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Les Enfers Virtuels, Tome 2 – Iain M. Banks

les enfers virtuels 2Résumé : Les tenants et les opposants des Enfers Virtuels, géhennes informatiques où souffrent sans fin les avatars de ceux qui ont transgressé les règles de certaines civilisations, se sont livré une guerre sans merci. Jusque-là dans le Virtuel. Sans morts ni blessés physiques. Mais cette guerre menace de se déplacer dans le Réel au mépris de tous les accords. Car les opposants aux Enfers, en train de perdre, sont prêts à faire monter les enchères. Lededje n’a pas renoncé à se venger de Veppers. Elle a convaincu le navire En dehors des contraintes morales habituelles, dont la réputation est pire encore que son nom ne le laisse supposer, de l’emmener dans le système sichultien. Demeisen, l’avatar du vaisseau, a ses propres projets et apparemment quelques moyens tactiques. Veppers, de son côté, se prépare à trahir ses ennemis comme ses amis. tout cela risque de mal finir à l’échelle galactique. Même si la Culture y ajoute son grain de sel. Car elle n’est pas seule dans la Galaxie. Voici la seconde partie du nouveau roman du cycle de la Culture.

Edition : Robert Laffont Ailleurs & Demain

Mon Avis : Après un premier tome qui nous offrait une histoire, mélange des genres de la SF, qui se révélait clairement prenante, efficace et surtout accessible (Chronique du Tome 1 ici), j’avais hâte de voir comment l’auteur allait conclure cette histoire sur Les Enfers Virtuels. À noter que j’ai beau parler de Tome, en VO ce livre est sorti en un seul tome. La couverture, toujours illustrée par Manchu, est toujours aussi réussi  et magnifique à mon goût.

On reprend l’histoire là où on l’avait quitté à la fin du tome précédent, les lignes d’intrigues commencent à se résoudre doucement et à apporter leurs réponses dans cette guerre des enfers. L’histoire se révèle toujours aussi intéressante à découvrir et passionnante, principalement grâce aux différents personnages et leurs aventures qui apportent ainsi différents points de vue dans cette bataille et multiplie ainsi de façon efficace les explications et interprétations. L’auteur continue aussi à faire réfléchir le lecteur, même si l’aspect « action » prend un peu plus de place dans ce second tome, il continue à pousser le lecteur à se poser des questions que ce soit sur les aspects religieux, principalement sur ce que l’homme peut faire au nom de la religion, mais aussi sur des aspects humains que ce soit vis-à-vis du pouvoir, de l’argent ou encore de la vengeance.

Mon seul léger regret concernant l’intrigue est le fait qu’une certaine sous-intrigue n’apporte quasiment rien au fil rouge principal, elle donne plus l’impression d’être là pour amener un côté humain et émotionnel à l’histoire ainsi qu’à la découverte de ces enfers, mais qu’elle soit présente ou non n’aurait rien changé au dénouement de l’intrigue principale. Au final rien de bien gênant, car cette sous-intrigue reste intéressante à découvrir, mais j’aurai aimé qu’elle soit peut-être plus imbriquée dans l’histoire. Cela n’empêche pas l’histoire de monter doucement en régime et en puissance au fil des pages, tout en gardant un rythme qui permet le développement de tous les aspects de l’intrigue, pour aboutir à une conclusion efficace et pleine de surprises. Dommage par contre que les combats dans l’espace reposent souvent sur une visualisation écran plutôt que sur l’aspect réel et vivant de la bataille car vu que le personnage regarde un écran on a plus l’impression parfois de jouer à Space Invader, avec des triangles et des ronds, que de découvrir une vraie bataille explosive et nerveuse.

Concernant l’univers l’auteur garde toujours les mêmes aspects que dans le tome un (logique), nous offrant donc un univers toujours aussi foisonnant et passionnant à découvrir. Un univers qui ne manque pas non plus de complexité et de densité, que ce soit à travers les différents peuples, les différentes technologies ou bien encore les différentes cultures et aspects politiques que développe l’auteur. Il continue aussi à nous présenter les Enfers qui se révèlent plus ambigus, mais toujours aussi sadiques. Un univers qui me donne envie d’en découvrir plus sur la culture, sur l’aspect futuriste, technologique et un peu cyberpunk que j’ai clairement apprécié.

Une des forces de ce livre reste la palette de personnages très hétéroclites que nous présente l’auteur. Ils se révèlent tous complexes, denses, soignés, mais surtout possèdent leurs personnalités propres ainsi que leurs émotions et ressentis. Surtout cette seconde partie va mettre en avant des personnages qui manquaient un peu de force dans le premier tome tel que Chay qui va complètement sortir de son rôle initial pour nous offrir finalement un personnage plus complexe que le laissait présager le premier tome. Mais le personnage le plus fascinant reste Demeisen, l’avatar d’un vaisseau de la Culture, une machine avec son grain de folie qui ne manque pas de fasciner. Par contre, je reste un peu déçu de Lededje qui finalement reste coincée dans son rôle de vengeresse, ce qui lui offre une conclusion à sa haine en demi-teinte qui satisfait tout le monde sans non plus complètement passionner ni convaincre totalement.

La plume de l’auteur est toujours aussi agréable, fluide et efficace le tout sans jamais se révéler trop pointu ou complexe, offrant ainsi une histoire vraiment efficace, intéressante et possédant son lot de surprises et de rebondissements. La conclusion proposée par l’auteur colle parfaitement à l’histoire et se révèle efficace malgré le fait, comme je l’ai dit, qu’une ligne d’intrigue secondaire a du mal à vraiment se raccrocher, servant plus le côté émotionnel et philosophique. Un roman qui m’a convaincu de lire d’autres romans de l’auteur ainsi que d’autres histoires du cycle de la Culture.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un très bon moment de lecture avec ce second tome qui vient clore efficacement cette histoire. L’intrigue se révèle toujours aussi plaisante et efficace même si certaines intrigues secondaires manquent de connexion avec le fil rouge principal. L’univers se révèle toujours aussi foisonnant et intéressant et, à lui seul, me donne envie d’en découvrir plus sur la culture. Les personnages sont vraiment denses, complexes et certains sortent de façon surprenante ce que laissait entrevoir le premier tome. Par contre j’ai trouvé le personnage de Lededje au final un peu convenu. La plume de l’auteur est toujours aussi efficace et fluide, ne tombant jamais dans le trop pointu. Je regrette aussi que les batailles soient restées au niveau des écrans ce qui enlève un peu du côté nerveux d’une bataille vécue de façon visuelle. Dans tous les cas je lirai d’autre romans de l’auteur.

Ma Note : 8/10

Les Enfers Virtuels, Tome 1 – Iain M. Banks

les enfers virtuels 1Résumé : Veppers est l’homme le plus puissant et le plus corrompu de son système stellaire, le Sichultien, dans l’Amas de Ruprine. Lededje est son esclave, marquée à vie par une intaille, tatouage fractal qui lui a été infligé à la suite de la banqueroute de son père. Sur Ubruater, les dettes sont familiales, et c’est ainsi que Lededje a perdu la liberté.Alors qu’elle tente de s’enfuir, elle blesse Veppers qui la tue. Mais avec la Culture, rien n’est jamais simple. Ni définitif. Et Lededje, qui tient à se venger de Veppers, se trouve engagée dans un voyage à travers la Galaxie sur fond de ce qui peut devenir une guerre dans le Réel. Une extension regrettable de la guerre dans le Virtuel qui oppose depuis des décennies les tenants des Enfers Virtuels et leurs opposants.
La Culture n’a pas encore officiellement pris parti pour l’un ou l’autre camp. Mais elle n’aime ni l’idée des Enfers Virtuels ni la perspective d’une Guerre dans le Réel. Et la vendetta de Lededje pourrait bien avoir sa place dans ses projets.

Edition : Robert Laffont Ailleurs & Demain

 

Mon Avis : Iain M. Banks fait partie de ses auteurs qui ont marqué la Science-Fiction, principalement avec son cycle de la culture. Pourtant, je dois bien l’avouer, je n’ai encore jamais lu un roman de l’auteur. Il y a quelques jours j’ai donc décidé de mettre un livre de l’auteur dans ma liste de livres, c’était quelques jours avant que le décès de l’auteur soit annoncé. J’ai décidé de commencer mon entrée dans le cycle de la culture par ce livre, Les Enfers Virtuels, que j’avais dans ma PAL, vu que chaque roman de ce cycle peuvent être lus indépendamment. À noter la très belle couverture illustrée par Manchu. Par contre je pousse mon coup de gueule habituel, pourquoi couper ce livre en deux? En tout et pour tout le livre fait environ 650 pages, de plus en VO le livre est sorti en un seul tome donc va falloir m’expliquer (enfin je pense savoir c’est, une question d’argent).

J’ai passé clairement un bon moment avec ce roman qui nous offre une histoire qui mélange les genres efficacement tel que le Space Opera, le Planet Opéra ou encore un léger ton de Cyberpunk avec toutes ces virtualités et simulations. À partir de là l’auteur a vraiment réussi avec brio à nous offrir une histoire efficace et cohérente. L’auteur est parti du postulat de départ que l’âme des gens, sauvegardée grâce à la technologie, pouvait être envoyée en enfer ce qui a amené une guerre virtuelle entre les pro et les anti-enfers. L’auteur a alors  construit une histoire que j’ai trouvée vraiment intrigante et passionnante, bien construit et amenant sont lot de réflexions et d’idées vraiment intéressantes tout en offrant son lot d’action.

En effet l’auteur en plus d’offrir une histoire complexe et dense pousse aussi à à la réflexion le lecteur que ce soit sur des aspects plus religieux, malgré un monde futuriste, avec ces enfers, mais aussi sur des aspects plus politiques de manipulations, de trahisons. L’auteur nous offre aussi, comme souvent dans ce genre de romans, un axe de réflexion sur l’humanité et aussi sa différence avec les machines et les IA, mais que j’ai trouvé efficace, évitant clairement de tomber dans les stéréotypes et le tout de façon efficace, évitant les machines supérieures aux humains, offrant parfois même une nuance de « folie » aussi dans certaines IA. Il ne faut pas le cacher l’histoire possède un rythme maîtrisé mais assez lent, ce n’est en rien péjoratif, au contraire, à mon avis ça permet de bien développer les points mis en avant, mais cela pourrait frustrer certains qui chercheraient un texte vif et enlevé. Par contre, certaines longueurs se font parfois ressentir, rien de bien gênant, car l’œuvre en soi reste tout de même efficace mais peut se révéler légèrement ennuyeux.

Concernant les personnages je dois dire que l’auteur arrive à nous offrir des personnages vraiment complexes, denses et travaillés, une palette de personnages vraiment étendue, qu’ils soient humains, aliens ou machines. On se trouve facilement emporté, selon moi, par leurs aventures et ce qui va les mener à certaines actions et certains choix, même si par moment on a parfois un peu de mal à voir encore la relation entre les personnages et l’intrigue principale que tisse l’auteur. Des personnages humains en quête de vérité, de vengeance et qui doivent faire des choix qui vont parfois les changer complètement. Au final des personnages souvent attachants et accessibles.

Concernant l’univers mis en place par l’auteur il est vraiment intéressant et passionnant, l’auteur a vraiment réussi à développer une société futuriste complexe et efficace où les races sont classées par niveau technologiques, mais n’empêche pas les influences et manipulations qu’on soit considéré sous ou sur-développé. Rien que pour l’univers mis en place par l’auteur j’aurai sûrement d’autres romans du cycle de la Culture tant il se révèle étendu et riche. Par contre, les enfers que nous présente l’auteur sont vraiment durs, violents, emplis de souffrances et appellent à réfléchir sur ce qu’on est prêt, parfois selon nos convictions, à infliger à nos compatriotes. Que ce soit les aspects religieux, sociaux, comportementaux ou encore technologique l’auteur offre un monde foisonnant et complexe. De plus, l’auteur développe, dans cette histoire, l’aspect sur la guerre, virtuelle, réelle et les raisons qui poussent à la faire, à se déchirer, le faisant de façon parfois surprenante mais efficace.

La plume de l’auteur se révèle vraiment fluide et efficace, qui nous fait entrer facilement dans ce récit complexe, dense, dans un univers foisonnant, le tout sans jamais vraiment perdre le lecteur, malgré parfois quelques longueurs. Par contre, l’auteur utilisé beaucoup d’acronymes qu’il définie une seule fois seulement malgré les réutilisations ultérieures, il serait alors intéressant d’avoir peut-être un lexique pour ne pas complètement oublier leurs significations au cours du récit. De plus, vous devez vous en douter, mais la coupe du récit est frustrante, surtout quand on sait qu’à la base ce n’est qu’un seul roman. Heureusement que j’avais la suite dans ma PAL.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment avec ce roman qui nous offre une histoire vraiment efficace, dense et complexe et qui pousse clairement le lecteur à réfléchir sur des aspects vraiment intéressants, malgré il ne faut pas le cacher, quelques longueurs ici ou là. Le rythme lent permet clairement à l’auteur de bien construire ses différentes lignes d’intrigue. Les personnages sont vraiment denses, complexe et travaillés, mais surtout se révèlent humains et attachants tout au long de cette première partie. L’univers développé par l’auteur est vraiment fascinant que ce soit par son aspect futuriste et sa technologie, ou encore par sa construction et les différents peuples présentés. L’auteur possède une plume efficace et entrainante qui nous plonge facilement dans le récit. Un lexique pour les différents acronymes de l’auteur aurait été un plus. Par contre, je ne comprends toujours pas l’utilité de couper un livre en deux.

 

Ma note : 8/10

Utopiales 2012, Anthologie – Collectif

anthologie-utopiales-2012Résumé : Et si les extraterrestres nous observaient la nuit ? Et si l’on pouvait se concentrer à l’extrême sur un seul sujet ? Ou connaître tout notre avenir depuis l’enfance ? Ou bien avoir des rendez-vous réguliers avec un visiteur du futur ? Et si on pouvait désinventer des inventions ?

 

Edition : Actu SF

 

Mon Avis : Pour ma première participation aux utopiales je suis donc reparti avec l’anthologie du festival qui, il faut bien l’avouer, offrait un sommaire et un panel d’auteurs vraiment intéressant. De plus cette anthologie est aussi un hommage rendu à Roland C. Wagner, auteur connu et reconnu, qui a énormément contribué aux utopiales. Ajouter à cela le thème de cette anthologie qui est « Origines », qui donne vraiment envie de savoir ce que pouvait proposer les auteurs et voilà un livre qui a rapidement rejoint ma PAL. La couverture, illustrée par Nicolas Fructus, est vraiment réussie et magnifique selon moi. Comme d’habitude avec les recueils que je lis, je vais chroniquer chaque
nouvelle.

Origo de Pierre Bordage. Voilà une courte nouvelle qui nous plonge dans l’origine de l’univers à travers le voyage d’un équipage. Un texte, certes peu original sur la forme et le fond, mais qui se révèle plaisant à lire et plutôt bien écrit, mais surtout un texte que j’ai trouvé humain, avec cet équipage abandonné par tous. Une histoire efficace grâce à une conclusion intéressante et possédant sa magie propre. Par contre, selon moi, ce texte aurait mérité peut être d’être plus développé sur certains aspects qui sont justes survolés et m’ont légèrement frustrés de ne pas en savoir plus. Rien de dérangeant en tout cas.

Fae-Space de Sara Doke. Cette nouvelle est un véritable mélange des genres, entre fantasy et SF avec l’association du peuple des Fae (ou fées) dans le space-opera et le voyage spatial à la découverte d’un peuple extra-terrestre. Un texte qui se révèle vraiment efficace et qui va nous faire réfléchir sur l’Humanité, sa relation avec soi-même et surtout avec les autres qu’elle ne comprend pas toujours. Un texte bien écrit, bien amené et qui appelle clairement à la tolérance et à la collaboration entre les différents peuples. Une nouvelle vraiment sympathique et agréable à lire, porté par une très jolie plume.

L’Observatrice de Robert Charles Wilson. Voilà une nouvelle qui va se révéler intrigante jusqu’à sa conclusion.  Tout démarre pourtant de façon classique avec une jeune adolescente amoureuse des étoiles, qui a l’impression de se faire enlever la nuit par un peuple inconnu. L’auteur construit de nouveau, comme à son habitude, un texte profondément humain où on accroche vraiment à cette héroïne, incomprise de quasiment tout le monde, à la recherche de la vérité. Mais c’est aussi une nouvelle surprenante par sa conclusion qui prend un peu à contre-pied ce que j’attendais et qui m’a agréablement surprise.

La Finale de Nancy Kress. Un texte qui aborde le thème de la science et de ses risques, à travers la possibilité de supprimer toutes les pensées parasites pour se consacrer sur un seul sujet et donc par conséquent accroitre fortement son potentiel. Un texte classique sur le fond, concernant la possibilité d’améliorer son cerveau, mais qui se révèle efficace, bien construit et qui fait froid dans le dos sur l’utilisation de la science sans tenir compte de toutes les conséquences imaginables. Une nouvelle vraiment plaisante à lire, bien écrite et pleine de réflexions.

La Chose du Lac de Laurence Suhner. L’auteur nous offre ici un texte qui offre un divertissement efficace et sans temps morts, à défaut de vraiment passionner ou emporter. On retrouve dans cette nouvelle un mélange d’Arsène Lupin avec un aspect plus fantastique et horrifique avec cette Chose du lac. Le texte est bien écrit, construit de façon classique, mais se révèle quand même linéaire et sans surprise. Un texte qui cherche plus les origines de la SF divertissante et sans prise de tête et qui, sur le coup, y réussit parfaitement, mais qui, au milieu des autres nouvelles, ne marquera pas non plus fortement le lecteur.

« Et Pleurer Comme Alexandre » de Neil Gaiman. Encore une fois Neil Gaiman m’a surpris par son imagination sans limite et aussi par sa façon de présenter le texte, jouant sur plusieurs niveaux. On retrouve dans cette histoire un désinventeur qui nous parle de son métier. Un texte court, incisif et surtout bien maîtrisé par l’auteur qui oscille entre folie et normalité du personnage avec son lot de révélations. La nouvelle nous plonge avec facilité dans l’histoire et son univers et surprend jusqu’à cette conclusion efficace et surprenante.

La Fin de Léthé de Claude Ecken. Voilà une nouvelle vraiment intéressante qui traite d’un sujet rare, la maladie d’Alzheimer et de façon surprenante avec ce mélange efficace de SF et de réalité entre une personne malade et cette histoire de voyageur temporel. Un texte que j’ai trouvé vraiment efficace, prenant mais surtout poignant, car il traite de la maladie de façon véritablement humaine, simple et captivante. L’auteur m’a vraiment surpris avec ce texte.

Petite Excursion à L’Endroit des Atomes de Tommaso Pincio. J’ai eu un problème avec ce texte, j’ai parfaitement compris ce que voulait faire l’auteur, se moquant de façon cynique et mordante la politique italienne, de Berlusconi ainsi que l’utilisation du nucléaire et pourtant, j’avoue, malgré le fait que ce texte se lise bien, je n’ai pas été emporté ni même vraiment touché par cette histoire. Mais là, par contre, je le dis tout de suite, cela vient sûrement de moi et non du texte en lui-même, il ne m’a tout simplement pas accroché personnellement.

En Attendant Demain de Laurent Queyssi & Xavier Mauméjean. Avec cette nouvelle, écrite à quatre mains, les auteurs nous plonge dans la vie d’un enfant qui, un jour, va se retrouver à pouvoir lire l’avenir. Comment profiter de la vie quand on sait ce qui va arriver? Peut-on influencer les choses au point de modifier complètement l’histoire et donc ne rien vouloir changer à l’avenir? Un texte surprenant et inquiétant qui offre pas mal de réflexions et d’idées. La conclusion offre aussi son lot de surprise et ajoute un intérêt à l’histoire.

RCW d’Ayerdhal. Le dernier texte de ce recueil, qui est aussi le plus long texte, est un hommage à Roland C. Wagner qui nous a quitté il y a peu. Un texte vraiment poignant, qui rend hommage d’une façon plaisante à l’auteur, mais qui dépend surtout de la connaissance que chaque lecteur a de l’oeuvre de l’auteur. Je pense clairement que si on ne connait rien des écrits de RCW on passe clairement à côté de cette histoire. La preuve, je suis très loin d’avoir tout lu de l’auteur et parfois j’ai eu l’impression de passer complètement à côté de certaines références. Un texte que j’ai trouvé tout de même très sympathique et qui m’a donnée envie d’en savoir encore plus sur les écrits de RCW.

 

Au final je suis content d’avoir découvert cette anthologie qui nous offre des textes vraiment variés sur le thème des « Origines ». Alors, certes, toutes les nouvelles ne sont pas au même niveau, mais dans l’ensemble elles se révèlent toutes plaisantes à lire et surtout, en plus de divertir, offre des axes de réflexions qui se révèlent parfois passionnants. Des nouvelles intelligentes, souvent d’actualités, parfois pleine de magies et de mystères, parfois simplement divertissantes, mais dans tous les cas intéressantes à découvrir selon moi.

En Résumé : J’ai passé un bon moment avec cette anthologie qui nous offre des textes variés et plaisants même si, j’avoue, certains m’ont plus ou moins accrochés. On se laisse tout de même facilement captiver par des textes divertissants, intelligents, nous forçant à réfléchir et à se poser des questions sur des sujets souvent d’actualité et aussi qui ne manquent pas, parfois, de poésie et de magie. Comme je l’ai dit tous les textes ne sont pas au même niveau, mais, au final, on retrouve avec ce livre une anthologie de nouvelles de SF divertissantes et efficaces et qui se laisse lire avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10

 

 

chalenge

Challenge JLNN 2ème lecture

Gueule de Truie – Justine Niogret

gueule-de-truieRésumé : L’Apocalypse a eu lieu. Pour les Pères de l’Église, elle a été causée par Dieu lui-même. Comme la Terre est morte, ils n’ont plus qu’un seul but : détruire le peu qui reste, an de tourner une bonne fois pour toutes la page de l’humanité. À leur service, Gueule de Truie, inquisiteur. Dès le plus jeune âge, on lui a enseigné toutes les façons de prendre la vie. Caché derrière le masque qui lui vaut son nom, il trouve les poches de résistance et les extermine les unes après les autres. Un jour, pourtant, il croise la route d’une fille qui porte une boîte étrange, pleine de… pleine de quoi, d’abord ? Et pourquoi parle-t-elle si peu ? Où va-t-elle, et pourquoi prend-elle le risque de parcourir ce monde ravagé ? En lui faisant subir la question, Gueule de Truie finit par se demander si elle n’est pas liée à son propre destin, et si son rôle à lui, sa véritable mission, n’est pas de l’aider à atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé, et peut-être même d’apprendre à vivre.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Justine Niogret fait partie de ces auteurs qui, en deux romans de Fantasy, a réussi à me convaincre et à me donner envie de suivre ces prochaines publications. Que ce soit avec Chien du Heaume (Chronique ici) ou Mordre le Bouclier (Chronique ) elle nous offrait deux romans de fantasy sombres, percutants et portés par une écriture pleine et vraiment efficace. Donc quand j’ai vu qu’elle sortait un nouveau roman et, qui plus est, qu’elle quittait un peu la Fantasy pour la SF et le Post-Apocalyptique, je n’ai pas mis longtemps à faire rentrer ce roman dans ma PAL et encore moins de temps à me lancer dans sa lecture. Ajouter à cela une couverture, illustrée par Ronan Toulhoat, que je trouve vraiment réussie, magnifique et qui colle parfaitement avec un univers Post -Apo.

Ce roman débute comme tout Post-Apo classique, la terre a connu une grande catastrophe nommée le grand Flache, personne ne sait, ou ne se souvient, ce qui c’est exactement passé, une chose est sûre depuis l’Eglise cherche à purifier la planète et pour ça elle a sa Cavale, dont Gueule de Truie. Un démarrage vraiment efficace, immersif dans cette histoire à travers ce personnage de Gueule de Truie qui fait penser aux inquisiteurs de l’époque, sans foi ni loi nous offrant des passages sombres, violents, dévoilant un monde décadent et complètement annihilé qui est retourné à un état limite de sauvagerie ou la survie et l’anarchie sont les seules raisons de vivre. À côté de ça on découvre aussi une jeune fille qui se promène à travers ce monde et portant une boite étrange. C’est à partir de la rencontre de nos deux protagonistes que tout va changer.

C’est aussi à partir de ce moment-là qu’il ne devient pas facile de parler de ce livre qui, au fil des pages, va quitter un peu le côté Post-Apo pur et dur pour se lancer dans une histoire, on va dire, plus « philosophique », que chacun vivra et ressentira à sa façon. En effet l’auteur va nous plonger dans des réflexions percutantes et pleines de violences que ce soit sur soi-même, son rapport envers les autres, ou encore  sur l’amour, la solitude la religion ou encore les besoins de chacun. On plonge pleinement dans la tête de Gueule de truie, dans ses pensées, ses envies, ses traumatismes mais aussi les souffrances d’un être qui se retrouve complètement perdu, incomplet, en pleine reconstruction et à la recherche de quelque chose ou quelqu’un. Des passages qui se révèlent vraiment poignants, troublants, mais aussi sombres, violents, plein de haine et qui font réfléchir le lecteur sur les différents raisonnements du héros, sur la haine qu’il porte au monde et qu’il se porte aussi à lui-même.

Un roman qui finalement se révèle vraiment complexe, l’auteur ne cherche pas qu’à distraire le lecteur, mais elle cherche aussi à le pousser, à se remettre en cause et remettre en cause ce qu’il connait. Une histoire qui demande un minimum de compréhension et de concentration plongeant, comme je l’ai déjà dit, dans des aspects philosophiques mais aussi mystiques avec les différentes rencontres que vont faire les protagonistes. Un roman intimiste, sombre qui se situe dans un univers sordide ou très peu d’espoir transparait. Mais voilà, et c’est peut-être là la force de l’auteur, elle arrive à créer une sorte de magie, de poésie avec cette noirceur, ce sordide, elle arrive à le transformer en quelque chose qui certes, viens percuter le lecteur mais dans le bon sens, qui, limite, le force à sortir d’une certaine torpeur et d’un certain carcan de vision. Le problème c’est que parfois l’auteur va tellement loin dans son aspect métaphysique et mystique qu’elle a réussi à me perdre par moment, je n’avais plus l’impression d’être en phase, comme si je comprenais mal ce que voulait me faire voir le roman, ce qui est un peu déroutant.

Les personnages sont vraiment fascinants, on retrouve, comme d’habitude avec l’auteur, des personnages dont la vie les a maltraités, les a cassés, des personnages vraiment sombres et qui collent parfaitement à cet univers poisseux et noir. Entre Gueule de Truie, dont le nom parle de lui-même, qui n’a connu que la haine, la violence et la souffrance et qui se sent incomplet, vide par moment et la Fille qui ne possède pas de nom et qui est le contraire du héros et qui au lieu d’exploser de violence absorbe le tout sans jamais se plaindre ou hurler. Des personnages extrêmes dans un monde extrême et qui vont accrocher le lecteur, on va par moment vraiment s’accrocher à eux, à leurs espoirs, leurs envies de rédemptions. De personnages qui vont vire une vie, en 250 pages, ils vont se rencontrer, s’aimer d’une certaine façon pour mieux se déchirer et se haïr.  Mais voilà autant par moment on va refuser de s’identifier à eux, pas parce qu’on ne les comprend pas, mais parce qu’ils se révèlent dans l’extrême, dans le brutal, qui cherchent justement a percuter le lecteur à laisser exploser leurs sentiments, peut être aussi, car finalement on comprend trop cette explosion de violence et ça fait peur.

La plume de l’auteur est toujours aussi soignée, efficace et entraînante et colle parfaitement à l’univers offrant un style vraiment oppressant, étouffant le tout porté par des phrases courtes et incisives qui offre une lecture vive et percutante, mais qui hache parfois un peu trop le récit j’ai trouvé. On plonge assez facilement dans ce roman ou chaque lecteur s’identifiera différemment à ce que nous présente l’auteur, chaque lecteur y trouvera ses propres réponses. Et c’est peut-être le léger bémol on peut parfois se retrouver à avoir tellement de questions et de réponses qu’on se demande même ce qu’a voulu nous proposer l’auteur. Par contre je préviens d’avance attendez vous à une conclusion complètement ouverte ou chacun aura sa propre théorie et sa propre histoire, ça peut déplaire à certain, moi j’ai apprécié même si je ne suis pas sûr que ma théorie soit la bonne. En tout cas je pense que si on aime la SF qui percute, mais surtout fait réfléchir, alors Gueule de Truie est sûrement un livre à découvrir pour se faire un avis, mais je préviens d’avance un livre très sombre, sanglant et oppressant.

En Résumé : Finalement Gueule de Truie est plus une expérience à vivre avec des réflexions complexes et soignées, qui demande un minimum de concentration, et le tout dans un univers Post-Apocalyptique vraiment sombre, sanglant mais qui surtout se révèle efficace et prenant. J’ai passé un très bon moment avec ce roman surprenant qui plonge dans la folie du héros; où l’auteur nous raconte un cycle. Dommage que par moment je me sois senti égaré par les réflexions qu’exposait l’auteur, comme si mes propres réflexions étaient en décalage avec celle de l’auteur, mais rien de bien grave, car j’ai tout de même été emporté et secoué par ce roman. Les personnages sont vraiment fascinants à découvrir, des personnages traumatisés par la vie, perdues et en pleine quête de soi, du besoin des autres. Mais des personnages parfois vraiment sombres et pleins de haine ce qui fait que par moment on refuse de s’accrocher à eux. Le style de l’auteur se révèle soigné, efficace maniant les phrases courtes et incisives même si par moment le récit légèrement haché amenant à une conclusion ouverte dont chacun en tirera une réponse.

 

Ma Note : 8/10

Blitz Tome 1, Black-Out – Connie Willis

black-outRésumé :Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.

Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…

Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.

Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Edition : Bragelonne

 

Mon Avis : Connie Willis est loin d’être une nouvelle auteur dans le monde de la SF et ça fait un long moment que j’ai envie de lire un de ces romans tant j’en ai entendu du bien. J’ai d’ailleurs longtemps hésité entre la lecture deux romans de l’auteur, ce livre et aussi Sans Parler du Chien dont on m’a beaucoup parlé. Mais voilà, c’est Black-out qui, ayant gagné une multitude de prix et ayant fait un peu le buzz depuis quelques mois sur le net, est finalement sorti de ma PAL. De plus je trouve la couverture assez intéressante et qui a plutôt tendance à vouloir donner envie de découvrir cette histoire sur la seconde guerre mondiale.

Et pourtant le début fut, on peut le dire clairement, assez laborieux et j’ai eu du mal à vraiment rentrer dans l’histoire. Déjà premièrement la faute à une accumulation d’informations, de dates et de thématiques pas toujours très bien expliquées comme par exemple le voyage temporel en lui-même, ensuite un rythme vraiment lent qui donne l’impression de stagner et enfin la faute à un
style, des actions et des dialogues qui se révèlent vraiment plats et qui donnent aussi par moments l’impression d’être inutiles voir surjoués, offrant l’impression que l’auteur écrit ici son premier roman et qu’aucun travail d’édition n’a été fait. Il faut attendre environ 80-100 pages pour vraiment s’impliquer un peu plus dans la lecture, les personnages commençant à vivre pleinement la période du Blitz. Mais voilà autant le dire tout de suite si vous cherchez un roman de SF, passez votre chemin, l’auteur nous offre plutôt ici un roman historique sur le Blitz et l’héroïsme des anglais avec quelques traces, ici ou là, de SF. De plus si la période historique de la seconde guerre mondiale ne vous tente pas, vous risquez de grandement vous ennuyer dans ce livre.

Car oui, même si le livre devient plus intéressant après, nous offrant une plongée vraiment efficace, intéressante et un minimum captivante dans cette Angleterre en plein Blitz et nous dévoilant aussi le comportement stoïque et parfois héroïque de gens ordinaires, comme vous ou moi, durant une période sombre et sanglante; l’auteur nous offre un diptyque qui devrait tourner aux alentours de 1300 pages, ce qui donne vraiment l’impression que l’intrigue est complètement dilué car, mis à part quelques passages qui cherchent à nous démontrer que le cours de l’histoire peut être modifié par ces fameux historiens du futur, on ne peut pas vraiment dire que l’intrigue soit développée, ce qui est dommage. On se retrouve plus dans une succession de tranches de vies de personnages durant la guerre plutôt que sur un roman possédant une histoire. La preuve en est qu’il faut attendre près de 300 pages pour trouver un élément sur ce brouillage temporel. Comme si l’auteur avait peur d’entrer dans son intrigue. De plus elle a décidé de suivre plusieurs personnages qui alternent au fil des chapitres, mais tous les personnages ne sont pas aussi intéressants, car autant Polly et Mike qui sont au coeur de la guerre offre pas mal d’intérêt, autant Eileen qui, pendant 400 pages, garde des gamins turbulents, apprend à conduire et fait des lessives se révèle peu intéressante.

Tout n’est pas non plus mauvais dans ce roman, loin de là, car, comme je l’ai dit l’aspect historique, si on s’intéresse un tant soit peu à la période de la seconde guerre mondiale, se révèle vraiment intéressant, passionnant et soigné. On sent que l’auteur a longtemps travaillé son contexte historique, a fait énormément de recherches, fait des rencontres et s’est beaucoup renseignée pour nous offrir un background prenant et d’une tel réalisme qu’on pourrait se croire vraiment à Londres en plein milieu de la guerre. Le contexte historique est justement le point fort de cette oeuvre et se révèle d’une grande richesse, principalement par le fait qu’on croise au fur et à mesures des pages des gens ordinaires qui font front face à la guerre, des héros ordinaires loin de
ce qu’on peut croiser habituellement en littérature.

L’Histoire (avec un grand H) est cohérente et se révèle bien développée, mais voilà manque quand même d’intensité, normalement quand on sait  qu’on devrait se trouver en plein milieu d’une guerre, du bombardement de Londres et parfois on a plutôt l’impression de se retrouver en colonie de vacances, même si j’imagine bien qu’on s’habitue à tout, même les pires contextes, mais voilà par moment l’insouciance parait tout de même éxagéré. Au final rien de gênant, car on est tout même un minimum happé. Autre point, mais plus personnel, l’auteur a crée un décalage technologique entre les historiens de 2060 et 1940, ce qui est parfaitement logique, mais, autant j’imagine très bien ne pas savoir rouler une voiture d’époque ou encore faire bouger un ascenseur sans liftier, autant resté bloqué sur une porte à tambour et se demander ce que ça peut bien être, alors qu’on est historienne sur cette époque m’a clairement fait rire.

Concernant les personnages je dois bien avouer qu’ils ne sont pas mauvais, mais qu’ils manquent quand même clairement de profondeurs. À croire qu’ils ne vivent qu’au présent, ils n’ont ni passés, ni amis, ni véritables backgrounds pour les rendre complètement attachants. C’est dommage, car il y a du potentiel dans ces personnages et on a parfois plus l’impression d’être devant de simples observateurs que devant des êtres humains. Ce qui ne les empêche pas d’avoir des sentiments, des émotions, de la souffrance, mais les personnalités manquent quand même un peu de puissance, d’assurance ce qui les rend par moment trop lisse, limité, et même parfois interchangeables surtout dans les personnages féminins. Leurs réactions m’ont aussi paru par moment excessives, comme si l’auteur cherchait à les exacerber pour bien les faire comprendre, mais offre cette impression d’un personnage surjoué, surtout durant la première partie du roman. La seconde partie devient légèrement plus fluide, les personnages ont l’air d’offrir quelque chose de plus intéressant, que j’espère voir confirmer dans la suite.

Le style de l’auteur est simple et plutôt efficace, mais je trouve que par moment il est parfois trop didactique comme si l’auteur avait en premier lieu écrit son roman pour des adolescents, voir des jeunes adultes, ce qui par moment alourdit un peu la lecture par des descriptions ou des explications trop poussées. Cela empêche d’ailleurs le roman de devenir trop sombre, ce qui tout de même est un peu dommage pour une histoire en période de guerre.. Rien de bien gênant, mais cela se ressent, aussi dans les dialogues qui oscillent parfois entre le platonique et parfois le soap. Au final vu tout ce qu’on disait sur ce livre je m’attendais à un grand livre, mais je me retrouve avec un livre certes sympathique, mais qui n’a rien de transcendant et aurait peut-être mérité à être raboté, tant par moment on a l’impression de ne pas avancer. Il faut dire que j’ai commencé à lire ce livre en espérant un livre SF et je me retrouve avec un livre historique sur des tranches de vies d’anonymes parsemé de quelques morceaux d’intrigues SF. Je lirai le second tome, car j’ai tout de même envie de savoir comment fini l’histoire.

En Résumé : Sans être non plus complètement mauvais j’avoue que j’attendais mieux de ce livre Black-out qui m’a juste offert une lecture plutôt sympathique sans être non plus exceptionnelle. Déjà si vous vous attendez à une histoire SF passez votre chemin il s’agit d’un roman historique sur la seconde guerre mondiale avec quelques aspects SF disséminés ici ou là, donc si vous ne trouvez aucun attrait à la seconde guerre mondiale passez aussi votre chemin. De plus l’auteur a voulu faire un diptyque ce qui offre une finale une histoire qui tiendra sur 1300 pages, mais a le soucis de diluer fortement l’intrigue, ce qui donne clairement l’impression que parfois il ne se passe rien mis à part suivre quelques tranches de vies de personnages pendant la guerre. Alors certes j’avoue que cette période de l’histoire m’intéresse et suivre des gens ordinaires se révéler stoïque et parfois héroïque, mais voilà, on a clairement l’impression de pas trop avancer. L’univers est vraiment travaillé, soigné, dense on sent que l’auteur n’a rien laissée au hasard et s’est énormément renseignée sur cette époque, c’est vraiment le point fort de ce livre et donne envie d’en savoir plus. Les personnages sont intéressants mais manquent clairement de profondeurs et auraient mérités d’être plus développés, de plus ils paraissent trop lisses et interchangeables, surtout dans la première partie du roman. Le style de l’auteur est simple et efficace, mais parait par moments trop didactique comme si l’auteur cherchait à axer son roman pour des adolescents où des jeunes adultes.

 

Ma Note : 6/10

Les Peaux-Epaisses – Laurent Genefort

les-peaux-epaissesRésumé : Lark et Roko : deux mercenaires parmi les plus doués et les plus chers.
Le premier est un ancien peau-épaisse, un humain modifié pour résister aux conditions de travail dans l’espace. Après trente ans de métier, il décide de raccrocher et de rejoindre les siens.
Le second, formé par Lark, déteste les Peaux-Épaisses. Depuis une affaire qui a mal tourné, il les chasse pour revendre leurs peaux, véritables combinaisons spatiales vivantes. Quand on l’engage pour éliminer le clan de Lark, son chemin va à nouveau croiser celui de son ancien mentor.
Lark parviendra-t-il à retrouver et sauver son clan ? Et Roko assouvira-t-il enfin sa vengeance ? Une seule certitude : il y a des comptes à solder… d’un côté comme de l’autre.

Edition : Critic

 

Mon Avis : Cela fait un petit moment que je n’ai pas lu de roman de la maison d’édition Critic et pourtant je n’ai jamais été déçu par ce qu’ils publient depuis leur création. Avec deux, trois romans en retard j’ai décidé de me laisse tenter par ce roman de SF Space Opera dont la couverture, illustrée par Ronan Toulhoat, attire vraiment l’oeil par son côté efficace et pleine de punch. A noter qu’il s’agit d’une réédition d’un roman qui avait déjà été publié en 1992 chez Fleuve Noir Anticipation et en 1998 chez Mnémos.

L’histoire se révèle dans le fond simple entre deux mercenaires, le maître et l’élève, qui vont se mener une traque sans merci. Qui va en sortir vivant? Une intrigue musclée qui ne manque pas de
charme si on est friand de ce genre de récit, l’auteur nous offrant ainsi une histoire solide, efficace, mais surtout nerveuse, pleine d’action, couillu et brutale. On ne s’ennuie jamais vraiment dans cette intrigue même s’il ne faut pas le cacher le tout va très vite, se révèle assez linéaire et pas mal simpliste dans ce court roman explosif. Deux héros, deux façons différentes de voir la vie de mercenaire, deux façons de se battre pour un seul vainqueur, que d’ailleurs on devine assez facilement. Donc si vous cherchez un livre soigné, construit et plein d’intrigues passez votre chemin mais si vous cherchez un roman qui offre un simple moment de détente sans se prendre la tête alors ce livre est surement fait pour vous. En effet les scènes d’action très cinématographiques et pleines de vies font qu’on tourne les pages de ce livre rapidement pour aboutir à une conclusion efficace mais sans surprises selon moi.

L’univers présenté par l’auteur est vraiment intéressant, on sent bien qu’il n’a pas envie de nous offrir de simples planètes lambdas et qu’il cherche à développer un univers travaillé et dense, des planètes qui ont l’air toutes différentes les unes des autres avec leurs propres systèmes, leurs propres cultures et leurs propres fonctionnements. Mais voilà l’auteur ne fait qu’effleurer cet univers qui parait complexe, se consacrant plus sur l’action et ses personnages ce qui est dommage, car le récit ne donne jamais l’impression de sortir de ce carcan de simple divertissement
plein de testostérone. La technologie, mais aussi les armes, présentés par l’auteur ne manquent pas d’imagination et d’efficacité et collent parfaitement à ce space opera, nous offrant des machines vraiment efficaces, intelligentes et intéressantes.

L’auteur cherche aussi à élever le niveau de son histoire, ne se voulant pas se limiter simplement à l’action mais cherchant aussi à faire réfléchir le lecteur, principalement en nous offrant des axes de réflexion sur la tolérance et l’acceptation des autres avec ces peaux-épaisses, humains génétiquement modifiés pour en faire des travailleurs, rejeté par le reste de l’humanité et dont on
les chasse pour leurs peaux. Ca rappelle certes certains passages de l’histoire humaine, mais voilà l’auteur ne cherche pas à pousser sa réflexion, il nous offre quelque chose d’assez simple et qui, parfois, possède des ficelles un peu trop grosses et manichéennes, ce qui n’empêche tout de même cet appel à la tolérance de se révéler solide et parfois efficace.

L’auteur nous offre deux personnages principaux intéressants et développés qui ont chacun leur histoire, leur sentiment ainsi que leur façon de penser. Le passé de chacun les a influencé et a fait d’eux ce qu’ils sont au moment du roman. Ils se révèlent assez attachants et plaisant, mais on se rend très vite compte de quel côté va pencher les personnages et qui en sortira vivant. Par contre j’ai trouvé que les personnages secondaires manquaient de profondeurs et avaient parfois des réactions surprenantes, je vais prendre l’exemple de l’histoire entre un des personnages et la peau-épaisse qui m’a fortement surpris devant sa rapidité, ils se désirent et tombent amoureux en deux pages, j’ai trouvé cela assez déroutant et frustrant. De plus certains personnages secondaires qui paraissent intéressants manquent cruellement de développement. Alors, je sais bien que l’auteur cherchait à nous offrir un roman court et explosif, mais par moment j’aurai aimé en savoir plus.

Car voilà, ce roman finalement se révèle être un roman honnête, qui offrira un moment de lecture agréable à ceux qui recherche un roman couillu et bourré d’action, qui se laisse lire, mais sans non plus se révéler transcendant. Le genre de roman que je classe dans la catégorie vite lu, apprécié et sûrement vite oublié tant il ne révolutionne pas le genre. Je trouve ça dommage car on sent bien que l’auteur possède tellement d’idées elles n’aboutissent jamais vraiment et donnant l’impression  qu’il ne cherche pas à les pousser à fond. Le style de l’auteur, par contre, se révèle simple, efficace et prenant. Au finale un roman distrayant, mais loin d’être indispensable, a vous de voir, il m’a quand même offert une lecture sympathique.

En Résumé : Sans être le roman de l’année ce livre se révèle honnête et agréable à lire, offrant une histoire pleine de testostérone, d’action et qui se révèle nerveuse du début à la fin, le tout sans temps mort. L’univers présenté se révèle agréable, on sent toute l’imagination de l’auteur, mais il est dommage qu’il ne cherche pas à pousser plus la découverte de ces mondes et leurs systèmes, ne faisant que l’effleurer tout au long de ce court roman. La technologie se révèle efficace, pleine d’imagination et de surprise. L’auteur nous offre quelques axes de réflexions, certes amenés de façon parfois un peu simpliste et possédant certaines ficelles grossières, mais qui se révèlent solides et intéressantes sans non plus trop s’imposer. Les personnages principaux sont intéressants à découvrir mais j’ai eu un peu plus de mal avec les personnages secondaires qui manquent clairement de profondeurs. Le style de l’auteur se révèle incisif et efficace, mais voilà, au final, il s’agit d’un livre explosif qui offre un divertissement honnête pour une lecture sympathique mais qui ne marque pas plus que cela.

 

Ma Note : 6,5/10

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