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L’Esprit du Melkine – Olivier Paquet

l'esprit du melkineRésumé : Il a quinze ans et s’appelle Prodige. Encore enfant dans sa tête, il passe son temps les yeux levés vers le ciel. Le fils d’Ismaël est le dernier porteur d’un rêve qui appartient désormais au passé. Alors que le conflit des Fréquences entame sa dernière phase, alors que la Technoprophète savoure son triomphe imminent sur le Cheik noir et les conditionnements, un adolescent n’aspire qu’à rejoindre les étoiles.
Pour y réussir, il aura besoin du Melkine et de ses professeurs. Le navire a disparu mais, malgré le chaos général, il reste capable de miracles.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Il y a à peu près un an je me lançais dans ce cycle de Space-Opera qui me tentait vraiment. Après un premier tome intéressant, mais un peu introductif (ma chronique ici) et un second tome que j’ai trouvé vraiment efficace avec son univers fascinant et ses réflexions intéressantes (ma chronique ), j’avais hâte de voir ce qu’allait proposer l’auteur avec ce dernier tome. Vu que les Utopiales proposait ce livre en avant-première, je me suis dépêché de le faire entrer dans ma PAL. À noter la magnifique couverture, toujours illustrée par Manchu, qui reste dans le même esprit que les deux premiers tomes.

Quinze ans ont passés depuis la fin du second tome et donc trente ans depuis la fin du premier. La guerre des fréquences touche à sa conclusion, la technoprophète dominant le cheik noir et la dernière bataille approchant. Les lignes d’intrigues développées dans les tomes précédents commencent donc à dévoiler leurs conclusions, proposant toujours autant de machinations, de rebondissements et de complots. Un développement de l’histoire qui se révèle vraiment efficace même si assez linéaire dans sa construction et ses surprises.

Car voilà, ce qui marque dans ce récit n’est pas totalement l’histoire, même si elle sert de support et se révèle cohérente et intéressante, non ce qui happe le lecteur c’est la véritable fresque humaine que l’auteur nous dévoile au fil des pages, nous plongeant dans ce Space-Opera avec fascination et passion. Le rythme du récit se révèle posé et attentif, ce qui permet ici clairement de poser et développer les différents points importants ainsi que travailler l’émotion et dévoiler l’univers, mais pourrait peut-être en rebuter certains, donnant l’impression de stagner. Ce qui est dommage, car ce récit ouvre tellement de possibilités.

Rien que les personnages se révèlent vraiment fascinants, on les retrouve tous changés après tant d’années, ils ont évolué. La vie ne leur a pas toujours fait de cadeaux. Ils se révèlent toujours aussi complexes, denses et ambigus et reposent dans ce tome clairement sur les émotions, les sentiments et l’espoir qu’ils arrivent à partager et surtout à transmettre au lecteur. On retrouve aussi avec plaisir des anciens personnages du premier tome, même si parfois on aurait aimé en savoir plus sur ces années perdues. En tout cas les personnages ont un rôle prépondérant dans l’histoire, le lecteur s’attachant clairement à eux, à leurs réflexions, leurs besoins, leurs envies, leurs souffrances et surtout à leurs rêves. J’aurai juste un léger reproche concernant la technoprophète, elle tombe un peu dans le manichéisme dans ce tome ne servant que comme symbole de l’ennemi dans l’histoire, là où elle a toujours été au final un rêve brisé, mais rien de bien dérangeant.

Autre point vraiment intéressant, efficace et soigné dans ce roman ce sont les réflexions misent en avant par l’auteur concernant l’influence de la communication instantanée, principalement celle de banquise, sur la vie des peuples, sur leurs conditionnements. Elle cherche à les abrutir, en reniant leurs passés, détruisant tout aspect de pensée, de diversité, les forçant à tous rentrer dans un seul et unique moule creux et sans âme. Mais aussi la mise en avant de l’influence du passé dans la construction de soi et de son avenir, ou bien encore l’apprentissage et la découverte par soi-même. Des réflexions vraiment marquantes, mais surtout misent en avant et développées de façon intelligentes poussant le lecteur à se poser des questions sans jamais non plus trop le forcer.

Mais surtout là où l’œuvre a réussi à me toucher c’est, d’une certaine façon, en me faisant rêver d’étoiles. En me rappelant l’importance de simplement lever la tête et les admirer, se rendre compte de leurs beautés, de notre insignifiance. Le roman nous rappelle à travers un être simple tel que Prodige que notre vie finalement dépend de nos rêves, de nos véritables liens et pas simplement d’une reconnaissance virtuelle ou d’une liberté vide de sens et de compréhension. La conclusion pleine d’espoir se révèle vraiment accrocheuse, même si peut-être légèrement trop happy-end par certains aspects.

L’univers développé dans le livre montre justement bien ces dégradations misent en avant par ce travail des fréquences, remplaçant des mondes qu’on avait connus flamboyants et fascinants par des mondes en plein abrutissement, qui ne vivent que par procuration de leurs écrans, cherchant le regard et l’amour de gens qui ne sont que virtuels ou ne les regardent pas. Des planètes qui se croient libres, mais se révèlent en fait manipulés, où les différents peuples se révèlent perdus, se croyant aimés par une technoprophète qui ne cherche en fait qu’à imposer son point de vue. Les différents conditionnements et leurs effets néfastes, mais prônant une diversité, ont explosés, laissant place à quelque chose sans âme, sans esprit, des mondes où l’Histoire, les cultures et les mythes disparaissent au profit d’un message de rêve et de liberté factice, vide de sens et de racines. Parfois l’auteur va peut-être un peu trop loin, c’est vrai, dans sa façon de présenter cette évolution.

Alors, bien sûr, quelques points paraissent de temps en temps traités trop rapidement, des personnages évoluent parfois trop vite, des situations auraient pu mériter d’être un peu plus développés, ou encore certains retournements de situations se révèlent sans surprises. Mais voilà le tout est vraiment balayé par l’ambiance et le fait que l’auteur arrive à faire rêver, à nous emporter dans son univers plein d’étoiles et de mystères. Comme je l’ai dit ce cycle est une fresque, un roman choral à la fois fascinant, empli de rêve et d’étoiles, le tout porté pas une plume toujours aussi soignée, poétique et efficace qui nous happe vraiment dès les premières phrases. Le message portera sûrement différemment selon le lecteur, en tout cas pour moi il m’a touché.

Ma seule véritablement critique, plus globales, concerne le fait d’avoir découpé le livre en trois, car mis à part trois couvertures de Manchu l’intensité de l’histoire aurait gagné à ne pas être séparée. Mais bon simple avis personnel. En tout cas je sors ravi de ma lecture de ce troisième tome et de ce cycle qui a vraiment réussi au final à m’emporter.

En résumé : J’ai passé un excellent moment de lecture avec le troisième tome de ce cycle, qui vient ainsi clôturer les différentes intrigues misent en avant depuis le premier tome. Une intrigue au rythme posé et parfois un peu linéaire, mais qui m’a vraiment emporté par son message d’étoiles et de rêves ainsi que par ses réflexions vraiment soignées et intelligentes sur l’influence de la technologie et de la communication dans nos vies, sur notre passé et notre avenir. Il est parfois bon de simplement lever la tête et admirer le ciel. On retrouve un univers en pleine décadence qui colle parfaitement au message que cherche à faire passer le roman, même si parfois il pousse un peu loin. Les personnages sont toujours aussi fascinant, complexes et attachants, même si j’ai trouvé que la technoprophète tombait parfois un peu dans la caricature de la méchante. Quelques petits points m’ont dérangés comme certains aspects traités trop rapidement ou encore un ou deux retournements de situations qui manquent de surprises, mais rien de bien gênant tant au final j’ai été emporté par le message véhiculé par ce cycle. Le seul commentaire que je ferai, c’est que je trouve dommage d’avoir coupé cette histoire en trois livres.

Ma Note : 8,5/10

Le Diable est au Piano – Léo Henry

le diable est au pianoRésumé : 1844 : le sorcier Aleister Crowley, revenu dans le temps, offre à Edgar Poe son plus fameux poème. 1927 : Blaise Cendrars et Corto Maltese passent les fêtes à Rio sur la piste d’un serial killer. 1936 : George Orwell et Indiana Jones s’allient contre le fascisme espagnol. En des temps plus incertains, on exhume des textes inédits du cerveau d’écrivains comateux, on se rend à Prague pour surmonter ses phobies littéraires ou on échange, avec le Diable, son talent contre une âme (et non l’inverse). On trouvera aussi, dans ce recueil de nouvelles fantastiques, fantasques, borderlines ou pleinement réalistes (souvent les plus étranges) : une machine à piéger les paroles, un pionnier de l’aviation, des pirates surinamiens, des dieux égyptiens et hindous, des filles peu vêtues (dont une est un robot), des explorateurs de terres lointaines, des fous de toutes sortes et quelques vrais fantômes.

Edition : La Volte

 

Mon Avis : De Léo Henry je ne connaissais finalement que peu de chose, seulement deux nouvelles que j’avais lues et qui m’avaient bien accrochées. Une dans le Bifrost sur G.R.R Martin et une autre dans le recueil sur La Guerre (ma chronique du recueil ici). Puis un jour je suis tombé sur cette couverture, illustrée par Stéphane Perger, qui m’a vraiment accroché et je suis reparti avec ce recueil qui me permettait aussi de découvrir un peu plus l’auteur. À noter que ce recueil comporte vingt nouvelles.

Révélations du Prince de Feu : Cette nouvelle nous plonge dans une histoire policière sur fond de mysticisme brésilien et le tout est porté par Blaise Cendrars et Corto Maltese. Une histoire vraiment noire, dense et complexe mais que j’ai trouvé par moment un peu lourde. De plus le mélange de réalité et fiction avec les différents personnages ne m’a pas accroché.

Quand j’ai voulu ôter le masque, il collait à mon visage : Un texte qui plonge dans le fantastique et vient nous présenter la vérité sur Poe. Un texte court, agréable, mais qui selon moi est vite lu, vite oublié, malgré toutes les qualités de l’écriture.

Je suis de mon enfance comme d’un pays : Une nouvelle qui va nous plonger dans la vie de Saint-Exupéry, un très beau texte, efficace, captivant, poignant et émouvant. Un des seuls qui a réussi à m’émouvoir et m’accrocher dans ces textes « hommages ».

L’Invention de Guthmann : J’avoue être resté plutôt de marbre face à ce texte qui est pourtant écrit de façon fascinante et passionnante, mais qui n’a jamais  réussi à vraiment me happer. Comme s’il me manquait des clés de compréhension.

Indiana Jones et la phalange du troisième secret : Un texte hommage à l’aventurier, où l’auteur mélange fiction et réalité (Jones rencontrant Orwell par exemple) et surtout offre une critique froide sur l’absence de conviction politique de l’archéologue. C’est plein d’aventures mais j’avoue j’accroche jamais à ce genre particulier de textes.

Kiss kiss, bang bang : De nouveau un texte hommage, mais cette fois à James Bond. J’ai un peu plus accroché à cette nouvelle, principalement parce que James Bond n’en est pas le héros, mais plus la victime qui se retrouve figé dans une sorte d’immortalité cinématographique qui le détruit.

Fragments retrouvés dans une poubelle de salle de bains, hôtel Venceslau, chambre 604 : On retrouve ici un texte sympathique, qui revisite en rendant hommage à sa façon la Métamorphose de Kafka. Agréable, surprenant qui offre un divertissement agréable sans non plus se révéler exceptionnel.

Je me permets de faire une digression pour essayer d’ajouter un élément de compréhension au fait que je n’ai pas vraiment accroché à ces premiers textes. En effet, je n’ai jamais été passionné par les écrits qui rendent hommage à tel personnage connu ou de fiction en le reprenant et lui offrant une nouvelle histoire, une nouvelle aventure.

Un festin de pierre : Une belle nouvelle, qui nous offre un axe de réflexion vraiment intéressant sur la ville et son absence de besoin des hommes pour vivre, évoluer et exister. Peut-être un peu court mais vraiment poétique et captivant.

Soixante-dix-huit pin-up : Un texte mineur du recueil, qui vient conter la vie et la nostalgie d’un condamné qui va vire ses relations à travers le papier glacé des pin-up. Frustrant, car trop court, j’en attendais plus.

À bord du Gergelim : Une attaque pirate bien écrite, efficace et nerveuse le tout accompagné de rebondissements mais dont la conclusion, je l’avoue, m’a échappé.

Nataraja : Un texte que j’ai trouvé très beau, qui sous ses airs d’un conte hindou nous présentent la lutte entre deux divinités, tout en élevant le problème à l’univers industriel, à l’environnement tout en montrant la problématique du cycle répétitif des actions. Un texte réussi et efficace.

L’Envers du Diable : Cette nouvelle se révèle être une variation vraiment réussie sur le thème de Faust et de l’âme avec la plongée en abime d’un rocker. Un texte plein de surprises, fascinant et très bien écrit, offrant une conclusion de renouveau vraiment surprenante.

Arbre sec, arbre seul : Une nouvelle qui propose de plonger le lecteur dans le thème de la folie et ses variations, le tout se révélant fascinant, déroutant et écrit de façon captivante.

Supplément au Bibliophage (1994 -2003) : Une nouvelle au style différent, qui nous présente la biographie de trois personnages différents, le tout dévoilant en toile de fond une histoire sur le Bibliophage. Un texte déroutant, surprenant dans sa façon de présenter l’histoire, mais frustrante, donnant envie d’en savoir plus.

Les trois livres qu’Absalon Nathan n’écrira jamais : Une nouvelle vraiment réussie dans un futur fascinant ou on peut mesurer le potentiel de créativité d’une personne ou plonger dans l’esprit d’une personne. Un texte passionnant sur l’écriture, le travail de création et la peur qui l’entoure. Une excellente nouvelle.

Goudron mouillé, prière dérisoire : On retrouve ici un texte vraiment poignant qui rend hommage à une personne chère à l’auteur et offre une belle réflexion sur le deuil et son acceptation.

Laisse couler, bonhomme : Un texte vraiment nébuleux dont j’avoue, je n’ai jamais vraiment réussi à rentrer dedans.

La  pelle et le pétrin : Une nouvelle nous plongeant dans un monde futuriste où l’obtention d’un enfant passe par une loterie. Une réflexion sur la difficulté d’avoir un enfant qui aurait pu se révéler intéressante, mais qui au final est frustrante tant l’auteur se laisse parfois trop porter par ses chemins cryptiques que par le récit.

Sur le chemin du retour : Texte déjà lu et chronique dans l’anthologie La Guerre, Anthologie d’une Belligérance. Une seconde lecture toujours aussi intéressante.

Au carrefour agenouillé : Une nouvelle intéressante dans un  univers SF western ou vivent robots et humains. Un texte qui ne manque pas de charme et d’attrait, mais qui, après la dernière page tournée, demande à en savoir plus ce qui est frustrant. L’auteur devrait d’ailleurs retourner dans cet univers.

 

Ce qui fascinant, une fois la dernière page de ce recueil tournée, c’est le travail d’écriture de l’auteur qui possède toujours ce côté, captivant, dense, poétique tout en étant déroutant et parfois même dérangeant. On sent bien que l’auteur aime la plume et l’écriture, mais que le tout n’est pas facile. Pourtant je ressors de ma lecture avec un avis je dirai mitigé. La faute peut-être a la grande diversité des textes qui offre ainsi une première partie de récits « hommages »,  chose dont je n’accroche pas, ce qui a pu m’influencer pour la suite. Il m’est aussi arrivé d’être dérouté ou frustré devant certains textes, ce qui est dommage. Et pourtant, ce recueil regorge aussi de quelques pépites qui, à elles seules, méritent d’être découvertes. En tout cas le style particulier de l’auteur m’a accroché et même si tous les textes ne m’ont pas captivé je lirai d’autres écrits de l’auteur.

En Résumé : J’avoue ressortir de ma lecture avec un sentiment mitigé concernant ce recueil de vingt nouvelles. Déjà, la première partie repose sur des textes hommages à des personnes ayant existé ou fictives, histoire dont je n’accroche jamais vraiment. Ajouter à cela un aspect parfois frustrant de certains textes dont on aurait aimé en savoir plus, ou d’autres dont le style est magnifique, mais qui se révèlent trop nébuleux pour vraiment rentrer dedans, vous comprendrez que je n’ai pas vraiment accroché à près d’un tiers des nouvelles. Et pourtant je ressors fasciner par le style de l’auteur dense, d’une grande complexité, réfléchi et qui se révèle fascinant. Ne vous trompez pas non plus, il y a aussi d’excellents textes dans ce recueil et qui valent d’être découverts. Peut-être que si je n’avais pas buté sur cette première partie mon avis aurait été différent. En tout cas je lirai d’autres écrits de l’auteur, car même si tous les textes ne m’ont pas convaincu, il y a un quelque chose qui m’a tout de même clairement accroché.

 

Ma Note : 6,5/10

 

chalengeChallenge JLNN 14ème lecture

Stalker – Arkadi & Boris Strougatski

stalkerRésumé : Des Visiteurs sont venus sur Terre. Sortis d’on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu’ils ont occupée pendant des années sans jamais correspondre avec les hommes, ils ont laissé traîner des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au risque de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait sans rien y comprendre les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d’un chemin.

Edition : Denoël Lunes d’encre
Poche : Folio SF

 

Mon Avis : Ce livre, j’en ai longtemps en tendu parler et j’ai vu aussi pas mal défiler d’avis sur différents sites et blogs, souvent positives, qui m’ont toujours donné envie de le lire. J’ai donc décidé de me lancer dans cette histoire, au quatrième de couverture qui se révélait vraiment intéressant. À noter la très belle couverture, illustrée par Lash, qui attire vraiment l’œil et qui met clairement en garde le lecteur.

Je dois bien avouer que je ressors convaincu de ma lecture de ce roman, mais je suis loin d’en ressortir totalement conquis comme certains. Les auteurs nous proposent pourtant une idée de base vraiment intéressante et originale, décidant de présenter leur récit de façon différente. En effet ici pas de contact avec les aliens, ils sont arrivés sur terre, sont restés quelques temps et son repartis tout aussi rapidement, ne laissant que des zones sinistrés et dangereuses et des objets alien. Ici pas de premier contact, de rencontre ou autre, simplement des hommes vivants près d’une Zone visitée qui tentent de survivre et d’avancer.

Tout va reposer justement sur l’influence que va avoir cette catastrophe, ce passage d’être venus d’ailleurs, sur la façon dont vont vivre les hommes et l’humanité en général. Un bouleversement infime qui va remettre en cause la vision ainsi que l’évolution de chacun. Les auteurs jouent aussi clairement avec ces zones d’ombres, utilisant les non-dits, limitant les explications, pour faire avancer et évoluer l’histoire, procédé que j’ai trouvé intéressant permettant ainsi au lecteur de se faire sa propre idée sur tout, mais qui risque peut être aussi d’en déranger certains.

Ce roman nous propose au final une histoire qui se révèle beaucoup plus sensible, qui va nous dévoiler une humanité vaine qui se cherche au fil des pages à travers les différents personnages croisés. Des hommes, chercheurs de trésors dans une zone complètement contaminée, mortelle où ils peuvent perdre la vie à chaque instant. Les auteurs nous montrent des morts ambulants qui font cela  pour tenter d’améliorer un minimum leur vie. Les auteurs arrivent à retranscrire de façon fidèle et prenante les angoisses qui rongent ses hommes, que ce soit celles liées aux dangers dans la zone, retranscrite de façon austère où le risque est totalement inconnu, ou encore celles plus philosophiques sur la place de l’homme dans l’univers. L’explication des auteurs se révèle d’ailleurs surprenante et vraiment fascinante sur cette histoire de pique-nique, nous ramenant au rang de simple présence infime dans quelque chose de beaucoup plus gigantesque et insondable.

Et pourtant, je ne sais pas pourquoi, malgré les qualités et l’originalité de l’intrigue, je n’ai pas non plus été transcendé, là où j’entendais parler de chef-d’œuvre. Déjà j’ai trouvé qu’il y avait un problème dans le rythme du récit, pas qu’il soit trop lent ou trop rapide, non du tout, on a juste l’impression qu’il a toujours le même, entre angoisse et avancée des personnages. Un peu comme si le conteur avait raconté son histoire du début à la fin avec toujours le même ton, au bout d’un moment ça lasse un peu. Ensuite, le récit ne possède aucune véritable ligne directrice dans son intrigue, on se retrouve avec quatre chapitres qui racontent l’évolution des personnages. Cette narration possède un côté fascinant, comme je l’ai déjà dit, mais possède aussi une certaine limite, l’impression de ne lire que quatre tranches de vies dans quelque chose de plus gros, ce qui m’a un peu frustré.

Concernant les personnages je dois dire qu’ils possèdent une certaine dualité, tout au long du roman ils se révèlent complexes, d’une certaine façon effrayés tentant de survivre, voir même de vivre par tous les moyens. On ressent leur quête, simple, du bonheur dans un monde complètement remis en question par cette « catastrophe », mais voilà malgré tout cela jamais je n’ai vraiment réussi à complètement m’attacher à eux. Comme si un voile se dressait entre eux et moi. Pourtant, on voit bien qu’ils ont des émotions, des sentiments, qu’ils ne sont pas indifférents à ce qui les entoure et cherchent des réponses. Pour moi ce ressentiment venait de l’écriture, qui nous présente les personnages de façon un peu trop clinique par moment. Cela n’empêche en rien non plus de ne pas se trouver captivé par les différentes aventures qu’ils rencontrent, cela crée juste un léger décalage.

La plume des auteurs se révèle vraiment intéressante, soignée et surtout possède cette sourde angoisse qui transforme les personnages au contact de la zone visitée. Alors je l’ai dit, je l’ai trouvé parfois un peu froide et distante dans la présentation des personnages, mais elle n’empêche en rien de se laisser porter par ce roman original sur la venu d’extra-terrestres sur terre et de l’influence, d’un point de vue évolution et philosophie sur l’homme. Au final j’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman, mais j’avoue ne pas non plus crier au chef-d’œuvre. Voilà un bon roman de science-fiction, avec des réflexions intéressantes qui se lit avec plaisir malgré des défauts.

En Résumé : J’ai passé un moment agréable de lecture avec ce roman qui nous plonge dans une histoire de SF différente, où la vie va être bouleversée par la visite éclair avec une race alien. Aucun contact n’a eue lieu et pourtant tout va changer. Un récit qui offre pas mal de réflexions intéressantes sur la place de l’homme, son rôle et son évolution. La Zone se révèle angoissante, où la mort règne à chaque pas et seul l’instinct permet de survivre. Les personnages sont vraiment complexes et soignés, mais ils m’ont paru un peu froid, ce que je trouve dommage. Autre point qui m’a dérangé, le fait qu’il n’y ait pas de véritable fil conducteur et aussi l’impression d’un rythme et d’une tension toujours égale de la première à la dernière page. La plume des auteurs se révèle vraiment travaillée et efficace. Un roman qui, pour moi, n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais qui se laisse lire avec grand plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

Autres avis : Guu, Spocky, Miss Spooky Muffin, Vepug, …

Dominium Mundi, Tome 1 – François Baranger

dominium mundi 1Résumé : 2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi.
Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.
Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem…
Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

Edition : Critic

 

Mon Avis : Bon, je ne vais pas le cacher, je me suis laissé convaincre par ce roman principalement par sa couverture. Il faut bien avouer que le travail effectué par l’auteur lui-même sur l’illustration se révèle vraiment magnifique et donne envie de se plonger dans ce roman clairement annoncé Space-Opera. Bon après j’ai quand même retourné le livre pour lire le quatrième de couverture qui m’a confirmé dans mon envie de me lancer dans ce roman, mélange de Science-Fiction et de croisades. Il a donc rapidement rejoint ma PAL et s’est  retrouvé aussi vite entre mes mains.

L’auteur a eu une idée intéressante en effet, il a décidé de revisiter les croisades, mais en transcrivant le tout dans le futur et  dans une version Space-Opera. Je dois bien avouer que cela marche plutôt bien. En effet l’intrigue ne manque pas d’attrait et elle se révèle développé de façon efficace, maîtrisée et entrainante, offrant ainsi un roman vraiment divertissant, sans temps morts où la tension monte graduellement au fil des pages pour happer  le lecteur et lui donner envie d’en apprendre plus. Entre rebondissements, trahisons, retournements de situations et action on trouve dans les 600 pages de ce premier tome un récit vif, enlevé et intense le tout sans non plus tomber dans la facilité. Alors bien sûr, le côté religieux est présent, mais ne se révèle pas non plus trop prononcé et surtout permet clairement de mettre en avant des réflexions, certes classiques, mais efficaces sur la foi et la place des hommes et de l’église dans sa représentation. L’auteur arrive aussi à saupoudrer le tout de luttes de pouvoirs vraiment plaisantes, même si elles manquent parfois de complexité.

L’univers développé par l’auteur se révèle vraiment dense, fouillé, soigné et surtout on sent bien que l’auteur a longtemps travaillé dessus principalement concernant tout ce qui concerne le point de vue technologique. Rien n’est laissé au hasard et chaque machine, chaque aspect technique se révèle vraiment fascinant et décrit de façon détaillée et passionnante, que ce soit du gigantesque vaisseau le Saint Michel au Nod2 qui vient gérer le tout et offre une légère pointe de cyberpunk. D’ailleurs il y a un travail tellement dense et imposant que parfois je trouve l’auteur en fait un peu trop, voulant décrire le moindre objet un peu nouveau, mais rien de bien gênant. La vie dans le vaisseau se révèle aussi intéressante à travers les castes, leurs façons d’évoluer, d’avancer jour après jour dans cette immense zone fermée. Vient aussi se placer le contexte politique global qui se révèle intéressant, même si pas encore complètement développé, avec le retour des royautés et de la dominance de la chrétienté.

Comme je l’ai dit, l’auteur remplit parfaitement son rôle de divertissement à travers cette fresque spatiale, sans non plus laisser complètement tomber certaines critiques et réflexions intéressantes, mais voilà le roman possède aussi quelques défauts. Déjà comme certaines lignes d’intrigue m’ont paru trop balisés et parfois un peu trop grosses, ce qui est dommage. De plus on ressent aussi un peu le côté « premier roman » car j’ai eu l’impression que l’auteur voulait trop en faire, l’envie de tout présenter, tout décrire, ce qui est parfois envahissant, car certaines émotions ou certains passages sont très claires et ne méritent pas d’y ajouter quelques lignes supplémentaires pour bien expliquer et faire comprendre le tout. Au final rien de vraiment dérangeant non plus, mais qui quelquefois se révèle frustrant.

Concernant les personnages ils se révèlent vraiment intéressants, complexes et surtout on découvre au fil de la lecture différents personnages qui viennent de différentes castes; ce qui permet de mieux comprendre le vaisseau dans son intégralité. Dans tous les cas des personnages forts, charismatiques. Je regrette juste qu’ils se retrouvent si facilement catalogués, en effet on reconnait vraiment très facilement qui sont les méchants et qui sont les gentils, ce qui est parfois un peu dommage, car on devine ainsi rapidement certaines de leurs réactions ou de leurs actions. De plus certaines des relations des personnages, principalement sentimentales, m’ont paru un peu trop grosses pour complètement paraitre crédibles, comme si l’auteur ne savait pas vraiment comment les mettre ensemble.

Concernant le style de l’auteur il se révèle simple, efficace et entrainant même si je lui reproche par moment d’être parfois trop, je dirai protocolaire. Chaque présentation de personnage passe par sa description dans les règles, son CV, son pedigree et personne n’y coupe ce qui est parfois un peu frustrant et donne une impression de pause dans le récit. Cela n’empêche pas ce roman de remplir pleinement son rôle d’offrir un divertissement efficace, soigné et un minimum réfléchi à travers cette croisade dans l’espace qui se révèle sans temps morts et dont on tourne les pages avec envie d’en savoir plus malgré les quelques défauts, souvent de premier roman, qui apparaissent ici ou là. Je lirai la suite sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce premier tome qui vient nous offrir une histoire dont la tension monte lentement au fil des pages pour happer le lecteur et lui offrir un roman vraiment divertissant et entrainant. L’aspect religieux est certes présent, mais ne se révèle pas non plus envahissant et offre quelques réflexions, classiques, mais efficaces. L’univers développé par l’auteur est vraiment dense, complexe et fascinant même si parfois il cherche à trop le détailler. Les personnages sont intéressants et travaillés même si on devine souvent trop facilement les bons des méchants. Je reprocherai juste certaines grosses ficelles et aussi une envie de l’auteur de trop en faire, trop en rajouter. La plume de l’auteur se révèle simple et entrainante même si parfois un peu trop protocolaire dans la présentation des personnages. Au final un livre qui possède ses qualités et ses défauts, mais qui se laisse lire avec plaisir et dont je lirai la suite qui sort en Mars 2014.

 

Ma Note : 7,5/10

Blitz Tome 2, All Clear – Connie Willis

all clearRésumé : Londres, 29 décembre 1940 : l’une des nuits les plus meurtrières du Blitz. Pris au coeur de l’un des pires raids de l’époque, les historiens du futur Michael, Merope et Polly cherchent désespérément à revenir au XXIè siècle. En attendant de trouver un moyen de s’échapper, le trio tente de survivre aux bombardements et aux évacuations, mais il y a plus grave encore : d’après les archives oxfordiennes de 2060, il semblerait que leurs interventions aient modifié le cours des événements… et la guerre pourrait bien se terminer autrement, bouleversant l’Histoire à jamais. Quelle que soit l’ampleur des sacrifices exigés, les voyageurs du futur doivent s’engager dans un combat acharné contre le temps…

Editeur : Bragelonne

 

Mon Avis : Il y a quelques mois je m’étais lancé dans la lecture du premier tome de ce diptyque et j’avoue être sorti de ma lecture plutôt mitigé (ma chronique ici). En effet l’auteur cherche plus à développer la partie historique sur la seconde guerre mondiale et laisse vivoter une intrigue pas des plus entrainantes, ce que j’ai trouvé dommage, car moi je lisais ce livre clairement pour son côté SF teinté d’un peu d’histoire et non l’inverse. Pourtant les avis négatifs étaient rares sur ce premier tome, la preuve j’ai même été repris sur Facebook où on m’a fait comprendre que je n’avais rien compris à ce chef-d’œuvre et que je ne devais pas l’avoir lu pour dire que ce roman ciblait un public de jeunes adultes. Mais je reviendrai là-dessus plus tard. En tout cas j’avais vraiment envie de lire la suite, déjà parce que Black-Out avait tout de même des points positifs, ensuite car ce genre de roman doit être lu en entier pour se faire un avis.

C’est rare, mais ATTENTION RISQUE DE SPOILER.

Ce qu’on ne peut pas enlever à ce roman, et qui se révèle vraiment passionnant, c’est le travail effectué par l’auteur concernant la seconde guerre mondiale. On sent bien qu’elle n’a rien laissée au hasard et que tout repose sur des faits ou des témoignages, que ce soit ce qui concerne l’effort de guerre, la façon dont survivait les Londoniens durant le Blitz ou encore tout l’aspect chronologique qui se révèle vraiment cohérent et fascinant. Surtout que l’auteur développe énormément de sujets que ce soit sur l’espionnage, le travail de la population durant les raids ou pour le pays, la présence des femmes  et leurs influences durant la guerre et tous se révèlent soignés et efficaces. Elle remplit efficacement aussi son idée première de mettre en avant le fait que les héros ne sont pas que les militaires, mais chaque personne qui un jour a dit non et simplement continuer à se lever tous les jours et avancer.

Un background qui gagne aussi en intensité, mettant en avant par exemple les phases de tensions entre l’Angleterre et l’Allemagne ou encore l’euphorie de la libération qui viennent accrocher le lecteur. Toute personne qui souhaiterait s’intéresser à cette période trouve matière à découvrir et réfléchir dans ce roman.

Cette guerre, justement, je l’ai fortement étudié, j’ai eu ma période où j’ai fais énormément de recherches, je ne suis donc pas un novice et c’est le premier point qui me frustre dans cette histoire, l’auteur nous propose clairement un roman historique et non une histoire SF dans l’univers 39-45. Oui, il faut bien l’admettre, le fil rouge du récit est quand même très moyen et traine souvent en longueur. Mon premier soucis vient qu’on envoie des historiens dans le passé, des gens qui ont donc potassé à fond le sujet avant de se retrouver dans l’époque concernée, donc quand je me rends compte que j’en connais plus que la personne qui a étudié cette époque toute sa vie, j’avoue, j’ai du mal. Par exemple voir un historien annoncer qu’il ne savait pas que les Anglais faisait de la désinformation, principalement sur le lieu de débarquement, j’avoue ça me pique les yeux. Il devait y avoir quand même d’autre façon de narrer l’histoire.

L’auteur prend aussi beaucoup trop son temps, à croire qu’elle a voulu mettre tellement d’informations sur l’époque de fond et la guerre qu’elle n’a pas sur comment gérer la longueur de son intrigue. Passer trois plombes à essayer de retrouver une gare avec des dialogues d’une intensité dramatique telle que « -c’est cette gare? – non -celle la? -non plus et celle-ci?… » j’avoue ça ne me passionne pas trop. L’aspect gestion du voyage dans les temps est aussi mal géré à mon goût, pendant 40 ans ils ne se sont jamais posés de questions sur l’influence de leur présence dans le passé, justifiant par le fait qu’ils ne pouvaient pas modifier l’Histoire, genre tu va prendre le boulot de quelqu’un d’autre, le logement qu’une personne aurait pu prendre à ta place et ça ne va rien changer, et d’un coup quand ça va mal le moindre petit décalage donne lieu à des pages et des pages de plaintes, de pleurnicheries et de remise en cause de tout. C’est parfois long et on a envie de les secouer.

Concernant les personnages je reste très mitigé, si on prend nos trois héros principaux que son Polly, Merope et Michael, ce sont des boulets. Oui je le dis clairement, c’est fou le nombre de choses inutiles qu’ils arrivent à faire et qui ne servent qu’à finalement ne pas repartir à leur époque et donc ralentir l’histoire. Un exemple un des héros se souvient qu’un historien est déjà venu en 1940 où ils sont coincés et ils cherchent donc à lui faire passer un message. Il part donc à la recherche de ses amis pour aller le retrouver, mais un évènement va les bloquer à un moment et Polly propose de se séparer pour gagner du temps, mais Michael refuse net, il ne veut pas qu’ils se séparent. Comment? aller voir un gars et lui transmettre une info, genre bout de papier, il faut venir en groupe? L’auteur essaiera bien de le justifier par la suite mais c’est un peu gros pour passer.

Sinon ce qui est marrant c’est la capacité des protagonistes à ne pas non plus savoir réagir face à une situation, mais simplement attendre en chouinant. On ne parlera pas non plus de M. Dunworthy, le soit-disant professeur d’une sagesse et d’un amour légendaire pour ses élèves, qui s’amuse à inverser les missions et donc envoyer des élèves sans aucune préparation dans une époque dangereuse où ils peuvent trouver la mort. Heureusement qu’il est intelligent. C’est dommage, car tous les personnages secondaires se révèlent plus intéressants et on aurait aimé en savoir plus sur eux.

Puis arrivé à la moitié du livre, quelque chose se passe, je me suis retrouvé emporté par l’histoire qui gagnait en intensité et par les deadline qui se rapprochent pour les héros. L’auteur élève son récit d’un cran et arrive enfin associer l’intrigue à l’univers sans autres gros soucis et je me suis retrouvé à tourner les pages pour en apprendre plus et savoir comment allait s’en sortir les personnages, malgré qu’ils ne soient pas futés.  Dommage que certains aspects temporels sur les chapitres qui varient dans le temps gâchent parfois quelques effets de surprise, mais rien de bien gênant, car la fin se révèle agréable.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace et plutôt prenant même si parfois l’auteur tombe trop, justement, dans la simplicité ou dans le caricatural, ce qui gâche un peu certains effets et continue à me faire dire que le public visé est un public plus jeune genre adolescent ou jeune adulte. Par là je ne parle pas de YA, je veux juste dire que j’ai eu l’impression que l’auteur cherchait à offrir un cours d’Histoire qui fascinera les personnes qui ne connaissent rien de l’époque et qui cherchent des explications simples et intéressantes, hors moi, l’histoire justement je la connais, j’ai déjà eu ma période de recherches. Ce livre ne m’apprend rien, donc si l’intrigue ne suit que moyennement c’est problématique.

Au final ce roman m’a surtout donné l’impression que l’auteur s’est laissé emporter par l’aspect historique qu’elle voulait mettre en avant qui est certes fascinant, mais le reste parait à peine travaillé et l’intrigue manque clairement de souffle et d’intensité et repose parfois sur des aberrations. Je pense clairement que ce roman tenait facilement sur un seul tome de 600-700 pages et se serait révélé d’autant plus excellent, mais c’est mon avis personnel. À noter que la traduction se révèle parfois hasardeuse et des fois se mélange les pinceaux dans les prénoms ce qui est assez dérangeant. Une relecture de l’éditeur aurait pu éviter tout cela. Une lecture moyenne sans être non plus complètement mauvaise, j’attendais mieux. J’ai un autre roman dans ma PAL de l’auteur que je lirai tout de même, rien que pour faire la comparaison.

En Résumé : Tout comme la première partie je ressors de ma lecture avec un avis plutôt mitigé. J’ai eu l’impression que l’auteur n’a pas pu maîtriser l’ampleur de ce qu’elle voulait mettre en place. On sent bien qu’elle s’est fortement renseignée et documentée sur la seconde guerre mondiale, offrant une toile de fond vraiment détaillée, complexe et passionnante, mais elle cherche à faire passer tellement d’informations sur le sujet qu’elle en oublie de soigner son intrigue principale de voyage dans le temps qui souffre d’incohérences et donne parfois plus l’impression d’avoir un livre d’histoire dans les mains. Les personnages principaux manquent de consistance et parfois d’intelligence, de plus quand on me présente un historien qui s’y connait moins que moi en histoire j’émets des réserves. Les personnages secondaires sont eux, pour le coup, vraiment intéressants, mais auraient mérités d’être moins nombreux et plus développés, surtout pour un roman de près de 1300 pages. Heureusement la seconde partie du roman se révèle beaucoup plus efficace. Le style se révèle simple et efficace même si parfois il tombe un peu trop dans la simplicité et même le caricatural.

 

Ma Note : 6/10

 

Autre avis : Zina, …

L’Homme qui Dessinait des Chats – Michael Marshall

l'homme qui dessinait des chatsRésumé : Thriller, horreur, fantastique, littérature générale ou science-fiction, aucun genre n’est à l’abri de son imaginaire. Car c’est par la forme courte que Michael Marshall s’est d’abord illustré, remportant prix littéraire sur prix littéraire, et il y est toujours fidèle – entre chaque roman il continue de produire des nouvelles, incapable de faire taire ses mains ni cette voix si unique qui est la sienne, impressionnant jusqu’à Stephen King lui-même, pourtant roi de l’exercice.
À travers des aspects aussi quotidiens qu’Internet, la vie de couple ou un homme qui dessine des chats à la craie sur le sol, Michael Marshall ne souhaite qu’une chose : vous toucher au plus profond. Car qui sait ce que l’homme cache en son sein ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Ce livre a longtemps fait partie des dinosaures de ma PAL, c’est bien simple, il était déjà dans ma PAL avant même la création de ce blog. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai mis si longtemps à me lancer dans la lecture de ce recueil de nouvelles, surtout que Avance Rapide, le Roman de l’auteur, m’avait vraiment convaincu (ma chronique ici). Mais voilà certains livres, à force de temps et d’attente, prennent un peu le statut d’épouvantail et il a fallu que je décide de me secouer pour sortir ce livre de ma PAL. À noter l’illustration de couverture qui se révèle sympathique, mais rien d’exceptionnel non plus. Ce livre comprend 30 nouvelles, ne pouvant pas chroniquer chaque nouvelle (trop long) je vais tenter une chronique globale.

En tout cas j’ai bien fait de dépasser mon appréhension, car je ressors de ma lecture de ce recueil en ayant passé un très bon moment. En effet ces trente nouvelles permettent clairement de se rendre compte de la diversité des écrits de l’auteur et surtout la diversité de genres, l’auteur nous proposant des textes qui peuvent aussi bien se considérer de Science-Fiction, de Fantastique, de Thriller ou encore d’Horreur. Surtout il arrive vraiment à rendre ses nouvelles vraiment passionnantes, intelligentes et efficaces, forçant souvent le lecteur à se remettre en question ou bien à remettre en question certaines considérations. Ce qui fascine surtout c’est la capacité de l’auteur, au fil des récits, à faire basculer une situation tout ce qu’il y a de plus normal vers quelque chose de plus inquiétant, surprenant et de plus dérangeant. On est vraiment happé par ce qui arrive aux différents personnages et on se demande même souvent vers où il nous emporte avant d’être surpris par la conclusion.

L’auteur arrive vraiment à faire entrer le lecteur dans une diversité d’univers vraiment intéressant, qu’on soit dans une ville morte, sur un vaisseau spatial ou à Londres on se retrouve captivé en quelques lignes à peine. Concernant les personnages là aussi l’auteur arrive à offrir des personnages totalement différents, on les aime ou on les déteste, mais quoi qu’il arrive il nous plonge dans leurs aventures. Des héros qui souvent, par la force des choses et des évènements, subissent plus qu’ils ne peuvent agir. Ils se révèlent souvent complexes et soignés avec leurs émotions et leurs besoins.

Au final c’est surtout la capacité de l’auteur à offrir, en quelques pages, des textes denses, souvent angoissants, souvent réfléchis, parfois drôles mais vraiment passionnants. Certains des textes risquent d’ailleurs d’en marquer plus d’un tant l’auteur arrive à faire monter la tension et à surprendre le lecteur. L’auteur sait vraiment jouer avec les rebondissements et les retournements de situations pour ne jamais ennuyer le lecteur.

Alors, bien entendu, certains textes se révèlent un peu en dessous du niveau affiché par ce recueil et certaines conclusions un peu précipitées, mais rien de bien méchant non plus. Parfois les textes ont aussi un peu vieilli et risquent de ne pas toujours être compris par tout le lectorat, ou encore certains textes se révèlent parfois un peu trop classique pour complètement marquer ou étonner le lecteur. Une fois j’ai même eu l’impression de ne pas avoir les bonnes connaissances culturelles pour vraiment me fasciner à l’histoire. Mais au final il ne s’agit que de quelques textes un peu moins bon et devant la qualité du livre on oublie rapidement ces légers désagréments.

La plume de l’auteur se révèle vraiment dense, efficace et captivante, mais surtout vient adapter sa façon de présenter l’histoire au récit raconté. Il arrive vraiment en quelques mots à décrire un monde, une histoire et des personnages qui paraissent crédibles et passionnants et offre aussi des hommages intéressants à des auteurs comme Lovecraft ou King. Au final je suis bien content de m’être lancé dans la lecture de ce recueil de nouvelles, car même si tous les textes ne sont pas au même niveau j’ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec ces nouvelles, souvent exigeantes, réfléchies, intelligentes et denses qui se savourent avec plaisir. Je vais continuer à découvrir cet auteur en tout cas.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de trente nouvelles de l’auteur qui offre des textes vraiment diversifiés, allant du fantastique à l’horreur en passant par la SF, mais qui surtout se révèlent denses, soignés et fascinants à découvrir. Il arrive vraiment à happer le lecteur et à nous faire plonger dans une histoire passionnante en quelques mots. Les différents personnages et univers construits au fil des récits se révèlent toujours efficaces et captivants. Surtout l’auteur offre des textes qui font réfléchir et surprennent vraiment. La plume de l’auteur s’adapte à chaque récit et se révèle plaisante et intéressante. Alors, bien sûr tous les textes ne sont pas au même niveaux et certains se révèlent un ton en dessous, mais au final on a un recueil plus que solide qui mérite, selon moi, d’être découvert. Je lirai d’autres récits de l’auteur sans soucis.

 

Ma Note : 8/10

 

chalengeChallenge JLNN 12ème lecture

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