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Sous L’Ombre des Etoiles – Thomas Geha

sous l'ombre des etoilesRésumé : La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.
Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer…
Kee le sait parfaitement, aucun retour en arrière n’est possible : il devra s’adapter à son nouveau monde, sous l’ombre des étoiles…

Edition : Rivière Blanche

 

Mon Avis : Si vous suivez mon blog régulièrement alors vous savez que j’apprécie beaucoup ce que propose Thomas Geha dans ces romans. On retrouve toujours une histoire divertissante, efficace, simple et haletante où le lecteur ne s’ennuie jamais vraiment. Ce n’est donc pas une surprise si ce livre a rejoint ma PAL lors du dernier festival de l’imaginaire de Sèvre, qui plus est dédicacé. Ce roman nous plonge de nouveau dans un univers, l’univers planète Pirate, que l’auteur développe depuis quelques temps et qu’on retrouve dans La Guerre des Chiffonneurs (chronique ici) ainsi que dans sa nouvelle Tiges (chronique ). Chaque histoire peut être lue indépendamment des autres. À noter que je trouve la couverture, illustrée par Juan, vraiment sympathique.

J’ai été très agréablement surpris par ce roman, je pensais repartir dans une histoire, un peu western de l’espace, au rythme haletant et effréné que connait si bien l’auteur, alors qu’au final on se retrouve dans une histoire un peu plus calme, plus réfléchie, mais pourtant qui se révèle toujours aussi divertissante et captivante. En effet il s’agit plus ici d’un roman sur l’homme, la naissance, ou plutôt la renaissance du héros qui se retrouve sur une planète totalement inconnue et aux repères complètement déboussolés. Il va donc devoir complètement se réadapter, évoluer et accepter qu’il n’existe pas toujours de méchants simplement, souvent, des incompréhensions. Le roman est ainsi séparé en deux parties avec une première phase nous faisant découvrir de façon prenante, efficace et passionnante notre héros, sa façon de s’adapter et le monde qui l’entoure puis une seconde partie plus tranchante, plus intense et plus percutante sur les différents combats que va devoir livrer notre héros contre lui-même et aussi contre l’hostilité de certaines espèces. Le lecteur se retrouve vraiment pris par ce récit, à la fois fort et intimiste, tournant les pages avec envie et beaucoup de plaisir pour en découvrir plus.

Mais voilà l’auteur nous offre aussi une histoire intelligente, avec des idées vraiment intéressantes et humaines, comme par exemple sur l’acceptation des autres et leurs différences, le racisme, l’amitié, la famille ou encore des aspects plus généraux tel que la gestion des peuples ou encore le besoin d’essayer de vivre en harmonie et non en lutte pour le pouvoir et la puissance. Alors certes, le tout se révèle amené de façon simple, mais est vraiment efficace, sans jamais s’imposer et surtout prenante pour le lecteur qui, finalement, se retrouve à réfléchir au message transmis. Alors bon, c’est vrai, une ou deux fois j’ai eu un peu de mal à complètement accrocher au message parfois trop optimisme à mon goût, mais c’est mon côté cynique qui ressort, rien à voir avec le lire.

Concernant l’univers il se révèle vraiment fascinant, complexe et il donne vraiment envie d’être découvert. L’auteur ne laisse rien au hasard, développant un monde complètement différent du nôtre, exotique et attachant à travers une faune et une flore des plus intéressante, faste et dépaysante. Une planète, certes qui se révèle dangereuse par bien des aspects, mais qui ne manque ni de charme ni de beauté. L’aspect vie nomade que découvre notre héros possède lui aussi pas mal d’attrait et permet ainsi de découvrir pleinement Seinbeck. L’auteur nous offre aussi un bakground solide sur les différents peuples qui composent cette planète, leurs évolutions et aussi leurs vies dans ces conditions même si j’aurai peut-être aimé plus de développement sur l’histoire de la planète. L’aspect politique ne manque pas d’attrait, mais vu que le roman est assez court fait que le tout ne reste pour le moment qu’esquissé. La technologie possède aussi son importance, même si une ou deux fois elle permet de se sortir peut-être un peu trop facilement de certaines situations, mais rien de dérangeant.

Les personnages présentés  se révèlent vraiment intéressants à découvrir tout au long de l’histoire. C’est surtout la vision que Kee a d’eux qui les rendent vraiment attachants et passionnant à suivre au fil des pages. On se retrouve avec des personnages clairement humains avec leurs émotions, leurs sentiments, leurs sensibilités et leurs envies de vivre de façon simple et normale. Les relations qu’ils partagent avec les différents protagonistes se révèlent vraiment efficaces et soignées et, même si on aimerai en savoir plus sur certains, ils nous happent clairement dans leurs nouvelles vies pleines de promesses, d’espoirs mais aussi de survie. Mon seul véritable regret est une certaine absence de nuances au niveau des personnalités qui fait qu’on repère sans trop de surprises les méchants des gentils et même si le roman essaye d’aller au-delà de cet aspect bien ou mal on n’est jamais vraiment surpris par certaines actions.

La plume de l’auteur a, je trouve à travers ce livre, gagné en poésie, en émotion et en complexité. Thomas Geha avait déjà fait preuve de ses qualités, mais plus à travers ses nouvelles que ses romans qui, eux, ont toujours plus mis en avant le côté divertissant et sans temps morts. Ici il garde toujours cet aspect divertissant et prenant, mais amène quelque chose aussi d’un peu plus profond et réfléchi que ce soit dans la présentation de son histoire ou encore à travers les rencontres et les descriptions.

Alors malgré toutes les qualités de ce roman je dois dire que quelques points m’ont quand même dérangé, déjà le côté court du livre, comme je l’ai dit, empêche clairement l’auteur de développer certains aspects que ce soit d’intrigue, comme par exemple ce mystérieux poing de verre, ou encore de développement et de rythme, les choses changeant ou se résolvant parfois un peu trop vite. De plus on ne peut enlever un aspect un peu linéaire à l’histoire. Mais malgré c’est quelques défauts ce roman m’a fait passer un bon moment de lecture et je lirai d’autres romans de l’auteur, qu’ils soient dans cet univers ou pas, sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce livre qui nous offre une histoire, certes un peu moins rythmé que La Guerre des Chiffonneurs, mais toujours aussi divertissante et que j’ai trouvé réfléchie et soignée. L’univers est vraiment exotique et passionnant à découvrir malgré ses dangers. Les personnages se révèlent attachants et humains et on accroche facilement à eux à travers le regard de Kee malgré le fait que certains auraient peut-être mérité plus de profondeurs. Par contre je regrette que le format court du livre fasse que certains aspects ne restent qu’esquissés laissant des questions en suspend et certains changement m’ont paru trop rapides. Je trouve aussi que l’histoire est un peu trop linéaire. Rien de non plus trop dérangeant, tant le tout se révèle efficace. De plus je trouve que la plume se révèle vraiment entrainante et, selon moi, gagne en poésie et en complexité. Je lirai sans soucis d’autres romans de l’auteur.

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup, Lune, Lorhkan, Spocky, Sylphe, DarkHawk, Cornwall, etc..

Quantika Tome 2, L’Ouvreur des Chemins – Laurence Suhner

quantika 2 l'ouvreur des cheminsRésumé : Après la disparition d’Ambre dans la cuve où les Bâtisseurs avaient emprisonné le Dévoreur, le cataclysme a gagné la surface. Une torche blanche fulgurante transperce à présent la carapace du Glacier et pointe vers les étoiles. Déplacements de populations, course poursuite entre scientifiques et miliciens… sur Gemma, le chaos règne. Alors que les rescapés de l’équipe Archéa se réfugient auprès des indépendantistes, Ambre revient à elle, veillée par le Dieu Sombre. Malgré ses efforts, ses tentatives de communication avec son sauveur tournent court et la
colère l’envahit.
Pourtant, seul le Dieu Sombre sait.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Après avoir été plus que convaincu par un premier tome qui se révélait réussi et offrait une histoire vraiment efficace, palpitante, tout en mélangeant de façon réussie intrigue complexe et aspect scientifique (retrouvez ma chronique ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien nous proposer ce tome et savoir comment allait évoluer le récit. Pour ceux que cela intéresse l’auteur offre un résumé du Tome 1 sur le site Quantika qui permet de se rafraichir la mémoire, à retrouver ici. Je trouve la couverture, illustrée par Manchu, vraiment soignée et magnifique.

Au démarrage de ce tome on reprend l’histoire là où on l’avait laissé à la fin de Vestiges, la rencontre avorté entre Ambre et Ioun-Ké-Da ouvre la porte à un cataclysme qui commence à ravager la planète. Un second tome qui au final se déroule à un rythme soutenu et vraiment palpitant, tout va vite, très vite et le lecteur tourne les pages avec envie d’en apprendre plus. L’auteur alterne de façon vraiment efficace les passages énergiques avec la milice ou encore ce rayon quantique, et ceux plus calmes comme par exemple ce travail intéressant sur le premier contact entre Ambre et le Dieu Sombre qui se révèle intéressant à travers une construction intelligente, se basant sur l’aspect cognitif, même si parfois peut être un peu trop. Mais surtout la tension continue à monter crescendo au fil du récit et au fil des questions qui sont développées et avancées.

Ce qui fascine surtout c’est la cohérence et la minutie qui a l’air ‘être mis en place par Laurence Suhner tout au long de son récit, on sent bien que rien n’est laissé au hasard, tout à son importance. Les rebondissements et retournements de situations se révèlent vraiment maîtrisés et logiques. Après, je m’avance peut être un peu, mais je trouve par contre un peu frustrant de limiter au final l’intrigue à une simple bataille entre Ioun-ke-da et le dieu sombre là où le premier tome laissait entrevoir plus, mais je préfère attendre le tome 3 avant de me prononcer.

L’aspect scientifique se révèle toujours présent mais partage clairement la place, dans ce tome, avec tous les aspects mythologiques liés aux personnages que sont Ioun-ke-da et Tokalinan. On découvre ainsi plus en avant ce nouveau peuple et ce qui le compose, car la mythologie développée ici possède une véritable importance dans ce tome. En plus de nous offrir un axe intéressant de questionnement sur l’existence de divinité ou pas, le tout lié de façon cohérente cohérente d’un point de vue scientifique, elle met surtout en avant son importance dans le langage, principalement dans sa représentation avec le chant et la danse. L’utilisation de l’hindouisme comme point de référence par l’auteur, avec principalement la figure de Shiva à la fois créateur et destructeur, permet de mieux assimiler le tout, même si parfois certaines connaissances ou des recherches peuvent se révéler nécessaires pour encore mieux appréhender le travail effectué. Autre point vraiment intéressant c’est le travail de l’auteur sur l’homme, cette étude menée à travers le premier contact entre les humains et la race alien qui se révèle vraiment intelligent, dense, complexe et bien mené.

L’univers développé par l’auteur se révèle toujours aussi intéressant à découvrir même si dans ce tome il se révèle un peu plus en retrait, laissant la part belle aux personnages ainsi qu’à l’évolution de l’intrigue principale. Ce monde glacial et froid possède toujours cet aspect fascinant à travers ces reliefs blancs et hypnotiques, fidèlement retranscris dans des descriptions vivantes et sauvages. Un monde où la vie n’est pas facile, où il faut se battre régulièrement pour avancer ce qui offre un aspect vraiment intéressant. On sent bien que l’auteur à l’air de connaitre les montagnes. Les artefacts aliens continuent aussi à se développer dans ce tome, je pense principalement au Grand Arc qui prend un peu plus d’ampleur et, comme on s’en doutait déjà, se révèle être une pièce maîtresse de l’intrigue.

Concernant les personnages je dois dire que je reste sur mon impression du premier tome, ils sont très intéressants, denses, plutôt bien développés, mais ont du mal à complètement m’accrocher. La faute, je pense, à des actions ou des rencontres qui me paraissent parfois légèrement surjoués ou poussent à des réactions tellement extrêmes qu’elles me paraissent parfois légèrement improbables. De plus ils ont un peu de mal à évoluer je trouve, Haziel reste l’amoureux transi, Ambre la scientifique froide qu’on a envie parfois de secouer devant ses réactions, même si on en apprend un peu plus sur son traumatisme, ou encore Kya qui tombe un peu trop dans les stéréotypes de l’adolescente qu’on a parfois envie de baffer. C’est dommage cette ambiguïté, car les personnages sont vraiment bien construits, possèdent leurs motivations propres liées à leurs histoires et leurs évolutions, le tout est logique et porteur, mais, j’avoue, je ne me suis jamais accroché à 100% à eux. De plus, quelque chose qui m’a surpris, c’est parfois l’absence de véritable réactions émotionnelles fâce à la mort, le choc est là, la souffrance aussi, mais le tout parait vite oublié devant l’obligation d’avancer et de passer à autre chose. Comme ça, en un claquement de doigt.

Mais voilà malgré tous les aspects positifs, ainsi que le plaisir de suivre à nouveau les personnages et leurs aventures, j’avoue avoir trouvé ce second tome un ton en dessous du précédent. Déjà l’aspect découverte du premier tome n’est plus là, ce qui fait que, même si l’univers et tout ce qui est développé autour reste intéressant, ils ont perdu ce côté un peu magique de la nouveauté ; ajouté au fait que ce livre est clairement un tome de transition où, une fois la dernière page tournée, le lecteur se retrouve avec plus de questions que d’explications, on se retrouve donc légèrement frustré. Les passages flashback sur la jeunesse de Ambre se révèlent intéressants, mais de la façon dont ils sont présentés hachent un peu le récit et se révèlent facilement devinables. Autres aspect qui m’a un peu dérangé c’est, à un moment, l’utilisation d’un Deus Ex Machina qui permet de sauver tout le monde assez facilement d’une situation problématique. L’auteur apporte bien des explications, mais le tout m’a paru un peu trop simple. Ces quelques aspects n’empêchent en rien ce récit de se révéler tout de même  très sympathique et de me donner envie de découvrir la suite.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi dense, soignée, efficace et alterne de façon vraiment cohérente les aspects scientifiques, mythologiques et d’aventures pour happer le lecteur dans son récit. Un récit à la conclusion ouverte et surprenante qui appelle clairement envie de lire le troisième et dernier tome de ce cycle qui s’annonce comme celui de toutes les réponses. Au final un second tome, certes en dessous du précédent, un tome de transition, mais qui se révèle sympathique et efficace.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce second tome. Certes il se révèle clairement un ton en dessous du précédent, offrant plus un tome de transition qu’autre chose, mais il ne manque pas d’attrait. On retrouve une intrigue efficace et bien menée où le lecteur ne s’ennuie pas un seul instant, le tout avec un mélange de mythologie et d’aspects scientifiques efficaces et cohérents, sans non plus se révéler trop lourd pour perdre le lecteur. L’auteur nous offre aussi un premier contact qui se révèle vraiment passionnant et aux réflexions intelligentes entre humains et alien. L’univers développé se révèle toujours intéressant par son côté froid, austère et sauvage, même s’il se retrouve un peu en retrait laissant ainsi la place à l’intrigue et au héros. Concernant les personnages je reste mitigé, ils se révèlent denses, complexes et intéressants, mais paraissent parfois surjoués ou tombent dans les extrêmes par moment. Un tome qui pose plus de questions qu’il n’offre de réponses et dont le Deus Ex Machina vers la fin m’a un peu frustré, mais qui se révèle plaisant et me donne envie de découvrir la suite et de connaitre la conclusion.

 

Ma Note : 7/10

Utopiales 2013, Anthologie – Collectif

utopiales 2013Résumé : 14 nouvelles,14 univers qui se télescopent.
Et si les nuages possédaient une forme d’intelligence ? Que faire lorsqu’on découvre un satellite artificiel qui a la texture d’une grosse grenade ? Comment agir lorsque l’on est un vampire en mission dans l’espace ?
L’anthologie officielle des Utopiales 2013 réunit, cette année encore, auteurs étrangers et francophones, pour défricher les possibles et explorer le futur. Pour être, en somme, au coeur même de notre vocation : la science-fiction.

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Comme l’année dernière je me suis rendu aux Utopiales et j’en suis reparti avec l’anthologie du festival. Il faut dire que le sommaire d’auteurs présent se révélait vraiment intéressant et donner envie de découvrir ce recueil. Ajouter à cela une couverture, reprenant l’illustration du festival de Vincent Callebaut, qui se révèle magnifique et vous comprendrez que ce livre ait rapidement rejoint ma bibliothèque. À noter qu’on retrouve ici 14 nouvelles.

Dougal Désincarné de William Gibson : L’auteur nous offre ici une courte nouvelle qui revisite le mythe du fantôme, offrant quelques idées vraiment intéressantes comme par exemple l’apparition du fantôme après une overdose, mais qui, à mon goût, peine à décoller, n’arrivant jamais à me marquer, à m’attacher ou à me surprendre. La nouvelle, au final, ne se révèle pas mauvaise non plus, mais elle rentre dans les textes qui sont vite lus et vite oubliés ce qui est dommage car il y avait un certain potentiel, principalement dans la banalité de la vie de spectre que retranscrit l’auteur, ainsi que par le jeu d’identité entre corps et esprit.

Trois Relations de la Fin de L’Écrivain de Jean-Louis Trudel : L’auteur nous propose à travers cette nouvelle un univers où écrire est devenu une banalité, sans impact, ni revendication, tout le monde pouvant s’implanter le logiciel adéquat. Jusqu’au jour où le héros va découvrir une phrase écrite sur sa nouvelle chemise. Clairement les idées sont là, mais comme le texte du dessus cette nouvelle a eu du mal à complètement m’emporter, mais pas pour les mêmes raisons. Ici j’ai eu l’impression que l’histoire manquait de liant, passant d’une scène à l’autre de façon brusque comme si l’auteur manquait de place et, de plus, j’ai trouvé la conclusion plutôt moyenne. Une nouvelle sympathique sans plus au final.

Les Fleurs de ma Mère de Andreas Eschbach : Cette nouvelle nous propose de plonger dans le quotidien d’un jeune handicapé mental qui est effrayé de voir les fleurs, que sa maman lui avait demandé de surveiller, mourir. Ce qu’il ne comprend pas, et qu’on découvre petit à petit en toile de fond, c’est qu’un scientifique a libéré un poison qui tue la flore entière. Un texte nous dévoilant une idée de fond certes classique, mais qui va se révéler poignante et m’a emportée, principalement grâce à son personnage principal attachant qui vit un peu dans son monde, mais aussi par ses réactions face aux problèmes qui se révèlent pleines d’émotions et de mélancolie. Un très joli texte.

Nöel en Enfer de Orson Scott Card : Cette nouvelle nous plonge dans la vie d’un homme qui vient de mourir et découvre que pour rentrer au paradis ou en enfer il faut remplir certaines conditions. Il va donc errer, jusqu’à sa rencontre avec le Père Noël. Autant le dire tout de suite je n’ai jamais accroché à ce texte, l’auteur cherche à nous offrir une critique sur l’humanité et sa façon de vivre, mais le tout dégouline trop de cet aspect religieux et de bons sentiments pour vraiment m’accrocher et encore moins me convaincre. Pourtant on sent bien que l’auteur veut faire de cette fable une mise en avant des bonnes actions, principalement vis-à-vis des enfants. Mais voilà entre accumulation de guimauve et de clichés, l’auteur prouve qu’il est meilleur auteur de SF que de fable de Noël. Dommage.

La Main Tendue de Norman Spinrad : Avec cette nouvelle, l’humanité va découvrir qu’elle n’est pas seule dans l’univers. Un contact qui va lui faire ouvrir les yeux sur sa folie destructrice et qui va amener les Hommes à changer de vie radicalement. Un texte présenté de façon original à travers des extraits de journaux, de transmissions et d’interview qui se trouve bien porté par un style acerbe et percutant nous offrant des axes de réflexion intéressants sur nous et notre façon d’évoluer. Puis arrive les dernières pages et là, désolé, le soufflé s’effondre. Je suis peut être devenu pessimiste, mais les conclusions où on se prend tous dans les bras en se faisant des poutous et où tout fini en rose bonbon car tout le monde aime et aide tout le monde, oui, je n’accroche pas du tout.

Grenade au Bord du Ciel de Sylvie Lainé : Avec ce texte l’auteur nous plonge à la découverte d’un astéroïde, sorte d’attrape-rêve, qui va transformer les émotions et les ambitions des gens qui entrent en contact avec son cœur. Une nouvelle que j’ai trouvé très réussie, sûrement une des meilleurs de l’anthologie, qui est parfaitement portée par une plume soignée et magique ainsi que par des personnages cohérents et efficaces.  On y trouve aussi des idées vraiment originales comme cette réflexion sur la cupidité percutante. Cela me donne envie d’en découvrir plus sur les écrits de l’auteur.

Vert Dur de Stéphane Beauverger : Imaginez un avenir où le féminisme et l’écologie deviennent liés, ce qui a pour conséquence de provoquer de profond changements dans la façon de gérer aussi bien les pays que les entreprises. Une inversion des rôles dans un monde qui cherche la neutralité qui se révèle vraiment intéressant et pousse le lecteur à réfléchir. Surtout que tout n’est pas non plus ce que l’on croit aux premiers abords. Le style de l’auteur est vraiment plaisant, dommage que la conclusion se soit révélé, à mon goût, en demi-teinte, mais rien de gênant. Une nouvelle vraiment agréable.

Comment je suis Devenu un Biotech de Lucas Moreno : Une nouvelle qui va nous faire découvrir la naissance et l’évolution d’une Intelligence Artificielle. Une IA qui va très vite chercher à améliorer la condition humaine. Un texte plein de bonnes idées, avec cette phase ascendante technologique qui va remettre en cause totalement l’humanité et pousser les IA à s’adapter de façon vraiment intéressante et surprenante. La plume de Lucas Moreno se révèle vraiment dense et intelligente et le tout donne bien envie de découvrir plus de textes d’un auteur que je ne connaissais pas vraiment.

Dans les Mines de Mars de Jean-Pierre Andrevon : Cette nouvelle est un texte écrit dans les années 70 par l’auteur, qu’il a repris et réécris pour cette anthologie. Au final je n’ai que très moyennement accroché à cette nouvelle, les messages que cherche à faire passer l’auteur sont forts et clairs, mais voilà malgré le travail d’actualisation le tout parait démodé, que ce soit dans la construction du récit, le style, l’aventure, l’action ou encore même les rebondissements. De plus la conclusion qui se veut surprenante se trouve être devinée au bout de quelques pages ce qui est frustrant. Si j’avais lu ce texte comme un texte écrit dans les années 70 mon avis aurait peut-être été différent, m’amusant du côté suranné, mais là, présenté comme un texte de 2013, je n’ai pas plus accroché que cela.

J’ai eu Trente Ans de Thierry Di Rollo : L’auteur nous propose ici une courte nouvelle qui nous fait suivre comme personnage principal un nanti qui ne fait rien de ses journées à part regarder un monde virtuel. Un texte court qui se révèle sombre, noir et qui vaut le coup d’être lu pour sa conclusion vraiment percutante et pleine de surprises. Mon seul regret et que l’auteur se laisse un peu trop aller dans les descriptions technologiques, ce qui plombe un peu le rythme de son récit.

Trois Futurs de Ian McDonald : A travers trois textes l’auteur nous construit ici une nouvelle vraiment réussie et prenante, sur des avenirs possibles, mais surtout sur la capacité des hommes à réagir et à se rebeller selon les situations. Des récits vraiment contemporains, qui mettent en avant, peut être même parfois de façon trop prononcée, la force de la technologie, d’internet et des réseaux de communications dans l’embrasement des foules et leur façon à gérer les informations. Dans tous les cas des textes qui font réfléchir. L’auteur arrive toujours aussi bien à mélanger les aspects technologiques à des futurs vraiment cohérents et fascinants à découvrir.

La Femme aux Abeilles de Thomas Day : Encore une très bonne nouvelle où l’on suit une jeune femme picte qui voit passer chez elle des mercenaires. Une rencontre qui ne va pas se révéler sans soucis. Un texte choc, sombre, sanglant, percutant mais qui n’oublie pas non plus de nous offrir des personnages forts et charismatiques aux relations souvent ambigus et surprenantes. Un récit qui ne m’a pas laissé indifférent. Le tout est peut-être un peu trop froid, ce qui empêche parfois de pleinement appréhender les émotions, mais rien de bien gênant.

Nimbus de Peter Watts : Une courte nouvelle qui nous dévoile un avenir où les nuages ont pris vie et les catastrophes qui étaient naturelles s’abattent maintenant sur la terre pour éliminer. Un texte vraiment intéressant avec une idée de départ originale, mais qui, selon moi, aurait mérité d’être plus développé. En effet il m’a paru bien trop court pour complètement appréhender l’ensemble des conséquences de cette évolution, mais aussi pour s’attacher aux personnages et vraiment être ému par cette conclusion. Un texte tout de même agréable à lire et à découvrir.

La Fontaine aux Serpents de Jeanne-A Debats : Il s’agit de la plus longue des nouvelles de ce recueil, qui nous replonge dans l’histoire du vampire Navarre qu’on retrouve avec plaisir se révélant toujours aussi charismatique, sans gêne et efficace. Cette fois-ci on le retrouve dans l’espace, dans un futur apocalyptique. Comme à son habitude l’auteur cherche à surprendre et à bousculer le lecteur dans ses convictions, soit par le sexe et sa diversité ou encore par ses idées, comme la naissance, qui ne laissent jamais indifférent et poussent à la réflexion. Mais voilà j’ai trouvé que parfois le tout partait un peu trop dans tous les sens, surtout au début, ce qui fait que j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dans l’histoire. Il faut aussi ajouter un bond temporel, suite à sa dernière aventure, qui a faussé un peu mes repères. Une bonne nouvelle, toujours aussi cynique et percutante, mais un cran en dessous, pour moi, de ce que j’ai lu précédemment sur Navarre.

 

Au final je dois bien avouer que je ressors un peu moins enthousiasmé par cette anthologie que celle de 2012. Il y a bien quelques textes qui arrivent à sortir du lot, mais la plupart oscille entre le bon moment de lecture et les textes qui ne m’ont pas accroché. Dommage, car le sommaire, avec tous ses jolis noms, laissait présager de bonnes choses. Cette anthologie de Utopiales reste toute de même sympathique à découvrir.

En Résumé : Je ressors de ma lecture de cette anthologie des Utopiales 2013 avec le sentiment d’avoir moins accroché que celle de l’année dernière. La faute à des nouvelles beaucoup trop hétéroclites, allant de celles qui ne m’ont pas accrochées aux nouvelles vraiment passionnantes et fascinantes. Au final l’anthologie reste tout de même sympathique à lire, mais voilà au vu des noms présents dans le sommaire et des attentes que j’avais après ma découverte de l’anthologie 2012, je m’attendais à mieux de ce recueil. Cela m’empêchera sûrement pas de lire le recueil de l’année prochaine.

 

Ma Note : 6,5/10

Autres avis : Vert, …

 

chalengeChallenge JLNN 25ème lecture

La Petite Déesse – Ian McDonald

la petite deesseRésumé : En 2004, Ian McDonald publiait en Angleterre un roman d’une ambition peu commune dans le paysage de la science-fiction contemporaine, Le Fleuve des dieux, un livre monstre de plus de 600 pages, aux multiples intrigues situées dans une Inde de 2047 balkanisée et en proie à une sécheresse sans précédent. Le prix de la British Science Fiction Association a récompensé ce roman qui s’est aussitôt imposé comme le Blade Runner du début de XXIe siècle. Son édition française a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire.
En 2009, Ian McDonald a rassemblé sous le titre La Petite Déesse les sept nouvelles et courts romans qu’il avait écrits sur cette même Inde du futur. On y découvre, souvent par le biais du regard d’enfants, un sous-continent où les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes, où se côtoient puissants, gens d’une extrême pauvreté, intelligences artificielles et stars virtuelles, tous confrontés à des menaces d’un genre nouveau.

Edition : Denoël Lunes D’Encre

 

Mon Avis : Ian McDonald fait partie des auteurs dont je ressors toujours fasciné et conquis par ma lecture de ses différents écrits. Le Fleuve des Dieux est pour moi, à l’heure actuelle, le plus grand roman de l’auteur nous offrant une magnifique fresque d’une Inde en perdition devant lutter contre son histoire, mais aussi contre son avenir. Ce recueil nous propose justement de replonger dans l’univers fascinant de ce roman à travers sept nouvelles. Ce livre n’a donc pas mis longtemps pour rentrer dans ma PAL, puis il faut aussi ajouter la magnifique couverture, illustrée par Machu, qui donne clairement envie de le découvrir.

Sanjiv et Robot-Wallah : On suit à travers cette nouvelle Sanjiv, jeune garçon fasciné par les robots et qui va trouver son heure de gloire en devenant l’aide de camp d’un groupe d’adolescent conducteur de mecha en pleine guerre. Un texte qui traite de façon efficace et pertinente les rêves et les envies de chacun, tout en ramenant tout le monde sur terre une fois la campagne terminée. Comment continuer à avancer quand on a été un adolescent adulé et fasciné par les autres, quand on a connu une vie pleine de frénésie due à la manipulation de ces machines et à la guerre? Un texte qui traite, aussi d’une certaine façon, des enfants guerrier, surtout dans une époque où on manipule les robots de chez soi et où, le plus souvent, ce sont les jeunes qui maîtrisent ce genre de technologie. La grande force du récit est de traiter de la guerre de façon différente, à travers Sanjiv qui n’en voit jamais l’horreur, mais que le côté glamour et classieux, ce qui le pousse limite à tout abandonner en espérant y profiter et sortir grandi et adulé. Le réveil est parfois difficile. L’auteur traite aussi ici de l’Inde, de son impossibilité à se construire ensemble qui amène la guerre, mais aussi de ce mélange de tradition obsolète et de nouvelles technologies qui fausse la vision des jeunes.

Kyle Fait la Connaissance du Fleuve : Cette nouvelle traite de ce qu’on peut considérer comme un choc des cultures, Kyle étant un enfant occidental qui accompagne son père pour la reconstruction du pays et il va rencontrer Salim un enfant local. L’auteur arrive dans ce texte à vraiment bien retranscrire, à travers les yeux d’enfant, cette haine et cette violence qui retombe sur ses étrangers, mais aussi l’impossibilité à eux de s’intégrer vivant dans une zone de cantonnement pour raison de sécurité et aussi par fierté. C’est d’ailleurs ce qui va pousser Kyle à sortir pour découvrir le monde que propose Salim. Il va alors découvrir une Inde exotique et fascinante avec ses traditions, ses cultures, ses façons de vivre et le tout avec en point d’orgue la découverte du fleuve. J’avoue, ce texte m’a paru un peu en dessous des autres, l’auteur me donnant l’impression de se focaliser sur la beauté d’une Inde qu’il construit et oubliant légèrement, sur la fin, ses personnages et ses intrigues. C’est certes magnifique, mais je suis ressorti de ma lecture légèrement frustré de ne pas avoir eu plus.

L’Assassin-Poussière : On retrouve avec ce texte une nouvelle réussie et vraiment efficace qui nous plonge dans les jeux d’intrigues de deux grandes familles indiennes qui contrôlent le commerce de l’eau et qui cherchent à en prendre le pouvoir. La construction du récit est vraiment intéressante, un peu construite comme un mythe, un conte où l’héroïne, façonnée comme une arme par sa famille, va se retrouver à tout perdre puis trouver un nouvel espoir. La relation entre l’héroïne et son ennemi se révèle vraiment ambigu et bien amenée et m’a fait penser un peu au mille et une nuits. Un conte qui va se révéler tragique et cruel dans sa conclusion, certes qu’on devine rapidement, mais qui n’empêche pas d’être fascinante, haletante et qui possède aussi son lot de surprises. Un récit qui se révèle aussi plein d’émotions et de sentiments et qui permet aussi d’en apprendre plus au lecteur sur les neutres, ces personnages qui ne sont ni homme ni femme. De plus l’auteur, à travers ce texte, nous fait réfléchir, d’une certaine façon sur l’environnement, rappelant ainsi que l’eau est une denrée primordiale.

Un Beau Parti : J’avoue, j’ai eu un peu peur en me lançant dans les premières pages de cette nouvelle, le héros se révélant être un playboy assez arrogant et un peu caricatural, je me demandais bien où aller nous plonger l’auteur. Puis finalement, au fil des pages, je me suis laissé emporter par cette critique acerbe sur la recherche de l’amour du personnage principal dans une Inde où, avec les dernières technologies et leurs traditions de privilégier les garçons aux filles, il y a quatre fois plus d’hommes que de femmes. L’auteur nous offre ici ainsi une nouvelle cynique sur le monde de l’amour qui passe par des agences ou encore des conseils qui viennent par exemple d’IA, soit disant mieux au fait des choses de l’amour. D’ailleurs que se passe-t-il quand des IA viennent conseiller des gens? Je vous laisse le découvrir mais, la fin, d’une certaine façon tragique et mélancolique, se révèle vraiment réaliste, passionnante et nous renvoie finalement à nous-même.

La Petite Déesse : Cette nouvelle à gagner le Grand Prix de L’Imaginaire 2013 et je dois dire qu’elle le mérite amplement. Sûrement pour moi la meilleur nouvelle du récit, et rien que pour elle ce recueil mérite d’être lu. On va se retrouver plonger dans le quotidien d’une jeune fille qui respecte les 32 critères de perfection et qui va, après une épreuve sanglante, être considérée comme la réincarnation de la déesse. Jusqu’au jour ou tout bascule et elle doit replonger dans l’anonymat. Un texte vraiment poignant qui nous dévoile la gloire, la chute et la rédemption de cette héroïne qui n’a jamais rien demandé, mais aussi de sa folie, entretenue par toutes les traditions qui ont fait d’elle un être unique, seul et adulé et qui une fois libérée la force à ne devenir qu’un fardeau pour ses parents. Un personnage fort, charismatique, perdue dans la multitude de personnage qu’on la force à être et qui accroche le lecteur à travers sa vie compliquée. Un texte qui vaut aussi beaucoup pour tout le travail que met en avant l’auteur sur cette culture, toujours d’actualité vis-à-vis de cette enfant déesse, tout en y apportant ces éléments technologiques comme les IA. Toujours ce mélange entre tradition et avenir qui ne fait pas toujours bon ménage. On en apprend aussi un peu plus sur les interdictions des aei de niveau 3 et la bataille qui s’en suivra, qu’on retrouve au cœur du Fleuve des Dieux, et qui se révèle vraiment intéressant. Une conclusion réussie et pleine d’espoir vient parfaitement clôturer cette histoire.

L’Épouse du Djinn : Avec ce texte l’auteur nous plonge dans une histoire d’amour un peu particulière entre une humaine, danseuse, et une intelligence artificielle acteur principal des négociations sur l’eau qui ravage le pays. Mais voilà comment un tel amour peut survivre entre un être de chair et un être virtuel et surtout quand les lois font que les aei supérieure à un certain niveau sont considérées comme hors la loi. Ajoutez à cela tous les aspects humains d’une relation dont la jalousie et vous obtenez une nouvelle vraiment vivante, pleine d’énergie et de frustration sur un couple et un amour impossible. L’univers développé par l’auteur se révèle toujours aussi magnifique et dense. Mais voilà je regrette que finalement, devant tout ce que met en avant l’auteur dans ce texte, il se soit simplement consacré à cette histoire d’amour sans jamais vraiment développer les aspects politiques de cette lutte pour l’eau et les conséquences que cela amène. Dommage même si le texte reste vraiment sympathique.

Vishnu au Cirque des Chats : On suit dans cette nouvelle Vishnu, qui propose de découvrir aux gens dans la rue son cirque des chats, ce qui lui sert de prétexte pour ainsi raconter sa vie. Le lecteur va alors plonger dans la vie d’un brahmane, être modifié génétiquement à la longévité exceptionnel, mais dont le corps évolue plus lentement. Cette nouvelle se tient au final sur deux niveaux, le premier plus personnel se basant sur la vie du héros qui a été façonné sans son consentement par des généticiens et qui se révèle être incompris et considéré soit comme un dieu soit comme un démon. On se retrouve d’une certaine façon à la fois fasciné et horrifié par la vie de cet homme dont l’esprit vieillit deux fois plus vite que son corps ce qui l’empêche pleinement de se découvrir. Le second niveau de lecture correspond au 50 années de l’évolution de l’Inde que l’auteur retrace au fur et à mesure de l’histoire du héros. Une histoire, une culture et une technologie toujours aussi profondément lié, mais toujours aussi antagoniste qui offre, d’une certaine façon, un point de vue beaucoup plus large des tenants et des aboutissant du roman le Fleuve des Dieux. Un texte vraiment réussi, mais qui aurait mérité d’être plus longuement développé à mon goût, surtout vis-à-vis de certains choix du héros et de certains rebondissements ne servant qu’à faire avancer l’intrigue.

 

Ce qui me fascine toujours dans les textes de l’auteur c’est le travail effectué pour créer son univer que ce soit sur l’environnement, le mystique, la technologie, les luttes de pouvoir etc… on sent bien que l’auteur ne laisse rien au hasard, mais surtout rend le tout cohérent et, d’une certaine façon, fascinant. On se laisse vraiment plonger dans cette Inde futuriste en plein essor, un pays qui, à travers ses luttes de caste, s’est morcelé et cherche à se reconstruire. L’auteur possède une grande connaissance de cette région et, oui, il faut parfois s’accrocher un peu, mais au final quelle réussite. Chaque texte nous propose de découvrir des personnages vraiment intéressants, travaillés et soignés avec régulièrement des enfants mis en avant, montrant ainsi l’adaptation de générations entre passé et avenir. Par contre, comme Le Fleuve des Dieux, des expressions indiennes parsèment les écrits de l’auteur, moi je trouve cela accrocheur et permet ainsi une immersion totale dans le texte, mais peut en rebuter certains. En tout cas un excellent recueil qui permet de prolonger le plaisir et de replonger dans l’univers du roman, mais qui peut aussi permettre à ceux qui ne connaissent pas l’auteur de le découvrir.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment avec ce livre qui nous propose à travers sept nouvelles de replonger dans l’univers du Fleuve des Dieux et de cette Inde futuriste. On plonge avec plaisir dans des textes toujours aussi denses, soignés et palpitants qui se suivent chronologiquement et permettent ainsi de découvrir, à travers des personnages travaillés et accrocheurs, l’histoire d’une Inde qui a du mal à vivre son statu de puissance. Entre castes, environnement, tradition et technologie on se retrouve dans un univers qui mélange les genres de façon cohérente et surtout fascinante, nous offrant une peinture de ce pays à la fois tragique et magnifique. Ces textes viennent surtout compléter tout le travail qui a été effectué par Le Fleuve des Dieux et permet aussi, parfois, de mieux le comprendre, de mieux en discerner les tenants et les aboutissants, d’y apporter de nouveaux éléments dans cette fresque. Alors certes, un ou deux textes m’ont paru légèrement en dessous des autres, mais franchement rien de gênant tant l’ensemble me confirme que Ian McDonald fait partie des grands de la SF.

 

Ma Note : 8,5/10

 

chalengeChallenge JLNN 24ème lecture

Manhattan à L’Envers – Peter F. Hamilton

Manhattan à l'enversRésumé : Pourquoi une espèce extraterrestre supposée non intelligente s’est-elle attaquée aux colons humains sur Menard, l’un des mondes accueillant les citoyens du Commonwealth intersolaire ? Comment expliquer un acte de terrorisme futuriste, dont l’auteur possède un alibi insoupçonnable et qui cache des manipulations aussi bien politiques que philosophiques à l’échelle planétaire ? Peut-on gagner l’immortalité en voyageant dans le temps ?
Voici certaines des énigmes que devra résoudre Paula Myo, la célèbre enquêtrice génétiquement modifiée du Conseil intersolaire des crimes graves…

Edition : Bragelonne
Poche : Milady

 

Mon Avis : Peter F. Hamilton fait partie des auteurs connus et reconnus dans le milieu de la SF pour ses histoires souvent remplies d’imaginations, reposants principalement sur le Space-Opera et son espace immense offrant des perspectives sans fins. Je n’ai donc pas mis longtemps à me laisser tenter par ce recueil de sept nouvelles qui devrait permettre de se lancer dans la découverte des univers de l’auteur avant de se lancer, qui sait, dans un de ses différents cycles. En tout cas la couverture, illustrée par Manchu, est, comme souvent avec cet illustrateur, magnifique.

En Regardant Pousser les Arbres : Cette nouvelle nous propose une histoire vraiment intéressante et surprenante qui m’a passionné. En effet notre héros va démarrer son enquête de meurtre en 1832 pour finalement ne trouver le coupable qu’en 2038. Un monde parallèle, mélange de passé et d’avenir, avec par exemple la possibilité de vivre éternellement, mais où la science continue à évoluer. C’est d’ailleurs cette évolution de la science qui va révéler des indices et faire avancer notre héros au cours des siècles. L’auteur nous offre par ce biais une réflexion vraiment intéressante sur l’Homme qui se repose un peu trop sur cette science froide sans prendre en compte les sentiments. Le seul problème est que dès le début le lecteur à deviner le coupable, ce qui rend certains passages d’interrogatoires et de face à face sans surprises.

Un Électorat qui Marche : Cette nouvelle nous dévoile une Angleterre au bord du gouffre, un pays qui a du mal à survivre économiquement et politiquement, jusqu’au jour ou un trou de vers pour un autre univers est ouvert offrant la possibilité de quitter ce monde pour reconstruire. On suit les aventures d’un couple divorcé, avec enfants, qui a une vision radicalement différente de l’avenir. Entre l’espoir d’un monde meilleur ou le combat pour améliorer notre planète, cette histoire ne manque pas de charme. Mais voilà j’ai trouvé que l’auteur restait trop en surface de sa réflexion et la conclusion m’a parue clairement trop facile.

Si du Premier Coup … : L’auteur décide de développer dans ce texte le paradoxe temporel. Je ne peux pas trop parler de l’intrigue sans dévoiler des éléments, ce qui serait dommage, mais elle se révèle vraiment intéressante, surprenante, juste beaucoup trop courte à mon goût. En effet l’histoire se révèle beaucoup trop dense et beaucoup de points auraient mérités d’être vraiment plus détaillés pour vraiment mieux apprécier ce texte et complètement accrocher le lecteur. On reste un peu sur notre fin avec beaucoup de questions en tête. Au final un récit agréable, certes trop court, mais efficace, sans temps morts et bien écrit avec son lot de surprises et de rebondissements.

Le Chaton Éternel : La plus courte des nouvelles du récit, mais une de celle qui se révèle la plus touchante et la plus marquante à mon goût. L’auteur nous offre ici une réflexion efficace et percutante sur l’évolution de l’enfance à l’âge adulte, avec le dur passage de l’adolescence, mais aussi des attentes des parents vis-à-vis des leurs enfants, de leurs envies. Une nouvelle courte, forte et efficace.

Le Piège à Démons : On retrouve à travers cette nouvelle un des personnages récurrent de l’auteur, Paula Mayo, être génétiquement modifié pour chercher toujours la vérité. Elle va se retrouver a enquêter sur un groupe nationaliste qui s’attaque à la plus jeune génération des grandes familles pour faire entendre ses revendications. Un texte enlevé, soutenu et sans temps mort qui nous entraine dans une enquête vraiment efficace et prenante, où tout n’est pas toujours ce que l’on croit. Surtout l’auteur nous propose une réflexion vraiment intéressante sur la personnalité, ce qui fait qu’on est Nous, entre le corps et l’esprit, mais aussi sur l’immortalité à travers le partage de l’esprit. Dommage que la présentation éclatée récit gâche un peu la force de la conclusion. De plus ce texte aurait mérité d’être plus long, par moment les indices donnant l’impression de se présenter trop facilement pour faire avancer l’histoire rapidement, ce qui frustre un peu.

Manhattan à l’Envers : Cette nouvelle nous propose de retrouver une nouvelle histoire de Paula Mayo. L’idée de départ se révèle intéressante, essayant de traiter de l’invasion de l’Homme, son intelligence et sa force, sur une planète où se trouve une espèce en développement intellectuel, essayant d’offrir ainsi par certains aspects une critique sur la colonisation, d’où le titre. Mais voilà j’ai trouvé le tout vraiment mal amené et m’a donné l’impression de voir le message complètement gâché. On retrouve la puissance de l’envahisseur, son intelligence qui la pousse à pomper les ressources de la planète sans se soucier de la faune et la flore puis … rien. Aucune véritable critique, tout le monde accepte ce fait comme si c’était presque logique. La conclusion cherche bien à prouver le contraire, mais démontre surtout la stupidité de cette faune en voie de développement plutôt qu’autre chose. Texte complètement manqué pour ma part, dommage.

Béni par un Ange : Une nouvelle surprenante et dérangeante qui nous raconte l’histoire d’un homme se prenant pour un ange, car ayant accepté certaines évolutions, qui cherche à convertir une région, qui continue à refuser ces changements, par la procréation. Au final j’ai trouvé ce texte sympathique, agréable à lire avec ses rebondissements et ses retournements de situations, mais qui m’a tout de même paru manquer d’émotion. De plus, sur certains aspects j’avais l’impression qu’il me manquait certaines clés.

 

La plume de l’auteur se révèle, tout au long des nouvelles, simple, efficace et surtout on sent bien que l’imagination de l’auteur se révèle débordante et intéressante. Mais surtout, ce que je me suis rendu compte au fil de ma lecture c’est que l’auteur, à mon goût, n’est pas adapté au format court. En effet on sent bien que la majorité des nouvelles manquent de développement et auraient sûrement mérité un développement plus long, parfois même un roman. On n’écrit pas une nouvelle comme un récit et là l’auteur, par moment, cherche tellement à faire concis qu’il limite parfois la complexité et le travail de certains points, ou fait avancer trop rapidement certaines enquêtes pour tenir le format court, ce qui est vraiment dommage. Au final un recueil plutôt moyen avec deux textes qui m’ont captivé, le reste se révélant juste sympathique voir oubliable. Cela n’enlève en rien les qualités de l’auteur à écrire des histoires pleines de créativité et de rythme, juste que ses qualités se ressentent plus à travers des romans ou des cycles.

En résumé : Je ressors de ma lecture de ce recueil de nouvelles de l’auteur avec un avis plutôt mitigé. On sent bien que l’auteur sait construire des histoires efficaces, rythmées et pleines de surprises, le tout porté par des univers futuristes à l’imagination débordante, mais le format court ne lui est pas favorable. En effet la majorité des textes de ce recueil mériteraient plus de développements et plus de surprises, certaines révélations ou découvertes étant beaucoup trop rapides pour éviter de trop rallonger l’histoire, ce qui frustre. Sur les sept nouvelles, En Regardant Pousser les Arbres et Le Chaton Éternel m’ont captivés, Manhattan à L’Envers ne m’a pas accroché du tout, l’auteur ayant selon moi mal fait passé son message et les autres se révèlent sympathiques, sans plus, tant elles méritent un traitement plus long. Cela n’enlève en rien les qualités de l’auteur, il est juste meilleur dans le format long genre roman et cycle.

 

Ma Note : 5,5/10

 

chalengeChallenge JLNN 16ème lecture

Le Cycle des Xeelees Tome 1, Gravité – Stephen Baxter

cycle de xeelees 1 graviteRésumé : La Ceinture.
Un agrégat de matériaux archaïques peuplé de mineurs.
Rees est l’un d’eux, un rat de mine passant le plus clair de son temps sous cinq g à creuser le cœur de fer de l’étoile morte autour de laquelle la Ceinture gravite. Un travail harassant. Dangereux. Au bénéfice du Radeau, sorte de cité spatiale, siège du savoir scientifique dont tous dépendent pour leur approvisionnement. Il en va ainsi : la Ceinture est sous le joug du Radeau. Depuis des générations… Et la Ceinture gronde. Mais Rees se pose des questions qu’aucun autre ne se pose. D’où viennent les hommes ? Comment sont ils arrivés ici, dans la Nébuleuse ? Il existe des légendes. Qui parlent d’un Vaisseau. De son Équipage… De baleines volantes et des mythiques Osseux.
Rees ne sait pas grand-chose mais il a une certitude : la Nébuleuse se meurt…

Edition : Le Bélial’
Poche : Pocket

Mon Avis : De Stephen Baxter je n’ai pas lu grand-chose mis à part quelques nouvelles ici ou là, et pourtant c’est un auteur de Science-Fiction que j’ai envie de découvrir depuis un long moment et dont j’entends beaucoup parler. La preuve, certains de ses romans parsèment ma PAL et ne demandent qu’à sortir. J’ai donc décidé de me lancer avec ce livre qui se révèle être le tout premier roman écrit de l’auteur (même si publié en France 17 ans après sa sortie en VO). Il faut dire aussi que la couverture, illustrée par Manchu, donne vraiment envie de lire ce livre.

Ce roman va nous plonger dans un anneau monde où les hommes, naufragés depuis des générations, survivent tant bien que mal en forant le cœur de l’étoile. On va suivre au travers de ce récit les aventures de Rees, héros qui se pose beaucoup de questions et se rend compte que son monde meurt. Un roman initiatique qui va se révéler très classique sur la forme avec ce personnage, sans aucune connaissance au début, et qui va au fil des ses voyages s’instruire et percer à jour le secret de son univers. En soit je dois bien avouer que l’histoire manque quand même, sur la forme, d’originalité, mais aussi de rebondissements. Elle n’est pas mauvaise en soi, mais m’a plus fait penser à un roman pour adolescent assez simple qui cherche à lui faire découvrir le Space Opera avec une assise scientifique efficace et non négligeable. On sent bien aussi, au fil des pages, qu’il s’agit ici du premier roman de l’auteur dévoilant un certain manque de maîtrise dans l’enchainement des évènements et même dans certains dialogues.

L’intrigue se révèle pourtant entrainante, principalement à travers les différentes rencontres et découvertes que va faire le personnage principal ainsi que les différentes zones de l’anneau qu’il va découvrir. Le rythme se révèle enlevé et efficace, même si je reproche à l’auteur de vouloir par moment trop en faire dans le sensationnel. Au final une certaine simplicité se dégage de la façon dont est écrite l’histoire et c’est peut-être ça qui m’a dérangé, surtout après avoir tant entendu sur l’auteur et son côté hard science.  Mes attentes étaient peut être un peu trop élevé. De plus certaines scènes m’ont parues un peu trop irréalistes, je pense par exemple à la scène de sauvetage par la baleine. Pourtant, je suis loin d’avoir été complètement déçu par ce roman qui possède tout de même ses qualités et, une fois la dernière page tournée, s’est révélée plutôt sympathique malgré tout.

Car, ce qui fascine dans ce roman, c’est principalement son univers, cet anneau monde ou la gravité va se révéler être un élément primordial du décor. En effet elle va être le centre de l’histoire et va même déstabiliser par moment le lecteur de façon intéressante, tant les le tout parait différent tout en offrant une vision passionnante sur cette force naturelle. Imaginez-vous aussi voyager dans la nébuleuse sans appareil respiratoire, magnifique. De plus Baxter développe quelque chose qui se révèle vraiment fascinant à travers des idées originales, comme ces arbres permettant de naviguer ou encore certaines races extraterrestres, mais le tout possède une véritable cohérence et une certaine logique grâce aux explications avancées.

Il nous offre aussi un travail vraiment intéressant et toujours d’actualité sur les inégalités avec les mineurs qui s’acharnent à récupérer les métaux pour les habitants du radeau en échange de nourriture, même si parfois présenté de façon manichéenne. Au final on sent bien qu’il maîtrise complètement son univers arrivant à plonger le lecteur avec facilité à travers des explications scientifiques accessibles et loin d’être ardues.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment entrainants, nous emportant dans leurs aventures, mais j’ai trouvé qu’ils manquaient clairement de profondeur, parfois même de charisme et donnent une impression de déjà-vu par moment. Surtout ils se révèlent plus ballottés par les évènements que maître de ce qui leurs arrivent, comme s’ils avançaient par moment en attendant que la solution finale leur apparaisse comme par enchantement. Malgré tout certain plaisir nait à suivre l’interaction et l’avancée des ces protagonistes dans cet univers totalement nouveau, en effet c’est grâce à eux, et principalement Rees, qu’on va découvrir toute la grandeur et la magie de ce monde et tout comme lui on va se retrouver embarqué et émerveillé, même si par moment Rees parait quand même un peu naïf.

La plume de l’auteur n’est, certes, pas une des plus soignées que je connaisse, mais elle se révèle vraiment simple, entrainante et efficace. Surtout elle sert de façon réussie et compréhensible, par tous les différentes explications scientifiques, la construction de cet univers porté par la gravité. Au final je ressors tout de même avec un sentiment mitigé de ma lecture, j’avoue que j’en attendais plus dans la construction et la forme. Pourtant, pas mal d’éléments font que j’ai trouvé cette lecture et cette découverte sympathique me donnant envie de lire la suite du cycle voir, pourquoi pas aussi, d’autres romans de l’auteur. À voir si le second tome du cycle confirme les bonnes impressions que j’ai tout en gommant les imperfections.

En Résumé : Je ressors de ma lecture avec, j’avoue, un sentiment mitigé, mais plutôt positif, malgré certains points qui m’ont dérangé et dont j’attendais plus. L’intrigue se révèle vraiment entrainante et plutôt bien rythmée, mais la forme manque clairement d’originalité et de complexité. De plus on sent bien, dans la construction du récit et à travers les dialogues, qu’il s’agit ici du premier roman de l’auteur, se révélant souvent assez simpliste. Et pourtant le roman m’a fasciné, principalement grâce à son univers, cet anneau monde à la gravité primordiale, qui se révèle fascinant à travers ses découvertes et ses rencontres. Les personnages nous happent dans leurs aventures, mais manquent parfois de profondeur et de charisme, se révélant même plus passifs qu’actifs. Je reproche aussi certaines scènes qui m’ont paru trop irréalistes, je pense principalement au sauvetage par la baleine. La plume de l’auteur se révèle simple, entrainante et porte parfaitement et de façon efficace le message scientifique mis en avant. Alors, certes je ne suis pas totalement convaincu, mais une lecture tout de même sympathique qui me donne envie de lire la suite pour me faire un avis plus complet.

 

Ma Note : 6,5/10

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