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La Constellation du Diadème Tome 1, Olium – Brian Herbert & Kevin J. Anderson

olium la constellation du diademeRésumé : On l’appelle Fond de l’Enfer. Parce qu’il n’existe pas de planète plus inhospitalière dans toute la Zone Profonde. Stérile, éloignée de tout, balayée par d’effroyables tornades et secouée d’éruptions volcaniques… Fond de l’Enfer est l’exil des vaincus de la guerre civile, un endroit pour les parias.
Mais l’ancien général rebelle Adolphus est décidé à changer la donne. En formant une coalition clandestine contre le gouvernement corrompu et tyrannique qui dirige les 74 mondes de la Constellation, il tente de transformer Fond de l’Enfer en un lieu d’opportunités.
Ce que tous ignorent, c’est que la planète maudite cache en son sein un extraordinaire secret.

Edition : Orbit

 

Mon Avis : Ce livre a atterri dans ma PAL pour des raisons bien particulières, rien à voir avec les auteurs dont je n’ai encore rien lu d’eux pour l’instant, exception faite peut être d’un ou deux X-Files pour Anderson (j’ai tout de même les premiers tomes de la saga des sept soleils qui m’attendent dans mon kindle), non, ce qui m’a fait craquer c’est la magnifique couverture illustrée par Manchu, elle attire vraiment l’œil. Après lecture du quatrième de couverture, qui n’annonçait rien de catastrophique, je me suis laissé tenter. D’habitude je suis contre les bandeaux de promotion sur la couverture, mais là je dois dire, heureusement qu’il est là, car autant le dire tout de suite après lecture de ce livre j’ai énormément de mal à voir en quoi ce roman égale les meilleurs du genre.

Bon je ne le cache pas je n’ai pas du tout accrocher à ce livre, il faut aussi avouer que le début annonçait la couleur. Je n’ai jamais lu un prologue aligner autant de manichéisme, de simplicité et de naïveté nous présentant le général Adolphus de la rébellion face à la dernière bataille qui va rendre les armes alors qu’il a l’avantage, le camp d’en face menaçant en contrepartie de tuer 17 000 civils qui sont des proches des membres rébellion. Le général étant un homme d’honneur (sic) il va donc se rendre en perdant au passage la moitié de ces vaisseaux, environ 250 et quand on sait que dans ce genre de vaisseau on compte les gens par centaines voir millier (voir même des dizaine de milliers mais on va s’arrêter là) il a donc sauvé 17 000 personnes en laissant mourir de son côté 25 000  à 250 000 soldats de la rébellion. Bravo. Si toi aussi tu as les yeux qui piquent devant une telle aberration, une telle stupidité et une telle simplicité qui ne sert simplement à dire que le diadème est méchant, très méchant, très très méchant et Adolphus est un gentil personnage plein d’honneur alors arrête toi là car ce livre va aligner tous les poncifs du genre.

Le livre entier est à ce niveau, rien n’est venu sauver ma lecture que ce soit l’intrigue d’une simplicité et d’une linéarité sans nom, les intrigues secondaires n’apportent rien et sont souvent conclues de façon bâclées et parfois abruptes, même l’aspect temporel on n’y comprend rien, on a parfois des ellipses de quelques mois sans aucune explication, mais surtout on a l’impression que les personnages n’ont pas évolué ou avancé d’un iota. Certains moments je me suis même demandé où j’allais devant le ridicule de certaines situations comme le plan de la rébellion qui décide de construire un spatioport dans l’espace sans que personne ne voit rien; genre personne ne voit une construction énorme qui gravite autour de la planète, planète qui plus est se révèle surveiller à tout instant, car c’est quand même là qu’ont été envoyer tous les rebelles. Hypnose; tu vois cet arbre, mais non tu ne vois pas forêt derrière elle n’existe pas. Ou encore cette vengeance d’un personnage 700 ans après qui n’a pas lieu d’être, ne repose sur rien, n’apporte rien et sert juste à remplir des pages.

Ce qui m’étonne, et me chagrine aussi en fait, c’est pour moi l’absence totale de créativité ou d’imagination dans ce roman. Voilà, pour moi écrire un Space-opéra, voire Planet-opera, c’est justement permettre à l’auteur d’offrir une imagination débordante, mais aussi à un travail sur des planètes, des sociétés, des religions et pourquoi pas mettre en avant une certaine évolution de vie. Ici rien, les planètes sont à peine esquissés, les religions n’en parlons même pas, la société se limite aux adepte du diadème et ceux de la rébellion, je ne parle même pas de la faune, flore ou des paysages qui se révèlent souvent vides. Alors, les auteurs ont bien tenté de mettre en avant une race alien, mais j’avais plus l’impression de me retrouver dans un trip télétubbies sous acide tant ces aliens paraissent simplistes, ignorants, simplistes et ahuris. Je ne parle même pas de la technologie, car à part le fait que les hommes voyagent dans les étoiles le reste parait tellement contemporain et si peu évolué qu’on se demande bien ce qui a pu les bloquer d’un point de vue scientifique et technologique pendant tant d’années.

Concernant les personnages, je dois bien avouer qu’ils se fondent facilement dans l’histoire, il n’y a pas de soucis, vous rencontrez un personnage tout de suite vous devinez de quel camp il est, et même qui va changer de camp. On évitera bien entendu les personnages trop complexes, ou si on doit les rendre un peu complexe en étoffant leur histoire on hésitera à faire dans le basique. Au Fond de l’Fnfer les hommes ont un passé un peu louche et ils cherchent à s’offrir une nouvelle vie et les femmes ont, bien entendu, obligatoirement eue des soucis avec leurs compagnons et n’ont eue d’autre choix que de fuir ici. La nuance des personnages dans la constellation n’est pas non plus meilleur, on a juste l’impression d’avoir des noble riches, certes là rien de mauvais, mais version people avec ragot à gogo et autres. Car oui, pour gérer l’univers dans l’avenir il faudra gérer les coucheries des uns et des autres et rien d’autres. On a même le droit à l’archétype de la princesse transie d’amour qui vit dans un monde à part et qui croit, qu’après avoir été la cause de la ruine de son amant, elle peut aller voir son fils sans jamais se douter un seul instant qu’elle sera rejetée.

Voilà, même la plume ne m’a pas paru vivante, elle ne possédait à mon goût aucune âme, j’avais plus l’impression que les auteurs se sont lancés en écriture automatique sans chercher ni à comprendre, ni à faire voyager et encore moins à faire rêver. Je parle même pas des passages énormes de remplissages dont on en voit pas l’utilité dans ce tome comme par exemple cette histoire concernant un couple réparateur de transfil qui passe chaque chapitre à réparer le transfil et à faire l’amour. Ils en ont le droit, juste à quoi ils servent et méritaient-ils de figurer dans ce premier tome. Je ne parlerai pas non plus des dialogues qui sont parfois risibles tant ils sont simples et donnent l’impression de servir de remplissage. « Mince il me manque des caractère, bah attends je vais développer mon dialogue en faisant parler mes personnages du beau temps ». Je ne parle même pas de la conclusion où nos gentils aliens croient que pour sauver la situation il faut aller discuter avec le diadème dont on vient pourtant de prouver sa cruauté et sa violence. Je ne vous raconte même pas comment ça finit.

Je ne vais pas non plus m’acharner, c’est clair, je n’ai pas du tout été emporté par ce livre et je ne lirai pas la suite. Je pense que ce livre était pas fait pour moi, peut-être qu’il plaira plus aux lecteurs qui cherchent à découvrir le genre, mais même là je ne pense pas le conseiller. Dommage la couverture était jolie. Par contre, maintenant j’avoue j’ai aussi beaucoup moins envie de me lancer dans le cycle de Kevin J. Anderson que j’ai sur ma liseuse.

En Résumé : Je ne vais pas le cacher, je n’ai rien trouvé d’intéressant dans la lecture de ce roman. L’intrigue accumule les poncifs, le manichéisme, la simplicité et même des aberrations qui m’ont paru pas du tout crédibles. Les intrigues secondaires sont bâclées et terminées souvent de façon abruptes. L’univers développé par l’auteur est vide, sans imagination et sans réel travail de développement que ce soit technologique ou autre. Les personnages accumulent aussi toutes les tares, manquant cruellement de complexités et quand les auteurs les développent un tant soit peu, on tombe dans les clichés. La plume ne possède aucune vie et se révèle limite un automatisme qui permet aux auteurs de remplir des pages sans se soucier de la cohérence. Au final je ne pense pas avoir été le lecteur adéquat de ce livre et je ne lirai pas la suite.

Ma Note : 2/10

Le Cycle de Lanmeur Intégrale 1, Les Contacteurs – Christian Léourier

le cycle de lanmeur 1 les contacteursRésumé : Quand les hommes de la planète Lanmeur accèdent au voyage spatial, ils ont la surprise de découvrir que d’autres humanités s’épanouissent dans l’univers. Un hasard ? Peut-être pas. Lanmeur lance alors l’idée du Rassemblement et envoie des contacteurs sur ces mondes plus ou moins avancés, avec pour mission de les intégrer à sa propre civilisation. Mais quel projet se cache derrière ces sociétés si différentes ? Qui sont les Rêveurs de l’Irgendwo, auxquels Lanmeur devra tôt ou tard se confronter ?

Edition : Ad Astra

 

Mon Avis : Ce livre  a longtemps traîné dans ma PAL car, il faut bien l’avouer,  j’avais un peu peur de me lancer dans un tel cycle dont j’ai de plus en plus entendu parler, en positif le plus souvent, depuis sa réédition. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai sorti ce livre, acquis lors des Futuriales 2012, de ma PAL et je me suis lancé dans sa lecture. Je dois dire que je trouve la couverture, illustrée par Eric Scala, vraiment sobre et très réussie. Cette intégrale regroupe en fait trois textes complets dans l’univers de Lanmeur.

Ti-Harnog : Ce texte vient nous raconter l’histoire d’un contacteur de Lanmeur qui atterrit sur Ti-Harnog afin de préparer cette planète au grand rassemblement. L’atterrissage ne se passe pas comme prévu, il se retrouve donc sur cette planète sans aucune préparation. Ce qui fascine directement quand on rentre dans cette histoire c’est l’imagination foisonnante de l’auteur, que ce soit dans la présentation et le développement de cette planète, mais aussi sur l’aspect sociétal. En effet que ce soit les castes, les régions visités ou encore les façons de vivre de chacun tout se révèle vraiment fascinant et on sent bien que l’auteur a passé du temps à mettre en place un tel monde. Le point important qu’on découvre au cours de cette histoire, c’est concernant la Murkéto qui vient présenter au lecteur l’évolution de l’homme et de la femme de façon vraiment originale et intéressante et qui soulève quelques questions et réflexions.

À travers ce récit l’auteur va mettre en avant l’influence du contacteur dans une société en paix et balisée par les castes, il va dévoiler comment un homme sans caste va tout bouleverser, tel un grain de sable dans une machine bien huilée. Une histoire pleine de rebondissements et de découvertes à travers une société figée mais humaine avec ses forces et ses faiblesses.. Mais voilà ce premier texte est loin d’être parfait j’ai trouvé, certains aspects et certains passages m’ont parus un peu désordonnés. Le personnage principal m’a paru un peu trop spectateur de ce qui lui arrive avant de se retrouver « prophète » de façon un peu trop mal amené et brusque, mais aussi certaines scènes de grandes batailles  manquent, à mon gout, de ce côté épique. Mais voilà malgré ces défauts ce premier tome met clairement l’eau à la bouche et offre une introduction intéressante à l’univers de Lanmeur.

L’Homme qui Tua l’Hiver : Ici on change de présentation, on quitte le contacteur qui découvre une planète pour suivre une archéologue sur la planète Nédim qui part découvrir le site de Golgeth. Cette histoire va se révéler plus sombre que la précédente, en effet Nedim est une planète où les saisons durent des années et au début de l’histoire on se retrouve au milieu d’un hiver qui dure amenant les villes et la planète à se dégrader. De plus les colons et les indigènes se détestent. Ce texte est vraiment intéressant, déjà parce qu’il permet de découvrir de nouveau un magnifique univers froid, glacial mais brillamment présenté par l’auteur, mais ensuite il nous fait aussi découvrir un nouveau point de vue sur l’influence de Lanmeur qui a colonisé cette planète et transformé les indigènes en esclave. On est loin du grand rassemblement.

L’auteur ne fait pas que nous faire réfléchir sur les colonies, il nous offre aussi un texte qui va mélanger le scientifique, avec Akrèn l’archéologue, et le mystique avec les coutumes des indigènes dont a été élu le héros qui va aller tuer l’hiver. Cette dualité est plutôt bien amenée et apporte une réflexion intéressante sur le texte avec deux visions différentes. Un texte au final vraiment intéressant qui nous dévoile aussi la dépravation des colons qui se croient facilement supérieur aux autres. Par contre, j’avoue ne pas avoir complètement accroché au personnage de Akrèn, l’auteur cherche à en faire un personnage fort, mais elle parait plus entêtée, égoïste et parfois un peu gamine. La conclusion reste ouverte, ce qui plaira ou pas, mais je l’ai trouvé rapide ce qui la rend légèrement frustrante, comme si l’auteur était pressé.

Mille Fois Mille Fleuves : Dans ce texte le premier point intéressant c’est qu’on change de point de vue, ce n’est pas un Contacteur qui nous raconte cette histoire, mais une autochtone d’une planète, Ynis. Sur cette planète l’eau possède une importance capitale et comme à son habitude l’auteur nous offre un univers vraiment magnifique ainsi qu’une société et des traditions vraiment passionnantes à découvrir. L’héroïne a été choisie pour devenir l’épouse d’un fleuve, mais sa vie va se retrouver bouleverser quand elle va rencontrer un contacteur de Lanmeur. Dans ce texte les Lanmeuriens se retrouvent en arrière plan, on suit plus le voyage de Ynis qui, en plus de nous faire découvrir sa planète, va se retrouver entrainer dans une histoire d’amour complexe et dans une lutte de pouvoir qui la dépasse.

Un texte au rythme vraiment lent, mais qui se révèle bien porté par des descriptions de ce monde qui se révèlent clairement fascinantes. Le rythme lent ne veut pas dire ennuyeux, loin de là, car ce récit possède aussi son lot de rebondissements et de retournements de situations bien amenés et entrainants. Mais voilà j’avoue que j’attendais un peu plus de ce texte, déjà concernant les gens de Lanmeur, dont au final ce texte n’apprend pas grand-chose si ce n’est que leur capacité à tout bouleverser est importante, mais aussi plus on avance dans ce texte et plus on se retrouve simple spectateur de cette histoire. Rien de dérangeant, mais je me dis que ce texte aurait gagné peut être à être un peu plus condensé. Cela ne m’a pas empêché de tout de même trouver agréable ma lecture.

 

Les points vraiment fascinants des écrits de l’auteur c’est vraiment cette capacité à nous emporter dans un univers magique, magnifique et pleine de poésie et de mystères ayant chacun son propre code, sa propre mythologie et sa propre façon de penser. C’est cette diversité de monde qui fait entrer avec facilité le lecteur dans l’histoire. Il faut dire aussi que le tout est porté par une plume vraiment agréable, soignée et qui offre ainsi des descriptions vraiment fascinantes et entrainantes. Après concernant les histoires tout n’est pas parfait, que ce soit la gestion des personnages ou du rythme, mais l’auteur arrive toujours à nous offrir un récit agréable, sympathique, certes pas toujours des plus original, mais vraiment plaisant à lire. En tout cas une première intégrale qui m’a fait passer un bon moment et m’a fait découvrir de magnifique régions. Je lirai la suite avec plaisir.

Mon Avis : J’ai passé un bon moment de lecture avec cette intégrale offrant trois textes qui nous font découvrir des univers vraiment fascinants et passionnants, se révélant aussi plein de mystères et de poésie. Les histoires varient et nous offrent des moments agréables avec rebondissements et retournements de situations, même si certaines paraissent assez classiques. Les différents personnages rencontrés se révèlent intéressant à découvrir même si certains se révèlent un peu trop dans l’excès. Au final trois récits différents avec leurs points forts et leurs points faibles qui sont intéressants à découvrir, le tout porté par une plume soignée et efficace. Je lirai la seconde intégrale avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

Anamnèse de Lady Star – L.L. Kloetzer

anamnese de lady starRésumé :Le Satori a balayé l’humanité.
Le plus grand crime jamais commis sur Terre. Un attentat. Une pandémie terrifiante, laissant un monde exsangue, transformé. L’arme utilisée : la bombe iconique. Les coupables en ont été retrouvés, jugés et exécutés. Mais certains se sont échappés.
Parmi eux, une femme, leur inspiratrice, leur muse. Sa simple existence est un risque :  tant qu’elle vit, la connaissance menant à la bombe vit aussi. Elle a disparu, ne laissant aucune trace, pas l’ombre d’une ombre. Des hommes disent pourtant l’avoir rencontrée : savants, soldats, terroristes, ermites… Ont-ils rêvé ?
Voici le récit d’une enquête, d’un jeu de pistes, de l’Asie à l’Europe, des terres dévastées jusqu’aux sociétés hyper-technologiques de l’après-catastrophe, mais aussi dans les archives digitales de notre futur. Avec le plus fou des enjeux : refermer la boîte de Pandore.

Edition : Denoël Lunes d’Encre

 

Mon Avis : Je dois bien avouer qu’après un excellent premier roman, Cleer, nous offrant une histoire fascinante, magique, pleine de poésie et nous proposant une immersion onirique et fantastique dans l’univers d’une multinationale possédant  son lot de surprises (Ma chronique de Cleer ici), j’avais hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer les auteurs dans leur nouveau roman. De plus je trouve le concept de la couverture de ce livre vraiment envoutant et efficace, ce qui ajoute un certain attrait au livre.

Le premier chapitre de ce roman va pourtant légèrement me dérouter, pas que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, loin de là, juste que je ne comprenais pas bien où me menait clairement les auteurs. Puis plus j’avançais dans ce patchwork de témoignages, tous plus ou moins gravitant autour du Satori et de cette muse, plus je me suis senti fasciné par cette histoire et cela pour plusieurs raisons. La première vient déjà de cette traque de Lady Star qui se révèle passionnante  et impressionnante à travers les différents témoignages qui nous sont rapportés.

Rien n’est laissé au hasard, que ce soit dans l’évolution du récit comme dans la construction, et le tout possède une fluidité entrainante au fil des pages pour peu qu’on se laisse porter par le récit qui se révèle bien mené avec son lot de surprises et d’énigmes. Mais surtout on se trouve emporté par le personnage de Lady Star et ses multiples personnalités, chaque témoignage se rapporte à un moment ou à un autre à ce personnage qui se révèle d’une complexité et d’une densité dans sa construction parcellaire qu’on se retrouve fasciné à chaque nouvel élément, chaque bride d’information.

Ensuite ce qui m’a aussi passionné dans ce texte c’est sa construction qui est loin d’être linéaire à travers chacun de ces témoignages, en effet chaque passage, chaque déclaration se révèle être un morceau du puzzle, de l’intrigue, que le lecteur va devoir remettre en place. C’est en fait ce travail entre le l’écrivain et le lecteur qui m’a vraiment plu, le fait que le lecteur ne soit pas au final qu’un spectateur mais qu’il doit ainsi ajuster les différentes parties du casse tête pour bien tout comprendre, tout assimiler.

Ajouter à cela un travail des auteurs sur notre époque, un récit qui ouvre vraiment à réflexion sur énormément de sujets que ce soit la religion, le terrorisme, le pouvoir, les réseaux sociaux, le travail sur la mémoire ou encore sur le fait que pour se considérer « visible » on dépend des autres, de leurs regards, leurs envies , leurs fascinations. Mon seul petit regret dans l’histoire, et encore, c’est les passages un peu « zombie » que j’ai trouvé légèrement décalé dans cette histoire, mais rien de bien dérangeant au final.

Concernant l’univers mis en place par les auteurs il est tout aussi fascinant à découvrir et à imaginer. Mais voilà, il ne se laisse pas capter facilement vu qu’il se révèle être une évidence pour tous les personnages, que ce soit les points de vues sociaux, technologiques ou sur les évènements, il n’est donc pas explicité de façon méthodique et linéaire, mais plutôt morcelé, où le lecteur va devoir s’approprier à sa sauce cet univers. C’est à double tranchant soit le lecteur aime faire travailler son esprit et il se retrouve fasciné, soit il préfère se faire guider de façon claire et il risque de se sentir perdu dans ce roman. Dans tous les cas moi j’ai trouvé ce monde futuriste vraiment intéressant, dense, soigné et surtout qui laisse facilement libre court à l’imagination, à la fantaisie même si cela reste dans une certaine limite. Un univers pleinement SF avec ses êtres d’une autre planète et plus on avance dans le récit, plus les auteurs ouvrent les facettes de la possibilité d’autres mondes, mais je vous laisse découvrir.

Concernant les personnages comme je l’ai déjà dit Lady Star, même si elle est souvent au second plan, se révèle un personnage important et fascinant comme dans sa simple quête au final d’être vue, reconnue et à minima aimée. C’est une Elohim et elle a obligatoirement besoin des autres ce qui se ressent fortement à travers les différents témoignages. Mais voilà il n’y pas que Lady Star dans ce roman, tous les autres personnages qu’on retrouve dans ce roman se trouvent être soit passionnants, soit intéressants et tous se révèlent complexes et denses avec leurs souffrances, leurs besoins et leurs envies. Chaque personnage offre aussi un point de vue différent, une nouvelle approche de ce monde futuriste qu’on découvre, mais aussi de cette société qui survit du mieux qu’elle le peut suite à la catastrophe. Des personnages qu’on aime ou qu’on déteste, mais qui dans tous les cas ne laissent pas indifférent le lecteur.

La plume des auteurs se révèle vraiment dense, travaillée voir même limite sophistiquée, dans le bon sens du terme, mais possède aussi une certaine magie, une certaine poésie  dans la façon de mettre en avant son récit, de le présenter. Une plume plaisante mais qu’il faut, certes, parfois apprivoiser. Au final j’avoue que j’ai adoré la lecture de ce livre à travers cette fresque de témoignages qui nous font réfléchir sur énormément d’aspects avec en ligne de fond la traque d’un personnage emplie de mystère et de fascination. Un roman qui se savoure, lentement, au fil des pages et des témoignages; un roman qui se découvre. Mais voilà il faut aussi bien le mettre en avant ce livre n’est pas non plus un livre facile d’accès, chacun devra se faire son avis, car à travers ces pages il y a autant un travail d’écriture qu’un travail de lecture qui doit être réalisé pour visualiser au mieux cette fresque, cette intrigue. Moi je n’ai pas du tout été déçu de ma lecture et je lirai sans soucis les autres romans des auteurs.

En Résumé : J’ai passé un excellent moment avec ce roman qui nous plonge dans une histoire vraiment fascinante, une traque efficace à travers des témoignages qui dévoilent petit à petit une frise complexe et entrainante. Un roman ou la compréhension est acquise autant par le travail d’écriture que par le lecteur et son travail d’imagination, mais aussi concernant l’assemblage des éléments du puzzle de l’intrigue. L’univers développé par les auteurs se révèlent tout aussi fascinant, mais demande aussi un petit travail pour bien tout assimiler, tout imaginer vu qu’il est déjà connu pour les personnages. Les auteurs nous offrent aussi des axes de réflexions et de travail vraiment intéressante et sur énormément de sujets, le tout sans jamais se perdre, forcer la main au lecteur ou l’ennuyer. Les personnages se révèlent vraiment complexes, fascinants et passionnants à découvrir. Le tout est porté par une plume dense et pleine de magie et de poésie. Mon seul léger regret est la mise en avant d’un monde un peu « zombies » qui est légèrement en décalage par rapport à l’histoire selon moi, mais rien de bien gênant devant la qualité du livre.

 

Ma Note : 9/10

Décade de L’Imaginaire

decade de l'imaginaireRésumé : Il y a quelques semaines la maison d’édition L’Atalante a proposé la Décade de l’Imaginaire. 10 jours de prix attractifs ainsi qu’une nouvelle offerte par jour. Le Thème de l’opération était l’imaginaire Européen.

 

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Dix nouvelles gratuites cela ne se refuse pas vraiment, elles ont donc rapidement rejoins ma PAL (je me répète mais une PAL ça n’existe pas vraiment en version électronique?) pour mon plus grand plaisir de lecteur de nouvelles. Surtout que ces nouvelles regroupent un grand nombre d’auteurs connus et dont j’avais envie d’en apprendre plus sur certains, donc quoi de mieux qu’une nouvelle pour s’en rendre compte.

L’Ouragan de Jean-Marc Ligny. Je n’avais encore jamais lu un texte de l’auteur malgré tous les bons échos que j’avais entendu, cette nouvelle m’a donc permis de corriger ce fait et de me faire un avis. Je dois dire que ce texte m’a bien accroché, une histoire poétique d’un couple sur fond de ravage climatique et environnemental cher à l’auteur si j’ai bien compris. Mais voilà, autant j’ai été fasciné par tout ce qui concerne le brackground de ce mon en pleine agonie, autant, j’avoue, j’ai eu un peu de mal à vraiment entrer dans la vie de ce couple ou le temps à créer une sorte de lassitude, de routine dans leur histoire. Ils m’ont paru un peu plat dans la première partie du texte. Au final un texte intéressant, percutant et intelligent, avec peut-être plus de pages je me serai probablement plus facilement attaché à ces personnages.

Le Peuple des Signeurs de Olivier Paquet. Je ne peux pas trop parler de cette nouvelle, vu qu’il s’agit d’un chapitre tiré du second tome du Melkine. Ayant déjà lu le roman, il m’est un peu difficile de parler de ce texte hors de tout le contexte du roman, mais selon moi il s’agit d’une nouvelle intéressante pour découvrir l’univers foisonnant des romans.

Raoul des Crapauds de Sylvie Denis. Bon, là, j’avoue, je suis resté assez imperméable à ce texte. Je dirais que ça ne vient ni de moi ni vraiment de l’auteur, mais du texte en lui-même qui est en fait une nouvelle fortement liée à un roman existant. J’ai clairement eu l’impression que, sans avoir lu le roman, il m’était impossible d’avoir toutes les clés pour bien comprendre cette nouvelle. Il manquait clairement d’informations, que ce soit sur le but du voyage des héros ou de l’école, mais aussi au niveau de la chute qui, je l’avoue, m’a frustré, car j’avais clairement l’impression qu’il devait y avoir une suite derrière, c’était pas possible autrement. Ce texte donne vraiment l’impression d’avoir été extrait d’un roman plus long.  Je pense que ce texte n’était pas le meilleur texte pour découvrir cette auteur, il faudra que je me rattrape un jour sur un de ses romans.

Drame de Troll de Terry Pratchett. L’auteur nous offre, comme à son habitude avec cette nouvelle, un texte rempli d’humour et d’ironie sur la condition des héros, mais aussi sur la vie, pas toujours facile et pas toujours rose, des Trolls. Un texte efficace et rafraichissant qui nous présente un héros qui se radoucit avec l’âge et dont chaque personnage a quelque chose à dire ou à se plaindre. L’intrigue reste très simple, mais l’auteur arrive facilement à en tirer énormément de choses, que ce soit par son aspect fantaisiste, plein de mélancolie, qui joue sur les traditions et sur le fait que, finalement, c’était peut-être mieux avant ou encore à travers un panel de personnage intéressant. Dommage que le texte soit si court.

Nouvelle Vie de Pierre Bordage. Voilà un texte intéressant de l’auteur qui développe, à travers un futur sombre, des sujets vraiment captivants tel que le monde de la recherche, la puissance des groupements pharmaceutiques, les problèmes d’une société de plus en plus endetté ou encore l’esclavage. Des sujets qui se révèlent très contemporains et nous rappelle d’une certaine façon notre société et ceux vers quoi elle tend. Mais voilà, j’ai trouvé les personnages un peu abstraits, s’il manquait un peu de profondeur et aussi un léger manque d’émotion, surtout vis-à-vis du twist final qui ne m’a marqué qu’à moitié. Peut-être que cette histoire aurait mérité un traitement plus long qu’une nouvelle. En tout cas ça reste un texte sympathique et qui fait réfléchir.

La Stratégie du Requin de Jean-Claude Dunyach. Ce texte fait partie de mes préférés concernant les nouvelles de la décade. Jean-Claude Dunyach fait partie de ses auteurs dont j’ai tellement entendu parler que j’ai un peu peur de me lancer. Ce texte m’a clairement fait changer d’avis, nous offrant une plongée dans un univers cyberpunk fascinant, dense et travaillé où l’auteur compare la plongée des hommes dans la dimension informatique à la plongée maritime. Un texte qui ne laisse rien au hasard entre manipulations, surprises et rebondissements. J’ai été happé par ce récit foisonnant d’idées et à la conclusion surprenante malgré, c’est vrai, il faut bien l’avouer, une narration un poil trop longue par moment. En tout cas je lirai d’autres œuvres de l’auteur sans soucis.

Fractal de Vincent Gessler. Une nouvelle vraiment intéressante que nous propose là l’auteur. On va suivre dans cette nouvelle la vengeance d’un homme qui a tout perdu, que ce soit sa famille ou sa vie jusqu’à avoir été abusé dans sa jeunesse. L’auteur foisonne d’idées, de rebondissements, mais aussi de réflexions que ce soit sur l’influence des laboratoires et des industries, de la religion ou encore concernant cet univers futuriste. Mais voilà le surplus d’idées nuit un peu, à mon avis, au récit, il donne l’impression à l’auteur de parfois partir dans tous les sens. Ajouter à cela le fait que toutes les souffrances du héros soient la faute, au final, d’une seule personne m’a paru un peu trop facile pour la construction de cette nouvelle. Mais ce texte reste agréable à lire avec une plume efficace et entrainante et des idées intéressantes.

La Sorcière Égarée de la Citadelle Silencieuse de Michael Moorcock. Avec cette nouvelle l’auteur cherche à nous offrir une histoire un peu western dans un univers de SF avec le héros solitaire qui doit aller sauver une jeune fille. Alors, je ne vais pas le cacher, l’histoire se révèle assez simple, mais pourtant efficace par son aspect sombre, pleine de rebondissements et le tout porté par une plume entrainante. L’autre nous offre un univers vraiment intéressant, apocalyptique, multi-planétaire avec aussi cette idée sur la disparition de l’eau. Dommage que sur la fin l’auteur manque de finesse parfois, principalement dans la ruse du héros pour s’en sortir lors de la bataille finale qui, clairement à mon goût, m’a paru tirée par les cheveux. Au final une nouvelle qui se laisse lire de façon agréable et se révèle sans temps morts.

L’Envol du Faucon Sagittal d’Andreas Esbach. Cette nouvelle se révèle être un joli conte initiatique avec comme trame le rêve du héros qui est d’aller toucher les étoiles. Un texte vraiment bien écrit, plein de poésie et de mélancolie ou le héros va tout donner pour réaliser son rêve. Autre intérêt du texte c’est le monde futuriste que nous dévoile l’auteur, un univers vraiment magique et magnifique qui donne clairement envie d’être visité, que ce soit pour sa faune, sa flore ou encore pour leur façon de vivre. Mon seul regret est que finalement ce texte soit clairement balisé, manquant de surprise et qu’il possède une légère naïveté à mon goût. Mais rien de bien gênant tant l’histoire emporte le lecteur vers ce rêve et ces étoiles.

Ce que Chuchotait l’Eau d’Anne Fakhouri. Je dois bien avouer que dès les premières lignes j’ai eu un peu peur avec ce texte tournant autour de la légende Arthurienne. Attention pas que je n’aime pas cette légende, juste, j’ai l’impression qu’on l’a tellement reprise qu’il est devenu très difficile de se renouveler. Et pourtant l’auteur a réussie à me convaincre, nous faisant découvrir un peu plus en avant Keu le frère nourricier du Roi, dont on découvrira la cause de son aigreur et de son arrogance, mais surtout en reprenant les classiques du genre pour mieux les détourner d’une certaine façon. Une fois ce texte lu on ne verra plus la reine Guenièvre ou encore la cour du roi de la même façon. Cela en surprendra plus d’un, mais moi j’ai aimé. Un texte qui va aussi mélanger magie et mystère de façon efficace et le tout toujours porté par une plume efficace et fluide. Je reprocherai juste un Deus Ex Machina qui m’a un peu surpris dans la conclusion.

En Résumé : Je trouve l’initiative de L’Atalante lors de cette décade de l’imaginaire vraiment intéressante, Offrir 10 nouvelles de différents auteurs permet de se rendre compte avec intérêt de ce qui se fait actuellement dans l’univers imaginaire européen. Au final j’ai passé un agréable moment de lecture à travers ces 10 nouvelles et même si elles ne sont pas toutes au même niveau j’ai envie d’en apprendre plus sur des auteurs que je n’ai encore jamais lu, mais aussi d’attendre avec encore plus d’impatience les prochaines sorties d’auteur que je connaissais déjà.

 

chalenge

Challenge JLNN 8ème lecture

Everness Tome 1, L’Odyssée des Mondes – Ian McDonald

everness 1Résumé : Londres, de nos jours. Everett assiste au kidnapping de son père, par de mystérieux hommes en noir. Pourquoi a-t-on enlevé ce scientifique renommé? Et pourquoi la police doute-t-elle de son récit ? Quand l’adolescent reçoit un fichier qui révèle l’existence de mondes parallèles, il part à la recherche de son père et atterrit dans un autre Londres, silloné de zeppelins, comme « l’Everness ». Le curieux équipage de ce dirigeable – une jeune pilote intrépide, une capitaine courageuse et un second citant la Bible – va l’aider dans sa quête dangereuse…

Edition : Gallimard

 

Mon Avis : Ce livre à un peu fini par hasard aussi rapidement dans ma PAL, en effet je savais que Ian McDonald avait écrit une trilogie, plus jeunesse que ses précédents écrits, mais je ne savais pas qu’une date de publication avait été fixée chez nous. Il a fallu l’aide d’une main innocente pour me mettre ce roman dans les mains par hasard, qui a donc fini directement dans ma PAL tant les écrits de l’auteur ne m’ont jamais déçu jusque maintenant. Puis il faut bien l’admettre je trouve la couverture, illustrée par Benjamin Carré, vraiment magnifique.

J’avoue, je partais quand même avec un léger a priori, ce roman étant la première incursion d’un auteur qui m’a toujours offert des romans adultes vraiment denses, complexes, travaillés et soigné, par conséquent je me demandais bien ce qu’allait pouvoir nous proposer l’auteur à travers ce roman qui cherche à toucher un public plus large. Au final je n’ai pas été déçu de ma lecture qui s’est révélé vraiment efficace, entrainante et rafraichissante. Bien sûr, je ne vais pas le cacher, on ne retrouve pas le même niveau de travail et de complexité de ce que propose les romans adultes de l’auteur, mais il nous livre un roman accessible, à l’intrigue captivante et pleine d’aventures et de surprises. On est très vite emporté par l’histoire de cet adolescent dont la vie va basculer après le kidnapping de son père et qui va découvrir l’existence de mondes parallèles.

Clairement le roman nous happe dès les premières pages, le père du héros se faisant kidnapper dès les premières pages, ne relâchant jamais la tension et le rythme, ce qui fait que le lecteur se laisse vraiment porter au fil des aventures et des pages. L’auteur manie efficacement les rebondissements et les surprises, même si parfois ça va peut-être un peu trop vite et un peu trop facilement ou bien encore certain aspects acceptés un peu trop rapidement, mais rien de gênant. Surtout l’auteur arrive à reprendre des aspects classiques et déjà-vus tout en les intégrant parfaitement dans son histoire et son univers SF, je pense particulièrement à l’équipage du dirigeable qui fait clairement penser à des sortes de pirates avec même un des membres qui cite la bible. L’intrigue est intéressante et efficace avec son lot de surprises même si j’avoue, connaissant l’auteur, j’attendais à quelque chose d’un peu plus complexe, mais, comme je l’ai dit l’auteur, compense cela par un rythme entrainant, rapide et passionnant et surtout ne tombe jamais non plus dans l’excès de facilité.

Mais l’une des grandes réussites de l’auteur est le travail qu’il a effectué sur les mondes parallèles et l’univers qu’il nous propose. Il nous offre ainsi un Londres qui n’a jamais connu le pétrole et vit à l’électricité produite du charbon. Un Londres complètement Steampunk qui se révèle fascinant avec son univers aérien, ses dirigeables, mais aussi le mélange entre les aspects vraiment rétro et les aspects futuristes des technologies. Mais surtout l’auteur, comme à son habitude, met bien en avant les aspects multiculturels, le héros ayant par exemple des origines Indiennes, mais aussi dans le monde parallèle avec son jeu de langage, son jeu de pouvoir ou encore ses différences avec une sorte de frontière entre les « aériens » et les autres. Autre point vraiment intéressant l’auteur ne laisse pas de côté l’aspect scientifique, alors bien entendu il reste facilement abordable, mais je pense que quelques connaissances aident quand même à bien appréhender les choses. Puis bon un roman qui cite Doctor Who c’est toujours sympa.

Concernant les personnages l’auteur nous offre des personnages vraiment intéressants et fascinants au fil des pages, je me suis facilement accroché au jeune Everett par son côté geek et amoureux des sciences. Les personnages qui viennent graviter autour de lui se révèlent aussi tous travaillés et efficaces, que ce soit l’équipe de l’Everness complètement décalé comme par exemple Sen jeune fille branchée et barrée, mais aussi Charlotte Villiers qui offre une ennemie à notre jeune adolescent complètement glaciale et sans pitié. Le seul problème est le fait que le héros à du mal à faire son jeune âge de 14 ans, il est vraiment mature, surtout possède un génie assez impressionnant principalement dans les sciences et possède uns capacité d’assimilation parfois surprenante. Moi personnellement je n’ai pas été dérange plus que cela même si on tique une fois ou deux, mais j’imagine bien que certains lecteurs risquent d’être surpris.

La plume de l’auteur se révèle vraiment entrainante, efficace tout en gardant une certaine complexité, que ce soit dans l’aspect scientifique ou dans les descriptions, même s’il ne faut pas se leurrer on est loin de ce que peut bien proposer l’auteur dans ses romans adultes. Ce qui ne l’empêche pas de nous offrir une histoire vraiment efficace, haletante, sans temps morts et pleine de surprises et de rebondissements maîtrisés et cohérents. Il ne fait aucun doute que je lirai la suite avec plaisir en espérant une seule chose, que l’auteur ne tombe pas trop facilement dans une intrigue à tentative de simple domination de multivers. Dans tous les cas je suis content de ma lecture.

En résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman jeunesse qui nous propose une histoire entrainante, efficace et pleine de surprises. Alors, bien sûr, on n’est pas au même niveau de densité et de complexité que les romans adultes de l’auteur, mais le tout est compensé par un rythme soutenu et reste intelligente et soignée. L’univers développé par l’auteur est l’un des points forts du récit avec un Londres Steampunk des plus fascinant, le tout porté par des personnages travaillés et passionnants, je trouve juste dommage que le jeune héros ne fasse pas son âge par certains comme sa trop grande maturité ou son intelligence. La plume de l’auteur est vraiment entrainante malgré parfois certaines situations débloquées un peu trop facilement. En tout cas je lirai la suite avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

La Mort du Melkine – Olivier Paquet

la mort du melkineRésumé : Le développement de la communication instantanée dans l’espace a bouleversé l’Expansion. Les Fréquences s’affrontent pour étendre leur influence, effaçant les conditionnements culturels. À ce jeu, la Technoprophète se révèle la plus brutale et la plus engagée des conquérantes.
À l’écart de ce conflit, les anciens élèves du Melkine cherchent leur place dans cet univers. Théo est retourné sur Giverne et ses mystérieux arbres de verre, rêvant du jour où il retrouvera les étoiles, tandis que sa femme, Myriam, tente d’assurer une vie confortable à leur famille.
Quand ils reçoivent la visite d’Ismaël, ce n’est plus l’adolescent chassé du vaisseau mais le dirigeant de Crépuscule, la seule Fréquence capable de rivaliser avec Banquise. Quinze années ont passé, que reste-t-il des serments d’amitié et des promesses ?
Insensible à ces enjeux, le Melkine poursuit son voyage dans l’espace. Cependant, tôt ou tard, Arthur, Indira et Alexandre, comme tous les professeurs, devront choisir leur camp ou disparaître.

Edition : L’Atalante

 

Mon Avis : Le premier tome de la trilogie, Le Melkine, nous offrait un Space Opera intelligent et à l’univers intrigant, mais il donnait surtout l’impression d’être un tome d’introduction qui servait principalement à mettre en place les bases de l’histoire et les personnages et j’avais donc hâte de voir ce qu’allait bien pouvoir nous proposer l’auteur pour la suite (Ma chronique du Tome 1 ici). Par conséquent quand j’ai vu que sortait ce tome 2 je n’ai pas attendu longtemps avant de le faire rentrer dans ma PAL. Puis il faut bien l’avouer je trouve la couverture, illustrée par Manchu, vraiment magnifique.

Après un premier tome qui nous offrait un voyage fascinant dans l’espace et le Melkine, ce deuxième tome change la donne, fini le temps de l’apprentissage et de la découverte, 15 ans se sont écoulés, les élèves du Melkine sont devenus grands et doivent maintenant faire face à ce qu’ils sont et doivent faire des choix qui risquent d’amener des bouleversements. D’ailleurs le premier chapitre nous met directement dans le bain et nous montre que le monde a changé, la guerre approche, l’adolescence et ses rêves c’est terminé. Le fil rouge de l’intrigue se dévoile un peu plus dans ce tome, dévoilant ses machinations, ses influences et ses jeux de pouvoir depuis l’apparition de la communication instantanée dans l’espace qui a bouleversé l’univers entier. Un tome, comme le premier loin d’avoir un rythme effréné, mais qui se lit avec plaisir et cherche vraiment à faire réfléchir le lecteur.

Car oui, ce tome offre pas mal d’axes de réflexion comme par exemple l’aspect culturel des populations, leurs absences de réflexions dû à leur conditionnement qui les enferment,  mais aussi l’influence de l’image et de l’ouverture de « l’univers » avec l’apparition de moyens technologiques qui permettent de connecter tout le monde, n’importe où, n’importe quand, mais  qui, sans préparation, offre une image faussée et trop souvent idyllique. Une réflexion qui reste, au final très contemporaine, que l’auteur développe à travers une guerre qui, finalement, se révèle à sens unique, car tous les camps veulent effacer les conditionnements, mais les méthodes diffèrent entre le faire de force sans aucun logique ni construction, ou amener les gens à avoir leurs réflexions propres. Mais surtout un tome qui, comme je l’ai dit, repose clairement sur les choix, des choix toujours difficiles, mais humains et qui doivent être faits par les personnages, mais aussi le choix des gens de se laisser ou non manipuler par des images.

Mais voilà il y a quand même certains points qui m’ont légèrement dérangé, déjà l’auteur a beau développer son intrigue, on reste énormément dans le flou, j’imagine bien que l’auteur veut garder certaines révélations, mais entendre certains héros annoncer l’importance de tel ou tel point sans explication est parfois frustrant. De plus l’auteur utilise parfois la narration omnisciente et parle du futur de certains personnages, c’est dommage, car on perd un peu de la beauté de certains gestes. Mais bon rien de bien méchant car au final l’auteur nous offre une œuvre maîtrisée, certes au rythme lent, mais qui m’a captivé et fait réfléchir, le tout porté par une plume soignée, travaillée et pleine d’imagination.

Concernant l’univers l’auteur continue à le développer et il se révèle vraiment foisonnant culturellement, vu que chaque planète se révèle conditionnée de façon différente. Ce tome met d’ailleurs plus l’accent, à mon goût, sur les planètes. L’auteur varie avec des mondes et des cultures aussi bien poétiques et magiques comme les signeurs, mais aussi d’autres issues de notre passé tel que la planète des Hussards Autrichiens par exemple. Surtout l’auteur nous met en avant l’effet pervers du conditionnement qui rend les populations sans substances n’offrant de vivre qu’une vie limite déjà écrite avec en parallèle le tout connecté qui offre un rêve magique, mais souvent factice. Un univers dont, au final, j’ai envie d’en savoir plus, surtout après une conclusion qui offre des ouvertures intéressantes concernant certaines planète.

Concernant les personnages on tourne dans ce tome autour de principalement trois personnages que sont Théo, Myriam et Ismaël, des anciens élèves du Melkine qui sont devenus adultes. Des personnages complexes, souvent perdus entre leurs rêves, leurs envies profondes et leurs obligations d’adultes. Des personnages vraiment attachants, complexes et soignés dont l’auteur arrive par moment à retranscrire les émotions, les choix et les interactions avec force et passion. Des personnages qui ne m’ont pas laissé indifférent et dont il est vraiment impossible de les juger, loin de tout manichéisme. Là où je reprochai parfois un côté un peu froid dans le tome précédent, ici beaucoup repose justement sur les liens des personnages, leurs émotions. Les autres personnages sont tout aussi intéressants, que ce soit les nouveaux comme les anciens, même si j’avoue j’aurai aimé en savoir plus sur l’évolution de certains anciens du Melkine, mais je ne doute pas qu’on en apprendra plus dans le troisième tome.

Au final un second tome qui développe plus l’histoire que le premier mais surtout offre des axes de réflexion intéressants. J’ai hâte de savoir ce que va proposer l’auteur dans le troisième et dernier tome.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment avec le second tome du cycle sur Le Melkine qui nous offre une histoire, certes au rythme assez lent, mais complètement maitrisée par l’auteur avec énormément d’axes de réflexions sur le conditionnement culturel mais aussi sur l’apport de la technologie. L’univers développé par l’auteur est toujours aussi fascinant, toujours aussi foisonnant que ce soit du point de vue des peuples mais aussi des cultures. Les personnages sont vraiment attachants et retranscrits avec force, le tout porté par une plume soignée et efficace. J’ai juste deux points qui m’ont dérangé le fait que, malgré que l’intrigue principale se développe, l’auteur cherche parfois à garder l’effet de surprise ce qui frustre un peu le lecteur, et aussi parfois la narration qui utilise l’omniscience et évoque le futur de certains personnages ce qui diminue la force de certains actes. Rien de complètement rédhibitoire car je lirai le troisième tome avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

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