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L’Opéra de Shaya – Sylvie Lainé

l'opera de shayaRésumé : So-Ann, née dans un vaisseau spatial, a du mal à s’habituer aux coutumes étranges et contraignantes des mondes où se sont établis les humains. Alors quand elle entend parler de Shaya, cette planète où la faune et la flore sont en totale empathie avec ses visiteurs, elle n’hésite pas une seule seconde. Mais en vérité, qui s’adapte à qui ? Quels mystères se cachent dans ce monde qui semble idéal ?
L’Opéra de Shaya est un space opera envoûtant et magique, accompagné de trois autres nouvelles tout aussi fortes et sensibles.

Edition : ActuSF

Mon Avis : Sortant tout juste de ma lecture de Marouflages, autre recueil de nouvelles de Sylvie Lainé, qui m’a fait passer un bon moment de lecture offrant des textes souvent humains, poignants et remplis d’émotions (chronique ici), je me suis rapidement décidé de découvrir le dernier recueil en date de l’auteur. Il faut aussi dire que la couverture, illustrée par Gilles Francescano, est vraiment superbe et donne envie de lire ce livre. À noter que ce recueil comporte une préface de Jean-Marc Ligny, quatre nouvelles ainsi qu’une interview de l’auteur.

L’Opéra de Shaya : Cette nouvelle, qui tend finalement plus vers la novella, nous plonge dans le quotidien So-ann qui est née dans l’espace et qui est à la recherche de la planète qui lui correspond, mais elle a du mal à s’intégrer face aux différentes lois et normes qui s’imposent à elle à chaque fois. Un jour elle va entendre parler de Shaya, planète qui s’adapte à l’arrivant et non l’inverse. Ce texte démarre de façon conventionnelle sur le thème du space-opéra avec des réflexions classiques mais solides sur le rapport à l’autre, mais c’est une fois sur Shaya qu’il prend clairement son envol. En effet le texte va se révéler alors passionnant à travers cette planète, que ce soit aussi-bien au niveau de cette flore et de cette faune qui s’adapte à l’ADN de l’héroïne, mais aussi à travers les habitants de la planète, leurs cultures, leurs traditions et leurs visions de la vie. Shaya se révèle tout d’abord, à travers les yeux de So-ann, fascinante et merveilleuse, un paradis, mais petit à petit l’auteur  va agrandir le spectre de sa vision et très vite on va se rendre d’un décalage, que quelque chose n’est pas tout à fait normal. La tension et le doute vont alors se glisser insidieusement au fil des pages et faire monter la tension pour offrir un final surprenant (et pourtant si logique), émouvant et poignant que je vous laisse découvrir. L’auteur nous offre ici des axes de réflexions captivants et réfléchis sur la possibilité ou non à deux cultures différentes, d’une de se comprendre, de deux de s’accepter et comme à son habitude elle le fait à travers des personnages attachants et touchants, mais qui ne possèdent pas obligatoirement le même prisme, ni la même vision de la vie venant d’idéologies différentes. Un texte magnifique, qui vaut à lui seul, selon moi, la lecture de ce recueil.

Grenade au Bord du Ciel : J’ai déjà lu ce texte, qui était initialement publié dans le recueil Utopiales 2013. Cette nouvelle lecture n’a modifié en rien mon appréciation de l’époque que vous pouvez retrouver ici.

Petits Arrangements Intra-galactiques : Cette nouvelle nous fait suivre un convoyeur spatial qui, lors d’une livraison de myrtille, tombe en panne ce qui l’oblige à rejoindre la planète la plus proche en attendant les secours. L’auteur décide de traiter cette découverte d’une nouvelle planète par l’humour, nous plongeant dans un univers chatoyant et absurde avec une faune et une flore complètement décalée. Notre héros va alors devoir donner le maximum de lui-même pour survivre. J’avoue cette nouvelle m’a fait sourire, mais c’est un récit que j’ai trouvé gentillet et qui sur l’ensemble du recueil me parait juste anecdotique et très courte. Elle reste plutôt sympathique à lire.

Un Amour de Sable : Cette nouvelle revient aussi sur la rencontre avec l’autre, mais de nouveau sur un angle complètement différent, en effet cette fois l’autre c’est un sable multicolore tout ce qu’il y a de plus basique. Ici la grande force du récit et de clairement jouer sur deux cultures, deux êtres différents qui sont totalement opposés et n’ont pas la compréhension ni le niveau nécessaire pour voir l’existence de l’autre, mais aussi le fait que l’auteur arrive à donner une voix différente à chaque entité, les hommes et le sable, le tout avec de l’humour et qui aboutit peu à peu à une conclusion glaçante, qui repose justement sur cette absence de capacité à communiquer et à se comprendre. Un très joli texte, réfléchi et efficace qui montre aussi que l’analyse scientifique ne fait pas toujours tout dans la découverte.

 

J’ai de nouveau trouvé la plume de l’auteur très poétique et surtout terriblement efficace pour attacher le lecteur à ses personnages ou pour lui offrir de nombreux axes de réflexions. J’ai aussi trouvé que ce recueil était plus scientifique que le précédent, les personnages restent très présents et importants, mais ne sont ici pas toujours le moteur du texte malgré qu’ils soient toujours attachants. Au final un excellent recueil qui mérite d’être découvert, il ne me reste plus qu’à me procurer les autres recueils qui me manquent.

En Résumé : J’ai passé de nouveau un très bon moment de lecture avec ce recueil de quatre nouvelles qui nous font réfléchir de façon passionnante sur le regard sur l’autre, les différences de cultures et leurs acceptations, mais aussi sur la communication et le langage. L’Opéra de Shaya est le gros morceau de ce livre, mais, rien que pour ce texte il mérite vraiment d’être découvert tant, malgré un démarrage assez classique, j’ai été touché par cette histoire, ses idées et ses personnages. Concernant les autres textes même si un m’a paru anecdotique les deux autres se révèlent efficaces et intelligents. Le style de l’auteur est toujours aussi poétique, soigné et brillante,  proposant des personnages attachants. Un recueil à découvrir selon moi. Il ne me reste plus qu’à faire entrer dans ma bibliothèque les autres recueils de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Mariejuliet, Vert, Lorkhan, Tiger Lilly, Jeanne-A Debats, …

Marouflages – Sylvie Lainé

marouflagesRésumé : Sylvie Lainé se sert de la science-fiction pour décrire comment, avec brutalité ou avec bonheur, en jouant avec le mensonge ou avec notre propre vérité, nous inventons notre rapport à l’autre et notre propre vie.
À travers les trois nouvelles de ce recueil, elle nous rappelle que le chemin importe parfois plus que le but, qu’on peut vivre avec un amour perdu en apprenant simplement à marcher à la bonne cadence. Ses personnages nous enseignent de l’intérieur comment on construit ses vérités, couche après couche, comment s’enchaînent les conséquences… et à quoi peuvent conduire les meilleures résolutions.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Je dois bien avouer que j’ai découvert la plume de Sylvie Lainé sur le tard, puisque le premier texte que j’ai lu de l’auteur fut la nouvelle publiée dans le recueil des Utopiales de l’année 2013 que j’avais considéré comme l’un des meilleurs du recueil. Au départ j’avais décidé de me lancer dans la découverte de nouveaux textes de l’auteur par ma lecture de L’Opéra de Shaya qui est entré dans ma PAL il y a quelques semaines, mais mon passage sur le stand ActuSF lors des dernières Imaginales a fait que je suis aussi repart avec ce recueil. Vu que j’ai un esprit cartésien et tordu qui aime faire les choses de façon chronologique j’ai donc décidé finalement de lire Marouflages. Ce court recueil comporte trois nouvelles.

Les Yeux d’Elsa : Cette histoire nous propose de plonger dans un monde futuriste ou les dauphins ont été modifiés génétiquement. Un échange apparait alors, si les dauphins ont besoin de l’aide des hommes ils devront alors en contrepartie travailler pendant une durée déterminée sur des chantiers qui se situent sur ou sous l’eau. Mais le contrat est bien entendu vicié. Charlie fait partie d’une équipe de secours de dauphins et sa vie va changer quand il va rencontrer Elsa. Sûrement la plus belle nouvelle de ce recueil, elle nous fait découvrir un amour impossible et obligatoirement tragique entre un homme et un dauphin, magnifiquement porté par la plume de l’auteur qui arrive à rendre cette relation étrange en quelque chose de touchant, fascinant et de poignant. Mais surtout on y retrouve une réflexion très intéressante sur la vision que chacun a de l’amour, de sa complexité et des concessions qu’il faut parfois faire pour réussir, Charlie fantasmant par exemple ici une relation parfaite se mettant des œillères dès les premières contrariétés et préférant fuir la réalité. Un amour doit être vécu dans les deux sens pour exister sous peine de s’étioler. Autre point que j’ai trouvé captivant c’est l’univers que construit l’auteur en toile de fond, un monde impitoyable qui nous fait réfléchir sur les conditions de travail et sur ce qu’est parfois prêt à faire l’Homme pour sa survie et son bien être, voir même pour conserver son travail. Au final une nouvelle clairement réussie et fascinante.

Le Prix du billet : Cette nouvelle nous fait découvrir Hera, prête à tout quitter pour rejoindre une communauté, qui va voir sa vision de l’avenir bouleverser par sa rencontre avec une jeune fille. Ce texte nous amène à réfléchir sur la position de chacun et surtout sur le besoin des autres pour exister et vivre, mais doit-on pour cela tout rejeter pour espérer une vie meilleure ? Nouvelle initialement publié dans le calendrier de l’avent de Reims, elle colle bien à la thématique de noël, avec cette remise en cause de soi, l’héroïne va alors se retrouver complètement chamboulée par une rencontre limite « magique » d’une personne aux visions complètement différentes. Hera se retrouve alors entre colère et soulagement et va se rendre compte que parfois le bonheur n’est pas là où on le croit. Mais voilà j’ai trouvé ce texte peut-être un peu court et surtout anecdotique, encore plus vu son positionnement dans le recueil après l’excellent Les Yeux d’Elsa, ce qui fait qu’il a eu un peu de mal à me marquer, même si je l’ai trouvé sympathique. Un texte vite lu, apprécié et tout de même vite oublié selon moi.

Fidèle à ton pas Balancé : Cette nouvelle nous plonge dans le quotidien d’un homme qui vient de rompe avec sa copine, Lou, et qui a du mal à s’en remettre se mettant alors à vivre la vie de son ex par procuration à travers des enregistrements de mouvements et de perceptions qu’elle a publiée sur le réseau. On se retrouve ici plongé dans une histoire de reconstruction, d’un homme qui a du mal à avancer, à évoluer, recherchant à ne retrouver que son ex sans se rendre compte de ce qui gravite autour de lui. C’est finalement à travers sa quête, condamnée d’avance, son besoin de changer pour retrouver ce qu’il a perdu, qu’il va finalement évoluer et se reconstruire effectuant des rencontres et des choix qui vont l’amener à retrouver la vie et le sourire, sans non plus oublier le passé. Un texte bien construit, que j’ai trouvé poétique et prenant, le tout magnifiquement porté par la plume superbe de l’auteur tout en nuance et en finesse. L’aspect technologique se révèle aussi intéressant par la réflexion qu’il apporte, montrant un besoin de s’identifier à d’autres, que ce soit humains ou animaux, à travers ses enregistrements qui permettent de ressentir au plus profond les mouvements. Un fort joli texte agréable, mais légèrement court peut-être.

 

Ce qui m’a marqué une fois la dernière page de ce recueil tourné, c’est la plume de l’auteur qui se révèle touchante et remplie d’émotion qu’elle arrive à partager au lecteur. En plus de nous proposer des textes où la technologie et l’imaginaire sont présents, elle nous offre aussi clairement des personnages qui se révèlent profondément humains et attachants que ce soit aussi bien dans leurs forces que dans leurs failles et leurs faiblesses, ce qui les rend attendrissant et fascinant ; on s’accroche à eux. Je trouve par contre dommage que la préface ne soit pas finalement une postface tant elle développe trop les textes qu’elle présente, ce qui peut légèrement gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte. En tout cas je m’en vais de ce pas lire L’Opéra de Shaya qui m’attend dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelle qui nous fait découvrir trois textes, pas tous au même niveaux, mais se révèlent tous profondément humains et touchants. Ce recueil mérite d’être découvert, selon moi, rien que pour Les Yeux d’Elsa qui se révèle être un texte magnifique et émouvant sur une relation impossible, tragique et improbable, même si au final il fait un peu d’ombre justement aux deux autres nouvelles. Au final ce recueil m’a aussi permis de découvrir la plume de Sylvie Lainé que j’ai trouvé clairement poétique et pleine de sentiments, mélangeant à la fois les aspects personnels avec des aspects technologiques et futuristes qui offrent aux lecteurs, premièrement, des réflexions vraiment intéressantes et passionnantes et deuxièmement des personnages terriblement attachants et poignants. Je m’en vais donc me lancer dans la lecture de L’Opéra de Shaya qui est dans ma PAL.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Vert, Julien le Naufragé, Efelle, Shaya, …

Notre Ile Sombre – Christopher Priest

notre ile sombreRésumé : Je suis sale. J’ai les cheveux desséchés, pleins de sel, des démangeaisons au cuir chevelu. J’ai les yeux bleus. Je suis grand. Je porte les vêtements que je portais il y a six mois et je pue. J’ai perdu mes lunettes et appris à vivre sans. Je ne fume pas, sauf si j’ai des cigarettes sous la main. Je me saoule une fois par mois, quelque chose comme ça. La dernière fois que j’ai vu ma femme, je l’ai envoyée au diable mais j’ai fini parle regretter. J’adore ma fille, Sally.
Je m’appelle Alan Whitman… Et je survis dans une Angleterre en ruine, envahie par des populations africaines obligées de fuir leur continent devenu inhabitable.

Editeur : Denoël Lunes d’Encre (Paru le 13/05/2014)
Traduction : Michelle Charrier

 

Mon Avis : Christopher Priest fait partie des auteurs connus et reconnus dans le monde de la SF, ayant même eu la chance de voir une de ces œuvre adapté au cinéma : Le Prestige. Et pourtant, honte à moi, je n’avais encore jamais lu un seul de ces romans, malgré que certains m’attendent pourtant dans ma PAL. Donc quand on m’a proposé de découvrir le dernier roman publier de l’auteur, qui est en fait une réécriture du premier roman de l’auteur paru dans les années 70 : Le Rat Blanc, j’avoue que je me suis laissé tenter, surtout que le résumé annonçait un roman apocalyptique et que la couverture, illustrée par Aurélien Police, est, je trouve, vraiment magnifique.

J’avoue que dès les premières lignes je me suis retrouvé emporter par ce roman, en effet le récit ouvre sur une double présentation du héros, une avant la catastrophe et une après, la première le montrant comme un cadre moyen là où la seconde comme un sans-abri qui a tout perdu. Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu’il tombe aussi bas? C’est là-dessus que l’auteur capte son lecteur, lui faisant tourner les pages de ce court roman pour savoir ce qui a dérapé, déraillé dans sa vie et à travers le monde. Surtout que l’auteur sait garder son lecteur en haleine, cassant son récit, mélangeant trois lignes temporels pour bien construire son personnage, découvrir son évolution au fil des périodes et surtout sa façon de voir le monde changer entre sa jeunesse, l’époque plus « adulte » où il est marié et père de famille et l’époque après cette grande catastrophe qui a obligé des millions d’émigrant à envahir l’Angleterre fuyant un pays complètement en ruine.

C’est finalement ce point qui fascine le plus dans le roman, cette lente plongée en abyme du héros principal, cette évolution qui va l’amener à rejeter le vernis qui faisait de lui un homme civilisé pour revenir vers ses plus bas instincts pour survivre. On sent ainsi au fil des pages monter la tension, ainsi qu’une ambiance, qui devient de plus en plus sombre et de plus en plus tragique d’un homme qui perd tout au fil des pages. Ce que j’ai trouvé aussi intéressant c’est que, pour un roman des années 70, il possède des aspects toujours aussi contemporains, nous présentant un protagoniste principal qui finalement ne s’intéresse que très peu et de très loin à la politique et considère que tout ne peut que s’arranger avec le temps ; le tout dans un pays où le nationalisme prend de plus en plus d’ampleur à travers une communication  efficace et agressive. Comment ne pas penser à ce qu’on voit parfois aujourd’hui. Cela amène donc obligatoirement à la réflexion sur notre façon de réagir face à une telle catastrophe, que ferions-nous?

Concernant les personnages, Alan Whitman ne manque pas d’intérêt et se révèle très intéressant à découvrir, se révélant le reflet global de la société aveugle et manipulé et dont on découvre au fil des pages son aspect humain, rempli d’émotions contradictoires. Pourtant il n’est pas non plus le personnage qu’on aurait pensé s’attacher, se révélant un adepte de l’adultère et limite obsédé par le sexe, il parait aux premiers abords légèrement antipathique, mais c’est la façon dont il avance le long du récit qui le rend captivant, sa façon de se rendre compte de ce qu’il gagne et qu’il perd, mais aussi des liens qu’il a lié et parfois perdu. Il se remet continuellement en question au fil de sa descente en enfer, sans prendre toujours les bonnes décisions. Le problème vient par contre des autres personnages qui ne sont là que pour faire évoluer le héros et rien d’autre, on ne sait quasiment rien d’eux et de ce qui les anime, que ce soit sa femme, sa fille ou encore Rafiq l’auteur reste toujours en surface, ne se servant d’eux que pour amener le changement d’Alan et c’est dommage je trouve, car certains auraient pu avoir du potentiel.

Concernant l’univers et tout le background que cherche à mettre en avant j’avoue qu’il reste assez classique, mais surtout reste ancré peut-être un peu trop dans les années 70. Il parle de pays africains qui se doteraient de l’arme nucléaire ce qui occasionnerait un conflit qui rendrait la vie sur le continent impossible, hypothèse qui parait peu plausible de nos jours. Alors bien entendu l’aspect intéressant n’est pas tant la cause que les conséquences, mais tout de même c’est un peu frustrant. L’auteur le dit lui-même dans la préface sa révision du texte ne portait pas sur le fond, mais sur la forme, donc pareil tout ce qui est aspect technologique se révèle aussi vieilli. Il est plus difficile d’imaginer de nos jours qu’une fois sorti de chez soi on se retrouve sans communication avec pour seul élément d’information une radio à piles, tout comme il est compliqué d’imaginer que certaines propagandes, mené par des groupuscules, que dévoile l’auteur puisse fonctionner avec les outils qu’on possède aujourd’hui. Cela ne dérange certes en rien et n’enlève pas la façon de réagir des hommes ainsi que les réflexions qu’il y a avec, mais le point de départ reste clairement d’époque. Concernant tout l’aspect politique et social, par contre, il se révèle intéressant et surtout permet à l’auteur de construire une ambiance de plus en plus angoissante et triste au fil des pages.

J’ai lu aussi, que ce soit dans la préface ou sur certains sites, que ce roman était considéré comme raciste, mettant en avant l’invasion des noirs sur l’Angleterre, je ne suis pas d’accord. L’auteur reste clairement neutre dans sa façon de présenter les choses, il ne fait pas de politique, cherchant simplement à montrer les conséquences de choix politiques. Pour cela il a donc imaginé un exode massif et il a choisi le continent Africain, mais cela aurait pu être aussi bien un exode américain, européen ou chinois l’effet aurait été le même. Comme je l’ai dit, ce que cherche à montrer l’auteur c’est surtout les conséquences, l’aspect guerre civile, la profonde dégradation d’un pays considéré comme civilisé qui retombe vers ses plus bas instincts ; que ce soit des deux côtés tout le monde est capable du pire. Cette constatation montre par contre une chose c’est que l’auteur a oublié justement de caractériser ses immigrants, de leur offrir de la profondeur et de l’humanité, excepté parfois à travers le regard du héros, ce qui fait qu’on a parfois du mal à les voir autrement que comme des envahisseurs, une force sombre sans visage, monstrueuse, qui fera tout pour survivre. C’est ce point qui fait que ce roman perd un peu de sa force, se révélant simplement sympathique là où il aurait pu être très bon, c’est de ne pas donner voix aux immigrants. C’est dommage.

La plume de l’auteur se révèle épurée, simple et neutre apportant une impression clinique de l’ensemble et ajoute ainsi une touche d’angoisse au récit. Mais voilà, on sent aussi ici qu’il s’agit d’un premier roman, l’auteur cherche par moment à trop en faire, donnant l’impression de foisonner d’idées sur certains aspects sans jamais les amener au bout et décide même de ne pas répondre parfois aux questions que se pose le lecteur. Au final on obtient un roman avec ses qualités et ses défauts, qui aurait mérité plus de développement tant certains aspects sont sans réponses,  mais que j’ai trouvé tout de même sympathique bien porté par cette réflexion efficace sur la perte du lien social face à un drame.

En Résumé : Finalement, ce n’est peut-être pas le plus grand livre catastrophe que j’ai lu, mais cela reste une lecture sympathique à découvrir avec de très bonnes idées.  L’histoire se révèle intéressante et l’auteur fait monter la tension de façon efficace au fil des pages. On suit avec intérêt la vie du héros, qui est loin du mec parfait, et surtout sa façon de réagir face à cette crise d’ampleur mondiale qui va bouleverser sa vie. Dommage que les personnages secondaires manquent clairement de profondeur. L’univers que l’auteur trace autour de l’histoire se révèle classique, solide, mais peut-être un peu vieillot avec cette idée de conflit nucléaire entre pays africains, conflit qui me parait de plus en plus improbable au jour d’aujourd’hui, et cet aspect technologique un peu dépassé. En fait le gros point qui dérange le plus dans ce roman c’est que l’auteur n’est pas plus caractérisé cette vague d’immigration, on comprend bien, face aux choix du gouvernement, pourquoi on en arrive au conflit, mais ils sont représentés plus comme une ombre que comme des êtres humains. De plus j’ai trouvé que l’auteur a parfois du mal sur certaines idées qu’il cherche à mettre en place. La plume de l’auteur se révèle neutre, simple et colle parfaitement au récit, même si on sent parfois on sent le côté premier roman. Au final un livre sympathique et qui se lit plutôt bien, je lirai d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

Hysteresis – Loïc Le Borgne

hysteresisRésumé : Le temps a filé depuis la Panique, la grande, l’incommensurable débâcle qui a couru sur le monde, balayant jusqu’au dernier rêve d’une humanité autocentrée… Le temps a passé, oui, et il a fallu reconstruire comme on a pu. Essayer, en tout cas, et au prix fort : celui du savoir, bien sûr, mais aussi celui de l’espérance… Et quand Jason Marieke arrive à Rouperroux, misérable village accroché à sa survie précaire, lui, l’ancien, celui d’avant la Panique, homme en quête doté de connaissances mystérieuses et aux questions qui dérangent, alors semble sonner l’avènement d’une ère nouvelle, celle des réponses et du cortège d’horreurs qui les accompagne…

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Ce livre me faisait envie depuis que j’ai découvert sa superbe couverture, illustrée par Aurélien Police, qui se révèle sombre et sauvage. Le quatrième de couverture, annonçant un roman post-apocalyptique, ainsi que les différentes chroniques que j’ai vu apparaitre sur internet ont ajoutés à mon envie de faire entrer ce roman dans ma PAL et de le lire rapidement, même si j’ai eu une légère appréhension sur le fait qu’il s’agissait du premier roman « adulte » de l’auteur plus habitué à écrire pour la jeunesse.

Finalement cette appréhension a très vite disparu et j’ai été rapidement happé par cette histoire d’un homme qui a traversé le monde pour rentrer chez lui et découvrir que son ancien village à complètement changer. Une histoire certes post-apocalyptique, mais concentré sur la vie d’un village, sur leurs évolutions et leurs façons de survivre, malgré un retour en arrière. Cela n’empêche pas non plus l’histoire de se révéler terriblement efficace, bien rythmé et entrainante. Je me suis retrouvé à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus sur la mystérieuse quête de notre héros qui va aussi soulever de nombreuses interrogations, ainsi que sur ce village à l’ambiance à la fois sectaire, sauvage et rempli de douleurs. L’auteur maîtrise parfaitement son histoire qu’il construit en trois actes, faisant monter la tension et les révélations au fil du récit de façon efficace et passionnante, avec son lot de surprises et de rebondissements. Le tout est aussi porté par une narration que j’ai trouvée intéressante, mélangeant le récit classique avec des morceaux de journaux intimes, variant parfois les points de vue, le tout mâtiné de chants et de poèmes par moment touchants, marquants, qui collent parfaitement au récit.

L’univers présenté se révèle lui-aussi parfaitement réussi, préférant se consacrer pleinement à la façon dont la civilisation à évoluer suite à la grande catastrophe plutôt que de se consacrer à la catastrophe elle-même dont on ne sait finalement pas grand-chose voir un road-trip. On se retrouve alors plongé dans un petit village, vivant comme au moyen-âge, vouant un culte aux arbres et haïssant leurs ancêtres qui ont laissé la planète mourir sans rien faire, ni réagir. Un univers très sombre où la violence et le rejet sont très présents, principalement vis-à-vis justement de ces anciens mais aussi de ceux qui ne respectent pas les règles. Un monde qui s’est finalement refermé sur lui-même, retournant vers le passé, mais aussi vers l’obscurantisme, reniant tout ce qui peut amener l’homme à réfléchir à posséder son propre point de vue et sans réfléchir non plus à l’idée que certaines évolutions et technologies peuvent être bonnes, rejetant tout cela. Mais c’est aussi un monde un peu mystique, un peu troublant, avec ces fées, que seuls les enfants ont l’air de voir, ces êtres mystiques qui considèrent toute avancée comme mauvaise et pouvant les tuer. L’auteur arrive facilement, avec des mots simples, à créer un parallèle fascinant et inquiétant entre ceux qui sont nés après la catastrophe et ceux qui ont connu le monde d’avant qui ont l’ancienne connaissance, l’ont jugée et veulent en récupérer le meilleur pour reconstruire. L’auteur démontre aussi que finalement l’Homme reste fidèle lui-même et qu’il est toujours prêt à tout pour conserver le peu de pouvoir qu’il possède et que tout ce qui vient ébranler ce socle lui fait peur.

Les personnages sont une des grandes forces du récit, se révélant profonds, riches et soigné, mais surtout se révélant finalement humains que ce soit aussi bien dans le meilleur comme dans le pire. Chacun possède ses propres raisons d’être ce qu’ils sont devenus, chacun a été obligé d’évoluer face à la peur et à la violence qui a pris le monde lors de la grande catastrophe. Mais surtout l’auteur nous montre une humanité aux multiples visages avec des hommes qui préfèrent garder le silence devant certains qui crient plus forts que les autres, des hommes qui ont peur, des hommes qui rêvent aussi ou encore des hommes qui ont une vision d’avenir. On retrouve aussi l’amour, un amour impossible et improbable qui ne tombe jamais dans la mièvrerie et vient apporter un léger rayon de soleil au récit.

Chaque personnages possède sa propre facette avec ses doutes et ses forces entre Jason le conteur qui par son chant , ses histoires et ses poèmes paraît un doux rêveur mais qui au final cache une certaine violence en lui, Romain le jeune narrateur qui ne sait pas trop où se situer et qui va se retrouver chambouler dans ses conviction par l’étranger ou bien encore Aurore la guérisseuse qui considère que le monde d’avant mérite d’être complètement oublié et qui cache une sombre colère, mais aussi les jumelles, Mélusine et Mélopée, qui vouent un culte aux fées et qui se révèlent à la fois dérangeante, surréalistes et parfois à la limite de la folie et de la manipulation. On se reconnait en partie dans chacun de ces héros qui nous font réfléchir sur l’avenir et sur nous-même.

Au final un très bon roman de post-apo, un peu intimiste, réfléchi et se révèle même; limite; un dernier appel sur un monde qu’on laisse mourir, même si finalement certains points m’ont quand même dérangés. Je pense principalement aux dialogues, le héros revient des USA et utilise donc facilement des expressions anglaises comme par exemple « Shit » dès qu’il y a un problème, mais voilà quand, vers la fin, tout va mal, et qu’on retrouve l’expression parfois utilisé 3 à 4 fois par pages ça devient lassant ; de plus l’auteur a une façon bien à lui de présenter les dialogues qui doit sûrement représenter une évolution de la narration, mais qui m’a laissé perplexe tout du long. Autre point qui m’a un peu frustré c’est la conclusion, elle monte clairement en tension au fil des pages, s’approchant de plus en plus de la limite de rupture entre deux visions  concernant l’évolution du monde, c’est sombre et parfois pessimiste, j’ai été vraiment pris dedans et là arrive un deus ex machina qui vient inverser la tendance. La conclusion reste bonne, mais pourquoi ce retournement de situation qui offre une fin un peu plus heureuse. C’est un choix de l’auteur, à chaque lecteur de voir ce qu’il en pense.

La plume de l’auteur se révèle fluide, efficace et nous entraine avec facilité dans ce village paisible qui cache de terrible secrets. Surtout il nous plonge dans un univers grave et fascinant, nous posant la question de savoir ce qu’on laisse aux générations futures et ce qu’elles vont penser de nous. À noter aussi que le roman porte bien son nom, finalement, je vous laisse découvrir pourquoi. Au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre et je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec cette histoire post-apocalyptique qui nous plonge dans un village, aux abords paisibles, mais qui cache de terribles secrets. L’intrigue se révèle efficace et bien mené avec son lot de surprises, faisant monter la tension au fil des pages et happant le lecteur. L’univers construit se révèle sombre, sauvage, où l’humanité a régressée suite à une grande catastrophe et qui nous fait réfléchir sur le devenir de notre monde ainsi que sur la force, parfois facile, de l’obscurantisme sur les populations. Les personnages se révèlent denses, humains et surtout intéressants, on peut ne pas tous les apprécier, mais on les comprend. L’auteur offre aussi un parallèle saisissant entre l’ancienne génération qui a laissé faire, là ou la génération d’après est obligée de subir. Je reproche juste que l’auteur utilise un peu trop par moment des expressions anglaises, genre retrouver 4 à 5 fois « shit » sur une page, mais aussi une façon de présenter les dialogues qui ne m’a pas accroché et enfin je trouve légèrement frustrant le deus ex machina de fin. Rien de bien méchant non plus. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et entrainante captant le lecteur rapidement. En tout cas je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Louve, Igguk, Cornwall, …

Bloody Marie – Jacques Martel

bloody marieRésumé : L’humanité s’est répandue dans la galaxie, et ses colonies finirent par être séparées par la distance.
Il y a trois générations, les hommes et les femmes ont recommencé à voyager, donnant naissance à un nouvel espoir : l’Essor.
Aujourd’hui, les grandes voies sont à nouveau sillonnées par les navires de commerce qui font la prospérité des armateurs, mais aussi celle de leurs prédateurs : les pirates.
Avec succès, la Ligue et la Flotte ont joué de tout leur poids et de la puissance de leurs corsaires pour mettre fin à l’activité des Forbans du Vide, avant de promettre des amnisties. Désormais, d’anciens pirates traquent leurs confrères. Ces dernières années ont sonné le glas de la piraterie.
Mais, au comptoir d’un des plus anciens bars à matelots, un vieux soutier annonce aux habitués le retour de la terrible fille du feu Ravageur de Mondes : Bloody Marie.
Menée par une colère jamais retombée depuis que la Ligue, quinze ans auparavant, a piégé son père, la pirate refuse de baisser pavillon.
Tous sabords ouverts, les canons prêts à vomir leurs charges de plasma, Bloody Marie lance le Long John pour un dernier raid…

Edition : Black Book

 

Mon Avis : Ce livre a terminé sa course dans ma PAL un peu par hasard, ou plus précisément à coup de déambulateur, d’œillades explicites et j’avoue, aussi, d’explications convaincantes. Je m’explique, depuis les Imaginales 2012 Plumeline a lancé une nouvelle mode, tenter de me faire acheter un livre qu’elle aura choisi pour moi. Pour l’année 2013 ce fût Bloody Marie qui fût choisi. J’avoue que la couverture, illustrée par Sylvain Sarrailh, donnait clairement envie par son côté space-opera, guerrier, et le résumé se révélait accrocheur. Donc, après discussion avec l’auteur, ce livre a fini dans ma PAL. J’ai, j’avoue, mis un peu de temps à l’en sortir, mais voilà chose faite.

Une chose est sûre c’est qu’on ne s’ennuie pas un seul instant avec ce livre qui se révèle haletant, efficace et entrainant. Pour peu qu’on apprécie le monde de la piraterie, l’alcool, l’abordage et le tout dans un avenir rempli de vaisseaux spatiaux et d’armes futuristes, alors vous ne devriez pas vous ennuyer. L’auteur construit ici un récit explosif, détonnant, rempli d’aventures et de rebondissements qui font que le lecteur se retrouve emporté par l’ensemble tout en possédant aussi cet aspect épique associé au côté flamboyant du voyage spatial, ce qui en fait la grande force du livre. L’auteur sait également brouiller les pistes, induire en erreur pour mieux surprendre, même si parfois j’ai trouvé cela un peu mal amené, comme ce gars qui veut raconter son histoire qui se révèle capitale mais, quatre fois, se retrouve empêcher de le faire sans raisons valables. Concernant la narration elle se révèle franchement intéressante et originale, l’histoire étant présentée pas un personnage qui vient conter cett histoire dans un bar et, entre chaque chapitre sur Bloody Marie, on le retrouve pour apporter des précisions et se rincer le gosier ou se remplir la panse. J’ai trouvé que ça ajoutait un certain charme, par la gouaille du personnage, qui colle parfaitement à ce côté piraterie, et surtout permet une immersion différente de ce qui se fait habituellement, se révélant tout aussi réussi.

Concernant l’univers j’avoue que l’auteur a construit quelque chose d’un minimum complexe, dense, mais surtout cohérent, le tout à travers des explications efficaces ainsi que des annexes complètes pour ceux qui se sentiraient perdus. Les vaisseaux, les technologies, les armes ou bien encore les armures, rien n’est laissé au hasard et se fond parfaitement dans l’histoire et son background. Concernant l’aspect social l’auteur construit quelque chose de classique, mais qui se révèle solide avec les militaires, les pirates et les corsaires que sont à peu près les trois grandes entités de cet univers. Alors certes l’auteur ne rentre jamais complètement dans les détails et reste toujours en surface des jeux de pouvoir à grande échelle, mais rien de bloquant ou dérangeant, et l’ensemble permet même aussi d’ouvrir quelques réflexions assez intéressante même si parfois manichéennes dans leurs traitements. L’intérêt vient aussi du fait que Jacques Martel a réussi à retranscrire le monde des forbans, que ce soit dans sa hiérarchie, dans ses habitudes ou même dans son langage, on a l’impression d’être au milieu de cet équipage de forbans. Ajouter à cela quelques races extraterrestres et vous obtenez un univers qui se révèle solide, riche, logique où on sent bien que l’auteur c’est un minimum renseigné.

Concernant les personnages j’avoue que sur certains aspects j’ai eu un peu de mal. Concernant l’Irving je n’ai pas eu trop de soucis, le protagoniste se révèle intéressant et on sent bien qu’il cache quelque chose, on le suit donc avec plaisir pour en savoir. Mais concernant Marie, j’avoue que j’ai eu du mal à la comprendre complètement. Concernant son caractère fort et violent il apporte quelque chose d’intéressant à cette pirate, pas de soucis, mais voilà je la trouvais beaucoup trop changeante ; elle peut tuer un compagnon pour une toute petite erreur, mais va reporter une opération capitale pour soigner un de ces plus vieux membre d’équipage blessé. Je peux parfaitement comprendre qu’elle ait une amitié avec cet équipier, présent depuis longtemps à ses côtés, mais elle est capitaine, avoir un caractère aussi changeant c’est appeler à la mutinerie. Je suis donc resté perplexe sur certaines de ses réactions. De plus j’ai trouvé que les héros principaux étaient un peu trop figés, ne se remettant jamais vraiment en question et manquaient parfois d’émotions. Pour les personnages secondaires, c’est assez simple il y a ceux auxquels on s’intéresse, ceux qui ont un passé et une histoire, et les autres, ceux sur lesquels on reste en surface dont on sait peu de choses, mis à part qu’ils vont mourir. Le procédé n’est en rien gênant mais bon cela limite un peu les surprises.

Quelques points m’ont aussi dérangés dans ce récit. Déjà il n’a jamais véritablement réussi à me surprendre par les différentes révélations qu’il propose. Alors, je ne sais pas si c’est moi qui ait l’esprit tordu, mais j’ai vu arriver la majorité d’entre elles, ce qui est dommage. Ensuite, l’auteur est parfois un peu trop « bavard » et cherche parfois à trop vouloir en faire ; il s’attache à construire quelque chose de dense, je suis d’accord, mais par moment il se laisse emporter par son explication et sa plume ce qui crée quelques légères longueurs. Dernier petit point que j’ai soulevé c’est concernant une des intrigues secondaires que lance l’auteur concernant les « Autres », j’avoue je n’ai jamais réussi à accrocher ni à m’y intéresser totalement, ce qui m’a, par conséquent, rendu la conclusion légèrement moins surprenante. Mais bon rien de catastrophique non plus et cela n’enlève en rien l’aspect amusant et fun de ce roman.

La plume de l’auteur ne manque pas d’énergie et se révèle simple, entrainante et efficace à nous faire plonger dans cette histoire remplie d’explosions, de voyages spatiaux, d’action, de piraterie, d’abordage, d’alcool et de sauvagerie. Ce roman remplit pleinement son rôle de divertissement dans un monde qui se révèle dense et cohérent. Alors, tout n’est pas non plus parfait et certains points ne m’ont pas accroché, mais dans l’ensemble je me suis détendu avec ce livre qui s’est révélé agréable. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

Résumé : J’ai passé un agréable moment avec ce livre qui nous propose de mélanger piraterie et space-opera. L’intrigue ne manque pas de se révéler haletante, sans temps mort et rempli d’action et d’aventures ce qui fait qu’on a un peu de mal mal à lâcher ce livre explosif. L’univers que construit l’auteur est dense, bien construit, mais surtout se révèle cohérent et logique, le tout porté par des explications efficaces. Je reste mitigé concernant les personnages, les héros se révèlent un minimum travaillé, même si j’ai parfois eu du mal à comprendre Bloody Marie, par contre ils se révèlent un peu trop figés par moments et manquer légèrement d’émotions. Concernant les personnages secondaires leurs présentations fait qu’on devine trop rapidement qui va mourir des autres. Je reproche par contre au récit d’être parfois un peu trop bavard ce qui crée quelques longueurs, ainsi que sa tentative de complexifier son intrigue par une sous-intrigue sur « Les Autres » qui ne m’a que moyennement accroché. La plume de l’auteur colle parfaitement au récit se révélant simple, efficace, entrainante et énergique, happant le lecteur assez facilement. Au final un agréable divertissement qui devrait plaire à ceux qui sont à la recherche de batailles, de vaisseaux spatiaux et de pirates. En tout cas je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Plumeline, nymeria, mrjmad, …

Un Eclat de Givre – Estelle Faye

un eclat de givreRésumé : Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un désert stérile, où seules quelques capitales ont survécu. Dont Paris.
Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.
Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

Edition : Les Moutons Electrique

 

Mon Avis : Il y a quelques jours je terminais Porcelaine d’Estelle Faye, roman qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, le tout porté par une plume que je trouvais clairement intéressante et poétique (ma chronique ici). Donc quand j’ai vu que le nouveau livre de l’auteur était disponible en avant-première aux Imaginales j’ai été rapidement tenté de le faire entrer dans ma PAL, surtout que la couverture, illustrée par Aurélien Police, est sublime. Il faut aussi ajouter à cela un quatrième de couverture qui se révélait intrigant et accrocheur, allant à l’opposé de ce que proposait Porcelaine, puisque ce roman est plus un roman de SF post-apocalyptique, et qui a fini de me convaincre.

Et j’avoue, je ressors en étant agréablement surprise de ma lecture. Alors certes, l’histoire en soi n’a rien de grandement révolutionnaire avec son héros solitaire qui oscille entre la légalité et l’illégalité pour tenter de survivre et gagner sa vie, qui se retrouve au milieu d’une mission qui va le dépasser, mais elle se révèle vraiment solide. En effet l’auteur nous offre une intrigue qui se révèle clairement entrainante et haletante, le tout sans temps mort, tout en gardant un aspect descriptif qui est très intéressant. On se laisse alors happer par les aventures et, surtout, les mésaventures, que va rencontrer Chet, le héros. Chaque chapitre apporte ainsi sont lot de rebondissements et de surprises qui font que le lecteur tourne les pages facilement pour essayer d’en apprendre plus sur cette mission qui, pourtant démarrait simplement, mais se révèle être finalement un complot beaucoup plus complexe qui pourrait menacer la ville entière. Dans l’ensemble une intrigue efficace et agréable.

Mais voilà, là où l’auteur arrive à faire passer un palier à son récit et le rendre plus fascinant c’est déjà, premièrement, par l’univers qu’elle développe. En effet le Paris post-apo qu’elle nous dévoile au fil des pages se révèle absolument fascinant et enchanteur par son mixe de technologie et de nature. Mélange de beauté et d’aspect sauvage, on découvre un monde qui, à force de pomper toutes les énergies, a connu la guerre et les populations ont dû alors se regrouper dans des capitales de plus en plus surpeuplées. Des villes qui d’ailleurs redécouvrent, d’une certaine façon, le partage même si les clans sont toujours présents. Chaque quartier se révèle alors avoir sa propre particularité, sa propre féérie, sa propre magie et j’avoue avoir été emporté dès les premiers instants du récit par ce monde, palpable, qui ne demande qu’à être découvert. Attention tout n’est pas non plus roses, Paris possède aussi ses zones d’ombres, ses galeries des monstres, à la fois attirants et effrayants. Un mélange clair-obscur qui se marie de façon captivante avec les quartiers justement utilisés par l’auteur. Une véritable fascination pour Paris qui en devient une ville magique qui colle parfaitement à l’histoire.

L’auteur nous dévoile aussi, comme dans Porcelaine, sa passion pour l’art et, après avoir découvert le monde du théâtre chinois, ici elle amène le lecteur à découvrir le monde du jazz et des cabarets. Un milieu à la fois lumineux, de strass et de paillette, libre, mais qui possède aussi ses mauvais côtés. Mais surtout on y trouve une musicalité qui se ressent à l’oreille, que l’auteur nous partage à travers ses mots, et qui se révèle vibrante pour peu qu’on apprécie un minimum le jazz. Autres aspect récurrent ce sont les contes, certes beaucoup moins présent que dans son précédent roman, mais à travers des clins d’œil et des petites histoires on y retrouve un peu cette magie du conte. Au final un univers à la fois sombre et flamboyant qui donne envie.

Autre point fort c’est le travail de l’auteur sur les personnages, ou plus principalement sur Chet, héros ambigu, bisexuel qui chante déguisé en fille et qui offre une véritable réflexion sur la sexualité et la liberté surtout en ce moment. Son côté un  peu androgyne lui offre ainsi une palette très vaste et intéressante à découvrir. Un personnage à la fois attachant et fascinant que ce soit aussi bien à travers ses forces comme ses failles, sa sensibilité et qui par son charisme, sa différence, sa timidité et son côté solitaire ne manque pas d’intérêt et se révèle nettement accrocheur. Un héros à la fois séduisant et prenant, même s’il tombe quand même légèrement dans le syndrome que j’appelle « super-héros » qui fait qu’il continue toujours à se relever et à se battre malgré tous les coups et toutes les blessures qu’il encaisse. Le problème vient que, d’avoir un tel personnage, complexe et riche, cela donne un peu l’impression que les autres protagonistes qui gravitent autour sont un peu moins travaillés, voir même certains ne servent qu’à véhiculer des indices. Cela ne dérange en rien la lecture ou l’immersion dans le récit, mais je trouve parfois cela frustrant de manquer d’informations sur certains personnages secondaires, surtout quand ils paraissent posséder un certain potentiel.

Je trouve juste légèrement dommage, selon moi, une certaine baisse de régime vers le milieu du livre, dû un peu à une répétition d’une fuite en avant du héros devant l’ampleur de sa mission. Certes cela permet aussi de souffler un peu, mais je l’ai trouvé légèrement trop longue. Ensuite, je reproche aussi l’auteur d’amener certaines révélations ou encore certains aspects futuristes de façon un peu trop brusque, comme si cela devait être logique pour le lecteur alors que ça ne l’est pas obligatoirement. Je pense par exemple aux enfants qui apparaissent un peu comme par magie pour débloquer une situation qui paraissait amener à une impasse. Dans l’ensemble ce ne sont que de petits points qui ne dérangent en rien la qualité du récit, mais qui se révèlent parfois légèrement frustrants.

La plume de l’auteur se révèle franchement entrainante et possède surtout une certaine poésie, une certaine mélancolie, une certaine magie qui lui permet clairement de se différencier des romans post-apo plus énergiques, tout en conservant une certaine dose d’action. Elle a de nouveau réussi à me toucher à travers son univers qui est superbe et son personnage principal qui se révèle attachant et humain. Au final je ne suis pas déçu de ma lecture, un roman complètement différent de ce que propose Porcelaine, mais qui se révèle réussi et efficace. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le nouveau roman d’Estelle Faye. Certes l’histoire en soi se révèle classique dans son intrigue et sa façon de se dérouler, mais ça ne l’empêche pas d’être solide et intéressante. Mais là où l’auteur a clairement réussi à m’emporter c’est par son univers, à la fois par la construction clanique de la ville de Paris ainsi que ses descriptions, mais aussi par sa plongée dans le monde artistique et du Jazz ou encore dans son univers post-apocalyptique sombre, sauvage et aussi lumineux et poétique. Le personnage de Chet, à la fois ambigu et charismatique, se révèle extrêmement attachant à travers ses forces et ses faiblesses, mais éclipse un peu les autres personnages, ce qui est parfois un peu dommage tant certains ont du potentiel. Je regrette juste une petite baisse de régime vers le milieu du livre, ainsi que certains éléments qui m’ont paru parfois mal amenés, mais franchement rien de gênant tant l’œuvre globale possède une certaine magie. J’ai de nouveau été emporté par la plume de l’auteur toujours aussi entrainante, mélancolique et soignée qui m’a facilement happée. Au final un roman complètement différent de Porcelaine, plus sombre aussi, mais intéressant. Je lirai sans soucis d’autres récits de l’auteur.

 

Ma Note : 8/10

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