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Cent Visages – Thomas Geha

cent visagesRésumé : 2025, aux environs d’Évry. Adolescent, Gregor appartient à la frange marginalisée de la population. Alors qu’il pénètre dans un entrepôt en quête de nourriture, il surprend le criminel Cent Visages et est agressé par un inconnu qui lui injecte un produit dans le bras. Gregor s’échappe grâce à une clandestine qui lutte contre le pouvoir autoritaire en place et l’entraîne à Paris chez les militants de la Capucine. Mais ne cherchent-ils pas à l’instrumentaliser ? Et quels liens les relient à Cent Visages ?

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez régulièrement mon blog, vous avez dû vous rendre compte que j’apprécie énormément les écrits de Thoma Geha qui a toujours su m’emporter par des récit entrainants, efficaces et souvent sans temps morts. Ce n’est donc pas une surprise si le dernier roman de l’auteur a rejoint ma PAL il y a peu, surtout que le quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire haletante et pleine de péripéties, tout en espérant que l’aspect jeunesse ne soit pas trop bloquant. À noter une couverture assez intrigante avec ce visage masqué qui donne envie d’en apprendre un peu plus. Pour information concernant le blog il s’agit de mon 600ème article et, pour être précis, ma 530ème chronique.

Thomas Geha nous plonge ici dans un roman jeunesse mélange, de Thriller et de Science-Fiction, qui nous fait suivre la course poursuite de Grégor, jeune réfrac, rejeté par la société, après avoir croisé le chemin du plus grand criminel : Cent Visages. À partir de là tout va s’enchaîner et la vie du héros va se retrouver complètement chambouler. Une chose est sûr c’est que dès la première page le lecteur se retrouve complètement happé, embarqué, captivé et se met à tourner les pages avec plaisir et envie d’en apprendre plus. En effet l’auteur nous offre une histoire qui se révèle explosive, haletante, sans temps morts où il maîtrise à la perfection l’art de la surprise et du rebondissement pour ne jamais ennuyer où perdre le lecteur. Entre survie, complots, jeux de pouvoir et courses-poursuites explosives, on sent bien qu’il contrôle parfaitement son intrigue, jouant aussi avec le lecteur à travers des fausses pistes ou des retournements de situations qui viennent remettre en cause sa vision de l’histoire. Rien n’est laissé au hasard.

Concernant l’univers, l’auteur nous offre clairement un monde futuriste loin d’être rose et pourtant terriblement réaliste, surtout avec un fort aspect social qui devrait faire réfléchir plus d’un lecteur. Entre le rejet de certaines minorités, l’obligation d’accepter la biométrie sous peine d’être banni ou bien encore l’importance du vote, l’auteur brasse énormément d’idées de façon efficace, facile d’accès et qui font forcément un rappel à notre monde actuel. Un univers choc et vraiment efficace où les dérives politiques ont créé un clivage entre les populations les plus aisées qui continuent à s’enrichir et les autres complètement à la marge et invisibles qui doivent subir sans que jamais personne ne s’interroge vu que, légalement, ils n’existent pas. L’ensemble est aussi bien porté par l’aspect futuriste qui nous offre énormément de nouvelles inventions technologiques tel que les ordinateurs holographiques, les nanotechnologies, les clés usb à reconnaissances tactiles etc… Un univers qui possède une certaine densité et une certaine richesse même si, roman court oblige, j’aurai aimé en apprendre plus sur certains aspects, principalement politiques, dont le sujet est parfois juste survolé; des questions restant en suspend. Je reprocherai par contre peut-être juste certaines technologies un peu trop « pratiques » et qui aident un peu trop parfaitement nos héros.

Concernant les personnages l’auteur nous offre un panel de protagonistes qui sont loin d’être caricaturaux, se révélant même régulièrement complexes. Ils se révèlent tous soignés et travaillés et surtout nous entraînent de façon prenante et visuelles dans leurs péripéties. Entre Grégor qui ne cherchait qu’à survivre tranquillement avec sa mère adoptive et qui va se retrouver mêler à quelque chose qui le dépasse complètement, mais qui, pourtant, va tout faire pour s’en sortir, ou encore Koudelc pour qui la vengeance contre Cent Visages est son seul objectif et elle fera tout pour l’obtenir ou bien aussi Cent Visages, justement, criminel énigmatique qui porte un masque et dont les actions amènent énormément de questions. À noter d’ailleurs le jeu de mot qu’on retrouve de temps en temps justement sur « cent » (« sans ») visages qui est lié aussi, selon moi, une réflexion sur l’identité de chacun. Les différents personnages sont loin d’être manichéens mettant parfois facilement en avant leurs envies personnelles et leurs jeux de pouvoirs sans se soucier de la situation et des autres, ce qui les rend intéressants et surtout légèrement complexes à juger.

Alors après, j’avoue, j’ai trouvé quelques défauts ici ou là. Si on oublie le côté jeunesse qui fait que certaines révélations se révèlent trop simplistes et certaines rencontres un peu trop faciles, j’avoue j’ai surtout quelques regrets concernant la conclusion. Elle se révèle trop rapide, avec son Deus Ex Machina un peu trop flagrant et aussi peut-être un peu trop bavarde à mon goût. Attention, elle n’est pas non plus mauvaise, collant parfaitement à cet aspect nerveux et entrainant présent depuis le début du livre, mais voilà une fois la dernière page tournée j’étais tout de même légèrement frustré, car j’attendais peut-être un peu plus. Malgré cela j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et ne suis pas déçu de ce roman.

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, fluide et dynamique venant vraiment happer le lecteur pour ne plus le lâcher. Surtout, comme je l’ai dit, il plonge littéralement jeunes et moins jeunes dans un univers qui ne peut que faire réfléchir et réagir, tout en maintenant en alerte le lecteur à coup d’explosion et de scènes d’action. Au final j’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman, malgré certes une conclusion qui ne m’a pas totalement accrochée, et c’est de nouveau sans soucis et avec grand plaisir que je me lancerai dans la lecture d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une histoire haletante, sans temps morts et rempli d’explosion et de courses-poursuites. L’auteur maîtrise parfaitement bien ses surprises et ses rebondissements ce qui fait que le lecteur se retrouve rapidement happé par le livre pour ne plus le lâcher. Mais surtout l’auteur nous offre aussi un univers SF vraiment efficace et qui pousse énormément à la réflexion, aussi bien les jeunes que les moins jeunes, que ce soit sur l’identité, la politique, le rejet des autres, le clivage des communautés etc… Un univers choc vraiment réussi même si certaines inventions favorisent un peu trop nos héros je trouve. Concernant les personnages ils se révèlent vraiment complexes, soignés et surtout évitent tout manichéisme mettant en avant des héros face à des décisions compliquées et pas toujours à l’avantage de la situation, ce qui les rend vraiment intéressants. Mon seul regret concernant ce récit vient de la conclusion que je trouve un peu trop rapide, bavarde et repose sur un Deus Ex Machina un peu trop flagrant. Mais franchement rien de non plus gênant tant j’ai été pris par le récit bien porté par une plume simple, dynamique et entrainante. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune, Phooka, etc…

Dresseur de Fantômes – Camille Brissot

dresseur de fantomesRésumé : Le monde avait été redessiné par une série de catastrophes climatiques, les courants marins et les vents modifiés. Les anciennes cartes devenues obsolètes, les aventuriers pouvaient renaître… Pendant des années, Théophras et Valentine ont parcouru le monde pour le compte de riches employeurs, à la recherche de trésors et de pièces rares. Jusqu’au jour où Valentine est empoisonnée par le mystérieux Collectionneur, son meilleur client. Réduite à l’état de fantôme, elle devient invisible aux yeux de tous… sauf de Théophras. Aidés par le capitaine Peck, propriétaire du plus grand bateau à aubes du monde, et par la troupe du célèbre AeroCircus, flottille hétéroclite de ballons et de dirigeables, les deux amants se lancent aux trousses de l’assassin de Valentine. D’une quête de vérité à la vengeance, il n’y a qu’un pas.
Le franchiront-ils ?

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : J’avoue ce livre est rentré dans ma PAL un peu par hasard. Lors d’une de mes visites en librairie je suis tombé devant la couverture, illustrée par Philippe Jozelon, que j’ai trouvé attirante malgré le fait que je trouve le visage du personnage un peu trop présent au premier plan. Après lecture du quatrième de couverture, qui laissait entendre une histoire de vengeance avec fantômes et un monde post-apocalyptique complètement changé et redessiné, j’ai rapidement été intrigué et tenté. J’ai eu alors la chance de me faire offrir ce livre par la Marmotte. Il m’intriguait d’ailleurs tellement que je l’ai rapidement fait sortir de ma PAL pour le lire.

Pourtant, une fois la dernière page tournée j’avoue que je ressors avec un sentiment plutôt mitigé. Pas que le livre soit mauvais je trouve, juste que la façon dont l’auteur le traite ne correspondait pas vraiment à toutes mes attentes. L’histoire en soi reste classique, mais ne manque pas de charme avec cette jeune aventurière tuée qui se retrouve en fantôme et rejoint son mari pour tenter de se venger. Les deux premiers chapitres mettent clairement dans l’ambiance, et l’ensemble se lit au final assez facilement tant les différentes aventures et péripéties, ainsi que les rencontres que font les héros se révèlent un minimum attrayante et bien menés.

Mais voilà si je me base sur l’histoire seule elle se révèle clairement sans surprise et surtout avance parfois un peu trop facilement. Mis à part peut-être une révélation que je n’ai pas vue du tout venir, et une belle révélation je l’avoue, l’ensemble se révèle très linéaire et on devine très rapidement la conclusion. Autre aspect qui m’a dérangé c’est que l’auteur se consacre principalement et la majorité du temps sur ses personnages ce qui fait qu’il m’a paru manquer des clés pour vraiment appréhender ce monde dans sa globalité. Je pense que c’est un choix de l’auteur et les lecteurs qui cherchent une histoire un peu intimiste devrait s’y retrouver, mais ceux qui comme moi veulent aussi un minimum de background et de densité de fond risquent de se sentir frustrés.

Comme je le dis, les personnages sont un des points les plus intéressants de ce roman, l’auteur mettant clairement en avant ce couple séparé par la mort, qui fait un peu penser au film Ghost, mais aussi leurs liens d’amitié forts. On s’attache assez facilement à eux à travers leurs souffrances et toutes les conséquences qu’impose le fait que Valentine soit un fantôme, que ce soit aussi bien pour Théophras qui se retrouve à vivre un amour clairement impossible sans aucune possibilité de sentir ou de toucher sa femme, mais aussi pour elle qui voit le monde évoluer autour d’elle et sent bien qu’elle ne possèdera plus jamais rien dans ce monde éthéré qui est maintenant le sien ; même si une ou deux fois l’auteur tombe un peu trop dans le sentimental. Les différents personnages secondaires que rencontrent les héros se révèlent assez intéressants même si, court roman oblige, je trouve qu’ils se dévoilent un peu trop rapidement et manquent parfois d’un peu de profondeur alors qu’il y avait matière à faire plus. Quelques personnages sortent quand même du lot, je pense à Tom ou Peck, tandis qu’un sentiment de trop peu se fait ressentir avec des personnages comme Wicapi Wacan ou encore certains du cirque ce que j’ai trouvé dommage. Par contre ils se révèlent tous assez manichéens, avec les gentils d’un côté, les méchants de l’autre.

Concernant l’univers, c’est un peu le point qui m’a le plus dérangé. On y retrouve énormément d’idées qui paraissent intéressantes et intrigantes, à travers ce monde complètement chamboulé suite à ces modifications électromagnétiques, mais voilà elles ne restent que surfaites. On a l’impression que l’auteur se sert de son univers comme d’une simple image de fond sans jamais vraiment le travailler ou bien expliquer certains points dont on ne sait rien du début à la fin. C’est dommage car visuellement il y a énormément de potentiel et surtout un univers dont on sent que l’auteur maîtrise pas mal de classiques, offrant ainsi un vernis très rétro-futuriste qui fait parfois penser à Jules Verne, tout en offrant un aspect social parfois assez misérable, un peu comme le proposait certains auteurs Anglais, et le tout teinté de Nouvelle-Orléans avec des Bateaux à roues à aubes. L’auteur nous fait clairement vraiment voyager de la France à Haïti ou encore l’Allemagne en passant par l’Amérique. Et c’est ce que je trouve qui me frustre le plus, comme si l’auteur avait plein d’idées et plein d’envies mais qu’elle ne les développait jamais à fond. Après, cela vient aussi de moi, j’aime les univers un minimum denses, expliqués et cohérents. Concernant l’aspect fantôme je trouve l’évolution trop rapide, passant facilement de l’ectoplasme qui ne peut rien faire à la revenante avec de nombreux pouvoirs servant un peu trop l’intrigue.

La plume de l’auteur se révèle, je trouve, touchante par son travail sur les personnages et leurs sentiments, mais voilà dans son aspect poétique elle s’embrouille parfois légèrement dans ses explications, comme par exemple ses rails de train qui se sont adaptés aux modifications géographiques dont on ne comprend pas si c’est le rail qui a bougé de lui-même, ou si c’est l’Homme qui a adapté son trajet. Alors rien de bien gênant non plus, car je trouve qu’il y a une certaine qualité dans le style de l’auteur qui, je pense, devrait toucher plus d’un lecteur, mais une ou deux fois cela m’a fait tiquer. Au final je suis plutôt mitigé sur le livre qui me parait clairement posséder énormément de potentiel, mais dont mes attentes n’ont été qu’en parti comblé, l’auteur préférant jouer sur l’émotion là où j’attendais aussi quelque chose de plus dense avec un véritable univers construit et des réflexions un peu plus poussées.

En Résumé : Finalement, j’avoue que je ressors avec une impression mitigé de ma lecture de ce roman. L’auteur nous offre une histoire de vengeance dans un monde post-apocalyptique qui, aux premiers abords parait intéressant, le tout avec énormément de potentiel et l’ensemble se lit d’ailleurs assez facilement, mais j’ai trouvé que ça manquait de profondeur sur certains aspects. L’auteur, en fait, met clairement l’accent sur les personnages et leurs interactions aux dépend parfois du reste, ce qui fait que les héros, même s’ils sont assez manichéens et parfois tombent un peu dans le sentimentalisme, se révèlent attachants et vraiment entrainants, en proie aux doutes et aux souffrances. Mais voilà l’univers que dessine l’auteur, selon moi, en pâti alors qu’il avait un potentiel énorme. C’est un choix que l’auteur a fait et que je comprends, mais qui ne correspondait finalement pas à mes attentes de lecture de ce court roman. La plume de l’auteur ne manque pas de charme, se révélant par certains aspects poétiques, même si par moment elle manque un peu d’explications ce qui peut embrouiller le lecteur. Un roman dont je ressors au final avec un sentiment partagé, qui devrait plaire aux lecteurs qui cherchent quelque chose d’intimiste, de sensible et centré sur les personnages là où, moi, j’espérais quelque chose de plus complet.

 

Ma Note : 5/10

Dominium Mundi, Tome 2 – François Baranger

dominium mundi livre 2Résumé : 2205. C’est le débarquement. Les troupes de l’Empire Chrétien Moderne se déploient dans les plaines arides d’Akya du Centaure.
A l’arrière, Albéric Villejust organise la rébellion qui gronde parmi les inermes.
De leur côté, Tancrède de Tarente et Clorinde ont retrouvé l’amour, une foi inébranlable, et comptent mener à bien leur mission, au nom du tout-puissant Pape Urbain IX. En tant que méta-guerriers, la prise de l’ultime tombeau du Christ repose en grande partie sur leurs épaules.
Mais sous l’implacable soleil centaurien, rien n’est gravé dans le marbre. Alors que les rebelles se cachent et s’organisent dans le désert, que les Atamides se révèlent plus dangereux que prévu, les luttes de pouvoir s’intensifient et des forces nouvelles s’agitent dans l’ombre. De ces zones obscures dépendront l’avenir d’Akya, des nouveaux Croisés et, à plus grande échelle, de peuples entiers…

Edition : Critic

 

Mon Avis : Après un premier tome qui m’avait offert un bon moment de lecture grâce à un Space-opéra efficace et entrainant, cela malgré quelque grosses ficelles et parfois une impression que l’auteur veut trop en faire (ma chronique ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien nous proposer la suite et fin de cette série et surtout obtenir les réponses aux nombreuses questions qui restent encore en suspend. Tout comme celle du tome précédent, je trouve la couverture, illustrée par l’auteur lui-même, vraiment sublime.

Le premier tome ayant servi à poser les bases et à bien présenter les personnages, on rentre dans ce second tome directement. Les humains ont atterris sur Akya du centaure et ont juste le temps de bâtir une Nouvelle Jérusalem avant de se lancer enfin dans cette guerre de reconquête tant attendue pour y libérer le tombeau sacré. La première partie est sauvage, guerrière, palpitante qui fait qu’on tourne les pages rapidement pour suivre ces batailles, cette grande guerre, le tout agrémenté tout de même de réflexions intéressantes sur son utilité. Puis arrive une seconde partie, plus posée on va dire, mais qui se révèle tout de même haletante où les secrets vont se révéler et où la vérité va éclater remettant en cause énormément de choses. Elle nous permet aussi de découvrir les Atamides, un peuple à la fois proche et éloigné de l’homme. Dans l’ensemble on obtient donc un ensemble qui ne manque pas de charme ni d’attrait dont l’auteur maîtrise bien les rebondissements et les retournements de situations offrant ainsi un divertissement qui se laisse lire facilement, avec plaisir et dont le lecteur tourne les pages avec l’envie d’en apprendre plus.

L’univers mis en place par l’auteur depuis le tome précédent continue à se développer, principalement justement par l’arrivée sur cette nouvelle planète permettant à l’auteur de nous faire découvrir une nouvelle civilisation aussi bien par des descriptions vives et captivantes, que par l’architecture, et plus tard au cours du roman en découvrant cette nouvelle race plus en profondeur par son mode de vie. Alors on pourrait peut-être reprocher ces aliens d’être très (trop) proches des humains, mais franchement cela ne se ressent pas du tout. On y trouve aussi les réponses aux nombreuses questions que se posait le lecteur sur cette fameuse guerre qui a failli anéantir la Terre et sur cette régression sociétal qui a poussé les peuples à se réfugier sous la bannière de la religion. Une explication cohérente et intéressante même si un ou deux aspects me laissent songeur. Il démontre aussi, certes de façon classique mais efficace, la folie humaine qui les pousse régulièrement à se lancer dans des trahisons, des luttes de pouvoir et même des guerres sanglantes ainsi que de nombreuses réflexions aussi bien sur le rejet de l’autre, le pouvoir de l’éducation que sur la religion avec des révélations, propres à l’intrigue, qui risquent d’en surprendre plus d’un. Je reprocherai juste que l’auteur se révèle quelquefois, selon moi,  un peu trop raide dans ses idées, ne laissant pas place au débat, mais rien de bien gênant. On sent bien que l’auteur a pris tout son temps pour travailler son histoire tant l’ensemble se révèle dense, complexe et détaillé.

Mais voilà malgré toutes ses qualités, j’avoue je reste un peu sur ma faim, ce second tome ne répondant pas à toutes les attentes que j’avais. Déjà, un des points qui m’a le plus dérangé vient aussi de ce que j’ai dit un peu plus tôt, l’auteur ayant travaillé son histoire pendant dix ans il l’a vraiment poussé au maximum du détail, trop pour moi. Quand je lis un livre j’aime m’évader et faire travailler mon esprit et mon imagination, donc quand un livre me prend par la main et m’explique tout dans le moindre détails ça me frustre un peu. Un exemple, quand un personnage, dans un combat, fait une rotation avec son avant bras à 180°, pas besoin de tenter de m’expliquer ce que c’est une rotation à 180° j’avais bien compris. Pareil l’auteur crée des ellipses temporelles logiques dans un roman, tout ne méritant pas d’être expliqué, laissant le lecteur se faire ses propres explications, surtout sur des aspects vraiment simples. Bah non, il se sent obliger de revenir dessus quelques pages plus loin et de prendre du temps par un flashback, souvent inutile, et qui apporte plus de longueurs qu’autre chose. Je n’ai pas besoin de savoir comment tel personnage est rentré chez lui après avoir gagné une bataille, surtout quand ça n’apporte rien de concret ni à l’intrigue ni à l’univers et quand la plupart du temps je l’avais déjà deviné. En gros selon moi l’ensemble aurait mérité quelques coupes. C’est dommage, ça n’empêche pas de trouver l’histoire sympathique, mais ça l’empêche de passer ce cap de très bon roman alors qu’on y retrouve les qualités pour.

Concernant les personnages ils se révèlent eux aussi denses, travaillés et soignés et on arrive facilement à s’attacher à eux et à leurs aventures.  L’importance des castes ainsi que de la religion permet de développer des personnages qui n’ont pas la même vision du monde et n’offrent pas les mêmes interactions ce qui est intéressant. Des personnages charismatiques et efficaces même si, du point de vue des sentiments l’auteur a le même problème qu’avec son histoire, il en fait parfois trop ce qui donne parfois une impression d’être surjoué, principalement dans les scènes romantiques où les scènes d’amitié où l’auteur se sent obligé de rappeler plusieurs fois à quel point ils s’aiment ou a quel point ils sont amis. Mais bon rien de dramatique. Par contre, l’auteur nous offre un roman choral où on retrouve plusieurs points de vues et je trouve que certains personnages que l’auteur met en avant ne servent pas toujours. Je pense par exemple à Godefroy de Bouillon qui n’apporte pas grand-chose ; par exemple une fois qu’il apprend le grand secret il ne fait rien, rien du tout, il attend. Même pas une petite rébellion ou autre alors qu’il découvre qu’il s’est fait manipuler depuis le début, c’est frustrant et surtout ne correspond pas au caractère du personnage. Un peu comme si l’auteur n’arrivait pas à se dépêtrer de tous ses héros, mais ne se sentait pas de les laisser un peu de côté.

La conclusion se révèle vraiment enlevé, prenante et nerveuse même quelques grosses facilités apparaissent ici ou là pour permettre à l’histoire de s’offrir sa bataille final entre deux armées au sol dans la plus pure tradition chevaleresque (car bon ils ont beau avoir des archers qui visent à plus de 500m j’ai du mal à imaginer des engins aériens descendre aussi bas pour larguer leurs bombes). On est emporté par ces dernières pages haletantes et efficaces même si tout ne m’a pas non plus accroché comme ce duel final un peu trop dans le ton « sacrifice larmoyant ». On pourrait croire, avec tout ce que je raconte, que je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire, c’est faux, elle se révèle agréable et remplit son rôle de divertissement, mais voilà si les 1400 pages, sur l’ensemble des deux tomes, avaient minci de quelques centaines de pages, l’ensemble y aurait gagné et, je pense, aurait pu se révéler vraiment meilleur.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, efficace, entrainant et prenant même si quelquefois, sur certains dialogues, il se révèle un peu trop ampoulé, mais là rien de franchement dérangeant. Dans l’ensemble un roman, qui plus est premier publié, de space-opéra qui ne manque pas de charme ni d’attrait, offrant une lecture vraiment sympathique même si, sur l’ensemble l’auteur en fait trop ce qui offre parfois des longueurs et des lourdeurs. Cela ne devrait pas empêcher, si vous appréciez les Space-opera, d’apprécier ce roman. En tout cas je lirai d’autres récits de l’auteur sans soucis.

Résumé : J’ai passé un moment de lecture sympathique avec ce second tome. Il nous plonge directement dans l’histoire et on se retrouve emporté par cette guerre pleine d’adrénaline, de combats et de violence, mais qui ne s’arrête pas là et nous offre des réflexions intéressantes sur les hommes, la religion et le rejet des autres tout en répondant aux différentes questions que le lecteur se pose. L’univers se révèle dense, soigné et travaillé, l’auteur ne laissant rien au hasard, montrant bien que ça fait des années qu’il travaille sur son histoire. Mais voilà là où le bat blesse c’est que justement l’auteur a beaucoup trop travaillé son texte ; déjà il explique tout dans les moindres détails ce qui ne laisse que peu de place à l’imagination, ensuite à force de trop détailler cela crée des longueurs. Pourquoi aussi revenir sur toutes les ellipses temporelles que le lecteur avait bien compris tout seul. Concernant les personnages ils se révèlent denses, travaillés et soignés, même si on devine aisément leurs camps, mais dans la présentation des sentiments parfois ça manque de naturel.  De plus l’auteur utilise une narration chorale, mais des fois ne sait pas quoi faire de ses personnages. La conclusion, malgré quelques facilités, se révèle haletante, prenante et efficace. Le style se révèle toujours aussi entrainant, simple et captivant. Au final si on prend l’histoire dans son ensemble, le roman aurait selon moi mérité plusieurs coupes, mais pour un premier roman publié il se révèle tout de même efficace et divertissant.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Cornwall, …

Black Rain S01//E 1-2 – Chris Debien

black rain s01 e1-2Résumé : Adam a 17 ans, il aime les mangas, ses amis et les films d’horreur, mais il est « différent ». Il est ce qu’on appelle un schizophrène. C’est pour cette raison qu’il a intégré le Centre et participe au programme Reset, une méthode thérapeutique révolutionnaire, créée par le professeur Grüber.
Durant les séances, il est plongé dans l’Inside, un endroit où les rêves et la réalité se confondent. Mais ces plongées dans les méandres de son esprit dérapent et d’inquiétants phénomènes commencent à se manifester. Comment savoir si les meurtres auxquels il assiste ne sont pas le fruit de son imagination ?

Edition : Flammarion

Mon Avis : Ce livre a longtemps traîné dans ma PAL. Pourtant au moment de sa publication il m’avait vraiment donné envie par son mélange annoncé de SF, de manga et de cinéma ; de plus les chroniques que j’avais lu à droite et à gauche donnait se révélaient régulièrement très positives. C’était donc sans surprise qu’il rejoigne ma PAL, qui plus est, il m’a été offert. Mais voilà, comme cela arrive parfois, surtout devant une PAL qui explose, il a tellement traîné dans ma bibliothèque que, parfois, il m’arrivait d’oublier qu’il était là. J’ai donc enfin décidé de me laisser tenter par cette lecture. À noter la couverture, illustrer par Pascal Quidault, que je trouve vraiment réussie.

Les premières pages de ce roman se révèlent vraiment surprenantes, on ne sait pas trop où on est tombé, l’auteur reprenant bien une scène de Matrix pour nous faire comprendre qu’on est dans un monde virtuel, mais sans plus d’explication. Surtout que, finalement, cette première partie va apporter très peu d’informations, privilégiant l’action et la course-poursuite. On se retrouve alors entrainé dans la survie de nos deux jeunes héros poursuivis par ce qui parait être un tueur en série. C’est donc un premier épisode sans temps mort, juste le temps de poser les bases de l’univers, qui emporte le lecteur une fois qu’il accepte qu’il n’aura que très peu de révélations dans la première moitié de ce livre ;  ce qui n’empêche pas de lui faire tourner les pages avec envie d’en apprendre plus. Action, course poursuite, combats l’auteur maîtrise l’ensemble un peu comme une série ou un film et sait parfaitement gérer le rythme de son récit par des rebondissements efficaces et percutants. On sent d’ailleurs bien que l’auteur est féru de l’univers audiovisuelle, glissant des références ici ou là à des films et séries connues.

La seconde partie, elle, nous ramène dans le monde réel et enfin des explications vont nous être dévoilés sur le pourquoi de cette première partie et pourquoi ces enfants se sont retrouvés menacés dans un univers virtuel. On rentre alors dans une intrigue beaucoup plus complexe que laissait paraitre le début, avec son lot de complots, de révélations où ses enfants se révèlent manipulés pour le soit-disant bien de la communauté, ce qui amène une réflexion plutôt intéressante. Une seconde partie qui possède aussi un rythme peut-être plus posé, ce qui n’est pas une mauvaise chose, mais qui ne l’empêche pas de se révéler haletante et entrainante, principalement par les nombreuses révélations et surprises que nous offre l’auteur. Sur l’ensemble on retrouve une histoire vive mais aussi très sombre, violente, oppressante limite cauchemardesque traitant de sujets graves, et le tout sans non plus tomber dans le glauque ou l’extrême. Ce roman est  donc plus à mettre entre les mains d’une jeunesse de plus de 15 ans.

Après j’avoue quelques points m’ont tout de même dérangés. Si on excepte le côté jeunesse qui offre toujours quelques facilités, comme le crack en informatique qui pirate tout sans que personne ne le remarque où arrive à couper tout système de vidéo-surveillance régulièrement sans que personne ne s’en rend compte, c’est surtout au niveau de la façon dont a été construit l’histoire car j’ai eu parfois l’impression que l’auteur en faisait parfois trop. Déjà comme je l’ai dit la première partie n’est que scènes haletantes et sans temps morts, j’ai été un peu frustré de ne rien savoir du tout, mais même sur les révélations de la seconde partie je trouve que l’auteur joue trop sur l’attente, histoire certes de se garder quelques cartes dans la manche, mais qui m’ont un peu dérangés tant les héros donnent l’impression de ne rien révéler simplement pour s’offrir un chapitre supplémentaire. Cela vient peut-être aussi de mon regard d’adulte, mais voilà autant la construction en épisode, dosant les surprise,  marche bien pour une série TV autant pour un livre par moment c’est frustrant. Alors ce n’est en rien complètement dérangeant non plus vu qu’on se laisse finalement facilement emporter par l’histoire et les aventures de nos héros, mais parfois ça se ressent.

L’univers développé dans ce roman se révèle vraiment efficace et intéressant. Le monde virtuel n’a, certes, rien de nouveau, mais c’est son utilité qui diffère de d’habitude et se révèle original, permettant ici, en premier lieu, de soigner des patients qui sont internés, souffrant de folies telles que la schizophrénie. Mais comme toute invention positive elle possède aussi un effet sombre qui se révèle au centre de l’intrigue et que je vous laisse découvrir. L’idée de l’esprit qui hante la machine n’a rien de non plus révolutionnaire, mais on voit bien que l’auteur connait ses classiques et offre quelque chose de solide et d’intrigant. Vient aussi le monde réel, dont on ne sait que peu de choses, se limitant au centre, mais qui laisse entrevoir un monde sectaire qui rejette les êtres différents en leur obligeant à porter des bracelets de couleur. Un monde qui donne envie d’en apprendre plus. L’ensemble se révèle donc plus que plaisant et efficace, à voir comment l’auteur va développer par la suite.

Une des grandes forces de ce récit vient aussi de ces personnages qui se révèlent, au final, attachants et d’une certaine façon combattants, ayant l’envie de continuer à avancer, à évoluer et aussi à guérir de leurs souffrances qui les rendent différents, rejetés. Tous les personnages se révèlent complexes, déjà par leur passé psychiatrique, mais aussi dans leurs forces et dans leurs faiblesses, étant tous complémentaires. Comment ne pas apprécier Adam, Vincent, Rachel et les autres à travers leurs souffrances, mais aussi leurs envies de changer et d’espérer face à leurs maladies. Des enfants aimeraient être plus que ce qu’on voit d’eux aux premiers abords et non simplement juger sur leurs symptômes. Il y a un véritable travail tout en nuance qui apporte beaucoup sur ces personnages venant clairement de l’expérience de l’auteur qui travaille dans un centre psychiatrique.

La plume de l’auteur n’a peut-être rien d’exceptionnelle, mais remplit pleinement son rôle, se révélant très simple, entrainante et visuelle avec des phrases et des chapitres courts pour vraiment happer le lecteur. Il tombe parfois dans la répétition mais rien de non plus dérangeant tant il construit une histoire fluide, efficace et calquée sur différents univers qui plaisent aux jeunes , et aussi aux moins jeunes, que sont le cinéma, les séries télé, les mangas ou encore les jeux vidéos. Au final un premier tome captivant et sans temps morts, qui offre une intrigue pleine de complots, de mystères et de surprises, avec une conclusion efficace et dont mon seul regret et que l’auteur en fait parfois un peu trop pour garder ses secrets sur le long terme. Je lirai la suite sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec le premier tome de cette série qui nous offre une histoire entrainante, pleine de surprises et sans temps morts dont le lecteur tourne facilement les pages pour en apprendre plus. La première partie se révèle bourré d’action et de courses-poursuites et la seconde commence à répondre lentement aux questions que l’on se pose. L’univers développé par l’auteur se révèle solide, efficace et offre quelques originalités comme l’utilisation de la réalité virtuelle pour soigner des maux tels que la schizophrénie. Je reproche juste, si on excepte les facilités d’un roman jeunesse, la façon dont l’auteur lâche ses révélations, on est légèrement frustré par une première partie où on n’apprend rien du tout et dans la seconde partie on sent que l’auteur fait tout pour lâcher ces informations le plus tard possible gagnant exprès du temps et des chapitres. Les personnages sont une des grandes forces du récit se révélant construits, humains malgré leurs différences et leurs folies. Le style de l’auteur se révèle simple, visuel et entrainant, collant parfaitement à cette histoire, patchwork réussi d’idées télévisuelles, cinématographiques, de jeux vidéos ou encore de mangas, même si parfois on ressent quelques répétitions. La conclusion se révèle efficace et prenante avec son cliffangher qui donne envie de lire la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Marion JB, Ptitetrolle, Galleanne, Plumeline, nymeria, Phooka, Heclea, …

Les Lumineuses – Lauren Beukes

les lumineusesRésumé : 1931, Chicago. Traqué par la police, Harper Curtis, un marginal violent, se réfugie dans une maison abandonnée. A l’intérieur, il a une vision : des visages de femmes, auréolés de lumière. Il comprend qu’il doit les trouver… et les tuer. Dans sa transe, Harper découvre que grâce à cette demeure, il peut voyager dans le temps. Débute alors sa croisade meurtrière à travers le XXe siècle : années 1950, 1970, 1990… D’une décennie à l’autre, il sème la mort sur son passage, laissant en guise de signature des indices anachroniques sur le corps de ses victimes.
Mais l’une d’elles survit aux terribles blessures qu’il lui a infligées. Et va tout faire pour le retrouver.

Edition : Presses de la Cité

 

Mon Avis : Ce livre n’est pas entré dans ma PAL par hasard. J’avais beaucoup aimé le premier roman de l’auteur publié en France, à l’époque chez les éditions Eclipse, qui m’avait fait passer un très bon moment de lecture offrant principalement une vision intéressante et ambigu de Johannesburg, le tout porté par des personnages efficaces et une histoire SF vraiment originale (ma chronique ici). Pourtant j’ai mis un peu de temps à faire entrer ce nouveau récit de l’auteur dans ma PAL, j’avais un peu peur de ne pas accrocher au mélange de genre, mais j’ai finalement décidé de lui laisser sa chance. À noter l’illustration de couverture que je trouve sobre et efficace.

Au final je suis bien content d’avoir laissé une chance à ce roman, car il m’a fait passer un bon moment de lecture. L’auteur nous offre une intrigue qui se révèle vraiment captivante et terriblement efficace, mais surtout propose un mélange des genre qui se marie de façon captivante et réussie avec ce tueur en série qui peut voyager dans le temps. C’est d’ailleurs cette touche de science-fiction qui offre ainsi au lecteur quelque chose de différent, malgré une enquête de tueur en série qui peut paraitre clairement classique. L’utilisation de la narration par chapitres courts, alternant différents personnages, permet d’offrir un rythme soutenu et entrainant du début à la fin et on se trouve rapidement happé par l’histoire. Les rebondissements et les surprises sont parfaitement maîtrisés  et le tout dans une ambiance sombre, poisseuse, sanglante qui colle parfaitement à l’ensemble je trouve. Un des aspects que je trouve efficace et que l’auteur offre aussi deux visions différentes, celle du tueur mais aussi celle de la victime, j’ai trouvé que cela apportait un plus au lecteur. Je trouve par contre légèrement dommage que parfois l’auteur veuille trop en faire, perdant un peu cette notion d’authentique, de concret, mais rien de bien gênant.

Un des points forts par contre de ce récit vient de sa narration, le voyage dans le temps aidant, l’auteur a décidé d’éclater son récit passant d’une époque à l’autre et y revenant même parfois pour les besoins de l’histoire mélangeant le tout ; un peu comme le déchronologue. Cela pourra en surprendre plus d’un, mais ça permet d’offrir un récit éclaté, tel un puzzle, dont on devra remettre lui-même en place les pièces grâce aux différents indices et fils qu’elle glisse dans les pages. J’ai trouvé ce procédé vraiment intéressant et passionnant offrant un peu un nouveau rôle au lecteur. Autre aspect vraiment intéressant c’est le travail dense et riche effectué sur l’Amérique, et plus principalement Chicago, au fil des années allant de 1929 à 1993. Cette fresque temporelle nous offre une vision d’un pays et d’une culture loin de cette vision emplie de rêves et de paillettes, à travers pas mal de petites anecdotes des victimes et des différents styles de vies qui collent de façon vraiment cohérentes et réussies avec les époques. Un véritable travail de fond mené par Lauren Beukes, même si parfois elle en fait un peu trop dans les explications.

Le panel de personnages que nous présente l’auteur se révèle vraiment efficace, réussi et entrainant. Le portrait du tueur en série nous offre un personnage sombre, sauvage, violent, anti héros efficace qui arrive clairement à happer le lecteur dans sa folie et son besoin d’assouvir des meurtres. Kirby elle nous offre un personnage à la vie pas toujours facile qui, suite à son agression et sa survie miracle, va se lancer dans une quête de vengeance qui va clairement l’éloigner des autres. Une héroïne dont les blessures lui offrent ainsi une carapace pour s’obliger à avancer, mais qui parait complètement différente dès qu’on gratte un peu. J’ai bien aimé sa relation avec Dan à base de sarcasme et d’humour noir. Par contre l’histoire d’amour que construit l’auteur m’a paru un peu téléphonée. Les personnages secondaires présentés, principalement ceux des victimes, se révèlent vraiment cohérents, bien travaillés et intéressant offrant ainsi au final une pléiade de protagonistes féminins face aux nombreux problèmes rencontrés dans les différentes époques, comme par exemple l’avortement ou la monoparentalité. Des personnages qui oscillent entre force et faiblesses de façon vraiment convaincantes et réussis.

Après je pense qu’il y a deux points qui peuvent vraiment déranger le lecteur à travers ce roman, déjà premièrement le mélange des genres, tout le monde n’apprécie pas toujours cela et ici le voyage temporel a quand même une grande importance, moi vu que j’apprécie les deux genres je n’ai pas été dérangé. L’autre point vient de la conclusion, déjà, oui, on l’a devine rapidement, même si là n’est pas le soucis et n’empêche en rien cette histoire de se révéler entrainante et efficace par le chemin qu’elle utilise et sa construction. Mais là où elle risque de frustrer certains lecteurs c’est dans son aspect totalement ouverte. L’auteur laisse énormément de points sans explications ou sans véritables réponses et même moi, qui apprécie ce genre de fin ouverte, j’aurai aimé avoir certains éclairages sur certains passages. C’est donc une fin en demi-teinte avec une impression efficace de boucle qui se referme, mais aussi une impression de vide pour le lecteur qui doit se faire un peu trop ses réponses. Cela n’empêche pas ce roman de se révéler efficace, mais fait que, pour moi, il ne se révèle pas excellent.

Le style de l’auteur est soigné, entrainant et aussi très visuel arrivant facilement à plonger le lecteur dans son histoire, son monde et à suivre ses personnages même le plus fou d’entre eux. Elle arrive vraiment à retranscrire les différentes époques ainsi que les différents évolutions survenues durant toutes les années. J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ce roman qui offre pas mal de bonnes idées, dommage que la conclusion soit finalement si ouverte et sans véritable réponses. En tout cas je lirai d’autres écrits de l’auteur sans soucis et avec grand plaisir.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, mélange des genre entre Science-fiction et Thriller, qui nous propose une histoire, certes classique, mais donc la narration, déconstruite dans le temps se révèle terriblement efficace, originale et entrainante. L’utilisation de chapitres courts permet une lecture tendue, sans temps morts et agréable. Le point fort vient aussi de la fresque américaine que l’auteur dépeint en fond allant de 1929 à 1993 et loin de paillettes et du strass habituelle. Les personnages se révèlent efficaces et entrainants, même si j’ai trouvé l’histoire d’amour un peu téléphonée, mais c’est surtout le portrait de ses femmes, victimes du tueur en série, qui se révèle saisissant et intéressant mettant en avant une condition de la femme pas toujours facile. L’aspect voyage dans le temps peut en surprendre et en bloquer plus d’un mais, moi, ce que je trouve dommage, c’est cette conclusion totalement ouverte, sans véritable réponses où le lecteur se fait ses propres explications. J’aime pourtant ce genre de fin, mais là je me suis senti tout de même un peu frustré. La plume de l’auteur se révèle vraiment visuelle et entrainante et nous plonge facilement dans son récit. Je lirai en tout cas sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : reveline, gruz, sylla, …

Au Nord-Nord-Ouest d’Eden – Gabriel Eugène Kopp

au nord nord ouest d'edenRésumé : Un cadavre dans un glacier…
Ce n’est pas le bouleversement du Landerneau archéologique consécutif à la découverte qui m’a gêné. C’est le portrait du bonhomme… « Tronche de Gargouille », je l’ai appelé. Et je l’oublierais volontiers. En tant qu’anthropologue, j’en ai pourtant vu d’autres…
… dans un monde où l’expression «  tout fout le camp  » s’applique jusqu’aux étoiles.
«  Regardez mon gosse de onze ans, il me dit l’autre soir : « Dis, papa, pourquoi la Grande Ourse, on la voit plus normalement ? » J’ai vérifié : il n’a pas besoin de binocles, mon gamin, le grand chariot, il est assez raplapla…  »
Ce n’était peut-être pas le moment idéal pour ouvrir la boîte de Pandore…

Edition : Griffe d’Encre

 

Mon Avis : Les écrits de l’auteur ne me sont pas inconnus puisqu’il y a quelques temps déjà j’avais lu La Dernière Nécropole (ma chronique ici), un texte de hard science que j’avais bien apprécié et qui m’avait donné envie de, pourquoi pas, relire d’autres écrits de lui. Cette nouvelle, dont le résumé me paraissait accrocheur, a donc rejoint ma PAL il y a quelques mois et j’ai décidé de la sortir il y a quelques jours histoire de me faire mon avis. Concernant la couverture, illustrée par Magali Villeneuve, je la trouve intrigante et réussi par son aspect froid qui colle parfaitement à l’histoire.

Il va être compliqué d’écrire cet avis car, j’avoue, dans l’ensemble j’ai apprécié cette lecture qui m’a véritablement surpris, et pourtant, pas mal de petits points m’ont tout de même déranger. L’intrigue commence par alterner deux histoires distinctes. Une qui m’a paru intéressante sur la découverte de ce qui ressemble fortement à un homme congelé sans l’être non plus totalement ; il y a là un vrai mystère et une vraie interrogation qui tourne autour de cette découverte avec une véritable enquête qui va aller très loin. La seconde histoire, elle, m’a moins accrochée, on suit un journaliste qui nous annonce à quel point la planète terre est en train de mourir, qu’on l’a détruit de plus en plus, mais, qu’en plus de tout cela, lui, journaliste, aggrave cette psychose dans ses articles pour vendre son papier. Je n’ai rien à dire sur le fond de cette histoire qui pourrait amener une réflexion intéressante, mais sur la forme ça se limite à une accumulation de fait sans liens, froids et balancés comme cela au lecteur sans comprendre pourquoi. J’ai trouvé cela assez frustrant, déroutant et parfois même ennuyeux.

Il faut attendre 40% de cette novella pour que les deux histoires se rejoignent et que je me retrouve plus happé par ce récit qui va tendre lentement, de nouveau, dans un aspect scientifique pointu avec pas mal d’idées originales sur les différentes expériences que vont mener nos héros vis-à-vis de cet homme congelé. La tension monte lentement au fil des pages devant le besoin des héros d’obtenir des réponses qui va ainsi amener de nombreuses révélations et ainsi aboutir à cette conclusion, surprenante, que je n’ai pas vu venir et qui m’a vraiment accroché. Une fin, mélange de mystique, d’investigation et de technologie, qui vient percuter le lecteur et apporter une idée originale et troublante sur la vision du monde. Mais voilà on retrouve tout de même de nouveau ce soucis de style de l’auteur qui tend souvent vers le listing ou l’accumulation de faits, d’explications ou d’informations qui donnent l’impression que l’auteur ne construit pas un récit normal, mais un simple ensemble d’éléments associés les uns les autres pour simplement amener cette conclusion, cette claque de fin. C’est peut-être un choix de l’auteur d’offrir quelque chose de différent, un patchwork, mais j’avoue que personnellement je suis resté perplexe devant cette construction.

Concernant les personnages il est difficile de vraiment en parler, car, comme dans La Dernière Nécropole que j’avais lu, ils ne sont que de simples marionnettes que l’auteur manipule pour faire avancer son histoire, ils manquent donc, je trouve, de profondeurs, mais aussi de sentiments, ce qui est parfois dérangeant, même si dans le cœur de l’histoire ils se révèlent convaincants dans leurs façons de faire avancer l’histoire. Alors c’est vrai après que c’est une courte nouvelle et que la narration est assez chorale, il est donc difficile de vraiment développer cet aspect, mais bon je trouve cela dommage de ne pas avoir minimum un personnage attachant.

Concernant la plume de l’auteur elle se révèle toujours agréable et efficace même s’il faut bien l’avouer on sent bien qu’il s’agit ici d’une première histoire publiée, déjà par la présence de beaucoup de dialogue que je trouve de « remplissage », et par certains aspects un peu plat, mais rien de bien non plus gênant. L’idée de mélanger la narration traditionnelle par des coupures de presse et des rapports m’a paru intéressante par contre. Voilà donc où j’en suis avec ce roman, j’ai trouvé la seconde moitié vraiment efficace avec une conclusion qui vient littéralement secouer le lecteur, mais la première partie m’a paru légèrement laborieuse et l’ensemble m’a paru construit de façon un peu trop « listé » ce qui ne m’a pas toujours complètement accroché. À vous de voir maintenant ce que vous recherchez. Pour ce qui concerne les aspects scientifiques ils m’ont paru accessibles et sont souvent plutôt bien expliqué.

En Résumé : Globalement, une fois la dernière page tournée, j’ai plutôt bien apprécié cette lecture, même si certains aspects ne m’ont que moyennement accrochés. J’ai eu un peu de mal avec le début, offrant deux histoires distinctes, une qui m’a intéressé et l’autre que j’ai trouvé laborieuse étant simplement une accumulation de fait sur notre planète. Une fois que les deux histoires se rejoignent je me suis alors retrouvé happé, la tension montant lentement au fil des pages pour aboutir à une conclusion véritablement surprenante que je n’ai pas vu venir. Reste que cette seconde partie possède aussi ses aspects accumulation et listing qui m’ont dérangé. Il est difficile de s’accrocher aux personnages, n’étant que de simples pions pour faire avancer l’intrigue, mais ça ne les empêche pas de se révéler efficaces. On sent bien qu’il s’agit d’un premier roman de l’auteur, la plume offrant parfois trop de dialogues ou encore quelques aspects mal gérés, mais dans l’ensemble elle se révèle efficace et entrainante. L’aspect scientifique est bien travaillé et m’a paru accessible. Un premier écrit loin d’être parfait, mais qui possède tout de même des aspects vraiment originaux et dont la conclusion, petite claque, est vraiment efficace et pleine d’idées.

 

Ma Note : 6,5/10

 

Autres avis : Lhisbei, Cornwall, etc…

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