retrouve alors plongé dans une fuite en avant, qui monte doucement en tension et en intensité face à cette traque et cette envie de survie de nos héros qui va alors les pousser parfois aux pires exactions. Une aventure pleine de suspens qui fait qu’on tourne les pages avec un minimum d’envie. L’utilisation de deux points de vue dans l’histoire, avec le premier qui suit le groupe jeune que comprend Cassie et l’autre plus adulte que comprend son Oncle Ethan, permet aussi d’offrir un plus à l’ensemble, que ce soit dans ces différents sentiments d’insécurité qui les obligent à toujours courir, comme dans les différents angles d’explication qui se dévoilent au fur et à mesure, aussi bien concernant l’Hypercolonie que sur le monde et la résistance de certains.

L’univers que construit l’auteur nous propose un monde parallèle où la guerre a quasiment disparu depuis l’armistice de 1914, offrant ainsi un monde qui devrait paraitre plus sûr, géré de façon complètement différente et offrant des alliances que personne n’imaginait, le tout bien entendu manipulé par l’Hypercolonie. J’avoue qu’il y a quelques chose de fascinant dans la construction de cette Histoire alternative que l’auteur dévoile lentement, insérant des indices et des éléments ici ou là au milieu de son intrigue. Un monde qui donne une impression un peu désuète, style années 60, comme si la technologie était mauvaise pour l’homme.  L’auteur nous offre alors des réflexions qui ne manquent pas d’intérêt comme par exemple sur le libre arbitre, sur le fait que l’humanité se laisse aller avec une facilité déconcertante dans le conflit et la destruction. Qu’est-ce qui est le plus intéressant, d’avoir la sécurité, mais sous le contrôle d’une entité supérieure ou avoir la liberté en sachant que cela mène souvent à des conflits mondiaux? L’auteur propose aussi un aspect scientifique intéressant comme par exemple ce parallèle avec certaines castes d’insectes, expliqué de façon simple et compréhensible. Mais voilà malgré ces points qui se révèlent réussis, j’aurai pourtant aimé en savoir plus sur ce monde, l’auteur ne construisant parfois que ce dont il a besoin pour son histoire et offrir un minimum de densité, mais laissant certaines questions en suspens comme par exemple concernant la géopolitique ou encore, pourquoi pas, la démographie.

Concernant les personnages il s’agit, comme souvent avec l’auteur, d’un des points forts de ce roman. Il nous offre comme toujours des héros qui s’annoncent denses, complexes et profondément humains au fil des pages. On arrive à s’attacher où à s’intéresser facilement à chacun d’eux, offrant une palette de point de vue assez large et diversifiée. Chaque protagoniste possède ses doutes et ses certitudes, guidé par ses émotions et son vécu ; entre Cassie jeune fille d’à peine 19 ans qui a  toujours vécue à la marge de la société, dans la peur, suite à la mort de ses parents ou bien encore Ethan son oncle scientifique qui a perdu énormément et qui cherche pourtant d’une certaine façon à avancer à lutter. Tous vont se retrouver à devoir faire des choix pas toujours faciles et qui vont les marquer durablement et c’est là-dessus qu’ils arrivent à nous captiver, devant la façon dont chacun va devoir évoluer, leurs interactions les uns les autres face aux différents problèmes qui se posent à eux. Un des aspects intéressant vient aussi de leurs différentes perceptions qu’ils ont de cette Hypercolonie, allant du très scientifique à un aspect peu-être un peu plus romantique d’un monde meilleur.

Pourtant, malgré pas mal d’aspects plutôt positifs, ce livre se révèle loin de m’avoir marqué autant qu’a pu le faire Spin ou Julian du même auteur qui sont, ses meilleurs romans dans ceux que j’ai lu. On y retrouve cependant un certain parallèle avec Spin, cette main supérieure qui influence l’humanité, mais j’ai eu l’impression que l’auteur restait un peu trop en surface, cherchant peut-être plus à offrir un roman de science-fiction qui recherche un public plus large, ce roman pouvant se lire très facilement par un adolescent. De plus j’ai trouvé que par moment l’auteur se répétait un peu, principalement dans certains dialogues qui ressassaient les même questionnements et argumentations; mais de façon différente. J’avoue aussi avoir remarqué une petite facilité, que je ne peux dévoiler sans spoiler, mais qui contredit une statistique qui parait importante, mais sur ce point rien de bien gênant. Au final ce roman se lit tout de même facilement, on y retrouve pas le côté fascinant et émerveillant de certains de ces romans, mais cela n’empêche pas à ce livre d’être divertissant et d’offrir un agréable moment de lecture.

La plume de l’auteur est toujours aussi efficace, fluide, entrainante et plus on avance dans le livre et plus on se sent emporter, le tout pour aboutir à une conclusion que j’ai trouvé fascinante, explosive et évitant le happy-end qui aurait été un peu facile. Finalement j’ai un peu l’impression d’avoir le même ressenti qu’avec Blind Lake, un roman très agréable, efficace avec un concept de départ intéressant et de bonnes idées, mais qui aurait pu être meilleur, manquant peut-être d’un peu plus d’ambition. Peut-être que j’attends un peu trop de l’auteur aussi. En tout cas cela ne m’empêchera pas de lire d’autres écrits de Robert Charles Wilson car l’ensemble se révèle toujours aussi prenant.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman, certes il n’est pas le meilleur de l’auteur, mais cela ne l’empêche pas d’offrir une histoire qui se révèle efficace, pleine de suspens où la tension monte au fil des pages pour happer le lecteur, même si construite sur des bases classiques. L’univers parallèle que développe l’auteur est très intéressant même si j’aurai aimé avoir plus d’informations concernant certains aspects. Les personnes construit au fil des pages sont, comme souvent avec l’auteur, humains et attachants face à leurs évolutions et leurs choix pas toujours facile. La plume de l’auteur se révèle fluide et efficace pour aboutir à une conclusion fascinante, pleine d’émotion et explosive. Je reproche en fait à ce roman certaines répétitions dans certains arguments, mais surtout un léger manque d’ambition par rapport à ce que proposait l’auteur ces dernières années, peut-être aussi pour viser un public plus large. Cela n’empêche pas pour autant ce roman d’offrir une lecture divertissante et efficace. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ly lit, …

Le Cycle des Xeelees Tome 2, Singularité – Stephen Baxter

singulariteRésumé : « Les Xeelees possédaient l’univers…
Quand les hommes avaient émergé du système solaire en se traînant à vitesse subluminique sur les premiers vaisseaux GUT, ils étaient entrés dans un environnement complexe peuplé de nombreuses races intelligentes dont chacune obéissait à ses propres impératifs et poursuivait ses propres buts. […] Moins de deux siècles après l’époque de Michael Poole, la Terre était conquise, puis transformée en camp de travail par les gestalts aquatiques que les humains avaient appelé les Squeems. [Mais] où que les hommes et les races qu’ils avaient rencontrées regardent, ils voyaient l’empreinte des Xeelees. Se tenant à l’écart de l’univers, ils évoquaient des dieux : indifférents à tout, concentrés sur leurs vastes œuvres et leurs mystérieux projets… »

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

 

Mon Avis : Après avoir découvert le premier tome de ce cycle qui, malgré un aspect premier roman et quelques défauts, m’avait laissé un sentiment plutôt positif, dont les idées donnaient fortement envie de découvrir la suite (ma chronique ici), j’ai donc fait rentrer ce tome deux dans ma PAL. Un des points qui m’a fait aussi continuer ce cycle, c’est que chaque roman peut, sauf exception, être lu indépendamment des autres, l’auteur ne cherchant pas à construire une intrigue continue, mais plutôt à offrir plusieurs histoires qui forment une fresque. À noter de nouveau une magnifique couverture illustrée par Manchu.

Finalement j’ai bien fait de me laisser assez rapidement tenté par ce second tome, car une fois la dernière page tournée, je l’ai trouvé un ton au-dessus que Gravité et m’a offert un bon moment. L’auteur nous offre de nouveau un Space-Opera, mais qui cette fois prend place, non pas dans un anneau monde, mais dans l’univers de la Terre. À partir de là on va découvrir une humanité sous le joug des Qax, qui va tenter de se rebeller, offrant alors au lecteur une intrigue qui va s’étendre à travers l’espace et le temps, se révélant fascinante, flamboyantes et pleine d’aventures. Singularité se révèle alors, selon moi, plus maîtrisé, plus efficace et plus abouti que l’était Gravité. On obtient ainsi un récit moins stéréotypé et moins caricatural, même si classique dans ses grandes lignes, et plus entrainant, mélangeant habilement l’aspect scientifique avec rebondissements tout en y offrant aussi un souffle cosmique captivant, qui arrive à happer le lecteur facilement. Dès les premières pages on entre dans l’histoire, l’auteur évitant la longue introduction pour nous plonger dans cette lutte au rythme soutenu et qui possède son lot d’action et de révélations.

Concernant l’aspect scientifique il s’agit bien entendu de Hard-Science et, oui, il vaut mieux posséder un minimum de bagage et aimer la science, pour ne pas se perdre dans toutes ces explications. Entre Schrödinger, Wigner, les trous noirs, les singularités, les trous de vers, la matière exotique l’auteur travail sur énormément de théories pour construire son récit et, malgré une explication fluide et assez simplifié, se révèlent pas toujours facile d’accès. Personnellement, j’ai trouvé cet enchevêtrement de théories et d’explications assez fascinant, principalement dans la capacité à s’en servir pour construire, développer et densifier son intrigue au fil des pages. Surtout il expose des postulats qui se révèlent étourdissantes et pourtant réalistes, comme par exemple celle que propose les Amis de Wigner que je vous laisse découvrir, qui offre une réflexion assez surprenante sur l’univers.

L’univers qui est développé tout au long roman se révèle intéressant, mélangeant les époques, entre avenir, présent et futur nous offrant alors une humanité en constante évolution, connaissant des hauts et des bas entre domination et soumission. Elle va sans cesse réagir, mais pas toujours de la meilleure façon tombant parfois dans le fanatisme. On découvre aussi les fameux Xeelees, leurs influences sur toutes les espèces ainsi que leur fameux projet concernant cet univers. Mais aussi les Qax des êtres assez fascinants par leur existence biologique qui repose à travers les turbulences. L’aspect technologique est  soigné et efficace que ce soit aussi bien, par exemple, les vaisseaux humains qui reposent clairement sur la technologie, que les vaisseaux Qax qui, eux, reposent sur la biologie, un peu comme ce qu’avait déjà proposé l’auteur dans son premier tome. Il arrive aussi à nous intriguer avec cette technologie Xeelee qui parait tellement évolué et donne clairement envie d’en apprendre plus. Le tout est aussi porté par des descriptions dans l’espace qui se révèlent superbes.

Et pourtant ce roman possède encore quelques défauts qui font qu’on sent que l’auteur possède encore une marge de progression. Déjà j’ai eu l’impression d’un décalage entre l’ambition qu’il cherchait à proposer dans ce roman et ce que j’ai ressenti, l’ensemble possède encore certaines facilités et une impression que certains aspects auraient mérité plus de développement que ce qui nous est proposé. Ensuite concernant les explications scientifiques j’ai senti une certaine redondance dans la façon dont il amène l’ensemble ; c’est simple on a toujours deux ou plusieurs personnages , un qui connait la théorie et qui se met alors, tel un professeur, à tenter de l’expliquer aux autres. Une variation dans la présentation aurait peut-être apporté un plus, surtout que, parfois, cela offre des passages surprenants où, en plein milieu d’une scène mouvementée, un protagoniste se met alors à réciter une théorie scientifique plutôt que de penser à sauver sa peau.

Concernant les personnages j’avoue que je ressors légèrement mitigé de ma lecture. Ils ne sont pas mauvais, mais voilà ils ont du mal à n’être plus que de simples pions qui permettent de faire avancer l’intrigue, l’histoire et amener des explications. Ils manquent clairement de caractère et de profondeur par moment. Le seul qui m’a paru sortir du lot c’est Jasoft Parz par sa capacité à toujours survivre quoi qu’il arrive, ce qui le rend assez ambigu dans sa façon de voir les choses, voir humain. Concernant le héros, Michael Poole, on sent bien le savant intelligent solitaire, humaniste, mais il a du mal à être plus que ce que propose son caractère scientifique. Pourtant l’auteur essaie bien de le rendre plus complexe, que ce soit par sa relation avec son père ou son amour perdu, mais, sans se révéler mauvais pour autant, il n’arrive jamais vraiment non plus à le rendre véritablement convaincant, complexe et attachant, n’offrant que le minimum. Ce qui ne l’empêche pas de se révéler entrainant dans ses actions et explications. Concernant les personnages plus secondaires ils remplissent efficacement leurs rôles, avec un intérêt particulier pour les Amis de Wigner, mélange de fanatisme glacial et d’intelligence au service du futur.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi simple, efficace, entrainante et surtout didactique lors des explications scientifiques, offrant ainsi un récit de Space-Opera efficace, complexe et vraiment intéressant que ce soit par le souffle qu’il offre comme les réflexions qu’il propose. Surtout il offre une conclusion qui se révèle majestueuse, offrant une frise de l’univers voulu par l’auteur que je vous laisse découvrir. Alors certes il y a encore, pour moi, des défauts dans ce second tome, mais j’ai passé un bon moment de lecture avec ce Singularité que j’ai trouvé meilleur que le tome précédent. Je lirai donc le troisième tome sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce second tome du cycle des Xeelees que j’ai trouvé un cran au-dessus que le précédent. L’histoire nous offre un Space-Opera qui s’étend à la fois dans le temps et l’espace, où l’humanité va tenter de quitter le joug des Qax et qui se révèle efficace, flamboyant avec de nombreux rebondissements. L’aspect scientifique peut, certes, paraitre complexe et demander un minimum de connaissances, mais se révèle fascinant par les possibilités qu’il développe. L’auteur offre aussi de nombreuses réflexions qui se révèlent intéressantes et efficaces. L’univers qu’on retrouve au fil des pages est vraiment fascinant, bien porté par les aspects technologiques et les descriptions. Je regrette par contre un certain décalage entre l’aspect ambitieux que cherche à mettre en place l’auteur, mais qui perd de sa force devant certaines facilités déconcertantes, de plus je trouve que les explications scientifiques sont présentées de façon un peu trop répétitives. Rien de non plus bloquant. Concernant les personnages, ils remplissent parfaitement leurs rôles pour faire avancer l’histoire de façon efficace, mais manquent de profondeur et de sentiments pour se révéler complètement accrocheur. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante et arrive à happer le lecteur dès les premières pages pour aboutir à une conclusion fascinante sur la frise qu’il construit. Au final un roman réussi, malgré quelques défauts, et je lirai le troisième tome sans soucis.

 

Ma Note : 7,5/10

Galaxie(s) n°25

galaxies 25Edition : Galaxies

 

 

 

 

 

Mon Avis : Je continue ma découverte des revues consacrées à l’imaginaire et, après avoir bien entamé les Bifrost et débuter la nouvelle édition de Fiction, je me lance cette fois dans les Galaxie(s). J’avoue que ce magazine je ne le connais pas vraiment, malgré le fait d’en avoir entendu parler à droite à gauche. J’ai donc décidé de faire rentrer quelques numéros dans ma PAL pour pouvoir me faire un avis plus complet. À noter que ce numéro fête aussi les 60 ans de Galaxie (toutes éditions confondues) et offre un dossier consacré à Pierre Stolze dont j’avoue ne connaitre que sa rubrique dans Bifrost. Ce numéro comporte cinq nouvelles d’auteurs différents.

L’Enfant qui S’avance vers Nous de Gulzar Joby : Je ne connaissais pas l’auteur avant de lire cette nouvelle, ce fût donc une première découverte. J’avoue, une fois le récit terminé je suis loin d’être convaincu. L’auteur nous propose ici pourtant de traiter d’un sujet intéressant qu’est la mère porteuse, dans un futur où la scission des classes sociales atteint un haut niveau et où les technologies ont énormément évolué et se révèlent limite invasives. clairement les idées sont là que ce soit sur l’exploitation des pauvres, de la recherche de l’enfant parfait, l’ingérence des parents, ou encore de la surutilisation de technologies le tout dans un monde qui parait post-apocalyptique. Dommage que le reste ne suit pas, l’auteur nous proposant des personnages tellement froids et peu consistants qu’on ne s’accroche jamais vraiment à eux, certaines scènes n’apportent rien à l’histoire, le style de l’auteur m’a paru manqué de force et d’intérêt, novice, se cherchant encore et voulant trop en faire et le chapitre de conclusion, pour moi, est de trop. J’ai l’impression d’être passé à côté, dommage.

L’Erreur de Rosa Montero : Tout comme la nouvelle précédente je ne connaissais rien de l’auteur avant de me lancer dans la lecture de ce texte. On retrouve ici une nouvelle à chute, cherchant à emmener le lecteur vers une conclusion qui doit normalement le surprendre, le tout dans un univers futuriste totalement automatisé, où les machines ont pris une importance démesurée. Mais que se passe-t-il quand un soucis apparait? Une nouvelle que j’ai trouvé agréable et divertissante, mais qui a du mal à être plus que cela. Il faut dire que la conclusion, malgré quelques axes de réflexions classiques et efficaces, n’a justement pas vraiment rempli son rôle de me surprendre. De plus, il ne faut pas le nier, cette nouvelle en soit n’a rien de révolutionnaire, une impression de déjà-vu m’est resté tout le long de ma lecture. Cela ne l’empêche pas d’être plutôt bien écrite et efficace à découvrir. Je la classe dans la fameux, vite lu, bien apprécié, vite oublié.

Mono no Aware de Ken Liu : J’ai découvert mon premier texte de Ken Liu dans le dernier Bifrost, consacré à Poul Anderson, qui m’a offert un bon moment de lecture. J’avais donc hâte de savoir ce qu’allait bien proposer l’auteur ici. Cette nouvelle nous plonge dans un avenir où une météorite va bientôt percuter la terre et où la population cherche à fuir. Je n’en dévoile pas plus sous peine de trop spoiler, mais pour moi il s’agit du meilleur texte du recueil par son aspect poignant, humain, porté par des personnages désabusés, plein d’espoirs et d’envies d’un futur meilleur tout en cherchant à ne pas oublier le passé. L’auteur nous offre aussi un avenir très contemporain où, malgré toutes les évolutions technologiques, l’Homme restera toujours fidèle à lui-même ce qui est en total contradiction avec la nationalité japonaise du héros; qui recherche la cohésion au point de tout perdre. La fin a beau être logique, elle a réussi à me toucher. Je regrette juste par contre l’aspect un peu caricatural lié à la nationalité du héros, comme si le japon se limitait au Go, à ses kanjis et ses mangas. Mais rien de non plus trop dérangeant. Un très joli texte.

Vaisseau Sœur d’Aliette De Bodard : J’ai lu plusieurs écrits de l’auteur et pour le moment j’avoue que je n’ai jamais été déçu. J’attends d’ailleurs la suite du cycle Les Chroniques Aztèques depuis plusieurs mois maintenant avec impatience. Cette nouvelle nous plonge au milieu d’une famille où un frère et une sœur s’entredéchirent depuis la naissance de cette dernière dont l’accouchement a affaibli leur mère. Sauf que sa sœur n’est pas n’importe qui, elle est l’IA d’un vaisseau spatial avec tout ce que cela implique. Une nouvelle que j’ai trouvé réussi, touchante, sur les éléments de la famille, les bouleversements qu’elle peut connaitre avec l’arrivée d’un nouvel élément. L’ensemble gagne aussi en profondeur et en intérêt avec le background que construit l’auteur, que ce soit aussi bien dans cet avenir futuriste où les IA sont misent au monde naturellement mais aussi dans tout cet aspect culturel et traditionnel qui vient du Vietnam. Un texte profond, entrainant, avec une conclusion efficace.

Taï Chi Chuan à Tchernobyl-sur-Moselle  de Pierre Stolze : Cette nouvelle est la première que je découvre de l’auteur et, j’avoue, je l’ai trouvé très sympathique. L’auteur place son récit à Thionville, ville que je connais bien, dans un futur proche suite à une catastrophe nucléaire qui a vidé les lieux. Pourtant quelque chose détruit les technologies envoyées là-bas. Mis à part la catastrophe qui m’a paru basé sur des aspects un peu facile, même si se basant sur des faits concrets, le reste m’a paru efficace. Ce récit offre au lecteur une réflexion intéressante sur notre monde, l’environnement et les risques qu’il encourt même certains aspects m’ont paru simple, comme celle sur les scientifiques. Un texte nerveux, qui se lit rapidement et se révèle vraiment divertissant avec une conclusion qui offre de l’espoir pour l’avenir même si ce n’est pas gagné. Les personnages se révèlent intrigant et leurs développements réussis. J’ai bien envie de découvrir d’autres écrits de l’auteur maintenant.

 

Le reste du magazine nous propose un long entretien avec Pierre Stolze qui s’est révélé très intéressant, même si je n’ai pas toujours le même point de vue que lui, et qui m’a donné envie de découvrir un peu plus sa bibliographie, même si je pense que certains de ses écrits me paraissent trop barrés pour moi à première vue. Le principe du Projet équateur, travail de l’auteur sur la vision qu’il a de son passé et de son avenir d’écrivain, est intriguant et prenant. On retrouve un article, peut-être un peu court, sur les 60 ans de Galaxie (toutes formules confondues), un article pour nous faire découvrir ou redécouvrir Noëlle Roger, ainsi que le traditionnel cahier critique qu’on retrouve dans tous les magazines. Au final une première plongée intéressante dans cette revue, il ne me reste plus qu’à découvrir les autres qui attendent dans ma PAL.

 

Ma Note : 7/10 (Note ne reposant que sur les nouvelles)

La Fille Flûte et Autres Fragments de Futurs Brisés – Paolo Bacigalupi

la fille flute et autres fragments de futurs brisésRésumé : Nominées ou lauréates des plus grands prix, ces dix nouvelles ont fait la notoriété de Paolo Bacigalupi et posé le saisissant univers post-pétrole de ses fictions ainsi que les thèmes sociaux, politiques et environnementaux chers à l’une des voix les plus puissantes de la science-fiction contemporaine.

 

Edition : Au Diable Vauvert

 

Mon Avis : De Paolo Bacigalupi j’ai lu La Fille Automate, qui m’avait fasciné par son intrigue dense et intelligente et par la galerie des personnages proposés qui se révélait riche et fascinante. J’ai aussi tenté ma chance avec le premier tome de son cycle jeunesse Ferrailleurs des Mers dont j’avais un peu moins apprécié la lecture, le trouvant sur certains aspects simplistes, sûrement la faute à mes attentes peut-être un peu trop élevées, même si efficace. C’est donc sans surprise que j’ai fait rentrer ce recueil de nouvelles dans ma PAL, m’attendant à retrouver ce qui m’avait fasciné dans La Fille Automate. Concernant la couverture je la trouve sobre et elle donne envie de découvrir ce livre. À noter que ce recueil comporte dix nouvelles de l’auteur.

La Fille-Flûte : Cette nouvelle nous plonge dans un futur où la féodalité a repris le dessus, mais au lieu des rois et des reines ce sont les célébrités et leurs fortunes qui dirigent les fiefs. Pour rester au sommet et continué à être adulées ces célébrités poussent donc à l’extrême toutes les modifications possibles, que ce soit par la chirurgie ou autre, et ainsi éviter de disparaitre. On découvre alors le destin de Lidia et ses sœurs, dont Madame Belari se sert pour essayer de devenir riche et s’émanciper. Une nouvelle que j’ai trouvé à la fois fascinante, tragique et angoissante par l’avenir que nous présente l’auteur. Les réflexions soulevées se révèlent clairement fascinante que ce soit sur l’amélioration de soi, le besoin d’être célèbre, le culte de l’unique et de la beauté, ou encore l’esclavage le tout de façon cohérente et intelligente. Les personnages se révèlent complexes et tous, d’une certaine façon, enfermés. Un excellent texte mélange de manipulation, de technologies, de trahisons, de jeux de pouvoirs et par moment de sensualité.

Peuple de Sable et de Poussière : Cette nouvelle nous dévoile un avenir où l’humanité survit dans un monde post-apocalyptique, où plus rien de biologiquement naturel ne survit vraiment. L’Homme s’est totalement adapté par la technologie et la biologie, se nourrissant de terre, de boue et se retrouvant quasiment immortel. Un groupe de personnes va alors croiser la route d’un vrai chien. Un texte sombre, très sombre, où l’humanité s’est adaptée à sa propre destruction, amenant doucement la planète vers la mort de son écosystème et sa diversité sans se soucier de rien tant elle est devenue immortelle, adaptable et insensible ; finalement inhumaine. La rencontre avec un animal véritable va alors amener son lot de réflexion sur la destruction de l’environnement ou encore sur les hommes qui ont poussé leurs insensibilités à l’extrême, devenant aussi, pour le coup, des sur-hommes. On obtient rien sans rien. La conclusion, que je vous laisse découvrir, se révèle glaçante et effroyable même si logique. Mon seul regret est une question qui me reste dans la tête concernant le travail des héros qui est juste développé pour intriguer, mais pas assez pour savoir ce qu’ils font, ni le but.

Du Dharma plein les Poches : Cette nouvelle nous plonge dans un univers futuriste ou Chengdu est limite devenue une ville biologique avec des gratte-ciels immenses et soit-disant vivant. Un jeune mendiant va alors se retrouver en possession de la personnalité du dernier Dalaï-Lama et au milieu d’un complot d’envergure. Un récit qui se révèle vraiment intéressant par tout l’univers que construit l’auteur, un background vraiment riche, dense et efficace, un peu cyberpunk, qui donne clairement envie d’en apprendre plus. L’auteur nous offre alors une histoire qui se révèle entrainante, haletante, pleine d’action , de rebondissements et d’explosions. Mais voilà j’ai trouvé que l’intrigue en elle-même manquait d’intérêt et se révélait trop linéaire. De plus le fameux complot que nous dévoile l’auteur manque d’explications pour être compris et assimilé totalement. C’est joli, c’est captivant, mais ça manque de profondeur.

Le Pasho : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme qui, né dans une culture traditionnelle et pleine de règles, revient chez lui après avoir passé ses études dans une ville où la modernité et l’évolution sont de mises. Il va alors se heurter à son grand-père pur traditionaliste qui justement, à l’époque, a mené la guerre contre la ville et ses changements. Un texte assez subtil sur la possibilité ou non des traditions de survivre dans le monde moderne, face aux changements et aux évolutions. Est-ce que l’un est vraiment l’ennemi de l’autre? Un univers qui est à la fois futuriste et, finalement, contemporain qui se révèle captivant. Un texte qui nous dévoile aussi finalement deux extrêmes qui se rencontrent, ce qui ne donne jamais rien de bon. Mais voilà on a là un bon texte, mais qui m’a donné une impression de déjà-vu et qui manque parfois un peu d’empathie pour totalement m’accrocher. Rien de bien bloquant non plus.

L’Homme des Calories : Ce texte se situe clairement dans le même univers que La Fille Automate. Ici on suit les mésaventures d’un homme, contrebandier, qui remonte le fleuve pour allez récupérer un pirate génétique. On retrouve alors avec un certains plaisir ce monde sans pétrole, où les cultures sont devenues stériles menant sur un piédestal certaines entreprises qui font furieusement penser à Monsanto, et où l’électricité n’est plus si facile d’accès. Un univers toujours aussi riche et fascinant qui nous dévoile de nouveaux personnages intéressants, complexes et soignés. Les réflexions sur l’environnement, l’énergie et le pouvoir sont toujours présentes et toujours aussi efficaces. Un récit porté par une plume captivante et efficace qui se conclut de façon ouverte avec un peu d’espoir. Un texte réussi.

Le Chasseur de Tamaris : Cette nouvelle nous fait découvrir Lolo qui chasse le Tamaris, une plante envahissante et qui appauvrit les réserves d’eau, pour gagner sa vie. On découvre à nouveau dans ce récit un monde futuriste où l’environnement de l’homme commence à essouffler, ici l’eau par la sècheresse, et où se rend compte que finalement au lieu  d’essayer de trouver une solution il se renferme sur lui-même et devient égoïste avec ses ressources, voir même tente d’acquérir celle des autres. Mais voilà malgré ses réflexions toujours aussi intéressantes et efficaces concernant l’environnement, l’histoire de Lolo a eu vraiment du mal à m’accrocher ou à me fasciner et m’a paru clairement manquer de rythme. Au final je ressors donc avec un sentiment mitigé de ma lecture de ce texte.

Groupe d’Intervention : On découvre ici un texte vraiment sombre où l’homme est devenu immortel, prenant régulièrement un traitement pour le rester, mais doit par la même occasion renoncer à avoir des enfants pour éviter la surpopulation. Des groupes d’intervention ont donc été mis en place pour traquer ceux qui renient cette règle. L’auteur nous dévoile ici un univers à la fois lumineux, principalement par cette immortalité et tout ce qu’elle ouvre comme possibilité, mais aussi angoissant par ses femmes traquées pour leur désir d’avoir des enfants. Un avenir qui se révèle d’ailleurs aussi très intrigant par cette ville qui se fait avaler petit à petit par la forêt. Les réflexions apportés se révèlent intelligente et réfléchie avec d’ailleurs un dialogue final que j’ai trouvé réussie entre deux points de vues qui ne se comprendront jamais vraiment. J’ai juste deux petites remarques, j’ai trouvé que le récit manquait un petit peu de sentiment, l’ensemble se révélant un peu froid, et l’autre point vient que ces équipes ne paraissent traquer toujours que femmes et enfants, à croire qu’aucun couple ne reste ensemble, que les hommes ne sont que des donneurs.

Le Yellow Card : Cette nouvelle nous plonge dans ce qui parait aussi être le même univers que La Fille Automate, où on suit un vieil homme, ancien riche, qui a tout perdu, sa fortune, mais aussi sa famille, par la faute du nationalisme. Aujourd’hui il est considéré comme un immigré et ne doit pas sortir la nuit sous peine de se faire tabasser par les chemises blanches. Sûrement un des meilleurs texte du recueil que ce soit par son univers, dont j’ai déjà parlé, mais qui ici développe le soucis de l’immigration la faute à la montée des eaux, ou encore de la possibilité de trouver du travail pour survivre dans un monde surpeuplé, mais aussi par ses personnages qui se révèlent fascinants, démontrant que la roue du destin tourne, mais qu’il faut parfois aussi savoir la saisir. Mais à quel prix? La plume de l’auteur fascine d’une part par sa facilité à nous plonger dans son monde sombre et violent, et d’autre part dans la façon dont il maîtrise son récit dont la tension monte au fil des pages pour aboutir à cette conclusion terriblement efficace.

Plus Doux Encore : Cette nouvelle nous fait découvrir un homme qui vient de tuer sa femme et qui se retrouve complètement perdu, imaginant le pire pour son avenir. Personnellement c’est la nouvelle dont j’ai le moins accroché du récit. La plume de l’auteur fonctionne toujours aussi bien, faisant que j’ai tourné les pages facilement, mais une fois fini j’avais envie de dire bof. Je me rends bien compte que l’auteur cherche à mettre en avant le fait que les hommes s’intéressent de moins en moins aux autres ce qui aboutit au fait que notre héros se retrouve de moins en moins inquiéter au fil des pages et peut alors tenter de monter un plan pour survivre, mais je ne sais pas j’ai jamais été embarqué que ce soit par les personnages ou par l’intrigue. Dommage.

La Pompe Six : Cette nouvelle je trouve, clôture de façon vraiment efficace et intéressante ce recueil. Elle nous plonge dans un univers ou l’humanité se laisse de plus en plus aller à l’indolence et la luxure, considérant l’ensemble de ce qui l’entoure comme acquis. On y suit le quotidien de Trav, manutentionnaire pour le réseau d’eau usé, qui va devoir faire face à une panne au niveau de la pompe six. La réflexion de l’auteur sur une société qui a atteint son paroxysme et qui s’effondre lentement devant la facilité, le plaisir facile et l’oubli se révèle bien construit. La tension monte lentement au fil des pages avec une révélation finale terriblement efficace. Un texte au final à la fois inquiétant et angoissant par la vision qu’il propose, traité de façon intéressante et avec humour où les personnages les plus intelligents ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

 

Ce qui fascine toujours avec les textes de l’auteur c’est sa capacité à créer des univers sombres, pourtant si cohérents et plausibles. On ne peut que se retrouver un minimum dans les nombreuses possibilités qu’il propose à travers ce recueil, même si tous les textes ne sont pas au même niveau. Juste un léger soucis, rien de bien grave, mais on se rend rapidement compte que l’auteur construit ses récits toujours un peu de la même façon, cela n’a rien de complètement gênant, mais parfois joue alors sur une absence de surprise de certains écrits. En tout cas voilà un recueil qui m’a offert une bonne lecture, le tout porté par une plume dense, soignée et vraiment entrainante. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil qui nous propose dix nouvelles sur des futurs sombres, souvent angoissants et prenants, où la technologie prend une place de plus en plus importante au point de parfois transformer complètement la vie des gens. Chaque nouvelle nous dévoile une humanité qui continue à avancer coûte que coûte que ce soit bon ou mauvais. Alors c’est vrai toutes les nouvelles ne sont pas au même niveau, une ne m’ayant même pas accroché du tout, mais franchement dans l’ensemble ce livre mérite plus que le coup d’œil sur toutes les potentialités qu’il dévoile. Aussi, quel plaisir de revenir à travers un ou deux textes dans l’univers de la fille automate. J’ai juste un léger regret, l’impression qu’un schéma répétitif se dégage dans la construction de chaque nouvelle, mais rien de bien gênant. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi riche de détails, principalement dans la construction de son univers, et se révèle vraiment entrainante et percutante. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Plume, Gruz, …

Drift – Thierry Di Rollo

driftRésumé : Le Drift est un titan. Un monument sans pareil, le condensé d’un million de volontés tendues vers un but non négociable : quitter une Terre à bout de souffle. Le Drift est une cathédrale, le temple des vanités humaines, l’iniquité usinée en matériaux composites. Le Drift est la porte ouverte aux étoiles, mais une porte que bien peu prendront. Car pour gigantesque que soit le Drift, les places à son bord sont limitées. Aux seuls Justes, aux puissants, aux privilégiés des cités-dômes. Le Drift est le dernier espoir pour l’humanité. Mais une humanité qui n’est plus celle de tout le monde, une humanité aux franges de l’immortalité, orientée, assistée, nano-contrôlée, au-delà de sa propre condition, résolue à abandonner son berceau sans retour possible, déterminée à embrasser l’espace…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Thierry Di Rollo fait partie de ces auteurs dont j’entends énormément parler et souvent de façon plus que positive. Pour le moment je n’ai lu de lui que quelques nouvelles que j’ai toujours apprécié et qui m’ont clairement données envie de faire entrer certains de ses romans dans ma bibliothèque. J’ai d’ailleurs Bankgreen qui m’attend dans ma PAL.  Mais voilà pour une première lecture j’ai finalement décidé de commencer par Drift, déjà car il s’agit d’un one-shot, ensuite parce qu’il s’agit d’un Space-Opera et que dernièrement j’en lis facilement, mais aussi, il faut bien l’avouer, pour la magnifique couverture illustrée par Manchu qui donne très envie de le lire et de le découvrir.

Et finalement une fois la dernière page tournée il est quand même un peu trop simple de définir ce roman comme un simple Space-Opera, il se révèle bien plus que cela. C’est déjà un mélange des genres réussi entre SF, Space-Op’, Planet-Op’, Cyberpunk, western et autres courants qui nous offre ainsi, au final, une histoire qui se révèle clairement rythmé, entrainante et haletante avec son lot de rebondissements et de retournements de situations. On se retrouve ainsi à suivre Darker lors d’une mission pour un Juste (membre de la haute société) qui va finalement l’emmener beaucoup plus loin que ce qu’il pouvait imaginer, jusqu’au Drift et au-delà. Mais voilà l’auteur ne fait pas que nous construire un récit sombre, violent et terriblement efficace, non, il nous offre aussi une histoire intelligente qui cherche à nous faire réfléchir sur notre avenir, sur la condition humaine, nos envies et notre vision du monde.

Le récit peut ainsi être séparé en deux, voir en trois parties, la première se situe sur notre planète bleue où l’auteur nous présente une Terre a bout de souffle, complètement vidée, sucée par les humains de sa substance, qui survit comme elle peut et où les nouvelles technologies ont permis un clivage encore plus important de la population. Il y a donc les Justes, quasi-immortels grâce au traitement de jeunesse, qui vivent dans des villes-dômes et il y a les habitants des villes poubelles qui servent finalement de terrain de chasses la journée, limitant ainsi une population sur le bord d’exploser. Comment ne pas se sentir marqué à travers ce paysage finalement sombre, déprimant et pourtant tellement réaliste et humain d’un avenir possible où l’Homme ne se révèle n’être qu’égoïste, consumériste et qui se détruit à petit feu. La lutte des classes est ainsi devenue une chasse sanglante et les pauvres survivent comme ils peuvent, maintenus par les riches dans une dépendance liée à la drogue qu’ils fournissent en sous-main. La faune et la flore a été détruite pour ainsi être mieux remodélisé et correspondre parfaitement au plaisir des hommes. Au final une terre fascinante par son aspect sombre et destructeur, que l’on ne voudrait pas connaitre, mais qui est plus que plausible. Une première partie qui se révèle rythmé, pleine d’action et d’aventures et le tout rempli de technologies passionnantes à découvrir.

La seconde partie plonge elle dans le style Space-Opera, c’est la partie de l’espoir, certes monstrueux, mais de l’espoir d’une survie à travers le Drift, ce vaisseau qui propose d’emmener une partie seulement de l’humanité, bien entendu les Justes, vers une nouvelle planète, un nouvel horizon. On se retrouve alors embarqué dans une partie de changement qui se révèle peut-être plus émotive, introspective où chaque personne va tenter de changer de vie, où l’on découvre alors la peur des uns et des autres vis-à-vis du passé ou encore de l’avenir, des changements qui arrivent ou bien encore concernant la technologie à la fois parfaite et avec ses erreurs, ses approximations. Mais cet espoir se révèle vite teinté, les castes se révèlent toujours présentes, les clivages continuent à régenter l’ensemble. On dévoile ainsi des Justes indolents pour les basses besognes et remplis de préjugés. Mais le roman trouve son apothéose dans la troisième partie, plus Planet-Opera, que je vous laisse découvrir, mais qui nous rappelle de façon marquante que, finalement, l’humanité est, et restera, toujours fidèle à elle-même et qu’il va falloir énormément de temps avant qu’elle puisse évoluer.

Une des grandes réussites de ce roman vient aussi justement du fait qu’on change de monde, d’univers, de lieu, au fil des différentes parties du texte, cela permet à l’auteur ainsi de varier les cadres et les descriptions allant du très sombre, mais aussi le plus poétique et magnifique avec cette nouvelle planète à la fois sauvage et lumineuse. L’aspect technologique se révèle aussi soigné, extrêmement riche et envoutant, que ce soit dans les nanotechnologies, la possibilité de voyager dans l’espace, les modifications génétiques. Rien n’est jamais vraiment laissé au hasard par l’auteur, mais surtout l’ensemble se révèle finalement plausible et cohérent. Rien ne parait improbable, la preuve en est l’auteur ayant pris le postulat d’un vaisseau qui navigue à une vitesse lente au vu de l’univers, préférant prendre le postulat d’une jeunesse qui peut tendre vers le mutli-centenaire ce qui parait plus probable que de dépasser les lois de la physique et la vitesse de la lumière.

Le personnage de Darker joue aussi énormément dans le fait que je me suis retrouvé à tourner les pages. Il porte d’ailleurs bien son nom, se révélant être un héros sombre, sauvage, limite nihiliste, qui fait tout pour survivre et qui pourtant n’espère plus rien de la vie, encore plus depuis qu’il a perdu l’amour de sa vie. Un personnage que j’ai trouvé, malgré sa vision sombre et cynique de l’humanité, attachant à travers ses forces et ses failles, qui va évoluer de façon franchement intéressante et palpitante au fil des pages, cherchant à se construire une nouvelle vie, à se reconstruire au point d’en tomber dans la crédulité. Un personnage qui se révèle finalement humain avec ses périodes de doutes, ses réflexions et ses sentiments contradictoires. Le personnage se retrouve aussi clairement sublimé par sa quête pour ne plus être seul, une quêté d’un amour qu’il pensait avoir trouvé avec Kenny, qui lui a été enlevé et l’a rendu encore plus renfermé. C’est cette relation disparue, dévoilée par flashback qui fait qu’il nous touche encore plus, mais qui montre aussi a quel point on idéalise certaines choses, qu’on épure de ce qu’on ne veut pas se souvenir ce qui nous bloque dans les relations futures. La preuve en est ses différentes relations ensuite, entre le fait qu’il soit hanté par son ancienne compagne qu’il considère comme parfaite et aussi l’évolution de l’humanité sur le vieillissement, fait que rien n’est simple. Les autres personnages se révèlent eux aussi très attryants avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs envies et leurs peurs et qui offre un panel large d’un point de vue psychologique.

La conclusion se révèle marquante et pourtant tellement logique nous proposant un message à la fois sombre, mais terriblement réaliste et qui ne peut que nous faire réfléchir et nous frapper. Le tout est porté par la plume de l’auteur qui se révèle sobre et terriblement efficace, sachant happer le lecteur dès les premières pages. Mon seul petit regret vient de la sous-intrigue concernant le vol d’ADN qui parait pourtant intéressante au début, mais qui finalement s’étiole au fil des pages, reposant je trouve sur une légère facilitée et qui se termine de façon trop convenue pour finalement me captiver. Mais franchement ce n’est que broutille tant ce roman a réussi à me marquer que ce soit par son message, ses aventures parfaitement rythmés, son aspect SF fascinant ou encore ses personnages touchants. Un excellent moment de lecture à découvrir selon moi. Je n’ai plus qu’à me pencher sur les autres livres de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui, au final, propose bien plus qu’un simple Space-Opera. En effet l’histoire nous offre un mélange des genres fascinant qui nous plonge dans un avenir ou l’humanité touche à sa fin et va se retrouver à fuir à travers l’espace. L’histoire se révèle bien rythmé et les aventures du héros sont très entrainantes, maniant parfaitement les rebondissements et les retournements de situations. Mais ce roman en plus de nous happer et de nous faire voyager, propose aussi plusieurs réflexions passionnantes et posées de façon intelligente sur l’Homme, notre vie, notre avenir. L’univers construit est dense, foisonnant de lieu et de technologie qui donnent envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages ils se révèlent soignés et riches, tous en quête de quelque-chose, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs envies et leurs peurs. Darker, le héros principal, se révèle clairement attachant et on suit son parcours avec grand plaisir. La plume de l’auteur est sobre et efficace. Je regrette peut-être juste une des petite sous-intrigue concernant le vol d’ADN qui démarrait bien mais c’est trop dilué au fil des pages pour complètement m’accrocher. Mais franchement rien de bien grave tant ce livre m’a offert une excellente lecture à la fois pleine d’aventures, marquante, réfléchie et poignante. Je lirai d’autres récits de l’auteur sans soucis.

 

Ma Note : 9/10

 

Autres avis : Hari, Plume, …

Blind Lake – Robert Charles Wilson

blind lakeRésumé : Utilisant une technologie quantique qu’ils ne comprennent pas totalement, les scientifiques des complexes de Crossbank et Blind Lake observent des planètes extraterrestres distantes de la Terre de plusieurs dizaines d’années-lumière. À Blind Lake, Minnesota, Marguerite Hauser s’intéresse tout particulièrement à un extraterrestre qu’elle appelle « le Sujet », mais que tout le monde surnomme « le homard », à cause de sa morphologie. Et voilà qu’un jour, personne ne sait pourquoi, le Sujet entreprend un pèlerinage qui pourrait bien lui être fatal. Au même moment, l’armée américaine boucle Blind Lake et instaure une quarantaine qui tourne à la tragédie quand un couple qui tentait de s’échapper en voiture est massacré par des drones de combat. Que se passe-t-il à Blind Lake ?

Edition : Denoël Lunes d’Encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Je me suis dernièrement rendu compte que cela faisait un petit moment déjà que je n’avais pas lu de livres de Robert Charles Wilson, auteur de Science-Fiction que j’apprécie énormément, proposant régulièrement des histoires soignées et efficaces avec des personnages qui se révèlent denses, riches et profondément humains ; ce qui fait la grande force de ses récits. Sachant que j’avais encore des romans de l’auteur qui trainait dans ma PAL je suis allé fouiller un peu et j’ai décidé d’en sortir ce Blind Lake, au quatrième de couverture accrocheur et à la magnifique couverture illustrée par Manchu.

Je dois dire que, une fois la dernière page tournée, je ressors avec un sentiment ambigu concernant ma lecture. Alors rien à dire, le roman se révèle intéressant et m’a offert un bon moment de lecture, mais plusieurs points me laissent perplexe, j’avoue. Concernant le récit l’auteur nous offre deux lignes de conduites principales celle liée à cette technologie quantique inexplicable qui permet l’observation de planètes alien et, plus précisément, un de ses membres appelé « le sujet », et une seconde à propos de cette quarantaine où on se retrouve à suivre différents personnages face à cet enfermement, cet isolement ainsi que leurs façons de réagir principalement devant l’absence d’information et l’incapacité de sortir sous peine de mort.

En soi l’histoire se révèle efficace et entrainante, jouant justement sur le mystère, le lecteur se posant alors énormément de questions, amenées de façon intelligente par l’auteur, et cherchant le lien qu’il peut y avoir entre le sujet, son observation, l’isolation de Blind Lake et le fait que les militaires abattent sans sommation toute personne qui cherche à sortir. La grande force du roman est justement qu’on ne sait pas vraiment où on va aller, mais le chemin pour y aller se révèle tellement malin et entrainant qu’on se laisse porter. La tension monte graduellement au fil des pages de façon réussie, ayant pour effet que le lecteur tourne les pages assez facilement pour essayer alors d’en apprendre et d’en découvrir plus. L’auteur sait garder son lectorat en alerte lâchant rebondissements et informations au bon moment et parfois de façon surprenante. L’ambiance se révèle, elle aussi, assez prenante avec ce sentiment d’enfermement, loin de toute communication, dans ce complexe, sans rien savoir, ce qui pousse les habitants cloisonnés à spéculer et à ne pas toujours dévoiler le meilleur d’eux-même.

Mais voilà deux points m’ont quand même dérangé. On se retrouve ici dans un univers futuriste, où les technologies ont fortement évolué et l’auteur chercher à nous livrer un récit tout de même un minimum scientifique, pourtant le principe de base de ce télescope quantique, qui se révèlent auto-évolutifs, d’une ne repose donc sur aucune véritable logique (mais cet aspect est encore négligeable) et de deux le fait que personne ne comprenne comment il marche me laisse terriblement perplexe sur le fait qu’ils soient donc si facilement acceptés utilisés. Je côtoie un peu le monde scientifique, il a l’habitude de chercher justement  le maximum possible pour en connaitre le fonctionnement évitant justement ainsi toute mauvaise surprise. J’avoue cela m’a rendu le postulat de départ un peu frustrant. Autre point qui m’a un peu surpris c’est l’aspect vase clos que met en place l’auteur, certes je l’ai dit, cela offre une ambiance assez stressante et prenante, mais l’ensemble n’explose jamais complètement non plus. On laisse plus d’une centaine d’hommes enfermé sans communication, loin de leurs familles et pourtant ils restent quasiment tous civilisés. Que personne ne tente de sortir je le comprends, vu que la mort parait inévitable, mais que personne ne craque psychologiquement ou autre à l’intérieur me paraît un peu trop gentil.

Concernant les personnages je dois bien avouer qu’il s’agit de nouveau d’une des grande réussites du roman, comme c’est souvent le cas avec l’auteur, même si je les ai trouvés légèrement moins bons que dans certains de ces autres romans. Pourtant les personnage présenté (mis à part un dont je reparlerai après) se révèlent profondément humains, avec une psychologie riche et soignée, que ce soit par exemple Chris le journaliste désabusé qui, suite à un livre polémique, se rend compte que le monde est beaucoup plus complexe qu’il le croyait ; Marguerite jeune divorcée qui cherche à reconstruire sa vie à Blind Lake, fascinée par le sujet, mais qui se retrouve à devoir lutter contre son ex-mari ou encore Tess la jeune fille renfermée, au bord de la folie face aux visions qu’elle a de son double appelé la « fille miroir ». Mais voilà malgré les héros fascinants que l’auteur dessine au fil des pages, j’ai quand même trouvé qu’il avait parfois un peu de mal à les caractériser, cherchant à trop en faire là où l’imagination devrait prendre la place, à trop les caractériser, ce qui les rend parfois un peu trop rigide. De plus je n’ai pas réussi à accrocher à l’un des personnage, Ray, l’ex-mari de Marguerite et le père de Tess. L’auteur cherche clairement à en faire le personnage ambigu, qui va sombrer au fil des pages, le soucis c’est que finalement il l’a rendu trop détestable. On se rend rapidement compte qu’il n’a que des défauts et les qualités qu’on nous présente, voir les motivations qui expliqueraient ce qu’il est manquent de force où sont retournés contre lui dans la foulée. Je n’ai jamais réussi à clairement le comprendre donc à m’intéresser à lui.

L’auteur n’oublie pas non plus d’essayer de nous faire réfléchir, de nous faire voir les choses de façon différente, comme par exemple cette idée sur la science sans réflexion qui se laissent dépasser par leurs inventions, car même si j’ai dis que le postulat me paraissait trop bancal présenté ici il n’empêche certaines observations et certaines remarques pertinentes et intelligentes. On trouve aussi des axes intéressants sur le côté froid de la science. Autre point, qu’on retrouve souvent chez l’auteur, c’est la découverte de cette vie alien à travers le sujet observé qui offre aussi son lot de révélations avec cette idée pertinente d’un quotidien répétitif et des modifications que peuvent apporter de ne plus se savoir seul dans l’univers. À noter d’ailleurs aussi l’aspect poétique de cette planète extraterrestre porté par des descriptions sobres et magnifiques d’un monde à la fois civilisé et sauvage qui m’a clairement donné envie d’en savoir plus.

Puis arrive cette conclusion et, j’avoue, je m’attendais à quelque chose de plus grandiose, je ne sais pas trop pourquoi, mais vu tout ce que mettait l’auteur en place je prévoyais une fin de haut vol. Alors attention, la fin est toute de même réussie et intéressante, mais voilà elle parait quand même légèrement convenue et surtout se résout un peu facilement. Une belle fin, ouverte, mais qui aurait pu être mieux je pense. Finalement cela résume bien aussi le livre, un bon livre, sympathique, mais qui aurait pu être supérieur, avec des défauts qui font que c’est loin d’être le meilleur Robert Charles Wilson. La plume de l’auteur se révèle par contre toujours aussi entrainante, fluide et subtile, sachant jongler entre thriller et SF et surtout entrainant finalement assez facilement le lecteur dans son histoire. Dans tous les cas je continuerai à me plonger dans les œuvres de l’auteur sans soucis.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de ce roman avec un sentiment légèrement ambigu, j’ai passé un bon moment de lecture mais certains aspects m’ont laissé perplexe. L’histoire se révèle intéressante, efficace et entrainante jouant de façon réussie au fil des pages sur l’ambiance et la tension ce qui fait que le lecteur se retrouve rapidement happer. Le monde futuriste, les technologies ainsi que le monde alien se révèlent eux aussi de qualité avec même des aspects et des descriptions poétiques. Les personnages sont, comme souvent avec l’auteur, profondément humains et travaillés, même si par moment je les ai trouvés un peu trop figé. Par contre je n’ai jamais complètement accroché à Ray, trop désagréable. Mais voilà j’avoue avoir bloqué sur le postulat de base qui veut qu’on se serve d’une technologie quantique que personne ne comprend ni ne maitrise clairement, ce qui m’a paru un peu gros, et aussi le fait que les gens restent civilisé malgré près de six mois d’enfermement sans communications et loin de leurs familles. J’attendais aussi peut-être aussi un peu plus de la conclusion même si elle se révèle tout de même plutôt réussie et intéressante. La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, entrainante et fluide. Blind Lake est au final un bon roman de Robert Charles Wilson, mais loin d’être le meilleur. Je lirai sans soucis d’autres récits de lui.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : julien le naufragé, Nefertari, etc…

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