Étiquette : jeunesse (Page 1 sur 6)

IRL – Agnès Marot

Résumé : Je m’appelle Chloé Blanche et j’ai grandi à Life City. Comme tous ses habitants, j’ignorais que nous étions filmés en permanence. J’ignorais que nous étions un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. J’ignorais que nous étions les personnages de Play Your Life, l’émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. J’ignorais surtout à quel point nous étions manipulés. Puis j’ai rencontré Hilmi, le nouveau à la peau caramel. Le garçon qui faisait battre mon cœur, mais que ceux qui tirent les ficelles ne me destinaient pas. C’est ainsi que j’ai découvert ce que nous étions, à Life City : les personnages d’un immense jeu vidéo.

Edition : Gulf Stream

 

Mon Avis : Ce roman a atterri dans mes mains un peu, on va dire, par un concours de circonstance inattendu. A la base il avait surtout rejoint la bibliothèque de la Marmotte qui, après sa lecture, m’a annoncé que quelques points la dérangeaient et que, si je le lisais, on pourrait en discuter plus facilement. Au vu du quatrième de couverture très SF, proposant manipulation et réflexions sur la technologie et plus principalement sur les IA, j’avoue je me suis facilement laissé tenter et décidé de lui laisser une chance. Le livre est en soit un très bel objet, comme souvent avec l’éditeur Gulf Stream qui, je trouve, propose régulièrement des maquettes très réussies avec des couvertures accrocheuses. Alors, je m’excuse par avance mais pour faire ma chronique je vais devoir spoiler.

Ce roman va ainsi nous plonger dans le quotidien de Chloé Blanche, jeune adolescente qui va prochainement passer le bac. Un jour elle va découvrir découvrir que sa vie est entièrement filmée. Pire elle va apprendre par la suite qu’elle est en fait programme informatique et que tous ces faits et gestes ne lui appartiennent pas obligatoirement, pouvant être dirigée par un humain IRL. Sa vie va alors être complètement bouleversé et elle va alors tout faire pour changer cela. Bon, je suis désolé, mais une fois la dernière page tournée je dois admettre que je n’ai pas du tout accroché à ce récit. Je n’ai jamais réussi à y entrer complètement dedans alors que, je ne peux pas le nier, il possède tout de même quelques bonnes idées. Alors vous allez peut-être vous dire que je ne suis pas un gros lecteur de livres ados et jeunesses, par conséquent je n’étais pas obligatoirement le lecteur cible. C’est vrai, je vous l’accorde. Sauf que là, pour moi, ce n’est pas qu’une question d’attente et de regret face à la simplicité d’un récit pour un public plus jeune. Non. Pour faire simple les nombreuses incohérences, impossibilités, facilités et deux ex machina font que pour moi ce roman ne tient pas debout. Même les réflexions que tentent de soulever l’auteur n’ont jamais réussi à faire mouche, manquant de complexité.

Outre le fait du démarrage clairement convenu, présentant une héroïne à la vie difficile, abandonnée par son père, faisant plutôt parti du groupe des laissés pour compte, mais qui a comme meilleures amies les filles les plus cool du lycée (karma quand tu nous tiens), c’est sa réaction lors de la découverte des caméras qui m’a fait comprendre que la logique j’allais m’asseoir dessus. Imaginez, vous apprenez  que votre vie entière est basée sur un mensonge, que le socle même sur laquelle vous avez construit votre existence s’effondre, car il n’est qu’artifice et fumée, que faites-vous? Je vous laisse quelques secondes pour y réfléchir. Chloé, elle, elle décide de repartir à la conquête d’Himli, l’amour de sa vie, qu’elle a perdu bêtement. Je … non rien finalement j’ai décidé de ne pas chercher à comprendre. Franchement le déni, la haine, la tristesse,la violence,ou autre j’aurai pu accepter beaucoup de choses, sauf peut-être aller tenter de se mettre en couple. C’est sûr que c’est essentiel quand on apprend que des millions de caméras filment ta vie. Et le soucis c’est que plus j’avançais dans le récit, plus ce genre d’incohérences apparaissaient et me déconnectaient un peu plus à chaque fois de l’histoire. C’est bien d’avoir des idées, mais si il n’y a pas une intrigue un tant soit peu solide derrière, désolé mais moi ça me bloque.

Que ce soit l’imprimante à humain qui permet a Chloé de venir dans le monde IRL, mais qui ne repose sur aucune information ni logique. Que ce soit le côté « Bella » de l’héroïne qui dès qu’elle arrive quelque part elle se fait de nombreux amis qui sont prêts à mourir pour elle, simplement pour ces beaux yeux j’ai eu du mal. Mais celle qui m’a complètement déconnecté, c’est la grande scène d’évasion où notre héroïne, après s’être fait arrêter par le grand méchant en train de fomenter un complot pour le faire tomber, se retrouve enfermée chez lui, dans un monde qu’on nous présente comme limite sous surveillance et manipulation constante, décide fièrement d’ouvrir la porte prendre ses affaires puis d’ouvrir la fenêtre et de partir. Car oui tout le monde le sait les vilains ils laissent toujours les portes et les fenêtres ouvertes, sans surveillances et permet au héros de s’échapper comme ça. Là je me suis agrippé aux barreaux de la cage des ratons en leur demandant « Pourquoi? », mais remarquant que je les dérangeais dans leur petite sieste de 20 heures de sommeil, je me suis donc replongé dans ma lecture. Et ce n’était pas fini, on apprendra plus tard que notre méchant pouvait renvoyer l’héroïne dans son monde informatique quand il le souhaitait et, bien entendu, il ne le fait qu’au moment où ça ne sert pas à grand chose mis à part ralentir l’intrigue.

D’ailleurs j’ai trouvé cette troisième partie encore plus illogique pour moi que les deux précédentes. Déjà il va falloir m’expliquer la raison de la salle CSA, salle non connecté qui permet à l’héroïne soit-disant d’avoir des moments libres à elle. Cette salle CSA est une obligation du comité éthique qui ne reconnaît pourtant pas Chloé comme « humaine ». Si elle n’est pas « humaine » à quoi sert donc la salle CSA? Toi aussi tu la sens la grosse ficelle facile? De plus dans un monde informatique encore plus sous contrôle d’Arn, le méchant du récit, personne ne remarque que la styliste de Chloé, qui s’était liée d’amitié avec elle IRL, a créée un personnage exprès pour la retrouver et qu’elles vont gentiment s’enfermer dans la salle CSA alors qu’elles se rencontrent à peine. Tout comme personne ne réagit aux nombreuses phrases que lâche notre héroïne qui dévoile limite son plan. Ou encore, et promis j’arrête là, c’est quoi cette idée de bracelet. Franchement, pourquoi pas, imaginer un bracelet qui empêcherait les IA du jeu de subir les ordres venus d’IRL. J’accepte aussi l’idée qu’il doit être obligatoirement fabriqué à l’intérieur du jeu et vu que le créateur du bracelet, Link, est le fils de Arn, il ne veut en créer qu’un seul, pour protéger la mère de Chloé tout en empêchant l’héroïne de détruire le jeu. Elle ne doit donc pas savoir comment en fabriquer un, pour éviter de le dupliquer. Donc à quel moment il est intelligent que Link, qui prend le contrôle d’un personnage dans le jeu, ne construit pas le bracelet lui-même et demande à Chloé (qui je le rappelle ne doit pas savoir le créer) de le fabriquer.

Concernant les personnages, là aussi j’ai eu du mal à vraiment m’intéresser ou m’accrocher à eux. Entre l’héroïne  qui manque de finesse et de logique, Arn le patron du jeu qui, mis à part avoir un regard et une attitude de méchant très, très méchant, n’a finalement pas l’air très fut fut et les personnages secondaires qui ne servent pas à grand chose mis à part reconnaitre Chloé comme une personne trop géniale et qui se bat pour ses convictions, j’avoue ils m’ont laissé de marbre. Dommage, car il y avait le potentiel pour plus. Concernant l’univers, là aussi de nombreux soucis apparaissent. L’auteur a tellement envie de mélanger Sims et Truman Show qu’elle oublie de construire un univers cohérent. Déjà une IA n’est pas un humain et l’inverse c’est pareil. De nombreux récits de SF ont traités du sujet, et oui une IA devrait pouvoir se faire passer sur de nombreux points pour un humain sans problèmes, cela arrivera sûrement un jour. Sauf que là, Chloé dans sa présentation, dans ses actes et dans sa narration n’est en rien une IA. C’est une humaine qu’on essaie de nous déguiser en IA, histoire d’ajouter des axes de réflexion en se disant que personne ne verra rien.

Ensuite on parle d’un jeu vidéo, donc d’un programme, qu’est-ce-que vous faites quand un de vos personnages ne réagit pas, mais alors pas du tout comme vous l’espérez ou le voulez ? Bah vous éteignez et vous reprenez la sauvegarde précédente, sauf que là personne n’a l’air d’y penser. Mais bon, vu comme l’auteur imagine les hacker, je pense surtout qu’elle n’a pas obligatoirement la base de connaissance nécessaire en informatique et en codage. En effet, le piratage informatique est juste ici un outil pour faire avancer ou ralentir l’intrigue selon les besoins. On modifie les lignes de codes pour créer une nouvelle pièce, ou autre, mais par contre il est impossible de modifier les lignes de codes que composent Chloé sans une « énorme » mise à jour qui demande l’arrêt du jeu et donc laisser un max de temps à notre héroïne pour se libérer. C’est facile. Enfin vient les éléments de références et de pop culture que place l’auteur au fil des pages et qui sonnent trop désuet. On est en 2089 et on a pourtant l’impression que tout l’aspect culturel c’est arrêté dans les années 2010.

Alors après on pourrait me dire que le principal intérêt de ce récit vient des idées qu’il cherche à soulever, sauf que même là ça a eu du mal à passer. L’auteur présente ses réflexions de façon trop binaire et parfois même ils tombent dans le sensationnel. On est un peu dans l’idée que les nouvelles technologies vont nous bouffer la vie et même pire, complètement pirater notre existence en nous manipulant, par conséquent il faut se déconnecter pour se rendre compte de la beauté du monde et de la vie. Mouais. On sent bien une légère influence de Farenheit 451, mais le tout donne l’impression de manquer de finesse et de complexité là où le travail de Bradbury était quand même plus soigné. Au final c’est trop binaire, soit c’est bien soit c’est mal, comme si il n’y avait pas d’entre deux. J’ai aussi eu l’impression de voir certains arguments de journaux qui cherche le sensationnel, du genre les jeux vidéos rendent violents ou les jeux de rôle tendent à désociabilier les gens, alors que c’est beaucoup plus compliqué que cela. Je vais m’arrêter je pense que vous avez compris que ce livre n’était pas fait pour moi.

Je tiens tout de même à dire que ma chronique n’est pas là pour simplement casser ce roman, ce n’est pas mon but. Mes arguments ne représentent finalement que mon simple point de vue qui repose sur les attentes que je pouvais avoir, mais aussi dépend des lectures précédentes que j’ai eu dans ma vie. Ici je n’étais tout simplement pas le public cible. Je sais que de nombreux lecteurs ont adoré ce récit, y ont trouvé matière à réflexions et du plaisir, ce n’est pas parce que moi je suis complètement passé à côté, que le livre est mauvais. Chacun y trouve ce qu’il a envie d’y trouver. Je ne cherche pas à me dédouaner de mes propos, je tiens juste à clarifier ma position qui n’est pas ici de descendre ce récit, mais simplement de montrer ma déception face à des attentes qui n’ont pas du tout été comblées. Je laisse ainsi à chacun le soin de se faire son propre avis s’il a envie, surtout que tout n’est pas non plus mauvais, le traitement de l’adolescence vers l’âge adulte est plutôt intéressant dans ses thématiques secondaires et certains passages s’avèrent efficace. De plus la plume de l’auteur, même si elle n’a rien de révolutionnaire ou de marquant, s’avère simple et plutôt efficace. Voilà, maintenant c’est à vous de voir.

En résumé : J’avoue je suis complètement passé à côté de ce roman qui n’a jamais vraiment répondu aux attentes que je pouvais avoir et dont l’intrigue manque, selon moi, de logique. Ce sont d’ailleurs les incohérences telles que le besoin de l’héroïne a reconquérir son grand amour alors qu’elle vient d’apprendre que des milliers de caméras la filmait 24h sur 24 ou encore sa grande évasion après avoir été attrapé en ouvrant la porte et en partant qui m’ont complètement déconnecté. Et il y en a d’autres. Les personnages ne m’ont jamais paru touchants ou attachants avec Chloé, l’héroïne, qui manque de finesse et de logique, un méchant qui, mis à part lancé des regards de méchants, n’a pas l’air très fut fut et des personnages secondaires qui tombent en pâmoison devant la géniale et magnifique Chloé, j’avoue ça manque un peu de complexité. Ensuite pour tout ce qui concerne l’image de fond, entre l’envie de l’auteur de mettre des références qui donnent l’impression que le monde s’est figé en 2010, des technologies que le lecteur doit accepter sans réfléchir et l’impression qu’elle ne maîtrise pas du tout son sujet, que ce soit sur les IA ou l’informatique, ne m’ont pas convaincu non plus. Après ce retour m’est personnel, je sais que ce roman a plus a de nombreux lecteurs, je ne devais simplement pas être le lecteur cible et de plus, mon bagage de lecture SF a fortement joué sur mon ressenti final. Tout n’est pas non plus mauvais, certaines idées s’avèrent sympathique, mais voilà ce roman n’était tout simplement pas pour moi.

 

Note : 3/10

Les Outrepasseurs Tome 3, Le Libérateur – Cindy Van Wilder

outrepasseurs t3 le liberateurRésumé : Un terrible hiver s’abat sur la Grande-Bretagne. Peter, qui a été sauvé par Arnaut, se retrouve seul, car le Chasseur et le lion d’Arnaut sont affectés par la disparition de la magie. Arnaut tombe dans un coma profond, auquel il semble n’y avoir aucune solution. Jusqu’à ce que Peter comprenne que le sous sol de Lion House regorge de ressources cachées…

Edition : Gulf Stream Editeur

 

Mon Avis : Il y a quelques semaines je me suis lancé dans la lecture de cette trilogie dont j’avais entendu beaucoup de bien sur le net et par les retours de Marmotte. Après un premier tome efficace, percutant et intriguant (ma chronique ici) et un seconde tome, peut être un chouïa moins marquant que le premier, mais qui se révélait tout de même très réussi et entraînant (ma chronique ) j’avais hâte de voir ce qu’allait nous proposer l’auteur dans ce dernier tome. De nouveau je souligne le travail graphique effectué sur la couverture que je trouve toujours aussi réussi.

Ce troisième tome nous plonge ainsi directement après les évènements du volume précédent. La magie continue a faire des siennes et les Outrepasseurs sont en pleine implosion, tout cela depuis le retour d’Arnaut. Peter va alors devoir trouver des solutions. Je dois bien avouer que ce troisième tome, sans être mauvais loin de là, m’a paru moins bon que le précédent. Pourtant on y retrouve tout ce qui faisait la réussite du cycle. Une histoire fluide, efficace, bien construite et captivante. Des rebondissements et des surprises percutantes et maîtrisées par l’auteur pour ainsi pousser le lecteur à tourner les pages avec un minimum d’envie d’en découvrir plus. L’ambiance est clairement nerveuse et on sent que tout ne va pas obligatoirement se passer pour le mieux. Ainsi niveau fluidité et intérêt ce tome reste réussi, offrant plusieurs lignes d’intrigues qui vont s’entrecroiser, monter en tension au fil des pages pour aboutir à une conclusion qui ne va pas manquer de se révéler captivante et percutante.

L’univers, sans non plus se révéler révolutionnaire, reste l’un des points intéressants du récit, la façon dont l’auteur a décidé de revisiter l’image des contes et des fés. Il prend ici encore un peu d’ampleur, principalement à travers les ferreux qu’on découvre plus en profondeur ou encore aussi avec Sneizkaïa, sa relation avec Hiver et ses cavaliers. L’auteur continue a nous offrir un univers féérique loin d’être « magnifique », offrant quelque chose de plus nuancé, de plus sombres. De plus, suite aux tomes précédents, les rapports de force ont évolué, les Outrepasseurs ne sont plus les grands gagnants de cette guerre, la mort s’approche aussi d’eux et pas toujours comme on l’imagine. Le jeu de pouvoir est ainsi redistribué et les actions de chacun vont avoir une grande influence sur les évènements. Alors, parfois l’auteur en fait un peu trop, comme cette scène de l’évasion de Glen qui me parait trop peu développé jusqu’à en devenir trop simpliste, mais rien de franchement dérangeant. Le Tombeau, dans son importance, gagne aussi un peu en densité et se révèle, je trouve, vraiment original et efficace. Au final l’auteur a vraiment développé un univers intéressant qui m’a donné envie d’en apprendre plus. Je suis juste un peu déçu que le lien des Outrepasseurs ne soit pas plus développé avec leurs animaux totem, car il y avait un potentiel vraiment intéressant surtout vis-à-vis de la conclusion.

Les personnages se révèlent toujours aussi entraînants et efficaces, que ce soit Peter qui doit faire face à de nombreuses péripéties ainsi que son refus d’être un Outrepasseurs, rejetant ainsi sa particularité pour simplement être une personne normale, le tout se révélant plutôt bien amené et soigné. Ce qui m’avait dérangé sur lui dans le tome précédent disparaît ici et offre un personnage qui doit faire face et doit faire des choix. Sa relation avec Shirley va évoluer de façon efficace sans non plus trop tomber dans les clichés même dans les dernières pages. Les personnages qui gravitent autour de lui ne manquent pas non plus d’intérêt, principalement maintenant que la tension est à son paroxysme et que la « fin » est proche, où chacune révélera sa vraie nature. Le travail sur Noble ne manque pas non plus d’attrait dans son rôle d’antagoniste qui a tout perdu et sombre peu à peu dans une certaine folie. J’attendais peut-être plus du chasseur, mais j’y reviens après. Au final des personnages plus que convaincants, efficaces dont je regretterai finalement le personnage secondaire de Smokey. Elle apparait dans ce tome où, faute de développement conséquent, elle a du mal à vraiment s’imposer, ne servant finalement que d’échappatoire aux héros alors qu’il y avait un tel potentiel.

Pourtant, comme je l’ai dit, j’ai trouvé ce troisième tome un peu moins bon que le précédent. Le premier point qui m’a dérangé c’est l’histoire du chasseur. Autant le côté conte revisité m’a beaucoup plu, autant la construction a chaque début de chapitre m’a frustré et surtout m’a paru manqué de densité et de profondeur. Je ne dis pas que le Chasseur aurait mérité un tome complet sur ses origines, mais là j’ai eu l’impression d’être trop rapidement passé dessus ce qui fait que toutes les nuances présentés ont du mal à me toucher. Ensuite j’ai trouvé la ligne d’intrigue sur Sneizkaïa, sa vengeance et sa traque, un peu trop linéaire. La reine des neiges avait un tel potentiel dans ce qu’ont subi les fés ou encore l’histoire avec son frère, que n’offrir qu’une simple quête de vengeance et de mort qui, certes, offre son lot de combat, de tension et d’action, m’a paru dommage. La bataille finale par contre ne manque pas d’explosivité et offre un passage vraiment percutant. Ces deux points m’ont ainsi donné plus l’impression que l’auteur se dispersait dans des intrigues secondaires, ce qui est légèrement frustrant. Alors attention cela n’empêche pas ce livre de se révéler plus que sympathique et offrir un agréable moment de lecture, mais voilà suite aux deux premiers tomes j’attendais peut-être que certains aspects soient gérés autrement.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi efficace, prenante et percutante ce qui fait qu’on est facilement emporté par les aventures que vont rencontrer nos héros. Au final je suis bien content d’avoir découvert cette trilogie, certes tout n’est pas parfait, mais cela n’a pas empêché cette série de m’offrir des moments plus qu’agréables et de belles découvertes. Je lirai d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

En résumé : Ce troisième tome de ce cycle, même si je l’ai trouvé un peu moins bon que les deux premiers, m’a tout de même offert un agréable moment de lecture. L’intrigue se révèle toujours bien menée, entraînante et efficace montant en tension au fil des pages avec ses nombreux fils rouges qui se croisent pour aboutir à une conclusion percutante et intéressante. L’univers, même s’il reste classique dans de nombreux points, reste toujours l’un des points forts du cycle, cette façon de revisiter les contes, nous offrant un monde des fées plein d’ambiguité offrant quelques originalités comme les ferreux qu’on découvre un peu plus en profondeur. Je suis juste un peu déçu que le lien entre les Outrepasseurs et leurs animaux manque de développement car il y avait du potentiel pour plus. Les personnages sont toujours aussi efficaces, convaincants et gagnent encore plus en intérêt maintenant que la fin est proche et qu’ils doivent tous faire des choix. Je regrette par contre un certain manque de densité dans l’histoire du Chasseur qui a eu du mal à franchement me toucher et la ligne d’intrigue avec Sneizkaïa qui ne parait être juste là que pour amener de l’action et du rebondissement. Cela n’empêche pas non plus ce troisième tome de se révéler plus que divertissant, bien porté par une plume soignée, efficace et prenante. Je lirai avec plaisir d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, Phooka, Bambi_slaughter, Sia, Vashta Nerada, …

Les Outrepasseurs Tome 2, La Reine des Neiges – Cindy Van Wilder

les outrepasseurs t2 la reine des neigesRésumé : Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu’ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en moins de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire?

Edition : Gulf Stream Editeur

 

 

Mon Avis : Après un premier tome qui m’avait offert un bon moment de lecture avec une histoire solide, efficace, construite de façon légèrement différente que ce qui se fait d’habitude, le tout avec des personnages soignés et un univers riche (mon avis ici), c’est sans surprise que je me suis laissé très rapidement tenter par ce second tome qui trainait dans la bibliothèque de la Marmotte. De nouveau je tiens à souligner le travail soigné de l’éditeur, offrant un très bel objet ainsi qu’une couverture que je trouve superbe.

Cette suite nous propose de nous retrouver un an après la fin du tome précédent, la dernière fée libre, la Reine des Neiges, a été capturée. Cette nouvelle, Peter va avoir du mal à l’accepter, lui qui cherche à s’enfuir des Outrepasseurs et qui pour cela est en quête du Chasseur pour lever la malédiction. Tout va alors s’accélérer avec justement le retour du fé en question. Je me suis retrouvé à plonger facilement et rapidement dans cette suite tant l’ensemble va se révéler nerveux, énergique et entraînant. On sent bien que l’auteur maîtrise son récit offrant des rebondissements et des retournements de situations efficaces et percutantes qui font que je me suis retrouvé happé assez facilement et offre une lecture fluide. Surtout qu’en plus d’offrir une histoire nerveuse, elle nous dévoile aussi une image de fond soignée et prenante, sans trop non plus en faire pour éviter de perdre le lecteur. Pourtant j’ai trouvé ce second tome légèrement moins bon que le précédent. Oh attention, j’ai de nouveau bien accroché à ce second tome, mais certains aspects font qu’il m’a légèrement moins accroché, tout en restant efficace.

Déjà, dans les points qui sont toujours intéressants et passionnants à découvrir, l’univers construit par l’auteur continue à se révéler terriblement efficace. Surtout que l’auteur évite la simple confrontation directe entre fés et Outrepasseurs, car ici la guerre touche à sa fin, la dernière fée Snezhkaïa a été capturée et va pouvoir servir. Non, l’intérêt principal vient justement de l’exploitation de ses fés par les Outrepasseurs qui en font soit des esclaves, soit prélèvent leur magie pour la réutiliser ou l’intégrer dans des technologies. Ces êtres magiques deviennent ainsi d’une certaine façon un personnage important du roman, principalement dans les questionnements qu’ils soulèvent. Des êtres, certes souvent monstrueux et violent, mais finalement à la morale différente, mérite-t-il une telle souffrance? Le retour du chasseur va aussi se révéler intéressant venant ainsi rebattre les cartes pour notre plus grand plaisir. Comme on le voit, un univers sombre, efficace et bien porté par un travail de fond de l’auteur qui parait dense et soigné. On sent bien qu’elle a du effectuer de nombreuses recherches que ce soit à travers des références distillées tout du long, ou bien encore sur une mythologie cohérente et clairement intéressante. Cet univers est d’ailleurs, selon moi, le gros point fort du récit, certes pas obligatoirement à mettre entre toutes les mains, mais qui reste très accessible pour les ados et les plus grands et qui donne envie d’en apprendre plus.

Sauf que voilà, là où je ressors légèrement frustré de ma lecture c’est que le premier tome offrait une construction légèrement différente, jouant sur les flashbacks, alors que ce second tome offre une construction classique, voir même trop classique. Cela a pour effet finalement, selon moi, de rendre l’ensemble un peu trop prévisible. Ensuite ce second tome joue clairement le rôle de tome de transition, ce qui se ressent parfois un peu trop dans la construction, principalement dans les dernières scènes. Après cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture et de trouver ce second tome efficace.

Concernant les personnages, Peter devient le héros central de ce second tome. Son refus de devenir Outrepasseurs qu’il cache aux autres le rend ainsi , j’ai trouvé, intéressant, loin de l’élu qui accepte facilement son chemin et sa différence. Sauf que voilà, pour moi Peter reprend un peu trop des stéréotypes de l’ado en série jeunesse ce qui m’a parfois légèrement dérangé, même si rien de non plus trop bloquant. Surtout que finalement les personnages qui gravitent autour compensent ce sentiment, principalement les antagonistes. En effet je trouve le travail effectué, que ce soit sur Le Chasseur ou Noble, vraiment fascinant et convaincant, les rendant ainsi ambigus et évitant de tomber dans le méchant, très très méchant, sans raison. En effet le Chasseur à travers sa relation avec Arnaut, qui va tenter de le changer, et de son amour pour lui va se révéler plus humain qu’on peut le croire initialement et Noble dans sa quête familiale et son amour pour sa femme va ainsi atténuer légèrement son côté violent et dominateur. Au final des personnages attachants, denses, avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Les autres protagonistes ne sont pas non plus en reste, offrant quelques bonnes surprises, même si j’avoue j’attendais un peu plus de Sherley et d’Hermeline, mais dont je ne doute pas de l’importance par la suite.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi soignée, entraînante et prenante, jouant facilement sur l’émotion et l’énergie pour happer rapidement et facilement le lecteur. La conclusion solide et efficace me donne envie de lire rapidement la suite pour savoir comment vont s’en sortir nos héros. Au final un second tome énergique et entrainant qui, même si je l’ai trouvé légèrement en-dessous du premier, se révèle plus qu’efficace et divertissant.

En Résumé : J’ai de nouveau passer un bon moment de lecture avec ce second tome des Outrepasseurs qui se révèle, efficace, convaincant et percutant, même si je l’ai tout de même trouvé un chouïa moins captivant que le premier. L’intrigue se révèle nerveuse, pleine de rebondissements et de retournements de situations qui font qu’on tourne les pages facilement. L’univers est l’un des gros points forts du récit, selon moi, que ce soit dans toute la mythologie cohérente et travaillée mise en place comme dans la dualité entre les Outrepasseurs et les fés qui s’avère être captivante et donne envie d’en apprendre plus. Concernant les personnages ils se révèlent attachants et intéressants, même si j’ai trouvé que Peter tombait un peu trop dans certains stéréotypes. Cela est compensé par le travail de l’auteur sur les antagonistes réussis, les rendant ambigus et humains. Je reprocherai juste à ce tome un sentiment de tome de transition, principalement dans certaines scènes vers la fin, ainsi qu’une construction un peu trop classique ce qui rend l’ensemble prévisible, mais rien de bien bloquant. La plume se révèle soignée, entraînante et happe facilement le lecteur pour aboutir à une conclusion solide et qui donne envie de découvrir la suite.

 

Ma Note : 7,5/10

Les Outrepasseurs Tome 1, Les Héritiers – Cindy Van Wilder

les outrepasseurs t1 les héritiersRésumé : Londres, 2013.
Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Edition : Gulf Stream Editeur

 

Mon Avis : Les Outrepasseurs sont une série jeunesse dont j’entends parler depuis un long moment maintenant, que ce soit sur le net, mais aussi grâce la Marmotte qui la possède dans sa bibliothèque. Si vous suivez ce blog vous devez savoir que je lis un peu de jeunesse, sans non plus en faire ma principale lecture. Comme j’avais un peu envie de changer « d’air » dernièrement je me suis donc décidé de tenter ma chance avec ce premier tome. A noter l’objet en lui même qui est quand même superbe, ainsi qu’une illustration couverture que je trouve très jolie.

On découvre ainsi Peter, jeune adolescent Londonien, qui en rentrant chez lui échappe à une tentative de meurtre, sauvé par un renard dont il va découvrir qu’il s’agit de sa mère. Tout va alors basculer pour lui, emmené dans le manoir d’un homme balafré, sombre et énigmatique qui va, à travers un rituel épuisant, lui dévoiler ses origines à lui et d’autres jeunes présents ainsi qu’une guerre qui couve depuis des siècles. Alors clairement ce roman n’a, dans sa construction, rien de très révolutionnaire avec un héros qui va découvrir qu’un lourd secret pèse sur lui, se trouvant au milieu d’une guerre les fés. De plus ce premier tome n’évite pas un peu le côté tome d’introduction, ne servant principalement qu’à poser les bases de sa mythologie et de cette haine entre les Outrepasseurs et les fés, mais voilà l’auteur arrive clairement à tirer le maximum de ces archétypes pour offrir un récit qui a ainsi réussi à me happer rapidement et dont j’ai eu un peu de mal à lâcher avant d’en connaître la fin.

Il faut dire que l’ensemble démarre fort avec dès le premier chapitre une tension qui se met en place d’emblée, s’accentuant lentement au fil des pages jusqu’à la révélation finale. On se retrouve ainsi à tourner les pages avec plaisir, histoire d’en apprendre plus et de mieux comprendre dans quoi nous plonge l’auteur. L’autre point positif, je trouve, vient de la construction de l’intrigue qui se révèle un peu différente de ce qui se fait en roman jeunes adultes.  Cindy Van Wilder construit ainsi ici un double récit, le premier avec Peter qui va découvrir son histoire et le seconde qui vient se situer en plein Moyen-Age avec les ancêtres des Outrepasseurs et ce qui a amené à cette guerre sanglante. Notre héros n’est ainsi pas encore le centre du récit, évitant ainsi par la même occasion de trop s’imposer et de trop tomber dans l’initiation classique. L’ensemble se révèle ainsi plus qu’efficace et captivant, offrant nombreux rebondissements et de nombreuses surprises malgré une ou deux assez prévisibles. C’est d’ailleurs, je trouve, la grande force du récit ce côté percutant et entraînant.

L’univers construit par l’auteur sans non plus s’avérer révolutionnaire, se révèle tout de même plus que solide et efficace. Que ce soit dans son aspect historique comme dans son aspect mythologique on sent que l’auteur n’a rien laissé au hasard, nous offrant ainsi une construction dense et soignée. Le côté moyen-âge s’avère efficace, bien porté par un changement de style et aussi par un travail de recherche de l’auteur qui parait conséquent, rendant ainsi l’ensemble cohérent et réaliste. L’époque n’a pas non plus été choisie au hasard, la religion étant clairement un élément important de l’intrigue, offrant ainsi un parallèle, une dualité, avec les fés, présenté comme des démons, mais dont il est clair qu’ils vont se révéler plus ambigus que ce qui est dévoilé pour l’instant. L’influence de la religion n’est pas non plus anodine, dans une époque où elle s’impose plus qu’elle ne s’accepte, jugeant ce qu’elle ne reconnaît pas et où les guerres font rage. Concernant ces êtres « féériques », l’auteur nous rappelle d’ailleurs qu’ils ne sont pas obligatoirement bons à la Disney, mais offrant ainsi plus des personnages sournois, jaloux, capricieux avec des envies et des frustrations, n’ayant pas obligatoirement les mêmes prismes que les Hommes. Cela offre aussi un côté assez sombre à cet univers avec aussi son lot de répression, de violence, de haine et de souffrances tout en restant bien entendu pas non plus trop difficile, pour toucher un public vaste allant des jeunes adultes aux plus âgés, sans ainsi les dérouter.

Concernant les personnages, je ne vais pas trop m’avancer concernant ceux du présent qui ne sont finalement que peu présenté, même si cela ne m’empêche pas de les trouver intéressant dans leurs constructions et me donnant envie d’en découvrir plus dans les prochains tomes. Concernant la partie plus historique, que ce soit au niveau des humains comme des fés l’auteur construit des protagonistes qui ne manquent pas d’attraits, se révélant soignés, intéressants et qui surtout évoluent au fil des péripéties. On sent clairement que chacun d’entre ne sortira pas indemne de cette confrontation et que des choix, pas toujours faciles, vont devoir être faits. Même chez les fés rien n’est figé, on sent bien les tensions qui se dégagent, les mouvements sous-jacents de tension qui s’en dégagent offrant ainsi une certaine complexité. Je regrette par contre que certaines émotions, voir certains aspects soient un peu trop extrême, voir un peu trop caricaturaux par certains aspects. De plus je trouve que certains personnages manquent, on va dire, d’empathie ce qui fait qu’il est parfois difficile de complètement s’attacher. Oh attention, rien de non plus trop bloquant ni de trop présent, cela ne dérange en rien la lecture.

La plume de l’auteur se révèle soignée, plaisante, entraînante, nous plongeant ainsi facilement dans son récit le tout à travers un rythme tendu et haletant. Alors certes, certains points m’ont paru traité un peu trop rapidement voir facilement, mais franchement rien de non plus dérangeant tant j’ai été emporté par ce premier tome plus que solide et prenant qui donne envie d’en apprendre plus. Je n’ai plus qu’à plonger rapidement dans la suite qui m’attend déjà.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le premier tome de cette trilogie qui, certes, ne révolutionne pas le genre, mais se révèle clairement efficace et percutant pour me happer et me donner envie de tourner les pages pour en apprendre plus. Alors certes, le tome d’introduction se ressent tout de même, l’auteur posant surtout ici la mythologie, ainsi que les lignes d’intrigue, mais cela n’empêche pas l’ensemble d’offrir rebondissements et surprises, le tout sur une construction un peu différente de ce qui se fait d’habitude. En effet le récit oscille entre présent, avec Peter, et passé avec ces ancêtres et ce qui a amené à la guerre face aux fés. L’univers mis en place au fil des pages se révèle plus que solide et efficace que ce soit dans la mise en place des mythes comme le travail sur l’époque du moyen-âge qui se réveille soignée et efficace. Les personnages se révèlent vraiment intéressant à suivre, principalement dans leurs évolutions et dans leurs choix face aux péripéties qu’ils rencontrent. Je regretterai juste certains aspects un peu caricaturaux ainsi qu’un léger manque d’empathie qui fait qu’on ne s’attache jamais complètement à eux, mais rien de non plus bloquant. La plume de Cindy Van Wilder se révèle soignée, entrainante et efficace, arrivant rapidement à captiver le lecteur. Alors après certaines résolutions m’ont paru traités rapidement, mais rien de dérangeant tant j’ai été happé. Je vais rapidement lire la suite.

 

Ma Note : 8/10

Piégés – Anne Fakhouri

piegesRésumé : Samuel et Darius apprennent que leur amie Joanna est retenue prisonnière dans une pension privée. Ils décident alors d’intégrer l’établissement, un étrange château coupé du monde, et y ressentent la présence de fantômes inquiétants…
Quelques mois après Hantés, les deux héros, liés par leurs pouvoirs et l’amitié, sont confrontés dans un lieu oppressant à une horde de fantômes.

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Si vous suivez ce blog régulièrement ce n’est donc  pas une surprise si ce roman a rapidement terminé entre mes mains. En effet depuis ma découverte du Clairvoyage je suis devenu un inconditionnel des écrits d’Anne Fakhouri qui ne m’ont jamais déçus. Autre point qui a joué en faveur de ce Piégés, il s’agit de la suite de Hantés, roman jeunesse qui m’avait offert un bon moment de lecture (ma chronique ici) à travers une histoire haletante et intelligente de fantômes et dont la suite ne pouvait que rapidement rejoindre ma PAL. Concernant la couverture je la trouve assez réussie, nous plongeant directement dans l’ambiance.

On retrouve donc nos deux héros, Samuel et Darius, quelques mois après les aventures de Hantés, qui commencent à développer leurs dons au fil de leurs rencontres, jusqu’au jour où ils apprennent que Joanna, la petite amie de Darius, se retrouve enfermée dans un orphelinat et qu’une menace pèse sur elle. Ils vont alors tout tenter pour l’aider? Ce qui est souvent intéressant avec une suite, c’est qu’elle peut se passer des aspects trop introductifs pour clairement se lancer dans le sujet, mais là la grande réussite de ce Piégés et d’arriver à happer dès la première page le lecteur qui connait déjà les héros, tout en ne perdant pas ceux qui les découvriraient à travers ce récit. En effet on peut très bien lire ce livre sans avoir lu le premier, même si ce serait dommage, manquant ainsi certains aspects. On se retrouve alors happé dans un récit qui va se révéler haletant et sans temps morts, nous plongeant dans une sombre affaire qui n’oublie pas non plus de se révéler intelligente, remontant jusqu’à la seconde guerre mondiale, nous nous proposant des réflexions sur de nombreux sujets comme la spoliation des juifs à l’époque ou encore, j’ai trouvé, sur l’adolescence. On est ainsi captivé de la première à la dernière page, ne sachant pas ou va nous mener l’auteur, mais avec l’envie d’en apprendre plus et de découvrir ce qui va arriver à nos héros.

L’univers développé au fil du récit continue à se densifier et vient apporter surtout un début logique et des règles, que ce soit aussi bien sur les dons que possèdent Samuel et Darius, qui prennent de l’ampleur à travers leurs expériences, comme sur les fantômes. Le premier tome servait ainsi de découverte, d’introduction, ce second tome permet plutôt de fixer un cadre à l’ensemble, mais, comme je l’ai déjà dit, sans jamais non plus trop à chercher à complexifier l’ensemble pour éviter de perdre le lecteur qui découvrirait le tout en route. Le fantastique vient ainsi se coller de façon cohérente et efficace sur l’histoire et offre ainsi des nouveautés qui se révèlent claires et de nouvelles possibilités, que ce soit à travers ce roman comme par la suite, si jamais d’autres romans sont prévus. À ce monde ésotérique des plus entrainant vient aussi s’y ajouter un internat qui offre sont lot de stress et d’angoisse, et un aspect historique juste ce qu’il faut de soigné pour offrir un univers complexe et efficace.

Concernant les personnages ils se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir et à suivre aux travers de leurs aventures, même si j’ai trouvé qu’ils stagnaient un peu niveau profondeur, ce qui sans trop déranger ma lecture m’a paru légèrement dommage. On découvre par contre de nouveaux protagonistes qui viennent compenser cette légère frustration et ainsi apporter énormément de rebondissements et d’émotions à l’ensemble. Chacun des personnages, mis à part peut-être un ou deux mais c’est souhaité,  arrive ainsi à nous toucher à sa façon, se révélant souvent juste dans sa construction, dans ses réflexions et dans sa façon de réagir. J’ai par contre eu un peu de mal avec le cœur d’artichaut d’un des héros, mais rien de non plus trop bloquant.

Puis arrive la conclusion où tout s’accélère, où les révélations viennent s’accumuler et où les nombreux rebondissements viennent nous surprendre, une conclusion explosive qui se révèle clairement efficace dont mon seul regret et que j’ai eu une légère impression de trop de révélations en trop peu de pages. Je sais qu’un roman jeunesse est formaté au niveau des pages, mais là quelques pages supplémentaires auraient, selon moi, permis à l’ensemble de se révéler encore un peu plus fluide. Je regrette aussi certains passages qui m’ont paru être traité de façon légèrement trop rapide et quelques erreurs. Mais bon au final rien de véritablement dérangeant tant l’ensemble m’a paru efficace et m’a offert un bon moment de lecture.  La plume de l’auteur se révèle entrainante, efficace et rythmée happant le lecteur pour ne plus vraiment le lâcher à travers une histoire rythmé. La révélation finale vient ainsi nous rappeler de façon attendue mais efficace qu’une suite et possible, que je lirai avec grand plaisir si jamais elle était publiée.

En Résumé : J’ai de nouveau passé un bon moment de lecture avec ce nouveau roman d’Anne Fakhouri, suite de Hantés, qui nous offre une histoire efficace, haletante et sans temps morts, sans non plus oublier de poser une intrigue intelligente et captivante. L’univers développé tout au long du récit continue à se densifier et offre ainsi de nouvelles révélations et de nouvelles règles, que ce soit aussi bien sur les dons des héros que sur les fantômes rencontrés, auquel s’ajoute aussi une légère pointe historique des plus intéressante. Nos deux héros principaux se révèlent toujours aussi intéressants à découvrir à travers leurs péripéties, même si j’ai trouvé dommage une légère stagnation au niveau de leur profondeur par rapport au premier tome. Les nouveaux personnages rencontré apportent une certaine nouveauté et se révèlent soignés. Je regrette par contre une conclusion peut-être un peu trop chargé en révélation, quelques erreurs dommageables et certains aspects un peu trop faciles ou devinables, voir traité de façon rapide, mais rien de non plus gênant tant j’ai été happé dès la première par ce récit et par la plume de l’auteur qui se révèle toujours aussi efficace et entrainante. La toute dernière révélation laisse présager une suite que je lirai avec plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Dup,

Métro Z – Fabien Clavel

metro zRésumé : Emma est excédée quand son métro reste bloqué à la station Châtelet. Déjà qu’elle doit s’occuper de Natan, son petit frère autiste… Quand une explosion retentit dans le wagon voisin, elle se rue, paniquée, dans les couloirs envahis par une épaisse fumée jaunâtre. Emma réalise que tous les accès sont condamnés et que Natan n’est plus avec elle ! Partant à sa recherche, elle observe le comportement étrange et terrifiant des autres passagers : indolents, marmonnant, les yeux dans le vague…

Edition : Rageot

 

Mon Avis : Il y a quelques semaines je me suis laissé tenter par la lecture de L’Évangile Cannibale, du même auteur, qui proposait une variation sur le thème des zombies clairement intéressante, dévoilant comme héros principaux des retraités et qui m’avait offert un très bon moment de lecture (ma chronique ici). Je me suis donc rapidement laissé tenter par son roman jeunesse, qui se situe dans le même univers et offrait un point de vue différent de cette invasion de zombies, en ayant hâte de voir comment l’auteur allait s’en sortir avec une lecture pour un public plus large. En tout cas l’illustration de la couverture nous met directement dans l’ambiance : il va falloir fuir.

Emma jeune lycéenne comme les autres, rentre chez elle avec son frère autiste dont elle s’occupe. Une explosion va alors complètement bouleverser ses plans, elle va se retrouver à fuir pour sa vie et très vite se rendre compte que les autorités ne laisse sortir personne. Pire, dans la panique elle a oublié son frère et doit alors le retrouver dans les méandres du métro avant d’espérer s’échapper. Ici, comme prévu par rapport L’Évangile Cannibale, on change complètement de décor, avec comme héroïne cette fois une lycéenne, mais aussi changement de trame, car on quitte le roman post-apocalyptique pour nous plonger au départ de la crise, au cœur même de l’incident. On se retrouve donc ainsi dans quelque chose d’assez classique sur le papier, avec la fuite en avant pour survivre de l’héroïne et ses amis, mais qui n’empêche pas à l’ensemble de se révéler plus que solide et efficace. L’auteur nous happe dès le début, nous immergeant dans l’action dès le second chapitre pour ne plus nous lâcher jusqu’à la conclusion. Le rythme est tendu et l’ambiance qui se dépeint au fil des pages est de plus en plus angoissante. Emma va devoir braver de nombreuses péripéties si elle espère s’en sortir. Le lecteur se retrouve alors à tourner les pages pour en découvrir plus et savoir ce qui va arriver aux héros.

L’univers qui se développe tout au long du récit se révèle assez efficace, nous dévoilant une France futuriste , où les médicaments sont monnaie courante et sont utilisés pour un rien, où les technologies, de plus en plus intrusives, ont évolué pas toujours en bien et où le pouvoir ne change pas et préfère se protéger que faire face à la crise. Là-dessus l’auteur développe aussi de nombreux axes de réflexions qui se révèlent efficaces, même si parfois traités de façon un peu trop simple. Il évite par contre de se mettre des limites, vis-à-vis de l’âge potentiel du lecteur, et traite de sujets d’actualités voir même de sujet graves. On se retrouve ainsi à réfléchir sur la liberté de la presse qui cherche plus facilement le larmoyant ou le sensationnel, l’acceptation des autres, l’influence des classes sociales dans la vie ou encore la maladie et plus particulièrement l’autisme qui, je trouve, est bien traité, offrant des parallèles originaux et permettant au jeune lecteur de mieux appréhender cette maladie. En tout cas une image de fond efficace qui ne laisse pas indifférent. L’auteur n’oublie pas pour autant qu’il est dans un roman de zombies et offre quelques scènes bien angoissantes et glaçantes ; pour un roman jeunesse j’entends bien.

 Concernant les personnages l’effort a clairement été fait pour éviter de tomber dans une certaine caricature voir même éviter d’offrir certains archétypes des héros de récit jeunesse. En effet les protagonistes qu’on découvre au fil des pages se révèlent humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, dépassé devant les évènements, mais qui n’ont d’autres choix que d’avancer s’ils veulent s’en sortir. On se retrouve ainsi à s’attacher assez facilement et rapidement à Emma, adolescente en manque de reconnaissance depuis la naissance de son frère autiste, qui face à la crise qui apparait va alors se retrouver à faire des choix, parfois d’instinct, mais qui vont la forcer à changer, à avoir un nouveau regard. Mais c’est surtout par sa relation avec son frère qu’elle arrive, je trouve, à nous toucher, son évolution tout au long du récit, nous dévoilant au fil de flashback une relation compliquée, une tension entre eux, mais dont la crise et les conséquences qui en découlent vont les aider à se rapprocher, d’une certaine façon à mieux se comprendre et s’apprécier. Il faut ajouter à cela des personnages secondaires eux aussi intéressants et qui apportent des points de vues et des réflexions différentes.

Là où j’ai légèrement coincé dans ma lecture, c’est concernant certains passages qui se révélaient, à mon goût, un peu trop facile, dont la résolution était amenée un peu trop simplement. Alors je sais bien qu’un roman jeunesse n’aura pas la même complexité qu’un livre plus adulte, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais voilà, ici, j’ai trouvé que la fin s’offrait un peu trop de deus ex machina. C’est dommage car ça rend la conclusion un peu frustrante et quelques pages de plus pour s’offrir peut-être quelques rebondissements supplémentaires aurait pu apporter quelque chose en plus. Attention ça n’enlève en rien les qualités de l’histoire qui se révèle plaisante à lire et à découvrir, juste que ça l’empêche de passer un cran au-dessus.

La plume de l’auteur se révèle simple, efficace, entrainante et arrive à facilement capter le lecteur pour ne plus le lâcher, à travers cette ambiance dans les méandres de métro assez angoissante et surprenante. À noter aussi une sorte de supplément à la fin, intégré à l’histoire, qui retrace l’historique du zombie et qui offre aussi une comparaison avec les autres être fantastiques ; certes ça n’apprendra rien au fan du genre, mais ça permettra au néophyte d’en apprendre plus et je trouve l’idée réussie. Au final un roman jeunesse qui m’a offert une lecture très sympathique et qui se lit facilement malgré une conclusion un peu facile. En tout cas je lirai d’autres écrits de l’auteur sans soucis.

En Résumé : J’ai passé un moment de lecture très sympathique avec ce roman qui nous offre une histoire de zombies, certes classique sur la forme avec cette fuite en avant devant la catastrophe, mais qui se révèle efficace et entrainante. L’univers futuriste offert ici est solide et bien porté par de nombreuses réflexions, accessibles à tous et qui se révèlent prenantes et percutantes, que ce soit aussi bien sur la société que sur l’homme. L’auteur n’oublie pas non plus qu’il traite de zombies offrant des scènes angoissantes et une ambiance stressante ; pour un roman jeunesse j’entends bien. Les personnages évitent clairement de tomber dans la caricature ou dans l’archétype du héros jeunesse, pour se révéler humain et attachants. La relation entre Emma et son frère autiste est, je trouve, bien traité et son évolution apporte une touche sensible. Les personnages secondaires ne manquent pas aussi d’attraits et apportes des points de vues différents et intéressants. Mon principal regret viens que l’auteur s’offre, principalement sur la fin, un peu trop de facilité pour faire avancer son intrigue, rien de complètement gênant, mais un peu dommage je trouve. La plume se révèle simple et entrainante offrant, pour les jeunes et les moins jeunes, un roman de zombies agréable. Je lirai sans soucis d’autres écrits de l’auteur.

 

Ma Note : 7 /10

 

Autres avis : Cornwall, Lelf, Bibliocosme, AcrO, …

 

zombies challenge

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