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Kel Tome 4, Le Général Taureau – Andréa Schwartz

Résumé : Au nord, les Kel’yon ; au sud, les Kel’bai – et entre eux dix mille ans de rivalité… À travers le continent de Kaek’tun, les trompettes des Deux-Empereurs annoncent une nouvelle guerre. Kel’yon et Kel’bai, Noble et Fils du Peuple, Oshin Ieran est né à la frontière entre mille mondes. Ni d’un côté ni de l’autre, il s’efface dans l’obscurité appropriée pour ceux de son sang. Mais la déesse Destin est une divinité capricieuse – et la déesse Honneur, vénérée par les Kel’yon et les Kel’bai, est plus cruelle encore. Les cors du Dragon et du Phénix tonnent à travers le Continent et en pays kel’bai, le sang-mêlé du nord est appelé à brandir un drapeau que jamais il n’avait imaginé porter, pour défendre ceux que jamais il n’avait imaginé protéger.

Edition : Rebelle

Mon Avis : Il y a quelques années maintenant on m’a proposé de découvrir cette série de Fantasy. Je m’étais facilement laissé tenter, malgré le côté un peu classique du résumé du premier tome et j’avais été agréablement surpris tant l’histoire s’avérait solide, captivante et entraînante (ma chronique ici). Les tomes 2 et 3 venaient confirmer le bien que je pensais de cette série, se révélant même plus denses et plus aboutis encore à mon goût (chronique du tome 2, du tome 3). C’est donc sans surprise que je me suis rapidement lancé dans la lecture de ce quatrième volume et, malgré ce que je pensais, avant-dernier tome de la série. En effet un cinquième tome devrait être publié. Concernant la couverture, elle reste dans le même thème que les précédentes et je la trouve très sympathique.

Ce quatrième volume est construit de la même façon que les trois premiers, nous présentant, d’une certaine façon, en protagoniste un « nouveau » personnage. Je mets nouveau entre guillemet, car il ne l’est pas vraiment, il a été un personnage secondaire important du premier tome et il est aussi apparu dans d’autres tomes : il s’agit d’Oshin Ieran. Sauf que ce tome va enfin le mettre en avant, dévoilant son histoire et ce qui a fait de lui le personnages qu’on découvre dans les autres volumes. J’avoue, j’avais hâte d’en apprendre plus sur ce protagoniste ambigu et complexe. Pourtant une fois la dernière page tournée, je dois bien avouer que, sans trouver ce roman mauvais, loin de là, il est pour moi clairement un ton en dessous des précédents. Attention il reste une lecture plus que sympathique et agréable, et le travail sur le héros se révèle prenant, mais voilà je pense qu’il n’a pas complètement répondu aux attentes que je pouvais avoir. Après, contrairement aux tomes précédents qui avaient, d’une certaine façon, leurs propres fins, ici le tome 4 est lié au tome 5. Par contre je soulèverai un point, plus sur l’édition que sur le récit en lui-même, il y a énormément de familles et de noms qui gravitent dans ce cycle, un petit lexique des personnages et des familles aurait, je pense, apporté un plus. Je n’ai jamais été franchement perdu, cela n’a pas gâché ma lecture, mais parfois j’ai pris du temps à retrouver qui est qui.

Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur construit son récit un peu comme les trois précédents, présentant un personnage qu’on découvre et qu’on voit évoluer au fil du temps. Le tour de force qu’elle réussit à chaque tome est d’arriver à proposer une intrigue qui, certes dans les grandes lignes ressemble aux autres, maais arrive finalement à se différencier que ce soit dans le travail sur le personnage et sa découverte, comme dans la vision qui est proposée. D’une certaine façon elle arrive ainsi à se renouveler et à proposer quelquechose de différent qui fait que j’ai de nouveau été happé assez facilement dans le récit. Le fait d’avoir un nouveau personnage central à chaque fois joue aussi, car cela oblige le lecteur à avoir une vision différente du monde présenté et des jeux de pouvoirs, mais cela oblige aussi à s’attacher de nouveau à un héros. Et là Andrea Schwartz a démontré qu’à chaque nouveau tome elle a réussi à construire un personnage central qui donne toujours envie d’en apprendre plus. D’autant qu’ici, le personnage a une grande importance dan le cycle.

Certes, je ne le nie pas, certains aspects dans la construction du récit possèdent un air de déjà-vu par rapport les tomes précédents, ce qui rend parfois  l’histoire prévisible, sans que cela soit dérangeant, tant dans l’ensemble le récit s’avère solide et efficace. Le rythme, plutôt lent, permet d’offrir une certaine densité à la narration, tout en sachant offrir des scènes plus vives et percutantes pour ne pas ennuyer le lecteur. Je regretterai peut-être tout de même quelques facilités ici ou là, comme par exemple la capacité des personnages à se retrouver gravement blessés et pourtant à être en pleine forme et tenir leurs rangs quelques jours à peine après l’incident.

Un autre point intéressant est, comme je l’ai dit, la découverte du passé de Ieran qu’on avait rencontré déjà dans le premier tome quand il avait décidé d’aider Shelun. Ce n’est jamais facile de construire le passé complet d’un personnage qu’on suit déjà depuis quelques temps et à propos duquel l’imagination du lecteur a déjà pas mal travaillé, mais je trouve que ce tome s’en sort plutôt bien, sans non plus trop révolutionner le genre. On découvre ainsi un héros, coincé entre deux mondes, mi Kel’yon mi Kel’bai, fils d’un homme influent. Quand les circonstances le demandent il va découvrir que finalement, malgré ce qu’il espérait, il doit s’effacer et n’avoir aucune place dans la guerre qui arrive, non à cause ses capacités mais simplement de par sa situation familiale. Son évolution au fil des pages, les découvertes qu’il va faire, les changements que vont opérer sur lui cette guerre sont bien menés et efficaces. On découvre ainsi un personnage complexe, qui ne connait la guerre qu’à travers sa formation et qui va tomber de haut. C’est un héros qui se trouve coincé entre deux fronts du fait de son sang et de sa naissance. A la fois naïf et surprenant, on suit ses aventures avec intérêt et envie d’en apprendre plus. J’attends de voir ce que va proposer l’auteur dans la suite, car son histoire est loin d’être terminée, mais pour le moment elle réussit à nous offrir un personnage dense, soigné et prenant. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, s’avérant efficaces et complexes, amenant leurs propres réflexions, leurs visions spécifiques et leurs envies. J’ai hâte de savoir comment certains vont se développer dans le dernier tome.

L’univers, même s’il paraît évidemment moins nouveau depuis quatre tomes, s’avère toujours solide, même si j’avoue que j’aurai aimé un peu plus de renouvellement sur certains points. En effet comme on découvre durant tout ce tome un long flashback, on plonge finalement dans une nouvelle dualité entre Kel’bai et Kel’yon. Alors attention, même si le conflit est dans les grandes lignes un peu le même, les motivations de chacun sont différentes, c’est ce qui fait que les complots, trahisons et jeux de pouvoir sont toujours intéressants à suivre et à découvrir. Sauf que les trois premiers tomes avaient déjà amené énormément d’intrigues de ce type et j’espérais les voir évoluer, ce qui joue obligatoirement sur le ressenti du lecteur. Cela ne m’a pas non plus empêché de plonger de nouveau avec plaisir dans le monde que nous présente Andrea Schwartz qui est toujours aussi vivant, immersif et qui donne envie d’en apprendre plus. porté par des descriptions vives et soignées. Le jeu des différentes familles ainsi que des différents clans, les tensions que cela crée et les questions que soulève la guerre, la violence et la haine sont bien amenées et ne laissent pas indifférent, même si parfois j’avoue que l’argumentaire est un peu facile, mais là je chipote. Les scènes d’actions sont très visuelles, efficaces et offrent clairement un plus à l’ensemble et une certaine tension.

Mais alors au vu de ma chronique vous devez vous demander pourquoi j’ai un peu moins accroché à ce tome, c’est bien simple pour moi il est trop indépendant du cycle qu’a construit l’auteur. Les trois précédents tomes étaient plus ou moins liés et avaient amenés en ligne de fond de nombreux jeux politiques et questions. Ce quatrième volume nous entraine dans un flashback qui, finalement, met un peu les trois autres tomes en « pause » le temps de tracer le vie du général ce qui j’avoue m’a légèrement frustré. Je ne m’y attendais pas obligatoirement. Qui plus est, ce tome donne l’impression d’un tome d’introduction, vu qu’on ne découvre que la première partie de la vie du héros, ce qui est quand même dommage quand on parle de quatrième tome. C’est ainsi clairement au niveau de mes attentes que s’est joué mon ressenti et non sur les qualités du livre, je ne m’attendais pas à un tome qui aurait peut-être mérité d’être traité de façon indépendante, je ne sais pas. Cela ne m’a pas non plus empêché de passer un agréable moment de lecture avec ce roman, toujours bien porté par une plume fluide, dense et terriblement efficace qui a fait que j’ai tourné les pages avec plaisir. Je lirai sans soucis le dernier tome de ce cycle.

En Résumé : J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce quatrième tome, même si j’avoue il n’a pas non plus répondu à mes attentes. Ce livre nous propose ainsi de découvrir l’histoire d’Ieran, personnage que l’on a déjà rencontré dans les tomes précédents en tant que héros secondaire. Comme les tomes précédents l’auteur nous présente un nouveau personnage et elle arrive à le faire de façon entraînante et efficace. C’est une des grandes forces du cycle de se renouveler en proposant à chaque fois un nouveau personnage central tout en arrivant à le rendre dense, touchant et captivant à découvrir. Alors certains passages sont légèrement prévisible, voir parfois offrent quelques facilités, mais rien de bloquant dans ma lecture. Les personnages secondaires que l’on découvre ne sont pas non plus en reste, offrant des protagonistes complexes et intéressants. L’univers, même s’il parait moins nouveau, reste solide et attrayant, bien porté par des descriptions soignées et denses. L’intrigue est portée sur un rythme plutôt lent qui permet de bien développer le récit, tout en offrant des scènes d’actions vivantes et percutantes qui font qu’on ne s’ennuie jamais. Au final mon regret vient du fait que ce roman étant un flashback, il donne l’impression de mettre en pause tous les éléments mis en avant depuis trois tomes et, limite, d’être un récit indépendant. Ce tome donne aussi l’impression d’être un tome d’introduction, ne présentant qu’une partie de la vie du héros, ce que je trouve un peu dommage pour un quatrième tome. Reste tout de même une lecture très sympathique, bien porté par une plume soignée et entraînante. Je lirai le cinquième tome avec grand plaisir.

Ma Note : 7/10

Kel Tome 3, La Ronde de L’Aigle – Andréa Schwartz

kel 3 la ronde de l'aigleRésumé : Amadan du Phénix, souverain suprême de tous les Kel’yon, s’apprête à prendre femme dans la Maison du Dragon.
Du nord au sud du pays de Kaek’tun, les Trois Noblesses se dressent contre une alliance contre-nature. La plus puissante d’entre elles est la Lignée de l’Aigle : la reine des transgressions, la redoutable Maison sai Mordrain. Sang-mêlé de naissance, entraînée par des assassins, Lune est envoyée dans le nord. Elle sera l’œil et l’oreille du Dragon dans le Nid de l’Aigle. Mais sous le toit des sai Mordrain, les trahisons sont multiples ; l’Aigle, suprême dans les cieux kel’yon, a des ennemis plus féroces encore que le Dragon kel’bai.

Edition : Rebelle

 

Mon Avis : Il y a environ deux ans (oui ça date déjà), on m’a proposé de lire le premier tome de cette série et j’avoue avoir été agréablement surpris, car même si l’histoire restait assez classique, l’ensemble se révélait solide et efficace pour se lire avec plaisir (ma chronique ici). La suite, publiée l’année dernière, s’était révélée encore plus intéressante à découvrir, offrant une histoire que je trouvais plus complexe et plus dense (ma chronique ). C’est donc sans surprise que lorsque j’ai vu que le troisième tome était publié, je l’ai rapidement fait rentrer dans ma PAL pour savoir ce qu’allait bien nous proposer l’auteur. À noter aussi une illustration de couverture que je trouve réussie.

Ce qu’il y a d’intéressant, selon moi, avec cette série c’est que l’auteur décide de changer de personnage principal à chaque nouveau tome, ce qui a pour conséquence d’éviter de tomber dans une sorte de routine, tout en diversifiant ainsi les points de vues, les réflexions ainsi que les lignes d’intrigues. Attention cela ne veut pas dire qu’on change complètement d’intrigue à chaque tome, on retrouve au fil des tomes les différents personnages rencontrés dans les volumes précédents ainsi que les lignes d’intrigues principales, principalement politiques, entre Kel’yon et Kel’bai, mais voilà je trouve que cela apporte une certaine fraicheur. Cette fois on se retrouve donc à suivre Lune, jeune espionne formée par les Kel’bai et qui a pour première mission d’aller se lier à Shelun (héroïne du premier tome) pour rentrer dans le clan Mordrain et y découvrir quelle machination il s’y trame.

On se retrouve alors plonger dans une intrigue qui va se révéler encore plus complexe que les deux premiers tomes. On quitte un peu l’aspect, on va dire, « découverte » de cette société, pour plonger en plein dans la politique avec tout ce qui gravite autour. Entre jeu de pouvoir, manipulations, ambitions et trahisons on dévoile ainsi au cours de la lecture une histoire dense, qui révèle ses surprises et ses pièces au compte goutte pour mieux brouiller les pistes du lecteur et jouer avec lui. Sauf que voilà j’ai quand même eu un peu de mal au début, même si rien de bien méchant non plus. Changer de personnage principal fait qu’on est obligé de prendre un peu de temps pour le découvrir, ajouter à cela, comme je l’ai dit, une histoire dense ainsi que de nombreux noms de protagonistes pas toujours faciles à mémoriser, il est parfois un peu compliqué de se rappeler qui est qui et qui fait quoi pour qui. J’aurai aimé, je pense, avoir un lexique des personnages et des différentes familles, je me serai un peu moins perdu durant les premières pages. Car oui, la suite va vite balayer ce défaut, arrivant à m’emporter dans une toile d’araignée qui se resserre doucement autour du lecteur, offrant un récit certes moins guerrier que les précédents, mais plus subtil et plus pernicieux entre jeux de dupes et jeux d’assassins, jouant plus sur les conspirations que l’action, pour tenter de dévoiler une vérité qui se dérobe à chaque nouvelle découverte, poussant ainsi le lecteur à tourner les pages facilement pour en apprendre plus.

Un récit bien porté par un rythme plutôt lent, mais finalement terriblement efficace, jouant sur les révélations et les surprises, même si j’ai trouvé le dernier tiers légèrement trop rapide dans ses révélations et son aboutissement, surtout que vers le milieu quelques longueurs se font ressentir. Je regrette aussi un peu quelques sous-intrigue qui se révèlent un peu oubliées vers la fin. Mais rien de bien méchant non plus tant l’ensemble ne manque pas d’intérêt, que ce soit dans la redécouverte d’anciens personnages et ce qu’ils sont devenus depuis le premier, comme dans la plongée du monde politique de cette contrée divisé par la guerre. L’auteur a ainsi vraiment réussi à rendre son univers vraiment fascinant à découvrir, surtout quand on voit tous les développements qui sont apparus depuis les deux premiers tomes. On en apprend ainsi ici encore plus que ce soit sur les Kel’yon comme les Kel’bai pour de nouveau nous faire réfléchir sur finalement le peu de différence qu’il existe entre ces deux peuples qui se haïssent. L’aspect clairement « asiatique » mis en place par l’auteur ajoute une touche exotique à l’ensemble qui, je trouve, apporte un plus bienvenue, entre honneur, guerre, honte et traditions et le tout porté par des descriptions efficaces. On découvre aussi un aspect différent, celui des assassins, des espions, les jikkai, une caste aux nombreux secrets, qui possède ses propres us et coutumes, élevé dans le grand secret pour servir d’outil aux différentes familles. Un univers qui me passionne de plus en plus tome après tome et qui donne envie d’être découvert.

Concernant les personnages on se retrouve à suivre ici Lune, jeune fille d’une petite vingtaine d’année, jikkai, qui se révèle très rapidement attachante, soignée et intéressante. Elle se révèle complètement différente de Shelun ou de Herdred offrant ainsi plus un côté « humain », moins froid, mis aussi devant les nombreux obstacles qui se retrouvent ou se sont trouvés devant elle et qui la force à voir les choses de façon différente. Les personnages secondaires qui gravitent autour se révèlent eux aussi intéressants à découvrir, entre manipulation et intérêts personnels. Je regretterai juste le fait qu’on ne voit parfois très peu des anciens personnages comme Herdred, dont de nombreuses questions restaient en suspens dans le tome précédent sans obligatoirement tous trouver leurs réponses ici. Mais bon rien de non plus bloquant et je me doute que je trouverai mes réponses par la suite.

La plume de l’auteur se révèle fluide, soignée et terriblement efficace, nous plongeant de façon efficace et avec plaisir dans la découverte de ce troisième tome qui se révèle au final une très bonne lecture, efficace, oscillant entre manipulation, mensonge et trahison. L’auteur n’oublie pas pour autant d’y glisser une romance qui se révèle efficace évitant de tomber dans le trop mielleux. L’auteur arrive à nous surprendre de tome en tome et surtout à construire une intrigue de fond dense et passionnante qui me donne clairement envie de lire la suite.

En Résumé : J’ai passé un très bon moment de lecture avec le troisième tome de ce cycle qui nous fait découvrir une nouvelle héroïne, Lune, espionne Kel’bai qui se révèle un personnage humain et attachant. L’intrigue proposée se révèle complexe, entre trahisons, mensonges et jeu de pouvoir et surtout permet de découvrir plus en profondeur la politique entre Kel’yon et Kel’bai qui ne manque pas de se révéler complexe avec son lot de jalousie et de jeux de pouvoirs. Certes la première partie demande de la concentration devant les nombreuses intrigues qui se dessinent et surtout les différents personnages nommés, et je pense qu’un lexique par famille aurait apporté un plus, mais très vite je me suis retrouvé emporté par ce récit efficace et offrant de nombreuses surprises. L’univers continue à se développer et à se complexifier au fil pour nous dévoiler un monde intriguant et passionnant qui mérite d’être découvert. Les personnages, outre Lune dont j’ai déjà parlé, se révèlent soignés et efficaces même si je suis un peu frustré de ne ne pas beaucoup voir certains des héros des tomes précédents. Je regretterai par contre ce troisième tome quelques longueurs vers le milieu de l’œuvre, un dernier tiers à l’inverse peut-être un peu trop rapide ainsi que quelques intrigues secondaires oubliés, mais bon rien de non plus dérangeant. La plume de l’auteur se révèle fluide, soignée et entrainante, nous happant facilement dans son histoire. Je lirai la suite sans soucis et avec grand plaisir.

 

Ma Note : 8/10

 

Autres avis : Ptitetrolle, …

Kel Tome 2, Le Loup Blanc – Andréa Schwartz

kel 2 le loup blancRésumé : Dix ans de guerre contre les Deux-Empires ont repoussé les tribus occidentales loin dans la forêt éternelle.
Fils d’un général et d’une Cheveux-Noirs rebelle, Herdred emprunte à contrecœur le même chemin que son père : guerrier, officier, bras armé de l’Empire kel’yon. Lorsque des murmures de révolte contre les Deux-Empires s’élèvent dans la forêt, son instinct lui souffle de se tenir à l’écart.
Mais l’ombre du dieu de l’ouest plane sur les bois, et la main du grand loup blanc propulse le jeune sang-mêlé au cœur de la forêt, là où trahison et ambition règnent en maître.

Edition : Rebelle

 

Mon Avis : Il y a un an je me suis lancé un peu par hasard dans la lecture du premier tome de ce cycle qui, au final, sans révolutionner le genre, m’avait offert un plutôt bon moment de lecture avec une histoire solide et efficace, bien porté par des personnages entrainants et une plume dense et captivante (ma chronique ici). C’est donc sans surprise que le Tome 2, sorti récemment, a rejoint ma PAL avec l’envie de savoir comment l’auteur allait faire évoluer son histoire et son intrigue. À noter l’illustration de couverture que je trouve sympathique et qui colle plutôt bien à l’histoire.

Surprise, dès les premières pages on se rend compte qu’on ne suit pas le couple de héros du premier tome, mais l’histoire de leur premier fils, devenu guerrier, une dizaine d’années plus tard. Je trouve le principe vraiment intéressant, Shelun et Aydred ayant montré la majorité de leurs potentiels dans le tome un, mettre en avant Herdred leur premier fils, permet ainsi de suivre une autre histoire, d’offrir quelque chose de différent, un nouveau point de vue. À partir de là l’auteur se met à construire une intrigue, certes que je trouve plus lente que le premier tome, mais d’une certaine façon plus efficace et tout aussi entrainante. On tourne les pages avec envie d’en apprendre plus de ce récit qui se révèle plus dense et plus complexe que le précédent, mélangeant un aspect à la fois intime avec la survie de Herdred et sa quête de lui-même, mais aussi un aspect beaucoup plus large, avec une intrigue politique nébuleuse remplie de trahisons et de complots qui se dévoilent au fil des pages entre les Kel’yon, les Kel’bai et les Barbares.

L’univers développé par l’auteur, de fait par rapport à l’intrigue, se complexifie aussi, car là où dans le tome précédent on suivait plus une guerre sans développer pleinement l’aspect politique derrière, ici justement toutes ces machinations et ces quêtes de pouvoirs entre les différents peuples prennent plus d’importance, offrant ainsi plus d’épaisseur aux deux empires. L’autre aspect intéressant c’est qu’ici on découvre les peuples Barbares qui étaient à peine esquissés auparavant, offrant vraiment quelque chose de travailler ; les barbares n’étant simplement pas que des ignares, mais des peuples aux coutumes et aux croyances différentes mais qui, dans le fond, se révèlent comme tout le monde avec leurs ambitions et leurs rêves de conquêtes et de pouvoirs. Une différentiation et une ressemblance qui vont remettre en cause les croyances du héros. L’histoire et la mythologie continuent aussi à se développer au fil des pages, et se révèlent aussi intéressantes, donnant envie d’en apprendre plus sur ces différents peuples et leurs coutumes.

Alors, par contre, j’ai trouvé les premières pages un peu complexes, il y a beaucoup d’informations à assimiler et surtout beaucoup de nom de personnages. Il y a bien un lexique à la fin qui évite de se retrouver perdu, mais faire la navette sur le début casse un peu le rythme. Bon après faut dire que j’ai une mémoire de poisson rouge avec les noms, surtout quand ils sont longs et écrit dans les formes. J’ai aussi trouvé que le passage où notre héros se retrouve en terrain Kel’bai, au début du roman, traînait parfois un peu en longueur, surtout qu’il n’apporte pas obligatoirement grand-chose pour la suite et se révèle parfois un peu trop répétitif. Certes il permet de retrouver un personnage du tome précédent, mais quelques pages en moins n’aurait, selon moi, pas dérangé la compréhension. Autre point qui me dérange toujours légèrement c’est dans les combats où notre héros effectue des mouvements exceptionnels, du genre arrêter des flèches avec son épée. Pour en avoir discuté avec l’auteur j’ai compris qu’elle reprenait un peu le style asiatique, mais autant je trouve cela esthétique dans un film, autant j’ai un peu de mal dans un livre. Après ce ne sont que des légers défauts, car j’ai vraiment été emporté par cette intrigue maîtrisée et pleine de surprises qui évite justement le happy end pour nous offrir quelque-chose  de cohérent et vraiment passionnant.

Concernant les personnages, ils se révèlent vraiment denses, soignés et cohérents, même si j’avoue j’ai quand même eu un peu de mal à m’accrocher à Herdred. Le personnage se révèle rapidement froid, distant, renfermé et blasé ce qui fait qu’on a du mal à s’attacher, même si vu son passé et ce qui a touché ses parents, on comprend très vite pourquoi. Puis au fil des pages il va commencer à se dévoiler lentement, à se révéler humain et loin de l’être de glace qu’il laissait transparaitre. J’ai trouvé par contre que son histoire d’amour avec Asja ressemblait un peu trop à celle de de Shelun et Aydred dans le tome un, avec ce côté amour impossible entre deux peuples qui se haïssent, et même si c’est présenté de façon différente et de façon plutôt intéressante, l’ensemble reste globalement sans surprise. Cela ne dérange en rien, car on est vite emporté par ces personnages efficaces et qui arrivent parfois à prendre à contre-pied le lecteur, je pense principalement à l’empereur. L’autre aspect intéressant et aussi de voir Shelun et Aydred à travers un regard neuf, on  les idéalise moins, ils se révèlent plus humains.

La plume de l’auteur se révèle toujours aussi fluide, dense, et entrainante plongeant le lecteur avec toujours autant de facilité dans son histoire, alternant de façon vraiment efficace et limpide les phases de descriptions avec les phases d’actions et celle d’introspection. J’ai juste eu un peu de mal avec, parfois, la voix intérieure des personnages, qui apparait en italique dans le roman, se révélant d’une certaine façon répétitive, ou bien accentuant un peu trop des aspects ou des émotions qui se devinaient au final facilement, ce qui n’apporte pas toujours grand-chose. Un second tome que j’ai trouvé mieux réussi, mieux géré et plus original que le précédent, qui m’a fait passer un très bon moment de lecture. À noter le petit cliffangher de la conclusion qui me donne clairement envie de lire et de découvrir ce qui va arriver par la suite à nos héros.

En Résumé : J’ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec ce second tome que j’ai trouvé un cran au-dessus du précédent. Certes il risque d’en surprendre plus d’un en mettant en avant plutôt le fils de Shelun, mais il permet de construire une histoire que j’ai trouvée plus complexe et plus dense, où l’intrigue politique se mélange avec une intrigue plus intime sur ce personnage de Herdred. L’univers continue à se développer de façon captivante, on en apprend plus sur les deux empires et on découvre aussi le peuple barbare. Les personnages se révèlent vraiment cohérents, soignés et efficaces même si le côté un peu froid du héros principal fait qu’on prend un peu de temps à s’attacher à lui. L’histoire d’amour évite de tomber dans le mielleux, mais se révèle sans surprise, tant dans les grandes lignes elle ressemble à celle du premier tome. La plume de l’auteur est toujours aussi entrainante et fluide. Je reproche juste un démarrage un peu long, énormément d’informations à assimiler dans les premières pages ainsi qu’une trop grande facilité pour notre héros dans les batailles. Rien de bien gênant. La conclusion évite de façon efficace le happy end et offre un léger cliffangher qui me donne clairement envie de découvrir la suite.

Ma Note : 8/10

Kel Tome 1, Noir et Blanc – Andréa Schwartz

kel-1-noir-et-blancRésumé : A l’aube de la Cinquième Ere, les Deux Empires sont une fois de plus au bord de la guerre.

Shelun la Cheveux-Noirs a perdu toute sa famille dans un raid ennemi. Née femme dans un monde dominé par les hommes, elle n’hésite pas à transgresser les interdits et à se travestir pour accomplir sa vengeance.

Or, la guerre est loin d’être la glorieuse aventure décrite dans les cantiques. Quant aux ennemis, ils ne sont peut-être pas tous les monstres qu’elle avait imaginés…

Edition : Rebelle

 

Mon Avis : J’ai décidé de lire ce livre un peu par hasard, en fait j’avoue même que je n’avais pas vraiment entendu parler de ce roman avant qu’on me contacte pour me demander si j’étais intéressé pour le découvrir. Je dois dire que le résumé se révélait sympathique et pouvait offrir quelque chose d’intéressant, ajouter à cela une couverture que j’ai trouvée vraiment agréable à regarder et j’ai donc décidé de me laisser tenter. Je remercie donc les éditions Rebelle ainsi que l’auteur pour m’avoir fait découvrir ce premier roman. Par contre, je pense qu’une relecture aurait été nécessaire avant publication, car j’ai repéré quand même des coquilles dont, par exemple, un @ qui se promène au milieu d’une page sans trop savoir pourquoi.

Autant l’avouer tout de suite ce premier roman ne révolutionnera sûrement pas le genre et manque clairement d’originalité, offrant une guerre sans merci depuis toujours entre deux clans qui se déteste et dont cette haine va pousser une jeune fille, Shelun, à rejoindre l’armée en se travestissant où elle va découvrir que rien n’est aussi simple. Et pourtant je dois bien avouer je me suis tout de même laisser assez facilement emporter par cette histoire, l’auteur nous livrant quelque chose de solide et de vraiment efficace. Alors bien sûr une impression de déjà-vu subsiste ce qui fait que le récit se révèle rapidement sans grosses surprises et quelque peu linéaire, mais ça n’empêche pas l’auteur d’offrir des rebondissements et des retournements de situations efficaces qui happent le lecteur efficacement, surtout dans la première moitié du roman. L’histoire se révèle agréable et on tourne les pages avec plaisir devant un rythme soutenu et efficace malgré
certaines facilités de l’auteur, surtout lors des scènes de combats, où je n’ai jamais vu quelqu’un décapiter des soldats aussi facilement. D’ailleurs cette facilitée est un peu dommage, car la scène de la danseuse y perd un peu en crédibilité, mais rien de bien gênant tant le roman ne manque pas de rythme et se révèle vraiment plaisant à lire.

Les batailles présentées par l’auteur sont vraiment efficaces et surtout très visuelles, on ne se perd jamais au milieu de cette marée humaine et les stratégies développées tout au long du récit par l’auteur sont clairement expliqués ce qui fait qu’on n’a jamais l’impression d’être perdu et on comprend parfaitement ce qui se passe, sans pour autant s’ennuyer devant trop d’explications. Mais voilà, à un moment, l’héroïne est obligée de rentrer, ce qui amène environ une centaine de page qui m’ont parue un peu longues et se basant sur un cycle d’attentes peut être un peu trop répétitif, même si le tout est toujours aussi bien écrit et ne manque pas de charme. Quelques coupes aurait peut-être évité ce léger passage à vide, mais très vite on retrouve de nouveau un rythme soutenu et efficace pour aboutir à une conclusion qui se révèle bien écrite et intéressante. De plus, avis personnel, mais l’histoire d’amour entre deux héros se révèlent vraiment bien menée, efficace et arrive à ne pas trop tomber dans la mièvrerie ce qui est une bonne chose à mon goût.

L’univers décrit par l’auteur se révèle vraiment intéressant, nous plongeant dans un monde qui pioche clairement vers l’univers asiatique avec ses guerriers et son côté traditionaliste. Un univers vraiment solide et bien développé qui donne clairement envie d’en apprendre plus sur ces différents peuples qui le compose et surtout les différents points de vue de ces peuples. Des peuples chez qui la tradition touche à l’honneur et que l’héroïne va inconsciemment bouleverser. L’auteur nous dévoile ainsi un univers très figé dans l’héritage et le folklore et qu’elle va essayer de sensibiliser et faire réfléchir le lecteur au fil des pages, souvent de façon efficace, mais parfois de façon un peu trop grossière pour ne pas voir arriver les grosses ficelles, surtout sur le débat homme/femme sur un champ de bataille. Malgré cela l’univers se révèle vraiment agréable à découvrir tout au long du roman, ne manque pas de charme et donne vraiment envie d’être découvert, encore plus si on est un minimum attiré par tout ce qui peut toucher à l’Asie.

Concernant les personnages je dois dire que l’héroïne se révèle être un personnage fort, charismatique et, franchement, têtue, avec qui on s’attache quand même assez rapidement et tout au long du roman. Un personnage dense, travaillé et soigné même si parfois son côté obstinée offre des situations quelques fois improbable du genre « je prends trois jours de vacances en plein milieu d’une guerre, c’est ainsi ». Concernant les personnages qui gravitent autour de Shelun, ils sont eux-aussi vraiment intéressants à découvrir et ne manquent ni de profondeur ni d’attrait même si l’auteur joue parfois un peu trop avec les secrets de certains personnages et qu’on aimerait clairement en apprendre plus sur eux, ce que je ne doute pas apparaitra dans les prochains tomes, mais crée quelquefois une légère frustration à tourner en rond.

La plume de l’auteur est vraiment l’un des points forts de ce roman, c’est ce qui fait que le lecteur se retrouve  facilement happé par cette histoire. Une plume vraiment efficace, dense et vive qui nous fait facilement plonger dans l’intrigue tout en alternant les scènes plus d’actions avec les scènes d’émotions et les descriptions, le tout sans jamais perdre le lecteur et en maintenant un rythme efficace. Pour un premier roman j’ai trouvé que l’auteur maîtrise bien son histoire qui est, certes, du déjà-vu, mais qui pourtant se lit facilement et avec plaisir. Je reprocherai juste certaines facilités dans les scènes de combat ou l’héroïne se transforme parfois en « super-héros » tant elle tue avec une facilité déconcertante et aussi des longueurs dans la partie hors de la guerre ou l’héroïne rentre chez elle, mais bon rien de véritablement gênant, car finalement, ce roman a beau manquer d’originalité, j’ai passé un bon moment de lecture. Je lirai donc la suite, quand elle sortira, avec plaisir pour voir comment l’auteur va faire évoluer son histoire.

En Résumé : J’ai passé un bon moment de lecture avec ce roman qui, certes, manque clairement d’originalité et offre une histoire qui ne renouvellera sûrement pas le genre, mais qui pourtant ne manque ni de charme ni d’attrait et se lit facilement et avec plaisir. La faute principalement à une plume clairement maîtrisée par l’auteur qui fait que le lecteur se retrouve happé par cette histoire pleine de rebondissement à défauts de surprises. L’univers mis en place par l’auteur se rapproche clairement du monde asiatique et se révèle plaisant entre tradition et modernisme et donc vraiment envie d’être découvert. Les personnages sont vraiment attachants et ne manquent pas de charismes même si parfois l’auteur chercher un peu trop à jouer le mystère sur un ou deux personnages ce qui frustre un peu le lecteur. Je reprocherai par contre une certaine facilitée de l’héroïne à tuer durant les combats et quelques longueurs vers le milieu du livre au moment ou l’héroïne rentre chez elle. Au final un premier tome sympathique, agréable et plutôt bien maîtrisé qui, certes, offre une histoire déjà vue, mais de façon efficace et solide et je lirai la suite avec plaisir.

 

Ma Note : 7,5/10