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Les Foulards Rouges Saison 1 Episode 1, Lady Bang and The Jack – Cécile Duquenne

les foulards rouges 1 lady bang and the jackRésumé : Plongez avec Lara dans l’enfer de Bagne, planète-prison où le danger se cache partout, au cœur de chacun de ses sinistres habitants, et même derrière chaque goutte d’eau, chaque ressource naturelle de cette terre irradiée.
Sur Bagne, Lara traverse les étendues désertiques pour remplir ses contrats et ses missions. Car Lara est une Foulard Rouge, appelée à faire régner la loi à grand renfort de balles. Et sur cette planète-prison où les deux-tiers de la population sont des hommes, anciens violeurs ou psychopathes, c’est une vraie chance pour une jeune femme comme elle de ne pas avoir fini dans un bordel. En plus, elle fait son boulot plutôt bien – on la surnomme même Lady Bang. Mais Lara n’a pas obtenu ce job par hasard – tout comme elle n’a pas atterri dans cet enfer par hasard. Elle doit tout ça à quelqu’un en particulier, quelqu’un à qui elle en veut profondément… et qui, pourtant, a peut-être quelque chose de nouveau à lui offrir, une chose qui n’a pas de prix. Acceptera-t-elle de baisser un peu sa garde pour écouter ce que son envoyé, le mystérieux Renaud, a à lui proposer ?

Edition : Snark (Bragelonne)

 

Mon Avis : Il faut bien l’avouer je n’étais pas obligatoirement partant pour me lancer dans cette série ayant déjà lu un roman de l’auteur, Quadruple Assassinat dans la Rue de la Morgue Tome 1, Les Nécrophiles Anonymes, qui ne m’avait pas accroché du tout. Il faut admettre aussi que je me suis un peu fait avoir, car la couverture n’annonçait en rien une histoire de Bit-Lit. Puis plusieurs avis sont apparu concernant cette nouvelle série sur le net, principalement sur le site d’Escroc-griffe, qui ont fait que j’ai laissé une chance à ce cycle, surtout que l’univers SF post-apo décrit dans le résumé me correspondait plus. Ajouter le fait que ce premier épisode est disponible gratuitement et une couverture possède un côté punchy et Steampunk vraiment intéressant, il a donc fini sur ma liseuse.

Pourtant, une fois la dernière page de cet épisode tournée j’avoue que je ressors quand même mitigé de ma lecture. Certes j’ai largement plus accroché à cette histoire que celle proposée dans Les Nécrophiles Anonymes, l’intrigue, classique, se révèle un minimum intéressante et entrainante faisant que l’ensemble se lit plutôt bien, de façon fluide et sans temps morts. La présentation à la façon épisode se révèle efficace avec son introduction et sa conclusion en forme de twist qui appelle à lire la suite est dans l’ensemble maîtrisée offrant ainsi une histoire qui ne manque pas de nervosité et d’action, façon western spatial. Mais voilà je me suis rendu compte que je ne suis pas le type de lecteur pour ce cycle. La faute à un aspect romance qu’on voit arriver rapidement et qui tombe dans tous les stéréotypes du genre, mais je reviendrai dessus par la suite.

L’univers développé par l’auteur ne manque pourtant pas non plus de charme, avec cette planète-bagne ou la durée de vie se compte en quelques années tant la planète se révèle polluée, irradiée et faisant un peu penser à la série Firefly. Elle ajoute aussi un système de caste, certes sans surprise, mais solide et efficace avec bien entendu tous les jeux politiques autour et les possibles rébellions qui sont à peine esquissé ici, mais qui, je pense, devraient prendre de l’ampleur. Il y a juste deux points qui m’ont paru incompréhensible. Le premier est personnel et technique, et vient de l’eau. Planète irradiée, pluies très fortement acides, germes, l’eau est loin d’être potable mais, dans mes études ayant étudié à fond les traitements de l’eau, pour moi l’auteur simplifie beaucoup trop les choses à mon goût ce qui m’a légèrement frustré. Comme je l’ai dit c’est un point technique et qui ne dérange peut-être au final que moi.

L’autre point qui m’a dérangé est plus global et concerne la présentation des castes. Bagne la planète est composée a 80% d’hommes, les femmes qui arrivent là-bas deviennent donc des putes, sous la caste des foulards roses, et n’ont aucun autre choix ; Renaud notre héros patron des foulards roses, l’ayant bien justifié devant trois nouvelles recrues leur annonçant qu’elles étaient obligées d’accepter leurs sorts sinon leurs vies deviendront un enfer. Là où j’ai été surpris c’est que, quelques pages après, le même Renaud frappe un mec qui a osé chercher à deviner l’ancienne catégorie sociale d’une fille et le tout en se lançant dans un débat enflammé que les classes sociales c’était le monde avant le bagne parlant même de ségrégation visant à contrôler, diriger, limiter et aliéner qui n’a pas lieu d’être à Bagne. C’est vrai qu’obliger des filles à devenir prostituées, ne leur proposant aucune alternative, n’est en rien ségrégationniste et aussi à coucher avec toutes pour vérifier leurs compétences et leurs niveaux doit bien leur permettre, à ces demoiselles, de se sentir libre. Non aucune contradiction ici, cela doit venir du charisme du personnage. Malgré ces aspects l’univers se révèle quand même sympa par son côté aride, violent et sauvage, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Mais voilà le point principal qui fait que j’ai moyennement accroché au récit, c’est la caractérisation des personnages. Déjà on nous présente Lara comme une chasseuse de prime douée dans un monde où elle n’a pas le droit à l’erreur, pourtant dès le premier contrat on se rencontre que c’est Candy au pays de OZ (la série, pour ceux qui connaissent, pas le magicien). J’entends par là qu’elle est tellement sentimentale et n’a tellement pas envie de provoquer de morts, tremblant presque, qu’on se demande comment elle a survécu tant de temps. Ensuite pour moi on tombe dans les clichés qui annoncent une romance avec bien entendu une héroïne sexy et solitaire au passé troublé, un héros, Renaud, sombre, charismatique et mystérieux et ce n’est pas du tout mon style. Je reviens d’ailleurs sur l’aspect mystérieux, je l’ai déjà dit avec La Maîtresse de Guerre et je le redis ici, un homme dont on ne connait rien et qui ne veut rien dévoiler sur lui ne le rend pas, selon moi, mystérieux et charismatique, même s’il est bâti comme une divinité aux muscles saillants et souples, cela en fait juste un mec qui, dans l’intimité, doit avoir autant de conversation qu’un rocher.

Le style de l’auteur se révèle simple, agréable et entrainant construisant un épisode plus dense et complexe que ce que m’avait proposé l’autre livre Snark que j’ai lu, Le Rêve Oméga, mais voilà le fond a beau être plutôt bon l’histoire entre l’apollon sombre mais humain dans son petit cœur, avec l’héroïne sexy, fougueuse mais en manque de relation me bloque très rapidement. Au final donc une lecture mitigée et je m’arrête là avec les histoires de Cécile Duquenne me rendant compte que je ne suis pas du tout le public cible recherché pour ce genre de récits.

En Résumé : J’avoue je ressors mitigé de ma lecture. L’histoire en soi se lit assez facilement avec son lot de rebondissements et de surprises, le tout à un rythme nerveux et sans temps morts. L’univers se révèle solide sans non plus révolutionner le genre, faisant d’une certaine façon penser à Firefly, même si l’auteur se contredit sur certains points, principalement sur le côté caste et classe sociale qui me frustre un peu. Non le principal problème vient de la caractérisation des personnages, déjà Laura donne l’impression d’être Candy au pays des Loups et on se demande bien comment elle peut survivre, mais surtout les personnages de Laura et Renaud sont calibrés pour une romance, cela saute aux yeux. On tombe ainsi limite dans la caricature avec l’héroïne sexy, au passé trouble et le héros charismatique, beau et mystérieux. Le genre de choses qui me laisse de marbre, pire me bloque. Le style de l’auteur se révèle fluide, simple et entrainant. Au final je me rends bien compte que je ne suis pas le public visé par ce genre d’histoire, je ne lirai donc pas la suite.

 

Ma Note : 5/10

 

Autres avis : Cajou, Galleane, Frankie, Escroc-griffe, etc…

Métrozone Tome 1, L’Equation de la Vie – Simon Morden

metrozone 1 l'equation de la vieRésumé : Samuil Petrovitch est un rescapé. Il a survécu aux retombées nucléaires de l’Armageddon, et se cache aujourd’hui dans la Metrozone londonienne, la dernière ville d’Angleterre. Il a survécu car c’est un homme de règles et de logique. L’une de ces règles est de ne jamais s’impliquer. Mais lorsqu’il sauve la vie de la fille d’un chef yakuza, Samuil se retrouve malgré lui au coeur d’une équation complexe. Et quand la mafia russe s’en mêle, et qu’une intelligence artificielle s’appelant la Nouvelle Machine du Jihad prend le contrôle de la Metrozone, il doit prouver que la survie n’est pas qu’une affaire de calcul. Car Samuil a toujours un plan, il n’est juste pas convaincu que ce soit le bon…

Edition : Eclipse

 

Mon Avis : Je me suis laissé tenter par ce roman un peu sur un coup de tête. Je me suis tout d’abord laissé tenter par cette illustration de couverture que je trouve attirante. Il faut dire aussi que les mondes futuristes, qui plus est ceux qui se révèlent post-apocalyptique comme l’annonce le résumé, me donnent toujours envie. Ensuite, le quatrième de couverture m’a convaincu avec ce mélange de yakusas et de héros en rédemption. Ajoutez à cela un prix Philip K. Dick 2012 et ce livre a donc terminé sa course dans ma PAL, avant que je l’en fasse sortir il y a quelques jours pour le découvrir.

Pourtant, une fois la dernière page tournée je n’ai pas le sentiment d’avoir été complètement convaincu. Dans l’ensemble c’est assez sympathique mais clairement un sentiment d’inabouti transparait selon moi. Déjà cadrons le sujet, si vous cherchez un roman de SF dense, intelligent et scientifique voir Hard-Science alors arrêtez-vous là, car ici l’auteur a décidé de nous offrir un roman de SF qui ne cherche que l’aspect pur divertissement. Pour expliquer en quelques lignes ce roman, prenez notre monde après une grande catastrophe nucléaire où certains pays et continents sont devenus invivables et où le réfugiés ont envahi les pays encore debout, puis prenez la franchise cinéma Die Hard pour son héros grande gueule, sa capacité à se mettre dans les pires situations et pour l’action et l’explosif, ajoutez quelques idées et vous visualisez ce qu’est ce roman. Au cinéma on appelle cela un fils pop-corn, en littérature on utiliserait peut-être plus le terme page turner.

Car oui une chose est sûre c’est que le récit que nous propose l’auteur se révèle vraiment sans temps mort, chaque chapitre apportant son lot de révélations, de rebondissements et de surprises ce qui fait que le lecteur n’a pas le temps de souffler et se laisse entrainer à tourner les pages pour en apprendre plus. L’action, les explosions, les courses poursuites s’alignent pour notre plus grand plaisir et, même s’il a parfois du mal à se sortir de certains poncifs du genre, qui se révèlent trop caricaturaux, dans l’ensemble il remplit pleinement son rôle de pur divertissement fun et rempli d’adrénaline.

Mais voilà c’est aussi un peu sa faiblesse, car l’auteur cherche beaucoup trop par moment le plaisir et le sensationnel que le développement de son intrigue. Il y a pourtant pas mal d’idées dans cette histoire, que ce soit le développement des différents mafieux, le cloisonnement dans ces rues de Londres des immigrés, la sur-utilisation de la technologie, mais voilà l’auteur ne reste toujours qu’en surface et ça devient par moment frustrant. Beaucoup trop d’aspects restent au stade d’embryon et seul l’intrigue principale, qu’on va retrouver tout au long de la trilogie, concernant cette théorie mathématique, se révèle plus dense et dont ce premier tome sert principalement poser les bases. Tout dépend après de ce qu’on recherche dans un livre mais je pense que le prix Philip K. Dick a du aussi m’induire en erreur, je m’attendais à une histoire plus profonde et plus soignée et non un roman d’action.

Concernant l’univers il se révèle assez intéressant à découvrir. On se retrouve dans un Londres post-apocalyptique qui se relève de cette catastrophe naturelle et qui a été envahie par les immigrés fuyant des pays devenus invivables, formant ainsi la Métrozone. Le background qui se dévoile lentement au fil des pages se révèle solide, et donne envie d’en savoir plus sur cette tragédie, connaitre ses tenant et ses aboutissants pour savoir ce qui a poussé l’humanité à une telle folie nucléaire. Le jeu de pouvoir entre les différentes parties se révèle efficace même si parfois un peu trop « grossier » dans sa présentation. L’aspect technologique se révèle intéressant dans un monde où elle prend de plus en plus d’ampleur et où tout est commandé par électronique. On tend aussi légèrement vers le Cyberpunk avec des aspects tels que le hacking et les IA. Au final un univers qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui se révèle assez solide et intrigant pour donner envie d’en apprendre plus et l’auteur offre quelques bonnes idées comme cette nonne guerrière.

Concernant les personnages pour ce qui s’agit de Petrovitch il se révèle plutôt intéressant à découvrir en tant que héros au passé louche qui cherche, d’une certaine façon, à se racheter une conscience. C’est un personnage efficace, entrainant à la gouaille percutante et directe et on suit ses aventures avec plaisir même si sa capacité à creuser sa tombe par son répondant donne envie parfois de la secouer. Concernant les personnages qui gravitent autour de lui je reste plus mitigé, car autant certains personnages m’ont accroché comme Chain le flic désabusé qui contrôle tout mais ne peut pas faire grand-chose, ou encore Oshicora en yakuza sobre et inquiétant ; autant les autres restent cantonnés dans leurs rôles sans jamais vraiment en sortir ni vraiment se développer. Pas qu’ils soient inintéressants ou ennuyeux, juste on en sait trop peu sur eux pour vraiment s’y attacher un minimum, ne servant au final qu’à faire avancer l’intrigue et surtout l’action, comme cette nonne guerrière au fort potentiel et qui finalement n’est que le bras armé de Petrovitch.

La plume de l’auteur ne manque pas d’énergie, d’envie et se révèle simple et entrainante, offrant surtout des scènes très visuelles qui plongent facilement le lecteur, se laissant ainsi aller à travers cette histoire bourré d’adrénaline. Par contre je lui reproche parfois de vouloir trop en faire, contextualisant un peu trop certains aspects qui sont déjà très explicites. Je prends l’exemple du héros, c’est un solitaire, l’auteur se sent, on ne sait pas pourquoi, l’obligation de mettre quelques scènes inutiles pour bien le faire comprendre au lecteur ce qui est dommage. Autre point qui m’a dérangé, Petrovitch est russe il lui arrive donc d’utiliser des expressions russes quand il parle dont les traductions se trouvent dans un lexique. Pourquoi pas, j’avoue ça aurait pu être intéressant, dévoiler quelque chose, mais toutes les 2-3 pages on se dirige vers le lexique pour se rendre compte finalement qu’à chaque fois qu’il parle en Russe c’est simplement pour lâcher une insulte. Mouais. Au bout d’un moment j’en ai eu marre j’ai arrêté de lire le lexique, ça ne servait à rien et ça cassait le rythme.

Globalement on peut définir ce livre comme un roman sans prise de tête, qui aligne esbroufe, explosion, action, le tout avec frénésie. Ce n’était pas forcément ce que j’attendais, je voyais une intrigue plus dense et plus complexe surtout devant le Philip K. Dick Award, mais dans l’ensemble c’est divertissant et ça se lit bien entre deux romans plus denses. Est-ce que je lirai la suite, oui sûrement si je cherche une histoire fun et j’aimerai aussi en savoir plus sur cette équation mathématique, mais pas ce ne sera pas une lecture prioritaire.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture divertissant avec ce roman sans non plus avoir été conquis, loin de là. L’intrigue nous offre une récit sans temps mort bourré d’action et d’adrénaline, mélange de SF et de « Die Hard », ce qui fait qu’on tourne les pages facilement. Mais voilà l’ensemble manque parfois de profondeur, que ce soit aussi bien dans les aspects politiques, de machinations et de background, comme si l’auteur ne cherchait à nous offrir que la partie fun occultant légèrement le reste. L’univers en soi se révèle solide, même s’il ne révolutionnera pas le genre, il donne envie d’en apprendre plus. Le personnage de Petrovitch se révèle intéressant et possède une gouaille percutante même, si par moment il cherche un peu trop les ennuis . Les personnages secondaires son soit intéressants soit trop calibrés pour attacher le lecteur. La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et surtout très visuelle, je lui reproche juste de parfois trop en faire pour nous faire comprendre certaines idées. Au final un roman divertissant, sans prise de tête, je lirai je pense la suite pour me distraire, mais ce n’est pas ma priorité.

Ma Note : 6/10

La Ferme des Animaux – George Orwell

la ferme des animauxRésumé : Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :
“Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
“Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

Edition : Folio

 

Mon Avis : Ce roman fait partie des livres que j’ai lu durant mon adolescence et qui m’avait fortement marqué, déjà car je ne m’attendais pas à une telle histoire et que les idées avancées dans ce roman m’ont, d’une certaine façon, permis de mieux cerner certains aspects politiques, humains et peut-être aussi aidé à façonner ma vision de la politique actuelle. Mais voilà cela fait bien plus de dix ans maintenant, j’avais donc envie de relire ce classique et de me faire mon avis avec mon regard d’aujourd’hui qui a changé de celui de l’époque. J’ai donc décidé de sortir ce court roman de ma PAL.

Utiliser des animaux pour mettre en avant une critique de la société n’est pas nouveau et a souvent été utilisé pour permettre une compréhension plus globale et aisée, mais aussi pour contourner la censure. L’exemple le plus connu pour moi reste La Fontaine avec ses fables. Ici tout démarre dans une ferme par un rêve, un rêve de Sage l’Ancien le plus vieux cochon qui s’est pris a imaginer un monde où l’égalité serait la force, où chacun(e) serait apprécié(e) à sa juste valeur et où tout le monde serait récompensé de la même façon tout travaillant pour un idéal commun. Tout va basculer très vite après la mort de Sage l’Ancien et, par un coup du sort, les animaux vont rejeter leurs maîtres, les hommes, devenant ainsi les seuls propriétaires des lieux et vont par conséquent fonder la seule ferme dirigée par les animaux. Mais voilà la différence entre le rêve et la réalité est vaste et va vite rattraper cette communauté.

À travers cette fable l’auteur nous offre finalement une réflexion vraiment efficace, cynique et intéressante sur le développement d’une des grandes phases de l’humanité qu’est la montée du communisme en Russie, mais aussi sur la politique et les manipulations du peuple en général. Pourtant, tout commence bien, après le rejet du capitalisme et des tsars représenté par l’Homme la ferme se lance dans un idylle d’égalité ou chacun y trouve son bonheur, mais très vite les hommes redeviennent des hommes et tout va dérailler devant la quête du pouvoir de la richesse par certains. Entre manipulation des idéaux, trahisons et meurtres politiques tout est fait pour que le plus corrompu prenne le pouvoir. Mais tout cela ne se fait pas sans l’utilisation des mensonges de masses, de la religion, le fanatisme ou encore la mise en place de police et de services secrets ainsi que l’utilisation de bouc émissaire pour bien faire comprendre qui est le chef. D’ailleurs la transformation du personnage héroïque en traitre et terroriste est l’un des aspects qui montre à quel point les gens se font manipuler voir même laver le cerveau devant la ruse et le conditionnement de certains, jouant grâce aux mots de beaux parleurs sur l’ignorance des gens.

L’histoire se révèle vraiment plaisante à lire, en plus de faire réfléchir, par le style de l’auteur qui se révèle vraiment incisif, simple, efficace où chaque mot possède son important et qui utilise le cynisme ainsi que l’humour noir pour bien faire assimiler au lecteur ses idées et surtout, au final, de rester très contemporain. Car oui ce roman est bien plus qu’une critique d’une seule société ou d’une époque. Comment ne pas se sentir proche de certaines idées développées ici ; encore aujourd’hui la manipulation de la population continue à faire son effet face à des idées comme l’insécurité ou les étrangers, encore aujourd’hui les média continuent à faire du journalisme à la carte n’amenant pas toujours d’informations véritables mais seulement ce qui  fait de l’audience offrant même la parole à ceux qui crient le plus fort.

Alors certes on n’est pas dans un régime totalitaire, encore heureux, mais la recette marche toujours démontrant que finalement, tant qu’on sera des hommes, la soif du pouvoir fera qu’il y aura toujours des menteurs et des gens qui profitent. Finalement c’est une des leçons importantes de ce roman c’est que le pouvoir au peuple ne peut exister car il existe toujours des hiérarchies même pour la plus petite décision. D’ailleurs la conclusion le montre parfaitement bien, le capitalisme et le communisme sont finalement très proches reposant sur des hommes tout simplement.

L’anthropomorphisme marche à merveille avec ce petit roman tellement il est facile d’identifier les idées sous-jacentes misent en avant par l’auteur ; les moutons représentant le peuple crédule , les chiens représentant tout ce qui est police et services de renseignements ou bien encore les poules qui représentent l’exploitation dans les fermes russes. Si on connait un peu l’histoire on reconnaitra aussi facilement les animaux nommés qui sont représentatifs de personnage comme Staline, Marx ou encore Trotski. Le format court du roman et le côté un peu simple de la narration pourrait créer une sorte d’incrédulité devant ses évènements, en offrir qu’une simple histoire, mais pourtant le tout est tellement réaliste que le lecteur se laisse porter. Ma seule légère critique est que peut-être parfois l’auteur en fait trop dans la désillusion et la noirceur, mais bon a-t-il vraiment tort? Au final un excellent livre que j’ai relu différemment de l’époque de mon adolescence, n’ayant pas la même approche, et qui devrait être lu par le plus grand nombre, au moins pour se faire son propre avis sur les axes de réflexions que met en avant l’auteur.

En résumé : Voilà un classique de la littérature qui mérite d’être découvert par tous au moins pour pouvoir se faire une idée. À travers une simple ferme en Angleterre l’auteur nous offre une réflexion vraiment passionnante, intéressante et captivante sur la soif de pouvoir, principalement le communisme, mais plus globalement sur les manipulations qui peuvent être utilisées et qu’on retrouve encore de nos jours. L’anthropomorphisme permet facilement de bien comprendre le tout et l’ensemble est très bien porté par une plume simple, percutante et efficace ou chaque mot, au final, possède son importance. Mon seul léger reproche vient du fait que l’auteur parfois pousse à son paroxysme certains aspects sombres, mais bon peut-on lui donner vraiment tort. Un roman qui mérite d’être lu au moins une fois dans sa vie, à minima pour se faire son propre avis sur les différentes réflexions et idées misent en avant par l’auteur.

 

Ma Note : 9/10

Demain le Monde – Jean-Pierre Andrevon

demain le mondeRésumé : « C’est un cercle vicieux. Toi, tu te trouves au centre de ce cercle, avec tes quatre milliards de frères qui seront bientôt, si vite, six milliards, tu es au centre de ce cercle debout dans ton jardin mouillé, les pieds dans les feuilles de l’automne pourrissant, et tu lèves la tête vers le ciel bouché, muet, inutile, et tu cries au-dedans de toi il n’y a rien à faire ? Et comme, malgré tout, la translucide main d’espérance s’accroche encore à toi, tu répètes et tu répètes encore et encore… il n’y a rien à faire ? »

Edition : Le Bélial’

 

Mon Avis : Jean-Pierre Andrevon fait partie des auteurs SF connu et reconnu avec plus de 600 textes publiés depuis 1968. Ce recueil nous propose donc de découvrir 22 textes, considérés comme représentatifs de la carrière de cet auteur. De lui j’ai déjà lu deux romans qui m’avaient bien accrochés, mais aussi quelques nouvelles dont la dernière, dans le recueil des Utopiales 2013, m’avait plutôt laissé de marbre, étant une nouvelle des années 70 et paraissant dépassé au jour d’aujourd’hui. Je me demandais donc ce qu’allait bien pouvoir me proposer ce recueil. En tout cas concernant la couverture, illustrée par Caza, je la trouve vraiment magnifique et elle donne envie de se plonger dans ce livre.

La Réserve : Une nouvelle d’introduction au message fort, qui nous plonge dans un futur post-apocalyptique où les humains ne sont plus les êtres au top de la chaine alimentaire, ils ne sont plus que des animaux. Je n’en raconte pas trop pour pas trop gâcher la chute, mais c’est un texte percutant même si je trouve qu’il porte un peu son âge, étant le tout premier texte publié par l’auteur en 1968.

Un Nouveau Livre de la Jungle des Villes : Nouvelle en forme de conte initiatique où un enfant humain se retrouve élevé par des robots et rêve d’en devenir un aussi. L’auteur nous offre de nouveau un monde post-apo où les hommes, dans leurs envies de conquêtes, se sont quasiment annihilés et qui offre une réflexion intéressante sur l’identité et ce qui la façonne entre son ADN ou son éducation. Un texte qui est toujours d’actualité offrant aussi un léger message d’espoir à la fin.

Un Petit Saut dans le Passé : Un texte vraiment intéressant et poétique sur la possibilité de voyager dans le temps, plus principalement dans le passé. L’auteur traite ici de l’idée, classique, du paradoxe temporelle avec comme réflexion la généalogie et son origine qui parait être un thème important pour l’auteur. Problème, j’avais deviné la fin dès les premières pages ce qui fait que l’ensemble m’a paru trop prévisible.

L’Arme : Voilà un texte vraiment cynique et rempli d’humour noir qui nous présente une terre ou des extra-terrestres laissent, par hasard, une arme puissante qui sera alors découverte par un sans-abri. Un récit qui nous rappelle qu’un homme une arme à la main ne sait faire qu’une seule chose : détruire. Un texte court, sympathique à lire sans non plus se révéler révolutionnaire ; vite lu vite oublié.

L’Homme qui Fût Douze : Une nouvelle intrigante qui va nous plonger dans la colonisation d’une planète par un équipage humain et qui va, au fil de la mission, dégénérer et révéler ainsi tout le sens du titre. L’auteur nous offre des idées intéressantes sur l’immortalité par le renouvellement, la chirurgie ou encore l’écologie que l’homme ne peut s’empêcher de détruire, mais j’ai trouvé l’ensemble un peu mal rythmé et possédant ce vernis suranné de ces nouvelles efficaces à une époque et qui ont un peu de mal aujourd’hui. Cette nouvelle reste sympathique et offre de bonnes réflexions.

La Bête des Étoiles et L’Empathe : L’auteur le dit clairement, pour cette nouvelle il s’est inspiré d’Alien, ce qui se ressent à travers cette chasse d’un ET meurtrier par un empathe. Une nouvelle aux réflexions intéressante de l’auteur sur l’environnement et l’impact de l’Homme sur la faune et la flore qui arrive toujours avec ses gros sabots, mais qui n’a pas réussi, tout du moins avec moi, à m’angoisser ou me faire frissonner.

Manuscrit d’un Roman de SF Trouvé dans une Poubelle : A travers cette nouvelle l’auteur a décidé de se lâcher, se moquant d’une certaine SF d’aventure en poussant l’absurde à son paroxysme dévoilant alors des humains lâches et faibles, et des femmes en tenues minimalistes. On accroche, ou pas, moi je suis resté de marbre à cette nouvelle. Dommage.

Le Château du Dragon : Cette nouvelle, mélange de Fantasy et de SF, nous offre ici une histoire d’aventures qui permet à l’auteur de prolonger son immersion dans l’univers gandaharien. Un texte qui se lit bien au rythme haletant et sans temps morts avec son lot d’action et de rebondissements nous présentant un monde où la République a mis à mal la Royauté et où des groupes de brigands, à la Robin des Bois, cherchent à remettre le Roi sur son trône. C’est très divertissant.

Régression : Dans cette nouvelle l’auteur traite de nouveau du paradoxe temporelle, une famille voulant fuir la seconde guerre mondiale décide de revenir dans le passé, mais la machine s’emballe. Une histoire qui nous offre le portrait d’un jeune homme traumatisé et humain qui va, avec sa famille, se rendre compte que tout retour est impossible et qui offre ainsi des réflexion intéressantes sur les relations humaines ainsi que sur la science et ses conséquences.

L’Anniversaire du Reich de Mille Ans : Ce texte, uchronique, nous présente un monde qui a vécu 1000 ans de Reich comme le rêvait Hitler, mais que se passe-t-il après? Un texte plutôt sympathique et agréable, même si je l’ai trouvé un peu long, qui nous montre un monde sans évolution qui va se retrouver perdu et qui nous rappelle qu’une seule idée, qu’une seule vision n’aboutit pas toujours à quelque chose.

La Porte au Fond du Parc entre le cèdre et les chênes : De nouveau l’auteur traite du paradoxe temporelle et nous offre ici un texte poétique sur la relation ponctuelle, au fil des ans, entre un voyageur du futur et une fille qu’il croise lors de ses voyages. La construction du récit offre son lot de rebondissements, mais cette nouvelle est trop redondante avec Un Petit Saut dans le Passé ce qui l’empêche de s’épanouir. Dommage.

Rien qu’un Peu de Cendre et une Ombre Portée sur un Mur : Un texte poignant et glacial sur une petite fille qui a le pouvoir particulier, en se concentrant, de faire disparaitre ce qui lui fait peur. Un texte fort avec toujours en toile de fond cette capacité bien humaine de faire la guerre, détruire et où le sacrifice d’une inconnue va tout changer. La conclusion est vraiment réussie.

… Il Revient au Galop : Une nouvelle intéressante sur un sujet qui est important pour l’auteur, l’écologie, et qu’on retrouve régulièrement dans ses textes. Un récit qui nous dévoile un monde subissant une pluie torrentielle qui ne s’arrête jamais et où on suit une humanité impuissante qui se débat vainement. Un texte fort qui fait clairement réfléchir et bien porté par des personnages intéressants, dommage que certains aspects, justement dû à une forte montée des eaux, ne soit pas traités du tout.

Salut, Wolinski ! : Cette nouvelle nous plonge dans un monde ou la Liberté est devenue le nouveau créneau, ou chacun fait ce tout qu’il veut. Le héros de cette histoire, qui n’est autre que l’auteur, a donc décidé de tuer les gens qu’ils n’aiment pas et il n’aime personne que ce soit les riches, les pauvres, les étrangers, les intellos… Un texte cynique, violent, sanglant qui possède un message fort, mais qui m’a moyennement accroché, cherchant trop le côté choc.

Tout à La Main : La fin du monde est survenue et seul survivant probable l’auteur qui se terre chez lui entouré de coulées de boues brûlantes. Le héros se remémore alors les femmes qu’il a connues et ce qu’il a manqué, une sorte d’ode à la femme mais version trash, car notre héros se souvient d’elles surtout à travers la baise. Un texte qui, comme le dit l’auteur dans son explication, a fait un choc à l’époque traitant de la baise et de la masturbation, mais qui aujourd’hui se révèle, pour moi, juste sympathique principalement devant cette routine et finalement cette légère folie du héros, seul survivant qui classe sa vie comme on classe une bibliothèque.

Halte à Broux : Ce texte traite de soldats qui ont décidé de se poser dans un village et qui vont finalement regouter à la vie et la routine. Une nouvelle intéressante qui traite de la guerre, mais aussi des manipulations lors de l’entrainement des armées pour éviter que nos héros réfléchissent de trop, car finalement la réflexion est le pire mal d’une guerre pour un militaire.

Comme un Rêve qui Revient : Cette nouvelle traite d’un autre sujet qui est cher à l’auteur : les Dinosaures. Imaginez qu’ils reviennent? Un texte qui rappelle que nous ne sommes pas seuls sur cette planète, ce qu’il serait bon de ne pas oublier, surtout  si on remonte dans le temps,  qu’on n’est pas non plus l’espèce la plus haute dans la chaine alimentaire. Un texte efficace et surprenant.

Sur la Banquette Arrière : De nouveau l’auteur reprend le thème du paradoxe temporelle sur les origines et la généalogie déjà traité dans deux autres nouvelles précédemment ce qui donne, même si c’est traité de façon légèrement différente, de nouveau une impression de redondance surtout que ce texte me parait le moins bon des trois tout en étant situé à  la suite des deux autres.

Comme une Étoile Solitaire et Fugitive : Cette nouvelle m’a paru être le stéréotype des histoires d’une certaine catégorie de SF des années 80 et 90, entre catastrophe nucléaire qui aboutit à des mutations génétiques et bien entendu à son lot de pouvoir psi. Je ne sais pas pourquoi j’ai un peu de mal à accrocher à ce genre de récits. Heureusement le tout est sauvé par un style plutôt efficace et par un rêve d’étoiles vraiment intéressant.

En Route pour la Chaleur ! : Après un texte qui nous présentait une Nature reprenant ses droits en faisant chuter des trombes d’eau cette fois c’est le froid qui vient attaquer les hommes. L’auteur nous présente donc une humanité à bout qui va, au fil du temps, devenir de plus en plus violente, perdant ainsi ses normes éducatives, une sorte de retour à l’état sauvage. Une nouvelle sympathique mais qui parfois, selon moi, manquait d’informations sur certains points.

Épilogue Peut-être : Une nouvelle qui aurait pu servir de conclusion au récit où l’auteur nous présente la finalité de l’espèce humaine, de la Terre qui est en définitive, quoi qu’il arrive, de s’éteindre de se déchirer. Un texte intéressant, mais qui est, selon moi, un peu trop long.

Le Monde Enfin : Cette nouvelle nous fait suivre une vieil homme se déplaçant à cheval dans un monde où les hommes disparaissent et la nature reprend doucement ses droits. Un ultime voyage d’un vieillard vers son « cimetière des éléphants ». Sûrement la meilleure nouvelle du recueil selon moi, porté par des descriptions magnifiques d’une planète renaissante et qui offre une critique toujours aussi efficace et acerbe sur l’utilisation de la technologie par les hommes qui, au lieu de savoir profiter, en abusent. Une histoire qui prend son temps à travers ce vieillard qui profite de chaque instant. Un récit mélancolique et pourtant poignant et passionnant.

 

La plume de l’auteur se révèle vraiment simple, parfois crue et souvent captivante et prenante cherchant à faire passer son message de façon surprenante entre sexe, violence et apocalypse. Il réussit vraiment à happer le lecteur à travers la mise en place de son histoire, son univers et aussi dans ses descriptions, par contre j’ai trouvé qu’au niveau des dialogues il a un peu de mal se révélant souvent un peu plat servant plutôt de simple moyen d’informations. Les différents récits sont portés clairement par une imagination souvent débordantes et traitants de sujet qui, encore aujourd’hui, se révèlent d’actualité montrant clairement que l’auteur était parfois un peu visionnaire. Les explications de l’auteur en fin de texte apporte aussi une lumière intéressante sur chaque nouvelle. Dans l’ensemble un bon recueil représentatif des nouvelles de l’auteur même si c’est vrai certaines ne m’ont pas accrochées. Je regrette par contre cette impression de répétition donnant l’impression, parfois, de lire la même nouvelle plusieurs fois, mais de façon légèrement différente.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec ce recueil de 22 nouvelles de Jean-Pierre Andrevon qui présente un large panel de ce que peut proposer l’auteur au niveau de la SF. Des textes souvent forts, percutants qui traitent de sujets qui sont chers à l’auteur tel que l’écologie, les dinosaures ou encore la politique. Alors certes, toutes les nouvelles ne m’ont pas autant accrochées, mais dans l’ensemble je suis plutôt content de ma lecture. Je trouve juste dommage par contre la répétition de certaines idées, ce qui rend certaines nouvelles un peu trop redondantes. Une lecture efficace pour les lecteurs qui pourraient être intéressés par une SF engagée et percutante du début à la fin, même si parfois quelques textes ont mal vieillis selon moi, et un recueil intéressant pour qui veut découvrir l’auteur.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : koré, …

Réalité 5.0 – Collectif

realite 5.0Résumé :  Cinq textes, comme autant d’éclats qui reflètent chacun une vision singulière. Qu’ils soient débutants ou confirmés, cinq auteurs se sont prêtés au jeu de l’écriture autour du thème de la réalité. D’un Paris futuriste sous un Dôme, à un environnement virtuel, d’une station touristique – où la réalité augmentée est prédominante, à une attaque de mannequins en plastique jusqu’au dialogue entre un sexbot et son propriétaire… autant de version d’une réalité, d’échos des possibles.

Edition : Goater

 

Mon Avis : La première chose qui a fait que mon intérêt s’est porté vers cette anthologie ce sont les deux têtes d’affiches que sont Aliette de Bodard et Thomas Geha ; tous deux m’ayant déjà convaincu avec leurs autres écrits. La nouvelle de Aliette de Bodard ayant, en plus gagné, le prix Locus et Nebula a aussi clairement jouer sur mon envie de découvrir ce recueil, espérant par la même occasion, pourquoi pas, découvrir de nouveaux auteurs. Ce recueil comporte donc cinq nouvelles de science-fiction écrites par cinq auteurs différents sur le thème de la réalité.

Ma Douce Colombine de Thomas Geha : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme qui a toujours vécu dans la richesse et qui a toujours profité des bonnes choses, mais en n’ayant connu aucun véritable contact humain. Un texte vraiment intéressant, qui nous offre le portrait d’un personnage, pacha, que son éducation a rendu totalement solitaire, égoïste et vivant sa vie complètement par procuration, le plus souvent de façon virtuel. Un homme détaché de tout et de tout le monde dont la vie va un jour basculé. Une quête du bonheur tout en cherchant à comprendre le bonheur. Un récit humain plein de surprise qui nous rappelle que les technologies ne font pas tout dans la vie et que, parfois, de véritable émotions, factices ou pas, manipulés ou pas, peuvent changer la vie d’un homme.

Les Passerelles d’Elena Avidja : Ce texte nous plonge dans un Paris post-apocalyptique dont une partie de la population s’est retrouvé forcée à vivre sous un dôme pour éviter les radiations qui ont transformées la population extérieure en mutants. Un texte construit de façon intéressante et captivante, offrant plusieurs points de vue qui nous montrent que la vérité n’est pas toujours ce que l’on croit. Une histoire efficace sur  les inégalités toujours présentes, sur les manipulations, mais aussi sur la façon de chacun de survivre et s’adapter dans ce monde. Un univers totalitaire ou la réalité et la vérité sont cachées derrières des mensonges et du cinéma qui, parfois, rappelle clairement notre réalité. Dommage que le récit manque un peu d’émotion, à mon goût, la faute justement à cette multiplication des points de vues dans un texte court ce qui limite l’aspect sentiments.

Immersion de Aliette de Bodard : Cette nouvelle nous plonge à l’intérieur de la station Longevity où la vie est autant réelle que semi-virtuelle grâce à une technologie galactique. Un texte que j’ai trouvé vraiment intelligent et intéressant, principalement dans les problématiques avancées, que ce soit l’acceptation de soi et des autres ou encore les améliorations qu’on cherche à amener sur soi pour aboutir à une perfection aussi bien intellectuelle que physique, qui sont aussi des sujets d’actualités et qui se révèlent traités ici de façon efficace. L’auteur utilise d’ailleurs un jeu de narration réussi entre une présentation à la troisième personne classique et une autre à la deuxième personne plus détachée jouant ainsi fortement sur l’influence de cette technologie normative. Un texte qui m’a vraiment bien accroché dont mon seul regret vient de l’univers qui aurait mérité d’être plus développé à mon goût, mais rien de bien gênant.

Plastique de Sébastien Degorce : Une nouvelle qui nous plonge dans un Paris où une épidémie fait des ravages, obligeant la ville à se retrouver couper en deux, cloisonnant ainsi les malades sous surveillance. On se retrouve alors à suivre un couple d’activiste le jour d’une élection. Un texte vraiment sympathique qui nous offre des réflexions intéressantes sur le pouvoir politique, son image, son importance et son influence ou encore sur la contestation. L’auteur nous offre même une scène haletante qui fait clairement penser à Doctor Who et où on se pose clairement la question de qui est en plastique et qui ne l’est pas, le tout pour aboutir à une conclusion choc et surprenante. Mais voilà selon moi ce texte aurait gagné à être un peu densifié, certains passages se révélant trop rapides et les dialogues m’ont paru parfois un peu plat. Dans l’ensemble tout de même une découverte agréable.

Une Petite Mayonnaise de Pur Plaisir de Jean-Marc Agrati : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme vivant chez lui avec une sexbot, une IA et passant son temps à espionner le voisinage qui respecte de moins en moins la loi. Alors, je l’avoue, je n’ai pas vraiment accroché à ce texte, mais cela vient clairement de mes attentes personnelles. J’en vois pourtant bien les idées, nous présentant une société qui se révèle de plus en plus délétère, où le respect des lois et des autres a complètement disparu, cherchant ainsi à faire réfléchir le lecteur, mais voilà l’auteur utilise une plume assez trash qui a est le genre d’aspect qui a du mal à vraiment m’accrocher. Le côté électrochoc me rentrant dedans, par la violence et la vulgarité, pour me faire visualiser une idée plutôt que d’essayer de me la faire comprendre et accepter ne marche pas avec moi, ce qui a donc fait que je ne suis jamais rentré dans cette nouvelle. Dommage, même si je ne doute pas que sur d’autres lecteurs cette présentation aura plus d’effet.

 

Finalement, je suis bien content de m’être laissé tenter par ce recueil de nouvelles qui m’a offert cinq textes complètement différents en nous présentant des points de vue complètement différents et, souvent, efficaces sur ce qu’est la réalité et ce qu’on est capable d’en faire ou encore de s’en cacher. Même si tous les textes ne sont pas au même niveau, ce recueil m’a aussi permis de découvrir de nouveaux auteurs intéressants.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de nouvelles qui nous propose de plonger le lecteur dans cinq récits présentant clairement une vision de la réalité complètement différente, souvent intéressantes et palpitantes. Alors, certes tous les textes ne sont pas au même niveau, mais dans l’ensemble ils se révèlent captivants, réfléchis, souvent bien traités avec de bonnes idées et des histoires intéressantes. Je suis bien content de m’être laissé tenter par ce livre qui m’a permis aussi de découvrir des auteurs que je ne connaissais pas.

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Lune,…

Un Monde Idéal où C’est la Fin – J. Heska

un monde idéal ou c'est la finRésumé : Bienvenue dans un monde idéal!
Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible? Épidémie mondiale de mort subite? Extra-terrestres maladroits? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles? Crise de déprime globale? Robots hors de contrôle? Zombies entreprenants?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte!
Mais c’est quoi Un monde idéal ?

Edition : Éditions Seconde Chance

 

Mon Avis : Je dois bien avouer qu’avant de me lancer dans la lecture de ce livre je ne connaissais que peu de choses concernant cet auteur. J’avais bien vu passer quelques chroniques sur ces livres à droite à gauche, souvent positive, mais je ne me suis pas non plus trop pencher sur ses livres. Alors, quand on m’a proposé de découvrir ce recueil de nouvelles autour de la fin du monde, je me suis dit pourquoi pas, surtout que le résumé avait l’air vraiment intéressant et donnait envie d’en savoir plus sur ses innombrables récits apocalyptiques.

Et pourtant, autant le dire tout de suite, je n’ai pas accroché plus que cela à ce recueil de courts textes. Pourtant, il y a un certain potentiel qui se dégage de l’ensemble, déjà on ne peut pas imaginer une centaine de nouvelles sur la fin du monde sans avoir une imagination débordante, ce qui est clairement le cas de l’auteur. Entre science-fiction, fantastique ou encore fantasy l’auteur varie vraiment les genres et développe une variété d’intrigue vraiment conséquente, parfois classiques avec du voyage dans l’espace, un travail de conscience sur l’environnement ou par exemple sur les zombies ; et parfois originales comme ces légumes modifiés génétiquement qui se découvrent une conscience ou encore la domination des chats mignons. C’est une des force de ce recueil traiter d’un éventail de sujet assez large pour accrocher différents lecteurs. Dommage que le reste ne suit pas vraiment selon moi.

Certes, le format court, voir très court, apporte un véritable dynamisme à l’ensemble chaque nouvelle ne durant qu’une ou deux pages on tourne donc les pages rapidement découvrant ainsi chaque récits. Surtout l’auteur traite souvent de sujets d’actualités, de sujet que tout le monde a déjà entendu parler et connait à minima, mais le tout de façon souvent cynique et ironique. Mais comme souvent dans les nouvelles très courtes ce sont des textes à chute où la conclusion doit normalement venir secouer le lecteur, lui faire prendre conscience de certains aspects, de certains problèmes et, ici, doit amener une fin du monde souvent avec le sourire et c’est un des points qui fait que je n’ai pas complètement accroché à ce recueil. L’auteur cherche un peu trop la chute au détriment de son histoire, ce qui fait que parfois l’histoire en devient complètement incohérente, comme l’exemple de cette nouvelle ou Justin Bieber est informaticien créateur de la Matrice qui m’a laissé totalement de marbre. Ce genre de récits, qui cherchent à montrer les conséquences sans obligatoirement travailler la cause, marchent mieux, selon moi, en vidéo. J’attends plus de développement d’un livre ou d’une nouvelle.

Comme je l’ai dit le format court apporte, certes, une énergie intéressante, mais fait aussi que tout ce qui est autour comme le background, l’univers ou encore les personnages sont à peine esquissés voir complètement occultés et j’avoue je n’accroche pas, il me faut un minimum d’explication et de travail de fond pour que j’adhère à un texte. Il ne suffit pas de dire que la fin du monde vient de telle conséquence pour que j’accepte le tout sans broncher.  Je ne pense donc pas être le bon lecteur pour les nouvelles trop courtes où seule la chute compte. Ensuite, j’ai trouvé que certains textes m’ont paru manquer de logique comme par exemple cette nouvelle reprenant le principe de l’arche de Noé où on envoie 89000 personnes en cryogénisation dans l’espace sous la seule et unique surveillance d’une IA, le tout m’a paru improbable car avec plus de 80 000 personnes on peut effectuer des cycles de surveillance humain, surtout pour une mission aussi capitale.

J’ai aussi remarqué un aspect répétitif dans les fins des mondes malgré les variations d’idée, se faire tuer par des poireaux OGM qui ont pris conscience ou par des sacs à main qui ont pris conscience, la différence est infime. De plus certains textes m’ont paru douteux dans l’humour, comme cette nouvelle sur l’homosexualité. J’ai constaté aussi que parfois l’auteur donne l’impression de décider d’écrire sur un sujet d’actualité mais dans l’instant, sans véritable travail de recherche ce qui est parfois dommage. Voilà pourquoi je ressors de ma lecture avec ce sentiment très mitigé et cette impression de trop peu.

La plume de l’auteur colle parfaitement au type de récit présenté, se révélant percutante, ironique, cynique et nerveuse captant assez facilement le lecteur et l’entrainant dans ses histoires sans prise de tête. C’est d’ailleurs dommage, car la nouvelle qui m’a justement le plus accroché c’est la plus longue, celle qu’on retrouve quatre ou cinq fois au cours du livre avec l’idée de retour de la magie et des magiciens et  elle m’a happé justement car elle est développée. Au final je ne nie pas les qualités de ce recueil, certains textes m’ayant captivés, mais dans l’ensemble chaque nouvelle m’a paru bien trop courtes, vite lue et vite oubliée, voir elles manquaient de cohérence ou paraissent douteuses. Je ne suis peut-être pas le bon lecteur pour ce genre de récits.

En Résumé : Je ressors donc de ma lecture pas vraiment convaincu par ce recueil qui nous offre, certes, une centaine de nouvelles sur la fin du monde pleine d’imagination et le tout sous un format court qui offre un rythme rapide et entrainant, mais le tout manque clairement de profondeur pour vraiment m’accrocher. De plus l’auteur cherche à jouer plus sur la chute de l’histoire que sur le fond, ce qui fait que parfois certains textes m’ont parus clairement incohérents. Des récits tombent aussi parfois dans la caricature tandis qu’au fil de ma lecture un certain aspect répétitif dans les conclusions se faisait ressentir. Dommage car, vraiment, l’auteur a l’air d’avoir une imagination débordant et un style assez incisif. C’est simple l’histoire qui m’a le plus accroché c’est celle qui revient sur 4 ou 5 nouvelles. Je ne suis peut-être pas le lecteur adéquat pour ce genre de nouvelles.

 

Ma Note : 4,5/10

 

Autres avis : Luna, melcouettes, samlor, Melisende, etc…

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